Les drones

Les incendies dans le sud, les infos les mentionnent en passant, comme elles le faisaient quand les roquettes tombaient sur Sderot quotidiennement avant Tsuk Eitan*. Tous les jours des ballons incendiaires brûlent ou rebrûlent les champs dans la régions de Otef Aza*. Certains sont mêmes plus élaborés: ce ne sont plus de simples ballons incendiaires, ils sont lestés de jouets dans lesquels ont été dissimulés des explosifs. Heureusement, nos enfants savent depuis longtemps que les ballons gazaouis ne sont pas destinés à une fête d’anniversaire.
Depuis le mois d’avril,  l’unité de recherche et développement de l’armée de terre israélienne utilise de nouvelles techniques pour lutter contre ces ballons dévastateurs, et pour ce faire, a embauché un certain nombre de réservistes, passionnés par les drones. Ces drones savent non seulement reconnaître, poursuivre ballons ou cerfs-volants enflammés mais aussi les embrochent grâce à leurs ailes acérées et à une pointe en métal, qui se trouve à l’avant.
Mais ce n’est pas encore suffisant. Donc, depuis peu, les habitants se sont cotisés pour en acquérir eux aussi.



Il nous en faut un par kibboutz a déclaré Ron Alsheikh du kibboutz Nir Am et nous formons maintenant ceux qui en auront la charge.

.(le kibboutz Nir Am à côte de Sderot)

A l’heure actuelle, il y a eu plus de 1000 incendies qui ont brûlé 2600 hectares causant des dégâts de plusieurs millions de shekels, hier encore au kibboutz Guevim et deux ballons sont tombés  à Kiriat Malakhi et à Netivot. C’est une vrai catastrophe écologique. La région mettra des décennies à s’en remettre.
Ces jours derniers, un ballon incendiaire a été trouvé à Bat Yam, Rishon leTsion dans la banlieue sud de Tel Aviv, et trois à Jerusalem: l’un deux à Givat Zeev dans la banlieue nord, sans doute un cadeau de Ramallah, un dans un jardin d’enfants dans le quartier Emek Refaim et le deuxième dans la vallée du monastère de la Croix. Ces deux là viennent  sans doute de Bethlehem.

(le monastère de la Croix appartient à l’église orthodoxe géorgienne et  date du 11 ème siècle: Il se trouve en contrebas du Musée Israel et de la Knesset)

Ce matin au supermarché, les employés arabes se montraient désagréables avec les clients: regards hostiles, paroles agressives. Ils ne voulaient visiblement pas les servir. Un client s’en est inquiété gentiment: Que se passe-t-il אחי (a’hi) mon frère. Des problèmes au travail?  Pour toute réponse, le boucher a jeté son paquet de viande brutalement sur le comptoir et lui a tourné le dos. Un vieux monsieur m’a dit en confidence androlomoussia, androlomoussia*, c’est le chaos! J’ai été touchée par la réserve de cet homme âgé qui employait un mot si littéraire pour exprimer son désarroi.
Mal à l’aise, j’ai  pensé que peut-être la chasse à l’homme et les nombreuses arrestations en Judée-Samarie à la suite de l’attentat de Barkan avaient touché des membres de leur tribu.
J’ai préféré ne pas m’attarder. De toute manière et à mon grand regret, je ne comprends pas l’arabe.

(Les deux victimes de l’attenta de Barkan: Kim Yehezkel-Levengrond, 28 ans de Rosh Ayin, mère d’un enfant d’un an, et Ziv Hajbi, 35 ans de Rishon le Tsion, père de trois enfants.)

Ma petite fille Yael a 14 ans. Elle a commence à l’apprendre cette année. Elle avait pensé au français mais comme elle m’a dit: דע את האויב (Da et haoyev) connais l’ennemi. Hier un soldat de l’unité des renseignement Modiin est venu parler aux élèves de sa classe de la situation au Moyen-Orient, de celle d’Israel et a conclu: Dans les unités du Renseignement, nous avons besoin de soldats parlant, lisant et écrivant couramment l’arabe et sans les Renseignements, il n’y a pas de défense possible. Travaillez bien, on compte sur vous dans 4 ans!

 

Un peu de réconfort après un énième article sur le terrorisme,  hier dans le centre ville…

A bientôt,

*L’opération Rocher inébranlable ou Tsouk Eytan s’est déroulée pendant l’été 2014. Elle n’était pas la première opération,  loin de là, contre les agissements du ‘Hamas mais a permis à Sderot de vivre sans menace pendant 3 ans.

*Otef Aza: la bordure de Gaza

*Androlomoussia: désordre, chaos. Amdrolomoussia vient du mot grec androloimosso (ανδρολοιμωσσω). A l’époque de la Mishna, il désignait les victimes d’une épidémie. 

*L’attentat a eu lieu dimanche dernier dans les bureaux d’une entreprise de Barkan, à côté d’Ariel. Les deux victimes, Kim et Ziv, ont été menottées et exécutées d’une balle dans la tête par un palestinien qui avait travaillé dans l’entreprise. Une troisième employée a réussi à se cacher et n’a été que blessée. Le ‘Hamas et le Djihad ont tous les deux revendiqué l’attentat, ce qui ne fait pas l’affaire de Ma’hmoud Abbas qui craint que le ‘Fata’h ne se fasse supplanter. Officiellement, ses sbires nous aident pour rechercher le meurtrier mais pour le moment pas de résultats.
Ariel se trouve a quelques kilomètres de Rosh Ayin:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2018/08/17/le-sentier-des-patriarches-8-au-coeur-de-la-samarie/

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Une guerre d’usure…

Vous n’avez peut-être pas entendu parler de ce qui se passe à la limite de la bande de Gaza depuis bientot 6 mois.
Les émeutes le long de la frontière se multiplient. Contrairement à ce que nous raconte la presse occidentale, ce sont tout sauf des manifestations pacifiques: Des tentatives de pénétration, des jets de pierres et de grenades, des cocktails Molotov et des ballons incendiaires ou armés d’explosifs et cela tous les jours… Tous les jours aussi les incendies qui détruisent les récoltes et les réserves naturelles. Dans ces réserves depuis plus de 70 ans, Israel essaye de réimplanter la faune et la flore chassées par la désertification. Mais ce n’est pas tout: la fumée des incendies et celle des centaines de pneus qui sont brûlés tous les jours du côté gazaoui causent des problèmes respiratoires aux habitants des kibboutzim et moshavim frontaliers.

Voici un extrait d’un reportage de la télé sur la chaîne 20 d’avant-hier, mardi:
Elie Ben David du kibboutz Kerem Shalom,  nous parle d’une journée « ordinaire », où on entend les hurlements, ponctués de Allah ou Akbar des dizaines de milliers de Gazaouis qui essayent de pénétrer sur le territoire israélien:
– A certains moments, on ne voit presque plus le soleil derrière la fumée. Maintenant nous sommes recouverts de gaz lacrymogène, nous portons des masques.
A ses côtés, Roni Kizin, elle-aussi habitante du kibboutz:
– Ces temps, ils se déchaînent, surtout la nuit

Ils hurlent à côté de nous, nous envoient des engins explosifs, nous entendons des insultes, ils menacent de nous égorger.
Nous avons des difficultés pour respirer. Tous les vendredis après-midi (après les prières à la mosquée) cela empire. On ne peut pas sortir et nous recevons d’ailleurs des informations nous demandant de rester enfermés chez nous, de glisser des serpillières mouillées le long des portes et de calfeutrer les fenêtres comme au temps de la guerre du Golfe. De toute manière, dehors il est si difficile de respirer; le nez brûle, notre gorge brûle, nos yeux pleurent. Mais même dans les maisons il est très difficile de respirer. L’air est tellement épais et dégoûtant et ces gaz sont nocifs. J’ai du recevoir des soins à l’hôpital car je me trouvais en grande difficulté respiratoire. 

Ces émeutes sont devenues le cauchemar des habitants du sud et en particulier de ceux des kibboutzim frontaliers.
Pendant longtemps, ces gens se sont tus. Ils ne voulaient pas que le ‘Hamas se sentent pousser des ailes en entendant leurs difficultés, mais maintenant, ils n’en peuvent plus: le volume des fumées toxiques représente chaque jour l’équivalent de deux mois de pollution dans la ville de ‘Haifa où se trouvent des raffineries.
– Nous avons fait preuve de patience mais finalement nous nous sommes tournés vers les autorités, on nous a fait la promesse que cela sera traité. Mais quand?
Nous sommes sur la ligne de front…
Tous les jours plusieurs incendies font rage, les pompiers, les volontaires se relaient sans fin
Ces jours-ci on peut parler d’une escalade dans la violence chez les Gazaouis. Ceci pour plusieurs raisons.
– Le ‘Hamas se débat dans de grandes difficultés financières même s’il utilise la manne étrangère à des fins terroristes. Il est pressé par l’Egypte qui voudrait obtenir une réconciliation avec le Fata’h dont Ma’hmoud Abbas ne veut pas. Ce dernier ne paye plus aucune facture, ni aucun salaire à Gaza. Ma’hmoud Abbas est d’ailleurs intéressé à ce que nous entrions dans une confrontation armée avec le ‘Hamas pour l’en débarrasser.
– Le ‘Hamas est aussi pressé  par le Djihad Islamique qui veut prendre sa place. Il est donc forcé de montrer ses muscles pour combattre l’influence du Djihad sur ses troupes et se laisse entraîner dans une surenchère sans fin.
Demain, vendredi après-midi, le ‘Hamas et le Djihad continueront leur compétition le long de la barrière: à qui enverra le plus d’émeutiers? Qui sera le plus violent?

Pour le moment qui paye en fin de compte les combats internes entre le ‘Hamas, le Djihad et l’Autorité Palestinienne de Ramallah?
C’est Israel et en particulier les habitants de Otef Aza (bordure de Gaza) et les soldats stationnés le long de la barrière qui sont obligés eux aussi de respirer cette horreur.
PS Ce soir, c’est le tour du kibboutz Saad:

A bientôt

La mort et la vie sont au pouvoir de la langue*

 

 

J’ai souvent entendu dire: Ah mais vous les Juifs, vous êtes doués pour les langues!
Non, nous ne le sommes pas particulièrement, mais la plupart d’entre nous ont grandi dans des familles dont les membres n’avaient pas tous la même langue maternelle. En utiliser au moins deux, même imparfaitement, faisait partie du quotidien, et il en a toujours été ainsi pour des raisons historiques. C’est certainement un avantage car nous avons surmonté ainsi une barrière psychologique qui semble empêcher de nombreux Français d’utiliser les langues étrangères qu’ils ont pourtant apprises.
Ici en Israel, bien que plus des deux tiers des gens soient nés dans le pays, cette facilité à passer d’une langue à l’autre, même pour quelques mots, est toujours présente:
A la מכולת (makolet) épicerie, je ne suis pas surprise que Mahmoud me souhaite sba’h el’her (Bonjour en arabe), que Roni s’adresse à un petit garçon en russe: Саша, мой дгуг! (Sacha mon ami) pour repasser tout de suite à l’hébreu et qu’Ytsik me gratifie de son « Kommensava » habituel suivit d’un « aurévouar » sonore.
Certains diraient à tort « c’est la Tour de Babel« !
A tort pour deux raisons: Nous avons une langue en commun, l’hébreu, support de notre culture, les autres ne servent qu’à colorer notre langage. Et de plus, les constructeurs de la Tour de Babel parlaient justement tous la même langue.

(notre makolet)

Cette semaine, discussion entre amis dans notre  souka, décorée par Naama.


Ils me donnent quelques nouvelles de la vieille Europe qui corroborent l’excellent article de Liliane Messika « En Europe il y a les méchants et les gentils »*.
Je lis aussi l’en-tête d’un article sur Causeur*:
le sociologue Pierre Rosanvallon et chantre de la gauche universitaire refuse tout dialogue avec son adversaire idéologique Alain Finkielkraut.  À moins que ce dernier n’abjure ses convictions… Je ne connais pas cet homme ni désire le connaître. Mais ce qui m’épate c’est l’idée qu’on dialogue mieux tout seul…
Toujours dans la souka, nous en arrivons aux bienfaits de la confrontation positive des idées. Mon mari nous rappelle l’épisode de la tour de Babel: à
 ce moment là, l’humanité toute entière ne pratiquait qu’une seule  et même langue et, se sentant ainsi puissante, aspirait à bâtir une tour pour maîtriser les cieux…
« Toute la terre avait une même langue et des paroles semblables
וַיְהִי כָל-הָאָרֶץ, שָׂפָה אֶחָת, וּדְבָרִים, אֲחָדִים
Ça a l’air bien, une seule langue et un travail en commun pour le bien de tous! Beaucoup y verraient un signe de solidarité entre les peuples, d’égalité, de fraternité…
Pourtant cela ne plait pas du tout à Dieu: il les punit en dotant chaque groupe d’une langue différente et dispersant tout ce beau monde sur toute la surface de la terre .

« Et, ici même, confondons leur langage*, de sorte que l’un n’entende pas le langage de l’autre. Le Seigneur les dispersa donc de ce lieu sur toute la face de la terre »
הָבָה, נֵרְדָה, וְנָבְלָה שָׁם, שְׂפָתָם–אֲשֶׁר לֹא יִשְׁמְעוּ, אִישׁ שְׂפַת רֵעֵהוּ. ח וַיָּפֶץ יְהוָה אֹתָם מִשָּׁם, עַל-פְּנֵי כָל-הָאָרֶץ

 

(La tour de Babel. Un des ivoires de Salerno*. Le grand personnage à gauche est Dieu, pas vraiment content de l’humanité)

Quand on y pense, c’est quand même une punition bien légère. Le récit biblique nous a habitué à bien pire. Il suffit d’évoquer le déluge.
En fait, il ne s’agit pas d’une punition mais d’une thérapie. A ce moment là, l’humanité est en quête de puissance et de pouvoir.  Sa langue commune est celle du totalitarisme. Plutôt qu’un châtiment, la multiplication des langues est en fait une chance pour l’humanité.
La multiplication des langues et donc celle des cultures et des idées nous oblige chaque fois à échanger, à accepter les différences et à nous enrichir de celles-ci.

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Lorsque la langue et la gestuelle -langue du corps- s’unifient, la pensée elle-même devient celle du groupe. La langue commune fait le lit des dictatures.
Il  y a quelques années, j’avais lu « Une petite ville nazie« *:
Dans les années 60, l’historien américain William S.Allen séjourne plusieurs mois dans la petite ville allemande de Thalburg. Une
 double enquête, sociologique et historique, lui permet de publier l’étonnant récit de la montée du parti nazi de 1930 à 1935:
Il démontre que d’autres motivations que les évidents motifs socio-économiques permirent la nazification en douceur de cette petite ville allemande.  Les explications classiques de chômage, voire d’hostilité face à une communauté juive importante, n’étaient pas justifiées: la ville était prospère, résistait bien mieux que d’autres à la crise économique et n’avait qu’une toute petite communauté juive.
L’explication de William S. Allen est celle de l’acceptation passive de la doxa nazie par simple conformisme. Il a suffit de quelques nazis actifs et déterminés dans chaque association, culturelle, religieuse, sportive, depuis la chorale de l’église jusqu’aux associations d’anciens combattants pour donner le ton, pour décider avec qui pratiquer le vivre-ensemble.

Dans la petite ville nazie dont parle William S. Allen, tout est noyauté peu à peu par une minorité. En groupe, les habitants approuvent la doxa nazie bien que, séparément, ils soient peut-être de braves gens.

Aujourd’hui, l’Occident est face à une minorité islamique, adepte de la stratégie du « Jihad Silencieux » parallèlement à celle des « Milles entailles »*, mais peu de gens réfléchissent réellement à ce que provoquera la montée de ce fascisme islamique. 

(réunion du Labour Party cette semaine)

En hébreu, nous avons deux mots qui proviennent de la même racine: אחדות (a’hdut) la solidarité et אחידות (a’hidut) l’homogénéité. Le י(i) fait toute la différence. Il n’y a rien de pire que les sociétés homogènes où tout le monde parle d’une même langue. 

C’était quand même une discussion bien sérieuse pour cette semaine de Soukot!
Heureusement, le rire des enfants montait de souka en souka…

A bientôt,
PS:
Seul le docteur Zamenhof(1859-1919) était naïvement persuadé qu’une langue commune serait un vecteur de compréhension entre les peuples. Épouvanté par les nombreux pogroms de la fin du 19 ème siècle, il avait décidé de créer une langue facile à apprendre, l’Esperanto (j’espère). Son intention allait à l’encontre de celle des bâtisseurs de la tour de Babel. Il ne voulait pas imposer un pouvoir unique. Il avait seulement l’intention de supprimer les guerres grâce à une meilleure compréhension entre les peuples. Il avait oublié qu’une langue n’est pas qu’un ensemble de sons et l’écriture un ensemble de signes mais qu’elles sont l’expression d’une culture. Il eut de nombreux adeptes, de doux rêveurs qui furent balayés par la déferlante nazie et communiste.
Lisez l’excellent article d’Ada Shlaen sur Zamenhof:
A la mémoire de Ludwik Zamenhof (1859 – 1917)
Et puis lisez tous les articles d’Ada Shlaen. Ce sont tous des merveilles:
https://mabatim.info/author/ada2132/

 

La mort et la vie sont au pouvoir de la langue, livre des proverbes, 18,21

*article de Liliane Messika
https://mabatim.info/2018/09/21/en-europe-il-y-a-des-mechants-et-des-gentils/

*L’article sur Causeur, si vous avez le courage de le lire:
https://www.causeur.fr/pierre-rosanvallon-alain-finkielkraut-2-154401

*Le djihad silencieux: une fatwa lancée dans les années 1990 par l’un des principaux dignitaires musulmans qui avait dit: “La conquête de l’Occident se fera sans guerre mais en silence, par une infiltration et une prise de contrôle”.
C’est aussi le nom d’une série de reportages réalisés par le journaliste israélien Tsvika Ye’hezkeli en Europe, en Turquie et aux USA. Pour ce faire, et aidé par le Mossad, il a pris l’identité d’un cheikh jordanien, adepte des Frères Musulmans.
En voici deux extraits qui concernent la France:

https://gloria.tv/video/onXEk91Rce4N4YxPU1EdEpsah
https://gloria.tv/video/1CFtMKHVZ1MSCzbrM2TP314z9

*Stratégie des 1000 entailles:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/07/16/djihad-en-solo/

*La paracha de la tour de Babel: Bereshit (Genèse) 11,1-9

*Confondons leur langage. Le mot Babel fait bien référence à la Babylonie (Bavel en hébreu) mais la racine  signifie confondre

*Les ivoires de Salerno: ce sont des scènes bibliques, gravées sur plus de 60 plaques en ivoire et datant du 11 ème et 12 ème siècles. Elles combinent l’art byzantin,islamique, copte et chrétien occidental.  Elles constituent le trésor de la cathédrale de Salerno

 

 

 

Shana Tova 5779 שנה טובה

Comme vous le savez, Rosh Hashana n’est que l’un des 4 débuts de l’année juive*. Comme ce début du 1er Tishri est la date anniversaire de la création de l’homme, s’est imposée, à l’époque de la Mishna, l’idée que ce serait à ce moment là que Dieu déciderait de nous donner une bonne ou une mauvaise année!
Nos ancêtres se souhaitaient certainement une bonne année, mais ils le faisaient oralement. La poste n’existait pas et les quelques coursiers n’emportaient que des lettres officielles.
La première mention d’un Shana Tova date du 14 ème siècle. Elle se trouve dans une lettre écrite par Yaakov ben Moshe Moelin*, célèbre פוסק (possek) de Mayence en Allemagne. Mais ceci resta aussi exceptionnel que pouvaient l’être les lettres personnelles.*
Et puis la famille et les amis, tous habitaient dans le même village alors pourquoi envoyer des voeux? Quant à ceux qui partaient au loin, ils donnaient si rarement de leurs nouvelles*…


(Peinture d’Itzik Beller, tirée de son livre La vie au shtetl)

Mais, tout change avec l’apparition des premières cartes postales à la fin du 19 ème siècle.
En 1880 sont imprimées les premières cartes postales pour Rosh Hashana et pendant un siècle, la majorité des cartes envoyées par des Juifs le seront à cette occasion.
Elle sont écrites principalement en yiddish et en hébreu décorées de 
motifs traditionnels: shofar, maguen david, murailles de Jerusalem, pomme dans le miel…
Elles sont aussi souvent liées à l’actualité du moment, comme celle-ci avec le portrait d’Alfred Dreyfus. Il ne faut pas oublier que la condamnation d’Alfred Dreyfus a plongé dans le désespoir les communautés d’Europe de l’est, persuadées qu’en France rien de mauvais ne pouvait arriver aux Juifs*:


Elles  décrivent l’espoir des populations juives qui fuient les pogroms en Europe pour le Nouveau Monde: sur celle-ci, face à l’aigle impérial russe menaçant, 
l’aigle américain porte une banderole où est écrit cette phrase tirée du livre de Tehilim (17,8): Garde-moi comme la prunelle des yeux, abrite-moi à l’ombre de tes ailes.


Celle-ci date de 1934. Elle est particulièrement tragique:  une jeune fille, représentant la nouvelle année (naye jor en yiddish) désigne avec espoir un Hitler en train de se noyer:

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Dans tout le yishouv et le monde juif sioniste, de nombreuses cartes postales sont dédiées à l’édification du futur état d’Israel.
Sur celle-ci datant de la fin du 19 ème siècle, on voit Théodore Herzl et le sultan ottoman, alors en pourparlers:


Elles expriment aussi l’espoir que notre retour sur notre terre, donnera des idées au Mashiah:

המשיח מגיע (צילום: באדיבות הספרייה הלאומית) (צילום: באדיבות הספרייה הלאומית)

Comme le dit le refrain de ce chant populaire: s’il vient à cheval, ce sera une bonne année, s’il vient en voiture, nous aurons de bons moments, et s’il vient à pied, ah! alors tous les Juifs reviendront en Eretz Israel.


Que les hébraïsants me pardonnent, pour une fois, la vidéo est en yiddish et non pas en hébreu!

Celle-ci imite le passeport d’un état pas encore né, et, dans les 2 pages intérieures, décrit d’une manière humoristique le titulaire fictif: c’est un Juif avec toutes les fêtes (sic!), dont l’âge va jusqu’à 120 ans, dont le métier est d’attendre le Mashiah, qui est riche de paquets de soucis, et des douleurs du Mashiah etc…

Les années passant, l’édification du futur état fait la part belle au travail de la terre et des ‘haloutzim:

הזורעים בדמעה... (צילום: באדיבות הספרייה הלאומית) (צילום: באדיבות הספרייה הלאומית)Il est écrit: Ceux qui ont semé dans les larmes, recolteront dans la joie!  הַזֹּרְעִים בְּדִמְעָה– בְּרִנָּה יִקְצֹרוּ, (Psaumes=Tehilim 125,5)

Ci dessous, la famille de Tsvi Weiss souhaite: une bonne et fructueuse année à notre pays:


Après 1948, et surtout 1967, on voit beaucoup l’image du soldat juif qui sert dans une armée juive, comme disait ma mère, admirative de son petit-fils:

Mais au long de ce siècle, ce qui domine, c’est l’amour, bien sûr:

et toujours…

 

Et quand on n’a pas de cartes postales, une carriole suffit pour exprimer son espoir d’une bonne année:

(En 1925, en Lituanie, le conducteur fait le tour du village avec les prières des selihot et des voeux de bonne année)

 

שנה טובה ומתוקה
שנת אושר
שנת בריאות
שנת שלווה

Bonne année 5779

 

A bientôt,

 

*Nos 4 débuts d’année: il est écrit dans la Mishna
-Le 15 du mois de Shevat (Tou Bishvat): le nouvel an des arbres et donc le décompte de leurs années
-Le 1er du mois de Nissan: décompte des années de règne des rois
-Le 1er du mois de Eloul, le décompte du maasser, la dîme (bien que Rabbi Elazar et Rabbi Shimon préfèrent le 1 er tishri) .
-Le 1 er du mois de Tishri: date de la création de l’homme et donc le début du décompte des années humaines

*Un possek est un rav ayant autorité pour prendre des décisions selon la Halakha https://en.wikipedia.org/wiki/Yaakov_ben_Moshe_Levi_Moelin

*On écrivait pour les grandes occasions et non pas pour un simple bonne année d’autant que la taxe de transport coûtait cher et incombait au receveur. Une héroïne de Jane Austen n’ose pas écrire à son frère de crainte qu’il n’ait pas encore reçu sa solde de marin* et qu’il ne puisse payer la taxe postale et recevoir sa lettre. Il s’agit de personnage de Fanny dans Mansfield Park .
Pour la petite histoire, en 1840 Sir Rowland Hill, Directeur des Postes de Grande Bretagne, fut témoin d’une scène curieuse: une servante avait refusé une lettre que le facteur venait de lui apporter. Elle avait alors avoué à Sir Rowland que son fiancé et elle avaient imaginé un stratagème pour se donner de leurs nouvelles selon un code sur l’enveloppe, sans payer la taxe. Sir Rowland décida alors que la taxe serait payée par l’expéditeur de la lettre.

*Dreyfus à Kasrilevke: une nouvelle de Sholem Aleichem sur l’affaire Dreyfus (malheureusement je n’ai pas trouvé de traduction en français:
http://sholemaleichem.org/dreyfus-in-kasrilevke/
Un excellent article d’Ada Shlaen sur l’affaire Dreyfus, la reliant à l’affaire Beilis (plus tardive) et mentionnant une lettre de Sholem Aleichem à Menahem Mendel Beilis:
https://mabatim.info/2018/01/10/de-laffaire-dreyfus-a-laffaire-beilis/

 

Eloul, le début d’un automne juif…

Nous sommes arrivés à la moitié du mois de Eloul. La lune est toute ronde et dans quinze jours, ce sera Rosh Hashana. Nous ne sentons pas encore l’automne mais les vacances se terminent. Comme chaque année à ce moment ci, nous achetons les cahiers, les TShirts au logo de l’école. Les soirées sont plus courtes, il fait déjà nuit à huit heures, et aussi un peu plus fraîches. Si ce n’est pas encore l’automne, c’est la fin de l’été.
Le poète Avraham ‘Halfi a écrit ce poème, Automne juif, il est interprété par Arik Einstein:

Un automne juif au pays de mes ancêtres me fait penser au mois d’Eloul,
En moi se déchaînent un peu les petits oiseaux qui sifflent la tristesse de Yom Kipour,
Alors on entendra sonner les shofar ouvrant les portes du ciel,
Et les visages juifs de l’exil flotteront dans la grisaille devant le trône du Maître du monde,
Leurs yeux étincelants de nombreuses demandes et  suppliques.

C’est surtout un mois où nous nous préparons à la nouvelle année, où les voeux de Shana Tova sont déjà prêts dans nos têtes et où nous espérons que tout ira bien, qu’il n’y aura ni missiles, ni ballons incendiaires, ni ‘Hamas, ni ‘Hezbollah ou Fata’h terroristes, bref, nous rêvons, un peu….
C’est un mois où comme chaque année, je me souviens des athlètes juifs assassinés pendant les jeux olympiques à Munich par des terroristes palestiniens.
Les jeux olympiques avaient continué comme si rien ou presque n’avait eu lieu. Comme l’écrit Giulio Meotti*:
Aucun délégué arabe n’a offert ses condoléances à Israël. Personne.
Le jour de l’arrivée des corps à l’aéroport de Lod, il n’y avait pas de fanfare pour les accueillir. Seul le silence et une énorme douleur. Après avoir récité le kaddish hébreu sur les tombes, les « Gens du Livre » sont rentrés chez eux. Le lendemain, c’était le nouvel an juif, mais il n’y avait pas de place pour la joie.*

(Cérémonie à Nazareth Illit en 2012)

Et l’indécent Monsieur Corbyn me fait vomir!

Image result for jeremy corbyn honore terroristes(Il participe à une cérémonie en l’honneur des terroristes de Munich dans un cimetière de Tunis en 2014. C’était il y a 4 ans mais depuis il persiste et signe: http://www.jforum.fr/lantisemite-corbyn-honore-les-tombes-des-tueurs-de-munich.html)

C’est en pensant à eux, à leurs familles, que je découvre ce poème écrit, en Eloul, par Ra’heli Fraenkel, la mère de Naftali Frankel z »l, assassiné avec deux de ses camarades il y a 4 ans* par des terroristes.

Automne juif:
A mes frères et soeurs, à tous ceux de la fraternité de la douleur et des regrets…
Je propose de pardonner les propos acides, les accolades restées au bout des doigts, les mots non prononcés et ceux qui l’ont été, quand nous pensions avoir des années infinies pour réparer. Je le propose à qui le demande, pour tous les « si seulement j’avais été, si j’avais interdit, si j’avais gardé, si moi ou si lui ».
Se libérer de la douleur sangsue,qui boit la sève du coeur, qui nous fait fait tournailler sans repos.

Etendez un pardon miséricordieux sur les fragments de joie, d’un rire que se faufile jusqu’à la porte, sur un moment de distraction, sur des pleurs en embuscade non voulus. Il vous est permis d’être tourmenté et brisé, nous en avons la permission. Nous pouvons pardonner, simplement respirer, il est nous est permis peu à peu de vivre.

On est bien loin de la nostalgie de Yaakov Yehoshua qui rêvait des selihot* d’antan dans le quartier juif de Jerusalem, avant que les Juifs en soient expulsés:
« Depuis le début du mois d’Eloul, le quartier juif de Jérusalem est différent… A partir de 2h00, tout le monde  commence à se réveiller… Les gardiens secouent les endormis… Ils se tiennent aux coins des ruelles de la vieille ville et crient à haute voix: « Se-Li-‘Hot! »
… Des nombreuses synagogues nous parviennent les voix des  chantres qui psalmodient la douce mélodie des seli’hot Elle réveille nos cœurs des Juifs… Nos voisins musulmans qui connaissaient nos fêtes juives comme les leurs considèrent le mois d’Eloul comme leur mois de Ramadan. Parfois même, le mois de Ramadan tombe pendant le mois d’Eloul, alors les Juifs et les Musulmans se réunissent après minuit dans les ruelles sombres de Jérusalem. Les Juifs se rendent dans les synagogues pour réciter le Seli’hot et les musulmans vont prier dans les mosquées. A ce moment là, il semble que l‘honneur et la fraternité triomphent entre deux communautés, qui, ensemble, prient leur créateur .
Nos leçons à l’école ont pris fin le 15 Eloul, et de ce jour nous sommes libres jusqu’à la fin de Soukot …
Celui qui ne se lève pas pour Seli’hot est un enfant immature… 
Bien que la prière de Selichot soit longue, nous ne nous ennuyons pas, les piyutim ont un goût étonnant…

Nous approchons de la fin de Seli’hot. L’aube se lève… A travers les fenêtres de la petite synagogue, nous voyons les visages des paysans arabes. Ils sont venus pieds nus en ville, leurs paniers sur la tête…

Nous sommes les premiers à nous plaindre tous les jours et les médias enregistrent ceci. Il est vrai que tout n’est pas toujours rose. Mais nous sommes aussi des kvetshim, des râleurs. Pourquoi? Parce que nous râlons tout en sachant que nous sommes entourés d’assassins et de leurs complices, nous restons cependant heureux et fiers de vivre ici, en Israel. Le World Happiness Report, rapport qui classe les pays selon le bonheur de ses habitants, nous a classé depuis la cinquième année consécutive à la onzième place, 
Il est vrai que notre économie est excellente et que le chômage est inexistant. Et que notre espérance de vie est maintenant de 84,2 ans pour les femmes et de 80,7 ans pour les hommes.
Mais il semble surtout que nous ayons une plus grande capacité de résilience:
D’après une étude de Zehava Salomon, de l’université de Tel Aviv, il y a eu autant proportionnellement de troubles post-traumatiques après les attentats du 11 sept que pendant toute l’intifada de 2000-2005. Mais nous avons fait preuve d’une faculté de récupération beaucoup plus rapide. Son étude a été confirmée par les recherches effectuées par Reuven Gal, ancien chef du service de sciences comportementales de Tsahal.
Nous aimons étudier: 85 % des 25-64 ans sont allés au bout du lycée, soit plus que la moyenne de 75 % de l’OCDE et de plus, la plupart des gens ici étudient toute leur vie, même d’une manière informelle et ont au moins une passion.
Nous travaillons plus: c’est sûr que c’est fatiguant mais bien moins que de tenir les murs, car le travail nous permet d’avoir une vie sociale.
Et surtout, nous sommes optimistes.
Les Israéliens sont des croyants: ils croient ou ne croient pas en Dieu, mais surtout en un meilleur futur pour eux et leurs enfants, s’ils se retroussent les manches.

A bientôt,

 

*Avraham Halfi: né à Lodz en 1904 et mort à Tel Aviv en 1980. Agriculteur à son arrivée en 1924, il rejoint le monde du théâtre par la suite et participe entre autre a la célèbre comédie musicale pour enfants, Otz li gotz li, écrite par Avraham Shlonsky et basée sur une légende de Grimm

*Article de Giulio Moetti sur l’excellent blog de Danilette:
http://www.danilette.com/

*Naftali Fraenkel et ses camarades:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/06/16/eyal-gilad-et-yaakov-naftali/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/10/la-routine/

*Jeremy Corbyn:
http://www.jforum.fr/comment-definir-les-mefaits-de-corbyn-envers-les-juifs-et-israel.html
http://www.danilette.com/2018/08/monsieur-corbyn-rendez-hommage-aux-victimes-israeliennes-de-munich-giulio-meotti.html

*les Seli’hot:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/09/11/les-selihot/

* »Les nuits de Seli’hot et de Rosh Hashana », chapitre tiré du livre de Jacob Yehoshua, Enfance dans la vieille Jérusalem  Reuven Mass Publishing, Jérusalem 1965

*http://worldhappiness.report/ed/2018/

Le sentier des Patriarches (8): au coeur de la Samarie

Il y a quelque temps, j’avais écrit un article intitulé La Samarie et les Samaritains*. Je parlais essentiellement de la ville antique de Sebastia et de ce groupe, si mal connu, que sont les Samaritains.
Mais la Samarie ce n’est pas que cela. Continuons donc notre promenade sur le sentier des patriarches, c’est à dire la route 60.
Shiloh* une fois passée, on peut se dire dans le coeur de la Samarie. C’est une région essentiellement montagneuse qui correspond au territoire de la tribu d’Ephraïm et la partie ouest du territoire de Menashe.
Son nom vient de Shemer qui régnait sur les monts  de Shomron et les a vendus au roi Omri du royaume d’Israel qui vivait au 9 ème siècle avant l’ère chrétienne.
Il acquit de Shemer la montagne de Samarie, pour deux kikkar d’argent; et il bâtit sur cette montagne une ville à laquelle il donna le nom de Samarie, d’après celui de Chémer, propriétaire de la montagne.
וַיִּקֶן אֶת-הָהָר שֹׁמְרוֹן, מֵאֶת שֶׁמֶר–בְּכִכְּרַיִם כָּסֶף; וַיִּבֶן, אֶת-הָהָר, וַיִּקְרָא אֶת-שֵׁם הָעִיר אֲשֶׁר בָּנָה, עַל שֶׁם-שֶׁמֶר אֲדֹנֵי הָהָר שֹׁמְרוֹן 1 (I Rois 16 24)

La ville d’Ariel est actuellement la capitale de la Samarie. Elle a été fondée en 1978. Ariel-אריאל- le lion de Dieu, compte 20 000 habitants et plus de 10 000 étudiants qui étudient à l’université de la ville, extension de l’université de Bar Ilan. Pour les européens, la ville est une colonie illégale et fait tort aux Palestiniens. Vraiment du tort? Il y a 20 ans mon fils y a étudié  et nombre de ses condisciples venaient des villages arabes des alentours. Il se sentait parfois linguistiquement isolé d’autant que la plupart des étudiants juifs étaient russophones. Heureusement pour lui, mon fils avait servi dans l’armée en compagnies d’immigrants russes et il comprenait au moins leurs « gros mots ».

Quand les Hébreux arrivent en Canaan avec Yehoshoua bin Noun à leur tête, la conquête du pays ne se fait pas sans mal. Une fois atteint la plateau de שכם (Shkhem= Sichem ou Naplouse), ils organisent officiellement la cérémonie d’alliance prévue par la Thora sur le mont גריזים (Guerizim) et sur le mont עבל (Eval). Le renouvellement de l’alliance y est célébré. Un autel est dressé entre les deux montagnes et la loi de Moshe est recopiée sur des tables de pierre. Puis le peuple se sépare en deux: une moitié monte sur le mont Guerizim et l’autre sur le mont Eval.

L’arche reste au milieu avec les לוויים (leviim) lévites. C’est alors que Yehoshoua prononce bénédictions et malédictions, conséquences de notre bonne ou mauvaises conduite à venir:
Or, quand l’Éternel, ton Dieu, t’aura installé dans le pays où tu vas pour le conquérir, tu proclameras la bénédiction sur le mont Guerizim, la malédiction sur le mont Eval:
וְהָיָה, כִּי יְבִיאֲךָ יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, אֶל-הָאָרֶץ, אֲשֶׁר-אַתָּה בָא-שָׁמָּה לְרִשְׁתָּהּ–וְנָתַתָּה אֶת-הַבְּרָכָה עַל-הַר גְּרִזִים, וְאֶת-הַקְּלָלָה עַל-הַר עֵיבָל

 

Le mont Eval est toujours sec et aride mais sur le mont Guerizim a été édifié en 1983 le village de הר ברכה (Har Brakha) qui signifie la montagne de la bénédiction.

 

Pas très loin, se trouve la source de עין עמשא, Eyn Amassa, du nom d’Amassa Meshulmi, tué pendant la guerre du Liban.

Cette source est aussi appelée עין יוסף, Eyn Yossef, car elle se trouve à proximité du tombeau de Yossef, aux abords de Naplouse.

Selon les accords d’Oslo en 1995, la tombe de Yossef est en zone C, donc contrôlée par Israel. C’est une enclave au milieu de la zone A qui est sous le contrôle de l’Autorité Palestinienne. De plus, la route qui y mène est elle aussi en zone C.

( Accords d’Oslo: carte des zones en Judée Samarie)

La veille des fêtes de Sukkot en 1996, le tombeau de Yossef est attaqué par des terroristes arabes qui  détruisent la yeshiva, brûlent des centaines de livres* et le mûrier qui se trouvait dans la cour. Envoyé en renfort, le bataillon ‘Harouv essuye de lourdes pertes (6 soldats tués).
Devant la menace d’occuper la ville de Naplouse, les terroristes se rendent à Tsahal. 
Malgré la promesse faite à Israel par l’Autorité Palestinienne de veiller à la sécurité de l’enclave, les incidents se multiplient. En 2000, à Rosh Hashana, la tombe de Joseph fait alors l’objet d’une nouvelle attaque meurtrière, les terroristes portant les drapeaux du ‘Hezbollah, du ‘Hamas et du Fata’h. A nouveau, destructions et incendies, destruction d’une partie du bâtiment où
 sont jetées des ordures. Les Palestiniens déclarent ensuite que c’ést une mosquée(!).
Sporadiquement, des attentats sont encore régulièrement perpétrés contre le tombeau, qui a été déjà deux fois rénové et les Juifs désirant y prier sont toujours accompagnés par une escorte armée.

(La cour du tombeau avant 1996)

Le territoire de Menashe monte jusqu’à Beit Shean au Nord, est traversé par la vallée du Jourdain et s’étend en Jordanie.
Mais restons en Samarie et continuons sur la route 60, la route des patriarches.

Je vous recommande de vous arrêter à Re’helim. Comme ses habitants l’expliquent dans la vidéo ci-dessous: c’est un village animé et plein de vie, d’oliviers verdoyants qui font revivre la vision de prophètes.

Le vin Tura* est produit à Re’helim. Vered et Erez ben Sadoun, les propriétaires du vignoble, ont déjà gagné de nombreuses médailles d’or dans des concours internationaux. Ils vous raconteront l’histoire de leur vignoble et de leurs champs d’oliviers qui grandissent et prospèrent malgré les attaques de leurs voisins arabes: cocktails molotov, plasticages, vol… Et ils vous feront déguster leurs produits.

 

A bientôt,

* La Samarie et les Samaritains:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/08/10/la-samarie-et-les-samaritains/

* Shiloh:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2018/06/28/le-chemin-des-patriarches-7-toujours-en-binyamin/

*Les livres brûlés ont été enterrés dans la gheniza du Mont des Oliviers
https://fr.wikipedia.org/wiki/Gueniza:

* Le vin Tura:
http://www.turawinery.com/en/