Ils sont devenus fous, ces Français !!!!!

Sous la plume de Michel

Habitant depuis quelques années en Israel, j’ai peu suivi le déroulement de la campagne pour l’élection  du Président de la République.

Bien entendu, je n’ai pas pu échapper au tapage médiatique concernant ce que l’on a appelé les « affaires ». J’ai été surpris aussi par le nombre de petits candidats qui se situent pratiquement tous aux deux extrémités de l’échiquier politique et qui utilisent cette élection comme tribune pour la promotion de leurs idées, idées souvent complètement déconnectées de la réalité. L’exigence de démocratie poussée à son extrémité s’apparente dans ce cas à une grande farce.  

Mais ce qui m’a réellement frappé et inquiété, ce sont les prévisions des derniers sondages. Certes ceux-ci ont mauvaise réputation consécutivement aux erreurs concernant le Brexit et l’élection de Donald Trump. Mais tout de même, ils sont à peu près homogènes dans le temps et quel que soit l’institut de sondage. Alors les francais se diviseraient en 4 groupes à peu près égaux en nombre. Ceci est déjà nouveau mais surprise inquiétante la moitié d’entre eux se partageraient entre deux candidats extrémistes :
– un candidat post communiste, ami de Castro et de Chavez, qui propose en plus d’un programme économique irréaliste, une crise constitutionnelle qui viendrait s’ajouter à la crise économique actuelle.
– une candidate à l’extrême droite qui promeut le retour à un nationalisme révolu qui dans le passé a causé bien des malheurs à ce pays.

Nostalgie quand tu nous tiens ….
Nos deux candidats précités nous ramènent des décennies en arrière. Chacun d’entre eux veut à sa façon quitter l’Europe et prend modèle sur des systèmes qui ont amené dans le passé guerre et désolation.

Qui plus est, une partie non négligeable de leurs troupes ne cache pas son extrémisme et vient ainsi parfois parasiter le discours rassurant du leader. Ceux-ci semblent par ailleurs être seuls en capacité à gouverner dans leurs camps respectifs.     

Là nous sommes devant une situation inédite et dangereuse.

Alors que s’est-il passé ? 50% des francais sont-ils devenus subitement sourds, aveugles et amnésiques?  
Est-ce le cumul des effets de la crise économique et de ceux des attentats terroristes qui provoquent une telle désespérance que toute solution nouvelle est bonne à prendre ?
Je ne sais pas répondre à cette question.
Quel que soit le vote de demain, des sociologues devront se pencher sur le sujet à moins que le nouveau pouvoir en place ne leur en laisse pas la liberté…

Bon vote et bon week-end!

Nos soldats ne prennent pas de vacances!

Chers amis,

Je ne vous ai pas oubliés malgré une absence de plus d’un mois, loin de mon clavier.
Comme vous le savez, lors du Seder de Pessah, nous versons un peu de vin dans un saladier à l’annonce de chacune des plaies et au fur et à mesure, nous le noyons en y rajoutant de l’eau,   pour finalement jeter tout le contenu, symbolisant ainsi la disparition de toutes les plaies.
Ma belle-fille ‘Hani a instauré une nouvelle coutume: à chaque fois qu’on verse le vin, elle prononce le nom d’une organisation terroriste qui va se retrouver, elle aussi, symboliquement noyée. Malheureusement il y en bien  plus que de plaies et nous devons en rajouter à chaque fois une ou deux.*
Ce n’est pas politiquement correct, j’en suis sûre mais les Juifs ont longtemps appelé les choses par leur nom sans fausse honte et adoucissements cosmétiques et il serait temps que tous fassent de même.


Dans le même temps, nos soldats continuent à soigner les blesses syriens qui arrivent à la frontière sur le Golan.

Mais cette semaine, pour la plupart d’entre nous, ce sont les vacances. Non seulement, les Israéliens sont  sortis d’Egypte mais partis se promener de Metulla à Eilat.
Pour les inconscients qui auraient voulu passer quelques jours dans le Sinaï, c’est raté. Israel a fermé sa frontière avec l’Egypte, les bédouins jihadistes nous ayant envoyé une roquette.
L’armée est évidemment en état d’alerte absolu. Certains soldats sont restés loin de leur famille pour que nous puissions tous profiter de cette semaine de vacances.

Heureusement qu’il y a pour eux les בתי החייל (batei hayal) ou maisons du soldat.
Ce sont des hôtels où ils peuvent se reposer lors d’une permission, dormir dans un vrai lit, manger correctement, laver leur linge, voir un film…Comme tous les « soldats isolés » mon fils fut un assidu du בית החייל (Beit ha’hayal) de Kiriat Shemona, il y a déjà longtemps… Il se souvient d’une petite dame de fer ‘Hanita Attias Kedar* du kibboutz Maagan.
Volontaire de l’association « Pour le bien-être du soldat », ‘Hanita avait été embauchée au début des années 90 par Yitshak Rabin pour récolter des fonds dans les pays francophones et fonder un Beit Ha’hayal à Kiriat Shemona dans le bâtiment d’un vieil hôtel à l’abandon: « J’étais fière d’avoir récolté tout cet argent et de pouvoir offrir une halte bienfaisante aux soldats stationnés dans le nord ou qui partaient pour le Liban ».

(‘Hanita Attias-Kedar au kibboutz)

Il y a actuellement une dizaine de בתי החייל (batei Ha’hayal), dispersés dans tout le pays depuis Kiryat Shemona jusqu’à Eilat.

Il ne faut pas les confondre avec les בתי הלוחם (batei halo’hem), ou maisons du combattant, fondées par ארגון נכי צה »ל (irgoun nekhei Tsahal) l’Organisation des Invalides de Tsahal.


L’organisation des Invalides de Tsahal a été fondée en 1949 par une poignée d’anciens combattants handicapés. Elle fournit une assistance complète à tous les soldats et au personnel de sécurité qui ont été blessés au cours de leur service.
Israël compte 50 mille anciens combattants handicapés de Tsahal blessés au cours des guerres, dans diverses missions sécuritaires et dans des attentats terroristes. L’organisation des vétérans et handicapés de Tsahal les aide et les conseille en ce qui concerne leurs droits mais aussi dans le processus de leur rétablissement et de leur intégration à la vie la plus normale possible*.

Elle a aussi construit pour eux ces  בתי הלוחם (Batei halo’hem) maisons du combattant qui leur sont réservées. Ce sont des centres de soin et de  réhabilitation mais aussi des centres culturels et sociaux, offrant une gamme très élargie d’activités à toute la famille.


Voici le Beit Halo’hem de Jerusalem:

:La grande pelouse qui jouxte la piscine

A bientôt,

* Simplement celles qui veulent détruire Israel:
Le Fata’h et les Tanzim, le Front de Libération de la Palestine, le Front de libération Arabe, le Djihad Islamique, le ‘Hezbollah, Daesh, le ‘Hamas et les Frères Musulmans, Al Qaida, les Libérateurs de la Galilée etc…

* ‘Hanita Attias Kedar a un CV impressionnant: elle a aussi dirigé une  מכללה (mikhlala), l’équivalent d’un IUT dans la vallée du Jourdain pour les soldats démobilisés et a travaillé pour Israel en Afrique

* L’organisation des invalides de Tsahal leur fournit des soins physiques et psychologiques, une assistance juridique, les aide pour l’obtention de logements ou voitures adaptés, leur permet d’avoir des réductions sur un certain nombre de taxes comme les impôts locaux, leur propose des cours pour accéder à un en emploi etc… sans compter toutes les activités de loisir qui concernent tout la famille.

* Voici le site  du Beit Halo’hem de Jerusalem:
http://bh-j.inz.org.il/index1.asp?cat=141

Le bon, la brute et le truand, Pourim 2017

L’histoire de Pourim, vous pensez tous que vous la connaissez?
Que nenni! En voici la version spaghetti:


« Tout a commencé par une grande fête organisée par A’hashverush.
Tout le monde était content jusqu’à ce que Vahti sa femme, lui fasse fadi’ha en refusant de faire son numéro de strip-tease.

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L’un des conseillers du roi proposa alors de l’assassiner et de trouver une nouvelle femme. A l’issue d’une longue compétition, on choisit enfin la remplaçante: Esther, qui décida de cacher qu’elle était juive (et hop! le Maguen David sous son pull).
Le conseiller Haman reçut alors les pleins pouvoirs et exigea que chacun lui lèche ses babouches.
Mordekhaï refusa sous le prétexte futile qu’il était Juif et qu’un Juif ne se prosternait pas. Haman n’apprécia pas, mais alors pas du tout!

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(Sur la photo, on voit combien il ressemble à son cousin, le célèbre vizir Iznogood)

Apres réflexion, il trouva une solution… finale à ce désagrément.
A’hashverush se laissa convaincre, grâce à… une boukhta d’argent pour sa tirelire et l’explication que ces « dossim »* détruisaient son royaume!

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Haman tira au sort la date de l’extermination des Juifs, la nota sur son agenda pour le 13 du mois de Adar (le lendemain de son rendez-vous chez le dentiste) et demanda à ses partisans de  s’organiser en vue d’un bon petit pogrom.

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Quant à Mordekhaï, il lui réserva un traitement spécial et personnalisé en lui préparant une potence de 50 ama*. Ce qui ne m’étonne pas du tout: l’histoire se passe en Perse et d’après ce que je sais, les potences y sont toujours d’actualité!

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Qu’est ce que ça pouvait bien faire à tous ces braves gens de savoir  qu’en réalité les Juifs étaient de bons citoyens et que Mordekhaï lui-même avait un jour sauvé le roi? Rien du tout. Depuis quand extermine-t-on les Juifs parce qu’ils se conduisent mal? On les tue parce qu’ils sont Juifs, c’est tout!

Or une nuit, après s’être empiffré une fois de plus, A’hashverush ne réussissait pas à s’endormir. Il se souvint soudain qu’il devait une faveur à Mordekhaï pour un service rendu, une broutille: Mordekhaï lui avait simplement sauvé la vie en déjouant un complot. Mais bon, A’hashverush était bien élevé. Il prit son téléphone, réveilla Haman en pleine nuit et lui demanda comment honorer son sauveur. La conversation n’a pas du être très claire, peut-être brouillée par les services tout à fait secrets…
En fin de compte, Haman  compris tout de travers et pensant qu’il s’agissait de lui, proposa pour lui, le nouveau chouchou du roi, non pas un tour de la ville sur un cheval, mais Le tour de la ville sur Le cheval du roi et bien sûr, avec tous les médias flashants et crépitants.
Or finalement,  qui fit le tour d’honneur sur le cheval du roi?
Regardez Mordekhaï caracoler sur la fresque de la synagogue de Dura Europos:

synagogue-doura-europos


Cependant, Esther avait compris  que la corde se resserrait un peu trop. Elle décida d’aller trouver le roi.

esther-de-vant-le-roi-manuscrit(Esther devant le roi, manuscrit hébraïque du nord de la France, 15 ème siècle)

Lors d’une fête cocktail privée, elle révéla à A’hashverush qu’ Haman voulait détruire son peuple à elle, la reine, et qu’il s’était même permis… des privautés envers elle.

jan-victors-le-banquet-desther(Le banquet d’Esther, Jan Victors)

Krak boum trakh!
A’hashverush décida de se « séparer » d’Haman et donc, de le pendre à cette même potence qu’Haman avait préparé pour Mordekhaï. 

Et ‘Haman fut pendu, lui et ses abominables rejetons, tous plus antisémites les uns que les autres!

megilat-esther-14eme-siecle(Meguila d’Esther du 14 ème siècle)

Mais ce n’était  que le début du happy end.
Mordekhaï reçut alors le job d’Haman, chouchou du roi, et le jour prévu pour l’extermination devint le jour de la délivrance.

Et apportez les plats du festin!

pourim-festin

Bon, j’ai résumé un peu vite, mais vous avez compris l’essentiel.

meguilat-esther-pourim-2
Et au cas ou*…

Mais comme le dit Noam Yaakobson*, qui nous raconte cette histoire dans la vidéo ci-dessus: C’est vrai, l’histoire d’Esther est un western intéressant. Mais comment est elle entrée dans le Tanakh? Dieu n’y est pas mentionné même pas une fois!

En vérité, bien que Dieu n’intervienne apparemment pas dans ce récit, selon les sources juives, il s’agit bien là des relations entre l’homme et Dieu.
Haman a une conception du monde qui met l’homme au centre de la création sans qu’il y ait de place pour Dieu. C’est celle que propose le serpent du gan Eden qui affirme à Adam et ‘Hava « Vous serez comme Dieu« . Ce qui peut être vu comme un humanisme, peut dévier vers la glorification du sur-homme et du culte de la personnalité. De ce fait, « l’humanisme » façon Haman (qui n’accepte que sa vérité) apparaît être un facteur anarchiste qui menace tout d’abord la stabilité du régime et se transforme brutalement et rapidement en dictature mégalomane
A l’inverse d’Haman, Mordekhaï est appelé « le Juif » dans le texte. Comme si on ne savait pas qu’il l’était! C’est pour insister sur sa conception juive du monde qui place certes l ‘homme au centre de la création mais en se rappelant qu’il y a un créateur. Pour Haman, il est impensable que cette conception du monde survive et il doit donc tuer Mordekhaï.
Mais en bon antisémite qui se respecte, il se souvient que si un Juif est coupable, alors tous les Juifs sont coupables et il en arrive à la solution finale.
Bref, – souvenez-vous, conclut Noam, ce que המגילה מגלה (hamégila mégala = la meguila révèle), c’est que même, lorsque le monde est obscur et que le nom de Dieu n’apparaît pas, il est pourtant là, en secret (en secret se dit en hébreu bé Esther בהסתר)…

פורים שמח

Pourim Samea‘h

A bientôt,

*une amah +50 cm, donc 50= 25 m. C’est dire comme Haman était en colère!!!

*Noam Yaakovson: un des anciens de Latma TV.
Il a dédié cette vidéo à Udi Vogel « mon ami, toujours optimiste, croyant toujours que le bien l’emporterait » et qui fut assassiné par des terroristes, chez lui à Itamar,  ainsi que sa femme Ruth et trois de ses enfants, Yoav, Elad et Hadas, le 11 mars 2011.

famille-vogel

*au cas où: articles sur Pourim:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/03/24/un-supplement-dame/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/03/05/au-bord-des-fleuves-de-babylonie/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/02/22/adloyada/

*dossim: prononciation yiddish de datiim (pratiquants), employée par dérision

 

La Cour Suprême d’Israel

Il y a bien longtemps,
 » …Dvora, la prophétesse, femme de Lappidoth, gouvernait Israël à cette époque.  Elle siégeait au pied du « Palmier de Dvora », entre Rama et Béthel, dans la montagne d’Ephraïm; et c’est à elle que les Juifs s’adressaient pour obtenir justice:
וּדְבוֹרָה אִשָּׁה נְבִיאָה, אֵשֶׁת לַפִּידוֹת–הִיא שֹׁפְטָה אֶת-יִשְׂרָאֵל, בָּעֵת הַהִיא. ה וְהִיא יוֹשֶׁבֶת תַּחַת-תֹּמֶר דְּבוֹרָה, בֵּין הָרָמָה וּבֵין בֵּית-אֵל–בְּהַר אֶפְרָיִם; וַיַּעֲלוּ אֵלֶיהָ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, לַמִּשְׁפָּט

De nos jours, les juges ne siègent plus sous un palmier ou aux portes de la ville comme a l’époque du Tanakh mais dans les tribunaux ou dans des cours de justice*. La Cour Suprême en est la plus haute instance.
La Cour suprême siège à Jérusalem. Elle est compétente pour juger des appels contre les jugements des tribunaux de districts dans toutes les procédures . Elle aussi une compétence particulière en tant que Haute Cour de Justice et surveille ainsi la légalité des actions des tribunaux et la légalité des actions et décisions des autorités de l’Etat, des autorités locales, d’organismes et de personnes remplissant des fonctions publiques en vertu de la loi.

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Jusqu’en 1992, elle se trouvait sur l' »Esplanade Russe »*. La veuve de James de Rothschild proposa alors de l’installer dans le quartier administratif.  Les architectes Ram Karmi et Ada Karmi Melamed furent choisis pour ce projet.
Pour loger une institution au pouvoir si important, les architectes ont pensé le bâtiment de telle manière qu’il reflète les exigences de justice telles qu’elles sont données dans la Thora:
Les façades extérieures  du bâtiment sont recouvertes des pierres de Jerusalem et décorées de hautes et étroites fenêtres. Elles rappellent ainsi les murailles de la ville et leurs archières en souvenir des juges qui siégeaient aux portes des villes:
« Tu institueras des juges et des magistrats dans toutes les villes que l’Éternel, ton Dieu, te donnera, dans chacune de tes tribus; et ils devront juger le peuple selon la justice » (Deut 16, 18-19)
שֹׁפְטִים וְשֹׁטְרִים, תִּתֶּן-לְךָ בְּכָל-שְׁעָרֶיךָ, אֲשֶׁר יְהוָה אֱלֹהֶיךָ נֹתֵן לְךָ, לִשְׁבָטֶיךָ; וְשָׁפְטוּ אֶת-הָעָם, מִשְׁפַּט-צֶדֶק.

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Entrer dans le bâtiment, c’est commencer un voyage initiatique ou se mêlent références bibliques et tradition juive.
L’entrée est assez sombre. Elle est décorée d’un tableau sur lequel on voit les membres de la famille Rothschild, les architectes, Yitshak Rabin et Shimon Peres discutant du projet:
cour-supreme-tableauet aussi d’une magnifique mosaique retrouvee dans les ruines s’une synagogue à ‘Hamat Gader

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Mais là, commence une montée vers la lumière.

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Par un escalier bordé par un mur en pierre de Jerusalem, le visiteur arrive face à une grande baie vitrée panoramique de laquelle on a une belle perspective de la ville.

cour-supreme-baie-panoramique

Cette montée vers le savoir et la clarté est symbolisée par la pyramide qui domine le toit du bâtiment. 

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Elle a été inspirée par les tombes d’Avshalom et du prophète Zacharie au pied du Mont des Oliviers:

tombeau-de-zacharie

L’architecture intérieure du bâtiment est très particulière. Non seulement la lumière naturelle est utilisée dans tous les passages et salles d’audience mais tout l’espace est dessiné selon un mélange de ligne droites et courbes, illustrant le principe biblique qui veut que la recherche de la vérité et de justice se fasse tout en préservant la bonté et la miséricorde.
La ligne droite est l’expression visuelle des concepts de loi, droiture et droit chemin comme il est écrit (Psaume 119, 137):

« Tu es droit Seigneur et tes jugements sont droits
צַדִּיק אַתָּה יְהוָה; וְיָשָׁר, מִשְׁפָּטֶיךָ

 

cour-supreme-cour-interieure(cour intérieure, photo i-stock)

Le cercle exprime par sa forme arrondie la miséricorde qui doit régner dans l’application de la loi comme il est écrit:

« Il restaure mon âme, il me guidera dans les cercles de justice (Psaume 23 3)
נַפְשִׁי יְשׁוֹבֵב; יַנְחֵנִי בְמַעְגְּלֵי-צֶדֶק, לְמַעַן שְׁמוֹ

Dans la salle des pas perdus, les sièges des visiteurs se trouvent dans des alcôves arrondies:

cour-supreme-salle-des-pas-perdus
Située dans la pyramide, la bibliothèque de jurisprudence  est elle-même de forme arrondie:

cour-supreme-bibliotheque

Les salles d’audience ont la même structure architecturale. Là encore, la lumière naturelle les éclaire à travers des lucarnes construites entre les murs intérieurs et les colonnes, elles-mêmes symboles d’une séparation entre l’extérieur et l’intérieur.

cour-supreme-salle-daudience

 

Si la Cour suprême d’Israël siège normalement en formation de trois juges, elle est composée de 14 membres* (12 permanents et 2 temporaires). La nomination de ses membres s’effectue par un comité de juges, établi par une loi fondamentale: celle de la magistrature.
Avec les années, la Cour Suprême est devenue l’un des sujets les plus épineux dans l’affrontement entre la gauche et la droite en Israël. Il faut dire que les juges appartenaient majoritairement aux partis de gauche et que la cooptation pour la nomination de nouveaux juges était forcément politiquement très orientée. Les critiques à l’encontre de leurs décisions devenaient de plus en plus nombreuses surtout lorsqu’elles empiétaient sur les décisions de la Knesset et celles du gouvernement, démocratiquement élus.  En fait depuis les années, la Cour Suprême avait tendance à se substituer parfois au gouvernement et à la Knesset!
Il fallait donc reformer le processus de nomination des Juges pour que la Cour Suprême soit enfin représentative de la population du pays.
Cette reforme a été initiée par la Ministre de la Justice, Ayelet Shaked et a permis d’équilibrer politiquement cette assemblée. Ont été nommés 4 nouveaux juges (en remplacement de 4 départs à la retraite prévisibles) qui seront opérationnels en fin d’année.

ayelet-shaked(Ayelet Shaked)

Les quatre nouveaux juges sont: le Dr. David Mintz, Yaël Vilner, Yossef Elron et George Kara*: Trois d’entre eux sont Juifs et le quatrième et un Arabe chrétien. Aucun ne milite à gauche.

cour-supreme-nouveau-juges

(Journal Haaretz, photo Tomer Appelbaum)

Pour en revenir à Deborah, voici le chant: »עורי עורי דבורה דברי שיר (Uri uri Dvora, dabri shir), Lève toi Deborah, et chante! (livre des Juges, 5,3) composé spécialement pour Yom Haatsmaout par Nurit Hirsch et interprété par Esther Rada:

 

Ecoutez, rois; princes, prêtez l’oreille: je veux, je veux chanter le Seigneur, célébrer l’Eternel, Dieu d’Israël.

שִׁמְעוּ מְלָכִים, הַאֲזִינוּ  רֹזְנִים:  אָנֹכִי
, לַיהוָה אָנֹכִי אָשִׁירָה,  אֲזַמֵּר,  לַיהוָה אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל

A bientôt,

*Le juge Georges Kara s’est rendu célèbre pour avoir envoyé l’ancien président Moshe Katsav en prison.

Pour ceux que le droit israélien intéresse:
Le droit israélien est issus de 4 sources:
– Le droit ottoman qui n’est plus cité que pour mémoire car il ne survit que dans un ou deux textes.
– La Common Law britannique introduite à l’epoque du Mandant britannique, en constant recul mais qui exerce cependant encore une réelle influence.
– Le droit juif traditionnel, la Halakha qui traite des questions de droit personnel en ce qui concerne les Juifs mais aussi qui est source d’inspiration pour résoudre des questions actuelles comme celles régissant l’urbanisme ou la défense de l’environnement. De plus, les principes de la Halakha sont aussi évoqués lorsqu’un cas se trouve confronté à un vide juridique.
– La législation adoptée par la Knesset qui constitue le véritable corpus du droit positif et s’est inspirée du droit de plusieurs pays européens.
La Knesset a été chargée de promulguer un certain nombre de Lois Fondamentales qui sont en fait une ébauche de constitution et en 1995, la Cour suprême s’est dotée du pouvoir d’examiner la conformité de la législation de la Knesset avec les Lois fondamentales:
http://www.akadem.org/medias/documents/Lois-fondamentales-1992.pdf

Nouvelle donne?

J’allais écrire: « nous vivons des temps incertains » mais en fait, quand avons nous réellement vécu des années calmes et sans nuages?
Il semble en tout cas que cette année beaucoup de choses vont changer pour nous ici en Israel.
Depuis hier, nous avons entendu que le fameux mantra « deux pays pour deux peuples » n’était plus d’actualité. Il ne nous manquera pas. Ceux qui vivent ici savent que cette vision simpliste de la situation est inacceptable sauf si nous voulons nous suicider.
La raison souvent avancée par les tenants de cette solution est qu’avec la séparation entre les deux peuples, il y aura ici moins d’attentats. Il n’en reste pas moins que, si les Arabes de Judée-Samarie ne seront plus à notre contact, nous resterons à portée de tir des snipers du Fata’h qui comme chacun sait revendique la Palestine « de la rivière à la mer« , mais aussi des tirs de Daesh, de plus en plus présent dans la région, comme nous le sommes des tirs du ‘Hamas à partir de Gaza. De plus, il restera les Arabes israéliens (20% de notre population) qui pourront éventuellement être instrumentalisés.

Oslo a été un échec et il faut avoir le courage de le reconnaître. La position conjointe américano-israélienne serait d’arriver à un accord de paix global avec les pays arabes, accord qui inclurait un règlement de la question palestinienne dans la mesure où cessent les discours et endoctrinements de haine diffusés par Ramallah auprès de sa population et surtout de sa jeunesse.

Mais nous n’en sommes pas encore là. Toutefois j’aimerais cependant vous présenter les choses sous un angle un peu différent de celui dont vous avez l’habitude.

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Sheikh Abu Khalil El Tamimi (L) attends the 14th annual Jerusalem Conference of the 'Besheva' group, on February 12, 2017. Photo by Yonatan Sindel/Flash90 *** Local Caption *** ùééç àáå çìéì àì úîéîé áùáò ëðñ ëðñ éøåùìéí òøáéí éäåãéí

(photo Yonatan Sindel, Flash 90)

Non, ils n’ont pas vu la lumière et nous sommes pas devenus copains!
Mais ils ont déclaré: « Nous avons essayé avec la gauche israélienne et rien de bon n’est advenu, nous voulons maintenant entendre quelque chose de sérieux et nous nous tournons vers la droite… Nous devons briser cette barrière entre nous et vivre dans la paix et non pas dans cette entité palestinienne corrompue.. Nous voulons une paix réelle, construire des hôpitaux, des synagogues et universités, construire l’avenir… 

« J’ai connu le retrait d’Israël du sud du Liban et les ravages causés par les organisations terroristes après ce retrait« , a déclaré Jonathan Alhura, le fils d’un officier de la SLA (armée du Sud Liban). « Tant que les Israéliens se trouvaient au sud Liban, nous vivions bien, les hôpitaux étaient d’un  bon niveau et nous allions tous à l’école. Tout cela a pris fin dès le départ de Tsahal et l’arrivée du ‘Hezbollah… Je voudrais que chacun comprenne et reconnaisse le rôle important d’Israël dans le maintien de droits de l’homme et des lieux saints. Il y a six semaines, a été pillé et incendié un monastère dans les territoires palestiniens et personne n’en a parlé. Nous nous sommes tournés plusieurs fois vers les médias israéliens (bastion de la gauche) en vain. Il y a maintenant déjà 70 ans que les dirigeants arabes vont la tête contre le mur, il est impossible de continuer ainsi ».

A vrai dire cela ne m’étonne pas. Si les Arabes voulaient tellement vivre dans un état palestinien indépendant, nous le saurions depuis longtemps. Israel a déjà proposé à environ 30 000 arabes israéliens qui vivent dans le « Triangle »* de reculer leur habitat de quelques km (moyennant compensations!) afin de se trouver dans la partie de la Judée-Samarie qui serait sous le contrôle de l’Autorité Palestinienne. Tollé des Arabes israéliens, et le plus drôle, tollé des habitants d’Um el Fahem et de Taybe qui sont toujours en pointe pour crier au monde entier à quel point ils souffrent en Israel.
En fait, plusieurs études conduites par le  Arab Center for Applied Social Research montrent que plus de 70% des Arabes israéliens sont opposés à vivre sous la gouvernance de l’Autorité Palestinienne. Ils considèrent que les 12 parlementaires israéliens de la liste arabe à la Knesset leur font du tort.

A cette conférence, se trouvait aussi une Arabe israélienne Annette Haskia*, connue pour son sionisme militant, qui a même accusé: «Les gouvernements israéliens sont ceux qui m’ont poussée de force dans les mains du drapeau palestinien, et pourquoi? Je suis une Arabe, je vis en Israël et mon drapeau est bleu et blanc! » Elle en veut aux gouvernements israéliens de gauche qui dit-elle « l’ont poussée vers le drapeau palestinien alors que le sien est celui d’Israel« .
Oui, il est sûr que les Arabes israéliens ne veulent surtout pas partir en territoire palestinien mais c’est la première fois que des Arabes venant des zones contrôlées par Abbas et le Fata’h font ce genre de déclaration.
Les politiques israéliens ont donc du pain sur la planche.

En Israel de nombreuses solutions sont mises sur la table:
– La première option a été proposée par des anciens membres du parlement israélien, Aryeh Eldad et Benny Alon. Elle est connue sous le nom de « La Jordanie est la Palestine », ce qui est approprié car la Jordanie a été créée de facto sur la partie est de la Palestine du mandat britannique et sa population est en majorité palestinienne (la minorité au pouvoir vient d’Arabie). Selon leur plan, Israël revendiquerait la loi israélienne en Judée et en Samarie tandis que les Arabes qui y vivent seraient à la fois des résidents israéliens et des citoyens jordaniens. Ces Arabes exerceraient leurs droits démocratiques en Jordanie, mais vivraient comme des expatriés avec des droits civils en Israël. Cette solution aurait pour les Israéliens l’avantage de conserver pour Tsahal le contrôle de la vallée du Jourdain, région hautement stratégique si il en est.

– Une deuxième alternative, suggérée par le ministre israélien de l’éducation, Naftali Bennett, propose d’annexer seulement la partie de la zone C où vit la majorité des 400 000 Israéliens de Judée-Samarie. La citoyenneté israélienne serait alors offerte à un nombre relativement restreint d’Arabes. Quant aux Arabes vivant dans les zones A et B , c’est à dire dans les principaux centres de population palestiniens, ils jouiraient de leur l’autonomie*.
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– Une troisième option, qui coïncide avec celle de M. Bennett, est celle du professeur Mordechai Kedar de l’Université Bar-Ilan. Son idée est que l’entité arabe la plus stable au Moyen-Orient est celle des Emirats du Golfe, qui se sont constitués à partir de groupes traditionnels consolidés ou de tribus. Comme les Arabes palestiniens sont organisés en clans obéissants chacun à leur chef, il propose donc l’autonomie palestinienne pour sept émirats non contigus dans les grandes villes arabes, ainsi que pour Gaza, qu’il considère déjà comme un émirat. Israël annexerait le reste de la Cisjordanie et offrirait la citoyenneté israélienne aux villageois arabes en dehors de ces villes.

– La quatrième proposition est celle de Caroline Glick, politologue et journaliste au Jerusalem Post. Elle écrivait en 2014 dans son livre «La solution israélienne: un plan unique pour la paix au Moyen-Orient», qu’Israël, contrairement à l’opinion dominante, ne risque pas de perdre une majorité démographique dans un pays comprenant la Judée et la Samarie. De nouvelles recherches démographiques montrent que, grâce à la baisse des taux de natalité palestinienne et de l’émigration, combinée à des tendances opposées chez les Juifs, une majorité juive stable de plus de 60% existe entre le Jourdain et la Méditerranée (à l’exception de Gaza). Et on prévoit que cette proportion atteindra environ 70 pour cent d’ici 2059.
Mme Glick conclut ainsi qu’Israël devrait affirmer sans craintes sa souveraineté en Judée-Samarie et offrir la citoyenneté israélienne à toute sa population arabe. Cette même semaine, le président israélien, Reuven Rivlin, a annoncé son soutien pour l’idée de principe. «Si nous étendons la souveraineté, dit-il, la loi doit s’appliquer également à tous».
Dans ce même ordre d’idées, la vice-ministre israélienne des Affaires Etrangères, Tzipi Hotovely, préconise également l’annexion et le droit de résidence des Palestiniens, avec un chemin vers la citoyenneté pour ceux qui s’engagent à faire allégeance à l’Etat juif.
D’autres préfèrent un arrangement plus semblable à celui de Porto Rico, un territoire des États-Unis dont les résidents ne peuvent pas voter aux élections fédérales.

– Enfin, il y a une cinquième alternative, qui vient du chef du nouveau parti Zehut, Moshe Feiglin, et de Martin Sherman de l’Institut Israélien pour les Etudes Stratégiques. Ils ne voient pas une résolution du problème dû à des aspirations nationales contradictoires dans un même pays et proposent plutôt un échange de populations avec les pays arabes, plus particulièrement avec ceux qui ont effectivement expulsé environ 800.000 Juifs depuis les années 40. En revanche, les Palestiniens de Judée et de Samarie se voient offrir une indemnisation généreuse pour émigrer volontairement.
Cette cinquième proposition me semble bien difficile à réaliser car les gouvernements arabes n’ont jamais reconnu l’exode forcé des Juifs*.

Que vous dire? Comment conclure?

Il faut évidemment trouver une solution qui satisfasse les deux parties pour enfin rompre cette situation de guerre larvée. Mais quelque soit cette solution, elle passe par le fait que les Palestiniens doivent admettre la légitimité de l’état juif d’Israel, cesser cette propagande haineuse dans la presse, les écoles… et former leur population à accepter la coexistence avec des Juifs.

Un grand ménage s’impose! Peut-être faut-il demander aux cheikhs de Ramallah et d’Hebron de participer à ce travail… Eux, ils savent de quoi il parlent!

A bientôt,

*Cette conférence a regroupé 900 personnes. Elle était organisée par le Forum « Souveraineté maintenant » (en opposition au slogan de la gauche « La Paix Maintenant ») fondé par les Femmes en Vert. Cette fois la conférence était intitulée « Souveraineté responsable »

*Annette Haskia:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/06/27/deux-ou-trois-hirondelles/

*Le Triangle: c’est une concentration de villes et villages arabes israéliens proches de la ligne verte (ligne d’armistice de 1949), dans la plaine orientale de la région du Sharon. Le nom vient du triangle formé par ces agglomérations et visible depuis les airs. Avant la guerre d’indépendance et l’établissement par Israel de sa souveraineté sur la zone, il était appelé « Le Petit triangle » pour le différencier du « Triangle » plus grand formé entre Jenine, Tulkarem et Naplouse. Ce dernier était appelé comme cela en référence à de violentes attaques anti-juives au cours de la grande révolte arabe de 1939-1937. Conformément au traite d’armistice, le contrôle de la région fut transféré de la Jordanie à Israel. L’accord incluait également la zone autour de Um el Fahem.

*Les différentes zones de la Judée-Samarie:
https://tsahal.fr/glossaire/judee-samarie/

*l’exode forcé des Juifs des pays arabes:
http://www.noemiegrynberg.com/pages/politique/le-drame-des-veritables-refugies-du-moyen-orient-les-juifs-chasses-des-pays-arabes.html

Mes sources pour cet article:

*http://www.20il.co.il/ יממשלות-ישראל-הן-שדחפו-לי-את-הדגל-הפלס

*http://carolineglick.com/israeli-sovereignty-over-judea-and-samaria-is-inevitable/

*https://www.gatestoneinstitute.org/4119/israeli-arabs-palestinian-state

*http://myths-shatterrealityandfacts.blogspot.co.il/2016_05_01_archive.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un homme, des arbres et des conseils.

J’ai souvent entendu parler  du magnifique verger de saba Avraham par Ariel. Il en rapportait des avocats et des mangues magnifiques.
Mais qui est donc ce saba? demandais-je souvent
La réponse etait laconique, il s’agissait du grand-père de sa fiancée Sapir, et il avait le plus beau verger de Pardess ‘Hanna… Et il connaissait Ben Gourion!
Alors, j’ai cherché, curieuse… et voici:
Avraham ben Yaakov est né à Pardes ‘Hanna en 1930. A l’époque Pardess ‘Hanna n’était rien qu’un petit village.

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(groupe d’agriculteurs de Pardes ‘Hanna dans les années 30)

Venu de la République tchèque, son père s’y était installé comme fermier. A ce moment là, l’agriculture dite moderne commençait à peine à voir le jour et les agrumes étaient ce qui convenaient le mieux au milieu naturel. Cependant les attaques incessantes des bandes arabes rendaient le travail des paysans très difficile. Il était en effet dangereux de s’occuper des vergers, même armé.
De plus, le déclenchement de la seconde guerre mondiale empêcha les exportations vers l’Europe et la famille fut ruinée. Comme beaucoup, le père d’Avraham s’engagea dans l’armée britannique. Malgré leur pauvreté, la mère d’Avraham envoya son fils étudier l’agriculture à Mikve Israel où se trouvaient à l’époque tous les experts en agriculture.
En 1948, Avraham est lui aussi mobilisé. Gravement blessé, il passe un an à l’hôpital où il continue à étudier comme il le peut tous les traités sur l’agriculture. Il part ensuite dans la vallée du Jourdain, travailler au kibbutz Avuka*, à côté de Beit Shean  où il se lance dans la vigne puis à l’Institut Ruppin où Yshayahou Leibowitz lui enseigne la génétique. 
En 1952, il est appelé comme expert par David Ben Gourion et fait partie des fondateurs de l’école d’agriculture de Sde Boker. Les deux hommes ont chacun un caractère rude et s’opposent souvent mais Ben Gourion le garde auprès de lui tant il apprécie ses conseils.

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(Abraham Ben Yaakov et Ben Gourion à Sde Boker)

Apres avoir passé quelques années dans le désert, il se spécialise dans la culture des plantes en milieu sub-tropical et en particulier à celle des avocats et des mangues. Il pense qu’ils s’adapteront très bien dans les zones humides d’Israel d’autant que deux plants de mangues apportés par deux soldats de la brigade juive prospéraient déjà à Beit Dagan*.
En 1962 , il rejoint le département des plantations subtropicales de l’Institut Volcani*en tant que chercheur. Et se lance dans la recherche sur l’avocat.
Son étude sur l’avocat va durer 30 ans pendant lesquels il travaillera avec 60 équipes sur 200.000 arbres. Pour ce faire il partira au Mexique et en Amérique du Sud pour collecter les échantillons génétiques en sélectionnant les arbres les plus fertiles et les plus robustes, résistant le mieux au moisissures car Avraham est partisan d’une culture organique sans pesticides.

Surnommé familièrement le père de l’avocat, Abraham a reçu de nombreux prix et une reconnaissance internationale pour son travail.

Dans le même temps, aidé par son épouse Tami, Abraham a continué à cultiver son propre verger biologique à Pardes ‘Hanna. Il a nommé les espèces de mangues et d’avocats qu’il avait sélectionnées d’après les noms de ses petit-enfants.

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(Avraham et Tami ben Yaakov)

Avraham ben Yaakov est mort le premier Tichri, Rosh Hashanah,  alors qu’on soufflait dans le shofar.
Dans la Thora, il est dit que l’homme est un עץ (etz) arbre des champs*. Le mot עץ (etz) et le mot עצה  (etza) (conseil)  viennent de la même racine. Ben Gourion le savait. Les עצות (etzot) conseils de celui qui cultive des עצים  (etzim) arbres ne peuvent être que bons.

Ce shabbat, c’etait Tou Bisvat*, le nouvel an des arbres.
Cette semaine, les écoles ont organisé des excursions dans tout le pays.

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Yael est ainsi partie avec sa classe découvrir l’agriculture biologique au kibboutz Sde Eliahou* dans la vallée du Jourdain.

A une vingtaine de km de chez moi se trouve l’école d’agriculture du kibboutz Kfar Etsion*.
Voici quelques photos prises cette semaine dans les champs de Judée:

les coquelicots*,
coquelicots-kfar-etsion-2017

les amandiers en fleur:
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des fleurs d’amandier,
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que butine une abeille:
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(Photos de Yaron Rosenthal pour l’école d’agriculture de Kfar Etzion)

Bonne fête de Tou Bishvat, bonne année aux arbres!

A bientôt, 

*Pardes ‘Hanna (le verger de ‘Hanna):
https://en.wikipedia.org/wiki/Pardes_Hanna-Karkur

*Fondé en 1941, le kibbutz Avuka n’existe plus. Des dissensions entre ses membres et des difficultés propres à la rudesse de la région et des sabotages perpétrés par les Jordaniens ont fait qu’il a été abandonné en 1958.

*Beit Dagan: petite ville du centre du pays où se trouve l’Institut Volcani:
https://en.wikipedia.org/wiki/Agricultural_Research_Organization,_Volcani_Center

*Tu Bishvat:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/02/04/tout-refleurit/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/01/16/le-mois-de-shvat/

*Le kibboutz Sde Elihaou:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/07/28/sde-eliahou/

*Les coquelicots:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/02/28/le-sud-en-rouge/

*Le kibbutz Kfar Etsion:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/12/27/la-vallee-du-terebinthe/

 

 

 

 

 

http://www.gfn.co.il/inner.asp?item=711

http://www.agri.gov.il/he/pages/849.aspx

A bientot

Institut volcani ou ARO:
http://www.agri.gov.il/en/pages/1023.aspx

Jerusalem: De la musique avant toute chose!

Si vous passez par Jerusalem, vous flânerez certainement dans le quartier de Na’halat Shiva*. Entrez sous le poche du musée de la musique et découvrez la Place de la Musique.
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Une place piétonne, entourée de bâtiments restaurés, tous dédiés à la musique: musée, école de musique, de chant, de danse, studio d’enregistrement, salles de concert*… mais aussi restaurants et hôtel.

Commencez par écouter un concert*
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Et ensuite, entrez au musée de la musique juive et découvrez une collection incroyable d’instruments de musique venant de tous les coins du monde où se trouvèrent des communautés juives, Europe de l’est, Balkans, Caucase, Afghanistan, Perse, Moyen- Orient, Afrique du Nord, Yemen, Afrique Noire…
Vous les admirerez, vous entendrez leur histoire et vous les écouterez grâce à une tablette qui vous accompagnera pendant toute votre visite.

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Sur la tablette, un petit personnage animé, saba Levy, vous donnera toutes les explications (y compris en français) et vous fera découvrir des mondes musicaux souvent disparus.

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Les instruments sont repartis dans plusieurs salles, chacune décorée entièrement selon la tradition artistique particulière à leur monde d’origine. Il a fallu 4 ans de recherches et de restauration pour rassembler les dizaines d’instruments présentés.

Ici l’Europe,

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Ci-dessous, une pièce dédiée à la musique marocaine, andalouse et berbère:

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Une autres à la musique balkanique:

A la musique perse:

Aux traditions du Caucase  et de l’Afghanistan:

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Une pièce est réservée au Juifs du Yemen et d’Afrique:

musee-de-la-musique-decoration-porteDont voici certains paytanim:

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La dernière salle est réservée au בית המקדש (Beit Hamikdash) c’est à dire au Temple de Jerusalem. Les prières dans le Temple étaient chantées par des chœurs accompagnés par toute une orchestration. C’est la tribu de לוי (Levi)* qui était traditionnellement chargée de toute la partie musicale de la prière du Temple. 
Le directeur du projet, Eldad Levi et son initiateur et mécène, Laurent Levy*, se sont sentis évidemment très concernés. Car ils sont tous deux les descendants de ces לויים (Leviim) musiciens.

Dans cette salle, la maquette du Temple semble bien petite toutes seule au milieu de la pièce. Mais équipés d’un casque de réalité virtuelle, vous entrez dans le Temple et assistez au service des Cohanim et Leviim:

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A bientôt,

*Na’halat Shiva:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/09/06/la-chanson-francaise/

*Sans compter les restaurants et même un hôtel

*Le mécène et l’initiateur du projet, Laurent Levy, est un juif originaire de France qui finance aussi un centre médical consacré à l’ophtalmologie et l’optométrie. Les services sociaux y envoient ceux qui n’ont pas une couverture sociale suffisante pour certains traitement de pointe ou ont simplement besoin de lunettes.

*Un aperçu des nombreux concerts auxquels vous pouvez assister:
https://www.youtube.com/channel/UCxF3zOKgHbQOdMgP0L6eRWw