Naomi répond au prophète Jérémie

Aujourd’hui, jour de Tisha Beav*, au Kotel

(Yediot A’haraonot, photo Alex Kolomoysky)

Mais aussi dans tout Israel. Ici place Dizengoff à Tel Aviv:




(Yediot Aharonot, photo Gil Zeira)

Nous pleurons la perte de Jerusalem et bien plus encore*…


Et pourtant, en général, quand nos prophètes prenaient la parole, soit ils n’étaient pas écoutés, soit les réactions du plus grand nombre étaient hostiles.
Prenons l’exemple de Jérémie. Dieu lui dit:
Prends une grande tablette et écris dessus en caractères lisibles pour la foule: Proche est le pillage, imminente la déprédation.
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֵלַי, קַח-לְךָ גִּלָּיוֹן גָּדוֹל; וּכְתֹב עָלָיו בְּחֶרֶט אֱנוֹשׁ, לְמַהֵר שָׁלָל חָשׁ בַּז

Personne ne l’écoute. Quand il leur parle le de la destruction du Temple, cela ne les ébranle pas vraiment. Ce n’est donc pas étonnant que Jérémie cherche à couper le contact avec les Yerushalmim de l’époque*.
 Ah! Qui me transportera dans le désert, dans un refuge de voyageurs? Je voudrais laisser là mon peuple, m’en aller loin de lui; car ils sont tous dissolus, c’est une bande de traîtres.
מִי-יִתְּנֵנִי בַמִּדְבָּר, מְלוֹן אֹרְחִים, וְאֶעֶזְבָה אֶת-עַמִּי, וְאֵלְכָה מֵאִתָּם: כִּי כֻלָּם מְנָאֲפִים, עֲצֶרֶת בֹּגְדִים

Et maintenant, sommes-nous vraiment meilleurs que nos ancêtres? Non, nous n’avons pas vraiment changé! Mais depuis, nous avons tellement supporté de souffrances que nous avons tous en nous cette étincelle qui nous pousse à chercher, malgré tout, ce qu’il y a de bon et de beau autour de nous. Nous savons que nous sommes impossibles mais après tout qui a demandé à être le peuple élu? Pas nous!

C’est ainsi que Naomi Shemer ne peut pas se contenter de cette phrase exaspérée du prophète: Ah qui me transportera dans le désert…
Quand elle écrit cette chanson sur les implantations du N’a’hal* dans le désert du Sinaï, son texte embrasse la nostalgie d’Eretz Israel*. Elle y décrit notre amour partagé avec notre terre:
Dans les implantations du Na’hal au Sinaï, mes yeux ont vu tant de belles choses, comme par exemple une soldate pieds nus, sa tresse retombant sur son épaule, dans la cour des soldats faisant griller des poissons sur des braises, mes yeux ont vu tant de belles choses dans les implantations du Na’hal au Sinaï, et tous les chants, les sarments et la joie marchaient lentement au milieu des plantes de casuarina… Là bas je n’en croyais pas mes yeux quand j’ai vu des livres de poésie sur une étagère, des poèmes de Rah’el, comme jadis au kibboutz, je n’en croyais pas mes yeux quand j’ai soudain rencontré l’ancien Israel, l’ancienne terre perdue, superbe et oubliée et elle me tendit la main pour donner et non pas pour prendre… Là bas dans les implantations, tout était si beau que j’ai voulu embrasser tout le monde… Et chuchoter à un visage embarrassé:
Ah! Qui me transportera dans le désert, dans un refuge de voyageurs?
Naomi s’adresse au prophète qui n’a pas vu le désert refleurir mais aussi aux visages embarrassés de ceux qui restent coincés dans les malheurs passés sans voir la réalité du retour à Sion.

Et c’est dans ce même esprit que lorsqu’elle composa la chanson Al kol ele*, Naomi utilisa cette phrase qui se trouve à la fin du livre des Lamentations de Jérémie: אשיבנו ונשובה (ashivenou venashiva), fais nous revenir et nous reviendrons, en ajoutant: אל הארץ הטובה (El ha aretz hatova), vers le bon pays.

Aujourd’hui certains ne jeunent que de la veille au soir jusqu’à la fin de la matinée pour ne pas dédaigner le cadeau qu’est pour nous le nouvel état d’Israel.

A bientôt,

*Le jour du 9 av ont eu lieu: la destruction du premier Temple et 500 ans plus tard, celle du deuxième Temple, le massacre de l’armée de Bar Kokhba en 135, le massacre des Juifs de Jerusalem en 1099 par les Croisés, l’expulsion des Juifs d’Espagne etc…

*Les Yerushalmim:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/03/02/nous-les-yerushalmim/

*Le Na’hal (נח »ל): acronyme de Jeunesse pionnière combattante (en hébreu נח »ל נוער חלוצי לוחם)
https://www.idf.il/fr/minisites/brigade-nahal/

*Eretz Israel:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2021/01/28/une-terre-tant-desiree-les-noms-disrael/

*Les implantations dans le Sinai: après la guerre des 6 jours en 1967, la brigade du Na’hal construisit un certain nombre d’implantations qui furent évacuées au moment du traité de paix avec l’Egypte en 1979.

 

Coup de blues

Nous en étions sûrs, nous etions enfin sortis du corona, nous nous promenions sans masque, sans nécessité de montrer notre carte verte, nous pouvions nous embrasser, nous enlacer et puis… Voilà nous y sommes à nouveau, nous sommes entrés à nouveau dans cette incertitude cendrée qui nous accompagne à chaque pas… Nous nous promenons le masque accroché à une oreille comme une grande boucle d’oreille en papier. On vaccine les adolescents à partir de 12 ans… On suit la courbe ascendante des contaminés. L’aéroport sera sans doute encore fermé dans quelques temps, quand les grandes vacances seront terminées, ou peut-être pas. Le cabinet corona se réunit ou pas, de nouvelles directives ou pas?

Ces derniers mois, deux de nos amis sont morts du corona. Ils étaient nos amis, nos חברים,’haverim, ceux avec qui le lien était permanent, peu importe si nous nous voyions ou pas. Nous ne nous envoyions pas des like ou des coeurs. Je ne like pas n’importe quel article et je n’appelle pas ‘haver n’importe quelle connaissance. Un ami, un ‘haver c’est celui qui est là pour les fou-rires, les bons moments, les coups de blues et même les disputes. Ils me trouvaient parfois trop catégorique, trop électron libre, pas assez comme ci et trop comme ça et moi, je les trouvais… Bref, nous étions amis.

Leur familles sont dans la peine et leurs amis aussi…

J’ai trouvé cette chansons d’Ishay Ribo qui exprime si bien ce que je ressens:

Entre Terouma et Tetsave*, un anniversaire un peu bizarre, tout est apparemment normal ici, la scène, le public, l’amour,
Entre Tetsave et Ki-tissa, Esher, Pourim, un festin, la joie… Qui restera et qui partira, et qui en supportera les conséquences. Entre Ki-tissa et VaYakel les gens ne se regroupent plus, se taisent et s’enferment, Yishmael, Edom et Israel

Entre Vaakel et Pekoudei, plus personne en ville ou dans les champs, plus personne à qui parler, la tour de Babel ne sait plus où elle en est…
Que veux-Tu nous faire comprendre? Comment se rapprocher dans une telle douleur tout en étant éloignés? Je veux te vivre et ne pas être seul, mais que veux-tu nous enseigner? A être unis? Mais comment en étant séparés? Jusqu’à ce que tu reçoives la couronne de la royauté…
Entre Pekoudei et Vaykra nous sommes tous dans le même bateau. Le printemps est arrivé, Pessa’h et l’espoir que Tu déchireras cette sentence. Lekha dodi likrat kala*, nous n’avons plus de force pour faire face et combattre…
Shema (écoute) Israel l’Eternel est notre Dieu ,l’Eternel est un…


בין תרומה לתצווה
יום הולדת קצת משונה
הכל רגיל כאן לכאורה
במה קהל ואהבה
בין תצווה לכי תישא
אסתר פורים משתה שמחה
מי יחנה ומי יסע
ומי ישא בתוצאה
בין כי תישא לויקהל
עולם מפסיק להתקהל
להשתתק להסתגר
ישמעל אדום וישראל
בין ויקהל לפקודי
אין איש בעיר ובשדה
כבר אין מול מי להתנהל
מגדל בבל שוב מתבלבל

מה אתה רוצה שנבין מזה
איך מתרחקים ומתקרבים בכאב הזה
רוצה לחיות אותך ולא להיות לבד
ומה אתה רוצה שנלמד מזה
ואיך נדע להתאחד בפרוד הזה
עד שניתן לך כתר מלוכה, כתר מלוכה

בין פקודי לויקרא
כולנו באותה סירה
אביב הגיע פסח בא
ואיתו תקווה רבה
שתקרע את רוע הגזירה
לכה דודי לקראת כלה
כבר אין לנו כוחות יותר
להתמודד להלחם

ומה אתה רוצה שנבין מזה
איך מתרחקים ומתקרבים בכאב הזה
רוצה לחיות אותך ולא להיות לבד
ומה אתה רוצה שנלמד מזה
ואיך נדע להתאחד בפרוד הזה
עד שניתן לך כתר מלוכה, כתר מלוכה
ומה אתה רוצה שנבין מזה
איך מתרחקים ומתקרבים בכאב הזה
רוצה לחיות אותך ולא להיות לבד
ומה אתה רוצה שנלמד מזה
ואיך נדע להתאחד בפרוד הזה
עד שניתן לך כתר מלוכה, כתר מלוכה

ומה אתה רוצה שנבין מזה
איך מתנתקים ומתחברים אל הלב הזה
רוצה לחיות אותך ולא להיות לבד
ומה אתה רוצה שנלמד מזה
ואיך נדע להתאחד בפרוד הזה
שמע ישראל ה’ אחד ושמו אחד, אחד ושמו אחד


Le clip se termine ainsi: Entre le mois de Adar et de Nissan, le Pour est tombé, c’est le destin, on dit aussi que c’est le moment de le vaincre
Nous commençons le quatrième round

A bientôt,

*Terouma et tetsave ainsi que Ki-Tissa, Vayakel, Pekoudei, Vaykra sont les noms des parashiot (parties de la Thora lues chaque Shabbat) que l’auteur égrène à la place des mois de l’année.

*Lekha dodi: chant de shabbat

La bataille de Malha

Comme certains d’entre vous le savent, j’habite Malha, un quartier campagnard au sud de Jerusalem, si calme, paisible et bucolique…

Les ruelles en escaliers grimpent jusqu’au sommet de la colline,

arrivent à la rue Hadishon

et plus haut dans le vieux Malha jusqu’aux maisons aux volets bleus

et aux jardins secrets…



Et pourtant, il n’en fut pas toujours ainsi:
En 1947, l’ONU avait prévu lors de son partage de la Palestine que Jerusalem serait une zone internationale, administrée par ses soins. Pour nous l’internationalisation de la ville était impensable…
Mais malheureusement, pendant la première année de la guerre d’Indépendance, les troupes juives, peu nombreuses face aux armées arabes et mal équipées, essuyèrent revers sur revers…

Aussi le 13 avril 1948, Mordekhai Raanan, commandant du district de Jerusalem pour l’Irgoun, va trouver David Shaltiel, commandant du district pour la Haganah. Il explique à Shaltiel que la gravité de l’heure et son sens des responsabilités lui commandent de placer ses troupes sous celle du commandement de la Haganah pour arriver à défendre la ville des attaques arabes.
Il informe aussi David Shaltiel de ce qu’il prévoit dès le départ des Britanniques pour préserver les acquis existants et défendre les Juifs de la ville. Il veut établir une zone de sécurité pour la population juive en se saisissant des bâtiments, appartenant auparavant à des Juifs mais réquisitionnés par les Anglais, constituant ainsi des zones sous controle uniquement britannique.*
Le but de Mordekhai Raanan est de créer une continuité juive avec les quartiers juives isolés, comme ceux de Talpiot et d’Arnona.

(Une des rues Bevingrad* réquisitionnées et vidées de leurs occupants juifs: l’avenue Princess Mary, maintenant Shlomtzion Hamalka. (Bibliothèque Nationale)

Les Anglais évacuent Jerusalem en mai 1948, aussitôt les forces juives prennent le contrôle d’endroits stratégiques. C’est ainsi que dans le centre ville, les combattants de l’Irgoun se saisissent des bâtiments des Assurances Generali au coin de Shlomtzion Hamalka et Yafo et de l’esplanade russe* transformée en prison par les Anglais. Ils s’emparent aussi plus au nord de l’Académie de police, où ils trouvent une quantité importante de munitions et de carburant et du quartier de Shimon Hatsadik*qui surplombe et donc contrôle la route menant à Har Hatzofim (Mont Scopus) dans le nord de la ville.

Pendant ce temps dans les quartiers sud:
En une opération conjointe, la Haganah essaye établir des contacts avec les quartiers juifs isolés au sud de la ville qui sont pris en étau entre la Légion Arabe et l’armée égyptienne, qui ayant atteint sans encombre Ashdod, ‘Hebron, et Bethlehem, s’attaque au verrou qu’est le kibboutz Ramat Ra’hel*(le Goush Etzsion est déjà tombé*)
C’est là que la coopération Haganah-Irgoun sera la plus efficace car le kibboutz ne tombera pas malgré le nombre ridicule de combattants juifs et leur sous-équipement, sans armes antichars, uniquement des fusils et une mitrailleuse Lewis qui datait de la première guerre mondiale*.

Qu’en est-il de Malha?
La colline de Malha est un autre verrou: celui qui contrôle Malha contrôle la seule voie ferrée* menant vers la plaine et Tel Aviv.

Avant la premiere guerre mondiale, le haut de la colline avait été occupé par des troupes turques qui utilisait ses grottes comme entrepôts. Les Turcs partis en 1918, ils avaient été remplacés par des familles de fellahs.

Dans les années 30, des séides à la solde du Grand Mufti, Hadj Amin Al ‘Husseini, en firent leur camp de base d’où ils partaient attaquer régulièrement les trains de la vallée et terroriser tout Juif qui s’aventurait en direction de Bethle’hem et de ‘Hevron.

(Malha en 1935: le médecin Rudy Goldstein et son dispensaire où sont sont soignés les familles arabes, collection de la famille Goldstein)


Le 11 juin 1948, est proclamé un premier cessez-le-feu de 4 semaines. Cette trêve est accueillie avec soulagement par les habitants de Jérusalem, civils et militaires. Les soldats sont épuisés par les violents combats et traumatisés par la pénurie constante d’armes et de combattants. Les civils peuvent sortir de leurs abris et accueillent avec enthousiasme les convois chargés de vivres. Les bombardements qui leur ont fait payer un si lourd tribut sont enfin terminés…

Pendant ces quatre semaines de trêve, des armes, du matériel médical, de la main-d’œuvre et de la nourriture affluent à Jérusalem pour la Haganah. L’Irgoun a également reçu des armes et des munitions depuis la plaine côtière. Les bases militaires, dispersées dans toute la ville, sont désormais reliées au quartier général, dans le quartier Katamon de Jérusalem. Les bataillons sont réorganisés et les troupes subissent un entraînement intensif, en vue d’une reprise des hostilités.

C’est à la fin de cette première trêve que le commandant de la Haganah, David Saltiel, ordonne de prendre le sud ouest de la ville pour créer un couloir de sortie sécurisé vers la plaine. Dans la nuit du 8 juillet 1948, la compagnie Yonathan de la Haganah s’empare du Mont Herzl, et dans la nuit du 12 juillet 1948, la colline de Bit Mazmil (Kiriat Hayovel) est conquise.

Vient alors le tour de la colline de Malha.
Shaltiel confie la tâche de conquérir Malha aux forces conjointes de l’Irgoun et de la Haganah. L’attaque commence le 14 juillet 1948, tout d’abord par des tirs de mortiers de l’Irgoun depuis le quartier de Katamon et ceux de la Haganah depuis Beit Vagan. Dans le même temps, la compagnie Yonathan prend d’assaut la colline de Miss Kerry* qui deviendra plus tard le moshav Ora. Les troupes arabes se retirent à Beit Zafafa et Beit Jala (banlieue de Bethlehem)

(Le moshav Ora aujourd’hui)

Malha se trouve en première ligne, face aux troupes de la Légion et aux troupes égyptiennes* qui sont postées de l’autre côté du wadi:
Les Arabes prennent alors d’assaut la colline El Ras, un escarpement rocheux, puis bombardent intensivement Malha. Les forces juives se trouvent à découvert: le sol est sec et caillouteux, elles n’ont ni le temps ni même les moyens de creuser des fossés pour se protéger.
Malgre intensité des combats, les Juifs transportent leurs blessés dans une grotte en haut de la colline mais ils doivent se replier et la Légion s’empare de la colline. Enfin les renforts arrivent de Katamon et Malha est conquise par les forces juives.
Malheureusement, les soldats blessés seront retrouvés exécutés et mutilés par les troupes arabes, sauf un qui a pu se cacher sous les corps de ses camarades. Après la guerre, les combattants de l’Irgoun demanderont une commission d’enquête qui n’a toujours pas été ouverte sur l’abandon des blessés par la Haganah qui était censée les évacuer.

Le 15 juillet 1948, le journal Davar peut enfin titrer: le village de Malha est entre nos mains

Entre les quartiers de Malha et de Ramat Sharet se trouve une plaque commémorative de la bataille de Malha sur une petite place, nommée la place des 18, en souvenir des 18 soldats tués. Le mot 18 s’ecrit חי (HaY) et veut aussi dire vivant.



Dans le vieux Malha se trouve la synagogue Zichron Reuven ben Tzvi Zecharia, du nom d’un des officiers de l’Irgoun.

Chaque fois que je flâne dans mon quartier, je pense à ceux qui ont donné leur vie pour que nous en profitions


A bientôt,

*La partage de la Palestine en 1947:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2017/11/28/le-29-novembre-1947-2/

*zones contrôlées par les Anglais ou zones Bevingrad : les Juifs les appelaient Bevingrad pour se moquer d’Ernest Bevin, alors Secrétaire aux Affaires Étrangères.

*L’esplanade russe:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2018/03/08/le-chemin-des-patriarches-5-la-traversee-de-jerusalem/

*Malheureusement, cinq jours plus tard, le 19 mai 1948, la Légion arabe (l’armée de Jordanie) attaqua Jérusalem et s’emparait de l’Académie de police et de Shimon Hatsadik:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2021/05/10/un-meme-quartier-shimon-hatsadik-sheikh-jarra/

*Ramat Rahel:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/10/10/ramat-rahel/

*Le goush Etzion:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2018/01/23/le-chemin-des-patriarches-4-le-goush-etzion/

*La bataille de Ramat Ra’hel: Le lendemain, le porte-parole de l’Agence juive a annoncé que l’attaque égyptienne sur le sud de Jérusalem avait été stoppée et que « l’Irgoun avait fait preuve d’un grand héroïsme ». David Shaltiel est allé plus loin et a noté qu’en contrant l’attaque égyptienne, l’Irgoun avait sauvé le sud de Jérusalem. L’héroïsme des combattants de l’Irgoun à Ramat Rachel a également été noté dans un ordre spécial du jour du commandant en chef de l’Irgoun et du commandant de district.

*La voie ferrée vers Tel Aviv:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/06/05/lancienne-gare-de-jerusalem/

*Miss Kerry: Alice May COra un complexe de prières pour les trois religions monotheistes.)




Le temps des pogroms (3/3)

A la mémoire d’Avi Har Even, directeur de l’agence spatiale israélienne et lauréat du Prix Israel pour la Sécurité.
Avi Har Even est mort cette semaine de ses blessures, à la suite des pogroms à Akko.

Avi Har-Even, Defense Min. Prize winner, dies of Acre riots injuries - The  Jerusalem Post

J’ai déjà écrit deux articles* sur les pogroms que nous avons subis. J’ai reçu quelques mails dubitatifs qui m’accusaient d’exagération. Aussi, voici quelques réflexions personnelles sur le sujet.

Tout d’abord, éliminons ce que ces violences ne sont pas.
– Ce ne sont pas le résultat de vengeances personnelles: Les Juifs sont identifiés en tant que Juifs et non pas en tant que personnes avec lesquelles les agresseurs ont un contentieux.

– Ces attaques ne sont pas le résultat d’une colère due une quelconque discrimination malgré le: pour nos jeunes ici il n’y a pas d’avenir ! déclamé comme un slogan sur les plateaux télé par les « militants » sociaux arabes.
Quand on sait qu’on entend les mêmes phrases dans tous les pays occidentaux, je me demande où en ont-ils donc un ? Et plutôt quel avenir serait-il pour eux non discriminant ?

– Ces attaques ne sont pas le resultat du כיבוש  (kiboush), conquête comme on l’entend trop souvent. Qu’est ce donc que le kibboush?
Le kibboush ou conquête c’est le résultat de la victoire israélienne lors de la guerre des 6 jours en 1967 : nous avons récupéré Jerusalem, la Judée, la Samarie et la bande de Gaza. Pardon d’avoir gagné* comme disait Ephraïm Kishon, mais ces territoires étaient prévus dès 1920 pour le Foyer National Juif et nous ont été arrachés en 1948.
Si le kiboush était responsable de ces agressions, cela aurait dû signifier qu’avant 1967, tout allait bien, qu’il n’y avait pas d’infiltrations terroristes, d’attentats etc… Vous savez bien que non…
En 2005*, nous sommes sortis de la bande de Gaza avec comme résultat une intensification de la terreur plus en profondeur sur le territoire israélien. Et si nous faisions l’impasse sur la Judée-Samarie, nous aurions à nos portes un état terroriste de plus. En effet, de nombreuses attaques terroristes palestiniennes ont pour origine la Judée et la Samarie (Cisjordanie), une zone située à proximité des centres de population israéliens. Entre les villes de ‘Hadera et de Guedera, la distance entre la ligne d’armistice de 1949 (la Ligne Verte) et la mer Méditerranée n’est que de 14,5 km. Cette partie étroite du centre d’Israël, qui s’étend le long de la côte, comprend la ville de Tel-Aviv et constitue le cœur de la vie économique d’Israël, où vivent et travaillent des millions d’Israéliens.
En fait, toutes les grandes villes d’Israël ainsi que la plupart des emplacements stratégiques du pays sont à portée de tir depuis la Judée et de la Samarie. Ainsi l’aéroport international Ben Gourion n’est qu’à environ 6 km de la Ligne Verte. Par conséquent, même des roquettes ou de simples obus de mortier à courte portée pourraient paralyser la connexion aérienne vitale d’Israël avec le monde.

En fait, les slogans criés en arabe lors des pogroms par les agresseurs sont des appels au djihad*.

Certains donnent une explication lénifiante de ce mot qui veut dire effectivement effort : il s’agit pour les musulmans d’un effort personnel pour réduire ses mauvais penchants. Toutefois, dans l’acceptation courante du terme le mot djihad signifie lutte contre les infidèles. Et les infidèles, il y a en a de toutes sortes, les non-musulmans et en particulier nous les Juifs, mais aussi les musulmans tièdes (ou ceux qui ne se reconnaissent pas dans l’islam), ceux qui rêvent d’une vie tranquille et familiale. Le jihad est une notion holistique à multiples facettes mais toutes tendent vers le même but : la sanctification du nom d’Allah et l’anéantissement des non-musulmans.
Le djihad a un aspect militaire que tout le monde connaît. C’est ce qu’on appelle le djihad biseif, le djihad par l’épée. Mais il ne concerne pas seulement ceux qui la manient. Ainsi celui qui va nourrir ou aider d’une quelconque manière le mouddjaeed, le combattant, celui-ci aussi a part au djihad.
Et dès les débuts de l’islam, des théologiens musulmans discutent du sujet : de combien sera la récompense divine pour celui qui aide le combattant du djihad ? Aura-t-il droit à un quart ou à un tiers de la récompense ? Et s’il lui donne un cheval, aura-t-il droit à un tiers ou à la moitié ?
En fait, la récompense est proportionnelle à l’aide et au résultat : ceux qui ont tué Yigal Yehoshoua* à Lod et Avi Har Even à Akko recevront bien plus que ceux qui se contentent de piller ou de brûler des appartements ou des voitures. Les jeunes qui attaquent des Juifs recevront plus que le voisin déjà âgé qui ne peut plus se battre mais se limite à désigner l’appartement de ses voisins juifs.

Ce qui veut dire que toute aide logistique fait partie du djihad. Aujourd‘hui donc, selon l’islam, tous ceux qui encouragent les organisations terroristes ou les pogromistes par des donations de toutes sortes, ceux qui filment, écrivent en leur honneur, ceux qui les encouragent sur les réseaux sociaux, tous ceux-là sont acteurs du djihad. Le djihadiste n’est pas seulement celui qui lance des missiles, c’est aussi celui qui les prépare, celui qui les paye, celui qui paye les familles des terroristes. Il existe donc un djihad économique, un djihad journalistique et n’oublions pas non plus le djihad de la prière ainsi que le djihad démographique : chaque femme qui met au monde un enfant en lui souhaitant d’être un moudjaheed et de mourir en chahid (martyr) participe au djihad*. On salue ainsi couramment la naissance d’un garçon en disant qu’il puisse mourir en shahid (martyr).

Pour le djihad tout est bon, et mentir au nom du djihad est recommandé :
Le 10 mai 1994, Arafat expliqua très clairement ce que sont pour lui les accords d’Oslo :
Le «Djihad» – la guerre sainte – continuera. Jérusalem n’appartient pas seulement au peuple palestinien; elle appartient à tous les mahométans! Concernant la Palestine et Jérusalem, ils doivent me laisser la responsabilité et me faire confiance.
Tous devraient le comprendre: Notre principal combat tourne autour de Jérusalem, le sanctuaire des musulmans. Chaque individu doit le réaliser. Avant de signer l’accord avec Israël, j’ai insisté sur le fait que je dois recevoir des Israéliens une lettre affirmant que Jérusalem est un des points à discuter absolument, et que cette ville ne fait pas partie de l’Etat d’Israël! Non, elle appartient bien plutôt à la Palestine, qui est le pays durable des Palestiniens. Cette lettre est très importante; j’ai donc insisté pour la tenir de la part des Israéliens. Le monde entier doit savoir de quoi il s’agit réellement. Jusqu’à présent, nous n’avons pas publié cet écrit. D’après cette lettre, nous sommes responsables de tous les lieux saints chrétiens et musulmans. Oui, nous devons venir pour livrer le «Djihad», la guerre sainte, contre Jérusalem pour la libérer, elle qui est la sainte ville des musulmans. C’est pour nous essentiel.

Donc pour nous ici, le djihad ce n’est pas seulement ce que fait le ‘Hamas, le ‘Hamas n’est que la pointe de l’épée qui nous menace depuis Gaza.

En fait, ironiquement le djihad est nécessaire aux Arabes pour lutter contre le veritable kibboush, qui n’est pas celui de 1967 mais date de bien avant, des débuts de l’organisation politique du sionisme, il y a 150 ans et qui est devenu une priorité dès la création de l’état d’Israel. Ceci est notre péché originel auquel les Arabes se sont opposés déjà par des pogroms depuis le début du 20 ème siècle. Les Turcs avaient déjà tout essayé pour anéantir le sionisme, par la loi de 1872*, par des exactions régulières, par l’expulsion des Juifs originaires de l’empire russe pendant la guerre de 1914…
Ils n’avaient pas réussi car leur empire était déjà bien malade et après la défaite de la première guerre mondiale et leur empire démantelé, ils n’étaient plus de force.
Une fois les Turcs (détestés car non arabes mais musulmans tout de même) partis, le pouvoir passe aux mains des infidèles chrétiens, les Anglais, et avec en plus l’espoir d’un pays indépendant pour les Juifs. C’est insupportable pour les Arabes.
Déjà les pogroms de 1920, 1929, les pogroms des années 30 qui culminent en 1936, ne se font pas au nom de revendications sociales, mais au nom de l’islam.
Dès 1928, l’islam au Moyen-Orient se dote d’une organisation qui deviendra vite internationale, celle des Frères Musulmans*. Elle se donne comme objectif de :
1- se débarrasser des étrangers non musulmans (les Anglais).
2- faire disparaître toute la culture étrangère en particulier tout ce qui a trait aux femmes et à l’égalité des droits entre les communautés religieuses et à la technologie moderne qu’ils réprouvent pour le peuple mais que pourtant ils utilisent.
3- faire appliquer la charia sur l’ensemble des territoires où vivent des musulmans.

Donc toute cette affaire des pogroms n’est malheureusement pas nouvelle.
Le problème c’est qu’Israel montre actuellement* une image de faiblesse et au Moyen-Orient, quand un pays a une image de faiblesse, les djihadistim l’attaquent.

Comme écrit Sivan Rahav-Meir dans son eulogie de Avi Har Even:
Les armes sophistiquées sont importantes, mais si Israël est parfois un maître de l’exploration spatiale, il oublie parfois le terrain intérieure. Ce Shabbat, nous lisons dans la parasha de cette semaine que les dix espions qui sont revenus du voyage en Terre d’Israël ont dit à propos de la rencontre avec les habitants : וַנְּהִי בְעֵינֵינוּ כַּחֲגָבִים – וְכֵן הָיִינוּ בְּעֵינֵיהם, nous étions comme des sauterelles à nos yeux – et donc nous l’étions à leurs yeux »
.

Avi Har-Even a reçu le Prix de la sécurité israélienne. Il était également à la tête de l’Agence spatiale israélienne, un colonel de l’armée israélienne, un membre senior de l’IAI (Israel Aerospace industries) Il s’occupait des satellites, des équipements de pointe, de la recherche et du développement, et a ainsi sauvé la vie de nombreuses personnes qui ne le savent même pas. Mais sa propre vie n’a pas été sauvée. Celui qui a conduit le système de sécurité israélien vers des sommets technologiques a été tué dans une attaque très primitive : des émeutiers arabes ont lancé un cocktail Molotov sur un hôtel d’Acre, alors qu’il y dormait. Avi, âgé de 84 ans a été grièvement blessé et est décédé des suites de ses blessures la nuit dernière.



(Hotel Effendi, Akko, photo transmise par son propriétaire Uri Jeremias)




Pour conclure, une analyse du Dr Mordekhaï Kedar* intitulée: Pourquoi les pogroms ont-ils été plus violents à Lod- Ramle que dans d’autres villes mixtes?

« La population non- juive de Lod-Ramle (les deux villes sont très proches l’une de l’autre) est composée de trois groupes distincts 
– Le plus petit : le groupe chrétien. Ce sont des gens calmes et sans histoire. Ils sont travailleurs et leurs enfants font en general de bonnes études. Ils se méfient des musulmans et essayent de faire profil bas face à eux (un vieux réflexe moyen-oriental du Dhimmi).
Les deux autres groupes sont musulmans mais d’origines différentes:
– Le premier est composé des descendants de fellahs urbanisés qui habitaient auparavant au sud d’Ashkelon. Comme ils apportaient une aide importante aux terroristes venus de Gaza (en Egypte à l’époque), David ben Gourion en a renvoyé une partie à Gaza (parmi eux, deux dirigeants du ‘Hamas: Ismail Hanyieh et le Cheikh Ahmed Yacine) et une autre à Lod-Ramle où ils ont occupé des maisons abandonnées en 1948.
– Le deuxième groupe est composé de bédouins arrivés du Neguev après plusieurs années de sécheresse. C’est chez eux qu’on trouve le plus grand nombre de crimes d’honneur et de vendetta.
Les chrétiens disent qu’ils se sont toujours entendus avec les musulmans du premier groupe
(des sédentaires comme eux) mais que les problèmes ont commencé avec l’arrivée des bédouins nomades


En conclusion: si ce sont des pogroms, n’en deplaise à certains, il est vrai que les pogromistes sont aussi animés par le profit (drogue armes, pillages).

Parmi les pogromistes, il faut noter que les bédouins de la région de Beer Sheva forment des bandes de plus en plus violentes et la police est souvent impuissante. Il est de bon ton de l’accuser inefficacité mais je crois qu’il s’agit surtout d’un manque criant de moyen et d’effectifs*. De plus, toutes ces années, beaucoup Israéliens, (y compris sans doute bon nombre de politiques) ont pensé que la société musulmane est intrinsèquement violente*, qu’on n’y peut rien et que tant qu’il s’agit de violences internes… sauf que cette fois, ce sont les Juifs qui en payent le prix. Espérons que les consciences se réveilleront et que les bonnes décisions seront prises.

A bientôt,

*Mes deux articles précédents sur les pogroms:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2021/05/13/le-temps-des-pogroms/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2021/05/14/le-temps-des-pogroms-2/

*Le Djihad »
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/07/16/djihad-en-solo/



*Pardon d’avoir gagné:

*Les Juifs de Gaza:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/08/29/les-juifs-de-gaza/

*Mordekhaï Kedar: orientaliste et professeur à Université Bar Ilan

*La violence dans la société musulmane:
Il est très difficile enquêter sur les meurtres a la suite d’une vendetta et surtout a la suite d’un crime d’honneur. Les familles et les voisins refusent de coopérer, les scenes de crime, ainsi que le corps sont nettoyés pour préserver l’honneur de la défunte disent-ils.
Un article en anglais de Mordekhaï Kedar sur le viol en tant que moyen de pression sur les opposants et arme de guerre

https://www.israelnationalnews.com/Articles/Article.aspx/15384

*Les frères musulmans:
Hassan el-Banna, fondateur de la société secrète des Frères musulmans, a défini son interprétation de l’islam en ces termes »une organisation complète qui englobe tous les aspects de la vie. C’est à la fois un état et une nation, ou encore un gouvernement et une communauté. C’est également une morale et une force, ou encore le pardon et la justice. C’est également une culture et une juridiction, ou encore une science et une magistrature. C’est également une matière et une ressource, ou encore un gain et une richesse. C’est également une lutte dans la voie d’Allah et un appel, ou encore une armée et une pensée. C’est enfin une croyance sincère et une saine adoration. L’islam, c’est tout cela de la même façon« 

*Les effectifs de la police israélienne sont de 4000 pour un pays de 9 millions d’habitants, à titre de comparaison les effectifs de la police française (sans la gendarmerie) sont de 150 000 pour un pays de 67 millions

*La loi turque de 1872 exemptait d’impots et de service militaire pendant 10 ans, tout musulman de l’empire s’il s’installait en Palestine. C’est ainsi que les Palestiniens peuvent être d’origines très différentes et venir de Bosnie, d’Afrique du Nord, du Caucase, d’Egypte, d’Irak etc…








Sarah Levy-Adler et le mont Canaan

Pour Henriette qui m’a fait connaître Sarah Adler-Levy…

Vous savez combien j’aime la Galilée.
Cette fois, je vais vous raconter l’histoire d’une femme étonnante, Sarah Levy-Adler qui se prit elle aussi de passion pour Eretz Israel et le nord du pays.



Elle n’aurait pas dû venir dans cette Palestine mandataire, alors aride et désolée. Née en 1872 à Melbourne dans une famille juive originaire des Pays- Bas, tout la destinait à devenir une respectable dame, chargée des organisations caritatives dans sa communauté. Tout? Ou presque! Parce que le virus du sionisme s’était introduit dans la famille: son père, Meir Adler, comptait parmi ses amis Théodore Herzl et Joseph Levy, son mari, fréquentait lui aussi régulièrement les réunions sionistes.

Pourtant Sarah et son mari ne partent pas tout de suite pour la Palestine. Ils quittent l’Australie pour les Etats-Unis puis pour Singapour où le couple fréquente la bonne société britannique.
La Palestine, ce sera pour plus tard. Les enfants du couple alors adultes et mariés, Sarah, son mari et son père devenu veuf se lancent alors dans l’aventure en 1926.

Le choc est rude. La terre d’Israel est pauvre et ses habitants encore plus. Aussi la famille de Sarah achète des terres dans des endroits qui qui ne sont pas encore peuplés comme Netanya, ‘Holon, Ramat Gan etc… et aide autant que faire se peut les Juifs à s’y installer.
En 1930, son père et son mari meurent à un mois d’intervalle. Voulant la réconforter, des amis la persuadent de se joindre à eux pour une excursion à צפת ( Tzfat ou Safed en anglais).


L’air pur des montagnes aux alentours et surtout la vue du הר כנען (Har Knaan) le mont Canaan, au nom si biblique, la décident d’acheter cet endroit et d’y créer un village d’artistes.

(Le mont Canaan en hiver, la photo est prise depuis Rosh Pina)

Les autorités mandataires n’osent pas refuser leur permission à une dame si bien introduite dans la bonne société britannique. Ils demandent même aux Arabes de la région de ne pas s’opposer au projet.
Sarah achète les terres à une riche famille libanaise de Beyrouth et les travaux commencent.
Son projet n’est pas simple: avant de créer le village lui-même, il faut construire une route, creuser des puits et amener l’eau au sommet de ce mont désolé et aride. Au bout de deux ans, les infrastructures terminées, les ouvriers construisent sur le sommet du mont Canaan, un grand bâtiment de 4 étages, un grand atelier adjacent ainsi que 10 maisons qui seront louées aux artistes pour une somme symbolique


Ces quelques maisons perdues sur une colline dénudée découragent les artistes qui font la fine bouche et en fin de compte, ne viennent pas.
Mais les habitants de Tzfat se pressent pour les remplacer, désireux de quitter leurs maisons branlantes et surpeuplées pour d’autres dotées de tout le confort moderne. Il faudra les départager par une loterie et les premières familles déménagent des 1933.
Dans ses souvenirs Mena’hem Cohen raconte :
Lors du déménagement,  j’avais quatre ans. Jusqu’au jour de ma mort, je me souviendrai de la sensation merveilleuse, et je ne trouve pas assez de mots pour décrire ce bonheur, d’entrer dans un nouvel appartement avec de l’électricité au lieu de vieilles et puantes lampes au kérosène, de l’eau courante sortant des robinets sans avoir à la pomper hors du puits ce qui à l’époque était considéré comme le summum du luxe, ce que beaucoup de lecteurs doivent avoir du mal à comprendre et à croire…
Les enfants vont à l’école à Tzfat dans un taxi loué par Sarah et le village est protégé par un garde, accompagné de son chien.
Mena’hem Cohen :
Il y avait un terrain à côté de chaque maison. Pour notre part, nous avons planté des oignons, de l’ail, des radis, diverses épices et fleurs. À ce jour, je me rappelle le goût des oignons, de l’ail et des radis que ma mère m’envoyait cueillir alors qu’ils étaient encore couverts de rosée et frais. Notre maison était la cinquième. Dans la quatrieme, nos voisins étaient Hugo et Trudi Graetz,  qui nous ont tout de suite adoptés. Hugo a ouvert une station météorologique près de chez lui, et Trudi, une artiste peintre particulièrement talentueuse, n’a eu aucun mal à trouver des paysages pour ses magnifiques et magnifiques peintures qu’elle a distribuées en cadeau à n’importe quel visiteur.

(Dessin tiré du livre d’or d’Hugo Graetz)

Une nouvelle famille s’installe. Ce sont des immigrants allemands. Ils ouvrent un café qui devient rapidement célèbre, il faut dire que c’est le seul dans la région et les touristes sont amenés par un bus spécial pour voir cette merveille qui rappelle la vieille Europe qu’ils viennent de fuir. Apres le café, la même famille construit alors un hotel qui lui aussi séduit les voyageurs.
Bref, le mont Canaan dont personne n’a jamais entendu parler charme de plus en plus de gens et se crée ainsi le קרית שרה ( Kiriat Sarah), le quartier de Sarah, qui se développe sur les pentes du mont Canaan et fait aujourd’hui partie de la ville de Tzfat.

Malheureusement cette vie idyllique n’a qu’un temps. Elle est rattrapée par les émeutes et les pogroms qui ensanglantent le pays à partir de 1936.
Si dans le quartier juif de Tzfat, les gens se sentent inquiets, vivre à quelques kilomètres de la ville devient dangereux et les parents craignent pour la vie de leurs enfants obligés de traverser le quartier arabe de la ville pour se rendre à l’école de la ville:
Mena’hem Cohen:
Ma mère était enceinte à l’époque… Sarah Levy l’a imploré de rester à Canaan et a promis qu’elle enregistrerait la maison dans laquelle nous vivions au nom du premier-né à Canaan. Mais ma mère a décidé que le danger était trop grand. C’est ainsi que mon frère, Amnon est né à Tzfat… Je me souviens de la beauté des jardins verdoyants, de l’air pur et surtout de la merveilleuse et gentille Mme Levy – une femme courageuse, déterminée et têtue…
Les Anglais eux-mêmes ont peur que ne se répète le pogrom de 1929, initié par les bandes du Grand Mufti Hadj Amin el Husseini*, qui les avait pris par surprise, la ville étant essentiellement peuplée de Juifs*. Ils décident alors d’évacuer tous les Juifs du quartier de Yad Sarah. Partout, dans tous les villages et kibboutzim, les Juifs se regroupent et s’organisent militairement.
Sarah Levy refusera de partir. Par chance, elle aura la vie sauve et l’hotel du Mont Canaan accueillera les soldats du Palma’h pendant la guerre. Elle les nourrira, partageant avec eux ce qu’elle fait pousser ainsi que les colis qui étaient jetés des avions Primus* utilisés pour ravitailler les populations juives isolées. Elle leur servira de mère, d’infirmière et tiendra à les bénir chaque fois qu’ils sortiront en opération.



(Pendant la guerre d’Indépendance, groupe du Palma’h devant l’hôtel du mont Canaan)

Elle sera surnommée la Cananéenne par tous ceux qui ont eu la chance de la connaître.

Sarah Levy est restée toute sa vie sur le Mont Canaan où elle est morte en 1969. Elle a été enterrée dans une tombe qu’elle avait préparée de ses propres mains sur sa montagne, grâce à une autorisation spéciale, approuvée pour par les ministres de la santé et des religions.
On raconte que les dernières années de sa vie, elle venait la balayer chaque semaine et s’asseyait sur un banc à côté, se remémorant ses aventures et répétait combien elle avait été heureuse de voir la résurrection d’Israel et était fière d’y avoir contribué.
Kiriat Sarah est maintenant un quartier sur les hauteurs de Tzfat

(Photo Shlomit Messika)

Certains de ses habitants actuels sont des descendants de ces familles, comme la famille Perl dont les deux fils Shmuel et Daniel ont crée le Betar a Tzfat en 1930

Ci-dessus, Sarah Roth avec un groupe d’adolescents, elle dirigea le Beitar pendant plusieurs années, tandis que Daniel passait dans la clandestinité.

(Daniel Perl et Sarah Roth)

Le gouvernement anglais fit interner Daniel dans un certain nombre de prisons à Mizra, Akko, Latrun, puis dans un camp en Erythrée et enfin dans un camp au Kenya.

(Le camp de Gilgil au Kenya, dessin de Leopold Pin’hasovitch, jabotinsky.org)


Bien que Sarah se soit surtout concentrée sur son projet du Mont Canaan, elle a participé avec la famille Rothschild au développement de l’hôpital de Tzfat où avait été soigné Trumpeldor* pendant ses derniers jours ainsi que la poétesse Rachel* atteinte de tuberculose. A partir des années 30, l’hôpital a été utilisé pour stocker des armes illégales pour des organisations clandestines du pays et a joué un rôle important dans la protection des Juifs de Safed. C’est maintenant l’un des hôpitaux les plus importants de la Galilée, après l’hôpital Rambam de Haifa.

Si vous partez en Galilee, passez par Tzfat, promenez vous dans ses ruelles, visitez le quartier des artistes, les antiques synagogues,

(Photo Shlomit ‘Hazan)

Visitez le petit musée Hameiri, qui n’est autre que l’ancienne laiterie de la famille Meiri, dont le fils a combattu aux côtés du Le’hi…

(Photo Shlomit ‘Hazan)

Et au lieu de commander une banale et internationale pizza, essayez le la’hou’h. Je sais c’est un peu difficile à prononcer mais c’est délicieux. Le la’hou’h est une crêpe spongieuse préparée par les Juifs du Yemen. Mon gendre se souvient de celles que lui préparaient ses tantes…


J’ai la recette:
Pour la pâte, il faut:
500 grammes de farine,25 grammes de levure fraîche ou 10 grammes de levure sèche, 3 cuillères à soupe de semoule,1 cuillère à café de sel,1 cuillère à café de sucre
Mélangez tous les ingrédients dans un mixeur avec 700 gr d’eau tiède pendant 8 minutes environ
Laissez la pâte doubler de volume à l’abri sous un torchon
Puis, faites des crêpes!
Vous pouvez les déguster avec toutes sortes de légumes crus, en salade, cuits, les recouvrir de matbou’ha* sans oublier le s’hug* etc…


Et souvenez vous le soir, כמה יפים הלילות בכנען (Kama yafim haleilot biknaan), combien sont belles les nuits de Canaan!

(photo Shlomit ‘Hazan)


Comme le dit la chanson:
Comme sont belles les nuits de Canaan, fraîches et lumineuses, le silence chante et mon coeur lui répond, le hurlement des chacals traverse le silence de la nuit.
Les chants vont et se perdent, seul un léger silence répond… Comme sont belles les nuits de Canaan!
Mes frères font paître les troupeaux, ils sont sortis les abreuver et ma Ra’hel, ma Ra’hel escalade les collines.
La neige fond sur le ‘Hermon, viens à moi, ma Ra’hel, aimons- nous…

A bientöt,



* La plupart des arabes avaient quitté la ville à la suite de la défaite turque en 1918 et étaient partis au Liban. Dans les annees 20, il n’étaient qu’environ 2000.

*Les avions Primus: Les premiers avions de reconnaissance de l’Armée de l’Air (à l’époque encore appelé «Air Service») de type «Oster» étaient appelés «Primus» en raison du grondement de leurs moteurs, qui rappelait le bruit typique du Primus domestique.


* Les camps de détention britanniques:
https://www.jewishvirtuallibrary.org/british-deportation-of-jewish-fighters-to-africa

* Matbu’ha ou salade cuite: salade composée de tomates et poivrons voire piments, epices au paprika, ail (et tout ce que vous aimez), ayant cuit à petit feu.

*le s’hug: sauce à base de piment, ail, coriandre, poivre, sel, grains de fenouil, cardamon, écrasés dans l’huile d’olive. Si vous n’êtes pas yéménite, soyez prudents

La Nakba

Lorsque les pogroms ont commencé, nous étions tous frappés de stupeur. Comment se fait-il que la société arabe d’Israel qui est en plein boum économique scie la branche sur laquelle elle est assise?

Des voix s’élèvent ça et là, et nous expliquent que l‘adresse était écrite sur le mur. J’essayerai plus tard, d’en rendre compte.
Même si la confiance officielle sera de mise entre les deux populations juives et arabes (et nous voyons tous les jours des publicités à la télévision qui nous rappellent que nos équipes médicales, celles qui ont vaincu le corona, celles qui se dévouent au quotidien, sont des équipes judéo-arabes israéliennes) malgre tout, la confiance de tous les jours de l’homme de la rue envers son voisin arabe sera bien plus longue à revenir, si tant est qu’elle revienne à cent pour cent.
Hier pendant shabbat, j’avais pensé qu’avant d’essayer d’analyser ce qui s’est passé et d’en chercher les causes premières, il était déjà urgent de déboulonner au moins un des mythes qui est répété ad nauseam depuis des années: en 1948, les Arabes ont vécu une Nakba, catastrophe, mise en parallèle à la Shoah.
Ce matin, alors que je réfléchissais à mon article, j’ai lu celui de Pierre Lurçat sur ce sujet! Il est tellement clair et documenté que je me permets de le reproduire sur mon blog:


15 MAI 1948 – 15 MAI 2021 : LE MYTHE DE LA NAKBA : L’ORIGINE D’UN MOT ET LE DÉBUT D’UNE FALSIFICATION DE L’HISTOIRE, PIERRE LURÇAT

MAY 15 2021

Written by Pierre Lurçat and from Overblog

(Extrait de mon livre Les mythes fondateurs de l’antisionisme, à paraître)

Selon plusieurs sources convergentes, c’est sous la plume de Constantin Zureiq, célèbre intellectuel syrien, né dans un foyer grec orthodoxe de Damas, que le terme de Nakba serait entré dans le dictionnaire politique arabe, avant de pénétrer dans le lexique politique contemporain.

« La défaite des Arabes en Palestine n’est pas une calamité passagère ni une simple crise, mais une catastrophe (Nakba) dans tous les sens du terme, la pire qui soit arrivée aux Arabes dans leur longue histoire pourtant riche en drames », assène Zureiq en ouverture de son ouvrage “Ma’an al-Nakba” (“Signification de la catastrophe”).

En réalité, pourtant, Zureiq n’avait pas tant à l’esprit la “catastrophe” de la naissance d’Israël, que celle de l’enlisement arabe dans le passé et du refus arabe de la modernité, comme il ressort de cette citation extraite de ce même livre :

La raison de la victoire des sionistes est que celui-ci [Israël] est enraciné dans la modernité occidentale, alors que la plupart d’entre nous y sommes encore hostiles. Ils (les sionistes) vivent dans le présent et dans le futur, alors que nous continuons de vivre dans les rêves du passé et de nous enivrer de sa gloire disparue”.

Recrues de l’Armée de libération arabe à Beersheva, 1948

On ne saurait mieux décrire l’attitude actuelle des dirigeants palestiniens, qui brandissent la Nakba comme une arme de guerre contre Israël, au lieu de tourner leur regard vers l’avenir… Comme l’explique Shmuel Trigano (1) :

La défaite de leurs armées et l’échec de leur politique, qui avait refusé le partage de la Palestine mandataire, se voient ainsi, avec la « Nakba », réécrits sous la forme stupéfiante d’une injustice congénitale dont ils seraient les victimes, attachée à l’existence même d’Israël qui, pour se constituer, aurait dépossédé de sa terre un peuple innocent afin de prendre sa place. D’agresseurs les Palestiniens deviennent des victimes. Et l’extermination d’autrui devient pitié et compassion pour soi même”.

On est ici au coeur de ce qu’on pourrait appeler le complexe d’infériorité-supériorité, profondément ancré dans la conscience arabo-musulmane, qui consiste à transformer toute défaite en accusation contre l’autre et à remplacer toute autocritique par une démonisation de l’autre, chargé de tous les maux, selon le principe bien connu du bouc émissaire. La Nakba, dans cette perspective, devient pour les arabes une manière facile de faire porter aux Israéliens et aux Juifs la responsabilité de leur défaite et de leur incapacité à affronter leur propre histoire.

La première Nakba : 1920 et non 1948

En réalité, contrairement à la version généralement admise aujourd’hui de l’origine de l’expression Nakba dans le vocabulaire politique arabe contemporain, celle-ci n’est pas née après 1948. La première Nakba ne date en effet pas de 1948, mais de 1920 ! L’expression “am al-nakba” (“année de la Nakba”) désigne ainsi l’année 1920, et on la trouve sous la plume de l’historien arabe chrétien renommé Georges Antonius, dans son livre fameux The Arab Awakening (Le réveil arabe) : 

« L’année 1920 porte un nom maudit dans les annales arabes : on l’appelle l’Année de la Catastrophe (Am al-nakba). Elle vit les premiers soulèvements armés qui eurent lieu pour protester contre la colonisation d’après-Guerre, imposée aux pays arabes par les Alliés. Cette année-là, de graves révoltes eurent lieu en Syrie, en Palestine, et en Iraq ».

Ainsi, la première Nakba des Arabes de Palestine n’a pas eu lieu en 1948, mais en 1920, et elle ne concernait pas la guerre israélo-arabe, mais le partage de la “Grande Syrie” entre les deux puissances coloniales française et britannique. Comme le rappelle le professeur Steven Plaut, qui a été un des premiers à relever l’utilisation originelle du mot Nakba dès 1920 (2) :

“Quand les forces alliées chassèrent les Turcs du Levant, les deux puissances principales, la Grande Bretagne et la France, se partagèrent le butin. La Grande-Bretagne obtint la Palestine, y compris ce qui est aujourd’hui la Jordanie, tandis que la France obtenait le Liban et la Syrie.

Le problème était que les Arabes palestiniens se considéraient comme Syriens et étaient considérés comme tels par d’autres Syriens. Les Arabes palestiniens étaient furieux de ce qu’une barrière artificielle fût érigée au sein de leur patrie syrienne par les puissances coloniales infidèles – une frontière qui allait séparer les Arabes syriens du nord des Arabes syriens du sud, plus tard nommés, à tort, « Palestiniens ».

La majeure partie des Arabes palestiniens avaient en fait émigré en Palestine, depuis la Syrie et le Liban, au cours des deux générations précédentes, majoritairement pour profiter de l’amélioration des conditions de vie et des opportunités de travail offertes par l’immigration sioniste et les capitaux qui affluaient dans la région. En 1920, les deux groupes d’Arabes syriens, ceux de Syrie et ceux de Palestine, déclenchèrent des émeutes violentes et meurtrières.

Rebelles dans la Ghouta en 1925 – pendant la “Grande révolte syrienne”

La “Nakba” désigne donc, dans son sens historique premier, la “catastrophe” du partage du Proche-Orient entre Français et Britanniques et de la fin de l’éphémère “Royaume de Syrie”, avec sa partition en Syrie du Nord et Syrie du Sud. Elle n’a rien à voir avec Israël, ni avec les “Palestiniens” (terme qui n’existait pas en 1920, les Arabes de Palestine mandataire se considérant eux-mêmes comme des Arabes et des habitants de la “Syrie du Sud” (Souriya al-Janubiyya).

Pierre Lurçat
http://vudejerusalem.over-blog.com/2019/12/le-mythe-de-la-nakba-l-origine-d-un-mot-et-le-debut-d-une-falsification-de-l-histoire-pierre-lurcat.html

Et pour compléter, voici d’autres articles intéressants sur le sujet:
-Celui de Steven Plaut dans le jewish world review:
http://lessakele.over-blog.fr/article-19408041.html

-Celui de Shmuel trigano sur JForum. com:
https://www.jforum.fr/les-trois-ages-du-mythe-de-la-nakba-une-deconstruction.html

-Celui de Daniel Krygier sur Mida:
https://en.mida.org.il/2018/06/04/real-nakba-debunks-palestine-myth/

Ce mythe de la Nakba ne perdure que par l’ignorance de ceux qui acceptent sans réfléchir le narratif imaginaire des Palestiniens. Ceux-ci depuis des années se forgent une identité en creux de l’identité juive: notre jour de la Shoah et notre jour de l’Indépendance sont devenus le jour de la Nakba.
Ont-ils subi un jour un génocide?
Ont-ils perdu leur indépendance?
Non et non! mais ils sont dans la concurrence victimaire et il leur faut toujours plus de morts et de deuils réels ou imaginaires pour exister. C’est ça leur véritable catastrophe.
Comme ils ne peuvent pas exister si l’autre existe, comme ils n’ont pas appris à faire une place à l’autre, ils doivent le détruire physiquement mais aussi le supprimer de l’histoire du monde.
Comme ils ne sont pas une nation* (ils n’ont en commun que l’Islam), malgré le trait de génie du KGB qui les a baptisé peuple palestinien en 1964, ils doivent bricoler dans leur coin. En fait, peu importe si leur bricolage tient ou non, car il est relayé par tous ceux qui détestent Israel et les Juifs, y compris certains Juifs qui pratiquent ce qui est un syndrome bien connu en psychiatrie, la Selbsthass, la haine de soi.

A bientôt,

*Non, les Arabes dénommés palestiniens ne sont pas une nation:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2018/02/16/une-nation-palestinienne/

Je crains les cessez-le-feu

Depuis ce matin à 2h nous sommes entrés dans cette période grisâtre, instable, nommée cessez-le-feu.

Mais enfin, diront certains, tu n’es jamais contente: des milliers de missiles en 11 jours! Cela ne te suffit pas?
Si, c’est plus que suffisant pour moi et surtout pour tous les habitants du nord du Neguev et du pourtour de Gaza.
Pourtant eux aussi sont très circonspects. Nous savons tous que jusqu’à présent, les deux organisations terroristes, le ‘Hamas et le djihad islamique n’ont jamais respecté aucun cessez-le-feu: un tir par ci, un par là, parfois un attentat et ensuite une annonce: ce n’est pas moi c’est l’autre! Comme c’est pratique de vivre à deux organisations terroristes au même endroit; un vrai couple, parfois des disputes mais au final une vraie collaboration.
Et cela juste au moment ou après avoir vécu sous un déluge de feu pendant ces 11 jours, les Israéliens voudront simplement respirer et vivre un peu.

Et puis on s’interroge: quelles conditions le gouvernement va t-il accepter?
Car celles de hamas sont inacceptables:
Un retrait de la mosquée Al-Aqsa, ceci pour renvoyer le waqf jordanien qui a le mandat de gestion des deux mosquées et nous empêcher d’intervenir lorsqu’ils préparent des émeutes ou attentats sur le mont du Temple, une totale liberté de culte, ce qui signifie en fait dans le langage très particuliers du Hamas que seuls les musulmans pourront entrer sur le mont du Temple*, la fin de l’expulsion des (4!) familles de Shimon Hatsadik (Sheikh Jarrah) pourtant décidée par la très libérale Cour Suprême, la libération des détenus lors de la dernière escalade, c’est à dire des dizaines voire plus de terroristes en circulation et la fin de l’agression contre le Bande de Gaza. Tiens nous les aurions agressés?

De plus les citoyens israéliens veulent le retour à la maison de leur 4 compatriotes aux mains de ‘Hamas.
Nous voulons le retour des dépouilles des soldats Hadar Goldin et Oron Shaoul et des deux civils Avera Mengistu et Hisham El Sayed qui sont peut-être encore en vie.

En haut: Hadar Goldin et Oron Shaoul dont les corps sont toujours aux mains du ‘Hamas
En bas: Avera Mengistu et Hisham el Sayed deux civils, peut-etre encore vivants



Mais je me trompe peut-être, ce cessez-le-feu sera peut être le bon, espérons…
En tout cas comme nous allons entrer dans quelques heures dans shabbat, voici quelques photos d’Israel, le vert du printemps n’a pas encore disparu:


Petit matin sur les collines de Jerusalem,

(Photo envoyée par Ronit Ron)

Le même petit matin, cette fois dans la vallée du Jourdain


(Photo Yaakov Peretz)

Vers le kibboutz Hazorea

Le Kinneret


Et la vallee de Yisreel

(Photo de Mendy Spund)

C’est encore vendredi, le souffle de l’air, la lumière et l’ombre jouent sur la table dressée, photos d’enfants sur le mur, des groupes en blancs reviennent de la synagogue… Et cette odeur qui griffe mon coeur, qui se faufile, se faufile et ouvre les portes vers un peu de bonheur, vers ce simple chant qui traverse nos générations
Des petits cadeaux, quelqu’un m’a envoyé de petits cadeaux, des éclats d’intentions, des cercles de foi, quelqu’un m’a envoyé des petits cadeaux comme la force d’accepter ce qui n’est pas et ce qui est. Que demander de plus?
C’est encore vendredi, un balcon et un journal. Le soleil s’efface comme les soucis, de simples mélodies nous parviennent des fenêtres et aucune tempête ici ne cachera le silence.
Parce que tu nous as choisis, mis à part et béni le shabbat


Shabbat shalom, que ce soit un shabbat calme et serein
שבת שלום שבת שקטה ושלווה

A bientôt,

*Vendredi après-midi sur le Mont du Temple: depuis midi des émeutiers lancent comme d’habitude des bouteilles incendiaires et des pierres sur la police.

La guerre continue…

Hier, jour de Shavouot nous n’avons reçu que 90 missiles. Ce qui a permis à beaucoup d’israéliens de se reposer quelque peu et parfois même dormir. Tandis que Tsahal continue de frapper fort dans le quartier résidentiel de Rimal où se trouvent non seulement les maisons des ‘Hamasnikim (membres du ‘Hamas) mais aussi divers centres névralgiques.
Tsahal a détruit plus de 100 km du métro de Gaza sur environ 150, en intoxiquant la presse avec cette information : une opération terrestre était imminente. La nouvelle a beaucoup réjoui les terroristes qui ont envoyé leurs troupes dans les tunnels, leur rôle étant de kidnapper des soldats isolés ou blessés. Evidemment l’information etait fausse.
Il n’y a bien sûr pas non plus de véritable métro à Gaza. On appelle ainsi les tunnels servant au stockage des missiles, à leur rampe de lancement et à la protection des terroristes et de leurs chefs.
Déjà en 2014, un caricaturiste, Shlomo Cohen avait publié ce dessin du métro de Gaza dans le journal Israel Hayom

Il l’a actualisé ainsi aujourd’hui:

Tsahal a bombardé les principales zones du métro grâce à une nouvelle technologie de repérage et tué ainsi bon nombre de terroristes.

Somme nous sortis d’affaire pour autant ? Je crains que non. Il semble que le Hamas dispose encore de quelques milliers de missiles.
Il est difficile de savoir quand et où le ‘Hamas va recommencer. C’est vrai que Tsahal l’a mis en difficulté mais cette armée terroriste est forte de 25 000 hommes très bien entrainés et armés et surtout aussi fanatiques que les terroristes de Daech. Leur idéologie est d’ailleurs la même : éliminer les Juifs et créer un califat.
De plus, l’armée a dû empêcher plusieurs attentats organisés par le Hamas en utilisant ses agents dormants en Cisjordanie et prêts à se suicider en criant Allah Akbar. L’un d’eux a pourtant réussi et s’est précipité sur 6 policiers à la porte de Sh’hem (porte de Damas)* au moyen d’une voiture bélier juste avant la fête. Ces 6 policiers ont été blessés et il a été neutralisé. Un autre cet après-midi à ‘Hevron, le terroriste s’est fait exploser accidentellement …


On a assisté aussi à un leger réchauffement du front nord : en tout 9 roquettes tirées du Liban et de Syrie. Elles sont tombées dans la mer ou sur le territoire libanais. Il s’agit sans doute de groupes palestiniens basés au Liban mais tout cela a lieu sous le patronage bienveillant du ‘Hezbollah* qui contrôle toute la zone sud du Liban mais qui jusqu’à présent s’est abstenu d’intervenir directement.
Et encore, quelques tentatives d’infiltration depuis le Liban à Metula et depuis la Jordanie…
Et j’allais oublier: les incendies volontaires qui détruisent les récoltes et tuent le bétail des paysans juifs comme en 2014*

Quant aux pogromistes (les musulmans de nationalité israelienne vivant parmi nous) ils ont l’air de s’être calmés pour le moment, quoi que les chefs de leurs ‘hamoulot* aient décidé d’une grève générale qui en fait ne touchera qu’eux ! Il faut dire que bon nombre sont actuellement arrêtés.
Un enfant arabe de Yafo a été grièvement brûlé par un cocktail molotov lancé par des musulmans qui pensaient s’attaquer à une maison juive et qui furent arrêtés par la police israélienne grace à des caméras de surveillance qui ont permis leur identification. Bien entendu immédiatement après l’attentat les bonnes âmes ont accusé les « colons d’extrême droite ».

Parmi les victimes de lynchage, plusieurs sont encore à l’hôpital, dont deux dans le coma après avoir subi plusieurs opérations neurologiques.
Enfin, Yigal Yehoshoua, 57 ans, qui a été attaqué en rentrant chez lui à Lod en début de semaine par les pogromistes, est mort hier de ses blessures


Comme nous avons détruit un immeuble où pérorent Al Jazeera et Associated Press (après avoir poliment demandé à tout le monde de sortir) et qui servait aussi de centre de commandement aux services de renseignements du ‘Hamas, la presse internationale est furieuse et prête foi aux accusations de ces deux agences de presse:
Le directeur général d’Al Jazzera, Mostefa Souag, a déclaré : Nous appelons la communauté internationale à condamner ces actions barbares…… Nous demandons une action internationale immédiate pour tenir Israël pour responsable de son ciblage délibéré des journalistes et des institutions médiatiques. 
Quant à Associated Press, ils ne sont pas en reste:
Le bureau de l’Associated Press se trouvait dans cet immeuble depuis 15 ans. Nous n’avons aucune indication que le ‘Hamas se trouvait et était actif dans le bâtiment. C’est quelque chose que nous vérifions avec célérité selon nos capacités.
Pour des journalistes cela fout mal de ne pas savoir qui habite à l’étage au dessous. En tout cas maintenant ils vont pouvoir chercher dans les coins et les recoins! Il n’est jamais trop tard pour bien faire!

Evidemment le Secrétaire d’Etat américain Anthony Blinken a aussitôt demandé les preuves que ces agences se trouvaient au dessus des services de renseignements du Hamas. Sans doute pense t-il que Tsahal détruit des bâtiments à Gaza pour le plaisir.


Quant au gouvernement français, je ne savais pas quel point il cultivait l’humour: Jean-Baptiste Lemoine, Secretaire d’Etat aupres du Ministre des Affaires Étrangères a declaré à l’Assemblée Nationale:
Nous appelons les autorités israéliennes à un usage proportionné de la force. Cela veut dire que nous pouvons envoyer sur les civils gazaouis 3500 missiles (c’est ce que nous avons reçu jusqu’à maintenant) au lieu de privilégier les centres de commandement du ‘Hamas et leurs officiers.
Je crains effectivement que toute cette affaire lui soit pour le moins tout à fait étrangère!

Savez-vous que lors des dernières manifestations pro-‘Hamas à Londres il y a deux jours, des convois de voitures, drapées du drapeau palestinien ont appelé par haut parleur à violer les jeunes filles juives?









Et sur la vidéo ci-dessus, vous pouvez entendre la phrase Khaybar, Khaybar ya Yahoud, Juif souviens-toi de Khaybar, appelant au meurtre des Juifs lors d’une manifestation a Bruxelles. On l’a aussi entendue à Paris et à Lille… Aucune réaction officielle en France ou en Belgique. En Grande-Bretagne, Boris Johnson s’est inquiété. C’est deja ça. Ce n’est que ça?

Qui protégera les Juifs en Europe?

A bientôt,

PS Pendant que j’écris, un bandeau orange s’affiche sur mon écran m’indiquant quels sont les villes et villages sous le feu du ‘Hamas. Nous avons déjà deux morts et huit blessés de plus cet après-midi

*Le ‘Hezbollah:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2020/10/11/quest-ce-que-le-hezbollah/

*Incendies volontaires:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/22/sur-tous-les-fronts/

*’Hamoulot:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2018/02/16/une-nation-palestinienne/

*Article de Liliane Messika:
https://mabatim.info/2021/05/18/les-medias-crient-au-mouton-en-se-cachant-chez-le-loup/

*Operation Tzuk Eytan, quelques articles de 2014:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/08/05/les-enfants-de-gaza/
https://wordpress.com/post/bokertovyerushalayim.wordpress.com/5043
https://wordpress.com/post/bokertovyerushalayim.wordpress.com/5041

Le temps des pogroms (2/3)

Chers amis,

Je reproduis ici le témoignage du sociologue Shmuel Trigano, paru sur jforum* et dans le blog Perditions idéologiques*
Il me semble important de le rebloguer surtout pour ce qui est dit dans les deux premiers paragraphes qui illustrent bien le faux vivre-ensemble qu’on connu les Juifs des pays arabes et qui est bien trop souvent passé sous silence.
Lors de la guerre des 6 jours, en 1967, ma belle-mère vivait au Maroc, elle reçut un coup de fil de sa soeur lui recommandant de renvoyer sous un prétexte quelconque sa femme de ménage car certains quartiers de Rabat commençaient à s’enflammer et les manifestants scandaient des slogans antisémites.
La femme de ménage avait refusé de partir en disant clairement: lorsqu’ils viendront piller ton appartement, je veux être présente pour prendre ce qui me plait, j’y ai droit moi aussi, cela fait vingt ans que je travaille ici!
Le pillage n’eut pas lieu car le roi ne voulaient pas de débordements qui auraient pu ensuite menacer son pouvoir.

Shmuel Trigano:

« Ce que j’ai vu à la télévision israélienne avant hier et hier ne me quitte pas un instant. Jamais je n’aurais cru que je verrai un pogrom anti-juif se produire dans l’Etat d’Israël souverain, dans le pays créé par le sionisme. Jamais je n’aurais pensé être envahi d’une angoisse archaïque, celle dont nous avons hérité de nos ancêtres dans les pays arabes, celle qui a étreint physiquement et moralement l’adolescent que j’étais en Algérie quand l’Etat français a abandonné un million de ses citoyens à la tourbe lyncheuse qui s’apprêtait à les assaillir, une menace si puissante et un abandon du pouvoir si grand que cette énorme population s’est volatilisée  en une quinzaine de jours, en une sorte de foudroyant nettoyage ethnique laissant derrière elle les cent vingt mille Harkis et des milliers de Français promis à une mort certaine, et dont le sort fut scellé réellement au lendemain du jour fatidique de l’Indépendance…

En entendant en direct à la télévision les témoignages des habitants juifs de Lod, j’ai crû revivre ces deux jours funestes de fuite éperdue qui ont détruit ma vie d’avant. Des « petites » choses qui émanent des témoignages de Lod me plongent dans des souvenirs charnels : la voisine qui indique aux émeutiers, en quête de destruction, l’adresse de ses voisins juifs; le voisin qui dit à une locataire juive que ce soir verra sa fin, autant de comportements vécus il y a 60 ans.

Dans toutes les villes de population mixtes de semblables scènes de violence anti juive se sont produites: Lod, en premier, Yafo, Akko, Haifa, Ramleh, Jerusalem et jusqu’au Negev où les Bédouins ont détruit un grand nombre de lampadaires sur une route d’accès à la ville d’Arad faisant obstacle à toute circulation sous une pluie de pierres.

A Lod les dégâts sont considérables: un grand nombre de voitures, un musée, des magasins, le mobilier urbain ont été incendiés, autant de stations dans le parcours systématique de la ville par des groupuscules d’émeutiers en quête de Juifs à attaquer et de maisons à bruler. Des scène de fin des temps nous montrent un quarteron de policiers exfiltrer des familles juives entières qui n’ont pu emporter de chez elles que le strict nécessaire, pour fuir avant d’être attaquées, voire tuées, laissant leur appartement à l’encan pour le retrouver saccagé à leur retour; scènes de Juifs emportant leur Sifre Torah pour qu’ils ne soient pas brûlés comme le sera leur synagogue.

Et pire que tout, la police qu’on appelle et qui ne répond pas et ne vient pas malgré les appels répétés. On a pu entendre en direct le poignant appel au secours du maire de Lod à la police, à l’armée. Sans réponse. Il n’y a rien de pire que ce sentiment d’abandon, cette exposition à une mort possible qu’on attend sans ne pouvoir rien faire. Ce sentiment ne m’a jamais quitté depuis l’exode d’Algérie. Et voir tout cela aujourd’hui ravive une expérience vécue dans ma chair.

C’est une guerre de religion qui se mène: trois synagogues, un  Beit midrach incendiés, le mufti de la mosquée encourageant les émeutiers à partir à l’assaut des Juifs, le cimetière juif de Ramleh incendié…. Les Juifs sont clairement attaqués au cri de guerre du djihad « Khyber O Juifs, l’armée de Mohamad est de retour », « Allah Akar », « Nous rédimerons la mosquée El Aqsa »…

Tout avait commencé quelques jours auparavant: des Juifs étaient agressés et battus par des Arabes: un rabbin à Jaffa, un jeune enfant ultra orthodoxe dans le tramway de Jerusalem (dont le film a fait le tour des réseaux sociaux ), des passants juifs agressés en se rendant au Mur dans le vieille ville, sans raison, si ce n’est qu’ils avaient des signes les identifiant comme Juifs. Les gens qui ont vécu dans les pays arabes savent que le Ramadan est un mois dangereux pour les non musulmans, durant lequel ils étaient souvent victimes de violences, sinon plus.

Mais que la situation des pays arabes d’antan se reproduise dans l’Etat d’Israël, celà restait pour moi inimaginable. Si les drapeaux Palestiniens de l’OLP flottaient parmi la foule lyncheuse des manifestants arabes israéliens, au moment même ou le pays dont ils sont les citoyens égaux, est attaqué par l’ennemi, le facteur djihadique de leur violence reste décisif.

Tout est parti en effet de Jérusalem où le Hamas a voulu s’illustrer pour emporter l’adhésion des masses au moment même ou le chef de l’Autorité palestiniène (du Fatah et pas du Hamas) annulait une énième fois les élections, en provoquant des émeutes et en faisant courrir le bruit que  « les Juifs profanent El Aqsa » ou « ils mettent le feu à El Aksa », « ils vont monter sur « l’esplanade des mosquées », autant de mensonges très classiques (qui ont toujours enflamé les émeutes à Jerusalem). Il n’en fallait pas plus pour provoquer l’embrasement attisé par les autorités religieuses, le Mufti , les députés arabes de la Knesset,  les islamistes israéliens. Aucun appel au calme des instances musulmanes israéliennes, des députés des listes arabe et islamique, une attitude qui montre bien de quel coté ces partis se tiennent derrière leurs discours trompeurs.

Que se passera-t-il ce soir? Il circule quantité d’armes illégales dans le secteur arabe. Mais aussi à quoi ressemblera la société israélienne de demain? La guerre pour Jérusalem a-t-elle commencé? »

Je nous souhaite un bon shabbat, un shabbat tranquille et sans crainte.

*Jforum:
https://www.jforum.fr/un-pogrom-dans-letat-disrael.html

Perditions idéologiques:
https://perditions-ideologiques.com/2021/05/13/un-pogrom-dans-letat-disrael/
Merci à Kravi pour son envoi