Le chemin des Patriarches (7): toujours en Binyamin!

Nous reprenons notre sac et notre bâton* de randonneur pour entrer cette fois dans la région de Binyamin sur la route 60 et voici un panneau souhaitant bonne fête de l’Aid el Fitr aux musulmans de la région. En second plan, vous voyez un village juif, une colonie comme disent les Européens, et au premier plan un taxi aux plaques vertes, ce qui signifie qu’il vient d’un territoire sous contrôle de l’Autorité Palestinienne.

(Makor Rishon, photo de Myriam Tsahi)

La région de Binyamin s’étend sur plus d’un million de dounams, de Jerusalem au désert de Yehuda et jusqu’à la Samarie. Les paysages y sont très variés puisqu’on passe d’une zone boisée montagneuse verte à l’ouest, véritable balcon au dessus de la plaine côtière, à une région désertique à l’est où le ruisseau Prat descend de ses magnifiques sources et ses eaux fraîches jusqu’à la Mer Morte:


et alors qu’au centre, on se croirait parfois presque en Toscane.

Savez vous que Mark Twain visita Israel en 1869?
Malheureusement, Mark Rwain ne fut pas impressionné parce qu’il découvrit, c’est le moins qu’on puisse dire. Il  parcourut le pays dans son entier et  fit part de sa déception:
« Il me semble que de tous les pays ayant un sombre paysage, la terre d’Israel détient la palme. Les collines sont chauves, les couleurs sont fanées, et ses formes sont loin d’attirer l’attention. Les vallées sont désertiques, laides et décorées d’une nature pauvre dont la vue inspire tristesse et désespoir… Chaque ligne est vulgaire, coupante et sans perspective, les distances ici n’inspirent aucune magie. C’est un pays morne, sans espoir, un pays qui brise le coeur. »
Je ne peux pas lui donner tort, c’est ainsi que se présentait la Palestine aux yeux des voyageurs et même à ceux des pionniers sionistes. Comme disait une parente: ici, avant nous, il n’y avaient que deserts de cailloux et marais.

Eh bien, disons que maintenant tout a changé et pas seulement parce que nous avons des photos en couleur alors qu’elles etaient en noir et blanc.
Lorsque Mark Twain arrive en Binyamin, il s’arrête à Beth El, lieu où Yaakov s’est reposé, alors qu’il fuyait son frère, et a eu un rêve pour le moins singulier: Une échelle était dressée sur la terre, son sommet atteignait le ciel et des messagers divins montaient et descendaient le long de cette échelle. Puis, l’Éternel apparaissait au sommet et disait: « Je suis l’Éternel, le Dieu d’Abraham ton père et d’Isaac; cette terre sur laquelle tu reposes, je te la donne à toi et à ta postérité. Elle sera, ta postérité, comme la poussière de la terre; et tu déborderas au couchant et au levant, au nord et au midi; et toutes les familles de la terre seront heureuses par toi et par ta postérité. Oui, je suis avec toi; je veillerai sur chacun de tes pas et je te ramènerai dans cette contrée, car je ne veux point t’abandonner avant d’avoir accompli ce que je t’ai promis. »Jacob, s’étant réveillé, s’écria: « Assurément, l’Éternel est présent en ce lieu et moi je l’ignorais. » Et, saisi de crainte, il ajouta: « Que ce lieu est redoutable! ceci n’est autre que la maison du Seigneur et c’est ici la porte du ciel. » Jacob se leva de grand matin; il prit la pierre qu’il avait mise sous sa tête, l’érigea en monument et répandit de l’huile à son faîte. Il appela cet endroit Beth El (maison de Dieu).

Mark Twain cherche quelque monument. Il a entendu parler de la mosquée es-Sekineh où étaient remémorées les mémoires de Jacob et de Joseph*. Elle est mentionnée dans des sources arabes médiévales. Mais au 19 ème siècle, Mark Twain n’y voit qu’une ruine au milieu d’un désert de pierres.

(Beth El aujourd’hui)

S’il venait maintenant, il ne pourrait plus parler de désert.


Mark Twain continue vers Shiloh qui est le plus grand site historique de la région et là, rien non plus! La région est désertique et inhospitalière.

Et pourtant!
Shiloh est connu depuis le livre de Yoshua (chap18 ).
Nous sommes 500 ans avant que le roi David conquiert Jerusalem pour en faire notre capitale. Yoshua procède alors  au dernier partage des terres entre les tribus: « Les délégués se disposant à partir pour lever le plan du pays, Yoshua leur donna cet ordre: « Allez, parcourez le pays, faites-en le plan et revenez auprès de moi, afin qu’ici, à Shiloh, je vous le répartisse au sort, en présence de l’Eternel. »
A partir de ce moment, Siloh devient le centre religieux des tribus qui y installent la tente d’assignation (le Tabernacle) contenant l’Arche d’Alliance*: « Toute la communauté des enfants d’Israël s’assembla à Shiloh et y installa la Tente d’assignation; le pays conquis se trouvait à leurs pieds. »
Le tabernacle connaitra bien des péripéties* et Shiloh restera longtemps le seul sanctuaire jusqu’à ce que David le fasse venir à Kiriat Yearim et qu’ensuite, il soit enfin installé dans le Temple par son fils Salomon.

C’est à Shiloh que ‘Hanna, venue en pélerinage avec sa famille, pleurera et priera pour enfin être mère et c’est à Shiloh que Eli instruira le jeune et futur prophête Shmuel (Samuel), amené au sanctuaire par sa mère ‘Hanna selon son vœu:
Hanna… dit à son époux: « Une fois que l’enfant sera sevré, je l’emmènerai, et il paraîtra en présence du Seigneur, et il y restera toujours. » Elkana, son époux, lui répondit: « Fais comme il te plaît, attends que tu l’aies sevré; veuille seulement le Seigneur accomplir sa parole! » La femme resta donc et allaita son fils, jusqu’à ce qu’elle l’eût sevré. Quand elle l’eut sevré, elle l’emmena avec trois taureaux, une êpha de farine et une outre de vin et le conduisit à la maison du Seigneur, à Shiloh; l’enfant était encore tout jeune… »

En fait, le site de Shilo a été habité depuis l’âge du bronze. Il le sera sans discontinuer jusqu’au Moyen Age.
Basée sur une carte militaire romaine du 4 ème siècle, la célèbre carte de l’époque médiévale, la Tabula Peutingeriana*, reprend le réseau routier romain avec indication des différentes cités et les points d’intérêt comme les rivières, sommets etc…

(Sur la carte, Shiloh est indiqué par un petit carré rouge)

Les fouilles archéologiques du site de Shiloh commencent dans les années 1920. Elles sont conduites par un danois, Hans Anderson Kjær. L’expédition commence par découvrir un mur d’enceinte cananéen, des entrepôts et de la vaisselle datant de l’époque des Juges. Malheureusement Hans Anderson Kjær tombe malade et ne peut s’opposer au vol de ses trouvailles par ses ouvriers arabes.
Les Israeliens reprennent les fouilles dans les annees 1980* et découvrent une ville importante aux murailles plusieurs fois reconstuites, les ruines d’entrepots et surtout ce qui caractérise un habitat juif, des ossements exclusivement de bovins et caprins.
Pour ce qui est de l’arche, nul ne sait où elle est aujourd’hui. 

(Arc de triomphe de Titus montrant le déplacement de l’Arche et de la Ménorah à Rome)

Mais en ce qui concerne son emplacement à Shiloh, un texte intéressant se trouve dans Ia Bible (livre I Samuel 4):
Un Benjamite s’échappa du champ de bataille et arriva à Silo ce même jour, ayant ses vêtements déchirés et la tête couverte de poussière.Comme il arrivait, Héli était assis sur son siège, au bord du chemin, dans une attente pleine d’anxiété, à cause de l’arche du Seigneur; l’homme vint répandre la nouvelle dans la ville, qui éclata tout entière en lamentations. En entendant ces cris, Héli demanda: « Qu’est-ce que cette clameur de la foule? » Et l’homme s’empressa d’approcher et de lui apprendre (la nouvelle). Celui-ci avait alors quatre-vingt-dix-huit ans; ses yeux étaient immobiles, il ne pouvait plus voir. » C’est moi, dit l’homme à Héli, qui viens du champ de bataille, je m’en suis échappé aujourd’hui. Quelle a donc été l’issue, mon fils? » demanda Heli. Le messager répondit: « Israël a pris la fuite devant les Philistins, et le peuple a essuyé de grandes pertes; de plus, tes deux fils Hophni et Phinéas sont morts, et l’arche du Seigneur est prise. » En l’entendant mentionner l’arche du Seigneur, Héli tomba de son siège à la renverse, du côté de la porte, se brisa la nuque et mourut, car cet homme était vieux et appesanti par l’âge. Il avait gouverné Israël quarante années.
Pour les archéologues, si le cri des habitants de la ville fut entendu par Héli avant que le rescapé de la bataille arrive jusqu’à lui, cela signifie que le tabernacle se trouvait à l’opposé de la porte de la ville située au Sud. Ils situent donc l’emplacement du Tabernacle au Nord de la ville, ce qui était d’ailleurs par sa position l’endroit le mieux défendu.
Or, une couche archéologique a été fouillée dans cette zone nord. Elle date de l’époque des juges. Les restes de 2 bâtiments y ont été retrouvés: l’un correspond au plan d’une maison à 4 zones* (architecture classique des maisons juives) et l’autre sans plan architectural bien défini mais d’une grande taille (environ 30/30m) qui comprend des restes de murailles et 17 grands monolithes qui peuvent être la base de piliers, ordonnés en 3 rangées. L’archéologue Ze’ev Yavin estime que les espaces entre les monolithes délimitaient l’entrée de la zone sanctifiée. Pour le moment nous n’en savons pas plus. Existe-t-il d’autres monolithes similaires? Espérons que les fouilles reprennent.

D’autres ruines ont été mises à  jour: une grande et belle église byzantine a été découverte il y a seulement quelques années. Son sol en mosaïque est impressionnant.

Avec curieusement un Maguen David:

Elle a probablement été construite à la fin du 4 ème siècle. Plusieurs inscriptions grecques de cette époque ont été retrouvées, dont une une faisant mention explicite du village de Shiloh.
A partir de l’occupation ottomane, la région se dépeuple: seuls les restes d’une petite mosquée y ont été retrouvés jusqu’à ce jour:

(photo de David Rabkin)

Un centre d’accueil pour touristes domine le site de fouilles de Shiloh:

Si nous ne voulez pas gratter la terre, vous pourrez entrer dans la tour où vous attendent des salles d’exposition:

et un film qui vous fera revivre le passé biblique de Shiloh:

Juste à côté de l’ancien Shiloh se trouve le yishuv de Shilo: 250 familles y vivent  de la vigne mais surtout du tourisme. Alors, si les vieilles pierres vous indiffèrent, si les récits du passé vous font bailler, vous pourrez faire des randonnées, vous baigner, et si vous aimez déguster les produits locaux, le vin est aussi bon que celui du Golan,

*la prière de ‘Hanna:
http://akadem.org/medias/documents/Hanna-Doc1.pdf

*Une maison à 4 zones: c’est à dire une maison avec quatre parties  bien définies: l’habitation proprement dite, l’étable, le hangar à grains et le mikvé. Selon nos informations, seuls les Juifs organisaient ainsi leur maison. Ces 4 zones en plus de l’absence de statuettes sacrées et la présence uniquement d’ossements d’animaux cacher , confirment qu’il s’agit bien là d’une habitation juive.

 

 

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Choisis la vie! Et tu vivras alors, toi et ta postérité*

Vendredi, tout d’abord l’annonce des 2 récipiendaires du prix Israel: David Levy et Myriam Peretz :

Je n’avais pas l’intention d’écrire un article sur ce sujet mais j’ai lu un commentaire odieux d’une quelconque gauchiste expliquant qu’entre Myriam Peretz et la mère d’un shahid palestinien, il n’y avait pas de différence, chacune étant la mère d’un soldat mort au combat car, écrit-elle « les shahidim se considèrent comme des soldats« .
Je me fiche complètement de ce que pensent les shahidim. Mais comparer une mère endeuillée par la perte de ses deux fils morts pour nous protéger et la mère d’un terroriste psychopathe, c’est vraiment trop pour moi. D’autant que si la première a été honorée du prestigieux Prix Israel, ce n’est pas parce qu’elle a perdu ses fils au combat, c’est parce qu’elle a dédié toute sa vie à l’éducation. A chaque interview elle parle de son amour pour ce pays et pour son peuple: « Je suis heureuse de pouvoir vivre ici en Israel,  je suis remplie de joie et d’amour pour mon peuple et mon pays, je suis heureuse de pouvoir dire merci  quand je me lève le matin, merci de pouvoir vivre ici et faire partie d’un tel peuple. »
Elle n’a jamais une parole de haine contre nos ennemis. Elle a mieux à faire, elle a choisi la vie.


La deuxième, la mère du Shahid, est honorée, elle aussi, on l’appelle officiellement Em (mère) suivi du prénom de son tueur de fils. Elle reçoit un salaire très confortable chaque mois parce qu’elle a voué sa vie à faire de ses enfants des tueurs de Juifs.

Ces confusions intellectuelles me sont insupportables. Je ne supporte plus ces gens chez qui les convictions politiques l’emportent sur  l’incapacité de distinguer  entre des actes moraux et immoraux.

Et puis, juste avant shabbat, un nouvel attentat en Samarie: 2 soldats tués, Ziv Daos et Netanel Kahalani 

et deux blessés dont un dans un état critique, tous quatre attaqués par une voiture bélier. Et là, je lis un autre commentaire: c’est de notre faute si un attentat a eu lieu! C’est à cause du כיבוש (Kiboush) conquête*!
A bon, parce qu’avant le kiboush, il n’y avait pas d’attentats?
Je me souviens de Maya me disant comment les fedayins avaient tué son père à Rosh Ayin et aussi de Paola, un amie de ma fille, lui racontant comment ses parents et les voisins avaient construit une cachette pour les enfants, derrière la bibliothèque, où ils devaient se réfugier au cas où… Ne faire aucun bruit et se boucher très fort les oreilles… Ça sonne comme des histoires du temps de la Shoah. Mais non, c’était ici et pas dans les « territoires occupés » mais en plein Neguev  au début des années 60…
Je reçois une note me rappelant le massacre de מעלה עקרבים (Maale Akravim)*, les hauteurs des scorpions, il y a juste 64 ans, le 17 mars 1954, là aussi dans le Neguev:
Ephraim Furstenberg était un des deux chauffeurs du bus d’Egged qui travaillait ce jour là sur la ligne Tel Aviv-Eilat. Il en avait profité pour emmener avec lui sa femme Hanna et ses deux enfants, Haimke et Miri pour fêter avec eux l’anniversaire de la libération de la ville d’Eilat.

(Miri dans les bras de son père. A gauche, sa mère Hanna et son frère Haimke sur les épaules d’un oncle)

Au retour d’Eilat, le bus est conduit par l’un des chauffeurs, Kalman, tandis qu’ Ephraim, le père de Miri joue de l’harmonica. Parmi les passagers, quatre soldats ont rangé leurs armes avec les bagages. Tout le monde chante. Passé le col, ils arrivent dans une descente abrupte quand ils sont soudain attaqués par une bande de terroristes infiltrés de Jordanie mais guidés et commandés  par Said Abu Bandak, de la tribu des Azazma dans le Neguev.
Les terroristes veulent  tuer le conducteur pour faire tomber le bus dans l’abîme. Mais Kalman arrive à l’arrêter avant de succomber à ses blessures.

Miri: « Soudain j’entends des coups de feu, le soldat à côté de moi  me jette par terre et me dit de me taire… Il me protège de son corps, j’entends des cris, encore des coups de feu… le silence. » Son frère Haimke est lui aussi protégé par le corps d’un des soldats mais malheureusement il lève la tête en criant: Miri où es-tu? Et il reçoit une balle dans la tête. Haimke survivra pendant 32 ans dans un état végétatif.
Miri et les quelques survivants gravement blessés resteront plusieurs heures avant qu’on vienne les secourir. Ils raconteront que les fedayins ont violé et mutilé leurs victimes.

Miri est maintenant une grand-mère, elle aide les victimes du terrorisme et de supporte pas qu’on dise que c’est la faute au kiboush et à l’occupation: Ces dernières années, chaque fois que la gauche crie « Occupation, Occupation », cela m’exaspère! Tout cela s’est passé bien avant l’occupation, il n’y avait pas d’occupation! Il n’y avait pas de raison pour que cela se produise sauf une: la haine des arabes contre nous! »

(plaque commémorative de l’attentat)

Le 17 mars 1954 était la veille de Pourim.
Vous ne le savez peut-être pas mais un des chants les plus populaire שיר שמח (Shir samea’h), un chant joyeux, a été composé le lendemain du massacre. Le pays était sous le choc et personne n’avait envie de la joie de Pourim. Aucune chanson ne convenait. Dans la nuit furent écrits sur une mélodie ‘hasssidique, ces mots  exprimant notre force de résistance et notre amour de la vie:
Même lorsque notre tête est courbée et qu’autour de nous tout est tristesse, venez, puisons la joie du dedans de nous-mêmes »

 

A bientôt,

*Devarim (Deutéronome) 30,19

*la conquête et l’occupation font référence à la Judée et la Samarie qui étaient avant 1948 partie du Foyer National Juif, tombées dans les mains des Jordaniens pendant la guerre de 1948 et récupérés après celle de 1967. Les mots conquête et occupation sont les mantra des belles âmes.

« J’en atteste sur vous, en ce jour, le ciel et la terre: j’ai placé devant toi la vie et la mort, le bonheur et
la calamité; choisis la vie! Et tu vivras alors, toi et ta postérité. »

*Les Hauteurs des scorpions est une route  qui relie la vallée de la Arava au centre du Neguev. Elle est déjà mentionnée dans le Tanakh sous ce nom

 

Le chemin des Patriarches (1)

Si nous ne nous étions pas suffisamment intéressés à ce territoire pour y construire un pays, la terre d’Israel, entre Jourdain et Méditerranée, n’aurait été qu’une terre de passage entre les empires assyriens et égyptiens, un ensemble de routes qu’il fallait contrôler militairement et politiquement.
Et elles étaient nombreuses toutes ces routes qui partaient du Croissant Fertile jusqu’au Nil.

Le Chemin des Patriarches est l’une d’elles.
C’est  l’ancienne route qui traversait le pays d’Israel du Jourdain à Beer Sheva. Elle porte ce nom parce que nos ancêtres Avraham, Yitshak et Yaakov l’empruntèrent de nombreuses fois lors de leurs pérégrinations à travers le pays, telles qu’elles nous sont racontées dans le livre de Bereshit (Genèse).

A l’heure actuelle, cette ancienne voie longe la route 60 en empruntant le chemin des collines et traverse ainsi toute la Judée et la Samarie.

(en trait bleu épais sur la carte)

Nous partons de Beer- Sheva en direction du Nord
Le nom de la ville est mentionné 33 fois dans le Tanakh. A partir de l’époque des Juges, le nom de Beer Sheva est synonyme de frontière sud du pays. L’expression « De Dan à Beer Sheva » pour dire du Nord au Sud est employée pour indiquer tout Israel. Le refrain de l’hymne du Palma’h emploie une expression parallèle « De Metulla au Neguev » ממטולה עד הנגב.

Dans le livre de Bereshit (Genèse), Beer Sheva est au centre de la vie des patriarches.
C’est de Beer Sheva qu’Avraham et Yitshak partent au mont Moriah lorsque Dieu demande à Avraham de sacrifier son fils. Et c’est à Beer Sheva qu’il reviennent chez eux.

C’est également à Beer Sheva qu’Avraham conclut une pacte de non-agression avec le roi Avimelekh, après une dispute entre leurs bergers respectifs au sujet d’un puits:
« Abimélec dit à Avraham: « Que signifient ces sept brebis que tu as mises à part? » Il répondit: « C’est que tu dois recevoir de ma main sept brebis, comme témoignage que j’ai creusé ce puits. « Aussi appela-t-on cet endroit Beer Sheva, car là ils jurèrent l’un et l’autre. » (Bereshit 21 23 31)
 וַיֹּאמֶר אֲבִימֶלֶךְ, אֶל-אַבְרָהָם: מָה הֵנָּה, שֶׁבַע כְּבָשֹׂת הָאֵלֶּה, אֲשֶׁר הִצַּבְתָּ, לְבַדָּנָה. ל וַיֹּאמֶר–כִּי אֶת-שֶׁבַע כְּבָשֹׂת, תִּקַּח מִיָּדִי: בַּעֲבוּר תִּהְיֶה-לִּי לְעֵדָה, כִּי חָפַרְתִּי אֶת-הַבְּאֵר הַזֹּאת. לא עַל-כֵּן, קָרָא לַמָּקוֹם הַהוּא–בְּאֵר שָׁבַע: כִּי שָׁם נִשְׁבְּעוּ, 
Pour les hébraïsants le mot שבע (sheva) est interessant car il signifie à la fois sept et aussi jurer.

(l’endroit dit le puits d’Avraham)

En fait, Beer Sheva est l’endroit où Avraham habite le plus souvent. Il s’y sent chez lui: il y plante un tamaris: « Abraham planta un tamaris à Beer Sheva et y proclama le Seigneur, Dieu éternel.« 
Pour Yitshak aussi cet endroit est central dans sa vie:
« II (Yitshak) monta de là à Beer Sheva. L’Éternel se révéla à lui cette même nuit, en disant: Je suis le Dieu d’Abraham ton père; sois sans crainte, car je suis avec toi, je te bénirai et je multiplierai ta descendance, pour l’amour d’Avraham mon serviteur. II érigea en ce lieu un autel et proclama le nom de l’Éternel. II y dressa sa tente et ses serviteurs y creusèrent un puits. »
C’est de là que Yaakov partira pour aller chez son oncle Lavan à ‘Haran  apres avoir été béni par son père Yitshak:

« Jacob sortit de Beer Sheva et se dirigea vers Haran. »
וַיֵּצֵא יַעֲקֹב, מִבְּאֵר שָׁבַע; וַיֵּלֶךְ, חָרָנָה
Israel (Yaakov) passera par Beer Sheva –« Israël partit avec tout ce qui lui appartenait et arriva à Beer Sheva » – lors de son voyage en Egypte pour rencontrer son fils Joseph qu’il croyait mort.
Aujourd’hui le site archéologique de Tel Beer Sheva est celui de la ville de l’époque du Tanakh. Ces ruines montrent en fait un ensemble de constructions extrêmement élaboré, avec des zones de stockage et deux systèmes d’eau: un puits d’une profondeur de 69 mètres à l’extérieur des remparts et un réservoir d’eau interne destiné à la ville en cas de siège. Le système d’eau a été construit grâce à un barrage sur la rivière Hébron pendant l’âge de fer, soit à l’époque de roi Salomon et donc, plus de 1500 ans après Avraham.

Ce site se trouve à l’est de la ville et à l’intersection de plusieurs routes, dont celle qui nous intéresse, le Chemin de Patriarches, qui nous emmènera vers le Nord.

La ville est restée un place forte pendant des siècles. Elle s’endormira pendant la période ottomane.
(Beer Sheva en 1909)

Elle tombera aux mains des Anglais en 1917 et une très belle commémoration a eu lieu le 31 octobre sur le lieu de la bataille:

Pendant la guerre d’Indépendance, la ville sera conquise au mois d’octobre 1948 lors de l’opération Moshé. Parmi les soldats du Palma’h se trouve le Commando Français, compose de jeunes juifs originaires de France ou d’Afrique du Nord, avec à leur tête Thaddée Diffre  surnommé Teddy Eytan*, non-juif, un ancien de la France Libre.

La ville est surnommée la capitale du Neguev: 4ème ville du pays, 50 pour cent de ses habitants ont moins de 50 ans:

 

L’université Ben Gourion:

Son parc High Tech:פארק ההייטק
Voisin avec les vieux quartiers rénovés, ici la grande mosquée:
Sans oublier le marché bédouin:

Au nord de la ville nous traversons la foret de Yatir, somptueuse tache verte dans le désert, début du territoire de Judée d’où nous entrerons dans les monts de ‘Hevron:

A bientôt,

*Thaddée Diffre (1912-1971):
– un excellent article d’Olivier:
http://zakhor-online.com/?p=973
https://tsahal.fr/2011/07/14/lincroyable-saga-de-thadee-diffre-compagnon-de-la-liberation-catholique-et-officier-de-tsahal-publie-sur-liberation-fr/

*La foret de Yatir a une superficie de 30000 dunam soit 30 km2. Les plantations ont commencé en 1964. On y trouve une grande variété d’arbres: beaucoup de conifères, pins et cyprès mais aussi des feuillus, tamaris, pistachier, oliviers, eucalyptus, acacia…
De nombreux animaux: des chacals, des loups, des sangliers, des hyènes… et de nombreux oiseaux dont plusieurs espèces d’aigles

 

La ville de David עיר דוד

A tous nos ancêtres qui, fidèlement, obstinément, ont pleuré la destruction de Jerusalem et n’ont pas pu la voir revivre.

Au sud du Kotel et du mont du Temple se trouve un grand site archéologique, עיר דויד (ir David) ou ville de David. Il fait partie du parc national Les murailles de Jerusalem qui sont une large bande de verdure qui contourne les murailles de la ville.


Le site se trouve sur la colline de l’Ophel qui est le nom d’une forteresse gardant la ville au sud-est*.  Il est question de la muraille de l’Ophel sur la stèle de Mesha* trouvée en bordure du site et du village de Silwan.

(La stèle de Mesha se trouve actuellement au Musée du Louvre,
elle raconte les guerres entre les rois du royaume d’Israel et les Moabites)

Le village de Silwan a ceci de particulier qu’il était habité par de nombreux Juifs originaires du Yemen ainsi que des Juifs Karaïtes qui en ont été chasses en 1948  et s’y sont réinstallés après la guerre des 6 jours en 1967. Bien que la population musulmane y soit souvent violente à leur égard, 62 familles juives y sont retournées à ce jour,  dont la famille Meyuhas qui a reconstruit sa maison datant de 1875.

Mais retournons à la période biblique. Silwan autrefois s’appelait Shiloa’h, célèbre pour sa piscine, le grand réservoir d’eau de la ville dans l’antiquité.

C’est là qu’avaient lieu les festivités de שמחת בית השואבה (sim’hat beit hashoeva). Ça devait être hollywoodien me disait mon ami Yossi Cohen*.
Il est écrit dans la Mishna מִי שֶׁלֹּא רָאָה שִׂמְחַת בֵּית הַשּׁוֹאֵבָה – לֹא רָאָה שִׂמְחָה מִיָּמָיו. Celui qui n’a pas vu la joie de sim’hat beit hashoeva, n’a jamais vu de joie de sa vie .
 Des milliers des personnes  y participaient en chantant et en dansant au son des lyres et des tambourins, des trompettes et des shofars, pendant que les Cohanim, ayant offert un sacrifice,  puisaient de l’eau et la versaient depuis une soucoupe en or dans une tasse en argent,  percée par le fond, pour la laisser s’écouler en libation. Ils priaient ainsi pour que l’année soit pluvieuse.


(dessin Dafna Levanon)

Voici une video qui présente le chemin allant de la piscine de Shiloa’h au Kotel.

Le Roi David avait conquis cette forteresse יבוס-Yebus (Jebus).
David et tous les Israélites marchèrent sur Jérusalem, qui s’appelait Jébus. Là étaient les Jébuséens, qui occupaient le pays.  Mais ceux-ci dirent à David: « Tu n’entreras pas ici. » Toutefois, David s’empara de la forteresse de Sion, qui est la Cité de David. David avait dit: « Celui qui battra les Jébuséens en premier deviendra chef et prince. » Ce fut Yoav, fils de Cerouya, qui monta le premier, et il devint chef.  David s’établit dans la forteresse, qu’on nomma pour cette raison Cité de David.  Il ajouta des constructions à la ronde. Quant à Yoav, il restaura le reste de la ville...(2 livre de Samuel, 5)

David l’avait conquise pour des raisons à la fois
– Militaires: Le site se trouve à environ 800 m d’altitude et est donc facile à défendre

– Mais aussi politiques: Elle se trouve à la limite entre la Judée, territoire de la tribu de David (tribu de Yehuda) et celui de la tribu du roi déchu Shaoul (tribu de Binyamin)
– Et enfin, religieuses: Une des collines, le mont Moriah, celle qui accueillera plus tard le temple, est déjà considérée comme l’endroit ou Yits’hak aurait du être sacrifié par son père Avraham.

De nombreuses sources donnent de l’eau à la ville chaque printemps. La plus importante est le Gi’hon.


Bien plus tard, le roi Hizkiyahou entreprendra des travaux d’importance pour ravitailler plus facilement la ville :
Ce fut Ezéchias qui boucha l’issue supérieure des eaux du Ghihôn et les dirigea par en bas du côté occidental vers la cité de David, et Ezéchias réussit dans toutes ses entreprises. (2 Livre des Chroniques 33 30)
וְהוּא יְחִזְקִיָּהוּ, סָתַם אֶת-מוֹצָא מֵימֵי גִיחוֹן הָעֶלְיוֹן, וַיַּישְּׁרֵם לְמַטָּה-מַּעְרָבָה, לְעִיר דָּוִיד; וַיַּצְלַח יְחִזְקִיָּהוּ, בְּכָל-מַעֲשֵׂהוּ.
Le tunnel a une longueur de 533 m sur un dénivelé de 2,27 m.
Pourquoi ces grands travaux?  Ce grand tunnel et la construction de murailles plus conséquentes* sont généralement expliqués par le besoin de nourrir une population grossie de nombreux réfugiés lors de la chute du royaume d’Israel et de sa capitale Shomron.

A quelques mètres de la sortie du tunnel a été découverte en 1860 une pierre portant l’inscription suivante en hébreu:
Le creusement. Voici l’histoire du creusement. Pendant que les tailleurs de la roche brandissaient leurs outils chacun en face de ses compagnons, un moment où manquaient trois coudée (1,50 m) pour la perforation, la voix d’un homme fut entendue, demandant à son compagnon pourquoi il y avait une crevasse. À la droite… Le jour de la perforation, les mineurs frappèrent chacun pour rencontrer son compagnon… et les eaux s’écoulèrent de la source jusqu’à la piscine, environ 1200 coudées (533 m). La roche était à 100 coudées (50 m) au-dessus de la tête des tailleurs de la roche. 

(Cette pierre se trouve au musée des Œuvres de l’Orient Ancien à Istambul)

En 2005, l’archéologue Eilat Mazar annonce qu’elle a découvert les restes d’un grand bâtiment, pour elle il s’agit du palais du roi David. Elle se base sur le texte biblique, corroboré par les trouvailles de poteries datant du 10 ème siècle avant l’ère chrétienne et aussi sur le fait qu’une construction aussi élaborée avec de pareilles dimensions ne pouvait pas appartenir à l’ancienne forteresse militaire jebuséene.

De nombreux artefacts ont été retrouvés depuis. La plupart témoignent de la vie quotidienne aux périodes du premier et du deuxième Temple* et quelques uns de la période hellénistique. Il y a peu, les archéologues ont mit à jour des habitations, des restes calcinés d’arbres, des poteries et même de la nourriture (grains de raisons, arêtes de poissons) datant de la destruction du premier Temple par les Babyloniens en 586 avant l’ère chrétienne.

Ce sont les mêmes trouvailles que celles extraites des tonnes de terres rejetées par les bulldozers du Waqf*qui s’affairent sur le Mont du Temple pour détruire toute trace d’une présence juive.
Des découvertes fascinantes ont été faites, comme des tessons de récipients en pierre, des bijoux, des perles, des figurines en terre cuite, des pointes de flèches et autres armes, des poids de balances, des accessoires de mode, des dés à jouer, des incrustations d’os et de coquillages, des décorations de meubles, des objets en os et en ivoire et des fragments d’inscriptions sur pierre ou sur poterie.

Ce qui a bien amusé les volontaires à ces fouilles, ce sont tous ces dés, en os et en ivoire, datant de la période romaine. Il faut dire que dans la Mishna, les joueurs de dés étaient récusés comme témoins!
Ce sceau de la période du roi David  a fait les gros titres:

(photo Zeev Radovan Zachi Dvira)

Il a été découvert par Matvei Tcepliaev, un jeune volontaire de 10 ans qui participait aux fouilles pendant ses vacances.
En fait, dans toute cette zone, chaque seau de terre  contient des artefacts de toutes les périodes depuis la prise de Jebus par David, il y a presque 3,000 ans. 

Ce jour de Tisha Be’Av*, nous commémorons la destruction du Temple. J’ai eu envie de vous faire part de ces découvertes. Elles montrent  à quel point notre enracinement dans ce pays et dans cette ville est profond et ancien.
La chanteuse Etty Ankry raconte qu’un jour, prise dans un embouteillage sur la route, elle leva les yeux vers un panneau  qui indiquait la direction de Jerusalem. Elle pensa soudain que si Yehouda Halevy était là, à côté d’elle, il n’en croirait pas ses yeux.
Lui qui écrivait il y a déjà 1000 ans:
Mon cœur est en Orient et moi je suis aux confins de l’Occident.
ליבי במזרח ואני בסוף מערב
Lui qui avait été assassiné par la lance d’un cavalier arabe alors qu’enfin arrivé à Jerusalem, il se tenait appuyé aux pierres du Kotel…
Voici un poème de Yehuda Halavy, Yefe Nof, qui célèbre la beauté de Jerusalem. Il est interprété par Etty Ankri

A bientôt,

*Les Juifs karaïtes:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/02/07/rencontre-avec-un-karaite/

*Joseph Cohen: L’histoire de l’écriture hébraïque, son origine, son évolution et ses secrets, ed Cosmogone, 1999

*Ophel en Samarie (Shomron):
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/08/10/la-samarie-et-les-samaritains/
Dans le Tanakh, il est mentionné que le prophète Elisha et son disciple habitaient à l’Ophel (partie fortifiée) de Shomron

*Histoire des murailles de Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/05/23/dans-tes-murs-dans-tes-portes-jerusalem/

*stèle de Mesha:
https://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A8le_de_Mesha

*Trouvailles archéologiques sur le mont du Temple:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/11/25/bonnes-et-mauvaise-nouvelles/

*Tisha beAv:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/07/29/le-mois-de-av/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/07/26/hadrien-si-tu-savais/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/08/07/4980/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/07/15/tisha-beav/

La Samarie et les Samaritains

Il y a quelques mois, j’avais commencé un cycle d’articles pour vous emmener en balade dans les fameux « territoires occupés »
Nous avons déjà parcouru le Golan* et les hauteurs du ‘Hermon*, nous voici maintenant en Samarie.

Après la sortie d’Egypte et les 40 années d’errance dans le désert, les 12 tribus arrivent enfin en terre d’Israel. Chacune d’elle reçoit alors une portion du  territoire selon un tirage au sort, tel que nous l’explique le texte biblique.
« Cette répartition se fit au sort, comme l’Eternel l’avait ordonné par Moïse. » בְּגוֹרַל, נַחֲלָתָם, כַּאֲשֶׁר צִוָּה יְהוָה בְּיַד-מֹשֶׁה, (livre de Josué, 14,2)

territoire des 12 tribus

Aux  tribus d’Ephraim et de Menashe* est échue une région située à l’ouest du Jourdain qui recouvre à peu prés la Samarie actuelle.

Environ 6 siècles plus tard et de nombreuses péripéties, les tribus peinent toujours à s’unir entre elles et à accepter une autorité unique. David fait les premières réformes administratives. Cependant, après la mort de son fils le roi Salomon, une révolte populaire éclate et provoque une scission entre ce qui deviendra le royaume d’Israel au Nord et celui de Yehuda (Juda) au Sud. Le royaume d’Israel prend pour capitale la ville de Samarie tandis que le royaume de Yehuda garde celle de Jerusalem.

royaumes Israel et Juda

En -722, les Assyriens, conduits par les rois Salmanazar puis Sargon, détruisent le royaume d’Israel et déportent une part importante de la population en Assyrie: Tous les intellectuels, les forgerons et les gens riches. De cette première déportation, personne ne reviendra. De là naîtra le mythe* des 10 tribus perdues.
Dans le même temps, les Assyriens installent une partie de leur propre population dans le royaume d’Israel, maintenant, sous leur domination. Cette pratique qui consiste à déporter une partie de la population conquise et de la remplacer par des nationaux est le meilleur moyen de noyer toute éventuelle révolte.
« Le roi d’Assyrie amena des gens de Babylone, de Ceuta, d’Ave, de Hamat et de Sefarvayim et les établit dans les villes de la Samarie pour remplacer les Israélites; ils prirent possession de la Samarie et habitèrent les villes. »
וַיָּבֵא מֶלֶךְ-אַשּׁוּר מִבָּבֶל וּמִכּוּתָה וּמֵעַוָּא וּמֵחֲמָת, וּסְפַרְוַיִם, וַיֹּשֶׁב בְּעָרֵי שֹׁמְרוֹן, תַּחַת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל; וַיִּרְשׁוּ, אֶת-שֹׁמְרוֹן, וַיֵּשְׁבוּ, בְּעָרֶיהָ.
(2 rois 17 24)
Le texte de la Bible est très intéressant:
Les nouveaux venus Assyriens sont évidemment païens. Cela ne plaît pas à Dieu qui leur envoie donc des lions pour les détruire!
Le roi d’Assyrie cède et fait revenir en Israel certains כהנים (cohanim=prêtres) de leur exil pour enseigner un peu de « judaïsme-monothéisme » aux nouveaux arrivants: « Un des prêtres exilés de Samarie vint s’établir à Béthel, et il leur enseigna comment ils devaient adorer l’Eternel. » (livre des Rois)
Mais en vain. Les prêtres sont dépassés et: « chaque nation se confectionna ses divinités et les érigea dans les maisons des hauts-lieux édifiées par les Samaritains, chacune dans les villes qu’elle habitait  Ils adoraient l’Eternel, tout en rendant un culte à leurs dieux, à l’exemple des nations qu’on avait exilées de ces contrées ».
En fait, les Assyriens ont agi très intelligemment. Leur politique de « double déportation »* va provoquer le mélange des deux populations: les « judéo-assyriens » deviennent des « judéo-païens » professant une religion syncrétique: ils gardent une certaine connaissance de la Thora, acceptent la circoncision et le respect du shabbat tout en acceptant des croyances païennes.  Leur temple, plus ou moins monothéiste, sur le Mont Garizim restera leur haut-lieu sacrificiel.
La région prendra la nom de שומרון (shomron) ou Samarie, du nom de sa capitale.
La capitale samaritaine subsistera tant bien que mal au cours des siècles: détruite par les Assyriens, puis reconstruite, à nouveau détruite et enfin reconstruite par Hérode le Grand sous le nom de Sebastia.

sebastia


En -586, les Babyloniens (qui entre temps avaient vaincu les Assyriens et étaient devenus la puissance dominante de l’époque) conquièrent le royaume de Juda, resté libre jusque là, et détruisent le Temple de Jerusalem, construit par le roi Salomon. Ils déportent eux-aussi une part de la population juive  et l’envoient en Babylonie.
Les בני ישראל (Bnei-Israel), ou Enfants d’Israel, déportés du royaume de Juda ont plus de chance que ceux qui ont été déportes par les Assyriens. En effet à peine 70 ans après cette seconde déportation, les Perses (qui entre temps ont défait les Babyloniens) accordent aux Bnei-Israel le droit de rentrer chez eux et de reconstruire le Temple de Jerusalem. Mais c’est c’est là que les choses se compliquent:
A leur retour en Judée, ils trouvent une population mixte, judéo-assyrienne, installée en Samarie mais aussi en Judée.

 

Israel_antique_regions.svg

 Pour les Juifs* revenus au pays cette situation est inadmissible d’autant que les dignitaires Samaritains les harcèlent et les dénoncent auprès du roi de Perse, les accusant de duplicité et de vouloir fomenter une révolte. Le nom de Samaritain devient donc synonyme d’ennemi…

Et les Samaritains, que sont-ils devenus?
Devenus totalement monothéistes depuis plus de 2000 ans, ils pratiquent un judaïsme uniquement lié aux 5 livres de la Thora, ne reconnaissent ni le reste du Tanakh ni la Thora Orale.
Ils respectent donc  le shabbat à la manière karaïte*. Ils ne connaissent pas les fêtes post-bibliques de Pourim et de Hanouka, Pour les trois fêtes de pèlerinage, les שלוש רגלים (shalosh regalim)*, ils montent en pèlerinage sur le Mont Garizim. Pour Pessa’h, ils y offrent toujours un mouton en sacrifice selon les commandements de la Thora:
« Au dixième jour de ce mois, que chacun se procure un agneau pour sa famille paternelle… Vous le tiendrez en réserve jusqu’au quatorzième jour de ce mois; alors toute la communauté d’Israël l’immolera vers le soir. On prendra de son sang et on en teindra les deux poteaux et le linteau des maisons dans lesquelles on le mangera. Et l’on en mangera la chair cette même nuit; on la mangera rôtie au feu et accompagnée d’azymes et d’herbes amères. » (livre de Shemot ou Exode 12, 1-9)

**FILE** Members of the ancient Samaritan community gather around a fire-pit aftter placing sheep on stakes into the fire during the traditional Passover sacrifice in Mount Gerizim, nearf the West Bank town of Nablus, late Saturday, April 19, 2008. According to tradition, the Samaritans are descendants of Jews who were not deported when the Assyrians conquered Israel in the 8th century B.C. Of the small community of close to 700 people, half live in a village at Mount Gerizim, and the rest in the city of Holon near Tel Aviv. Photo by Maja Hitij/Flash90 *** Local Caption *** ùåîøåðéí ùåîøåï òùï èëñ äø âøéæéí àù ôñç
Le Mont Garizim est jusqu’à aujourd’hui leur centre spirituel. Tous y ont une maison  où ils se réunissent pour ces trois fêtes.
L’hébreu de leurs prières est toujours écrit en caractères anciens*. Ils possèdent une Thora qui, disent-ils, est vieille de 3600 ans! Elle  aurait été écrite par Abishua, fils de Pin’has, fils d’Eleazar, et donc arrière petit-fils d’Aharon (frère de Moshe), qui est conservée sous verre dans la synagogue du Mont Garizim et sortie seulement pour les fêtes de Pessa’h, Soukkot et Shavouot. Il ne reconnaissent comme prophète que Moshe.

Shavouot au mont garizim
Pour ce qui est des mezouzot et contrairement aux Karaïtes*, ils écrivent les versets bibliques mais pas forcement sur le linteau de leur porte, ils les inscrivent parfois sur les murs intérieurs de leur maison.
Comme les Karaïtes, ils ne revêtent pas les tephilin à  qui ils donnent eux-aussi le sens exclusif de souvenir.
Hommes et femmes ne sont pas séparés pour les prières a la synagogue.

Actuellement, il y a deux communautés de Shomronim:
L’une se trouve dans le village de Kiryat Luza. Jusqu’en 1980, ils habitaient à  שכם (Shekhem) Naplouse, 
mais ils ont du abandonner la ville, passée sous contrôle de l’Autorité palestinienne.
L’autre se trouve à ‘Holon dans la banlieue sud de Tel Aviv. Elle est composée de familles originaires de Kiriat Luza qui n’ont pas accepté de passer sous domination jordanienne à la suite des accords d’armistice en 1949.

Culture_of_The_Samaritans_on_Mount_Gerizim_03(Kiriat Luza)

Ces deux communautés sont d’égale importance mais ne forment ensemble qu’un petit groupe d’environ 700 personnes. Pour lutter contre leur déclin, les Samaritains acceptent les Juifs rabannites ou les non-juifs après conversion au « samaritanisme ».
En fait, la communauté décline inexorablement. De nombreux jeunes shomronim se fondent dans le monde juif classique. Comme par exemple l’actrice et chanteuse  Sophie Tsedaka, convertie au judaïsme tout en gardant  ses racines samaritaines.



Sophie Tsedaka  a fait un film dur et émouvant השומרוני הבודד (hashomroni haboded) ou « Le Samaritain solitaire ». Il retrace son parcours et celui de ses 3 sœurs qui ont aussi abandonné leur monde d’origine: Elle y racontent leurs interrogations, leur déchirement, leurs relations avec leur famille. Leur abandon du monde samaritain ne s’est pas fait sans douleur. Elles ont été totalement rejetées par leur communauté d’origine. Leurs parents, Barukh et Tova Tsedaka, sont restés samaritains mais ils ont eux-aussi été mis à l’index parce qu’ils continuent de recevoir leurs filles chez eux. Le père s’obstine à monter au mont Garizim pour Pessa’h mais personne ne lui parle, d’où le titre du documentaire « Le Samaritain solitaire ». Si vous comprenez l’hébreu, je vous invite à le voir.

A bientôt,

*articles sur le Golan et le ‘Hermon:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/tag/le-golan/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/01/08/soussita/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/12/25/gamla-ou-le-dos-du-chameau/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/01/01/katsrin/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/12/18/les-rivieres-du-mont-hermon/

*tout est raconté dans le livre de Josué

*Ephraim et Menashe sont les enfants de Joseph et comptent chacun pour une demi-tribu
La 12 ème tribu est celle de Levi qui ne reçoit pas de territoire. Les Levi sont des fonctionnaires attachés au Temple, des musiciens et des enseignants.

*les 10 tribus perdues: il semblerait qu’on en a retrouvé deux: celle de Dan (les Juifs d’Ethiopie) et celle de Menashe (les Juifs du Mizoram)

*http://www.akadem.org/medias/documents/6457_3_Chute_de_Samarie.pdf
*les tephilin:
http://www.judaicultures.info/pensee-juive-40/glossaire-du-judaisme/Les-Phylacteres-ou-tefillin

*La double déportation: Un millénaire plus tard, les Ottomans imiteront les Assyriens dans les régions qu’ils conquièrent: ils y installeront des fonctionnaires turcs musulmans et en enlèveront des enfants chrétiens qu’ils islamiseront et dont ils feront, pour certains, les fameux janissaires. C’est ainsi qu’aujourd’hui de nombreux musulmans de Palestine sont les descendants de fonctionnaires turcs.  

*Le mot Juif signifie judéen et ne désigne l’ensemble du peuple qu’à partir du retour d’exil de Babylone

*Leon Poliakov: les Samaritains, ed du Seuil

*les trois fêtes de pèlerinage:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/10/16/on-marche-au-pas-enfin-presque/

*l’écriture hébraïque:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/12/04/ne-dites-plus-cest-de-lhebreu-pour-moi-1/

*Les Karaïtes:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/02/07/rencontre-avec-un-karaite/

 

En toute illégalité!

Si un gouvernement étranger décidait de construire des bâtiments illégalement sur votre territoire, seriez-vous d’accord? Certainement pas et vous auriez raison, j’imagine l’explosion diplomatique pour ne pas dire plus!
Et pourtant, c’est exactement ce qui se passe en Israel: l’Union Européenne, en opposition aux les lois internationales et israéliennes, construit sans permis des préfabriqués pour les populations arabes. Elle le fait autant à l’intérieur de la ligne verte* qu’en Judée Samarie. Elle le fait avec une arrogance de dame patronnesse sans se préoccuper ni de la souveraineté d’Israel ni même en fait de ses « protégés » qu’elle maintient ainsi dans la pauvreté et dont elle se fiche royalement en réalité.

Jusqu’à l’époque de la Palestine mandataire, la plupart des Arabes étaient des nomades. Le 20 ème siècle les a forcés à changer leur mode de vie. Certains se sont sédentarisés notamment en Galilée. D’autres, dans le Neguev, sont restés semi-nomades et se déplacent selon les saisons vers les zones qui conviennent le mieux à leurs troupeaux. Comme leur allégeance va à leur tribu et non pas à un état, il est très difficile de les soumettre à une législation qui leur permettrait par exemple d’être propriétaires de terres répertoriées sur lesquelles ils pourraient construire leur maison et s’y fixer. Certains ont abandonné leurs tentes pour des structures légères, construites illégalement sur des terres qui ne leur appartiennent pas, souvent près des grandes routes et des zones industrielles (ce qui leur permet de se brancher sans autorisation sur le réseau d’eau et d’électricité). Ces communautés de squatters sont des îlots de misère, de sous-emploi, de délinquance et vivent dans un manque d’hygiène totale. Ils sont les principaux beneficiaires des aides sociales et des soins dans les hôpitaux israéliens.
Prenons l’exemple de la région de Maale Adoumin.
La route de Jerusalem à Maale Adoumim est longée de bidonvilles où logent environ 12 000 personnes. Cette région se trouve en Judée, en zone C, à l’extérieur de la ligne verte, mais donc sous souveraineté israélienne*.

Pour les squatters qui se sont installés dans cette région, Israel a décidé de construire une ville voisine de Jericho, Ramat Nueimah, où ils pourraient avoir une vie normale selon nos critères: maisons,  bâtiments raccordés légalement au réseau électrique, tout à l’égout, installation d’une zone industrielle mais aussi des terres pour les troupeaux. Tout  ceci en accord avec la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

Pourtant l’Union Européenne  ainsi que certaines organisations d’extrême gauche israéliennes* affirment que les droits humains des bédouins de la région sont violés car on ne leur donne pas les conditions minimales pour vivre (!) et qu’on leur nie ainsi l’existence de « villages historiques » où ces bédouins auraient vécu pendant des siècles. Le fait que les photos aériennes prouvent l’inexistence de ces villages ne trouble pas l’U.E. qui préfère installer des baraques de chantier en tôle, ce qui maintient ces populations dans une extrême pauvreté  et crée ainsi des foyers de violence et de terrorisme plutôt que les voir vivre comme des êtres humains responsables.
Illogique? Pas vraiment car ce que veulent certains fonctionnaires de l’U.E. et certaines ONG c’est passer outre publiquement la souveraineté d’Israel afin de légitimer la spoliation des Arabes palestiniens, accuser les Israéliens de pratiquer l’apartheid et peu importe que cette contribution mène à la violence.
La région des Adoumim est principalement visée du fait même qu’elle se trouve entre la ville de Jerusalem et la ville de Maale Adoumim.
Region des Adumim

(Il s’agit de la zone en rouge) .

Pourquoi avoir ciblé cette zone? Pour aider l’Autorité Palestinienne à couper aux Israéliens la route de la Mer Morte et isoler la ville de Maale Adoumim. Ces construction illégales non seulement maintiennent les bédouins dans des bidonvilles mais elles sont construites dans les réserves naturelles du désert de Judée, qui protègent la faune et la flore du désert ainsi que des sites historiques chrétiens.

De plus, l’U.E. favorise le mouvement vers cette  zone de populations arabes qui n’en sont pas originaires mais viennent de régions sous contrôle de l’Autorité Palestinienne.
Ainsi, l’association Regavim  a révélé que la maison du terroriste qui a infiltré la ville juive de Anatot il y a une semaine, était une structure illégale. La famille du terroriste est en fait originaire de la ville de Ya’ata située au  sud de ‘Hebron dans la zone contrôlée par l’Autorité Palestinienne . Elle s’est déplacée avec l’aide et la bénédiction de l’U.E. vers Anatot près de Jérusalem, accaparant ainsi des terres privées sans autorisation.

constructions illegales a côte d'Anatot

Le Daily Mail* a publié un article au sujet de ces actions illégales de l’U.E, qui enfreint la loi tout en clamant son immunité diplomatique. Comme le journaliste britannique l’écrit si bien, ce n’est pas un cadeau de quelques tickets de parking mais c’est une tentative de re-c0lonisation européenne d’Israel par le biais de constructions illégales et l’argent des contribuables européens.
L’Union Européenne a construit plus de 1000 bâtiments sans permission placés dans la zone C sous juridiction israélienne selon la loi internationale. Certains hommes politiques européens se sont insurgés contre ce fait mais en vain. Israel et l’association Regavim ont lancé une action légale contre l’U.E. mais pour le moment rien n’avance et le porte parole de l’U.E. clame que c’est légal parce que c’est humanitaire!!!

Constructions illegales de l'UE 3(photos du Daily Mail)

Entre 1948 et 1967, la Jordanie a occupé  la rive ouest du Jourdain qui était destinée au territoire du futur état juif. Depuis 1967, alors que l’installation des Juifs dans cette région se fait lentement, avec précaution, pour ne pas empiéter sur des terres arabes privées, tout le monde crie à l’occupation et à la colonisation. Mais quand il s’agit de l’U.E. qui construit illégalement, et sans aucun cadre juridique approprié, alors le silence est roi.
Comme je l’ai écrit en début d’article, les tentatives de colonisation de l’U.E. ne s’arrêtent pas à la Judée et la Samarie. L’U.E. essaye aussi dans le Neguev*, sur le Golan et en Galilée.

Pour la Galilée, en plein cœur d’Israel, il s’agit d’une occupation rampante, plus discrète car les zones d’habitation sont denses et bien répertoriées. Cependant, les clôtures des champs sont déplacées, de nouveaux bâtiments voient le jour, permettant aux villages arabes de s’agrandir peu à peu sur des terres domaniales ou privées.

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(Photo prise par les volontaires de Regavim: Arabes déplaçant les barrières clôturant le champ d’un fermier juif Yehuda Marmor)

Le terroriste qui avait tué trois personnes à Tel Aviv, il y a environ un mois, venait du village de Arara, village arabe tout à fait légal mais qui s’est « enrichi » ces dernières  années de maisons construites sans permis grâce à des fonds européens. Le terroriste habitait l’une d’elles.
Dans un article précédent, je vous avais parlé des shinshinim* qui luttaient contre les incendiaires et les pillards de troupeaux en Galilée et ailleurs dans le pays. En ce qui concerne les constructions illégales, l’association Regavim s’est faite connaitre ces dernières années par sa pugnacité et a obtenu un bon nombre de victoires. Mais c’est un travail de Sisyphe.

Une amie m’a demandé pourquoi la police et l’état n’intervenaient pas? Ils le font mais ils ont besoin de l’aide d’associations comme Regavim. Israel n’est pas un pays d’assistés où on attend tout de l’état. Ici chacun « se bouge ». Pour paraphraser une phrase célèbre, je dirais qu’ici on ne se demande pas ce que le pays peut faire pour nous mais ce que nous pouvons faire pour lui.

A bientôt,

*La ligne verte: la ligne d’armistice de 1948

*La Palestine mandataire:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/11/27/le-hermon-et-la-forteresse-du-roi-nimrod/carte-de-la-palestine-mandataire/

*Zone C: La Judee et la Samarie (Cisjordanie) sont divisées en trois zones: la zone C est sous contrôle israélien civil et militaire, la zone B est sous contrôle conjoint Israel et Autorité Palestinienne, et la zone A sous le contrôle palestinien. Tous les villages juifs sont implantés en zone C

*http://www.dailymail.co.uk/news/article-3480561/Outrage-EU-claims-diplomatic-immunity-using-aid-money-meddle-Middle-East-building-disputed-West-Bank-land.html

*Les organisations d’extrême gauche israélienne sont en partie financées par l’UE. S’y retrouve les alterjuifs habituels et de nombreux arabes israéliens

*Les mythes bédouins sur la possessions des terres sont nombreux. Cela mériterait un examen en détail, dans un prochain article peut-être.

*les shinshinim:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/20/les-shinshinim/

*Regavim:
http://regavim.org/

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