Bonne fête de Soukot חג סוכות שמח

 

C’est fait! Les soukot sont construites et décorées!
Depuis déjà quelques jours, nous y accueillons familles et amis. Nous y mangeons, nous y étudions, et certains même y dorment, pour obéir à ce qui nous est prescrit dans le Thora:

Vous demeurerez dans des cabanes durant sept jours; tout indigène en Israël demeurera dans une cabane, afin que vos générations sachent que j’ai donné des cabanes pour demeure aux enfants d’Israël, quand je les ai fait sortir du pays d’Egypte, moi, l’Éternel, votre Dieu! »
בַּסֻּכֹּת תֵּשְׁבוּ, שִׁבְעַת יָמִים; כָּל-הָאֶזְרָח, בְּיִשְׂרָאֵל, יֵשְׁבוּ, בַּסֻּכֹּת.מגלְמַעַן, יֵדְעוּ דֹרֹתֵיכֶם, כִּי בַסֻּכּוֹת הוֹשַׁבְתִּי אֶת-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, בְּהוֹצִיאִי אוֹתָם מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם: אֲנִי, יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם.
(Vayiqra-Lévitique, 2-42,43)…

(Souka du quartier Yemin Moshe, photo Yeoshua Halevy, Israel 21c)


Mais ce n’est pas tout!
Une des coutumes de Soukot, basée sur le texte mystique dit du Zohar, et devenue populaire au Moyen-Age, consiste à convier des invités « invisibles » de même que des invités « visibles ». On les appelle les Ushpizin. C’est normal, il s’agit de nos ancêtres les plus marquants, ils doivent se tenir avec nous dans la souka qui est le symbole de la Maison d’Israel.
Avraham, Yts’hak, Jacob, Joseph, Moïse, Aaron et David sont ainsi conviés. Une tradition plus moderne nous invite à ne pas oublier nos Ushpizot: Sarah, Myriam, Deborah, ‘Hulda, ‘Hanna, Avigail,et Esther.

Les kabbalistes enseignent que chacun de ces invités correspond à l’un des attributs d’une des sephirot: ainsi, le premier jour, nous convions Avraham, symbole du חסד (‘Hessed,) bonté, ensuite Yits’hak, symbole de la גבורה (Guevoura), puis Yaakov, symbole de la תיפארת (Tiferet), Splendeur, et Yossef, qui symbolise de יסוד (Yesod), la fondation. Ensuite Moshe, symbole du נצח (Netza’h), l’éternité puis son frère Aaron, symbole du הוד (Hod,) la gloire et enfin David, symbole de la מלכות (Malkhout), la souveraineté


Quant à nos oushpizot, elles ont été choisies en tant que 7 prophétesses, désignées ainsi par la guemara*:
Sarah symbolise l’endurance et la capacité à protéger, Myriam c’est la vivacité et abondance, Deborah le leadership et courage, ‘Hanna la foi et volonté, Avigail l’ingéniosité et compassion, ‘Hulda les pouvoirs prophétiques et Esther le sacrifice et courage.

 

Ce mot Ushpizin (les invités) ne s’emploie pas pour désigner nos invites « visibles ». Mais d’ou vient-il?
Il semble avoir beaucoup voyagé. Il vient du perse aspanj (un lieu d’hébergement), devenu en araméen, ushpiza (une auberge). Dans l’hébreu de l’époque de la Mishna, soit au début de l’ère chrétienne, un ushpiz est un hôte (dans les deux sens du terme). Ce mot franchira la mer pour la Grèce où il donnera le mot hospes, puis passant par le latin et enfin en français. il deviendra hospitalité, hôpital…
Si actuellement en hébreu le mot hôpital se dit בית חולים (beit ‘holim) la maison des malades, ces mêmes malades y sont מאושפזים (meoushpazim), hospitalisés.
Et vous connaissez certainement le film Oushpizin qui nous narre comment un  couple stérile,  très croyant et très pauvre, achète un etrog hors de prix, persuadé qu’il leur portera chance et espère recevoir les oushpizin dans sa souka. En fait d’oushpizin, ce seront de sympathiques voyous qui utiliseront l’etrog pour préparer une succulente salade et pourtant, le bonheur sera finalement au rendez-vous!

Il est dit que les 70 nations viendront à Jerusalem pour participer aux fêtes de soukot*: en attendant ce jour, ce chauffeur de bus arabe a décoré son bus pour réjouir ses passagers juifs. Lui aussi fait partie des hirondelles  que je mentionnais dans un précédent article*.

 

חג סוכות שמח

A bientôt,

*etrog: un cédrat

*Les hirondelles:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/06/27/deux-ou-trois-hirondelles/

*Les ushpizot: certains rajoutent des femmes de notre temps comme  »Hanna Szenesh comme symbole du courage

*Les 70 nations et soukot:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/10/01/une-souka-des-soukot/

 

 

 

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Soyez inscrits dans le livre de la vie גמר חתימה טובה

Si vous demandez à quelqu’un de vous expliquer ce qu’est Yom Kippour, il vous dira généralement qu’il s’agit de « faire techouva » ou en meilleur français de se repentir.
A partir de la, chacun se repent (ou pas) selon ses convictions: pour certains, il s’agit de devenir plus pratiquants, d’observer toutes les mitsvot, d’autres font leur חשבון נפש (‘heshbon nefesh), examen de conscience uniquement moral,  essayent de comprendre ce qui est brisé et ce qui est intact en eux-mêmes afin d’améliorer la situation, mais peu de Juifs pensent que la racine du mot תשובה (teshouva) est ש ו ב (Sh Vav Beit), revenir, concrètement revenir.
Il y a déjà deux siècle, un des penseurs du sionisme malheureusement mal connu, le rabbin Yehuda Alkalay* évoquait cette idée de retour.
Voici ce qu’il écrivait: la racine shouv a deux significations, la première est d’ordre privé, c’est le ‘heshbon nefesh, retour sur soi, bon pour toute personne, juive ou non. Mais la deuxième, trop souvent oubliée et générale est le retour שוב (shouv) en Eretz Israel.
Pour lui,  Israel a toujours été au centre de l’histoire du peuple juif, y compris lorsque nous n’y étions que quelques milliers*. En cela, il reprend cette idée des sages du Talmud pour qui l’observance des  mitsvot en galout (exil) n’a qu’une valeur d’exercice pour que nous ne les oublions pas jusqu’au jour du retour.
Environ 60 ans avant le premier congrès juif à Bâle, le rav Yehuda Alkalay pensait déjà que nos jours en galout étaient épuisés et qu’il était temps de revenir.
Pour les 70 ans d’Israel, Idan Raichel a composé cette chanson devenu très populaire: Une tribu de frères et sœurs.



70 ans, je roule en voiture et  regarde ce qui fut et ce qui sera. Comme mon âme est encore émue!
De Massada à l’aube, de Jerusalem en Seli’hot*, des plages du Kinneret, depuis Akhziv, et les fêtes de Tel Aviv

Mon père a rêvé et prié pour vivre en Israel, aujourd’hui mon enfant me demande: Quelle est l’histoire d’Israel?
Ici est notre maison, notre cœur, je n’abandonne pas nos ancêtres, nos racines, dont nous sommes les fleurs multicolores
Une tribu de frères et sœurs

Un même quartier, une même rue, les treize enfants* de Yaakov, recueillent ensemble les errances d’un sac de nostalgie
L’homme est le paysage de sa patrie, grave les lignes des paumes de ses mains, entre les prières et les vœux, les parfums des agrumes dans les vergers
Dans les yeux de ma mère, je trouverai toujours ma place, sur ma guitare, je jouerai une ancienne mélodie
Depuis le début, tout est cousu, toutes les pièces de l’histoire sont reliées par le fil d’or du poète
Je suis d’ci, je fais corps  et tout ami est pour moi un frère, les battements de mon cœur, je suis Orient et Occident
Ici est notre maison, notre cœur, je n’abandonne pas nos ancêtres, nos racines, dont nous sommes les fleurs multicolores
Une tribu de frères et sœurs

J’espère que cette année, verra le retour des 4 captifs du ‘Hamas: Hadar Goldin et Oron Shaoul, tués pendant Tzuk Eytan et dont les corps n’ont jamais été rendus à leur famille, et Avera Mengistu et   Hisham al-Sayed, dont on espère qu’ils sont encore vivants,

 

 

Je vous souhaite d’être inscrits dans le Livre de la Vie
גמר חתימה טובה

 

A bientôt,

*Rav Alkalay:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Yehouda_Hay_Alkalay

*Il y a toujours eu des Juifs en Israel: voir tous mes articles intitulés: Les générations oubliées

*Les seli’hot:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/09/11/les-selihot/

*Les treize enfants de Yaakov: pourquoi oublions-nous toujours Dina?

* Les captifs du ‘Hamas:
https://www.hrw.org/fr/news/2017/05/03/deux-israeliens-detenus-au-secret-gaza

 

Shana Tova שנה טובה

 

Cette nouvelle année 5780, nous espérons qu’elle nous sera douce mais nous savons que certainement nous aurons des hauts et des bas, des jours ensoleillés et d’autres tristes et gris, et comme l’écrivait le compositeur Yoram Taharlev:

Certains jours ne sont pas calmes et je n’y trouve aucun réconfort, obligée de toucher terre, pourtant sur ce même chemin, j’enjambe des fleurs de crocus, je suis si différent et fleurit à la veille des pluies.
J’élèverai juste une prière: mon Dieu, que le soleil me caresse, et montre moi encore le chemin, sois avec moi dans ce voyage…

ישנם ימים ללא מרגוע
בהם לא אמצא לי נחמה
ומוכרח אני לנגוע
בעשבים, באדמה
לפסוע באותה הדרך
בתוך פריחת הכרכומים
ולהיות כל כך אחר
ולפרוח ערב הגשמים

רק תפילה אשא
הוי אלי, אלי
שהשמש תעבור עלי
ותראה לי שוב את משעולי
הוי אלי, אלי
רק תפילה אשא
כשהשמש תעבור עלי
ותיקח אותי אל המסע
תפילה אשא.

Aussi en cette veille de Rosh Hashana, je vous souhaite de réaliser vos rêves, qu’ils fleurissent quelque soit le temps…

 

 

 

De  Metulla au nord de la Galilée, d’Eilat sur la mer Rouge, de la vallée du Jourdain aux plages méditerranéennes, de Jerusalem à Tel Aviv, tout Israel vous souhaite une bonne année

 

שנה טובה ומתוקה
שנת אושר בריאות ושלווה

 

A bientôt,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tango démocratique

 

Les premières élections israéliennes en 1949, furent pour de nombreux Juifs, le début de l’apprentissage de la démocratie.
En effet, la plupart d’entre eux venaient  de pays où ce seul  mot était dangereux à prononcer. Pendant des siècles, les Juifs n’ont été que des dhimmis en terre musulmane, et en terre chrétienne, bien que certains avaient obtenu avec le temps le statut de Juifs utiles, ensuite de juifs tolérés, ils n’en étaient pas pour autant considérés comme faisant partie de  la société, qui de toute manière ignorait le mot de démocratie.
Pourtant, que se passait-il à l’intérieur des communautés juives? Des élections! Et parfois, vraiment bien organisées et réglementées comme ce fut le cas dans le royaume de Pologne.
Dans les grandes communautés comme celles de Lvov, Poznan, Cracovie, les consultations électorales étaient organisées tous les ans, le premier jour de ‘hol hamoed Pessah*. Les membres du Grand Conseil élisaient  le « Comité de réglementation », lui même chargé d’élire des représentants du public.
Le premier vote concernait l’élection du ראש הקהילה (Rosh haKehila) ou פרנס (parnas) le chef de la communauté. Ce nom de famille Parnas (ou parfois Parness) existe encore en particulier chez les Juifs des Balkans ou de Turquie, exilés d’Espagne.
Le Parnas devait décider de l’exigibilité à résidence; en conformation avec les lois émises par le gouverneur non-juif de la ville ou de la province qui ne tolérait qu’un nombre limite de Juifs dans la ville, il percevait les impôts dus au même gouverneur et fournissait une garantie pour les prêts entre les membres de la communauté.
De plus, le comité devait aussi élire les טובים (Tovim) qu’on pourrait traduire par les Bons, suppléants du Parnas. Le mot bon au pluriel טובים (Tovim) a donné lieu à deux expressions בני טובים (Bnei Tovim), littéralement les enfants des Bons en fait, les gens de bonne famille et שם טוב (Shem Tov), le bon nom, c’est à dire celui qui a une bonne réputation*. Shem Tov est d’ailleurs une nom de famille assez répandu.
Ensuite, avait lieu l’élection des גבאיים (gabbaim), Ces gabbaim avaient un rôle équivalent aux comités de la Knesset actuelle*. Ils étaient chargés des institutions caritatives, de la חברה קדישה (‘hevra kadisha), la société funéraire, de la synagogue, du מקווה (mikve)*, le bain rituel, de l’hôpital, de la vérification des poids et balances au marché ainsi que du ramassage des ordures. Les gabbaim organisaient aussi la surveillance nocturne des rues, étaient responsables des écoles, de l’alerte incendie, sans compter du fonds pour le rachat des captifs*, du fonds pour Eretz Israel etc…
Et j’allais oublier, il étaient aussi chargés de l’enregistrement des actes d’état-civil!  Gabbay est d’ailleurs aussi devenu un nom de famille…

Pour chapeauter toutes ces activités , un grand conseil, le Conseil des Quatre Pays avait été créé en 1550. Les 4 pays étant les 4 grandes provinces de la Pologne.

(Recueil du Conseil des 4 pays, ce document a appartenu à l’historien Simon Doubnov, assassiné en 1941 par les nazis à Riga)

Ce comité coordonnait tout un réseau de fonctionnaires envoyés dans les petites villes où villages où il y avait une communauté juive. Ce fut la plus haute institution centrale du judaïsme devant les autorités polonaises. Ce Conseil des 4 pays fonctionna jusqu’en 1764. A cette date, il fut interdit par le Parlement polonais et s’effondra totalement lors de la partition de la Pologne.

(Réunion à Lublin des chefs des 4 pays, musée de la Diaspora à Tel Aviv)

On a beaucoup entendu ces derniers temps des pères-la-morale fustiger la dégradation de la vie politique en Israel, en proie à la violence verbale. L’un d’eux a même parlé de guerre civile virtuelle. Je ne vais pas revenir sur les messages lus sur les réseaux sociaux, que je ne fréquente que très peu et qui servent d’exutoire à tous les frustrés du monde, fébriles et bien protégés derrière leur clavier, mais j’avoue qu’autour de moi, je n’ai rien entendu de violent même si s’exprimaient des idées radicalement opposées. Ou alors, c’est  que je n’ai que de bonnes fréquentations…
Plus sérieusement, un journaliste s’est quand même exclamé: Vous parlez de violence, mais relisez, réécoutez ce qui se disait au début de la création de l’état. Par comparaison, ce qui se passe maintenant, c’est Disneyland!

Il y a une trentaine d’années, Ehud Manor écrivait cette ode à la fragilité démocratique et à ses limites, intitulée Tango démocratique:

Je te connais mieux que tu te connais
C’est pourquoi je ne te fais pas confiance
Dans de situations qui changent continuellement
Tu peux être encore une proie
Je sais te diriger vers les chaines importantes
Je sais te sauver quand tu te trompes ou bafouilles
Tu es fragile et te brise facilement
Entre ce qu’on veut et la réalité du monde
Quand on n’a pas le choix alors même le gris peut être bleu azur
Car les bonnes intentions n’ont pas apporte un jour meilleur
Et sur la route pour le paradis il y a des bouchons s’il n’y a pas de police
Voici l’horizon rougit et bientôt nous  nous endormirons
Demain nous nous lèverons et progresserons au delà*…

Le poème n’a jamais achevé ni donc mis en musique mais on peut le fredonner sur un air de tango, j’ai essayé…

אני מכיר אותך יותר טוב ממך,
לכן עליך עוד אינני סומך,
במצבים המשתנים בלי הרף,
את עלולה עוד להיות לטרף,
אני יודע לכוון אותך לערוצים המועילים,
אני מציל אותך כשאת טועה ומתבלבלת במילים.

את עדינה ואת נשברת בקלות,
ושנינו הן מאמינים בתלות,
שבין רצוי ומצוי בחלד,
כשאין ברירה- אז גם אפור הוא תכלת,
כי כוונות טובות עוד לא הביאו יום יפה יותר,
וגם בדרך לגן עדן יש פקקי תנועה אם אין שוטר

(הנה האופק מתאדם (וקרטיה
(ועוד מעט שוב נרדם (וקרטיה
(מחר נקום ונתקדם (קרטיה
לעבר… ».

Vous connaissez certainement mieux une autre chanson d’Ehud Manor, qui est a été souvent interprétée par les partisans des partis de droite comme de gauche אין לי ארץ  אחרת (ein li eretzz a’heret) Je n’ai pas d’autre pays

אין לי ארץ אחרת
גם אם אדמתי בוערת
רק מילה בעברית חודרת
אל עורקיי, אל נשמתי
בגוף כואב, בלב רעב
כאן הוא ביתי


Je n’ai pas d’autre pays, et si ma terre brûle, un seul mot en hébreu pénètre dans mes artères, dans mon âme, dans mon corps douloureux et mon cœur affamé, ici est ma maison.

J’ai toujours aimé cette phrase pleine d’humour de Churchill: « La démocratie est la pire forme de gouvernement, à l’exception de tous les autres qui ont été essayées! J’aimerais rajouter celle que prononça Mena’hem Begin:  » L’anarchie sera rejetée par tout homme sage, une dictature guérira tout homme libre, la raison et la liberté, en tant que telles, nécessitent généralement la décision de la majorité, à condition que la majorité respecte les droits de la minorité.
Nous verrons bien ce qui sortira de ces réunions où s’empoignent les plus grands ego du pays. J’aimerais rajouter une autre phrase de David Ben Gourion que je relis sur un post de Kravi*: « Celui qui ne croit pas aux miracles en Israel n’est pas réaliste »*.

 

A bientôt,

*mikve:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2018/07/05/tant-quil-y-a-de-leau-il-y-a-de-lespoir/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2019/06/07/monter-a-jerusalem/

*Shem Tov, comme le Baal Shem Tov bien sûr!

*Conseil des 4 pays
http://akadem.org/medias/documents/8_Conseil-4-pays.pdf

8Le rachat des captifs:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/08/28/le-rachat-des-captifs/

*Knesset Israel:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/03/20/knesset-israel/

*L’article posté par Kravi:
https://dovkravi.blogspot.com/2019/09/elections-le-compromis-nest-pas-une.html

Un nouveau mois d’Eloul

 

Nous sommes revenus au mois d’Eloul.
L’aube est fraîche, elle sent le romarin et les plants d’anis lorsque je prends la route presque encore vide pour aller à la piscine. Une lumière rosée se profile à l’est du côté du Herodion et du désert de Yehuda…


La piscine est pleine … de grands mères comme moi*. N’allez pas croire qu’elles bavardent ou cancanent, non elles tracent leur sillon dans l’eau comme des pros. J’en salue quelques unes.  Si l’une de nous manque à l’appel, nous nous inquiétons et dès qu’elle revient nous l’interpellons: הכל בסדר (ha kol beseder) tout va bien?

Une heure plus tard, ma fille m’appelle, elle va au travail et moi au supermarché.
Nous sommes toutes les deux dans nos bouchons respectifs. Nous pestons contre les conducteurs imprudents et impudents. Je l’entends soudain qui éclate de rire: Dire que je ronchonne alors que je longe les murailles de Jerusalem!

Je continue ma route. Aux infos, comme toujours disputes et accusations contre untel ou untel. Bon, ça veut dire que rien de grave n’a eu lieu pendant la nuit…
La foret de Ein Yael sur ma gauche, je monte en direction du carrefour d’Ora.


Le supermarché donne sur la vallée d’Ein Lavan*.

 

 

Quelle beauté! Dire que j’ai pensé uniquement à mes courses au lieu d’en profiter…
Je respire l’air frais presque humide. La radio annonce un possible טיפטוף (tiftouf), une petite pluie intermittente.
Les étalages se couvrent de pots de miel et boites de dattes en promotion. Dans moins d’un mois c’est Rosh Hashana.
Dikla la boulangère soupire en écoutant le bruit des avions dans le ciel: D’où reviennent-t-ils? Elle est inquiète, son fils aîné est stationné dans le Nord. Je lui rappelle La guerre de 2 heures (comme l’a si bien titré la Metula News Agency) ou comment, après avoir ouvert le feu sur une position israélienne à 16h15 dimanche, à 18h30, le Hezbollah implorait trois intermédiaires d’arracher un cessez-le-feu à Israël.

 

                                                                                                                                     


  כל הכוב לצהל  (Kol hakavod leTsahal)  Bravo à notre armée!

Pourquoi les Iraniens nous haïssent-ils? Nous n’avons pas de conflit économique, pas de frontières communes, pas non plus l’intention de les envahir. Solidarité envers des Arabes qu’ils méprisent? L’Islam, tout simplement?
Je  m’interroge mais le ciel est d’un bleu si doux ce matin…
Je suis  arrêtée aux passages piéton par les משמרות זה’ב (mishmarot zahav), qui ne sont pas des gardes d’or,  mais des tours de garde  aux abords des écoles, effectués par les élèves:

Je me souviens de cette chanson de Naomi Shemer qui décrit si bien ce que nous sommes:

De ma fenêtre je vois une rue comme un fleuve superbe,  et des gens allant à leur labeur journalier… Des petits enfants, leur cartables sur leurs dos, des branches de myrte fleurissent…
Soudain je vois clair et je me dis: Non, non, non, vous ne me vaincrez pas, on ne me vainc pas si rapidement.
De ma fenêtre je vois un avion qui décolle, un avion plane et se cache dans les nuages  lointains. J’entends une machine, sa musique précise se déroule dans les rues et les marchés…
Soudain je vois clair et je me dis: Non, non, non vous ne me vaincrez pas, on ne me vainc pas si rapidement.

De ma fenêtre je vois printemps et automne, jour de pluie ou de sharav*, lumière et obscurité, un soliste et une chorale.
Tout se mélange, se mixe , chant de lamentation, chant d’exultation…  Et quelques fois c’est un brouhaha énorme!
Soudain je vois clair et je me dis: Non, non, non, vous ne me vaincrez pas, on ne me vainc pas si rapidement.

A bientôt,

*J’exagère. Il y a aussi  quelques courageux grands-pères

*Le Herodion:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2018/01/23/le-chemin-des-patriarches-4-le-goush-etzion/

*Ein Lavan:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/03/01/guivat-massoua/

*Sharav:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/09/11/sharav-ou-hamsin-quelle-poussiere/

 

 

En cette fin de vacances…

Voici une vidéo très explicite sur ce qui est notre quotidien depuis quelques temps.

 

 

Chaque jour ou presque, les habitants du Sud reçoivent des roquettes, des jets de grenades et de ballons piégés, ils doivent se protéger des tentatives d’infiltration perpétrées par des Gaza-nazis, arborant fièrement des drapeaux  très explicites comme celui-ci:

Nous avons droit à  environ un attentat meurtrier par semaine. Il y a peu, en Judée les assassins ont activé une charge explosive et tué une jeune fille de 17 ans, Rina Shnerb, et blessé son père et son frère. Le père de Rina les avaient simplement emmenés se baigner à la source  Dani, nommée ainsi d’après le nom de Dani Gonen, tué au même endroit en 2015.

 

Cette semaine, Tsahal a pu déjouer à temps un énorme attentat, organisé par les Iraniens qui, à partir du territoire syrien, prévoyaient de lâcher sur la Galilée des drones équipés d’explosifs. Dans le même temps, nous avons du aussi intervenir dans la Beka Libanaise contre des positions de terroristes chiites du Hezbollah, inféodé à l’Iran
Nous avons répliqué par une série d’attaques sur des bases iraniennes en Syrie et dans la Beka.

 

L’autre soir soir, 3 missiles en provenance de Gaza sont tombés sur Sderot au moment où avait lieu un concert en plein air: 4000 personnes, essentiellement des familles, se sont retrouvées prises au piège sans abri à leur portée. Deux des missiles ont été interceptés par Kipat Barzel, un est tombé dans un terrain vague où il a provoqué un incendie..
Nous disons toujours: Heureusement, nous n’avons eu que quelques blessés légers!
Mais un bon nombre de personnes sont traitées à l’hôpital pour état de choc et cette situation qui suppure depuis des années rend la vie des habitants de cette région vraiment intenable. Les centres de suivi psychologique pour les post-trauma sont débordés…
Et personne ne sait ce que les heures ou les jours suivants nous réservent.

 

En signe de protestation contre la situation dans le Sud, qui continue de s’aggraver ces derniers jours, une vidéo a été publiée ce mardi matin dans laquelle des enfants de la région de Sderot,  âgés de 7 à 11 ans,  chantent la célèbre comptine de l’alphabet. Mais cette fois, les paroles sont différentes, chaque lettre de l’alphabet est l’initiale d’un mot  qui malheureusement fait partie de leur vocabulaire quotidien.
Une des participantes du groupe, Michal Maor a 9 ans. Elle habite Sderot. Elle a déclaré ce soir à la télévision: « Il est important pour nous que tous les enfants en Israël comprennent la peur avec laquelle nous grandissons. Personne ne sait vraiment ce qu’est un ballon incendiaire avant de le voir. Nous grandissons dans une dure réalité. Le temps libre, nous le passons dans un espace protégé, il était donc important pour nous de participer à ce projet  et vous chanter ce qui reflète notre réalité. Les paroles sont  effrayantes et ont pour but  de faire comprendre au public israélien notre peur quotidienne. « 

Alef א c’est le feu (Esh) et Beit ב c’est un ballon (piégé), Guimel ג c’est une grande clôture (gader), Dalet ד c’est la porte (delet) du mamad (la pièce protégée), He ה c’est la myrte (hadas) qui fleurissait rose jusqu’à ce qu’ils brûlent les champs,

Zayin ז ‘Het ח vont ensemble car c’est le ‘Hamas dans les tunnels,
Les enfants de 6 et 7 ans, oh maman! Oh maman! Ont peur de sortir même un instant, Un abri, un abri! Et ils restent assis à la maison, maman, petite maman. Ni colombe et ni rameau d’olivier, petite maman!
Tet ט c’est une missile (til) et Yod י c’est un tir (yeri), Kaf כ c’est kef et Lamed ל non (lo), Mem מ et Noun נ c’est une salve (mata’h) qui est tombée (nafal) ici. Cours vite c’est tout près! Samekh ס c’est patrouiller (savav), Ayin ע c’est Gaza (,Aza), Pe פ c’est un attentat (pigoua) au couteau, Tsade צ c’est Tzouk Eytan (la guerre de l’été 2014), Kouf ק c’est une voix (kol) qui te dit Resh ר , cours (routz) vite, ferme les yeux, couche- toi par terre les mains sur la tète.
Les enfants…
Où en sommes-nous maintenant? Où est le Shin ש  et où est le Tav ת ? Shin (che) c’est la paix (shalom) et tav c’est toda (merci)  et yalla en avant pour pour le prochain round! Salut à tout le gouvernement, nous nous reverrons pour la prochaine opération militaire!
Les enfants de 6 et 7 ans…
On ne veut plus avoir peur, on exige une victoire d’Israel!*

 

Quand au front nord, comme je vous le disais, on multiplie les opérations en Syrie et même en Irak ou au Liban pour empêcher les Iraniens et le Hezbollah de nous attaquer. Ce soir la plupart des routes du Nord sont sous le contrôle de l’armée. Les voitures civiles roulent encore mais tout est fait pour dégager le passage pour Tsahal au cas où.
Cependant, il n’y a pas plus optimiste qu’un Juif. Les chambres d’hôtes sont pleines, c’est la fin des vacances et tout le monde veut en profiter. Comme disait un homme interviewé aux sources de Banyas : Je suis de Sderot, alors...

Heureusement,
Un certain nombre de jeunes soldates scrutent sans relâche des écrans. On les appelle les תצפיטניות (tatzpitaniot), les observatrices:

Elle sont formées à détecter et contrer les éléments hostiles le long des frontières et à surveiller la clôture  à l’aide de divers dispositifs technologiques. Si elles détectent une tentative d’infiltration, elles doivent être très réactives et donner à la chaîne de commandement un compte-rendu de la situation le plus précis possible.
Elles sont relevées toutes les quatre heures avant que leur vigilance se relâche: Pour autant que je le sache, il n’y a pas de soldats tatzpitanim mais seulement des soldates. Tsahal dit que les filles ont une capacité de concentration bien meilleures que les garçons. Chaque fois qu’une intrusion ne se termine pas en attentat meurtrier, c’est grâce à elles.
Mais les tazpitaniot ne sont pas seules à surveiller notre frontières. Tsahal, dont le niveau technologique n’est plus a démontrer, emploie aussi des pisteurs, en général des arabes bédouins. Dans la vidéo ci-dessous, l’officier Bader Sayid, officier pisteur dans la vallée du Jourdain, nous explique quel est leur travail:

 

« Comment sait-on que quelqu’un a franchi la frontière?
Sur la bande de terre entre la ligne de sécurité et  le grillage, on fait passer tous les jours un Hammer traînant des chaines pour rendre ainsi la terre poudreuse. C’est sur cette terre tendre qu’un pisteur pourra remarquer le moindre signe. Un pisteur doit parcourir par jour un certain nombre de km le long de cette bande pour vérifier qu’il n’y a eu aucune incursion de ce côté de la barrière.
Ce qu’il cherche ce n’est pas forcement une empreinte claire et nette, il sait analyser les différentes traces:  celles d’un animal et celles d’un homme ne se ressemblent pas,  ni celles d’un homme et celles d’une femme dont les  pas sont plus petits. De même, s’il s’agit d’un homme corpulent et lourd ou s’il porte quelque chose, les empreintes ne seront pas les mêmes. Plus tu portes, plus ton talon sera enfoncé dans le sol, ta démarche ne sera pas droite mais tu zigzagueras de droite à gauche et tu élargiras tes empreintes. Le pisteur doit aussi analyser si l’incursion a eu lieu peu de temps ou plusieurs heures avant.
Les terroristes trouvent toutes sortes de combines pour nous rendre le travail difficile, comme les peaux de moutons ou les larges bandes de mousse attachées sous les pieds, mais un pisteur expérimenté sait les repérer.
Nous savons aussi faire la différence entre une véritable et une fausse pierre qui recouvre un engin explosif.
Malgré  toute la technologie, rien ne vaut les yeux des pisteu
rs!

 

A bientôt,

 

*Le mot drone, רחפן (ra’hfan)  a été construit sur la racine r’h’f qui veut dire voleter qu’on trouve dans le livre de Bereshit
Or la terre n’était que solitude et chaos; des ténèbres couvraient la face de l’abîme, et le souffle de Dieu planait à la surface des eaux
וְהָאָרֶץ, הָיְתָה תֹהוּ וָבֹהוּ, וְחֹשֶׁךְ, עַל-פְּנֵי תְהוֹם; וְרוּחַ אֱלֹהִים, מְרַחֶפֶת עַל-פְּנֵי הַמָּיִם
Nos commentateurs ne traduisent pas planer mais  voleter, en ajoutant comme une oiselle voletant tendrement au dessus du nid.
Nos drones volettent actuellement comme une oiselle bien déterminée à ne pas nous laisser tuer par des oiseaux de proie

Israël-Iran : « La guerre des drones a éclaté »

 

*https://lphinfo.com/tsahal-devoile-lidentite-de-deux-terroristes-chiites-elimines-en-syrie/

*L’allliance ‘Hamas-Iran:
Le Hamas va créer une armée régulière

 

Tisha BeAv תשעה באב

תשעה באב – Tisha BeAv*:
La destruction du Temple, une première fois et une deuxième fois, la destruction de la ville et le massacre de sa population par Godefroy de Bouillon et ses croisés et bien d’autres catastrophes encore…

Comme tous les ans, nous jeûnerons en souvenir des nos malheurs anciens , nous ferons notre examen de conscience, persuadés que c’est à cause de nos manques et en particulier de notre désunion que ces catastrophes se sont produites.
Mais avez-vous entendu un seul juif beugler sa haine contre les peuples qui nous ont maltraités (et c’est un euphémisme). Comme disait ma mère: il faudrait haïr trop de monde!
Je relie quelques phrases postées sur la page facebook de Nations pour Israel:
Question classique d’un antisémite : « Si un jour il m arrivait d’être victime de la colonisation j’essayerais de ne pas être haineux , mais j’avoue que j’aurais du mal , pas vous ? »
Et l’excellente réponse de Pug:
Non, regardez les Israéliens… Leur Judée ancestrale a été colonisée par des arabes d’Egypte, de Jordanie, de Syrie, d’Arabie et du Liban et ils le vivent très bien. 1,5 million d’Israéliens sont des arabes. Leur Judée ancestrale est aussi colonisée par beaucoup de missions étrangères qui conservent des trésors de l’archéologie et de l’histoire juive et ça se passerait bien si ces pays, comme la France, ne les interdisaient pas d’accès à ces sites. Leur pays est colonisé par une religion musulmane qui n’a pas d’attache en Israël mais occupe le lieu le plus saint du Judaïsme. Leur capitale est colonisée par une religion chrétienne qui s’est largement compromise dans l’antisémitisme pendant 20 siècles. Et leur plus grande ville portuaire (Haifa) est même le sanctuaire de la religion Bahaï*. Et tout ça, les Israéliens le vivent très bien et en sont fiers. »
Ah, heureusement que nous avons des amis sûrs, tels que ces Goys là!

Pour moi, Tisha BeAv est un rappel de l’horreur dans lequel on ne doit pas s’engluer, rien de comparable aux jours mémoriels de la Shoah que je vivais en France et  dont je sortais avec une sensation d’inachevé, un gout amer dans la bouche.

Tisha BeAv me renvoie à la racine du verbe ישב (YaSHAV= être assis ou s’asseoir) sans doute tout d’abord parce ce jour-là, nous prions traditionnellement assis par terre comme des endeuillés pendant la shiva.

Ensuite parce que lorsque  nous nous lamentons sur Jerusalem détruite et dépeuplée, nous l’appelons la ville assise solitaire, יָשְׁבָה‭ ‬בָדָד (Yashva Badad): Elle est assise et sans force, car elle a été témoin, impuissante de la destruction du Temple et de son peuple…
אֵיכָה יָשְׁבָה בָדָד, הָעִיר רַבָּתִי עָם–הָיְתָה
Comme elle est assise solitaire, la cité naguère si peuplée…(Eikha, Les Lamentations* 1,1)


(Détail de la colonne trajane à Rome: les soldats romains lors du siège de Jerusalem)

Mais la racine de ce verbe a de nombreuses autres significations, elle apparaît 800 fois dans le Tanakh. C’est dire combien elle est importante.

Par exemple, lorsqu’Avraham attend ses visiteurs, assis à l’entrée de sa tente…:
L’Eternel se révéla à lui dans les plaines de Mamré, étant assis à l’entrée de sa tente, pendant la chaleur du jour.
וַיֵּרָא אֵלָיו יְהוָה, בְּאֵלֹנֵי מַמְרֵא; וְהוּא יֹשֵׁב פֶּתַח-הָאֹהֶל, כְּחֹם הַיּוֹם
Le verbe assis traduit selon les commentateurs une attitude dynamique: Avraham se prépare à accueillir comme il se doit tous ceux qui se présenteront. Et c’est ce qui se passera avec les trois envoyés qui lui annonceront sa future paternité.

A l’opposé, il peut au contraire avoir une connotation négative:
Avraham monte seul avec son fils Yits’hak au mont Moriah. Il laisse ses serviteurs assis avec l’âne: שְׁבוּ‭ ‬לָכֶם‭ ‬פֹּה‭ ‬עִם‭ ‬הַחֲמר (shevu lakhem po im ha-hamor), restez assis pour vous avec l’âne.
Les serviteurs, pourtant dévoués, ne prennent pas part à l’expérience, réservée à Avraham et à son fils Yits’hak, ils ne peuvent qu’adopter une attitude passive et ne pourront pas participer à l’épreuve d’Avraham.

Dans le texte du livre des Juges, on nous dit que Dvora était assise sous son palmier:
Or Dvora (Debora), une prophétesse, femme de Lappidoth, gouvernait Israël à cette époque.  Elle siégeait au pied du « Palmier de Dvora », entre Rama et Béthel, dans la montagne d’Ephraïm; et c’est à elle que les enfants d’Israel s’adressaient pour obtenir justice:
וּדְבוֹרָה אִשָּׁה נְבִיאָה, אֵשֶׁת לַפִּידוֹת–הִיא שֹׁפְטָה אֶת-יִשְׂרָאֵל, בָּעֵת הַהִיא. וְהִיא יוֹשֶׁבֶת תַּחַת-תֹּמֶר דְּבוֹרָה,בֵּין הָרָמָה וּבֵין בֵּית-אֵל–בְּהַר אֶפְרָיִם; וַיַּעֲלוּ אֵלֶיהָ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, לַמִּשְׁפָּט
On l’imagine bien, traitant des affaires de l’état à l’ombre d’un palmier mais Rachi ne se contente pas de cette image. Pour lui, elle étudiait le texte de la Thora pour donner une assise solide à ses jugements.

La racine ישב (YSHV) peut signifier aussi prendre le temps de réfléchir:
Un de mes amis dont la langue maternelle était l’hébreu, utilisait toujours le verbe s’asseoir pour dire réfléchir. Viens asseyons-nous, me disait-il.
D’un indécis, on dit qu’il est assis sur la barrière ישֵׁב‭ ‬עַל‭ ‬הַגָּדֵר . C’est aussi le titre d’une chanson composée par Arik Einstein.
L’indécis est souvent un angoissé qui ne sait pas où asseoir ses pensées, sinon sur une barrière, sans grand équilibre, au contraire de celui qui possède un bon ישוב דעת (yishuv daat), la tranquillité d’esprit. Un état de stabilité mentale et émotionnelle permet en effet de maintenir son équilibre et d’avoir une vision claire des moments présents, en particulier dans des situations difficiles.*

Cette même racine peut signifier aussi être enraciné, habiter durablement, sédentairement:
Ici, dans notre pays et je m’adresse en particulier à nos faux-amis, à nos vrais ennemis, nous nous sommes « assis » pour y rester. יושבים (yoshevim)!
Nous habitons un pays assis ארץ נושבת (Eretz Noshevet) et non pas un camp de transit. Ce n’est pas du temporaire.
Elle indique en même temps l’adhésion à un groupe. Comme le disait le roi David:
Je ne prends point place avec des gens faux, je ne fraye point avec des hypocrites.
לֹא-יָשַׁבְתִּי, עִם-מְתֵי-שָׁוְא; וְעִם נַעֲלָמִים, לֹא אָבוֹא (Psaume-Tehilim 26,4)
De nos jours,  les soldats du Palmach ont utilisé un autre psaume alors qu’ils étaient assis autour du feu de camp en chantant:
«Ah! qu’il est bon, qu’il est doux à des frères d’être assis ensemble
הִנֵּה מַה-טּוֹב, וּמַה-נָּעִים– שֶׁבֶת אַחִים גַּם-יָחַד (Psaume 133,1)


Enfin, la racine nous parle de discussions, donc d’échanges*. Le mot יְשִׁיבָה (yeshivah) fait allusion à la position assise, à une réunion de travail ou politique ou à une école talmudique par exemple.

Depuis hier, une famille est assise en shiva pour la mort de leur fils. Dvir Sorek, 19 ans, a été assassiné ce mercredi alors qu’il arrivait à la porte du kibboutz Migdal Oz où il étudiait. Il s’est défendu comme il a pu, mais il n’était pas armé. Ses seules armes étaient les livres qu’ils venait d’acheter pour remercier ses enseignants de la yeshiva.

A l’enterrement, son père a parlé de la lumière qu’il voyait dans les yeux de son fils. Il n’y a aucune lumière dans les yeux des terroristes, seulement la haine et l’envie de meurtre. Ses assassins sont toujours recherchés. J’espère qu’ils résisteront à leur arrestation et qu’ainsi l’armée les éliminera*.

A bientôt,

* אֵיכָה יָשְׁבָה בָדָד, הָעִיר רַבָּתִי עָם- Comme elle est assise solitaire la ville si peuplee (Eikha chap 1, verset 1): Le premier mot Eikha ne veut pas dire lamentation mais comment ou combien. Il est curieux que les traductions aient préféré le mot lamentation. Il est vrai que notre mur de l’ouest, le kotel hamaaravi, est traduit par Mur des lamentations!

*Les Bahaï:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/03/28/un-jardin-persan/

* L’importance du Yishuv Daat a été longuement traitée dans les commentaires juifs. Je cite seulement l’un deux:
3 choses peuvent faire que l’homme se conduise mal: la superstition, le mauvais esprit et la futilité.

* Celui qui est muet, qui ne peut plus échanger אילם, devient אלים, violent

* Le salaire des terroristes que paye l’autorité palestinienne
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2019/02/14/terroriste-ca-paye-bien/