En cette fin de vacances…

Voici une vidéo très explicite sur ce qui est notre quotidien depuis quelques temps.

 

 

Chaque jour ou presque, les habitants du Sud reçoivent des roquettes, des jets de grenades et de ballons piégés, ils doivent se protéger des tentatives d’infiltration perpétrées par des Gaza-nazis, arborant fièrement des drapeaux  très explicites comme celui-ci:

Nous avons droit à  environ un attentat meurtrier par semaine. Il y a peu, en Judée les assassins ont activé une charge explosive et tué une jeune fille de 17 ans, Rina Shnerb, et blessé son père et son frère. Le père de Rina les avaient simplement emmenés se baigner à la source  Dani, nommée ainsi d’après le nom de Dani Gonen, tué au même endroit en 2015.

 

Cette semaine, Tsahal a pu déjouer à temps un énorme attentat, organisé par les Iraniens qui, à partir du territoire syrien, prévoyaient de lâcher sur la Galilée des drones équipés d’explosifs. Dans le même temps, nous avons du aussi intervenir dans la Beka Libanaise contre des positions de terroristes chiites du Hezbollah, inféodé à l’Iran
Nous avons répliqué par une série d’attaques sur des bases iraniennes en Syrie et dans la Beka.

 

L’autre soir soir, 3 missiles en provenance de Gaza sont tombés sur Sderot au moment où avait lieu un concert en plein air: 4000 personnes, essentiellement des familles, se sont retrouvées prises au piège sans abri à leur portée. Deux des missiles ont été interceptés par Kipat Barzel, un est tombé dans un terrain vague où il a provoqué un incendie..
Nous disons toujours: Heureusement, nous n’avons eu que quelques blessés légers!
Mais un bon nombre de personnes sont traitées à l’hôpital pour état de choc et cette situation qui suppure depuis des années rend la vie des habitants de cette région vraiment intenable. Les centres de suivi psychologique pour les post-trauma sont débordés…
Et personne ne sait ce que les heures ou les jours suivants nous réservent.

 

En signe de protestation contre la situation dans le Sud, qui continue de s’aggraver ces derniers jours, une vidéo a été publiée ce mardi matin dans laquelle des enfants de la région de Sderot,  âgés de 7 à 11 ans,  chantent la célèbre comptine de l’alphabet. Mais cette fois, les paroles sont différentes, chaque lettre de l’alphabet est l’initiale d’un mot  qui malheureusement fait partie de leur vocabulaire quotidien.
Une des participantes du groupe, Michal Maor a 9 ans. Elle habite Sderot. Elle a déclaré ce soir à la télévision: « Il est important pour nous que tous les enfants en Israël comprennent la peur avec laquelle nous grandissons. Personne ne sait vraiment ce qu’est un ballon incendiaire avant de le voir. Nous grandissons dans une dure réalité. Le temps libre, nous le passons dans un espace protégé, il était donc important pour nous de participer à ce projet  et vous chanter ce qui reflète notre réalité. Les paroles sont  effrayantes et ont pour but  de faire comprendre au public israélien notre peur quotidienne. « 

Alef א c’est le feu (Esh) et Beit ב c’est un ballon (piégé), Guimel ג c’est une grande clôture (gader), Dalet ד c’est la porte (delet) du mamad (la pièce protégée), He ה c’est la myrte (hadas) qui fleurissait rose jusqu’à ce qu’ils brûlent les champs,

Zayin ז ‘Het ח vont ensemble car c’est le ‘Hamas dans les tunnels,
Les enfants de 6 et 7 ans, oh maman! Oh maman! Ont peur de sortir même un instant, Un abri, un abri! Et ils restent assis à la maison, maman, petite maman. Ni colombe et ni rameau d’olivier, petite maman!
Tet ט c’est une missile (til) et Yod י c’est un tir (yeri), Kaf כ c’est kef et Lamed ל non (lo), Mem מ et Noun נ c’est une salve (mata’h) qui est tombée (nafal) ici. Cours vite c’est tout près! Samekh ס c’est patrouiller (savav), Ayin ע c’est Gaza (,Aza), Pe פ c’est un attentat (pigoua) au couteau, Tsade צ c’est Tzouk Eytan (la guerre de l’été 2014), Kouf ק c’est une voix (kol) qui te dit Resh ר , cours (routz) vite, ferme les yeux, couche- toi par terre les mains sur la tète.
Les enfants…
Où en sommes-nous maintenant? Où est le Shin ש  et où est le Tav ת ? Shin (che) c’est la paix (shalom) et tav c’est toda (merci)  et yalla en avant pour pour le prochain round! Salut à tout le gouvernement, nous nous reverrons pour la prochaine opération militaire!
Les enfants de 6 et 7 ans…
On ne veut plus avoir peur, on exige une victoire d’Israel!*

 

Quand au front nord, comme je vous le disais, on multiplie les opérations en Syrie et même en Irak ou au Liban pour empêcher les Iraniens et le Hezbollah de nous attaquer. Ce soir la plupart des routes du Nord sont sous le contrôle de l’armée. Les voitures civiles roulent encore mais tout est fait pour dégager le passage pour Tsahal au cas où.
Cependant, il n’y a pas plus optimiste qu’un Juif. Les chambres d’hôtes sont pleines, c’est la fin des vacances et tout le monde veut en profiter. Comme disait un homme interviewé aux sources de Banyas : Je suis de Sderot, alors...

Heureusement,
Un certain nombre de jeunes soldates scrutent sans relâche des écrans. On les appelle les תצפיטניות (tatzpitaniot), les observatrices:

Elle sont formées à détecter et contrer les éléments hostiles le long des frontières et à surveiller la clôture  à l’aide de divers dispositifs technologiques. Si elles détectent une tentative d’infiltration, elles doivent être très réactives et donner à la chaîne de commandement un compte-rendu de la situation le plus précis possible.
Elles sont relevées toutes les quatre heures avant que leur vigilance se relâche: Pour autant que je le sache, il n’y a pas de soldats tatzpitanim mais seulement des soldates. Tsahal dit que les filles ont une capacité de concentration bien meilleures que les garçons. Chaque fois qu’une intrusion ne se termine pas en attentat meurtrier, c’est grâce à elles.
Mais les tazpitaniot ne sont pas seules à surveiller notre frontières. Tsahal, dont le niveau technologique n’est plus a démontrer, emploie aussi des pisteurs, en général des arabes bédouins. Dans la vidéo ci-dessous, l’officier Bader Sayid, officier pisteur dans la vallée du Jourdain, nous explique quel est leur travail:

 

« Comment sait-on que quelqu’un a franchi la frontière?
Sur la bande de terre entre la ligne de sécurité et  le grillage, on fait passer tous les jours un Hammer traînant des chaines pour rendre ainsi la terre poudreuse. C’est sur cette terre tendre qu’un pisteur pourra remarquer le moindre signe. Un pisteur doit parcourir par jour un certain nombre de km le long de cette bande pour vérifier qu’il n’y a eu aucune incursion de ce côté de la barrière.
Ce qu’il cherche ce n’est pas forcement une empreinte claire et nette, il sait analyser les différentes traces:  celles d’un animal et celles d’un homme ne se ressemblent pas,  ni celles d’un homme et celles d’une femme dont les  pas sont plus petits. De même, s’il s’agit d’un homme corpulent et lourd ou s’il porte quelque chose, les empreintes ne seront pas les mêmes. Plus tu portes, plus ton talon sera enfoncé dans le sol, ta démarche ne sera pas droite mais tu zigzagueras de droite à gauche et tu élargiras tes empreintes. Le pisteur doit aussi analyser si l’incursion a eu lieu peu de temps ou plusieurs heures avant.
Les terroristes trouvent toutes sortes de combines pour nous rendre le travail difficile, comme les peaux de moutons ou les larges bandes de mousse attachées sous les pieds, mais un pisteur expérimenté sait les repérer.
Nous savons aussi faire la différence entre une véritable et une fausse pierre qui recouvre un engin explosif.
Malgré  toute la technologie, rien ne vaut les yeux des pisteu
rs!

 

A bientôt,

 

*Le mot drone, רחפן (ra’hfan)  a été construit sur la racine r’h’f qui veut dire voleter qu’on trouve dans le livre de Bereshit
Or la terre n’était que solitude et chaos; des ténèbres couvraient la face de l’abîme, et le souffle de Dieu planait à la surface des eaux
וְהָאָרֶץ, הָיְתָה תֹהוּ וָבֹהוּ, וְחֹשֶׁךְ, עַל-פְּנֵי תְהוֹם; וְרוּחַ אֱלֹהִים, מְרַחֶפֶת עַל-פְּנֵי הַמָּיִם
Nos commentateurs ne traduisent pas planer mais  voleter, en ajoutant comme une oiselle voletant tendrement au dessus du nid.
Nos drones volettent actuellement comme une oiselle bien déterminée à ne pas nous laisser tuer par des oiseaux de proie

Israël-Iran : « La guerre des drones a éclaté »

 

*https://lphinfo.com/tsahal-devoile-lidentite-de-deux-terroristes-chiites-elimines-en-syrie/

*L’allliance ‘Hamas-Iran:
Le Hamas va créer une armée régulière

 

Le chemin des Patriarches (11 et fin)

Cette fois, les Patriarches vont droit au nord, vers la cité de ‘Hatzor.
Hatzor est connue depuis la plus haute antiquité. Elle se trouve au carrefour des routes commerciales sud-nord allant d’Egypte en Phénicie, et des routes ouest-est, de la mer Méditerranée à la Mésopotamie et l’Asie mineure.
‘Hatzor domine la plus grande réserve d’eau du pays, le Kinneret, ainsi que la plaine fertile de ‘Hula au nord. Du fait de sa position stratégique, elle a été conquise, perdue et reconquise un bon nombre de fois et elle est mentionnée à plusieurs reprises dans le texte de la Bible. Mais la plus ancienne mention connue à son sujet sont les Ecrits de malédiction, originaires d’Egypte, textes magiques censés maudire ceux à qui ils s’adressent. C’est dire si la ville était un objet de convoitise pour beaucoup!

(Ecrits de malédictions égyptiens)

La ville est aussi mentionnée  dans des tablettes trouvées conjointement à Mari (en Syrie) et à ‘Hatzor. Ces tablettes sont écrites en alphabet cunéiforme et elles sont ce qui reste du courrier diplomatique entre les rois des deux villes.*

(J’essaye, mais la plupart du temps en vain, de trouver des vidéos en français. J’en trouve un certain nombre en anglais mais cette fois la plus parlante -si on peut dire- est muette!)

De nos jours, la ville  חצור הגלילית (‘Hatzor hagalilit), ‘Hatzor la galiléenne, a été fondée au début des années 50, sur l’emplacement d’une maabara* peuplée essentiellement de Juifs originaires du Maroc.

Bien qu’elle soit située à proximité de Rosh Pina*

et du Kibboutz Ayelet Hasha’har,

elle est surtout connue pour être le lieu du tombeau de Honi Hameagel*

De ‘Hatzor, les Patriarches continuent en direction nord-est, traversant le Jourdain: Comment le traversent-ils?
Existait-il déjà des ponts faits de barques retenues entre elles par des cordes de lin, recouvertes de planches et bordées de garde-fous des deux côtés, comme ce sera le cas environ 1500 ans plus tard en Perse? Peut-être…
Pour une rivière si étroite que le Jourdain mais qui peut en hiver se transformer en torrent bouillonnant, on peut supposer qu’ils ont attendu la saison chaude et sèche de l’été pour traverser à gué ou avec l’aide d’un passeur.
Toutefois, on est sûr que la région était déjà habitée:
Des fouilles archéologiques menées par l’Université Hébraïque de Jerusalem ont apporté la preuve d’un habitat humain organisé, bien antérieur à l’époque des Patriarches: on y a notamment découvert de nombreux squelettes d’animaux  et de haches en basalte. Par conséquent des ponts enjambant le Jourdain devaient probablement déjà exister.
Ceci dit, il existe dans le nord de la Galilée, un pont qui porte encore le nom de בנות יעקוב (Bnot Yaakov), les filles de Yaakov. L’endroit s’appelle d’ailleurs le gué de Yaakov.  On y a trouvé les traces d’un pont datant de l’époque romaine qui a été régulièrement réparé et reconstruit. Pendant les deux siècles que dura le Royaume Croisé (1099-1291), un couvent en percevait les taxes de passage.
En fait, pendant des siècles, le gué de Yaakov fut un point de passage clé entre Akko et Damas. Ce fut aussi un lieu de bataille opposant les croisés aux musulmans. Il est surtout connu pour avoir été l’objet d’une constante dispute entre Baudoin IV de Jerusalem et Saladin. Baudoin autorisa les Templiers à y construire une forteresse nommée le Chastelet, en hébreu מצד אתרת (Metzad Ateret). La forteresse fut assiégée et détruite par Saladin le 23 août 1179.

Le pont fut bien sûr reconstruit et continua à faire parler de lui jusqu’à nos jours:
En 1799,  il indiqua la limite nord de l’avance napoléonienne:
(le pont des filles de Yaakov avec au loin l’armée de Napoleon, gravure anglaise de 1803)

 

Pendant la première guerre mondiale en 1917, il fut le cadre d’une importante bataille entre les Turcs et les Britanniques. En 1923 après la guerre, un accord fut signé entre la France et la Grande-Bretagne déclarant que ce pont marquait la frontière entre la Palestine britannique et la Syrie française. Un poste de douane y fut construit:

Il fallait présenter un visa de transit pour le traverser ainsi qu’on le voit sur la photo du passeport du chauffeur de taxis Joseph Cohen, habitant Tsfat en Galilée.

(site http://www.yoaview.com)

Mais c’est surtout à la fin de la deuxième guerre mondiale qu’il fera parler de lui:
Au mois de juin 1946, le Palma’h décide de faire sauter les principaux ponts qui relient la terre d’Israel à ses voisins et parmi eux le pont de Bnot Yaakov. Sur 11 cibles, ils en détruiront 10.
Les Britanniques sont stupéfaits. Jusque là, les activités de la Haganah étaient surtout liées à l’immigration clandestine, la libération d’internés juifs du camps d’Atlit et la destruction des stations radar sur le Carmel, car elles servaient à repérer les bateaux d’immigrants.
C’est vrai qu’il y avait déjà eu « la nuit des trains » en 1945, une opération de sabotage de grande envergure mais là, c’en est trop pour eux. Ils procèdent à l’arrestation de nombreux membres dans des kibboutzim de Galilée. Certaines arrestations se passèrent violemment. Au total, 4 Juifs sont tués, 18 blessés et une centaine arrêtés. Dans le même temps, les Britanniques planifient une opération à grande échelle pour briser la résistance juive d’Eretz Israel. Elle aura lieu le samedi 29 juin 1946, et sera surnommée ici  le shabbat noir*.

Un chant a été composé en l’honneur des combattants du Palma’h qui ont participé à cette bataille:


La nuit est pluvieuse, le ciel d’hiver est sinistre, un groupe d’éclaireurs dans les broussailles, l’ombre du pont noircit les eaux du Jourdain…

Mais tout ceci, les Patriarches l’ignorent… Ils traversent le ירדן (Yarden) Jourdain. Ils le nomment déjà ainsi. Loth, le neveu d’Avraham, leva les yeux et considéra toute la plaine du Yarden, tout entière arrosée…(livre de Bereshit- Genèse).
Son nom Yarden vient de la racine ירד (YRD), descendre, (la riviere descend du mont ‘Hermon) et דן Den est en fait Dan, un des fils du patriarche Yaakov…


Elad est descendu au Jourdain, il a vu comme tout était en fleur, le  laurier rose embaumait comme jadis. Elad est descendu au Jourdain, les saules sont verdoyants, l’eau est calme comme jadis. Il construira un pont comme le firent nos ancêtres, il brodera un lien entre les cœurs…*

Ayant traversé le Jourdain, ils grimpent sur le plateau du Golan et cheminent en direction de Damas en Syrie. Ils passeront sans doute vers Eyin Zivan*, peut-être regarderont-ils la plaine de Kouneitra en se disant qu’elle est très fertile (et elle l’était!) mais  nous les laisserons cheminer sans nous car nous ne traverserons pas la frontière…

A bientôt,

*’Hatzor:
L’époque des Patriarches correspond pour les archéologues à la fin du Bronze Ancien. Jusqu’à maintenant peu de vestiges datant de cette époques y ont été découverts, les époques ultérieures sont évidemment les plus riches et le site archéologique de Tel ‘Hatzor est un des plus grands d’Israel. La ville sera mentionnée beaucoup plus tard dans les livres de Josué et des Juges ainsi que dans les tablettes de Tel Amarna

*Maabara: camp de transit
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/10/24/sharaliya/

*Honi hameaguel:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/10/07/i-am-singing-in-the-rain/

*Eyin Zivan et le Golan:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/05/29/guerre-et-paix-sur-le-golan/

https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/08/02/le-nord/

*Le shabbat noir (opération Agatha):
Des dizaines de fermes ont été encerclées et fouillées, des vignobles saccagés par les soldats qui cherchaient des caches d’armes (deux tonnes de raisins furent détruites), les lignes de téléphone coupées, impossibilité d’appeler un médecin et surtout des blessés et même des tués…
https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Agatha

*אלעד ירד אל הירדן Elad est descendu au Jourdain:
Chanson écrite par Avraham Zigman pour rassurer l’acteur Shaike Ofir dont le fils Elad faisait partie des forces de Tsahal stationnées à la frontière jordanienne. La situation était explosive car à quelques kilomètres sur le territoire jordanien, les forces syriennes  avaient envahi le territoire jordanien pour soutenir les terroristes palestiniens. Le roi Hussein avait appelé Tsahal à son secours. Heureusement pour nous, il s’est finalement débrouillé tout seul. Le texte de Zigman est truffé d’allusions à la Bible et il l’a d’ailleurs composé avec l’aide de Naomi Shemer.

Un homme, des arbres et des conseils.

J’ai souvent entendu parler  du magnifique verger de saba Avraham par Ariel. Il en rapportait des avocats et des mangues magnifiques.
Mais qui est donc ce saba? demandais-je souvent
La réponse etait laconique, il s’agissait du grand-père de sa fiancée Sapir, et il avait le plus beau verger de Pardess ‘Hanna… Et il connaissait Ben Gourion!
Alors, j’ai cherché, curieuse… et voici:
Avraham ben Yaakov est né à Pardes ‘Hanna en 1930. A l’époque Pardess ‘Hanna n’était rien qu’un petit village.

pardess-hanna-annees-30

(groupe d’agriculteurs de Pardes ‘Hanna dans les années 30)

Venu de la République tchèque, son père s’y était installé comme fermier. A ce moment là, l’agriculture dite moderne commençait à peine à voir le jour et les agrumes étaient ce qui convenaient le mieux au milieu naturel. Cependant les attaques incessantes des bandes arabes rendaient le travail des paysans très difficile. Il était en effet dangereux de s’occuper des vergers, même armé.
De plus, le déclenchement de la seconde guerre mondiale empêcha les exportations vers l’Europe et la famille fut ruinée. Comme beaucoup, le père d’Avraham s’engagea dans l’armée britannique. Malgré leur pauvreté, la mère d’Avraham envoya son fils étudier l’agriculture à Mikve Israel où se trouvaient à l’époque tous les experts en agriculture.
En 1948, Avraham est lui aussi mobilisé. Gravement blessé, il passe un an à l’hôpital où il continue à étudier comme il le peut tous les traités sur l’agriculture. Il part ensuite dans la vallée du Jourdain, travailler au kibbutz Avuka*, à côté de Beit Shean  où il se lance dans la vigne puis à l’Institut Ruppin où Yshayahou Leibowitz lui enseigne la génétique. 
En 1952, il est appelé comme expert par David Ben Gourion et fait partie des fondateurs de l’école d’agriculture de Sde Boker. Les deux hommes ont chacun un caractère rude et s’opposent souvent mais Ben Gourion le garde auprès de lui tant il apprécie ses conseils.

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(Abraham Ben Yaakov et Ben Gourion à Sde Boker)

Apres avoir passé quelques années dans le désert, il se spécialise dans la culture des plantes en milieu sub-tropical et en particulier à celle des avocats et des mangues. Il pense qu’ils s’adapteront très bien dans les zones humides d’Israel d’autant que deux plants de mangues apportés par deux soldats de la brigade juive prospéraient déjà à Beit Dagan*.
En 1962 , il rejoint le département des plantations subtropicales de l’Institut Volcani*en tant que chercheur. Et se lance dans la recherche sur l’avocat.
Son étude sur l’avocat va durer 30 ans pendant lesquels il travaillera avec 60 équipes sur 200.000 arbres. Pour ce faire il partira au Mexique et en Amérique du Sud pour collecter les échantillons génétiques en sélectionnant les arbres les plus fertiles et les plus robustes, résistant le mieux au moisissures car Avraham est partisan d’une culture organique sans pesticides.

Surnommé familièrement le père de l’avocat, Abraham a reçu de nombreux prix et une reconnaissance internationale pour son travail.

Dans le même temps, aidé par son épouse Tami, Abraham a continué à cultiver son propre verger biologique à Pardes ‘Hanna. Il a nommé les espèces de mangues et d’avocats qu’il avait sélectionnées d’après les noms de ses petit-enfants.

avraham-et-tami-ben-yaakov
(Avraham et Tami ben Yaakov)

Avraham ben Yaakov est mort le premier Tichri, Rosh Hashanah,  alors qu’on soufflait dans le shofar.
Dans la Thora, il est dit que l’homme est un עץ (etz) arbre des champs*. Le mot עץ (etz) et le mot עצה  (etza) (conseil)  viennent de la même racine. Ben Gourion le savait. Les עצות (etzot) conseils de celui qui cultive des עצים  (etzim) arbres ne peuvent être que bons.

Ce shabbat, c’etait Tou Bisvat*, le nouvel an des arbres.
Cette semaine, les écoles ont organisé des excursions dans tout le pays.

tu-bishvat-tiyul-2

Yael est ainsi partie avec sa classe découvrir l’agriculture biologique au kibboutz Sde Eliahou* dans la vallée du Jourdain.

A une vingtaine de km de chez moi se trouve l’école d’agriculture du kibboutz Kfar Etsion*.
Voici quelques photos prises cette semaine dans les champs de Judée:

les coquelicots*,
coquelicots-kfar-etsion-2017

les amandiers en fleur:
amandiers-kfar-etsion-2017

des fleurs d’amandier,
amandier-en-fleur-2017
que butine une abeille:
amandier-en-fleur-2017-2

(Photos de Yaron Rosenthal pour l’école d’agriculture de Kfar Etzion)

Bonne fête de Tou Bishvat, bonne année aux arbres!

A bientôt, 

*Pardes ‘Hanna (le verger de ‘Hanna):
https://en.wikipedia.org/wiki/Pardes_Hanna-Karkur

*Fondé en 1941, le kibbutz Avuka n’existe plus. Des dissensions entre ses membres et des difficultés propres à la rudesse de la région et des sabotages perpétrés par les Jordaniens ont fait qu’il a été abandonné en 1958.

*Beit Dagan: petite ville du centre du pays où se trouve l’Institut Volcani:
https://en.wikipedia.org/wiki/Agricultural_Research_Organization,_Volcani_Center

*Tu Bishvat:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/02/04/tout-refleurit/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/01/16/le-mois-de-shvat/

*Le kibboutz Sde Elihaou:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/07/28/sde-eliahou/

*Les coquelicots:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/02/28/le-sud-en-rouge/

*Le kibbutz Kfar Etsion:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/12/27/la-vallee-du-terebinthe/

 

 

 

 

 

http://www.gfn.co.il/inner.asp?item=711

http://www.agri.gov.il/he/pages/849.aspx

A bientot

Institut volcani ou ARO:
http://www.agri.gov.il/en/pages/1023.aspx

Vous avez dit guerre de libération?

Ceux qui me connaissent savent que je suis une grand mère, pas du tout sportive et souvent étourdie.
Aussi quand le maire de Jerusalem a conseillé à tous ceux qui avaient un permis de port d’armes de sortir armés*, je suis restée perplexe: comment me protéger?
Je n’ai évidemment ni arme ni permis de port d’arme et je ne m’imagine pas en demander.
Prendre des cours de tir pourquoi pas? Mais en situation,  arriver à sortir une arme du fond de mon sac, me demander où j’ai bien pu mettre les balles*, tout cela devant un terroriste décidé à me poignarder!…
Il faudrait qu’il soit bien complaisant. Or si les terroristes prétendent toujours vouloir mourir en martyr pour rencontrer les fameuses 72 vierges, en général ils veulent tuer sans se faire tuer.

ma dalton

De toute manière, il est très difficile d’obtenir un permis de port d’armes. Israel, ce n’est pas le Far West. La loi est très stricte. Pour en avoir un, il faut soit habiter une région à risque (Jerusalem n’en fait pas partie pour le moment malgré tout ce qui s’y passe ces derniers temps) soit y travailler comme notre médecin qui consulte aussi en Judée Samarie.
Alors j’ai décidé de suivre les conseils donnés par le Pikud Haoref*:
« Quand vous êtes dans la rue:
– Ne soyez pas  plongés dans votre smartphone: je ne le suis pas, je suis de la vieille école…
– Intéressez vous à votre environnement: ça c’est plus dur, je suis souvent tête en l’air, pensant entre autre à mon prochain article… Mais maintenant je dévisage les gens, regarde les mains…
– Si vous êtes immobile dans la rue pour attendre un bus, ayez le dos protégé par la paroi de l’abribus, un arbre ou un mur. Même chose si vous vous reposez sur un banc, choisissez le contre un mur: mon banc préféré se trouve contre un mur.
– Si vous voyez quelqu’un qui ne vous plait pas s’approcher de vous, ne soyez pas pris de panique, mais partez immédiatement. Vous aurez tort 9 fois sur 10 mais ce n’est pas grave:  je n’ai pas peur mais si je vois un visage patibulaire, je ne vais pas essayer d’être polie!
– Si vous êtes attaqués, n’attendez pas, courez (!),  et utilisez tout ce que vous avez sous la main pour vous défendre.
Comme tout le monde, je suis allée chercher un spray de poivre en me sentant quelque peu ridicule. Je n’étais pas la seule loin de là. Les magasins sont dévalisés. Le vendeur compatissant m’a dit: « N’attends pas que le terroriste soit trop près, tu peux le toucher à une distance de plus de deux mètres »
Si en plus je dois mesurer!
Mon fils s’est bien sûr moqué de moi: « Fais attention au sens du vent! »

J’en ai acheté aussi un autre pour ma fille. Elle travaille à l’Université et reçoit de nombreux étudiants arabes.

Hier dans le quartier de  Pisgat Zeev, un enfant de 13 ans a été blessé très gravement*. Il sortait d’une épicerie où il venait d’acheter des bonbons. Il a été poignardé dans le dos alors qu’il roulait sur le trottoir avec un vélo d’enfant. Il n’a pas eu le temps d’entendre le hurlement Allah Akbar de son agresseur. Son état était jugé אנוש (anush) désespéré. Le chirurgien qui l’a opéré pendant 4 heures et lui a sauvé la vie* a rendu hommage aux secouristes qui l’ont traité en premier comme il le fallait.

Voici un petit film du Maguen David Adom qui nous apprend comment donner les premiers soins à un blessé poignardé:

Et puis surtout, pensez que vous n’êtes jamais seul.
Si vous criez מחבל (me’habel – terroriste), de toutes vos forces, les gens sortiront dans la rue pour vous aider: le jeune garçon blessé à Pisgat Zeev a été tout d’abord défendu par l’épicier sorti se battre contre le terroriste avec ce qu’il avait sous la main: un parapluie! Et une femme est sortie aussitôt pour compresser la blessure avec des serviettes.

heros pisgat zeev parapluie

(Ce qui reste du parapluie!)

Voici un témoignage écrit par les voyageurs du bus de la  ligne  Jerusalem Beit Shean (vallée du Jourdain):
« Notre chauffeur s’appelle Tal ‘Hakham…

Tal Hakham
Pendant tout le voyage, il s’est soucié de nous, ses voyageurs de la ligne 961 pour Beit Shean. Nous avons quitté Jerusalem à 11h du soir. Il nous a demandé de laisser baissés les stores pour notre sécurité. Quand une des voyageuses est descendue au Tsomet Haglilit (en pleine cambrousse*), il s’est assuré que quelqu’un l’attendait à la station et lui a même proposé de rentrer dans le kibboutz. Il a proposé la même chose ensuite à un voyageur devant descendre au moshav Tomer.
… Bref, il s’est assuré que tous ses voyageurs arrivent sains et sauf chez eux. Un soldat est resté seul,  il a vérifié  qu’il savait où dormir. Enfin, quand nous sommes descendu à la station centrale des bus à Beit Shean, il nous a dit: » Qu’allez vous faire dans les rues à 1h du matin? »
Il nous a déposé chez nous!

Ce qui devait être un voyage éprouvant est devenu le voyage le plus sûr, grâce à lui!
Alors au nom de tous ls voyageurs, merci à Tal ‘Hakham »

Vous savez déjà que les mères juives  sont des mères poules mais que dire des chauffeurs de bus?

Nous venons de vivre 15 jours de violence anti-juive. Les Arabes ont assassiné 7 Juifs et en ont blessé une trentaine:
victimes attaques du mois d'octobre 2015

 

En haut de gauche à droite: Eitam Henkin, Naama Henkin tués sous les yeux de leurs 4 enfants*, Aharon Benitah. Sa femme Adèle, blessée, a demandé à des passants arabes de l’aider, elle et son bébé, blessé lui aussi: ils lui ont crié « crève! », l’ont giflée et lui ont craché dessus.
adele benitah

En bas de gauche à droite: Hayim Habib dont l’épouse Shoshana est en soins intensifs, le rav Yshayahou Krishevsky écrasé à un arrêt de bus et le rav Nehemia Lavi poignardé alors qu’il portait secours à Aharon Benitah.
Le septième est Alon Goberg, 51 ans, qui a succombé à ses blessures à l’hôpital. Il vivait seul. Aussi des centaines de personnes qui ne le connaissaient pas ont répondu à l’appel des services d’urgence et se sont retrouvés au cimetière pour son enterrement.

alon guvberg

La vidéo ci-dessous vous montre ce qui s’est passé dans la seule journée de mardi 13 octobre:

Nous ne pouvons qu’être reconnaissants envers tous ceux qui nous défendent et nous aident.

Il faut noter que la majorité des assassins était composé parfois de mineurs en tout cas de jeunes qui ne sont pas des « damnés de la terre ». Il appartiennent à la classe moyenne et certains sont des universitaires.

adolescents terroristes

(adolescents terroristes)

Le cri poussé sauvagement lors des agressions n’était pas comme l’on pouvait s’y attendre « Vive la Palestine » ou « Pour la Palestine libérée » ou tout autre sorte de slogan nationaliste lié au territoire de Judée-Samarie mais « Allah Akbar« . Ceci a le mérite d’éclaircir la nature réelle de ce conflit. S’il y a humiliation des masses palestiniennes comme nous l’assènent régulièrement les médias français cela n’est pas la conséquence d’une « occupation » (et l’emploi de ce mot est contestable) mais de l’impossibilité pour un arabe d’accepter un état juif sur la moindre parcelle de terre au Proche-Orient.  

La paix, ce n’est pas pour demain…

A bientôt,

*C’est ce qui se passe et cela a sauvé la vie d’un bon nombre de gens

*Lorsque l’on porte une arme, les balles ne doivent pas se trouver dans le chargeur. Cette semaine, par deux fois,un terroriste a pu prendre l’arme d’un soldat qu’il venait de poignarder mais grâce à cette mesure de sécurité il n’a pas pu faire de carnage

*Pikud Haoref ou la défense civile

*Il est malheureusement toujours dans le coma. Il se nomme Naor ben Ruth
http://www.danilette.com/2015/10/pauvres-petits-terroristes.html

*A Pisgat Zeev, l’enfant de 13 ans a été poignardé par un terroriste du même âge, qui est soigné à l’hôpital Hadassah car il a été heurté par une voiture en fuyant la police!
S’il en est là c’est grâce aux dirigeants palestiniens et à tous ceux qui l’ont incité à poignarder des Juifs!
Contrairement aux mensonges répandus une fois de plus par Mahmoud Abbas, il n’a pas été « exécuté de sang froid« . Le voici à l’hôpital, menotté dans son lit.

terroriste de 13 ans 2

(journal Yediot Aharonot)

*La ligne 961 Jerusalem Beit Shean descend vers la mer Morte, passe devant Jericho et remonte toute la Vallée du Jourdain

*Les 4 enfants du couple Henkin n’ont pas été épargnés par compassion comme cela a été écrit dans certains journaux français. Ils l’ont été parce qu’un des terroristes a blessé par mégarde un de ses coéquipiers qui a dû être évacué rapidement.

Les oiseaux migrateurs: non, je ne parle pas des Juifs!

Comme le dit une chanson populaire « Avec l’automne les oiseaux sont revenus, d’au delà les déserts d’au delà les montagnes… »

Israel se trouve aux confins des trois continents: l’Europe, l’Afrique et l’Asie. Cette situation particulière fait de ce pays  une des voies majeures pour la migration des oiseaux. On estime à un demi milliard (sur 50 milliards d’oiseaux migrateurs) le nombre d’oiseaux qui transite par Israel pendant leur migration. Sur 540 espèces recensées à ce jour en Israel, 450 appartiennent à la famille des oiseaux migrateurs. Dans leur migration printanière vers l’Europe, certaines espèces restent pour nicher ici.

oiseaux migrateurs carte

Israel est un petit pays dont le territoire ne fait que 21 020 km carrés* et pourtant, sur chaque km carré on trouve en moyenne 17 espèces différentes d’oiseaux. Pour fixer les idées, il faut souligner que ce nombre est 8 fois plus important que le nombre d’espèces différentes au km carré existant en Angleterre ou 40 fois plus en ce qui concerne l’Egypte. Pourquoi? Tout d’abord la diversité du paysage et des climats: ici on passe d’un paysage méditerranéen à un paysage désertique, voir tropical, en quelques centaines de km. Je peux aller skier au ‘Hermon, descendre au Sud le long de la tropicale vallée du Jourdain et me baigner dans la Mer Rouge, à Eilat, le même jour (si je survis aux bouchons!). Israel est aussi couvert de forêts dans ses parties montagneuses qui sont une bonne aire de repos pour les vautours, les aigles et les cigognes. Ces oiseaux avaient quasiment disparu de la région mais ils sont revenus grâce aux plantations d’arbres intensives réalisées depuis une centaine d’années environ.

Certains aiment les montagnes et les forêts

Oiseaux Hermon(Le ‘Hermon enneigé en toile de fond)

D’autres aiment les zones humides comme celles qui se trouvent au pied du Carmel et sur les rives du lac ‘Houle. Toute la vallée du Jourdain, très humide, vallée du rift entre l’Asie et l’Afrique, est un couloir important de migration. flamand roses vallee de hula

(Flamands roses dans la vallée de Houle)

Et grâce aux chaînes de montagnes parallèles à la cote méditerranéenne et à la direction des vents, les conditions sont idéales pour une bonne glisse.

Mais 500 millions d’oiseaux de passage chez nous c’est beaucoup! Le pays a dû s’adapter à la présence de ces oiseaux ce qui n’a pas toujours été sans problème: ainsi alors que des travaux gigantesques ont été effectués par les pionniers, relayés ensuite par le gouvernement israélien pour assécher les marais et les transformer en terres agricoles (notamment au nord de Tibériade), la disparition de ces marais a posé des difficultés  de ravitaillement aux oiseaux migrateurs. Trop fatigués pour manquer leur halte et poursuivre leur route, ils s’attaquèrent aux récoltes. Que faire? Les paysans décidèrent de les effrayer en faisant du bruit mais en vain…Il n’est pas évident de chasser autant d’oiseaux en faisant du bruit…Aussi Les agriculteurs décidèrent de créer une coopérative pour nourrir ces oiseaux de passage afin qui’ils puissent continuer leur migration. De nos jours ce sont 6 tonnes de maïs par jour et 10 tonnes de poissons qui sont apportées dans des réserves où les grues cendrées et les pélicans peuvent se reposer. Il n’y a que les cormorans qui continuent à embêter les pécheurs du lac de Tibériade ( Kinneret): ils préfèrent leur chiper leurs poissons! A noter que cette solution écologique est in fine moins coûteuse que celles, plus destructives, utilisées ailleurs. L’autre danger, ce sont les accidents d’avion dus aux collision avec les oiseaux. Pour les éviter, l’armée de l’air scanne en continu le ciel du pays pour transmettre en direct des informations aux pilotes.

Israel reste donc un paradis pour les oiseaux grâce à la coopération des agriculteurs* et de l’armée de l’air et aussi parce que la chasse est presque inconnue ici alors qu’elle est intensive dans tous les pays environnants. Pour 8 250 000 habitants seulement 5000 permis de chasse sont délivrés. la plupart des détenteurs sont des Arabes, les Juifs ne chassant pas par tradition.

C’est sans doute ce qui a motivé ce petit oiseau. Originaire de l’Oural il devait passer l’été en Afghanistan mais a choisi de rester en Israel.

oiseau originaire de l'Oural

(Photo Ron Haran, Société pour la protection de la nature)

On trouve dans tout le pays des centres d’observation des oiseaux, si le cœur vous en dit…

Quant à nous, nous n’allumons plus la lampe de notre porche quand nous rentrons tard. Nous préférons tâtonner dans l’obscurité pour trouver la serrure.  Nous avons depuis une semaine deux invités qui ont décidé de nicher sur la lampe de notre porche

oiseau porche de la maison 2015

Je ne sais pas à quelle espèce ils appartiennent: plumage d’un brun très doux, une longue queue dont le dessous est crème. Quelqu’un a-t-il une idée? A bientôt,

* superficie d’Israel: http://danilette.over-blog.com/article-superficie-d-israel-territoires-disputes-comparee-a-la-france-a-l-italie-a-la-serbie-a-la-mac-104683438.html

* protection des cultures: https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/07/28/sde-eliahou/

Sde Eliahou

Lors d’une de nos ballades dans le Nord, nous avons rencontré de vrais écolos productifs, dans un kibboutz qui se trouve dans la vallée du Jourdain, le kibboutz Sdé Eliahou (le champ d’Elie).

Sde_Eliyahu

Il faut avoir du courage pour s’installer là bas, loin de tout.
C’est pourtant ce qu’ont fait des pionniers originaires d’Allemagne en 1938. Ces jeunes étaient arrivés en Palestine mandataire quatre ans auparavant en 1934, partant eux-aussi juste à temps*. Juifs pratiquants, ils décidèrent de nommer leur kibboutz ainsi, non pas en mémoire du prophète Elie mais du rabbin  Eliyahu Gutmacher (1796-1875), un des premiers rabbins soutenant le mouvement sioniste balbutiant.

Eliyahu_guttmacher

Les premières années furent très dures. C’était la période Tours et Barricades*. Ils supportèrent  d’incessantes attaques de bandes armées arabes sans compter la malaria et les difficultés dues à un climat très éprouvant, extrêmement chaud pendant presque la moitié de l’année.

Mais après beaucoup d’obstination de travail et d’inventivité, le résultat est là.

organic-kibbutz-sde-eliyahu
Maintenant le kibboutz qui est un des 23 kibboutz religieux* du pays,  compte environ 300 membres, au moins autant d’enfants, sans compter les volontaires et les étudiants de l’oulpan.

sde eliahu 3

Il vit de la culture du palmier dattier, de la vigne, des grenades, des cultures maraîchères. Il produit toutes sortes d’épices ou herbes déshydratées organiques, du compost qu’il distribue dans tout le pays. Les kibboutznikim élèvent des volailles sans hormones de croissance mais ont surtout développé des productions très particulières: Ayant compris les danger de pesticides ils ont trouvé un autre moyen de protéger leurs récoltes plus sur, sans danger et efficace . En effet en faisant des recherches sur les insectes qui vivent sur les cultures et aussi sur ceux qui les mangent, un des membres du kibboutz, Yaakov Nakache, découvrit, dans les années 70 des solutions pour éliminer les parasites qui ruinaient les récoltes d’arbres fruitiers en utilisant certains insectes prédateurs.

Sdé Eliahou est maintenant renommé pour l’élevage de ces insectes prédateurs qu’il vend  aux agriculteurs qui veulent se lancer aussi dans le bio mais aussi pour celui d’abeilles utilisées pour la pollinisation des plantations en serres chaudes. En effet les cultures en serre ne sont pas naturellement pollinisées.

sde eliahu industrie agro alimentaire(serres du kibboutz)

Dans la même perspective, afin d’obtenir des cultures parfaitement bio, les kibboutznikim de Sdé Eliahou élèvent des chouettes utilisées avec succès dans la lutte contre les rongeurs en place des pesticides.

De plus ils ont réussi à convaincre les villages arabes de la vallée du Jourdain qui aujourd’hui produisent bio également. Attitude autrement plus positive que celle de Madame Ashton, sans doute aveuglée par une idéologie vendue prête à l’emploi, qui n’hésite pas à sacrifier par une directive stupide et discriminatoire ce type de bonne coopération.

Les idéologues antisionistes de l’Union Européenne n’ont-ils donc pas compris que leur nouvelle directive qui boycotte les produits des territoires disputés (et non pas « territoires occupés ») pénalisaient aussi les villages arabes?

Certains d’entre vous vont me trouver bien savante tout à coup. Non, je n’ai pas reconverti ma cour en potager bio. J’ai simplement bavardé avec les kibboutznikim  au café du kibboutz, le « Café dans le champ », comme on l’appelle ici

sde eliahu le cafe

Sur les murs du café on peut voir toute une série de petites saynètes naïves sur les murs qui racontent la vie des premiers pionniers, comme celle-ci:

IMG_0646

ou celle là:

IMG_0648

Et nous sommes rentrés à Jerusalem en longeant la vallée du Jourdain par la mythique route 90,

route 90

la plus longue route du pays, 478 km,  depuis Metulla à la frontière libanaise……

metula

jusqu’à Eilat sur les bords de la Mer Rouge

eilat

C’était en février, la vallée verdoyait…

vallee du jourdain

(Au premier plan, les cultures des villages juifs ou arabes que veut boycotter l’Union Europeenne et au fond, adossées aux montagnes, les cultures jordaniennes qui sont le fruit d’une coopération israelo-jordanienne.  Photo photolight.co.il)

A bientôt,

*https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/03/08/et-vous-quand-avez-vous-quitte/

* Dans les annees 30, de nombreux pionniers construisaient en une nuit un mur d’enceinte en bois et un mirador pour  protéger le nouveau kibboutz des attaques arabes

*http://www.kdati.org.il/info/English/English_opening_page.htm