Massada sur le Carmel ou Les 200 jours d’angoisse

Il y a quelques temps, j’avais écrit un article sur les nazis en Palestine* mais il me semble important de revenir sur la diffusion du nazisme dans le monde musulman.
Dans les années 30, le nazisme se présente comme un champion de l’anti-impérialisme laïc, en particulier contre la Grande-Bretagne*, mais dans le même temps, il adapte des thèmes de propagande générale visant le public européen aux traditions religieuses de l’islam et aux réalités politiques régionales et locales du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Tout cela, grâce un travail très élaboré entre responsables de la propagande du Reich et des exilés arabes pro-nazis séjournant a Berlin: des émissions de radio et des articles imprimés distribués par millions ciblent les populations musulmanes.
L
a propagande en langue arabe de l’Allemagne nazie a franchi les barrières apparemment insurmontables créées par sa propre idéologie de supériorité raciale aryenne. La soi-disant race aryenne est en fait à géométrie variable: censée être celle d’un peuple mythique indo-européen et vécue en Europe comme étant celle des populations nord-européennes, elle englobe, en fait selon les besoins, des groupes humains très différents dans la mesure où ceux-ci désirent aussi éliminer les Juifs*.
Dans les faits, les émeutes antisémites qui se développent au Moyen Orient sont financées par le gouvernement allemand.
Dans un télégramme envoyé à Berlin le 3 mars 1933, le consul d’Allemagne à Jerusalem écrit:
Le Mufti m’a expliqué aujourd’hui longuement que les musulmans de Palestine  et d’Irak accueillent favorablement le nouveau régime en Allemagne et espèrent la propagation de formes fascistes et anti-démocratiques de gouvernement dans d’autres pays. L’influence économique et politique juive actuelle est nuisible partout et doit être combattue. Afin de pouvoir atteindre le niveau de vie des Juifs, les musulmans espèrent que l’Allemagne déclarera un boycott [des biens «juifs»], qui sera accueilli avec enthousiasme dans tout le monde musulman.
Et de fait, depuis la fin des années 20, les Juifs de Palestine vivent au rythme des pogroms de plus en plus violents*. Mais, en juin 1942, la situation s’aggrave et les Juifs se trouvent confrontés à une grave menace existentielle.
De quoi s’agit-il?
Au nord, les blindés allemands ont pénétré la profondeur du front russe, ouvrant la voie à une invasion à travers les états du Caucase. Au sud, les forces du mythique renard du désert, Erwin Rommel, ont capturé la forteresse de Tobrouk stratégiquement importante et ont écrasé la défense britannique à la frontière égyptienne.
En fait, pour les Juifs, si Rommel envahit le Moyen-Orient, ils seront anéantis à la fois par les Einzatzgruppen, déjà basés à Athènes sous le commandement de Walter Rauff en attendant l’ordre de se déployer en Palestine, et par un déferlement arabe, allié de ces mêmes nazis.
Et si les Russes  perdent le Caucase, les Allemands envahiront la Palestine mandataire par le nord, retrouvant ainsi leurs alliés arabes.
Les deux options sont également catastrophiques: la population juive du Yishouv sera anéantie.
Que peuvent-ils faire? Comme toujours, certains espèrent que des liens familiaux et des visas achetés à prix d’or leur permettront de fuir, d’autres vendent leur maison aux voisins arabes pour les amadouer et rester en vie, d’autres prennent contact avec des monastères pour y cacher leurs enfants, certains prient d’autres non, certains demandent aux Anglais de les prendre avec eux dans leur retraite, d’autres veulent se battre jusqu’au bout…
L’Irgoun propose de se barricader dans la vieille ville de Jérusalem et d’y mener la bataille finale. La vieille ville a été choisie dans l’espoir que les nazis hésiteraient à bombarder les lieux saints du christianisme et de l’islam et permettront ainsi aux combattants juifs de se battre plus longtemps: on a trouvé des restes de ces préparatifs en 2010, lors de la rénovation d’une ancienne synagogue à Jérusalem: une cache de l’Irgoun contenant des armes stockées en vue de cette dernière bataille…
Ben Gourion veut évacuer les non-combattants, mais où? Deux dirigeants du Palma’h, Jonathan Ratner et Yits’hak Sadeh pensent que les monts du Carmel seront parfais pour une guerre de harcèlement, d’autant que les troupes de Rommel sont des unités de tanks. Selon leur plan, il faut concentrer la population juive (environ 600 000 personnes!) dans la large vallée de Yizreel,  protégée par les contreforts du Mont Carmel.

(sentiers de randonnée dans les monts du Carmel)

Des unités de guérilla seront formées avec tous ceux qui peuvent combattre. Les combattants juifs sortiront régulièrement des nombreuses grottes des monts du Carmel,

de bunkers,

et de tranchées construites par l’armée britannique


pour harceler et retarder la progression de l’armée allemande… Jusqu’à quand? Et qui viendra alors à leur aide?
Moshe Shertok s’adresse ainsi au général britannique Claude Okilinek:
Il ne fait aucun doute que si les nazis occupent la terre d’Israël, tous les Juifs de cette terre seront assassinés. L’extermination des juifs est un élément fondamental de la doctrine nazie. Les rapports de presse, récemment publiés indiquent que cette politique est brutalement mise en œuvre sans le dire. Des centaines de milliers de Juifs ont péri en Pologne, dans les Balkans, en Roumanie et dans les provinces où les Allemands ont envahi l’Union soviétique, à la suite d’exécutions massives, de déportations forcées et de la propagation de la famine et de la maladie dans les ghettos et les camps de concentration. Dans le cas d’une invasion nazie, nous savons que nous serons anéantis…

Il est clair que pour les responsables de ce projet, il ne s’agit plus de survivre mais de causer le plus de dommages à l’armée allemande. Le nom même du projet Massada sur le Carmel indique qu’ils sont sans illusion sur l’issue d’une telle bataille.

Mais, le  premier juillet 1942, le général britannique Montgomery réussit à stopper l’avance de Rommel qui avait déjà pénétré de 200 kilomètres en Egypte, et le 3 novembre, les troupes britanniques vainquent enfin Rommel lors de la bataille l’El Alamein… Les Soviétiques tiennent le coup dans le Caucase et repoussent les troupes allemandes. La population du Yishouv ne sera pas anéantie…

Aujourd’hui, on visite les fortifications du Carmel, établies par les Anglais et les Juifs en vue de résister aux Allemands…
Massada sur le Carmel ou Les 200 jours d’angoisse, est un aussi un épisode de la résistance juive face au nazisme

Aussi, j’ai raconté cette histoire à ma petite-fille Naama hier, jour du 10 Tevet, où nous commémorions le début du siège de Jerusalem par les troupes romaines mais où nous avons aussi récité le Kaddish pour tous les nôtres, exterminés sans qu’on sache ni quand ni où.

A bientôt,

* Les nazis en Palestine:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/11/13/les-nazis-en-palestine-dans-les-annees-30/

*A propos des pogroms des années 30, lisez cet article de Klod Frydman:
C’était la pleine période de la « grande révolte arabe de 1936 à 1939 » fomentée par le Grand Mufti de Jérusalem nommé par les Anglais, Amine el Husseini et son groupe paramilitaire al Futuwwah appelés officiellement « les scouts nazis ». Ils semaient la terreur, assassinant et torturant les soldats anglais, les civils juifs et les démocrates arabes.
Pourquoi ne serais-je pas moi aussi un réfugié palestinien ?

* Ceux qui veulent se débarrasser des Anglais et ne rechignent pas à s’allier aux nazis comme  l’Indien, Subhas Chandra Bose, qui ira à Berlin faire allégeance à Hitler. Heureusement, Hitler le trouvera peu fiable, trop agite et inefficace.
Ceci dit, cette alliance brun-vert n’est que conjoncturelle. Comme l’avait dit Speer: « Hitler a déclaré que les Arabes sont des conquérants, mais en raison de leur infériorité raciale, ils ne pourront pas faire face a long terme 

*Un importante étude d’un historien allemand Klaus Gensicke sur les liens tres etroits entre le Mufti et le nazisme: Der Mufti von Jerusalem und die NationalsozialistenWissenschaftliche Buchgesellschaft.:
Citant des documents des procès de Nuremberg, Gensicke note également qu’au milieu de 1942, des membres des entourages respectifs de Husseini et de Gailani ont visité le camp de concentration de Sachsenhausen à Oranienburg, près de Berlin… Les détenus juifs de Sachsenhausen étaient censés avoir «particulièrement intéressé» les visiteurs, qui sont repartis de leur visite avec «une impression très positive». Gensicke, 206, note 55.

Justice, vous avez-dit justice?

Le procureur de la Cour Pénale Internationale qui siège à La Haye, Fatou Bensouda*, a conclu son examen préliminaire – étape préalable à l’ouverture d’une enquête- et décidé que des crimes relevant de la C.P.I. avaient été commis dans les territoires palestiniens occupés. Fatou Bensouda se dit convaincue que des crimes de guerre ont été commis en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est* et dans la bande de Gaza, bien qu’il n’y ait plus un seul israélien à Gaza depuis 2005, mais elle n’est sans doute pas au courant*.
Bref, puisqu’elle enquête sur nous, pourquoi ne pas lui rendre la pareille?
Le C.V. de Fatou Bensouda est vraiment impressionnant. Née en 1961 à Banjul, capitale de la Gambie, un des pays les plus pauvres de la planète, elle vient d’une famille nombreuse de 15 enfants et polygame. Elle perd son père très jeune et malgré tous ces handicaps, elle entreprend des études de droit grâce à une bourse, et devient avocate. Bravo!
Elle ne s’arrête pas là!
Peu de temps après avoir obtenu son diplôme, elle devient procureur, puis conseiller juridique du nouveau président gambien et ensuite ministre de la justice jusqu’en 2000, puis conseillère juridique et substitut du procureur au Tribunal pénal pour le Rwanda en Tanzanie. Ce qui la propulse en 2004 à la Haye, comme procureur du C.P.I. Si vous lisez sa biographie sur Wikipedia*, vous aurez tous les détails de ses nombreux diplômes et postes dans les instances internationales.


Mais la donnerais-je en exemple à mes petits enfants pour son parcours sans faute? Non!
Ce que Wikipedia ne dit pas c’est qu’en 1994, le nouveau président de la Gambie n’a pas été élu. Yahya Jamneh est arrivé à son poste par un coup d’état. Il est connu pour être un des pires dictateurs islamiques africains. Fatou Bensouda a été le témoin de toutes les turpitudes du régime et les a cautionnées, ne serait-ce qu’en montant tous les échelons: conseillère juridique, procureur général puis ministre de la justice.


Même si elle n’est restée que 6 ans auprès du dictateur, il n’est pas possible qu’elle n’ait pas su. Elle a approuvé ces ignominies qui ont été finalement dévoilées lorsque le tyran local a été destitué après 22 ans de pouvoir absolu. Yahya Jamneh a fait arrêter, emprisonner, exécuter parfois sans procès des milliers de Gambiens. Son gouvernement était tellement corrompu que les organisations humanitaires internationales essayaient autant qu’elles le pouvaient de contourner les officiels gambiens en espérant qu’ainsi l’aide arriverait réellement à la population affamée. Yahia Jamneh considérait Ahmedinedjad comme son mentor et l’application de la charia valait celle du régime iranien ou celle de Daesh…
Et Fatou Bensouda, ministre de la justice de ce brave homme, n’aurait rien su?
Enfin, quand en 2017, le pays, débarrassé de ce tyran, a pu mettre sur pied la commission Vérité et Réconciliation, de nombreux témoignages d’opposants, arrêtés et torturés, l’ont impliquée très clairement: elle siégeait au tribunal, empêchait les victimes de parler et sortait de la salle en leur disant: tu est jugé pour traîtrise, tu n’as rien à dire.
Les survivants aimeraient bien qu’elle vienne témoigner, mais elle ne viendra pas, elle tellement occupée à La Haye…
Mais s’il n’y avait que cela!
Si les Gambiens sont très en colère contre elle, ils ne sont pas les seuls.
En Amérique du Sud la C.P.I. traîne les pieds dans l’enquête sur la privation des droits de l’homme pendant les années Hugo Chavez et Nicolas Maduro. En septembre 2016, pendant l’assemblée générale de l’ONU, plusieurs pays, l’Argentine, le Canada, le Chili, la Colombie, le Paraguay et le Pérou s’étaient pourtant adressés à la C.P.I. exigeant une enquête pour crimes contre l’humanité au Venezuela: emprisonnements illégaux, tortures et meurtres de manifestants par des bandes armées proches du régime, les collectivos*… Une enquête préliminaire a été enfin ouverte au C.P.I en 2017 mais curieusement n’a toujours pas abouti… Les journaux sud américains, surnomment Fatou Bensouda par dérision, le bunker du Chavisme.

Mais quel lien a donc Fatou Bensouda avec un régime dictatorial si loin de sa Gambie natale ou de La Haye?
C’est qu’elle y a des amis et pas n’importe lesquels! On la voit photographiée avec Maikel Moreno*, président de la Cour Suprême du Venezuela en compagnie de Haifa Al Aissami , ambassadrice du Venezuela au C.P.I.

(Maikel Moreno serre la main de Fatou Bensouda, Haifa Al Aissami se trouve à droite sur la photo)

Elle est photographiée avec deux collègues me direz-vous, ce n’est pas si grave!
Ça le devient lorsque Walter Marquez Rondon, ancien ambassadeur du Venezuela en Inde, demande au C.P.I d’ouvrir une instruction sur Fatou Bensouda pour négligence et retard dans l’enquête sur le pouvoir vénézuélien actuel.

(Walter Marquez Rondon)

Il exige que Fatou Bensouda soit dessaisie de l’enquête en affirmant qu’elle est l’obligée de Nicolas Maduro et est liée personnellement avec Haifa Al Aissami, l’ambassadrice du Venezuela au C.P.I. Cette dernière est la sœur de Tarik Al Aissami.
Tarik Al Aissami, ministre de l’industrie dans le gouvernement de Maduro, mais aussi ancien ministre de l’Intérieur, est recherché aux USA: il y est suspecté de trafic de drogues et de blanchiment d’argent. Il est d’ailleurs surnommé El narco Tarek!
Dans le passé, le nom de Tarek Al Aissami est apparu dans une affaire de vente de passeports vénézuéliens à des membres du Hezbollah et d’autres organisations terroristes. Walter Marquez Rondon affirme aussi que Fatou Bensouda et Haifa Aissami sont de grandes amies.
L’été dernier, il a été question au C.P.I de  licencier Fatou Bensouda pour faute lourde après la plainte déposée par Walter Marquez Rondon, mais cela n’a pas été suivi d’effet. Elle a finalement publié il y a quelques semaines un rapport sur l’enquête préliminaire concernant le Venezuela, rapport si peu professionnel qu’il n’a suscité que critiques et moqueries. Et cette fois,dans les journaux sud américains, elle a été surnommée la petite copine de la famille Al Aissami.
Et dire que pour le Times, Fatou Bensouda est un modèle, l’une des femmes africaines les plus influentes du monde. C’est sans doute malheureusement vrai et c’est bien triste. Quant au  Guardian, ce journal doit avoir le sens du l’humour: Fatou Bensouda y est appelée la femme qui chasse des tyrans. Ça dépend lesquels.

Israel s’intéresse de près à la famille Al Aissami:
Il y a quelques mois, Tarek Aissami est venu en visite en Turquie pour y monter une usine de raffinement d’or. Israel soupçonne le Venezuela, pays particulièrement riche en or, de l’envoyer en Turquie officiellement pour le faire raffiner mais en réalité pour contourner les sanctions contre l’Iran via la Turquie… Belle coopération entre trois dictatures, Venezuela, Turquie et Iran!

Enfin, en ce qui nous concerne, Fatou Bensouda affirme que les résultats de l’enquête préliminaire  contre Israel, ouverte à la demande de l’Autorité Palestinienne, remplissent tous les critères permettant l’investigation pour crimes de guerre, déportation et apartheid en Judée-Samarie ainsi qu’à Jerusalem. Nous ne nous laisserons pas faire. Personne n’est pas intouchable.

Toutefois, il serait bon de s’interroger sur les critères qui prévalent à la C.P.I pour l’embauche de leurs employés. Et on dira que les organismes internationaux sont neutres!

(Caricature de Shay Tsharka parue dans Makor Rishon)

Je ne suis pas journaliste. Tout le crédit de ces recherches revient à Pazit Rabina, journaliste à Makor Rishon*.

A bientôt,

 

 

*Fatou Bensouda est mariée a un homme d’affaires d’origine marocaine, Philip Bensouda. Contrairement à ce qu’affirment certains journaux, il n’est ni juif ni israélien. Il se nomme en fait Philip Faycal Bensouda. Sa famille fait partie des familles les plus proches du pouvoir.
Il y a quelques années, Georges Bensouda (fils de Fatou Bensouda et connu comme trafiquant de drogue) s’est fait tuer par un concurrent, Karim Ase dans les rues de Saint Paul, Minnesota.

*Pour moi dire Cis-jordanie est comme dire Cis-allemagne à propos de l’Alsace. La Judée et la Samarie n’ont été jordaniennes que pendant seulement 19 ans, de 1948 à 1967 et se trouvent, ainsi que Gaza, sur le territoire du Foyer National Juif.

*Jerusalem-est? Comme je l’ai déjà écrit dans un de mes articles, après avoir crié sa joie en voyant Berlin réunifiée et redevenir la capitale de l’Allemagne, une certaine bien-pensance veut nous imposer ce qu’elle a jugé catastrophique pour les Berlinois mais tout à fait acceptable, voire recommandé pour nous! Et le sinistre Berlin-Est, Berlin-Ouest devient le tout à fait raisonnable Jerusalem-Est, Jerusalem-Ouest.
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/03/02/nous-les-yerushalmim/

*La bande de Gaza:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/08/29/les-juifs-de-gaza/

*Biographie édulcorée de Fatou Bensouda:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fatou_Bensouda

*Les collectivos:
Les «colectivos» sont apparus sous l’administration de Hugo Chávez dans le but de défendre la révolution bolivarienne et ont depuis été soutenus par le gouvernement. Armés et voyageant en motocyclette, les «colectivos» sont utilisés par le régime pour restreindre les manifestations contre le gouvernement ainsi que pour ramener violemment «l’ordre» par des raids, comme ceux que l’on voit de plus en plus au Venezuela ces derniers temps.

*Maikel Moreno: Moreno est reconnu coupable de l’assassinat de Rubén Gil Márquez, en 1989 mais lisez  aussi la suite… et il a été nommé Président de la Cour Suprême au Venezuela?
https://fr.wikipedia.org/wiki/Maikel_Moreno

*Haifa Al Assaimi:
https://es.wikipedia.org/wiki/Haifa_El_Aissami

*Tarek Al Aissami:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Tareck_El_Aissami

*Makor rishon:
https://www.makorrishon.co.il/news/yoman/192837/

Un téléphérique à Jerusalem

Depuis longtemps la mairie de Jerusalem envisage de construire un téléphérique entre le Mont Tsion* et le Mont des Oliviers.
Evidemment l’Union Européenne, comme à l’accoutumée, a décidé de se mêler de nos affaires et bien sûr, de s’opposer formellement au projet. Déjà en 2015, des entreprises françaises, sur les conseils du Quai d’Orsay*, avaient du renoncer à participer à l’appel d’offre lancé par la municipalité de Jérusalem.
Mais maintenant, le projet est en marche: une commission colonialiste et sioniste a donné son feu vert le 4 novembre dernier: ce téléphérique pourra transporter jusqu’à 3 000 personnes par heure dans 72 cabines accueillant chacune 10 personnes.
Sur un parcours de 1,5 km, il reliera le mont Tsion jusqu’au mont des Oliviers, à l’est de la ville, en passant par la Porte des Ordures*, porte la plus proche du Kotel, puis par la cité de David et Silwan (Shilo’h). 3000 personnes par heure, cela fait beaucoup de cars de tourisme en moins, et donc moins d’embouteillages, moins de pollution, quand on sait que Jerusalem reçoit près de 5 000 000* de visiteurs chaque année.
Mais selon les Européens un tel téléphérique porterait atteinte au patrimoine et aux droits des Arabes!
A la différence des Européens et tout particulièrement de la France, Israël ne se préoccupera pas et ne se prononcera pas sur les conséquences de la prochaine construction du téléphérique urbain prévu à Toulouse. Nous n’avons pas cette arrogance…
Les Européens ne changeront pas…
Ils ne voulaient déjà pas du tramway qui traverse la ville et permet à de nombreux Yerushalmim (sans distinction de croyance ou d’origine, contrairement à ce que beaucoup écrivent) de se déplacer plus facilement sous prétexte qu’il dessert aussi les fameux territoires occupés*.
En fait pour eux un Arabe est un pauvre type qui ne doit se déplacer qu’à pied ou à la rigueur à dos d’âne. Les Européens sont des dames patronnesses qui surveillent leurs pauvres de très près au cas ou ils voudraient s’émanciper et profiter du niveau de vie des sionistes!

Mais les ignorants contempteurs et autres calomniateurs systématiques d’Israël ne savaient pas que Jérusalem a déjà eu un téléphérique…

Le 18 mai 1948, nous sommes en pleine guerre de l’Indépendance. Le Palma’h essaye en vain de libérer le quartier juif assiégé et le 28 mai, le quartier tombe au mains de la Légion Arabe. La zone du mont Tsion se trouve à l’extérieur des murailles sur la colline d’en face. Elle est toujours aux mains des Juifs et elle est en première ligne. Une étroite tranchée, partiellement couverte, permet l’acheminement de la nourriture et des blessés mais le passage est difficile et dangereux sous le feu des snipers jordaniens.

Aussi, en décembre 1948, un ancien de l’Irgoun* Uriel Heifetz* a une idée géniale: construire un téléphérique rudimentaire en remplacement de la tranchée. Jeune homme plein d’imagination, il aime trouver des solutions créatives à tous les problèmes.
Evidemment, cette idée de construire un téléphérique en pleine guerre et sous le feu des Jordaniens ne pouvait venir que de lui!…

C’est ainsi que fut tendu un câble en acier, long de 200 mètres depuis l’hôpital Saint John, maintenant hôtel du Mont Tsion, jusqu’à un second poste de l’armée.

Actionné par trois soldats à chaque extrémité, il pouvait transporter 250 kg dans la cabine et ne fonctionnait que pendant la nuit.

Pendant la journée, il était descendu au fond du ravin, caché aux yeux des soldats jordaniens postés sur les murailles de la Vieille Ville.

Le téléphérique a été utilisé régulièrement pendant environ six mois, jusqu’à la signature des accords d’armistice en juillet 1949. Il restera en place sans fonctionner jusqu’à la réunification de Jerusalem après la guerre des 6 jours.

 

Une rue de Jerusalem a été nommée נתיב הרכבל, Netiv HaRakevel, le chemin du téléphérique en l’honneur d’Uriel Heifetz et de son projet.

 

Un musée du téléphérique se trouve actuellement dans l’hôtel du Mont Tzion:

(Hotel du Mont Tsion, face au murailles)

Ni Uriel Heifetz ni les soldats en poste ne pouvaient alors imaginer que leur téléphérique surplombait la future piscine de l’hôtel.

A bientôt,

*La Porte des Ordures:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/06/13/la-porte-des-fleurs-ou-la-porte-des-ordures/

 

* Irgoun, en hébreu ארגון, organisation, de son nom complet Irgoun Tsvaï Leoumi, ארגון צבאי לאומי,  Organisation Militaire Nationale, parfois abrégé en I.Z.L., (acronyme lui-même lexicalisé en Etzel, אצ״ל), est une organisation armée sioniste née en 1931 en Palestine mandataire, à la suite d’une scission de la Haganah, et dirigée à partir de 1943 par Mena’hem Begin.

* https://www.europe-israel.org/2015/03/les-entreprises-francaises-sont-contraintes-dabandonner-le-projet-de-la-construction-du-telepherique-a-jerusalem/

* Je ne me suis pas trompée dans le nombre de zéros. Les six villes les plus visitées au monde en 2019 ont été Hong Kong (26,7 millions de touristes malgré les manifestations), Bangkok (25,8 millions), Macao (20,6 millions), Singapour (19,8 millions), Londres (19,6 millions), et Paris (19,1 millions).

* Uriel Heifetz:
Né à  Vienne en 1922, il a pu rejoindre la Palestine à temps avec ses parents. Membre du Betar et de l’Irgoun. En 1944, il attaque le Haut Commandement militaire britannique à Jerusalem. Arrêté et déporté dans un camp d‘internement britannique en Erythrée jusqu’en 1948, il s’arrangera pour faciliter l’évasion de nombre de ses compagnons par des tunnels qu’il aura construit à la barbe des britanniques.
A son retour, il est nomme officier de la brigade Etzion et continuera a trouver des solutions créatives pour le bien et la sécurité de l’état d’Israel.
Après la guerre d’indépendance, il continuera son travail en temps qu’officier mécanicien: Douze de ses inventions ont remporté le prix de la sécurité d’Israël pour « ses nombreuses années de dévouement et de bénévolat afin de résoudre des problèmes techniques opérationnels« . Je rajouterai et de sauver des vies car en 1974, il a réussi à sauver 17 enfants, lors du massacre de Maalot* perpétré par les terroristes du FPLP qui ont attaqué une école après avoir décimé les personnes rencontrées sur leur chemin. 22 enfants ont été tués et 68 ont été blessés. Ce faisant, Uriel Heifetz fut grièvement blessé par un des terroristes.
Paralysé, il réussit à survivre pendant 4 ans et mourut le 18 décembre 1978 a l’age de 56 ans.

Pour mémoire, le chef du commando terroriste de Maalot, Khaled Nizal, fut honoré en présence de Ma’hmoud Abbas par une stèle à Jénine que le général Yoav Mordekhai fit détruire en 2017.

Si vous lisez l’hébreu:
https://www.izkor.gov.il/%D7%90%D7%95%D7%A8%D7%99%D7%90%D7%9C%20%D7%97%D7%A4%D7%A5/en_c5dedc68195381ce75778f368fd7bd

* Le mot רככל, rakevel, qui signifie téléphérique, a été formé à partir des mots רקבת, train et כבל, câble. Lors de la construction du funiculaire de ‘Haifa en 1959, il fut officiellement validé par l’Académie de la Langue Hébraïque. Les deux mots train et câble sont eux-mêmes d’origine biblique. A l’époque du Tanakh, la racine Resh Kaf Beit, רכב, rekhev, veut dire chevaucher (Elle signifie aussi maintenant un véhicule).
Quant à כבל, Kavel, le câble, on le trouve dans le Psaume 149,8:
לֶאְסֹר מַלְכֵיהֶם בְּזִקִּים; וְנִכְבְּדֵיהֶם, בְּכַבְלֵי בַרְזֶל
Ils attacheront leurs rois par des chaînes, et leurs nobles par des câbles de fer.
Certains membres de l’Académie chipotent encore: faut-il dire Rakhebal ou Rakevel?

 

Le sentier du Sanhedrin (2)

Repartons sur le sentier du Sanhedrin.
Fuyant à nouveau les persécutions romaines, les membres du Sanhedrin arrivent en l’an 165 à Tsippori, à l’est de Beit Shearim et Shfarham.
Tsippori est une grande et belle ville qui n’a cependant pas un passé prestigieux. On ne trouve aucune Tsippori dans le Tanakh.
D’après la Mishna, elle a été édifiée sur le site de l’antique Kattat, ville attribuée à la tribu de Zevouloun, lors du partage des terres de Cannan:
Le troisième lot échut aux enfants de Zevoulon, selon leurs familles…Kattat, Nahalal, Chimrôn, Yideala et Beth-Lehem*: douze villes, avec leurs bourgades. (Yoshua 19-10).
Elle prend ensuite le nom de Kitron à la période des Juges:
Zabulon n’expulsa point les habitants de Kitrôn ni ceux de Nahalol; ces Cananéens demeurèrent avec lui, mais payèrent tribut.(Juges1-10)
Mais nous ne savons pas ce qu’elle devint pendant les 1500 ans qui séparent cette période de l’époque romaine. Seules des découvertes récentes  nous apprennent qu’elle fut habitée pendant la période du premier Temple.
Pourquoi prit-elle ensuite le nom de ציפורי, Tsippori, mon oiseau? Cela aussi nous l’ignorons. Seul le Talmud Bavli* nous la décrit comme un Oiseau sur la colline.
S’agit-t-il vraiment d’un oiseau?
Pour certains linguistes, le mot Tsippori* est sans doute une déformation du mot שופר, Shofar, la corne de bélier, retentissant sur les collines pour appeler les Juifs lors d’occasions dramatiques. Pour d’autres, il s’agit de l’expression ציפור הנפש, tsipor hanefesh, oiseau de l’âme, c’est à dire cher au cœur de l’homme. Pour moi, ces deux explications se complètent: il s’agit d’une ville d’importance tant stratégique que spirituelle pendant plusieurs centaines d’années.

En fait, elle commence à se développer à partir de l’époque des Makabim*, soit un peu plus de 200 ans avant l’ère chrétienne.
Plus tard, Hérode le Grand conquiert la ville et en fait sa capitale galiléenne. Après la mort d’Hérode en l’an 4 avant l’ère chrétienne, les citoyens juifs s’emparèrent de la ville mais les Romains la conquièrent de nouveau, la brûlent et vendent les rebelles juifs en esclavage.
Mais décidément, le site plait à la famille d’Hérode: son fils, Hérode Antipas, la reconstruira et la fortifiera.
Le site archéologique de la ville se trouve actuellement dans le parc national de Tsippori. Les vestiges de l’époque romaine sont très nombreux, en particulier le théâtre, creusé dans la roche, qui peut contenir 4500 spectateurs:

Les mosaïques de Tsippori sont très célèbres. L’une d’elle en particulier a été nommée la Mona Lisa de Galilée, elle se trouve dans une villa romaine.


On trouve aussi de nombreuses mosaïques dans les synagogues, bâtiments publics et églises byzantines:

:

En l’an 133, les Juifs de Tsippori, craignant la fureur romaine, refusent de prendre part à la grande révolte de Bar Kochba. Ils ouvrent les portes de la cité aux Romains. Cela leur sauva la vie.
Ceci dit, les Juifs sont à peine tolérés: les Romains décident quand même de supprimer le nom hébraïque de Tsippori et elle devient Deocaesarea pendant un temps. Ils donneront aussi tout pouvoir à l’administration romaine jusqu’au 3 ème siècle.
Cependant, dans le même temps, les Juifs arrivent à un compromis avec l’administration locale qui finalement accepte la venue des membres du Sanhedrin, ce qui permet à Yehuda Hanassi de terminer tranquillement la compilation des textes de la Mishna pendant 17 ans. Yehuda Hanassi sera enterré à Beit Shearim* mais la plupart de ses descendants ont leur tombeau à Tsippori.
Voici les vestiges du quartier juif. Vu la multitude de Mikve*, il est admis  qu’elle était habitée par de nombreux Cohanim.

 

La ville continuera à prospérer pendant la période byzantine avec une population mixte, juive et chrétienne: de nombreuses églises et synagogues y seront construites, au moins 18 synagogues sont référencées dans le Talmud. Il semble donc que les Juifs de la ville étaient quelque peu à l’abri des persécutions byzantines qui sévissaient dans le reste du pays.
Elle sera détruite par un tremblement de terre au 4 ème siècle, reconstruite et continuera à prospérer jusqu’à l’arrivée des Arabes. Les Croisés n’y trouveront pas de Juifs, mais la reconstruiront en partie, ils pensaient en effet que Tsippori était la ville natale de Marie. Ils construiront aussi une forteresse, base arrière dans leur guerre contre les forces de Saladin.


Ensuite à l’époque ottomane, un chef bédouin appelé Daher El-Omar restaurera la forteresse en 1745 en y incorporant quelques-unes des pierres antiques et des sarcophages qu’il avait trouvé dans les ruines. Quelques maisons en ruine serviront de bergerie pour ses troupeaux:
Les fouilles archéologiques commenceront pendant le mandat britannique, puis seront interrompues. Elles recommenceront et cette fois pendant 20 ans, ce qui permettra de mettre au jour tous les vestiges que l’on peut admirer actuellement dans le parc de Tsippori.

Si la ville antique de Tsippori est un site archéologique, un moshav du même nom a été fondé tout à côté en 1979.

 

Le moshav Tsippori vit surtout du tourisme:

Mais revenons au Sanhedrin:
Après une trentaine d’années de tranquillité,  le Sanhedrin devra fuir à nouveau en l’an 193 et cette fois, s’installera à Tibériade sous la présidence de Gamaliel III ben Yehuda Hanassi.
Mais ceci, je vous le raconterai dans un prochaine article!

A bientôt,

*Il s’agit de Betlehem en Galilée:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/01/02/une-autre-bethlehem/

*Son nom restera Tsippori avec de légères variations: pour les Romains, elle sera Sepphoris, pour les Croisés Saphorie, et pour les Arabes Supheriyya. Seuls les Grecs la nommeront pendant un temps Autokratoris, c’est à dire: ville autonome

*Les Makabim:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/12/09/hanouka-sameah-%d7%97%d7%a0%d7%95%d7%9b%d7%94-%d7%a9%d7%9e%d7%97-2/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/12/09/hanou-ka-ou-hanouka/

*Mikve:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2019/06/07/monter-a-jerusalem/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2018/07/05/tant-quil-y-a-de-leau-il-y-a-de-lespoir/

 

 

 

 

Le sentier du Sanhedrin (1)

Les missiles sont tombés en continu dans toute une partie du pays pendant deux jours: plus de 400! Une attaque du Djihad Islamique, en provenance de Gaza.

(le dernier tube du ‘Hamas qui cette fois ne participe pas aux réjouissances mais encourage le Djihad Islamique)

Il parait que nous avons droit à un cessez-le-feu en ce moment, mais comme le rapportent les parents d’Hadar Goldin: c’est précisément pendant un cessez-le-feu que notre fils a été kidnappé*. Un cessez-le-feu jusqu’à quand? Jusqu’au prochain round?
Aussi pour nous changer les idées, je vous propose un petit tour en Galilée. Empruntons le sentier du Sanhedrin…

Retrouvons nous au début de l’ère chrétienne*.
Comme vous le savez, en l’an 70, Titus détruit le Temple et une partie de la ville de Jerusalem*. Les membres du Sandedrin* peuvent heureusement se réfugier sur la côte, dans la ville de Yavne. C’est là que commencera la rédaction de la Mishna*.
Malheureusement, en 135, après la défaite de Bar Kochba, une terrible répression s’abat sur les Juifs. Jerusalem, rasée et renommée Aelia Capitolina est devenue une zone interdite aux Juifs, judenrein.
La ville de Yavne devient elle aussi trop dangereuse. Les Sages du Sanhedrin  se réfugient alors plus au nord pour pouvoir continuer leur travail. Ce n’est que le début d’un long périple. Pour survivre, ils devront se déplacer de ville en ville en Galilée.
Commençons, nous aussi, ce périple.
Tout au début, ils s’arrêtent à אושה ,Usha, en Galilée occidentale. Son nom, Usha, vient sans doute du mot אשיה, ashiya, un créneau, employé par le prophète Jérémie qui tonne contre Babel en Chaldée (Jérémie 50,15):
הָרִיעוּ עָלֶיהָ סָבִיב, נָתְנָה יָדָהּ, נָפְלוּ אשויתיה (אָשְׁיוֹתֶיהָ), נֶהֶרְסוּ חוֹמוֹתֶיהָ: כִּי נִקְמַת יְהוָה הִיא הִנָּקְמוּ בָהּ, כַּאֲשֶׁר עָשְׂתָה עֲשׂוּ-לָהּ.
Poussez le cri de guerre contre elle de toutes parts: elle tend les mains, ses créneaux tombent, ses murs s’écroulent, car ce sont les représailles de l’Eternel. Vengez-vous sur elle, faites-lui ce qu’elle a fait elle-même.
De Usha, il ne reste que quelques ruines mais si son nom veut dire créneau, c’était certainement une place fortifiée. Ce qu’on connait du Usha de cette période  nous est transmis par quelques textes de la Mishna: ils nous racontent que le président du Sanhedrin, alors Yehuda Ben Baba, avait voulu ignorer l’interdiction romaine d’ordonner des sages, ce qui lui valu d’être exécuté par le pouvoir romain.

(tombe de Yehouda ben Baba. La tombe elle-même se trouve dans une grotte)

Usha tombera ensuite dans l’oubli mais des fouilles archéologiques décrivent un habitat juif jusqu’au 17 ème siècle.

Au début du 20 siècle, sera fondé le kibboutz Usha par des immigrants venus de Pologne,

et ceci juste après que l’ancien village de Usha lui-même et le village voisin de Kassair aient été colonisés par des Arabes venus…. d’Algérie dans les années 20 pour travailler dans les usines de ‘Haifa!

Si le développement économique de la Galilée à cette époque nous semble actuellement bien peu attrayant, il est sûr que dans les années 20, le niveau de vie des pionniers, bien que très bas, attisait l’envie d’un monde arabe qui végétait dans la misère! Pendant la guerre d’Indépendance, le kibboutz Usha et le kibboutz voisin Ramat Yohanan furent attaqués par le bataillon druze de l’Armée de Libération Arabe* auquel s’étaient joints les villageois musulmans de Usha et de Kassair.
Mais en vain. Les habitants du village arabe de Usha et de Kassair s’enfuirent au Liban. Il est sûr que leurs descendants se revendiquent maintenant réfugiés palestiniens!

Mais revenons au Sanhedrin:
Fuyant Usha en l’année 140, les sages se réfugient à Shfar’am,  quelques kilomètres plus à l’est.
Shfaram est maintenant une ville arabe mais on y trouve des vestiges byzantins ainsi qu’une ancienne synagogue bâtie au 17 ème siècle, sur les ruines de synagogues précédentes.

En 165, le Sanhédrin doit fuir à nouveau et s’installe à בית שערים, Beit Shearim, sur la route « Haifa-Nazareth.
Beit Shearim: son nom signifie la maison des portes, c’est dire si la ville était déjà importante. Un peu comme celle de Shaarayim, la ville aux deux portes, dont je vous ai déjà parlé*. Beit Shearim est une ville relativement récente puisque fondée par Hérode. Apres avoir été une place forte pour l’armée romaine, l’arrivée du Sanhedrin en fait une place forte pour la culture juive car, paradoxalement, cette époque d’intense persécutions est aussi une époque d’intense activité intellectuelle.
C’est dans cette ville que sera enterré rabbi Yehouda Hanassi.
La vidéo ci-dessous raconte comment fut découverte l’antique Beit Shearim par Alexander Zaid*.

La ville se situe maintenant dans le magnifique Parc National de Beit Shearim.
Beit Shearim est particulièrement célèbre pour ses catacombes. Rabbi Yehouda Hanassi s’y étant fait enterrer, de nombreux Juifs voulurent y installer leur caveau, considérant que c’était un honneur d’être enterré auprès d’un sage qui avait dirigé la compilation des six traités de la Mishna, basés sur la tradition orale et fondatrice du judaïsme rabbinique.


Mais la ville est encore plus célèbre maintenant par la découverte d’une dalle de verre pesant une tonne!
En 1956, l’autorité des Antiquités avait prévu de convertir une des grottes en un petit musée. Or, en nettoyant les gravats, un bulldozer était tombé sur quelque chose de grand et si lourd qu’on ne pouvait le déplacer. Les ouvriers du chantier pensaient qu’il s’agissait d’une dalle rectangulaire en pierre. En fait, après analyse, la dalle s’est avérée être en verre. Des restes de poterie, trouvés également sur le site, indiquèrent que la dalle de verre était en place depuis la fin du 4 ème siècle environ.
Que faisait donc dans cette grotte une dalle de verre d’une tonne?
La réponse fut bientôt trouvée. Cette dalle était une réserve de verre en tant que matériau, ce matériau étant destiné à être utilisé et transformé en objet quelque part ailleurs. Mais pourquoi cet énorme morceau de verre a-t-il été abandonné là où il avait été fabriqué? Nul ne le sait pour le moment…

Les Romains ne désarmant pas, les sages du Sanhédrin fuiront ensuite à Tsippori puis à Tibériade en 193, mais ceci, je vous le raconterai dans un prochain article.

A bientôt,

PS: Comme je le craignais, le cessez-le-feu a tenu 5 heures et une pluie de missiles s’est abattue sur le Sud.

Hadar Goldin:
https://www.israelnationalnews.com/News/News.aspx/271660

* Rabbi Yehouda Hanassi:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/06/24/les-generations-oubliees-1/

*La ville de Shaarayim:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/07/26/goliath-ou-est-tu/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/12/27/la-vallee-du-terebinthe/

*Hillel hazaken:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/10/16/on-marche-au-pas-enfin-presque/

*L’armée de libération arabe était composée de volontaires musulmans étrangers à la région et venus prêter main-forte aux pays arabes des alentours. Il y avait environ 6000 combattants venus des régions limitrophes d’Israël mais aussi des Irakiens, Bosniaques, Circassiens, des Frères Musulmans originaires d’Egypte, des Turcs, et même des Allemands ainsi que des déserteurs anglais. Tous sous le commandement de Fawsi Al Qawuqji, originaire du nord Liban et allié des Nazis pendant la deuxième guerre mondiale.

*Alexander Zaid:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/02/13/le-sionisme-politique-avant-1914/
Les successeurs d’Alexander Zaid:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/20/les-shinshinim/