Bonnes et mauvaises nouvelles

 

Il y a quelques jours, j’ai reçu un mail me demandant pourquoi le rythme de mes articles n’était pas aussi soutenu qu’auparavant!
Comme mon correspondant me demandait aussi pourquoi je ne prenais pas position sur des sujets brûlants et politiques, je répondrais tout d’abord que ce n’est pas le propos de mon blog.
J’ai commencé Boker Tov Yerushalayim , il y a un peu plus de 4 ans, pour rester en contact avec mes amis restés en France, leur donner des nouvelles et pour leur faire découvrir et aimer ce petit pays qui est le mien. Alors balades, histoire, vie quotidienne oui, quelque fois coups de gueule mais rarement, car je ne veux pas m’engluer dans ce que mes amies nomment les énergies négatives.
Et là, je l’avoue, je ne vous oublie pas chers amis, mais c’est vrai: j’écris moins car je peins à tour de bras si je puis m’exprimer ainsi.

Ceci dit, une petite pose est toujours la bienvenue surtout que ces dernières semaines, les archéologues nous ont gâtés.
Tout d’abord, ils ont réussi à collecter suffisamment de fragments de mosaïque, de ceux qui composaient le pavage du Temple à l’époque d’Hérode.
Les 600 fragments sauvés des destruction du Waqf*, qui ont permis de reconstituer des dessins géométriques parfois complexes, correspondent à la norme romaine des pavements (un pied=29,6 cm de long) trouvés dans les autres palais d’Hérode à Masada, Hérodion, Jéricho pour la région mais aussi au sol des villas et palais construits en Italie à la même époque.

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La restauration de ces carreaux de marbres ou d’autres pierres colorées a été conduite par le professeur Schneider qui a utilisé des outils mathématiques pour reconstituer le système « opus sectile« , ou marqueterie de marbre, en usage dans l’empire romain et jusqu’au Moyen Age*.

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(photos Tsahi Dvira)

Après 9 ans de travail basé sur les textes de Flavius Joseph*: «  La cour était recouverte entièrement de toutes sortes de pierres colorées » (La Guerre des Juifs, 5,2) et aussi sur des textes du Talmud où on parle du magnifique pavage du Temple et de la splendeur du bâtiment…
Je vous présente ici trois modèles de marqueterie de marbre mais les archéologues ont pu en reconstituer 7.
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Les bonnes nouvelles se succédant, dans une grotte du désert de Juda, on a trouvé un papyrus datant du Premier Temple.

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(photo Guy Fitoussi, Israel, archeological Authority)

Il porte l’inscription ירושלים (Yerushalyaim) et ceci le jour où l’UNESCO décidait que les Juifs n’avaient aucun lien historique avec Jérusalem.

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(photo Shay Halevy, Israel Archeological Authority)

Il s’agit de la plus ancienne mention de Jerusalem! Deux lignes écrites sur un papyrus au 7 ème siècle avant l’ère chrétienne, deux lignes des plus prosaïques puisqu’il s’agit d’un bon d’expédition de vin à Jerusalem, attestant le payement des taxes et indiquant le nombre de jarres ainsi que la quantité de vin en provenance de Naarta, à la frontière d’Ephraim et de Binyamin*. Il s’agit de cette même Naarta mentionnée dans le livre de Yehoshua (Josue 16,7): « La frontière des enfants d’Ephraim...descendait de Yanoha vers Atarot et Naarta, atteignait Jéricho et aboutissait au Jourdain« .

Pour le professeur Akhituv, lauréat du prix d’Israel pour la recherche biblique, ce bon d’expédition représente une preuve  de l’existence d’une gestion organisée au royaume de Juda et souligne la centralité de Jérusalem comme capitale économique dans la seconde moitié du 7ème siècle avant l’ère chrétienne. De plus, on n’avait trouvé jusqu’à présent qu’un seul autre papyrus avec un contenu non biblique*.

Et enfin, ces jours-ci, une autre équipe a mis au jour une petite statue d’argile dans la région de Yehud.  Elle date d’environ 3800 ans. Elle ornait une cruche dont le goulot portait la partie supérieure de la statuette alors que les bras et les jambes ont été rajoutés après. Le petit personnage a l’air de réfléchir:
statue-yehud-3                                                                                      (photo Eyecon Israel archeological Authority)

Il semble presque inquiet:
statue-yehud-2                                                                                     (photo Eyecon Israel Archeological Autority)

Il doit se demander où il est:
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(photo Carla Amit. Israel Archeological Authority)

J’aime vous faire part de bonnes nouvelles même si depuis trois jours, nous vivons des moments difficiles: des incendies volontaires, actes de terreur, se succèdent dans tout le pays. Les journaux parlent maintenant d’intifada des incendies.
Depuis trois jours, alors que soufflent des vents violents, des dizaines de gros  incendies ont éclatés dans une bonne partie du pays et le chef des pompiers de la région nord parle de près de 1000 départs de feu:

incendies

Pendant que j’écris ces lignes, la situation a empiré. Cette fois, il s’agit de ‘Haifa:

incendies-yediotVoici la couverture du Yediot A’haronot: depuis midi 11 quartiers de ‘Haifa ont été évacués. Les réservistes de la sécurité intérieure viennent d’être mobilisés.
Et les réseaux sociaux arabes jubilent comme de bien entendu!
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Après les bombes dans les autobus et les cafés, les voitures béliers, les attaques au couteau, les jets de cocktails molotov, nous avons droit maintenant aux incendies.  Aucun des ces actes terroristes n’ayant réussi à décourager les Israéliens, les Arabes essayent de détruire par le feu le pays qu’il revendiquent comme étant le leur. Ils veulent mettre en péril plus de 60 années d’efforts gigantesques de reboisement dans cette région gagnée par le désert.
Non seulement le respect de la vie humaine n’est pas une valeur essentielle pour eux mais également celui de la terre sur laquelle ils aspirent à vivre. Décidément je suis de plus en plus pessimiste. La paix ne peut être possible entre nos deux cultures si différentes.

Ceci dit, don’t be worry, nous passerons cette épreuve aussi avec succès.

A bientôt,

PS: Les forêts brûlent aussi autour de Jerusalem. les habitants de Har Adar, et de Beit Meir ont été évacués. Hier soir en revenant de l’aéroport où j’étais allée chercher des amis, nous roulions dans une sorte de brouillard, Shaar Hagai était en flammes.
La presse européenne parle de feux de broussailles dus à la sécheresse. Il est vrai que les pluies d’hiver ne sont pas encore tombées et les vents sont violents mais voici ce qui provoque les incendies:

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Un systéme de mise à feu simple mais efficace attaché à un arbre

*Waqf:

https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/10/22/le-mufti/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/06/06/notre-jerusalem/

*Opus sectile:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Opus_sectile

*Il s’agit d’un papyrus, trouve dans le Wadi Maabarat, qui certifie qu’une femme gérait administrativement le royaume de Juda à la même époque

Bibliothèques, livres et balades…

Comme vous le savez déjà, Jerusalem n’est pas qu’une ville de pierres mais aussi de jardins, de courettes insoupçonnées et de sentiers de promenade.
L’un des plus connu est  celui qui emprunte l’ancienne voie ferrée depuis la vieille gare*. Il traverse la ville en direction du sud, promenade parsemée de bancs,

promenade-park-harakevet-jerusalem

parsemé de poèmes:

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(« Et pendant tout ce temps, je ne me détourne pas de la fenêtre, mes yeux caressants ces terres abandonnées, le train respirant lourdement, montant lentement et à mes yeux se révèlent les restes des forêts d’antan…Oh, comme j’aurais voulu sortir du wagon et grimper sur les rochers des montagnes! Le train entre en gare…quelle sérénité, quelle abondance de lumière, je descends, mes paniers à la main… » Rahel Ben Zvi 1918)

5 kilomètres de promenade pour aboutir près de chez moi dans le quartier de Malha*.
Savez-vous qu’on peut aussi y bouquiner?
En effet, une bibliothèque publique et gratuite y est installée. Chacun se sert, emprunte, rapporte et apporte ses propres livres pour en enrichir le fond.

bibliotheque-promenade-jerusalem
Pas de pointage, pas de bibliothécaire, simplement des usagers-bouquineurs.

bibliotheque-jerusalem
Ces petites bibliothèques d’un nouveau genre fleurissent un peu partout en Israel. La première a vu le jour à Haifa, dans une station de bus, grâce à l’initiative de deux étudiants du Technion.

A Tel Aviv, celle du gan Levinsky:
bibliotheque-levinsky-tel-aviv
qui comprend une bibliothèque pour enfants:
bibliotheque-gan-levinsky-tel-aviv-2

A ‘Holon, banlieue sud de Tel Aviv, dans un abri-bus:
bibliotheque-holon-1Leur entretien est assuré par des bénévoles
bibliotheque-holon-2
La compagnie des chemins de fer a commencé à en installer dans de nombreuses gares. Ici à Kfar Saba:

קמפיין ספרייה בתחנת רכבת
Si vous vous déplacez en train, en particulier le matin, vous remarquerez toujours quelques attroupements dans les wagons. C’est sans doute un minyan de prière ou un professeur qui donne un cours aux voyageurs intéressés.
Nous ne sommes pas le peuple du livre. Le livre en question, le תנך (tanakh) ou Bible est déjà en fait une vraie bibliothèque. Nous sommes le peuple des commentaires et des explications de cette bibliothèque, c’est dire si nous aimons feuilleter et dévorer ce qui est écrit.

Le mot bibliothèque ספריה (sifriyah) vient du mot livre ספר (sefer)  qui a aussi donné le mot composé בית ספר (bet sefer) l’école.
La racine ס פ ר (SFR) est particulièrement intéressante car elle a plusieurs significations qui a priori n’ont rien à voir en elles: si elle a donné des mots comme ספר (sefer) le livre, et donc logiquement סיפור (sipour) l’histoire, le verbe לספר (lesaper) raconter… elle a aussi été la matrice de מספר (mispar) le numéro et de לספור (lispor) compter, sans oublier מספריים (misparayim) les ciseaux, ספר (sapar) le coiffeur!
Quel est le lien originel entre tous ces mots?
Eh bien pour le trouver,  il nous faut remonter au début de l’histoire de l’écriture.
A cette époque, il n’était pas question d’articles, de romans, de chroniques. Non, plus prosaïquement les premières traces d’écriture sont simplement des signes notés par ceux qui voulaient laisser une trace tangible de leurs possessions. Le propriétaire d’un troupeau comptait chaque matin le nombre de bêtes qu’il confiait à son berger et pour qu’il n’y ait pas de discussions il faisait une entaille sur le bâton de son employé. Même chose lorsqu’il s’agissait de compter les jarres de vin d’huile ou d’olives ou les sacs de céréales. Ces décomptes constituaient les premiers « textes » de l’humanité.
Et le coiffeur me direz vous? Et bien le coiffeur ne vous fera pas d’entailles avec ses ciseaux, je l’espère, mais il coupera vos cheveux. C’est même sa fonction première, bien avant le פאן (feun)*  et les teintures.
A côté de notre מכולת (makolet) épicerie se trouvent 3 salons de coiffure! Lorsqu’il fait beau, les élégantes du quartier n’attendent pas à l’intérieur de la boutique que leur teinture prenne mais sortent s’installer dehors, boivent un café, parées de leurs papiers d’aluminium qui miroitent et volettent doucement au vent…

malha-makolet-et-coiffeur

Ce matin, les chaises étaient sorties mais les élégantes papotaient à l’intérieur, il est vrai que le temps a fraîchi!

A bientôt,

*l’ancienne gare de Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/06/05/lancienne-gare-de-jerusalem/

*le quartier de Malha:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/07/17/malha-3/

*Le feun: en Suisse, c’est un vent du Sud. Ici un séchoir à cheveux

 

 

 

 

 

Nous sommes tous concernés!

L’UNESCO a encore frappé et a voté une 2 ème résolution niant tout lien entre le peuple juif, le Mont du Temple et même le Kotel (mur des lamentations) et ceci, après celle du 15 avril, rédigées toutes les deux par les experts de l’Autorité Palestinienne et  parrainée par le Liban,  l’Algérie,  l’Égypte, le sultanat d’Oman, le Soudan et le Qatar…
Une journaliste de la Metula News Agency vous l’explique très clairement:


Dans la résolution de L’UNESCO, il est dit que Jerusalem est sainte pour les 3 religions monothéistes mais ajoute ensuite que le Mont du Temple est déclaré sacré uniquement pour les musulmans, et mentionné seulement sous le nom d’esplanade des mosquées. Le Kotel est lui aussi déclaré « Judenrein » et appelé place Al Burak, du nom du cheval de Mahomet.
Mais vous parler politique encore une fois et vous dire à quel point je suis écœurée? Non, j’en ai fini avec tout cela. Pour une fois je ne vais pas prêcher pour ma paroisse, si vous me permettez cette expression, je vais m’adresser à vous, mes lecteurs chrétiens et prêcher pour la votre.
Cette résolution n’a bien sûr pas fait la une des journaux mais bien plus grave pour vous, elle n’a donné lieu à aucun commentaire officiel de la part des dignitaires religieux, théologiens et journalistes* chrétiens.
Et pourtant, si nous les Juifs nous n’avons pas de liens avec ce pays, Israel, avec notre capitale, Jerusalem, avec le Kotel et le Mont du Temple sans oublier les vestiges de ce dernier* et bien… ce que vous croyez, ce qui fait le fondement de votre foi n’est que faribole et billevesée.
Aussi, j’ai décidé de vous écrire, à vous qui vivez encore dans des démocraties où vous pouvez vous exprimer sans risquer votre vie, ce qui n’est pas le cas de la majorité des chrétiens vivant en terre d’Islam.

Je ne vais pas vous parler de Thora ou d’Ancien Testament, ou de judaïsme mais de vos sources qui sont celles du Nouveau Testament. Selon le Nouveau Testament, Jésus était juif, et il allait prier au Temple. Les évangiles décrivent des scènes se passant à Bethlehem en Judée, et bien sûr à Jerusalem. A Jerusalem ont lieu plusieurs épisodes comme:
– La vision de Zacharie dans le Temple (Luc 1,5-23),
– La venue des Mages auprès d’Hérode (Matthieu 2,1-12)
– La présentation de Jésus au Temple à 40 jours (Luc 2,22-38).
– Douze ans plus tard, c’est la rencontre de Jésus avec les docteurs de la Loi (Luc 2,41-52).

A mon grand regret, je suis donc obligée de vous annoncer que les évangiles seront réécrits comme ceci, une fois que la censure des béni-oui-oui de l’islam et des majorités automatiques à l’ONU et à l’UNESCO sera passée par là.
Quelques exemples dans l’évangile de Matthieu, chap 2, 1..5,6…20…
« Jésus Issa (devenu un prophète musulman mineur bien qu’antérieur à Mahomet, mais pourquoi ne pas se permettre un léger anachronisme?) étant né à Bethléhem en Judée  Cisjordanie, Palestine occupée par les Romains, au temps du roi sultan Hérode, voici des mages d’Orient arrivèrent à Jérusalem Al Qouds,
Ils lui dirent: A Bethléhem en Judée Cisjordanie, Palestine (toujours occupée et ceci pendant tout le récit)
Et toi, Bethléhem, terre de Juda Cisjordanie, Palestine, Tu n’es certes pas la moindre entre les principales villes de Juda, Cisjordanie, Palestine, Car de toi sortira un chef qui paîtra Israël , mon peuple (là se pose un problème, on ne peut pas remplacer Israel par entité sioniste, car cela indiquerait encore que Jésus fait partie du complot sioniste)
2,20: Il dit: Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, et va dans le pays d’Israël (?), car ceux qui en voulaient à la vie du petit enfant sont morts.
12,1-4: Les pharisiens  (Les pharisiens ont mauvaise presse dans le christianisme mais que faire? Ce nom indique qu’ils sont Juifs,  Comment donc nommer les méchants?), voyant cela, lui dirent: Voici, tes disciples font ce qu’il n’est pas permis de faire pendant le sabbat (comment remplacer le mot sabbat?)… Mais Jésus Issa leur répondit: N’avez-vous pas lu ce que fit David Daoud, lorsqu’il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui, comment il entra dans la maison de Dieu mosquee d’El Aqsa*, et mangea les pains de proposition (encore un problème insoluble s’il n’y a pas eu de Temple)…
12,5: Ou, n’avez-vous pas lu dans la loi que, les jours de sabbat (?), les sacrificateurs violent le sabbat (?)  dans le Temple  la mosquee d’El Aqsa…
12,9: Étant parti de là, Jésus Issa entra dans la synagogue  mosquée (pas de synagogue à Al Qouds puisqu’il n’y a jamais eu de Juifs)
26,2: Vous savez que la Pâque (le Ramadan?) a lieu dans deux jours,
27,11: Jesus Issa comparut devant le gouverneur. Le gouverneur l’interrogea, en ces termes: Es-tu le roi des Juifs  (Oy Ve! Trouvez autre chose)?
27,51: Et voici, le voile du Temple de la mosquee d’El Aqsa se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas… »

Je ne vais pas vous en donnez plus. Si vous lisez le Nouveau Testament, vous pouvez continuer vous-mêmes.
Comme l’a dit notre Premier Ministre: »
Même si les membres de l’UNESCO ne lisent pas la Bible, je leur suggère d’aller voir l’Arc de Titus, à Rome. Sur celui-ci, on découvre ce que les Romains ont rapporté à Rome après avoir détruit et pillé le second Temple sur le Mont du Temple il y a 2 000 ans.
Là, gravé sur l’Arc de Titus, se trouve le chandelier à sept branches, qui est le symbole du peuple juif, et qui, au passage, est également le symbole de l’État juif d’aujourd’hui.
Mais bientôt, l’UNESCO dira que l’empereur Titus s’était embarqué dans la propagande sioniste. »*

 

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(Dreuz)

Cette photo trouvée sur la page facebook de Kravi est pour moi la réponse juive à l’UNESCO:

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Que les hommes politiques occidentaux se conduisent aussi servilement, cela ne m’étonne pas mais que pas un responsable, théologien, journaliste chrétien n’ait eu une réaction d’indignation me laisse pantoise.

Car en fait, je le répète: cette déclaration de l’UNESCO nie les fondements théologiques du christianisme! Et personne n’a réagit?

Ma grand-mère disait parfois: « Quand on te crache dessus, ne pense pas qu’il pleut« .
Ne sortez pas vos parapluies, ce n’est pas une bourrasque. Bien pire qu’un pogrom, c’est la négation de ce en quoi vous croyez, de ce qui fait votre foi, de ce que vous êtes. C’est l’hiver islamique qui s’installe, à vous de voir pour combien de temps!

Lors de la fête de Soukot, les Juifs offraient en sacrifice 70 taureaux pour la prospérité des 70 nations. Ils faisaient ces sacrifices dans le Temple qui n’a jamais existé… Je vous souhaite une bonne fête de Soukot.

A bientôt, 

PS:  En Israel, le père Gabriel Nadaf a réagi fortement. Voici ce qu’il a écrit sur sa page facebook:
« À la lumière de la fâcheuse décision politique de l’UNESCO, en ce dimanche je vais prier pour Jérusalem. Aussi, j’invite toutes les églises, tous les pasteurs et tous les prêtres à prier pour Jerusalem. Couper le lien entre le Mont du Temple, le Mur Occidental et le peuple juif constitue une violation des racines du christianisme et est en contradiction avec les deux religions. Chaque chrétien qui croit vraiment en la Bible ne peut pas rester silencieux. En ce dimanche, joignez-vous à moi dans la prière pour Jérusalem. »
pere-gabriel-nadaf

*Sur la première résolution de l’UNESCO, j’ai trouvé ce commentaire de Gérard Prasquier (Président d’honneur du CRIF)dans le journal La Croix:
http://www.la-croix.com/Debats/Courrier/Decision-de-l-Unesco-2016-05-25-1200762703

*Ce qui n’est pas le cas de ceux qui vivent au Moyen-Orient, à Gaza, à Bethlehem ou Ramallah ou dans certains pays d’Afrique.

*Lors de notre mariage, comme la tradition le veut, mon mari a cassé un verre en souvenir de la destruction du Temple de Jerusalem et non pas de la mosquée d’El Aqsa!

*http://www.dreuz.info/2016/10/14/le-moment-dhumour-de-netanyahu-apres-que-lunesco-ait-declare-que-le-peuple-juif-na-aucun-lien-avec-le-mont-du-temple/

*Des vestiges du Temple sont régulièrement découverts par les archéologues israéliens malgré les tentatives du Waqf jordanien de détruire toute trace juive.

*Israel a retiré sa participation à l’UNESCO.

 

חג סוכות שמח

Les Israéliens construisent leur souka !
Ici au kibboutz Kfar Aza:
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(photo Roee Idan)

à Efrat, 

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à Givat Shmuel,

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et toujours avec des sourires,

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חג סוכות שמח

A bientôt,

Les photos proviennent du journal Yediot A’haronot

 

La création du monde ou le feuilleton de Rosh Hashana (1ère et 2ème partie)

Première partie

Rosh Hashana est pour nous l’anniversaire de la création du monde*.

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Mais  lorsqu’on fête un anniversaire il faut savoir combien de bougies mettre sur le gâteau. Or, une des contradictions les plus évidentes entre ce que dit la Torah et ce que dit la science est l’âge de l’univers. A-t-il des milliards d’années, selon les données scientifiques, ou seulement quelques milliers d’années, selon les données bibliques?
Lorsque l’on additionne les générations de la Bible et les siècles qui suivent sa rédaction nous arrivons à moins de 6000 ans. Or, les données du télescope Hubble ou celles des télescopes terrestres d’Hawaï, indiquent un nombre d’environ 15 milliards d’années, à plus ou moins 10%.
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Chaque camp s’arque-boute sur ses positions en traitant le second soit de vieux fossile rétrograde soit d’apikoïros*…
Or un scientifique et érudit en Torah, Gerald Schroeder*, a étudié le sujet  en utilisant et les commentaires bibliques anciens et les connaissances de la  physique actuelle. Je rapporte ici une synthèse qui a été faite de son ouvrage « Genesis and the Big Bang » .

Pour ce qui est des commentaires bibliques, il a utilisé le texte de la Torah, la traduction en araméen d’Onkelos (1 er siècle de l’ère chrétienne), les textes du Talmud (4 ème siècle), et les trois principaux commentateurs de la Torah  reconnus et acceptés par tous: ceux de Rachi (11 ème siècle), qui apporte la compréhension du texte au niveau du Pshat, ceux de Maimonide, le Rambam (12 ème siècle) qui gère les concepts philosophiques et enfin ceux de Nahmanide, le Ramban (13 siècle) qui est un des plus importants cabalistes. Ces anciens commentaires ont été finalisés bien avant la naissance du grand-père-du-grand-père d’Hubble lui-même. Il n’y a donc aucune possibilité pour que des données scientifiques modernes aient pu les influencer. C’est un élément clef pour la recherche de Gerald Schroeder.

Un peu d’histoire:
En 1959, le magazine Scientific American réalisa une enquête auprès d’éminents scientifiques américains. Une des questions portait sur l’âge de l’univers. Les deux tiers répondirent que l’univers n’avait pas de commencement, et que Platon et Aristote nous ont démontré il y a déjà 2400 ans que l’univers est éternel. Et quand on leur opposa que le premier mot du premier verset de la Bible est: בראשית  (Bereshit) « au commencement« *, ils répondirent que c’était une très jolie histoire à raconter aux enfants lorsqu’on les met au lit.

Or, en 1965, Arno Penzias et Robert Wilson découvrirent l’écho du Big Bang et tout d’un coup, le monde commença à parler d’un commencement. La science expliqua alors que notre univers a un début, exactement comme l’avait dit la Torah.
Exactement? Pas tout a fait car qui dit commencement ne dit pas s’il y a un acteur à ce commencement. Savoir si Dieu créa le ciel et la terre… c’est encore une autre histoire. Mais ce n’est pas le sujet de cet article. Ici, il s’agit seulement de l’âge de notre univers et non de nous interroger sur son créateur.

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(gribouillis scientifiques divins à partir des deux premiers versets de Bereshit?)

Il y a donc un commencement, mais de quand date-t-il?
Selon le calendrier juif, si l’on ajoute les générations depuis Adam dénombrées dans le texte biblique et les siècles suivants, on obtient environ 6000 ans. Plus précieusement nous entrons maintenant dans la 5777 ème année.
Oui, mais avant Adam,  il y a les 6 jours de la création et ils n’entrent pas dans le décompte traditionnel.
Moïse nous dit observer dans ce verset l’empreinte de Dieu:
« Souviens-toi des jours anciens, médite les années de génération en génération; interroge ton père, il te l’apprendra, tes vieillards, ils te le diront!
זְכֹר יְמוֹת עוֹלָם, בִּינוּ שְׁנוֹת דֹּר-וָדֹר; שְׁאַל אָבִיךָ וְיַגֵּדְךָ, זְקֵנֶיךָ וְיֹאמְרוּ לָךְ (Deutéronome-Devarim 32,7)
Le Ramban se pose cette question:  » Pour quelle raison Moïse a-t-il scindé le calendrier en deux parties ? » (les jours anciens et les années des nombreuses générations). Et il en conclut que: « examine les jours anciens » est relatif aux Six jours de la Création tandis que « les années des nombreuses générations » concerne toutes les époques depuis Adam.
La raison pour laquelle les 6 jours sont exclus est que le temps y est décrit d’une manière différente.
Quand on lit « il y eut un soir, il y eut un matin » cela n’a rien a voir avec le temps humain. Le temps « humain » n’est pris en compte qu’à partir d’Adam. A partir d’Adam, le texte prend la peine de nous donner la durée précise de la vie des hommes (même si les premiers humains vivent bien trop longtemps selon nos critères) et aussi l’age auquel ils engendrent les générations suivantes  (si cela vous dit, lisez le chapitre 5 du livre de Bereshit-Genèse).

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(Photo Yuval Moran, all-art.co.il)

Pour retomber sur le compte de 15 milliards d’années auquel arrivent les données scientifiques actuelles, il est souvent dit que dans le récit de la création le mot jour veut dire période. C’est une bonne idée. Mais voila que les commentateurs juifs s’obstinent. Les sages du Talmud (traité ‘Hagiga), et plus tard Rachi et le Ramban, nous disent qu’un jour c’est bien un jour, et ceci  bien que la création du soleil soit indiquée seulement le 4 ème jour. Il y a bien 6 jours, leur durée n’est que de 24 heures et ils contiennent tous les âges du monde!

Comment est-ce possible?
Revenons aux six jours de la Création et analysons le vocabulaire en prenant deux citations:
Dans le but de comprendre les subtilités de la Torah, le Talmud (traite ‘Hagiga) analyse le mot חושך (‘hochekh), traduit par obscurité. Le mot « ‘hochekh » apparaît un première fois dans le deuxième verset de Bereshit:
וְהָאָרֶץ, הָיְתָה תֹהוּ וָבֹהוּ, וְחֹשֶׁךְ, עַל-פְּנֵי תְהוֹם
« Or la terre n’était que solitude et chaos; des ténèbres couvraient la face de l’abîme… ».
La traduction nous dit que des ténèbres couvraient la face de l’abîme. Mais ce n’est qu’une traduction, comme toujours rien ne vaut l’original.

Le Talmud explique qu’ici le mot ‘hoshekh est un « feu noir, énergie noire« , une sorte d’énergie qui est si puissante qu’on ne peut la voir.

Deux versets plus loin (Genèse 1 :4) le mot ‘hoshekh revient:
וַיַּבְדֵּל אֱלֹהִים, בֵּין הָאוֹר וּבֵין הַחֹשֶׁךְ.
« Il établit une distinction entre la lumière et les ténèbres ».
Le Talmud explique que cette fois, חושך (‘hochekh) signifie obscurité, c’est à dire absence de lumière.
Ceci est confirmé dans Genèse 1:5:
וַיִּקְרָא אֱלֹהִים לָאוֹר יוֹם, וְלַחֹשֶׁךְ קָרָא לָיְלָה; וַיְהִי-עֶרֶב וַיְהִי-בֹקֶר.
Dieu appela la lumière jour et l’obscurité nuit

La suite du verset est déroutante: « il y eut un soir et un matin ». C’est la première fois que le jour est quantifié: un soir et un matin. Le Ramban discute tout d’abord de la signification de l’expression « un soir et un matin« .
Est-ce que l’expression signifie qu’il y eut un coucher de soleil suivi d’un lever de soleil ?
 Certainement pas, le soleil n’étant mentionné que le quatrième jour. Comment peut-il exister, lors de ces trois premiers jours, un concept de soir et de matin si par ailleurs le soleil n’apparaît qu’au quatrième jour? Pour le Ramban, l’expression ויהי ערב (Vayehi Erev) ne veut pas dire qu’ « il y eut un soir« . Il nous explique que les lettres hébraïques ע (Aïn), ר (Rech), ב (Beth) composant la racine de ערב (erev) signifient chaos, mélange, désordre. Le soir est appelé  ערב (erev), car à mesure que le soleil se couche la perception des choses devient floue. Le sens littéral est « il y avait du désordre« .
Quant au matin, le mot est בוקר (boker). La racine בקר  signifie discerner. C’est pour cela que le soleil n’est mentionné qu’au quatrième jour. En fait, le passage du soir au matin correspond au passage de ce qui est désordonné à ce qui est ordonné, au passage du chaos au cosmos.
Or dans la nature l’ordre ne peut spontanément surgir du désordre. C’est au contraire l’inverse qui se produit. La variable désordre augmente en permanence dans l’univers. C’est de la thermodynamique pure.
Cette contradiction signifie en fait que pour la Thora le système était « guidé ». La Torah veut que vous soyez stupéfaits par cette progression de l’ordre, débutant par un plasma chaotique et finissant par une symphonie de vie. Jour après jour lors de sa création, le monde progresse de niveau en niveau, l’ordre surgissant du désordre. Et cela est relaté selon la terminologie d’il y a plus de 3000 ans.

Mais le 5 ème verset se continue par ces deux mots: jour un, יוֹם אֶחָד (Yom e’had), c’est assez déroutant: pourquoi jour un et non pas premier?
Si chaque jour de la création est numéroté, une discontinuité affecte cette numérotation. En effet si le texte nous parle tout d’abord de « jour un« , pour les jours suivants, c’est complètement différent. Le second jour il n’est pas dit « soir et matin, jour deux » mais « soir et matin, un second jour« . Ensuite, la Torah continue en utilisant cette expression « soir et matin, un troisième jour … un quatrième jour … un cinquième jour … le sixième jour« . C’est seulement pour le premier jour que le texte emploie une forme différente: non pas « premier jour« , mais « jour un » יום אחד (yom e’had). Comme le soulève le Ramban, cette discontinuité entre « un » et « premier » est importante qualitativement. Un désigne l’absolu alors que premier désigne le comparatif.
Le Ramban explique l’emploi du mot « un » par le fait que le temps a été créé le « Jour Un ».
Je peux comprendre ce que signifie le concept de création de matière ou bien même celui de création d’espace. Mais concernant le temps, comment peut-on créer le temps ?
On ne peut saisir le temps ni même le voir. On peut voir l’espace, voir la matière, sentir l’énergie, voir la lumière. Là je peux comprendre la notion de création. Mais comment peut-on parler de création du temps ?
Huit cents ans avant les découvertes de la physique moderne, Na’hmanide a perçu cette finesse du fait de  l’expression: « Jour Un« .
Et ceci est très exactement ce qu’Einstein nous dit dans sa Théorie de la Relativité: il y a non seulement eu création de l’espace mais aussi création du temps lui-même. Albert Einstein nous a enseigné que le Big Bang a donné naissance non seulement à l’espace et à la matière mais aussi au temps. Le temps est une dimension. Le temps est affecté par la perception qu’on en a et ceci dépend de l’endroit où l’on observe. Une minute s’écoule sur la lune plus rapidement que sur la terre tandis qu’une minute s’écoule sur le soleil plus lentement. Sur le soleil la dilatation du temps est telle que si l’on pouvait y déposer une horloge, celle ci ferait tic-tac plus lentement. La différence est certes minime, mais elle n’en est pas moins mesurable et mesurée.
Si nous étions sur la lune ou le soleil ressentirions nous cette différence de la dilatation du temps? Non car notre rythme biologique est synchronisé avec le temps local mais si nous pouvions observer un système depuis un autre système, alors nous percevrions le temps de façon très différente du fait de facteurs tels que la gravité et la vitesse.
Voici un exemple:
Imaginons une planète lointaine où le temps y serait dilaté de telle façon que si l’on vivait deux ans sur la terre alors seulement trois minutes s’écouleraient sur cette planète. Ces endroits existent et sont observés. Si nous pouvions observer la terre depuis cette planète, notre perception du temps serait telle que nous verrions les habitants sur terre se déplacer très rapidement. Tandis que si nous, sur terre, nous levions les yeux vers le ciel, nous verrions les habitants de cette planète se mouvoir très lentement.

Qu’est-ce qui est correct? Deux années ou trois minutes ? La réponse est la suivante: les deux sont correctes. Il y a simultanéité.
C’est là, l’héritage d’Albert Einstein. Cela se produit littéralement en des milliards d’endroits de l’univers: ainsi, si vous pouviez déposer une horloge en un tel endroit, son tic-tac serait tellement lent que selon notre perception (si nous pouvions vivre aussi longtemps) 15 milliards d’années s’écouleraient tandis qu’à cet endroit ce serait seulement 6 jours. Personne ne conteste cela.
Mais en quoi ceci nous aide-t-il à expliquer ce que dit la Thora? De toute façon le Talmud et les commentateurs semblent dire que chacun des six jours de la création a une durée régulière de 24 heures !

 

Deuxième partie

Donc, que s’est-il passé à la création du monde? Analysons donc les choses un peu plus en profondeur avec Rabbi Moshe ben Nahman, c’est à dire le Ramban (ou Na’hmanide)


rabbi_moses_ben_nachman_nahmanides_-_wall_painting_in_acre_israel(mur peint à Akkko) 

Les sources classiques juives nous expliquent qu’avant le commencement nous ne savons pas ce qu’il y a eu. On ne peut décrire ce qui précède l’univers. Le Ramban (Na’hmanide) dit qu’avant l’univers, il n’y avait rien … puis soudain l’univers se forme à partir d’une graine minuscule sans matière qui contient tout ce qui est nécessaire à son développement. Les autres créations furent d’ordre spirituel et concernèrent le נפש (Néfèch) l’âme animale et la נשמה (Néchama) l’âme humaine. Toute la matière de base nécessaire à la création de l’univers était contenue dans cette graine. Na’hmanide en fait la description suivante:  » דק מאוד אין בו ממש (dak me’od, ein bo mamach) totalement minuscule, sans substance. C’est à dire, avec nos mots d’aujourd’hui: une concentration d’énergie. 

Le Ramban, toujours lui, écrit plus loin: « משיש יתפוס בו זמן (Micheyech, yitfos bozman) ». Il explique ainsi que le temps ne commence à compter qu’à l’instant où la matière se forme. De quelle matière parle-t-il? De cette graine (énergie) qui est devenue matière à mesure que l’espace a commencé à se dilater et s’est refroidi. L’horloge biblique démarre lorsque de cette énergie initiale apparaissent les premières particules constitutives de la matière.
C’est là une déclaration phénoménale quand on pense que le Ramban vivait au 13ème siècle.

En effet, ce n’est que 7 siècles plus tard que nous apprenons cela de la théorie du Big Bang. Einstein avait par ailleurs établi la corrélation entre énergie et matière avec sa fameuse équation E=MC2. Matière et énergie ne sont que deux formes différentes d’une même entité. Ainsi Einstein, utilisant le chemin de la science, nous confirme que le temps ne commence à compter qu’avec l’apparition de la matière. 

Il nous apprend aussi que l’énergie – telle que les faisceaux de lumière, les ondes radio, les rayons gamma ou bien les rayons x – se déplace à la vitesse de la lumière, c’est à dire à la vitesse de 300 millions de mètres par seconde. A cette vitesse là, le temps ne s’écoule pas, il est figé. Le temps ne commence à s’écouler qu’avec l’apparition de la matière. Le temps nécessaire à l’apparition de la matière est estimé à 1/100 000 ième de seconde. Un temps infime certes, mais durant lequel, l’univers s’est dilaté partant de la taille d’une « graine » minuscule et la matière s’est formée. Alors l’horloge démarre.

Dans sa théorie de la relativité, Einstein a établi que le temps varie d’un endroit à l’autre de l’univers, de même la perspective qu’on en a dépend de l’endroit où l’on se situe. 

Si la Thora avait considéré le temps selon l’époque de Moïse et du mont Sinaï, longtemps après qu’ait vécu Adam, le texte n’aurait pas utilisé l’expression Jour Un pour désigner le premier jour de la création, car à l’époque du mont Sinaï des millions de jours s’étaient déjà écoulés. Et alors, puisqu’un temps considérable s’était déjà écoulé par rapport au Jour Un, le texte de Bereshit-Genèse aurait du employer l’expression « un Premier Jour« .
De plus, même si la Torah avait considéré le temps selon l’époque d’Adam, le texte de Bereshit aurait employé l’expression « un premier jour » car c’est selon ses dires qu’il y a eu six jours. La Torah utilise l’expression « Jour Un » parce qu’elle regarde en avant à partir du début, à partir de la création. A la question: « En combien de temps le monde fut-il créé« ? Elle répond: « En six jours« .
En comptant le temps depuis le début jusqu’à Adam, on obtient six jours!
Mais nous, nous ne comptons pas depuis le début, nous comptons à partir de notre cadre spatio-temporel en regardant vers le passé et c’est pour cela que pour nous l’univers est âgé de 15 milliards d’années. Telle est la conception qu’Einstein a de la relativité.

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En fait, l’élément clé est que la Torah regarde en avant dans le temps, depuis un cadre spatio-temporel très différent du notre, à une époque où l’univers était très petit. Il y a eu ensuite une expansion de l’univers. L’espace s’est dilaté et c’est cette dilatation qui a produit un changement dans la perception du temps.
Difficile à comprendre!
Mais essayons d’imaginer que nous puissions remonter des milliards d’années en arrière jusqu’au commencement du temps.

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Supposons donc qu’à ce moment là, lorsque le temps a pris forme, il y avait une communauté intelligente (ceci est totalement fictif!). Supposons que cette communauté intelligente disposait d’un laser et qu’elle s’est mise à émettre des impulsions de lumière: une impulsion de lumière à chaque seconde d’intervalle. Supposons que des milliards d’années plus tard grâce à une antenne satellite nous recevions sur terre cette impulsion lumineuse. Sur cette impulsion de lumière est imprimé le message suivant:  » Je vous envoie une impulsion toutes les secondes « . Puis une seconde s’écoule et une autre impulsion est émise avec le même message.

La lumière voyage à la vitesse de 300 millions de mètres à la seconde. Par conséquent les deux impulsions lumineuses sont séparées à l’origine par 300 millions de mètres. Elles voyagent à travers l’espace pendant des milliards d’années pour atteindre la terre des milliards d’années plus tard.
Mais, un instant: L’univers est-il statique ?
Non. L’univers est en expansion.
Cela peut-il dire qu’il est en expansion dans un espace vide situé à l’extérieur de l’univers?
Non! Car il n’y a pas d’espace à l’extérieur de l’univers. L’univers est en expansion du fait de la propre dilatation de l’espace qu’il occupe.
Alors, qu’est-il donc arrivé à ces impulsions de lumière qui ont voyagé durant des milliards d’années alors qu’il y a eu expansion de l’univers? Ces impulsions se sont trouvées de plus en plus distantes les unes des autres du fait justement de la dilatation de l’espace entre ces impulsions.

Lorsque des milliards d’années plus tard, la première impulsion arrive, on s’exclame:  » Oh, une impulsion!  » Avec écrit dessus:  » Je vous envoie une impulsion toutes les secondes « .
Là, nous appelons tous nos amis et nous attendons l’impulsion suivante. Mais arrive-t-elle une seconde plus tard ? Non! Une année plus tard ? Non plus. Mais des milliards d’années plus tard. Car ce qui va permettre de mesurer la dilatation qui s’est produite, c’est le temps qu’aura passé l’impulsion de lumière à voyager à travers l’espace. Ceci relève de la cosmologie commune.

Alors, 15 milliards d’années ou bien six jours ?

Aujourd’hui nous considérons le temps en regardant en arrière et nous voyons 15 milliards d’années.
En regardant en avant lorsque l’univers était très petit – des milliards de fois plus petit – la Torah voit, elle, six jours de création. En vérité les deux visions sont correctes.

Ce qu’il y a de sensationnel dans les quelques années qui se sont écoulées dans le domaine de la cosmologie, c’est le fait que nous disposons aujourd’hui des données permettant de connaître la relation qui existe entre la perception du temps à l’origine et celle qu’on a du temps aujourd’hui. Le rapport entre le temps proche de l’origine et celui d’aujourd’hui se chiffre à un million de millions. C’est un nombre composé d’un 1 suivi de 12 zéros.
Si donc une observation depuis l’origine conduisait à dire  » je vous envoie une impulsion toutes les secondes« , verrions-nous pour autant arriver ces impulsions toutes les secondes? Non.
Nous les verrions arriver distantes d’un million de millions de secondes. Cela est dû à l’effet de dilatation induit par l’expansion de l’univers.

La Torah nous parle de six jours.
Comment percevrions-nous ces six jours ? Si la Torah disait qu’il est transmis de l’information pendant six jours, recevrait-on cette information sur 6 jours ?
Non. Nous la recevrions sur une période de 6 millions de millions de jours soit 15 milliards d’années. Car la Torah, en nous parlant de 6 jours, regarde depuis le début vers l’avant. Pas mal pour un texte de plus de 3000 ans!

A présent on peut aller un cran plus loin.
Considérons le développement du temps, jour après jour en nous appuyant sur le facteur d’expansion.
A chaque fois que l’univers double, la perception du temps est divisée par deux. Lorsque l’univers était très petit il a doublé très rapidement. Mais à mesure que l’univers a grandi le temps de doublement s’est allongé exponentiellement. C’est le rapport initial qui a changé exponentiellement à mesure que l’univers s’est dilaté.

  • Le premier des jours dont parle la Thora a duré 24 heures selon la perspective « du commencement du temps« . Cependant, selon notre perspective scientifique du temps, la durée a été de 8 milliards d’années.
  • Le deuxième jour a duré 24 heures selon la perspective de la Thora. Selon la nôtre, la durée a été la moitié du jour précédent, soit 4 milliards d’années.
  • Le troisième jour a aussi duré la moitié du jour précédent, soit 2 milliards d’années.
  • Le quatrième jour, un milliard d’années.
  • Le cinquième jour, un demi-milliard d’années.
  • Le sixième jour, un quart de milliard d’années.

Lorsqu’on additionne les Six Jours, on obtient pour l’âge de l’univers 15,75 milliards d’années (plus la broutille des 6000 années depuis Adam), le même que celui obtenu par la cosmologie moderne. Est-ce le fruit du hasard ?
Mais il y a plus. La Thora va plus loin et nous dit ce qui s’est produit chaque jour. A présent vous pouvez étudier la cosmologie, la paléontologie, l’archéologie et parcourir l’histoire du monde et constater, jour après jour, que ces périodes coïncident.

J’espère que cet article ne vous a pas paru trop rébarbatif en ce début d’année, moi même, j’ai du m’accrocher mais j’ai trouvé cette étude intéressante et j’ai eu envie de vous la faire partager.

Science et Torah, deux visions différentes du monde qui peuvent cohabiter et plutôt que de se disputer sur le nombre d’années, l’important est: 

Que vous soyez inscrits dans le livre de la vie!

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(www1.amalnet.k12.il, Lea)

Je vous souhaite une bonne et douce année, comme le miel sur la pomme. Que vous soyez comme un arbre planté auprès des cours d’eau, qui donne ses fruits en leur saison, et dont les feuilles ne se flétrissent point, droits comme les palmiers et majestueux comme les cèdres!

 

A bientôt,

*Nous disons que Rosh Hashana est הרת העולם (Harat Haolam) c’est à dire la conception, la grossesse du monde. La racine הרה (HRH) signifie engendrer, être enceinte, et a aussi donné le mot montagne הר (har): le mont Sinaï serait selon Raphael Draï non pas vraiment une montagne (quoiqu’il ne l’exclut pas) mais la conception de la Thora. Mais je m’égare…

*Bereshit: devrait se traduire en fait par « Au commencement de » et ce de laisse la porte ouverte  à tout un monde de commentaires mais aussi par « Entête » selon André Chouraqui. Si Chouraqui vous intéresse, lisez le livre de Cyril Aslanov: « Pour comprendre la Bible : la Leçon d’André Chouraqui » Ed. Le Rocher 1999

*Apikoïros: Disciple d’Epicure. Dans la Mishna ce mot a pris le sens de disciple des philosophes grecs ayant tourné le dos a la Thora. Prononcé apikoïros à la manière ashkenaze c’est beaucoup plus grave

*Gerald Schroeder:
https://en.wikipedia.org/wiki/Gerald_Schroeder

La création du monde ou le feuilleton de Rosh Hashana (1)

 

Rosh Hashana est pour nous l’anniversaire de la création du monde*.

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Mais  lorsqu’on fête un anniversaire il faut savoir combien de bougies mettre sur le gâteau. Or, une des contradictions les plus évidentes entre ce que dit la Torah et ce que dit la science est l’âge de l’univers. A-t-il des milliards d’années, selon les données scientifiques, ou seulement quelques milliers d’années, selon les données bibliques?
Lorsque l’on additionne les générations de la Bible et les siècles qui suivent sa rédaction nous arrivons à moins de 6000 ans. Or, les données du télescope Hubble ou celles des télescopes terrestres d’Hawaï, indiquent un nombre d’environ 15 milliards d’années, à plus ou moins 10%.
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Chaque camp s’arque-boute sur ses positions en traitant le second soit de vieux fossile rétrograde soit d’apikoïros*…
Or un scientifique et érudit en Torah, Gerald Schroeder*, a étudié le sujet  en utilisant et les commentaires bibliques anciens et les connaissances de la  physique actuelle. Je rapporte ici une synthèse qui a été faite de son ouvrage « Genesis and the Big Bang » .

Pour ce qui est des commentaires bibliques, il a utilisé le texte de la Torah, la traduction en araméen d’Onkelos (1 er siècle de l’ère chrétienne), les textes du Talmud (4 ème siècle), et les trois principaux commentateurs de la Torah  reconnus et acceptés par tous: ceux de Rachi (11 ème siècle), qui apporte la compréhension du texte au niveau du Pshat, ceux de Maimonide, le Rambam (12 ème siècle) qui gère les concepts philosophiques et enfin ceux de Nahmanide, le Ramban (13 siècle) qui est un des plus importants cabalistes. Ces anciens commentaires ont été finalisés bien avant la naissance du grand-père-du-grand-père d’Hubble lui-même. Il n’y a donc aucune possibilité pour que des données scientifiques modernes aient pu les influencer. C’est un élément clef pour la recherche de Gerald Schroeder.

Un peu d’histoire:
En 1959, le magazine Scientific American réalisa une enquête auprès d’éminents scientifiques américains. Une des questions portait sur l’âge de l’univers. Les deux tiers répondirent que l’univers n’avait pas de commencement, et que Platon et Aristote nous ont démontré il y a déjà 2400 ans que l’univers est éternel. Et quand on leur opposa que le premier mot du premier verset de la Bible est: בראשית  (Bereshit) « au commencement« *, ils répondirent que c’était une très jolie histoire à raconter aux enfants lorsqu’on les met au lit.

Or, en 1965, Arno Penzias et Robert Wilson découvrirent l’écho du Big Bang et tout d’un coup, le monde commença à parler d’un commencement. La science expliqua alors que notre univers a un début, exactement comme l’avait dit la Torah.
Exactement? Pas tout a fait car qui dit commencement ne dit pas s’il y a un acteur à ce commencement. Savoir si Dieu créa le ciel et la terre… c’est encore une autre histoire. Mais ce n’est pas le sujet de cet article. Ici, il s’agit seulement de l’âge de notre univers et non de nous interroger sur son créateur.

creation-du-monde-2

(gribouillis scientifiques divins à partir des deux premiers versets de Bereshit?)

Il y a donc un commencement, mais de quand date-t-il?
Selon le calendrier juif, si l’on ajoute les générations depuis Adam dénombrées dans le texte biblique et les siècles suivants, on obtient environ 6000 ans. Plus précieusement nous entrons maintenant dans la 5777 ème année.
Oui, mais avant Adam,  il y a les 6 jours de la création et ils n’entrent pas dans le décompte traditionnel.
Moïse nous dit observer dans ce verset l’empreinte de Dieu:
« Souviens-toi des jours anciens, médite les années de génération en génération; interroge ton père, il te l’apprendra, tes vieillards, ils te le diront!
זְכֹר יְמוֹת עוֹלָם, בִּינוּ שְׁנוֹת דֹּר-וָדֹר; שְׁאַל אָבִיךָ וְיַגֵּדְךָ, זְקֵנֶיךָ וְיֹאמְרוּ לָךְ (Deutéronome-Devarim 32,7)
Le Ramban se pose cette question:  » Pour quelle raison Moïse a-t-il scindé le calendrier en deux parties ? » (les jours anciens et les années des nombreuses générations). Et il en conclut que: « examine les jours anciens » est relatif aux Six jours de la Création tandis que « les années des nombreuses générations » concerne toutes les époques depuis Adam.
La raison pour laquelle les 6 jours sont exclus est que le temps y est décrit d’une manière différente.
Quand on lit « il y eut un soir, il y eut un matin » cela n’a rien a voir avec le temps humain. Le temps « humain » n’est pris en compte qu’à partir d’Adam. A partir d’Adam, le texte prend la peine de nous donner la durée précise de la vie des hommes (même si les premiers humains vivent bien trop longtemps selon nos critères) et aussi l’age auquel ils engendrent les générations suivantes  (si cela vous dit, lisez le chapitre 5 du livre de Bereshit-Genèse).

les-generations

(Photo Yuval Moran, all-art.co.il)

Pour retomber sur le compte de 15 milliards d’années auquel arrivent les données scientifiques actuelles, il est souvent dit que dans le récit de la création le mot jour veut dire période. C’est une bonne idée. Mais voila que les commentateurs juifs s’obstinent. Les sages du Talmud (traité ‘Hagiga), et plus tard Rachi et le Ramban, nous disent qu’un jour c’est bien un jour, et ceci  bien que la création du soleil soit indiquée seulement le 4 ème jour. Il y a bien 6 jours, leur durée n’est que de 24 heures et ils contiennent tous les âges du monde!

Comment est-ce possible?
Revenons aux six jours de la Création et analysons le vocabulaire en prenant deux citations:
Dans le but de comprendre les subtilités de la Torah, le Talmud (traite ‘Hagiga) analyse le mot חושך (‘hochekh), traduit par obscurité. Le mot « ‘hochekh » apparaît un première fois dans le deuxième verset de Bereshit:
וְהָאָרֶץ, הָיְתָה תֹהוּ וָבֹהוּ, וְחֹשֶׁךְ, עַל-פְּנֵי תְהוֹם
« Or la terre n’était que solitude et chaos; des ténèbres couvraient la face de l’abîme… ».
La traduction nous dit que des ténèbres couvraient la face de l’abîme. Mais ce n’est qu’une traduction, comme toujours rien ne vaut l’original.

Le Talmud explique qu’ici le mot ‘hoshekh est un « feu noir, énergie noire« , une sorte d’énergie qui est si puissante qu’on ne peut la voir.

Deux versets plus loin (Genèse 1 :4) le mot ‘hoshekh revient:
וַיַּבְדֵּל אֱלֹהִים, בֵּין הָאוֹר וּבֵין הַחֹשֶׁךְ.
« Il établit une distinction entre la lumière et les ténèbres ».
Le Talmud explique que cette fois, חושך (‘hochekh) signifie obscurité, c’est à dire absence de lumière.
Ceci est confirmé dans Genèse 1:5:
וַיִּקְרָא אֱלֹהִים לָאוֹר יוֹם, וְלַחֹשֶׁךְ קָרָא לָיְלָה; וַיְהִי-עֶרֶב וַיְהִי-בֹקֶר.
Dieu appela la lumière jour et l’obscurité nuit

La suite du verset est déroutante: « il y eut un soir et un matin ». C’est la première fois que le jour est quantifié: un soir et un matin. Le Ramban discute tout d’abord de la signification de l’expression « un soir et un matin« .
Est-ce que l’expression signifie qu’il y eut un coucher de soleil suivi d’un lever de soleil ?
 Certainement pas, le soleil n’étant mentionné que le quatrième jour. Comment peut-il exister, lors de ces trois premiers jours, un concept de soir et de matin si par ailleurs le soleil n’apparaît qu’au quatrième jour? Pour le Ramban, l’expression ויהי ערב (Vayehi Erev) ne veut pas dire qu’ « il y eut un soir« . Il nous explique que les lettres hébraïques ע (Aïn), ר (Rech), ב (Beth) composant la racine de ערב (erev) signifient chaos, mélange, désordre. Le soir est appelé  ערב (erev), car à mesure que le soleil se couche la perception des choses devient floue. Le sens littéral est « il y avait du désordre« .
Quant au matin, le mot est בוקר (boker). La racine בקר  signifie discerner. C’est pour cela que le soleil n’est mentionné qu’au quatrième jour. En fait, le passage du soir au matin correspond au passage de ce qui est désordonné à ce qui est ordonné, au passage du chaos au cosmos.
Or dans la nature l’ordre ne peut spontanément surgir du désordre. C’est au contraire l’inverse qui se produit. La variable désordre augmente en permanence dans l’univers. C’est de la thermodynamique pure.
Cette contradiction signifie en fait que pour la Thora le système était « guidé ». La Torah veut que vous soyez stupéfaits par cette progression de l’ordre, débutant par un plasma chaotique et finissant par une symphonie de vie. Jour après jour lors de sa création, le monde progresse de niveau en niveau, l’ordre surgissant du désordre. Et cela est relaté selon la terminologie d’il y a plus de 3000 ans.

Mais le 5 ème verset se continue par ces deux mots: jour un, יוֹם אֶחָד (Yom e’had), c’est assez déroutant: pourquoi jour un et non pas premier?
Si chaque jour de la création est numéroté, une discontinuité affecte cette numérotation. En effet si le texte nous parle tout d’abord de « jour un« , pour les jours suivants, c’est complètement différent. Le second jour il n’est pas dit « soir et matin, jour deux » mais « soir et matin, un second jour« . Ensuite, la Torah continue en utilisant cette expression « soir et matin, un troisième jour … un quatrième jour … un cinquième jour … le sixième jour« . C’est seulement pour le premier jour que le texte emploie une forme différente: non pas « premier jour« , mais « jour un » יום אחד (yom e’had). Comme le soulève le Ramban, cette discontinuité entre « un » et « premier » est importante qualitativement. Un désigne l’absolu alors que premier désigne le comparatif.
Le Ramban explique l’emploi du mot « un » par le fait que le temps a été créé le « Jour Un ».
Je peux comprendre ce que signifie le concept de création de matière ou bien même celui de création d’espace. Mais concernant le temps, comment peut-on créer le temps ?
On ne peut saisir le temps ni même le voir. On peut voir l’espace, voir la matière, sentir l’énergie, voir la lumière. Là je peux comprendre la notion de création. Mais comment peut-on parler de création du temps ?
Huit cents ans avant les découvertes de la physique moderne, Na’hmanide a perçu cette finesse du fait de  l’expression: « Jour Un« .
Et ceci est très exactement ce qu’Einstein nous dit dans sa Théorie de la Relativité: il y a non seulement eu création de l’espace mais aussi création du temps lui-même. Albert Einstein nous a enseigné que le Big Bang a donné naissance non seulement à l’espace et à la matière mais aussi au temps. Le temps est une dimension. Le temps est affecté par la perception qu’on en a et ceci dépend de l’endroit où l’on observe. Une minute s’écoule sur la lune plus rapidement que sur la terre tandis qu’une minute s’écoule sur le soleil plus lentement. Sur le soleil la dilatation du temps est telle que si l’on pouvait y déposer une horloge, celle ci ferait tic-tac plus lentement. La différence est certes minime, mais elle n’en est pas moins mesurable et mesurée.
Si nous étions sur la lune ou le soleil ressentirions nous cette différence de la dilatation du temps? Non car notre rythme biologique est synchronisé avec le temps local mais si nous pouvions observer un système depuis un autre système, alors nous percevrions le temps de façon très différente du fait de facteurs tels que la gravité et la vitesse.
Voici un exemple:
Imaginons une planète lointaine où le temps y serait dilaté de telle façon que si l’on vivait deux ans sur la terre alors seulement trois minutes s’écouleraient sur cette planète. Ces endroits existent et sont observés. Si nous pouvions observer la terre depuis cette planète, notre perception du temps serait telle que nous verrions les habitants sur terre se déplacer très rapidement. Tandis que si nous, sur terre, nous levions les yeux vers le ciel, nous verrions les habitants de cette planète se mouvoir très lentement.

Qu’est-ce qui est correct? Deux années ou trois minutes ? La réponse est la suivante: les deux sont correctes. Il y a simultanéité.
C’est là l’héritage d’Albert Einstein. Cela se produit littéralement en des milliards d’endroits de l’univers: ainsi, si vous pouviez déposer une horloge en un tel endroit, son tic-tac serait tellement lent que selon notre perception (si nous pouvions vivre aussi longtemps) 15 milliards d’années s’écouleraient tandis qu’à cet endroit ce serait seulement 6 jours. Personne ne conteste cela.
Mais en quoi ceci nous aide-t-il à expliquer ce que dit la Thora? De toute façon le Talmud et les commentateurs semblent dire que chacun des six jours de la création a une durée régulière de 24 heures !
Et bien, nous en parlerons la semaine prochaine!

Je vous souhaite une bonne et douce année, comme le miel sur la pomme. Que vous soyez comme un arbre planté auprès des cours d’eau, qui donne ses fruits en leur saison, et dont les feuilles ne se flétrissent point, droits comme les palmiers et majestueux comme les cèdres! 

A l’année prochaine,

*Nous disons que Rosh Hashana est הרת העולם (Harat Haolam) c’est à dire la conception, la grossesse du monde. La racine הרה (HRH) signifie engendrer, être enceinte, et a aussi donné le mot montagne הר (har): le mont Sinaï serait selon Raphael Draï non pas vraiment une montagne (quoiqu’il ne l’exclut pas) mais la conception de la Thora. Mais je m’égare…

*Bereshit: devrait se traduire en fait par « Au commencement de » et ce de laisse la porte ouverte  à tout un monde de commentaires mais aussi par « Entête » selon André Chouraqui. Si Chouraqui vous intéresse, lisez le livre de Cyril Aslanov: « Pour comprendre la Bible : la Leçon d’André Chouraqui » Ed. Le Rocher 1999

*Apikoïros: Disciple d’Epicure. Dans la Mishna ce mot a pris le sens de disciple des philosophes grecs ayant tourné le dos a la Thora. Prononcé apikoïros à la manière ashkenaze c’est beaucoup plus grave

*Gerald Schroeder:
https://en.wikipedia.org/wiki/Gerald_Schroeder

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Laïcité à géométrie variable?

Il m’arrive parfois de lire quelques articles sur ce qui se passe en France. J’ai été surprise par le nouveau débat musclé sur la laïcitéLes attaques terroristes et le questionnement sur l’intégration de la population musulmane en ont été apparemment l’élément déclencheur.
Comme vous le savez la laïcité française s’est construite comme  contre-pouvoir à celui de l’église catholique au 19 ème siècle. Le point culminant de ce long processus eut lieu en 1905 au moment de la séparation entre l’Église et l’État.
Mais savez-vous que dans le même temps, le France se conduisait au Moyen- Orient comme le défenseur des institutions chrétiennes catholiques en vertu des Capitulations*. Curieux?
Pas vraiment car au Moyen-Orient le goupillon peut venir en aide au sabre. Défendre les intérêts des institutions catholiques  était la voie la plus simple pour étendre son influence culturelle et surtout politique. Les bourgeois arabes de Palestine parlaient souvent français*, car ils avaient été élevés dans des écoles de « calotins », les mêmes calotins combattus en France. Il faut d’ailleurs reconnaître à ces écoles qu’elles donnent encore à l’heure actuelle un enseignement de qualité.

Mais enfin, la laïcité serait-elle à géométrie variable pour les politiques français?
J’ai retrouvé quelques documents intéressants, provenant du Grand-Orient, obédience maçonnique, traditionnellement anticléricale.
Dans la Palestine au détour du 20 ème siècle, les loges du Grand-Orient* sont peu nombreuses car la tradition maçonnique ne convient qu’à une minorité de personnes, comme l’émir Abdel Kader* qui sera franc-maçon dans son exil damascène ou Vladimir-Zeev Jabotinsky pendant son séjour en France.
En Palestine ottomane, les membres des loges maçonniques subissent de nombreuses pressions et menaces dont une grande partie vient du Consul Général de France, un nommé Ronflard (!), agissant pour le compte des Frères Assomptionnistes à qui il les dénonce. Les francs-maçons juifs ne sont pas concernés mais les Arabes chrétiens* ont peur d’être dénoncés à leur propre église. Ceux qui s’estiment le plus en danger, ce sont les expatriés français, travaillant dans différentes institutions, comme le docteur Drouillard, directeur de l’hôpital Saint Louis. Il est menacé et craint d’être déplacé et sali auprès du gouvernement: « Sous prétexte d’un vain protectorat religieux, reste traditionnel d’une politique religieuse française qui a toujours été funeste à la France…notre gouvernement entretient à Jerusalem un Consul Général…aux ordres des communautés (chrétiennes)… Un Consul qui n’aurait pas su se plier aux exigences de ces Messieurs, qui n’irait pas à la messe assez souvent, ou qui ne communierait pas à chaque fête, en un mot qui aurait eu des histoires, est immédiatement remplacé ».
Non seulement les Assomptionnistes cherchent à ramener leurs ouailles dans le droit chemin manu militari mais bien plus, ils bénéficient de la collaboration active du Consul Général de France, fonctionnaire d’un état laïque, qui trahit ainsi ses idéaux.
Lorsque ces mêmes francs-maçons demandent au Consul Général de les aider à ouvrir des écoles laïques où seraient enseignés en français, les valeurs des droits de l’homme et les vertus de la laïcité, ils se heurtent à un refus catégorique du Consul* pour qui l’enseignement ne doit se faire que dans des écoles privées chrétiennes. Il dit craindre une mixité déplorable avec les enfants grecs orthodoxes, ou pire encore, avec les enfants juifs.
Une fois encore, les enfants juifs ne sont pas concernés, car ils fréquentent des écoles juives où un enseignement moderne leur est donné en français, en allemand et évidemment en hébreu.
Il est vrai que la Palestine fait encore partie de l’empire ottoman et que depuis les Capitulations* de nombreux accords passés avec les différents gouvernements ottomans ont toujours garanti aux communautés chrétiennes un total droit de propriété sur leurs terrains et églises ainsi qu’une entière capacité de gestion…

16th_century_copy_of_the_1569_capitulations_between_charles_ix_and_selim_ii(L’un des nombreux traités signés avec les Turcs dont l’ensemble forme les Capitulations.
Celui-ci a été signé par le roi Charles IX et le Pacha Selim II en 1529)

Les Capitulations ont été abrogées en 1923 lors du traité de Lausanne, l’empire ottoman n’est plus et nous nous trouvons presqu’un siècle plus tard.
Et pourtant…
De nos jours, les différents gouvernement français  utilisent toujours ces associations religieuses pour asseoir leur influence politique. Un ancien ambassadeur de France en Israel, Alain Pierret,* raconte que le quai d’Orsay avait décidé d’une « légère dérogation » (sic!) au Corpus Separatum* et décidé que le village d’Abou Gosh* jouirait d’un statut d’extraterritorialité lors de la messe à laquelle Jacques Chirac devait assister en novembre 1987.

(le Corpus Separatum de la Résolution de l’ONU 1947)

Abou Gosh était déclaré, pour une journée, territoire non israélien, hors sol, grâce à une belle abbaye bénédictine, datant des Croisés! Et ceci:
– Bien que le Corpus Separatum* qui faisait de Jerusalem une ville internationale selon la partition de l’ONU en 1947, ait été abrogé en 1949 après l’armistice entre Israel et les pays arabes,
– Bien que de toute manière, selon ce même Corpus Separatum, Abou Gosh se soit trouvé alors  sur le territoire attribué aux Juifs par l’ONU et non pas en zone internationale!

Cette « légère dérogation« permettait simplement aux officiels français d’assister à une messe en territoire international et même francisé, dans la mesure ou la maison-mère de l’abbaye d’Abou Gosh se trouve au Bec-Hellouin dans la région de Nantes*!
Mais pourquoi? Pourquoi ce tour de passe passe odieux et ridicule alors que le président de la République Française était en voyage officiel? Tout simplement parce que la France considère que pour renforcer son influence dans les pays musulmans, elle doit minimiser l’existence d’un état juif, le contester par tous les moyens. De plus, déclarer que ce village était hors du territoire israélien c’est à  dire hors « des mains des Juifs » grâce à une abbaye croisée, c’est se poser en défenseur de la chrétienté, un vieux rêve du si antisémite quai d’Orsay!

eglise du couvent benedictin Abu Gosh

Ce que les différents gouvernements français ont oublié c’est que les accords sur les lieux saints catholiques, tels qu’ils étaient spécifiés dans les Capitulations étaient évidemment caduques puisque l’empire ottoman n’existait plus et que sur le pashalik de Palestine avaient été établis par décision de l’ONU les états souverains de Syrie, Jordanie et d’Israel.
En ce qui concerne Israel et les lieux saints, il existe un accord nommé « Accord Fondamental », mais il a été passé entre entre Israel et le Vatican et non pas entre Israel et la France. De plus, le pape Jean Paul II n’a jamais obtenu d’Israel que les institutions catholiques aient un statut international particulier.

Cette affaire du couvent bénédictin est doublement choquante:
En effet, la France a pris sur elle de déclarer ce village zone extraterritoriale alors qu’il se trouve sur celui d’un pays souverain! De surcroît le gouvernement français a fait fi de la laïcité qu’il défend si haut et fort.

Abu Gosh(Abou Gosh entre Tel Aviv et Jerusalem)

Il m’est souvent arrivée d’entendre qu’ Israel ferait bien de s’inspirer de la France et devenir enfin un pays laïque. Curieux de la part de gens qui  bafouent cet idéal quand cela les arrange.
Les Juifs de France ont adhéré en bloc à la laïcité qui leur a permis de se fondre dans le paysage. La laïcité a de nombreux atouts mais ne vous y trompez pas, elle est extrêmement fragile et facilement trahie. Si elle n’est pas clairement définie et si son application ne fait pas l’objet d’un contrôle continu, elle peut être vite bradée. Pour beaucoup elle n’est qu’un mot-valise utilisé par la novlangue, charabia du prêt à penser, dans lequel on fourre n’importe quoi.
Au Moyen-Orient, de nombreux Arabes laïques tournèrent leur veste dès qu’ils entendirent les prêches enflammés du Grand Mufti. Pour eux, l’universalisme et la fraternité ne concernaient pas leurs rapports avec les Juifs.
Une exception cependant, et de taille, Razzak Abdelkader: arrière petit-fils de l’émir Abdel Kader, qui combattit dans les rangs du Palma’h. Il était dévoué à la cause sioniste car pour lui il s’agissait vraiment d’une entreprise de décolonisation:
« Je ne considère pas le sionisme comme une entreprise que l’on peut qualifier de coloniale. Je ne connais pas non plus le problème palestinien: comme la grande majorité des Occidentaux, je ne perçois le conflit que dans sa dimension globalement israélite-arabe… Les mêmes hommes politiques arabes qui ont protesté, n’ont pas eu de soucis avec l’argent introduit par les Juifs dans le pays […]. Ils n’ont montré aucun mépris vis à vis de l’argent qui a pris soin de leur population rurale.« (la suite dans les notes en bas de page) 
J’ai rencontré Razzak Abdel Kader en 1967 au kibboutz Ramat Hashofet. Je ne ferai pas de révélation particulière car j’étais bien trop timide et impressionnée par cet homme discret qui m’avait parlé gentiment en français. Il est enterré en Israel.

En fait la laïcité n’a jamais été garante de démocratie (encore un mot-valise) et de défense des opprimés. Les régimes laïques en Syrie, Turquie et Irak ont été dans le même temps des dictatures sanglantes. Il s’agissait là d’une laïcité opportuniste qui permettait (une fois les Juifs tués ou expulsés*) de rester entre soi en délimitant soigneusement les attributions de chacun. Seule la dictature faisait tenir le puzzle. Au Liban, pays plus démocratique, le puzzle a explosé en 1975. En Irak, lors de la 2 ème guerre du Golfe, le gouvernement laïc de Saddam Hussein avait créé tout une troupe de terroristes, les fedayins de Saddam, prêts à se faire sauter au nom d’Allah et on sait ce qu’il en est de la Syrie.

A bientôt,

*Séparation de l’église et de l’état:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_séparation_des_Églises_et_de_l%27Éta

*Capitulations:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Capitulations_de_l%27Empire_ottoman
Un firman de 1852 rappelait les droits de propriété et d’administration de chaque communauté chrétienne tels qu’ils avaient été établis en en 1757
http://www.imprescriptible.fr/documents/morgenthau/chapitre10.htm

*On trouve le Grand Orient et la Grande Loge de France au Moyen-Orient dès le 19 ème siècle.

*L’Emir Abd El Kader: chef militaire algérien qui lutta conte la colonisation française. Vaincu et emprisonné en France, il fut ensuite relâché et finit sa vie à Damas. Il aida les chrétiens lors des pogroms du Mont Liban et de Damas en 1860. Il faut noter qu’un grand nombre de ses partisans s’installa avec lui en Syrie et donc dans la Palestine ottomane. Encore aujourd’hui, un certain nombre de Palestiniens revendiquent leur origine algérienne 

*L’article du Huffington Post a été repris du site d’une certaine Hanna. Ce n’est pas moi!
*http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2010/01/11/1880562_comment-les-proprietaires-feodaux-arabes-qui-ont-exploite-leur-population-rurale-sont-devenus-des-chefs-nationalistes.html *

*Monsieur Alain Pierret:
http://www.akadem.org/sommaire/colloques/65-ans-de-relation-france-israel/65-ans-de-relation-france-israel-20-10-2014-62948_4557.php (en particulier à la 43. 45 minute)

*Corpus Separatum:
https://en.wikipedia.org/wiki/Corpus_separatum_(Jerusalem)

*L’Irak et les autres pays musulmans:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/12/04/le-30-novembre/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/03/08/et-vous-quand-avez-vous-quitte/