And the winner is…Shalva!

L’Eurovision ne m’a jamais passionnée et cette semaine fut particulièrement agaçante pour moi: impossible d’ouvrir un journal ou de regarder un programme de télévision sans tomber sur l’omniprésente Eurovision… Jusqu’à ce que jeudi dernier, se produise le Shalva Band, le groupe musical du Centre Shalva, association pour les soins et intégration sociale des personnes handicapées.

L’histoire de Shalva commence en 1990. Les fondateurs, Malki et  Kalman Samuels, sont les parents de Yossi, aveugle, sourd et hyper actif. Etant épuisés et isolés, les soignants leur conseillèrent de placer leur fils dans une institution. Ils rencontrèrent alors Shoshana Winstock, spécialisée dans l’enseignement pour enfants sourds. Elle réussit par le toucher à communiquer avec Yossi, créant ainsi une relation analogue à celle d’Annie Sullivan et Helen Keller*.

Malki et Kalman décidèrent de consacrer leur vie à d’autres enfants atteints de divers handicaps. C’est ainsi qu’ils fondent l’association שלווה , Shalva, Sérénité.
Ce qui commença comme un programme d’après-midi pour huit enfants dans un appartement est devenu un centre national prenant en charge le développement et l’intégration sociale des personnes handicapées.
Shalva aide les parents à élever leurs enfants handicapés le plus possible à la maison dans le cadre familial. Une équipe de travailleurs sociaux et de professionnels du handicap fournit des conseils personnels et anime des groupes de soutien permanents pour les parents, les grands-parents, les frères et sœurs et les aidants naturels. L’association permet ainsi aux parents de retrouver espoir, tout en gardant une cohésion familiale.  L’association propose toute une gamme de programmes différents à des personnes souffrant de toutes sortes de handicaps depuis l’âge de 18 mois jusqu’à l’âge adulte et même au-delà.

Shalva continue à soutenir les adultes handicapés en leur apprenant à vivre de manière autonome. Ils bénéficient de diverses formations à l’emploi: ils peuvent ainsi travailler en tant qu’assistants dans les écoles maternelles ou comme personnel de cuisine et d’entretien.
A Jerusalem, tout le monde connait le café Shalva, dans le quartier  de Bayit Vegan où travaillent ensemble un restaurateur connu* et des personnes handicapées.

(Yair, le serveur musicien)

L’un des serveurs, Yair, est devenu le porte-parole de l’association. Il est aussi percussionniste vedette dans l’orchestre du Shalva Band, composé de Yair Pomburg (rap et percussions),  Yossef Ovadia (tambour), Tal Kima (percussions), Guy Maman (piano) et de Sarah Samuels (guitare). Les deux chanteuses sont Dina Samteh et Anael Khalifa. Shay Ben Shoushan dirige le groupe depuis 12 ans. Il est arrivé au Centre Shalva après avoir été très gravement blessé à l’armée.

Le Shalva Band s’est produit pendant la demi-finale de l’Eurovision , en tant que groupe invité et non pas participant: les membres du Shalva Band voulaient  respecter le shabbat (et donc ne pas participer aux répétitions) ce qui le leur fut interdit par l’équipe internationale de l’Eurovision (European Broadcasting Union) malgré les demandes d’Israel.

Certains vont peut-être me trouver snob de ne pas aimer l’Eurovision. Mais je suis en bonne compagnie. Voici une interview de Golda Meir à ce sujet: Golda raconte a une journaliste que cete annee la, elle a regarde le concours de l’Eurovision remporte par Yitshar Cohen (avec l;a chanson Aba Nibi) et ajoute d’un ton désabusé: Bravo!
Le journaliste lui demande pourquoi elle ne montre aucun enthousiasme et elle déclare: Ecoute, ce n’était qu’une imitation américaine, mais pas seulement nous, tout ont chante dans le même style, imitation américaine…
Le journaliste:
Est-tu contente au moins que nous ayons remporte ce concours
?
Elle soupire: Pourquoi gâcherai-je le bonheur des autres?

En tout cas, ce fut une soirée plus paisible que chez nos voisins qui ont pourtant oublié de bombarder Tel-Aviv comme ils nous l’avaient promis!

A bientôt,

*Shalva:
https://en.wikipedia.org/wiki/SHALVA

*Helen Keller:
https://en.wikipedia.org/wiki/Helen_Keller

*Le chef du restaurant, Derekh haguefen, à Beit Zayit, se charge de leur formation

*https://rakbeisrael.buzz/juste-incroyable-quest-ce-que-golda-meir-pensait-de-leurovision/

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Yom hazikaron יום הזיכרון 2019

La veille du Jour de l’Indépendance est un jour de deuil. Nous commémorons le souvenir de ceux qui sont tombés au combat  et celui des victimes civiles des attentats.

Jusqu’à présent, on compte 23 741 soldats tombés pour la défense du pays et 3150 civils* ont payé de leur vie la barbarie antisémite de nos ennemis. Cette semaine, 4 nouvelles victimes civiles:


S’il n’y en a pas plus c’est grâce au système antimissile, Kipat Barzel, le Dôme de Fer,  grâce  aux directives du Pikoud Haoref* mais aussi grâce à la bravoure de civils qui protègent non seulement leurs enfants mais aussi des inconnus.
Cette photo a fait le tour d’Israel:
A Sderot, Itay Knafo protège de son corps Avigail Aroush, 6 ans.
Itay est un jeune homme de 18 ans qui a choisi de retarder d’un an son service militaire pour intégrer ce qui s’appelle la שנת שרות (Shnat Sherut), année de service civil. Il le fait en tant que personnel encadrant chez les scouts, d’autres le font dans les hôpitaux ou protègent les récoltes et le bétail des vols et destructions perpétrés par les Arabes*

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Je me souviens de cette photo datant de l’été 2014 où un inconnu s’est précipité pour protéger un jeune père et son bébé.

protectiondelenfant

 

Je me souviens aussi d’Ella Aboukris tuée à Sderot en janvier 2005 en protégeant son frère. Elle avait 17 ans.

 

 

Le politologue Mordekhaï Kedar a déclaré hier:  Je recommande à tous, aussi bien en Israel qu’en dehors, de ne plus utiliser les mots ‘Hamas et Jihad mais l’expression Daesh (ou ISIS) palestinien. Apres tout, l’idéologie de ces organisations est absolument la même. Je veux dire qu’elles sont identiques et ont le même but, même si les organisations palestiniennes tentent de cacher ce fait.

Et c’est vrai. Ils éduquent leurs enfants à la haine du Juif de la même manière,


(Kol ‘HaÏ)

 

les utilisent comme esclaves pour creuser des tunnels terroristes

(Yediot Aharonot 2014: enfants travaillant dans des tunnels)

Et s’en servent comme boucliers humains: cette horrible photo qui montre deux enfants accrochés à la grille de la maison d’un terroriste pendant la guerre de l’été 2014 est toujours d’actualité:

(Site jewishisrael)

Une de mes amies m’a envoyé ces phrases de la journaliste Sivan Rahav Meir: Nous nous trouvons à nouveau de nos jours face à une industrie de la mort. Les terroristes en face de nous sanctifient la mort de leurs enfants, les transformant en shahid, martyrs, et considèrent l’assassinat d’innocents comme une obligation religieuse.
Dieu nous a demandé il y a longtemps de choisir entre la vie et la mort, nous avons choisi la vie.

A bientôt,

*Le nom complet de cette journée de deuil est Yom Hazikaron pour les soldats et victimes du terrorisme

*Le compte part de l’année 1860, c’est a dire du début de l’organisation politique et moderne du sionisme.

*L’année de service civil. Elle se fait en retardant d’un an le service militaire ou après celui-ci. Il s’agit d’un volontariat et non pas d’une obligation.
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/20/les-shinshinim/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/22/sur-tous-les-fronts/

*Pikoud Haoref ou le Front Intérieur:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/27/la-nuque-raide/

*L’exploitation des enfants palestiniens par leur propre peuple
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/08/05/les-enfants-de-gaza/

Ca recommence!

 

J’ai parfois l’impression que je radote: j’ai déjà tellement écrit sur les frappes du ‘Hamas*, mais non, c’est simplement l’histoire qui se répète.
Depuis shabbat matin à 10h, plus de 450 missiles et obus sont tombés sur le sud d’Israel*, causant de nombreux dégâts matériels. Mais surtout nous avons environ 80 blessés, la plupart légers (quoique je ne qualifierai pas de léger l’état d’une personne en état de choc) mais aussi trois blessés graves, parmi eux une dame de 80 ans qui n’a pas couru assez vite pour se mettre à l’abri, et un mort.
Moshe Aggadi avait 58 ans, Le missile est tombé dans sa cour. Toute la famille se trouvait dans l’abri à ce moment là, mais lui a voulu respirer un peu dehors…

 

Les kibboutzim et moshavim du pourtour de la bande de  Gaza sont bien sûr les plus touchés, mais, le plus souvent leurs maisons individuelles sont équipées d’abris modernes, tandis que dans les villes avoisinantes comme Sderot et Ashkelon, les immeubles des vieux quartiers ne sont pas protégés. Les habitants descendent dans l’abri collectif ou parfois doivent rejoindre l’abri public le plus proche. Il restent donc souvent dans la cage d’escalier.

protection contre les missiles

(cette photo du Yediyot Ha’haronot date de l’été 2014, rien n’a changé depuis)

Quand plus de 450 missiles tombent sur vous en 24 heures, il n’est pas possible de retourner se coucher et de fuir à nouveau en pyjama, en portant les enfants…

La jeune femme, interrogée dans la vidéo ci-dessous, est une nouvelle immigrante arrivée de Hollande il y a trois mois. Elle vit dans un des kibboutzim du pourtour de la bande de Gaza. Dans un mélange d’anglais et d’un peu d’hébreu, elle explique ce qu’elle a vécu et sa détermination à rester sur place bien que sa maison ait été détruite. A la fin de l’interview, on entend à nouveau l’annonce: Tseva Adom, Tseva Adom (couleur rouge) qui signale une nouvelle attaque

 

 

Sur cette carte du פיקוד העורף (Pikoud Haoref) le Front Intérieur, vous pouvez voir combien de secondes (ou de minutes pour les plus chanceux) ont les habitants des différentes régions d’Israel pour se mettre à l’abri:

Pendant que j’écris ces lignes, les attaques continuent: 2 blessés dans un état critique et un grave à Ashkelon où l’hopital Barzilaï a été attaqué.

A Sderot, d’autres blessés dont un dans un état critique. J’arrête là cette énumération, les attaques sont continuelles ainsi que les mauvaises nouvelles. Le cabinet de sécurité s’est réuni à la Kirya à Tel Aviv. Espérons qu’il en sortira quelque chose. Nous apprenons que le ‘Hamas et le Jihad Islamique utilisent maintenant des drones contre les soldats massés à la frontière. On parle aussi d’une possible offensive terrestre de Tsahal, mais pour le moment seuls l’aviation et les tanks sont utilisés …En fait, les commentateurs ne savent pas grand chose de plus que nous, ils se contentent d’extrapoler.
Tout le monde se demande comment se passera le jour de Yom Hazikaron: après demain, les cimetières seront remplis de familles en deuil de leurs enfants tombés au combat ou de leurs proches, victimes des terroristes… Et et comment se passera la Fête du Yom Haatsmaout, jeudi, célébrée en organisant des piques-niques et barbecues. Certains journalistes s’inquiètent pour l’Eurovision qui aura lieu dans une quinzaine de jours, mais les gens ici s’en fichent de l’Eurovision.

La journée n’est pas finie et déjà:

Tandis que je termine cet article, le ‘Hamas et le Jihad islamique nous ont envoyé 600 missiles, nous avons 131 blessés et 4 morts, et sur l’écran de la télévision s’allume régulièrement un petit bandeau orange me signalant une nouvelle attaque…

A bientôt,

*Une large région est concernée: de Sderot à Beer Sheva en passant par Ofakim et Netivot et Dimona, et sur la côte Ashkelon, Ashdod. Les sirènes ont aussi retenti à Yavne, Rehovot, Lakhish et Beit Shemesh et la ville de Rishon leTsion a ouvert les abris publics. Le ‘Hamas et le Jihad Islamique menacent d’attaquer le centre du pays

Si vous ne savez pas ce qu’est le ‘Hamas:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/16/4795/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/14/les-grandes-vacances/

 

שארית הפליטה Les survivants

Un jour, un étudiant m’avait demandé pourquoi j’évoquais les grandes difficultés à survivre des rescapés de la Shoah.
C’est vrai
m’avait-il dit, après tout la guerre était finie! J’avoue être restée interloquée!

En fait si en 1945, si de nombreux européens doivent reconstruire leurs pays et sont confrontés aux séquelles de la guerre, pour les Juifs, la situation est vraiment épouvantable. Bien sûr, les nazis ne les pourchassent plus, mais certaines populations locales le font. C’est un euphémisme de dire qu’ils ne sont pas  toujours les bienvenus.

En Europe de l’Ouest, cela se passe poliment. L’administration fait parfois la sourde oreille lorsqu’il s’agit de rendre à un fonctionnaire son poste, un appartement, un magasin ou une entreprise à ses propriétaires. On leur assènent qu’ils ne sont pas les seuls malheureux et qu’expulser une famille avec des enfants en bas âge pour qu’y vive un seul occupant… Personne ne relève cette simple évidence: si une seule personne réclame cet appartement, c’est qu’un seul membre de la famille a survécu.
En Europe orientale, la situation est bien pire. Non seulement les habitants font violemment front commun contre eux,  mais les assassinats de Juifs isolés sont monnaie courante. La Pologne en particulier, mais pas seulement, est le théâtre de nombreux actes de violences contre les Juifs survivants, rescapés des camps ou cachés dans les forêts. Alors qu’ils reviennent dans leurs villages, ils sont accueillis aux cris de : « Quoi, ils ne sont pas tous morts ? ». Des Juifs disparaissent, d’’autres sont retrouvés morts. Qui les attaquent? Ceux qui ont volé leurs maison et pillé leurs biens, ceux qui les ont dénoncés … Ici ou là, les gens retrouvaient leurs meubles, un objet ayant appartenu aux parents, une voiture d’enfant… chez le voisin d’à côté ou d’en face qui avait dénoncé leur famille*.
En un an, on dénombrera un millier de Juifs assassinés par les populations locales rien qu’en Pologne, Républiques Baltes et Biélorussie et ce après la guerre! Je cite de mémoire le pogrom de Rzeszow (juin 1945), de Cracovie (août 1945), de Kielce (juillet 1946), celui de Velke Topolcany en Slovaquie (septembre 1945), et celui de Kunmadaras en Hongrie (1946) mais il y en a beaucoup d’autres …

A Kielce en 1946, un garçon polonais, Henryk Błaszczyk, fait une fugue. A son retour, il raconte à ses parents qu’il a été séquestré dans une cave par des Juifs qui voulaient le tuer. Il désigne une maison habitée par des réfugiés juifs.  Cette maison n’a pas de cave mais personne ne relève ce fait, d’autant que son récit reprend les traditionnelles accusations de meurtre rituel*.
La situation des Juifs est alors tellement critique en Pologne, que les autorités soviétiques leur permettent de garder des armes de poing chez eux. Mais, en ce début du mois de juillet à Kielce, la police polonaise les désarme et les livre ainsi à la foule qui se déchaînera contre tous les Juifs de la ville le 4 et le 5 juillet. Il y aura 42 morts et quatre-vingt blessés, hommes, femmes, enfants, parmi eux un bébé de trois semaines, y compris à l’hôpital où seront achevés des blessés, mais aussi dans les trains aux alentours..
Un historienne polonaise* raconte que:
« Jusqu’au 4 juillet 1946, les Juifs polonais indiquaient que les événements du passé [ principalement la Shoah] leur fournissaient leur principale raison d’émigrer… Après le pogrom de Kielce, la situation changea radicalement. Les rapports tant juifs que polonais parlaient d’une atmosphère de panique parmi la société juive dans l’été 1946. Les Juifs ne croyaient plus qu’ils pourraient être en sécurité en Pologne. En dépit d’une milice importante et d’une présence militaire dans la ville de Kielce, des Juifs y avaient été assassinés de sang-froid, en public, et pendant plus de cinq heures. On chuchotait que la milice et l’armée avaient pris part au pogrom. De juillet 1945 à juin 1946, environ cinquante mille Juifs passèrent la frontière polonaise illégalement. En juillet 1946, presque vingt mille décidèrent de quitter la Pologne. En août 1946, le nombre crut à trente mille. En septembre 1946, douze mille Juifs quittèrent la Pologne. »
Leur nombre passera rapidement à 100 000.

A la fin de la guerre, tous les Juifs qui le peuvent fuient à l’Ouest, se retrouvent en Allemagne et en Autriche dans des camps de D.P, Displaced Persons, à côté ou dans les mêmes camps qu’ils viennent de quitter* Ils y côtoient parfois des nazis!
Fin 1946, ces camps abritent environ 250 000 Juifs, désireux de partir soit pour l’Amérique, soit pour la Palestine britannique dont les frontières leurs sont fermées.
Heureusement, ils rencontrent aussi des soldats de la Brigade Juive, basés dans le Nord de l’Italie et en Autriche. Ces survivants sont  bouleversés par l’apparition de jeunes Juifs de Palestine portant les symboles nationaux juifs sur leur uniforme et parlant parlant hébreu ainsi que le yiddish. Le lien entre un grand nombre de Juifs rescapés avec Eretz Israel, est non seulement un lien idéologique , mais aussi parfois familial et la Brigade juive les aide aussi, autant que faire ce peut, à retrouver des parents déjà installés en Palestine.
En attendant leur départ, les survivants apprennent soit l’anglais, soit l’hébreu.

(école du camp de Wegscheid, Allemagne, 1948)

Pour aider ces derniers, les Juifs de Palestine leur envoient des alphabets, des dictionnaires hébreu-yiddish, des livres pour enfants et aussi des machines à imprimer. Parmi ces livres, une version du Petit Chaperon Rouge, légèrement modifiée, où le dialogue entre la petite fille et le loup rappelle un texte biblique: cette peau (celle du loup) est celle d’un ours mais cette voix est celle d’un agneau*.
D’autres livres sont plus axés sur ce qu’a vécu le peuple juif depuis le début de la Shoah et donnent au enfants l’espoir de vivre libres, ainsi une comptine qui se termine par Montons à Jerusalem!

 

ou bien celui-ci qui s’appelle Eden dont la couverture est très parlante:

En allant de droite à gauche dans le sens des aiguilles d’une montre, chaque image décrit ce qu’ont vécu ces enfants et vers quoi ils aspirent. Ce qui est émouvant, c’est que ces illustrations sont celles d’un auteur pour enfants, Raphael Gutman, qui ne put jamais monter en Israel: originaire de Varsovie, il fut assassiné dans le ghetto de Byalistok en 1943.
Je me rends compte qu’en fait, comme les Haggadot, la plupart des livres pour enfants d’après guerre reprennent cette idée: depuis la Shoah, jusqu’à la terre promise*.

Il n’y a pas que l’apprentissage de l’hébreu! Les survivants étudient, apprennent des métiers manuels,

 

(source; Yad Vashem)

et s’expriment grâce au sport, à la musique et au théâtre. Peu à peu, ils reprennent gout à la vie, certains se marient, des bébés naissent…


(Mariage de Dolly Fraenkel et de Mordekhai Baron, tous deux originaires de Lodz, dans le « kibboutz » Habonim Dror » au camp de Cesarea, Italie, Yad Vashem)

Les candidats au départ pour la Palestine sont pris en main par le mouvement הבריחה (Habri’ha), déjà fondé en Pologne pendant la guerre par les résistants juifs et repris par les membres de la Brigade juive et la Hagannah. Son activité se concentre sur  les zones d’occupation américaine où ils sont souvent aidés par les soldats, et la Brigade juive y transfère donc le plus possible de Juifs. Pour cela, il leur faut éviter les contrôles de l’armée britannique qui veut empêcher les Juifs de rejoindre la Palestine.
De là, les convois partent soit vers l’Autriche et l’Italie ou vers la France en vue de prendre la mer.

Le passage de la frontière française est difficile, il nécessite un visa d’entrée et la promesse que les passagers des camions ne restent pas sur le territoire français…
Et quand les navires arrivent à prendre la mer, les ennuis ne sont pas finis. La plupart du temps, ils sont arraisonnés par la marine britannique et leurs occupants transférés, entre autre, vers de nouveaux camps à Chypre. La plupart de survivants y resteront jusqu’en 1948.

 


Cette accusation de meurtre rituel qui a mené au pogrom de Kielce ne devrait surprendre personne. Tout d’abord, elle est le résultat d’un enseignement, au mieux, du mépris (comme disait Jules Isaac) mais aussi souvent de haine à l’encontre des Juifs et ceci pendant 2000 ans.
Mon père m’avait un jour acheté deux livres de catéchisme, datant de la fin du 19 ème siècle qu’il avait trouvé chez un bouquiniste, l’un protestant et l’autre catholique. Comme je lui demandais le pourquoi d’un tel achat, il m’avait répondu: lis les pages qui concernent les Juifs et du comprendras! Toutes les personnes adultes pendant la Shoah ont étudié dans des livres comme ceux-ci!
Je pensais que depuis 1945, beaucoup de choses avaient changé en bien en Europe. En fait, je n’en suis plus si sûre! L’accusation de meurtre rituel se poursuit en remplaçant le mot juif par Israel*.
Dernièrement dans un village polonais, a été remise à l’honneur la coutume ancestrale de brûler une poupée censée représenter Judas et quant on regarde sa tête, on voit que ce Judas a toutes les caractéristiques d’une caricature d’un Juif: chapeau noir, nez crochu et longues peot*.


(https://www.dreuz.info/2019/04/23/leurope-sacharne-sur-les-juifs-depuis-2000-ans/)

Ce soir à 20h commencera la longue journée de Yom Hashoah,

Vous pourrez voir la cérémonie de Yom Hashoah en direct depuis cette vidéo:

 

A bientôt,

*Sheerit Haplita est une expression qu’on trouve dans le Tanakh pour évoquer ceux qui ont survécu à la destruction du premier et du deuxième Temple de Jerusalem

* Accusation de meurtre rituel:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Accusation_de_meurtre_rituel_contre_les_Juifs
Elle perdura jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale dans de nombreux pays européens
Elle a repris du service en remplaçant le mot Juif par Israel:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/05/29/lere-de-la-calomnie/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/04/14/reflexions-tristes-le-jour-de-yom-hashoah/

* Le massacre des survivants:
Le Massacre des survivants en Pologne, 1945-1947, Marc Hillel, Plon, 1985
Jan T. Gross « Fear » Anti-semitism in Poland after Auschwitz », 2006)

*  Témoignage de Bożena Szaynok, historienne à l’université de Wroclaw.

* À Kaupering, un camp satellite de de Dachau, une organisation publique et politique dirigée par les vétérans sionistes de Kovno. Leur groupe prend le nom de kibboutz Buchenwald.

*Haggada pour les enfants du rabbin Schwartz:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/03/21/et-vous-raconterez-a-vos-enfants-3/

 

Nos racines, leurs ailes…

Il est écrit dans la Thora que כִּי הָאָדָם עֵץ הַשָּׂדֶה l’homme est un arbre des champs (דברים, Deutéronome 21,19).
Si nous voyons et admirons les branches et le tronc des arbres, nous savons que les racines souterraines sont indispensables à sa survie. Les racines, שורשים (shorashim), ce sont aussi les nôtres, notre lien avec notre passé et en particulier notre passé familial. C’est sans doute pourquoi, les enfants qui plantent tous les ans des arbres à Tu Bishvat, préparent aussi, à cette même époque, un עבודת שורשים (avodat shorashim), un travail de recherche sur leurs propres racines. A l’âge de 7 ans, il s’agit surtout de dessiner un arbre généalogique simplifié, d’y noter les nom des parents et grands parents, leur lieu de naissance. Et les grands-parents se retrouvent enrôlés pour participer à de nombreux ateliers avec leurs petits enfants.

C’est ainsi que Iddo, notre petit-fils de 7 ans, fut très fier de présenter son grand-père à sa classe en précisant: Il parle français!

Mais quand les enfants terminent le collège, leur travail est bien plus conséquent.
Il s’agit alors d’une véritable enquête, non seulement sur la famille elle-même , mais aussi sur la communauté d’origine. Le tout agrémenté d’anecdotes, de recettes de cuisine, de photos et surtout d’un travail de recherche sur un sujet spécifique qui lie le passé familial et le plonge dans l’Histoire.
C’est la qu’on se rend compte que l’Histoire, celle qu’on apprend dans les livres, manque de chair quand on ne l’entremêle pas avec la petite histoire, celle des gens, celle de nos ancêtres. Comme je le disais dans un article précédent*, le mot Historia est un ajout moderne à l’hébreu. La conscience juive traditionnelle conçoit l’histoire comme une succession d’engendrements, engendrements de personnes ou de situations. Soudain tout s’éclaire quand on la relie aux photos de savta (grand-mère) et aux anecdotes de  saba (grand-père).

Nous sommes Juifs et Israéliens mais cependant très différents les uns des autres.
J’expliquais, il y a quelque temps que Manitou* disait un jour qu’ Israel est comme un immeuble dont chaque appartement est occupé par une famille aux modes de vie et aux origines différents. Et qu’est donc ce ciment qui fait que tout se monde cohabite parfaitement et que l’immeuble n’implose pas? Le fait que tous les locataires sont Juifs et attachés à leur pays!
Pour ceux que cela inquiéterait, je leur rappellerai que même à l’époque de la Thora où on ne parlait pas encore de la différence entre ashkenazes et sepharades, religieux et laïcs, les 12 tribus avaient chacune leur particularité, leur drapeau; et marchaient selon un ordre déterminé dans le désert du Sinaï.

(mosaïque dans la synagogue Or Thora à Akko, blog de Daniel Ventura)

La semaine dernière, nous fûmes invités à l’école de notre petite-fille Yael, où se déroulait une fête familiale en l’honneur de l’Avodat Shorashim.
Nous étions environ 200, parents et grand-parents. Et bien là bas, ce rapport charnel à l’histoire a été un des plus émouvants qu’il m’ait été donné d’éprouver.
En dehors de leur recherche personnelle, les élèves avaient préparé une exposition de lettres et de photos.
Pourquoi veux-tu une lettre de ma mère? avais-je demandé.
Mais tout est important, Savta,  le papier, le timbre, les alphabets différents etc…
Et c’est vrai que tout était important. Toutes sortes de lettres étaient exposées. Des lettres du bout du monde, des lettres fatiguées, des lettres qui avaient franchi des murs de haine pour donner des nouvelles, des lettres comme celle-ci, écrite à Cracovie, timbrée dans le grand Reich nazi et distribuée à Saint Etienne, en France…

Des photos, certaines en couleur mais beaucoup en noir et blanc:

{Photo prise à Sana’a Au Yemen, peu de temps avant l’alyia de la famille:
Tsvia, la petite fille aux joues rondes, à gauche sur la photo, fit toute sa carrière à la Commission des Lois de la Knesset
)

Ce fut une soirée de שירה בציבור (shira betsibour),  chants et poésies en public. La chanson שיר ניגונים (shir nigounim) poésie musicale, m’a rappelé de lointains souvenirs.


(La chanteuse Yehudit Ravitz et son père Yaakov)

Vous avez planté en moi, mon père et ma mère, des mélodies, des mélodies et refrains oubliés qui éclosent maintenant et fleurissent… Leurs racines s’emmêlent dans mon cœur…

Nous lûmes deux poèmes de Yehuda Ami’haï* qu’il a dédiés à ses parents:

Mon père était Dieu et ne le savait pas.
Il m’a donné les Dix Paroles, non pas dans un bruit du tonnerre, non pas avec colère ou feu ou nuée, mais avec tendresse et amour.
Au son des tambourins et des paroles agréables, en rajoutant « je t’en prie » et »s’il te plait ».
Il m’a chanté Zakhor Veshamor, en une seule mélodie*.
II  implorait et  pleurait en silence entre diber et ledaber. Tu n’élèveras pas le nom de ton Dieu en vain, non tu ne le feras pas. De grâce ne réponds pas à ton prochain par un témoin mensonger.

Il m’embrassait fort et murmurait à mes oreilles: ne vole pas, ne sois pas adultère, ni meurtrier,
Il déployait les paumes de ses mains sur ma tête le jour de Yom Kippour, Honore, aime pour que tes jours s’allongent sur cette terre.
La voix de mon père, blanche comme ses cheveux.
Alors, le jour où il mourut dans mes bras, il tourna une dernière fois sa tête vers moi et dit: Je veux en ajouter deux aux 10 Paroles. La onzième: Ne change pas! La douzième: Change, change!
Ainsi parla mon père, se détourna et s’en fut dans d’étranges lointains…

Ma mère était prophétesse et ne le savait pas. Pas comme Myriam dansant au son des tambourins et des cymbales,
Pas comme Dvora, assise sous son palmier et qui jugeait le peuple,
Pas comme Hulda qui prophétisait l’avenir,
Mais ma prophétesse. silencieuse et têtue, je dois en convenir alors que défilent mes années. Ma mère prophétisait lorsqu’elle me parlait des choses de la vie quotidienne. Des versets à usage unique: Tu vas le regretter, ça va te fatiguer, ça te fera du bien, tu te sentiras comme un homme neuf, tu aimeras ça, tu ne pourras pas, tu ne réussiras pas à terminer cela, je savais que tu ne t’en souviendrais pas, n’oublies pas, prends, repose toi, tu peux, tu peux… Quand ma mère mourut, toutes ces petites prophéties se rejoignirent en une grand prophétie  qui subsistera jusqu’à la fin des temps–

Ce fut une soirée familiale, sans prétention, les élèves chantèrent elles aussi: une chanson en judéo-arabe composée en souvenir de sa mère par le paytan David Bouzaglo, et une chanson du Théâtre Yiddish du ghetto de Vilno et intitulée « Nous vivrons pour toujours » et qui se termine par la dernière phrase du chant des partisans du ghetto: Nous vivrons pour toujours car nous sommes là!

L’arrière grand-père d’une des élèves a raconté comment il avait pu survivre pendant la Shoah alors que ses parents étaient envoyés à la mort:
J’avais 13 ans, j’étais costaud et les Allemands avaient besoin de main d’oeuvre pour construire des routes… Quand je suis arrivé à Beer Sheva en 1951, on m’a demandé: que sais-tu faire? Je n’étais pas allé à l’école alors j’ai répondu, je sais construire des routes! Si quelqu’un, pendant la guerre en Roumanie,  m’avait dit que je construirais des routes en Eretz Israel et que je raconterais tout ça devant vous, devant mon arrière petite-fille, j’aurais pensé: il est complètement fou!

(Si tu as gagné, grand-père, où est ton trophée? C’est toi, mon trophée)

– Mais pourquoi l’éducation israélienne donne-t-elle une telle importance à nos racines  familiales et diasporiques ai-je demandé à ma fille?
– En creusant dans nos racines nous mettons à jour le triple lien qui fait de nous un peuple: le lien avec notre terre, le lien avec notre tradition et le lien avec nos origines si variées et si proches:
Le lien à notre terre: Nous en avons été éloigné pendant des centaines d’années mais il est resté présent dans notre cœur.
Le lien avec notre tradition (même non respectée), qui fait que nous sommes un seul peuple malgré nos différences dues à notre éloignement géographique.
Le lien familial qui nous a permis de survivre et de transmettre.

L’homme nouveau* si cher aux Juifs de la troisième alyia qui voulait se couper de son passe galoutique et douloureux, s’est enrichi maintenant des multiples nuances. Sroulik* existe toujours, mais Sroulik ne se réfère plus seulement aux héros du Tanakh en sautant allègrement par dessus 2000 ans de diaspora, il s’enrichit maintenant de toutes les racines de son arbre.

Ou comme dit si joliment ma fille: Nos racines, leurs ailes….

 

A bientôt,

*Citation de Manitou (rav Léon Ashkenazi):
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/07/10/un-garcon-semblable-a-un-cedre/

*L’histoire et les engendrements:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2017/04/23/yom-hashoah-2017/

*Tiré du piyout de Shlomo Alkabetz; chanté le vendredi soir:
http://www.zemirotdatabase.org/view_song.php?id=68

*Dans les ghettos, les gens ne mouraient pas seulement de faim, de maladie ou tués par les Allemands et leurs sbires. La vie culturelle était aussi un rempart contre la détresse qui les usait peu à peu. Comme l’écrivait Hermann Kruk (https://fr.wikipedia.org/wiki/Hermann_Kruk),  dans son journal:
Et pourtant la vie est plus forte que tout. La vie continue à pulser dans le ghetto. A l’ombre de Ponary (la forêt où les Juifs étaient massacrés par les Einsatzgruppen) la vie continue et nous avons toujours l’espoir d’un meilleur matin. Au début de la guerre, les concerts étaient boycottes par le public, mais maintenant les salles sont pleines tous les soirs et ne peuvent même pas contenir tous ceux qui veulent venir.

*Yehuda Ami’haï
Yehuda Amichaï ( יהודה עמיחי), né Ludwig Pfeuffer le  à Wurzbourg en Allemagne et mort le 22 septembre 2000 à Jerusalem.  Son nom de famille, Amihaï, signifie: mon peuple est vivant.

*Le concept de l’homme nouveau:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/06/20/yossef-trumpeldor-lhomme-nouveau/

*Sroulik, diminutif du prénom Israel. C’est un petit personnage dessiné par Dosh et symbole du Sabra.

 

 

 

 

Terroriste: ça paye bien!

Connaissez-vous le Ministère palestinien en charge des prisonniers (dans les geôles israéliennes)? Non? ce n’est pas grave: Il a fermé ses portes il y a quelques temps (le mot Ministère ne plaisait pas aux Occidentaux), mais rassurez-vous Mahmoud Abbas l’a tout de suite remplacé par le Bureau en charge des prisonniers.
Ce bureau est chargé de distribuer salaires et rentes aux terroristes prisonniers en Israel et à leur famille. Tout est extrêmement bien codifié comme dans la meilleure administration et l’échelle des salaire est établie en fonction du nombre d’années passées dans l’activité terroriste et en fonction de la gravité des blessures infligées à ses victimes. En résumé, plus il y a de morts, plus c’est rentable.

Cette année, 7% du budget de l’Autorité Palestinienne, soit 1,4 milliards de Shekels* (avec une augmentation de 200 millions de Shekels par rapport au budget précédent) est utilisé pour ces salaires. Il faut noter aussi que ces salaires sont bien plus élevés que le salaire moyen de 3000 shekel que reçoivent les fonctionnaires de l’Autorité Palestinienne.
Ces salaire élevés ne sont garantis qu’aux terroristes. Les voleurs, trafiquants de drogue ou même meurtriers de droit commun palestiniens incarcérés en Israel ne sont pas concernés. Ce qui compte, c’est de tuer des Juifs.
Voici la grille des salaires versés par l’Autorité Palestinienne aux terroristes emprisonnés en Israel:

Durée de l’emprisonnement en années Salaire mensuel en Shekels
Jusqu’à 3    1 400
3-5 ans    2 000
5-10 ans    4 000
10-15 ans    6 000
15-20 ans    7 000
20-25 ans   8 000
25-30 ans  10 000
Plus de 30 ans  12 000


Lorsqu’il sera libéré, il recevra:

Plusieurs années de prison Un poste dans l’administration civile Position dans l’armée
5-6 ans Chef de département Lieutenant
6-8 ans Taux directeur 3 Capitaine
8-10 ans Manager niveau 2 Major
10-15 ans Manager niveau 1 Lieutenant colonel
15-20 ans Directeur général Colonel
20-25 ans Sous-secrétaire adjoint Brigadier général
25-30 ans Sous secrétaire Champion
30 ans et plus Ministre Champion avec ancienneté

A ceci s’ajoute une subvention à la libération du terroriste:

Plusieurs années de prison Le montant de la subvention après la libération en shekel
1-3 ans    5 400
3-5 ans    9 000
5-8 ans   12 700
8-11 ans   16 300
11-15 ans   21 800
15-18 ans   30 000
18-21 ans   36 000
21-25 ans   44 000
25-30 ans   54 500
Plus de 30 ans  100 000

La semaine dernière, le terroriste Arafat Al Rifaiyeh a quitté ‘Hevron armé d’un couteau pour devenir un shahid: Je suis entré en Israel avec un couteau pour tuer des Juifs, a-t-il déclaré aux enquêteurs, je voulais être un shahid.
Sa victime s’appelait Ori Ansbacher, âgée de 19 ans. Elle effectuait son service civil au Centre Yeelim, centre de thérapie pour enfants et adolescents présentants des troubles du comportement*. Ce centre se trouve dans les bois d’Ein Yael, à deux pas de chez moi.

En récompense de son crime abominable,  l’Autorité Palestinienne lui versera  un salaire mensuel de 12000 shekel et cela pendant toute sa vie. De plus, au cas où il sortira de prison, il aura potentiellement un emploi tout à fait dans ses cordes dans l’administration terroriste: ministre, au grade de champion senior, et fera la fête avec une subvention de 100 000 shekels.
Mais j’allais oublier: sa famille sera dispensée de:
– Frais de scolarité dans les écoles et les universités publiques.
– Paiements d’assurance maladie.
– Frais de scolarité pour tous les programmes de formation professionnelle dispensés par les organismes officiels compétents.

Mahmoud qui pleure misère à chaque fois qu’il est interviewé a déclaré que même s’il ne lui restait qu’une piécette, il la donnerait aux terroristes emprisonnés. Je ne me fais cependant pas de souci pour lui:

(Son palais à Ramallah)

Mais comme l’Autorité Palestinienne est une autorité démocratique, certains cas peuvent faire exception: si par exemple un des shahids s’avérait devenir un ennemi politique de Mahmoud Abbas, ces avantages lui seraient bien évidemment sucrés. faut tout de même pas exagérer! Sachez que toutes les « petites piécettes » qu’il récolte de ci de là, servent essentiellement à entretenir son entreprise terroriste et qu’elles proviennent entre autre des impôts des contribuables de l’Union Européenne.
Lisez l’article de Helen Keller-Lind sur le scandale du cofinancement par le contribuable français des salaires versés par l’Autorité palestinienne aux meurtriers terroristes:
http://www.desinfos.com/spip.php?article66006

En mars 2018, la Knesset a approuvé une loi déduisant les montants des salaires et autres rentes versées aux terroristes du remboursement de taxes qu’Israel reverse à Ramallah. Toutefois cette loi n’a pas encore été appliquée, sans doute pour ménager certains états dits « amis ».
En mars 2018 Le Sénat américain a approuvé la loi Taylor dans le cadre d’un nouveau budget de 1,3 milliard de dollars, qui prévoit la suppression de l’aide de l’Autorité palestinienne tant qu’elle encourage le terrorisme. Cette loi porte le nom d’un étudiant américain Taylor Force, assassiné en mars 2016 à Yaffo.
En juillet 2018, la ministre australienne des Affaires étrangères, Julie Bishop, a annoncé qu’elle arrêtait le transfert de fonds à l’Autorité Palestinienne. Elle a pris cette décision après avoir demandé en vain que cet argent, d’un montant de 10 millions de dollars australiens, ne parvienne pas aux prisonniers palestiniens reconnus coupables d’infractions terroristes.

Pour moi comme pour la plupart des gens, ces réponses sont nécessaires mais pas suffisantes.
En 1951, au même endroit,  Leah Festinger*, âgée de 18 ans, a été enlevée par des infiltrés arabes, violée et assassinée comme Ori. L’armée israélienne a lancé une opération de représailles visant à détruire le village d’où étaient partis les terroristes  (le village a été remplacé par le quartier de Gilo).

(Leah Festinger 1933-1951)

Et dire que maintenant on doit se contenter de détruire la maison (ou seulement l’étage de la maison) où vivait le terroriste!
Comme le disait hier, sur la chaîne 20, la journaliste Sarah Beck:
Nous sommes tous épris de paix mais après des actes comme celui-ci, ce serait se souiller que parler de paix. Nous connaissons malheureusement trop bien le scénario. Les hommes politiques font de grands discours mais quand on en arrive à l’action des forces de sécurité, et à la destruction de la maison, on nous sort alors l’histoire habituelle de la famille « malade » ou démunie et Tsahal ne détruit alors que la chambre du terroriste pour surtout ne pas causer de dommages à sa famille…. Bien sur, il ira en prison, dans une prison israélienne où il vivra confortablement jusqu’à ce qu’enfin il soit libéré à l’occasion d’un échange. Ça suffit!  Cette retenue politiquement correcte du gouvernement est insupportable. Elie Wiesel a dit un jour: Le contraire de l’amour ce n’est pas la haine, le contraire de l’amour c’est l’indifférence. Cette indifférence revient à la haine de l’homme. Nous ne pouvons plus revenir à notre routine habituelle. C’est ce que nous avons fait déjà tellement de fois cette année où ont été assassinés le Rav Aviel sheva’h, le rav Itamar Ben Gal, Ziv Daos, Nethanel Kahalani, Adiel Kolman, Ronen Lubarsky, Aviv Levy, Yotam Ovadia, Ari Fold, Kim Levengrod, Ziv ‘Hadjbi, le bebe Amiad Israel Ishran, Hadas Popukhi, le couple Kadouri, Assaf Cohen et Yovel Mor Yosssef et enfin maintenant Ori Ansbacher. Nos forces de sécurité se dévouent sans relâche pour notre peuple. Il est nécessaire que le pouvoir judiciaire fasse maintenant de même. Lève toi, réveille toi, gouvernement d’Israel!


(Comme vous le pouvez le voir, la famille du terroriste n’est pas démunie, d’où son affirmation de « malade »)

En attendant, les infrastructures des territoires sous administration de l’Autorité palestinienne continuent à se détériorer au détriment de sa population. Ainsi pour exemple, bien que l’eau manque dans toute la région et qu’Israel fournisse aujourd’hui deux fois plus d’eau à l’Autorité palestinienne que les quantités prévues dans les accords d’Oslo, 40% de celle-ci est perdue dans les canalisations du fait de leur mauvais état, les nappes phréatique sont vidées et polluées .

A bientôt,

PS. Je lis aujourd’hui que le meurtrier de Ori Ansbacher a été officiellement déclaré « Héros de la résistance palestinienne » et recevra à ce titre 3700 dollars par mois, soit 4 fois le salaire moyen dans les territoires contrôlés par l’Autorité Palestinienne, ce qui équivaut à 13 475 shekalim payés essentiellement par les impôts des citoyens de l’Union Européenne. Sous peu des écoles ici et là porteront son nom et des mairies, même en France, le feront citoyen d’honneur.

*Centre Yeelim:
http://www.jerusalemfoundation.org/vulnerable-populations/yaelim-nature-therapy-for-youth-at-risk-at-ein-yael.aspx

*  Selon les rapports, dans le budget pour 2018, l’Autorité palestinienne affecte directement 550 millions de NIS aux salaires des prisonniers de sécurité emprisonnés en Israël, ainsi que 687 millions de NIS aux familles des terroristes tués dans des attentats terroristes ou des tentatives d’attaque contre Israël.

* Lea Festinger:
http://laad.btl.gov.il/Web/He/TerrorVictims/Page/Default.aspx?ID=37290&fbclid=IwAR05yU9CbPYx49BUKAGJfr_vWzeo_X3_gW7MNwCCrADT-ISt4Ci3Bn_AtC0

 

 

 

La loi de la nation ou la vertu du nationalisme

Il y a quelques semaines, le politologue Yoram Hazoni était interviewé dans le Figaro. Voici ce qu’il déclara au sujet du nationalisme et des états-nation:
Aujourd’hui, on ne cesse de nous répéter que le nationalisme a provoqué les deux guerres mondiales, et on lui impute même la responsabilité de la Shoah. Mais cette lecture historique n’est pas satisfaisante. J’appelle «nationaliste» quelqu’un qui souhaite vivre dans un monde constitué de nations indépendantes. De sorte qu’à mes yeux, Hitler ne l’était pas le moins du monde.Je ne pourrai pas vous rendre compte du reste de l’interview n’étant pas abonnée au Figaro, mais voici un extrait de son livre* The virtue of nationalism:
Mes amis libéraux (là encore, au sens américain, c’est-à-dire des intellectuels de gauche) semblent ne pas comprendre que la construction libérale qu’ils soutiennent est une forme d’impérialisme… Tout comme les Pharaons et les rois de Babylone, les empereurs romains et l’église catholique romaine, jusqu’à récemment, ainsi que les marxistes au siècle dernier, les “progressistes” ont aux aussi leur grande théorie sur la manière d’apporter la paix et la prospérité au monde entier, en abolissant les frontières et en unissant l’humanité sous leur propre domination universelle. Infatués de la clarté intellectuelle de cette vision, ils dédaignent le processus laborieux de consulter la multitude des peuples qui doivent, selon eux, embrasser leur vision de ce qui est bon. Et comme tous les impérialistes, ils sont prompts à exprimer leur dégoût, leur mépris et leur colère lorsque leur vision de la paix rencontre l’opposition de ceux dont ils sont certains qu’ils retireront un immense bénéfice en se soumettant tout simplement”

Je peux rajouter à cela:
Hitler voulait un grand empire débarrassé de la vermine (nous les Juifs et aussi les Gitans) et avec de nombreux esclaves (les Russes et Polonais particulièrement) au service d’une supposée race pure. Il ne proposait pas que chacun vive selon sa langue, ses lois et sous son figuier pour  paraphraser la Bible. Staline voulait un empire soviétique dans lequel les particularismes culturels n’étaient concédés que du bout des lèvres, quant à Mao, foin des aspirations de toutes les minorités qui s’opposaient au diktat chinois, les Tibétains en savent quelque chose.
En ce qui concerne le monde islamique, nous savons que pour lui, le monde est partagé entre Dar el Islam (monde de l’Islam) où tous doivent obéir à l’islam (y compris les dhimmis) et Dar el ‘Harb (le monde de l’épée) c’est à dire le monde qui sera soumis à l’islam par la force.

Pourtant, actuellement l’idée que la nation est facteur de discrimination pouvant mener à la guerre est très à la mode. Une des raisons qui font que notre petit état fait horreur au monde occidental, c’est que c’est un état-nation et que nous y tenons.
Depuis quelque mois, une loi, la loi de la Nation, fait couler beaucoup d’encre, y compris ici dans la presse et les milieux gauchistes qui la décrivent comme une loi raciste s’opposant aux droits de l’homme. Aussi j’ai voulu mettre en parallèle le texte de la Déclaration de l’Indépendance, prononcé le 14 mais 1948 par David Ben Gourion, les lois fondamentales et le texte de la loi de la Nation.

Si je reprends le contenu de la Loi de la Nation promulguée le 19 juillet 2018, je retrouve les mêmes principes dans la Déclaration d’Indépendance et les Lois Fondamentales. Ainsi:

– 3 grands principes y sont inscrits en préambule:
1) La Terre d’Israël est la patrie historique du Peuple Juif sur laquelle s’est constitué l’État d’Israël.
2) L’État d’Israël est l’État national du Peuple Juif par lequel il exerce son droit naturel, culturel, religieux et historique à l’autodétermination.
3) L’exercice du droit à l’autodétermination nationale dans l’État d’Israël est spécifique au Peuple Juif.

Ces trois principes se trouvent déjà dans la Déclaration d’Indépendance:

La loi de la Nation  détaille ensuite les symboles de l’état:

– Le nom de l’état:
Le nom de l’état est Israel.

Dans la Déclaration de l’Indépendance figure cette phrase:
Nous, membres du Conseil National représentants le peuple juif du pays d’Israel et le mouvement sioniste mondial, réunis aujourd’hui, jour de l’expiration du mandat britannique, en assemblée solennelle, et en vertu des droits naturels et historiques du peuple juif, ainsi que de la résolution de l’assemblée générale des Nations Unies, proclamons la fondation de l’état juif dans le pays d’Israel, qui portera le nom d’état d’Israel.

– Le drapeau de l’État:
Le drapeau de l’État est blanc, avec deux bandes bleues près des marges, et un maguen David (bouclier de David) bleu ciel au milieu.

Lois fondamentales (extrait):
Le drapeau d’Israël s’inspire du châle de prière juif (Talith) orné d’un Bouclier de David (Maguen David) bleu (Loi de drapeau et des symboles de l’État, mai 1949).

Les armoiries de l’Etat:
Le symbole  de l’État est un chandelier  à sept branches, des feuilles de vigne sur chaque côté, et le mot: « Israel » à sa base.

Lois fondamentales (extrait):
Les armoiries d’Israël représentent une Menorah (chandelier), symbole juif depuis plus de 3000 ans. L’emblème de l’état, la Menorah sera la même que celle qu’on trouve sur l’arc de Titus*. Elle sera entourée de deux branches d’olivier et à sa base portera le nom d’Israel en souvenir de la prophétie de Zakharia (14, 2) qui prophétise le renouveau d’Israel:
« Je vois un chandelier tout en or son récipient sur son sommet, ses sept lampes alignées et sept conduits pour les lampes qui en couronnent le sommet.  Puis, deux oliviers à ses côtés, l’un à droite du récipient, l’autre à gauche ». 

L’Hymne de l’État:
L’hymne de l’état est la « Hatikvah ».

Lois fondamentales (extrait):
Hatikvah est officiellement l’hymne national de l’État d’Israël depuis sa création en 1948. Composé par Naphtali Imber en 1878 et choisi pour être l’hymne du premier Congres Sioniste.
Le mot  Hatikva veut dire l’espoir et son texte a tout de suite parlé aux juifs du monde entier, et ceci avant la création de l’état.

Tant qu’au fond du cœur
Vivre notre âme juive,
Et, tend son regard vers les confins de l’Orient

Notre espoir n’est pas encore perdu,
Un espoir de deux mille ans:
Etre un peuple libre sur notre terre,
La terre de Sion et de Jérusalem


(chorale d’enfants à Munkacs dans les Carpates au début des années 30)

Dans la Palestine mandataire, l’hymne de la Hatikva a été interdit par les autorités britanniques dès 1919 pour ne pas déplaire aux Arabes (comme ils avaient par ailleurs interdit le son du shofar au Kotel*).

– La capitale de l’état:
Jerusalem, entière et réunifiée est la capitale de l’Etat.

Lois fondamentales:
1) Le 5 décembre 1949, le Premier Ministre David Ben Gourion  a proclamé que Jerusalem était la capitale d’Israel , en suivant ainsi les décisions du gouvernement. Il a aussi rappelé  le fait que, capitale à l’époque biblique,  Jerusalem  avait toujours eu une population juive sans discontinuer jusqu’à nos jours. Il a souligné son propos en répétant cette phrase:  ירושלים היא בירת ישראל לנצח, Jerusalem est la capitale d’Israel pour l’éternité.
2) De plus, le 14 du même mois de décembre 1949, il a rejeté la résolution 303 de l’UNGA (Assemblée générale de l’ONU), qui avait décidé que Jerusalem serait une ville internationale placée sous l’autorité de l’ONU,  et a réaffirmé la position des membres de la Knesset sur le sujet.
3) La loi fondamentale, votée le 

– La langue officielle de l’état:
L’hébreu est la langue de l’état. La langue Arabe jouit d’un statut spécial dans l’État; la réglementation de l’usage de la langue Arabe dans les institutions officielles ou devant celles-ci, fera l’objet d’une loi. Aucune disposition du présent article ne portera atteinte au statut effectif de la langue Arabe avant l’entrée en vigueur de la présente loi fondamentale.

Loi fondamentale du 19 mais 1948: L’hébreu est la seule langue officielle d’Israel, l’arabe ayant un statut spécial.

Alors que le nouvel état a maintenu un certain nombre de lois britanniques dans son nouveau code de lois, le gouvernement a expressément précisé que seul l’hébreu était la langue officielle!

Cependant, les panneaux d’utilité publique

ainsi que tous les documents officiels sont rédigés en hébreu et en arabe.

J’ai lu dans plusieurs revues d’histoire que l’ONU avait exigé pourtant d’Israel la reconnaissance de l’arabe comme langue officielle avant de l’admettre comme membre. C’est faux mais qui ira vérifier le texte de la résolution 273 admettant Israel au sein de l’ONU en 1949:
https://ecf.org.il/media_items/469)

– Le rassemblement des exilés et les liens avec le peuple juif en Diaspora:
L’État sera ouvert à l’immigration des Juifs et au Rassemblement des Exilés. L’État déploiera des efforts pour garantir la sécurité des membres du Peuple Juif et de ses citoyens se trouvant en détresse ou emprisonnés en raison de leur Judéité ou de leur citoyenneté. L’État agira sur les communautés de Diaspora pour la conservation du lien entre l’Etat et les membres du Peuple Juif. L’État agira en vue de la conservation de la Tradition culturelle, historique et religieuse du Peuple Juif au sein du Judaïsme de Diaspora.

Déclaration de l’Indépendance:
Contraint à l’exil, le peuple juif demeura fidèle au pays d’Israël à travers toutes les dispersions, priant sans cesse pour y revenir, toujours avec l’espoir d’y restaurer sa liberté nationale… Motivés par cet attachement historique, les juifs s’efforcèrent, au cours des siècles, de retourner au pays de leurs ancêtres pour y reconstituer leur Etat… Ils nourrirent toujours l’espoir de réaliser leur indépendance nationale.
En 1897, inspiré par la vision de l’Etat juif qu’avait eue Théodore Herzl, le premier congrès sioniste proclama le droit du peuple juif à la renaissance nationale dans son propre pays. Ce droit fut reconnu par la Déclaration Balfour du 2 novembre 1917 et réaffirmé par le mandat de la Société des nations qui accordait une reconnaissance internationale formelle des liens du peuple juif avec la terre d’Israël, ainsi que de son droit d’y reconstituer son foyer national.

(Voici cet extrait repris et décoré qui se trouve dans les archives de l’état)

– *Développement urbain et agricole des Juifs:
L’État considère le développement urbain et agricole des Juifs comme un objectif national et agira en vue d’encourager et de promouvoir ses initiatives et son renforcement.

Déclaration de l’Indépendance:
..
.Motivés par cet attachement historique, les juifs s’efforcèrent, au cours des siècles, de retourner au pays de leurs ancêtres pour y reconstituer leur Etat. Tout au long des dernières décennies, ils s’y rendirent en masse : pionniers, maapilim* et défenseurs. Ils y défrichèrent le désert, firent renaître leur langue, bâtirent cités et villages et établirent une communauté en pleine croissance, ayant sa propre vie économique et culturelle. Ils n’aspiraient qu’à la paix encore qu’ils aient toujours été prêts à se défendre. Ils apportèrent les bienfaits du progrès à tous les habitants du pays. Ils nourrirent toujours l’espoir de réaliser leur indépendance nationale.

Lois fondamentales:
Le concept de développement urbain et agricole de la population juive est déjà inscrit dans la Déclaration du 4 octobre 1949. Le gouvernement de l’époque  constitue en plus un comité dont le but est d’inciter à la réhabilitation des noms juifs des différentes localités dont le nom a été changé au cours des siècles et à retrouver celles qui ont disparu en se fondant sur des bases historiques et archéologiques précises . Ce comité travaillera surtout dans la région du Neguev, en parallèle avec le « Comité des noms des localités du Fonds National Juif » qui lui s’est attelé à ce travail dès l’année 1922!
Pour comprendre cela, il faut intégrer le fait qu’ici, les groupes ethniques et religieux sont ne sont pas effacés au profit d’une nationalité commune à tous. Situation très différente de ce qui existe par exemple en France. Ne dites surtout pas à un Israélien arabe, druze, tcherkesse ou araméen, qu’il n’est qu’israélien. Il est fidèle non seulement à sa nationalité mais aussi à son groupe dont il défend bec et ongles les particularités. Il donc est logique pour tous que si l’état est la patrie de la nation juive, comme cela est inscrit dans la Déclaration de l’Indépendance, le développement urbain et agricole des Juifs soit son objectif premier. Ceci dit, les non-Juifs habitent où ils veulent (y compris parfois dans les « colonies ») dans la mesure où ils respectent les lois d’urbanisation valables pour tous.
Point de place ici pour  les villages construits sans aucune autorisation, essentiellement dans le Neguev mais parfois aussi en Galilée et pour le dire en passant, souvent avec l’aide active de puissances étrangères comme l’Union Européenne qui plantent des cabanes en tôle, sans donner aux habitants la possibilité de se connecter à l’eau, à l’électricité ou même à des routes carrossées et en les gardant ainsi dans un état de pauvreté et de dépendance tout en leur répétant que leurs malheurs viennent des sionistes.

– Le Calendrier:
Le calendrier hébraïque est le calendrier officiel de l’Etat et à ses côtés le calendrier grégorien servira aussi de calendrier officiel. L’emploi du calendrier hébraïque et du calendrier grégorien sera fixé par la loi. Le jour de l’Indépendance est le jour de la fête nationale de l’État.
Le Jour du Souvenir des victimes des guerres d’Israël et le Jour du Souvenir de la Shoah et du Courage sont des jours du souvenir officiels de l’État.
Le Shabbat (Samedi) et les fêtes juives sont des jours de repos fixes dans l’État. 
Les personnes non-juives ont le droit de fixer leurs jours de congé, leur jour de repos hebdomadaire et lors de leurs fêtes; les détails concernant ces points seront fixés par la loi.

Lois fondamentales:
La première loi à être promulguée dans l’État d’Israël a été l’ordonnance du shabbat et du repos des jours selon le calendrier juif en raison de l’importance de la tradition juive. Et il a été décidé que la date hébraïque serait indiquée dans chaque lettre officielle du gouvernement
De plus, pendant le premier gouvernement de Mena’hem Begin, il a été décidé que les banques et les institutions publiques se devaient d’honorer les chèques et factures comportant uniquement la date hébraïque.
Enfin en 2014, a été votée une loi selon laquelle le permis de conduire comporterait également la date en hébreu.

En conclusion que dire? Que tout ce qui se trouve dans la Loi de la Nation (que les journaliste appellent la si-controversée loi de la Nation) a été déjà écrit et proclamé depuis la création de l’état.
Etait-il donc nécessaire de voter une nouvelle loi?
Pour moi, oui, vraiment, et toutes les accusations véhémentes de ceux opposés à la loi me le prouvent. Ce texte est nécessaire pour lutter contre les adeptes du post-sionisme qui voudrait suivre le courant actuel: plus de nation, plus de particularités culturelles et nationales sans se rendre compte que cet abandon revient à donner les rênes du pays à  ceux qui veulent le détruire. Ce faisant, ils ôtent aux Juifs tout espoir de trouver un refuge dans le pays de leurs ancêtres. Si certaines populations décident de fondre leur culture et leurs particularismes dans un magma indéfinissable, c’est bien leur droit. C’est là un luxe que nous, Juifs, nous ne pouvons pas nous payer. Combien d’entre nous en Diaspora sont encore des victimes toutes désignées y compris dans les pays dits développés?
Même ici, dans ce pays en constitution depuis seulement 70 ans, nous ne devons jamais baisser les bras et veiller à ce que les principes fondateurs demeurent.
Certains crient à la discrimination en répétant comme un mantra que la Loi de Nation est raciste, mais sans jamais expliquer en quoi elle l’est.

Pour moi, par deux fois nous avons perdu notre souveraineté nationale*.
Nous avons survécu en développant et renouvelant notre conception particulière du monde et du rapport à l’autre, tout en conservant nos structures fondamentales: monothéisme et éthique, rappel de l’alliance et universalisme. Nous avons été capables de maintenir notre identité pendant ces siècles d’exil, tout cela en attendant de restaurer notre état*.
Nous avons le devoir de maintenir nos valeurs et notre héritage que nos ancêtres ont réussi, dans les conditions difficiles que nous connaissons, à nous transmettre et nous refusons de nous couler dans un moule créé par d’autres même s’ils prétendent nous vouloir du bien.

A bientôt,

* Il y a longtemps: la première fois 5 siècles avant l’ère chrétienne et la deuxième fois au deuxième siècle de l’ère chrétienne, après la chute de Bar Kokhba.

*Extrait tire de l’excellent article (une fois de plus!) de Pierre Lurcat:
http://vudejerusalem.over-blog.com/2019/02/europe-les-elites-contre-les-peuples-la-nouvel-imperialisme-europeen-face-au-reveil-des-etats-nations-pierre-lurcat.html

* Parmi les nombreuses interdictions du gouvernement britannique: chanter l’hymne Hatikva et souffler dans un shofar au kotel
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/09/25/le-groupe-clandestin-des-souffleurs-de-shofar/

* Maapilim: Les immigrants illégaux entre 1934 et 1948.

*Je vous renvoie au texte de la déclaration d’Indépendance, prononce par David Ben Gourion, premier Premier Ministre d’Israel, le 5 Iyar 5708 ou 14 mai 1948:
https://mfa.gov.il/MFA/MFAFR/MFA-Archive/Pages/La%20Declaration%20d-Independance%20d-Israel.aspx