Shabbat noir שבת שחורה

Ce shabbat, ont eu lieu trois attentats :

Le premier :
Vendredi soir dans le quartier de Neve Yaakov à Jerusalem, le terroriste a tué 7 personnes et en a blessé trois. Il a été éliminé par un civil portant une arme. Dans la tente de deuil, son père a déclaré :
Allah lui a donné un destin de martyr, je veux dire à ceux qui sont assis avec moi – je suis heureux, comme s’il se mariait.

(Site du Yediot Aharonot)

La plus jeune de ses victimes avait 14 ans. Il s’appelait Asher Nathan Morali. Il était sorti après le diner pour rencontrer des amis. Ses parents ont entendu les coups de feu, et ont trouvé leur fils gisant sur le trottoir.
Le couple Nathalie et Elie Mizrahi a été tué au moment où ils sortaient de leur immeuble pour aider les victimes.
Raphael ben Eliahou a été tué devant sa femme qui n’a été épargnée que parce que leur fils l’a fait tomber sur le trottoir en la protégeant de son corps.
Shaoul Hay était le gardien de la synagogue. Il s’y rendait au moment où il a été tué.
Ilya Soshansly avait 26 ans. Il était barman et partait au travail en moto.
Irena Korolova, citoyenne ukrainienne, a également été assassinée lors de l’attentat de Jérusalem. Arrivée en Israël il y a six ans, elle travaillait comme infirmière dans la maison de retraite de Neve Yaakov.

Le deuxième attentat a eu lieu samedi matin dans le quartier de Maalot Ir David, toujours à Jerusalem. Le terroriste a grièvement blessé un père et son fils. Bien que gravement blessé, le jeune homme qui est officier parachutiste a réussi à toucher aux jambes le terroriste et a ainsi évité un carnage. Il est gravement blessé et se trouve à l’hôpital Hadassah. Il se nomme Nadav Hayim ben Irit.

(photo: My Israel)

Le terroriste est âgé de seulement 13 ans. Il était armé d’un pistolet et avait deux chargeurs pleins sur lui. Son jeune âge a fait dire à une des journalistes, Carmela Menashe, que l’éducation familiale ressemblait à celle que donnent les membres de Daesh à leurs enfants. Je me souviens d’un cas similaire*, il y a quelques années: un jeune garçon arabe avait grièvement blessé un enfant juif. J’avais alors publié cette caricature qui m’avait value quelques réflexions outrées de bien-pensants.


Le troisième attentat a eu lieu dans l’après-midi au carrefour Almog dans la vallée du Jourdain. Les deux terroristes n’ont pu tirer qu’une balle car leur arme s’est enrayée. Dans le tweet ci-dessous, le journaliste Hallel Bitton-Rosen explique qu’un des deux terroristes a tiré une balle en direction du restaurant du carrefour Almog mais qu’ils ont réussi à s’enfuir


Dans la soirée une tentative d’attentat à Kedoumim n’a pas réussi. Le terroriste qui rodait dans les buissons a été pris en chasse mais a réussi à s’enfuir.

Cela n’a pas empêché les manifestations contre le projet de loi qui touche aux prérogatives de la Cour Suprême de se tenir comme prévues samedi soir dans les formes habituelles. C’est-à-dire qu’au-delà des contestations politiques acceptables de certains Israéliens sur ce projet de loi, on voyait que d’aucuns brandissaient des drapeaux palestiniens. Ce qui m’a paru inacceptable, particulièrement ce samedi soir.

J’entendais le journaliste Shay Golden à la télévision sur la manifestation qui s’est tenue hier soir à Tel Aviv :


Vous qui manifestez contre la réforme judiciaire vous ne pouviez pas attendre ? Les victimes n’ont pas encore été enterrées, n’avez-vous aucune retenue ?
En ce jour de terreur, brandir le drapeau de l’ennemi et manifester contre le pays. Vous êtes complétement aveuglés par votre haine et vous n’avez aucune empathie pour les victimes et leurs familles.
Vous n’avez pas même pas hésité une seule seconde ? Vous avez perdu toute conscience. Pour moi ceux qui ont manifesté hier soir n’entendent pas le sang de leurs frères assassinés, cela ne les touche pas. N’avez-vous pas pensé une seule seconde : ce soir je reste à la maison ?
Avez-vous pensé au message envoyé à nos ennemis mais aussi à notre peuple ? Nous ne comptons pas à vos yeux ? Vous savez, au moment où vous manifestiez, tous les noms des victimes n’avaient pas été publiés. Toutes les familles n’étaient pas au courant. Nous ne pouvons plus vous croire quand vous expliquez vous soucier du futur de ce pays. Votre intérêt est en fait une posture et non une réalité.
Avez-vous pensé que tous les policiers nécessaires au bon déroulement de la manifestation sont des policiers en moins présents sur les scènes de terreur ?
Vous pouviez attendre quand même un peu, une semaine. Vous savez la shiva* est une coutume de deuil juive…

Sans parler de l’allégresse de nos ennemis victorieux, des Juifs en plein Tel Aviv qui manifestent avec des drapeaux de l’OLP le jour ou 7 de leurs frères ont été assassinés par les organisations terroristes palestiniennes. C’est pour eux une victoire et une raison de plus pour penser qu’ils réussiront à nous mettre en pièces.
Et non, ce n’est pas la minute de silence symbolique que vous avez cru bon d’observer et les quelques bougies qui cacheront les drapeaux noirs anarchistes, les drapeaux palestiniens et les panneaux pleins de haine.
Vous devriez avoir honte, tout simplement.

Voila tout est dit. Je n’ai plus rien à ajouter.

A bientôt,

* Terroriste de treize ans:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/10/15/vous-avez-
dit-guerre-de-liberation

*La shiva: semaine de deuil

La place des chats כיכר החתולות

Au cœur de Jerusalem, à l’extrémité de Nahalat Shiva* se trouve une grande place que les Yerushalmim appellent la place des chats.

(Photo Jerusalem 360, https://israelin360.co.il/)

J’ai parfois demandé pourquoi ce nom? Et à chaque fois la réponse fut: Bonne question!
D’autant que cette place ne s’appelle pas la place des chats. Elle a un nom officiel: place Makabi Motzri-Mani.


Qui était donc ce Makabi? Etait-il né à Hanouka pour que ses parents l’aient appelé ainsi ? Même pas !
Makabi Motzri-Mani est né 10 avril 1914 au Caire. Il était le fils aîné du docteur Dr. Avraham (Albert) Motzri (l’un des propriétaires de l’hôtel King David à Jérusalem ainsi que de plusieurs hôtels au Caire) et de Mazal (Matilda) Mani, originaire de ‘Hevron.
Grâce à sa mère, Makabi reçoit une éducation sioniste et parle couramment l’hébreu, l’arabe, le français et l’anglais.
À l’âge de 15 ans, il part étudier à Mikve Israël*, à 18 ans il l’un des fondateurs du moshav Tel Zur, devenu depuis un quartier d’Even Yehuda dans la région du Sharon.

Agé de 22 ans, il épouse Ra’hel Green*. née en 1915 à Alexandrie en Égypte, dans une famille sioniste.

Installés au moshav Tel Tzur, ils créeront tous les deux une ferme pour la cuture des roses qui restera longtemps l’une des plus importantes d’Israel.


Tandis que son épouse est opérateur radio au Palma’h, Makabi s’engage dans la Haganah, dans ce qu’on appelle les פו »ש (Posh) ou פלוגות שדה (plougot sade) qui sont des brigades crées en 1937 pour protéger des attaques arabes les kibboutzim et villages juifs.
Ces brigades assuraient la sécurité des maisons et des champs mais en même temps n’hésitaient pas à patrouiller dans les villages arabes pour arrêter les membres des gangs. Yitshak Sade* avait ainsi défini leur rôle:
Nous avons besoin d’une armée et non de gardes, d’une armée et non d’une défense dans des postes de police, d’une armée qui ne soit pas attachée à un endroit précis, d’une armée nationale dont le travail consiste à rechercher l’ennemi et à l’attaquer aux endroits où il trouve, à l’attaquer aussi dans ses bases, pour prendre des mesures préventives.
Makabi deviendra d’ailleurs l’assistant d’Ytshak Sade tout en restant actif sur le terrain bien qu’il fut père de famille.

À la fin de la deuxième guerre mondiale, il part en Europe. Il sera un des organisateurs de ce qu’on appelle l’alyia clandestine ou aliya Bet* pour aider les survivants de la Shoah à immigrer en Israel.
Pendant la guerre d’Indépendance, il est officier de ravitaillement dans la brigade Harel et donc accompagne les convois de ravitaillement sur la route Tel-Aviv-Jérusalem. Mais en avril 1948, il est blessé dans une embuscade, dans la région de Latroun, tout près de Bab El Wad, et deux jours plus tard, il meurt des suites de ses blessures:

(Bab El Wad maintenant Shaar Hagaï, la porte de la vallée. Ce qui est maintenant le début de la montée vers Jerusalem était un endroit des plus dangereux, propice aux embuscades)

Voici ce que raconte sa fille Alona Keren-Makabi :
En avril 1948, ma mère, Oded (son frère) et moi sommes partis dans une voiture blindée et nous nous sommes arrêtés au kibboutz Huldah, où les convois se rassemblaient avant de monter à Jerusalem assiégée. Là, nous avons rencontré mon père, lors de ce qui s’est avéré plus tard être notre dernière rencontre. Nous sommes partis chez ma tante à Tel-Aviv pour fêter Pessa’h tandis que mon père accompagnait un grand convoi de camions du centre du pays à Jérusalem. Lorsqu’il a appris que la queue du convoi avait été touchée par des tirs de snipers, il a fait demi tour pour aider, mais a été grièvement blessé par les mêmes snipers. Pendant deux jours, il a survécu à l’hôpital sans que ma mère le sache. Il avait demandé qu’on ne lui dise pas.

Dans les combats pour le contrôle de la route vers Jerusalem périrent de nombreux soldats, victimes comme Makabi Motzri des snipers juchés sur les collines avoisinantes.

Je passe, debout à côté de la pierre, la route goudronnée noire, rochers et crêtes. Le soir tombe lentement, une brise marine souffle. Les premières étoiles au-delà de Beit Mahsir.
Bab al-Wad…

S’il vous plait, souvenez-vous de nos noms, de ceux des convois qui ont forcé la route vers la Ville, rappelez-vous nos noms pour toujours. Les bords du chemin, sont jonchés de nos morts, les squelettes d’acier sont muets comme nos compagnons.
Ici, le goudron et le plomb bouillaient au soleil. Les nuits passaient ici avec feu et couteaux. Ici la tristesse et la gloire habitent ensemble, armure carbonisée et un nom inconnu.
Et je marche, sourd, en passant ici. Et je me souviens d’eux, un par un. Ici, nous nous sommes battus ensemble sur des falaises et des rochers. Ici, nous étions ensemble comme une seule famille.
Un jour de printemps les cyclamens refleuriront, et les pans des montagnes se couvriront du rouge des coquelicots.
Celui qui marchera dans nos pas, qu’il ne nous oublie pas, nous qui étions à Bab el Wad

Ra’hel apprit la mort de son mari pendant le seder de Pessah. Yitshak Rabin l’informa qu’une place lui était réservée dans un petit avion qui partait ravitailler Jerusalem mais elle refusa. Elle ne voulait pas prendre de place et de poids dans l’avion pour lui permettre de transporter encore plus de munitions et de ravitaillement pour Jerusalem assiégée.
Après la mort de son mari, Ra’hel changera son nom de famille en Makabi. En 1953, elle se remariera et ira vivre jusqu’à sa mort en 2003 au kibboutz Hatzor Ashdod à côté de Gan Yavne.

Et les chats dans tout ça? Je suis sûre que certains ont même remarqué que j’avais écrit חתולות (hatoulot), les chattes et non pas חתולים (hatoulim) les chats au masculin. Quelques malintentionnés ont avancé que ‘hatoulot indiquait que cette place était un endroit privilégié pour des dames dites de petites vertu, des hatoulot. Ce sont des médisants, ils ne connaissaient pas notre parler yerushalmi*: nous appelons ‘hatoula tous les chats, mâles et femelles, y compris le chef de bande félin qui règne sur les poubelles dans ma rue.

Il reste cependant un mystère: sur cette place, je n’y ai jamais vu de chat. Il est vrai qu’avec la circulation tout autour et les gaz d’échappement…

A bientôt,

*Nahalat Shiva:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/09/06/la-chanson-francaise/

*Mikve Israel:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/02/14/les-generations-oubliees-9/

* Motzeri Mazal (Matilda): Elle est née à Hébron en1894 (25.12.1894) au moment de ‘Hanouka. Elle avait sans doute rêvé qu’on l’appelle Makabi ou Makabit.
Son père Melchiel Meni fut le premier juge juif de Jerusalem, à l’époque ottomane et pendant le mandat britannique. Bien que son nom soit méconnu du grand public, il fut l’un de ceux qui achetèrent de nombreuses terres et participa à la fondation de plusieurs quartiers à Jérusalem.

*Ra’hel Green (1915-2003): A Alexandrie, Ra’hel Green était active au sein de l’Hashomer Hatsair et décida de s’installer en Eretz Israel. En 1968, elle publiera ses impressions de ses premières visites en Terre d’Israel dans un livre intitule Mon Egypte.
Son père, Felix Green, était l’un des leaders du mouvement sioniste (clandestin) en Egypte. Sa mère, Janine, était la fille du baron Félix de Menashe, un partenaire commercial de la famille Motzeri. De Menashe avait initié la création du « Comité pour la Terre d’Israël » en tant qu’organisation de soutien financier aux colons juifs en Terre d’Israël.

*Yitshak Sade (1890-1952) était le commandant du Palmach et l’un des fondateurs des Forces de défense israéliennes au moment de la création de l’État d’Israël

*Aliya clandestine:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2019/05/01/%d7%a9%d7%90%d7%a8%d7%99%d7%aa-%d7%94%d7%a4%d7%9c%d7%99%d7%98%d7%94-les-survivants/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/06/17/des-livres-blancs-mais-pas-tres-propres/

*Yerushalmi=Hyérosolomitain:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2018/11/22/parlez-vous-le-yerushalmi/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/03/02/nous-les-yerushalmim/

De gauche à droite (5/5)

Enfin, l’autre cheval de bataille de la gauche est la défense des minorités sexuelles qui sont, parait-il, persécutées en Israel. Le fait que des Palestiniens homosexuels cherchent à se refugier chez nous, pour éviter de se faire tuer par leur propre famille, n’y change rien. Le fait qu’Amir Ohana, souvent photographié avec son conjoint et ses enfants, ait été nommé Président de la Knesset, n’y change rien non plus.

(Amir Ohana et sa famille. Ce qui drôle c’est que son fils est en gris-bleu et sa fille en rose… Ah, la tradition!)

Les discours homophobes de certains rabbins sont bien plus intéressants à publier. Et les médias nous promettent un Khomeinistan pour demain. Pour ceux que choquerait, non pas tant le contenu des diatribes rabbiniques, mais le fait que nous ne les avons pas encore mises aux pilori, il vous faut comprendre qu’ici en Israel, les gens parlent, ils s’expriment en public, pour dire des choses intéressantes ou non. Parfois, il est vrai qu’ils devraient réfléchir avant d’ouvrir la bouche mais c’est ainsi ici: un Juif, trois opinions! Et tant pis si ce n’est pas politiquement correct.

Enfin, ce qui inquiète beaucoup d’Israéliens et qui a sans doute aussi influencé leur vote en faveur d’un retour à la tradition, c’est l’influence pernicieuse* du mouvement woke dont les idées délétères déferlent sur le monde occidental. Je parle de ce mouvement – dont la grande prêtresse est Judith Butler, une américaine profondément antisioniste – qui est aussi lié aux mouvements d’extrême-gauche, ceux qui nous condamnent sans fin.
Si pour vous le wok(e) est encore une poêle pour la cuisine asiatique voici de quoi écouter*.
Il est vrai que cette vidéo parle de la secte woke en France mais, même si ici nous résistons, nous ne sommes pas immunisés.
Si les médias reprochent à certains rabbins de considérer l’homosexualité comme une maladie, il n’en est pas moins vrai, comme cela est dit dans la vidéo ci-dessous, qu’un psychiatre (en France et certainement ailleurs aussi) peut être pénalisé pour thérapie de conversion de genre s’il essaye de traiter un enfant mal dans son identité sexuelle*.

La gauche malheureusement n’écoute toujours pas. Pour le moment, elle se répand en diatribes sans fin et organise des manifestations avec le soutien des ONG antisionistes*où on voit fleurir des drapeaux palestiniens.
Infantile, elle reproche à la droite d’avoir gagné. Elle qui parle toujours de démocratie ne comprend toujours pas ce que signifie ce mot. Elle se situe à ce que j’appelle : le niveau du bac à sable.

Mais je reste sioniste* et optimiste, notre démocratie s’en sortira, ne vous inquiétez pas.

Et pour me faire pardonner de ces longs, très longs articles, voici une chanson de Naomi Shemer dont le refrain nous dit:

Non, non, non, vous ne me vaincrez pas, on ne me vainc pas si rapidement.

De ma fenêtre je vois une rue comme un fleuve superbe,  et des gens allant à leur labeur journalier… Des petits enfants du Beit Habad, cartables sur leurs dos, des branches de myrte fleurissent…
Soudain je vois clair et je me dis: Non, non, non, vous ne me vaincrez pas, on ne me vainc pas si rapidement.
De ma fenêtre je vois un avion qui décolle, un avion plane et se cache dans les nuages  lointains. J’entends une machine, sa musique précise se déroule dans les rues et les marchés…
Soudain je vois clair et je me dis: Non, non, non vous ne me vaincrez pas, on ne me vainc pas si rapidement.

De ma fenêtre je vois printemps et automne, jour de pluie ou de sharav*, lumière et obscurité, un soliste et une chorale.
Tout se mélange, se mixe , chant de lamentation, chant d’exultation…  Et quelques fois c’est un brouhaha énorme!
Soudain je vois clair et je me dis: Non, non, non, vous ne me vaincrez pas, on ne me vainc pas si rapidement.

A bientôt,

* Sur le mouvement woke, je joins cet article trouvé sur le site Perditions idéologiques:
https://perditions-ideologiques.com/2022/02/10/la-nocivite-actuelle-de-leducation-a-la-sexualite-et-a-la-theorie-du-genre/

* Il ne s’agit plus d’accepter des minorités sexuelles mais d’encourager les enfants à changer d’identité voir à être mutilés pour le faire.

*Les manifestations actuelles sont financées par the New Israel National Fund, une organisation anti-sioniste américaine.
Les drapeaux palestiniens: Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a ordonné à la police d’interdire les drapeaux palestiniens dans les lieux publics. 

*Sioniste comme Michel:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2022/10/18/je-reste-sioniste/

De gauche à droite (4/5)

Il y a quelques jours, le journal Israel Hayom a publié cette lettre ouverte de Dror Idar qui fut dernièrement ambassadeur d’Israel en Italie.

Il l’adresse en particulier à ceux des Juifs d’Europe qui poussent des cris d’effroi devant le résultat des dernières élections israéliennes :


« A nos frères et sœurs juifs en Europe,
Non la démocratie israélienne n’est pas en danger!

Dans vos avertissements contre le nouveau gouvernement, vous adoptez la rhétorique de ceux qui cherchent à priver Israel de son identité en tant qu’État-nation du peuple juif, bien que jusqu’à présent, nous attendions que vous veniez nous rejoindre!
Certains d’entre vous ont lancé un cri d’alarme – un parmi bien d’autres – nous mettant en garde contre les conséquences politiques et morales des actions du nouveau gouvernement israélien. Vous répétez comme un mantra, que « seules la fin de l’occupation et l’établissement d’un état palestinien aux côtés d’Israel assureront son existence en tant qu’état démocratique à majorité juive ».

1- A la base du mouvement pour la paix se trouvait l’hypothèse que le conflit entre nous et les Arabes de la région opposait deux mouvements nationaux. Mais alors qu’Israel reconnaissait le mouvement national palestinien, les Arabes n’ont jamais reconnu le sionisme comme un mouvement national juif légitime avec des droits sur cette terre. Pour eux, nous restons une entreprise colonialiste européenne. De plus, les Juifs ne sont pour eux qu’une religion et non une nation, et donc, n’ont pas droit à leur propre pays.
Voici ce qui est écrit dans le paragraphe 20 de la Charte Nationale Palestinienne : « … Les revendications du lien historique ou spirituel du Juif avec la Palestine ne sont pas compatibles avec les vérités de l’histoire… Le judaïsme n’est qu’une religion et n’a pas de caractère national, et de même les Juifs ne sont pas un véritable peuple »…
Faites attention au déni de notre lien historique avec la terre et au déni de notre existence même en tant que peuple.

2- La solution appelée  solution à deux états comporte une deuxième partie, que négligent la plupart de ceux qui la prônent:
En effet, elle est est basée sur le fait que chacune des deux parties reconnait l’autre en tant que nation et reconnait aussi la légitimité de ses revendications. Les Palestiniens n’ont pas accepté ceci. Sur la question de savoir s’il faut préférer un compromis territorial ou la poursuite du conflit, ils préfèrent ce dernier, car un compromis nécessite la reconnaissance d’un certain droit des Juifs à leur patrie historique.
Comme nous l’avons vu, ils considèrent que les Juifs n’ont pas droit à l’autodétermination dans leur propre pays. Soit dit en passant, dans les définitions de l’I.H.R.A* de l’antisémitisme que les pays européens ont adoptées, le déni du droit des Juifs à l’autodétermination est une expression de l’antisémitisme.
En fait nous n’avons pas besoin de la reconnaissance des Palestiniens. Il est ridicule qu’un groupe qui prétend être notre partenaire fasse semblant de douter de l’identité de l’une des plus anciennes nations de l’humanité. Mais cela donne la mesure de leur manque de sincérité.

3- Aux oreilles européennes, cela peut ressembler à un simple argument sémantique. Ce n’est pas le cas pour nos voisins. Il y a une dizaine d’années, près de 17 000 documents concernant les négociations avec Israel et les Américains ont fuité du bureau de Saeb Erekat, alors négociateur en chef pour l’Autorité Palestinienne. Ces documents ont dévoilé la teneur d’une conversation inter-palestinienne. Les membres de l’équipe de négociation ont conseillé à Erekat de ne pas utiliser l’expression deux pays pour deux peuples, mais de préférer deux pays vivant en paix côte à côte.
L’emploi officiel par les Palestiniens de cette deuxième expression efface simplement notre qualité de peuple et donc notre possibilité d’avoir un pays à identité juive; ceci bien que plus de 50 pays dans le monde ont une identité musulmane, et plus de 100 ont une majorité chrétienne et des symboles chrétiens.
La logique (de cette sémantique) a été expliquée à Erekat dans une autre lettre qui a fuité elle aussi : Mentionner le droit des deux nations à l’autodétermination peut avoir un effet négatif sur les droits des réfugiés (palestiniens), c’est-à-dire sur leur droit au retour, car cela implique que ces réfugiés ne pourront l’exercer que dans le cadre de leur droit à l’autodétermination. Or, l’OLP ne veut pas d’une autodétermination palestinienne. Ce qu’elle veut c’est en fait un état-nation arabe sans Juifs, à côté d’un état, temporairement appelé Israel, mais dans lequel pourront s’installer des millions de réfugiés musulmans au nom de leur « droit au retour ».

4-Et c’est ainsi que dans le monde, mais aussi en Israel, la revendication de certains groupes pour supprimer le caractère juif de l’état et transformer le pays en un état pour tous ses citoyens s’est faite de plus en plus pressante.
Cette idée même d’un état-nation du peuple juif est de plus en plus perçue comme raciste par une partie de l’élite de ce pays. Les naïfs parmi nous continuent de discuter sur le bien fondé de cette terminologie comme si Israel ne pouvait pas être à la fois juif et démocratique
La vérité est qu’Israel accorde des droits égaux à tous ses citoyens, sans distinction de religion, de race ou de sexe. Cette expression un état pour tous ses citoyens n’est rien d’autre que le déguisement d’une idée radicale: la suppression de l’identité juive de ce pays
Dans un scénario qui n’est pas si farfelu, la révolution constitutionnelle menée par la Cour suprême* pourrait s’appuyer sur une loi fondamentale: la dignité et la liberté humaine, pour invalider la Loi du Retour.
C’est pourquoi la loi de la nation* a été promulguée, afin d’établir dans une loi fondamentale l’idée essentielle du sionisme: l’Etat d’Israel est le foyer national du peuple juif, c’est-à-dire l’expression politique de la vision biblique du retour des Juifs à Sion.

5- De ce point de vue, la judéité d’Israel garantira son caractère démocratique.
Dans la Déclaration d’Indépendance*, le mot Juif et ses inflexions sont mentionnés environ 20 fois, et pas une seule fois dans notre système démocratique de gouvernement. Il n’y en a pas besoin. C’est une évidence pour notre peuple: A l’époque biblique, les rois d’Israel étaient les chefs du peuple et non des rois absolus, comme l’étaient les rois en Europe. Même les rois problématiques se soumettaient à l’ancienne loi biblique, et devant eux se tenait le conseil des anciens, dont le prophète était le représentant moral devant le roi.
La séparation des pouvoirs de Montesquieu était un principe de vie pour nous, bien avant que son message n’atteigne l’Europe. C’est pourquoi nous nous sommes presque toujours rebellés contre un gouvernement étranger qui voulait annuler nos anciennes lois.

La démocratie israélienne n’est pas en danger, sauf dans l’imaginaire de ceux qui ont du mal à digérer les résultats des élections.
Notre démocratie est plus forte et plus établie que celle de la plupart des pays européens où vous vivez.
Soit dit en passant, 64 mandats ne constituent pas une petite majorité comme vous le dites, parce que face à ces mandats ne se tient pas une opposition unie, mais des factions aux visions du monde polarisées, dont certaines nient Israel en tant qu’État juif.

Au lieu de craindre pour l’avenir de notre démocratie, vous devriez vous interroger sur l’avenir du continent dans lequel vous êtes blottis. L’histoire récente nous a appris que rien n’est jamais assuré.
Venez, nous vous attendons! »

J’espère que cette traduction vous intéressera…

A bientôt,



* L’I.H.R.A:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Alliance_internationale_pour_la_m%C3%A9moire_de_l’Holocauste

* La loi de la nation et la Déclaration d’Indépendance:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2019/02/07/la-loi-de-la-nation-ou-la-vertu-du-nationalisme/

* A propos de la Révolution constitutionnelle qui a amené la Cour Suprême (qui se doit d’être apolitique) à prendre des décisions d’extrême gauche, lisez ce remarquable article sur Aharon Barak de Pierre Lurçat:
https://mabatim.info/2023/01/08/israel-le-juge-aharon-barak-contre-la-democratie/

De gauche à droite (3/5)

Nous savons que certaines organisations de gauche, qui ne comprennent pas et n’acceptent pas le fait qu’Israel puisse être à la fois un pays juif et démocratique, survivent grâce à des fonds conséquents versés par différents pays. J’en avais déjà parlé dans mon article « Ces ONG que nous persécutons* », mais voici ce que j’ai trouvé dans le Jerusalem Post de la semaine dernière:

La majorité des organisations que le ministère de la Justice ciblera dans le projet de loi sur les ONG que la Knesset est en train d’adopter sont des organisations de gauche. Voici la liste des ONG qui montre que 25 des 27 organisations visées par le projet de loi sont de gauche, tandis que deux d’entre elles sont des organisations religieuses politiquement non affiliées. Le ministère de la Justice a communiqué la liste aux médias, fournissant une feuille de calcul indiquant le pourcentage des revenus de chaque groupe provenant de gouvernements étrangers.

Mais de quoi parle ce projet de loi du Ministère de la Justice déjà adopté en première lecture en plénière à la Knesset ? Il oblige toute O.N.G recevant plus de la moitié de son financement d’une entité gouvernementale étrangère à s’identifier comme telle dans toute publication et toute rencontre avec des fonctionnaires.
Evidemment, les parlementaires de gauche se sont joints à ces ONG pour condamner ce projet de loi. Et parmi eux, le président de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, qui a déclaré que la liste prouve qu’il s’agit clairement d’une persécution politique et d’un projet de loi intrinsèquement antidémocratique.

Ce sont ces mêmes députés qui soutiennent ouvertement les terroristes et participent aux cérémonies de deuil avec les familles après qu’ils aient été éliminés pendant leurs opérations d’assassinat de civils : Ainsi le maire de Barka el Garbye pérorant à l’enterrement du terroriste tué par Tsahal alors qu’il avait déjà poignardé trois policiers! Et que dire de la journée du Shahid (martyr) célébrée à Um el Fahm :

(Photo Im Tirtsu)

Voici le relevé des financements de ces organisations citées par le Jerusalem Post. Certaines sont connues, d’autres beaucoup moins. Le texte est en hébreu mais simplement en comparant les chiffres de la colonne du milieu (frais de fonctionnement annuels) et celle de gauche (dons provenant de l’étranger), il est aisé de constater qu’elles sont en bonne partie financées par des organismes étrangers.


Matan Peleg, le directeur d’Im Tirtzou a déclaré :
La liste des organisations prouve sans aucun doute qu’il ne s’agit pas de simples organisations de gauche ou de défense des droits de l’homme. Ce sont des organisations de délégitimation qui ne visent qu’à calomnier l’État d’Israël et à réduire sa souveraineté. Ces activités sont financées par des gouvernements étrangers, donc elles [les ONG] gagnent de l’argent grâce au conflit… Il est très étrange que les pays européens soient obsédés par l’envoi de millions d’euros spécifiquement à des organisations de propagande destinées à discréditer l’État juif. Ce phénomène rappelle les temps sombres de l’histoire.

NGO Monitor*, de son côté, a rapporté que 35 organisations israéliennes officiellement pour la paix mais en fait réputées pour leur plaidoyer en faveur d’une politique anti-israélienne, ou pour critiquer durement le gouvernement israélien, sont largement financées par des gouvernements étrangers.

L’une de ces ONG est B’Tselem. Elle a affirmé plus tôt cette année qu’Israël était coupable d’apartheid. Les rapports de B’Tselem ont constitué une partie de la base de l’argument juridique de la procureure en chef de la CPI, Fatou Bensouda*, pour ouvrir une enquête sur les Forces de défense israéliennes, et ceci, bien qu’Israël ne soit pas membre de la CPI et n’accepte pas sa compétence. Environ la moitié du financement de B’Tselem entre 2017 et 2019 provenait des gouvernements européens, tout d’abord du gouvernement allemand puis de l’Union Européenne et ensuite des Pays-Bas*.

Nous avons vécu pendant un an et demi où les post-sionistes dominaient et ou une émanation des Frères Musulmans, le parti Ra’am, participait aux décisions du gouvernement, avec tous les dégâts que nous connaissons en ce qui concerne nos relations avec les Palestiniens mais aussi avec toute une partie de notre population, les Arabes israéliens*.

Comme si cela ne suffisait pas, le même état esprit est déjà bien présent dans les universités et commence à pénétrer les lycées. Ainsi pour le Yom Hazikaron*, jour de commémoration des soldats tombés pendant leur service et les attentats, des organisations de gauche invitent des familles israéliennes endeuillées à parler aux adolescents. Mais cette invitation est aussi adressée aux familles endeuillées des terroristes tués pendant leurs attentats, une facon de créer la confusion en mettant ces deux situations sur un plan d’égalité.
J’ai même appris dernièrement, que certaines écoles israéliennes voudraient commémorer la Nakba*

A bientôt,

* Ces ONG que nous persécutons:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2021/11/03/ces-o-n-g-que-nous-persecutons/

* NGO Monitor ou Non-governmental Organization Monitor, est une organisation israéliennes qui rapporte l’activite des organisations propalestiniennes
Voici leur site en français:
https://fr.ngo-monitor.org/
Vous pouvez y lire cet article sur le financement français de certaines organisations terroristes palestiniennes:
https://fr.ngo-monitor.org/reports/financements-francais-a-des-ong-palestiniennes-nouvellement-designees-comme-terroristes/

* Fatou Bensouda:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2020/01/02/justice-vous-avez-dit-justice/

*Financement de Betselem: En 2020, le revenu total était de 9,9 millions de NIS ; les dépenses totales étaient de 9,8 millions de shekels.
Les donateurs sont : Union européenne, Norvège, Pays-Bas, France, Royaume-Uni, DanChurchAid (Danemark), Trocaire (Irlande), Catholic Relief Services (États-Unis), Christian Aid Irlande, Diakonia (Suède), Bread for the World-EED (Allemagne ), ZIVIK (Allemagne), la Fondation Ford, le New Israel Fund (qui malgré son nom n’est pas israélien mais américain), l’UNICEF et le UNDP.
Sur la base des informations financières soumises au Registre israélien des organisations à but non lucratif, conformément à la loi israélienne sur la transparence des ONG, B’Tselem a reçu 56 104 267 NIS d’organismes gouvernementaux étrangers de 2012 à 2021. Selon les rapports annuels, les dons de pays étrangers représentaient 49,7 % du total des dons de 2017 à 2019. (NGO Monitor)

* Augmentation de la violence arabe en Israel:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2022/03/30/le-terrorisme-arabe-israelien-un-phenomene-nouveau/

* Nakba:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2021/05/23/la-nakba/

De gauche à droite (2/5)


De même qu’il y a 20 ans, les journaux nous répétaient que la visite d’Ariel Sharon sur le mont du Temple avait provoqué la deuxième intifada, nous lisons actuellement des articles fustigeant la ‘houtzpa (le culot) de quelques hommes politiques qui osent monter sur le mont du Temple.
Je ne m’intéresse pas aux raisons politiciennes qui souvent motivent ce geste. Je dois dire aussi que, moi même, je n’éprouve nul besoin de monter sur le mont du Temple, mais pourquoi diantre la gauche désapprouve-t-elle tant qu’un Juif monte sur le mont du Temple?
Je me souviens qu’un de nos amis, Ariel, nous racontait qu’avant la grande révolte de 1936, les Juifs de Jerusalem avait coutume d’y pique-niquer pendant les semaines de Pessah et de Soukot. Il m’avait même montré une photo de ses arrière-grands-parents entourés de leur famille, photo prise par un photographe musulman pour qui photographier les Juifs en promenade était un bon gagne-pain.


(Cette photo, prise en 1875, montre combien ce lieu était abandonné, des herbes poussent entre les pierres)


Dernièrement, Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité Intérieure, est monté sur le mont du Temple ce qui suscita une réprobation générale à l’international. Le site Mabatim.info a publié 3 excellents articles à ce sujet, je vous invite à les lire (voir lien ci-dessous*).

Quant à moi, je laisse la parole à Yehoram Gaon :
Ce n’est pas un homme politique, simplement un chanteur, titulaire du Prix Israel, et surtout un amoureux de Jerusalem. Voici ce qu’il a vécu lors d’une promenade sur le mont du Temple, au cœur de la capitale.

Quand un matin de cette semaine, j’ai commencé à recevoir des coups de fils de plusieurs chaines de télé et de radio qui voulaient m’interviewer rapidement, j’ai compris que j’avais fait quelque chose de mal . J’ai tout de suite répondu, tremblant un peu. On m’a prié d’expliquer à l’antenne, pourquoi je suis monté sur le mont du Temple à Jerusalem.
Oui je le confesse, je suis monté il y a deux jours sur le mont du Temple avec trois amis parce que je n’y avais pas été depuis longtemps et je voulais vraiment le visiter, le visiter et non pas manifester. C’est alors que la journaliste m’a demandé:
Pourquoi donc es-tu monté sur le Mont du Temple ?
Pourquoi pas? ai-je répondu. J’ai voulu m’y promener, qu’est ce qui ne va pas ? Il y a quelques jours j’étais au Kinneret et avant à la Mer Morte. Où est le problème?
Et la journaliste m’a dit:

Tu sais bien que le mont du Temple est sujet à discussion!
Non, non je ne sais pas lui ai-je répondu. Non, peut-être pour toi mais pas pour moi. Quel est le problème ? Il m’est interdit de monter sur le mont du Temple ?
– Pas vraiment, m’a-t-elle dit embarrassée, mais c’est que monter sur le mont du Temple, c’est manifester !
-J’avais simplement l’intention de m’y promener, de regarder, d’être impressionné, comme au Vatican, comme à Saint Pierre de Rome ou à Aya Sophia à  Istanbul, comme dans des milliers d’endroits dans le monde sans vouloir manifester pour quoi que ce soit. Et toute cette zone avec le Dôme d’Omar doré est une des plus impressionnantes du monde. Pourtant, justement ici, n’est-ce pas recommandé ?

Nous avons fait la queue à la Porte des Mougrabim* au milieu des touristes:

(On accède à cette porte située au dessus du Kotel par ce passage couvert)

Nous avons patienté jusqu’à ce qu’un officier de police juif vint à notre rencontre. Contrairement aux policiers arabes et druzes qui font un travail de premier ordre  sur le Mont du Temple lui-même quand au maintien de la sérénité avec un visage souriant, cet officier nous a demandé si nous avions des « marqueurs ».
Je lui ai dit que bien que mon hébreu soit bon, je n’avais pas compris sa question.
Il m’a répondu qu’il s’agissait de signes juifs.
J’avoue que je me suis mis à trembler:
Je suis Juif ai-je dit. Quels signes voudrais-tu que j’aie ?
Gêné il m’a répondu :
Peut -être un Maguen David, peut-être une kippa…
Et alors, un de nos amis qui avait une kippa, l’a cachée honteux sous une casquette qu’il avait apporté avec lui. Et là, il nous a été demandé très poliment de pas nous agenouiller et de ne pas grommeler ce qui pourrait passer pour une prière
, lorsque nous arriverons sur le mont du Temple.
Vous pensez que j’exagère ? Non je n’aurais pas osé raconter cela, si cela n’avait pas été vrai. Nous lui avons promis que nous ne nous agenouillerons pas et que nous ne prierons pas et que nous n’aurons aucun signe juif, et c’est seulement là que nous avons pu rentrer.

Maintenant écoutez : j’ai vraiment de l’estime pour les policiers sur le mont du Temple qui font un travail très difficile, dans cet endroit, l’un des plus instables du monde. Ils se donnent entièrement et parfois se sacrifient sur l’autel de la tranquillité pour que cet endroit reste sûr, sur ce mont explosif qui n’attend qu’une étincelle pour exploser, mais je m’adresse à nos dirigeants :
Si ce mont est à nous et se tient au cœur de notre capitale, Jerusalem,  ne me mettez pas en garde contre mes signes juifs ou le fait que je murmure une prière. Mais si ce mont n’est pas à nous et si nous n’arrivons pas à nous débrouiller avec cette patate brûlante, alors c’est d’accord, tout à fait d’accord, nous demanderons un visa au Waqf musulman pour monter et nous laisserons tous nos signes juifs au Kotel en dehors du mont du Temple, et nous nous mettrons déjà à genoux avant l’entrée par la Porte de Mougrabim et nous rentrerons ainsi à genoux sur le Mont du Temple pour rendre hommage au fait que nous avons été autorisés à visiter ce lieux saint… musulman
.

Alors comme Yehoram Gaon, je m’interroge : pourquoi un Juif, parce que Juif, ne pourrait-il pas prier sur le mont du Temple et en quoi cela dérangerait les croyants musulmans ?

A bientôt,

* Les trois articles de Mabatim:
https://mabatim.info/2023/01/07/israel-un-juif-viole-t-il-le-statu-quo-en-se-promenant-sur-le-mont-du-temple-a-jerusalem/#more-24498
https://mabatim.info/2023/01/08/onu-lievre-contre-les-juifs-tortue-pour-les-criminels/
https://mabatim.info/2023/01/08/israel-le-mont-du-temple-et-les-peuples/#more-24510

* La Porte des Mougrabim ou Porte des Maghrébins (également connue sous le nom de Porte Rambam et Porte Hillel) est une porte du complexe du mont du Temple, située sur le côté sud du Kotel. Aujourd’hui, c’est la seule porte des portes du mont du Temple qui permet aux visiteurs non-musulmans de pénétrer sur le mont du Temple.

De gauche à droite (1/5)

Certains craignent que nous devenions une dictature raciste et homophobe, c’est pourquoi j’ai préparé une suite de 5 articles qui vous donneront une image plus précise de la situation actuelle et qui, je l’espère, apaiserons vos craintes.

Au mois de novembre 2022, nous avons eu droit à de nouvelles élections consécutives à la perte de majorité du gouvernement Lapid. La participation au vote a été la plus forte de ces vingt cinq dernières années. Et le résultat a été que nous avons maintenant un gouvernement de droite ce qui amené certains, parfois en tout bonne conscience, à le déclarer fasciste et raciste. Sans vouloir chipoter sur leur ignorance de ce mot, je pense que les changements de la société israélienne sont très mal perçus à l’extérieur, mais aussi à l’intérieur du pays, parce que le mainstream des idées de la gauche bien pensante pèse lourd autant dans les médias, que dans les universités.
Les déçus des résultats de ces élections hurlent à la mort de la démocratie ne voulant pas admettre le fait que justement la démocratie est le fait d’accepter la décision majoritaire. Autrement, nous serions en dictature. Ils se confortent dans leur bulle idéologique hors-sol sans se rendre compte que les choses dérivaient bien trop loin.

Aussi, je vais vous présenter ici le chemin d’un homme qu’ils jugent lui-aussi fasciste, Mordekhai Kedar, éminent orientaliste et qui fut autrefois un homme de gauche.


Son histoire est complexe. En effet, Kedar est né il y a 70 ans dans une famille religieuse sioniste, et a grandi dans un environnement proche du Mafdal*, on pourrait dire actuellement proche de Betzalel Smotrich*.
Comme il a étudié l’arabe, il est incorporé à l’armée dans l’unité 8200 des renseignements militaires. En 1982, la première guerre du Liban, (opération Shlom Hagalil, Paix en Galilée) est pour lui un véritable choc. En effet, en tant qu’homme des renseignements mais aussi homme de terrain, il estime que le ministre de la Défense Arik Sharon et le chef d’état-major Rafoul (Rafael Eytan), commettent de nombreuses et graves erreurs. Dans une interview, où il revient sur ce sujet, il déclare que leurs décisions ont causé d’inutiles pertes dans nos rangs y compris celles de soldats tués par des tirs amis. « Ce dont j’étais témoin m’a amené à penser qu’il devrait être interdit de confier l’armée à ces incapables et que des hommes bien plus responsables devraient être nommés au pouvoir. » écrit-il.
Quand il quitte l’armée en 1995, il rejoint une organisation de gauche נתיבות שלום (Netivot Shalom), Chemins de paix, l’équivalent religieux de שלום עכשיו (Shalom Akhshav), la Paix Maintenant.
Mordekhai Kedar : « En fait je pensais comme eux depuis 1993, du jour où ont été signés les accords d’Oslo car je voulais donner une chance à la paix. En tant qu’homme de gauche, j’espérais que ces accords signés à la Maison Blanche en septembre 1993 apporteraient enfin le repos et serait bénéfiques au peuple d’Israel.
Bien sûr, je connaissais le monde arabe mais j’avais cet espoir. Il faut dire que c’était aussi l’esprit qui dominait chez les politiques et qu’à l’armée de nombreux officiers y souscrivaient…
En 1996, un an après l’assassinat de Rabin, je me suis parti en bus rencontrer Arafat à Gaza avec plusieurs organisations pour la paix.
Sans doute parce que j’étais le seul à parler arabe, le groupe a décidé que je prendrai place à côté d’Arafat. Je me trouvais donc à sa droite. A sa gauche se tenait son conseiller Nabil Abou Rodeyne et un peu plus loin tous les autres participants, y compris le journaliste des affaires arabes de Galei Tsahal, Tzvi Ye’hezkeli (qui lui aussi est passé de la gauche à la droite).
Arafat demande alors à Abu Rodeyne: Qui sont-ils?
Son conseiller grimace et lui dit en lui faisant un clin d’oeil: Ce sont les organisations juives pour la paix.
Arafat lui demande : Et que va-t-on leur dire ?
-Les conneries habituelles lui répond son conseiller

J’ai entendu ceci, continue Kedar. J’ai entendu cette phrase! Est ce ainsi qu’ils s’intéresse à nous ? Ce qu’ils vont nous dire, ce sont les conneries habituelles ? Et là, Arafat commence un discours en anglais : Oui j’ai été le haver de Rabin, et Rabin voulait la paix, il a été assassiné à cause de ses convictions pacifistes… Moi aussi je veux la paix et je proclamerai un état palestinien après les cinq ans de la période de transition qui a commencé à l’été 1994.
)Mais moi, reprend Kedar, moi j’ai entendu cette phrase en arabe : Les conneries habituelles! Son double langage, son attitude envers nous et la paix! C’est là que mes convictions commencèrent à se fissurer.
Quelque temps après, j’ai refusé de participer à une manifestation parce que je devais travailler. Un des participants arabes de la manifestation me dit alors: Ah oui, tu enseignes? Rejoins-nous et nous nous soucierons de ton salaire.
Mordekhaï Kedar tombe alors de haut: Quoi on paye les gens pour qu’ils viennent manifester?
De plus, il ne peut plus passer outre la réalité: les terribles attentats des années 90*. Il ne peut plus non plus passer outre le fait que les discours d’Arafat en arabe sont totalement différents de ce qu’il dit en anglais pour ses auditoires à l’étranger ou à ses supporters Israéliens ignorants, fiers de leurs bons sentiments. Un des discours d’Arafat le heurte particulièrement: Arafat déclare en arabe, parlant devant un auditoire arabe: Vous savez, ces accords avec eux (les Israéliens), sont comme les accords que Mahomet a passé avec les habitants païens de la Mecque*.
Kedar tente de convaincre ses amis de gauche mais en vain. Il fait face à un mur de déni de la part des Juifs qui préfèrent se persuader que les paroles d’Arafat étaient nécessaires pour calmer ses propres extrémistes.
Finalement, quand en septembre 2000 éclate la deuxième intifada, la coupe est pleine. Tous les médias, ici comme à l’étranger, font porter la responsabilité des attentats à Ariel Sharon suite à sa visite sur le Mont du Temple (alors que celui-ci avait obtenu l’accord du Waqf). Pour Kedar, documents à l’appui, l’intifada a été en fait décidée au mois de mai 2000.
Cette date ne vous dit sans doute pas grand chose mais c’est celle du retrait des forces israéliennes du Liban. L’organisation dite des 4 mères a fait pression sur le gouvernement d’Ehud Barak jusqu’à ce qu’elle obtienne le retrait unilatéral et non préparé du Sud Liban. Les soldats qui sont sortis du Liban au mois de mai 2000 étaient certes heureux de rentrer à la maison mais honteux et furieux de partir en laissant au ‘Hezbollah le matériel militaire et surtout en abandonnant les soldats de l’ALS* ainsi que leur familles sans défense. Pour Kedar, cette sortie est une traitrise envers Israel et envers tous ceux qui ont combattu là bas. Elle a permit à Arafat de penser que nous étions faibles: Ils sont dirigés par 4 mères* disait-il.

Je reprends l’interview de Mordekhaï Kedar:
J’ai compris qu’il faut empêcher la gauche de gouverner car ils ne voient ni n’entendent ni bien sûr ne comprennent. J’ai compris aussi la différence entre Sharon et Rafoul (hommes de droite) qui avaient certes conduit la guerre du Liban d’une manière désastreuse mais avec de bonnes intentions contrairement à la gauche, qui sous couvert d’amour du prochain, a de mauvaises intentions,
Arafat voulait nous user jusqu’à ce que nous abandonnions la Judée et la Samarie pour qu’il y établisse son territoire et pour ensuite l’étendre jusqu’à Haifa et Tel Aviv. La gauche le sait pourtant mais ne l’intègre pas et nos ennemis ont compris depuis longtemps que les associations pour la paix étaient le meilleur moyen de nous détruire de l’intérieur.
J’ai compris qu’il fallait renforcer notre peuple par la droite car la paix au Moyen-Orient ne pourra se faire que si nous sommes forts, que si les autres comprennent qu’il est inutile et dangereux de nous attaquer
. Nous serons toujours étrangers dans cette partie du monde car, au Moyen-Orient, celui qui n’est pas musulman sunnite est un étranger. Les Druzes ont bien compris cet état de faits et c’est pour cela qu’ils ont agi avec brutalité après l’enlèvement de Tiran Firo*.
La seule chose que nous puissions obtenir est une paix temporaire, qui, espérons le, sera du temporaire à long terme.

Je ne sais pas si comme Kedar le dit, la gauche a de mauvaises intentions, son post-sionisme utopique part peut-être d’une bonne intention: Soyons tous frères – clame-t-elle ! Mais elle est imbue d’elle-même, tellement fière de tendre la main à ceux qui veulent nous tuer qu’elle donc terriblement dangereuse, car le slogan des organisations palestiniennes: Nous libérerons la Palestine de la rivière (le Jourdain) à la mer est toujours d’actualité:



A bientôt,

* Le Mafdal ou Parti national religieux fut un parti politique israélien créé en 1956, et dissous en 2008. Il fit partie de chaque coalition gouvernementale jusqu’en 1992.
Betsalel Smotrich dirige actuellement le parti Sionisme Religieux (Hatsionout hadatit)
Contrairement à ce que affirmait Denis Charbit sur radio Qualita, ce n’est donc pas la première fois que le sionisme religieux est largement représenté à la Knesset.

* La liste des attentats dans les années 90 est impressionnante: plus de 200 en 10 ans.

* Les accords passés par Mahomet avec les habitants de la Mecque: en 628, Mahomet (représentant de Medine) avait passé un traité avec la tribu des Qoraysh (de la Mecque) restée païenne, mais au premier prétexte, il a marche sur La Mecque et conquis la ville.

* Les 4 mères: A la suite d’un très grave accident d’hélicoptères où 73 soldats ont été tués, quatre femmes israéliennes, ont créé le mouvement des Quatre Mères et ont réclamé un retrait unilatéral du Liban. Bien qu’elles aient toujours affirmé qu’elles étaient apolitiques, les quatre mères collaboraient avec Yossi Beilin du parti Meretz, parti qui se trouve à l’extrême gauche de l’échiquier politique.

* Les terroristes du ‘Hezbollah prenaient les familles en otage pour que les soldats de l’ALS (armée de chrétiens libanais alliés d’Israel) se rendent. C’est donc après ces épisodes que Tsahal a exfiltré un certain nombre d’entre eux et de leurs familles qui se sont installées en Galilée.

* Les Druzes et l’enlèvement de Tiran Firo:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2022/11/28/les-druzes-et-lenlevement-de-tiran-firo/

* Les ONG pour la paix:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2021/11/03/ces-o-n-g-que-nous-persecutons

* L’Open Society Foundation du milliardaire George Soros est l’un des plus grands donateurs non gouvernementaux.

* Mordekhaï Kedar a publié un article capital pour comprendre pourquoi les organisations pour la paix étaient en fait l’une des causes de la poursuite de la guerre:
https://rotter.net/forum/politics/9434.shtml


A feu chuchotant…

L’histoire d’Azura commence en 1948. Lorsque des pogroms éclatèrent un peu partout dans le monde musulman, les Juifs de la petite ville de Diyarbakir dans le Kurdistan turc, ne furent pas épargnés. La famille Shrapler décida de monter en Israel. Ezra le fils aîné avait alors 13 ans.
Arrivé à Jérusalem, Ezra, que tout le monde appelait Azura, fit la plonge dans un restaurant de Ma’hane Yehouda, tenu par des Juifs syriens. Plein d’admiration devant le travail du cuisinier du restaurant, et voulant acquérir sa technique, il le harcelait de tant de questions, que celui-ci se fâcha et le jeta dehors.
Qu’est-ce que j’ai pu pleurer! racontait Azura, il y a quelques années, c’est comme si on m’avait jeté du paradis!
Le patron lui conseilla alors de rester tranquille et de regarder le cuisinier travailler sans l’importuner…
Et c’est ainsi qu’Azura apprit le métier de cuisinier.
A l’armée, il demanda à être affecté aux cuisines, mais allez savoir pourquoi, peut-être parce que l’armée n’appréciait pas encore la cuisine orientale, il fut inscrit d’office à un cours de conduite.
Tout de suite après son service militaire, il ouvrit son premier restaurant dans le quartier de Mamilla*, puis plus tard à Mahane Yehouda*, toujours secondé par sa femme Rachel.


Entre temps, s’etaient ouverts d’autres petits restaurants orientaux qui proposaient tous des grillades. Lui opta pour le אש לוחשת (esh lo’heshet), le feu chuchotant. C’est ainsi qu’on appelle à Jerusalem, la cuisson à petit feu, des marmites qui mijotent doucement pendant des heures devant les yeux des clients. Et il avait raison, le succès fut immédiat.


Le restaurant devint peu à peu l’endroit où il fallait être vu, mais il resta un restaurant populaire, niché dans le quartier le plus animé de Jerusalem.


Yossi Banaï*, un autre enfant du quartier, lui composa une chanson:

Si au printemps, on sent les signes d’une belle journée, et si mon cœur est assoiffé et oppressé, je m’assois au café Azura au milieu de Mahane Yehouda, au centre du marché. Je bois chez lui un verre de café turc très sucré ou un verre de limonade au parfum de fleur.
Azura est pour moi comme un rêve lointain, comme une histoire sans fin. En mon honneur il met une cassette et dans le transistor, j’entends les sons mélodieux du paytan Nissim Shalom, si particulier, qui module les trilles des prières d’une voix étouffée.
Et tout m’est si familier tout autour: la lumière, l’ombre et le ciel bas et Azura qui raconte, je m’en souviens, la même histoire sans conclusion:
« Dis moi, quand attraperas-tu un peu de sagesse? Quand reviendras-tu dans ta ville y vivre comme un être humain. Tiens! Prend-moi comme exemple! Jamais je ne quitterai Mahane Yehouda vivant ».
Et il a raison Azura, vraiment raison. Honteux. je soupire de nostalgie. Je suis assis avec Azura et reste silencieux… Une histoire sans conclusion, de soupirs nostalgiques.

Le soir, de nombreux hommes politiques et artistes remplissaient la salle. Tandis que dès le matin, ses soupes kubbé étaient dégustées par les marchands de Mahane Yehouda et les ouvriers du quartier qui commençaient leur journée à l’aube et avaient besoin d’un copieux petit déjeuner.
C’est ainsi que je découvris le restaurant par un matin d’hiver, il y a une trentaine d’années. Notre cousin Sashka qui étaient un habitué du lieu, nous avait commandé une soupe kubbé hamoutza, une soupe de légumes et aux boulettes kubbé*, dans laquelle on rajoute un jus de citron.


Azura est ainsi devenu un des symboles de Mahane Yehouda. Dans l’après-midi, des amis, des retraités s’y retrouvaient pour des parties de shesh besh autour d’un café bien noir et bien sucré, en écoutant de la musique kurde.


Généreux, il aimait inviter les soldats à manger gratuitement dans son restaurant, comme ces Golani avec lesquels il est photographié.


Pendant plus de soixante ans, Azura Schrapler a fait vivre toute sa famille grâce à son restaurant du marche irakien de Ma’hane Yehouda…


Il est mort il y a quelques semaines à l’âge de 87 ans, mais ses enfants lui succèdent. Espérons qu’ils garderont l’esprit d’Azura et les marmites sur le feu chuchotant…

Encore un poème de Yossi Banaï, affiché sur un des murs du restaurant:
Au restaurant d’Azura, dans le petit marché, derrière le grand marché, j’ai vu dans la cuisine, dans les casseroles cuisant sur des mèches, des nostalgies* nombreuses qui cherchaient un peu de chaleur sur ce petit feu, et toutes les odeurs de pommes de terre, de riz et de boulettes d’épinards qui entraient dans mes narines, m’ont rappelé un moment ma mère, de qui je viens et vers qui je ne cesse d’aller (Yossi Banaï: Quand ma mère était reine, 1966)

A bientôt,

*Le quartier de Mamilla:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2022/10/14/le-dentier-de-soeur-odile/

*Ma’hane Yehouda:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/11/28/mahane-yehouda/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2021/09/10/shana-tova-5-10%d7%a9%d7%a0%d7%94-%d7%98%d7%95%d7%91%d7%94/

* Yossi Banaï et Ma’hane Yehouda:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/tag/yossi-banay-yossi-banai/

Yossi Banaï s’est rendu célèbre en traduisant Brassens, Brel, Leo Ferre, Piaf etc…
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/07/14/les-copains-dabord/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/09/06/la-chanson-francaise/

* Les koubbé sont des petites boulettes de viande enrobée d’une enveloppe de semoule
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2020/08/05/bonne-compagnie-et-bons-koubbe/

* Le mot nostalgie געגוע (ga’agou’a) s’emploie surtout au pluriel, ga’agou’im, car chez nous la nostalgie est multiple et infinie…

Bonne année civile 2023

Paysages d’Israel en cette fin d’année 2022, du nord au sud du pays:

Le ‘Hermon enneigé:

(Photo: Dalia Shlomy)

Le parc Montfort dans la petite ville de Maalot en Galilée:

(Photo de Sima Tarandash)

La vallée du Jourdain à l’aurore:

Le Golan et la Galilée:

Le Kinneret:


La vallée des gazelles, à Jerusalem:

(Photo Ilan Shtivi)

Le Na’hal Refayim, à Jerusalem, juste en bas de ma colline:

(photo Ilan Bigan)

La vue depuis Jerusalem en direction de la Mer Morte. Elisheva Malach a su si bien capter cette lumière unique


Tel Aviv, vue de la mer:

(Photo Dovi Hadar)


La plage Palma’him au sud de Rishon Letsion:

(Photo Ilan Bigan)


Ein Guedi, la Mer Morte…


Le parc Timna dans le Neguev:


La région sud du Negev, l’Arava, l’arrivée sur la plaine Eilat


Et Eilat sur les bords de la Mer Rouge:

Je vous souhaite une excellente année civile 2023

A bientôt,

Troubles en Jordanie

Depuis quelques jours, la Jordanie fait face à des émeutes sans précédents.
Elles ont commencé par des manifestations et grèves de camionneurs protestant contre l’augmentation du prix de l’essence et paralysant tout le pays car le transport en Jordanie se fait surtout par route. S’y sont joints tous ceux qui dépendent de ces approvisionnements pour pouvoir travailler. Cela concerne en particulier les ouvriers journaliers du bâtiment qui sont au chômage technique.

Des manifestations, des grèves, cela n’a pas l’air très grave et pourtant…

Mais tout d’abord, un peu d’histoire:
La Jordanie est un pays créé de toute pièces par décision unilatérale des Anglais. Ceux-ci amputent en 1923 le territoire accordé au Foyer National Juif tel que le prévoyaient les accords de San Remo conclus en 1920. A la suite d’accords déjà passés pendant la première guerre mondiale avec les princes arabes de la dynastie hachémite, en échange de leur révolte contre les Ottomans, ils en font un protectorat britannique. Ils nomment donc Abdallah 1er, fils de Hussein ben Ali, chérif de la Mecque, émir de Transjordanie.


En échange de son aide, cette fois pendant la deuxième guerre mondiale, Abdallah demande aux Anglais de lui accorder l’indépendance. Ce qui sera fait en 1948. Cet émirat, désormais indépendant, deviendra le royaume de Jordanie en 1949.
Le nom exact du royaume est royaume hachémite. Ce qualificatif est très important pour comprendre ce qu’est la société jordanienne.
La famille royale jordanienne se réclame de Hachim, arrière grand-père de Mahomet. Les Hachémites sont, de génération en génération, les chérifs de la Mecque chargés de la sécurité des lieux saints. Ils sont originaires du Hedjaz en Arabie et donc des étrangers dans le pays qu’ils gouvernent.
La population jordanienne n’est pas homogène: elle est composée de tribus bédouines, arrivées pendant le mandat britannique mais provenant de territoires totalement différents*.
A ces tribus bédouines, il faut ajouter les Palestiniens (près de 70% de la population), qui eux sont arrivés après la guerre d’Indépendance. Ils sont parfois nomades, parfois pas, mais de toute manière considérés comme faisant partie d’une caste inférieure. Pour se concilier la population palestinienne dont il craint la violence, le roi Abdallah a épousé Rania dont la famille est originaire de Tulkarem en Samarie. Mais en vain, car les Palestiniens de Jordanie la considèrent, ainsi que sa famille, comme des traitres qui les ont abandonnés. Il faut dire qu’ils se souviennent des massacres de septembre noir en 1970 qui firent plusieurs milliers de morts quand Hussein de Jordanie décida de se débarrasser de l’OLP qui menaçait son pouvoir, mais aussi de ceux qui lui demandaient un territoire autonome pour créer un état palestinien alternatif (estimations entre 3500 et 10000 morts).
De plus, depuis une dizaine d’années, il faut aussi ajouter le million de réfugiés d’origine syrienne ou irakienne qui sont parqués dans des camps et servent de main d’œuvre servile, comme les 200 000 qui vivent dans ce bidonville, le camp Zaatari, qui est en fait devenu l’une des principales villes du pays.


En marge de ces grèves et émeutes, il y a eu un évènement très important dont la presse internationale n’a pas parlé. Il faut dire que les informations arrivent par bribes car en Jordanie, l’accès à internet est très contrôlé par le régime.
Il y a quelques jours, le vice-gouverneur de la région de Ma’an, le général Abdelrazak Abdel Hafez Dalabyah de la tribu des Abu Del Bakh a été assassiné.

(Le général Abdelrazak Abdel Hafez  Dalabyah, Israel Hayom)

Cet homme, dignitaire du régime, n’a pas été tué par un étranger mais par un habitant de la même ville appartenant toutefois à une autre tribu.
La ville de Ma’an est une ville dont la population est composée de bédouins sédentarisés, mais bien sûr, toujours divisés en tribus. Il s’agit en fait d’un meurtre inter-tribal. Mais pour compliquer les choses, la victime appartient à une tribu qui soutient le régime et le meurtrier à une tribu qui, non seulement ne le soutient pas, mais qui le combat et soutient Daesh que l’on voit régulièrement parader dans cette zone, brandissant le drapeau noir et tirant tout azimut comme toujours.

(Photo The National)

Donc, la querelle entre tribus se complique d’une tentative de renverser le régime en assassinant un de ses piliers.
Ce qui est inquiétant aussi, c’est que la tribu Abd El Bakh de la victime, a refusé qu’un des membres du régime, ni même de la famille royale, n’assiste à l’enterrement du général Abdelrazak Abdel Hafez Dalabyah. Cette tribu a sommé le roi d’arrêter et d’exécuter le meurtrier sous trois jours, ce qui aurait été fait d’après le Jordan Times, qui, lui, parle d’un raid contre une cellule terroriste.
Si la légitimité d’Abdallah est contestée, quelle qu’en soit la raison, par autant de groupe divers, la survie de son régime et même la sienne propre est incertaine. Si on ajoute à ses soucis actuels, les tentatives de coup d’état, comme celui qu’a tenté en 2021 le prince Hamza, son demi-frère, on peut se dire que le roi Abdallah II ne doit pas dormir très bien ces jours-ci…
Il a donc demandé l’aide de son oncle Hassan, fils de Talal, père du roi Hussein, pour parlementer avec les tribus, mais ceci est considéré comme un signe de faiblesse car leurs relations étaient déjà très orageuses…

Et comme à l’accoutumée, il appellera Israel à l’aide comme le signale Edy Cohen* sur sa page facebook

En fait ici en Israel, nous avons deux options:
– soit le laisser se débrouiller tout seul avec cependant la crainte que son régime s’effondre et soit remplacé par un autre régime autoritaire (il n’y a pas de démocratie dans les pays arabes). Autre possibilité plus inquiétante, la Jordanie pourrait sombrer dans des lutes intestines entre bédouins d’Arabie et palestiniens, luttes similaires à celles que nous connaissons en Syrie et en Irak. L’Iran pourrait profiter de cette situation pour s’installer via le Hezbollah à notre frontière, comme il l’a déjà fait au Liban et sur le Golan syrien profitant des guerres civiles dans ces deux pays.
– l’autre option est de soutenir la famille royale à tout prix pour qu’elle puisse survivre, à condition qu’elle s’engage à garder paisible notre longue frontière commune. Toutefois il faudrait pour cela que le roi Abdallah cesse clairement de réclamer à cor et à cris, à l’ONU et ailleurs, que soit créé un état palestinien en Judée-Samarie, qui sera évidemment un état terroriste. En effet la popularité du Hamas en Cisjordanie est telle qu’il est certain qu’un état palestinien indépendant tomberait sous sa coupe immédiatement (cf. ce qui s’est passé à Gaza depuis notre désengagement en 2005). Cet état serait une menace pour Israel mais à terme pour le régime hachémite lui-même dont la population est majoritairement palestinienne.

Ce risque est grand. Il est renforcé aujourd’hui par la position de l’administration Biden qui écoute Abdallah d’une oreille attentive mais aussi par à l’Europe qui prépare un plan depuis des années pour aider les palestiniens à récupérer la zone C confiée aux Israéliens suite aux accords d’Oslo, plan qu’a dévoilé cette semaine la chaine 13 de la télévision israélienne*.

La gabegie jordanienne a conduit ce pays à une sécheresse épouvantable ces dernières années. Israel a proposé de fournir de l’eau provenant des usines de dessalement en contrepartie d’une fourniture d’énergie solaire. Un accord tripartite a même été signé avec les Emirats Arabes Unis, au mois de novembre 2022. Il s’est traduit par de nouvelles émeutes à Aman!
Donc prudence, la paix avec la Jordanie n’est qu’une paix entre états. Le peuple jordanien est loin d’y acquiescer.

A bientôt,

* Mahomet, sa famille et ses descendants:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2020/08/18/jerusalem-une-ville-sainte-pour-lislam-1-3/

* Comment est constituée la société palestinienne:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2018/02/16/une-nation-palestinienne/

* Dr Edy Cohen:

Chercheur au Centre Begin-Sadate. Spécialisé dans les relations inter-arabes, le conflit arabo-israélien, le terrorisme, les communautés juives dans le monde arabe
https://besacenter.org/

* Le plan de l’Union Européenne dévoilé à la télévision israélienne: Il s’agit d’un texte en 6 pages, détaillant l’aide que l’U.E donne aux Palestiniens pour les aider à s’emparer de terres se trouvant dans la zone C, c’est a dire dans la zone de Judée-Samarie entièrement contrôlée par Israel, selon ce qui avait été décide lors des accords d’Oslo.
Ces jours-ci, en réaction à cette information, une quarantaine de parlementaires israéliens a adressé la lettre que voici à l’U.E:

Sur l’arc de Titus à Rome est gravé dans la pierre le chandelier à 7 branches de notre Temple pillé par les légions romaines.
Jerusalem est perdue – Hyerosolomita est perdita ou Hep-Hep – est la devise latine de tous ceux qui voulaient humilier les Juifs exilés en Europe.
En 1930, des graffitis similaires étaient écrits sur les murs à Berlin: Juden nach Palestina! Juifs en Palestine!
Et maintenant que nous sommes finalement revenus sur notre terre, à Jerusalem en Israel, l’Europe clame que nous sommes des étrangers dans notre propre pays et que nous n’appartenons pas à notre patrie.

Si vous voulez en savoir plus sur la guerre d’usure que nous livre l’Europe:
https://www.regavim.org/