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כִּי הִנֵּה כַּחֹמֶר בְּיַד הַיּוֹצֵר בִּרְצוֹתוֹ מַרְחִיב וּבִרְצוֹתוֹ מְקַצֵּר כֵּן אֲנַחְנוּ בְיָדְךָ חֶסֶד נוֹצֵר לַבְּרִית הַבֵּט וְאַל תֵּפֶן לַיֵּצֶר
Comme l’argile dans la main du potier qui l’étale ou le raccourcit, oui nous sommes dans ta main…

Ce piyout* est l’un des points culminant de l’office de Yom Kippour. Il se chante en ouvrant  les portes de l’arche sainte.
Dans chaque strophe, le poète anonyme, qui s’inspire d’un texte du prophète Jérémie*, nous compare à un matériau dans la main du Créateur: une pierre dans la main du tailleur de pierres, un couteau dans la main de l’artisan, le gouvernail dans la main d’un marin…
Israel est le matériau du Créateur, il est fait de matière comme l’argile mais n’est pas que ça. Il doit choisir à tout instant entre le bien et le mal.

La mélodie la plus célèbre de ce  piyyout fut composée par le rav Shalom Haritunov qui vivait au 19 ème siècle en Ukraine. Mais elle a souvent pris le pas sur le piyut lui-même, elle se chante en nigun, une mélodie sans paroles. Le nigoun est une prière en soi. Les nigounim nous accompagnent de génération en génération. Toujours en mode mineur*, et à l’opposé des chants choraux occidentaux bien calibrés, ils sont l’expression d’une notre inquiétude face à l’adversité, d’un trop plein de douleur mais aussi d’espoir en dépit de tout. Ils s’expriment dans un rythme lent, presque hypnotique où se balancent l’âme et le corps. Rien de religieux au sens classique du terme. Le nigoun concerne chacun d’entre nous quand notre âme déborde.

Dans la vidéo ci-dessous, le soliste a annoncé le titre du piyut Comme l’argile dans la main du potier, il est évident que le public le connait mais il ne chante pas les paroles. Il se laisse bercer par la mélodie*.

Cette mélodie est devenue un nigoun des Juifs de Palestine, pendant les pogroms des années 30 sur lequel Emanuel  Novogarbelski a écrit une berceuse, pour la naissance de son fils Avner.
La situation est grave – la grange brûle à Tel Yossef et on voit la fumée sur Beit Alfa – mais les enfants doivent dormir, leurs parents montent la garde. Demain, ils iront avec eux travailler et reconstruiront leur moshav.

Dors mon fils, repose-toi, ne pleure pas, Ta mère est assise à côté de toi et te protège de tout mal. Dehors les hyènes hurlent et le vent souffle mais toi, mon petit garçon, endors-toi. Le matin viendra très vite, il ne faut pas paresser, demain, il faudra travailler.
Demain ton père sortira labourer, il tracera des sillons. Quand tu grandiras, la tète droite, vous sortirez dans les champs. Tu grandis en Eretz Israel, dans la joie et dans l’effort, tu travailleras comme ton père. Tu planteras dans les larmes et récolteras dans la joie*. Alors, pour le moment, écoute ta mère et endors-toi. La nuit est froide, les renards aiguisent leurs dents mais ton père monte la garde, il ne dort pas. Le jour il travaille, la nuit il garde la grange, tu grandiras et seras fort et tu garderas avec lui.  Couche-toi mon fils, n’aie pas peur, tout le moshav est en alerte. Ta mère aussi monte la garde, elle te protège, Avner. La grange brûle à Tel Yossef et de Beit Alfa monte une fumée, ne pleure pas, endors-toi. Cette nuit, le feu dévore la ferme et la paille. Il est interdit de désespérer, demain nous recommencerons à nouveau. Demain, il faudra poser les fondations, ton père construira  une maison pour son fils. Tu grandiras, tu l’aideras et vous la construirez ensemble.

Si, dans le piyyut original, l’homme est considéré comme un matériau dans les mains du Créateur, dans ce deuxième texte, c’est de lui qui est responsable de la sécurité du bébé et de celle du moshav et c’est lui qui doit travailler pour le construire et le reconstruire.

Alors que j’écris cet article, j’apprends qu’un attentat a eu lieu à Har Hadar, une localité dans les collines, sur la route qui mène à Tel Aviv. Trois Israéliens ont été assassinés: Solomon Gavriyah, 20 ans, garde-frontière, Youssef Ottman, 25 ans, d’Abu Ghosh, et Or Arish, 25 ans, de Har Adar.
Youssef Ottman et Or Arish étaient des gardes de sécurité civils. ה’ ינקום דמם

 

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Gmar Hatima Tova
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A bientôt,

*Piyout:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/tag/piyout/
Pour ceux qui veulent le texte de ce piyout:
http://old.piyut.org.il/textual/168.html

* Texte de Jérémie 18,6
« Ne pourrais-je pas agir à votre égard, Maison d’Israel, à la façon de ce potier? Certes vous êtes sous ma main comme l’argile sous la main du potier »

*Les nigunim sont en mode mineur: on raconte que les Juifs polonais et russes furent impressionnés par les chants de l’armée napoléonienne. Ils les adoptèrent mais les firent passer du mode majeur au mineur qui nous convient mieux. 

*Chez nous, quand on fredonne on ne dit pas la la la mais daï di di daï

* Le poète Emanuel  Novogarbelski (1903-1979) né à Nikolayev, en Russie, écrivait sous le nom de Emmanuel Harussi (Emmanuel le Russe)

* D’après les Tehilim (126,5) « Eternel, ramène nos captifs, Comme (tu ramènes)  les ruisseaux dans le midi! Ceux qui sèment avec larmes moissonneront dans la joie. Celui qui marche en pleurant, quand il porte les grains. récolte dans l’allégresse ».

 

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Shana Tova שנה טובה

Chers amis,
Nous entrons dans l’année 5778. Comme me l’a fait remarquer une de mes amies, 5778 c’est un nombre divisible par 18.
Le 18 יח(youd ‘het) ou חי (‘Hai) qui veut dire vivant.
Je vous souhaite une bonne année pleine de de vie, d’instants de bonheur et de découvertes passionnantes.

שנה טובה ומתוקה
שנת אושר
שנת בריאות
שנת שלווה

Bonne année 5778

A bientôt,

La ville de David עיר דוד

A tous nos ancêtres qui, fidèlement, obstinément, ont pleuré la destruction de Jerusalem et n’ont pas pu la voir revivre.

Au sud du Kotel et du mont du Temple se trouve un grand site archéologique, עיר דויד (ir David) ou ville de David. Il fait partie du parc national Les murailles de Jerusalem qui sont une large bande de verdure qui contourne les murailles de la ville.


Le site se trouve sur la colline de l’Ophel qui est le nom d’une forteresse gardant la ville au sud-est*.  Il est question de la muraille de l’Ophel sur la stèle de Mesha* trouvée en bordure du site et du village de Silwan.

(La stèle de Mesha se trouve actuellement au Musée du Louvre,
elle raconte les guerres entre les rois du royaume d’Israel et les Moabites)

Le village de Silwan a ceci de particulier qu’il était habité par de nombreux Juifs originaires du Yemen ainsi que des Juifs Karaïtes qui en ont été chasses en 1948  et s’y sont réinstallés après la guerre des 6 jours en 1967. Bien que la population musulmane y soit souvent violente à leur égard, 62 familles juives y sont retournées à ce jour,  dont la famille Meyuhas qui a reconstruit sa maison datant de 1875.

Mais retournons à la période biblique. Silwan autrefois s’appelait Shiloa’h, célèbre pour sa piscine, le grand réservoir d’eau de la ville dans l’antiquité.

C’est là qu’avaient lieu les festivités de שמחת בית השואבה (sim’hat beit hashoeva). Ça devait être hollywoodien me disait mon ami Yossi Cohen*.
Il est écrit dans la Mishna מִי שֶׁלֹּא רָאָה שִׂמְחַת בֵּית הַשּׁוֹאֵבָה – לֹא רָאָה שִׂמְחָה מִיָּמָיו. Celui qui n’a pas vu la joie de sim’hat beit hashoeva, n’a jamais vu de joie de sa vie .
 Des milliers des personnes  y participaient en chantant et en dansant au son des lyres et des tambourins, des trompettes et des shofars, pendant que les Cohanim, ayant offert un sacrifice,  puisaient de l’eau et la versaient depuis une soucoupe en or dans une tasse en argent,  percée par le fond, pour la laisser s’écouler en libation. Ils priaient ainsi pour que l’année soit pluvieuse.


(dessin Dafna Levanon)

Voici une video qui présente le chemin allant de la piscine de Shiloa’h au Kotel.

Le Roi David avait conquis cette forteresse יבוס-Yebus (Jebus).
David et tous les Israélites marchèrent sur Jérusalem, qui s’appelait Jébus. Là étaient les Jébuséens, qui occupaient le pays.  Mais ceux-ci dirent à David: « Tu n’entreras pas ici. » Toutefois, David s’empara de la forteresse de Sion, qui est la Cité de David. David avait dit: « Celui qui battra les Jébuséens en premier deviendra chef et prince. » Ce fut Yoav, fils de Cerouya, qui monta le premier, et il devint chef.  David s’établit dans la forteresse, qu’on nomma pour cette raison Cité de David.  Il ajouta des constructions à la ronde. Quant à Yoav, il restaura le reste de la ville...(2 livre de Samuel, 5)

David l’avait conquise pour des raisons à la fois
– Militaires: Le site se trouve à environ 800 m d’altitude et est donc facile à défendre

– Mais aussi politiques: Elle se trouve à la limite entre la Judée, territoire de la tribu de David (tribu de Yehuda) et celui de la tribu du roi déchu Shaoul (tribu de Binyamin)
– Et enfin, religieuses: Une des collines, le mont Moriah, celle qui accueillera plus tard le temple, est déjà considérée comme l’endroit ou Yits’hak aurait du être sacrifié par son père Avraham.

De nombreuses sources donnent de l’eau à la ville chaque printemps. La plus importante est le Gi’hon.


Bien plus tard, le roi Hizkiyahou entreprendra des travaux d’importance pour ravitailler plus facilement la ville :
Ce fut Ezéchias qui boucha l’issue supérieure des eaux du Ghihôn et les dirigea par en bas du côté occidental vers la cité de David, et Ezéchias réussit dans toutes ses entreprises. (2 Livre des Chroniques 33 30)
וְהוּא יְחִזְקִיָּהוּ, סָתַם אֶת-מוֹצָא מֵימֵי גִיחוֹן הָעֶלְיוֹן, וַיַּישְּׁרֵם לְמַטָּה-מַּעְרָבָה, לְעִיר דָּוִיד; וַיַּצְלַח יְחִזְקִיָּהוּ, בְּכָל-מַעֲשֵׂהוּ.
Le tunnel a une longueur de 533 m sur un dénivelé de 2,27 m.
Pourquoi ces grands travaux?  Ce grand tunnel et la construction de murailles plus conséquentes* sont généralement expliqués par le besoin de nourrir une population grossie de nombreux réfugiés lors de la chute du royaume d’Israel et de sa capitale Shomron.

A quelques mètres de la sortie du tunnel a été découverte en 1860 une pierre portant l’inscription suivante en hébreu:
Le creusement. Voici l’histoire du creusement. Pendant que les tailleurs de la roche brandissaient leurs outils chacun en face de ses compagnons, un moment où manquaient trois coudée (1,50 m) pour la perforation, la voix d’un homme fut entendue, demandant à son compagnon pourquoi il y avait une crevasse. À la droite… Le jour de la perforation, les mineurs frappèrent chacun pour rencontrer son compagnon… et les eaux s’écoulèrent de la source jusqu’à la piscine, environ 1200 coudées (533 m). La roche était à 100 coudées (50 m) au-dessus de la tête des tailleurs de la roche. 

(Cette pierre se trouve au musée des Œuvres de l’Orient Ancien à Istambul)

En 2005, l’archéologue Eilat Mazar annonce qu’elle a découvert les restes d’un grand bâtiment, pour elle il s’agit du palais du roi David. Elle se base sur le texte biblique, corroboré par les trouvailles de poteries datant du 10 ème siècle avant l’ère chrétienne et aussi sur le fait qu’une construction aussi élaborée avec de pareilles dimensions ne pouvait pas appartenir à l’ancienne forteresse militaire jebuséene.

De nombreux artefacts ont été retrouvés depuis. La plupart témoignent de la vie quotidienne aux périodes du premier et du deuxième Temple* et quelques uns de la période hellénistique. Il y a peu, les archéologues ont mit à jour des habitations, des restes calcinés d’arbres, des poteries et même de la nourriture (grains de raisons, arêtes de poissons) datant de la destruction du premier Temple par les Babyloniens en 586 avant l’ère chrétienne.

Ce sont les mêmes trouvailles que celles extraites des tonnes de terres rejetées par les bulldozers du Waqf*qui s’affairent sur le Mont du Temple pour détruire toute trace d’une présence juive.
Des découvertes fascinantes ont été faites, comme des tessons de récipients en pierre, des bijoux, des perles, des figurines en terre cuite, des pointes de flèches et autres armes, des poids de balances, des accessoires de mode, des dés à jouer, des incrustations d’os et de coquillages, des décorations de meubles, des objets en os et en ivoire et des fragments d’inscriptions sur pierre ou sur poterie.

Ce qui a bien amusé les volontaires à ces fouilles, ce sont tous ces dés, en os et en ivoire, datant de la période romaine. Il faut dire que dans la Mishna, les joueurs de dés étaient récusés comme témoins!
Ce sceau de la période du roi David  a fait les gros titres:

(photo Zeev Radovan Zachi Dvira)

Il a été découvert par Matvei Tcepliaev, un jeune volontaire de 10 ans qui participait aux fouilles pendant ses vacances.
En fait, dans toute cette zone, chaque seau de terre  contient des artefacts de toutes les périodes depuis la prise de Jebus par David, il y a presque 3,000 ans. 

Ce jour de Tisha Be’Av*, nous commémorons la destruction du Temple. J’ai eu envie de vous faire part de ces découvertes. Elles montrent  à quel point notre enracinement dans ce pays et dans cette ville est profond et ancien.
La chanteuse Etty Ankry raconte qu’un jour, prise dans un embouteillage sur la route, elle leva les yeux vers un panneau  qui indiquait la direction de Jerusalem. Elle pensa soudain que si Yehouda Halevy était là, à côté d’elle, il n’en croirait pas ses yeux.
Lui qui écrivait il y a déjà 1000 ans:
Mon cœur est en Orient et moi je suis aux confins de l’Occident.
ליבי במזרח ואני בסוף מערב
Lui qui avait été assassiné par la lance d’un cavalier arabe alors qu’enfin arrivé à Jerusalem, il se tenait appuyé aux pierres du Kotel…
Voici un poème de Yehuda Halavy, Yefe Nof, qui célèbre la beauté de Jerusalem. Il est interprété par Etty Ankri

A bientôt,

*Les Juifs karaïtes:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/02/07/rencontre-avec-un-karaite/

*Joseph Cohen: L’histoire de l’écriture hébraïque, son origine, son évolution et ses secrets, ed Cosmogone, 1999

*Ophel en Samarie (Shomron):
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/08/10/la-samarie-et-les-samaritains/
Dans le Tanakh, il est mentionné que le prophète Elisha et son disciple habitaient à l’Ophel (partie fortifiée) de Shomron

*Histoire des murailles de Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/05/23/dans-tes-murs-dans-tes-portes-jerusalem/

*stèle de Mesha:
https://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A8le_de_Mesha

*Trouvailles archéologiques sur le mont du Temple:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/11/25/bonnes-et-mauvaise-nouvelles/

*Tisha beAv:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/07/29/le-mois-de-av/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/07/26/hadrien-si-tu-savais/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/08/07/4980/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/07/15/tisha-beav/

Jerusalem, au sommet de notre joie

Tout le monde connaît ירושלים של זהב(Yerushalayim Shel Zahav)*, écrit par Naomi Shemer dans cette période si angoissante du mois de mai 1967. Mais savez-vous quel fut le premier chant composé en l’honneur de Jerusalem enfin libérée?
L’histoire se passe en 1917 juste après l’arrivée des Anglais en Palestine. Les Juifs sont fébriles et heureux. Les troupes troupes britanniques sont entrées dans Jerusalem le premier jour de ‘Hannouka et ils y voient une promesse de גאולה (geoula=délivrance) même s’ils devront déchanter par la suite. Eliezer Ben Yehuda* demande au compositeur de l’époque, Avraham Zvi Idelson,  d’écrire un chant en l’honneur de la libération de la ville, une mélodie  et une simple phrase qui peuvent parler au cœur de tous les Juifs: ce sera ‘Hava Nagila sur une mélodie ‘hassidique:

« Venez vous réjouir et soyez heureux. Venez dans l’allégresse. Levez vous frères d’un cœur joyeux »
הבה נגילה, הבה נגילה
הבה נגילה ונשמחה.
הבה נרננה, הבה נרננה,
הבה, הבה נרננה.
עורו אחים בלב שמח


Cette semaine, nous avons fêté non seulement le יום ירושלים Yom Yerushalayim (jour de Jerusalem) mais aussi les 50 ans de la libération de la ville à la fin de la guerre des 6 jours. Les cérémonies et spectacles se sont succédés dans la ville et dans tout le pays. 
Voici trois vidéos prises au pied des murailles.
ירושלים של זהב Yerushalayim shel zahav:

la danse des drapeaux:

Enfin l’Hatikva reprise par les spectateurs:

Alors n’en déplaise à l’ONU, à l’UNESCO,  nous continuerons à vivre et à fêter Jerusalem, notre capitale depuis le roi David,
Nous fêtons sa libération depuis ce mois de juin 1967 ou nous avons tant tremblé et nous nous sommes tant réjouis et nous mettrons « Jerusalem au sommet de notre joie. »*

Pour ceux qui voudraient comprendre non seulement pourquoi nous sommes si attachés à Jerusalem mais aussi pourquoi le monde arabo-musulman use de son influence pour nous en expulser symboliquement en espérant y arriver réellement la prochaine fois, voici ce film de Pierre Rehov qui explique les choses très clairement:

 

Les amis d’Israel sont déjà convaincus mais se sentent impuissants.
Ceux qui nous haïssent ne le regarderont même pas, Ceux qui sont indifférents hausseront les épaules « encore ces histoires de Juifs! » sans réaliser qu’il ne s’agit pas seulement de nous mais d’eux, que c’est toute leur culture qu’on met à la poubelle. Bientôt, ils assisteront à des autodafés, liront des livres expurgés, accepteront une pseudo-histoire ou une pseudo-science. Ce n’est pas si loin. Vous vous souvenez des autodafé des nazis, vous vous souvenez des théories de Lyssenko*?

L’Europe ne nous pardonne pas d’avoir survécu et surtout d’avoir gardé notre âme. Si l’Occident  persiste dans sa torpeur égoïste et passive, il mourra.  Il devrait se souvenir qu’ « après le samedi vient le dimanche« 

A bientôt,

*Eliezer ben Yehuda:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/10/16/eliezer-ben-yehouda/

*Jerusalem,  au sommet de notre joie: psaume 137

*articles sur Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/07/jerusalem-dor/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/03/02/nous-les-yerushalmim/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/05/23/dans-tes-murs-dans-tes-portes-jerusalem/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/09/25/le-groupe-clandestin-des-souffleurs-de-shofar/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/10/17/nous-sommes-tous-concernes/

https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/06/06/notre-jerusalem/

*Lyssenko:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lyssenkisme

 

Yom Haatsmaout 2017: Toda!

Le projet עצמאות עם משמעות (Atsmaout im Mashmaout), ou comment donner un sens à notre indépendance, est devenu très populaire ces derniers temps.
De jeunes israéliens partent chaque année à la rencontre de gens simples qui ne seront pas honorés pendant les cérémonies officielles et qui sont pourtant, eux aussi, les bâtisseurs de ce pays.

La vidéo ci-dessous a été tournée par les membres de ce groupe,  au moshav Noga, dans le Neguev.

Esther et Avraham Daniel font partie des fondateurs du moshav. Arrivés d’Irak en 1951, ils expliquent à un journaliste ce que fut leur vie:
« Au début, il n’y avait rien ici, rien sauf des épineux. Nous habitions une baraque que nous partagions avec des souris… Quand je me suis mariée, je n’avais pas de verre pour boire un thé ou de l’eau… J’ai travaillé à Solel Boneh*, nous avons bâti ces maisons, personne ne nous a aidé… Après une journée de travail mes mains étaient en sang. Je nourrissais difficilement mes enfants… »
Leur sionisme est celui de tous les jours, sans ostentation, sans réflexion philosophique: « j’étais fier d’être soldat dans l’armée d’Israel… »
Ils sont âgés maintenant et un peu déphasés par rapport à la nouvelle génération qui « ne peut pas comprendre ce que nous avons souffert » mais peu leur importe: « Que vive l’état d’Israel. Tout ce qu’il y a ici, c’est incroyable. Il n’y a pas un autre peuple comme le notre, le jour de l’Indépendance pour moi, pour nous, c’est que nous sommes nés à nouveau. »
Ils ne se glorifient pas, eux qui ont sué sang et eau: Quel pays nous avons reçu! Que Dieu soit loué! Yom Haatsmaout, c’est une  fête, une grande fête…« 
Avraham ajoute: »Tiens, par exemple, on va dire qu’on tient une corde, si on se met à quatre pour la tenir, qui pourra la couper? Si tu la tiens tout seul? Tout de suite! Si nous tous, nous sommes liés les uns aux autres, le peuple d’Israel est uni,  et bien, même si le monde entier venait (pour nous attaquer) il ne pourrait rien contre nous!… »
Mais à la porte se tient une jeune fille. Elle porte un drapeau.
-Shalom!
Nous voulions vous dire merci, car c’est vous qui avez construit ce pays pour nous. C’est grâce à vous que nous sommes là aujourd’hui. Je suis très émue d’être ici et de vous dire merci!
Avraham embrasse le drapeau: Quel drapeau! Il l’embrasse encore: Il faut le lever très haut, très haut!
-D’autres gens veulent vous dire merci, venez avec moi, venez…
Ils sortent et d’autres jeunes leur crient:
-Merci de nous avoir bâti ce pays!

Enfin hier soir, la cérémonie d’allumage des 12 torches sur le Mont Herzl, symbole des 12 tribus, allumées par des personnalités publiques mais aussi par des inconnus qui se sont distingués cette année.

A bientôt,

*Solel Boneh: entreprise de travaux publics

 

 

 

 

 

Yom Hashoah 2017

Chaque année, comme vous le savez déjà, nous commémorons le Yom Hashoah*, le jour du soulèvement du ghetto de Varsovie. De nombreux ghettos se sont révoltés, mais les Juifs de Varsovie sont ceux qui ont tenu le plus longtemps face à l’armée allemande.
Chaque année, nous recommençons les mêmes cérémonies. Si elles nous donnent parfois un sentiment d’inutilité, face à la montée de l’antisémitisme et à son extrême banalisation , nous recommençons encore, sans espoir du « plus jamais ça » mais avec l’obstination qui caractérise notre peuple depuis toujours. Le peuple à la nuque raide! Faut-il qu’il l’ait pour supporter et survivre!

Chaque année, ici en Israel 6 porteurs de torche sont choisis parmi les survivants.
Dimanche soir, ils allumeront les torches en souvenir des 6 millions de Juifs assassinés:

– Elka Abramowicz, née en 1932 en Bessarabie (Roumanie), fille de Shimon Rein

Le 7 juillet 1941, la population juive de Novoslitza est victime de pogroms de la part de l’armée roumaine. Elka a 11 ans: » Les Roumains brûlaient les maisons, tuaient les Juifs… Pour la première fois de ma vie, j’ai vu des morts, des morts par dizaines dans la rue... ». Le 24 juillet, les autorités roumaines ordonnent aux Juifs survivants de partir en Transnistrie « Là encore, des morts… Nous marchions sans cesse, nous buvions de l’eau dans les flaques. Quand nous trouvions une betterave ou un épis de maïs, c’était pour nous un trésor… Les plus forts soutenaient les plus faibles… »
Arrivés au Dniestr, les Roumains poussent les Juifs vers la berge et font un massacre. Les survivants sont envoyés au ghetto de Yadintz, ensuite vers Yampol et Korshrintz en Transnistrie. Leurs pitoyables conditions de vie dans l’hiver roumain causent la mort de la plupart d’entre eux. Elka perd une grande partie de sa famille. Heureusement, les paysans ont besoin de son père, spécialisé dans les harnais des chevaux et cela leur sauve la vie…
Elka et sa sœur Esther s’embarquent en 1947 pour la Palestine. Leur bateau  est arraisonné par les Anglais et elles resteront un an, internées à Chypre avant de rejoindre Israel.

Elka a épousé Arieh Abramowicz. Ils ont 3 enfants, 10 petits-enfants et 6 arrières petits-enfants. 

– Moshe Aelion est né à Salonique en 1925, fils d’Eliahou et de Rahel

En 1943, Moshe et sa famille arrivent à Auschwitz après un voyage de 7 jours, sans boire ni manger. Tous les membres de sa famille sont assassinés mais lui est affecté à divers travaux. Il survit malgré une »punition » qui le laissera presque mort. En janvier 1945, le camp d’Auschwitz est évacué, il survit aussi à la « marche de la mort »* jusqu’au camp de Mauthausen.
Le 6 mais 1945, des drapeaux de différentes nationalités apparaissent un peu partout dans le camp de Mauthausen. « Nous étions plus de 1000 prisonniers grecs, juifs ou non, et soudains j’entendis l’hymne national grec. Les larmes coulaient sur mes joues… Mais un prisonnier s’écria: Juifs, Juifs! Un groupe se forma autour de lui et nous entonnâmes l’Hatikva. Nous n’avions pas de drapeau mais tous les prisonniers juifs chantaient en chœur. »
Moshe ne retourne pas en Grèce. Il arrive en 1946 en Palestine malgré le blocus britannique pour s’engager aussitôt dans la Haganah. Il deviendra officier de Tsahal puis dans les services de sécurité. Il est aussi écrivain et poète.
Il a épousé ‘Hanna, Ils ont 2 enfants, 6 petits-enfants et 2 arrières petits-enfants.

– Moshe Yakoubowicz, est né en 1929 à Varsovie, fils d’Eliezer et de ‘Hava.


En octobre 1940, les Juifs de Varsovie et des environs sont regroupés dans le quartier juif, transformé en ghetto. En 1943, ceux qui ont réussit à survivre, entendent que le ghetto va être liquidé. Ils se réfugient dans les caves et commencent à préparer des armes avec ce qu’ils trouvent. La nuit du Seder de Pessa’h la révolte commence. Moshe et sa famille sont faits prisonniers et conduits triomphalement(!) par les soldats allemands à travers le ghetto. Toute sa famille est tuée et Moshe envoyé à Maidanek puis Dachau mais il réussit à rejoindre les troupes américaines. Il en sera récompensé par un visa pour les USA. Mais en 1946, David Ben Gourion arrive à Frankfort et parle aux Juifs dans le camp de personnes déplacées: « Dès que je l’entendis, je décidais de partir pour la Palestine« . Son bateau est intercepté par les Britanniques qui l’internent à Chypre jusqu’en 1948. Là, il combattra pendant la guerre d’Indépendance dans les rangs de l’Etzel* à la frontière  syrienne et à Jerusalem.
Moshe a épousé Tsipora, ils ont 3 enfants, 8 petits-enfants et 9 arrières petits-enfants.

– Moshe Porat est né à Hajdunanas dans le sud-est de la Hongrie en 1931; il est le fils de Yossef-Levi et Gisella-Naomi.


En 1941, le premier jour de la fête de Pess’ah, les gendarmes hongrois arrêtent son père et l’enrôlent au service du travail obligatoire. « Le 19 mai, je me souviens, mon père avait eu une permission et se trouvait à la maison, il nous a appelés nous ses fils, et silencieusement a coupé nos peot*. Il préférait le faire plutôt que de laisser les Allemands s’amuser avec ça. Il est reparti le jour même et je ne l’ai jamais revu. » En juin est construit le ghetto, tous les hommes sont réquisitionnés pour le travail et les femmes, les vieux et les enfants sont envoyés à Debrecen et emprisonnés dans une briqueterie. Le 21 juin 1941 Moshe célèbre sa bar mitsva: « Je sortis mes tephilin de mon sac à dos, des tephilin neufs que mon père m’avait achetés,  je les cachais sous ma chemise et mon oncle m’emmena vers une cave secrète et là, je suis monté à la Thora. Je serrais très fort le rouleau de la Thora et j’ai dit : Bénissez l’Eternel, béni soit-il! Et les gens autour de moi répondirent: Que l’Eternel soit béni maintenant et à  jamais ».
Les Juifs sont ensuite emmenés dans des wagons à bestiaux, mais le train est attaqué par les troupes russes et est immobilisé. Il reste un certain temps sur la voie ferrée ce qui provoque la mort de presque tous les prisonniers piégés dans les wagons. Finalement, le train arrive à Vienne et Moshe est envoyé dans un camp. A l’arrivée des troupes russes, les prisonniers sont évacués en marche forcée. La mère de Moshe et sa grande sœur Penina se relayent pour porter le plus jeune. Finalement, ils arrivent à Mauthausen et là, Moshe et ses frères sont séparés de leur mère et de leur sœur. Libéré par l’armée américaine, Moshe retourne dans sa ville natale, puis part pour Israel en 1948. C’est un des fondateurs du kibboutz Shelu’hot dans la vallée du Jourdain.
Moshe épousa Tova Guitta. Ils ont 4 filles, 15 petits-enfants et 11 arrières petits-enfants.

– Max Privler est né à Mikolicczin dans l’Ukraine actuelle en 1931, fils de David et Malka.


En juin 1941, leurs biens sont réquisitionnés et quelque temps après, la Gestapo et les policiers ukrainiens arrêtent Max et son père et envoyent sa mère et ses frères et sœurs au ghetto de Stanislavov. Max, son père et d’autres Juifs sont alors emmenés dans la foret pour y être fusillés. Au dernier moment, le père se jette sur son fils en le faisant tomber dans la fosse. Max est ainsi protégé par le corps de son père. Blessé à l’épaule, il réussit à sortir du trou et se réfugie chez une famille ukrainienne, amie de ses parents*. Mais un jour, alors qu’il  se faufile dans le ghetto pour apporter un peu de nourriture à sa famille, il voit sa mère se battre avec des SS qui essayent de lui arracher sa petite sœur. De là où il est, il les voit assassiner sa mère, son petit frère et sa sœur. Lui même est fait prisonnier et emmené avec d’autres enfants dans la forêt pour être tués. Il arrive pourtant à s’enfuir et peut rejoindre un groupe de partisans. Cependant, le froid de l’hiver ukrainien lui a gelé les pieds, et il échappe à l’amputation grâce au chef des partisans qui réussit à l’envoyer à Moscou pour qu’il puisse être soigné correctement. Les Soviétiques l’enrolent tout d’abord  dans une école militaire, mais comme il parle 5 langues (le tchèque, le polonais, l’ukrainien, le russe et l’allemand), il l’utilisent comme agent de renseignements (à 13 ans!). A 15 ans, il fait partie des troupes qui libèrent  le camp d’Auschwitz. Dans son ordre de libération, il est écrit: » Pendant les combats contre l’ennemi, le sergent Privler fit preuve d’un héroïsme exceptionnel ».
Max est aussi gravement blessé en libérant Prague. Il restera en Ukraine et fera son aliya en 1990 lorsque les frontières de l’URSS s’ouvriront.
Max a épousé Musa, ils ont 2 enfants, 5 petits enfants et  six arrières petits-enfants

– Jeannine Saban-Bouhana est née en 1929 à Nemours (Ghazaouet aujourd’hui), fille de Yaakov et Ruhama. Son père était menuisier et ancien combattant de la guerre de 14-18.

En 1938, sa famille s’installe à Paris. En 1940, les allemands conquièrent la France et cette même année Jeanine perd son père et son frère ainé. Sa mère fait alors partir son frère Maurice et sa sœur Odette dans le sud de la France et reste avec Jeannine et les plus jeunes à Paris. Jeanine est chargée de faire les courses et n’a pas peur de se montrer avec son étoile jaune. Le 16 juillet 1942, c’est la grande rafle du Vel d’Hiv*. Les policiers français raflent les Juifs étrangers. Bien que dénaturalisés*, Jeanine et sa famille  sont épargnées. Ils accompagnent leurs amis et leurs voisins au poste de police et leur achètent de la nourriture. Jeanine et sa mère prennent aussi chez elles deux petites filles qui se sont cachées pendant la rafle et les font ensuite passer en zone libre où elles pourront survivre.

Elles aident aussi leurs voisins internés à Drancy en leur procurant de la nourriture et des médicaments. Maurice, inquiet de leur sort, revient malheureusement à Paris pour les aider mais il est arrêté, envoyé à Sobibor et assassiné. Finalement Jeanine et un de ses frères réussissent à passer eux aussi en zone libre où ils survivront.
Apres la guerre Jeanine épousera Lucien Bouhana. Toute la famille s’installera en Israel en 1992.  Jeanine et Lucien ont 5 enfants, 12 petits enfants et 17 arrières petits enfants.

Un jour, quelqu’un m’a dit: Pourquoi vous obstinez-vous à vous complaire dans un passé aussi négatif?
Je lui ai conseillé de visiter Yad Vashem. On termine la visite éprouvante du musée en contemplant la vue magnifique sur les collines boisées de Jerusalem.

Avez vous remarqué que les récits biographiques de ces six porteurs de torches se terminent tous de la même manière?
Ils se sont mariés, ont eu des enfants, des petits-enfants et arrières petits-enfants!

(Si tu as gagné, grand-père, où est ton trophée? C’est toi, mon trophée)

En hébreu, le mot historia est un ajout moderne. Pendant des siècles, le mot employé pour histoire fut toladot, engendrements. La conscience juive traditionnelle conçoit l’histoire comme une succession d’engendrements, engendrements de personnes ou de situations. Dans le Tanakh, ce mot s’écrit de différentes  manières.
– sans aucun
ו (vav)*:  תלדת,
– avec un seul vav, mais placé, soit dans la première syllabe:
תולדת,  soit dans la dernière: תלדות,
– avec deux vav: תולדות.
Non, il ne s’agit pas de la fantaisie des scribes. Le vav de la première syllabe fait partie de la racine du mot et indique la qualité de l’engendrement et le second, suffixe pluriel féminin, indique la quantité engendrée.


Si le mot est écrit sans un seul vav, c’est qu’
il n’y a ni potentiel, ni réalisation. C’est ainsi qu’on comprend le verset 12 du chap. 25 de la Genèse :
וְאֵלֶּה תֹּלְדֹת יִשְׁמָעֵאל, בֶּן-אַבְרָהָם: אֲשֶׁר יָלְדָה הָגָר הַמִּצְרִית, שִׁפְחַת שָׂרָה–לְאַבְרָהָם
«  Voici les engendrements d’Ismaël, fils d’Abraham, que l’Egyptienne Agar, esclave de Sara, avait enfanté à Abraham

Dans les deux exemples suivant, toldot* s’écrit avec un seul vav mais placé différemment.
– Lorsqu’il s’agit de l’histoire de Noa’h (Gen 6 9), le vav se trouve dans la première syllabe,  car si Noa’h avait un grand potentiel, il n’a rien transmis à ses descendants:

אֵלֶּה, תּוֹלְדֹת נֹחַ–נֹחַ אִישׁ צַדִּיק תָּמִים הָיָה, בְּדֹרֹתָיו: אֶת-הָאֱלֹהִים, הִתְהַלֶּךְ-נֹחַ
 » Ceci est l’histoire de Noé. Noé fut un homme juste, irréprochable entre ses contemporains; il se conduisit selon Dieu. »

– Lorsqu’il s’agit d’Esav (Gen 36 1) le vav se trouve dans la dernière syllabe pour souligner que si les descendants d’Esav seront nombreux, ils ne construiront rien de valable:
Ceci est la lignée d’Esaü וְאֵלֶּה תֹּלְדוֹת עֵשָׂו 

Enfin, le mot toldot est écrit en écriture pleine avec deux vav dans les deux exemples suivants:
– Dans le livre de la Genèse (2,4):
Telles sont les origines du ciel et de la terre, lorsqu’ils furent créés; à l’époque où l’Eternel Dieu fit une terre et un ciel.
אֵלֶּה
תוֹלְדוֹת הַשָּׁמַיִם וְהָאָרֶץ, בְּהִבָּרְאָם: בְּיוֹם, עֲשׂוֹת יְהוָה אֱלֹהִים–אֶרֶץ וְשָׁמָיִם.

– Et aussi à la fin du livre de Ruth (4,18) lorsqu’il est question de la royauté d’Israel:
« Or, voici quels furent les descendants de Peretz : Peretz engendra Hetz’hon…
וְאֵלֶּה
תּוֹלְדוֹת פָּרֶץ, פֶּרֶץ הוֹלִיד אֶת-חֶצְרוֹן 

Nos מדליקי משואות (madlikei massouot) ou allumeurs de torches peuvent écrire leur histoire תולדות avec les deux vav.

A bientôt,

*articles sur Yom Hashoah:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/05/04/le-deshonneur-et-la-guerre/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/01/28/quand-eichmann-demandait-grace/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/04/14/reflexions-tristes-le-jour-de-yom-hashoah/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/04/07/tout-homme-a-un-nom/

*la famille Boyuk reconnue comme faisant partie des Justes des nations:

http://db.yadvashem.org/righteous/family.html?language=en&itemId=4035641

*decret de denaturalisation des Juifs d’Algerie du 7 octobre 1940

*toladot devient toldot quand il est le premier terme d’un nom composé

*le vav ו est une semi-consonne qui peut se live soit O, OU ou bien V

 

 

Nos soldats ne prennent pas de vacances!

Chers amis,

Je ne vous ai pas oubliés malgré une absence de plus d’un mois, loin de mon clavier.
Comme vous le savez, lors du Seder de Pessah, nous versons un peu de vin dans un saladier à l’annonce de chacune des plaies et au fur et à mesure, nous le noyons en y rajoutant de l’eau,   pour finalement jeter tout le contenu, symbolisant ainsi la disparition de toutes les plaies.
Ma belle-fille ‘Hani a instauré une nouvelle coutume: à chaque fois qu’on verse le vin, elle prononce le nom d’une organisation terroriste qui va se retrouver, elle aussi, symboliquement noyée. Malheureusement il y en bien  plus que de plaies et nous devons en rajouter à chaque fois une ou deux.*
Ce n’est pas politiquement correct, j’en suis sûre mais les Juifs ont longtemps appelé les choses par leur nom sans fausse honte et adoucissements cosmétiques et il serait temps que tous fassent de même.


Dans le même temps, nos soldats continuent à soigner les blesses syriens qui arrivent à la frontière sur le Golan.

Mais cette semaine, pour la plupart d’entre nous, ce sont les vacances. Non seulement, les Israéliens sont  sortis d’Egypte mais partis se promener de Metulla à Eilat.
Pour les inconscients qui auraient voulu passer quelques jours dans le Sinaï, c’est raté. Israel a fermé sa frontière avec l’Egypte, les bédouins jihadistes nous ayant envoyé une roquette.
L’armée est évidemment en état d’alerte absolu. Certains soldats sont restés loin de leur famille pour que nous puissions tous profiter de cette semaine de vacances.

Heureusement qu’il y a pour eux les בתי החייל (batei hayal) ou maisons du soldat.
Ce sont des hôtels où ils peuvent se reposer lors d’une permission, dormir dans un vrai lit, manger correctement, laver leur linge, voir un film…Comme tous les « soldats isolés » mon fils fut un assidu du בית החייל (Beit ha’hayal) de Kiriat Shemona, il y a déjà longtemps… Il se souvient d’une petite dame de fer ‘Hanita Attias Kedar* du kibboutz Maagan.
Volontaire de l’association « Pour le bien-être du soldat », ‘Hanita avait été embauchée au début des années 90 par Yitshak Rabin pour récolter des fonds dans les pays francophones et fonder un Beit Ha’hayal à Kiriat Shemona dans le bâtiment d’un vieil hôtel à l’abandon: « J’étais fière d’avoir récolté tout cet argent et de pouvoir offrir une halte bienfaisante aux soldats stationnés dans le nord ou qui partaient pour le Liban ».

(‘Hanita Attias-Kedar au kibboutz)

Il y a actuellement une dizaine de בתי החייל (batei Ha’hayal), dispersés dans tout le pays depuis Kiryat Shemona jusqu’à Eilat.

Il ne faut pas les confondre avec les בתי הלוחם (batei halo’hem), ou maisons du combattant, fondées par ארגון נכי צה »ל (irgoun nekhei Tsahal) l’Organisation des Invalides de Tsahal.


L’organisation des Invalides de Tsahal a été fondée en 1949 par une poignée d’anciens combattants handicapés. Elle fournit une assistance complète à tous les soldats et au personnel de sécurité qui ont été blessés au cours de leur service.
Israël compte 50 mille anciens combattants handicapés de Tsahal blessés au cours des guerres, dans diverses missions sécuritaires et dans des attentats terroristes. L’organisation des vétérans et handicapés de Tsahal les aide et les conseille en ce qui concerne leurs droits mais aussi dans le processus de leur rétablissement et de leur intégration à la vie la plus normale possible*.

Elle a aussi construit pour eux ces  בתי הלוחם (Batei halo’hem) maisons du combattant qui leur sont réservées. Ce sont des centres de soin et de  réhabilitation mais aussi des centres culturels et sociaux, offrant une gamme très élargie d’activités à toute la famille.


Voici le Beit Halo’hem de Jerusalem:

:La grande pelouse qui jouxte la piscine

A bientôt,

* Simplement celles qui veulent détruire Israel:
Le Fata’h et les Tanzim, le Front de Libération de la Palestine, le Front de libération Arabe, le Djihad Islamique, le ‘Hezbollah, Daesh, le ‘Hamas et les Frères Musulmans, Al Qaida, les Libérateurs de la Galilée etc…

* ‘Hanita Attias Kedar a un CV impressionnant: elle a aussi dirigé une  מכללה (mikhlala), l’équivalent d’un IUT dans la vallée du Jourdain pour les soldats démobilisés et a travaillé pour Israel en Afrique

* L’organisation des invalides de Tsahal leur fournit des soins physiques et psychologiques, une assistance juridique, les aide pour l’obtention de logements ou voitures adaptés, leur permet d’avoir des réductions sur un certain nombre de taxes comme les impôts locaux, leur propose des cours pour accéder à un en emploi etc… sans compter toutes les activités de loisir qui concernent tout la famille.

* Voici le site  du Beit Halo’hem de Jerusalem:
http://bh-j.inz.org.il/index1.asp?cat=141