Shabbat shalom

Le printemps montre son nez après un hiver long et pluvieux, ce qui pour nous est une bénédiction.
Mais les nouvelles sont sinistres, comment lutter?

Voici quelques photos d’Israel en ce début de printemps encore timide cette année:

Le Mont ‘Hermon:

 

(Photo prise cette semaine par Avi Ebert) 

La Galilée verdoyante:

Là aussi:

Et encore:

J’ai trouvé ces deux photos du même yishuv dans la vallée du Jourdain, au crépuscule et au lever du soleil:

(photo Avi Zaidel)

Le désert du Neguev en fleurs:


(photos Tsur Mutzeri)

 

 

Ces jours, des volontaires partent aider les agriculteurs. Ici la récolte des clémentines:

 

Les tourterelles sont revenues comme tous les printemps nicher sur la lanterne de notre porche…

Nous sommes tous loin de ceux que nous aimons. Heureusement le téléphone, internet, les nouvelles applications comme Zoom nous aident à surmonter, nous y arriverons, nous nous en sortirons…
Cette semaine, grâce à Zoom, nous avons pu suivre virtuellement la Brit Mila émouvante d’Ari ben Andreï et Auria*: les jeunes parents étaient tous seuls avec le rav mais nous avons pu leur crier de loin Mazal Tov

Mazal Tov Ari, mazal tov à ses parents et grands parents

 

Ma fille vient de m’envoyer une chanson d’Idan Reichel:

 

יום אחד זה יקרה
בלי שנרגיש, משהו ישתנה
משהו ירגע בנו, משהו יגע בנו
ולא יהיה ממה לחשוש.

Un jour, ça arrivera…
Sans que nous le sentions, quelque chose va changer
Quelque chose nous calmera, quelque chose nous touchera
Et il n’y aura rien à craindre.

שבת שלוםת

Et je rajoute une photo qui ne passe pas dans son commentaire:

pensees 2020

Un nouveau pied de pensées dans son jardin!

Passez un bon shabbat, et portez-vous bien,
A bientôt,

 

*Andreï et Auria:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/08/25/le-devoir-avant-tout/

 

Austérité ?

Ce matin à la télévision: Non, nous ne sommes pas en récession, nous devons simplement apprendre à vivre simplement. Nous n’avons pas besoin de repas gourmets pour nous nourrir, de fêtes de mariage ou de bar-mitsva délirantes, de changer de vêtements à tout bout de champs. Vivons simplement comme faisaient nos parents…
Je ne sais pas si les conseilleurs vont suivre leurs propres recommandations mais toutes ces paroles sont dans l’air du temps. J’ai entendu plusieurs fois le mot צנע (tsena) l’austérité*. Nous ne rentrons pas dans une ère d’austérité mais…

L’austérité, Israel l’a connue pendant une longue période, de 1949 à 1959.

En 1948, le jeune état sort d’une longue guerre très meurtrière, la guerre d’Indépendance menée  contre une coalition de tous les pays du Moyen-Orient.
A peine indépendant, Israel a ouvert ses portes à l’immigration juive, jusque la bloquée par les Britanniques, et décidé de recevoir en quelques années cette grande masse d’immigrants venus d’Europe ou des pays musulmans, complètement démunis.*

Il s’agit donc de leur trouver rapidement logement et moyen de subsistance même au niveau minimum
Les besoins du pays sont réels et les difficultés financières auxquelles il est confronté, sont le résultat de sa situation particulière mais aussi  de la situation économique mondiale après la Seconde Guerre mondiale. Un régime de rationnement avait d’ailleurs également été appliqué en Palestine pendant la guerre, par les autorités britanniques, et la Grande-Bretagne d’après-guerre elle même était clairement en pénurie, ainsi que la plupart des pays d’Europe.
Les dirigeants politiques ont le désir de construire une société basée sur l’idéal du kibboutz à chacun selon ses moyens et à chacun selon ses besoins. C’était à l’époque leur fondement idéologique. 
Il leur faut mobiliser les citoyens pour un objectif commun: la doctrine socialiste promouvait un concept fondamental d’égalité, éloigné du matérialisme et des satisfactions personnelles et égoïstes.
Il y a la nécessité de l’heure et mais l’agenda socialiste joue aussi un rôle important dans l’élaboration du régime d’austérité et son application aussi tôt dans la vie de l’état…

C’est ainsi que sont fixés des quotas de nourriture par habitant, pour les adultes, pour les enfants et les bébés. Les quotas sont très bas. Les citoyens doivent s’enregistrer personnellement dans les magasins de leur ville et il leur faut des tickets de rationnement pour acheter toutes les denrées alimentaires et autres produits de première nécessité.

(carnets de tickets de rationnement)

Les vraies héroïnes de cette époque, ce sont les femmes qui font la queue souvent pendant des heures, qui essayent de composer des menus nourrissants pour leur famille avec des produits souvent aussi de mauvaise qualité.

De plus aucune maison n’a de réfrigérateur et le camion de bloc de glace passe irrégulièrement. Pas de viande ou presque. Elles utilisent de la poudre d’œuf car les œufs frais sont une denrée rare (2 œufs par semaine et par personne), de la margarine diluée au lieu du beurre.
Evidemment le marche noir se met à prospérer…
Maintenant on parle de tout cela avec le sourire et même un peu de nostalgie. C’est l’époque de la débrouillardise, des primus*, des recettes comme les aubergines au gout de foie ou celles de boulettes de la victoire qu’on avait déjà mangées pendant le siège de Jerusalem en 1948*…
La viande bœuf est introuvable et une famille de 5 personnes reçoit un poulet entier pour les fêtes, un repas de mariage grandiose comprend par personne 1/4 de poulet et du riz: רבע עוף ואורז (reva of veorez)*
Les enfants ont droit à 1/8 de poulet par semaine. C’est souvent une vieille poule en fin de vie, coriace, pas toujours fraîche et les gens reprennent le proverbe yiddish: Quand un Juif mange du poulet… C’est soit le Juif qui est malade, soit le poulet!

C’est l’époque des substituts, des erzatz comme disait ma mère.
Voici la recette des aubergine au gout de foie. Elle reprend une recette ashkénaze classique, le foie haché mais sans le foie!
Vous l’avez peut-être goûté en Israel, ce plat existe toujours:
Pour 750 gr d’aubergines, il vous faut 3 oignons hachés, 3 ou 4 œufs durs hachés, du sel et du poivre et de l’huile.
Couper les aubergines en tranches sans les peler, les mettre au four avec un peu d’huile pour les faire dorer, faire dorer les oignons dans une poêle, ajouter le sel et le poivre. Mélanger tous les ingrédients  et les hacher le plus fin possible (maintenant on utilise un robot!). Servir froid.
Si vous ne trouvez pas d’aubergines, vous pouvez utiliser des lentilles.
Si nous ne trouvez pas non plus de lentilles, alors préparez ce plat ainsi:
Il vous faut 50 gr de margarine ou 1/4 de tasse d’huile, un oignon haché, 100 gr de levure fraîche, 1/2 tasse de lait, 3 cuillerées à soupe de chapelure, du sel et du poivre. Une fois les oignons dorés dans la poêle vous rajoutez les reste des ingrédients, vous remuez jusqu’à l’obtention d’une sorte de crème et vous priez pour qu’enfin, vous arriviez à trouver des œufs et des aubergines pour une prochaine fois!

Au moins deux produits qui sont devenus incontournables dans  la cuisine familiale des israéliens:
– les שקדי מרק (shkidei marak) ou amandes pour la soupe, créés par Osem* en 1952. Ce sont des pâtes coupées en petits carrés et cuites au four. Dans une soupe, il y avait souvent bien plus de shkidei marak que de légumes (ne parlons pas de viande ou de crème!) mais c’était nourrissant et les enfants d’aujourd’hui ne sauraient s’en passer:


– Ce qu’on appelle maintenant les פתיתים (ptitim) ou flocons, on les appelait alors le riz de Ben Gourion car les premiers avaient la forme de grains de riz. En fait il s’agit là encore de minuscules pâtes destinées la aussi à rassasier à peu de frais dans une soupe ou mélangés à une salade comme du boulgour.

Evidemment, comme à chaque fois en période de crise alimentaire, le marche noir* s’est mis à prospérer malgré les menaces et parfois les sanctions.

(Élimine le marche noir avant qu’il ne t’élimine)

De cette époque, il reste au moins une chanson: le marche noir dont le refrain est:

 

בואו בואו, בואו, בואו הנה,
כאן איש אינו יודע מהו צבע
בלי נקודות, וגם בלי תור.

Venez, venez, ici personne ne sait ce que sont les restrictions, sans points, sans queue, voici le marche noir

L’austérité, le rationnement? Non, nous en sommes loin, heureusement.
En attendant la fin de cette crise, confinés comme nous le sommes, que pouvons nous faire?
Lire, écrire, prendre des nouvelles les uns des autres, écouter le président de l’état d’Israel, Reuven Rivlin, qui a décidé de lire une histoire par semaine aux enfants. Cette semaine, c’est L’appartement à louer de Leah Goldberg:

 

Applaudir le corps médical qui se dévoue sans compter comme ce soir tout Israel l’a fait :

(dessin anonyme apparu sur facebook)

A bientôt,
*  Le mot tsena signifie aussi humilité, modestie. On le trouve dans le livre du prophète Mikha, chap.6, v.8
Homme, on t’a dit ce qui est bien, ce que le Seigneur demande de toi: rien que de pratiquer la justice, d’aimer la bonté et de marcher humblement avec ton Dieu!
הִגִּיד לְךָ אָדָם, מַה-טּוֹב; וּמָה-יְהוָה דּוֹרֵשׁ מִמְּךָ, כִּי אִם-עֲשׂוֹת מִשְׁפָּט וְאַהֲבַת חֶסֶד, וְהַצְנֵעַ לֶכֶת, עִם-אֱלֹהֶיךָ
* L’expression 1/4 de poulet et du riz a pris une signification très différente avec les années. Nous sommes si riches maintenant qu’elle signifie un repas plutôt miteux.
* Osem: une des plus grosses société d’agroalimentaire d’Israel. Elle a été créé en 1942. Un des oncles de mon mari y avait travaillé à ses débuts. Il se souvenait que parfois il rentrait à la maison non pas avec sa paye (journalière!) mais avec un carton rempli de pâtes en guise de salaire qu’il transportait dans un vieux landau couineur tout rouillé.
* En 1959, le ministre du Commerce et de l’Industrie Pinchas Sapir a annoncé l’annulation du régime d’austérité et de rationnement (hors sucre, confiture et café) et le marché noir a disparu. Mais je me souviens qu’à la fin des années 60, les repas étaient certes sains et nourrissants, mais nous étions encore bien loin des restaurants gastronomiques d’aujourd’hui. Quant aux boutiques de vêtements, elles ressemblaient beaucoup à celles de la Yougoslavie communiste: robes à fleurs, deux ou trois couleurs de tissus et les hommes portaient tous le même modèle de pantalon ou de shorts vaguement kakis.
*Discours du président de l’état d’Israel, Reuven Rivlin aux Juifs de la Diaspora:

Au temps du Corona…

J’espère que vous allez tous bien, chers amis,

En tout cas, bravo, bravissimo aux Italiens qui chantent à leur balcon.

Les murailles de Jerusalem se sont illuminées en leur honneur

Nous chantons aussi à  Peta’h Tikva:

et à Jerusalem:

Bashana haba’a, neshev al hamirpeset venispor tziporim nodedot.
L’année prochaine nous serons assis sous le porche en comptant les oiseaux migrateurs

Yeladim, bekhoufsha, yesakhakhu tofeset beyn habayit, oulebeyn hasadot.
Les enfants en vacances joueront à cache-cache entre la maison et les champs

Od tire, od tire, kama tov yihye, bashana, bashana haba’a
Vous verrez, vous verrez combien tout ira bien l’année prochaine

Anavim adumim, yavshilu ad ha’erev veyugshu tzonenim lashulkhan.
Les raisins rouges mûriront jusqu’au soir et seront servis frais à table

Verukhot redumim, yis’u el em haderekh itonim yeshanim ve’anan.
Une brise agréable soufflera aux carrefours, soulevant de vieux journaux et les nuages

Od tire, od tire, kama tov yihye, bashana, bashana haba’a
Vous verrez, vous verrez comme tout ira bien l’année prochaine

Bashana haba’a, nifros kapot yadayim, mul ha’or hanigar halavan.
L’année prochaine nous élèverons nos mains face à la lumière blanche et brillante

Anafa levana, tifros ba’or knafayim vehashemesh tizrakh betokhan.
Un héron blanc déploiera ses ailes dans la lumière et le soleil y brillera

Od tire, od tire, kama tov yihye, bashana, bashana haba’a
Vous verrez, vous verrez combien tout ira bien l’année prochaine

Et quelques mariages fleurissent dans des supermarchés, les seuls lieux ouverts en dehors des hôpitaux et pharmacies: Mazal Tov!

Comme on dit ici:

עברנו את פרועת נעבור גם את זה (Avarnou et Paro, naavor gam et ze),
Nous avons survécu à Pharaon, nous dépasserons cela aussi

Prenez soin de vous et à bientot,

Des Mishloa’h Manot pour Pourim

Dans la meguila d’Esther que nous lisons à chaque Pourim il est écrit:
…les Juifs, dans Shoushan, s’étaient rassemblés le treizième et le quatorzième jours et avaient pris du repos le quinzième jour, dont ils avaient fait un jour de festin et de joie. C’est pourquoi les Juifs des campagnes, qui habitent des villes ouvertes, font du quatorzième jour du mois d’Adar un jour de joie, de festin, un jour de fête, et s’envoient réciproquement des cadeaux… 

(Détail d’une meguila décorée par mon amie Sarah Lesselbaum)


C’est pourquoi, nous célébrons tous les ans Pourim le 15 du mois de Adar et non pas le 14, nous les Juifs de la capitale Jerusalem, ville entourée de murailles*,

 

Et nous le ferons bien sûr cette année: bien qu’on nous parle du coronavirus en permanence aux infos, la vie continue. Nous sommes d’une nature optimiste.
En fait, nous avons toujours été optimistes et ça même pendant des périodes autrement plus tragiques.
J’ai retrouvé cette interprétation d’un chant de Pourim écrit en URSS pendant la deuxième guerre mondiale*. Il s’appelle Shlakhmones, c’est à dire משלוח מנות, Mishloa’h Manot, l’envoi de mets délicieux.
Depuis 2500 ans, nous observons cette coutume des Mishloa’h Manot telle qu’elle nous a été prescrite par Mordekhaï, l’oncle de notre reine Esther:
Mordekhaï mit par écrit ces événements et expédia des lettres à tous les juifs, proches ou éloignés, dans toutes les provinces du roi A’hashveroush (Assuerus),  leur enjoignant de s’engager à observer, année par année, le quatorzième jour du mois d’Adar et le quinzième jour, c’est-à-dire les jours où les juifs avaient obtenu rémission de leurs ennemis, et le mois où leur tristesse s’était changée en joie et leur deuil en fête, à en faire des jours de festin et de réjouissances et une occasion d’envoyer des présents l’un à l’autre et des dons aux pauvres.  Les Juifs érigèrent en coutume ce qu’ils avaient commencé de faire et ce que Mordekhaï leur avait recommandé par écrit, car Haman, fils de Hamedata, l’Agaghite, persécuteur de tous les Juifs, avait formé le dessein d’anéantir les Juifs et consulté le Pour, c’est-à-dire le sort, à l’effet de les perdre et de les détruire, et quand la chose parvint à la connaissance du roi, il donna l’ordre écrit que le mauvais dessein qu’Haman avait conçu contre les Juifs retombât sur sa tête et qu’on le pendît, lui et ses fils, au gibet… (Esther, 9, 20-26)

Là, dans ce chant yiddish, nous dirons qu’il s’agit d’un Mishlo’ah Manot un peu particulier, puisqu’il s’adresse à Hitler

Tu n’es pas mon premier ennemi, j’ai déjà fait face à bien d’autres comme toi,
Je mettrai ton nom en bas de la liste qui commence par Haman:
Haman, Antiochus, Torquemada*, Krushevan* ont déjà essayé avant toi de nous anéantir.
En fait c’est une longue liste et je n’ai pas assez de papier!

Tu voulais m’exterminer, mais tu as échoué, Staline a coupé tes mains!
Tu as brûlé ma maison, déshonoré mes filles, tu as tué mes bébés et juré de me pourchasser
Mais en dépit de ton rêve stupide et sauvage, nous vivons malgré tout.

Tu finiras pendu à l’arbre d’Haman,
עם ישראל חי, AM ISRAEL ‘HAI!

Cette année, je ne vais pas préparer les classiques עוזני המן, Oznei Haman, Oreilles d’Haman*. Les miennes seront à la mode italienne, les orecchie di Haman* qui ressemblent beaucoup aux oreillettes provençales, aux bugnes lyonnaises et aux beignets de carnaval toscans.

mais elles seront à l’huile et non pas au beurre:

En voici la recette:
Tout d’abord les ingrédients:

  • 250 gr de farine
  • 1 œuf
  • 1 c à soupe d’huile
  • 1 c à café de levure
  • 1 citron
  • 15 gr de sucre
  • 70 ml de vin blanc
  • Sucre glace ou semoule pour saupoudrer
    Vous mélangez la farine et la levure. Vous ajoutez l’œuf, l’huile, le zeste du citron finement râpé et le sucre. Vous commencez à mélanger puis versez le vin blanc. Ensuite, vous mélangez jusqu’à obtenir une pâte souple et homogène.
    Vous étalez la pâte,  coupez des bandes de 3 cm de large que vous découperez ensuite en losanges. Faites chauffer de l’huile dans une sauteuse. Quand l’huile est bien chaude, y plonger les losanges par petits groupes pour ne pas faire baisser la température de l’huile.
    Faites les cuire une minute ou deux. Ils ne doivent pas brunir. Déposez-les sur du papier absorbant pour ôter le plus d’huile possible.
    Saupoudrez-les de sucre glace.
    Régalez-vous!

 

Bonne fête de Pourim

פורים שמח

 

A bientot,

*Il fait partie de ces chants yiddish soviétiques que l’on croyait perdus et dont parle Ada Shlaen dans son excellent article:
Exposition « Le chemin de la Victoire »

*Contrairement a une légende qui prend sa source chez l’historien espagnol du 16 ème siècle Bartolomé de Las Casas, le grand Inquisiteur Torquemada n’était pas d’origine juive par sa mère. Il était le fils de la première femme de son père, morte très jeune. La deuxième femme de son père, elle, était marrane.

*Pavel ALexandrovitch Krushevan: russe d’origine moldave, actif dans le mouvement violemment antisémite Les Cent Noirs, journaliste et éditeur des Protocoles des Sages de Sion.
https://en.wikipedia.org/wiki/Pavel_Krushevan
https://fr.wikipedia.org/wiki/Cent-Noirs

 

 

 

 

 

 

 

*Pavel Krushevan:
https://en.wikipedia.org/wiki/Pavel_Krushevan

L’Erotique du Kinneret

Je suis sûre qu’un titre pareil…non, vous ne vous y attendiez pas!
Moi, je ne m’attendais pas à ce que Myriam, notre vénérable amie du cercle du Tanakh*, nous fasse la lecture de ce poème de Yoram Taharlev*, l’Érotique du Kinneret, pour nous réconforter des phrases terribles et désespérées du prophète Jérémie.
Et pourtant, alors que le Coronavirus se répand, que des missiles pleuvent à nouveau depuis Gaza et que de nouvelles et incertaines élections se profilent à l’horizon, il y a quand même une bonne nouvelle: il pleut! Et ceci depuis environ trois mois! Mes lecteurs des pays tempérés vont hausser un sourcil. La pluie? Nouvelle réjouissante? Mais ceux des pays plus au sud et souvent désertiques me comprendront. La pluie ici c’est une bénédiction.
D’ailleurs, a ajouté mon amie Myriam, la célèbre phrase de la Amida* משיב הרוח ומוריד הגשם (Mashiv harouah oumorid hagueshem), Fais souffler le vent (pour la pollinisation) et tomber la pluie, se trouve intercalée dans une bénédiction concernant la résurrection des morts, car la pluie, c’est la vie!

Et c’est vrai qu’ici quand on prononce le mot Kinneret. Quelqu’un répond toujours en souriant: Il monte! Arrivera-t-il enfin cette année à son niveau le plus haut? 

Et c’est ainsi que nous avons entendu ce poème de Taharlev:

הוי כינרת כנרת
מזל שאת אצלנו ולא בארץ אחרת
לו היית בשוויץ או בפינלנד, היית אפס
!שם יש אלפים כמוך!
,שלא לדבר על סקוטלנד
…שם היו קוראים לך פשוט לוך
,אבל אצלנו כינרת כנרת
מתייחסים אלייך כאל דוגמנית צמרת
מעל דפי העיתונות ועל גבי גלי האתר
.מדווחים כשנוסף לך או ירד לך סנטימטר
,ואולי, תסלחו לי אם זה קצת אידיוטי
.כוח משיכתה בא לה רק בזכות הדימוי הארוטי
כשאתה מביט במפה אתה מגלה
כי בעניין הזה יש לה כמה פיתויים בעלי ערך
« על בטנה כתוב – « פורייה
« בין מותניה שם – « בית-ירח
ואם תמשיך תמצא בדרך
שני מקומות מבטיחים שיגעון
« לאחד קוראים – « בית-זרע
« לשני קוראים – « האון
ואם לא תפסיק באמצע
« תיכנס ל- « מבוא- חמה
.ותוך דקות אתה תגיע, בלי ספק, אל הרמה
ואתה עומד מול אלה וחוזר לשאול בתום
…?ההיית או חלמתי חלום

O Kinneret, Kinneret, quelle chance: Tu te trouves chez nous et non pas dans un autre pays
Si tu étais en Suisse ou en Finlande, tu ne vaudrais rien. Là-bas, il y en a des milliers comme toi!
Qu’on ne parle même pas de l’Ecosse: là-bas, on t’appellerait Loch!
Mais chez nous Kinneret, Kinneret,
On s’intéresse à toi comme à un top-model:
Dans les journaux et sur les ondes,
On annonce que tu as pris ou perdu un centimètre..

Et peut-être , pardonnez moi si c’est c’est un peu idiot,
Que seules une image poétique peut rendre la force de sa séduction :
Quand tu regardes une carte, tu la* découvres tentatrice en plusieurs points:
Sur son ventre est écrit פוריה, Poriah*, la fertile

(Ein Poriah)

Entre ses hanches, בית ירח; Beit Yera’h, la maison de la lune

(Le lycée régional de Beit Yerah)

Et si tu continues en chemin, tu trouveras d’un côté בית זרע, Beit Zerah, la maison de la semence

(Le kibboutz Beit Zerah)

Et de l’autre האון, Haon,le trésor,

(kibboutz et village de vacances Haon)

Et si tu ne t’arrêtes pas au milieu, tu arriveras à מבוא חמה, Mevo ‘Hama, l’orée du soleil


(le kibboutz Mevo ‘Hama domine le Kinneret depuis le Golan)

En quelques instants, tu sera transporté à רמה, Rama, au sommet:
(Ramat Hagolan, le plateau du Golan)

Tu te trouves face à tous et alors te demandes finalement : Y étais-je ou en ai-je rêvé?
Yoram Taharlev

 

Et si le niveau du Kinneret vous intéresse: il est aujourd’hui à -209,75 cm au dessous du niveau de la mer. Il ne lui manque que 95 cm pour arriver à son plus haut niveau. Et si c’est le cas ouvrira-t-on cette année le barrage de Degania pour abaisser le niveau de l’eau et empêcher les inondations?

(Barrage de Degania sur le site de Yardenit)

Peut-être pas mais en tout cas le Kinneret nous donne le sourire.

 

A bientôt,

*il s’agit du projet 929 dont je vous ai parlé dans cet article:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2020/01/28/les-actes-comptent-et-non-pas-le-verbiage-des-discours-sans-dents/

*Yoram Taharlev, poète israélien né en 1938 au kibboutz Yagur:
http://www.taharlev.com/english.html

*La Amida ou les 18 bénédictions:
le Talmud de Babylone attribue à Shimon Hapakouli le crédit d’avoir édité une collection de bénédictions à la demande de Rabban Gamaliel de Yavne, mais  dans d’autres passages elles sont attribuées aux hommes de la Grande Assemblée, parmi lesquels se comptaient les derniers prophètes
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/03/20/knesset-israel/

*tu la découvres: en hébreu Kinneret est au féminin. C’est aussi un prénom féminin

*Le site de Poriah comprend trois villages très proches de la ville de Tiberiade: Neve Poria, Poria Illit et Poria Kfar Avoda. Ils se trouvent tous les trois sur la route qui domine le Kinneret.

Bonne fête deTou Bishvat 2020 חג טו בשבט שמח

 

C’est aujourd’hui Tou Bishvat. Un Tou Bishvat froid et pluvieux et pourtant, c’est le bon moment pour planter de nouveaux arbres.
Ecoutez ce chant, inspiré de plusieurs passages du Tanakh’:

כי תבואו אל הארץ ונטעתם כל עץ תחילה
ונתן העץ פריו והארץ יבולה
עת לנטוע אילנות עת לנטוע אילנות עת לנטוע ולבנות
וישבתם איש תחת גפנו ותחת תאנתו, והייתם כעץ שתולעל פלגי מים

Vous reviendrez dans ce pays et vous y planterez chaque arbre. Et chaque arbre portera ses fruits et le pays sera moissonné, il y a un temps pour planter et un temps pour construire, chacun sera assis sous sa vigne et sous son figuier et vous serez comme un arbre planté au bord des ruisseaux.

Les passages ci-dessus traitent du retour du peuple sur sa terre. Les plantations sont l’image du retour d’exil. Dans la culture juive, les arbres ont toujours été présents. Ils ont marqué les saisons, décrivent l’homme – l’homme est un arbre des champs* – et rythment sa vie. Dans le traite Guittin, la Mishna stipule qu’il faut planter un arbre pour chaque naissance et un autre pour chaque mariage. Le lien entre le juif et sa terre est concrétisé par la plantation. Nous sommes, parait-il, une start-up nation mais notre renaissance est aussi liée au renouveau de notre terre.
Si cela vous parait quelque peu grandiloquent, sachez que pendant 2000 ans, la terre a été livrée à elle-même. Pour les nomades arabes, elle ne signifiait rien. Pour les Croisés, sa stérilité n’était que la preuve de notre éviction des promesses divines, dont avait hérité le christianisme, le Verus Israel (le vrai Israel) comme on disait. Quant aux Turcs qui ont régné pendant 500 ans sur le Moyen-Orient, ils n’y voyaient qu’une voie de passage entre la Syrie et l’Egypte. Et les Juifs, me direz-vous? C’est vrai que j’ai publié un bon nombre d’articles expliquant qu’un monde juif avait toujours subsisté dans ce pays*, mais il ne s’agissait que de petits groupes persécutés, des dhimmis sans aucun pouvoir politique, sans possibilité de propriété sur leur propre terre et qui s’étaient essentiellement réfugiés dans l’étude..
La destruction des arbres pendant les nombreuses guerres de conquêtes et l’abandon des terres agricoles ont causé une véritable catastrophe écologique au cours des siècles. Plus rien ne retenait la terre emportée par la pluie à chaque hiver. La flore ayant disparue, la faune s’était en partie éteinte, le pays n’était plus qu’un désert de pierre ou des sable selon les régions, entrecoupé de quelques marais. Je ne vais pas rappeler ici le travail des premiers pionniers à partir du 19 ème siècle*. Je citerai seulement les rédacteurs des rapports sur Forest and Forest Ordinance demandés par la Prospect Company britannique en 1920: « ce n’est qu’à partir du moment où la colonisation juive a commencé qu’ont débuté les plantations d’eucalyptus dans les marais qui donnent de merveilleux résultats. Les fonctionnaires du Mandat britannique eux-mêmes, étonnés des changements écrivaient dans leur rapports: « les Arabes, qui sont responsables de l’état du pays, ne comprennent pas sauf quelques uns l’intérêt de la reforestation . Ils s’étonnent de ces plantations d’eucalyptus pour assécher les marais et ainsi déloger les colonies de moustiques vecteurs de la malaria. »
Quand Théodore Herzl demanda en 1896 au botaniste Otto Warburg de le conseiller sur les plantations, ce dernier lui recommanda de planter des pins, des chênes et des cèdres ainsi que des plantes aromatiques citées dans le Tanakh. Il rajouta à sa liste les 7 espèces* originaires de la région dont les dattes et les olives. Cependant les quelque dattiers et oliviers existant en Palestine étaient de si faible rendement qu’il fallut importer de nouvelles souches. Il y a peu, des scientifiques ont fait germer six graines de dattes âgées de 2 000 ans qui avaient été découvertes sur des sites archéologiques dans le désert de Judée et la mer Morte entre 1963 et 1991*. Peut-être pourrons nous manger des dattes bibliques dans quelques années:

(j.forum.fr)

Au début du vingtième siècle fut décidée de la création d’un fonds destiné aux plantations en Eretz Israel qui deviendra le K.K.L. Cette idée eut tout de suite  beaucoup de succès auprès des communautés de la diaspora nourries aux prophéties bibliques et qui comprenaient la relation étroite entre l’arbre et l’homme.

Et ainsi Ben Gourion a déclaré lors de la cérémonie de plantation des forêts du président en 1949: « De tous les actes bénis que nous faisons dans ce pays, je ne sais pas s’il en est un de plus fructueux et dont les résultats sont aussi bénéfiques que les plantations d’arbres. Ils ajoutent de la beauté à notre campagne, améliorent le climat et la santé des habitants du pays. »

(Sur ces deux cartes, vous voyez en vert, la différence entre entre la situation forestière du pays avant 1948 et maintenant)

Et malgré le froid et malgré les missiles et les ballons incendiaires ou explosifs qui continuent à pleuvoir sur le sud du pays et les attentats habituels, nous fêtons Tou Bishvat, la fin de l’hiver. Et les anémones* sont de retour:

Bonne fête de Tou Bishvat
חג טו בשבט שמח

(Photo d’Avi Zeidel, un colibri dans la rosée du matin, vallée du Jourdain)

A bientôt,

*L’homme est un arbre des champs:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2019/03/15/nos-racines-leurs-ailes/

*Les Juifs demeurés en Palestine pendant 2000 ans. Consultez tous mes articles intitulés Les générations oubliées

*les 7 espèces:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/tag/les-7-especes/

*Les anémones:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/02/28/le-sud-en-rouge/

*Les palmiers dattiers de l’époque biblique:

6 palmiers dattiers de Judée ont poussé à partir de graines de 2 000 ans

Si vous comprenez l’hébreu, voici une intéressante Haggada de Tou Bishvat:
https://online.anyflip.com/kfmp/tcag/mobile/index.html

 

Les actes comptent, et non pas le verbiage… des discours sans dents!

Je ne sais plus si je vous ai déjà parlé du projet 929 ou התנ’ך ביחד  (Hatanakh beya’had), le Tanakh ensemble. Nommé ainsi d’après les 929 chapitres de la Bible, c’est un projet unique en Israël qui propose au grand public une nouvelle coutume judéo-israélienne : lire chaque jour un chapitre du Tanakh, sauf le vendredi et le shabbat, soit 5 chapitres par semaine. Chaque jour, un nouveau texte biblique apparaît sur le site 929.org.il, accompagné d’informations intéressantes, d’explications, de vidéos et d’images qui apportent toutes un éventail de points de vue et des perspectives, parfois très différentes les unes des autres.
Un peu partout dans le pays, des petits groupes d’étude hebdomadaire permettent aux participants de discuter ensemble sur ce qu’ils ont étudié pendant la semaine. Les participants se réunissent chez des particuliers, dans des Centres culturels, des cafés,

(dans un café à Ashdod, site Ashdod.net)

ou de manière plus formelle dans la maison du président de l’état Reuven Rivlin:

Tous les dimanches soir, je m’en vais donc dans le quartier de Gilo, à Jerusalem, pour échanger avec une dizaine de personnes sur les chapitres de la semaine. Dans mon groupe aucun des participants n’est considéré comme vraiment pratiquant mais comme le dit Akiva, l’un de mes amis: la Thora a été donnée à tout le peuple et pas seulement aux religieux!
La semaine dernière, nous avons terminé le livre du prophète ישעיהו (Yishayaou), ou Isaïe, dont les derniers chapitres nous parlent de גאולה (gueoula)*. On y trouve entre autres cet verset qui m’a particulièrement frappée cette semaine:
Et ils viendront à toi, tête, basse, les fils de tes persécuteurs, et tous tes insulteurs se prosterneront jusqu’à la plante de tes pieds; ils t’appelleront Cité de l’Eternel, la Sion du Saint d’Israël. (Yshayahou-Isaïe 60,14)
וְהָלְכוּ אֵלַיִךְ שְׁחוֹחַ בְּנֵי מְעַנַּיִךְ, וְהִשְׁתַּחֲווּ עַל-כַּפּוֹת רַגְלַיִךְ כָּל-מְנַאֲצָיִךְ; וְקָרְאוּ לָךְ עִיר יְהוָה, צִיּוֹן קְדוֹשׁ יִשְׂרָאֵל. טו תַּחַת הֱיוֹתֵךְ עֲזוּבָה וּשְׂנוּאָה, וְאֵין עוֹבֵר; וְשַׂמְתִּיךְ לִגְאוֹן עוֹלָם, מְשׂוֹשׂ דּוֹר וָדוֹר

Le journaliste Amit Segal, a lui aussi été frappé par ces paroles prophétiques, lues la semaine dernière, alors que se tenait à Jerusalem le 5 ème Forum International sur la Shoah*, en présence d’une cinquantaine de chefs d’état et de têtes couronnées.

L’allocution du président allemand lors de la cérémonie fut pleine de contrition:
Chaque fois qu’un dirigeant allemand vient à Yad Vashem, écrit Amit Segal, et qu’on lui rappelle par cette visite de quoi son pays fut responsable il y a quelques années, je me souviens de ces versets…

Il a aussi évoqué les paroles de son oncle le Rav Israel Meir Lau, lors de cet même forum.

Le rav Lau a rappelé à ces dirigeants qui se tenaient devant lui l’histoire de l’arche de Noa’h:
Comment se fait-il que des animaux très différents les uns des autres et parfois agressifs les uns envers les autres aient pu tenir ensemble 150 jours dans cet espace clos qu’était l’arche? Tout simplement parce qu’ils avaient un ennemi commun. Le déluge leur faisait suffisamment peur… Et aujourd’hui? N’avons nous pas des ennemis communs qui nous menacent tous au delà de nos différences et de nos dissensions? La  violence, la terreur! Comment pouvons-nous nous permettre de tolérer cette cruauté? Quand serons-nous aussi intelligents que les animaux de l’arche? Quand la réalité est tellement dangereuse, nous n’avons pas d’autre choix que de vivre en bonne intelligence.
Le rav Lau a préféré s’éloigner de cette vision idéale d’un futur radieux pour Israel et les nations, quand enfin le loup vivra avec l’agneau,  et a choisi de s’ancrer dans la réalité.
Pour moi,
ajoute Amit Segal, le choix de mon oncle fut surprenant: c’est un homme d’étude, de foi, qui a refusé de surfer sur la description merveilleuse de la geoula et s’est concentré sur la responsabilité humaine.  Lui, qui a vécu le premier chapitre de sa vie dans le camp de Buchenwald, chemine dans ce monde les yeux ouverts mais prudents dans son rapport avec l’humanité.

(Loulek (Israel Meir) Lau, en compagnie de soldats américains qui lui ont retaillé
des vêtements de la Hitlerjugend quelques temps après la libération de Buchenwald
)

Ça m’a pris quelque moment, continue Amit Segal, pour comprendre dans quelle direction le rav Lau voulait aller. Mais après avoir réfléchi je me suis aperçu qu’il était le seul qui n’avait pas parlé de commémoration. Il a entendu la demande de pardon du président allemand mais il l’a repoussée en expliquant qu’il n’avait pas l’autorité pour pardonner au nom de toutes les victimes. Il a regardé droit dans les yeux tous les dirigeants et leur a assuré que nous n’oublierons pas. Ce fut le discours d’un Juif droit et fier et qui se souvient du mal dans sa pire noirceur et nous demande de ne pas nous laisser actuellement tenter par cette prophétie où des agneaux vivront sans crainte au côté des loups, mais en fait d’agir pour le bien.

Un jour, sans doute, le loup habitera avec la brebis, et le tigre reposera avec le chevreau; veaux, lionceaux et béliers vivront ensemble. Mais nous en sommes bien loin. Pleurer sur des Juifs morts et dédouaner en même temps les assassins d’aujourd’hui ne fait pas avancer ni la justice ni la paix et ça le Rav Lau le sait bien: à un journaliste qui lui demandait son impression sur la cérémonie et sur l’intention affirmée par tous de lutter contre l’antisémitisme , il a répondu avec clairvoyance: Les discours de tous ces dirigeants étaient très bien tournés mais ils étaient sans dents…

A bientôt,

 

*Le projet 929 a été lancé en 2014 à l’initiative du vice-ministre de l’Education, Avi Wurzman, et du rav Benny Lau (neveu du Rav Israel Meir Lau).
Si vous comprenez l’hébreu ou l’anglais voici de quoi étudier:
https://www.929.org.il/p/home
https://www.929.org.il/lang/en/today

*La gueoula: ce mot est traduit en français par rédemption, c’est à dire le fait de racheter ses péchés. Mais ceci est une notion chrétienne qui a peu à voir avec la gueoula telle que la tradition juive la pense. Pour nous il s’agit de notre libération finale à l’époque du Mashi’ah. Pour le sionisme, la renaissance de l’État d’Israël n’est pas considérée comme un but, mais plutôt comme le début d’un processus, dans lequel de nombreuses étapes se produiront encore.

*5 ème Forum International sur la Shoah, le 23 janvier 2020:
https://www.yadvashem.org/fr/forum-shoah-2020/about.html

*Le rav Israel Meir (Loulek) Lau: déporté à Buchenwald à l’age de 7 ans avec son frère aîné. Il a survécu grâce à un médecin tchèque, lui-même déporté, qui a déclaré aux SS que l’enfant n’était pas juif et qu’il avait été raflé alors qu’il jouait chez un de ses camarades juif. Les SS l’ont alors amené dans la partie du camp réservée aux prisonniers de guerre russes. Les conditions y étaient catastrophiques mais ce subterfuge lui a évité d’être envoyé dans une chambre à gaz. Les soldats russes l’ont protégé autant qu’ils ont pu, lui donnant une partie de leur nourriture. L’un deux, Fiodor, voulait même l’adopter à la fin de la guerre. Mais Loulek, s’est souvenu des paroles de Naphtali son frère: Eretz Israel. Encore une fois. Répète encore. Eretz Israel, c’est la maison des Juifs et c’est là que nous devons retourner. C’est le seul endroit au monde où les Juifs ne sont pas tués. Alors si tu restes en vie, il y a certainement des gens qui voudront te prendre avec eux et te conduire ailleurs… mais rappelle-toi ce que je te dis: seulement en Eretz Israel.
Loulek, histoire d’un enfant de Buchenwald qui devient grand-rabbin d’Israel, Jerusalem Publications, 2009
http://collectifhistoirememoire.org/Pages/107_Israel-Meir-Lau.html