Nouvelle donne?

J’allais écrire: « nous vivons des temps incertains » mais en fait, quand avons nous réellement vécu des années calmes et sans nuages?
Il semble en tout cas que cette année beaucoup de choses vont changer pour nous ici en Israel.
Depuis hier, nous avons entendu que le fameux mantra « deux pays pour deux peuples » n’était plus d’actualité. Il ne nous manquera pas. Ceux qui vivent ici savent que cette vision simpliste de la situation est inacceptable sauf si nous voulons nous suicider.
La raison souvent avancée par les tenants de cette solution est qu’avec la séparation entre les deux peuples, il y aura ici moins d’attentats. Il n’en reste pas moins que, si les Arabes de Judée-Samarie ne seront plus à notre contact, nous resterons à portée de tir des snipers du Fata’h qui comme chacun sait revendique la Palestine « de la rivière à la mer« , mais aussi des tirs de Daesh, de plus en plus présent dans la région, comme nous le sommes des tirs du ‘Hamas à partir de Gaza. De plus, il restera les Arabes israéliens (20% de notre population) qui pourront éventuellement être instrumentalisés.

Oslo a été un échec et il faut avoir le courage de le reconnaître. La position conjointe américano-israélienne serait d’arriver à un accord de paix global avec les pays arabes, accord qui inclurait un règlement de la question palestinienne dans la mesure où cessent les discours et endoctrinements de haine diffusés par Ramallah auprès de sa population et surtout de sa jeunesse.

Mais nous n’en sommes pas encore là. Toutefois j’aimerais cependant vous présenter les choses sous un angle un peu différent de celui dont vous avez l’habitude.

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Sheikh Abu Khalil El Tamimi (L) attends the 14th annual Jerusalem Conference of the 'Besheva' group, on February 12, 2017. Photo by Yonatan Sindel/Flash90 *** Local Caption *** ùééç àáå çìéì àì úîéîé áùáò ëðñ ëðñ éøåùìéí òøáéí éäåãéí

(photo Yonatan Sindel, Flash 90)

Non, ils n’ont pas vu la lumière et nous sommes pas devenus copains!
Mais ils ont déclaré: « Nous avons essayé avec la gauche israélienne et rien de bon n’est advenu, nous voulons maintenant entendre quelque chose de sérieux et nous nous tournons vers la droite… Nous devons briser cette barrière entre nous et vivre dans la paix et non pas dans cette entité palestinienne corrompue.. Nous voulons une paix réelle, construire des hôpitaux, des synagogues et universités, construire l’avenir… 

« J’ai connu le retrait d’Israël du sud du Liban et les ravages causés par les organisations terroristes après ce retrait« , a déclaré Jonathan Alhura, le fils d’un officier de la SLA (armée du Sud Liban). « Tant que les Israéliens se trouvaient au sud Liban, nous vivions bien, les hôpitaux étaient d’un  bon niveau et nous allions tous à l’école. Tout cela a pris fin dès le départ de Tsahal et l’arrivée du ‘Hezbollah… Je voudrais que chacun comprenne et reconnaisse le rôle important d’Israël dans le maintien de droits de l’homme et des lieux saints. Il y a six semaines, a été pillé et incendié un monastère dans les territoires palestiniens et personne n’en a parlé. Nous nous sommes tournés plusieurs fois vers les médias israéliens (bastion de la gauche) en vain. Il y a maintenant déjà 70 ans que les dirigeants arabes vont la tête contre le mur, il est impossible de continuer ainsi ».

A vrai dire cela ne m’étonne pas. Si les Arabes voulaient tellement vivre dans un état palestinien indépendant, nous le saurions depuis longtemps. Israel a déjà proposé à environ 30 000 arabes israéliens qui vivent dans le « Triangle »* de reculer leur habitat de quelques km (moyennant compensations!) afin de se trouver dans la partie de la Judée-Samarie qui serait sous le contrôle de l’Autorité Palestinienne. Tollé des Arabes israéliens, et le plus drôle, tollé des habitants d’Um el Fahem et de Taybe qui sont toujours en pointe pour crier au monde entier à quel point ils souffrent en Israel.
En fait, plusieurs études conduites par le  Arab Center for Applied Social Research montrent que plus de 70% des Arabes israéliens sont opposés à vivre sous la gouvernance de l’Autorité Palestinienne. Ils considèrent que les 12 parlementaires israéliens de la liste arabe à la Knesset leur font du tort.

A cette conférence, se trouvait aussi une Arabe israélienne Annette Haskia*, connue pour son sionisme militant, qui a même accusé: «Les gouvernements israéliens sont ceux qui m’ont poussée de force dans les mains du drapeau palestinien, et pourquoi? Je suis une Arabe, je vis en Israël et mon drapeau est bleu et blanc! » Elle en veut aux gouvernements israéliens de gauche qui dit-elle « l’ont poussée vers le drapeau palestinien alors que le sien est celui d’Israel« .
Oui, il est sûr que les Arabes israéliens ne veulent surtout pas partir en territoire palestinien mais c’est la première fois que des Arabes venant des zones contrôlées par Abbas et le Fata’h font ce genre de déclaration.
Les politiques israéliens ont donc du pain sur la planche.

En Israel de nombreuses solutions sont mises sur la table:
– La première option a été proposée par des anciens membres du parlement israélien, Aryeh Eldad et Benny Alon. Elle est connue sous le nom de « La Jordanie est la Palestine », ce qui est approprié car la Jordanie a été créée de facto sur la partie est de la Palestine du mandat britannique et sa population est en majorité palestinienne (la minorité au pouvoir vient d’Arabie). Selon leur plan, Israël revendiquerait la loi israélienne en Judée et en Samarie tandis que les Arabes qui y vivent seraient à la fois des résidents israéliens et des citoyens jordaniens. Ces Arabes exerceraient leurs droits démocratiques en Jordanie, mais vivraient comme des expatriés avec des droits civils en Israël. Cette solution aurait pour les Israéliens l’avantage de conserver pour Tsahal le contrôle de la vallée du Jourdain, région hautement stratégique si il en est.

– Une deuxième alternative, suggérée par le ministre israélien de l’éducation, Naftali Bennett, propose d’annexer seulement la partie de la zone C où vit la majorité des 400 000 Israéliens de Judée-Samarie. La citoyenneté israélienne serait alors offerte à un nombre relativement restreint d’Arabes. Quant aux Arabes vivant dans les zones A et B , c’est à dire dans les principaux centres de population palestiniens, ils jouiraient de leur l’autonomie*.
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– Une troisième option, qui coïncide avec celle de M. Bennett, est celle du professeur Mordechai Kedar de l’Université Bar-Ilan. Son idée est que l’entité arabe la plus stable au Moyen-Orient est celle des Emirats du Golfe, qui se sont constitués à partir de groupes traditionnels consolidés ou de tribus. Comme les Arabes palestiniens sont organisés en clans obéissants chacun à leur chef, il propose donc l’autonomie palestinienne pour sept émirats non contigus dans les grandes villes arabes, ainsi que pour Gaza, qu’il considère déjà comme un émirat. Israël annexerait le reste de la Cisjordanie et offrirait la citoyenneté israélienne aux villageois arabes en dehors de ces villes.

– La quatrième proposition est celle de Caroline Glick, politologue et journaliste au Jerusalem Post. Elle écrivait en 2014 dans son livre «La solution israélienne: un plan unique pour la paix au Moyen-Orient», qu’Israël, contrairement à l’opinion dominante, ne risque pas de perdre une majorité démographique dans un pays comprenant la Judée et la Samarie. De nouvelles recherches démographiques montrent que, grâce à la baisse des taux de natalité palestinienne et de l’émigration, combinée à des tendances opposées chez les Juifs, une majorité juive stable de plus de 60% existe entre le Jourdain et la Méditerranée (à l’exception de Gaza). Et on prévoit que cette proportion atteindra environ 70 pour cent d’ici 2059.
Mme Glick conclut ainsi qu’Israël devrait affirmer sans craintes sa souveraineté en Judée-Samarie et offrir la citoyenneté israélienne à toute sa population arabe. Cette même semaine, le président israélien, Reuven Rivlin, a annoncé son soutien pour l’idée de principe. «Si nous étendons la souveraineté, dit-il, la loi doit s’appliquer également à tous».
Dans ce même ordre d’idées, la vice-ministre israélienne des Affaires Etrangères, Tzipi Hotovely, préconise également l’annexion et le droit de résidence des Palestiniens, avec un chemin vers la citoyenneté pour ceux qui s’engagent à faire allégeance à l’Etat juif.
D’autres préfèrent un arrangement plus semblable à celui de Porto Rico, un territoire des États-Unis dont les résidents ne peuvent pas voter aux élections fédérales.

– Enfin, il y a une cinquième alternative, qui vient du chef du nouveau parti Zehut, Moshe Feiglin, et de Martin Sherman de l’Institut Israélien pour les Etudes Stratégiques. Ils ne voient pas une résolution du problème dû à des aspirations nationales contradictoires dans un même pays et proposent plutôt un échange de populations avec les pays arabes, plus particulièrement avec ceux qui ont effectivement expulsé environ 800.000 Juifs depuis les années 40. En revanche, les Palestiniens de Judée et de Samarie se voient offrir une indemnisation généreuse pour émigrer volontairement.
Cette cinquième proposition me semble bien difficile à réaliser car les gouvernements arabes n’ont jamais reconnu l’exode forcé des Juifs*.

Que vous dire? Comment conclure?

Il faut évidemment trouver une solution qui satisfasse les deux parties pour enfin rompre cette situation de guerre larvée. Mais quelque soit cette solution, elle passe par le fait que les Palestiniens doivent admettre la légitimité de l’état juif d’Israel, cesser cette propagande haineuse dans la presse, les écoles… et former leur population à accepter la coexistence avec des Juifs.

Un grand ménage s’impose! Peut-être faut-il demander aux cheikhs de Ramallah et d’Hebron de participer à ce travail… Eux, ils savent de quoi il parlent!

A bientôt,

*Cette conférence a regroupé 900 personnes. Elle était organisée par le Forum « Souveraineté maintenant » (en opposition au slogan de la gauche « La Paix Maintenant ») fondé par les Femmes en Vert. Cette fois la conférence était intitulée « Souveraineté responsable »

*Annette Haskia:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/06/27/deux-ou-trois-hirondelles/

*Le Triangle: c’est une concentration de villes et villages arabes israéliens proches de la ligne verte (ligne d’armistice de 1949), dans la plaine orientale de la région du Sharon. Le nom vient du triangle formé par ces agglomérations et visible depuis les airs. Avant la guerre d’indépendance et l’établissement par Israel de sa souveraineté sur la zone, il était appelé « Le Petit triangle » pour le différencier du « Triangle » plus grand formé entre Jenine, Tulkarem et Naplouse. Ce dernier était appelé comme cela en référence à de violentes attaques anti-juives au cours de la grande révolte arabe de 1939-1937. Conformément au traite d’armistice, le contrôle de la région fut transféré de la Jordanie à Israel. L’accord incluait également la zone autour de Um el Fahem.

*Les différentes zones de la Judée-Samarie:
https://tsahal.fr/glossaire/judee-samarie/

*l’exode forcé des Juifs des pays arabes:
http://www.noemiegrynberg.com/pages/politique/le-drame-des-veritables-refugies-du-moyen-orient-les-juifs-chasses-des-pays-arabes.html

Mes sources pour cet article:

*http://www.20il.co.il/ יממשלות-ישראל-הן-שדחפו-לי-את-הדגל-הפלס

*http://carolineglick.com/israeli-sovereignty-over-judea-and-samaria-is-inevitable/

*https://www.gatestoneinstitute.org/4119/israeli-arabs-palestinian-state

*http://myths-shatterrealityandfacts.blogspot.co.il/2016_05_01_archive.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un homme, des arbres et des conseils.

J’ai souvent entendu parler  du magnifique verger de saba Avraham par Ariel. Il en rapportait des avocats et des mangues magnifiques.
Mais qui est donc ce saba? demandais-je souvent
La réponse etait laconique, il s’agissait du grand-père de sa fiancée Sapir, et il avait le plus beau verger de Pardess ‘Hanna… Et il connaissait Ben Gourion!
Alors, j’ai cherché, curieuse… et voici:
Avraham ben Yaakov est né à Pardes ‘Hanna en 1930. A l’époque Pardess ‘Hanna n’était rien qu’un petit village.

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(groupe d’agriculteurs de Pardes ‘Hanna dans les années 30)

Venu de la République tchèque, son père s’y était installé comme fermier. A ce moment là, l’agriculture dite moderne commençait à peine à voir le jour et les agrumes étaient ce qui convenaient le mieux au milieu naturel. Cependant les attaques incessantes des bandes arabes rendaient le travail des paysans très difficile. Il était en effet dangereux de s’occuper des vergers, même armé.
De plus, le déclenchement de la seconde guerre mondiale empêcha les exportations vers l’Europe et la famille fut ruinée. Comme beaucoup, le père d’Avraham s’engagea dans l’armée britannique. Malgré leur pauvreté, la mère d’Avraham envoya son fils étudier l’agriculture à Mikve Israel où se trouvaient à l’époque tous les experts en agriculture.
En 1948, Avraham est lui aussi mobilisé. Gravement blessé, il passe un an à l’hôpital où il continue à étudier comme il le peut tous les traités sur l’agriculture. Il part ensuite dans la vallée du Jourdain, travailler au kibbutz Avuka*, à côté de Beit Shean  où il se lance dans la vigne puis à l’Institut Ruppin où Yshayahou Leibowitz lui enseigne la génétique. 
En 1952, il est appelé comme expert par David Ben Gourion et fait partie des fondateurs de l’école d’agriculture de Sde Boker. Les deux hommes ont chacun un caractère rude et s’opposent souvent mais Ben Gourion le garde auprès de lui tant il apprécie ses conseils.

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(Abraham Ben Yaakov et Ben Gourion à Sde Boker)

Apres avoir passé quelques années dans le désert, il se spécialise dans la culture des plantes en milieu sub-tropical et en particulier à celle des avocats et des mangues. Il pense qu’ils s’adapteront très bien dans les zones humides d’Israel d’autant que deux plants de mangues apportés par deux soldats de la brigade juive prospéraient déjà à Beit Dagan*.
En 1962 , il rejoint le département des plantations subtropicales de l’Institut Volcani*en tant que chercheur. Et se lance dans la recherche sur l’avocat.
Son étude sur l’avocat va durer 30 ans pendant lesquels il travaillera avec 60 équipes sur 200.000 arbres. Pour ce faire il partira au Mexique et en Amérique du Sud pour collecter les échantillons génétiques en sélectionnant les arbres les plus fertiles et les plus robustes, résistant le mieux au moisissures car Avraham est partisan d’une culture organique sans pesticides.

Surnommé familièrement le père de l’avocat, Abraham a reçu de nombreux prix et une reconnaissance internationale pour son travail.

Dans le même temps, aidé par son épouse Tami, Abraham a continué à cultiver son propre verger biologique à Pardes ‘Hanna. Il a nommé les espèces de mangues et d’avocats qu’il avait sélectionnées d’après les noms de ses petit-enfants.

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(Avraham et Tami ben Yaakov)

Avraham ben Yaakov est mort le premier Tichri, Rosh Hashanah,  alors qu’on soufflait dans le shofar.
Dans la Thora, il est dit que l’homme est un עץ (etz) arbre des champs*. Le mot עץ (etz) et le mot עצה  (etza) (conseil)  viennent de la même racine. Ben Gourion le savait. Les עצות (etzot) conseils de celui qui cultive des עצים  (etzim) arbres ne peuvent être que bons.

Ce shabbat, c’etait Tou Bisvat*, le nouvel an des arbres.
Cette semaine, les écoles ont organisé des excursions dans tout le pays.

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Yael est ainsi partie avec sa classe découvrir l’agriculture biologique au kibboutz Sde Eliahou* dans la vallée du Jourdain.

A une vingtaine de km de chez moi se trouve l’école d’agriculture du kibboutz Kfar Etsion*.
Voici quelques photos prises cette semaine dans les champs de Judée:

les coquelicots*,
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les amandiers en fleur:
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des fleurs d’amandier,
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que butine une abeille:
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(Photos de Yaron Rosenthal pour l’école d’agriculture de Kfar Etzion)

Bonne fête de Tou Bishvat, bonne année aux arbres!

A bientôt, 

*Pardes ‘Hanna (le verger de ‘Hanna):
https://en.wikipedia.org/wiki/Pardes_Hanna-Karkur

*Fondé en 1941, le kibbutz Avuka n’existe plus. Des dissensions entre ses membres et des difficultés propres à la rudesse de la région et des sabotages perpétrés par les Jordaniens ont fait qu’il a été abandonné en 1958.

*Beit Dagan: petite ville du centre du pays où se trouve l’Institut Volcani:
https://en.wikipedia.org/wiki/Agricultural_Research_Organization,_Volcani_Center

*Tu Bishvat:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/02/04/tout-refleurit/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/01/16/le-mois-de-shvat/

*Le kibboutz Sde Elihaou:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/07/28/sde-eliahou/

*Les coquelicots:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/02/28/le-sud-en-rouge/

*Le kibbutz Kfar Etsion:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/12/27/la-vallee-du-terebinthe/

 

 

 

 

 

http://www.gfn.co.il/inner.asp?item=711

http://www.agri.gov.il/he/pages/849.aspx

A bientot

Institut volcani ou ARO:
http://www.agri.gov.il/en/pages/1023.aspx

Jerusalem: De la musique avant toute chose!

Si vous passez par Jerusalem, vous flânerez certainement dans le quartier de Na’halat Shiva*. Entrez sous le poche du musée de la musique et découvrez la Place de la Musique.
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Une place piétonne, entourée de bâtiments restaurés, tous dédiés à la musique: musée, école de musique, de chant, de danse, studio d’enregistrement, salles de concert*… mais aussi restaurants et hôtel.

Commencez par écouter un concert*
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Et ensuite, entrez au musée de la musique juive et découvrez une collection incroyable d’instruments de musique venant de tous les coins du monde où se trouvèrent des communautés juives, Europe de l’est, Balkans, Caucase, Afghanistan, Perse, Moyen- Orient, Afrique du Nord, Yemen, Afrique Noire…
Vous les admirerez, vous entendrez leur histoire et vous les écouterez grâce à une tablette qui vous accompagnera pendant toute votre visite.

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Sur la tablette, un petit personnage animé, saba Levy, vous donnera toutes les explications (y compris en français) et vous fera découvrir des mondes musicaux souvent disparus.

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Les instruments sont repartis dans plusieurs salles, chacune décorée entièrement selon la tradition artistique particulière à leur monde d’origine. Il a fallu 4 ans de recherches et de restauration pour rassembler les dizaines d’instruments présentés.

Ici l’Europe,

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Ci-dessous, une pièce dédiée à la musique marocaine, andalouse et berbère:

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Une autres à la musique balkanique:

A la musique perse:

Aux traditions du Caucase  et de l’Afghanistan:

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Une pièce est réservée au Juifs du Yemen et d’Afrique:

musee-de-la-musique-decoration-porteDont voici certains paytanim:

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La dernière salle est réservée au בית המקדש (Beit Hamikdash) c’est à dire au Temple de Jerusalem. Les prières dans le Temple étaient chantées par des chœurs accompagnés par toute une orchestration. C’est la tribu de לוי (Levi)* qui était traditionnellement chargée de toute la partie musicale de la prière du Temple. 
Le directeur du projet, Eldad Levi et son initiateur et mécène, Laurent Levy*, se sont sentis évidemment très concernés. Car ils sont tous deux les descendants de ces לויים (Leviim) musiciens.

Dans cette salle, la maquette du Temple semble bien petite toutes seule au milieu de la pièce. Mais équipés d’un casque de réalité virtuelle, vous entrez dans le Temple et assistez au service des Cohanim et Leviim:

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A bientôt,

*Na’halat Shiva:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/09/06/la-chanson-francaise/

*Sans compter les restaurants et même un hôtel

*Le mécène et l’initiateur du projet, Laurent Levy, est un juif originaire de France qui finance aussi un centre médical consacré à l’ophtalmologie et l’optométrie. Les services sociaux y envoient ceux qui n’ont pas une couverture sociale suffisante pour certains traitement de pointe ou ont simplement besoin de lunettes.

*Un aperçu des nombreux concerts auxquels vous pouvez assister:
https://www.youtube.com/channel/UCxF3zOKgHbQOdMgP0L6eRWw

Vous devriez dire merci!

Il y a quelques jours,  à l’Université Hébraïque de Jerusalem, s’est tenue une conférence donnée par des opposants et réfugiés syriens. Ils ont tenté de parler de la situation humanitaire en Syrie et des nombreux massacres qui ont lieu depuis 5 ans*.

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C’est alors que  des étudiants arabes de l’Université ont voulu les empêcher de parler tant qu’ils ne condamnaient pas Israel et « l’occupation israélienne »

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https://www.facebook.com/imtirtzu2006/videos/1291317937592503/

issam-zeitoun-universite-hebraique(remarquez l’occupant sioniste à kippa, au premier plan, plus occupé par son téléphone que par les vociférations des deux étudiantes)



Les Syriens se sont levés furieux. Issam Zeitoun, le représentant de l’Armée Libre Syrienne, s’est exclamé: « De quoi parlez vous? Vous devriez avoir honte! Vous vivez dans un véritable paradis. Vous devriez dire merci. Il y a des choses beaucoup importantes que la soi-disant occupation… De nombreux Syriens et Palestiniens nous voient comme des traîtres, je ne pense pas que quiconque puisse nous condamner pour parler avec Israel… Nous avons perdu trop de monde dans ce conflit et personnellement je parlerai avec Israel mais pas seulement pour changer la situation »

 

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Ces étudiants arabes qu’ils soient de nationalité israélienne ou non, ont les mêmes droits que les étudiants juifs. C’est grâce à « l’occupant sioniste » qu’ils peuvent étudier en toute liberté dans des universités de premier plan où leurs droits sont pris en considération. S’ils étaient logiques avec eux-mêmes, ils quitteraient les bancs de l’université sioniste et iraient tous à Bir Zeit (Ramallah) ou à Al Quds. Là bas, ils ne seraient pas entourées d’étudiants juifs, ou de professeurs juifs, pollueurs. Il est vrai que le niveau n’est pas le même et qu’on ne leur permettrait pas de manifester quoi que ce soit sinon de faire la claque quand il y a des attentats en Israel.

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(le ‘Hamas contrôle l’organisation des étudiants de Bir Zeit)

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(défilé pro-‘Hamas à l’Université d’Al Quds)

Il est vrai aussi qu’ils ne bénéficieraient pas de bourse sauf si leur famille comptait un « martyr ».

Ah prendre l’argent de l’état d’Israel et le conspuer quelle satisfaction!…
Quelle joie de bénéficier de bourses importantes et de crier à la discrimination!…
Car en fait, en tant que membres d’une minorité systématiquement considérée comme pauvre (ce qui n’est pas toujours le cas) et peu éduquée (ce qui est parfois le cas), le gouvernement les encourage à faire des études et leurs donne un certain nombre de facilités, alors que les étudiants juifs pauvres sont obligés de travailler pour payer leurs études universitaires*.

Quel plaisir de ne faire ni service civil ni service militaire et crier au racisme lorsque l’armée accorde une petite somme aux  soldats qui ont terminé leur service militaire et ont servi leur pays pendant trois ans (ce qui d’ailleurs concerne aussi les soldats non-juifs, qu’ils soient arabes ou druzes).
Quel plaisir d’hurler pendant cette conférence en se prétendant victimes alors que les vraies victimes essayaient de parler!

Victimes, ils le sont ces étudiants, ils sont victimes d’eux-mêmes et de leur éducation familiale. Ils n’ont pas appris que l’autre, le Juif,  existait, et pas seulement pour fournir un certain nombre des services, pas seulement non plus comme objet de leur haine gratuite. Ils ne savent pas que les  êtres humains dans leur diversité devaient être respectés et peuvent être au moins écoutés, y compris ceux qui avaient commis le crime d’avoir été sauvés par Israel…
En résumé, leur milieu ne leur a pas enseigné la décence mais l’arrogance.

Méditeront-ils les paroles du représentant de l’opposition syrienne: « Vous vivez dans un véritable paradis, vous devriez dire merci! » 

 

A bientôt,

* Comme vous le savez, nous sommes en guerre avec les Syriens (il n’y a jamais eu de traité de paix). Leurs exactions contre nos soldats pendant les dernières guerres ainsi que les nombreux pogroms contre les Juifs syriens nous les ont rendus peu fréquentables:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/09/18/les-trois-crimes-de-damas/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/12/04/le-30-novembre/
et pourtant:
– Depuis 2013, plus de 2000 blessés ou malades  syriens  sont soignés dans des hôpitaux israéliens dans le nord du pays:
http://www.israelhayom.com/site/newsletter_article.php?id=39635
– Des organisations israéliennes comme IsrAid agissent dans de nombreux pays et aident les réfugiés syriens en Jordanie ainsi que ceux qui essayent d’arriver en Europe:
http://www.israaid.co.il/projects/jordan
http://mfa.gov.il/MFA/ForeignPolicy/Aid/Pages/IsraAID-extends-assistance-to-refugees-8-Sep-2015.aspx
– De plus, un appel de fonds en faveur des enfants syriens lancé sur les réseaux sociaux israéliens a déjà recueilli un demi-million de shekels en moins de deux jours.
http://www.lphinfo.com/israeliens-se-mobilisent-enfants-syriens/

* Je parle ici des bourses de l’état et non pas des bourses provenant de fonds privés. Les étudiants juifs peuvent aussi bénéficier de ces bourses dans certains cas: par exemple, les nouveaux immigrants, étudiants d’origine éthiopienne… Mais tous ceux-ci font leur service militaire.

*Une rallonge budgétaire pour sortir les localités arabes du dénuement. Ce serait parfait si ce n’était pas ad vitam eternam:
http://www.israelvalley.com/news/2009/07/02/23364/israel-arabes-discrimination-positive-les-municipalites-arabes-beneficieront-d-une-rallonge-budgetaire-y-compris-d-un-coa

Un nom, un visage, une vie

 

Voici les visages des quatre soldats qui ont perdu leur vie dans l’attentat* hier sur la Promenade de Armon Hanatsiv à Jerusalem.

Erez Urbach, 20 ans, de Alon Shvut dans le Gush Etsion:
Il s’était porté volontaire à Tsahal car des problèmes de santé lui interdisaient de servir.
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Le lieutenant Shira Tsur, 20 ans, de ‘Haifa.
Ses camarades la décrivent comme une jeune fille tournée vers les autres, toujours prête à se porter volontaire

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Shir Hadjadj, 22 ans, habitait Maale Adoumim. Elle donnait gratuitement des cours de soutien en maths dans son ancien lycée.

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Yael Yekutiel, 20 ans, de Givataim. Elle était officier d’éducation et était restée à l’armée pour continuer son travail auprès des soldats défavorisés.

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Ce sont les visages et les sourires dont il faut se souvenir.
Hier, le médecin et ancien député Arieh Elad a explosé de colère à la vue de la photo du terroriste prise dans son adolescence, alors que c’était un homme fait de 28 ans. Il a déclaré que présenter le visage encore enfantin de cet assassin était honteux.
Moi aussi, je suis écœurée qu’on présente les photos ad nauseum des terroristes. A chaque reportage télévisé, à chaque nouvel article dans les journaux, à chaque commémoration ou émission politique, vous avez droit au visage des assassins. Si vous faites une recherche sur internet qui concerne les attentats de Toulouse, de Nice ou autres, vous tomberez sur la photo des assassins. Ce n’est plus supportable. Par leur acte, ils ont perdu le droit à avoir un nom, un visage, une tombe sur laquelle se recueillir, ils ne font plus partie du genre humain.
Jamais l’expression יִמַּח שְׁמוֹ וְזִכְרוֹ, que son nom soit effacé et son souvenir oublié, ne m’a semblé mieux convenir.
Souvenons-nous des victimes, de leur sourire, parlons d’eux pour qu’ils vivent encore un peu dans nos mémoires…

A bientôt,

PS: Sur cette promenade d’Armon Hanatsiv, au moment même de l’attentat se trouvaient des passants palestiniens en villégiature. Après avoir assisté à l’attentat, ils ont applaudi au geste du terroriste. Applaudir après avoir vu 4 jeunes se faire écraser… En même temps à Gaza et Ramallah la réjouissance était manifeste dans les rues et des gâteaux étaient distribués aux passants et automobilistes pour fêter l’événement.
http://www.europe-israel.org/2017/01/photos-arabo-palestiniens-distribution-de-gateaux-et-bonbons-pour-feter-le-meurtre-de-juifs-a-jerusalem/

Enfin la sœur du terroriste abattu déclarait sa fierté.
Et c’est avec ces gens là que nous devons négocier?… Nous ne pourrons jamais avoir des rapports normaux avec les palestiniens tant qu’ils ne se seront pas débarrassés de cette culture barbare, fanatique et mortifère. 

*15 autre sont blessés dont une jeune fille dont l’état inspire de grandes inquiétudes

 

Bonne année 2017

Cette semaine, nous avons assisté à l’allumage de la 5 ème bougie de ‘Hannouka au centre culturel de Ness Tsiona*.
Notre petite fille Omer (9 ans) était la soliste de la chorale d’enfants de la ville.

Elle a interprété le magnifique chant de Naomi Shemer* לו יהי (Lou Yéhi – Que cela se réalise) qui convient tout à fait pour des souhaits de bonne année.
Ce chant,  Naomi Shemer l’avait composé au moment de la guerre de Kippour. Dans la vidéo ci-dessous, vous l’entendez en compagnie de Shaike Levy, Gavri Banaï, et Israel Poliakov du trio הגשש החיוור (hagashash ha’hiver).

עוד יש מפרש לבן באופק  מול ענן שחור כבד כל שנבקש לו יהי
ואם בחלונות הערב  אור נרות החג רועד כל שנבקש לו יהי
Il y a encore une voile blanche à l’horizon face au lourd nuage noir. Que se réalise tout ce que nous demandons!
Et si la lumière des bougies de la fête tremblent le soir aux fenêtres. Que se réalise tout ce que nous demandons!
מה קול ענות אני שומע קול שופר וקול תופים כל שנבקש לו יהי
לו תישמע בתוך כל אלה    גם תפילה אחת מפי כל שנבקש לו יהי
Entendrais-je une voix affligée? La voix du shofar et des tambourins! Que se réalise tout ce que nous demandons!
Que soit aussi entendue parmi toutes celles-ci, une seule de mes prières. Que se réalise tout ce que nous demandons!
בתוך שכונה קטנה מוצלת  בית קט עם גג אדום כל שנבקש לו יהי
זה סוף הקיץ סוף הדרך   תן להם לשוב הלום כל שנבקש לו יהי
Dans un petit quartier ombragé, une maison simple au toit rouge. Que se réalise tout ce que nous demandons!
C’est la fin de l’été, la fin du chemin, permets leur d’y revenir. Que se réalise tout ce que nous demandons!
ואם פתאום יזרח מאופל  על ראשנו אור כוכב כל שנבקש לו יהי
אז תן שלווה ותן גם כוח  לכל אלה שנאהב כל שנבקש לו יהי
Et si soudain des ténèbres brille sur nous la lumière d’une étoile. Que se réalise tout ce que nous demandons!
Donne la sérénité et la force à ceux que nous aimons. Que se réalise tout ce que nous demandons!
לו יהי, לו יהי אנא – לו יהי  כל שנבקש לו יהי
De grâce, que se réalise tout ce que nous demandons!

A bientôt,


*Ness Tsiona:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/04/26/ness-tsiona/

*Naomi Shemer s’etait inspirée de Let It Be des Beatles pour la mélodie

Etre chrétien au Moyen Orient

Ici au Moyen-Orient, la composante religieuse est une partie intégrante de l’identité au même titre que la nationalité ou l’ethnicité. Il n’est pas nécessaire de croire en quelque chose pour se déclarer  musulman, chrétien ou juif.
Mais comme vous le savez, l’identité musulmane essaye de s’imposer par la force depuis déjà un bon nombre d’année et bien avant l’apparition de Daesh et les révolutions arabes.
En effet, dès que l’empire ottoman commença à se désagréger de tous cotés et que des populations non musulmanes ou même non turques commencèrent à se rebeller, la répression fut féroce. Le nouveau sultan Erdogan a d’ailleurs la nostalgie de cette époque.
Dans le monde arabe en devenir de cette fin du 19 ème siècle, le même scénario se joua contre les chrétiens qui, pour survivre, se déclarèrent plus arabes que les arabes, furent souvent les fers de lance du nationalisme arabe, demandant simplement qu’on les laisse vivre dans leur dhimmitude chrétienne. Les juifs eux choisirent le retour sur leur terre et leur indépendance grâce au sionisme politique.
Les chrétiens eurent droit à un siècle de répit mais comme vous le savez, ce répit n’est plus de mise.
Non seulement persécutés,mais aussi parfois massacrés, les chrétiens fuient le Moyen Orient:

– En Irak, sous le régime de Saddam Hussein, il y avait entre 800 000 et un million de Chrétiens. Leur nombre est aujourd’hui estimé à 300 000. Depuis 2014, des centaines ont été tués rien qu’à Mossul par Daesh. Ceux qui le peuvent s’enfuient, la plupart vers le Kurdistan. Le patriarche chaldéen, Louis Raphael Sako  a donné une interview à l’AFP expliquant que dans les villages, non seulement les maisons ont été touchées et détruites mais aussi les infrastructures et que les populations déboussolés ne savent plus comment se protéger. Il les exhorte à s’engager dans l’armée (pourtant chiite) ou dans les groupes de combattants peshmerga kurdes car les milices, dit-il, c’est l’anarchie.
Le problème de ces gens explique Wadia Abu Nasser, conseiller de l’église catholique irakienne, est de savoir où et comment fuir, s’il faut laisser tout ce qu’il possèdent derrière eux ou se fier à un mince espoir que peut-être la vague passera au-dessus de leur tête sans les toucher.
C’est un dilemme que toutes les familles juives ont connu*.

– En Syrie, avant  le début de la guerre civile, il y avait 600 000 à 700 000 chrétiens. Aujourd’hui, il n’en reste qu’environ 200 000 à 300 000. Ils ont été tués dans les combats, ou bombardement sans rapport avec leur foi mais ils l’ont été aussi dans de nombreux cas parce qu’ils étaient chrétiens.
Je me souviens avoir rencontré, il y a 20 ans environ, une jeune femme araméenne de Syrie, réfugiée en France, qui venait d’un village arabisé et islamisé de force par Hafez el Assad alors qu’officiellement il n’y avait pas de persécutions anti-chrétiennes à ce moment là en Syrie. Les chrétiens syriens ont entre leurs mains les mêmes options que les chrétiens irakiens: soit s’enfuir vers les territoires kurdes, soit quitter le Moyen-Orient s’ils obtiennent un visa.

– En Egypte, le dernier attentat contre les coptes a été le plus sanglant mais la persécution n’est pas nouvelle. Depuis toujours, les coptes vivent dans la soumission totale, ce qui n’empêche ni les assassinats, les viols, enlèvements et les conversions forcées. Ils sont un peu moins de 10 pour cent de la population égyptienne. Même si le régime actuel combat les Frères Musulmans, il n’en reste pas moins que dans la population un sentiment anti-copte est vivace et que les conversions forcées étant reconnues par la loi islamique, les familles ne retrouvent jamais celui ou celle qu’elles ont perdu.

– Au Liban la situation a l’air plus calme et le pays plus serein. Tout d’abord, un quart de la population est chrétienne. Les chrétiens libanais semblent vivre normalement ces dernières années mais le pays est divisé en 4 factions (pour le moins!) qui s’observent: les chrétiens , les musulmans sunnites, les musulmans chiites et les druzes. L’un des hommes forts de ce pays est le patriarche maronite Bishara al-Ra’is, qui, comme le patriarche copte égyptien, est venu en visite en Israel. Le problème au Liban, explique le conseiller de l’Eglise catholique à Jérusalem, ce sont les politiciens eux-mêmes chrétiens… qui n’ont pas de respect pour le patriarche maronite… Aujourd’hui, il y a déjà plus de chrétiens vivant à l’extérieur du Liban qu’au Liban», dit Wadia Abu Nasser. Il souligne également que, bien que nombre de chrétiens sont à des postes clés dans la politique, tout le monde sait qui en fait gouverne le pays: le ‘Hezbollah… S’il y avait aujourd’hui des élections démocratiques les chrétiens seraient en mauvaise posture.
Il ne fait que souligner une réalité que l’Occident ne veut pas voir: si les postes de Président, de Ministre de la Défense sont toujours réservés aux chrétiens, l’armée est en grande partie aux mains des chiites et le président Michel Aoun, pourtant chrétien, a choisit le camp chiite et donc le ‘Hezbollah. Que sera le futur des Chrétiens libanais? Le député chrétien Salim Sahlab est quant à lui très pessimiste: si en Irak, l’armée américaine qui était là bas depuis 2003 n’a pas pu protéger les chrétiens irakiens alors…

– En Jordanie, le nombre de chrétiens a augmenté depuis les guerres en Irak et en Syrie. Ils sont maintenant environ 500 000. Le gouvernement les laisse tranquilles. Le roi Abdallah a même envoyé un message de condoléances à la famille du journaliste chrétien Christian Nahed assassiné en septembre dernier. Cela dit, la vie des réfugiés chrétiens est un cauchemar dans les camps de réfugiés établis sur la frontière syrienne où la majorité est musulmane sunnite et est en partie inféodée à un islam radical.

– Et les Palestiniens?
Ceux qui vient dans la bande de Gaza sont la proie des islamistes du ‘Hamas. Raymond Ibrahim, observateur des médias en langue arabe témoigne ainsi : Parfois, nous entendons qu’une librairie a été bombardée ou qu’il y a eu des agressions sur les chrétiens ou les églises. D’autres fois, nous entendons parler de l’enlèvement de chrétiens et des contraintes exercées sur eux pour embrasser la religion de Mahomet. Ceci a été confirmé par le patriarche Monseigneur Alexios qui a présenté une pétition au gouverneur de la régions Ismail Haniye, mais en vain. De 5000 en 2006, leur nombre est tombé à environ un millier.
Ceux qui vivent en Judée ou en Samarie sous le  contrôle de l’Autorité Palestinienne ne sont pas non plus à la fête: Bethlehem et les villages environnants étaient à 90 % chrétiens. En 1995 à la suite des accords d’Oslo, la ville passa aux mains de l’Autorité Palestinienne, les chrétiens ne représentent plus maintenant que 12% de la population.
Des milliers de visiteurs insouciants venus du monde entier prennent des selfies sur la place de la mangeoire, se précipitent dans la basilique avec leurs caméras et  assaillent les boutiques de souvenirs le jour de Noel.

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(le soir de Noel à Bethlehem)

Malgré les efforts de l’Autorité palestinienne pour présenter un visage acceptable dans son entreprise de séduction de la gauche occidentale, la réalité quotidienne des chrétiens est bien plus amère. Si on ne parle pas de conversions forcées, les chrétiens sont souvent écartés des postes à responsabilité et donc de la manne distribuée par Ramallah à ses sbires. La nouvelle maire de Bethlehem Vera Baboun est une exception: c’est une femme, chrétienne, issue d’une famille de notables inféodée au Fata’h*.
Qusmieh de Beth Sahour, dont toute la famille a émigré aux USA, reçoit régulièrement des menaces de mort et a été la cible d’un cocktail Molotov parce qu’il veut parler franchement
: Officiellement, les lois sont les mêmes pour les chrétiens et les musulmans mais nous souffrons d’un racisme endémiqueIl commence dans les familles mais est officialisé dans les écoles et  les prêches des imam du vendredi,  la mention ‘chrétien » sur un curriculum vitae est négative… 

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(Noel à Bethlehem: les passantes ne sont pas chrétiennes)

Pour le moment, étant en général assez éduqués, les chrétiens préfèrent partir vers des cieux plus cléments comme le font ceux de Beit Jala à côté de chez moi. Il faut dire qu’à Beth Jala, les chrétiens ont été utilisés comme boucliers humains pendant l’intifada par le Fatah, leurs appartements ont été occupés de force et c’est ainsi que Beth Jala est devenue non pas judenrein mais pratiquement christianrein.

Et chez nous en Israel? Eh bien, c’est le seul endroit au Moyen Orient où la population chrétienne reste stable et même grandit par accroissement naturel.
En Israel, comme dans le reste du Moyen-Orient, les chrétiens ont généralement un haut niveau d’éducation. Ils envoient leurs enfants soit dans des écoles chrétiennes  soit dans les écoles laïques . La plupart habite à Jerusalem, à Yafo, à Haifa 

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(Noel à ‘Haifa)

ou Nazareth.

noel-a-nazareth(Noel à Nazareth)

Bien que dispensés comme les israéliens musulmans du service militaire obligatoire, ils sont de plus en plus nombreux à s’enrôler volontairement comme Elinor Joseph.

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ou comme Mona Lisa de ‘Haifa*.

De plus, sous l’égide du père Gabriel Naddaf*,  ils commencent à refuser leur appellation arabes chrétiens pour reprendre leur identité d’origine, celle d’araméens chrétiens.
Le père Gabriel Naddaf, qui a allumé une torche lors de la cérémonie de Yom Haatsmaout a dû supporter les calomnies de sa hiérarchie qui demandait son remplacement car il n’était pas politiquement correct. Il a heureusement gardé son poste et est un fervent supporter d’Israel dont il considère simplement qu’il est un des citoyens:

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Il est bien plus sioniste que la gauche de ce pays: pour lui Israel est un havre de paix pour les chrétiens. Un tel compliment me semble presque excessif. Regardez la vidéo ci-dessous: personne ne prend garde à la croix de ce jeune homme, les chrétiens comme les musulmans ou les druzes et nous les juifs, nous sommes tous israeliens.

Il a partagé sur sa page facebook un article de Bassan Tawill, du Gatestone Institut, déclarant que  les vraies colonies illégales, n’en déplaise à l’ONU, étaient les constructions sans permis que les Palestiniens ou certains arabes israéliens se permettent de faire en Israel*.

A bientôt,

*Et vous, quand avez-vous quitté…?
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/03/08/et-vous-quand-avez-vous-quitte/

*Les Frères Musulmans:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/16/4795/

*Vera Baboun:
https://en.wikipedia.org/wiki/Vera_Baboun

*https://www.gatestoneinstitute.org/9634/palestinian-christians

*Père Gabriel Naddaf:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/06/27/deux-ou-trois-hirondelles/
*https://fr.gatestoneinstitute.org/9511/colonies-illegales

http://www.lemondejuif.info/2016/01/pere-gabriel-naddaf-sous-abbas-bethleem-est-devenue-un-sanctuaire-pour-les-terroristes/