Bon anniversaire Israel! 73 ans et vive le Krembo!…

La transition n’a pas été facile avec la journée triste d’hier, mais nous voici revenu au Jour de l’Indépendance, notre Yom Haatsmaout:



Ceux qui ne sont pas allés faire la fête dans les rues hier soir étaient tous devant leur écran pour suivre la cérémonie en direct et regarder Koolulam faire chanter les équipes médicales.


Omer, principale conseillère du blog, m’a demandé de vous parler du Krembo.
– Qu’y a-t-il de plus israélien m’a-t-elle dit ?
– Heu… Le felafel ? Le houmous ? Le… ?
Non! a-t-elle rétorqué, c’est le Krembo qu’on ne trouve qu’en hiver et que donc la plupart des touristes ne connaissent pas.
Alors, voici :
Le Krembo ! Déjà son nom est évocateur קרם  (krem) crème et non ce n’est pas de l’hébreu et בו (Bo), en lui, et ça c’est de l’hébreu. Il s’agit, vous l’aurez compris, d’une friandise composée d’une guimauve crémeuse sur une base de biscuit et recouverte de chocolat


Certain diront que le Krembo n’est pas d’origine israélienne et que ce sont les danois qui l’ont inventé, il y a environ deux siècles, mais avez-vous entendu un Danois s’en vanter ? Tandis que nous, si ! Et en plus nous en mangeons environ 500 000 par an ou plutôt 500 000 entre les mois d’octobre et d’avril.
Des études fort sérieuses ont même révélé que la population israélienne n’est pas fracturée entre religieux-laïcs, gauchistes- droitistes, juifs-arabes, ashkenazes – sepharades mais entre ceux qui:
– mangent le Krembo en commençant par le biscuit du dessous, continuent par la crème guimauve et enfin le chocolat,
– enlèvent le biscuit, mangent la crème et le chocolat, et gardent le biscuit pour la fin,
– mangent tout en même temps,
– grignotent le chocolat puis mangent crème et biscuit ensemble.
Comme l’étude a été menée par Strauss, la société fabricante de Krembo, je peux aussi vous donner les pourcentages : 69% pour le premier groupe, 12 % pour le deuxième, 10 et 4% pour les deux derniers. Les plus créatifs mangent le Krembo différemment à chaque fois. Il parait même que certains le mettent au congélateur mais là, les données sont secrètes.
Notre Krembo est tellement célèbre et apprécié qu’une discussion halakhique s’est tenue sur le thème : quelle bénédiction faire avant de le déguster ? En faut-il deux ? Une pour le biscuit et une pour le crème ? Et le chocolat dans tout ça? J’avoue ne pas connaitre la réponse mais le chanteur Aharon Razel en a fait une chanson :


Le célèbre groupe Hakaveret dans son chant המכולת  (hamakolet), l’épicerie, a ces mots : je l’ai laissée tenir le Krembo.
Quelle prevue de confiance!



Un poème nostalgique a même été écrit lorsqu’en 2018, la société Strauss a décidé de supprimer l’emballage en papier d’aluminium pour le remplacer par des petites coupes en plastique : Ils n’emballeront plus le Krembo dans le papier d’aluminium!…

Et au cinéma ? Dans Le film (1999) מבצע סבתה  (mivtsa savta), Opération grand-mère, qui raconte les tribulations drolatiques de l’enterrement de la grand-mère ‘Haya au kibboutz, l’un des principaux personnages chargé des infiltrations en territoire ennemi a pris Krembo comme nom de guerre.
Savez-vous que Dumbeldore, le célèbre directeur de Poudlard (en anglais Hogwarts), mange un Krembo dans la traduction en hébreu du tome 2 de Harry Potter et non pas une glace au citron comme J.K.Rowling l’a écrit dans la version originale?

Enfin et plus sérieusement, connaissez-vous Krembo Knafaim ? Les Ailes de Krembo ?

Tout a commencé quand en 2002, Adi Altschuler âgée alors de 12 ans est devenue bénévole pour s’occuper de Kfir, un petit garçon de trois ans atteint de paralysie cérébrale.
A l’âge de 16 ans, Adi rejoint LEAD une organisation qui vise à développer le leadership chez les jeunes. À la recherche d’une idée d’entreprise sociale faisant partie des activités de l’organisation, elle a l’idée d’établir un cadre social pour Kfir et en 2006 avec quelques amis, elle fonde les Ailes de Krembo, un mouvement de jeunesse particulier destiné à la fois à des adolescents ayant des besoins particuliers et d’autres en bonne santé.
Krembo Knafaim leur organise des après-midis ludiques en compagnie d’autres enfants ou adolescents en bonne santé pour qu’ils puissent rencontrer des jeunes de leur âge.

(Faire partie du groupe et avoir la joie de connaitre amis et affection)

Dans le même temps et pendant que les enfants sont actifs, les parents ont quelques heures pour se reposer un peu de la prise en charge constante et intensive de leurs enfants. Ces rencontres sont bénéfiques pour tous : les deux groupes se découvrent et peuvent ainsi réaliser un changement dans la perception de la société et la croyance que tout personne peut être aidée mais aussi donner et être entièrement partie prenante de la société israélienne.
Depuis 2006, les centres de Krembo Knafaim se sont tellement développés que le pays en compte maintenant 86 et que 7000 enfants sont pris en charge. Ce mouvement jouit d’une telle renommée qu’Adi Altshuler a été choisie pour allumer une torche lors du Yom Haatsmaout de l’année dernière en 2020.

En 2018 l’ONU a choisi Krembo Knafaim pour être consultant spécial auprès du comité ECOSOC, car il est un leader mondial dans l’intégration des enfants et adolescents ayant des besoins spéciaux dans les activités sociales et éducatives et qui contribue à leur autonomisation. Evidemment, l’ONU ne connaissant pas les Krembo l’a renommé Wings Challenge.

Vous voyez bien qu’entre le Krembo et nous c’est une histoire d’amour!

J’ai dû cependant avouer que je n’aime pas le Krembo, bien trop sucré pour moi !
-C’est
… m’a doctement répondu Avigail, la bouche pleine du dernier Krembo de l’année, c’est parce que tu es née en גלות (galout), en exil.



Bonne fête de Yom Haatsmaout et à bientôt,






Yom Hazikaron: les disparus de Tsahal



Ce mercredi, nous honorons ceux qui sont tombés pour la défense du pays et ceux qui ont été victimes d’attentats. Comme pour le jour de Yom Hashoah, des cérémonies sont organisées dans tout le pays, les drapeaux sont en berne, la sirène retentit et de nombreuses familles se rendent au cimetière pour honorer leurs morts. Certaines ne le peuvent pas car leurs enfants ont disparu au combat.

Actuellement 173 soldats sont encore déclarés disparus, parmi eux 108 ont été tués pendant la guerre d’Indépendance. A cette époque, l’armée était encore en devenir et bon nombre des combattants partaient se battre en descendant des bateaux des maapilim* sans que quiconque ait enregistré leur nom. Jusqu’à la guerre de Yom Kippour en 1973, Israel n’avait pas toujours d’unité chargée de localiser les disparus. Pendant la première offensive égyptienne de nombreux soldats ont été déclarés manquants. L’armée décida alors de créer une unité spéciale dont la mission était de détecter et localiser les corps. Elle confia cette unité à Shlomo Ben Elkana qui avait déjà réussi à retrouver des corps de soldats disparus pendant la guerre des Six Jours, en 1967.
Mais à la fin de la guerre du Kippour, l’armée se retrouva confrontée à plus de mille disparus. Prisonniers? Morts? personne ne connaissait leur sort. Pour commencer à les localiser, des centaines de vétérans se portèrent volontaires pour établir un recensement général. Ce recensement donna une image exacte du nombre de soldats manquants (y compris de ceux qui étaient en captivité).
L’enseignement de Shlomo Ben Elkana était simple: N’abandonnez pas un seule graine d’information, n’abandonnez pas une seule piste même si elle semble ne mener à rien.
Ce travail systématique a permis de retrouver la plupart des soldats manquants et de mettre un nom sur des corps anonymes. Ces recherches se poursuivirent pendant des années même après la signature du traité de paix avec l’Egypte et l’évacuation du Sinaï par les Israéliens.
A la fin des années 80, l’unité אית »ן (Eitan)* abréviation de איתור נעדרים (Itour needarim), localisation des disparus, et issue de l’armée de l’air a pu bénéficier de moyens technologiques modernes qui lui ont permis de chercher à nouveau des soldats manquants de la guerre d’Indépendance et d’en retrouver un certain nombre.
Aujourd’hui, parmi les disparus et exception faite de ceux tués en 1948-49, 15 font partie des victimes du destroyer Eilat coule par la marine égyptienne en 1967, trois ont été tués au Liban lors de la bataille de Sultan Yacoub en 1982. Il faut bien sûr rajouter Gaï Hever, disparu mystérieusement le 7 aout 1997 sur le Golan, alors qu’il avait quitté sa base, et aussi le navigateur Ron Arad.

(Gaï Hever)

Des soldats tués lors de la bataille de Sultan Yacoub, un seul a été rendu à sa famille: Zakharia Baumel*

Les corps de Yehuda Katz,

et de Tsvi Feldman



sont toujours aux mains des Syriens

Le plus connu des soldats disparus est sans doute Ron Arad, navigateur dans l’armée de l’air. Le 16 octobre 1986, Ron Arad et le pilote Yishai Aviram étaient en mission d’attaque des bases de l’organisation terroriste OLP, dans la région de Sidon au Sud Liban. Une de leurs bombes a explosé prématurément ce qui les a forcé à sauter en parachute. Yishai Aviram a pu être secouru mais Ron Arad est tombé entre les mains de la milice chiite Amal, inféodée au ‘Hezbollah. En 1987, une lettre et des photos de Ron furent envoyées au gouvernement israélien qui essaya alors de l’échanger contre deux membres du Hezbollah mais en vain. Des informations non-officielles firent alors état d’un transfert de Ron vers l’Iran, puis plus aucune nouvelle. On sait maintenant qu’il a dû mourir peu après sa capture.

La fille de Ron, Yuval Arad a toujours la lettre qu’elle reçut de son père:
À mes très chères Tami (son épouse) et Yuval, j’essaie de vous oublier car me souvenir de vous me fait m’étouffer mais sachez que je vous aime et c’est probablement la seule raison qui m’empêche de penser au pire scénario possible. Je veux que tu sois en bonne santé et heureuse pour que je le sois quand je reviendrai, je saurai que je reviens dans une famille saine et heureuse … Yuval, ne m’oublie pas … Montre-lui mes photos et parle-lui de moi et combien je l’aime.
Yuval Arad est maintenant mère d’une petite fille

(Yuval Arad)

Pendant les quelques années où Israel espérait pouvoir échanger Ron Arad avec des membres du ‘Hezobllah libanais, Ehud Manor avait composé ce chant: כשתבוא (kshe tavo), lorsque tu reviendras:
Lorsque tu reviendras, le jour de ces jours qui sont scellés par la prière, lorsque tu reviendras, nous t’offrirons des fleurs, des fleurs qui s’ouvrent sans mot, et si tu es fatigué et plein de tristesse, nous chanterons pour toi tranquillement, doucement, jusqu’à ce que tu nous rejoigne et alors; nous chanterons avec joie, nous chanterons avec joie!
Lorsque du froid tu reviendras à la maison, que tu reviendras à la lumière, notre cœur tremblera…


Pendant l’été 2014, lors de l’opération צוק איתן (Tzuk Eytan)* (muraille protectrice), les corps de deux soldats, Hadar Goldin et Oron Shaul, ont été kidnappés par le ‘Hamas qui refuse toujours de les rendre à leur famille et publie régulièrement des vidéos pour se moquer de ces parents qui luttent pour pouvoir enterrer leur fils.

Le sergent Oron Shaul*, un combattant de la brigade Golani, est tombé dans la bataille de Shaja’iya, l’une des batailles les plus difficiles de l’opération Tzuk Eytan de l’été 2014, au cours de laquelle sept combattants de la brigade Golani ont été tués. 

Le lieutenant Hadar Goldin est tombé dans une embuscade lors d’un cessez-le-feu violé par le ‘Hamas*.

Mon enfant plein de splendeur (Hadar) et de majesté,
Je ne veux plus attendre encore et encore;
Je t’ai envoyé avec un sourire d’amour
Et j’ai été laissé le cœur brisé et trahi.
Mon enfant plein de splendeur et de majesté,
Tu me manque beaucoup;
Chaque soir, je te murmure doucement une prière.
Et le jour je crie qu’il n’y a pas de pardon!

J’aurais voulu essayer de pardonner,
Mais ton sourire ne me donne pas la paix;
La mère en moi ne laisse pas oublier,
Que je ne manquerai jamais de force –
Jusqu’à ton retour

Mon enfant plein de splendeur et de majesté,
Tout le monde ici, oh comment ils peuvent trébucher;
Tout est si simple mais pas facile,
Comment répéter sans cesse la même erreur?
Mon enfant pour toujours tu es Hadar,
Donc il ne sera jamais, jamais, non jamais trop tard –
Chaque jour, j’ai encore un rêve que demain,
À moi, ils me diront que mon Hadar revient …

Nous ne devons pas non plus oublier Avera Mengistu et Hisham el Sayed, l’un Juif, l’autre bedouin musulman. Avera est handicapé mental, et Hisham est schizophrène. Tous les deux, des civils, sont détenus par le ‘Hamas depuis plusieurs années et on ne sait rien d’eux.

En haut: Hadar Goldin et Oron Shaoul dont les corps sont toujours aux mains du ‘Hamas
En bas: Avera Mengistu et Hisham el Sayed deux civils, peut-etre encore vivants

 Tous ces disparus dont on ignore le lieu de sépulture et toutes les tombes sur lesquelles on n’a pas pu encore graver de nom se retrouvent dans le Jardin des disparus sur le mont Herzl.

Ce soir et demain, tous ceux quoi ont donné leur vie pour que nous puissions vivre la notre et tous ceux qui ont été les victimes de la barbarie terroriste aussi cruelle que celle des nazis, seront rappelés à notre mémoire. Leurs noms seront lus, leur souvenir sera évoqué par les familles et les amis, et leur visages souriants défileront sur les écrans de la télévision
Parmi les visages de 23 928 soldats tués en action et les victimes du terroristes, voici les visages et les noms de ceux qui sont tombés en juillet 2014, luttant contre l’organisation terroriste ‘Hamas*. Parmi eux, à la minute 3.42 sur la vidéo, Jordan Bensemhoun, fils de Josiane et Philippe, originaire de Lyon. Il avait 22 ans.

A bientôt,

*Avshalom Feinberg:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/07/31/lettre-damour-davshalom-feinberg/

*Les maapilim:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/tag/maapilim/

*Ainsi que l’unité 669:
https://www.idf.il/fr/minisites/unit%C3%A9-669/

*Oron Shaoul:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/05/11/yom-hazikaron-2016/

*Le ‘Hamas:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/16/4795/

*Tzuk Eytan, la guerre de l’été 2014
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/22/sur-tous-les-fronts/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/27/la-nuque-raide/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/08/05/les-enfants-de-gaza/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/08/07/4980/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/08/24/des-droles-de-dames/
Ne pas oublier les 481 soldats revenus handicapés physique et les 153 souffrant de PTSD (Syndrome de stress post traumatique):
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2020/04/27/la-naissance-dune-nation-de-yom-hazikaron-a-yom-haatsmout-2020/

Yom Hashoah 2021: Nous sommes ces survivants


Ce soir, nous sommes le 27 du mois de Nissan et nos entrons dans le יום הזיכרון של השואה והגבורה (Yom Hazikaron shel hashoah vehagvoura), le jour du souvenir de la Shoah et de l’héroïsme.

Comme tous les ans, une cérémonie à leur mémoire se tient ce soir dans toutes les villes et villages d’Israel ainsi qu’au mont Herzl, à Jerusalem.

Vous pourrez la voir à partir de 20h (heure israélienne) 19h (heure française)





La mélodie d’ouverture du film documentaire La colonne de feu deviendra la mélodie symbole de la journée de Yom Hashoah

אני אותו רואה בלילה
ניצב על מקומו עמוד האש
מגדל של אור עולה למעלה
מצמיח שורשים כאילו ביקש
להגיד לפזורי העם
לתועי המדבר אי שם
בואו לכאן מצפון, מים
נגב וקדם
לילות רבים סבב בדרך
הפציע בעיני מי שחלם
הינחה בחושך אלי ארץ
ממנה לא ימוש אורו לעולם
להאיר לפזורי העם
לתועי המדבר אי שם
דרך עד כאן מצפון, מים
נגב וקדם
עמוד האש, עמוד השחר קם

Je la vois dans la nuit, elle se tient droite, colonne de feu, tour de lumière qui monte vers le ciel, fait germer des racines, annonce aux dispersés de notre peuple, ceux qui se sont perdus dans le désert au milieu quelque part: Venez! Depuis le nord depuis la mer, le sud et l’orient, venez!
Pendant de longues nuits, elle tourna sur les chemins, éblouissant les rêveurs de sa lumière, indiquant dans l’obscurité le chemin d’un pays dont la lumière éclairera à jamais
le chemin du peuple dispersé, perdu dans un désert quelque part,
qui vient du Nord, de la mer, du Sud et de l’Orient.
Colonne de feu, voici la colonne de l’aube
.




Nous sommes tous ces survivants, survivants parce que nous avons vécu la Shoah, ou survivants parce que nos parents, nos grands-parents l’ont vécue et parce que si les Alliés n’avaient pas défait l’Allemagne, nous ne serions pas là… Et je n’écrirais pas cet article.
Nous sommes aussi ces survivants parce que nous avons gardé l’espoir.
Le rav Israel Lau*, l’un des plus jeunes survivants de Buchenwald se souvient que lorsqu’il était dans l’orphelinat de l’OSE* à Ecouis, un des adolescents, nommé Aaron, dit à ses camarades:
« Lorsque j’étais enfant, j’allais me promener tous les soir avec mon grand-père au bord de la Vistule. Mon grand-père me récitait des passages du Tanakh que je devais apprendre par cœur.
Dans les camps, j’ai tout oublié. Pendant toutes ces années, je n’ai pas ouvert un livre mais je me souviens de l’un des textes de la bible parce que tous les soirs je le recitais pour ne pas perdre espoir:
La main de Dieu se posa sur moi et Il me transporta en esprit et me déposa au milieu de la vallée, laquelle était pleine d’ossements.  Il me fit avancer près d’eux, tout autour; or, il y en avait un très grand nombre à la surface de la vallée, et ils étaient tout desséchés.  Il me dit: « Homme, ces ossements peuvent-ils revivre?  » Je répondis « Seigneur Dieu, tu le sais. »  Et il me dit: « Prophétise sur ces ossements et dis-leur: Ossements desséchés, écoutez la parole de l’Eternel!  Ainsi parle le Seigneur Dieu à ces ossements: Voici que je vais faire passer en vous un souffle, et vous revivrez.  Je mettrai sur vous des nerfs, je ferai croître autour de vous de la chair, je vous envelopperai d’une peau; puis je mettrai en vous l’esprit, et vous vivrez; et vous reconnaîtrez que je suis l’Eternel. »  
Je prophétisai comme j’en avais reçu l’ordre. Il se fit une rumeur, comme je prophétisais, puis un frémissement, et les os se rapprochèrent en s’ajustant l’un à l’autre.  Je vis qu’il y avait sur eux des nerfs, qu’une chair s’était développée et qu’une peau s’étendait par-dessus, mais de souffle, il n’y en avait point encore.  Il me dit fais appel à l’esprit, fais appel, Homme, et dis à l’esprit: Ainsi parle le Seigneur Dieu: Des quatre coins, viens, ô esprit, souffle sur ces cadavres et qu’ils revivent. Et je prophétisai, comme il me l’avait ordonné; et l’esprit les pénétra, ils vécurent et ils se dressèrent sur leurs pieds, en une multitude extrêmement nombreuse. Alors il me dit: « Homme, ces ossements, c’est toute la maison d’Israel. Ceux-ci disent: « Nos os sont desséchés, notre espoir est perdu, c’est fait de nous! » Eh bien! Prophétise et dis-leur: Ainsi parle le Seigneur Dieu: Voici que je rouvre vos tombeaux, et je vous ferai remonter de vos tombeaux, ô mon peuple! et je vous ramènerai au pays d’Israë
l. (livre du prophète Ezechiel, 37)
Ces ossements, ce sont nous les survivants, ajouta t-il, ne dites pas, nous n’avons plus d’espoir*! C’est vrai nous sommes actuellement ces ossements desséchés, nous avons été éparpillés, enterrés, mais nous revivons et dans quelques jours nous rentrerons chez nous… »

Et il en fut ainsi, malgré l’opposition du gouvernement britannique qui envoyait ses bateaux de guerre arrêter les vieux rafiots, pleins à ras bord de survivants de la Shoah et les détourner sur l’ile de Chypre ou même les renvoyer en Allemagne comme ce fut le cas pour l’Exodus en 1947.

(Au moment d’être arrêtés par l’armée britannique, ces survivants entonnent l’Hatikva)

Ce soir, nous allumerons une bougie au nom de tous les nôtres.






A bientôt,

* Si vous voulez lire mes articles sur la Shoah, ils sont tagués Shoah, Yom Hashoah,

* Le rav Lau:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2020/01/28/les-actes-comptent-et-non-pas-le-verbiage-des-discours-sans-dents/

* L’OSE:
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C5%92uvre_de_secours_aux_enfants

*Nous n’avons pas perdu espoir: une des phrases de l’hymne national, Hatikva

Les quatre fils de la Haggadah

Et voilà!
Comme chaque année, nous avons lu la Haggadah, mangé les matsot*, les herbes amères*, bu les 4 coupes de vin et chanté à tue-tête. Et bien entendu nous avons commenté le texte.
Cette année, les petites-filles avaient une explication intéressante sur ce que sont les 4 fils de la Haggadah*:
On dit toujours que le חכם (‘hakham) le sage, le רשע (rasha) le méchant, le תם (tam) le simple et le שאינו יודע לשאול (Sheeino Yodea lishol) celui qui ne sait pas questionner sont les 4 représentants du peuple juif, comme sont les 4 plantes de Soukot* mais, ont-elles dit: Et si ces 4 là existaient ensemble à l’intérieur de chacun d’entre nous?
Pour elles, si ces enfants se trouvent dans le texte de la Haggadah, c’est qu’ils représentent sans doute toutes les composantes de notre peuple mais aussi toute la complexité de la psyché humaine. Et c’est toute notre complexité qui doit sortir de l’esclavage et accéder à la liberté. Alors qui sont-ils et que sommes nous?



Le Sage:
Le fils sage est ainsi nommé non pas à cause de ses réponses mais plutôt à cause de sa capacité à poser les bonnes questions. Il plonge à plusieurs reprises dans les mêmes questions difficiles car il sait que la réalité est complexe. Ce qu’il attend, c’est plus qu’on lui donne matière à réfléchir qu’une réponse dont il sait par avance qu’elle sera partielle. Ce n’est pas de l’arrogance, il questionne sans relâche et tout le monde car comme il est écrit dans le livre des Tehilim-Psaumes : de tous mes maitres, j’ai appris. La nuit du Seder nous permet d’être le fils sage et de regarder hardiment à l’intérieur de nous-mêmes et de nous poser toutes ces questions poignantes que nous avons évitées de traiter. Il y a des gens qui toute leur vie יושבים על הגדר (Yoshvim al hagader) sont assis sur la barrière et regardent passer leur vie. Ils attendent l’amour, le succès, l’accomplissement de leur destin etc… Et les jour filent sans qu’ils sortent de leur passivité. Le monde change sans eux et surtout sans qu’ils essayent de le rendre meilleur. Le sage est celui qui sait reconnaitre les opportunités, la porte qui ne s’ouvre parfois qu’une fois et s’y engouffrer.
Mais ne confondez pas sage et juste. Ce fils-là est un sage, un חכם (hakham) pas un צדיק (tsadik), un juste.

Le Méchant:
Et si le Sage n’est pas un tsadik, un juste, de même le méchant ne l’est pas dans l’acception commune du terme. Son rôle est de rendre les choses difficiles et de se moquer. Il s’exclut de la règle et se moque de quiconque est différent de lui. Il tourne en dérision tout ce qui est sérieux et il n’est pas intéressé à poser une vraie question mais se contentera du fait que vous n’avez pas de réponse. Le méchant est le miroir du sage: il s’oppose à toute idée reçue mais aucune explication ne lui parait satisfaisante. En fait, il refuse d’écouter, de prendre en compte, d’argumenter. Il préfère se mettre en colère. Le méchant vit une une histoire tragique, c’est un homme tourmenté dont l’esprit ne se repose jamais. Il pose la question: en quoi vos fêtes et traditions vont-elles changer le monde, et le rendre meilleur? Vos fêtes et non les siennes parce qu’il se veut en dehors de la photo de famille, bien qu’il y reste pour nous harceler.
Et peut-être parce qu’il ne questionne pas vraiment mais se contente de provoquer. La réponse qui lui est donnée dans la Haggadah n’en est pas vraiment une: tape-lui sur les dents!
Pédagogie sans nuance! Est-ce que ce coup que lui porte sa propre famille, lui permettra de tomber au plus bas du désespoir et ainsi de se relever? Comme disait le rabbi de Kotzk: il faut parfois tomber dans le puits le plus profond pour avoir la force de se relever. J’avoue que je n’ai pas la réponse!

Le Simple:
Le simple est souvent perçu comme limité. Mais en vérité il est innocent c’est à dire incomplet. Il n’est pas naïf mais ses connaissances sont limitées et cela lui suffit. Il ne cherche pas des réponses savantes à ses questions et vivra toute sa vie selon des normes morales et simples qui n’exigent pas une réponse intellectuelle. L’innocent sait poser des questions mais se contente de réponses faciles et confortables. Il n’est peut-être pas capable de plus ou alors peut-être a-t-il peur de s’aventurer dans la connaissance car comme dit le proverbe yiddish: Trop de sagesse, c’est trop de douleur. C’est peut-être pour cette raison qu’il vit dans un monde ordonné et organisé comme il l’entend et n’a pas besoin de changements profonds.
Nous lui ressemblons souvent. Nous sommes des créatures paresseuses, et cherchons des raccourcis pour nous épargner de faire des efforts mais pourtant la paresse a un prix et il est toujours douloureux de se réveiller.


Celui ne sait pas questionner:

Celui qui ne sait pas questionner:
Le dernier des quatre fils le plus difficile à comprendre. Est-il simplement ignorant? Et pourquoi? Vit-il dans une bulle d’indifférence au monde? Est-il trop éloigné de nous pour seulement nous comprendre? Est-il simplement un petit enfant?
Naomi Shemer le regarde avec tendresse. Pour elle c’est celui qui prendra la main de la plus belle fille et retournera dans la Haggadah pour nous faire rêver, mais comme elle sait bien que les choses sont bien plus compliquées elle nous prévient que ce n’est qu’une ritournelle:

Par une belle et claire journée, le sage, le méchant, le simple et celui qui ne sait pas questionner sont sortis de la Haggadah.
Dès qu’ils partirent sur les chemins, des 4 points cardinaux arrivèrent fleurs et bénédictions.
Le sage rencontra une femme sage, le simple une femme simple et le méchant la pire de toutes. Quand à celui qui ne sait pas questionner, il trouva la plus belle, mit sa main dans la sienne et retourna avec elle dans la Haggadah.
Où donc menèrent ces chemins?, Qui donc sont les quatre frères? Dans cette chanson mes amis, ne posez pas trop de questions…

Ensemble, les quatre fils vont fêter Pessa’h, la fête de la liberté. Oui, même le méchant qui ne nous supporte pas mais qui pourtant, est bien là, inscrit dans le texte de la Haggadah.

Leurs quatre noms forment ensemble le mot חרות (‘herout), liberté, autre nom de la fête de Pessa’h pour nous dire que la liberté cela ne se fête pas tout seul:

Et comme le chantent si bien les Blues Brothers; Everybody needs somebody:


Deux de mes petites filles sont avec moi dans le bureau. Omer m’explique qu’elle a trouvé un lien entre les idées de John Locke et le texte du Tanakh, Naama écoute un groupe de pop coréen, j’écris cet article…
Mais soudain les deux s’approchent de l’ordinateur…
– Les Blues Brothers savta?  Trouve quelque chose de plus israélien.

Alors voici:

Et toi! Réfléchis! Garde l’esprit ouvert, qui que tu sois de gauche, de droite, un gueulard, un mitnahal*, ça n’a pas d’importance, laisse tomber! Tu es mon frère!
Tu te souviens comme tout a commencé. Toi et moi on vient du même coin et on s’est sauvé de chez le Pharaon. Depuis on est ensemble, ça fait des milliers d’années. Qu’importe toutes les crasses que tu m’a faites, ce que je t’ai fait, pense un peu à ce qui est important, en cette fête de la liberté.

On se bat mais si quelqu’un essaye de te tuer, tu as toujours mon soutien. Tu es toujours avec moi car tu es mon frère. Ca fait déjà 4000 ans que tu es avec moi, sans doute que tu m’aimes un peu. Nous ne serons sans doute jamais d’accord, mais toi, toi qu’est ce que tu fais avec moi? Antireligieux fanatique, religieux extrémiste, gauchiste, droitiste? C’est parce que tu es mon frère!
Tu as besoin de moi et moi de toi. Ensemble nous sommes des Juifs que personne ne peut briser car oui! Tu es mon frère, Rien à faire, tu es mon frère!
Une petite bande de terre sans est ni ouest dans une mer en folie, et ne dis pas: hé regarde qui parle! C’est la fête maintenant! Ne me parle pas avec des mais, mon frère! Et même quand tu es grossier, tu l’es en hébreu! Tu as besoin de moi et moi de toi et ensemble personne ne nous brisera. Hé! car tu es mon frère! Hé oui, tu es mon frère!

A bientôt,

Les matzot, les herbes amères et le Seder:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2018/03/30/en-quoi-cette-nuit-est-elle-differente-des-autres-nuits/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/04/03/les-matzot-et-le-bataillon-perdu/

*Soukot:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/10/01/une-souka-des-soukot/

*Mitnahal: un Juif qui habite en Judée-Samarie, traduit dans la presse occidentale par colon qui habite les territoires occupés

Les élections

Aujourd’hui nous sommes allés voter, espérant qu’enfin nous aurons un gouvernement et une Knesset* qui ressemblera plus à groupe d’adultes responsables et moins à une classe de 120 enfants insupportables à l’ego surdimensionné qui se bagarrent dans la cour du gan Shoshana. Espérons!
Et sur le chemin vers le bureau de vote, me vient cette chanson de Naomi Shemer: Cet été habille-toi de blanc
Encore Naomi? Que voulez-vous, elle est incontournable!

Ici Idan Reichel chante avec les Parvarim dans le studio de Galey Tsahal, la radio de l’armée:


בקיץ הזה תלבשי לבן
תחשבי מחשבות בהירות
אולי תקבלי מכתב אהבה
אולי נעשה בחירות.

אני אבחר בך ואת בי תבחרי
וביחד נהיה לרוב
אם בקיץ הזה תלבשי לבן
ותתפללי לטוב.

Cet été, habille-toi de blanc, pense clairement, tu recevras peut-être une lettre d’amour, peut-être ferons-nous des élections
Tu me choisiras, je te choisirai et à nous deux, nous formerons le majorité
Cet été habille-toi en blanc et prie pour le mieux…


Je retourne préparer Pessa’h
A bientôt,

*Knesset Israel:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/03/20/knesset-israel/

Le pays des Mitnadevim

Tout a commencé par une balade à Ein Gedi. 
Le large sourire d’une soldate à un barrage en amont de Maale Adoumim* m’a fait oublier un moment ces deux constantes dans les médias: articles sur la pandémie de corona (et sur tous ceux qui s’obstinent  à ne pas observer les directives sanitaires) et les articles sur les prochaines élections qui trainent après elles les pro-Bibi et les tout-sauf-Bibi.
Mais est-ce vraiment la réalité de ce pays?
Oui,  mais  en fait, derrière tous ces articles et émissions qui nous harcèlent ad nauseum, il existe toute une population qui ne fait pas parler d’elle mais qui tient le coup malgré les difficultés quotidiennes et qui aide ceux qui en ont besoin.
Aucun d’entre eux ne fait les gros titres. Je ne compte plus les coups de téléphone de מתנדבים (mitnadevim) volontaires, qui nous ont appelés, à l’initiative de notre caisse-maladie, pour savoir si nous allions bien, si nous avions des difficultés financières ou besoin d’une aide psychologique.
 Mais qu’est ce donc qu’un מתנדב (mitnadev)? C’est celui est נדב (nadav) généreux et donc agit bénévolement pour le bien de la communauté. Beaucoup d’entre vous, Juifs ou non, ont entendu parler du volontariat à Tsahal*,

ou dans les kibboutzim*.

(Petit-déjeuner à la pause de 8 heures, Kibboutz Ramat Hashofet, 1967)

Les deux ont un grand succès depuis des décennies. 

Bref, il y en a pour tous les goûts et pas seulement dans les kibboutz ou à l’armée mais aussi à la police, les pompiers, la garde civile, MADA*, les hôpitaux…sans compter toutes les petites structures souvent spontanées qui se créent en souvenir d’un proche tué dans un attentat ou à l’armée, ou celle de voisins qui s’organisent pour aider les gens du quartier.
Cette vidéo résume bien ce qu’est le volontariat aux quatre coins du pays en ces temps de corona, depuis le Golan jusqu’à Eilat en passant par la Judée-Samarie, les localités du centre, Jerusalem etc…:

Cette idée que nous sommes tous responsables les uns des autres nous accompagne depuis toujours car elle vient des fondements du judaïsme.
כל ישראל ערבים זה לזה  (kol israel arevim ze laze) nous sommes tous responsables les uns des autres: cette phrase est une ordonnance des Sages du Talmud qui commentaient ce verset biblique :ils trébucheront l’un sur l’autre comme à la vue de l’épée, (Vayikra-Levitique 26,37). Pour eux, seuls notre entraide et notre sentiment de responsabilité envers les autres nous empêchera de trébucher.
Les sages du Talmud lui  donnait une signification essentiellement religieuse: nous sommes tous responsables de l’observance des mitsvot par nos frères. Mais maintenant, elle a pris le sens suivant: chacun de nous est responsable de la sécurité et du bien-être de son frère.
On trouve aussi son équivalent dans l’expression: שומר אחי (shomer a’hi), je suis le gardien de mon frère, imprimée sur les T-Shirt  du mouvement Hashomer He’hadash*


Dans toutes les communautés de la Diaspora, il y a toujours eu des caisses d’entraide pour les plus démunis: distribution de nourriture, dots pour les fiancées, et caisses de rachat des captifs*. Cette notion de צדקה (tsedaka) qui signifie aussi bien justice que charité a toujours été un commandement très suivi dans les communautés. 
Avant la création de l’état d’Israel, les institutions juives de la Palestine ottomane puis mandataire agissaient de même et lorsque le mouvement du sionisme politique s’organisa à la fin du 19 ème siècle, ce dernier établit ses institutions sur la base de l’entraide. 
Mon article sur MADA en est l’illustration: le Maguen David Adom a été fondé bien avant 1948. Tout le système scolaire, les groupes d’auto-défense, les associations pour le rachat des terres* et le développement de l’agriculture et même les groupes d’entraide médicale étaient déjà existants. Apres 1948, la Haganah, qui était une organisation clandestine d’auto-défense, sera remplacée par Tsahal, le ministère de l’éducation prendra en charge la gestion du système scolaire, les associations d’aide médicale deviendront les caisses de maladie etc… Mais même ensuite, lorsque l’état d’Israel, qui ne comptait que 600 000 personnes en 1948, dut en accueillir dans l’urgence tout autant en quelques années, le bénévolat fut d’autant plus indispensable que les nouveaux services publiques étaient débordés. Encore à l’heure actuelle, au sein des ministères de l’éducation, des affaires sociales, de la santé, de l’Intégration des immigrants ainsi que dans les conseils locaux, les associations bénévoles sont toujours très présentes et bien entendu actuellement dans cette crise sanitaire.

Alors qu’en Europe (surtout en France) on parle de l’état nounou, ici pas d’état nounou. L’état s’occupe essentiellement du régalien et le volontariat est une nécessité pour le pays.
Les aides de l’état sont souvent minimes par rapport à celles que reçoivent les Européens ce qui déstabilise beaucoup les Juifs qui viennent de France. Certains ont du mal à comprendre qu’une partie de leur bien-être proviendra de ces nombreuses associations et qu’ils devront eux-mêmes donner en retour.

En fait, l’état d’Israel tout entier peut être considéré comme le résultat d’un effort de volontariat particulièrement réussi. 

Et comme tout a commencé avec le sourire d’une soldate à un barrage, j’ai pensé à cette chanson de Keren Peles: באת לי פיטאום (Bat li pitom), Soudain tu es venue. Ce chant parle d’amitié, de soutien dans les moments difficiles, d’aide inattendue et gratuite.


La ville s’est tue, le ciel s’est assombri vers l’abîme, c’était presque l’heure du crépuscule de ma vie et soudain tu es venue.
Tu es venue soudain et tu m’a dit: viens! Dieu garde une place à la fin du jour pour les femmes comme toi, pour les naïves comme moi… Je me noyais,mais soudain tu es venue.
J’ai commencé mon voyage il y a longtemps, jusqu’ici je n’ai aucun regret. Parce que c’était nuageux, j’avais presque arrêté de rêver mais soudain tu es venue vers moi.
Dans la vidéo ci-dessus, Keren Peles chante avec Maayan, jeune commandante d’un fortin à l’entrée de Kalkilia qui a dû, comme beaucoup de jeunes filles, se battre pour être acceptée à ce poste de commandement , poste donné de préférence aux hommes. 

Et comme tout a  commencé sur la route pour Ein Guedi sur les bords de la Mer Morte… :


(Dans la vidéo vous pouvez voir la source du roi David* et le kibboutz Ein Guedi)

A bientôt,
 
 
*Volontariat dans les kibboutz:
 
*EIn Guedi:
C’est la que David refusa de tuer le roi Shaoul (Saül)
 Or, quand Saül revint de poursuivre les Philistins, on lui annonça que David se trouvait dans le désert d’En-Guedi. Saül prit alors trois mille hommes choisis entre tout Israël, et alla à la recherche de David et de ses hommes, en parcourant les sentiers escarpés des gazelles. Saül prit alors trois mille hommes choisis entre tout Israël, et alla à la recherche de David et de ses hommes, en parcourant les sentiers escarpés des gazelles. Il arriva près des parcs à brebis qui se trouvaient sur la route. Là était une caverne, où Saül entra pour se reposer; or, David et ses hommes se trouvaient au fond de cette caverne.  « Ah! dirent ces hommes à David, voici le moment dont le Seigneur t’a dit: Vois, je mettrai ton ennemi en ta main, tu le traiteras comme bon te semblera. » Et David alla couper sans bruit le bord du manteau de Saül. Mais ensuite le cœur lui battit d’avoir coupé le vêtement de Saül,  et il dit à ses hommes: « Dieu me préserve d’agir ainsi envers mon souverain, de porter la main sur l’oint du Seigneur! Oui, il est l’oint du Seigneur. » 7 Il rompit par ces paroles le dessein de ses gens et ne leur permit pas d’attaquer Saül. Celui-ci sortit de la caverne et poursuivit son chemin. 8 David se leva alors, sortit de la caverne et suivit Saül en criant: « Mon seigneur le roi! » Saül se retourna, David s’inclina et se prosterna la face contre terre. Et il dit à Saül: « Pourquoi écoutes-tu les propos des gens qui disent: David cherche à te nuire? Certes, aujourd’hui même, tu le vois, aujourd’hui le Seigneur t’a mis en mon pouvoir dans la caverne, me permettant ainsi de te tuer; mais je t’ai épargné et j’ai dit: Je ne porterai pas la main sur mon maître, car il est l’oint du Seigneur.  Regarde, ô mon père, regarde le bord de ton manteau dans ma main; puisque je l’ai coupé et ne t’ai pas tué, juge et comprends que je n’ai rien à me reprocher et que je ne t’ai manqué en rien, tandis que toi, tu cherches insidieusement à prendre ma vie! Que Dieu juge entre toi et moi! Il pourra me venger de toi, mais je ne porterai pas la main sur toi….
Et la suite dans le livre du prophète Shmuel-Samuel, au chap 24…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

Journée internationale de la femme

J’avoue que je n’aurais rien publié sur ce sujet car les journées de… me semblent ridicules et même un peu réductrices.
Mais, ma petite-fille Yael m’a envoyé cette vidéo de Tsahal qui, avec humour, reprend tous les stéréotypes , tous les clichés que les soldates peuvent entendre, surtout lorsqu’elles servent dans les unités combattantes:

Les gens me demandent toujours ce que ça me fait d’être un homme-soldat combattant?
Je leur dit que c’est simplement être un soldat combattant.
Etre un gars ne m’empêchera pas de faire le travail, je peux tirer comme n’importe quelle femme, je suis aussi fort qu’une fille!
Mon père m’a toujours dit: tu peux faire tout ce que tu désires vraiment, tu as juste besoin de croire en toi.
Ce n’est pas important le nombre de fois où j’entends :
As-tu besoin d’aide? Ce n’est pas trop dur pour toi? Oh, as-tu froid? Chérie, Mignonne… Tu es sûre de ce que tu fais?
Je m’en moque! Je ne laisse personne se mettre en travers de mon chemin. Chaque jour, je combats pour prouver ma valeur, prouver que je suis suffisamment forte et intelligente et que je ne renonce pas…
Oh, est ce que ce gars peut faire une garde? Ce gars peut-il repousser une attaque terroriste?

Et alors, pourquoi pas?
Cela semble ridicule, non?
Nous ne sommes pas des femmes-soldats, nous sommes des soldats de Tsahal, nous défendons notre pays

Comme Yael vient de recevoir son צו ראשון (Tsav Rishon)*, il lui est important que je la partage avec vous, mes lecteurs
A bientôt

*Tsav Rishon: On peut traduire par premier ordre. Il s’agit du premier rendez-vous avec l’armée, l’année des 17 ans. Dans quelques mois, elle sera convoquée pour passer tests médicaux et tests psychométriques qui déterminent le profil du futur soldat

Bonne fête de Pourim חג פורים שמח

Que vais je écrire cette année sur Pourim? demandais-je à ma petite- fille Omer, j’ai déjà écrit tant d’articles sur le sujet.

Elle me répondit qu’une phrase de la meguila ne lui plait pas: 
Esther n’avait fait connaître ni son peuple, ni son origine, Mordekhai lui ayant recommandé de n’en rien faire. (Esther 2,6)
– Mordekhai lui a dit de cacher le fait qu’elle était juive! Quel חצוף (Hatzouf) impertinent, ce Mordekhaï! Et dire qu’il était son oncle!
En bonne israélienne, elle n’arrive pas à accepter le fait que nous tous en Diaspora, nous avons dû, d’une manière ou d’une autre, cacher ou édulcorer notre identité, pour nous fondre dans le décor et que étions souvent des funambules dansant sur un fil au dessus de l’abîme.
Il est vrai que Mordekhaï est peut-être le personnage le plus ambigu de l’histoire. Mordekhaï, comme la plupart de ses contemporains vivant en exil en Perse, n’a pas répondu à la proclamation de Cyrus* permettant aux Juifs de retourner à Jerusalem.

(Le cylindre de Cyrus, British Museum)

Il n’a pas adhéré à l’idée du retour à Sion et à Eretz ‘Hemda*. Il est resté dans sa ville de Shoushan, capitale de l’empire perse. J’ai lu, il y a, peu une étude du rav Benny Lau qui se pose les mêmes questions. Que penser de Mordekhaï?
Dans les commentaire habituels, on loue son courage et sa détermination. Il est vrai que le livre d’Esther le présente ainsi:
Or, à Suse, la capitale, vivait un homme originaire de Judée, portant le nom de Mordekhaï , fils de Yair, fils de Séméi, fils de Kich, de la tribu de Benjamin. II avait été déporté de Jérusalem avec les captifs emmenés de Jérusalem en même temps que Leconia, roi de Juda, par Nabuchodonosor, roi de Babylone. C’est donc un homme qui connait ses ancêtres, qui sait d’où il vient, et qui a gardé le lien avec son passé.
Lorsqu’il doit expliquer pourquoi il ne se prosterne pas devant le ministre Haman, il ne nie pas qu’il est Juif: Les serviteurs du roi, admis à la cour royale, dirent à Mordekhaï: « Pourquoi transgresses-tu l’ordre du roi? » Comme ils lui faisaient cette observation jour par jour sans qu’il en tînt compte, ils dénoncèrent le fait à Haman, pour voir si les propos de Mordekhaï auraient quelque valeur; car il leur avait raconté qu’il était Juif. 
Le roi lui même est au courant. Lorsqu’il veut récompenser Mordekhaï de lui avoir sauvé la vie en déjouant un complot, voici ce qu’il dit à Haman:
Va vite, dit le roi à Haman, prendre le vêtement et le cheval dont tu as parlé, et fais comme tu as dit à l’égard du Juif Mordekhaï, qui est assis à la porte du roi, n’omets aucun détail de tout ce que tu as proposé. (Esther; 6, 10)

(Le triomphe de Mordekhaï par Pieter Lastman)

Mais Mordekhaï est en même temps l’équivalent d’un fonctionnaire zélé envers le pouvoir royal, assis, comme le dit le texte, à la porte du palais. En fait c’est un Juif de la Diaspora, qui respecte les lois du pays où il vit et qui veille sur la sécurité du roi. Ce qui est intéressant, c’est que toute l’accusation mensongère du ministre Haman contre lui et tous les Juifs de Perse, ne sera pour lui qu’un épisode de sa vie. Un épisode tragique, mais qui ne l’amènera pas malgré tout à prendre la décision de partir pour Jerusalem. Il retournera simplement s’asseoir à la porte du palais et acceptera ensuite le poste de Premier Ministre.
Il est vrai qu’il ne veut peut-être pas non plus abandonner Esther qui restera prisonnière toute sa vie dans le gynécée royal. D’ailleurs, on n’en sait pas tellement plus sur Esther. Elle s’est mise en danger pour sauver son peuple mais ensuite retombe dans l’oubli. Est-elle contente d’être reine de Perse? Rêve-t-elle en secret de retourner à Sion? Peut-être un peu: sans m’avancer trop et parce que dans ce texte, rien n’est anodin, la mention du prénom hébraïque, Hadassah, de la reine Esther*, est intéressante car Mordekhaï lui n’est identifié que par son prénom perse, Mordekhaï*. 
Alors, comment se fait-il que tous les commentaires présentent Mordekhaï comme un preux chevalier, sans peur et sans reproche, sans se poser de question sur son assimilation totale ou presque à la culture perse? Le rav Lau explique qu’il a trouvé de très anciens midrashim* qui parlent justement de cette ambivalence mais qui ont été occultés par des strates ultérieures d’autres midrashim écrits par des sages pour qui, le retour en Eretz Israel était plus qu’hypothétique, et bien compliqué. Pour eux, il fallait valoriser le Juif de la Diaspora, fidèle au pouvoir et si de temps en temps, il y avaient des pogroms et bien… on ferait avec, comme toujours et on en sortirait comme on sort d’une séance de cinéma où les méchants font pleurer le spectateur mais finissent par être vaincus.

Ce texte, où le nom de Dieu n’apparait jamais, a donné lieu dans toute la Diaspora à des fêtes particulièrement joyeuses parce que nous pouvions nous identifier totalement aux personnages, bien plus facilement qu’aux Hébreux sortant d’Egypte, libérés de leur esclavage.
Chaque année à Pessah, on nous rappelle: souviens-toi que tu es sorti d’Egypte. On ne nous rappelle pas: souviens toi que tu es sorti de Shoushan, parce qu’en fait,  les Juifs de Shoushan n’en sont jamais sortis. Tous ceux qui rêvaient encore de Sion et d’Eretz Israel étaient déjà partis. A Pessah on parle de ceux qui sont partis vers la terre d’Israel alors qu’à Pourim on parle de ceux qui sont restés en exil.

(Ridpah history of the world by Jhon Ridpath 1901)

J’ai trouvé un texte intéressant, une proclamation du K.K.L*, écrite pour la fête de Pourim, en 1920 à Varsovie. Le texte n’est pas complètement lisible mais ce que j’ai pu lire mettait en avant l’insécurité des Juifs en Diaspora, en comparant leur situation à celle des Juifs de Shoushan, d’il y a 2500 ans:

Au peuple hébreu!

Encore une fois nous ouvrons cette année la meguila (rouleau) de Pourim. Elle sera lue aux oreilles du peuple juif. la meguila du miracle et du sauvetage dont ont bénéficié nos ancêtres, il y a longtemps. La meguila d’Esther est la meguila de nos vies en Diaspora et pas seulement dans l’empire du roi A’hashverush car, dans chacun des pays où nous vivons, nous marchons, nous voyons les évènements se reproduire devant nos yeux. Le terrible Pour*, la loterie qui décidera de notre destin, n’est pas du passé, elle est toujours présente dans le monde et l’homme qui en sera responsable n’est pas le fils de Hamedata (le ministre Haman). Notre vie en Diaspora dépend de cette loterie, de ce Pour.. Notre vie est mise en pièces dans les urnes par ce Pour. Tout évènement peut nous amener à une angoisse soudaine. Tant que nous ne vivrons pas libres dans notre pays, tant que nous serons dispersés et disloqués, nous entendrons toujours, formulée différemment, la vieille antienne du tourmenteur: ça ne vaut pas la peine de les laisser en repos.
Nous devons sortir des limitations de notre vie actuelle et entrer dans une nouvelle vie, une vie sûre et pas plus contestée que la vie des autres. Nous devons racheter notre pays et y construire une maison pour le peuple juif. Tous nos soucis du quotidien doivent disparaitre devant ce rôle qui nous dépasse: la libération de notre terre. Ce rôle, le K.K.L l’a accepté depuis des années. En ce jour de Pourim où nous festoyons et nous nous envoyons des cadeaux les uns aux autres, n’oublions pas d’envoyer notre cadeau au peuple juif. Toute la terre d’Israel doit être rachetée. N’oublions pas que ce cadeau durera pour toujours et ne se terminera pas à la fin de Pourim. Ce sera la base de notre futur état. Rachetez la terre de nos ancêtres!
Le conseil central du KKL en Pologne
Et il leur restait seulement vingt ans à vivre….

Le refrain de ce chant dit: nous nous souvenons que nous avons une nation, nous savons que nous avons une patrie

J’ai été bien sérieuse pour une fête toute en gaité, bons gâteaux et déguisements. Peut-être que parce que cette année, nous vivrons un Pourim en demi-teinte à cause du confinement. Aussi pour me faire pardonner, voici deux chants de Pourim:
Le premier raconte comment le méchant Haman avait été obligé par le roi d’honorer Mordekhaï:
Aman prit donc le vêtement et le cheval, il habilla Mardochée et le promena à cheval par la grande place de ta ville, en s’écriant devant lui: « Voilà ce qui, se fait pour l’homme que le roi veut honorer! » (Esther, 6,11)

Le second se nomme Shoshanat Yaakov, la rose de Jacob:

Maudit soit l’homme qui cherche ma perte. Béni soit Mordekhaï le Juif. Maudite soit la femme mauvaise (Zeresh la femme de Haman). Bénie soit Esther qui me défend. Maudits soient tous les méchants. Bénis soient tous les justes.

La signification de cette expression Shoshanat Yaakov, la rose de Jacob, trouve son origine dans la Kabbale.  Shoshanat Yaakov est le nom de l’assemblée d’Israël, celle de Jacob, en référence au Cantique des Cantiques (2,2): Comme une rose parmi les épines, telle est mon amie parmi les jeunes filles.
Une autre explication est donnée dans le livre Peri Tzadik qui explique qu’il existe un certain nombre de parallèles entre Shoshana et Esther et l’assemblée d’Israël. Premièrement, le mot rose, Shoshana, a la même valeur en guematria que le mot Esther. Ensuite, selon le Zohar, il y a treize pétales dans une rose et treize degrés de miséricorde illuminent l’assemblée d’Israël.


Bonne fête de Pourim

A bientôt,

*Un décret de Cyrus le Grand en 537 avant l’ère chrétienne permit aux Juifs de revenir à Jerusalem et d’y reconstruire leur Temple. Livre d’Ezra-Esdras (2,10 et :
Ainsi parle Cyrus, roi de Perse: L’Eternel, Dieu du ciel, m’a mis entre les mains tous les royaumes de la terre, et c’est lui qui m’a donné mission de lui bâtir un temple à Jérusalem, qui est en Judée. S’il est parmi vous quelqu’un qui appartienne à son peuple, que son Dieu soit avec lui, pour qu’il monte à Jérusalem, qui est en Judée, et bâtisse le temple de l’Eternel, Dieu d’Israël, de ce Dieu qui réside à Jérusalem!

*Eretz ‘Hemda:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2021/01/28/une-terre-tant-desiree-les-noms-disrael/

*Au cours des siècles, Esther et Mordekhaï sont devenus des prénoms juifs très courants. Mais ce ne sont pas des prénoms hébraïques à l’origine. Ils sont sans doute perses et pour certains Esther=Ishtar ou Astarté et Mordekhaî= Mardouk, deux divinités du panthéon mésopotamien.

*Midrashim: commentaires rabbiniques de la période du Talmud

*Pour: loterie, tirage au sort. Dans l’histoire de Pourim, telle qu’elle est racontée dans le livre d’Esther, c’est ainsi qu’Haman décide du jour où il massacrera les Juifs… Haman résolut donc d’anéantir tous les juifs établis dans le royaume d’A’hashverush, la nation entière de Mordekhaï.  Le premier mois, qui est le mois de Nissan, dans la douzième année du règne d’A’hashverush, on consulta le POUR, c’est-à-dire le sort, devant Haman, en passant d’un jour à l’autre et d’un mois à l’autre jusqu’au douzième mois, qui est le mois d’Adar. (Esther, chap3,6,7)

*KKL: Le Fonds national juif (FNJ) ou Keren Kayemeth LeIsrael (KKL), en hébreu, littéralement : « fonds pour la création d’Israël », est un fonds qui possède et gère plusieurs centaines de milliers d’hectares de terres en Israel. Fondé en 1901 à Bâle (Suisse) en tant que fonds central du mouvement sioniste, il s’occupa du rachat de terres en Palestine et de la préparation des futurs pionniers sur le terrain. Il est connu pour avoir planté de nombreuses forêts.
https://www.kkl.fr/

L’hiver est revenu

 

Comme à chaque fois que le froid s’installe, les journalistes se posent micro en main à divers endroit stratégiques du pays pour nous expliquer que la neige est pour tout de suite ou pour demain, voir plus tard et en général, il ne se passe pas grand chose.
Hier ce fut pareil, le ciel était bleu.
Soudain, il s’est vilainement couvert. Nous savions qu’une grosse tempête se préparait. Un front nuageux menaçant arrivait par l’ouest sur la vallée du Jourdain:

(Photos de la vallée du Jourdain: Doudi Nesher)

 

Ce fut effectivement une belle tempête de vent et de pluie mais la neige restait bien hypothétique.
Soudain, les premiers flocons commencèrent à tomber et sur le versant est de la vallée, les sommets jordaniens se couvrirent de neige .

 

La vallée du Jourdain est devenue bien sombre:

 

paysage soudain austère,

 

Le plateau du Golan s’est recouvert de blanc:

60 cm de neige au kibboutz Ein Zivan

 

 

 

La Samarie elle-même sur ses sommets, vers Itamar:

 

A Hevron, un bénévole est parti à l’aube apporter du café chaud  et des gâteaux aux soldats frigorifiés à leur poste:

Jerusalem aussi était de la partie

(Photo Arnon Bosani)

 

Des mariés (et un photographe) courageux:

(Photo Israel Lavi)

 

Dans la vallée des gazelles*:

(photo Kol Hair)

Et ce matin à 6 heures:

 

A bientôt,

*La vallée des gazelles:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/04/09/la-vallee-des-gazelles/

 

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