Aucun peuple n’a jamais reçu son Etat sur un plateau d’argent

« Aucun peuple n’a jamais reçu son Etat sur un plateau d’argent » (Haïm Weizmann, premier président de l’Etat d’Israel)

 

Depuis hier soir, Yom Hazikarone, le jour du Souvenir pour les soldats et les victimes d’attentats…
Sur une des chaines de télévision sont égrenés les noms des soldats tués au combat. Les autres chaines retransmettent les cérémonies officielles et recueillent le témoignage des familles et des amis des victimes.

yom hazikarone nous nous souviendrons de tous

(Nous nous souviendrons de tous)

Parmi les morts de l’été dernier, deux soldats en particulier: Oron Shaul et Hadar Goldin.

yom hazikarone Hadar Goldin et Oron Shaul(Hadar Goldin et Oron Shaul)

Le corps du premier n’a jamais été retrouvé. Les experts de l’armée ont expliqué à sa famille que, selon leurs analyses, leur fils était mort et qu’elle devait se considérer en deuil*. Pour Yom Hazikarone, ses parents n’ont pas de tombe sur laquelle se recueillir.
Le deuxième est Hadar Goldin. Grace à l’héroïsme d’un de ses camarades*, la famille a pu procéder à un enterrement.
Le ‘Hamas s’est moqué ces jours  de ces deux familles qui n’ont pas pu récupérer le corps de leur enfant.

Nathan Alterman a écrit son célèbre poème « Le plateau d’argent » après la guerre de 1948.

yom hazikaron timbre
« Tout s’apaise sur cette terre, dans le soir rougeoyant
bordé de nuages.
Ici, se dresse la nation, au  cœur déchiré mais vivant,
Pour recevoir son miracle, son unique miracle!
Prête pour la cérémonie, dressée face à la lune, en vêtements de fête et d’effroi.
Au devant d’elle arrivent alors  un jeune homme, une jeune fille. Ils s’avancent, face à leur nation.
Habillés simplement, un ceinturon, de lourdes chaussures, ils grimpent le sentier.
Ils marchent silencieux.
Ils ne se sont pas changés.
Ils n’ont lavé ni les traces de leur  journée de travail ni celles d’une nuit passée au front.
 Épuisés au plus au point, n’ayant pris aucun repos
pleins de cette fraîcheur de la jeunesse juive,
Ils approchent en silence et tous deux se tiennent droit.
Nul ne sait s’ils sont vivants ou morts criblés de balles.
En larmes , la nation leur demande:
– Qui donc êtes-vous?
Et eux de répondre: – Nous sommes le plateau d’argent sur lequel la patrie juive t’est offerte.
Ainsi parlent-ils, écroulés à ses pieds, enveloppés de pénombre…
Et le reste sera conté dans les chroniques d’Israël. »

Le voici interprété par un des camarades de Hadar Goldin, Eli’hay Rafoua:

 

Yom Hazikaron est aussi le Jour du Souvenir pour les victimes d’attentats.
Il faut rajouter à leur longue liste Shalom Cherki, 26 ans, le fils du rav Ouri Cherki que vous connaissez peut-être par ses conférences sur Akadem

Chalom Cherki

Le jour de Yom Hashoah, il attendait le bus en compagnie d’une amie, Shira Klein. Un arabe de Jerusalem les a délibérément écrasés. Shira Klein est toujours dans le coma.

A bientot,

* être en deuil: La semaine de shiva est la première étape du deuil pour les proches)

* Hadar Goldin: l’un de ses camarades a poursuivi pendant 800 mètres les terroristes dans un des tunnels construits par le ‘Hamas. Il n’a pas pu les rejoindre mais a pu rapporter « certains des restes » de Hadar.
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/08/07/4980/

 

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6 réflexions sur “Aucun peuple n’a jamais reçu son Etat sur un plateau d’argent

  1.  » Le ‘Hamas s’est moqué ces jours de ces deux familles qui n’ont pas pu récupérer le corps de leur enfant. » Et dire que certains critiquent encore le concept de « guerre de civilisation ».
    Un mot sur les ‘hayalim bodedim (soldats seuls, filles et garçons) qui sacrifient deux ou trois ans de leur vie protégée pour servir dans Tsahal.
    Certains sont morts lors de la dernière guerre contre le Hamas en été 2014. Des milliers d’Israéliens se rendirent à leurs obsèques.
    Les ‘hayalim bodedim ne sont pas seuls.

  2. Oui, je m’en souviens.
    Et je me souviendrai toujours du mefaked de mon fils (lui aussi חייל בודד קרבי) qui m’avait appelée pour me rassurer. C’était en 1999 et le Hezbollah faisait des siennes.
    Dans aucune autre armée, les officiers pensent à rassurer les parents de leurs soldats

  3. Prononcer un nom, c’est faire revivre celle (et celui) qui le porta. C’est aussi la mission de Yad Vashem : « I should like someone to remember that there once lived a person named David Berger. » 
    Les Grecs (anciens), dont la culture était si différente de celle des Hébreux, avaient eux aussi cette « obsession » du corps retrouvé et honoré (enseveli) ; car un corps laissé à l’air libre ne pouvait poursuivre le voyage. Presque toute la tragédie grecque tourne autour de cette question. Et peut-on découvrir un corps enseveli, même pour comprendre et honorer la mémoire ? Voir les travaux du père Patrick Desbois et la méthodologie qu’il suit en accord avec les rabbins.

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