Yom Yerushalayim 2020

 

Nous sommes toujours émus de voir de vieux films d’actualité montrant les troupes israéliennes entrant dans la vieille ville, chantant Yerushalayim shel zahav* et priant au Kotel.

C’est vrai que Jerusalem est au sommet de notre joie comme le disait déjà le roi David.
Lorsque le peuple juif revendique Yerushalayim pour capitale, il ne revendique pas un lopin de terre seulement. Il demande que soit reconnu ce qui en Yerushalayim fait sens pour lui face aux nations.
Les nations ne s’y s’ont pas trompées. Lorsqu’elles nous dénient Jerusalem comme capitale, ce n’est pas une question de mètres carrés, c’est une question de principe: ce faisant, elle dénient au peuple juif le droit d’exister en tant que tel, lui rappelle qu’il a été exproprié, chassé et que cette terre ne lui appartiendra plus jamais. Leur disqualification théologique, comme  disait Raphael Draï, est à la source de la dégradation des sentiments d’humanité face à nous en tant que peuple mais aussi souvent face à nous en tant que personnes.
Raphael Draï avait trouvé cette citation très significative de Pierre Loti, voyant la misère des Juifs qui priaient agglutinés dans le petit boyau le long du Kotel: Nous pleurerions avec eux s’ils n’étaient pas des Juifs
Nous le ressentons profondément chaque fois que nous nous heurtons à des réflexions comme celle-ci: Mais pourquoi ne voulez-vous pas que Jerusalem soit une ville internationale? Oubliez-vous qu’elle est la capitale des trois religions? …
C’est un peu comme si Jerusalem, redevenue capitale d’Israel, empêchait le monde de tourner rond, comme si le fait que si nous existons en tant que peuple nous dénions par cela le droit à qui que ce soit de considérer Jerusalem selon ses propres croyances. Et surtout comme si personne ne voulait comprendre qu’à minima, la victoire de Tsahal en juin 1967 et la réunification de la ville nous avait apporté une sécurité inconnue auparavant.

Aussi, avant de vous parler de la réunification, je vais vous parler du partage de la ville.

Et souvenez-vous: chaque fois que vous entendez parler de frontières: des frontières, il n’y en avait pas!*
A l’origine, le tracé du partage, ne partageait rien. Ce n’était qu’un brouillon de quelques lignes, dessinées sans précision aux bâtons de cire rouge et verte, dans une maison abandonnée, lors d’une rencontre pour un cessez le feu temporaire entre Moshe Dayan et Abdullah Tell (le commandant de la Légion Arabe), le 30 novembre 1948.



Le tracé à la cire n’était évidemment pas précis et souvent épais. Il passait parfois au milieu même des maisons. De plus, dessiner sur le sol était inconfortable et le papier bougeait… Ce n’était pas trop grave car les deux protagonistes savaient bien que la guerre n’était pas finie et et que les combats reprendraient. Mais en avril 1949, lors des accords d’armistice, ce fut ce dessin ridicule et en partie estompé qui fut validé par les Nations Unies pour indiquer la ligne de partage.
Et c’est ainsi que certains quartiers, certaines rues et parfois maisons se sont trouvés coupés en deux. Je vous en ai déjà parlé dans mon article Nous les Yerushalmim*.

(aujourd’ui c’est la ligne du tramway mais certaines compagnies s’étaient retirées du projet car cela entérinait, selon elles, l’occupation de la Palestine!)

Mais plus que cela, plus que des murs changeant de nationalité, ce furent des milliers de Juifs qui souffrirent de la situation car ils étaient à portée de tir de l’armée jordanienne. Et les tirs, l’armée jordanienne ne s’en privait pas. Les Jordaniens auraient du faire breveter l’expression le soldat déséquilibré: pour eux, et ceci officiellement, chaque soldat jordanien qui tuait un israélien, avait été pris de démence passagère. Déséquilibré, cela ne vous rappelle rien?
Pendant 19 ans, des quartiers comme Talpiot, Armon Hanatsiv, Abu Tor, Musrara, Shmuel Hanavi, Yamin Moshe, Mea Sharim ont vécu dans l’angoisse du tir ou des jets de pierres du soldat déséquilibré jordanien. Les victimes: des passants, une mère de famille étendant son linge à Musrara, en 1953 un enfant jouant devant chez lui, en 1956 quatre archéologues au Kibboutz Ramat Rahel depuis le monastère saint Elias qui servait de poste avancé à l’armée jordanienne du haut d’une colline,

un officier, le capitaine Avshalom Sela, en 1958 des soldats qui patrouillaient dans le jardin botanique de Har Hatsofim ainsi que George Flint, le directeur canadien du comité de cessez-le-feu jordano-israélien*, assassiné alors q’il brandissait un drapeau blanc et se dirigeait vers les blessés…
Je ne vais pas tous les détailler, mais les attentats (autant les appeler par leur nom) étaient commis non pas par des terroristes mais par des soldats-terroristes de l’armée régulière jordanienne. Un cinquantaine d’attentats*, perpétrés par les déséquilibrés de l’armée jordanienne en 19 ans…

L’écrivain Meir Shalev n’habitait pas dans ces quartiers dangereux mais plus à l’ouest, à Kiriat Moshe, quartier réputé plus sûr. Mais lorsqu’il partait régulièrement en train chez ses grands parents lors des vacances scolaires, il passait lui aussi le long de la ligne de démarcation. Il raconte:
Le train franchit d’abord la vallée de Refa’im… puis celle de Sorek … En ce temps la, Refayim bordait l’ancienne frontière israelo-jordanienne…Chaque matin des démineurs parcouraient la voie ferrée à bord d’un wagonnet le long de la frontière à la recherche de mines ou de bombes et des gardes armés nous escortaient dans le premier et le dernier wagon du train…
La vallée de Refayim se trouve à 500 mètres de chez moi, au sud ouest de la ville. Pendant 19 ans il était dangereux de prendre le train et il en serait de même aujourd’hui pour moi si la ville n’avait pas été réunifiée.


La haine des Jordaniens à notre égard leur faisait parfois oublier tout sens du ridicule.
Dans le quartier d’Abou Tor, rue Assael, s’est passe un incident tragi-comique. Je vous ai parlé du manque de précision du tracé de cette fameuse ligne de démarcation. La ligne passait ainsi dans la  cour d’une maison: la maison se trouvait du coté israélien et les toilettes dans le no man’s land à 5m d’un poste de la légion jordanienne. Les membres de la famille risquaient leur vie en terrain découvert chaque fois qu’ils allaient aux toilettes. Ils décidèrent donc d’agrandir leur maison en construisant une salle de bain adjacente. Mal leur en pris! Les quelques mètres carrés de la salle de bain se trouvaient eux aussi dans le no man’s land!
Les Jordaniens, furieux contre cette occupation sioniste, firent alors appel à la Commission d’Armistice et exigèrent une réunion avec les Israéliens le jour de Kippour, menaçant les habitants de la maison de représailles lors de leur prochain tour aux toilettes dans la cour! Israel fut obligé d’accepter la date. Il y eu 4 réunions, pas moins, et les minutes de la discussion s’étalèrent sur 36 pages!
Evidemment Israel fut condamné pour avoir violé l’accord d’armistice. Mais curieusement, jugeant sans doute du ridicule de l’affaire, la Commission autorisa la famille à garder sa salle de bain toute neuve et protégée des tireurs jordaniens.

Pendant ces 19 années, les Yerushalmim montaient parfois sur le toit du couvent Notre Dame pour voir au loin la ville dont ils étaient privés.

(Vue sur la vieille ville depuis le monastère Notre Dame de France)

Parmi eux, le père de Meir Shalev, Ytshak Shalev qui écrivit ce poème ירושלים דהשתא  (yerushalayim dehashta), Jerusalem de nos jours. Il ne peut ni aller au Kotel, ni dans la vallée du Hinnom, ni non plus au cimetière du Mont des Oliviers, ou au  tombeau du roi David… Il termine la dernière strophe par ces mots: L’année prochaine dans Tsion réunifiée, l’année prochaine dans le Beit Hamikdash

לשנה הבאה בציון השלמה
לשנה הבאה – במקדש!

 

Ce fut ainsi pendant 19 ans…Alors, tous ceux qui nous expliquent que la guerre des 6 jours a apporté le terrorisme en Israel, et en particulier à Jerusalem font preuve d’une redoutable cécité. Il n’y a jamais eu de répit pendant ces 19 ans mais au contraire des dizaines d’attentats.

Pour terminer cet article, je voudrais vous faire écouter l’interview de Claire Lévy, 92 ans, qui raconte simplement et clairement comment elle vécut la guerre des 6 jours


(interview conduite et enregistrée par le studio Qualita de Jerusalem)

Claire Levy mentionne la chanson )Nעל פיסגת הר הצופים (Meal Pisgat Har Hatsofim) qui la fit pleurer. La voici interprétée par un Eliran Landau:

A bientôt,

*Yerushalayim shel zahav:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/07/jerusalem-dor/

*Nous les Yerushalmim:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/03/02/nous-les-yerushalmim/

*Les frontières avec la Jordanie datent du traité de paix signé en 1994. Dans ce traite, la Jordanie refuse la Judée et la Samarie que les Israéliens étaient malheureusement prêts à lui rendre

*Har Hatsofim ou Mont Scopus était une enclave israélienne constamment attaquée par l’armée jordanienne

*Les attentats commis par l’armée jordanienne depuis 1967: une cinquantaine de tirs, 74 morts et 500 blessés. Et c’est sans compter tous ceux que cette même armée a commis le long de la frontière

Les actes comptent, et non pas le verbiage… des discours sans dents!

Je ne sais plus si je vous ai déjà parlé du projet 929 ou התנ’ך ביחד  (Hatanakh beya’had), le Tanakh ensemble. Nommé ainsi d’après les 929 chapitres de la Bible, c’est un projet unique en Israël qui propose au grand public une nouvelle coutume judéo-israélienne : lire chaque jour un chapitre du Tanakh, sauf le vendredi et le shabbat, soit 5 chapitres par semaine. Chaque jour, un nouveau texte biblique apparaît sur le site 929.org.il, accompagné d’informations intéressantes, d’explications, de vidéos et d’images qui apportent toutes un éventail de points de vue et des perspectives, parfois très différentes les unes des autres.
Un peu partout dans le pays, des petits groupes d’étude hebdomadaire permettent aux participants de discuter ensemble sur ce qu’ils ont étudié pendant la semaine. Les participants se réunissent chez des particuliers, dans des Centres culturels, des cafés,

(dans un café à Ashdod, site Ashdod.net)

ou de manière plus formelle dans la maison du président de l’état Reuven Rivlin:

Tous les dimanches soir, je m’en vais donc dans le quartier de Gilo, à Jerusalem, pour échanger avec une dizaine de personnes sur les chapitres de la semaine. Dans mon groupe aucun des participants n’est considéré comme vraiment pratiquant mais comme le dit Akiva, l’un de mes amis: la Thora a été donnée à tout le peuple et pas seulement aux religieux!
La semaine dernière, nous avons terminé le livre du prophète ישעיהו (Yishayaou), ou Isaïe, dont les derniers chapitres nous parlent de גאולה (gueoula)*. On y trouve entre autres cet verset qui m’a particulièrement frappée cette semaine:
Et ils viendront à toi, tête, basse, les fils de tes persécuteurs, et tous tes insulteurs se prosterneront jusqu’à la plante de tes pieds; ils t’appelleront Cité de l’Eternel, la Sion du Saint d’Israël. (Yshayahou-Isaïe 60,14)
וְהָלְכוּ אֵלַיִךְ שְׁחוֹחַ בְּנֵי מְעַנַּיִךְ, וְהִשְׁתַּחֲווּ עַל-כַּפּוֹת רַגְלַיִךְ כָּל-מְנַאֲצָיִךְ; וְקָרְאוּ לָךְ עִיר יְהוָה, צִיּוֹן קְדוֹשׁ יִשְׂרָאֵל. טו תַּחַת הֱיוֹתֵךְ עֲזוּבָה וּשְׂנוּאָה, וְאֵין עוֹבֵר; וְשַׂמְתִּיךְ לִגְאוֹן עוֹלָם, מְשׂוֹשׂ דּוֹר וָדוֹר

Le journaliste Amit Segal, a lui aussi été frappé par ces paroles prophétiques, lues la semaine dernière, alors que se tenait à Jerusalem le 5 ème Forum International sur la Shoah*, en présence d’une cinquantaine de chefs d’état et de têtes couronnées.

L’allocution du président allemand lors de la cérémonie fut pleine de contrition:
Chaque fois qu’un dirigeant allemand vient à Yad Vashem, écrit Amit Segal, et qu’on lui rappelle par cette visite de quoi son pays fut responsable il y a quelques années, je me souviens de ces versets…

Il a aussi évoqué les paroles de son oncle le Rav Israel Meir Lau, lors de cet même forum.

Le rav Lau a rappelé à ces dirigeants qui se tenaient devant lui l’histoire de l’arche de Noa’h:
Comment se fait-il que des animaux très différents les uns des autres et parfois agressifs les uns envers les autres aient pu tenir ensemble 150 jours dans cet espace clos qu’était l’arche? Tout simplement parce qu’ils avaient un ennemi commun. Le déluge leur faisait suffisamment peur… Et aujourd’hui? N’avons nous pas des ennemis communs qui nous menacent tous au delà de nos différences et de nos dissensions? La  violence, la terreur! Comment pouvons-nous nous permettre de tolérer cette cruauté? Quand serons-nous aussi intelligents que les animaux de l’arche? Quand la réalité est tellement dangereuse, nous n’avons pas d’autre choix que de vivre en bonne intelligence.
Le rav Lau a préféré s’éloigner de cette vision idéale d’un futur radieux pour Israel et les nations, quand enfin le loup vivra avec l’agneau,  et a choisi de s’ancrer dans la réalité.
Pour moi,
ajoute Amit Segal, le choix de mon oncle fut surprenant: c’est un homme d’étude, de foi, qui a refusé de surfer sur la description merveilleuse de la geoula et s’est concentré sur la responsabilité humaine.  Lui, qui a vécu le premier chapitre de sa vie dans le camp de Buchenwald, chemine dans ce monde les yeux ouverts mais prudents dans son rapport avec l’humanité.

(Loulek (Israel Meir) Lau, en compagnie de soldats américains qui lui ont retaillé
des vêtements de la Hitlerjugend quelques temps après la libération de Buchenwald
)

Ça m’a pris quelque moment, continue Amit Segal, pour comprendre dans quelle direction le rav Lau voulait aller. Mais après avoir réfléchi je me suis aperçu qu’il était le seul qui n’avait pas parlé de commémoration. Il a entendu la demande de pardon du président allemand mais il l’a repoussée en expliquant qu’il n’avait pas l’autorité pour pardonner au nom de toutes les victimes. Il a regardé droit dans les yeux tous les dirigeants et leur a assuré que nous n’oublierons pas. Ce fut le discours d’un Juif droit et fier et qui se souvient du mal dans sa pire noirceur et nous demande de ne pas nous laisser actuellement tenter par cette prophétie où des agneaux vivront sans crainte au côté des loups, mais en fait d’agir pour le bien.

Un jour, sans doute, le loup habitera avec la brebis, et le tigre reposera avec le chevreau; veaux, lionceaux et béliers vivront ensemble. Mais nous en sommes bien loin. Pleurer sur des Juifs morts et dédouaner en même temps les assassins d’aujourd’hui ne fait pas avancer ni la justice ni la paix et ça le Rav Lau le sait bien: à un journaliste qui lui demandait son impression sur la cérémonie et sur l’intention affirmée par tous de lutter contre l’antisémitisme , il a répondu avec clairvoyance: Les discours de tous ces dirigeants étaient très bien tournés mais ils étaient sans dents…

A bientôt,

 

*Le projet 929 a été lancé en 2014 à l’initiative du vice-ministre de l’Education, Avi Wurzman, et du rav Benny Lau (neveu du Rav Israel Meir Lau).
Si vous comprenez l’hébreu ou l’anglais voici de quoi étudier:
https://www.929.org.il/p/home
https://www.929.org.il/lang/en/today

*La gueoula: ce mot est traduit en français par rédemption, c’est à dire le fait de racheter ses péchés. Mais ceci est une notion chrétienne qui a peu à voir avec la gueoula telle que la tradition juive la pense. Pour nous il s’agit de notre libération finale à l’époque du Mashi’ah. Pour le sionisme, la renaissance de l’État d’Israël n’est pas considérée comme un but, mais plutôt comme le début d’un processus, dans lequel de nombreuses étapes se produiront encore.

*5 ème Forum International sur la Shoah, le 23 janvier 2020:
https://www.yadvashem.org/fr/forum-shoah-2020/about.html

*Le rav Israel Meir (Loulek) Lau: déporté à Buchenwald à l’age de 7 ans avec son frère aîné. Il a survécu grâce à un médecin tchèque, lui-même déporté, qui a déclaré aux SS que l’enfant n’était pas juif et qu’il avait été raflé alors qu’il jouait chez un de ses camarades juif. Les SS l’ont alors amené dans la partie du camp réservée aux prisonniers de guerre russes. Les conditions y étaient catastrophiques mais ce subterfuge lui a évité d’être envoyé dans une chambre à gaz. Les soldats russes l’ont protégé autant qu’ils ont pu, lui donnant une partie de leur nourriture. L’un deux, Fiodor, voulait même l’adopter à la fin de la guerre. Mais Loulek, s’est souvenu des paroles de Naphtali son frère: Eretz Israel. Encore une fois. Répète encore. Eretz Israel, c’est la maison des Juifs et c’est là que nous devons retourner. C’est le seul endroit au monde où les Juifs ne sont pas tués. Alors si tu restes en vie, il y a certainement des gens qui voudront te prendre avec eux et te conduire ailleurs… mais rappelle-toi ce que je te dis: seulement en Eretz Israel.
Loulek, histoire d’un enfant de Buchenwald qui devient grand-rabbin d’Israel, Jerusalem Publications, 2009
http://collectifhistoirememoire.org/Pages/107_Israel-Meir-Lau.html

Justice, vous avez-dit justice?

Le procureur de la Cour Pénale Internationale qui siège à La Haye, Fatou Bensouda*, a conclu son examen préliminaire – étape préalable à l’ouverture d’une enquête- et décidé que des crimes relevant de la C.P.I. avaient été commis dans les territoires palestiniens occupés. Fatou Bensouda se dit convaincue que des crimes de guerre ont été commis en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est* et dans la bande de Gaza, bien qu’il n’y ait plus un seul israélien à Gaza depuis 2005, mais elle n’est sans doute pas au courant*.
Bref, puisqu’elle enquête sur nous, pourquoi ne pas lui rendre la pareille?
Le C.V. de Fatou Bensouda est vraiment impressionnant. Née en 1961 à Banjul, capitale de la Gambie, un des pays les plus pauvres de la planète, elle vient d’une famille nombreuse de 15 enfants et polygame. Elle perd son père très jeune et malgré tous ces handicaps, elle entreprend des études de droit grâce à une bourse, et devient avocate. Bravo!
Elle ne s’arrête pas là!
Peu de temps après avoir obtenu son diplôme, elle devient procureur, puis conseiller juridique du nouveau président gambien et ensuite ministre de la justice jusqu’en 2000, puis conseillère juridique et substitut du procureur au Tribunal pénal pour le Rwanda en Tanzanie. Ce qui la propulse en 2004 à la Haye, comme procureur du C.P.I. Si vous lisez sa biographie sur Wikipedia*, vous aurez tous les détails de ses nombreux diplômes et postes dans les instances internationales.


Mais la donnerais-je en exemple à mes petits enfants pour son parcours sans faute? Non!
Ce que Wikipedia ne dit pas c’est qu’en 1994, le nouveau président de la Gambie n’a pas été élu. Yahya Jamneh est arrivé à son poste par un coup d’état. Il est connu pour être un des pires dictateurs islamiques africains. Fatou Bensouda a été le témoin de toutes les turpitudes du régime et les a cautionnées, ne serait-ce qu’en montant tous les échelons: conseillère juridique, procureur général puis ministre de la justice.


Même si elle n’est restée que 6 ans auprès du dictateur, il n’est pas possible qu’elle n’ait pas su. Elle a approuvé ces ignominies qui ont été finalement dévoilées lorsque le tyran local a été destitué après 22 ans de pouvoir absolu. Yahya Jamneh a fait arrêter, emprisonner, exécuter parfois sans procès des milliers de Gambiens. Son gouvernement était tellement corrompu que les organisations humanitaires internationales essayaient autant qu’elles le pouvaient de contourner les officiels gambiens en espérant qu’ainsi l’aide arriverait réellement à la population affamée. Yahia Jamneh considérait Ahmedinedjad comme son mentor et l’application de la charia valait celle du régime iranien ou celle de Daesh…
Et Fatou Bensouda, ministre de la justice de ce brave homme, n’aurait rien su?
Enfin, quand en 2017, le pays, débarrassé de ce tyran, a pu mettre sur pied la commission Vérité et Réconciliation, de nombreux témoignages d’opposants, arrêtés et torturés, l’ont impliquée très clairement: elle siégeait au tribunal, empêchait les victimes de parler et sortait de la salle en leur disant: tu est jugé pour traîtrise, tu n’as rien à dire.
Les survivants aimeraient bien qu’elle vienne témoigner, mais elle ne viendra pas, elle tellement occupée à La Haye…
Mais s’il n’y avait que cela!
Si les Gambiens sont très en colère contre elle, ils ne sont pas les seuls.
En Amérique du Sud la C.P.I. traîne les pieds dans l’enquête sur la privation des droits de l’homme pendant les années Hugo Chavez et Nicolas Maduro. En septembre 2016, pendant l’assemblée générale de l’ONU, plusieurs pays, l’Argentine, le Canada, le Chili, la Colombie, le Paraguay et le Pérou s’étaient pourtant adressés à la C.P.I. exigeant une enquête pour crimes contre l’humanité au Venezuela: emprisonnements illégaux, tortures et meurtres de manifestants par des bandes armées proches du régime, les collectivos*… Une enquête préliminaire a été enfin ouverte au C.P.I en 2017 mais curieusement n’a toujours pas abouti… Les journaux sud américains, surnomment Fatou Bensouda par dérision, le bunker du Chavisme.

Mais quel lien a donc Fatou Bensouda avec un régime dictatorial si loin de sa Gambie natale ou de La Haye?
C’est qu’elle y a des amis et pas n’importe lesquels! On la voit photographiée avec Maikel Moreno*, président de la Cour Suprême du Venezuela en compagnie de Haifa Al Aissami , ambassadrice du Venezuela au C.P.I.

(Maikel Moreno serre la main de Fatou Bensouda, Haifa Al Aissami se trouve à droite sur la photo)

Elle est photographiée avec deux collègues me direz-vous, ce n’est pas si grave!
Ça le devient lorsque Walter Marquez Rondon, ancien ambassadeur du Venezuela en Inde, demande au C.P.I d’ouvrir une instruction sur Fatou Bensouda pour négligence et retard dans l’enquête sur le pouvoir vénézuélien actuel.

(Walter Marquez Rondon)

Il exige que Fatou Bensouda soit dessaisie de l’enquête en affirmant qu’elle est l’obligée de Nicolas Maduro et est liée personnellement avec Haifa Al Aissami, l’ambassadrice du Venezuela au C.P.I. Cette dernière est la sœur de Tarik Al Aissami.
Tarik Al Aissami, ministre de l’industrie dans le gouvernement de Maduro, mais aussi ancien ministre de l’Intérieur, est recherché aux USA: il y est suspecté de trafic de drogues et de blanchiment d’argent. Il est d’ailleurs surnommé El narco Tarek!
Dans le passé, le nom de Tarek Al Aissami est apparu dans une affaire de vente de passeports vénézuéliens à des membres du Hezbollah et d’autres organisations terroristes. Walter Marquez Rondon affirme aussi que Fatou Bensouda et Haifa Aissami sont de grandes amies.
L’été dernier, il a été question au C.P.I de  licencier Fatou Bensouda pour faute lourde après la plainte déposée par Walter Marquez Rondon, mais cela n’a pas été suivi d’effet. Elle a finalement publié il y a quelques semaines un rapport sur l’enquête préliminaire concernant le Venezuela, rapport si peu professionnel qu’il n’a suscité que critiques et moqueries. Et cette fois,dans les journaux sud américains, elle a été surnommée la petite copine de la famille Al Aissami.
Et dire que pour le Times, Fatou Bensouda est un modèle, l’une des femmes africaines les plus influentes du monde. C’est sans doute malheureusement vrai et c’est bien triste. Quant au  Guardian, ce journal doit avoir le sens du l’humour: Fatou Bensouda y est appelée la femme qui chasse des tyrans. Ça dépend lesquels.

Israel s’intéresse de près à la famille Al Aissami:
Il y a quelques mois, Tarek Aissami est venu en visite en Turquie pour y monter une usine de raffinement d’or. Israel soupçonne le Venezuela, pays particulièrement riche en or, de l’envoyer en Turquie officiellement pour le faire raffiner mais en réalité pour contourner les sanctions contre l’Iran via la Turquie… Belle coopération entre trois dictatures, Venezuela, Turquie et Iran!

Enfin, en ce qui nous concerne, Fatou Bensouda affirme que les résultats de l’enquête préliminaire  contre Israel, ouverte à la demande de l’Autorité Palestinienne, remplissent tous les critères permettant l’investigation pour crimes de guerre, déportation et apartheid en Judée-Samarie ainsi qu’à Jerusalem. Nous ne nous laisserons pas faire. Personne n’est pas intouchable.

Toutefois, il serait bon de s’interroger sur les critères qui prévalent à la C.P.I pour l’embauche de leurs employés. Et on dira que les organismes internationaux sont neutres!

(Caricature de Shay Tsharka parue dans Makor Rishon)

Je ne suis pas journaliste. Tout le crédit de ces recherches revient à Pazit Rabina, journaliste à Makor Rishon*.

A bientôt,

 

 

*Fatou Bensouda est mariée a un homme d’affaires d’origine marocaine, Philip Bensouda. Contrairement à ce qu’affirment certains journaux, il n’est ni juif ni israélien. Il se nomme en fait Philip Faycal Bensouda. Sa famille fait partie des familles les plus proches du pouvoir.
Il y a quelques années, Georges Bensouda (fils de Fatou Bensouda et connu comme trafiquant de drogue) s’est fait tuer par un concurrent, Karim Ase dans les rues de Saint Paul, Minnesota.

*Pour moi dire Cis-jordanie est comme dire Cis-allemagne à propos de l’Alsace. La Judée et la Samarie n’ont été jordaniennes que pendant seulement 19 ans, de 1948 à 1967 et se trouvent, ainsi que Gaza, sur le territoire du Foyer National Juif.

*Jerusalem-est? Comme je l’ai déjà écrit dans un de mes articles, après avoir crié sa joie en voyant Berlin réunifiée et redevenir la capitale de l’Allemagne, une certaine bien-pensance veut nous imposer ce qu’elle a jugé catastrophique pour les Berlinois mais tout à fait acceptable, voire recommandé pour nous! Et le sinistre Berlin-Est, Berlin-Ouest devient le tout à fait raisonnable Jerusalem-Est, Jerusalem-Ouest.
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/03/02/nous-les-yerushalmim/

*La bande de Gaza:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/08/29/les-juifs-de-gaza/

*Biographie édulcorée de Fatou Bensouda:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fatou_Bensouda

*Les collectivos:
Les «colectivos» sont apparus sous l’administration de Hugo Chávez dans le but de défendre la révolution bolivarienne et ont depuis été soutenus par le gouvernement. Armés et voyageant en motocyclette, les «colectivos» sont utilisés par le régime pour restreindre les manifestations contre le gouvernement ainsi que pour ramener violemment «l’ordre» par des raids, comme ceux que l’on voit de plus en plus au Venezuela ces derniers temps.

*Maikel Moreno: Moreno est reconnu coupable de l’assassinat de Rubén Gil Márquez, en 1989 mais lisez  aussi la suite… et il a été nommé Président de la Cour Suprême au Venezuela?
https://fr.wikipedia.org/wiki/Maikel_Moreno

*Haifa Al Assaimi:
https://es.wikipedia.org/wiki/Haifa_El_Aissami

*Tarek Al Aissami:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Tareck_El_Aissami

*Makor rishon:
https://www.makorrishon.co.il/news/yoman/192837/

Le sentier du Sanhedrin (1)

Les missiles sont tombés en continu dans toute une partie du pays pendant deux jours: plus de 400! Une attaque du Djihad Islamique, en provenance de Gaza.

(le dernier tube du ‘Hamas qui cette fois ne participe pas aux réjouissances mais encourage le Djihad Islamique)

Il parait que nous avons droit à un cessez-le-feu en ce moment, mais comme le rapportent les parents d’Hadar Goldin: c’est précisément pendant un cessez-le-feu que notre fils a été kidnappé*. Un cessez-le-feu jusqu’à quand? Jusqu’au prochain round?
Aussi pour nous changer les idées, je vous propose un petit tour en Galilée. Empruntons le sentier du Sanhedrin…

Retrouvons nous au début de l’ère chrétienne*.
Comme vous le savez, en l’an 70, Titus détruit le Temple et une partie de la ville de Jerusalem*. Les membres du Sandedrin* peuvent heureusement se réfugier sur la côte, dans la ville de Yavne. C’est là que commencera la rédaction de la Mishna*.
Malheureusement, en 135, après la défaite de Bar Kochba, une terrible répression s’abat sur les Juifs. Jerusalem, rasée et renommée Aelia Capitolina est devenue une zone interdite aux Juifs, judenrein.
La ville de Yavne devient elle aussi trop dangereuse. Les Sages du Sanhedrin  se réfugient alors plus au nord pour pouvoir continuer leur travail. Ce n’est que le début d’un long périple. Pour survivre, ils devront se déplacer de ville en ville en Galilée.
Commençons, nous aussi, ce périple.
Tout au début, ils s’arrêtent à אושה ,Usha, en Galilée occidentale. Son nom, Usha, vient sans doute du mot אשיה, ashiya, un créneau, employé par le prophète Jérémie qui tonne contre Babel en Chaldée (Jérémie 50,15):
הָרִיעוּ עָלֶיהָ סָבִיב, נָתְנָה יָדָהּ, נָפְלוּ אשויתיה (אָשְׁיוֹתֶיהָ), נֶהֶרְסוּ חוֹמוֹתֶיהָ: כִּי נִקְמַת יְהוָה הִיא הִנָּקְמוּ בָהּ, כַּאֲשֶׁר עָשְׂתָה עֲשׂוּ-לָהּ.
Poussez le cri de guerre contre elle de toutes parts: elle tend les mains, ses créneaux tombent, ses murs s’écroulent, car ce sont les représailles de l’Eternel. Vengez-vous sur elle, faites-lui ce qu’elle a fait elle-même.
De Usha, il ne reste que quelques ruines mais si son nom veut dire créneau, c’était certainement une place fortifiée. Ce qu’on connait du Usha de cette période  nous est transmis par quelques textes de la Mishna: ils nous racontent que le président du Sanhedrin, alors Yehuda Ben Baba, avait voulu ignorer l’interdiction romaine d’ordonner des sages, ce qui lui valu d’être exécuté par le pouvoir romain.

(tombe de Yehouda ben Baba. La tombe elle-même se trouve dans une grotte)

Usha tombera ensuite dans l’oubli mais des fouilles archéologiques décrivent un habitat juif jusqu’au 17 ème siècle.

Au début du 20 siècle, sera fondé le kibboutz Usha par des immigrants venus de Pologne,

et ceci juste après que l’ancien village de Usha lui-même et le village voisin de Kassair aient été colonisés par des Arabes venus…. d’Algérie dans les années 20 pour travailler dans les usines de ‘Haifa!

Si le développement économique de la Galilée à cette époque nous semble actuellement bien peu attrayant, il est sûr que dans les années 20, le niveau de vie des pionniers, bien que très bas, attisait l’envie d’un monde arabe qui végétait dans la misère! Pendant la guerre d’Indépendance, le kibboutz Usha et le kibboutz voisin Ramat Yohanan furent attaqués par le bataillon druze de l’Armée de Libération Arabe* auquel s’étaient joints les villageois musulmans de Usha et de Kassair.
Mais en vain. Les habitants du village arabe de Usha et de Kassair s’enfuirent au Liban. Il est sûr que leurs descendants se revendiquent maintenant réfugiés palestiniens!

Mais revenons au Sanhedrin:
Fuyant Usha en l’année 140, les sages se réfugient à Shfar’am,  quelques kilomètres plus à l’est.
Shfaram est maintenant une ville arabe mais on y trouve des vestiges byzantins ainsi qu’une ancienne synagogue bâtie au 17 ème siècle, sur les ruines de synagogues précédentes.

En 165, le Sanhédrin doit fuir à nouveau et s’installe à בית שערים, Beit Shearim, sur la route « Haifa-Nazareth.
Beit Shearim: son nom signifie la maison des portes, c’est dire si la ville était déjà importante. Un peu comme celle de Shaarayim, la ville aux deux portes, dont je vous ai déjà parlé*. Beit Shearim est une ville relativement récente puisque fondée par Hérode. Apres avoir été une place forte pour l’armée romaine, l’arrivée du Sanhedrin en fait une place forte pour la culture juive car, paradoxalement, cette époque d’intense persécutions est aussi une époque d’intense activité intellectuelle.
C’est dans cette ville que sera enterré rabbi Yehouda Hanassi.
La vidéo ci-dessous raconte comment fut découverte l’antique Beit Shearim par Alexander Zaid*.

La ville se situe maintenant dans le magnifique Parc National de Beit Shearim.
Beit Shearim est particulièrement célèbre pour ses catacombes. Rabbi Yehouda Hanassi s’y étant fait enterrer, de nombreux Juifs voulurent y installer leur caveau, considérant que c’était un honneur d’être enterré auprès d’un sage qui avait dirigé la compilation des six traités de la Mishna, basés sur la tradition orale et fondatrice du judaïsme rabbinique.


Mais la ville est encore plus célèbre maintenant par la découverte d’une dalle de verre pesant une tonne!
En 1956, l’autorité des Antiquités avait prévu de convertir une des grottes en un petit musée. Or, en nettoyant les gravats, un bulldozer était tombé sur quelque chose de grand et si lourd qu’on ne pouvait le déplacer. Les ouvriers du chantier pensaient qu’il s’agissait d’une dalle rectangulaire en pierre. En fait, après analyse, la dalle s’est avérée être en verre. Des restes de poterie, trouvés également sur le site, indiquèrent que la dalle de verre était en place depuis la fin du 4 ème siècle environ.
Que faisait donc dans cette grotte une dalle de verre d’une tonne?
La réponse fut bientôt trouvée. Cette dalle était une réserve de verre en tant que matériau, ce matériau étant destiné à être utilisé et transformé en objet quelque part ailleurs. Mais pourquoi cet énorme morceau de verre a-t-il été abandonné là où il avait été fabriqué? Nul ne le sait pour le moment…

Les Romains ne désarmant pas, les sages du Sanhédrin fuiront ensuite à Tsippori puis à Tibériade en 193, mais ceci, je vous le raconterai dans un prochain article.

A bientôt,

PS: Comme je le craignais, le cessez-le-feu a tenu 5 heures et une pluie de missiles s’est abattue sur le Sud.

Hadar Goldin:
https://www.israelnationalnews.com/News/News.aspx/271660

* Rabbi Yehouda Hanassi:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/06/24/les-generations-oubliees-1/

*La ville de Shaarayim:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/07/26/goliath-ou-est-tu/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/12/27/la-vallee-du-terebinthe/

*Hillel hazaken:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/10/16/on-marche-au-pas-enfin-presque/

*L’armée de libération arabe était composée de volontaires musulmans étrangers à la région et venus prêter main-forte aux pays arabes des alentours. Il y avait environ 6000 combattants venus des régions limitrophes d’Israël mais aussi des Irakiens, Bosniaques, Circassiens, des Frères Musulmans originaires d’Egypte, des Turcs, et même des Allemands ainsi que des déserteurs anglais. Tous sous le commandement de Fawsi Al Qawuqji, originaire du nord Liban et allié des Nazis pendant la deuxième guerre mondiale.

*Alexander Zaid:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/02/13/le-sionisme-politique-avant-1914/
Les successeurs d’Alexander Zaid:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/20/les-shinshinim/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En cette fin de vacances…

Voici une vidéo très explicite sur ce qui est notre quotidien depuis quelques temps.

 

 

Chaque jour ou presque, les habitants du Sud reçoivent des roquettes, des jets de grenades et de ballons piégés, ils doivent se protéger des tentatives d’infiltration perpétrées par des Gaza-nazis, arborant fièrement des drapeaux  très explicites comme celui-ci:

Nous avons droit à  environ un attentat meurtrier par semaine. Il y a peu, en Judée les assassins ont activé une charge explosive et tué une jeune fille de 17 ans, Rina Shnerb, et blessé son père et son frère. Le père de Rina les avaient simplement emmenés se baigner à la source  Dani, nommée ainsi d’après le nom de Dani Gonen, tué au même endroit en 2015.

 

Cette semaine, Tsahal a pu déjouer à temps un énorme attentat, organisé par les Iraniens qui, à partir du territoire syrien, prévoyaient de lâcher sur la Galilée des drones équipés d’explosifs. Dans le même temps, nous avons du aussi intervenir dans la Beka Libanaise contre des positions de terroristes chiites du Hezbollah, inféodé à l’Iran
Nous avons répliqué par une série d’attaques sur des bases iraniennes en Syrie et dans la Beka.

 

L’autre soir soir, 3 missiles en provenance de Gaza sont tombés sur Sderot au moment où avait lieu un concert en plein air: 4000 personnes, essentiellement des familles, se sont retrouvées prises au piège sans abri à leur portée. Deux des missiles ont été interceptés par Kipat Barzel, un est tombé dans un terrain vague où il a provoqué un incendie..
Nous disons toujours: Heureusement, nous n’avons eu que quelques blessés légers!
Mais un bon nombre de personnes sont traitées à l’hôpital pour état de choc et cette situation qui suppure depuis des années rend la vie des habitants de cette région vraiment intenable. Les centres de suivi psychologique pour les post-trauma sont débordés…
Et personne ne sait ce que les heures ou les jours suivants nous réservent.

 

En signe de protestation contre la situation dans le Sud, qui continue de s’aggraver ces derniers jours, une vidéo a été publiée ce mardi matin dans laquelle des enfants de la région de Sderot,  âgés de 7 à 11 ans,  chantent la célèbre comptine de l’alphabet. Mais cette fois, les paroles sont différentes, chaque lettre de l’alphabet est l’initiale d’un mot  qui malheureusement fait partie de leur vocabulaire quotidien.
Une des participantes du groupe, Michal Maor a 9 ans. Elle habite Sderot. Elle a déclaré ce soir à la télévision: « Il est important pour nous que tous les enfants en Israël comprennent la peur avec laquelle nous grandissons. Personne ne sait vraiment ce qu’est un ballon incendiaire avant de le voir. Nous grandissons dans une dure réalité. Le temps libre, nous le passons dans un espace protégé, il était donc important pour nous de participer à ce projet  et vous chanter ce qui reflète notre réalité. Les paroles sont  effrayantes et ont pour but  de faire comprendre au public israélien notre peur quotidienne. « 

Alef א c’est le feu (Esh) et Beit ב c’est un ballon (piégé), Guimel ג c’est une grande clôture (gader), Dalet ד c’est la porte (delet) du mamad (la pièce protégée), He ה c’est la myrte (hadas) qui fleurissait rose jusqu’à ce qu’ils brûlent les champs,

Zayin ז ‘Het ח vont ensemble car c’est le ‘Hamas dans les tunnels,
Les enfants de 6 et 7 ans, oh maman! Oh maman! Ont peur de sortir même un instant, Un abri, un abri! Et ils restent assis à la maison, maman, petite maman. Ni colombe et ni rameau d’olivier, petite maman!
Tet ט c’est une missile (til) et Yod י c’est un tir (yeri), Kaf כ c’est kef et Lamed ל non (lo), Mem מ et Noun נ c’est une salve (mata’h) qui est tombée (nafal) ici. Cours vite c’est tout près! Samekh ס c’est patrouiller (savav), Ayin ע c’est Gaza (,Aza), Pe פ c’est un attentat (pigoua) au couteau, Tsade צ c’est Tzouk Eytan (la guerre de l’été 2014), Kouf ק c’est une voix (kol) qui te dit Resh ר , cours (routz) vite, ferme les yeux, couche- toi par terre les mains sur la tète.
Les enfants…
Où en sommes-nous maintenant? Où est le Shin ש  et où est le Tav ת ? Shin (che) c’est la paix (shalom) et tav c’est toda (merci)  et yalla en avant pour pour le prochain round! Salut à tout le gouvernement, nous nous reverrons pour la prochaine opération militaire!
Les enfants de 6 et 7 ans…
On ne veut plus avoir peur, on exige une victoire d’Israel!*

 

Quand au front nord, comme je vous le disais, on multiplie les opérations en Syrie et même en Irak ou au Liban pour empêcher les Iraniens et le Hezbollah de nous attaquer. Ce soir la plupart des routes du Nord sont sous le contrôle de l’armée. Les voitures civiles roulent encore mais tout est fait pour dégager le passage pour Tsahal au cas où.
Cependant, il n’y a pas plus optimiste qu’un Juif. Les chambres d’hôtes sont pleines, c’est la fin des vacances et tout le monde veut en profiter. Comme disait un homme interviewé aux sources de Banyas : Je suis de Sderot, alors...

Heureusement,
Un certain nombre de jeunes soldates scrutent sans relâche des écrans. On les appelle les תצפיטניות (tatzpitaniot), les observatrices:

Elle sont formées à détecter et contrer les éléments hostiles le long des frontières et à surveiller la clôture  à l’aide de divers dispositifs technologiques. Si elles détectent une tentative d’infiltration, elles doivent être très réactives et donner à la chaîne de commandement un compte-rendu de la situation le plus précis possible.
Elles sont relevées toutes les quatre heures avant que leur vigilance se relâche: Pour autant que je le sache, il n’y a pas de soldats tatzpitanim mais seulement des soldates. Tsahal dit que les filles ont une capacité de concentration bien meilleures que les garçons. Chaque fois qu’une intrusion ne se termine pas en attentat meurtrier, c’est grâce à elles.
Mais les tazpitaniot ne sont pas seules à surveiller notre frontières. Tsahal, dont le niveau technologique n’est plus a démontrer, emploie aussi des pisteurs, en général des arabes bédouins. Dans la vidéo ci-dessous, l’officier Bader Sayid, officier pisteur dans la vallée du Jourdain, nous explique quel est leur travail:

 

« Comment sait-on que quelqu’un a franchi la frontière?
Sur la bande de terre entre la ligne de sécurité et  le grillage, on fait passer tous les jours un Hammer traînant des chaines pour rendre ainsi la terre poudreuse. C’est sur cette terre tendre qu’un pisteur pourra remarquer le moindre signe. Un pisteur doit parcourir par jour un certain nombre de km le long de cette bande pour vérifier qu’il n’y a eu aucune incursion de ce côté de la barrière.
Ce qu’il cherche ce n’est pas forcement une empreinte claire et nette, il sait analyser les différentes traces:  celles d’un animal et celles d’un homme ne se ressemblent pas,  ni celles d’un homme et celles d’une femme dont les  pas sont plus petits. De même, s’il s’agit d’un homme corpulent et lourd ou s’il porte quelque chose, les empreintes ne seront pas les mêmes. Plus tu portes, plus ton talon sera enfoncé dans le sol, ta démarche ne sera pas droite mais tu zigzagueras de droite à gauche et tu élargiras tes empreintes. Le pisteur doit aussi analyser si l’incursion a eu lieu peu de temps ou plusieurs heures avant.
Les terroristes trouvent toutes sortes de combines pour nous rendre le travail difficile, comme les peaux de moutons ou les larges bandes de mousse attachées sous les pieds, mais un pisteur expérimenté sait les repérer.
Nous savons aussi faire la différence entre une véritable et une fausse pierre qui recouvre un engin explosif.
Malgré  toute la technologie, rien ne vaut les yeux des pisteu
rs!

 

A bientôt,

 

*Le mot drone, רחפן (ra’hfan)  a été construit sur la racine r’h’f qui veut dire voleter qu’on trouve dans le livre de Bereshit
Or la terre n’était que solitude et chaos; des ténèbres couvraient la face de l’abîme, et le souffle de Dieu planait à la surface des eaux
וְהָאָרֶץ, הָיְתָה תֹהוּ וָבֹהוּ, וְחֹשֶׁךְ, עַל-פְּנֵי תְהוֹם; וְרוּחַ אֱלֹהִים, מְרַחֶפֶת עַל-פְּנֵי הַמָּיִם
Nos commentateurs ne traduisent pas planer mais  voleter, en ajoutant comme une oiselle voletant tendrement au dessus du nid.
Nos drones volettent actuellement comme une oiselle bien déterminée à ne pas nous laisser tuer par des oiseaux de proie

Israël-Iran : « La guerre des drones a éclaté »

 

*https://lphinfo.com/tsahal-devoile-lidentite-de-deux-terroristes-chiites-elimines-en-syrie/

*L’allliance ‘Hamas-Iran:
Le Hamas va créer une armée régulière

 

Ca recommence!

 

J’ai parfois l’impression que je radote: j’ai déjà tellement écrit sur les frappes du ‘Hamas*, mais non, c’est simplement l’histoire qui se répète.
Depuis shabbat matin à 10h, plus de 450 missiles et obus sont tombés sur le sud d’Israel*, causant de nombreux dégâts matériels. Mais surtout nous avons environ 80 blessés, la plupart légers (quoique je ne qualifierai pas de léger l’état d’une personne en état de choc) mais aussi trois blessés graves, parmi eux une dame de 80 ans qui n’a pas couru assez vite pour se mettre à l’abri, et un mort.
Moshe Aggadi avait 58 ans, Le missile est tombé dans sa cour. Toute la famille se trouvait dans l’abri à ce moment là, mais lui a voulu respirer un peu dehors…

 

Les kibboutzim et moshavim du pourtour de la bande de  Gaza sont bien sûr les plus touchés, mais, le plus souvent leurs maisons individuelles sont équipées d’abris modernes, tandis que dans les villes avoisinantes comme Sderot et Ashkelon, les immeubles des vieux quartiers ne sont pas protégés. Les habitants descendent dans l’abri collectif ou parfois doivent rejoindre l’abri public le plus proche. Il restent donc souvent dans la cage d’escalier.

protection contre les missiles

(cette photo du Yediyot Ha’haronot date de l’été 2014, rien n’a changé depuis)

Quand plus de 450 missiles tombent sur vous en 24 heures, il n’est pas possible de retourner se coucher et de fuir à nouveau en pyjama, en portant les enfants…

La jeune femme, interrogée dans la vidéo ci-dessous, est une nouvelle immigrante arrivée de Hollande il y a trois mois. Elle vit dans un des kibboutzim du pourtour de la bande de Gaza. Dans un mélange d’anglais et d’un peu d’hébreu, elle explique ce qu’elle a vécu et sa détermination à rester sur place bien que sa maison ait été détruite. A la fin de l’interview, on entend à nouveau l’annonce: Tseva Adom, Tseva Adom (couleur rouge) qui signale une nouvelle attaque

 

 

Sur cette carte du פיקוד העורף (Pikoud Haoref) le Front Intérieur, vous pouvez voir combien de secondes (ou de minutes pour les plus chanceux) ont les habitants des différentes régions d’Israel pour se mettre à l’abri:

Pendant que j’écris ces lignes, les attaques continuent: 2 blessés dans un état critique et un grave à Ashkelon où l’hopital Barzilaï a été attaqué.

A Sderot, d’autres blessés dont un dans un état critique. J’arrête là cette énumération, les attaques sont continuelles ainsi que les mauvaises nouvelles. Le cabinet de sécurité s’est réuni à la Kirya à Tel Aviv. Espérons qu’il en sortira quelque chose. Nous apprenons que le ‘Hamas et le Jihad Islamique utilisent maintenant des drones contre les soldats massés à la frontière. On parle aussi d’une possible offensive terrestre de Tsahal, mais pour le moment seuls l’aviation et les tanks sont utilisés …En fait, les commentateurs ne savent pas grand chose de plus que nous, ils se contentent d’extrapoler.
Tout le monde se demande comment se passera le jour de Yom Hazikaron: après demain, les cimetières seront remplis de familles en deuil de leurs enfants tombés au combat ou de leurs proches, victimes des terroristes… Et et comment se passera la Fête du Yom Haatsmaout, jeudi, célébrée en organisant des piques-niques et barbecues. Certains journalistes s’inquiètent pour l’Eurovision qui aura lieu dans une quinzaine de jours, mais les gens ici s’en fichent de l’Eurovision.

La journée n’est pas finie et déjà:

Tandis que je termine cet article, le ‘Hamas et le Jihad islamique nous ont envoyé 600 missiles, nous avons 131 blessés et 4 morts, et sur l’écran de la télévision s’allume régulièrement un petit bandeau orange me signalant une nouvelle attaque…

A bientôt,

*Une large région est concernée: de Sderot à Beer Sheva en passant par Ofakim et Netivot et Dimona, et sur la côte Ashkelon, Ashdod. Les sirènes ont aussi retenti à Yavne, Rehovot, Lakhish et Beit Shemesh et la ville de Rishon leTsion a ouvert les abris publics. Le ‘Hamas et le Jihad Islamique menacent d’attaquer le centre du pays

Si vous ne savez pas ce qu’est le ‘Hamas:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/16/4795/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/14/les-grandes-vacances/

 

La Haggadah et nos soucis en Egypte!

Et voila, une fois de plus les préparatifs pour Pessa’h!
Comme chaque année, nous lirons le texte de la Haggadah*.
Il y a plusieurs années, je vous avais présenté un certain nombre de ‘Haggadot très différentes les unes des autres. Mais quand est-il du texte? Quand a-t-il été écrit?
Dans sa forme actuelle, on peut dire qu’il a été entièrement structuré il y a environ mille ans même s’il est truffé de textes bibliques ou talmudiques. La version classique ce ce texte est utilisée par les Juifs du monde entier ce qui nous permet de fêter Pessa’h où que ce soit dans le monde et de participer à sa lecture. La Haggadah est donc devenue depuis longtemps le support pour exprimer les aspirations nationales des Juifs et ceci bien avant Herzl*.

Mais… vous connaissez les Juifs! Ils aiment bien donner leur vision du monde surtout lors d’événements aussi importants que le souvenir de notre libération de l’esclavage égyptien. Certains ont donc ajouté des messages politiques parfois amusants. Par exemple dans cette Haggadah de 1923, l’un des fondateurs de Tel Aviv, Kaddish Leib Silman (1880-1937) présente ainsi les 4 fils dont parle la Haggadah*:
Le sage est le Haut Commissaire britannique, le mal est le Comité arabe, l’innocent est le vieux Yishuv, quant au  jeune qui ne sait quoi demander, il ne parlera pas beaucoup, mais fera beaucoup, grandira et prospérera en Israël. »


Pendant la lecture de la Haggadah, nous énumérons les 10 plaies dont ont souffert les Égyptiens: le sang (dans l’eau du Nil), les grenouilles ,les poux, les bêtes sauvages, la mort des troupeaux, les furoncles, l’obscurité, la grêle, les sauterelles, et la plus terrible, la mort des premiers-nés.

Une coutume veut qu’en les énumérant, nous vidions à chaque plaie un peu de vin, suivi d’un peu d’eau dans un récipient. En théorie, il s’agit d’enlever un peu de notre joie par compassion envers les Égyptiens! En pratique, dans toutes les familles cela se fait avec jubilation puisque le mélange est ensuite vidé dans l’évier.
Notre ajout familial:
A chaque plaie nous ajoutons le noms des organisations terroristes, le nom de leurs dirigeants et cette formule « et tout ceux qui veulent nous tuer« !
Une bien-pensante me dit un jour que nous avions tort et m’avait rappelé la bonté de nos Sages (!)
Nos Sages, lui avais-je rétorqué, vivaient sous la domination de Rome et les exactions égyptiennes contre nous n’étaient plus vraiment d’actualité pour eux. Par contre, ils ne devaient certainement  pas oublier de nommer les généraux, gouverneurs et autres oppresseurs de leur époque!
De plus, avais-je rajouté, il est dit dans la Guemara: il faut dire au voleur qu’il est un voleur et le juger comme tel (tout en lui trouvant éventuellement des circonstances atténuantes). Pourquoi? Pour que lui, le voleur ne puisse plus se cacher derrière une fausse bonté qui n’est que de la faiblesse voire indifférence envers la victime. Nous devons affirmer à haute voix que les terroristes sont des terroristes et les envoyer symboliquement dans l’évier!!

Il est sûr que la plupart des ajouts ou des décorations particulières ont comme thème la guerre d’Indépendance ou la deuxième guerre mondiale. Ce fut le cas de la Haggadah de la Brigade Juive stationnée en Egypte à Pessa’h 1942. Ce fut aussi le cas d’une Haggadah écrite par les Juifs de Libye. Fin décembre 1942 la ville de Bengazi est libérée de l’occupation allemande par cette même brigade. Sont aussi libérés les Juifs de la ville qui avaient été envoyés dans des camps à Tripoli. Ils écriront une Haggadah spécialement pour ce Seder de Pessa’h 1943 en l’honneur de leurs libérateurs mais le papier manque! Comment copier un nombre suffisant de Haggadot? Ils les taperont à la machine au verso de documents confisqués au gouverneur d’Italie.

A la fin de la deuxième guerre mondiale, la plupart des Juifs d’Europe sont regroupés dans des camps de réfugiés. Ils sont devenus des DP (Displaced Persons). Pour la fête de Pessa’h 1946, les Juifs d’un camp de DP à côté de Munich écrivirent alors leur propre Haggadah. Le texte reste traditionnel mais les dessins décrivent la vie dans les camps d’extermination et comparent Pharaon à Hitler.

Mais qu’en est-il de ce pays où nous avons été esclave: l’Egypte, מצריים (Mitzraim)? Le mot Mitzraim, se trouve sous des formes diverses dans plusieurs langues sémitiques mais pas en ancien égyptien*. Les linguistes pensent qu’il peut venir du mot צר (Tsar) étroit. Il est vrai que l’Egypte traditionnelle est une étroite bande de terre le long du Nil et le double pluriel du mot צר peut faire référence aux Deux Terres (la Basse et la Haute Egypte).
Mais traditionnellement, on nous enseigne qu’il vient du mot מצור (Matzor), siège, car nous étions assiégés, prisonniers, mais aussi d’une expression faisant référence à Pessa’h*: מ+צר+יים qui voudrait dire en provenance de notre grande détresse. Le mot צרה, tsara, signifiant détresse, est employé ici dans un pluriel double pour en indiquer l’intensité.
Bref, le mot מצריים,Egypte, lui-même ferait référence à notre sortie vers la liberté.
Tandis que je transcris tsar en lettres latines, je m’aperçois que tsar, c’est aussi le Tsar et même si il n’y a aucune parenté étymologique, me permettrais-je d’ajouter que pendant des siècles, les tsars de Russie nous ont cause des צרות (tsarot) à la pelle?
Il est vrai que le tsar actuel, Wladimir, vient de nous faire un cadeau: il a permis le retour du corps du sergent Zekharia Baumel, capturé lors de la bataille de Sultan Yaakoub* en 1982 contre la première division syrienne. Le corps a été rapatrié jusqu’à Moscou où lui ont été rendus des honneurs  officiels,

et transporté ensuite jusqu’au cimetière du Mont Herzl à Jerusalem:

(Yediot Aharonot)

Un geste généreux?
On le saura plus tard. On attend toujours les corps de ses compagnons Yehuda Katz et de Tsvi Feldman.


Dans une dernière lettre à ses parents, il écrivait: Ne soyez pas inquiets, tout va bien mais je ne rentrerai sans doute pas avant longtemps à la maison

A bientôt,

*Haggadah:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/03/21/et-vous-raconterez-a-vos-enfants-3/

* Le mot Egypte:
La Racine MS (TS) R qui a donné Mitzraim en hebreu se trouve dans la plupart des langues sémitiques y compris en arabe Misr. Mais les Égyptiens (d’avant l’islam) ne parlaient pas l’arabe et nommaient leur pays soit les deux terres, soit KeMeT c’est à dire le pays de la terre noire. Ce nom est resté en langue copte Kem ou Kemi.

* La bataille de Sultan Yaakoub a eu lieu pendant l’opération Paix en Galilée ou la première guerre du Liban (1982):
Après la guerre entre les organisations palestiniennes et le roi de Jordanie en 1970 dans ce qui fut Septembre Noir (https://en.wikipedia.org/wiki/Black_September), les organisations terroristes palestiniennes s’installeront dans le Sud du Liban et mèneront des attaques terroristes pendant 12 ans (entre autres à Maalot en 1974) dans le nord d’Israël.
https://www.europe-israel.org/2014/05/israel-il-y-a-40-ans-lattentat-de-maalot/
Ces mêmes organisations prennent également part à la guerre civile libanaise qui éclate en 1975. La Syrie, dont l’économie avait besoin d’un libre accès aux banques et à un port sur la méditerranée, envahit alors le Liban pour faire cesser les combats. Les forces syriennes agissent principalement contre les Palestiniens, considérés comme ceux qui menacent la stabilité du régime libanais, mais plus tard, pour consolider leur emprise sur le territoire libanais, elles se retourneront contre les chrétiens.
À l’été 1981, les tirs de roquettes sur Israël ont atteint leur point culminant: 10 230 roquettes et obus ont été tirés du Liban, qu’Israël ne réussit pas à arrêter même avec des bombardements. Les cessez-le-feu avec L »OLP ne tiennent pas. L’état-major planifie alors une action, dénommée Paix en Galilée. Cette première guerre du Liban se déroulera essentiellement entre Israël, la Syrie et les organisations palestiniennes sur le sol libanais du 6 juin au 29 septembre 1982.

Voici le témoignage de Brigitte Gabriel, chrétienne libanaise sur la situation des Chrétiens au Liban et sur l’intervention israélienne:
http://www1.alliancefr.com/actualites/contre-la-desinformation/temoignage-de-brigitte-gabriel-du-liban-501896

 

 

Léger, si léger?

Tisha beAv vient de se terminer.
Lors d’un jour de jeûne, on a l’habitude de souhaiter: צום קל (Tsom Kal), jeune facile, léger.
Le mot קל (kal) vient de la racine קלל KLL qui a plusieurs significations.
Commençons par les plus évidentes.
Il est logique que si Kal signifie léger, la forme de conjugaison des verbes la plus facile à apprendre, la plus légère à l’élève, se nomme Kal, ou forme simple.
De la même manière, lorsqu’on avance des arguments allant du plus simple au plus complexe, on utilise un des principes de l’herméneutique appelé קל וחומר (kal va’homer) du léger au « dense » , c’est à dire un raisonnement à fortiori*.
Dans le Tanakh, lorsque Noa’h est enfermé dans l’arche et scrute impatiemment la mer, il remarque qu’enfin כי קלו המיים que les eaux se sont « allégées », réduites, il commence alors à entrevoir la fin de sa réclusion.
Lorsque David se lamente sur la mort de Jonathan et de son père, le roi Shaoul, il les décrits comme plus « légers » que les aigles מנשרים קלו, sans doute plus rapides*
Ci-dessus le mont Guilboa où moururent le roi Shaoul et son fils Jonathan lors d’une bataille contre les Philistins.

Dans le livre des Proverbes, בִּקֶּשׁ לֵץ חָכְמָה וָאָיִן וְדַעַת לְנָבוֹן נָקָל (Bikesh letz ‘hochma veein vedaat lenavon nakel), le sot demande en vain la sagesse, alors que la compréhension vient légèrement (aisément) à l’homme sage.

Et l’homme sage est souvent décrit comme indulgent. C’est ainsi qu’à l’époque de la Mishna, Hillel était appelé מקל, celui qui allège les sentences*.
                                                                            (Grotte où furent enterrés Hillel et ses élèves)

Mais la légèreté peut conduire quelqu’un à sa perte.
Dans le livre de Samuel, il est question d’Ashael ben Tsouria, fils d’une de soeurs du roi David. Lors de la guerre civile qui oppose David au roi Shaoul, Ashael poursuit Avner, général de l’armée du roi Shaoul. Or « Ashael avait les pieds légers comme un chevreuil dans un champ, וַעֲשָׂהאֵל קַל בְּרַגְלָיו כְּאַחַד הַצְּבָיִם אֲשֶׁר בַּשָּׂדֶה »
Avner qui le connaît bien lui dit: Écarte-toi, cesse de me poursuivre ! Pourquoi faudrait-il que je t’abatte ? Comment pourrais-je alors regarder en face ton frère Yoav ? » mais Ashael continue et Avner le tue. Ashael a agit par fidélité à son oncle David mais certains commentateurs relient ses pieds légers à une certaine légèreté, une certaine insouciance du danger.
Dans la langue moderne on parle de אשה קלה (Isha Kala), une femme légère, ce qui me fâche car des hommes légers il y a en à foison.

La racine KLL ne joue pas seulement sur les deux aspects positifs ou négatifs de la légèreté. Elle a aussi donne  קילל (killel), maudire, et des mots comme קללה (klala) malédiction,  קלון (kalon) dégradation, קלקל (kilkel) abimer.

On retrouve le mot קללה (Klala) malédiction, dans le refrain d’un célèbre piyout de Rosh Hashana: תכלה שנה וקללותיה. Que s’en aille l’année avec ses malédictions!
Le voici interpreté par Rakefet Amsalem:

Dans la littérature rabbinique, il est écrit que parmi la foule d’esclaves juifs envoyés à Rome par Vespasien,  nombre d’entre eux furent destinés aux maisons de disgrâce, בתי קלון, (batei Kalon) ou bordels…

9av marche des juifs de Rome 1947 arc de triomphe de Titus(Début décembre 1947, après la proclamation du partage de la Palestine par l’ONU, les Juifs de Rome organisèrent une marche sous l’arc de triomphe de Titus pour célébrer la renaissance d’Israel. (Journal Davar)

Alors, faut-il prendre la vie comme elle vient? לקחת את החיים בקלות?
Nous ne sommes pas très doués pour ça. Il est vrai que notre histoire ne nous aide pas, ni notre grande mémoire.
La situation actuelle ne nous aide pas non plus: après avoir vécu depuis 3 mois, sous la menace des ballons incendiaires envoyés quotidiennement par le ‘Hamas, après avoir vu les champs brûler,

(résultats des incendies, journal Makor Rishon)

après les tirs d’obus, des roquettes qui ont blessé une famille à Sderot,

Vendredi, un soldat a été tué par le tir d’un tireur d’élite du ‘Hamas*.

Il s’appelait Aviv Levy et avait 21 ans. Il commandait un groupe de soldats originaires de la tribu de Menashe, et arrivés du Mizoram (état indien situé à la frontière birmane).

Son enterrement a eu lieu aujourd’hui.
On se trouve dans une situation de soi-disant cessez le feu, bien que le ‘Hamas ait déclaré que cette trêve ne valait pas pour les ballons incendiaires. En fait, on est tributaire des décisions du ‘Hamas et ceci pour ne pas déplaire aux Russes qui nous donnent une petite (toute petite) latitude pour nous défendre dans le Nord. Beaucoup de gens, y compris des journalistes à la télévision (!) demandent que nous reprenions les éliminations ciblées des responsables du ‘Hamas (dans le passé ceci avait apporté un peu de répit). Si comme je le lis ici ou là, seule une petite partie des gazaouis, soutient, les exactions du ‘Hamas, ce pourrait être une solution. Supprimons les assassins!
Ceci dit, les assassins ne se trouvent pas qu’à Gaza. Mahmoud a piqué une colère, il a trépigné sur son fauteuil en exigeant que ses troupes aussi participent à la fête anti-juive et ceci pour faire la pige au ‘Hamas qui prend de l’importance à Ramallah.
Et donc, un ballon incendiaire est tombé avant hier dans la cour d’une maison dans le quartier de Gilo, à côté de chez moi. Heureusement, le système de mise à feu n’a pas fonctionné. C’est un cadeau de nos voisins de Bethlehem.

 

(La police examine l’engin. (photo rotter.net)

Au moment de publier cet article, ce matin à nouveau des ballons incendiaires dans le sud: Lors d’une réunion avec la sécurité civile,les paysans et le pompiers ont enregistré ce chant qui rappelle l’époque de la guerre des 6 jours: 

et dans le Nord, les sirènes de Tseva Adom (couleur rouge) retentissent en ce moment.

Et dans le même temps, on sauve les casques blancs syriens et leur famille:

A bientôt,

* L’hermeneutique juive:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Treize_principes_de_Rabbi_Ishma%C3%ABl

*Dans sa lamentation sur la mort de Shaoul et de Jonathan, David compare les deux héros au roi des oiseaux et au roi des animaux: ils étaient plus légers que les aigles et plus forts que les lions.

*Le ‘Hamas est armé par l’Iran: le tireur a utilisé un fusil sniper Sayad-2 fabriqué en Iran, arme standard des Gardiens de la Révolution. Cette arme a une portée de 1,5 km. Elle peut percer un gilet pare-balle en céramique.

 

Les terroristes de Gaza

J’ai de nombreux articles en chantier, certains bien avancés et d’autres moins. Pourtant, la suite de notre balade sur le Sentier des Patriarches attendra encore un peu: dernièrement, j’ai reçu plusieurs mails d’amis français qui me demande des éclaircissements sur ce qui se passe actuellement à Gaza.
C’est vrai, actuellement, nous subissons depuis un bon mois, une attaque du ‘Hamas mais aussi une attaque sournoise des médias occidentaux qui ne rendent pas compte de la réalité et, sans vergogne, nous accusent de crimes de guerre pour le moins, ceci autant dans la presse écrite que dans les émissions de grande écoute.
J’ai depuis longtemps arrêté d’écouter la télévision française mais un ami m’a fait visionner la rediffusion de la dernière émission d’Yves Calvi, emission qui portait sur les conditions de vie des Palestiniens* et qui d’évidence reprenait le narratif palestinien dans son intégralité. Aucun équilibre dans le reportage ou même au cours de la discussion qui a suivi.

J’ai noté que:
– Aucun responsable israélien n’a été interviewé
– Le ‘Hamas a pu répéter que son action est pacifique alors que les images en arrière plan montraient une foule agressive. Mieux le mouvement a été qualifié de spontané et le Hamas se serait contenté de prendre le train en marche pour ne pas être disqualifié.

 

– Bien entendu le documentaire ne fait pas mention des appels au génocide des juifs, pourtant au moins entendus en arrière plan en arabe dans une mosquée où Hanyeh harranguait la foule des pacifiques fidèles.  

(O, fils de Juives, quittez notre terre ou nous vous massacrerons)

– Evacués la construction des tunnels, les champs brûlés (plus de 2500 hectares incendiés) au moyen de cerf-volants porteurs de bombes incendiaires:
Ici, Le même champ, il y a deux mois, rouge de coquelicots* et hier:

 

– Evacués également les tirs de roquettes (les habitants des kibboutzim avoisinants et de Sderot n’ont que 15 secondes pour trouver un abri).

(Cette année, les roquettes n’ont fait que 5 blessés mais il y a 4 ans l’une d’elle a tué Daniel Tregerman, 4 ans. Passionné de foot, il portait le maillot de Messi dont l’équipe a cédé aux menaces du ‘Hamas en annulant un match amical. Le ‘Hamas a remercié l’equipe d’Argentine)

– La traduction du discours d’Hanniyeh dans une mosquée adouci pour le public francais et les cris appelant  au meurtre des juifs de la foule n’ont pas été traduits.
– Bien entendu les soldats israéliens, êtres mythiques puiqu’absents du débat, étaient presentés comme des massacreurs d’enfants et de journalistes…
– Enfin, Mahmoud Abbas est décrit comme un homme qui souhaite sincèrement la paix alors qu’il est co-responsable de la situation économique à Gaza (il est le premier à couper les salaires des fonctionnaires gazaouis en représailles à son échec de rapprochement avec le ‘Hamas)
Tout cela est passé à la trappe.

Et pourtant:

(la vidéo a été prise le 5 juin depuis l’université Sapir qui se trouve à Sderot)

Je ne vais pas perdre mon temps a essayer de réfuter ces accusations, je pense que vous avez tout le matériel nécessaire et sinon, je vous l’enverrai.
Non, je vais plutôt donner la parole à Sami El Soudi, correspondant palestinien de la Metula News Agency:
 » Si cela ( les émeutes actuelles dans la bande de Gaza) fait les choux gras des nombreux journalistes antijuifs européens qui couvrent ces évènements, et si cela a pu momentanément abuser la compréhension de leurs dirigeants politiques, les résultats de ces orgies sacrificielles sont nuls. Le Hamas a perdu environ 80 combattants (dont une grande partie était des terroristes du’Hamas) et 30 civils sans égratigner le moindre militaire adverse, ni « libérer » un centimètre carré de Palestine. Or cette nouvelle tentative, à caractère exclusivement militaire, va, à l’instar des roquettes et des tunnels « stratégiques », s’épuiser ; dans une semaine, dans un mois ou dans six… Les jeunes de la Bande sont désormais poussés à incendier les cultures de leurs voisins et les forêts gagnées sur le désert. C’est un déshonneur qui maculera à jamais l’image de la cause palestinienne… Mais qu’attendre d’une organisation d’illuminés religieux qui sont dénués de toute éthique ? J’ai vu des émeutiers, dans la liesse générale, brûler vif un âne affublé d’un drapeau israélien. J’ai vu des cadavres d’accidentés de la route, des gens morts dans les hôpitaux, dont des nourrissons, amenés vers la frontière afin de faire croire que c’étaient les Israéliens qui les avaient tués…

Il y a aussi des maquilleurs professionnels lorsqu’ils manquent de cadavres:

Sami el Soudi:
J’ai vu des infirmières, dont la tâche consiste à protéger la vie, lancer des bombes incendiaires que leur tendaient des miliciens sur des champs cultivés.


(l’infirmière « martyr » Razzan Al Nazzar qui n’a d’ailleurs pas été tuée par un tir direct de Tsahal mais sans doute par un ricochet)

Je vous invite à lire le dernier article de Sami El Saoudi dans le site Métula News Agency. Il est extrèmement instructif.

Son analyse rejoint celle de Bassam Tawil, journaliste palestinien originaire de Naplouse en Samarie:
– Premièrement: ceux qui lancent les cerfs-volants indiquent clairement que leur but ultime est de tuer autant de Juifs que possible et de provoquer l’annihilation d’Israël. « Nous voulons mettre le feu à Israël afin que les Juifs soient brûlés ou forcés de quitter leur pays. » (interview d’un terroriste Abu Al-Majd). Cette idee d’une annihilation d’Israel fait d’ailleurs son chemin chez les Européens sans trop d’états d’âme: de nombreux diplomates rejoignent Dominique de Villepin lorsqu’il qualifiait Israel de « parenthèse de l’histoire« et même des responsables militaires de haut rang français évoquent cette possibilité et pensent déjà à des mesures d’évacuation des survivants juifs. Que de bonté! Mais on a déjà donné!
– Deuxièmement: les Palestiniens considèrent que tous les Juifs vivant en Israël sont des «colons». Ce n’est pas nouveau, puisque que ce soit dans les chartes, les emblèmes ou les slogans du ‘Hamas, du djihad ou même de l’Autorité Palestinienne, il est question de la Palestine de la Rivière (le Jourdain) à la mer.


– Troisiemement, le jihad des Palestiniens contre Israël est le même jihad que l’Etat Islamique, les Frères musulmans et d’autres groupes islamiques djihadistes mènent aussi sur les «infidèles» et les «ennemis de l’islam» aux États-Unis, dans l’UE et dans d’autres pays non musulmans.

En fait, en réalité, comme ce journaliste gazoui, nombreux sont les Palestiniens qui aimeraient bien devenir israéliens:

Ce n’est pas le seul et de loin. J’ai entendu il y a quelque temps, les interviews de plusieurs cheikhs de ‘Hevron, ville hostile aux Juifs depuis toujours*, réclamer eux-aussi la nationalité israélienne. Cela me rappelle aussi un reportage d’il y a une trentaine d’années. Un journaliste allemand interrogeait un vieux gazaoui sur ses conditions de vie difficiles dues à l’occupation israélienne. Le vieil homme avait répondu: » Je n’aime pas les Juifs(!) mais j’ai connu les Turcs, tous des voleurs et exploiteurs, ensuite les Egyptiens, pareil, avec les Juifs, on peut respirer, on vit normalement, ils respectent les lois.
Mais pour qu’ils deviennent Israeliens, il faudrait tout d’abord les dénazifier!
Oui, j’ai employé le mot nazi et si cela dérange quelques belles âmes, je rappellerais qu’il y eut:
– Une collaboration active entre le grand mufti de Jerusalem et Hitler et que celui-ci fut l’instigateur des grands pogroms dans les pays musulmans,  comme le Farhoud de Baghdad en 1941
– Qu’ils se voient actuellement comme les héritiers des nazis:


– Que Mahmoud Abbas chef de l’Autorite Palestinienne est un négationniste et que dernièrement il fit cette déclaration:
«Du XIe siècle jusqu’à l’Holocauste qui s’est produit en Allemagne, les juifs vivant en Europe de l’ouest et de l’est ont été la cible de massacres tous les 10 ou 15 ans. Mais pourquoi est-ce arrivé ? Ils (
les Juifs) disent: « Parce que nous sommes juifs ! »».
Selon lui,  l’explication serait à chercher ailleurs. Il a ainsi cité trois «livres écrits par des juifs»
comme preuves supposées du fait que «l’hostilité contre les juifs n’est pas due à leur religion, mais plutôt à leur fonction sociale», en précisant qu’il voulait dire par là «leurs fonctions sociales liées aux banques et aux intérêts». Ben voyons!...

Mais les dénazifier, ça va être dur car même les plus petits sont pervertis:



(fête de fin d’année dans un jardin d’enfants à Gaza)

Bref, les nazis ne sont pas tous de grands blonds en culottes de peau. Ils ont des héritiers!

A bientôt,

*Yves Calvi, l’info du vrai: Gaza Terminus:
https://www.mycanal.fr/docus-infos/20-h-l-evenement-l-info-du-vrai-du-06-06-gaza-terminus/p/1497590

Comme Calvi parle de Gaza comme d’une prison a ciel ouvert, voici un article tres clair sur ce sujet
http://www.cesgoysquidefendentisrael.com/fr/questionsdeblocus/

Et pour actualiser, je precise que les terroristes du ‘Hamas ont complètement detruit le terminal de Keren Shalom par lequel les produits de première nécessité pouvaient entrer, que les Israeliens, sous le feu des cerfvolants piégés ont reparé les lignes electriques détruites et que de nombreux cartons de médicaments (sionistes!) ont été détruits par le ‘Hamas: De plus, en brûlant les champs au moment des récoltes, ils ont brûlé une bonne partie des légumes, des fruits et céréales qui leur etaient destinés.

*les coquelicots dans le sud d’Israel:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/02/28/le-sud-en-rouge/

*Sami el Soudi, correspondant palestinien de la Metula News Agency. Lisez son article en entier, Autorite palestinienne, l’état des lieux du 09/06/2018 sur:
http://www.menapress.org/

*Bassam Tawil:
/www.gatestoneinstitute.org/12467/palestinians-burn-the-jews

*’Hevron: le massacre de ‘Hvron en 1929:
http://www.jforum.fr/le-massacre-des-juifs-dhebron-1929.html

 

Bonnes et mauvaises nouvelles

 

Il y a quelques jours, j’ai reçu un mail me demandant pourquoi le rythme de mes articles n’était pas aussi soutenu qu’auparavant!
Comme mon correspondant me demandait aussi pourquoi je ne prenais pas position sur des sujets brûlants et politiques, je répondrais tout d’abord que ce n’est pas le propos de mon blog.
J’ai commencé Boker Tov Yerushalayim , il y a un peu plus de 4 ans, pour rester en contact avec mes amis restés en France, leur donner des nouvelles et pour leur faire découvrir et aimer ce petit pays qui est le mien. Alors balades, histoire, vie quotidienne oui, quelque fois coups de gueule mais rarement, car je ne veux pas m’engluer dans ce que mes amies nomment les énergies négatives.
Et là, je l’avoue, je ne vous oublie pas chers amis, mais c’est vrai: j’écris moins car je peins à tour de bras si je puis m’exprimer ainsi.

Ceci dit, une petite pose est toujours la bienvenue surtout que ces dernières semaines, les archéologues nous ont gâtés.
Tout d’abord, ils ont réussi à collecter suffisamment de fragments de mosaïque, de ceux qui composaient le pavage du Temple à l’époque d’Hérode.
Les 600 fragments sauvés des destruction du Waqf*, qui ont permis de reconstituer des dessins géométriques parfois complexes, correspondent à la norme romaine des pavements (un pied=29,6 cm de long) trouvés dans les autres palais d’Hérode à Masada, Hérodion, Jéricho pour la région mais aussi au sol des villas et palais construits en Italie à la même époque.

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La restauration de ces carreaux de marbres ou d’autres pierres colorées a été conduite par le professeur Schneider qui a utilisé des outils mathématiques pour reconstituer le système « opus sectile« , ou marqueterie de marbre, en usage dans l’empire romain et jusqu’au Moyen Age*.

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(photos Tsahi Dvira)

Après 9 ans de travail basé sur les textes de Flavius Joseph*: «  La cour était recouverte entièrement de toutes sortes de pierres colorées » (La Guerre des Juifs, 5,2) et aussi sur des textes du Talmud où on parle du magnifique pavage du Temple et de la splendeur du bâtiment…
Je vous présente ici trois modèles de marqueterie de marbre mais les archéologues ont pu en reconstituer 7.
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Les bonnes nouvelles se succédant, dans une grotte du désert de Juda, on a trouvé un papyrus datant du Premier Temple.

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(photo Guy Fitoussi, Israel, archeological Authority)

Il porte l’inscription ירושלים (Yerushalyaim) et ceci le jour où l’UNESCO décidait que les Juifs n’avaient aucun lien historique avec Jérusalem.

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(photo Shay Halevy, Israel Archeological Authority)

Il s’agit de la plus ancienne mention de Jerusalem! Deux lignes écrites sur un papyrus au 7 ème siècle avant l’ère chrétienne, deux lignes des plus prosaïques puisqu’il s’agit d’un bon d’expédition de vin à Jerusalem, attestant le payement des taxes et indiquant le nombre de jarres ainsi que la quantité de vin en provenance de Naarta, à la frontière d’Ephraim et de Binyamin*. Il s’agit de cette même Naarta mentionnée dans le livre de Yehoshua (Josue 16,7): « La frontière des enfants d’Ephraim...descendait de Yanoha vers Atarot et Naarta, atteignait Jéricho et aboutissait au Jourdain« .

Pour le professeur Akhituv, lauréat du prix d’Israel pour la recherche biblique, ce bon d’expédition représente une preuve  de l’existence d’une gestion organisée au royaume de Juda et souligne la centralité de Jérusalem comme capitale économique dans la seconde moitié du 7ème siècle avant l’ère chrétienne. De plus, on n’avait trouvé jusqu’à présent qu’un seul autre papyrus avec un contenu non biblique*.

Et enfin, ces jours-ci, une autre équipe a mis au jour une petite statue d’argile dans la région de Yehud.  Elle date d’environ 3800 ans. Elle ornait une cruche dont le goulot portait la partie supérieure de la statuette alors que les bras et les jambes ont été rajoutés après. Le petit personnage a l’air de réfléchir:
statue-yehud-3                                                                                      (photo Eyecon Israel archeological Authority)

Il semble presque inquiet:
statue-yehud-2                                                                                     (photo Eyecon Israel Archeological Autority)

Il doit se demander où il est:
statue-yehud-4

(photo Carla Amit. Israel Archeological Authority)

J’aime vous faire part de bonnes nouvelles même si depuis trois jours, nous vivons des moments difficiles: des incendies volontaires, actes de terreur, se succèdent dans tout le pays. Les journaux parlent maintenant d’intifada des incendies.
Depuis trois jours, alors que soufflent des vents violents, des dizaines de gros  incendies ont éclatés dans une bonne partie du pays et le chef des pompiers de la région nord parle de près de 1000 départs de feu:

incendies

Pendant que j’écris ces lignes, la situation a empiré. Cette fois, il s’agit de ‘Haifa:

incendies-yediotVoici la couverture du Yediot A’haronot: depuis midi 11 quartiers de ‘Haifa ont été évacués. Les réservistes de la sécurité intérieure viennent d’être mobilisés.
Et les réseaux sociaux arabes jubilent comme de bien entendu!
incendies-reseaux-sociaux-arabes

Après les bombes dans les autobus et les cafés, les voitures béliers, les attaques au couteau, les jets de cocktails molotov, nous avons droit maintenant aux incendies.  Aucun des ces actes terroristes n’ayant réussi à décourager les Israéliens, les Arabes essayent de détruire par le feu le pays qu’il revendiquent comme étant le leur. Ils veulent mettre en péril plus de 60 années d’efforts gigantesques de reboisement dans cette région gagnée par le désert.
Non seulement le respect de la vie humaine n’est pas une valeur essentielle pour eux mais également celui de la terre sur laquelle ils aspirent à vivre. Décidément je suis de plus en plus pessimiste. La paix ne peut être possible entre nos deux cultures si différentes.

Ceci dit, don’t be worry, nous passerons cette épreuve aussi avec succès.

A bientôt,

PS: Les forêts brûlent aussi autour de Jerusalem. les habitants de Har Adar, et de Beit Meir ont été évacués. Hier soir en revenant de l’aéroport où j’étais allée chercher des amis, nous roulions dans une sorte de brouillard, Shaar Hagai était en flammes.
La presse européenne parle de feux de broussailles dus à la sécheresse. Il est vrai que les pluies d’hiver ne sont pas encore tombées et les vents sont violents mais voici ce qui provoque les incendies:

incendies-systeme-de-mise-a-feu

Un systéme de mise à feu simple mais efficace attaché à un arbre

*Waqf:

https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/10/22/le-mufti/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/06/06/notre-jerusalem/

*Opus sectile:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Opus_sectile

*Il s’agit d’un papyrus, trouve dans le Wadi Maabarat, qui certifie qu’une femme gérait administrativement le royaume de Juda à la même époque