Des tanks et des iris

Soukkot s’en est allé, les premières pluies sont enfin arrivées.
Vous devez penser que je suis un peu « obssessivit » comme on dit ici sur ce sujet. C’est sans doute vrai et c’est vrai pour la plupart des Israeliens.
Le premier et vrai seul jour de pluie jusqu’à présent, étourdie, j’étais sortie oubliant mon parapluie. Je me suis protégée sous les arcades d’un café en haut de la rue Betsalel, en compagnie d’autres étourdis mais tous souriants: Enfin! Pourvu que ça annonce un bon hiver bien pluvieux, c’est bon pour le Kinneret…
La nature commence à reverdir et le désert se peuple peu à peu de fleurs comme à chaque סתו (stav) automne*.
Mais je m’égare,  je devais vous parler de tanks et d’iris…
Le Neguev est une zone d’entrainement pour l’armée, or les tanks ne sont pas bons pour la fragile flore désertique. Aussi l’armée a décidé de créer une Force de Défense pour l’iris du Néguev dont la zone de pousse se trouve exactement sur le terrain d’entrainement des soldats de la base de Tseelim.
Afin de protéger la plante en danger d’extinction, les soldats  ont transféré les bulbes dans un endroit sûr, juste à côté de leur base. Ils l’ont nommé la ville des Iris.
Vous me direz, c’est faire beaucoup d’histoire pour une fleur mais l’iris du Neguev est une fleur régionale assez rare!
Elle pousse seulement dans le Néguev occidental, dans un grand triangle nommé Les dunes de Halutza qui va du kibboutz Nir Yitzhak nord à Nitzana dans le sud et aussi vers El Aish dans le nord du Sinai.

L’iris du Néguev est aussi d’un caractère obstiné: elle est la seule espèce parmi tous les iris qui accepte de fleurir dans une région dont le niveau de précipitation n’est que de 150 mm / an.

(Yediot Aharonot, photo Herzl Yossef)

Ce projet de l’armée de défense de la nature  a commencé en 2014. Il concerne 39 unites de Tsahal et a lieu conjointement avec la Société de Protection de la Nature et l’Autorité des Parcs Naturels. Les officiers et les soldats qui y prennent part sont activement impliqués dans la préservation du patrimoine et participent à une information du public sur la flore du Neguev et réalisent également une cartographie précise des zones ou la mission a été menée.
Si vous vous promenez dans la région, vous ne voyez pas seulement le jaune-beige omniprésent du désert.  Cherchez aussi les iris et autres plantes qui s’y cachent et rêvez en pensant que dans l’Antiquité, une des villes nabbatéenne de la route de l’encens s’appelait Haloutza*. Elle était encore active aux débuts de l’ère chrétienne.

(reconstitution de l’église byzantine de ‘Halutza)

Il n’en reste que quelques ruines au sud-ouest de Beer Sheva.
Et selon le Targum*, c’est là que l’ange trouva Hagar:
Un ange la trouva près d’une source d’eau dans le désert, près de la source sur le chemin de Shour (Bereshit 16, 7)
וימצאה מלאך ה’על עין המים במדבר על עין בדרך שור

A bientôt,
 
*סתו (stav) est le mot couramment employé pour automne. Cependant à l’origine, il faisait plutôt référence à la saison véritablement pluvieuse, l’hiver. C’est ainsi que dans Shir haShirim 2 11, pour vanter la beauté du printemps, le roi Salomon commence ainsi:
Et voici, le Stav s’en est allé כִּי-הִנֵּה הַסְּתָו, עָבָר; הַגֶּשֶׁם, חָלַף הָלַךְ לוֹ.

A l’époque de la Mishna et de la Guemara, le mot stav fera encore référence à l’hiver.
Pour compliquer le tout, le mot חורף ( ‘horef) hiver désignait alors la saison des engrangements, donc l’automne. Pourquoi donc cette inversion des termes? Nul ne le sait! Peut-être que סתו(stav) est tombé en désuétude et que חורף (‘horef) a fini par signifier toute la période plus ou moins froide et pluvieuse.
Du coup, סתו( stav) a repris du service lorsque l’hébreu s’est intéressé aux 4 saisons, bien définies, propres aux pays tempérés. Et tant pis pour le Shir haShirim.
*Haloutsa est aussi identifiée comme étant la ville de Ziklad, et ayant appartenu à la tribu de Yehouda ainsi qu’à celle de Shimon avant d’être conquise par les Philistins.

*Targoum: il s’agit de traductions souvent en araméen mais pas seulement, accompagnées de commentaires. Les plus célèbres sont les Targum d’Onkelos sur la Thora et le Targum de Jonathan ben Ouzziel sur le livre des prophètes.

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Tsahal entre guerre et aide humanitaire

Hier soir un reportage du journal télévisé sur l’aide apportée aux civils syriens par Tsahal, suivi ce matin d’un article très explicatif de la Metula News Agency* sur ce qui se passe à notre frontière nord et qui renvoie au reportage télévisé israélien.
Voici la traduction en français de ce reportage de la télévision israélienne.

Officier israélien au téléphone avec un Syrien de l’autre cote de la frontière. Il parle en arabe.
-Bonsoir mon frère, comment vas-tu?
Bonsoir, bonsoir,

Voix off d’un journaliste:
Voir un officier de Tsahal discuter au téléphone au milieu de la nuit sur le Golan avec un Syrien qui se trouve de l’autre cote de la frontière est un événement rare. Etre présent au moment ou Tsahal transfère l’aide humanitaire ne l’est pas moins. Hier nous avons eu l’unique occasion de participer à cette opération de l’armée qui, l’année dernière, a transféré plus de 250 tonnes de nourriture, 450 000 litres d’essence, 12000 boites de nourriture pour bébé, des générateurs, et des véhicules de secours (y compris des pièces de rechanges pour des véhicules) pour transporter des femmes enceintes à la maternité édifiée sur le Golan syrien.

L’officier:
-Nous avons estimé les besoins de base des civils qui se trouvent dans une situation humanitaire critique après 6 années de guerre. 
Par notre action, nous maintenons aussi la zone frontière en sécurité. Nous n’enlevons plus les inscriptions en hébreu sur les produits au contraire, et nous écrivons (sur des étiquettes)  en arabe la phrase: Mieux vaut avoir un bon voisin qu’un frère qui se tient à l’écart* ainsi qu’un verset du coran (Comme ça, c’est officiel, l’aide vient d’Israel, l’ennemi). Une décision de justice prise par les imams des alentours de Kuneitra permet aux civils syriens d’accepter l’aide de l’ennemi. Nous n’avons aucun intérêt dans cette histoire d’autant qu’ils nous accusent de sombres desseins. Il s’agit ici d’aider nos voisins mais aussi de garantir notre sécurité.

Voix off:
Ces équipements parviendront à des milliers de Syriens qui se trouvent sur un territoire de quelques kilomètres de large à la frontière d’Israel, depuis le ‘Hermon jusqu’au sud (à la frontière syro-jordanienne). Un tiers de ces gens sont  des personnes déplacées (dans leur propre pays). Par ailleurs,  les contacts  syriens ont reçu des messages du pouvoir syrien. Lorsque Bashar el Assad reprendra la région, il pardonnera à ceux qui auront pris les armes contre lui mais pas à ceux qui auront pactisé avec l’ennemi.
Ces opérations se poursuivent presque chaque nuit. On ouvre le portail pour transférer le chargement humanitaire, le tout sous la protection des soldats israéliens. Quand nos soldats sont rentrés, un officier appelle les Syriens pour qu’ils récupèrent les produits.

L’officier israélien, au téléphone avec un Syrien:
-Y-t il du lait pour les bébés
-Oui?
-Quand tu arriveras à la ligne des barils…tu appelles pour que je te donne l’autorisation d’avancer
-Ok
-Quand arrives-tu ?
-Dans 10 minutes
-Yallah

Un officier au journaliste :
Nous sommes en alerte, nous sommes prêts, nous savons que l’ennemi nous regarde. Nous savons que l’ennemi n’apprécie pas ce que nous faisons, nous sommes préparés comme l’armée est préparée.

Voix off:
Voici le transfert tel qu’on le voit depuis le centre d’observation de Tsahal. Presque 120 millions de shekels ont été collectés cette année pour les Syriens. La majorité des donateurs viennent d’organisations humanitaires où siègent des hommes d’affaires syriens: Au delà de l’aide humanitaire envers ceux qui se retrouvent sans électricité, sans eau courante, sans éducation, sans soins médicaux, ici à côté de nous, nous estimons qu’en plus, cela peut empêcher le terrorisme, car  pendant ces dernières années, aucun attentat contre Israel n’a eu lieu depuis ici.

Le journaliste à l’officier israelien:
Tu sais j’ai parlé à quelques amis qui habitent sur le Golan. Quand je leur ai dit que je venais pour filmer cette opération et ils m’ont dit: Quoi? Mais shabbat ils nous ont envoyé des missiles et maintenant on leur apporte de l’aide?

L’officier israelien:
Notre attitude est une attitude morale, celle d’un peuple qui a survécu à la shoah, que peuple qu’on a pourchassé. Je suis fier et heureux que Etat et l’armée me permettent cela. Tu peux aussi expliquer à tes amis que c’est aussi pour préserver notre sécurité, la sécurité de ceux qui habitent ici.

Voix off :
Ces prochaines nuits, ce sont des milliers de manteaux qui arriveront ici. L’hiver est froid sur le Golan et encore plus froid quand on a pas de moyen de chauffage, que la maison n’est qu’une tente. Toute cette aide en plus des soins médicaux (dans les hôpitaux israéliens) qu’ont reçu des milliers de Syriens Nous ne pouvons pas vous préciser l’identité de cet officier mais nous pouvons vous montrer ces images d’enfants comme celui de cette petite fille syrienne qui lui montre son amour pour lui et pour Israel. Pour elle, il est Abou Yaakoub et elle lui doit la vie comme des milliers d’autres.

Fin du reportage.


Quand la télévision présente les photos de ces enfants syriens mourants de faim, on ne peut qu’éprouver de la compassion. Nul ne naît terroriste, nul ne naît avec la haine du Juif dans le cœur mais cette haine leur est insufflée naturellement dans leurs familles. Notre peuple ressent profondément ce que veulent dire ces mots: personnes déplacées, exactions, massacres, expulsion et ce n’est pas seulement le souvenir de la Shoah, c’est bien plus profond que cela dans nos mémoires. Mais nous ne sommes pas naïfs, et notre armée ne l’est pas. Nous savons bien qui sont nos ennemis…

A bientot, 

*Metula Newa Agency:
http://www.menapress.org/

*Cette citation vient du livre de Mishlei (Proverbes) 27,10

*Quelques uns de mes articles sur le Golan:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/05/29/guerre-et-paix-sur-le-golan/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/09/18/les-trois-crimes-de-damas/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/12/18/les-rivieres-du-mont-hermon/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/12/25/gamla-ou-le-dos-du-chameau/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/01/01/katsrin/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/01/08/soussita/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/08/02/le-nord/

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כִּי הִנֵּה כַּחֹמֶר בְּיַד הַיּוֹצֵר בִּרְצוֹתוֹ מַרְחִיב וּבִרְצוֹתוֹ מְקַצֵּר כֵּן אֲנַחְנוּ בְיָדְךָ חֶסֶד נוֹצֵר לַבְּרִית הַבֵּט וְאַל תֵּפֶן לַיֵּצֶר
Comme l’argile dans la main du potier qui l’étale ou le raccourcit, oui nous sommes dans ta main…

Ce piyout* est l’un des points culminant de l’office de Yom Kippour. Il se chante en ouvrant  les portes de l’arche sainte.
Dans chaque strophe, le poète anonyme, qui s’inspire d’un texte du prophète Jérémie*, nous compare à un matériau dans la main du Créateur: une pierre dans la main du tailleur de pierres, un couteau dans la main de l’artisan, le gouvernail dans la main d’un marin…
Israel est le matériau du Créateur, il est fait de matière comme l’argile mais n’est pas que ça. Il doit choisir à tout instant entre le bien et le mal.

La mélodie la plus célèbre de ce  piyyout fut composée par le rav Shalom Haritunov qui vivait au 19 ème siècle en Ukraine. Mais elle a souvent pris le pas sur le piyut lui-même, elle se chante en nigun, une mélodie sans paroles. Le nigoun est une prière en soi. Les nigounim nous accompagnent de génération en génération. Toujours en mode mineur*, et à l’opposé des chants choraux occidentaux bien calibrés, ils sont l’expression d’une notre inquiétude face à l’adversité, d’un trop plein de douleur mais aussi d’espoir en dépit de tout. Ils s’expriment dans un rythme lent, presque hypnotique où se balancent l’âme et le corps. Rien de religieux au sens classique du terme. Le nigoun concerne chacun d’entre nous quand notre âme déborde.

Dans la vidéo ci-dessous, le soliste a annoncé le titre du piyut Comme l’argile dans la main du potier, il est évident que le public le connait mais il ne chante pas les paroles. Il se laisse bercer par la mélodie*.

Cette mélodie est devenue un nigoun des Juifs de Palestine, pendant les pogroms des années 30 sur lequel Emanuel  Novogarbelski a écrit une berceuse, pour la naissance de son fils Avner.
La situation est grave – la grange brûle à Tel Yossef et on voit la fumée sur Beit Alfa – mais les enfants doivent dormir, leurs parents montent la garde. Demain, ils iront avec eux travailler et reconstruiront leur moshav.

Dors mon fils, repose-toi, ne pleure pas, Ta mère est assise à côté de toi et te protège de tout mal. Dehors les hyènes hurlent et le vent souffle mais toi, mon petit garçon, endors-toi. Le matin viendra très vite, il ne faut pas paresser, demain, il faudra travailler.
Demain ton père sortira labourer, il tracera des sillons. Quand tu grandiras, la tète droite, vous sortirez dans les champs. Tu grandis en Eretz Israel, dans la joie et dans l’effort, tu travailleras comme ton père. Tu planteras dans les larmes et récolteras dans la joie*. Alors, pour le moment, écoute ta mère et endors-toi. La nuit est froide, les renards aiguisent leurs dents mais ton père monte la garde, il ne dort pas. Le jour il travaille, la nuit il garde la grange, tu grandiras et seras fort et tu garderas avec lui.  Couche-toi mon fils, n’aie pas peur, tout le moshav est en alerte. Ta mère aussi monte la garde, elle te protège, Avner. La grange brûle à Tel Yossef et de Beit Alfa monte une fumée, ne pleure pas, endors-toi. Cette nuit, le feu dévore la ferme et la paille. Il est interdit de désespérer, demain nous recommencerons à nouveau. Demain, il faudra poser les fondations, ton père construira  une maison pour son fils. Tu grandiras, tu l’aideras et vous la construirez ensemble.

Si, dans le piyyut original, l’homme est considéré comme un matériau dans les mains du Créateur, dans ce deuxième texte, c’est de lui qui est responsable de la sécurité du bébé et de celle du moshav et c’est lui qui doit travailler pour le construire et le reconstruire.

Alors que j’écris cet article, j’apprends qu’un attentat a eu lieu à Har Hadar, une localité dans les collines, sur la route qui mène à Tel Aviv. Trois Israéliens ont été assassinés: Solomon Gavriyah, 20 ans, garde-frontière, Youssef Ottman, 25 ans, d’Abu Ghosh, et Or Arish, 25 ans, de Har Adar.
Youssef Ottman et Or Arish étaient des gardes de sécurité civils. ה’ ינקום דמם

 

גמר חתימה טובה
Gmar Hatima Tova
Que vous soyez inscrits dans le livre de la vie

 

A bientôt,

*Piyout:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/tag/piyout/
Pour ceux qui veulent le texte de ce piyout:
http://old.piyut.org.il/textual/168.html

* Texte de Jérémie 18,6
« Ne pourrais-je pas agir à votre égard, Maison d’Israel, à la façon de ce potier? Certes vous êtes sous ma main comme l’argile sous la main du potier »

*Les nigunim sont en mode mineur: on raconte que les Juifs polonais et russes furent impressionnés par les chants de l’armée napoléonienne. Ils les adoptèrent mais les firent passer du mode majeur au mineur qui nous convient mieux. 

*Chez nous, quand on fredonne on ne dit pas la la la mais daï di di daï

* Le poète Emanuel  Novogarbelski (1903-1979) né à Nikolayev, en Russie, écrivait sous le nom de Emmanuel Harussi (Emmanuel le Russe)

* D’après les Tehilim (126,5) « Eternel, ramène nos captifs, Comme (tu ramènes)  les ruisseaux dans le midi! Ceux qui sèment avec larmes moissonneront dans la joie. Celui qui marche en pleurant, quand il porte les grains. récolte dans l’allégresse ».

 

Shana Tova שנה טובה

Chers amis,
Nous entrons dans l’année 5778. Comme me l’a fait remarquer une de mes amies, 5778 c’est un nombre divisible par 18.
Le 18 יח(youd ‘het) ou חי (‘Hai) qui veut dire vivant.
Je vous souhaite une bonne année pleine de de vie, d’instants de bonheur et de découvertes passionnantes.

שנה טובה ומתוקה
שנת אושר
שנת בריאות
שנת שלווה

Bonne année 5778

A bientôt,

Mais que mangeait-on au temps de la Bible?

 

 

Mes petites filles m’ont demandé ce que nous mangions à l’époque du Tanakh, je suis donc partie à la recherche des saveurs ancestrales.

 

Si on suit de façon chronologique le texte biblique, on voit que nous sommes passés du statut de nomade, lorsque nous n’étions qu’une grande famille, à celui d’agriculteur, lors de notre entrée en Canaan. Entre les deux, une longue parenthèse, notre esclavage en Egypte, nous a mis en contact avec une civilisation sédentaire très développée et les 40 années de nos pérégrinations dans le désert du Sinaï ont été nécessaires à notre éducation: nous étions partis tribus, nous sommes devenus un peuple.
Nous  avons survécu dans le désert grâce à la manne mystérieuse qui tombait du ciel chaque jour. Beaucoup se sont demandés ce que pouvait bien être cette manne. La manne comblait tous nos besoins nutritifs mais nul ne sait quel était son goût. Un midrash nous dit qu’elle avait le goût qu’on voulait lui donner. Était-ce suffisant? Oui sans doute, mais les récalcitrants regrettaient les marmites de viande, de poireaux et d’oignons qu’ils avaient mangés en Egypte.
« Nous nous souvenons du poisson que nous mangions pour rien (!) en Egypte, des concombres et des melons (ou pastèques), des poireaux, des oignons et de l’ail »(Bamidbar-Nombres 11,5)
Comme quoi, face aux difficultés, les populations mythifient toujours le passé. Avions-nous déjà  pris goût à l’agriculture?



Mais n’oublions pas que si la manne était un plat « divin », elle avait donc aussi un rôle éducatif:
La signification de son nom en est la preuve. Son nom est en fait une question. Il vient de מן (min –  d’où?), d’où cela vient-il? Ou מן הוא (man hou)? Qu’est ce que c’est? L’esclave, homme-objet- devait commencer à questionner pour devenir un homme-sujet.
De plus, elle nous aidait à rythmer nos semaines selon la tradition. Ainsi avant chaque shabbat, nous en recevions une double portion.

A notre arrivée en Eretz Israel, nous avons cultivé les 7 espèces traditionnelles de la région*: l’olivier, le figuier, le blé, l’orge, la vigne, le grenadier et le dattier. Nous pouvons rajouter les agrumes, dès la fin de la période biblique. Ainsi une archéo-botaniste, le  Prof. Dafna Langguton, a trouvé dernièrement des traces de pollen d’etrog datant du retour de l’exil de Babylone, 500 ans avant son apparition en Italie.
Le riz apparaît dans la région à la même période ou peu après, au 3 ème siècle avant l’ère chrétienne, importé par les troupes d’Alexandre.

Les céréales  formaient l’essentiel de la nourriture. Mais quel sorte de pain mangions-nous?
Dans la Haggadah, on récite que cette nuit est différente des autres nuits où on mange et du ‘hametz (pain levé) et de la matsa*(pain non levé). La matsa est le symbole de notre misère en Egypte mais aussi celui de la liberté. C’est la nourriture des bergers qui vont et viennent et des nomades qui n’ont pas le temps de faire lever la pâte. Au contraire, le pain levé est le symbole de l’Egypte à la culture sédentaire, et une des rares régions où on récolte du blé panifiable à cette époque.
Bien avant notre esclavage en Egypte, quand les anges viennent voir Avraham*, Sarah prépare aussitôt du pain sans levain, donc des matzot. Du pain au levain, nous en mangerons plus tard quand nous serons devenus agriculteurs (avons-nous rapporté les secrets de la panification égyptienne?) . Il restera toujours le pain pour shabbat, les fêtes ou les grandes occasions.
Que buvions-nous? De l’eau évidemment mais, bien que le Tanakh n’en parle pas, sans doute aussi de la bière car l’orge était une des céréales courantes et on a trouvé les restes d’une brasserie dans le nord du Neguev.

Quant au vin, nous sommes avertis de ses méfaits dès le livre de Bereshit: Noa’h est le premier alcoolique connu.
Le livre de la Genèse, ne parle pas de culture du vin avant que Noa’h ne décide de planter une vigne. Il est écrit: » Noa’h d’abord cultivateur, planta une vigne » et l’expression de nos voisins ougarites « poignée de main d’un ivrogne » est équivalent de notre « serment d’ivrogne« .

Mais revenons au moment ou Avraham reçoit les trois anges alors qu’il se repose de sa circoncision. Sarah prépare donc du pain mais apporte aussi de la crème et du beurre:
« Il (Avraham) prit de la crème et du lait, puis le veau qu’on avait préparé et le leur servit. »
Avraham a préparé un festin royal à ses hôtes. En effet les gens ne mangent que très peu de viande de bœuf ou même d’ovin. Ils consomment essentiellement des volailles. Curieusement, on ne parle pas d’élevage de poules et la mitsva qui nous ordonne d’éloigner la mère-oiseau quand on prend ses œufs, pour qu’elle ne s’en rende pas compte, fait référence à des œufs dans un nid et non pas dans un poulailler:

« Si tu rencontres un nid d’oiseau sur ton chemin ou à terre, de jeunes oiseaux ou des œufs sur lesquels soit posée la mère, tu ne prendras pas la mère avec sa couvée. Tu es tenu de laisser s’envoler la mère sauf à t’emparer des petits. »
Cela dit, l’élevage des pigeons et autres volailles (en hébreu ברבור – barbour – mot utilisé actuellement pour désigner un cygne) est pratiqué par tous.

On peut visiter dans les grottes de Maresha à Beit Guvrin, un columbarium pouvant contenir plusieurs milliers de volailles.*

Mais pas de restrictions au palais royal. Le roi Salomon et sa cour consomment chaque jour « dix bœufs engraissés, vingt de libre pâture, et cent pièces de menu bétail sans compter les cerfs, chevreuils, daims et sans compter les volailles engraissées. »

Dans la vie quotidienne, outres les céréales, le repas se compose essentiellement de légumineuses. Toutefois on ne parle pas de pois chiches dans le Tanakh, alors qu’ils sont pourtant mentionnés en Mésopotamie sous le nom de hallaru, déjà 3000 ans avant l’ère chrétienne!
Dans la Mishna, on mentionne que la bouillie la plus commune  est un mélange d’haricots secs écrasés et de blé, assaisonné d’ail et d’herbes comme le coriandre.


Quand on ne mange pas des haricots, on mange des lentilles.
Evidemment, vous pensez au ragoût de lentilles qu’ Esav a préféré à son droit d’aînesse. Cette histoire m’a toujours semblé curieuse. Esav rentre de la chasse épuisé, demande du ragoût de lentilles qui mijote sur le fourneau de Yaakov, et, alors que ce dernier profite de la situation, n’a même pas l’idée de faire signe à un des nombreux serviteurs pour en obtenir un sans contre-partie, alors que ce plat basique doit certainement mijoter aussi sur tous les fourneaux de la famille. J’ai toujours pensé qu’en fait Esav avait sauté sur l’occasion. Comme il vivait toujours dans l’immédiateté, sans capacité de construire à long terme et donc de devenir un bon chef de tribu, son statut d’aîné devait peser trop lourd sur ses épaules.

Les produits laitiers proviennent surtout du lait de chèvre. Pour faire du fromage, pas d’enzyme provenant de l’estomac d’une vache* mais une résine de figuier.
Dans le Tamlud Yerushalmi, il est question d’une sérieuse discussion entre Rabbi Eliezer et Rabbi Yehoshua pour savoir quelle partie du figuier exactement devait être utilisée en guise de présure.

(Fromage blanc préparé encore aujourd’hui de cette manière par les Samaritains*)

On ignore si la coutume voulait que le repas se termine par un mets sucré mais les fruits et le miel* sont toujours présents. Lorsque la belle et intelligente Avigail nourrit David et ses compagnons, alors en fuite devant le roi Shaoul, « en toute hâte, elle prit deux cents pains, deux outres de vin, cinq brebis toutes accommodées, cinq mesures de froment grillé, cents gâteaux de raisins secs et deux cent gâteaux de figues, qu’elle fit charger sur des ânes ».
Pas étonnant, que David ait décidé de l’épouser!

Que sont donc ces gâteaux de raisins secs et de figues? Des pâtisseries ou simplement des fruits séchés et agglomérés?
Et que penser du texte de Shir hashirim (2,5)?
Réconfortez-moi par des gâteaux (au sucre) de raisin, restaurez-moi avec des pommes, car je suis dolente d’amour.
סַמְּכוּנִי בָּאֲשִׁישׁוֹת רַפְּדוּנִי בַּתַּפּוּחִים כִּי חוֹלַת אַהֲבָה אָנִי
Le mot אשישות (ashishot), gâteaux au sucre de raisin, vient de la racine אשש (Alef, Sh, Sh), raffermir, qui a donné le  verbe להתאשש (lehitoshesh), se reprendre en mains, recouvrer la santé. Grâce à la quantité importante de sucre qu’ils contiennent (sucre de raisin), ils permettent à l’amante de recouvrer quelques forces.
Mais quels en sont les autres ingrédients?
Bien qu’un des rédacteurs de la Mishna nous parle lui de gâteaux de semoule au miel, la plupart pense qu’il s’agissait tout simplement de crêpes épaisses de farine de lentilles:

 

Le Talmud nous a même transmis une recette, un peu différente cependant, puisque le sucre de raisin est remplace par du miel.
Que ne ferais- je pour vous? Je l’ai testée!
Il faut (selon le Musée des Pays de la Bible*): un verre de farine de lentilles, deux cuillerées à soupe de farine de blé, deux verres d’eau, une cuillerée à soupe de miel, un peu de sel, de la cannelle et de l’huile pour la friture.
J’en ai trouvé une autre peut-être moins réconfortante (sans miel), mais à mon avis bien meilleure, selon laquelle on incorpore des oignons dorés, du coriandre frais et du cumin.

Quand j’ai fait part de mes recherches à mes petites filles, elle m’ont répondu, pragmatiques: Donc, on pouvait manger des schnitzel, sans doute de la salade verte, mais ni frites ni ketchup!
A bientôt,

PS: Dans de précédents articles, j’avais traité de la shehita

La ville de David עיר דוד

A tous nos ancêtres qui, fidèlement, obstinément, ont pleuré la destruction de Jerusalem et n’ont pas pu la voir revivre.

Au sud du Kotel et du mont du Temple se trouve un grand site archéologique, עיר דויד (ir David) ou ville de David. Il fait partie du parc national Les murailles de Jerusalem qui sont une large bande de verdure qui contourne les murailles de la ville.


Le site se trouve sur la colline de l’Ophel qui est le nom d’une forteresse gardant la ville au sud-est*.  Il est question de la muraille de l’Ophel sur la stèle de Mesha* trouvée en bordure du site et du village de Silwan.

(La stèle de Mesha se trouve actuellement au Musée du Louvre,
elle raconte les guerres entre les rois du royaume d’Israel et les Moabites)

Le village de Silwan a ceci de particulier qu’il était habité par de nombreux Juifs originaires du Yemen ainsi que des Juifs Karaïtes qui en ont été chasses en 1948  et s’y sont réinstallés après la guerre des 6 jours en 1967. Bien que la population musulmane y soit souvent violente à leur égard, 62 familles juives y sont retournées à ce jour,  dont la famille Meyuhas qui a reconstruit sa maison datant de 1875.

Mais retournons à la période biblique. Silwan autrefois s’appelait Shiloa’h, célèbre pour sa piscine, le grand réservoir d’eau de la ville dans l’antiquité.

C’est là qu’avaient lieu les festivités de שמחת בית השואבה (sim’hat beit hashoeva). Ça devait être hollywoodien me disait mon ami Yossi Cohen*.
Il est écrit dans la Mishna מִי שֶׁלֹּא רָאָה שִׂמְחַת בֵּית הַשּׁוֹאֵבָה – לֹא רָאָה שִׂמְחָה מִיָּמָיו. Celui qui n’a pas vu la joie de sim’hat beit hashoeva, n’a jamais vu de joie de sa vie .
 Des milliers des personnes  y participaient en chantant et en dansant au son des lyres et des tambourins, des trompettes et des shofars, pendant que les Cohanim, ayant offert un sacrifice,  puisaient de l’eau et la versaient depuis une soucoupe en or dans une tasse en argent,  percée par le fond, pour la laisser s’écouler en libation. Ils priaient ainsi pour que l’année soit pluvieuse.


(dessin Dafna Levanon)

Voici une video qui présente le chemin allant de la piscine de Shiloa’h au Kotel.

Le Roi David avait conquis cette forteresse יבוס-Yebus (Jebus).
David et tous les Israélites marchèrent sur Jérusalem, qui s’appelait Jébus. Là étaient les Jébuséens, qui occupaient le pays.  Mais ceux-ci dirent à David: « Tu n’entreras pas ici. » Toutefois, David s’empara de la forteresse de Sion, qui est la Cité de David. David avait dit: « Celui qui battra les Jébuséens en premier deviendra chef et prince. » Ce fut Yoav, fils de Cerouya, qui monta le premier, et il devint chef.  David s’établit dans la forteresse, qu’on nomma pour cette raison Cité de David.  Il ajouta des constructions à la ronde. Quant à Yoav, il restaura le reste de la ville...(2 livre de Samuel, 5)

David l’avait conquise pour des raisons à la fois
– Militaires: Le site se trouve à environ 800 m d’altitude et est donc facile à défendre

– Mais aussi politiques: Elle se trouve à la limite entre la Judée, territoire de la tribu de David (tribu de Yehuda) et celui de la tribu du roi déchu Shaoul (tribu de Binyamin)
– Et enfin, religieuses: Une des collines, le mont Moriah, celle qui accueillera plus tard le temple, est déjà considérée comme l’endroit ou Yits’hak aurait du être sacrifié par son père Avraham.

De nombreuses sources donnent de l’eau à la ville chaque printemps. La plus importante est le Gi’hon.


Bien plus tard, le roi Hizkiyahou entreprendra des travaux d’importance pour ravitailler plus facilement la ville :
Ce fut Ezéchias qui boucha l’issue supérieure des eaux du Ghihôn et les dirigea par en bas du côté occidental vers la cité de David, et Ezéchias réussit dans toutes ses entreprises. (2 Livre des Chroniques 33 30)
וְהוּא יְחִזְקִיָּהוּ, סָתַם אֶת-מוֹצָא מֵימֵי גִיחוֹן הָעֶלְיוֹן, וַיַּישְּׁרֵם לְמַטָּה-מַּעְרָבָה, לְעִיר דָּוִיד; וַיַּצְלַח יְחִזְקִיָּהוּ, בְּכָל-מַעֲשֵׂהוּ.
Le tunnel a une longueur de 533 m sur un dénivelé de 2,27 m.
Pourquoi ces grands travaux?  Ce grand tunnel et la construction de murailles plus conséquentes* sont généralement expliqués par le besoin de nourrir une population grossie de nombreux réfugiés lors de la chute du royaume d’Israel et de sa capitale Shomron.

A quelques mètres de la sortie du tunnel a été découverte en 1860 une pierre portant l’inscription suivante en hébreu:
Le creusement. Voici l’histoire du creusement. Pendant que les tailleurs de la roche brandissaient leurs outils chacun en face de ses compagnons, un moment où manquaient trois coudée (1,50 m) pour la perforation, la voix d’un homme fut entendue, demandant à son compagnon pourquoi il y avait une crevasse. À la droite… Le jour de la perforation, les mineurs frappèrent chacun pour rencontrer son compagnon… et les eaux s’écoulèrent de la source jusqu’à la piscine, environ 1200 coudées (533 m). La roche était à 100 coudées (50 m) au-dessus de la tête des tailleurs de la roche. 

(Cette pierre se trouve au musée des Œuvres de l’Orient Ancien à Istambul)

En 2005, l’archéologue Eilat Mazar annonce qu’elle a découvert les restes d’un grand bâtiment, pour elle il s’agit du palais du roi David. Elle se base sur le texte biblique, corroboré par les trouvailles de poteries datant du 10 ème siècle avant l’ère chrétienne et aussi sur le fait qu’une construction aussi élaborée avec de pareilles dimensions ne pouvait pas appartenir à l’ancienne forteresse militaire jebuséene.

De nombreux artefacts ont été retrouvés depuis. La plupart témoignent de la vie quotidienne aux périodes du premier et du deuxième Temple* et quelques uns de la période hellénistique. Il y a peu, les archéologues ont mit à jour des habitations, des restes calcinés d’arbres, des poteries et même de la nourriture (grains de raisons, arêtes de poissons) datant de la destruction du premier Temple par les Babyloniens en 586 avant l’ère chrétienne.

Ce sont les mêmes trouvailles que celles extraites des tonnes de terres rejetées par les bulldozers du Waqf*qui s’affairent sur le Mont du Temple pour détruire toute trace d’une présence juive.
Des découvertes fascinantes ont été faites, comme des tessons de récipients en pierre, des bijoux, des perles, des figurines en terre cuite, des pointes de flèches et autres armes, des poids de balances, des accessoires de mode, des dés à jouer, des incrustations d’os et de coquillages, des décorations de meubles, des objets en os et en ivoire et des fragments d’inscriptions sur pierre ou sur poterie.

Ce qui a bien amusé les volontaires à ces fouilles, ce sont tous ces dés, en os et en ivoire, datant de la période romaine. Il faut dire que dans la Mishna, les joueurs de dés étaient récusés comme témoins!
Ce sceau de la période du roi David  a fait les gros titres:

(photo Zeev Radovan Zachi Dvira)

Il a été découvert par Matvei Tcepliaev, un jeune volontaire de 10 ans qui participait aux fouilles pendant ses vacances.
En fait, dans toute cette zone, chaque seau de terre  contient des artefacts de toutes les périodes depuis la prise de Jebus par David, il y a presque 3,000 ans. 

Ce jour de Tisha Be’Av*, nous commémorons la destruction du Temple. J’ai eu envie de vous faire part de ces découvertes. Elles montrent  à quel point notre enracinement dans ce pays et dans cette ville est profond et ancien.
La chanteuse Etty Ankry raconte qu’un jour, prise dans un embouteillage sur la route, elle leva les yeux vers un panneau  qui indiquait la direction de Jerusalem. Elle pensa soudain que si Yehouda Halevy était là, à côté d’elle, il n’en croirait pas ses yeux.
Lui qui écrivait il y a déjà 1000 ans:
Mon cœur est en Orient et moi je suis aux confins de l’Occident.
ליבי במזרח ואני בסוף מערב
Lui qui avait été assassiné par la lance d’un cavalier arabe alors qu’enfin arrivé à Jerusalem, il se tenait appuyé aux pierres du Kotel…
Voici un poème de Yehuda Halavy, Yefe Nof, qui célèbre la beauté de Jerusalem. Il est interprété par Etty Ankri

A bientôt,

*Les Juifs karaïtes:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/02/07/rencontre-avec-un-karaite/

*Joseph Cohen: L’histoire de l’écriture hébraïque, son origine, son évolution et ses secrets, ed Cosmogone, 1999

*Ophel en Samarie (Shomron):
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/08/10/la-samarie-et-les-samaritains/
Dans le Tanakh, il est mentionné que le prophète Elisha et son disciple habitaient à l’Ophel (partie fortifiée) de Shomron

*Histoire des murailles de Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/05/23/dans-tes-murs-dans-tes-portes-jerusalem/

*stèle de Mesha:
https://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A8le_de_Mesha

*Trouvailles archéologiques sur le mont du Temple:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/11/25/bonnes-et-mauvaise-nouvelles/

*Tisha beAv:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/07/29/le-mois-de-av/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/07/26/hadrien-si-tu-savais/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/08/07/4980/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/07/15/tisha-beav/

Détruire Israel par tous les moyens

A la mémoire de Ha’il Satawi et Kamil Shanan,  policiers druzes assassinés  par trois terroristes arabes israéliens de Um el Farm.

 et celles des membres de la famille Salomon, Yossef, Haya et Elad, égorgés chez eux lors du repas de shabbat par un terroriste venu des territoires palestiniens et qui voulait « sauver El Aqsa ».

Hier, je regardais la chaîne télé de la Knesset. Une des nombreuses commissions du parlement israélien traitait d’un sujet très sensible et actuel. Il s’agit des pressions exercées à l’égard de la jeunesse druze israélienne pour la convaincre de ne pas faire de service militaire.

La commission présidée par le député Amir Ohana. conseiller aux affaires militaires liées au recrutement, et à laquelle participaient des officiers supérieurs. un député et une représentante du Ministère de l’Education pour le secteur druze et tcherkesse,  a entendu un certain nombre de témoignages, notamment celui des représentants du mouvement étudiant Im Tirtzou qui a dévoilé cette affaire.
Le responsable de Im Tirtzou, Matan Peled, a décrit les activités de l’organisation pro palestinienne Baladna et ses liens avec les députés de la liste unifiée arabe*, tous deux incitant les jeunes appartenant aux communautés musulmanes, chrétiennes et surtout druzes, à ne pas faire leur service militaire ou service national.

L’organisation Baladna et sa jumelle Aorfod veut persuader les jeunes druzes qu’il n’y a pas d’entité druze-israélienne et qu’ils sont en fait tout simplement palestiniens. De même pour les jeunes tcherkesses. Dans ces communautés attachés à leur tradition, le service militaire ne touche que les garçons, mais les filles font souvent le service civil en volontariat dans les villages druzes.
Pour Baladna, même le service civil, qui est en fait un volontariat au service des plus démunis, est le signe d’une allégeance à la puissance occupante, Israel. Si il y a volontariat, celui-ci doit être effectué seulement dans les organisations palestiniennes.  Médecins et avocats affiliés à ces organisations expliquent aux jeunes comment frauder pour se faire reformer.
A ce stade, je dois préciser que les membres de la Liste unifiée sont des députés israéliens sensés représenter la minorité arabe israélienne et non pas les palestiniens de Mahmoud Abbas ou du Hamas.

Matan Peled a ajouté que les députés de la Liste unifiée incitent, d’une façon plus générale, les jeunes druzes qui sont astreints au service militaire comme les Juifs, à ne plus se considérer comme israéliens mais comme palestiniens. Ils font un travail de sape très élaboré au sein de la société israélienne non juive: Un jeune druze a témoigné pour décrire ce qui se passait à Daliyat El Carmel (ville druze au nord d’Israel) où ces organisations, n’ayant pas été autorisées à rentrer dans le lycée, avaient fait des réunions informelles dans un centre social sous un faux prétexte.

Le Dr Akram Hasson, député druze, a indiqué que les druzes jusqu’à présent ne se sont pas laissé faire et qu’au final le pourcentage d’incorporation des druzes dans l’armée est aussi élevé que celui des Juifs, mais, a-t-il ajouté, « une stricte surveillance de ces activités s’impose, nous maintiendrons l’interdiction à ces organisations d’entrée dans les établissements d’enseignement dans nos villages à majorité druze ». Toutefois signale-t-il, « il n’est pas possible aujourd’hui d’en faire autant dans des villages tels que Shfaram ou Kfar Kana où la population est mixte: druze et arabe. Pour ces derniers, nous allons proposer une loi  de protection contre ces organisations, sans délai. »

Mais, allez vous dire, même dans la population juive, des organisations prônent la désobéissance civile.
A l’extrême gauche de l’échiquier politique, Shoverim Shtika ou B’tselem, recrutent des arnarchisto-trotskistes  qui sont persuadés qu’en affaiblissant Tsahal, nous arriverons à une paix entre nous et les arabes. Certains sont atteints de ce syndrome de la haine de soi, ils espèrent en s’accusant, en annihilant leur identité, s’attirer les bonnes grâces de leurs ennemis ce qui bien sur n’arrivera jamais puisque le monde arabe ne connait que le dominant et le dominé et ne considérera jamais le dhimmi comme un interlocuteur valable.
Egalement, ceux, qui dans les groupes haredim, refusent aussi le service militaire, se justifient en nous expliquant que leurs prières sont aussi efficaces (voire plus) que le maniement des armes. Dans ces deux cas, que l’on soit d’accord ou pas, les gauchistes comme les harédim estiment agir en fonction de leurs convictions pour le bien du pays.

Tandis que pour le parti La Liste unifiée ou les organisations telles que Baladna,  il s’agit de détruire le fragile équilibre qui s’est installé dans la société israélienne entre différentes communautés. Il s’agit de démembrer Israel considéré comme l’ennemi. Leurs discours, ne se réfèrent jamais à la coexistence ou au vivre-ensemble. Non, leur objectif est clair: soumettre et détruire l’état d’Israel. Leurs propos sont clairs sur le sujet, ils ne s’en cachent même pas. ils parlent de soumission des juifs et de destruction du pays. Il veulent selon les expressions consacrées « la Palestine de la rivière à la mer » ou bien « jeter les Juifs à la mer », expressions largement scandées par les foules pendant les manifestations de cette dernière semaine.

Il était temps que ce problème soit révélé au grand jour. Le mouvement Im Tirtzou, qui est de plus en plus actif dans les universités, a beaucoup fait sur ce sujet.

Quand les députés druzes disent que ce mouvement Baladna n’a pas eu d’impact jusqu’à présent sur les jeunes druzes ou tcherkesses, c’est sans doute vrai car, dans la vie de tous les jours, les Arabes musulmans ne montrent aucune empathie pour les Druzes et ces mêmes députés, qui voudraient rallier les druzes à la cause palestinienne, ne prennent même pas la peine de se déplacer pour assister aux enterrements des victimes druzes des attentats. Il y a d’ailleurs eu des heurts violents entre Druzes et Arabes ces derniers temps dans les villages mixtes.

Les députés présents à cette commission ont décidé d’ouvrir une enquête pénale à l’encontre de 4 députés de la Liste unifiée.

J’ai confiance dans les Druzes. Non seulement nous avons créé avec eux ce qu’ils appellent une alliance de sang et de vie mais souvent, ils nous donnent des leçons de sionisme comme le ministre des communications  Ayoub Kara, ou comme  il y a quelques jours le député Ayal Assad qui s’opposait au démantèlement des portiques de sécurité aux entrées du Mont du Temple:
« La décision de retirer les portiques est un signe de faiblesse. Le peuple de l’éternité est digne d’un leadership fort et solide, qui ne s’aplatit pas et ne cède pas devant ceux qui désirent tuer des juifs. Il nous faut un gouvernement qui sera capable de chasser la Liste arabe unifiée et de l’envoyer à Gaza. En vrai et pas avec des mots. La population d’Israël a besoin de chefs à l’image de Juda Maccabée qui sortit lutter contre l’Empire gréco-syrien et remporta la victoire. Le peuple d’Israël a besoin de plus de foi ainsi que de prières dans les synagogues et les maisons d’étude.  N’oubliez pas! »

En fait, Israel subit actuellement une attaque sur tous les fronts:
– Au nord, le Hezbollah a réussi à étendre le conflit syrien au Liban et est en train de gagner la bataille de la Bekaa libanaise qui dure depuis une bonne semaine. Ce même Hezbollah, aidé par l’Iran, qui gouverne toute la région sud du Liban et nous menace avec ses milliers de missiles alors que pour mettre fin au précédent conflit l’ONU (France en tête) avait garanti que cette zone tampon  serait une zone démilitarisée.
– Au sud le Hamas, qui s’est allié depuis peu avec le Hezbollah libanais, menace également Israel de ses milliers de roquettes et pratique la surenchère en provoquant régulièrement Israel dans le but de gagner la guerre du leadership qui l’oppose au Fatah de Mahamoud Abbas.

L’un des héros de la guerre de l’été 2014, le général de brigade Ghassam  Alyian* a déclaré il y déjà quelque temps:


« Des forces ennemies qui ne sont pas libanaises, comme le groupe terroriste Hamas, pourraient mener des combats sur la frontière nord d’Israël. Des événements sur d’autres fronts que le front nord pourraient également déclencher quelque chose. Je suis basé au Nord du pays mais je vous assure que les événements de la frontière sud ont un impact énorme. Beaucoup de choses qui se passent à Gaza sont pertinentes pour le front libanais: nos ennemis analysent nos techniques de combat et s’inspirent de cette connaissance pour améliorer leurs propres tactiques. D’une façon ou d’une autre, une troisième guerre avec le Liban n’est juste qu’une question de temps ».
– A l’est, sur le Golan, l’accord récent de cessez le feu entre les troupes syro-iraniennes et les rebelles syriens, permet aux troupes chiites et à des observateurs russes de s’installer à 30 km de la frontière israélienne et à 6 km de la frontières jordanienne. La présence des observateurs russes empêchera les israéliens d’intervenir pour éviter que ne se forme une menace militaire sérieuse à la frontière est.
– A l’Unesco où les palestiniens d’ Abbas avec la complicité sournoise des européens et celle active des pays arabes font passer des résolutions qui sont des injures à l’intelligence des peuples et à l’histoire pour délégitimer toute présence juive dans la région.
– Enfin à l’intérieur, des groupes, comme Baladna, aidés par les députés arabes, eux-mêmes proches du mouvement islamique israélien, poursuivent leur tentatives de déstabilisation de la société israélienne. Le Waqf jordanien, en charge de l’administration de la mosquée d’El Aqsa, soutient les émeutiers et attise leur haine et leur colère en déclarant que les israéliens veulent détruire El Aqsa pour reconstruire le Temple. Les jordaniens aussi s’en mêlent car même si Abballah II a le plus profond mépris pour les Palestiniens et Arabes Israéliens, il a peur de perdre et son trône et sa vie. Il doit donc enfourcher le même cheval de bataille au cri de « Sauvons El Aqsa!*

Quand aux pays de l’Union Européenne qui continuent de vociférer contre Israel avec véhémence et à voter dans les instances onusiennes avec les pays arabes quelque soit la pertinence des résolutions, je n’en parlerai même plus. Ils ont une obsession mortifère contre nous qui font que des portiques de sécurité leur semblent acceptables partout dans le monde sauf ici car, comme je l’ai entendu lors d’une émission C’ dans l’air de France 5: « La Mecque ou le Vatican ne sont pas sous occupation étrangère ». La messe est dite!

Nous en sortirons, nous nous en sortons toujours, mais le prix à payer est quand même bien lourd!! 

 

A bientôt,

P.S.: Si vous n’avez pas le temps de lire toutes les notes, lisez au moins l’article de Ph Karsenty et P Lurçat

* Les Druzes:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/02/12/yitro-et-nous/

* La Liste unifiée est une coalition politique israélienne fondée en 2015, issue de l’alliance entre le parti communiste Hadash et les trois formations arabes : le Mouvement islamique (branche sudiste), la Liste arabe unie – Ta’alet et les nationalistes du parti Balad. Elue démocratiquement elle est représentée à la Knesset par 13 députés sur 120.

*Les Tcherkessim:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/05/22/les-tcherkessim/

*Ghassam Alyian:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/27/la-nuque-raide/

*Le ministre Ayub Kara est le representant en Israel des Bnei Noa’h (enfants de Noé) non- juifs qui observent les 7 mitsvot données à Noah: obligation d’établir des tribunaux, interdiction du meurtre, du vol, de l’adultère ou inceste, de l’idolâtrie, du blasphème, de manger la viande d’un animal vivant.
Actuellement, ce sont des monothéistes détachés du christianisme ou de l’islam. 
http://noahideworldcenter.org/wp_fr/dernieres-nouvelles/le-ministre-druze-ayoub-kara-representant-des-enfants-de-noe-au-sein-du-gouvernement-israelien/#gsc.tab=0

*Sauvons El Aqsa, est le cri de ralliement des terroristes ceux de Daesh, du Hamas, Fatah, du Jihad Islamique etc…
Lire à ce sujet l’excellent article de Philippe Karsenty et Pierre Lurçat 
sur Causeur:
https://www.causeur.fr/israel-jerusalem-alaqsa-terrorisme-145787#disqus_thread
Et sur la destruction des lieux saints musulmans par les musulmans eux-mêmes (les Juifs n’en ont pas détruit un seul)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Destruction_de_sites_li%C3%A9s_%C3%A0_l’Islam_pr%C3%A9coce

Quelques uns de mes articles sur le sujet:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/06/06/notre-jerusalem/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/11/11/la-porte-des-lionshttps://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/09/25/le-groupe-clandestin-des-souffleurs-de-shofar/

 

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