Le sentier du Sanhedrin (1)

Les missiles sont tombés en continu dans toute une partie du pays pendant deux jours: plus de 400! Une attaque du Djihad Islamique, en provenance de Gaza.

(le dernier tube du ‘Hamas qui cette fois ne participe pas aux réjouissances mais encourage le Djihad Islamique)

Il parait que nous avons droit à un cessez-le-feu en ce moment, mais comme le rapportent les parents d’Hadar Goldin: c’est précisément pendant un cessez-le-feu que notre fils a été kidnappé*. Un cessez-le-feu jusqu’à quand? Jusqu’au prochain round?
Aussi pour nous changer les idées, je vous propose un petit tour en Galilée. Empruntons le sentier du Sanhedrin…

Retrouvons nous au début de l’ère chrétienne*.
Comme vous le savez, en l’an 70, Titus détruit le Temple et une partie de la ville de Jerusalem*. Les membres du Sandedrin* peuvent heureusement se réfugier sur la côte, dans la ville de Yavne. C’est là que commencera la rédaction de la Mishna*.
Malheureusement, en 135, après la défaite de Bar Kochba, une terrible répression s’abat sur les Juifs. Jerusalem, rasée et renommée Aelia Capitolina est devenue une zone interdite aux Juifs, judenrein.
La ville de Yavne devient elle aussi trop dangereuse. Les Sages du Sanhedrin  se réfugient alors plus au nord pour pouvoir continuer leur travail. Ce n’est que le début d’un long périple. Pour survivre, ils devront se déplacer de ville en ville en Galilée.
Commençons, nous aussi, ce périple.
Tout au début, ils s’arrêtent à אושה ,Usha, en Galilée occidentale. Son nom, Usha, vient sans doute du mot אשיה, ashiya, un créneau, employé par le prophète Jérémie qui tonne contre Babel en Chaldée (Jérémie 50,15):
הָרִיעוּ עָלֶיהָ סָבִיב, נָתְנָה יָדָהּ, נָפְלוּ אשויתיה (אָשְׁיוֹתֶיהָ), נֶהֶרְסוּ חוֹמוֹתֶיהָ: כִּי נִקְמַת יְהוָה הִיא הִנָּקְמוּ בָהּ, כַּאֲשֶׁר עָשְׂתָה עֲשׂוּ-לָהּ.
Poussez le cri de guerre contre elle de toutes parts: elle tend les mains, ses créneaux tombent, ses murs s’écroulent, car ce sont les représailles de l’Eternel. Vengez-vous sur elle, faites-lui ce qu’elle a fait elle-même.
De Usha, il ne reste que quelques ruines mais si son nom veut dire créneau, c’était certainement une place fortifiée. Ce qu’on connait du Usha de cette période  nous est transmis par quelques textes de la Mishna: ils nous racontent que le président du Sanhedrin, alors Yehuda Ben Baba, avait voulu ignorer l’interdiction romaine d’ordonner des sages, ce qui lui valu d’être exécuté par le pouvoir romain.

(tombe de Yehouda ben Baba. La tombe elle-même se trouve dans une grotte)

Usha tombera ensuite dans l’oubli mais des fouilles archéologiques décrivent un habitat juif jusqu’au 17 ème siècle.

Au début du 20 siècle, sera fondé le kibboutz Usha par des immigrants venus de Pologne,

et ceci juste après que l’ancien village de Usha lui-même et le village voisin de Kassair aient été colonisés par des Arabes venus…. d’Algérie dans les années 20 pour travailler dans les usines de ‘Haifa!

Si le développement économique de la Galilée à cette époque nous semble actuellement bien peu attrayant, il est sûr que dans les années 20, le niveau de vie des pionniers, bien que très bas, attisait l’envie d’un monde arabe qui végétait dans la misère! Pendant la guerre d’Indépendance, le kibboutz Usha et le kibboutz voisin Ramat Yohanan furent attaqués par le bataillon druze de l’Armée de Libération Arabe* auquel s’étaient joints les villageois musulmans de Usha et de Kassair.
Mais en vain. Les habitants du village arabe de Usha et de Kassair s’enfuirent au Liban. Il est sûr que leurs descendants se revendiquent maintenant réfugiés palestiniens!

Mais revenons au Sanhedrin:
Fuyant Usha en l’année 140, les sages se réfugient à Shfar’am,  quelques kilomètres plus à l’est.
Shfaram est maintenant une ville arabe mais on y trouve des vestiges byzantins ainsi qu’une ancienne synagogue bâtie au 17 ème siècle, sur les ruines de synagogues précédentes.

En 165, le Sanhédrin doit fuir à nouveau et s’installe à בית שערים, Beit Shearim, sur la route « Haifa-Nazareth.
Beit Shearim: son nom signifie la maison des portes, c’est dire si la ville était déjà importante. Un peu comme celle de Shaarayim, la ville aux deux portes, dont je vous ai déjà parlé*. Beit Shearim est une ville relativement récente puisque fondée par Hérode. Apres avoir été une place forte pour l’armée romaine, l’arrivée du Sanhedrin en fait une place forte pour la culture juive car, paradoxalement, cette époque d’intense persécutions est aussi une époque d’intense activité intellectuelle.
C’est dans cette ville que sera enterré rabbi Yehouda Hanassi.
La vidéo ci-dessous raconte comment fut découverte l’antique Beit Shearim par Alexander Zaid*.

La ville se situe maintenant dans le magnifique Parc National de Beit Shearim.
Beit Shearim est particulièrement célèbre pour ses catacombes. Rabbi Yehouda Hanassi s’y étant fait enterrer, de nombreux Juifs voulurent y installer leur caveau, considérant que c’était un honneur d’être enterré auprès d’un sage qui avait dirigé la compilation des six traités de la Mishna, basés sur la tradition orale et fondatrice du judaïsme rabbinique.


Mais la ville est encore plus célèbre maintenant par la découverte d’une dalle de verre pesant une tonne!
En 1956, l’autorité des Antiquités avait prévu de convertir une des grottes en un petit musée. Or, en nettoyant les gravats, un bulldozer était tombé sur quelque chose de grand et si lourd qu’on ne pouvait le déplacer. Les ouvriers du chantier pensaient qu’il s’agissait d’une dalle rectangulaire en pierre. En fait, après analyse, la dalle s’est avérée être en verre. Des restes de poterie, trouvés également sur le site, indiquèrent que la dalle de verre était en place depuis la fin du 4 ème siècle environ.
Que faisait donc dans cette grotte une dalle de verre d’une tonne?
La réponse fut bientôt trouvée. Cette dalle était une réserve de verre en tant que matériau, ce matériau étant destiné à être utilisé et transformé en objet quelque part ailleurs. Mais pourquoi cet énorme morceau de verre a-t-il été abandonné là où il avait été fabriqué? Nul ne le sait pour le moment…

Les Romains ne désarmant pas, les sages du Sanhédrin fuiront ensuite à Tsippori puis à Tibériade en 193, mais ceci, je vous le raconterai dans un prochain article.

A bientôt,

PS: Comme je le craignais, le cessez-le-feu a tenu 5 heures et une pluie de missiles s’est abattue sur le Sud.

Hadar Goldin:
https://www.israelnationalnews.com/News/News.aspx/271660

* Rabbi Yehouda Hanassi:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/06/24/les-generations-oubliees-1/

*La ville de Shaarayim:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/07/26/goliath-ou-est-tu/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/12/27/la-vallee-du-terebinthe/

*Hillel hazaken:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/10/16/on-marche-au-pas-enfin-presque/

*L’armée de libération arabe était composée de volontaires musulmans étrangers à la région et venus prêter main-forte aux pays arabes des alentours. Il y avait environ 6000 combattants venus des régions limitrophes d’Israël mais aussi des Irakiens, Bosniaques, Circassiens, des Frères Musulmans originaires d’Egypte, des Turcs, et même des Allemands ainsi que des déserteurs anglais. Tous sous le commandement de Fawsi Al Qawuqji, originaire du nord Liban et allié des Nazis pendant la deuxième guerre mondiale.

*Alexander Zaid:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/02/13/le-sionisme-politique-avant-1914/
Les successeurs d’Alexander Zaid:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/20/les-shinshinim/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En cette fin de vacances…

Voici une vidéo très explicite sur ce qui est notre quotidien depuis quelques temps.

 

 

Chaque jour ou presque, les habitants du Sud reçoivent des roquettes, des jets de grenades et de ballons piégés, ils doivent se protéger des tentatives d’infiltration perpétrées par des Gaza-nazis, arborant fièrement des drapeaux  très explicites comme celui-ci:

Nous avons droit à  environ un attentat meurtrier par semaine. Il y a peu, en Judée les assassins ont activé une charge explosive et tué une jeune fille de 17 ans, Rina Shnerb, et blessé son père et son frère. Le père de Rina les avaient simplement emmenés se baigner à la source  Dani, nommée ainsi d’après le nom de Dani Gonen, tué au même endroit en 2015.

 

Cette semaine, Tsahal a pu déjouer à temps un énorme attentat, organisé par les Iraniens qui, à partir du territoire syrien, prévoyaient de lâcher sur la Galilée des drones équipés d’explosifs. Dans le même temps, nous avons du aussi intervenir dans la Beka Libanaise contre des positions de terroristes chiites du Hezbollah, inféodé à l’Iran
Nous avons répliqué par une série d’attaques sur des bases iraniennes en Syrie et dans la Beka.

 

L’autre soir soir, 3 missiles en provenance de Gaza sont tombés sur Sderot au moment où avait lieu un concert en plein air: 4000 personnes, essentiellement des familles, se sont retrouvées prises au piège sans abri à leur portée. Deux des missiles ont été interceptés par Kipat Barzel, un est tombé dans un terrain vague où il a provoqué un incendie..
Nous disons toujours: Heureusement, nous n’avons eu que quelques blessés légers!
Mais un bon nombre de personnes sont traitées à l’hôpital pour état de choc et cette situation qui suppure depuis des années rend la vie des habitants de cette région vraiment intenable. Les centres de suivi psychologique pour les post-trauma sont débordés…
Et personne ne sait ce que les heures ou les jours suivants nous réservent.

 

En signe de protestation contre la situation dans le Sud, qui continue de s’aggraver ces derniers jours, une vidéo a été publiée ce mardi matin dans laquelle des enfants de la région de Sderot,  âgés de 7 à 11 ans,  chantent la célèbre comptine de l’alphabet. Mais cette fois, les paroles sont différentes, chaque lettre de l’alphabet est l’initiale d’un mot  qui malheureusement fait partie de leur vocabulaire quotidien.
Une des participantes du groupe, Michal Maor a 9 ans. Elle habite Sderot. Elle a déclaré ce soir à la télévision: « Il est important pour nous que tous les enfants en Israël comprennent la peur avec laquelle nous grandissons. Personne ne sait vraiment ce qu’est un ballon incendiaire avant de le voir. Nous grandissons dans une dure réalité. Le temps libre, nous le passons dans un espace protégé, il était donc important pour nous de participer à ce projet  et vous chanter ce qui reflète notre réalité. Les paroles sont  effrayantes et ont pour but  de faire comprendre au public israélien notre peur quotidienne. « 

Alef א c’est le feu (Esh) et Beit ב c’est un ballon (piégé), Guimel ג c’est une grande clôture (gader), Dalet ד c’est la porte (delet) du mamad (la pièce protégée), He ה c’est la myrte (hadas) qui fleurissait rose jusqu’à ce qu’ils brûlent les champs,

Zayin ז ‘Het ח vont ensemble car c’est le ‘Hamas dans les tunnels,
Les enfants de 6 et 7 ans, oh maman! Oh maman! Ont peur de sortir même un instant, Un abri, un abri! Et ils restent assis à la maison, maman, petite maman. Ni colombe et ni rameau d’olivier, petite maman!
Tet ט c’est une missile (til) et Yod י c’est un tir (yeri), Kaf כ c’est kef et Lamed ל non (lo), Mem מ et Noun נ c’est une salve (mata’h) qui est tombée (nafal) ici. Cours vite c’est tout près! Samekh ס c’est patrouiller (savav), Ayin ע c’est Gaza (,Aza), Pe פ c’est un attentat (pigoua) au couteau, Tsade צ c’est Tzouk Eytan (la guerre de l’été 2014), Kouf ק c’est une voix (kol) qui te dit Resh ר , cours (routz) vite, ferme les yeux, couche- toi par terre les mains sur la tète.
Les enfants…
Où en sommes-nous maintenant? Où est le Shin ש  et où est le Tav ת ? Shin (che) c’est la paix (shalom) et tav c’est toda (merci)  et yalla en avant pour pour le prochain round! Salut à tout le gouvernement, nous nous reverrons pour la prochaine opération militaire!
Les enfants de 6 et 7 ans…
On ne veut plus avoir peur, on exige une victoire d’Israel!*

 

Quand au front nord, comme je vous le disais, on multiplie les opérations en Syrie et même en Irak ou au Liban pour empêcher les Iraniens et le Hezbollah de nous attaquer. Ce soir la plupart des routes du Nord sont sous le contrôle de l’armée. Les voitures civiles roulent encore mais tout est fait pour dégager le passage pour Tsahal au cas où.
Cependant, il n’y a pas plus optimiste qu’un Juif. Les chambres d’hôtes sont pleines, c’est la fin des vacances et tout le monde veut en profiter. Comme disait un homme interviewé aux sources de Banyas : Je suis de Sderot, alors...

Heureusement,
Un certain nombre de jeunes soldates scrutent sans relâche des écrans. On les appelle les תצפיטניות (tatzpitaniot), les observatrices:

Elle sont formées à détecter et contrer les éléments hostiles le long des frontières et à surveiller la clôture  à l’aide de divers dispositifs technologiques. Si elles détectent une tentative d’infiltration, elles doivent être très réactives et donner à la chaîne de commandement un compte-rendu de la situation le plus précis possible.
Elles sont relevées toutes les quatre heures avant que leur vigilance se relâche: Pour autant que je le sache, il n’y a pas de soldats tatzpitanim mais seulement des soldates. Tsahal dit que les filles ont une capacité de concentration bien meilleures que les garçons. Chaque fois qu’une intrusion ne se termine pas en attentat meurtrier, c’est grâce à elles.
Mais les tazpitaniot ne sont pas seules à surveiller notre frontières. Tsahal, dont le niveau technologique n’est plus a démontrer, emploie aussi des pisteurs, en général des arabes bédouins. Dans la vidéo ci-dessous, l’officier Bader Sayid, officier pisteur dans la vallée du Jourdain, nous explique quel est leur travail:

 

« Comment sait-on que quelqu’un a franchi la frontière?
Sur la bande de terre entre la ligne de sécurité et  le grillage, on fait passer tous les jours un Hammer traînant des chaines pour rendre ainsi la terre poudreuse. C’est sur cette terre tendre qu’un pisteur pourra remarquer le moindre signe. Un pisteur doit parcourir par jour un certain nombre de km le long de cette bande pour vérifier qu’il n’y a eu aucune incursion de ce côté de la barrière.
Ce qu’il cherche ce n’est pas forcement une empreinte claire et nette, il sait analyser les différentes traces:  celles d’un animal et celles d’un homme ne se ressemblent pas,  ni celles d’un homme et celles d’une femme dont les  pas sont plus petits. De même, s’il s’agit d’un homme corpulent et lourd ou s’il porte quelque chose, les empreintes ne seront pas les mêmes. Plus tu portes, plus ton talon sera enfoncé dans le sol, ta démarche ne sera pas droite mais tu zigzagueras de droite à gauche et tu élargiras tes empreintes. Le pisteur doit aussi analyser si l’incursion a eu lieu peu de temps ou plusieurs heures avant.
Les terroristes trouvent toutes sortes de combines pour nous rendre le travail difficile, comme les peaux de moutons ou les larges bandes de mousse attachées sous les pieds, mais un pisteur expérimenté sait les repérer.
Nous savons aussi faire la différence entre une véritable et une fausse pierre qui recouvre un engin explosif.
Malgré  toute la technologie, rien ne vaut les yeux des pisteu
rs!

 

A bientôt,

 

*Le mot drone, רחפן (ra’hfan)  a été construit sur la racine r’h’f qui veut dire voleter qu’on trouve dans le livre de Bereshit
Or la terre n’était que solitude et chaos; des ténèbres couvraient la face de l’abîme, et le souffle de Dieu planait à la surface des eaux
וְהָאָרֶץ, הָיְתָה תֹהוּ וָבֹהוּ, וְחֹשֶׁךְ, עַל-פְּנֵי תְהוֹם; וְרוּחַ אֱלֹהִים, מְרַחֶפֶת עַל-פְּנֵי הַמָּיִם
Nos commentateurs ne traduisent pas planer mais  voleter, en ajoutant comme une oiselle voletant tendrement au dessus du nid.
Nos drones volettent actuellement comme une oiselle bien déterminée à ne pas nous laisser tuer par des oiseaux de proie

Israël-Iran : « La guerre des drones a éclaté »

 

*https://lphinfo.com/tsahal-devoile-lidentite-de-deux-terroristes-chiites-elimines-en-syrie/

*L’allliance ‘Hamas-Iran:
Le Hamas va créer une armée régulière

 

Tisha BeAv תשעה באב

תשעה באב – Tisha BeAv*:
La destruction du Temple, une première fois et une deuxième fois, la destruction de la ville et le massacre de sa population par Godefroy de Bouillon et ses croisés et bien d’autres catastrophes encore…

Comme tous les ans, nous jeûnerons en souvenir des nos malheurs anciens , nous ferons notre examen de conscience, persuadés que c’est à cause de nos manques et en particulier de notre désunion que ces catastrophes se sont produites.
Mais avez-vous entendu un seul juif beugler sa haine contre les peuples qui nous ont maltraités (et c’est un euphémisme). Comme disait ma mère: il faudrait haïr trop de monde!
Je relie quelques phrases postées sur la page facebook de Nations pour Israel:
Question classique d’un antisémite : « Si un jour il m arrivait d’être victime de la colonisation j’essayerais de ne pas être haineux , mais j’avoue que j’aurais du mal , pas vous ? »
Et l’excellente réponse de Pug:
Non, regardez les Israéliens… Leur Judée ancestrale a été colonisée par des arabes d’Egypte, de Jordanie, de Syrie, d’Arabie et du Liban et ils le vivent très bien. 1,5 million d’Israéliens sont des arabes. Leur Judée ancestrale est aussi colonisée par beaucoup de missions étrangères qui conservent des trésors de l’archéologie et de l’histoire juive et ça se passerait bien si ces pays, comme la France, ne les interdisaient pas d’accès à ces sites. Leur pays est colonisé par une religion musulmane qui n’a pas d’attache en Israël mais occupe le lieu le plus saint du Judaïsme. Leur capitale est colonisée par une religion chrétienne qui s’est largement compromise dans l’antisémitisme pendant 20 siècles. Et leur plus grande ville portuaire (Haifa) est même le sanctuaire de la religion Bahaï*. Et tout ça, les Israéliens le vivent très bien et en sont fiers. »
Ah, heureusement que nous avons des amis sûrs, tels que ces Goys là!

Pour moi, Tisha BeAv est un rappel de l’horreur dans lequel on ne doit pas s’engluer, rien de comparable aux jours mémoriels de la Shoah que je vivais en France et  dont je sortais avec une sensation d’inachevé, un gout amer dans la bouche.

Tisha BeAv me renvoie à la racine du verbe ישב (YaSHAV= être assis ou s’asseoir) sans doute tout d’abord parce ce jour-là, nous prions traditionnellement assis par terre comme des endeuillés pendant la shiva.

Ensuite parce que lorsque  nous nous lamentons sur Jerusalem détruite et dépeuplée, nous l’appelons la ville assise solitaire, יָשְׁבָה‭ ‬בָדָד (Yashva Badad): Elle est assise et sans force, car elle a été témoin, impuissante de la destruction du Temple et de son peuple…
אֵיכָה יָשְׁבָה בָדָד, הָעִיר רַבָּתִי עָם–הָיְתָה
Comme elle est assise solitaire, la cité naguère si peuplée…(Eikha, Les Lamentations* 1,1)


(Détail de la colonne trajane à Rome: les soldats romains lors du siège de Jerusalem)

Mais la racine de ce verbe a de nombreuses autres significations, elle apparaît 800 fois dans le Tanakh. C’est dire combien elle est importante.

Par exemple, lorsqu’Avraham attend ses visiteurs, assis à l’entrée de sa tente…:
L’Eternel se révéla à lui dans les plaines de Mamré, étant assis à l’entrée de sa tente, pendant la chaleur du jour.
וַיֵּרָא אֵלָיו יְהוָה, בְּאֵלֹנֵי מַמְרֵא; וְהוּא יֹשֵׁב פֶּתַח-הָאֹהֶל, כְּחֹם הַיּוֹם
Le verbe assis traduit selon les commentateurs une attitude dynamique: Avraham se prépare à accueillir comme il se doit tous ceux qui se présenteront. Et c’est ce qui se passera avec les trois envoyés qui lui annonceront sa future paternité.

A l’opposé, il peut au contraire avoir une connotation négative:
Avraham monte seul avec son fils Yits’hak au mont Moriah. Il laisse ses serviteurs assis avec l’âne: שְׁבוּ‭ ‬לָכֶם‭ ‬פֹּה‭ ‬עִם‭ ‬הַחֲמר (shevu lakhem po im ha-hamor), restez assis pour vous avec l’âne.
Les serviteurs, pourtant dévoués, ne prennent pas part à l’expérience, réservée à Avraham et à son fils Yits’hak, ils ne peuvent qu’adopter une attitude passive et ne pourront pas participer à l’épreuve d’Avraham.

Dans le texte du livre des Juges, on nous dit que Dvora était assise sous son palmier:
Or Dvora (Debora), une prophétesse, femme de Lappidoth, gouvernait Israël à cette époque.  Elle siégeait au pied du « Palmier de Dvora », entre Rama et Béthel, dans la montagne d’Ephraïm; et c’est à elle que les enfants d’Israel s’adressaient pour obtenir justice:
וּדְבוֹרָה אִשָּׁה נְבִיאָה, אֵשֶׁת לַפִּידוֹת–הִיא שֹׁפְטָה אֶת-יִשְׂרָאֵל, בָּעֵת הַהִיא. וְהִיא יוֹשֶׁבֶת תַּחַת-תֹּמֶר דְּבוֹרָה,בֵּין הָרָמָה וּבֵין בֵּית-אֵל–בְּהַר אֶפְרָיִם; וַיַּעֲלוּ אֵלֶיהָ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, לַמִּשְׁפָּט
On l’imagine bien, traitant des affaires de l’état à l’ombre d’un palmier mais Rachi ne se contente pas de cette image. Pour lui, elle étudiait le texte de la Thora pour donner une assise solide à ses jugements.

La racine ישב (YSHV) peut signifier aussi prendre le temps de réfléchir:
Un de mes amis dont la langue maternelle était l’hébreu, utilisait toujours le verbe s’asseoir pour dire réfléchir. Viens asseyons-nous, me disait-il.
D’un indécis, on dit qu’il est assis sur la barrière ישֵׁב‭ ‬עַל‭ ‬הַגָּדֵר . C’est aussi le titre d’une chanson composée par Arik Einstein.
L’indécis est souvent un angoissé qui ne sait pas où asseoir ses pensées, sinon sur une barrière, sans grand équilibre, au contraire de celui qui possède un bon ישוב דעת (yishuv daat), la tranquillité d’esprit. Un état de stabilité mentale et émotionnelle permet en effet de maintenir son équilibre et d’avoir une vision claire des moments présents, en particulier dans des situations difficiles.*

Cette même racine peut signifier aussi être enraciné, habiter durablement, sédentairement:
Ici, dans notre pays et je m’adresse en particulier à nos faux-amis, à nos vrais ennemis, nous nous sommes « assis » pour y rester. יושבים (yoshevim)!
Nous habitons un pays assis ארץ נושבת (Eretz Noshevet) et non pas un camp de transit. Ce n’est pas du temporaire.
Elle indique en même temps l’adhésion à un groupe. Comme le disait le roi David:
Je ne prends point place avec des gens faux, je ne fraye point avec des hypocrites.
לֹא-יָשַׁבְתִּי, עִם-מְתֵי-שָׁוְא; וְעִם נַעֲלָמִים, לֹא אָבוֹא (Psaume-Tehilim 26,4)
De nos jours,  les soldats du Palmach ont utilisé un autre psaume alors qu’ils étaient assis autour du feu de camp en chantant:
«Ah! qu’il est bon, qu’il est doux à des frères d’être assis ensemble
הִנֵּה מַה-טּוֹב, וּמַה-נָּעִים– שֶׁבֶת אַחִים גַּם-יָחַד (Psaume 133,1)


Enfin, la racine nous parle de discussions, donc d’échanges*. Le mot יְשִׁיבָה (yeshivah) fait allusion à la position assise, à une réunion de travail ou politique ou à une école talmudique par exemple.

Depuis hier, une famille est assise en shiva pour la mort de leur fils. Dvir Sorek, 19 ans, a été assassiné ce mercredi alors qu’il arrivait à la porte du kibboutz Migdal Oz où il étudiait. Il s’est défendu comme il a pu, mais il n’était pas armé. Ses seules armes étaient les livres qu’ils venait d’acheter pour remercier ses enseignants de la yeshiva.

A l’enterrement, son père a parlé de la lumière qu’il voyait dans les yeux de son fils. Il n’y a aucune lumière dans les yeux des terroristes, seulement la haine et l’envie de meurtre. Ses assassins sont toujours recherchés. J’espère qu’ils résisteront à leur arrestation et qu’ainsi l’armée les éliminera*.

A bientôt,

* אֵיכָה יָשְׁבָה בָדָד, הָעִיר רַבָּתִי עָם- Comme elle est assise solitaire la ville si peuplee (Eikha chap 1, verset 1): Le premier mot Eikha ne veut pas dire lamentation mais comment ou combien. Il est curieux que les traductions aient préféré le mot lamentation. Il est vrai que notre mur de l’ouest, le kotel hamaaravi, est traduit par Mur des lamentations!

*Les Bahaï:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/03/28/un-jardin-persan/

* L’importance du Yishuv Daat a été longuement traitée dans les commentaires juifs. Je cite seulement l’un deux:
3 choses peuvent faire que l’homme se conduise mal: la superstition, le mauvais esprit et la futilité.

* Celui qui est muet, qui ne peut plus échanger אילם, devient אלים, violent

* Le salaire des terroristes que paye l’autorité palestinienne
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2019/02/14/terroriste-ca-paye-bien/

Yom hazikaron יום הזיכרון 2019

La veille du Jour de l’Indépendance est un jour de deuil. Nous commémorons le souvenir de ceux qui sont tombés au combat  et celui des victimes civiles des attentats.

Jusqu’à présent, on compte 23 741 soldats tombés pour la défense du pays et 3150 civils* ont payé de leur vie la barbarie antisémite de nos ennemis. Cette semaine, 4 nouvelles victimes civiles:


S’il n’y en a pas plus c’est grâce au système antimissile, Kipat Barzel, le Dôme de Fer,  grâce  aux directives du Pikoud Haoref* mais aussi grâce à la bravoure de civils qui protègent non seulement leurs enfants mais aussi des inconnus.
Cette photo a fait le tour d’Israel:
A Sderot, Itay Knafo protège de son corps Avigail Aroush, 6 ans.
Itay est un jeune homme de 18 ans qui a choisi de retarder d’un an son service militaire pour intégrer ce qui s’appelle la שנת שרות (Shnat Sherut), année de service civil. Il le fait en tant que personnel encadrant chez les scouts, d’autres le font dans les hôpitaux ou protègent les récoltes et le bétail des vols et destructions perpétrés par les Arabes*

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Je me souviens de cette photo datant de l’été 2014 où un inconnu s’est précipité pour protéger un jeune père et son bébé.

protectiondelenfant

 

Je me souviens aussi d’Ella Aboukris tuée à Sderot en janvier 2005 en protégeant son frère. Elle avait 17 ans.

 

 

Le politologue Mordekhaï Kedar a déclaré hier:  Je recommande à tous, aussi bien en Israel qu’en dehors, de ne plus utiliser les mots ‘Hamas et Jihad mais l’expression Daesh (ou ISIS) palestinien. Apres tout, l’idéologie de ces organisations est absolument la même. Je veux dire qu’elles sont identiques et ont le même but, même si les organisations palestiniennes tentent de cacher ce fait.

Et c’est vrai. Ils éduquent leurs enfants à la haine du Juif de la même manière,


(Kol ‘HaÏ)

 

les utilisent comme esclaves pour creuser des tunnels terroristes

(Yediot Aharonot 2014: enfants travaillant dans des tunnels)

Et s’en servent comme boucliers humains: cette horrible photo qui montre deux enfants accrochés à la grille de la maison d’un terroriste pendant la guerre de l’été 2014 est toujours d’actualité:

(Site jewishisrael)

Une de mes amies m’a envoyé ces phrases de la journaliste Sivan Rahav Meir: Nous nous trouvons à nouveau de nos jours face à une industrie de la mort. Les terroristes en face de nous sanctifient la mort de leurs enfants, les transformant en shahid, martyrs, et considèrent l’assassinat d’innocents comme une obligation religieuse.
Dieu nous a demandé il y a longtemps de choisir entre la vie et la mort, nous avons choisi la vie.

A bientôt,

*Le nom complet de cette journée de deuil est Yom Hazikaron pour les soldats et victimes du terrorisme

*Le compte part de l’année 1860, c’est a dire du début de l’organisation politique et moderne du sionisme.

*L’année de service civil. Elle se fait en retardant d’un an le service militaire ou après celui-ci. Il s’agit d’un volontariat et non pas d’une obligation.
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/20/les-shinshinim/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/22/sur-tous-les-fronts/

*Pikoud Haoref ou le Front Intérieur:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/27/la-nuque-raide/

*L’exploitation des enfants palestiniens par leur propre peuple
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/08/05/les-enfants-de-gaza/

Ca recommence!

 

J’ai parfois l’impression que je radote: j’ai déjà tellement écrit sur les frappes du ‘Hamas*, mais non, c’est simplement l’histoire qui se répète.
Depuis shabbat matin à 10h, plus de 450 missiles et obus sont tombés sur le sud d’Israel*, causant de nombreux dégâts matériels. Mais surtout nous avons environ 80 blessés, la plupart légers (quoique je ne qualifierai pas de léger l’état d’une personne en état de choc) mais aussi trois blessés graves, parmi eux une dame de 80 ans qui n’a pas couru assez vite pour se mettre à l’abri, et un mort.
Moshe Aggadi avait 58 ans, Le missile est tombé dans sa cour. Toute la famille se trouvait dans l’abri à ce moment là, mais lui a voulu respirer un peu dehors…

 

Les kibboutzim et moshavim du pourtour de la bande de  Gaza sont bien sûr les plus touchés, mais, le plus souvent leurs maisons individuelles sont équipées d’abris modernes, tandis que dans les villes avoisinantes comme Sderot et Ashkelon, les immeubles des vieux quartiers ne sont pas protégés. Les habitants descendent dans l’abri collectif ou parfois doivent rejoindre l’abri public le plus proche. Il restent donc souvent dans la cage d’escalier.

protection contre les missiles

(cette photo du Yediyot Ha’haronot date de l’été 2014, rien n’a changé depuis)

Quand plus de 450 missiles tombent sur vous en 24 heures, il n’est pas possible de retourner se coucher et de fuir à nouveau en pyjama, en portant les enfants…

La jeune femme, interrogée dans la vidéo ci-dessous, est une nouvelle immigrante arrivée de Hollande il y a trois mois. Elle vit dans un des kibboutzim du pourtour de la bande de Gaza. Dans un mélange d’anglais et d’un peu d’hébreu, elle explique ce qu’elle a vécu et sa détermination à rester sur place bien que sa maison ait été détruite. A la fin de l’interview, on entend à nouveau l’annonce: Tseva Adom, Tseva Adom (couleur rouge) qui signale une nouvelle attaque

 

 

Sur cette carte du פיקוד העורף (Pikoud Haoref) le Front Intérieur, vous pouvez voir combien de secondes (ou de minutes pour les plus chanceux) ont les habitants des différentes régions d’Israel pour se mettre à l’abri:

Pendant que j’écris ces lignes, les attaques continuent: 2 blessés dans un état critique et un grave à Ashkelon où l’hopital Barzilaï a été attaqué.

A Sderot, d’autres blessés dont un dans un état critique. J’arrête là cette énumération, les attaques sont continuelles ainsi que les mauvaises nouvelles. Le cabinet de sécurité s’est réuni à la Kirya à Tel Aviv. Espérons qu’il en sortira quelque chose. Nous apprenons que le ‘Hamas et le Jihad Islamique utilisent maintenant des drones contre les soldats massés à la frontière. On parle aussi d’une possible offensive terrestre de Tsahal, mais pour le moment seuls l’aviation et les tanks sont utilisés …En fait, les commentateurs ne savent pas grand chose de plus que nous, ils se contentent d’extrapoler.
Tout le monde se demande comment se passera le jour de Yom Hazikaron: après demain, les cimetières seront remplis de familles en deuil de leurs enfants tombés au combat ou de leurs proches, victimes des terroristes… Et et comment se passera la Fête du Yom Haatsmaout, jeudi, célébrée en organisant des piques-niques et barbecues. Certains journalistes s’inquiètent pour l’Eurovision qui aura lieu dans une quinzaine de jours, mais les gens ici s’en fichent de l’Eurovision.

La journée n’est pas finie et déjà:

Tandis que je termine cet article, le ‘Hamas et le Jihad islamique nous ont envoyé 600 missiles, nous avons 131 blessés et 4 morts, et sur l’écran de la télévision s’allume régulièrement un petit bandeau orange me signalant une nouvelle attaque…

A bientôt,

*Une large région est concernée: de Sderot à Beer Sheva en passant par Ofakim et Netivot et Dimona, et sur la côte Ashkelon, Ashdod. Les sirènes ont aussi retenti à Yavne, Rehovot, Lakhish et Beit Shemesh et la ville de Rishon leTsion a ouvert les abris publics. Le ‘Hamas et le Jihad Islamique menacent d’attaquer le centre du pays

Si vous ne savez pas ce qu’est le ‘Hamas:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/16/4795/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/14/les-grandes-vacances/

 

שארית הפליטה Les survivants

Un jour, un étudiant m’avait demandé pourquoi j’évoquais les grandes difficultés à survivre des rescapés de la Shoah.
C’est vrai
m’avait-il dit, après tout la guerre était finie! J’avoue être restée interloquée!

En fait si en 1945, si de nombreux européens doivent reconstruire leurs pays et sont confrontés aux séquelles de la guerre, pour les Juifs, la situation est vraiment épouvantable. Bien sûr, les nazis ne les pourchassent plus, mais certaines populations locales le font. C’est un euphémisme de dire qu’ils ne sont pas  toujours les bienvenus.

En Europe de l’Ouest, cela se passe poliment. L’administration fait parfois la sourde oreille lorsqu’il s’agit de rendre à un fonctionnaire son poste, un appartement, un magasin ou une entreprise à ses propriétaires. On leur assènent qu’ils ne sont pas les seuls malheureux et qu’expulser une famille avec des enfants en bas âge pour qu’y vive un seul occupant… Personne ne relève cette simple évidence: si une seule personne réclame cet appartement, c’est qu’un seul membre de la famille a survécu.
En Europe orientale, la situation est bien pire. Non seulement les habitants font violemment front commun contre eux,  mais les assassinats de Juifs isolés sont monnaie courante. La Pologne en particulier, mais pas seulement, est le théâtre de nombreux actes de violences contre les Juifs survivants, rescapés des camps ou cachés dans les forêts. Alors qu’ils reviennent dans leurs villages, ils sont accueillis aux cris de : « Quoi, ils ne sont pas tous morts ? ». Des Juifs disparaissent, d’’autres sont retrouvés morts. Qui les attaquent? Ceux qui ont volé leurs maison et pillé leurs biens, ceux qui les ont dénoncés … Ici ou là, les gens retrouvaient leurs meubles, un objet ayant appartenu aux parents, une voiture d’enfant… chez le voisin d’à côté ou d’en face qui avait dénoncé leur famille*.
En un an, on dénombrera un millier de Juifs assassinés par les populations locales rien qu’en Pologne, Républiques Baltes et Biélorussie et ce après la guerre! Je cite de mémoire le pogrom de Rzeszow (juin 1945), de Cracovie (août 1945), de Kielce (juillet 1946), celui de Velke Topolcany en Slovaquie (septembre 1945), et celui de Kunmadaras en Hongrie (1946) mais il y en a beaucoup d’autres …

A Kielce en 1946, un garçon polonais, Henryk Błaszczyk, fait une fugue. A son retour, il raconte à ses parents qu’il a été séquestré dans une cave par des Juifs qui voulaient le tuer. Il désigne une maison habitée par des réfugiés juifs.  Cette maison n’a pas de cave mais personne ne relève ce fait, d’autant que son récit reprend les traditionnelles accusations de meurtre rituel*.
La situation des Juifs est alors tellement critique en Pologne, que les autorités soviétiques leur permettent de garder des armes de poing chez eux. Mais, en ce début du mois de juillet à Kielce, la police polonaise les désarme et les livre ainsi à la foule qui se déchaînera contre tous les Juifs de la ville le 4 et le 5 juillet. Il y aura 42 morts et quatre-vingt blessés, hommes, femmes, enfants, parmi eux un bébé de trois semaines, y compris à l’hôpital où seront achevés des blessés, mais aussi dans les trains aux alentours..
Un historienne polonaise* raconte que:
« Jusqu’au 4 juillet 1946, les Juifs polonais indiquaient que les événements du passé [ principalement la Shoah] leur fournissaient leur principale raison d’émigrer… Après le pogrom de Kielce, la situation changea radicalement. Les rapports tant juifs que polonais parlaient d’une atmosphère de panique parmi la société juive dans l’été 1946. Les Juifs ne croyaient plus qu’ils pourraient être en sécurité en Pologne. En dépit d’une milice importante et d’une présence militaire dans la ville de Kielce, des Juifs y avaient été assassinés de sang-froid, en public, et pendant plus de cinq heures. On chuchotait que la milice et l’armée avaient pris part au pogrom. De juillet 1945 à juin 1946, environ cinquante mille Juifs passèrent la frontière polonaise illégalement. En juillet 1946, presque vingt mille décidèrent de quitter la Pologne. En août 1946, le nombre crut à trente mille. En septembre 1946, douze mille Juifs quittèrent la Pologne. »
Leur nombre passera rapidement à 100 000.

A la fin de la guerre, tous les Juifs qui le peuvent fuient à l’Ouest, se retrouvent en Allemagne et en Autriche dans des camps de D.P, Displaced Persons, à côté ou dans les mêmes camps qu’ils viennent de quitter* Ils y côtoient parfois des nazis!
Fin 1946, ces camps abritent environ 250 000 Juifs, désireux de partir soit pour l’Amérique, soit pour la Palestine britannique dont les frontières leurs sont fermées.
Heureusement, ils rencontrent aussi des soldats de la Brigade Juive, basés dans le Nord de l’Italie et en Autriche. Ces survivants sont  bouleversés par l’apparition de jeunes Juifs de Palestine portant les symboles nationaux juifs sur leur uniforme et parlant parlant hébreu ainsi que le yiddish. Le lien entre un grand nombre de Juifs rescapés avec Eretz Israel, est non seulement un lien idéologique , mais aussi parfois familial et la Brigade juive les aide aussi, autant que faire ce peut, à retrouver des parents déjà installés en Palestine.
En attendant leur départ, les survivants apprennent soit l’anglais, soit l’hébreu.

(école du camp de Wegscheid, Allemagne, 1948)

Pour aider ces derniers, les Juifs de Palestine leur envoient des alphabets, des dictionnaires hébreu-yiddish, des livres pour enfants et aussi des machines à imprimer. Parmi ces livres, une version du Petit Chaperon Rouge, légèrement modifiée, où le dialogue entre la petite fille et le loup rappelle un texte biblique: cette peau (celle du loup) est celle d’un ours mais cette voix est celle d’un agneau*.
D’autres livres sont plus axés sur ce qu’a vécu le peuple juif depuis le début de la Shoah et donnent au enfants l’espoir de vivre libres, ainsi une comptine qui se termine par Montons à Jerusalem!

 

ou bien celui-ci qui s’appelle Eden dont la couverture est très parlante:

En allant de droite à gauche dans le sens des aiguilles d’une montre, chaque image décrit ce qu’ont vécu ces enfants et vers quoi ils aspirent. Ce qui est émouvant, c’est que ces illustrations sont celles d’un auteur pour enfants, Raphael Gutman, qui ne put jamais monter en Israel: originaire de Varsovie, il fut assassiné dans le ghetto de Byalistok en 1943.
Je me rends compte qu’en fait, comme les Haggadot, la plupart des livres pour enfants d’après guerre reprennent cette idée: depuis la Shoah, jusqu’à la terre promise*.

Il n’y a pas que l’apprentissage de l’hébreu! Les survivants étudient, apprennent des métiers manuels,

 

(source; Yad Vashem)

et s’expriment grâce au sport, à la musique et au théâtre. Peu à peu, ils reprennent gout à la vie, certains se marient, des bébés naissent…


(Mariage de Dolly Fraenkel et de Mordekhai Baron, tous deux originaires de Lodz, dans le « kibboutz » Habonim Dror » au camp de Cesarea, Italie, Yad Vashem)

Les candidats au départ pour la Palestine sont pris en main par le mouvement הבריחה (Habri’ha), déjà fondé en Pologne pendant la guerre par les résistants juifs et repris par les membres de la Brigade juive et la Hagannah. Son activité se concentre sur  les zones d’occupation américaine où ils sont souvent aidés par les soldats, et la Brigade juive y transfère donc le plus possible de Juifs. Pour cela, il leur faut éviter les contrôles de l’armée britannique qui veut empêcher les Juifs de rejoindre la Palestine.
De là, les convois partent soit vers l’Autriche et l’Italie ou vers la France en vue de prendre la mer.

Le passage de la frontière française est difficile, il nécessite un visa d’entrée et la promesse que les passagers des camions ne restent pas sur le territoire français…
Et quand les navires arrivent à prendre la mer, les ennuis ne sont pas finis. La plupart du temps, ils sont arraisonnés par la marine britannique et leurs occupants transférés, entre autre, vers de nouveaux camps à Chypre. La plupart de survivants y resteront jusqu’en 1948.

 


Cette accusation de meurtre rituel qui a mené au pogrom de Kielce ne devrait surprendre personne. Tout d’abord, elle est le résultat d’un enseignement, au mieux, du mépris (comme disait Jules Isaac) mais aussi souvent de haine à l’encontre des Juifs et ceci pendant 2000 ans.
Mon père m’avait un jour acheté deux livres de catéchisme, datant de la fin du 19 ème siècle qu’il avait trouvé chez un bouquiniste, l’un protestant et l’autre catholique. Comme je lui demandais le pourquoi d’un tel achat, il m’avait répondu: lis les pages qui concernent les Juifs et du comprendras! Toutes les personnes adultes pendant la Shoah ont étudié dans des livres comme ceux-ci!
Je pensais que depuis 1945, beaucoup de choses avaient changé en bien en Europe. En fait, je n’en suis plus si sûre! L’accusation de meurtre rituel se poursuit en remplaçant le mot juif par Israel*.
Dernièrement dans un village polonais, a été remise à l’honneur la coutume ancestrale de brûler une poupée censée représenter Judas et quant on regarde sa tête, on voit que ce Judas a toutes les caractéristiques d’une caricature d’un Juif: chapeau noir, nez crochu et longues peot*.


(https://www.dreuz.info/2019/04/23/leurope-sacharne-sur-les-juifs-depuis-2000-ans/)

Ce soir à 20h commencera la longue journée de Yom Hashoah,

Vous pourrez voir la cérémonie de Yom Hashoah en direct depuis cette vidéo:

 

A bientôt,

*Sheerit Haplita est une expression qu’on trouve dans le Tanakh pour évoquer ceux qui ont survécu à la destruction du premier et du deuxième Temple de Jerusalem

* Accusation de meurtre rituel:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Accusation_de_meurtre_rituel_contre_les_Juifs
Elle perdura jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale dans de nombreux pays européens
Elle a repris du service en remplaçant le mot Juif par Israel:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/05/29/lere-de-la-calomnie/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/04/14/reflexions-tristes-le-jour-de-yom-hashoah/

* Le massacre des survivants:
Le Massacre des survivants en Pologne, 1945-1947, Marc Hillel, Plon, 1985
Jan T. Gross « Fear » Anti-semitism in Poland after Auschwitz », 2006)

*  Témoignage de Bożena Szaynok, historienne à l’université de Wroclaw.

* À Kaupering, un camp satellite de de Dachau, une organisation publique et politique dirigée par les vétérans sionistes de Kovno. Leur groupe prend le nom de kibboutz Buchenwald.

*Haggada pour les enfants du rabbin Schwartz:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/03/21/et-vous-raconterez-a-vos-enfants-3/

 

Terroriste: ça paye bien!

Connaissez-vous le Ministère palestinien en charge des prisonniers (dans les geôles israéliennes)? Non? ce n’est pas grave: Il a fermé ses portes il y a quelques temps (le mot Ministère ne plaisait pas aux Occidentaux), mais rassurez-vous Mahmoud Abbas l’a tout de suite remplacé par le Bureau en charge des prisonniers.
Ce bureau est chargé de distribuer salaires et rentes aux terroristes prisonniers en Israel et à leur famille. Tout est extrêmement bien codifié comme dans la meilleure administration et l’échelle des salaire est établie en fonction du nombre d’années passées dans l’activité terroriste et en fonction de la gravité des blessures infligées à ses victimes. En résumé, plus il y a de morts, plus c’est rentable.

Cette année, 7% du budget de l’Autorité Palestinienne, soit 1,4 milliards de Shekels* (avec une augmentation de 200 millions de Shekels par rapport au budget précédent) est utilisé pour ces salaires. Il faut noter aussi que ces salaires sont bien plus élevés que le salaire moyen de 3000 shekel que reçoivent les fonctionnaires de l’Autorité Palestinienne.
Ces salaire élevés ne sont garantis qu’aux terroristes. Les voleurs, trafiquants de drogue ou même meurtriers de droit commun palestiniens incarcérés en Israel ne sont pas concernés. Ce qui compte, c’est de tuer des Juifs.
Voici la grille des salaires versés par l’Autorité Palestinienne aux terroristes emprisonnés en Israel:

Durée de l’emprisonnement en années Salaire mensuel en Shekels
Jusqu’à 3    1 400
3-5 ans    2 000
5-10 ans    4 000
10-15 ans    6 000
15-20 ans    7 000
20-25 ans   8 000
25-30 ans  10 000
Plus de 30 ans  12 000


Lorsqu’il sera libéré, il recevra:

Plusieurs années de prison Un poste dans l’administration civile Position dans l’armée
5-6 ans Chef de département Lieutenant
6-8 ans Taux directeur 3 Capitaine
8-10 ans Manager niveau 2 Major
10-15 ans Manager niveau 1 Lieutenant colonel
15-20 ans Directeur général Colonel
20-25 ans Sous-secrétaire adjoint Brigadier général
25-30 ans Sous secrétaire Champion
30 ans et plus Ministre Champion avec ancienneté

A ceci s’ajoute une subvention à la libération du terroriste:

Plusieurs années de prison Le montant de la subvention après la libération en shekel
1-3 ans    5 400
3-5 ans    9 000
5-8 ans   12 700
8-11 ans   16 300
11-15 ans   21 800
15-18 ans   30 000
18-21 ans   36 000
21-25 ans   44 000
25-30 ans   54 500
Plus de 30 ans  100 000

La semaine dernière, le terroriste Arafat Al Rifaiyeh a quitté ‘Hevron armé d’un couteau pour devenir un shahid: Je suis entré en Israel avec un couteau pour tuer des Juifs, a-t-il déclaré aux enquêteurs, je voulais être un shahid.
Sa victime s’appelait Ori Ansbacher, âgée de 19 ans. Elle effectuait son service civil au Centre Yeelim, centre de thérapie pour enfants et adolescents présentants des troubles du comportement*. Ce centre se trouve dans les bois d’Ein Yael, à deux pas de chez moi.

En récompense de son crime abominable,  l’Autorité Palestinienne lui versera  un salaire mensuel de 12000 shekel et cela pendant toute sa vie. De plus, au cas où il sortira de prison, il aura potentiellement un emploi tout à fait dans ses cordes dans l’administration terroriste: ministre, au grade de champion senior, et fera la fête avec une subvention de 100 000 shekels.
Mais j’allais oublier: sa famille sera dispensée de:
– Frais de scolarité dans les écoles et les universités publiques.
– Paiements d’assurance maladie.
– Frais de scolarité pour tous les programmes de formation professionnelle dispensés par les organismes officiels compétents.

Mahmoud qui pleure misère à chaque fois qu’il est interviewé a déclaré que même s’il ne lui restait qu’une piécette, il la donnerait aux terroristes emprisonnés. Je ne me fais cependant pas de souci pour lui:

(Son palais à Ramallah)

Mais comme l’Autorité Palestinienne est une autorité démocratique, certains cas peuvent faire exception: si par exemple un des shahids s’avérait devenir un ennemi politique de Mahmoud Abbas, ces avantages lui seraient bien évidemment sucrés. faut tout de même pas exagérer! Sachez que toutes les « petites piécettes » qu’il récolte de ci de là, servent essentiellement à entretenir son entreprise terroriste et qu’elles proviennent entre autre des impôts des contribuables de l’Union Européenne.
Lisez l’article de Helen Keller-Lind sur le scandale du cofinancement par le contribuable français des salaires versés par l’Autorité palestinienne aux meurtriers terroristes:
http://www.desinfos.com/spip.php?article66006

En mars 2018, la Knesset a approuvé une loi déduisant les montants des salaires et autres rentes versées aux terroristes du remboursement de taxes qu’Israel reverse à Ramallah. Toutefois cette loi n’a pas encore été appliquée, sans doute pour ménager certains états dits « amis ».
En mars 2018 Le Sénat américain a approuvé la loi Taylor dans le cadre d’un nouveau budget de 1,3 milliard de dollars, qui prévoit la suppression de l’aide de l’Autorité palestinienne tant qu’elle encourage le terrorisme. Cette loi porte le nom d’un étudiant américain Taylor Force, assassiné en mars 2016 à Yaffo.
En juillet 2018, la ministre australienne des Affaires étrangères, Julie Bishop, a annoncé qu’elle arrêtait le transfert de fonds à l’Autorité Palestinienne. Elle a pris cette décision après avoir demandé en vain que cet argent, d’un montant de 10 millions de dollars australiens, ne parvienne pas aux prisonniers palestiniens reconnus coupables d’infractions terroristes.

Pour moi comme pour la plupart des gens, ces réponses sont nécessaires mais pas suffisantes.
En 1951, au même endroit,  Leah Festinger*, âgée de 18 ans, a été enlevée par des infiltrés arabes, violée et assassinée comme Ori. L’armée israélienne a lancé une opération de représailles visant à détruire le village d’où étaient partis les terroristes  (le village a été remplacé par le quartier de Gilo).

(Leah Festinger 1933-1951)

Et dire que maintenant on doit se contenter de détruire la maison (ou seulement l’étage de la maison) où vivait le terroriste!
Comme le disait hier, sur la chaîne 20, la journaliste Sarah Beck:
Nous sommes tous épris de paix mais après des actes comme celui-ci, ce serait se souiller que parler de paix. Nous connaissons malheureusement trop bien le scénario. Les hommes politiques font de grands discours mais quand on en arrive à l’action des forces de sécurité, et à la destruction de la maison, on nous sort alors l’histoire habituelle de la famille « malade » ou démunie et Tsahal ne détruit alors que la chambre du terroriste pour surtout ne pas causer de dommages à sa famille…. Bien sur, il ira en prison, dans une prison israélienne où il vivra confortablement jusqu’à ce qu’enfin il soit libéré à l’occasion d’un échange. Ça suffit!  Cette retenue politiquement correcte du gouvernement est insupportable. Elie Wiesel a dit un jour: Le contraire de l’amour ce n’est pas la haine, le contraire de l’amour c’est l’indifférence. Cette indifférence revient à la haine de l’homme. Nous ne pouvons plus revenir à notre routine habituelle. C’est ce que nous avons fait déjà tellement de fois cette année où ont été assassinés le Rav Aviel sheva’h, le rav Itamar Ben Gal, Ziv Daos, Nethanel Kahalani, Adiel Kolman, Ronen Lubarsky, Aviv Levy, Yotam Ovadia, Ari Fold, Kim Levengrod, Ziv ‘Hadjbi, le bebe Amiad Israel Ishran, Hadas Popukhi, le couple Kadouri, Assaf Cohen et Yovel Mor Yosssef et enfin maintenant Ori Ansbacher. Nos forces de sécurité se dévouent sans relâche pour notre peuple. Il est nécessaire que le pouvoir judiciaire fasse maintenant de même. Lève toi, réveille toi, gouvernement d’Israel!


(Comme vous le pouvez le voir, la famille du terroriste n’est pas démunie, d’où son affirmation de « malade »)

En attendant, les infrastructures des territoires sous administration de l’Autorité palestinienne continuent à se détériorer au détriment de sa population. Ainsi pour exemple, bien que l’eau manque dans toute la région et qu’Israel fournisse aujourd’hui deux fois plus d’eau à l’Autorité palestinienne que les quantités prévues dans les accords d’Oslo, 40% de celle-ci est perdue dans les canalisations du fait de leur mauvais état, les nappes phréatique sont vidées et polluées .

A bientôt,

PS. Je lis aujourd’hui que le meurtrier de Ori Ansbacher a été officiellement déclaré « Héros de la résistance palestinienne » et recevra à ce titre 3700 dollars par mois, soit 4 fois le salaire moyen dans les territoires contrôlés par l’Autorité Palestinienne, ce qui équivaut à 13 475 shekalim payés essentiellement par les impôts des citoyens de l’Union Européenne. Sous peu des écoles ici et là porteront son nom et des mairies, même en France, le feront citoyen d’honneur.

*Centre Yeelim:
http://www.jerusalemfoundation.org/vulnerable-populations/yaelim-nature-therapy-for-youth-at-risk-at-ein-yael.aspx

*  Selon les rapports, dans le budget pour 2018, l’Autorité palestinienne affecte directement 550 millions de NIS aux salaires des prisonniers de sécurité emprisonnés en Israël, ainsi que 687 millions de NIS aux familles des terroristes tués dans des attentats terroristes ou des tentatives d’attaque contre Israël.

* Lea Festinger:
http://laad.btl.gov.il/Web/He/TerrorVictims/Page/Default.aspx?ID=37290&fbclid=IwAR05yU9CbPYx49BUKAGJfr_vWzeo_X3_gW7MNwCCrADT-ISt4Ci3Bn_AtC0