Sandalim, sandalim!

Il y a quelques années, je publiais un article sur les couvre-chefs et un autre sur le costume juif »* . Je vois qu’ils sont encore régulièrement lus.
Pourquoi cette fois ne pas parler des chaussures ou plutôt des premières chaussures connues, les sandales.

Moshe en portait certainement puisque Dieu lui demande de les ôter lorsqu’il se tient devant le buisson ardent au mont Sinaï .
De même il est certain que c’est ce que portaient les habitants de Gabaon lorsqu’ils trompèrent Yeoshua bin Noun.*
On ne trouve pas le mot sandale dans le texte du Tanakh, où il n’est question que de נעליים (naalaim), souliers*, mais ce mot de נעליים (naalaim) nous renvoie pourtant à cette forme primitive de la sandale puisqu’il vient de la racine נעל  (naal), nouer. Certains pensent cependant que le mot vient de נע +על (na+al): bouger sur (les chemins).


Et puis, les siècles passant, les sandales ne furent plus en vogue. Petit à petit, les orteils furent cachés même dans les pays chauds.
Dans son excellent article sur l’histoire de la chaussure, Véronique Chemla écrit que « durant l’Antiquité, l’utilisation des sandales avec une variété de formes et de modèles reste majoritaire. Un changement se dessine vers la fin du 4e siècle, tout d’abord sur le territoire d’influence byzantine et ensuite à Rome, avec l’ascendant croissant des souliers fermés et des chaussons en cuir simple marron ou noir, mais aussi parfois en cuir pourpre richement décoré ».*
La sandale restera en Europe la chaussure « biblique » des moines.
Lorsque les premiers haloutzim arrivèrent, ils gardèrent l’habitude des grosses chaussures malgré la chaleur. Il s’agissait en fait de protéger les pieds des pierres, épines et serpents et puis, dans l’esprit juif, montrer ses orteils, ce n’était pas convenable. Les Arabes eux mêmes, n’en portaient pas. Soit ils étaient pieds nus, soit, et c’était un signe de richesse, ils chaussaient des babouches.
Mais dans les années 20, des immigrants d’origine tchèque et allemande se dirent que les sandales étaient très pratiques. Ils en fabriquèrent alors de confortables et assez larges pour être portées avec ou sans chaussettes.

En fait ce modèle venait des premières sandales de randonnées qu’on appelait en Allemagne les sandales de Jesus. Joseph ben Artsi, fondateur de la société Nimrod, décida de créer les sandales Babta* du nom de cette jeune femme qui vivait il y a 2000 ans et réclamait la pleine propriété de ses palmeraies devant la cour de justice à Ein Guedi. Comme cela est décrit dans ce parchemin:

(Titre de propriété  concernant les 4 palmeraies, parchemin retrouvé par Yigal Yadin dans les grottes près de la mer morte)

Les sandales sont devenues un des symboles de l’esprit pionnier. Lorsque Dosh voulut caricaturer le tsabar israélien, Sroulik (diminutif d’Israel), il le revêtit du kova tembel (chapeau d’imbécile)*, d’un long short kaki et de sandales.
Les années passent, les kibboutzim s’embourgeoisent: plus de long short kaki, plus de kova tembel et beaucoup moins de sandales…
En fait, les sandales bibliques auraient dû elles aussi tomber dans l’oubli si le sionisme religieux ne les avait pas remises à l’honneur:  la sandale biblique confortable est celle de l’homme qui a un lien très fort avec sa terre et qui se bat pour elle. Ce n’est pas un hasard si l’une des grandes marques de sandales biblique s’appelle שורש (shoresh), racine.

Et si vous voulez vraiment avoir les pieds découverts, vous porterez les כפכפים (kafkafim)*. Mais, votre démarche traînante et paresseuse  ne vous désignera pas pour autant comme pionnier!

Mais d’où vient donc le mot sandale, qu’on trouve aussi bien en hébreu que dans les langues européennes, y compris en russe (сандал)? Il est arrivé sans doute dans les chariots d’Alexandre le Grand qui l’avait rapporté de Perse et s’est diffusé ensuite dans tout le bassin méditerranéen et même au delà.
סנדל (sandal) est aussi le nom d’un poisson très plat qu’on appelle aussi le poisson de משה רבנו (Moshe Rabbenou) ou Moise notre maître. Il parait que lorsque Dieu a divisé la mer rouge en deux, il n’a pas fait très attention et a coupé ce poisson en deux! En français on l’appelle la sole. Ce qui est amusant c’est que le mot sole vient du latin solea qui vient lui-même de l’hébreu סוליה (soulia), une semelle.

Il y a de moins en moins de סנדלרים (sandlerim), cordonniers, en Israel. L’un deux Malkiel Atsilov est né dans la ville de Samarkand. Il a réussi à immigrer en Israel en 1964 et s’est depuis installé comme cordonnier dans le quartier de Na’halat Shiva*.
Au dessus de la porte, une inscription en russe, сапожник, et en hébreu סנדלר (sandlar), cordonnier.

Cela me fait penser à la chanson על כפיו יביא (al kapav yavi), il lui apportera de ses mains, dans laquelle, Yoram Taharlev parle de trois artisans qui tous rêvent d’Eliahou Hanavi*: le menuisier rêve de fabriquer sa chaise, le  cordonnier ses chaussures  et le maçon rêve qu’à ce moment là, il pourra reconstruire le Temple.

Mais que vous soyez pieds nus ou chaussés de sandales, qu’Eliahou Hanavi arrive ou pas, souvenez vous de ce que nous disait le prophète Ishayahou:
Qu’ils sont gracieux sur les montagnes les pieds du messager qui annonce la paix, du messager de bonnes nouvelles, qui annonce la délivrance, qui dit à Sion: Ton Dieu est roi!
מַה-נָּאווּ עַל-הֶהָרִים רַגְלֵי מְבַשֵּׂר, מַשְׁמִיעַ שָׁלוֹם מְבַשֵּׂר טוֹב–מַשְׁמִיעַ יְשׁוּעָה; אֹמֵר לְצִיּוֹן, מָלַךְ אֱלֹהָיִךְ. (Ishayahou 52, 7)

En ce moment se tient au musée Eretz Israel à Tel Aviv une exposition sur les sandales. Si cela vous dit:
http://www.eretzmuseum.org.il/e/388/

A bientôt,

 

Articles sur les couvre-chefs et sur le costume juif:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/08/16/il-vaut-mieux-un-juif-sans-chapeau-quun-chapeau-sans-juif/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/11/06/revets-mon-peuple-tes-vetements-de-splendeur/

*Kova tembel:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/08/16/il-vaut-mieux-un-juif-sans-chapeau-quun-chapeau-sans-juif/

*En argot, le mot נעל (naal) soulier signifie stupide. Ne dit-on pas en francais, bête comme ses pieds?

*Gabaonites: Lors de la conquête du pays de Canaan,les Gabaonites avaient eu recours a un stratagème pour éviter la guerre contre les Hebreux: Mais les habitants de Gabaon, en apprenant comment Josué avait traité Jéricho et Aï,  eurent recours, de leur côté, à un stratagème. Ils se mirent en route, munis de provisions, chargèrent leurs ânes de vieux sacs, d’outres à vin usées, crevées et recousues;  se chaussèrent de vieux souliers rapiécés, endossèrent des vêtements hors d’usage, et n’emportèrent comme provision que du pain dur et tout moisi.  lls s’en allèrent ainsi trouver Josué, au campement de Ghilgal, et lui dirent, à lui et aux Israélites: « Nous venons d’un pays lointain, et vous prions de conclure une alliance avec nous. » 

*De kaf qui signifie cuiller mais aussi paume de la main (kaf yad) ou plante du pied (kaf reguel)
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Léger, si léger?

Tisha beAv vient de se terminer.
Lors d’un jour de jeûne, on a l’habitude de souhaiter: צום קל (Tsom Kal), jeune facile, léger.
Le mot קל (kal) vient de la racine קלל KLL qui a plusieurs significations.
Commençons par les plus évidentes.
Il est logique que si Kal signifie léger, la forme de conjugaison des verbes la plus facile à apprendre, la plus légère à l’élève, se nomme Kal, ou forme simple.
De la même manière, lorsqu’on avance des arguments allant du plus simple au plus complexe, on utilise un des principes de l’herméneutique appelé קל וחומר (kal va’homer) du léger au « dense » , c’est à dire un raisonnement à fortiori*.
Dans le Tanakh, lorsque Noa’h est enfermé dans l’arche et scrute impatiemment la mer, il remarque qu’enfin כי קלו המיים que les eaux se sont « allégées », réduites, il commence alors à entrevoir la fin de sa réclusion.
Lorsque David se lamente sur la mort de Jonathan et de son père, le roi Shaoul, il les décrits comme plus « légers » que les aigles מנשרים קלו, sans doute plus rapides*
Ci-dessus le mont Guilboa où moururent le roi Shaoul et son fils Jonathan lors d’une bataille contre les Philistins.

Dans le livre des Proverbes, בִּקֶּשׁ לֵץ חָכְמָה וָאָיִן וְדַעַת לְנָבוֹן נָקָל (Bikesh letz ‘hochma veein vedaat lenavon nakel), le sot demande en vain la sagesse, alors que la compréhension vient légèrement (aisément) à l’homme sage.

Et l’homme sage est souvent décrit comme indulgent. C’est ainsi qu’à l’époque de la Mishna, Hillel était appelé מקל, celui qui allège les sentences*.
                                                                            (Grotte où furent enterrés Hillel et ses élèves)

Mais la légèreté peut conduire quelqu’un à sa perte.
Dans le livre de Samuel, il est question d’Ashael ben Tsouria, fils d’une de soeurs du roi David. Lors de la guerre civile qui oppose David au roi Shaoul, Ashael poursuit Avner, général de l’armée du roi Shaoul. Or « Ashael avait les pieds légers comme un chevreuil dans un champ, וַעֲשָׂהאֵל קַל בְּרַגְלָיו כְּאַחַד הַצְּבָיִם אֲשֶׁר בַּשָּׂדֶה »
Avner qui le connaît bien lui dit: Écarte-toi, cesse de me poursuivre ! Pourquoi faudrait-il que je t’abatte ? Comment pourrais-je alors regarder en face ton frère Yoav ? » mais Ashael continue et Avner le tue. Ashael a agit par fidélité à son oncle David mais certains commentateurs relient ses pieds légers à une certaine légèreté, une certaine insouciance du danger.
Dans la langue moderne on parle de אשה קלה (Isha Kala), une femme légère, ce qui me fâche car des hommes légers il y a en à foison.

La racine KLL ne joue pas seulement sur les deux aspects positifs ou négatifs de la légèreté. Elle a aussi donne  קילל (killel), maudire, et des mots comme קללה (klala) malédiction,  קלון (kalon) dégradation, קלקל (kilkel) abimer.

On retrouve le mot קללה (Klala) malédiction, dans le refrain d’un célèbre piyout de Rosh Hashana: תכלה שנה וקללותיה. Que s’en aille l’année avec ses malédictions!
Le voici interpreté par Rakefet Amsalem:

Dans la littérature rabbinique, il est écrit que parmi la foule d’esclaves juifs envoyés à Rome par Vespasien,  nombre d’entre eux furent destinés aux maisons de disgrâce, בתי קלון, (batei Kalon) ou bordels…

9av marche des juifs de Rome 1947 arc de triomphe de Titus(Début décembre 1947, après la proclamation du partage de la Palestine par l’ONU, les Juifs de Rome organisèrent une marche sous l’arc de triomphe de Titus pour célébrer la renaissance d’Israel. (Journal Davar)

Alors, faut-il prendre la vie comme elle vient? לקחת את החיים בקלות?
Nous ne sommes pas très doués pour ça. Il est vrai que notre histoire ne nous aide pas, ni notre grande mémoire.
La situation actuelle ne nous aide pas non plus: après avoir vécu depuis 3 mois, sous la menace des ballons incendiaires envoyés quotidiennement par le ‘Hamas, après avoir vu les champs brûler,

(résultats des incendies, journal Makor Rishon)

après les tirs d’obus, des roquettes qui ont blessé une famille à Sderot,

Vendredi, un soldat a été tué par le tir d’un tireur d’élite du ‘Hamas*.

Il s’appelait Aviv Levy et avait 21 ans. Il commandait un groupe de soldats originaires de la tribu de Menashe, et arrivés du Mizoram (état indien situé à la frontière birmane).

Son enterrement a eu lieu aujourd’hui.
On se trouve dans une situation de soi-disant cessez le feu, bien que le ‘Hamas ait déclaré que cette trêve ne valait pas pour les ballons incendiaires. En fait, on est tributaire des décisions du ‘Hamas et ceci pour ne pas déplaire aux Russes qui nous donnent une petite (toute petite) latitude pour nous défendre dans le Nord. Beaucoup de gens, y compris des journalistes à la télévision (!) demandent que nous reprenions les éliminations ciblées des responsables du ‘Hamas (dans le passé ceci avait apporté un peu de répit). Si comme je le lis ici ou là, seule une petite partie des gazaouis, soutient, les exactions du ‘Hamas, ce pourrait être une solution. Supprimons les assassins!
Ceci dit, les assassins ne se trouvent pas qu’à Gaza. Mahmoud a piqué une colère, il a trépigné sur son fauteuil en exigeant que ses troupes aussi participent à la fête anti-juive et ceci pour faire la pige au ‘Hamas qui prend de l’importance à Ramallah.
Et donc, un ballon incendiaire est tombé avant hier dans la cour d’une maison dans le quartier de Gilo, à côté de chez moi. Heureusement, le système de mise à feu n’a pas fonctionné. C’est un cadeau de nos voisins de Bethlehem.

 

(La police examine l’engin. (photo rotter.net)

Au moment de publier cet article, ce matin à nouveau des ballons incendiaires dans le sud: Lors d’une réunion avec la sécurité civile,les paysans et le pompiers ont enregistré ce chant qui rappelle l’époque de la guerre des 6 jours: 

et dans le Nord, les sirènes de Tseva Adom (couleur rouge) retentissent en ce moment.

Et dans le même temps, on sauve les casques blancs syriens et leur famille:

A bientôt,

* L’hermeneutique juive:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Treize_principes_de_Rabbi_Ishma%C3%ABl

*Dans sa lamentation sur la mort de Shaoul et de Jonathan, David compare les deux héros au roi des oiseaux et au roi des animaux: ils étaient plus légers que les aigles et plus forts que les lions.

*Le ‘Hamas est armé par l’Iran: le tireur a utilisé un fusil sniper Sayad-2 fabriqué en Iran, arme standard des Gardiens de la Révolution. Cette arme a une portée de 1,5 km. Elle peut percer un gilet pare-balle en céramique.

 

Tant qu’il y a de l’eau il y a de l’espoir!

Cette année, nous nous sommes étonnés d’avoir de la pluie au milieu du mois de juin. Bien sûr, il ne s’agit pas de pluies hivernales européennes. Non, chez nous quelques gouttes ou un bon orage, c’est déjà surprenant à l’arrivée de l’été. Comme vous le savez nous prions pour la pluie de la fin de Soukkot à Pessah mais ensuite seulement pour une bonne rosée matinale.
Mais, comme le manque d’eau est endémique dans la région, nous sommes depuis longtemps des pionniers dans le recyclage des eaux usées, l’irrigation par goutte à goutte et la désalinisation de l’eau de mer.  De nombreux pays, en particulier en Afrique, s’intéressent à notre technologie.
Depuis déjà plusieurs années l’Iran souffre d’une terrible sécheresse et elle va en s’aggravant. Parmi les manifestations contre le régime, la dernière a eu lieu il y a quelques jours à Khoramshar dans le sud du pays: la population réclamait simplement de l’eau potable et évidemment le régime a répondu par la force*.
Il y a quelques semaines, notre Premier Ministre a proposé aux Iraniens de leur apporter notre aide dans le traitement de l’eau pour prévenir une catastrophe due à la sécheresse: en Iran, la majorité des Iraniens  souffre de la sécheresse  et si cela continue des millions d’entre eux seront obligés de quitter leur maison à cause de dommages environnementaux. Vu l’hostilité du régime iranien à notre égard, Israel, utilisant les réseaux internet, a conçu un site en langue perse qui explique de manière détaillée aux Iraniens  comment recycler les eaux usées.

Vous me direz que notre Premier Ministre a une arrière pensée politique. Et oui et vous aurez raison. Comme le disait sur une radio juive, un exilé iranien: si les Iraniens renversent le pouvoir des mollahs ce sera bon Israel mais aussi pour nous, Iraniens.
Nous rêvons de retrouver les relations avec l’Iran telles qu’elles étaient à l’époque du Shah. Espérons que les choses changent car, pour le moment, nous sommes même accusés par un général iranien, Gholam Reza Jalali  d’être la cause de la sécheresse en Iran: nous volons leurs nuages!*

(Qui a volé le nuage iranien? dessin d’Andrew Ryblako)

Mais comment, grâce à l’hébreu, la pensée juive exprime-t-elle ce que l’eau signifie pour nous?

Le mot mayim, l’eau, est formé de deux מ, m,  qui enserrent deux י, youd, (ou un seul en hébreu vocalisé). Quand on lit le mot מיים, mayim, on se dit tout d’abord qu’il est au pluriel et que ce pluriel indique l’abondance. Et tout de suite on pense au mot שמיים, shamayim, le ciel

On lit alors dans le livre de Bereshit (Genèse) que: 
Dieu créa l’espace, et opéra une séparation entre les eaux qui sont au-dessous et les eaux qui sont au-dessus, et cela demeura ainsi. Dieu nomma cet espace le Ciel.
וַיַּעַשׂ אֱלֹהִים, אֶת-הָרָקִיעַ, וַיַּבְדֵּל בֵּין הַמַּיִם אֲשֶׁר מִתַּחַת לָרָקִיעַ, וּבֵין הַמַּיִם אֲשֶׁר מֵעַל לָרָקִיעַ; וַיְהִי-כֵן. ח וַיִּקְרָא אֱלֹהִים לָרָקִיעַ, שָׁמָיִם; וַיְהִי-עֶרֶב
Le mot ciel שמים, shamayim,  signifie en fait שם מים,sham mayim: les eaux de là bas (d’en haut)

Dans le Tanakh, la plupart des mots* qui expriment l’espoir, le renouveau ou au contraire le désespoir, sont liés à l’eau ou au manque d’eau.

Examinons les mots liés à l’eau:


L’eau vient toujours de quelque part: elle vient des eaux d’en haut (la pluie) et des eaux d’en bas, les sources. La source se dit עין, ayin, ou מעין, maayan.

Allons un peu plus loin. עין, Ayin, veut dire aussi l’oeil. L’eau de l’oeil, la larme, se dit דמעה, dim’a, c’est à dire דם עין, dam ayin, ou sang de l’oeil: דמ+עה=  (dam le sang+ lettre ayin ע se prononçant comme ayin l’oeil). Quand nous sommes blessés nous saignons et nous pleurons du « sang de l’oeil ».

Une expression courante pour dire il n’y a plus d’espoir, que tout est fini, est כלו עיניו, Kalou einav, ses yeux se sont détruits. Je me souviens d’une interview de Batia, la mère de Ron Arad*: Je l’ai attendu si longtemps mais maintenant, כלו עיני, kalou einay, je n’ai plus d’espoir.

Le prophète Jérémie employait cette expression (14, 6) dans les temps terribles de la guerre contre les Babyloniens:
Les onagres s’arrêtent sur les hauteurs dénudées, aspirant l’air comme les crocodiles*: leurs yeux sont consumés (détruits), car il n’y a pas d’herbe.
וּפְרָאִים עָמְדוּ עַל-שְׁפָיִם, שָׁאֲפוּ רוּחַ כַּתַּנִּים; כָּלוּ עֵינֵיהֶם, כִּי-אֵין עֵשֶׂב.

D’autres mots lient les malheurs des hommes avec le malheur de la terre.

Le mot sec יבש, yavesh, sans eau, sec, a comme racine les lettres בוש, Beit-Vav-Shin, qui signifie être honteux mais aussi être désespéré. Comme il est écrit dans les Tehilim-Psaumes (119,116):

Soutiens-moi selon ta promesse pour que je vive, et ne me laisse pas me désespérer.
סָמְכֵנִי כְאִמְרָתְךָ וְאֶחְיֶה; וְאַל-תְּבִישֵׁנִי*

Le lit aride d’un oued, qui désespère les nomades en recherche d’eau, est appelé en bel hébreu, un fleuve de déception, אכזבה, akhzava
En vérité, tu es à mon égard comme un fleuve de déception, comme des eaux sur lesquelles on ne peut compter (Jeremie 15,18).
הָיוֹ תִהְיֶה לִי כְּמוֹ אַכְזָב, מַיִם לֹא נֶאֱמָנוּ

(Le vadi Makoukh dans le desert de Judée)

Il est intéressant de noter que la racine de deception כזב, KZV, signifie aussi parfois mensonge*.

Plus couramment employé, le mot יאוש, yeoush, désespoir, vient du mot אש, esh, le feu, lui aussi élément destructeur. Les paysans qui se trouvent aux alentours de la bande de Gaza en savent quelque chose: leurs champs brûlent jour après jour à cause des ballons incendiaires envoyés par les terroristes depuis Gaza et ceci malgré l’aide de l’armée et celle de nombreux volontaires.
Et aujourd’hui, les ballons incendiaires sont arrivés jusqu’a Lakhish et Beit Shemesh, soit 30 km de Jerusalem.

Quand au mot sécheresse, בצורת, batsoret, il peut peut se lire aussi בצרות, batsarot, dans les soucis!
Mais retrouvons l’espoir:  l’eau et les sources ne font qu’un avec l’espoir et relient la survie de l’homme avec celle de la terre.
Dans Bereshit-Genese 1 (6 7), lorsqu’Hagar est répudiée par Avraham, son sort est pour le moins incertain. Heureusement pour elle, il y a des sources dans le désert:
Un envoyé du Seigneur la trouva près d’une source d’eau, dans le désert, près de la source sur le chemin de Chour.
וַיִּמְצָאָהּ מַלְאַךְ יְהוָה, עַל-עֵין הַמַּיִם–בַּמִּדְבָּר: עַל-הָעַיִן, בְּדֶרֶךְ שׁוּר
Le texte répète deux fois le mot עין, ayin, source. L’eau c’est la vie, sans source elle aurait perdu l’espoir de survivre.

Or תקווה (Tikva), l’espoir, a la même racine que מקווה, mikve, un réservoir d’eau.
Lors de la création: Dieu nomma le sol la Terre (l’endroit sec), et le réservoir des eaux, il la nomma mer.
וַיִּקְרָא אֱלֹהִים לַיַּבָּשָׁה אֶרֶץ, וּלְמִקְוֵה הַמַּיִם קָרָא יַמִּים
Le mot מיקווה (Mikve), s’emploie parfois à la place du mot תקווה,Tikva, l’espoir.
Lorsque David remet à son fils, le futur roi Salomon, le plan du Temple qu’il devra construire, il loue Dieu en disant: Tout vient de toi…Comme tous nos ancêtres, nous sommes devant toi des étrangers, de simples hôtes; nos jours, sur la terre, ne sont qu’une ombre, sans nul espoir [de durée] (1Chroniques 29,15).
כִּי-מִמְּךָ הַכֹּל…כִּי-גֵרִים אֲנַחְנוּ לְפָנֶיךָ וְתוֹשָׁבִים, כְּכָל-אֲבֹתֵינוּ: כַּצֵּל יָמֵינוּ עַל-הָאָרֶץ, וְאֵין מִקְוֶה.

(Maquette du Temple construite par un immigrant ukrainien, Mikhail Osnis, journal Kolhazman)

Pour le prophète Jérémie (17 13)  Dieu lui-meme peut être appelé par ce nom: Espérance d’Israël, Eternel, מִקְוֵה יִשְׂרָאֵל

(Ecole de Mikve Israel: http://www.clfi-mikveisrael.org/our-firm/)

Plus curieusement dans le livre de Yoshua, le mot תקווה, tikva, espoir, est  employé pour désigner un cordon. Mais ce n’est pas n’importe quel cordon: il s’agit du cordon écarlate que Rahab devra accrocher à sa fenêtre lors de l’entrée des troupes de Yoshua Bin Noun à Jericho:
Quand nous entrerons dans la contrée, tu attacheras ce cordon de fil écarlate à la fenêtre par laquelle tu nous as fait descendre, et tu réuniras dans ta maison ton père, ta mère, tes frères et toute ta famille.
הִנֵּה אֲנַחְנוּ בָאִים, בָּאָרֶץ; אֶת-תִּקְוַת חוּט הַשָּׁנִי הַזֶּה תִּקְשְׁרִי, בַּחַלּוֹן אֲשֶׁר הוֹרַדְתֵּנוּ בוֹ, וְאֶת-אָבִיךְ וְאֶת-אִמֵּךְ וְאֶת-אַחַיִךְ וְאֵת כָּל-בֵּית אָבִיךְ, תַּאַסְפִי אֵלַיִךְ הַבָּיְתָה.
En fait, ce cordon est le seul espoir pour Rahab de sauver sa vie et celle de sa famille lors de la prise de la ville.                                     (Travail de Ovadia Agassi et d’Avi Gartner, lycée de Kfar Hayarok)

La grande peur des peuples du Moyen-Orient est la sécheresse, responsable de nombreux maux. L’eau est espoir de vie. Ce n’est pas étonnant si concrétiser un espoir se dit להגשים, lehagshim, de la racine ג+ש+מ (G+Sh+M) comme גשם, gueshem, la pluie tant attendue et par qui tout reverdit.

(La rivière Amal dans la vallée de Beit Shean)

A bientôt,

* Il faut noter aussi que dans ces manifestations, les Iraniens crient: pas d’argent pour Gaza, pas d’argent pour la Palestine, et même mort à la Palestine.

*Même les Algériens s’en amusent:
http://www.lematindalgerie.com/flagrant-delit-israel-vole-ses-nuages-liran

*Ron Arad:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ron_Arad_(pilote)

*Les crocodiles: on ne sait pas exactement de quel espèce parle le Tanakh, sinon qu’il s’agit de sauriens

*La racine B,Vav, Shin peut devenir B, Youd, Shin selon les conjugaisons

*Bar Kokhba, le fils de l’étoile, était appelé par ses détracteurs, Bar Koziba, le fils du mensonge

*Hashomer ha’hadash: lisez l’excellent article de Pierre Lurcat:
http://vudejerusalem.over-blog.com/2018/07/reportage-a-la-frontiere-de-gaza-avec-les-nouveaux-gardiens-d-israel-par-pierre-lurcat.html

Voici deux articles que j’avais écrits il y a 4 ans, rien ne change.
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/20/les-shinshinim/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/22/sur-tous-les-fronts/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le chemin des Patriarches (7): toujours en Binyamin!

Nous reprenons notre sac et notre bâton* de randonneur pour entrer cette fois dans la région de Binyamin sur la route 60 et voici un panneau souhaitant bonne fête de l’Aid el Fitr aux musulmans de la région. En second plan, vous voyez un village juif, une colonie comme disent les Européens, et au premier plan un taxi aux plaques vertes, ce qui signifie qu’il vient d’un territoire sous contrôle de l’Autorité Palestinienne.

(Makor Rishon, photo de Myriam Tsahi)

La région de Binyamin s’étend sur plus d’un million de dounams, de Jerusalem au désert de Yehuda et jusqu’à la Samarie. Les paysages y sont très variés puisqu’on passe d’une zone boisée montagneuse verte à l’ouest, véritable balcon au dessus de la plaine côtière, à une région désertique à l’est où le ruisseau Prat descend de ses magnifiques sources et ses eaux fraîches jusqu’à la Mer Morte:


et alors qu’au centre, on se croirait parfois presque en Toscane.

Savez vous que Mark Twain visita Israel en 1869?
Malheureusement, Mark Rwain ne fut pas impressionné parce qu’il découvrit, c’est le moins qu’on puisse dire. Il  parcourut le pays dans son entier et  fit part de sa déception:
« Il me semble que de tous les pays ayant un sombre paysage, la terre d’Israel détient la palme. Les collines sont chauves, les couleurs sont fanées, et ses formes sont loin d’attirer l’attention. Les vallées sont désertiques, laides et décorées d’une nature pauvre dont la vue inspire tristesse et désespoir… Chaque ligne est vulgaire, coupante et sans perspective, les distances ici n’inspirent aucune magie. C’est un pays morne, sans espoir, un pays qui brise le coeur. »
Je ne peux pas lui donner tort, c’est ainsi que se présentait la Palestine aux yeux des voyageurs et même à ceux des pionniers sionistes. Comme disait une parente: ici, avant nous, il n’y avaient que deserts de cailloux et marais.

Eh bien, disons que maintenant tout a changé et pas seulement parce que nous avons des photos en couleur alors qu’elles etaient en noir et blanc.
Lorsque Mark Twain arrive en Binyamin, il s’arrête à Beth El, lieu où Yaakov s’est reposé, alors qu’il fuyait son frère, et a eu un rêve pour le moins singulier: Une échelle était dressée sur la terre, son sommet atteignait le ciel et des messagers divins montaient et descendaient le long de cette échelle. Puis, l’Éternel apparaissait au sommet et disait: « Je suis l’Éternel, le Dieu d’Abraham ton père et d’Isaac; cette terre sur laquelle tu reposes, je te la donne à toi et à ta postérité. Elle sera, ta postérité, comme la poussière de la terre; et tu déborderas au couchant et au levant, au nord et au midi; et toutes les familles de la terre seront heureuses par toi et par ta postérité. Oui, je suis avec toi; je veillerai sur chacun de tes pas et je te ramènerai dans cette contrée, car je ne veux point t’abandonner avant d’avoir accompli ce que je t’ai promis. »Jacob, s’étant réveillé, s’écria: « Assurément, l’Éternel est présent en ce lieu et moi je l’ignorais. » Et, saisi de crainte, il ajouta: « Que ce lieu est redoutable! ceci n’est autre que la maison du Seigneur et c’est ici la porte du ciel. » Jacob se leva de grand matin; il prit la pierre qu’il avait mise sous sa tête, l’érigea en monument et répandit de l’huile à son faîte. Il appela cet endroit Beth El (maison de Dieu).

Mark Twain cherche quelque monument. Il a entendu parler de la mosquée es-Sekineh où étaient remémorées les mémoires de Jacob et de Joseph*. Elle est mentionnée dans des sources arabes médiévales. Mais au 19 ème siècle, Mark Twain n’y voit qu’une ruine au milieu d’un désert de pierres.

(Beth El aujourd’hui)

S’il venait maintenant, il ne pourrait plus parler de désert.


Mark Twain continue vers Shiloh qui est le plus grand site historique de la région et là, rien non plus! La région est désertique et inhospitalière.

Et pourtant!
Shiloh est connu depuis le livre de Yoshua (chap18 ).
Nous sommes 500 ans avant que le roi David conquiert Jerusalem pour en faire notre capitale. Yoshua procède alors  au dernier partage des terres entre les tribus: « Les délégués se disposant à partir pour lever le plan du pays, Yoshua leur donna cet ordre: « Allez, parcourez le pays, faites-en le plan et revenez auprès de moi, afin qu’ici, à Shiloh, je vous le répartisse au sort, en présence de l’Eternel. »
A partir de ce moment, Siloh devient le centre religieux des tribus qui y installent la tente d’assignation (le Tabernacle) contenant l’Arche d’Alliance*: « Toute la communauté des enfants d’Israël s’assembla à Shiloh et y installa la Tente d’assignation; le pays conquis se trouvait à leurs pieds. »
Le tabernacle connaitra bien des péripéties* et Shiloh restera longtemps le seul sanctuaire jusqu’à ce que David le fasse venir à Kiriat Yearim et qu’ensuite, il soit enfin installé dans le Temple par son fils Salomon.

C’est à Shiloh que ‘Hanna, venue en pélerinage avec sa famille, pleurera et priera pour enfin être mère et c’est à Shiloh que Eli instruira le jeune et futur prophête Shmuel (Samuel), amené au sanctuaire par sa mère ‘Hanna selon son vœu:
Hanna… dit à son époux: « Une fois que l’enfant sera sevré, je l’emmènerai, et il paraîtra en présence du Seigneur, et il y restera toujours. » Elkana, son époux, lui répondit: « Fais comme il te plaît, attends que tu l’aies sevré; veuille seulement le Seigneur accomplir sa parole! » La femme resta donc et allaita son fils, jusqu’à ce qu’elle l’eût sevré. Quand elle l’eut sevré, elle l’emmena avec trois taureaux, une êpha de farine et une outre de vin et le conduisit à la maison du Seigneur, à Shiloh; l’enfant était encore tout jeune… »

En fait, le site de Shilo a été habité depuis l’âge du bronze. Il le sera sans discontinuer jusqu’au Moyen Age.
Basée sur une carte militaire romaine du 4 ème siècle, la célèbre carte de l’époque médiévale, la Tabula Peutingeriana*, reprend le réseau routier romain avec indication des différentes cités et les points d’intérêt comme les rivières, sommets etc…

(Sur la carte, Shiloh est indiqué par un petit carré rouge)

Les fouilles archéologiques du site de Shiloh commencent dans les années 1920. Elles sont conduites par un danois, Hans Anderson Kjær. L’expédition commence par découvrir un mur d’enceinte cananéen, des entrepôts et de la vaisselle datant de l’époque des Juges. Malheureusement Hans Anderson Kjær tombe malade et ne peut s’opposer au vol de ses trouvailles par ses ouvriers arabes.
Les Israeliens reprennent les fouilles dans les annees 1980* et découvrent une ville importante aux murailles plusieurs fois reconstuites, les ruines d’entrepots et surtout ce qui caractérise un habitat juif, des ossements exclusivement de bovins et caprins.
Pour ce qui est de l’arche, nul ne sait où elle est aujourd’hui. 

(Arc de triomphe de Titus montrant le déplacement de l’Arche et de la Ménorah à Rome)

Mais en ce qui concerne son emplacement à Shiloh, un texte intéressant se trouve dans Ia Bible (livre I Samuel 4):
Un Benjamite s’échappa du champ de bataille et arriva à Silo ce même jour, ayant ses vêtements déchirés et la tête couverte de poussière.Comme il arrivait, Héli était assis sur son siège, au bord du chemin, dans une attente pleine d’anxiété, à cause de l’arche du Seigneur; l’homme vint répandre la nouvelle dans la ville, qui éclata tout entière en lamentations. En entendant ces cris, Héli demanda: « Qu’est-ce que cette clameur de la foule? » Et l’homme s’empressa d’approcher et de lui apprendre (la nouvelle). Celui-ci avait alors quatre-vingt-dix-huit ans; ses yeux étaient immobiles, il ne pouvait plus voir. » C’est moi, dit l’homme à Héli, qui viens du champ de bataille, je m’en suis échappé aujourd’hui. Quelle a donc été l’issue, mon fils? » demanda Heli. Le messager répondit: « Israël a pris la fuite devant les Philistins, et le peuple a essuyé de grandes pertes; de plus, tes deux fils Hophni et Phinéas sont morts, et l’arche du Seigneur est prise. » En l’entendant mentionner l’arche du Seigneur, Héli tomba de son siège à la renverse, du côté de la porte, se brisa la nuque et mourut, car cet homme était vieux et appesanti par l’âge. Il avait gouverné Israël quarante années.
Pour les archéologues, si le cri des habitants de la ville fut entendu par Héli avant que le rescapé de la bataille arrive jusqu’à lui, cela signifie que le tabernacle se trouvait à l’opposé de la porte de la ville située au Sud. Ils situent donc l’emplacement du Tabernacle au Nord de la ville, ce qui était d’ailleurs par sa position l’endroit le mieux défendu.
Or, une couche archéologique a été fouillée dans cette zone nord. Elle date de l’époque des juges. Les restes de 2 bâtiments y ont été retrouvés: l’un correspond au plan d’une maison à 4 zones* (architecture classique des maisons juives) et l’autre sans plan architectural bien défini mais d’une grande taille (environ 30/30m) qui comprend des restes de murailles et 17 grands monolithes qui peuvent être la base de piliers, ordonnés en 3 rangées. L’archéologue Ze’ev Yavin estime que les espaces entre les monolithes délimitaient l’entrée de la zone sanctifiée. Pour le moment nous n’en savons pas plus. Existe-t-il d’autres monolithes similaires? Espérons que les fouilles reprennent.

D’autres ruines ont été mises à  jour: une grande et belle église byzantine a été découverte il y a seulement quelques années. Son sol en mosaïque est impressionnant.

Avec curieusement un Maguen David:

Elle a probablement été construite à la fin du 4 ème siècle. Plusieurs inscriptions grecques de cette époque ont été retrouvées, dont une une faisant mention explicite du village de Shiloh.
A partir de l’occupation ottomane, la région se dépeuple: seuls les restes d’une petite mosquée y ont été retrouvés jusqu’à ce jour:

(photo de David Rabkin)

Un centre d’accueil pour touristes domine le site de fouilles de Shiloh:

Si nous ne voulez pas gratter la terre, vous pourrez entrer dans la tour où vous attendent des salles d’exposition:

et un film qui vous fera revivre le passé biblique de Shiloh:

Juste à côté de l’ancien Shiloh se trouve le yishuv de Shilo: 250 familles y vivent  de la vigne mais surtout du tourisme. Alors, si les vieilles pierres vous indiffèrent, si les récits du passé vous font bailler, vous pourrez faire des randonnées, vous baigner, et si vous aimez déguster les produits locaux, le vin est aussi bon que celui du Golan,

*la prière de ‘Hanna:
http://akadem.org/medias/documents/Hanna-Doc1.pdf

*Une maison à 4 zones: c’est à dire une maison avec quatre parties  bien définies: l’habitation proprement dite, l’étable, le hangar à grains et le mikvé. Selon nos informations, seuls les Juifs organisaient ainsi leur maison. Ces 4 zones en plus de l’absence de statuettes sacrées et la présence uniquement d’ossements d’animaux cacher , confirment qu’il s’agit bien là d’une habitation juive.

 

 

Les terroristes de Gaza

J’ai de nombreux articles en chantier, certains bien avancés et d’autres moins. Pourtant, la suite de notre balade sur le Sentier des Patriarches attendra encore un peu: dernièrement, j’ai reçu plusieurs mails d’amis français qui me demande des éclaircissements sur ce qui se passe actuellement à Gaza.
C’est vrai, actuellement, nous subissons depuis un bon mois, une attaque du ‘Hamas mais aussi une attaque sournoise des médias occidentaux qui ne rendent pas compte de la réalité et, sans vergogne, nous accusent de crimes de guerre pour le moins, ceci autant dans la presse écrite que dans les émissions de grande écoute.
J’ai depuis longtemps arrêté d’écouter la télévision française mais un ami m’a fait visionner la rediffusion de la dernière émission d’Yves Calvi, emission qui portait sur les conditions de vie des Palestiniens* et qui d’évidence reprenait le narratif palestinien dans son intégralité. Aucun équilibre dans le reportage ou même au cours de la discussion qui a suivi.

J’ai noté que:
– Aucun responsable israélien n’a été interviewé
– Le ‘Hamas a pu répéter que son action est pacifique alors que les images en arrière plan montraient une foule agressive. Mieux le mouvement a été qualifié de spontané et le Hamas se serait contenté de prendre le train en marche pour ne pas être disqualifié.

 

– Bien entendu le documentaire ne fait pas mention des appels au génocide des juifs, pourtant au moins entendus en arrière plan en arabe dans une mosquée où Hanyeh harranguait la foule des pacifiques fidèles.  

(O, fils de Juives, quittez notre terre ou nous vous massacrerons)

– Evacués la construction des tunnels, les champs brûlés (plus de 2500 hectares incendiés) au moyen de cerf-volants porteurs de bombes incendiaires:
Ici, Le même champ, il y a deux mois, rouge de coquelicots* et hier:

 

– Evacués également les tirs de roquettes (les habitants des kibboutzim avoisinants et de Sderot n’ont que 15 secondes pour trouver un abri).

(Cette année, les roquettes n’ont fait que 5 blessés mais il y a 4 ans l’une d’elle a tué Daniel Tregerman, 4 ans. Passionné de foot, il portait le maillot de Messi dont l’équipe a cédé aux menaces du ‘Hamas en annulant un match amical. Le ‘Hamas a remercié l’equipe d’Argentine)

– La traduction du discours d’Hanniyeh dans une mosquée adouci pour le public francais et les cris appelant  au meurtre des juifs de la foule n’ont pas été traduits.
– Bien entendu les soldats israéliens, êtres mythiques puiqu’absents du débat, étaient presentés comme des massacreurs d’enfants et de journalistes…
– Enfin, Mahmoud Abbas est décrit comme un homme qui souhaite sincèrement la paix alors qu’il est co-responsable de la situation économique à Gaza (il est le premier à couper les salaires des fonctionnaires gazaouis en représailles à son échec de rapprochement avec le ‘Hamas)
Tout cela est passé à la trappe.

Et pourtant:

(la vidéo a été prise le 5 juin depuis l’université Sapir qui se trouve à Sderot)

Je ne vais pas perdre mon temps a essayer de réfuter ces accusations, je pense que vous avez tout le matériel nécessaire et sinon, je vous l’enverrai.
Non, je vais plutôt donner la parole à Sami El Soudi, correspondant palestinien de la Metula News Agency:
 » Si cela ( les émeutes actuelles dans la bande de Gaza) fait les choux gras des nombreux journalistes antijuifs européens qui couvrent ces évènements, et si cela a pu momentanément abuser la compréhension de leurs dirigeants politiques, les résultats de ces orgies sacrificielles sont nuls. Le Hamas a perdu environ 80 combattants (dont une grande partie était des terroristes du’Hamas) et 30 civils sans égratigner le moindre militaire adverse, ni « libérer » un centimètre carré de Palestine. Or cette nouvelle tentative, à caractère exclusivement militaire, va, à l’instar des roquettes et des tunnels « stratégiques », s’épuiser ; dans une semaine, dans un mois ou dans six… Les jeunes de la Bande sont désormais poussés à incendier les cultures de leurs voisins et les forêts gagnées sur le désert. C’est un déshonneur qui maculera à jamais l’image de la cause palestinienne… Mais qu’attendre d’une organisation d’illuminés religieux qui sont dénués de toute éthique ? J’ai vu des émeutiers, dans la liesse générale, brûler vif un âne affublé d’un drapeau israélien. J’ai vu des cadavres d’accidentés de la route, des gens morts dans les hôpitaux, dont des nourrissons, amenés vers la frontière afin de faire croire que c’étaient les Israéliens qui les avaient tués…

Il y a aussi des maquilleurs professionnels lorsqu’ils manquent de cadavres:

Sami el Soudi:
J’ai vu des infirmières, dont la tâche consiste à protéger la vie, lancer des bombes incendiaires que leur tendaient des miliciens sur des champs cultivés.


(l’infirmière « martyr » Razzan Al Nazzar qui n’a d’ailleurs pas été tuée par un tir direct de Tsahal mais sans doute par un ricochet)

Je vous invite à lire le dernier article de Sami El Saoudi dans le site Métula News Agency. Il est extrèmement instructif.

Son analyse rejoint celle de Bassam Tawil, journaliste palestinien originaire de Naplouse en Samarie:
– Premièrement: ceux qui lancent les cerfs-volants indiquent clairement que leur but ultime est de tuer autant de Juifs que possible et de provoquer l’annihilation d’Israël. « Nous voulons mettre le feu à Israël afin que les Juifs soient brûlés ou forcés de quitter leur pays. » (interview d’un terroriste Abu Al-Majd). Cette idee d’une annihilation d’Israel fait d’ailleurs son chemin chez les Européens sans trop d’états d’âme: de nombreux diplomates rejoignent Dominique de Villepin lorsqu’il qualifiait Israel de « parenthèse de l’histoire« et même des responsables militaires de haut rang français évoquent cette possibilité et pensent déjà à des mesures d’évacuation des survivants juifs. Que de bonté! Mais on a déjà donné!
– Deuxièmement: les Palestiniens considèrent que tous les Juifs vivant en Israël sont des «colons». Ce n’est pas nouveau, puisque que ce soit dans les chartes, les emblèmes ou les slogans du ‘Hamas, du djihad ou même de l’Autorité Palestinienne, il est question de la Palestine de la Rivière (le Jourdain) à la mer.


– Troisiemement, le jihad des Palestiniens contre Israël est le même jihad que l’Etat Islamique, les Frères musulmans et d’autres groupes islamiques djihadistes mènent aussi sur les «infidèles» et les «ennemis de l’islam» aux États-Unis, dans l’UE et dans d’autres pays non musulmans.

En fait, en réalité, comme ce journaliste gazoui, nombreux sont les Palestiniens qui aimeraient bien devenir israéliens:

Ce n’est pas le seul et de loin. J’ai entendu il y a quelque temps, les interviews de plusieurs cheikhs de ‘Hevron, ville hostile aux Juifs depuis toujours*, réclamer eux-aussi la nationalité israélienne. Cela me rappelle aussi un reportage d’il y a une trentaine d’années. Un journaliste allemand interrogeait un vieux gazaoui sur ses conditions de vie difficiles dues à l’occupation israélienne. Le vieil homme avait répondu: » Je n’aime pas les Juifs(!) mais j’ai connu les Turcs, tous des voleurs et exploiteurs, ensuite les Egyptiens, pareil, avec les Juifs, on peut respirer, on vit normalement, ils respectent les lois.
Mais pour qu’ils deviennent Israeliens, il faudrait tout d’abord les dénazifier!
Oui, j’ai employé le mot nazi et si cela dérange quelques belles âmes, je rappellerais qu’il y eut:
– Une collaboration active entre le grand mufti de Jerusalem et Hitler et que celui-ci fut l’instigateur des grands pogroms dans les pays musulmans,  comme le Farhoud de Baghdad en 1941
– Qu’ils se voient actuellement comme les héritiers des nazis:


– Que Mahmoud Abbas chef de l’Autorite Palestinienne est un négationniste et que dernièrement il fit cette déclaration:
«Du XIe siècle jusqu’à l’Holocauste qui s’est produit en Allemagne, les juifs vivant en Europe de l’ouest et de l’est ont été la cible de massacres tous les 10 ou 15 ans. Mais pourquoi est-ce arrivé ? Ils (
les Juifs) disent: « Parce que nous sommes juifs ! »».
Selon lui,  l’explication serait à chercher ailleurs. Il a ainsi cité trois «livres écrits par des juifs»
comme preuves supposées du fait que «l’hostilité contre les juifs n’est pas due à leur religion, mais plutôt à leur fonction sociale», en précisant qu’il voulait dire par là «leurs fonctions sociales liées aux banques et aux intérêts». Ben voyons!...

Mais les dénazifier, ça va être dur car même les plus petits sont pervertis:



(fête de fin d’année dans un jardin d’enfants à Gaza)

Bref, les nazis ne sont pas tous de grands blonds en culottes de peau. Ils ont des héritiers!

A bientôt,

*Yves Calvi, l’info du vrai: Gaza Terminus:
https://www.mycanal.fr/docus-infos/20-h-l-evenement-l-info-du-vrai-du-06-06-gaza-terminus/p/1497590

Comme Calvi parle de Gaza comme d’une prison a ciel ouvert, voici un article tres clair sur ce sujet
http://www.cesgoysquidefendentisrael.com/fr/questionsdeblocus/

Et pour actualiser, je precise que les terroristes du ‘Hamas ont complètement detruit le terminal de Keren Shalom par lequel les produits de première nécessité pouvaient entrer, que les Israeliens, sous le feu des cerfvolants piégés ont reparé les lignes electriques détruites et que de nombreux cartons de médicaments (sionistes!) ont été détruits par le ‘Hamas: De plus, en brûlant les champs au moment des récoltes, ils ont brûlé une bonne partie des légumes, des fruits et céréales qui leur etaient destinés.

*les coquelicots dans le sud d’Israel:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/02/28/le-sud-en-rouge/

*Sami el Soudi, correspondant palestinien de la Metula News Agency. Lisez son article en entier, Autorite palestinienne, l’état des lieux du 09/06/2018 sur:
http://www.menapress.org/

*Bassam Tawil:
/www.gatestoneinstitute.org/12467/palestinians-burn-the-jews

*’Hevron: le massacre de ‘Hvron en 1929:
http://www.jforum.fr/le-massacre-des-juifs-dhebron-1929.html

 

Nous n’avons pas d’autre pays

Lors de notre sortie d’Egypte, nous avons traversé la mer rouge, et à Shavouot ce sont les champs de blé.

Shavouot c’est le don de la Thora, c’est aussi l’histoire de Ruth et Naomi. Aujourd’hui, je vais vous raconter une histoire différente mais qui me rappelle celle de Ruth.
Comme vous le savez, environ 20% de la population israélienne n’est pas juive. Pour la plupart, les non-Juifs d’Israel sont des Arabes musulmans, des chrétiens,des Druzes et des Tcherkesses.
Si les Druzes ont choisi ce qu’ils appellent l’alliance de sang dès 1948 avec Israel, il n’en a pas été de même pour les musulmans ou les chrétiens. Au cours de ces dernières années, et à l’instigation de Gabriel Nadaf, prêtre à Nazareth, les chrétiens israéliens ont commencé à revendiquer leur identité araméenne et non pas arabe comme ils le faisaient depuis environ 150 ans*. Ils ont été rejoints par les Israéliens d’origine libanaise, refugiés de Tsadal*.
L’enrôlement dans l’armée est un marqueur du processus d’intégration dans la société israélienne. Il est vrai que le service militaire est un bon ticket d’entrée dans la société: les soldats deviennent hébréophones, ils peuvent accéder à tous les postes de la fonction publique etc… Mais il n’y a pas que cela: ils sont désormais à la pointe de la diplomatie publique, de la lutte contre l’antisémitisme et la délégitimation, en participant par exemple à  l’organisation מילוימניקים בחזית (milouimnikim bahazit) ou Réservistes au front, qui organise des activités à l’étranger, en particulier sur les campus des universités américaines où règne un ostracisme virulent contre Israel.

Il y a eu la semaine dernière une cérémonie particulière pour les 70 ans de l’état d’Israel dans une synagogue du quartier d’Arnona à Jerusalem. En dehors des cérémonies officielles*, le rabbin Kirmayer de l’organisation Yakir a voulu faire plus. Lui, qui avait déjà organisé un shabbat de remerciements aux familles des policiers druzes assassinés par les terroristes*, a invité cette fois des représentants sionistes des differentes communautés non-juives.

(Mida.org,il)

Le premier à parler fut Shakib Shanan, druze, ancien membre de la Knesset,

qui a perdu son fils, Kamil, lors d’une attaque terroriste sur le Mont du Temple l’été dernier:

רס"מ כמיל שנאן. נרצח בפיגוע ()

« Jérusalem était mon coeur et maintenant c’est mon âme », a déclaré Shanan. « Pour rencontrer des gens qui sont prêts à respecter et aimer l’Etat d’Israël, je courrais au bout du monde. Le sang des policiers dans cette attaque n’a pas été répandu en vain … Je veux créer l’amour, la paix et rapprocher les gens autour de cet événement », a-t-il dit à propos de ce qu’il a vécu personnellement et des leçons qu’il en tiré  malgré son chagrin. Nous voulons tout faire pour qu’il n’y ait plus de parents endeuillés comme moi. Nous sommes tous des êtres humains et devons vivre ensemble, et nous respecter les uns les autres. Les meurtriers  qui ont assassiné mon fils et son ami avaient l’intention de détruire notre société. Nous devons le dire à ceux qui les ont envoyés et financés: Vous ne gagnerez pas. L’Etat d’Israël est beaucoup plus fort et beaucoup plus humain, et vous n’arriverez pas à le detruire ».

Ce fut ensuite le tour de Nur Mazarib, un bédouin de Galilee qui a fondé un programme de préparation militaire pour les bédouins. Il est aussi le neveu d’Amos Yarkoni, fondateur de la legendaire Sayeret Shaked*, et dont le nom d’origine était Abd al-Majid Almzarib.

ירקוני. מפקד אגדי
(Amos Yarkoni)

Nur Mazarib reprend l’expression de son oncle quand on lui demandait pourquoi il avait rejoint l’armée: « j’ai toujours pensé que j’avais droit au libre-arbitre et que je n’etais pas un mouton dans un troupeau ».
« Nous sommes tous des sionistes! Nous avons des religions différentes mais nous avons le même but », commença-t-il. « La communauté bédouine n’est pas obligee de servir, mais pour certains, nous servons volontairement depuis avant la création de l’Etat. J’espère beaucoup que nous continuerons, et je me tourne vers les autorités pour leur demander de nous soutenir. Voici mon message: Aux Juifs, je dirais: Soyez fidèles à l’État parce que vous n’avez pas d’autre pays, aux non-Juifs: servez l’état d’Israel, soyez loyaux et éduquez vos enfants dans ce sens. Nous n’avons pas d’autre pays! »

Le troisième orateur fut Fares al-Haji, ancien de l’Armée du Liban-Sud qui a fuit au moment du retrait de l’armée israélienne du sud du Liban. « Il y a déjà une troisième génération de membres de d’armée du Sud Liban en Israël. Nous nous sentons chez nous ici, et l’Etat libanais nous a trahis« , a-t-il dit.
« Pendant des années, nous avons servi à préserver la paix entre le Liban et Israël, et Israel nous a acceptés avec amour. Nous avons pas d’autre maison, nous ne retournerons pas au Liban, en dépit de nos familles restées là-bas Nos enfants veulent servir dans l’armée. Nous étions, nous sommes et serons fidèles à l’État d’Israël et loyaux envers lui. Nous n’avons pas d’autre foyer.« 

L’orateur suivant fut Suleiman Salama, du quartier chrétien de Jérusalem. Il y a très peu de non-Juifs de Jerusalem servant dans l’armée.  Suleiman, a été libéré récemment du service militaire et son frère sert actuellement comme combattant. Il a décidé de parler ouvertement, malgré le danger.
« Je viens de Jérusalem, j’ai grandi ici dans ce pays et j’en suis fier. Après le lycée j’ai commencé à étudier au collège, mais je me sentais mal à l’aise et j’ai finalement décidé de m’enrôler. J’ai attendu deux ans avant de recevoir l’aval des services de securité. Certains pensent que, puisque je n’étais pas obligé, j’ai perdu deux ans de ma vie, mais moi non. Je veux que ma conduite soit en accord avec mes convictions. Je ne l’ai pas fait pour obtenir quelque chose de l’état. J’étais infirmier combattant, j’ai recu la distinction d’excellence, j’ai réalisé mon rêve et servi mon pays. Je veux dire aux jeunes de mon âge que nous n’avons pas d’autre pays. »

Le dernier intervenant fut le plus surprenant de tous. A… est un Arabe Musulman de l’un des quartiers de Jérusalem, connu pour être un repaire de terroristes. Il a choisi de faire l’incroyable, et de s’engager volontairement comme combattant. Sa famille élargie, les amis et les voisins ne le savent pas et il ne retourne pas dans son quartier pour ne pas les mettre en danger.
Il a demandé de ne pas monter sur scène lors de cette cérémonie pour ne pas se faire remarquer, mais il a accepté de parler: « Nous sommes nés sous le drapeau bleu et blanc et nous le protègerons pour qu’il continue à se déployer à jamais », at-il dit. Il a raconté les difficultés qui ont accompagné sa décision courageuse: « Je ne peux plus retourner dans mon quartier car j’ai choisi  une voie differente en espérant que les autres me suivront. J’ai grandi dans un environnement hostile (aux Juifs), mais je me suis engagé dans l’armée pour que les gens comprennent que l’état d’Israel n’est pas un corps étranger mais notre maison. »
La cérémonie s’est terminée par la prière pour l’état et la prière pour Tsahal en hébreu et en arabe.

Cet événement  n’a pas été relaté dans les médias traditionnellement de gauche en Israël. Ce n’est pas une surprise. La plupart des décisions positives concernant les minorités sont initiées par les organisations affiliées à droite. Les organisations de gauche se conduisent comme des dames patronnesses et préfèrent les utiliser comme outils politiques. Les belles âmes de gauche (en hébreu יפי נפש=yefe nefesh) se contentent de pleurer sur les fréquents crimes d’honneur, soupirent sur le manque d’instruction et l’incompréhension du bien commun qui caractérisent la culture de nombreux musulmans, et poussent des cris effarouchés quand on leur parle de ceux qui s’engagent dans l’armée. Ils les encouragent à se sentir palestiniens alors qu’ils sont israéliens et les maintiennent sur le bas côté de la route pour pouvoir leur faire la charité.

Je sais bien que ces cinq פורצי דרך (portzei derekh), ces défricheurs, ne reflètent pas la réalité de la population non-juive en Israel, en particulier la population musulmane: si une minorité montre du courage et de l’ambition, une grande partie se contente de profiter des charmes de notre démocratie et enfin, certains nous haïssent.

Depuis quelque temps, on parle enfin de terreur agricole à la télévision. Ce n’est pas trop tôt. La terreur agricole, ce sont des attentats perpétrés contre les récoltes et les biens des paysans juifs. Il y a une vingtaine d’année, le fils d’un de ces paysans, Yoel Silverman a créé le mouvement « Le nouveau gardien«  pour venir en aide* aux paysans. Ces jeunes non armés aident aux récoltes comme ce fut le cas ces jours derniers tout près de la bande de Gaza, pour éviter qu’elles partent en fumée, surveillent le bétail qui est volé ou même parfois tué gratuitement.

Mes articles sur ce mouvement, le Nouveau Gardien, sont malheureusement toujours d’actualité. Les organisations de gauche ne veulent pas en entendre parler. Ce sont pourtant eux qui protègent les paysans et éleveurs juifs.
Malgré tout il était important pour moi de rendre hommage à ces non-juifs courageux sans me faire d’illusion sur leur influence dans leur environnement d’origine.
Il est aussi important de noter que ce sont des mouvements résolument sionistes comme אם תרצו (Im Tirtzou), השומר החדש (Hashomer ha’hadash) ou מילוימניקים בחזית (Milouimnikim bahazit) qui font avancer les choses.

Dans le livre de Ruth que nous avons lu à Shavouot, Ruth dit à Naomi sa belle-mère: « ton peuple sera mon peuple ». Aujourd’hui, eux, ces פורצי דרך, ces défricheurs, nous disent en prenant des risques réels: « Nous sommes sionistes, nous sommes fiers de notre etat et nous le servons avec fierté ».

 

A bientôt,

*
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/02/12/yitro-et-nous/

 

*  Après les massacres de chrétiens qui commencèrent déjà en 1860 au Liban, les chrétiens du Moyen-Orient rejoignirent le nationalisme arabe, expliquant qu’ils étaient certes chrétiens mais d’origine arabe, ceci dans l’espoir d’etre acceptés dans le Ouma transfrontalière. De plus, il leur fallait aussi se démarquer des autres dhimmis, les Juifs de Palestine qui construisaient leur émancipation à travers le sionisme.
Les chrétiens du monde musulman peuvent être d’origine arabe à condition de parler de l’époque pre-islamique car ensuite toute conversion d’un musulman au christianisme fut punie de mort. Ils sont en général les descendants des populations araméennes, phéniciennes etc…

* Tsadal: Armée du Sud Liban, composée essentiellement de chrétiens libanais et alliée d’Israel. De nombreux soldats de Tsadal se sont refugiés en Israel au moment du retrait des Israeliens du sud Liban et de l’occupation du territoire par le Hezbollah.

* Amos Yarkoni (1920-1991). Né à côté du village de Nahalal.
https://en.wikipedia.org/wiki/Amos_Yarkoni
Quand on demandait à Abd al-Majid Almzarib pourquoi il avait pris le nom de Amos Yarkoni, il répondait que c’etait pour des raisons de sécurité mais aussi parce que son nom en arabe etait trop difficile à prononcer pour les Juifs ashkenazes.

* Sayeret Shaked: Unité de contre-terrorisme opérant surtout dans le Neguev. Son nom est l’acronyme de שומרי קו הדרום (Shomerei Kav haDarom) les gardiens de la frontiere Sud. Mais en plus שקד (shaked) l’amande signifie aussi diligent, perséverant. 

* 2 articles sur la terreur agricole et comment lutte l’organisation Le jeune gardien:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/20/les-shinshinim/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/22/sur-tous-les-fronts/

* Im Tirtzou:
https://imti.org.il/en/

* Reservistes au front:
https://www.onduty.org.il/about-us/

* Hashomer ha’hadash:
https://eng.hashomer.org.il/

 

Notre Jerusalem

En 2013, je publiais un article Jerusalem d’or*. Il est toujours d’actualité car Jerusalem est notre capitale depuis 3000 ans.
Le transfert de l’ambassade américaine à Jerusalem est certes une décision importante mais elle ne signifie pas que pour la première fois, Jerusalem est déclarée capitale de l’état d’Israel: elle l’est en fait depuis la création de l’état en 1948 même si aucun état jusqu’à présent l’avait reconnue comme telle.
Ceux qui nous la dénient ou qui nous la disputent ne le font pas par souci humaniste ou par équité mais simplement parce qu’il leur est impensable qu’elle le soit. Il est même impensable pour certains qu’elle se trouve en Israel*!
Pourquoi? Je pense sincèrement que nombres de nations nous ont concédé un état-refuge du bout des lèvres à condition que nous nous montrions reconnaissant en restant sous leur tutelle. Elles n’ont jamais pu accepter que cette ville si importante dans l’histoire de l’humanité soit en fait notre héritage ancestral.
Mais personne ne s’est vraiment rendu compte que pour nous Israel n’était pas qu’un refuge. Pourtant, les paroles de l’Hatikva sont très claires:
Tant qu’au fond du cœur l’âme juive vibre, et notre regard est tourné vers Sion,  vers les confins de l’Orient, notre espoir n’est pas encore perdu. Un espoir de 2000 ans, être un peuple libre sur notre terre, la terre de Sion et de Jerusalem.
Nous le chantions même avant la création de l’état d’Israel:

(Élèves d »une école juive à Munkacs,Tchécoslovaquie, en 1930)

Vous me direz que je confonds deux choses: Israel et Jerusalem. Non, je ne les confonds pas mais pour les Juifs au cours des âges les deux se confondaient. L’alyia de nombreux Juifs s’est faite en pensant à Jerusalem et non pas à Tel Aviv, Beer Sheva, ou aux kibboutzim. Le nom de Sion (l’une des collines de la ville) signifiait pour eux Jerusalem et Jerusalem englobait tout le pays. Dans le chant המסע לארץ ישראל (hamassa leeretz Israel), qui raconte odyssée dramatique des Juifs d’Ethiopie à travers le Soudan, une mère encourage ses enfants fatigués:
« Encore un peu, encore un peu, soulevez vos jambes, un dernier effort avant Jerusalem » et ensuite « encore un peu encore un peu, notre rêve se réalise, on arrive en Eretz Israel »

Nous ne sommes pas animés par un esprit guerrier, nous ne voulons pas dominer le monde. Mais nous sommes liés à notre héritage par un lien, celui qui nous relie à nos ancêtres et à cette terre. Il passe de génération en génération. C’est ainsi que le sionisme c’est le retour à Sion et que Jerusalem est au sommet de notre joie comme disait le prophète Jérémie…
Pour les uns, ce lien a une composante religieuse forte, parfois mystique, pour d’autres non.
Hier soir, à la télévision, l’interview d’un vieux monsieur qui fit partie du Groupe clandestin des sonneurs de Shofar*à l’âge de 13 ans. Ce groupe sonnait du shofar le jour de Kippour à la barbe des soldats anglais en faction au Kotel. Le  gouvernement britannique de l’époque  interdisait aux Juifs de sonner du Shofar et d’apporter des rouleaux de la Thora pour ne pas gêner les susceptibilités des musulmans. Ce jeune garçon ne l’avait pas fait par mysticisme religieux mais, dit-il, par « fierté nationale« .
Je me souviens d’un chant nostalgique que ma mère aimait beaucoup. Nous le fredonnions en canon: וִיהוּדָה, לְעוֹלָם תֵּשֵׁב; וִירוּשָׁלִַם, לְדוֹר וָדוֹר (Yehuda leolam teshev vyerushalayim ledor vador)
Yehouda sera toujours habité ainsi que Jerusalem de génération en génération:

Nous sommes revenus à la maison, nous sommes rentrés chez nous. Le shofar ne sonne pas sur le Mont du Temple mais déjà au Kotel et nous parcourons les rues de notre capitale, librement comme vous pouvez le faire chez vous, où que ce soit.
Dans notre capitale, dans notre pays, chacun peut ne pas croire ou croire et croire en ce qu’il veut. Si vous venez, vous entendrez les cloches et l’appel du muezzin. La réalité n’est pas toujours simple, elle est même souvent très compliquée, mais c’est la nôtre et nous nous faisons avec*.
Souvenez-vous: nous sommes simplement rentrés chez nous.

Dans la vidéo ci-dessous, Yehoram Gaon interprète pour les festivités du Jour de Jerusalem, ce chant dont voici le refrain:
« J’ai vue une ville drapée de lumière, elle monte dans les couleurs de l’arc en ciel et joue en moi comme une harpe »*

Comme le disait David Ben Gourion qui fut notre premier Premier Ministre: Si un pays a une âme, les montagnes de Jerusalem sont l’âme du pays d’Israel

 

A bientôt,

 

*  Jerusalem d’or:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/07/jerusalem-dor/

*  Le groupe clandestin des souffleurs de Shofar:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/09/25/le-groupe-clandestin-des-souffleurs-de-shofar/

*  Notre réalité :
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/03/02/nous-les-yerushalmim/

* Jerusalem au sommet de notre joie: Psaume 137

* Pour le Consulat de France a Jerusalem, Jerusalem ne se trouve pas en Israel. Sur les cartes d’identité françaises établies par le Consulat, le nom de la rue est exact, le nom de la ville est bien Jerusalem mais le nom du pays…est aussi Jerusalem. Jerusalem se trouve donc hors territoire israélien. Et je précise pour les chipoteurs que c’est le cas même pour les quartiers se trouvant en deçà de la ligne d’armistice de 1949 et officiellement reconnus comme étant israéliens par la communauté internationale. Ah le vieux fantasme de l’internationalisation de Jerusalem!

* Chant écrit par Yossi Sarig, jeune compositeur du kibboutz Beit Hashita, tué pendant la guerre de Kippour