Ca recommence!

 

J’ai parfois l’impression que je radote: j’ai déjà tellement écrit sur les frappes du ‘Hamas*, mais non, c’est simplement l’histoire qui se répète.
Depuis shabbat matin à 10h, plus de 450 missiles et obus sont tombés sur le sud d’Israel*, causant de nombreux dégâts matériels. Mais surtout nous avons environ 80 blessés, la plupart légers (quoique je ne qualifierai pas de léger l’état d’une personne en état de choc) mais aussi trois blessés graves, parmi eux une dame de 80 ans qui n’a pas couru assez vite pour se mettre à l’abri, et un mort.
Moshe Aggadi avait 58 ans, Le missile est tombé dans sa cour. Toute la famille se trouvait dans l’abri à ce moment là, mais lui a voulu respirer un peu dehors…

 

Les kibboutzim et moshavim du pourtour de la bande de  Gaza sont bien sûr les plus touchés, mais, le plus souvent leurs maisons individuelles sont équipées d’abris modernes, tandis que dans les villes avoisinantes comme Sderot et Ashkelon, les immeubles des vieux quartiers ne sont pas protégés. Les habitants descendent dans l’abri collectif ou parfois doivent rejoindre l’abri public le plus proche. Il restent donc souvent dans la cage d’escalier.

protection contre les missiles

(cette photo du Yediyot Ha’haronot date de l’été 2014, rien n’a changé depuis)

Quand plus de 450 missiles tombent sur vous en 24 heures, il n’est pas possible de retourner se coucher et de fuir à nouveau en pyjama, en portant les enfants…

La jeune femme, interrogée dans la vidéo ci-dessous, est une nouvelle immigrante arrivée de Hollande il y a trois mois. Elle vit dans un des kibboutzim du pourtour de la bande de Gaza. Dans un mélange d’anglais et d’un peu d’hébreu, elle explique ce qu’elle a vécu et sa détermination à rester sur place bien que sa maison ait été détruite. A la fin de l’interview, on entend à nouveau l’annonce: Tseva Adom, Tseva Adom (couleur rouge) qui signale une nouvelle attaque

 

 

Sur cette carte du פיקוד העורף (Pikoud Haoref) le Front Intérieur, vous pouvez voir combien de secondes (ou de minutes pour les plus chanceux) ont les habitants des différentes régions d’Israel pour se mettre à l’abri:

Pendant que j’écris ces lignes, les attaques continuent: 2 blessés dans un état critique et un grave à Ashkelon où l’hopital Barzilaï a été attaqué.

A Sderot, d’autres blessés dont un dans un état critique. J’arrête là cette énumération, les attaques sont continuelles ainsi que les mauvaises nouvelles. Le cabinet de sécurité s’est réuni à la Kirya à Tel Aviv. Espérons qu’il en sortira quelque chose. Nous apprenons que le ‘Hamas et le Jihad Islamique utilisent maintenant des drones contre les soldats massés à la frontière. On parle aussi d’une possible offensive terrestre de Tsahal, mais pour le moment seuls l’aviation et les tanks sont utilisés …En fait, les commentateurs ne savent pas grand chose de plus que nous, ils se contentent d’extrapoler.
Tout le monde se demande comment se passera le jour de Yom Hazikaron: après demain, les cimetières seront remplis de familles en deuil de leurs enfants tombés au combat ou de leurs proches, victimes des terroristes… Et et comment se passera la Fête du Yom Haatsmaout, jeudi, célébrée en organisant des piques-niques et barbecues. Certains journalistes s’inquiètent pour l’Eurovision qui aura lieu dans une quinzaine de jours, mais les gens ici s’en fichent de l’Eurovision.

La journée n’est pas finie et déjà:

Tandis que je termine cet article, le ‘Hamas et le Jihad islamique nous ont envoyé 600 missiles, nous avons 131 blessés et 4 morts, et sur l’écran de la télévision s’allume régulièrement un petit bandeau orange me signalant une nouvelle attaque…

A bientôt,

*Une large région est concernée: de Sderot à Beer Sheva en passant par Ofakim et Netivot et Dimona, et sur la côte Ashkelon, Ashdod. Les sirènes ont aussi retenti à Yavne, Rehovot, Lakhish et Beit Shemesh et la ville de Rishon leTsion a ouvert les abris publics. Le ‘Hamas et le Jihad Islamique menacent d’attaquer le centre du pays

Si vous ne savez pas ce qu’est le ‘Hamas:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/16/4795/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/14/les-grandes-vacances/

 

Une guerre d’usure…

Vous n’avez peut-être pas entendu parler de ce qui se passe à la limite de la bande de Gaza depuis bientot 6 mois.
Les émeutes le long de la frontière se multiplient. Contrairement à ce que nous raconte la presse occidentale, ce sont tout sauf des manifestations pacifiques: Des tentatives de pénétration, des jets de pierres et de grenades, des cocktails Molotov et des ballons incendiaires ou armés d’explosifs et cela tous les jours… Tous les jours aussi les incendies qui détruisent les récoltes et les réserves naturelles. Dans ces réserves depuis plus de 70 ans, Israel essaye de réimplanter la faune et la flore chassées par la désertification. Mais ce n’est pas tout: la fumée des incendies et celle des centaines de pneus qui sont brûlés tous les jours du côté gazaoui causent des problèmes respiratoires aux habitants des kibboutzim et moshavim frontaliers.

Voici un extrait d’un reportage de la télé sur la chaîne 20 d’avant-hier, mardi:
Elie Ben David du kibboutz Kerem Shalom,  nous parle d’une journée « ordinaire », où on entend les hurlements, ponctués de Allah ou Akbar des dizaines de milliers de Gazaouis qui essayent de pénétrer sur le territoire israélien:
– A certains moments, on ne voit presque plus le soleil derrière la fumée. Maintenant nous sommes recouverts de gaz lacrymogène, nous portons des masques.
A ses côtés, Roni Kizin, elle-aussi habitante du kibboutz:
– Ces temps, ils se déchaînent, surtout la nuit

Ils hurlent à côté de nous, nous envoient des engins explosifs, nous entendons des insultes, ils menacent de nous égorger.
Nous avons des difficultés pour respirer. Tous les vendredis après-midi (après les prières à la mosquée) cela empire. On ne peut pas sortir et nous recevons d’ailleurs des informations nous demandant de rester enfermés chez nous, de glisser des serpillières mouillées le long des portes et de calfeutrer les fenêtres comme au temps de la guerre du Golfe. De toute manière, dehors il est si difficile de respirer; le nez brûle, notre gorge brûle, nos yeux pleurent. Mais même dans les maisons il est très difficile de respirer. L’air est tellement épais et dégoûtant et ces gaz sont nocifs. J’ai du recevoir des soins à l’hôpital car je me trouvais en grande difficulté respiratoire. 

Ces émeutes sont devenues le cauchemar des habitants du sud et en particulier de ceux des kibboutzim frontaliers.
Pendant longtemps, ces gens se sont tus. Ils ne voulaient pas que le ‘Hamas se sentent pousser des ailes en entendant leurs difficultés, mais maintenant, ils n’en peuvent plus: le volume des fumées toxiques représente chaque jour l’équivalent de deux mois de pollution dans la ville de ‘Haifa où se trouvent des raffineries.
– Nous avons fait preuve de patience mais finalement nous nous sommes tournés vers les autorités, on nous a fait la promesse que cela sera traité. Mais quand?
Nous sommes sur la ligne de front…
Tous les jours plusieurs incendies font rage, les pompiers, les volontaires se relaient sans fin
Ces jours-ci on peut parler d’une escalade dans la violence chez les Gazaouis. Ceci pour plusieurs raisons.
– Le ‘Hamas se débat dans de grandes difficultés financières même s’il utilise la manne étrangère à des fins terroristes. Il est pressé par l’Egypte qui voudrait obtenir une réconciliation avec le Fata’h dont Ma’hmoud Abbas ne veut pas. Ce dernier ne paye plus aucune facture, ni aucun salaire à Gaza. Ma’hmoud Abbas est d’ailleurs intéressé à ce que nous entrions dans une confrontation armée avec le ‘Hamas pour l’en débarrasser.
– Le ‘Hamas est aussi pressé  par le Djihad Islamique qui veut prendre sa place. Il est donc forcé de montrer ses muscles pour combattre l’influence du Djihad sur ses troupes et se laisse entraîner dans une surenchère sans fin.
Demain, vendredi après-midi, le ‘Hamas et le Djihad continueront leur compétition le long de la barrière: à qui enverra le plus d’émeutiers? Qui sera le plus violent?

Pour le moment qui paye en fin de compte les combats internes entre le ‘Hamas, le Djihad et l’Autorité Palestinienne de Ramallah?
C’est Israel et en particulier les habitants de Otef Aza (bordure de Gaza) et les soldats stationnés le long de la barrière qui sont obligés eux aussi de respirer cette horreur.
PS Ce soir, c’est le tour du kibboutz Saad:

A bientôt

Léger, si léger?

Tisha beAv vient de se terminer.
Lors d’un jour de jeûne, on a l’habitude de souhaiter: צום קל (Tsom Kal), jeune facile, léger.
Le mot קל (kal) vient de la racine קלל KLL qui a plusieurs significations.
Commençons par les plus évidentes.
Il est logique que si Kal signifie léger, la forme de conjugaison des verbes la plus facile à apprendre, la plus légère à l’élève, se nomme Kal, ou forme simple.
De la même manière, lorsqu’on avance des arguments allant du plus simple au plus complexe, on utilise un des principes de l’herméneutique appelé קל וחומר (kal va’homer) du léger au « dense » , c’est à dire un raisonnement à fortiori*.
Dans le Tanakh, lorsque Noa’h est enfermé dans l’arche et scrute impatiemment la mer, il remarque qu’enfin כי קלו המיים que les eaux se sont « allégées », réduites, il commence alors à entrevoir la fin de sa réclusion.
Lorsque David se lamente sur la mort de Jonathan et de son père, le roi Shaoul, il les décrits comme plus « légers » que les aigles מנשרים קלו, sans doute plus rapides*
Ci-dessus le mont Guilboa où moururent le roi Shaoul et son fils Jonathan lors d’une bataille contre les Philistins.

Dans le livre des Proverbes, בִּקֶּשׁ לֵץ חָכְמָה וָאָיִן וְדַעַת לְנָבוֹן נָקָל (Bikesh letz ‘hochma veein vedaat lenavon nakel), le sot demande en vain la sagesse, alors que la compréhension vient légèrement (aisément) à l’homme sage.

Et l’homme sage est souvent décrit comme indulgent. C’est ainsi qu’à l’époque de la Mishna, Hillel était appelé מקל, celui qui allège les sentences*.
                                                                            (Grotte où furent enterrés Hillel et ses élèves)

Mais la légèreté peut conduire quelqu’un à sa perte.
Dans le livre de Samuel, il est question d’Ashael ben Tsouria, fils d’une de soeurs du roi David. Lors de la guerre civile qui oppose David au roi Shaoul, Ashael poursuit Avner, général de l’armée du roi Shaoul. Or « Ashael avait les pieds légers comme un chevreuil dans un champ, וַעֲשָׂהאֵל קַל בְּרַגְלָיו כְּאַחַד הַצְּבָיִם אֲשֶׁר בַּשָּׂדֶה »
Avner qui le connaît bien lui dit: Écarte-toi, cesse de me poursuivre ! Pourquoi faudrait-il que je t’abatte ? Comment pourrais-je alors regarder en face ton frère Yoav ? » mais Ashael continue et Avner le tue. Ashael a agit par fidélité à son oncle David mais certains commentateurs relient ses pieds légers à une certaine légèreté, une certaine insouciance du danger.
Dans la langue moderne on parle de אשה קלה (Isha Kala), une femme légère, ce qui me fâche car des hommes légers il y a en à foison.

La racine KLL ne joue pas seulement sur les deux aspects positifs ou négatifs de la légèreté. Elle a aussi donne  קילל (killel), maudire, et des mots comme קללה (klala) malédiction,  קלון (kalon) dégradation, קלקל (kilkel) abimer.

On retrouve le mot קללה (Klala) malédiction, dans le refrain d’un célèbre piyout de Rosh Hashana: תכלה שנה וקללותיה. Que s’en aille l’année avec ses malédictions!
Le voici interpreté par Rakefet Amsalem:

Dans la littérature rabbinique, il est écrit que parmi la foule d’esclaves juifs envoyés à Rome par Vespasien,  nombre d’entre eux furent destinés aux maisons de disgrâce, בתי קלון, (batei Kalon) ou bordels…

9av marche des juifs de Rome 1947 arc de triomphe de Titus(Début décembre 1947, après la proclamation du partage de la Palestine par l’ONU, les Juifs de Rome organisèrent une marche sous l’arc de triomphe de Titus pour célébrer la renaissance d’Israel. (Journal Davar)

Alors, faut-il prendre la vie comme elle vient? לקחת את החיים בקלות?
Nous ne sommes pas très doués pour ça. Il est vrai que notre histoire ne nous aide pas, ni notre grande mémoire.
La situation actuelle ne nous aide pas non plus: après avoir vécu depuis 3 mois, sous la menace des ballons incendiaires envoyés quotidiennement par le ‘Hamas, après avoir vu les champs brûler,

(résultats des incendies, journal Makor Rishon)

après les tirs d’obus, des roquettes qui ont blessé une famille à Sderot,

Vendredi, un soldat a été tué par le tir d’un tireur d’élite du ‘Hamas*.

Il s’appelait Aviv Levy et avait 21 ans. Il commandait un groupe de soldats originaires de la tribu de Menashe, et arrivés du Mizoram (état indien situé à la frontière birmane).

Son enterrement a eu lieu aujourd’hui.
On se trouve dans une situation de soi-disant cessez le feu, bien que le ‘Hamas ait déclaré que cette trêve ne valait pas pour les ballons incendiaires. En fait, on est tributaire des décisions du ‘Hamas et ceci pour ne pas déplaire aux Russes qui nous donnent une petite (toute petite) latitude pour nous défendre dans le Nord. Beaucoup de gens, y compris des journalistes à la télévision (!) demandent que nous reprenions les éliminations ciblées des responsables du ‘Hamas (dans le passé ceci avait apporté un peu de répit). Si comme je le lis ici ou là, seule une petite partie des gazaouis, soutient, les exactions du ‘Hamas, ce pourrait être une solution. Supprimons les assassins!
Ceci dit, les assassins ne se trouvent pas qu’à Gaza. Mahmoud a piqué une colère, il a trépigné sur son fauteuil en exigeant que ses troupes aussi participent à la fête anti-juive et ceci pour faire la pige au ‘Hamas qui prend de l’importance à Ramallah.
Et donc, un ballon incendiaire est tombé avant hier dans la cour d’une maison dans le quartier de Gilo, à côté de chez moi. Heureusement, le système de mise à feu n’a pas fonctionné. C’est un cadeau de nos voisins de Bethlehem.

 

(La police examine l’engin. (photo rotter.net)

Au moment de publier cet article, ce matin à nouveau des ballons incendiaires dans le sud: Lors d’une réunion avec la sécurité civile,les paysans et le pompiers ont enregistré ce chant qui rappelle l’époque de la guerre des 6 jours: 

et dans le Nord, les sirènes de Tseva Adom (couleur rouge) retentissent en ce moment.

Et dans le même temps, on sauve les casques blancs syriens et leur famille:

A bientôt,

* L’hermeneutique juive:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Treize_principes_de_Rabbi_Ishma%C3%ABl

*Dans sa lamentation sur la mort de Shaoul et de Jonathan, David compare les deux héros au roi des oiseaux et au roi des animaux: ils étaient plus légers que les aigles et plus forts que les lions.

*Le ‘Hamas est armé par l’Iran: le tireur a utilisé un fusil sniper Sayad-2 fabriqué en Iran, arme standard des Gardiens de la Révolution. Cette arme a une portée de 1,5 km. Elle peut percer un gilet pare-balle en céramique.

 

Une nation palestinienne?

Le mot peuple en hébreu עם (Am) est intéressant car ces deux consonnes peuvent aussi se lire עם (Im) qui signifie avec. En lisant simplement ce mot, nous comprenons que, dans la conception hébraïque, le peuple est d’abord un groupe  d’individus solidaires, ayant des liens historiques, linguistiques, une mythologie commune et ayant conscience de partager un destin commun. Notre  mythologie, qui prend sa  source dans les textes bibliques, repose sur l’idée que les Juifs constituent un peuple déraciné de sa terre vers laquelle il retournera un jour. Nous n’avons ainsi jamais cessé de nous considérer comme les éléments d’un même un peuple, en attente de retourner dans notre patrie, tout aux long des siècles de notre exil.

Mais qu’en est-il des Palestiniens? 
Dans un certain nombre de mes articles précédents, j’ai expliqué que la plupart des musulmans, installés dans la partie ouest de la Palestine, arrivèrent de tout l’empire ottoman grâce à la loi turque de 1872, qui octroyait à tout musulman de l’empire une exemption d’impôts et de service militaire pendant 10 ans, s’il acceptait de s’y installer. Cela provoqua un afflux de musulmans pauvres aussi bien des régions limitrophes que du Caucase ou des Balkans. Plus tard dans les années 1920 et 1930, d’autres migrants musulmans arrivèrent, attirés par la relative prospérité économique due au développement agricole des premiers kibboutzim.
Ceci, alors que dans la même période, le gouvernement britannique restreignait l’arrivée des Juifs!

(La partie ouest de la Palestine se trouve entre le Jourdain et la mer. Selon les accords de 1920, le Foyer National Juif devait s’étendre aussi dans ce qui est la Jordanie actuelle, mais les Anglais en décidèrent autrement)

Quelles sont les caractéristiques sociales de la société palestinienne musulmane?
La société musulmane de Palestine* est construite différemment des sociétés occidentales. Elle est gouvernée par trois types de  structures sociales qui s’emboîtent un peu comme les poupées russes: tout d’abord les tribus, puis les clans et enfin les familles dominantes de ces mêmes clans.
Les trois ont en commun la même culture sociale, basée sur la gouvernance masculine, le rapport de force et les codes d’honneur et de honte.

A l’origine, cette société musulmane était un ensemble de tribus nomades.
Vers la fin du 19 ème siècle, la modernisation de l’empire ottoman fut à l’origine de la sédentarisation progressive de ces tribus, sédentarisation qui était déjà le fait des familles des fonctionnaires turcs,  disséminées dans toutes les villes de l’empire.
De plus, les nouveaux arrivants, musulmans mais étrangers au Moyen-Orient comme les Bosniaques ou les Tchétchènes, se regroupèrent entre eux, transformant le paysage social.
Tout cela provoqua une diminution notable du rôle des grandes tribus mais n’affecta pas les clans qui en sont les sous-groupes. Aujourd’hui, même dans un groupe très sédentarisé comme le groupe palestinien*, le clan ou ‘hamoula est encore le pivot central de la  vie sociale.

Le clan protège l’individu qui, en retour, lui doit une totale obéissance. Tout ou presque est décidé par le ou les chefs de clan. Ainsi, les mariages – qui sont la meilleure manière de mesurer la force de l’appartenance identitaire – se font toujours selon le modèle clanique et les quelques filles qui se marient en dehors de leur clan appartiennent alors au clan de leur mari.
Les membres de la ‘hamoula sont liés entre eux par le mithaq al-sharaf, ou code d’honneur: toute attaque extérieure, qu’elle soit physique ou non, est une attaque contre tous les membres du clan. Toute honte est celle de tout le clan et demande réparation, ce qui conduit aux assassinats, comme les crimes d’honneur, et à la vendetta. Ce code de l’honneur cimente totalement les relations entre les individus du clan et les relations entre le clan et le monde extérieur. De ce fait, aucune régulation juridique ou de sécurité publique extérieure n’est reconnue.

Depuis 1948, des Palestiniens ont été parqués dans des camps de réfugiés au Liban, en Syrie, en Jordanie et en Egypte et traités d’une manière infamante comme des étrangers dépourvus de droit. Tous ces pays les ont, et les utilisent encore, dans un but propagandiste et en ont fait un abcès de fixation contre Israel.


Mais il y en a aussi dans  toute la Judée-Samarie et à Gaza: à côté de Naplouse, de Tulkarem, Qalqilya, à Jenin, à Ramallah, à côté de Bethlehem…
Pourquoi ces camps existent-ils encore dans les banlieues des villes gouvernées par l’Autorité Palestinienne? Et là aussi, pourquoi leurs habitants sont-ils traités par cette même Autorité comme des étrangers dépourvus de droits?
En fait, ces réfugiés se trouvent forcement sur le territoire d’un autre clan. Or dans cette société clanique, la patrie se trouve là où  se trouve le clan. Si le village voisin appartient à un autre clan, il s’agit d’une autre patrie. Celui qui s’y rend est considéré comme étranger et sans protection.
Vous avez certainement entendu parler du poète  Mahmoud Darwish*, chantre des exilés de Palestine. Il est né à côté d’Akko (Saint Jean d’Acre) dans un village nommé Al Birwa, détruit pendant la guerre d’Indépendance. Les habitants du village se sont regroupés de l’autre côté de la route dans un village  à 300 m du premier où ils n’ont pas été acceptés. Ils se considèrent donc comme exilés pour 300 m. Toute la poésie de Mahmoud Darwish est une poésie d’exil pour un déplacement de 300 m!


(Mahmoud Darwish)

A l’intérieur du clan lui-même, la hiérarchie entre les familles est primordiale.
L’individu doit obéissance au clan. Donc, dans le clan lui-même, il obéit à son chef de famille qui lui même obéit au chef de la famille dominante. Ces familles se font évidemment parfois la guerre entre elles. Toutefois il est nécessaire de comprendre que les chefs de clan disposent d’un pouvoir local important mais sans plus. Aucun clan n’arrive à dominer suffisamment les autres pour les fédérer. Les élections sont structurées par district, et forcement gagnées par le clan dominant, sans alternative possible comme c’est le cas en Occident.
Dans les villes, ce sont toujours les mêmes familles de notables dans lesquelles sont choisis les représentants politiques. Les plus connues sont à Jerusalem les Hashashibi et les Husseini, à ‘Hevron les Tamimi. Ils étaient déjà les référant naturels devant le pouvoir du sultan ottoman puis des Anglais et enfin du roi de Jordanie.
Dès la fin du 19 ème siècle, une des grandes familles de notables, les Husseini, chercha à fédérer les clans sous son autorité pour lutter contre les Juifs du yishouv*, mais en vain. Les Husseini passèrent donc du politique au religieux. C’est ainsi que le nouveau mufti de la mosquée d’El Aqsa, qui jusque là se contentait d’avoir un rôle de gestionnaire, devint un agitateur politico-religieux en la personne de Hadj Amin al Husseini. Celui-ci espéra que l’appel à la Oumma, la grande « nation » religieuse, et donc au jihad, lui permettrait in fine de devenir le leader incontesté de tous les clans. Il faut bien comprendre que ce ralliement n’avait pas pour but, l’amélioration des conditions de vie des musulmans mais la destruction du proto-état juif. Et pour ce faire, il s’est même allié avec les nazis*!
Apres la seconde guerre mondiale, et l’exil du grand mufti, le prestige de la famille Husseini ne cessa de décliner, jusqu’à ce qu’un des leurs, Arafat*, s’allie à la fois aux Frères Musulmans et au KGB pour reprendre le flambeau terroriste, avec des habits neufs
, c’est à dire le discours marxiste de ses amis du KGB. Tous les clans se soumirent alors à Arafat, qui possédait l’argent, le pouvoir de ses alliés soviétiques mais aussi l’aura de la famille Husseini. Tout le monde emmargea donc au Fata’h. Il n’y eu et il n’y a aucune possibilité de trouver un travail ou d’obtenir une quelconque autorisation sans l’aval du Fata’h (ou celui du ‘Hamas à Gaza).
Comme aucun leader n’émergeait de la famille Husseini en plein déclin, ce fut finalement un apparatchik, Mahmoud Abbas, formé à l’école du KGB, qui fut imposé à Arafat par les USA comme premier ministre et successeur!
Malgré tout, Mahmoud Abbas reste un étranger à Ramallah!

Dans un article paru il y a un mois dans Haaretz, le journaliste Salman Massalha, druze israélien, explique que Mahmoud Abbas, originaire de Tsfat en Galilée, ne va jamais en visite ni à ‘Hevron ni à Qalqiliya… car là bas il est un étranger : il n’est pas l’un des nôtres » comme ils disent. Les seules occasions où il sort de son palais, la Mukata, c’est pour rencontrer des dirigeants occidentaux en Europe ou ailleurs, qui eux ne comprennent pas cela, et s’obstinent à parler du peuple, de la nation  palestinienne.
On a donc actuellement une « fédération » de clans terroristes.
En Europe, on appellerait cela une mafia mais ici…
Cela semble incroyable mais il ne faut pas oublier qu’à l’intérieur de la société palestinienne, comme dans toute société clanique, les activités criminelles, assassinats, enlèvements, extorsions, trafics etc, sont protégées par la loi du clan car il n’y a ni régulation juridique ni politique indépendante. De plus, et pour compliquer la situation, certains clans s’allient parfois entre eux contre d’autres ou font de la surenchère auprès du pouvoir central pour devenir dominants. Il en résulte des guerres entre milices et pour nous, comme résultat de cette surenchère, un attentat ou deux en plus.
Un de mes cousins, qui fut un membre important du Shabak*, nous racontait que ses relations avec les chefs de clan étaient parfois plus importantes que celles avec les dirigeants du Fata’h mais que tout cela était extrêmement et constamment volatil.

 


Malheureusement, comme le montre la photo ci-dessus, certains Arabes israéliens sont encore tributaires de leur clan: ici soulha collective (amnistie, réconciliation) entre les deux clans Abou Sallouk et Abou Ghanem de Lod.

La situation est la même à Gaza. Il y a périodiquement de véritables  guerres entre les milices des familles pro-Fatah et celle du ‘Hamas.

Le ‘Hamas, c’est à dire les Frères Musulmans*, louvoie entre la réalité clanique et la loi islamique selon ses intérêts: masquer l’origine clanique d’une décision en l’habillant d’un nom islamique est courant. L’habillage islamique sert aussi des intérêts privés. Il permet par exemple à Ismail Hannye, originaire d’une famille de notable de Ramallah de pouvoir côtoyer Khaled Meshal, originaire de Gaza.

Heureusement pour nous, cette unité de façade à Gaza ou à Ramallah (autour de la personne de Mahmoud Abbas), est beaucoup plus fragile qu’il ne le paraît. J’ai parlé de la Oumma, la grande nation arabe musulmane et trans-frontière. Cette nation n’a pas de réalité tangible: comme à l’époque du grand mufti, elle n’existe que contre (nous les Juifs, les infidèles, les autres au sens large du terme) et non pas pour. Elle n’existe que pour nous éliminer de la carte.
Les Palestiniens ne parlent d’ailleurs de nation ou d’état de Palestine que lorsqu’ils s’adressent  aux Occidentaux.


Dans leurs discours en arabe, ils parlent libérer la Palestine « de la rivière à la mer » en utilisant Jerusalem comme levier religieux contre nous, mais ils n’évoquent jamais l’organisation future de cet état. Leur seul but est de libérer le terrain de la domination des dhimmis juifs mais pas de construire une nation*.

Le politologue Mordekhai Kedar est persuadé que la déclaration de Trump sur Jerusalem est le début de la fin de la « nation » palestinienne d’autant qu’un certain nombre de pays du Moyen-Orient ne leur donne plus qu’un soutien de façade. Il pense que pour les Arabes de Judée-Samarie mais aussi de Gaza, il faudrait créer des émirats basés sur les clans ou tribus. Il y aurait l’émirat de Ramallah, de ‘Hevron, de Jenin, de Jericho, avec lesquels nous aurions des accords sécuritaires et économiques. Il y a déjà des sociétés high-tech israéliennes qui préfèrent délocaliser à Gaza plutôt qu’en Inde…
Pour lui, les seuls états arabes du Moyen-Orient qui se développent bien sont les émirats, peuplés par une seule tribu (ou plusieurs ayant des liens familiaux entre elles), et dirigés par la famille dominante de cette tribu, qu’ils bénéficient de la manne pétrolière ou non. Il est persuadé que « tout Etat du Moyen-Orient basé sur des constructions politiques occidentales ou des paradigmes administratifs européens rejoindrait bientôt le sort de la Syrie, de l’Irak, du Yémen et de la Libye. »


Il n’est pas le seul a penser ainsi, Mustafa Tusa*, journaliste français d’origine tunisienne, considère lui-aussi que le modèle des Emirats Arabes Unis est le seul valable pour combattre les Frères Musulmans et assurer un système politique stable car il est basé sur le modèle socio-politique tribal.

A bientôt,

PS: – Nabil Shaat vient d’ailleurs de confirmer que leur but est de nous eliminer: « Celui qui fit partie de l’équipe de négociateurs avec Israël a déclaré que l’AP n’acceptera jamais la formule de « deux Etats pour deux peuples » car cela équivaudrait à reconnaître le droit à l’existence d’un Etat juif et à annuler le « droit du retour ». Il a présenté la « solution des deux Etats » dans la vision de l’Autorité Palestinienne: Israël deviendrait un Etat binational dans lequel tous les réfugiés de 1948 et 1967 pourraient revenir, et à côté, une « Palestine » dans laquelle ne pourront habiter que les Arabes qui y vivent aujourd’hui! En clair, une « Palestine judenrein » aux côtés d’un Etat d’Israël déjudaïsé qui aurait été submergé par plusieurs millions d’Arabes supplémentaires. » (http://www.lphinfo.com/nabil-chaath-revele-presque-monde-savait/)

 

* La Palestine en tant région administrative de l’empire ottoman puis de la Grande- Bretagne

* Cette fois, il s’agit de la population musulmane de Gaza et de Judée-Samarie

* La famille de Mahmoud Darwish est partie au Liban puis est revenue toujours en Galilée occidentale à Deir al Asad à environ 30 km de son village natal.

*le yishouv:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/04/04/de-lancien-au-nouveau-yishouv/

*le grand mufti Hadj Amin al Husseini:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/10/22/le-mufti/

*Yasser Arafat est né en 1929 en Egypte. Il prétend faire partie de la famille ‘Husseini. Personne en fait n’en sait rien mais il a pu imposer cette filiation, peut-être fictive, car cela servait les intérêts du KGB. Si non e vero…

*Le ‘Hamas:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/16/4795/

*Shabak: Sécurité Intérieure

* Mustafa Tusa:
http://mordechaikedar.com/the-emirates-solution-embraced-by-arabs/

*  Les émirats palestiniens
http://www.palestinianemirates.com/articles.html

* Les frères musulmans et le ‘Hamas:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/16/4795/

* Ce que pensait Golda Meir des Palestiniens:
https://www.israelnationalnews.com/Articles/Article.aspx/21666

 

 

Etre chrétien au Moyen Orient

Ici au Moyen-Orient, la composante religieuse est une partie intégrante de l’identité au même titre que la nationalité ou l’ethnicité. Il n’est pas nécessaire de croire en quelque chose pour se déclarer  musulman, chrétien ou juif.
Mais comme vous le savez, l’identité musulmane essaye de s’imposer par la force depuis déjà un bon nombre d’année et bien avant l’apparition de Daesh et les révolutions arabes.
En effet, dès que l’empire ottoman commença à se désagréger de tous cotés et que des populations non musulmanes ou même non turques commencèrent à se rebeller, la répression fut féroce. Le nouveau sultan Erdogan a d’ailleurs la nostalgie de cette époque.
Dans le monde arabe en devenir de cette fin du 19 ème siècle, le même scénario se joua contre les chrétiens qui, pour survivre, se déclarèrent plus arabes que les arabes, furent souvent les fers de lance du nationalisme arabe, demandant simplement qu’on les laisse vivre dans leur dhimmitude chrétienne. Les juifs eux choisirent le retour sur leur terre et leur indépendance grâce au sionisme politique.
Les chrétiens eurent droit à un siècle de répit mais comme vous le savez, ce répit n’est plus de mise.
Non seulement persécutés,mais aussi parfois massacrés, les chrétiens fuient le Moyen Orient:

– En Irak, sous le régime de Saddam Hussein, il y avait entre 800 000 et un million de Chrétiens. Leur nombre est aujourd’hui estimé à 300 000. Depuis 2014, des centaines ont été tués rien qu’à Mossul par Daesh. Ceux qui le peuvent s’enfuient, la plupart vers le Kurdistan. Le patriarche chaldéen, Louis Raphael Sako  a donné une interview à l’AFP expliquant que dans les villages, non seulement les maisons ont été touchées et détruites mais aussi les infrastructures et que les populations déboussolés ne savent plus comment se protéger. Il les exhorte à s’engager dans l’armée (pourtant chiite) ou dans les groupes de combattants peshmerga kurdes car les milices, dit-il, c’est l’anarchie.
Le problème de ces gens explique Wadia Abu Nasser, conseiller de l’église catholique irakienne, est de savoir où et comment fuir, s’il faut laisser tout ce qu’il possèdent derrière eux ou se fier à un mince espoir que peut-être la vague passera au-dessus de leur tête sans les toucher.
C’est un dilemme que toutes les familles juives ont connu*.

– En Syrie, avant  le début de la guerre civile, il y avait 600 000 à 700 000 chrétiens. Aujourd’hui, il n’en reste qu’environ 200 000 à 300 000. Ils ont été tués dans les combats, ou bombardement sans rapport avec leur foi mais ils l’ont été aussi dans de nombreux cas parce qu’ils étaient chrétiens.
Je me souviens avoir rencontré, il y a 20 ans environ, une jeune femme araméenne de Syrie, réfugiée en France, qui venait d’un village arabisé et islamisé de force par Hafez el Assad alors qu’officiellement il n’y avait pas de persécutions anti-chrétiennes à ce moment là en Syrie. Les chrétiens syriens ont entre leurs mains les mêmes options que les chrétiens irakiens: soit s’enfuir vers les territoires kurdes, soit quitter le Moyen-Orient s’ils obtiennent un visa.

– En Egypte, le dernier attentat contre les coptes a été le plus sanglant mais la persécution n’est pas nouvelle. Depuis toujours, les coptes vivent dans la soumission totale, ce qui n’empêche ni les assassinats, les viols, enlèvements et les conversions forcées. Ils sont un peu moins de 10 pour cent de la population égyptienne. Même si le régime actuel combat les Frères Musulmans, il n’en reste pas moins que dans la population un sentiment anti-copte est vivace et que les conversions forcées étant reconnues par la loi islamique, les familles ne retrouvent jamais celui ou celle qu’elles ont perdu.

– Au Liban la situation a l’air plus calme et le pays plus serein. Tout d’abord, un quart de la population est chrétienne. Les chrétiens libanais semblent vivre normalement ces dernières années mais le pays est divisé en 4 factions (pour le moins!) qui s’observent: les chrétiens , les musulmans sunnites, les musulmans chiites et les druzes. L’un des hommes forts de ce pays est le patriarche maronite Bishara al-Ra’is, qui, comme le patriarche copte égyptien, est venu en visite en Israel. Le problème au Liban, explique le conseiller de l’Eglise catholique à Jérusalem, ce sont les politiciens eux-mêmes chrétiens… qui n’ont pas de respect pour le patriarche maronite… Aujourd’hui, il y a déjà plus de chrétiens vivant à l’extérieur du Liban qu’au Liban», dit Wadia Abu Nasser. Il souligne également que, bien que nombre de chrétiens sont à des postes clés dans la politique, tout le monde sait qui en fait gouverne le pays: le ‘Hezbollah… S’il y avait aujourd’hui des élections démocratiques les chrétiens seraient en mauvaise posture.
Il ne fait que souligner une réalité que l’Occident ne veut pas voir: si les postes de Président, de Ministre de la Défense sont toujours réservés aux chrétiens, l’armée est en grande partie aux mains des chiites et le président Michel Aoun, pourtant chrétien, a choisit le camp chiite et donc le ‘Hezbollah. Que sera le futur des Chrétiens libanais? Le député chrétien Salim Sahlab est quant à lui très pessimiste: si en Irak, l’armée américaine qui était là bas depuis 2003 n’a pas pu protéger les chrétiens irakiens alors…

– En Jordanie, le nombre de chrétiens a augmenté depuis les guerres en Irak et en Syrie. Ils sont maintenant environ 500 000. Le gouvernement les laisse tranquilles. Le roi Abdallah a même envoyé un message de condoléances à la famille du journaliste chrétien Christian Nahed assassiné en septembre dernier. Cela dit, la vie des réfugiés chrétiens est un cauchemar dans les camps de réfugiés établis sur la frontière syrienne où la majorité est musulmane sunnite et est en partie inféodée à un islam radical.

– Et les Palestiniens?
Ceux qui vient dans la bande de Gaza sont la proie des islamistes du ‘Hamas. Raymond Ibrahim, observateur des médias en langue arabe témoigne ainsi : Parfois, nous entendons qu’une librairie a été bombardée ou qu’il y a eu des agressions sur les chrétiens ou les églises. D’autres fois, nous entendons parler de l’enlèvement de chrétiens et des contraintes exercées sur eux pour embrasser la religion de Mahomet. Ceci a été confirmé par le patriarche Monseigneur Alexios qui a présenté une pétition au gouverneur de la régions Ismail Haniye, mais en vain. De 5000 en 2006, leur nombre est tombé à environ un millier.
Ceux qui vivent en Judée ou en Samarie sous le  contrôle de l’Autorité Palestinienne ne sont pas non plus à la fête: Bethlehem et les villages environnants étaient à 90 % chrétiens. En 1995 à la suite des accords d’Oslo, la ville passa aux mains de l’Autorité Palestinienne, les chrétiens ne représentent plus maintenant que 12% de la population.
Des milliers de visiteurs insouciants venus du monde entier prennent des selfies sur la place de la mangeoire, se précipitent dans la basilique avec leurs caméras et  assaillent les boutiques de souvenirs le jour de Noel.

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(le soir de Noel à Bethlehem)

Malgré les efforts de l’Autorité palestinienne pour présenter un visage acceptable dans son entreprise de séduction de la gauche occidentale, la réalité quotidienne des chrétiens est bien plus amère. Si on ne parle pas de conversions forcées, les chrétiens sont souvent écartés des postes à responsabilité et donc de la manne distribuée par Ramallah à ses sbires. La nouvelle maire de Bethlehem Vera Baboun est une exception: c’est une femme, chrétienne, issue d’une famille de notables inféodée au Fata’h*.
Qusmieh de Beth Sahour, dont toute la famille a émigré aux USA, reçoit régulièrement des menaces de mort et a été la cible d’un cocktail Molotov parce qu’il veut parler franchement
: Officiellement, les lois sont les mêmes pour les chrétiens et les musulmans mais nous souffrons d’un racisme endémiqueIl commence dans les familles mais est officialisé dans les écoles et  les prêches des imam du vendredi,  la mention ‘chrétien » sur un curriculum vitae est négative… 

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(Noel à Bethlehem: les passantes ne sont pas chrétiennes)

Pour le moment, étant en général assez éduqués, les chrétiens préfèrent partir vers des cieux plus cléments comme le font ceux de Beit Jala à côté de chez moi. Il faut dire qu’à Beth Jala, les chrétiens ont été utilisés comme boucliers humains pendant l’intifada par le Fatah, leurs appartements ont été occupés de force et c’est ainsi que Beth Jala est devenue non pas judenrein mais pratiquement christianrein.

Et chez nous en Israel? Eh bien, c’est le seul endroit au Moyen Orient où la population chrétienne reste stable et même grandit par accroissement naturel.
En Israel, comme dans le reste du Moyen-Orient, les chrétiens ont généralement un haut niveau d’éducation. Ils envoient leurs enfants soit dans des écoles chrétiennes  soit dans les écoles laïques . La plupart habite à Jerusalem, à Yafo, à Haifa 

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(Noel à ‘Haifa)

ou Nazareth.

noel-a-nazareth(Noel à Nazareth)

Bien que dispensés comme les israéliens musulmans du service militaire obligatoire, ils sont de plus en plus nombreux à s’enrôler volontairement comme Elinor Joseph.

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ou comme Mona Lisa de ‘Haifa*.

De plus, sous l’égide du père Gabriel Naddaf*,  ils commencent à refuser leur appellation arabes chrétiens pour reprendre leur identité d’origine, celle d’araméens chrétiens.
Le père Gabriel Naddaf, qui a allumé une torche lors de la cérémonie de Yom Haatsmaout a dû supporter les calomnies de sa hiérarchie qui demandait son remplacement car il n’était pas politiquement correct. Il a heureusement gardé son poste et est un fervent supporter d’Israel dont il considère simplement qu’il est un des citoyens:

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Il est bien plus sioniste que la gauche de ce pays: pour lui Israel est un havre de paix pour les chrétiens. Un tel compliment me semble presque excessif. Regardez la vidéo ci-dessous: personne ne prend garde à la croix de ce jeune homme, les chrétiens comme les musulmans ou les druzes et nous les juifs, nous sommes tous israeliens.

Il a partagé sur sa page facebook un article de Bassan Tawill, du Gatestone Institut, déclarant que  les vraies colonies illégales, n’en déplaise à l’ONU, étaient les constructions sans permis que les Palestiniens ou certains arabes israéliens se permettent de faire en Israel*.

A bientôt,

*Et vous, quand avez-vous quitté…?
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/03/08/et-vous-quand-avez-vous-quitte/

*Les Frères Musulmans:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/16/4795/

*Vera Baboun:
https://en.wikipedia.org/wiki/Vera_Baboun

*https://www.gatestoneinstitute.org/9634/palestinian-christians

*Père Gabriel Naddaf:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/06/27/deux-ou-trois-hirondelles/
*https://fr.gatestoneinstitute.org/9511/colonies-illegales

http://www.lemondejuif.info/2016/01/pere-gabriel-naddaf-sous-abbas-bethleem-est-devenue-un-sanctuaire-pour-les-terroristes/

 

 

 

Djihad en solo

Je venais de terminer un article sur le cimetière philistin d’Ashkelon et sur Goliath. Je voulais vous distraire pendant la période estivale. Pauvre Goliath! Lui, un méchant? Il fait pâle figure à côté des terroristes actuels.
Sur les chaînes de la télévision française, j’ai entendu les journalistes répéter à satiété que: le terroriste de Nice était un homme violent mais pas radicalisé… On ne comprend pas… Un homme brisé en instance de divorce… A ceci s’ajoutait le témoignage des voisins: un homme discret, il sortait les poubelles… Pas très religieux,  ne faisait pas la prière, aimait les filles et la salsa… »
Vraiment?

Voici ce que j’ai recueilli sur des sites d’information israéliens:
Le terroriste, Mohamed Lahouaiej Bouhlel,  etait originaire de la ville tunisienne de Msaken. Selon la police tunisienne, son père est membre du parti islamiste Ennahda. Tous les hommes de la famille sont connus pour être des extrémistes islamistes violents et pourtant un de ses proches travaille (ou a travaillé) à l’aéroport de Nice.
Enfin, sur sa page Facebook, supprimée depuis, il appelait au meurtre et au martyr!*

Non, l’attentat n’est pas dû au coup de folie d’un « loup solitaire« . Depuis Merah, les « loups solitaires » passent à l’acte isolement, mais ils chassent en meute et ce n’est pas une figure de style. Ils sont en fait bien entraînés pour cela.
Vendredi, la deuxième chaîne israélienne le reliait à la doctrine du « solo djihad » (ou djihad en solo) et à son maître à penser Abou Moussab Al Souri (le syrien).
Pour de nombreuses raisons, Abou Moussab Al Souri (le syrien) peut être considéré comme un modèle pour les djihadistes de l’Ouest. Tout d’abord, il est roux aux yeux bleus et à la peau claire. Il lui est facile pour lui de se fondre dans un environnement européen ou américain (en fait, l’un de ses surnoms est El Rubio, le blond). Il bénéficie de la nationalité espagnole, grâce à sa femme, espagnole convertie à l’Islam. Mais le plus important est qu’il a vécu dans plusieurs pays occidentaux et comprend la culture occidentale. C’est un maître dans la Da’wa (دعوة‎‎ « invitation), c’est à dire dans le prosélytisme islamique envers les non-musulmans pour évidemment les convertir.
La Da’wa est pratiquée partout dans le monde occidental. Les politiques s’y laissent prendre ainsi que certains responsables religieux chrétiens:


Ce reportage ci-dessus montre bien la confusion qui règne dans les esprits de certains prêtres catholiques qui confondent rencontres entre les communautés en vue d’apaiser les tensions et abandon des principes de leur foi. C’est dans l’enrichissement des ses propres valeurs et dans le respect de celles des autres que la véritable union peut se faire et non pas dans ce bouillon où tout devient confus. Mais ceci mérite un autre débat…

Après le 11 septembre, Al Souri a commencé à écrire de nombreux textes prônant le djihad et à enseigner (y compris sur YouTube).
Il a publié un manuel de 1 600 pages, décrivant en détail ce que doit être l’action terroriste au regard des préceptes religieux. Il est très critique à l’égard de Ben Laden à qui il reproche son management centralisé et ses coups médiatiques qui ont provoqué la réaction que l’on sait des Etats-Unis.
La stratégie de Al Suri est appelée « la stratégie des 1000 entailles« : on affole l’ennemi, on le déstabilise par des actions nombreuses qui finiront par provoquer la panique et enfin on le soumet. Les 84 morts de Nice ou les 130 morts du 13 novembre dernier ne sont rien si on les compare aux milliers du 11 septembre 2001 mais auront un impact bien plus important dans la population si les attentats se renouvellent régulièrement sans provoquer une réaction politique à grande échelle.

Les solo-djihadistes ou Imghimassi (les immergés) sont placés très haut dans l’échelle des valeurs du terrorisme islamique. Ce n’est pas une nouveauté, c’est seulement une tradition qui a été remise à l’ordre du jour. C’était la tradition des Assassins au 12 ème siècle. Mais surtout ce fut ainsi que les soldats musulmans luttèrent contre  l’invasion mongole au 13 ème siècle. La recette est simple: quand on est en nombre inférieur, il faut se suicider en entraînant le plus grand nombre de morts possible avec soi. Mais pour être considéré comme shayid (martyr), il faut tuer  au nom de l’Islam!
Voici les recommandations données par le porte-parole de Daesh, Abu Muhammad Al-‘Adnani, en 2014: « Si vous ne pouvez pas faire exploser une bombe, ou tirer un balle, arrangez-vous pour fracasser le crâne d’un infidèle avec une pierre, poignardez-le avec un couteau, roulez dessus avec votre voiture, jetez-le d’une falaise, étranglez-le ou empoisonnez-le. »*

Memri recommandations aux djihadistes
« L’intérêt de cette tactique est que les tueries prennent très peu de temps et les forces de sécurité n’ont pas vraiment le temps d’intervenir. Il n’y a pas de prise d’otages au sens habituel du terme puisque les terroristes (les Merah, Kouachi, Coulibaly) attendent les forces de l’ordre non pas pour négocier mais pour les affronter en espérant là aussi en tuer le plus grand nombre.

Photo envoyee par Daesh

(Photo-montage de Daesh)

Alors essayer de les définir radicalisés, en voie de radicalisation, inféodés ou pas à Daesh comme si ces étiquettes servaient à quelque chose,  est non seulement inutile mais occulte la réalité. La réalité est celle d’un mouvement multiforme mais dont les intentions sont claires.
Dans toutes les démocraties, la compassion pour les victimes était évidente. A l’inverse, des manifestations de joie ont eu lieu dans de nombreux pays musulmans, certains quartiers européens et chez les Palestiniens, qui se sont appropriés l’attentat comme victoire personnelle.

Certes, il y a aussi une guerre entre les diverses organisations terroristes: Al Qaida, Jumat Al Nosra, Daesh, le ‘Hamas, le Djihad Islamique, Fata’h* sont sunnites. Le ‘Hezbollah est chiite. Ces groupes s’entre-tuent aussi au nom de leur appartenance: sunnite ou chiite.
Il y a aussi des ego sur-dimensionnés, des vizirs qui veulent devenir calife à la place du calife! Mais tous ont le même but: transformer le monde en champ de bataille, en Dar el ‘Harb (Maison de l’épée) pour qu’il devienne Dar el Islam (Maison de l’Islam) après l’anéantissement des Juifs, des « Croisés » et  des musulmans tièdes ou apostats.
Pour eux, la confrontation totale est prévue pour cette année, et la victoire finale pour 2020. Il est possible de les combattre et de les vaincre comme on a vaincu le 3 ème Reich qui devait durer 1000 ans et en fait, n’en a pas dépassé 12. Mais pour cela, il faut déjà nommer l’ennemi, et ne pas se cacher la tête dans le sable.

A bientôt,

*Il n’était pas le seul: quelques jours avant l’attaque, les réseaux sociaux étaient emplis de messages de haine et d’appel à de prochains attentats.

*Recommandations aux futurs djhadistes:
http://www.memrijttm.org/nice-attacker-emulated-methods-previously-advocated-by-isis-aqap-and-other-jihadis-who-called-to-use-vehicles-as-weapons-to-run-over-and-mow-people.html

*Il y a à peine un mois, la France  recevait en grande pompe le chef des Frères musulmans tunisiens, Rached Ghannouchi. La raison: demander à cet islamiste d’empêcher la jeunesse française de confession musulmane de basculer dans le radicalisme. C’est comme charger Al Capone d’éduquer des adolescents!

*Al Souri:
http://www.memri.org/report/en/print5395.htm

*Les Assassins:
https://en.wikipedia.org/wiki/Assassins

*Le Fata’h est considéré comme « modéré » par les Occidentaux, il soutient et finance de nombreuses actions terroristes en Israel. Ces derniers temps, il a changé de slogan: il ne se bat plus pour libérer la Palestine mais Al Quds (Jerusalem) ou la mosquée El Aqsa. Il s’accroche ainsi aux wagons du train islamique.

 

 
 

Les Juifs veulent détruire la mosquée d’El Aqsa!

Dans mon avant-dernier article, nous en étions arrivés aux événements  qui marquèrent le début des années 20 en Palestine mandataire, je devais aborder cette semaine les massacres de 1929 quand j’ai lu l’indispensable article de Danilette « Vous n’avez nulle idée de la grâce, de la douceur du Grand Mufti de Jerusalem Al Husseini » (http://www.danilette.com/2015/10/vous-n-avez-nulle-idee-de-la-grace-de-la-douceur-du-grand-mufti-de-jerusalem-al-husseini.html) où elle nous livre un extrait de la recension du livre d’Albert Londres*:  « Le Juif errant est arrivé« , paru en 1930.
Je vous recommande de lire cet article et de le faire lire autour de vous.

Grace à la France qui n’acceptera de le livrer ni aux Anglais ni aux Yougoslaves, qui veulent le faire juger, et qui l’assignera gentiment à résidence,  le Grand Mufti de Jerusalem Hadj Amin al Husseini pourra facilement s’évader et échappera ainsi au procès de Nuremberg où il aurait du comparaître avec ses complices nazis. Il mourra tranquillement à Beyrouth en 1974.

Lorsqu’il y a une vingtaine d’années, je mentionnais le rôle central du Grand Mufti dans l’extermination des Juifs, j’entendais  des dénégations  polies où il était question de son nationalisme certes exacerbé  mais quand même…Bref, une fois de plus j’exagérais! Or tous les biographes du Grand Mufti le considèrent comme un antisémite virulent. Benny Morris par exemple écrit: »Il est clair que quand on lit ce qu’il a écrit, on voit qu’il est foncièrement antisémite. Je ne dis pas qu’il était seulement anti-sioniste, non, il haïssait les Juifs, les Juifs étaient le diable« .

En 1933, quelques semaines seulement après qu’Hitler ait pris le pouvoir, le Consul Général d’Allemagne en Palestine, Heinrich Wolff, envoie un télégramme à Hitler rapportant les paroles du Grand Mufti: « les Arabes sont enthousiasmés par le nouveau pouvoir et espèrent le voir triompher ici au Moyen-Orient. » Le Grand Mufti et Wolff se rencontreront de nombreuses fois et ce dernier enverra de nombreux rapports à Hitler, toujours élogieux, au sujet de l’évolution de la situation au Moyen-Orient, des nombreux massacres, émeutes et pogroms fomentés par le Grand Mufti et ses alliés les Frères Musulmans* en Palestine mandataire, en Egypte,  Syrie et en Irak. Le Grand Mufti s’active car il veut être considéré comme le pendant d’Hitler au Moyen-Orient qu’il veut nettoyer de toute présence juive. Cela lui fera  évidemment la meilleure des cartes de visite lorsqu’il viendra à Berlin en novembre 1941.
Leur collaboration deviendra ensuite bien plus effective puisque le Grand Mufti créera trois légions musulmanes SS en Bosnie et en Albanie où, là encore, elles seront responsables de nombreux massacres, en particulier en Serbie.*

En attendant, dès l’été 1928, le Grand Mufti intrigue avec les nationalistes syriens et la famille Ibn Soud pour une monarchie unifiée sur les territoires syriens, trans-jordaniens et la Palestine mandataire.
A Jerusalem, pour Yom Kippour, le Waqf se plaint aux Anglais que les Juifs violent le statu quo au Kotel en construisant une synagogue (ils ont seulement apporté un paravent pour séparer les hommes des femmes pendant la prière et quelques sièges!). Les Anglais usent de la force pour leur faire remballer le paravent et les sièges. Les Arabes organisent alors un Comité de Protection pour le Noble Burak* et les Juifs sont une fois de plus victimes d’exactions.

Palestinian_delegation_1929(Délégation arabe en 1929, protestant contre les agissements des Juifs qui veulent détruire la mosquée d’El Aqsa.
Le Grand Mufti est au premier rang, le deuxième à partir de la gauche)

Malheureusement,  le nouveau Haut Commissaire Sir John Plummer est un homme sans aucune envergure et il mandate le Grand Mufti pour définir ce que doit être le fameux statu quo, c’est exactement comme demander à Al Capone de combattre la Mafia!
Les violences sporadiques dont sont victimes les Juifs se font de plus en plus nombreuses au cours de l’année 1929. La propagande du Grand Mufti est soigneusement orchestrée. Comme déjà en 1920, il ameute les foules arabes au cri de « Les Juifs veulent détruire la Mosquée d’El Aqsa!« . Le 23 août, le quartier juif de la Vieille Ville de Jerusalem est attaqué, le lendemain les violences s’entendent à Motsa et Beer Touvia, à Yaffo et à Haifa. Mais c’est à Tsfat en Galilee et à Hebron dans le Gush Etsion que les massacres sont les plus terribles. Ce sont eux dont rend compte Albert Londres. C’est ainsi que Hebron deviendra « Judenrein » jusqu’à ces dernières années.

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(survivants du massacre de Hebron 1929)

Ce cri « Les Juifs veulent détruire El Aqsa » est toujours celui qui fait agir les terroristes aujourd’hui. Je ne compte plus les attaques. Mardi soir à Beer Sheva, a été assassiné Omri Levy une balle dans la tête, il avait 19 ans.

Omri Levy attentat Beer Sheva 2015
Avant hier à Hebron,  a été enterré Abraham Hasno, père de 7 enfants. Sa voiture a tout d’abord été la cible de jets de pierres. Comme il en sortait pour essayer de se mettre à l’abri, un camionneur arabe l’a volontairement écrasé.

Avraham Hasno

Il y a de nombreux blessés. Si Naor ben Ruth, âgé de 13 ans, a repris conscience, ce n’est pas le cas pour Orel bat Limor, ecrasée et poignardée près du kibboutz Gan Shmuel.

Orel bat Limor

ni pour Dikla bat Ninette, poignardée avant-hier près de Adam

Dikla bat Ninette
La propagande du Grand Mufti nous accusait de vouloir détruire la mosquée d’El Aqsa il y a cent ans de cela, elle est toujours debout et en bon état. Les seuls qui la profanent sont les terroristes qui s’en servent comme entrepôt d’armes et je rappelle qu’ Abdallah, roi de Jordanie, y fut tué par un membre du clan ‘Husseini le 4 mais 1948, car il voulait entrer en négociations avec Israel.
Nous n’avons jamais voulu détruire ou profaner la mosquée d’El Aqsa mais le cri de ralliement des terroristes est resté le même.
Ce n’est pas une guerre de territoires comme le pensent beaucoup de gens en Occident, c’est une tentative de nettoyage ethnique physique mais aussi culturel comme le montre la dernière tentative de Mahmoud Abbas à l’UNESCO revendiquant le Kotel comme lieu saint musulman. C’est le même nettoyage ethnique que celui qui a lieu en Syrie et en Irak où les musulmans se font la main sur les Chrétiens et les Yazidis dans les régions où il n’y a plus de Juifs!
On dit que ceux qui nous attaquent maintenant sont des purs produits de Daesh et cela permet à l’Occident dédouaner Mahmoud Abbas mais non, leurs diverses dénominations, Fata’h, ‘Hamas, Daesh, Al Nosra, A Qaida et Boko Haram en Afrique ne sont que le produit de rivalités internes ou de différentes localisations géographiques. 

Regardez attentivement la vidéo ci-dessous. Rien n’y manque: le sang pur des terroristes et les pieds sales des juifs qui souillent le lieu saint muslman. Hadj Amin El Husseini et ses copains nazis ne trouveraient rien à rajouter. 

Les pères de la soi-disant nation palestinienne sont animés du même antisémitisme que les nazis et ils l’avaient déjà démontré avant qu’il soit question de territoires, de conquête*, et de colonies.

Je dois maintenant aller chercher mes petites filles à l’école en voiture pour leur éviter de se faire poignarder.

A bientôt,

*Le ‘Hamas est l’héritier direct des Frères Musulmans
Leila Shahid est très fière d’être la petite fille du GM

*Albert Londres:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Londres

*Je parlerai plus longuement de la collaboration du Grand Mufti avec Hitler quand, dans un prochain article, il sera question du yishouv pendant la deuxième guerre mondiale

*le Noble Burak: le cheval sur lequel Mahomet s’envola vers le ciel selon la tradition musulmane

*conquête: quand on parle de conquête actuellement, on fait référence au territoire de Judée Samarie, passeé sous domination jordanienne de 1948 a 1967

*
http://www.causeur.fr/israel-jerusalem-mahmoud-abbas-35052.html?utm_source=Envoi+Newsletter&utm_campaign=31915e8a5b-Newsletter_28_09_15&utm_medium=email&utm_term=0_e89bc7d32d-31915e8a5b-39328773#