Qui a renversé le miel?

Les chercheurs trouvent souvent dans des manuscrits anciens des taches qui sont le résultat d’une usure ordinaire, le temps y laissant une inévitable marque. Mais parfois, ils sont  bien heureux d’y trouver quelque chose d’intime, de familier qu’il pourront raconter le soir à leurs enfants et éveiller leur curiosité.
Sur ce très beau manuscrit se trouvent des taches inhabituelles et mystérieuses, présentes seulement dans la première partie du sidour, réservée aux prières de Rosh Hashana. A l’analyse elles se sont avérées être des taches de miel.
Alors, qui a renversé du miel sur le sidour*?


(Bibliothèque Nationale d’Israel)

On ne le sait pas, même après enquête!
Mais ce manuscrit, écrit par Shlomo Lattes, nous ramène à l’année 1790 en Italie. C’est Rosh Hashana. Imaginons…
Une famille est assise autour de la table pour célébrer la fête. La table est joliment dressée et le chef de famille lit à haute voix  les prières.
Il en arrive aux סימנים (Simanim), signes, symboles, ces bénédictions  récitées à Rosh Hashana et tous de consommer différents aliments, symboles de nos souhaits pour la nouvelle année: la pomme trempée dans le miel, la courge, la grenade, la tête de poisson, les grains de sésame, les poireaux, les feuilles de blettes*… La liste est longue et les bénédictions nombreuses.
Les convives goûtent ces aliments, transmis de l’un à l’autre et, comme toujours ou presque, quelques taches apparaissent ici et là…

C’est ainsi qu’un des convives, sans doute le père de famille, renverse un peu de miel sur la page de son sidour. L’a-t-il remarqué? Peut-être pas, il tourne les pages et, concentré, il continue de prier…
Et c’est ainsi que ces taches s’incrustèrent dans le parchemin.
On nous a toujours dit de ne pas lire à table mais que faire quand on prie tout en goûtant des aliments?

Sur les livres, les taches sont un souvenir: telle année une tache de miel, telle année une tache de vin…
Mais revenons au sidour italien.
A l’exception des pages de bénédiction lues pendant la dégustation des ces aliments symboliques, le reste du sidour est intact. Les prières se poursuivront pendant les deux jours de la fête, Vous pouvez les voir mentionnées sur la photo ci-dessous:

(Bibliothèque Nationale d’Israel)

A la troisième ligne, est indiquée la prière de תשליך (Tashlikh), qui signifie jeter, se défaire de.  Curieux nom pour une prière et curieuse interjection. Ce mot Tashlikh est tiré du livre du prophète Mikha ( Michée chap 7, 18-20):

 Quel Dieu t’égale, toi qui pardonnes les iniquités, qui fais grâce aux offenses, commises par les débris de ton héritage? Toi qui ne gardes pas à jamais ta colère, parce que tu te complais dans la bienveillance? Oui, Tu nous reprendras en pitié, Tu étoufferas nos iniquités, Tu jetteras tous nos péchés dans les profondeurs de la mer. Tu témoigneras à Jacob la fidélité, à Abraham la bienveillance, que Tu as jurées à nos pères dès les premiers âges 
מִי-אֵל כָּמוֹךָ, נֹשֵׂא עָו‍ֹן וְעֹבֵר עַל-פֶּשַׁע, לִשְׁאֵרִית, נַחֲלָתוֹ: לֹא-הֶחֱזִיק לָעַד אַפּוֹ, כִּי-חָפֵץ חֶסֶד הוּא
יָשׁוּב יְרַחֲמֵנוּ, יִכְבֹּשׁ עֲו‍ֹנֹתֵינוּ; וְתַשְׁלִיךְ בִּמְצֻלוֹת יָם, כָּל-חַטֹּאותָם
חֶסֶד לְאַבְרָהָם, אֲשֶׁר-נִשְׁבַּעְתָּ לַאֲבֹתֵינוּ, מִימֵי קֶדֶם תַּשְׁלִיךְ

C’est ainsi que pendant les fêtes d’automne, a lieu la cérémonie de Tashlikh où nous jetons symboliquement à l’eau nos pensées négatives, nos manquements, bref tout ce qui nous limite et nous empêche d’avancer dans la vie.

 

(Tashlikh-Alexandre Gierymsky 1884)

Traditionnellement, nous nous réunissons vers un point d’eau, certains retournent symboliquement leurs poches, d’autres jettent des petits morceaux de pain symbolisant nos mauvaises actions.
Cela apparaît un peu naïf comme bien des coutumes car en fait, est-il vraiment possible de nous débarrasser de notre passé comme d’un vieux vêtement, est-il vraiment possible de jeter tout ce qui s’est accumulé dans notre tête comme on vide une poubelle? Continuons-nous à recycler le passé dans le futur sans vraiment changer? Je ne sais pas répondre à cette question mais je sais que l’année juive s’ouvre sur la croyance en la capacité de l’homme à choisir et à changer. Reconnaître ce qu’on a fait de mal nous fait peur et nous coince comme dans un marécage de culpabilité. Nous devenons toxiques pour nous mêmes et les autres. Souvent nous rejetons sur les autres ce qui est de notre propre responsabilité. C’est toujours à cause de l’autre.
Par ce Tashlikh, nous acceptions de reconnaître que nous avons failli et que nous sommes prêts pour le changement, même si…

Tremper une pomme dans le miel, manger des aliments symbolique et aller au bord d’un bassin d’eau pour y jeter symboliquement ses fautes est sans doute divertissant mais c’est  un divertissement sérieux.

Le Tachlikh n’est pas mentionné dans le Talmud. Pour certains, il s’agit d’une coutume relativement récente datant du 15 ème siècle. Mais la plus ancienne référence au Tashlikh se trouve dans le livre du prophète Nehemia (8,1), où est décrite une cérémonie qui se tient le premier jour du septième mois (soit à Rosh Hachana) :
Tout le peuple se réunit ensemble, comme un seul homme, sur la place qui s’étend devant la porte de l’eau. On demanda à Ezra, le scribe, d’apporter le livre de la loi de Moïse, que l’Eternel avait prescrite à Israël. Ezra le prêtre apporta la Thora devant l’assemblée hommes et femmes et quiconque était capable de comprendre le premier jour du septième mois.
Il en fit la lecture devant la place qui précède la porte de l’eau, depuis l’aurore jusqu’au milieu de la journée, en présence des hommes, des femmes et de tous ceux qui pouvaient comprendre. Le peuple était tout oreille pour entendre le livre de la loi.

Seul au milieu d’une foule de gens qui s’applaudissent eux-mêmes et et dansent agglutinés, nous sommes tous un peu perdus.
Boire une gorgée de vin pour oublier les douleurs… 

Mon frère me chuchote: souviens-toi!
Défais-toi de tes épreuves, de tes colères,  jette-les à l’eau,

Jette-les, mon frère jette-les! 
Jette au loin les guerres et les spéculations, jette-les vers le ciel,
Débarrasse-toi de tes mensonges, jette-les mon frère, jette-les!
Il est plus simple de regarder nos manquements, mais cela m’effraye.
Je fuis vite vers la voiture.

Je conduis sans but. J’entend à la radio mon frère me dire…
Défais-toi de tes épreuves, toutes tes colères,  jette-les à l’eau,
Jette-les, mon frère jette-les!
Jette au loin les guerres et les spéculations, jette-les vers le ciel,
Débarrasse-toi de tes mensonges, jette-les mon frère, jette-les!
Dans la mer , l’obscurité et moi regardons les vagues, en attendant  il est déjà une heure vingt
Pleurer…
De loin mon frère me crie:
Défais-toi de tes épreuves, toutes tes colères,  jette-les à l’eau,
Jette-les, mon frère jette-les!
Jette au loin les guerres et les spéculations, jette-les vers le ciel,
Débarrasse-toi de tes mensonges, jette-les mon frère, jette-les!

 

Shana Tova oumetouka, une bonne et douce année!
שנה טובה ומתוקה

 

 

(Dry bones- Yaakov Kirschen)

 

A bientôt,

*D’après une excellent article de Chen Mallul

* Les aliments consommées pendant le seder de Rosh Hashana:
Ils diffèrent un peu selon les traditions mais comprennent toujours la pomme et la grenade

 

 

 

 

 

 

 

Une nouvelle rentrée des classes

A mes petits-enfants…

Un clair matin du mois de Tishri un enfant marche dans la rue…
Les enfants retournent à l’école.

Comme chaque année à l’automne, une nouvelle année commence.
Un enfant va seul à l’école mais son père le suit sans être vu, protecteur.
Il reste à le regarder .
Il regarde secrètement comment son fils rentre à l’école.

L’homme se tient comme un enfant resté à l’extérieur.
Un chant monte de l’école, un chant sur la pluie, sur la nouvelle année, 
Comme tout commence à nouveau depuis le début!
L’homme au milieu de la matinée, au milieu de sa vie, se trouve seul à côté de la grille de l’école.
Il se souvient que son père autrefois l’accompagnait, il essaye d’entendre le bruit de ses pas…
Les enfants chantent un autre chant, un chant sur les premières pluies et les plantes d’automne.
Les lèvres de l’homme murmurent, 
Si je tombe ou même si je marche dans la vallée de la mort, je n’aurai pas peur car soudain, mon cœur chantera ce poème:
Tant que se lève le soleil,
Tant que le tableau se couvre des lettres de l’alphabet,
Tant qu’un fils  va à l’école et que son père le suit,
Tant que les enfants chantent la nouvelle année,
Tant que tout recommence depuis le début,
Tant que la mer se réveille,
Tant que le vent se lève,
Tant que sur le noir du tableau s’affiche un mot…

A bientôt,

Jerusalem, une ville sainte pour l’islam? (3/3)

Nous arrivons maintenant au 20 siècle.

Les Britanniques gouvernent la région depuis la fin de la première guerre mondiale et ont créé le Mandat britannique sur la Palestine. Ils nomment en 1921 Hadj Amin al Husseini Grand Mufti de Jerusalem, Représentant du Conseil Supérieur Musulman.
Le nouveau mufti va publier le 1er janvier 1924 une brochure pour les touristes : A brief guide to Haram el Sharif  ou noble sanctuaire (nom arabe du Mont du Temple) qui reconnaît officiellement le lien juif avec le mont du Temple. Vous pouvez même l’acheter sur amazon.com.

Sur la quatrième page, le Grand Mufti reprend le hadith ommeyade  du voyage miraculeux  de Mahomet qui sanctifie l’endroit mais il note tout de suite après: Le site est l’un des plus anciens au monde. Sa sainteté date des temps les plus reculés. Son identité avec le site du temple de Salomon est incontestable. Tel est également le lieu, selon la croyance universelle, sur lequel David y bâtit un autel au Seigneur et offrit des holocaustes et des offrandes de paix (2 Samuel 24:25). Mais, pour les besoins de ce Guide, qui se limite à la période musulmane, le point de départ est l’an 637 après J.C.


Le lien sans équivoque du judaïsme avec le Mont du Temple est particulièrement explicite à la dernière page du livret (page seize), qui traite des sous-structures du Dôme du Rocher. Décrivant la zone des écuries de Salomon (que les responsables du Waqf islamique ont converti en une nouvelle mosquée en 1996) le guide de 1924 déclare : … Cela remonte probablement à la construction du temple de Salomon. Selon Josèphe, il existait et était utilisé comme lieu de refuge par les Juifs au moment de la conquête de Jérusalem par Titus en l’an 70 après J.C …


Ce qui est aussi très explicite sur cette carte contenue dans la brochure:

Il ne s’agit pas d’une erreur temporaire!
Toutes les éditions postérieures du  Guide du Mont du Temple de 1924 ont été publiées avec le même libellé par le Conseil suprême musulman.
Donc à ce moment là , tout en acceptant ce hadith ommeyade comme véridique – et je ne veux pas rentrer dans une discussion théologique qui ne concerne que les musulmans- le grand mufti accepte qu’il  y ait de la place pour tout le monde!

C’est exactement le contraire de ce que disent maintenant les dirigeants palestiniens :
Parmi les nombreuses déclarations documentées de personnalités importantes niant les liens historiques du peuple juif avec le mont du Temple à Jérusalem, deux exemples parmi tant d’autres :
– Le Jerusalem Post du 27 août 2009 : le juge islamique en chef de l’Autorité palestinienne, Sheikh Tayseer Rajab Tamimi, a déclaré qu’il n’y avait aucune preuve pour étayer les affirmations selon lesquelles des Juifs avaient jamais vécu à Jérusalem ou que le Temple avait jamais existé. Tamimi a affirmé que les archéologues israéliens avaient admis que Jérusalem n’avait  jamais été habitée par des juifs.
– L’édition du 22 novembre 1997 du journal palestinien, Al-Ayyam a publié une déclaration du chef religieux musulman de l’Autorité palestinienne, Mufti Ikrama Sabri :
La revendication des Juifs sur Jérusalem est infondée, et nous ne reconnaissons rien d’autre qu’une Jérusalem entièrement islamique sous contrôle islamique.

Ils osent contredire ce que disait le fameux grand mufti de Jerusalem !
Et pourtant, il avait fait ses preuves comme antisémite chevronné ce Grand Mufti : c’était le célèbre Hadj Amin Al Husseini*, l’organisateur de massacres de Juifs en Palestine Mandataire en 1920,1929,1936,1937, organisateur du grand Farhoud de Baghdad et des pogroms aux alentours en 1941, qui firent environ 200 morts. Il fut l’ami d’Hitler, donnant son avis sur la solution finale, créateur des légions SS musulmanes en Europe qui massacrèrent dans les Balkans.


Et bien, malgré tout, ce même Hadj Amin el Husseini reconnaissait que le Mont du Temple était un endroit historiquement juif sur lequel avait été bâti le Temple par le roi Salomon.

Les Palestiniens osent aussi contredire le gouvernement jordanien qui pourtant pendant 19 ans de son occupation de la ville de Jerusalem a détruit tout ce qu’il pouvait comme vestiges juifs, faisant exploser les synagogues, utilisant des pierres tombales comme latrines…

(Soldat de la Légion Arabe dans les ruines de la synagogue Hurva)

En effet, la Jordanie reconnaissait, elle aussi, le passé juif du Mont du Temple :
Les publications du Ministère du Tourisme jordanien entre 1948 et 1967 indiquent dans leurs brochures sur Jerusalem, tous les lieux historiquement juifs. Ils désignent sur une carte le Mont du Temple par son nom biblique Mont Moriah, mentionnent les écuries du roi Salomon, la vallée de Yeosaphat, le tombeau de Zacharie, le tombeau de Avshalom (fils de David), le mont Sion… La mosquée d’El Aqsa est bien sûr elle aussi mentionnée mais comme un bâtiment au sud du Mont du Temple…
Mais tout cela fut publié avant l’année 1967.

Après 1967, tout change. Sur les cartes plus de Mont Moriah, el Aksa n’est plus seulement une mosquée mais tout le Mont du Temple soit une superficie de 144 dunam (70 hectares)
Pourquoi ? Qu’y a t-il de nouveau en 1967?
Ce qui est nouveau est que les Israéliens ont délivré la partie orientale de la ville, occupée pendant 19 ans par la Jordanie*  et qu’ils désirent établir une synagogue sur le même grand terrain, ce qui leur avait déjà été autorisé par le calife Omar au 7ème siècle*. Mais ce qu’avait fait Omar, pour qui Jérusalem n’était pas une ville sainte, est impossible aujourd’hui.
La synagogue n’est en fait qu’un prétexte: Ce que ne supportent pas les musulmans d’aujourd’hui, qui ont ressorti les hadiths ommeyades sur la sainteté de Jérusalem, c’est que les Juifs soient retournés sur leur terre, non pas comme des dhimmi mais comme des égaux, transgressant les lois de dhimmitude.

En effet, il y a là un double problème pour l’islam :

– Le premier est théologique :
Si les Juifs reviennent à leurs lieux saints d’origine, comment expliquer encore que le judaïsme est une religion dépassée et mensongère ?
C’est pour cela qu’il est interdit aux Juifs, par les accords malheureusement passés avec le Waqf, de prier sur le Mont du Temple. Nous pouvons y aller après autorisation (!), jouer les touristes, éventuellement faire des selfies mais prier ça non !

Le plan de paix américain reconnait qu’Israel respectait les musulmans et les chrétiens et prévoyait pourtant une liberté de prière pour tout le monde:
« Contrairement à de nombreuses puissances précédentes qui ont régné sur Jérusalem et ont détruit les lieux saints d’autres religions, l’État d’Israël doit être félicité pour la sauvegarde des sites religieux de tous et le maintien d’un statu quo religieux. Compte tenu de ce bilan louable depuis plus d’un demi-siècle, ainsi que de l’extrême sensibilité concernant certains des lieux saints de Jérusalem, nous pensons que cette pratique doit être maintenue, et que tous les lieux saints de Jérusalem doivent être soumis aux mêmes régimes de gouvernance qui existent aujourd’hui. En particulier, le statu quo au Mont du Temple/Haram al-Sharif devrait être maintenu sans interruption.
Les lieux saints de Jérusalem doivent rester ouverts et disponibles pour les croyants pacifiques et les touristes de toutes confessions. Les personnes de toutes les confessions devraient être autorisées à prier sur le Mont du Temple/Haram al-Sharif, d’une manière qui soit pleinement respectueuse de leur religion, en tenant compte des horaires des prières et des fêtes de chaque religion, ainsi que d’autres facteurs religieux ».

Mais Ramallah ayant hurlé que même notre Kotel était musulman et ayant provoqué de nouvelles émeutes au nom de El Aqsa est en danger, alors l’administration américaine a fait marche arrière à ce sujet!

Ils nous est même interdit d’y boire de l’eau, pour nous désaltérer car nous transmettons des impuretés au réseau d’eau de la ville qui est pourtant un réseau municipal  sioniste!
Comme l’explique Danilette dans un de ses articles*:...La tactique est bien rodée, les hurlements hystérique Allah Ouakbar, les appareils photos et caméras distribués par les ONG pour pouvoir poster des vidéos sur les réseaux sociaux et dans les média… depuis peu, des Juifs aussi filment pour contrecarrer cette propagande mensongère…

.
Selon les juifs qui sont montés sur l’esplanade ces derniers mois,  la situation empire de jour en jour, des groupes de femmes les harcèlent, hurlent, les empoignent (sans aucune pudeur puisqu’ils sont Juifs, ils ne sont pas dans la catégorie des « hommes ») et c’est intolérable, aucune mesure n’est prise par le gouvernement, comme en ce qui concerne les profanations quotidiennes des cimetières juifs et du plus ancien cimetière, celui du Mont des Oliviers (des Arabes sont payés environ 200 euros pour chaque pierre tombale renversée).
Vous comprendrez que la belle propagande de Leila Shahid
(petite-fille du Grand Mufti) pour les « Lieux Saints partagés est une vaste escroquerie!*…

– Le second est politique :
Ce n’est pas seulement Jerusalem, c’est tout l’état d’Israel qui pose problème. Le Juif selon l’islam est un dhimmi. Il n’a droit ni à un pays, ni à une armée. Il n’a droit ni à l’indépendance, ni à la souveraineté sur son territoire parce que celui-ci est devenu un territoire musulman.
Avant la création de l’état d’Israel et malgré les nombreux pogroms, les Juifs pouvaient se promener sur le Mont du Temple. Notre ami Ariel, dont la famille habitait dans la vieille ville, nous a raconté que son grand-père allait y pique-niquer en famille pendant les vacances de Soukot et de Pessa’h.
Aujourd’hui, le discours musulman nie le Mont du Temple. On vous parlera même de l’Esplanade des mosquées alors qu’il n’y en a qu’une !
Il est intéressant de noter cependant que les Saoudiens (les descendants de la famille Hachémite!) ont interdit l’entrée sur leur territoire (et donc au pèlerinage de La Mecque) au cheikh Raed Salah, qui dirige le mouvement islamique en Israel. Pourquoi ? Parce que lors d’un pèlerinage précédent, il avait rapporté un peu de l’eau de la source Zamzam* pour l’asperger sur le Mont du Temple et ainsi redonner par ce geste une sainteté musulmane et officielle à Jerusalem. C’est le même Raed Salah qui explique dans des discours enflammés, repris dans le monde arabe, que El Aqsa est en danger et qu’il faut la délivrer des infidèles juifs.

La vidéo ci-dessous montre un responsable saoudien, interpellé brutalement par un journaliste de la télévision Al Hiwar basée à Londres sur ce sujet. Il faut savoir que Al Hiwar est une station de télévision liée au Qatar et au ‘Hamas..

Le combat de l’islam sunnite est en fait un combat de l’islam pour sa survie. Les musulmans ont identifié le danger : si les Juifs reviennent chez eux et que judaïsme revient à la vie en Israel et bien sûr à Jerusalem, l’islam ne sera plus la seule et unique vraie religion.
Vous pensez qu’il y a de la place pour tout le monde? Après tout à chacun ses croyances ou non-croyances !

Mais non, dans l’islam, ce n’est pas possible : les autres sont tolérés plus ou moins mais doivent rester des êtres inférieurs, à leur place. C’est pourquoi les Palestiniens sont très sérieux quand ils disent comme Saheb Arekat ne pas pouvoir accepter un état qui n’aurait pas la partie est de Jerusalem comme capitale. Ils le pensent vraiment. Ils ne peuvent même pas accepter Abou Dis qui se trouve dans la proche banlieue de la ville. Ce qu’ils veulent c’est le Mont du Temple. Sinon, ils ne pourront pas relever la tête dans le monde musulman.
Comme le disait l’algérien Ben Bella : Je ne peux pas exister si l’autre (le non musulman) existe librement.
Pour les Palestiniens, laisser le Mont du Temple et Jerusalem dans les mains des Juifs, c’est une traîtrise envers l’islam. C’est la raison pour laquelle, vous voyez toujours sur leurs foulards et fanions, ces deux dessins : la carte d’Israel avec la mention de la rivière à la mer (du Jourdain à la Méditerranée) et la mosquée d’El Aqsa ou le bâtiment du Dôme du Rocher.

 

Les Palestiniens  comprennent que les pays occidentaux sont faibles, et qu’ils s’opposeront à la reconnaissance de  Jerusalem comme capitale d’Israel pour ne pas rentrer en guerre contre le monde musulman. Ils espèrent qu’enfin les Occidentaux uniront leurs forces pour retirer Jerusalem des mains des Juifs. Alors seulement a ce moment-là, ils pourront relever la tête devant le monde entier.

Et ce n’est pas qu’eux, ce sont tous les musulmans:
– Quel lien a donc le Qatar avec Jerusalem, lui qui finance et noyaute l’UNESCO, organisation pour qui le Mont du Temple est exclusivement musulman* ?
– Quel lien a donc le Maroc avec Jerusalem, lui qui dirige la commission Jerusalem à l’O.I.C (Organisation de la Coopération Islamique)*?
– Quel lien avec Jerusalem ont donc les cheikhs égyptiens lorsqu’ils enthousiasment leurs fidèles au cri de Jerusalem sera la capitale du futur califat ?
– Quel lien a La Turquie avec Jerusalem ? Erdogan l’islamiste rêve de reconquérir l’ancien empire ottoman et d’être à la tête du monde musulman? Il met Jerusalem à toutes les sauces et nomme de ce nom de nombreuses organisations turques.
– Quel lien avec Jerusalem ont les chiites iraniens, qui ne reconnaissent pourtant pas Jerusalem comme troisième lieu saint de l’islam?
Eh bien maintenant, pour des raisons politiques et aussi par haine du dhimmi qui a osé prendre son indépendance, même des chiites comme les Iraniens, avec qui Israel avait dans un passé pas si lointain de bonnes relations, revendiquent Jerusalem, et ceci depuis la révolution islamique de Kohmeini,. Avant Jerusalem ne les intéressait pas mais ils font pourtant eux-aussi partie de la commission Jerusalem à l’O.C.I.  Maintenant il y a en Iran le jour de Jerusalem, l’armée de Jerusalem etc…

Et les Occidentaux? Soit par veulerie, soit par antisémitisme larvé, ils préfèrent abonder dans le sens des musulmans.

Ce qui est intéressant, c’est que les Palestiniens viennent d’interdire aux Arabes sunnites des Emirats de venir prier sur le Mont du Temple suite à l’accord de reconnaissance passé avec Israel.
On dit que l’Arabie Saoudite prendra sans doute bientot le même chemin que les Emirats. Si la dynastie des Hachémites enterre la hache de guerre avec Israel, la sainteté de Jerusalem risque d’en prendre un coup dans le monde musulman!

A tous ceux qui ont eu le courage de lire jusqu’au bout ces trois articles: bravo!
Pour écrire ces trois articles je me suis, entre autres, inspirée des travaux du Professeur Mordekhaï Kedar*, orientaliste et islamologue, professeur à l’Université Bar Ilan. Si vous parlez hébreu (même imparfaitement), vous pourrez suivre une de ses conférences qui traite de ce sujet:

A bientôt,

*Synagogue sur le Mont du Temple:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/08/02/les-generations-oubliees-3/

*Mes articles sur la libération de la vieille ville en 1967:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/category/histoire/fetes-juives/yom-yerushalayim/

* Interdiction de prier pour les juifs sur le Mont du Temple:
https://fr.timesofisrael.com/friedman-statu-quo-qui-interdit-aux-juifs-de-prier-au-mont-du-temple-inchange/

* Impureté transmise par les infidèles: Voir l’article de Danilette:
http://www.danilette.com/2015/06/les-juifs-interdits-de-boire-de-l-eau-sur-l-esplanade-des-mosquees.html

* Sur le site Iran Resist: en 2006, les mollahs iraniens voulaient badger les Juifs, chrétiens et zoroastriens pour leur interdire de boire de l’eau des puits musulmans. Cette loi n’a parait-il pas été votée mais elle rappelle l’histoire d’Asia Bibi, cette pakistanaise emprisonnée pendant des années au Pakistan pour avoir bu de l’eau dite musulmane
https://www.iran-resist.org/article2145.html

* Exposition à Marseille au Musée des civilisation de l’Europe et de la Méditerranée:
http://www.danilette.com/2015/05/reecriture-de-l-histoire-lieux-saints-partages-une-exposition-de-propagande.html

*La source ou puits de Zamzam se trouve La Mecque. D’après la tradition musulmane, on trouve l’accès du puits sacré en tournant le dos à la Kaaba. De larges marches descendent sous le temple. Une ouverture est réservée aux hommes, une autre aux femmes. À l’origine, la source se trouvait près de la station d’Abraham  sorte d’escabeau rocheux sur lequel celui-ci s’est hissé pour fixer la Pierre Noire. Le roc porte deux empreintes profondes de pieds joints.

* Déclaration de l’UNESCO:
https://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/05/02/31002-20160502ARTFIG00135-quand-une-resolution-de-l-unesco-reecrit-l-histoire-de-jerusalem.php
Cette attitude n’a rien de nouveau. Il y a une cinquantaine d’années, ma mère avait déjà résilié son abonnement au Courrier de l’Unesco, furieuse de constater que dans tout un numéro consacré aux écritures du Moyen-Orient, l’hébreu n’avait même pas été mentionné.

*Comité Al Quds (Comité de Jerusalem) de l’O.C.I:
https://www.oic-oci.org/page/?p_id=174&p_ref=58&lan=fr

* Le professeur Mordekhaï Kedar est connu pour être un très bon spécialiste du monde arabe, à tel point qu’il est parfois interviewe sur AL Jazzira. Il a des idées particulièrement novatrices pour résoudre le conflit israélo-palestinien:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2018/02/16/une-nation-palestinienne/

Jerusalem, une ville sainte pour l’islam? (2/3)

Nous avons vérifié les sources premières: la vie de Mahomet et le texte du Coran, Vérifions maintenant les sources secondaires: les hadith.

Que sont les hadith?
Ce sont des textes qui indiquent au musulman comment pratiquer sa religion au jour le jour, le Coran ne donnant que des directives générales. Le monde des hadith est gigantesque: ce sont essentiellement des recueils  d’histoires transmises oralement sur Mahomet et ses compagnons, elles sont très importantes car elles sont à la source de la loi islamique.
Cependant, qui dit transmission orale, et sans groupe de contrôle ni sur le contenu ni sur la chaîne de la transmission,  dit automatiquement risque de transformation du hadith originel. De multiples groupes créeront leurs propres hadith pour se donner une légitimité politique et religieuse: nous sommes les vrais héritiers du prophète ! C’est ainsi que par exemple, après la rupture avec les partisans de Ali et la création de l’islam chiite, de nombreux hadith ont été créés par les chiites pour asseoir leur pouvoir au détriment du monde sunnite. Mais les sunnites ne voulant pas être en reste, ils ont créé aussi de nombreux hadith pour des raisons politiques anti-chiites.
La situation est tellement incontrôlable que du côté sunnite, soit 200 ans après la naissance de l’islam, un groupe de neuf sages essayent de mettre un peu d’ordre en vérifiant au moins la chaîne de transmission des hadith. Au 9 ème siècle, tous ces hadith estimés véridiques seront rassemblés par un érudit musulman nommé Muhammad Al Bukhari*.


(Mausolée de Muhammad Bukhari à Samarkand)

Pardonnez-moi cette parenthèse dans le monde des hadith, elle me semblait nécessaire avant de parler de ceux qui concernent Jerusalem.
Pour bien  situer ces derniers, il nous faut revenir à la période qui suit la mort de Mahomet en 632, celle des premiers califes. Il est très important de se souvenir que l’islam s’est construit ainsi autour de trois tribus en tant qu’entité politico-religieuse.
Après la mort de Mahomet, la grande tribu des Quraish se divise en trois grandes familles : celle des Ommeyades qui s’installe dans ce qu’on appelle à l’époque le pays de Cham (Syrie, Liban, Israel), celle des Abbassides qui s’installe dans la région de Djazira entre l’Euphrate et le Tigre en Irak et la troisième, celle des Hachémites, d’où est issue la famille de Mahomet, qui reste en Arabie.

Les conquêtes musulmanes se multiplient et c’est ainsi qu’en 637, le calife Omar conquiert Jerusalem qui était jusque-là byzantine*. Ayant conquis la ville, Omar arrive sur le mont du Temple, suivi par le juif yéménite Kaav, qui se trouve de facto être le premier juif autorisé à entrer dans la ville depuis l’époque romaine. Par respect, pour le lieu, Kaav enlève ses chaussures. Omar se fâche alors, l’accusant de vouloir judaïser l’endroit et le somme de les remettre !  Omar, l’un des proches du prophète, ne considère-t-il donc pas que Jerusalem est aussi une ville sainte pour l’islam ?
Aurait-il oublié ? Non ! Il est très clair avec Kaav : Remets tes chaussures ! Omar sait que cet endroit est sacré pour les Juifs et pas du tout pour les musulmans !
Omar prend encore une autre décision dans le même sens :
Comme les Juifs de Jerusalem se tournent vers le Nord pour prier en direction du Temple, le calife dit à ses compagnons : Priez en direction du sud, en tournant le dos au Temple mais en regardant La Mecque.
Omar sait donc bien que la sainteté, plus que temporaire, octroyée à Jerusalem par Mahomet a bien été annulée quelques années plus tard.

(Tombe du calife Omar à Medine)

Les califes se succèdent rapidement, ils sont en général assassinés. Arrive au pouvoir Muammyya, un ommeyade, qui transfert la capitale du califat à Damas pour des raisons logistiques : la ville est plus centrale que Médine, la région est riche en eau et en pâturages et est mieux située pour le commerce. Commence alors une querelle entre les Hachémites qui perdent leurs ressources et les Ommeyades qui vivent dans la région la plus riche du Moyen-Orient et qui se sont bien éloignés des préceptes de l’islam, se faisant automatiquement absoudre de leurs péchés en venant une fois par an en pèlerinage à la Mecque.
Ce qui met le feu aux poudres, c’est l’assassinat de Hussein, petit-fils de Mahomet à Kerbala (Irak) par un des Ommeyades à qui il refusait de prêter allégeance.  En 682, un des Hachémites, Abdallah ibn Zubayr, interdit alors aux Ommeyades le pèlerinage à La Mecque.

(Territoires gouvernés par les Omméyades en rose et ceux gouvernés par Ibn Zubayr en bleu)

En réponse les Ommeyades décident alors de partir en pèlerinage à Jerusalem, facilement accessible. Mais comment faire accepter cette décision aux musulmans d’une nouvelle sainteté de Jerusalem ?
En écrivant de nouveaux hadith qui confirmeront Jerusalem comme ville sainte; ceci à la fois au dépend des Hachémites mais aussi des chiites.
Comme ils faut les fonder sur le texte du Coran, le plus célèbre de ces hadith utilise donc une histoire, qui se trouve dans le Coran au chap 17, et qui décrit un voyage nocturne et miraculeux du prophète, emporté dans les airs sur le dos de son cheval, depuis La Mecque jusque vers une mosquée lointaine :
Gloire et Pureté à Celui qui de nuit, fit voyager Son serviteur [Muhammad], de la Mosquée al-Haram (celle de la Mecque) à la Mosquée al-Aqsa dont nous avons béni l’alentour, afin de lui faire voir certaines de nos merveilles
Cette histoire est bien connue et les musulmans de la génération de Mahomet n’y ont jamais vu une allusion à une mosquée de Jerusalem (qui à l’époque n’avait pas encore été conquise par les musulmans) mais tout simplement à une mosquée de la région de La Mecque où Mahomet allait parfois prier:
La tradition musulmane ancienne nous confirme d’ailleurs que la mosquée al-Aqsa est proche de La Mecque dans la péninsule arabique. Cela a été déclaré sans équivoque dans le Kitab al-Maghazi, un livre de l’historien et géographe musulman al-Waqidi qui vivait au huitième siècle. Selon al-Waqidi, il y avait deux « masjids » (mosquées) à al‘Jorranah, un village  où Mahomet allait souvent prêcher : l’une était « la mosquée la plus proche » (al-masjid al-adna) , au centre du village et  l’autre était « la mosquée la plus éloignée » (al-masjid al-aqsa), de l’autre côté de l’oued où Mahomet priait quand il prêchait dans la région.
Comme cette description par al-Waqidi, soutenue par une chaîne de garants de la transmission isnâd* إسناد, était gênante pour la propagande ommeyade du 7ème siècle, les califes ommeyades seront obligés d’inventer de nombreuses traditions qui justifieront le pèlerinage à Jerusalem.
Pour convaincre les musulmans:
– Ils vont construire sur  le mont du Temple un bâtiment qui deviendra le Dôme du Rocher*, bâtiment à 8 côtés alors que celui qui entoure la pierre de la Kaaba n’en a que quatre.
– Ils déclareront que si à La Mecque le pèlerin obtient 7 bénédictions pour ses efforts, le pèlerin à Jerusalem en obtiendra 77, voire plus si le pèlerinage se fait en hiver par mauvais temps.
– Enfin, et pour asseoir définitivement la supériorité de l’slam sur le judaïsme et le christianisme, ils écriront  dans leurs hadith qu’à Jerusalem Mahomet est conduit par l’ange Gabriel dans les mondes supérieurs. Il y rencontre les principaux personnages du Tanakh ainsi que Jésus. Tous lui cèdent la place pour qu’il dirige la prière. Ce n’est pas une simple anecdote: quand les personnages du Tanakh et du Nouveau Testament renoncent en sa faveur, ils acceptent de facto de se soumettre. Ils rentrent en dhimmitude et passent le sceptre à l’islam. Plus personne ne peut plus accuser Mahomet de plagiat. Au contraire ce sont le judaïsme et le christianisme qui sont devenues des religions mensongères.

C’est ainsi que sur la base de toute un ensemble de hadith écrits par les Ommeyades, et dont je ne vous ai donné que quelques exemples,  qu’est née la sainteté de Jérusalem.
Mais…
Dix ans plus tard, le même Abdallah ibn Zubayr, celui qui s’était révolté contre les Ommeyades, est arrêté, égorgé et crucifié. Les Ommeyades peuvent revenir en pèlerinage à La Mecque et ces hadith sont rangés au grenier. La sainteté musulmane de Jérusalem est mise à nouveau au placard ! Et elle y restera jusqu’en 1187. Soit pendant près de cinq siècles !

En 1187, Saladin reprend ces hadith ommeyades pour galvaniser ses troupes. En effet, ce qui se prépare n’est pas une bataille comme les autres. Les troupes de Saladin vont se battre non pas contre des musulmans mais contre des infidèles, les armées croisées. Ce sera la bataille de Hattin (à côté de Tibériade) qui verra la défaite des troupes croisées et la fin de leur royaume.

(Le lieu de Karnei Hittin qui domine le Kinneret)

On aurait pu penser que vu la fin du  royaume croisé, le monde musulman remettrait à l’ordre du jour les hadith ommeyades sur la sainteté de Jerusalem. Mais non! Ils retombent à nouveau dans l’oubli.
Quand, au 13ème siècle, Ibn Taimiyya* écrira un livre dans lequel il dénie toute sainteté à la ville de Jerusalem, son ouvrage ne créera aucune polémique…

Le monde musulman oubliera Jérusalem et sa sainteté à un tel point que lorsque les Britanniques arriveront à Jérusalem en 1917, le mont du Temple sera un terrain vague, complètement abandonné. On voit encore sur des photos datant de 1875 les mauvaises herbes qui poussent entre les pavés…

A bientôt et rendez-vous bientôt pour la troisième partie de l’article!

 

* Le recueil des hadith vérifiés et acceptés comme vrais par Muhammad Bukhari le sont-ils vraiment ? Actuellement, un jeune chercheur marocain, Rashid Aylal, estime dans son livre Sahih Al Boukhari, fin d’une légende, que ce fameux recueil de hadith, présenté actuellement comme Le Recueil, est lui-même falsifié ! Il s’appuie d’ailleurs sur l’opinion d’un mystique soufi du nom de Ghazali (1058-1111) et d’un très important sage de la sunna, IbnTaymmyah, qui tous deux soutenaient que les hadith sur Jerusalem étaient des inventions politiques et que Jerusalem n’était pas une des villes saintes de l’islam.

* Ibn Taymmyah (1263-1328) est à l’origine de la doctrine salaf, celle suivie par les salafistes. Il désirait que le judaïsme soit anéanti.

* La conquête de Jerusalem: en fait la ville dirigée par Sophronius avait préféré se rendre pour éviter le massacre de ses habitants.

* Le califat abbasside succédera à celui des Ommeyades.

* Le dôme du Rocher قبة الصخرة, Qubbat As-Sakhrah  et en hébreu  כיפת הסלע, Kippat ha-Sel‘a, appelé à tort mosquée d’Omar a été édifié par  le calife omméyade Abd El Malik Ibn Marwan en 691.
Identifié par la tradition musulmane contemporaine comme le but du voyage nocturne de Mahomet. La tradition biblique y situe également le mont Moriah, lieu de la ligature de Yitshak et celui qui fut le centre du Temple bâti par le roi Salomon. En fait le calife Omar a bien une mosquée qui porte son nom mais elle se trouve à côté de l’église du Saint Sépulcre où Sophronius lui avait remis les clefs de la ville.

* Isnâd: désigne pour un hadith la chaîne des garants ou transmetteurs d’une information. L’isnâd se présente généralement sous la forme « Untel me rapporta qu’Untel lui avait rapporté qu’Untel… », et précède l’information elle-même, qu’il s’agisse d’un fait ou d’une citation. Il permet ainsi de reconstituer la circulation de l’information, du premier au dernier émetteur. Dans le hadith, l’isnâd a valeur de témoignage. Cette chaîne des témoins et la fiabilité que l’on attribue à ceux-ci permettent d’évaluer le degré de recevabilité du hadith.

 

Jerusalem, une ville sainte pour l’islam? (1/3)

J’ai toujours trouvé arrogante cette phrase de De Gaulle: Vers l’orient compliqué, je volais avec des idées simples« .
Je n’ai rien contre les idées simples, elles sont même parfois nécessaires, l’ennui est qu’elles sont souvent  simplistes et ne reflètent qu’une ignorance satisfaite d’elle-même.

La question de Jérusalem,  par exemple,  est une des pierres d’achoppement des plus difficiles, des plus profondes et explosives car elle touche au religieux qui est un des plus importants paramètres à prendre en compte lorsqu’on veut comprendre le Moyen-Orient. Mais comment réfléchir sur les sujets de Jerusalem et du Mont du Temple quand on entend régulièrement cette phrase censée clore tous les débats : Jérusalem est le troisième lieu saint de l’islam?

Voyons ce qu’il en est:

Pour les Juifs, il est évident que Jérusalem est non seulement la capitale de l’état d’Israel mais qu’elle qu’elle est le fil rouge de toute notre histoire depuis le jour où le roi David en a fait sa capitale. Si on ouvre un texte juif, que ce soit le Tanakh ou un texte postérieur, religieux ou non, il est clair que nous avons un lien indestructible avec cette ville. Les exemples sont innombrables et j’ai déjà écrit un certain nombre d’articles à ce sujet*.

Pour le christianisme, il suffit d’ouvrir un nouveau testament pour se rendre compte que les événements centraux et fondateurs du christianisme se passent à Jérusalem.

Pour les musulmans, il est évident que le monde musulman se bat actuellement pour Jérusalem. On parle de l’intifada Al Quds (Jérusalem en arabe)  ou intifada El Aqsa * et non pas par exemple de l’intifada de Taïbé, Yafo ou même Haïfa, villes qui comptent pourtant une population musulmane importante.

Mais qu’en est-il réellement?
I – D’un point de vue historique :
Jérusalem n’a jamais été une capitale ni d’un pays arabe ni d’un pays musulman. A Jérusalem il n’y a jamais eu ni roi, ni calife, ni émir. Et la Jordanie, qui réclame maintenant la Judée et la Samarie ainsi que Jérusalem comme capitale pour un état palestinien, ne les a jamais réclamées comme telles pendant les 19 ans où ce territoire était entre ses mains (de 1948 à 1967). Il en est de même pour la Ligue Arabe et le reste des pays musulmans.
La Palestine n’était qu’un territoire administratif aux frontières variables, un pashalik, qu’administrait un pasha, et Jérusalem se trouvait dans le canton (sandjak ou mutessariklif) de Jérusalem. En bas de cette carte de plus de cent ans, vous voyez inscrit: limites entre la Syrie et l’Egypte. Aucune mention de la Palestine.

II- D’un point de vue religieux :
C’est vrai. Dans certains textes, Jérusalem est le troisième lieu saint de l’islam ! Mais… Cela ne concerne que l’islam sunnite et non pas l’islam chiite.
Pour les chiites, le troisième lieu saint de l’islam est la ville de Nadjaf en Irak. C’est dans cette ville qu’est enterré Ali, le fondateur de l’islam chiite ainsi qu’un certain nombre de sages.

(Mosquée d’Ali à Nadjaf)

Or le monde chiite, représente le sixième du monde musulman soit 250 millions de personnes (on compte un milliard et demi de musulmans dans le monde), ce n’est pas rien et pour tous ces gens, Jérusalem n’est pas le troisième lieu saint de l’islam.

Maintenant qu’en est-il pour le monde musulman sunnite ? Les choses sont plus compliquées et nous devons interroger les sources premières : la vie de Mahomet et le Coran:

1) La vie de Mahomet :
Mahomet (570-632), de la tribu des Quraish, est le fils d’une famille dominante de la ville de la Mecque en Arabie.

(La tribu des Quraish et La Mecque se trouvent proches de la mer rouge, vers la ville de Jeddah)

Son grand-père est le prêtre de la Kaaba. A cette époque la Kaaba symbolise la déesse de la fertilité. Les Arabes étant païens, ils adorent bien sûr d’autres dieux ainsi que le dieu Allah, dieu abstrait qui chapeaute tous les autres. La Mecque n’est pas un simple village isolé. A l’époque c’est déjà un centre commercial important où se retrouvent pour les foires toutes les tribus de la région.
Un jour, sans doute vers l’année 608-609, arrive à La Mecque un Juif du nom de  כעב (Kaav). On ne sait pas grand-chose de lui, il semble avoir été en disgrâce dans sa communauté d’origine au Yémen. Mahomet est impressionné par les histoires du Tanakh que raconte cet homme mais aussi par sa foi en un dieu qu’on ne représente pas, un peu comme Allah.
Mahomet fait alors de même. Les habitants de la Mecque n’apprécient pas et lui rétorquent qu’ils connaissent déjà ces récits, qu’ils les ont déjà entendus de la bouche des commerçants juifs et chrétiens et qu’elles ne les concernent pas.
En fait, ce qu’ils n’apprécient surtout pas c’est que non seulement Mahomet essaye de les convertir à une autre religion, mais exige aussi d’eux une conduite différente, stricte sur certains principes qui s’opposent aux coutumes du lieu* et les menace même d’un jour du jugement.
Ayant échappé de peu à un assassinat, Mahomet doit donc fuir à Médine en 622 avec ses disciples. Il y devient juge et finit par diriger la ville. Là aussi, il prêche la nouvelle doctrine aux habitants. Or, à Médine la moitié de la population est juive, c’est donc eux qu’il veut convaincre en premier. Il leur envoie donc Kaav, ce juif yéménite dont on ne sait pas s’il était devenu musulman ou pas, et qui est en tout cas son ambassadeur auprès des Juifs de Médine.
Les Juifs refusent de se convertir, expliquant à Mahomet qu’ils possèdent la version originale de tous ces récits et dans la langue originale !
Pour arriver à les convaincre, Mahomet décide que la prière se fera en direction de Jerusalem. Il donne donc pour la première fois par ce geste une certaine sainteté à Jerusalem.

Comme les Juifs n’acceptent toujours pas, il s’en prend à leurs cultures, leur bétail, leur maisons et enfin égorge les homme et enlève les femmes. Il se conduira de la même manière avec deux tribus juives qui vivent dans la région, ainsi qu’avec ceux qui se battirent à Kaybar* en mai 628.

Ayant tué tous les Juifs de la région, il n’a donc plus de raison de prier en direction de Jerusalem.
Il annonce que dorénavant la prière se fera en direction de La Mecque, ville qu’il conquiert en 630. Il y supprime tous les dieux sauf la Kaaba et décide qu’elle est un cadeau que Dieu-Allah a donné à Ibrahim lorsqu’il faillit égorger son fils Ismaël. Par ce fait, il islamise le texte de Bereshit, (Genèse) chap 22, appelé en hébreu עקדת יצחק  (akedat yitshak), la ligature d’Isaac.

(Dessin explicatif de ce qu’est la Kaaba)

2) Le Coran, texte révélé par Dieu à Mahomet, son prophète.
Il est important de noter qu’autant sa décision de prier en direction de Jerusalem était  d’origine politique, autant sa nouvelle décision de prier en direction de La Mecque est, elle, d’origine divine, puisque révélée par Dieu dans une vision.
De plus, dans le texte du Coran lui-même, texte des révélations de Mahomet, Jerusalem n’est pas mentionnée une seule fois ni sous son nom hébraïque, ni sous son nom romain Aelia Capitolina, ni sous un de ses noms chrétiens grecs Ierousalēm (Ιερουσαλήμ), ou syriaque Ūrišlem (ܐܘܪܫܠܡ) ou latin Hierosolyma.
La première source de l’islam, révélation divine, le Coran, ne s’intéresse donc pas à Jerusalem

Ici se termine le premier chapitre d’une  sainteté temporaire de Jérusalem qui aura duré moins de 8 ans.

Nous verrons dans le prochain article que Jerusalem est mentionnée  dans certains hadith sous le nom de Beis el makdes, c’est-à-dire en hébreu  בית המקדש (beit hamikdash), le Temple de Jerusalem, construit par le roi Salomon.

A bientôt,

* Mers articles sur Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/category/ballades/jerusalem-ballades/
et bien d’autres encore…

* La seconde intifada qui a duré de 2000 à 2005 est appelée en arabe l’intifada Al Aqsa. Cette épouvantable période de terreur ciblait surtout les civils et a causé la mort de plus de mille israéliens

* Il leur explique par exemple qu’il est interdit de tricher sur les poids, que tous les hommes sont des créatures du même dieu et qu’ils ne doivent plus s’adonner à l’esclavage, qu’ils ne doivent pas non plus enterrer vivantes les petites filles à leur naissance lorsqu’ils estiment qu’ils en ont trop dans la famille. Il y a un chapitre entier dans le Coran à ce sujet : les habitants de la région tuaient souvent leurs filles à la naissance car elles ne servent pas à grand-chose (elles mangent et ne combattent pas).

* Khaybar, symbole de la défaite des Juifs par les musulmans, a fortement imprégné la culture populaire dans sa perception du conflit israélo-arabe, inspirant un chant souvent clamé lors de manifestations anti-israéliennes partout dans le monde: Khaybar Khaybar ya Yahud, jaysh Muhammad sawfa ya‘ud (« Khaybar, Khaybar ô Juifs, l’armée de Mahomet reviendra. ») » ou, au Liban, Khaybar, Khaybar ya Sahyun, Hizbullah qadimun (« Khaybar, Khaybar ô Sionistes, le Hezbollah arrive »). Le Hezbollah a d’ailleurs baptisé l’un de ses missiles Khaybar-1. L’Iran en a fait de même pour son fusil, Khaybar-KH2002.

 

Bonne compagnie et bons koubbé

Il y a deux ans, j’écrivais un article intitulé La mort et la vie sont au pouvoir de la langue*. C’est toujours d’actualité mais cette pandémie nous a démontré, si besoin était, combien il est difficile de rester isolé, sans échanger avec nos connaissances et amis.
Bien que nos enfants, inquiets de notre santé, nous interdisent toute sortie ou presque (!), nous nous faufilons parfois pour faire quelques courses, masqués comme il se doit. Nous pourrions les faire par internet ou par téléphone mais jusqu’à il y a peu, je ne pensais pas que mettre ma pièce de 5 shekels dans le caddy d’un supermarché pouvait être aussi plaisant.
Bref, je suis retournée au supermarché du Tsomet Ora, celui qui donne sur ce paysage magnifique de la vallée blanche, Emek Halavan*.

J’ai été accueillie dès l’entrée par Uri, chargé à la fois des livraisons et de la prise de température des clients:


Comment vas tu? Nous ne t’avons pas vue depuis longtemps!
Nous nous sommes enquis mutuellement de nos familles, les réponses étant ponctuées de nombreux ברוך השם (Baroukh haShem), béni soit le Nom!
Et puis ce fut le tour de Hila, la caissière juive-punk qui me fit de loin de grands gestes et des sourires.
ברוכה הבאה (Broukha habaa) Bienvenue! Elle en avait même enlevé son masque.
Et puis Nasrin, la caissière arabe, m’a accueillie comme Uri: nous avons pris des nouvelles de tous et cette fois les réponses étaient ponctuées de ٱلْحَمْدُ لِلَّٰهِ,‘Hamdullilah.
Svetlana, du rayon m’a fromage, elle, m’a vue de loin.  Elle a agité la main pour m’appeler et après nos salutations russo-hébraïques, elle m’annonce qu’elle avait reçu des fromages français:
Tu es française, m’a-t-elle dit d’un ton péremptoire, alors tu vas aimer ces nouveaux fromages: Brilorstik et Brisini (roulez les R et mettez l’accent sur l’avant-dernière syllabe).
S’agissait-il de Brie? Mais Lorstik et Sini? Ils ont du brie chinois {Sini)? On aura tout vu!
C’était bien du Brie, mais du brie normand: Le Rustique et D’Isigny
J’ai évidemment goûté et acheté!
Mais Kobi, du rayon boucherie m’attendait avec impatience: נשמה (Neshama), âme!*  Tu nous a manqué.
Nous avons pris des nouvelles de chacun, j’ai appris que sa grand-mère avait préparé des koubbé* pour tout le quartier et qu’il avait été chargé de la distribution… Il faut dire que les grands parents de Kobi sont venus de Zakho, dans le Kurdistan irakien et que là bas, on ne rigole pas avec les koubbé.
Et quels épices met-elle?
Quels épices mets-tu?
Tu ne sais pas faire les koubbé? Neshama tu dois apprendre… J’apprendrai, j’apprendrai…

J’ai déjà une recette que m’a donnée mon fils, il faut que je m’y mette:
Tout d’abord les koubba ou koubbé sont des boulettes de semoule (ou de boulgour, blé concassé) farcies à la viande, que l’on poche dans une soupe de légumes. Traditionnellement il s’agit soit d’une soupe rouge à base de betterave soit d’une soupe verte, légèrement citronnée à base de bamias (gombos) et autres légumes:

(Mako.co.il)

Si vous voulez préparer des koubbé, voici la recette des קובה סולת, koubbé solet, les koubbé à la semoule:

Ingrédients:
-une tranche de pain grillée, réduite en miettes très fines
-un oignon râpé fin
-une pomme de terre moyenne, râpée fin
-un œuf
-500 gr de viande hachée
-sel, poivre, certains rajoutent de la cannelle, des pignons, voire du céleri haché, du persil… A Calcutta la farce était parfumée au gingembre, à l’ail, au curcuma et à la coriandre fraîche. A la place de la coriandre, mon fils rajoute parfois un peu de basilic ce qui n’est pas levantin mais tout aussi bon.

Préparation:
-Tout d’abord essorer la pomme de terre et l’oignon râpés pour enlever tout le liquide qu’ils ont produit.
-Mélanger tous les ingrédients en rajoutant du sel et du poivre
-Faire de toutes petites boulettes

Pour l’enveloppe:
-800 gr de semoule
-sel, poivre
-eau: plus ou moins 400 ml
-Préparer une semoule cuite à l’eau, de manière à obtenir une pâte de semoule très sèche

-Étaler cette pâte sur le plan de travail saupoudré d’une fine couche de semoule crue, ceci pour que la pâte de semoule ne colle pas. L’étaler le plus possible. La découper en petits carrés. Chaque carré enveloppera une boulette, fermer les bords de la pâte en les pinçant et aplatissez doucement (les boulettes sont fragiles) le spitz- mot qui n’est pas tellement hébraïque mais veut dire sommet. Dans ce cas la, il s’agit du tout petit bout de pâte qui fait une petite excroissance, vous pouvez dire aussi le tshouptshik.
Vous roulez doucement les boulettes dans la paume de la pain pour enlever les aspérités de la pâte et former un bel ovale.
Ensuite, vous les placez dans une casserole qui contient un peu l’huile froide vous les roulez dans cet huile et vous laissez une place sans boulettes dans la casserole.
Vous faites bouillir de l’eau que vous versez délicatement dans ce coin de la casserole où il n’y a pas de boulettes, toujours pour éviter de les toucher  et de les abîmer.
Elles sont prêtes en quelques minutes.

Vous pouvez les manger avec une sauce tomate ou les ajouter à une soupe*.
Cette recette n’est pas très traditionnelle. L’usage veut qu’on creuse une boulette de pâte dans le creux de la main jusqu’à rendre ses parois très fines sans les déchirer. D’après Claudia Roden* Les koubba sont la pierre de touche de la cuisine syrienne, irakienne et égyptienne et constituait jadis un critère pour juger la maîtresse de maison. Les futures belles-mères, expertes auto-proclamées en koubbé, examinaient la finesse de cette coquille de semoule qui doit se solidifier à la cuisson sans s’effriter pour donner…. leur accord ou non au mariage!
Cette version moderne n’aurait peut-être pas l’approbation de certains puristes mais elle permet de faire de fines coquilles de semoule plus facilement.
Enfin, certains mélangent de la viande hachée à la coquille de semoule.
Pour Pessa’h, on remplace la semoule (ou le blé cassé) par de la farine de riz. Elle sont parfois frites et accompagnées de tahina (crème de sésame):

(Foodsdictionary.co.il)

En fait, les koubbé sont une des nombreuses astuces des mères de famille nombreuse, une  manière de grossir la viande comme disait ma grand-mère, pour nourrir de nombreuses bouches alors que l’argent manque cruellement.

En cette période difficile, que c’est bon de parler, d’échanger des nouvelles, des recettes…

 

A bientôt,

* La mort et la vie sont au pouvoir de la langue:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2018/09/30/la-mort-et-la-vie-sont-au-pouvoir-de-la-langue/

* La vallée blanche:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2019/09/04/un-nouveau-mois-deloul/

* Ça me fait toujours rire quand quelqu’un qui a l’âge d’être mon petit-fils m’appelle mon âme! Mais ici c’est une expression familière, l’équivalent de maya dousha (моя душа) en russe.

* Le mot koubbé ou kibbe, kobeba, vient de l’arabe كبة‎ koubba qui veut dire balle, boulette. C’est un classique de la cuisine du Levant. Il parait que la ville d’Alep s’enorgueillissait de 17 recettes différentes de koubé.

* Claudia Roden: Le livre de la cuisine juive, Flammarion

Une lettre pour Tisha beAv

Le jour du 9 Av, nous commémore bien plus que la chute du premier Temple. En effet cinq calamités* sont tombées sur Jerusalem et le peuple juif en ce jour* :

(Dessin de Mor Ezra Partouche, projet 929)

Mais le jour de Tisha beAv, fut aussi celui de la prise de Jerusalem par les Croisés qui anéantirent la communauté juive de la ville en 1099*.

Voici la lettre qu’écrivit un des Juifs dans la ville assiégée, espérant qu’elle parviendrait à un de ses cousins habitant Fostat, en Egypte

Jérusalem – au mois de Tamouz 4859

Mon ami, mon cousin, que cette lettre te trouve en bonne santé et que tes jours soient bénis.
Les armées franj* campent aux pieds de notre Jérusalem.
Nous sommes perdus, nous allons mourir comme sont morts ceux de Maara, de Homs, d’Antioche et bien d’autres encore…
Cette colonne franj est pire qu’une colonne de fourmis rouges. Ce sont des prédateurs que rien n’arrête. Je les vois au loin, pendant que j’écris, leurs armures brillent dans le soleil comme des idoles de métal. Ils ont dévasté champs et vergers sur leur passage, semant partout la désolation : la famine tue bien avant l’épée. Mais nos princes sont bien trop occupés à se quereller pour s’unir efficacement contre ces créatures malfaisantes qui tuent au nom de l’amour. Les chrétiens eux-mêmes en ont peur. Ces géants blonds aux yeux bleus n’hésitent pas à les massacrer ou à en tirer profit. Certains prétendent qu’ils se nourrissent de chair humaine. Ces nouvelles les plus terribles nous sont arrivées par la bouche de quelques survivants du siège de la belle Maara, ville des poètes.
Nous sommes tous impuissants.
Les chrétiens protestaient de leur attachement à notre ville mais ils se sont fait expulser, comme ceux de Maara, soupçonnés de trahison et renvoyés sans défense. Ils gisent aux pieds des murailles, mourant de faim et de soif, l’armée ayant fait empoisonner toutes les sources et les puits des environs.
Les musulmans, si méprisants d’habitude, nous appellent à l’aide, sachant que nous sommes leurs alliés contre cette horde blonde et barbare. Ils nous ont même demandé de prier avec eux.
Mais comment nous défendre ?
Nous avons accumulé du bois, des pierres, et nous ripostons du haut des remparts, protégés en partie par deux énormes tours en bois, l’une au Sud, l’autre au Nord. Nous lançons torches et flèches enflammées et colmatons les brèches, mais nous savons que c’est en vain. Nous sommes tous condamnés.
Aussi avons-nous choisi un messager. Il vous fera parvenir à vous, Juifs de Fostat*, notre testament, nos noms, ceux de nos familles et notre histoire en ces derniers jours. Il sera notre survivant. Il récitera nos noms et les mêlera à vos prières.
C’est un garçon étrange, tu t’en apercevras. Son père n’a jamais pu le tenir devant un livre d’études. Tout petit, il s’enfuyait pour courir et crier dans les champs. Grand et vigoureux comme il est, il n’a pas de sagesse, certains le disent fou. N’a-t-il pas eu l’idée de défier à la lutte un musulman ? Heureusement son agilité et sa force n’étaient pas comparables à celles de son adversaire. Que serions-nous devenus s’il avait gagné ? Au lieu des rires méprisants, nous aurions dû subir le fouet. Tout en soignant ses blessures, son père lui a interdit de sortir du quartier juif sous peine de malédiction. Depuis, il parle aux oiseaux ! Assis sur la terrasse, il leur récite des psaumes. Nous avons dit à son père pour le consoler que ses prières montaient directement au ciel…
Ce sera lui notre messager. C’est le seul d’entre nous encore assez solide pour tenter le voyage. Faites-lui bon accueil, n’essayez pas de l’asseoir parmi les livres, son destin n’est sans doute pas de devenir un Sage mais d’être notre envoyé et le sauveur de notre mémoire.
Voici nos noms, ceux de nos familles et diverses lettres…

Mon ami, te souviens-tu de mes enfants? Il faut que je te parle d’eux pour qu’ils vivent encore un peu:
Mon aîné était comme un palmier chargé de dattes, ses fruits étaient bons et doux, gorgés de miel. Son érudition et sa sagesse faisaient notre joie. Ses bonnes actions, plus nombreuses que les grains de la grenade, étaient louées par tous. Le premier jour du siège, alors qu’il priait pour que nous soyons épargnés, une flèche, venue d’on ne sait où, lui transperça la gorge. La prière ne put s’échapper et resta prisonnière.
Mon second ressemblait à un cèdre du Liban. Vigoureux et noble, il avait grandi, doué pour la controverse. Son esprit si agile était parfois railleur et il ne ménageait pas ceux qui ne le suivaient pas, sans respect pour ses aînés. Nous lui pardonnions cependant, fiers que nous étions de tant d’intelligence et persuadés que la sagesse lui viendrait comme à son frère… Mais un jour, il ne rentra pas à la maison. On apprit avec stupeur qu’il avait reconnu Mahomet comme prophète du Très Haut. Il ne voulut plus nous parler et nous le pleurâmes vivant comme s’il était mort…
 Il y a quelques jours, alors que la colonne franj était à portée de vue et que les chrétiens, expulsés de la ville, pleuraient au pied des remparts, il sortit de la madrassa où il logeait et, bousculant la foule et les soldats, courut à la rencontre des Franj, clamant qu’il était des leurs.
Les Franj l’accueillirent à leur manière et laissèrent son corps aux chiens.
Pourquoi nous avait-il reniés, pourquoi s’était-il exclu ? Son esprit était si confus, si confus… un cèdre déraciné.
Quant à mon petit, mon arbrisseau, j’en ai pris soin tout seul, sans sa mère que l’accouchement a tuée.
Toujours confiant, il me suivait partout, trottinant derrière moi, s’accrochant à mes habits. Petite lumière de ma vie, il trouvait belles les armures qui brillaient au loin, dans le soleil. Il les montrait du doigt en babillant, battant des mains devant le vol des flèches. Quand la nourriture vint à manquer, même pour lui, il devint silencieux et grave dans mes bras, sans jamais pleurer.
La faim nous tue avant l’épée. Mon fils est mort hier. Il était devenu si léger, si faible, le regard étonné. Il ne savait pas encore poser de questions*, qu’aurais-je pu lui expliquer ?
Ma fille est encore avec moi. Elle participe au combat.
Ma fille, si belle, si agile, saute comme une gazelle sur les murailles pour porter réconfort ou soins. Ses pas sont vifs comme ceux d’un faon et ses boucles noires cascadent dans la lumière ; non, ma colombe captive ne tombera pas vivante entre leurs mains. Elle me l’a demandé, je le lui ai promis. Nous avons chacun à la ceinture un couteau qui nous délivrera le moment venu. Le regard de ma fille me suit avec confiance. Elle sait que je n’hésiterai pas. Je lui ai simplement dit : « C’est d’une main puissante que Dieu nous délivrera* »
Les assassins louent Dieu dans leur langue abjecte. Moi aussi je le loue ! Je le loue de ne pas être né parmi les méchants, de ne pas être déshonoré, de ne pas faire partie de la race des Seigneurs du Mal.
Comme je suis fier, malgré toute cette souffrance, d’être Juif et descendant de roi.
Je prie pour que vous soyez épargnés ! Ne nous oubliez pas…

Le jour de Tisha BeAv, les Croisés rentrèrent dans la ville par la tour Nord. Ils massacrèrent les habitants pendant une semaine. Voyant qu’ils étaient perdus, les Juifs se réunirent dans la synagogue pour prier. Les Croisés y mirent le feu.
Ainsi fut anéantie la communauté de Jérusalem.

(Composé par Shuli Rand et interprété par Ayala Ingedashet)
Seigneur du monde, si nous parlons librement:
Parfois je n’ai plus de force pour vivre dans ton monde.
Où te caches-Tu?
Que puis-je prétendre? Comment me justifier? Que dirai-je?
La bonté et la compassion sont évidentes pour Toi.
Ici, un juif suspendu à un cheveu lutte contre la tristesse et le désespoir.
La joie m’a déserté ainsi que le savoir.
Les voix du passé me chuchotent d’arrêter mais je continue à ramer dans l’obscurité.
Je demande et te demande où es-Tu?
Le même vieil homme insensé m’envoie des flèches.
Je ne fais qu’échouer, au contraire lui se renforce:
Mon âme ne pleure pas ton aile brisée.
Voici les témoins de mon désir vers Toi.
Quand les secrets du passé m’ont ordonné d’arrêter,
J’ai cependant continué à peiner dans l’obscurité.
Je demande et Te demande: où es-Tu?
A la fin du jour, je serai rejeté sur le rivage d’une terre miséricordieuse qui me recueillera,
alors je crierai, je me justifierai et je raconterai combien dans cette obscurité j’ai du souquer,
Je demande et Te demande en espérant: où es-Tu?

Mais nous sommes revenus, nous sommes rentrés chez nous.
Dans le Talmud on raconte que Rabbi Akiva se trouvait avec Rabban Gamliel, Rabbi Elazar fils d’Azaria, et Rabbi Yeochoua et montaient vers Jérusalem peu après que la ville ait été détruite de fond en comble par Titus. En arrivant au Har Hatsofim (mont Scopus), ils déchirèrent leurs vêtements en signe de deuil. Quand ils atteignirent la colline du Temple, ils virent un renard sortant des ruines, et éclatèrent tous en sanglots, sauf rabbi Akiva qui se mit à rire.
– Qu’as-tu à rire, Akiva ?
– Et vous, qu’avez-vous à pleurer ?
– Ce lieu dont il est écrit «L’étranger qui s’en approchera sera puni de mort» (Nombres,1;51), voici que se réalise le texte qui dit «La montagne de Sion est ravagée, les renards s’y promènent» (Lamentations, 5; 18) ! N’y a-t-il pas de quoi pleurer ?
– C’est ce qui me fait rire. Il est écrit «Je pris avec moi des témoins dignes de foi, le prêtre Uri et Zacharie fils de Berakhia» (Isaïe, 8; 2). Comment associer Uri et Zacharie ? Uri ne vivait-t’il pas à l’époque du premier Temple? et Zacharie au second ? En réalité, ce texte met en relation la prophétie de Zacharie avec celle d’Uri. Or, sur l’époque d’Uri, il est écrit «C’est pourquoi, à cause de vous, Sion sera labourée comme un champ, Jérusalem deviendra un monceau de pierres et la montagne du Temple une hauteur boisée» (Michée, 3; 12). Et Zacharie a dit «Des vieillards et des femmes âgées s’assoiront encore dans les rues de Jérusalem» (Zacharie, 8; 4). Tant que la prophétie d’Uri ne s’était pas réalisée, je craignais que celle de Zacharie ne se réalise pas non plus. A présent que la première s’est réalisée, je suis sûr que la seconde se réalisera.
Comme il leur parlait ainsi, les compagnons de rabbi Akiva s’exclamèrent :
Tu nous as consolés, Akiva, tu nous as consolés

En ces temps difficiles où partout dans le monde des foules haineuses veulent détruire Israel et éradiquer la suprématie juive qui serait une menace pour la planète, lisez ce bel article de Pierre Lurçat et Yitshak Shalev: Il y a une place pour nous sur le mont du Temple:
http://vudejerusalem.over-blog.com/2020/07/itshak-shalev-il-y-a-une-place-pour-nous-sur-le-mont-du-temple.html

A bientôt,

* Tisha beAv:
Mes articles précédents sur le sujet:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/category/histoire/fetes-juives/tisha-beav/

 

* Les 5 calamités:
1- L’interdiction pour la génération de la sortie d’Egypte de rentrer en terre d’Israël, à la suite de la faute des explorateurs dépêchés par Moshe (selon le Talmud, il s’agit de la « faute-mère » : comme les Hébreux
ont pleuré en vain un 9 av, Dieu leur promet de leur donner une raison valable de pleurer désormais à chaque année)

2- La destruction du premier Temple de Jerusalem par les Babyloniens en l’an 586 avant l’ère chrétienne prélude à l’exil de 70 ans en Babylonie.

3- La destruction du second Temple par les Romains en l’an 70 de l’ère chrétienne suivie par un exil de 2000 ans, bien qu’il y ait toujours eu des Juifs en Eretz Israel

4- La destruction de la forteresse de Beitar en l’an 135, marquant la fin de la fin de la révolte de Bar Kochba
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/06/24/les-generations-oubliees-1/

5- Le labour de labour et l’ensemencement avec du sel, mesures symboliques perpétrées par le consul romain Turnus Rufus, exprimant ainsi publiquement que plus rien de juif ne pourrait pousser ou être bâti à l’emplacement de Jerusalem, renommée Aelia Capitolina.

* Massacre des Juifs lors de la prise de Jerusalem en 1099 par les Croisés:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/10/01/les-generations-oubliees-4/

* Franj: nom donné aux Croisés – les Francs – par les populations du Moyen-Orient.

* Fostat: la vieille ville du Caire où se trouve la synagogue Ben Ezra, celle du Rambam (Maimonide) et surtout la célèbre (גניזה) gueniza:
https://www.cairotothecloud.com/

* Les 4 enfants mentionnés dans la lettre sont symboliquement les 4 enfants de la Haggadah, En particulier, Celui qui ne sait pas poser de question: le petit enfant de la Haggadah

* « C’est d’une main puissante que Dieu nous délivrera« : Expression du récit de la sortie d’Egypte.

 

 

Restez ce que vous êtes…

Nous sommes dans cette période de trois semaines qui débute le 17 Tamouz et finit le 9 Av, trois semaines qui séparent le jour pendant lequel nos ennemis ont creusé la première brèche dans les murailles de Jerusalem, du jour de la destruction du Temple. Elle s’appelle en hébreu בין המצרים (bein hametzrarim). Cette expression se trouve dans la meguila de איכה (Eikha), les Lamentations, chap 1,3:

Yehuda est allé en exil, accablé par la misère et une dure servitude; il demeure parmi les nations, sans trouver de repos. Ses persécuteurs, tous ensemble, l’ont atteint dans les étroits défilés.
גָּלְתָה יְהוּדָה מֵעֹנִי, וּמֵרֹב עֲבֹדָה–הִיא יָשְׁבָה בַגּוֹיִם, לֹא מָצְאָה מָנוֹחַ; כָּל-רֹדְפֶיהָ הִשִּׂיגוּהָ, בֵּין הַמְּצָרִים

(Fragments du rouleau de Eikha, les Lamentations, lors d’une exposition temporaire au Musée des Pays de la Bible en 2015)

Si effectivement le mot מצר (metzar) signifie un passage étroit, la racine מ צ ר (M TS R) a le sens de borner mais aussi affliger. En effet la personne en détresse est physiquement à l’étroit, sa poitrine est oppressée et son horizon est borné de tous côtés, sans perspective d’avenir. La même racine nous donne aussi l’adjectif צר (tsar), étroit, et le mot צרה (tzara) la peine, que vous connaissez sans doute mieux au pluriel: צרות (tsarot), les soucis.
Et pour les hébraïsants, le mot מצרים (metsarim) fait tout de suite penser au mot מצריים (Mitsraim), l’Egypte. Notre tradition en donne deux lectures herméneutiques:
La première s’intéresse au suffixe en ayim qui est celui d’un duel, c’est à dire un double pluriel, l’Egypte étant le lieu d’une double oppression, spirituelle et physique.
La deuxième lecture lit me tsarim, (nous somme sortis) de ces oppressions. On a souvent glosé sur les hésitations et revendications des Hébreux dans leur chemin vers Israel. C’est vrai, ils étaient difficiles à diriger et à contenter. Mais souvenez-vous qu’il est parfois plus facile d’accepter une situation difficile mais qu’on connait et avec laquelle on arrive à s’arranger plus ou moins, que de décider d’aller de l’avant et de s’en sortir, car notre esprit de décision est bloqué dans cet étroit défilé qu’est la détresse.

Il y a six ans, trois adolescents, Eyal, Yaakov-Naftali et Guil-Ad, ont été enlevés et assassinés par des terroristes, membres du ‘Hamas*.

C’était en juin 2014. Leurs corps ont été retrouvés trois semaines plus tard.
Pour essayer de sortir de cet étroit défilé que constitue leur détresse psychologique, ceux qui ont perdu un membre de leur famille dans un attentat créent souvent une fondation pour venir en aide aux autres. Leurs amis composent des poèmes, des chansons en souvenir…


(Ce chant, Ouvre ton cœur, פתח לבך, composé à la mémoire de Eyal, Yaakov-Nephtali et Guil-Ad,  est interprété par différents chanteurs israéliens, la chorale de la yeshiva Mekor Hayim et les familles endeuillées)

Les trois familles de Eyal, Yaakov-Nephtali et Guil-Ad ont crée un prix pour l’unité d’Israel* qui récompense ceux qui ont œuvré pour l’unité du peuple juif.
L’unité du peuple juif, un vaste programme! C’est vrai qu’on parle du עם ישראל (am Israel), peuple d’Israel et qu’on insiste toujours sur le fait que עם (Am), le peuple, s’écrit comme עם (Im), avec, mais takhless, concrètement, l’unité est toujours été un but et non pas une réalité. Ceux qui en doutent, devraient se replonger dans les livres d’histoire juive.
Mais, qu’est ce que l’unité du peuple pour la tradition juive?
Quand le peuple sort d’Egypte, il sort divisé en tribus, chacune bien différenciée des autres. Pourquoi Moshe n’a-t-elle pas profité de ce moment pour réaliser l’unité du peuple? Pourquoi ni Moshe ni ses successeurs n’ont-ils pas annulé les différences entre les tribus? Au contraire, chacune sera recensée et aura son drapeau:
« Rangés chacun sous une bannière distincte, d’après leurs tribus paternelles, ainsi camperont les enfants d’Israël; c’est en face et autour de la tente d’assignation qu’ils seront campés.
אִישׁ עַל-דִּגְלוֹ בְאֹתֹת לְבֵית אֲבֹתָם, יַחֲנוּ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל: מִנֶּגֶד, סָבִיב לְאֹהֶל-מוֹעֵד יַחֲנוּ. Bamidbar (Nombres) 2-2

Chacune aura sa place dans le campement:


Pourquoi le peuple hébreu a t-il eu le besoin de perpétuer cette division tribale et donner des responsabilités particulières à chacune ainsi qu’un territoire distinct?

N’était ce pas plus simple: un seul peuple, un seul chef? Ainsi aucun risque de divisions futures, ein Volk ein Führer, c’est ce qu’il y a de plus facile! Pourquoi  marchons nous dans le sens inverse de toutes les nations à travers l’histoire, nations qui rêvent d’unifier leur territoire et centraliser leur pouvoir?
La structure tribale ne donne-t-elle pas nécessairement lieu à une polarisation perpétuelle et continue du peuple? Eh bien, c’est justement pour cela, parce que cette polarisation est nécessaire pour la discussion. Aujourd’hui, les 12 tribus ont disparu mais d’autres tribus se sont recrées: religieux haredi (hassid ou mitnagued), traditionaliste, dati leumi et ‘hardal (dati leumi haredi), pratiquant ou négligeant*, ‘hiloni un peu pratiquant, pas du tout pratiquant, anti-religieux, de droite (religieux ou pas), du centre droit ou gauche, de gauche (religieux ou pas) d’extrême gauche, sans oublier les ashkenazes et leurs sous catégories, les sepharades, les mizra’him, les …. et toutes les sous-catégories…
Elles se complètent, se supportent parfois difficilement, certains passent de l’une à l’autre, certains découvrent que l’autre n’est pas ce qu’ils croyaient comme ce fut le cas il y a peu pour Aviv Geffen et les ‘haredim de Bnei Brak, certains se détestent inconditionnellement. C’était déjà le cas à l’époque du Tana »kh.
Il faut toujours un autre face à moi qui pense différemment de moi, qui vit différemment, qui a un rôle différent dans la société mais qui accepte d’être lié à moi par un destin commun: C’est ainsi que le peuple peut être uni et que Am peut se lire Im. L’unité, אחדות (a’hdout) est le contraire de l’uniformité, אחידות (a’hidout).

(Les douze tribus, vitraux de la synagogue de Shilo)

Les familles des trois garçons assassinés, l’ont bien compris. Leur message pour l’unité du peuple juif est très clair: restez ce que vous êtes!

 

A bientôt,

*Les 3 garçons
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/06/16/eyal-gilad-et-yaakov-naftali/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/06/05/les-trois-garcons/

*La charte du ‘Hamas:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/16/4795/

*Aviv Geffen et les ‘Haredim:
https://www.israelvalley.com/2020/05/israel-surpris-aviv-geffen-a-dedie-une-chanson-aux-habitants-de-bnei-brak/

*Pour essayer de se repérer au moins dans les catégories de ceux qui portent un couvre-chef:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/08/16/il-vaut-mieux-un-juif-sans-chapeau-quun-chapeau-sans-juif/

Les résultats du bac au djihadland

Hier, shabbat à 7h30 : Je prends mon petit déjeuner dans la cour.
L’air est encore légèrement humide et frais mais le soleil tape déjà sur la cime des cyprès, le parfum du romarin se mêle à celui du café…  Les oiseaux pépient dans les branches, quelques abeilles butines les dernières fleurs tardives du citronnier…

Tout a coup des roulements sonores dans le lointain, qui se rapprochent et qui déchirent la sérénité de ce matin. Je ne comprends pas: les éclats secs de ce qui ressemble à des feux d’artifices. Un mariage arabe? Le matin?
Les claquements sont de plus en plus forts et se répercutent sur les collines entourant mon quartier, Malha.

 

Maintenant je distingue bien des salves d’armes automatiques.
Les oiseaux se sont tus. Inquiète, je sors sur mon balcon, aucun mouvement dans les rues.
Je me rassure: nous n’avons pas entendu de sirène donc tout va bien (à peu près?)
Quelques minutes de silence et puis, pendant une heure et demie, le fracas des armes, des explosifs et plus rien…
A 9 heures et demie, les armes se taisent, les oiseaux se remettent à chanter… Shabbat revient dans la ville
Le soir, l’explication nous est donnée au journal télévisé:
Les lycéens arabes ont célébré par des explosions de toutes sortes et des tirs à l’arme automatique les résultats du bac non seulement dans les territoires contrôlés par l’Autorité Palestinienne. Ceux qui n’avaient pas d’armes ont lancé en l’air des tables et des chaises. L’union européenne n’est pas prête d’arrêter d’augmenter ses subventions….

Voici la photo d’une lycéenne bachelière à Naplouse. Parmi les commentaires élogieux qu’elle a reçus, nombreux la félicitaient et l’incitaient à utiliser cette mitraillette contre les ennemis, nous les sionistes, Bientôt Ô ma sœur tu pourras libérer notre terre de la rivière à la mer*!

(Photographer Omar Al-Djani fro, Jordan
Taking a photo of the fireworks in Palestine)

Et donc, les habitants de Jerusalem, d’Efrat, de Maale Adoumim de Modiin ainsi que les habitants de Otef Aza* et du Sharon* en ont subi les conséquences sonores. Comme, cette tradition (!) s’est propagée cette année dans la partie orientale de la ville*, la police de Jerusalem a arrêté 38 de ces  jeunes et saisi 185 ruches de feux d’artifices et autres explosifs.

 

Au dernières nouvelles, ces tirs et explosions auraient causé des dégâts et fait plusieurs dizaines de blessés.

 

Entre les Arabes et nous, je crains qu’il y ait un fossé culturel infranchissable. Qui d’entre vous a célébré ce passage à l’âge adulte en  tirant à la mitraillette?
La société arabe souffre d’une violence interne, contre les faibles, les femmes, les autres, ceux qui ne sont pas de leur ‘hamoula*etc…
Tant qu’elle n’aura pas changé, un futur état palestinien ne serait qu’une menace permanente.
Ce ne sont pas des terroristes que vous avez vu sur ces vidéos, seulement les futurs cadres de ce que serait le futur état palestinien, djihadland falastin, en fait, un état aussi violent que nos voisins.

Non merci!

A bientôt,

Shavoua Tov שבוע טוב

 

*De la rivière (le Jourdain) à la mer (méditerranée), : من النهر إلى البحر‎, min al-nahr ila al-bahr le slogan répétitif des Palestiniens qui montre bien, s’il fallait encore l’expliquer, que leur but n’est pas d’arriver à la solution à deux états, un juif et un arabe, mais bien un seul, arabo-musulman, ceci après avoir jeté les Juifs à la mer:

*Otef Aza: la région qui borde la bande Gaza,
Le Sharon: région située au nord de Tel Aviv et qui est coincée  entre des villes comme Kalkiliya et Tulkarem (dirigées par Mahmoud Abbas) et  la côte méditerranéenne. A certains endroit,  la largeur du territoire israélien ne fait que 14 km de large.

*Des centaines de douilles ont été retrouvées dans le parc du quartier Hagiva Hatsarfatit, et les habitants de Pisgat Zeev ont du passer trois heures derrière leurs volets fermes par crainte de balles perdues.

*’Hamoula: partie d’un clan
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2018/02/16/une-nation-palestinienne/

Rentrer à la maison (2/2)

Quand il est question du départ des Juifs, en particulier vers Israel, beaucoup s’étonnent : Les Juifs sont des citoyens comme les autres, pourquoi partent-ils? Il est de notre devoir de les protéger.

Cette phrase est terrible. Elle résume à elle seule le fait que la communauté juive est définitivement un corps particulier distinct de la nation. Pourquoi les protéger eux plus que les autres? Si ce n’est que parce que dans l’inconscient collectif ils ne sont ou n’ont jamais été une partie des autres.

On entend aussi des phrases grandiloquentes comme celle-ci: La France sans les Juifs ne sera plus la France
Pourtant, du 15 ème siècle au 19 ème la France fut presque complètement* judenrein. De nombreux villages ou villes de France ont une rue aux Juifs, rue de la Juiverie, d’où les Juifs ont été chassés au Moyen Age. La France a bien survécu. Il en est de même dans beaucoup de pays européens. Notamment l’Espagne, c’est justement après 1492, date de l’expulsion des Juifs, qu’y commence une période de grande vitalité littéraire et artistique, le Siècle d’Or (et en fait, ce siècle durera 200 ans!). Les Juifs n’ont jamais été indispensables.

Notre mémoire familiale nous a transmis ce fait:  pendant les périodes de crises, on assiste toujours à une montée de l’antisémitisme. En Europe, cela a commencé doucement il y a une trentaine d’années et puis plus agressivement il y a déjà vingt ans. Or l’Europe est dans une crise à multiples facettes: crise économique et politique, crise identitaire et crise sanitaire. Et donc, comme vous le savez déjà, la situation des Juifs s’aggrave de jour en jour: attaques de personnes, manifestations et émeutes qui dégénèrent en manifestations antisémites… Cependant, si vous ne lisez pas la presse juive, vous n’êtes sans doute pas vraiment au courant. Les journalistes mainstream pratiquent l’auto-censure et la cosmétisation du vocabulaire avec brio.
Peu importe si cet antisémitisme vient des musulmans, de l’extrême gauche, de l’extrême droite ou s’il est un mélange des trois. Pour les Juifs, le résultat est le même!

Que peuvent faire alors les Juifs de la Diaspora?
– Chercher des cieux plus cléments en dehors d’Israel comme l’ont fait nos ancêtres au cours des siècles, mais où? Pendant longtemps les Etats Unis le Canada étaient des havres de paix mais maintenant? Il suffit pour cela de se tenir informé de ce qui se dit et s’écrit dans les universités américaines…
– Commencer un tour de France? J’ai lu il y a quelque temps que des communautés juives se développent dans des petites villes agréables et calmes. Un article dans la presse juive a fait polémique il y a quelques mois: certains se sont émus de l’emploi du mot aliya pour un déménagement à Metz et à Colmar. Sans vouloir chipoter sur le terme, je comprends ces familles: c’est plus simple et plus sûr à court terme que de tenter un grand saut dans un presque inconnu. Mais pour combien de temps, quelques années, une génération?
– Attendre comme certains croyants le pensent que le Mashiah les ramène à la maison? Je ne sais pas ce que le Mashiah a en tête. Tout ce que je sais c’est ce que disait ma grand mère: les attentifs survivent, les attentistes rarement. Par ailleurs le Mashiah n’a t-il pas déjà commencé son travail, plus de la moitié des juifs du monde ayant déjà fait leur émigration?

Tous ceux qui sont rentrés à la maison ont été confrontés à ces discours tranquillisants et pourtant un jour…

Aussi, dans cet article, et parce que je pense qu’il y a urgence, voici quelques information pratiques pour ceux qui veulent sérieusement rentrer à la maison.
Cette année est particulière à cause du Corona mais les programmes de l’Agence Juive ne sont pas supprimés. Tout se passe par internet. Les candidats sont invités à participer par Zoom aux réunions qui les intéressent: par exemple comment constituer un dossier d’émigration, qu’en est-il des études des enfants, comment trouver un emploi…
L’alya ne se prépare jamais en un jour. De plus, cette année, il est possible que les départs soient différés de quelques mois à cause de l’épidémie, aussi, les Juifs désireux de vivre en Israel devraient profiter de cette période d’attente pour se préparer au mieux et notamment engranger le plus possible d’hébreu.

Comme je l’ai déjà écrit*, même si l’hébreu est notre langue ancestrale, cela ne veut pas dire que nous la connaissons d’office! Loin de là! Ici vous devrez maîtriser la langue pour trouver du travail, faire des études, pour toutes vos démarches administratives etc… Bien que les oulpanim sont prévus à l’accueil des émigrants, il vaut mieux commencer au plus tôt à maîtriser les rudiments de l’hébreu, car dès l’arrivée en Israel vous en aurez besoin. Il est vrai que de plus en plus vous pourrez trouver de l’aide, les israeliens ont beaucoup de patience et aident généralement les olim qui ont du mal à s’exprimer. Mais pour ne pas rester des assistés, il faut mieux entamer le plus tôt l’étude de la langue. Ce n’est pas une montagne à gravir ou plutôt elle se gravit peu à peu. Profitez des quelques semaines ou mois que vous avez devant vous!
S’il n’y a pas d’oulpan dans votre communauté, il y a les oulpanim en ligne.
Voici ce que j’ai trouvé en tapant simplement oulpan en ligne sur google:

http://archive.jewishagency.org/fr/aliyah/program/9041
https://www.acoursdhebreu.com/
https://www.beivrit.fr/
https://rosenhebrewschool.com/fr/ (cours de l’Universite Hebraique de Jerusalem)
Et il y en a bien d’autres….

Si vous avez peur de partir dans l’inconnu et si personne ne vous attend en Israel, vous pouvez partir avec l’alya de groupe. Vous êtes pris en main par l’équipe de Chalom Wach*, l’initiateur de ce projet qui, jusqu’à l’arrivée du corona, sillonnait la France pour permettre à des Juifs isolés, de participer à des réunions d’information. Maintenant là aussi, les réunions se font par Zoom. L’équipe de l’Alya de groupe vous aidera dans vos démarches et vous conseillera pendant votre première année en Israel.

 

Chaque année, l’équipe de l’Alya de groupe propose trois destinations différentes:
Cette année c’est Jerusalem, Nahariya et Revava en Samarie (à 5km d’Ariel, ville universitaire).

Voici le yishuv de Revava:

La petite ville cotiere de Nahariya:

 

Et Jerusalem:

Si la chèreté de la vie vous inquiète, si vous avez peur que les loyers soient trop élevés dans les grandes villes, écoutez l’interview de Patricia Hassoun qui est à l’origine d’une initiative tout nouvelle. Son association Dor ‘Hadash (nouvelle génération) propose elle aussi une alya de groupe mais dans des régions en expansion, où les loyers sont bas mais où il y a beaucoup de possibilités de travail.

Elle propose un programme à Yeru’ham, à 30 km au sud de Beer Sheva.
Yeru’ham n’est plus la petite ville de maabarot*.

(Yeru’ham 1951, Dovrot Yeru’ham)

C’est maintenant une petite ville de 9000 habitants, qui propose une éducation de qualité,

(Photo Anat Raskin)

où se sont installées de nombreuses sociétés high tech ainsi que l’entreprise pharmaceutique américaine Perrigo.

Yeru’ham se trouve en plein Neguev mais bordée par un grand parc

(Parc de Yeru’ham, photo Anat Raskin)

où se trouve un lac artificiel


L’association Dor ‘Hadash est aussi en pourparlers avec la ville de Dimona  (35 000 habitants, à une quinzaine de km de Yeru’ham)


qui elle aussi possède un lac artificiel

D’autres pourparlers sont en train avec la ville de Karmiel en Galilée (46 000 habitants)

(Karmiel arutz 7)

Si vous étés intéressés par ce projet de cette association Dor ‘Hadash: dorhadash5780@gmail.com

C’est vrai l’alya est parfois difficile, c’est un total changement de vie et l’atterrissage est parfois brutal mais où se trouve donc le gan eden?
En résumé pour ceux qui ont ce projet d’aliya en tète:
Ne soyez pas des rêveurs, renseignez-vous, vérifiez, ne vous contentez pas de remplir quelques formulaires. Préparez la!

Sachez que l’épidémie de corona et celle de l’antisémitisme qui se développent en parallèle préoccupent beaucoup de Juifs. Il semble que les demandes explosent d’un peu partout: USA, Canada, Europe de l’Ouest, Russie et Ukraine …

Dans un article précédent, Yom Yerushalayim 2020*, du 24 mai, j’avais inclus l’interview de Claire Lévy, 92 ans, qui racontait comment elle avait vécu la guerre des six jours. Mais c’est la fin de cette interview qui m’a le plus frappée. Le journaliste lui demande ce qu’elle souhaite à Jerusalem. Elle ne répond pas directement, Elle explique simplement sans vœux pieux et belles phrases:
Ecoutez, moi ce que je suis venue chercher dans ce pays je l’ai reçu. Je ne voulais plus être un citoyen de seconde zone et mon mari non plus. C’est mon pays. Je voulais élever des enfants juifs et j’ai des enfants juifs et des petits enfants et des arrière petits enfants.
Ce que je suis venue chercher je l’ai 
reçu…

Celui qui se souvient, qui connait le chemin de ma maison,
Celui qui m’entend, qu’il vienne à la maison avec moi,

Nuage de plumes dans le ciel et le chaume sous mes pieds, le ding dong d’une cloche merveilleuse,
Je me sens protégé,

Hé, de là bas, le chemin et la cloche chantent pour lui son retour à la maison, juste au bon moment.
Si j’ai oublié le chemin connu depuis longtemps, ici et là sur les bords de la route sont restés des indices pour moi
Voici une flèche t’es envoyée, dessinée à la craie blanche,
Va pour toi, suis le vent c’est à deux pas d’ici,

Des pierres sur le côté du chemin, au dessus l’ombre d’un arbre, une chèvre noire comme la nuit broute les buissons,
Les sentiers sont ouverts pour les meilleur marcheurs.

Je ne suis pas toute seule en chemin pour retourner chez moi,
J’ai un ami ou deux qui marchent à mes côtés, Sous le soleil brûlant, le le ding donc de la cloche
Ils sauront déchiffrer pour moi tous les signes.

A bientôt,

* En dehors de quelques dizaines de familles enfermées dans un ghetto dans 4 villes du Comtat Venaissin (https://fr.wikipedia.org/wiki/Juifs_du_pape), les Juifs d’Alsace qui furent rattachés à la France en même temps que cette province a la fin du 17 eme siecle ( https://fr.wikisource.org/wiki/Comment_l%E2%80%99Alsace_est_devenue_fran%C3%A7aise) et les Juifs de Lorraine
(https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_des_Juifs_en_Lorraine)

* La langue hébraïque:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/28/parlez-vous-hebreu
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/12/04/ne-dites-plus-cest-de-lhebreu-pour-moi-1/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/12/17/ne-dites-plus-cest-de-lhebreu-pour-moi-2/

* Programmes d’aliya
http://archive.jewishagency.org/fr/aliyah/program/9031

* Maabarot:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/10/24/sharaliya/

* Aliya de groupe:
Chalom Wach, Responsable du Programme – Téléphone en France : 01 77 50 01 30 –  Bureau en Israël : + 972 (0) 2 940 00 29
Email :  alyahdegroupe@gmail.com

* Préparation à la aliya par l’association Qualita:
https://www.preparation-alyah.com/?fbclid=IwAR2vWNyZFNV71z4Lyy-TEvJPh20eUkbLknCiR1YPO3Fv-o0hbW31QuhOHKo

*Si vous êtes intéressés par la ville de Karmiel:
https://www.go-galil.com/