Nos racines, leurs ailes…

Il est écrit dans la Thora que כִּי הָאָדָם עֵץ הַשָּׂדֶה l’homme est un arbre des champs (דברים, Deutéronome 21,19).
Si nous voyons et admirons les branches et le tronc des arbres, nous savons que les racines souterraines sont indispensables à sa survie. Les racines, שורשים (shorashim), ce sont aussi les nôtres, notre lien avec notre passé et en particulier notre passé familial. C’est sans doute pourquoi, les enfants qui plantent tous les ans des arbres à Tu Bishvat, préparent aussi, à cette même époque, un עבודת שורשים (avodat shorashim), un travail de recherche sur leurs propres racines. A l’âge de 7 ans, il s’agit surtout de dessiner un arbre généalogique simplifié, d’y noter les nom des parents et grands parents, leur lieu de naissance. Et les grands-parents se retrouvent enrôlés pour participer à de nombreux ateliers avec leurs petits enfants.

C’est ainsi que Iddo, notre petit-fils de 7 ans, fut très fier de présenter son grand-père à sa classe en précisant: Il parle français!

Mais quand les enfants terminent le collège, leur travail est bien plus conséquent.
Il s’agit alors d’une véritable enquête, non seulement sur la famille elle-même , mais aussi sur la communauté d’origine. Le tout agrémenté d’anecdotes, de recettes de cuisine, de photos et surtout d’un travail de recherche sur un sujet spécifique qui lie le passé familial et le plonge dans l’Histoire.
C’est la qu’on se rend compte que l’Histoire, celle qu’on apprend dans les livres, manque de chair quand on ne l’entremêle pas avec la petite histoire, celle des gens, celle de nos ancêtres. Comme je le disais dans un article précédent*, le mot Historia est un ajout moderne à l’hébreu. La conscience juive traditionnelle conçoit l’histoire comme une succession d’engendrements, engendrements de personnes ou de situations. Soudain tout s’éclaire quand on la relie aux photos de savta (grand-mère) et aux anecdotes de  saba (grand-père).

Nous sommes Juifs et Israéliens mais cependant très différents les uns des autres.
J’expliquais, il y a quelque temps que Manitou* disait un jour qu’ Israel est comme un immeuble dont chaque appartement est occupé par une famille aux modes de vie et aux origines différents. Et qu’est donc ce ciment qui fait que tout se monde cohabite parfaitement et que l’immeuble n’implose pas? Le fait que tous les locataires sont Juifs et attachés à leur pays!
Pour ceux que cela inquiéterait, je leur rappellerai que même à l’époque de la Thora où on ne parlait pas encore de la différence entre ashkenazes et sepharades, religieux et laïcs, les 12 tribus avaient chacune leur particularité, leur drapeau; et marchaient selon un ordre déterminé dans le désert du Sinaï.

(mosaïque dans la synagogue Or Thora à Akko, blog de Daniel Ventura)

La semaine dernière, nous fûmes invités à l’école de notre petite-fille Yael, où se déroulait une fête familiale en l’honneur de l’Avodat Shorashim.
Nous étions environ 200, parents et grand-parents. Et bien là bas, ce rapport charnel à l’histoire a été un des plus émouvants qu’il m’ait été donné d’éprouver.
En dehors de leur recherche personnelle, les élèves avaient préparé une exposition de lettres et de photos.
Pourquoi veux-tu une lettre de ma mère? avais-je demandé.
Mais tout est important, Savta,  le papier, le timbre, les alphabets différents etc…
Et c’est vrai que tout était important. Toutes sortes de lettres étaient exposées. Des lettres du bout du monde, des lettres fatiguées, des lettres qui avaient franchi des murs de haine pour donner des nouvelles, des lettres comme celle-ci, écrite à Cracovie, timbrée dans le grand Reich nazi et distribuée à Saint Etienne, en France…

Des photos, certaines en couleur mais beaucoup en noir et blanc:

{Photo prise à Sana’a Au Yemen, peu de temps avant l’alyia de la famille:
Tsvia, la petite fille aux joues rondes, à gauche sur la photo, fit toute sa carrière à la Commission des Lois de la Knesset
)

Ce fut une soirée de שירה בציבור (shira betsibour),  chants et poésies en public. La chanson שיר ניגונים (shir nigounim) poésie musicale, m’a rappelé de lointains souvenirs.


(La chanteuse Yehudit Ravitz et son père Yaakov)

Vous avez planté en moi, mon père et ma mère, des mélodies, des mélodies et refrains oubliés qui éclosent maintenant et fleurissent… Leurs racines s’emmêlent dans mon cœur…

Nous lûmes deux poèmes de Yehuda Ami’haï* qu’il a dédiés à ses parents:

Mon père était Dieu et ne le savait pas.
Il m’a donné les Dix Paroles, non pas dans un bruit du tonnerre, non pas avec colère ou feu ou nuée, mais avec tendresse et amour.
Au son des tambourins et des paroles agréables, en rajoutant « je t’en prie » et »s’il te plait ».
Il m’a chanté Zakhor Veshamor, en une seule mélodie*.
II  implorait et  pleurait en silence entre diber et ledaber. Tu n’élèveras pas le nom de ton Dieu en vain, non tu ne le feras pas. De grâce ne réponds pas à ton prochain par un témoin mensonger.

Il m’embrassait fort et murmurait à mes oreilles: ne vole pas, ne sois pas adultère, ni meurtrier,
Il déployait les paumes de ses mains sur ma tête le jour de Yom Kippour, Honore, aime pour que tes jours s’allongent sur cette terre.
La voix de mon père, blanche comme ses cheveux.
Alors, le jour où il mourut dans mes bras, il tourna une dernière fois sa tête vers moi et dit: Je veux en ajouter deux aux 10 Paroles. La onzième: Ne change pas! La douzième: Change, change!
Ainsi parla mon père, se détourna et s’en fut dans d’étranges lointains…

Ma mère était prophétesse et ne le savait pas. Pas comme Myriam dansant au son des tambourins et des cymbales,
Pas comme Dvora, assise sous son palmier et qui jugeait le peuple,
Pas comme Hulda qui prophétisait l’avenir,
Mais ma prophétesse. silencieuse et têtue, je dois en convenir alors que défilent mes années. Ma mère prophétisait lorsqu’elle me parlait des choses de la vie quotidienne. Des versets à usage unique: Tu vas le regretter, ça va te fatiguer, ça te fera du bien, tu te sentiras comme un homme neuf, tu aimeras ça, tu ne pourras pas, tu ne réussiras pas à terminer cela, je savais que tu ne t’en souviendrais pas, n’oublies pas, prends, repose toi, tu peux, tu peux… Quand ma mère mourut, toutes ces petites prophéties se rejoignirent en une grand prophétie  qui subsistera jusqu’à la fin des temps–

Ce fut une soirée familiale, sans prétention, les élèves chantèrent elles aussi: une chanson en judéo-arabe composée en souvenir de sa mère par le paytan David Bouzaglo, et une chanson du Théâtre Yiddish du ghetto de Vilno et intitulée « Nous vivrons pour toujours » et qui se termine par la dernière phrase du chant des partisans du ghetto: Nous vivrons pour toujours car nous sommes là!

L’arrière grand-père d’une des élèves a raconté comment il avait pu survivre pendant la Shoah alors que ses parents étaient envoyés à la mort:
J’avais 13 ans, j’étais costaud et les Allemands avaient besoin de main d’oeuvre pour construire des routes… Quand je suis arrivé à Beer Sheva en 1951, on m’a demandé: que sais-tu faire? Je n’étais pas allé à l’école alors j’ai répondu, je sais construire des routes! Si quelqu’un, pendant la guerre en Roumanie,  m’avait dit que je construirais des routes en Eretz Israel et que je raconterais tout ça devant vous, devant mon arrière petite-fille, j’aurais pensé: il est complètement fou!

(Si tu as gagné, grand-père, où est ton trophée? C’est toi, mon trophée)

– Mais pourquoi l’éducation israélienne donne-t-elle une telle importance à nos racines  familiales et diasporiques ai-je demandé à ma fille?
– En creusant dans nos racines nous mettons à jour le triple lien qui fait de nous un peuple: le lien avec notre terre, le lien avec notre tradition et le lien avec nos origines si variées et si proches:
Le lien à notre terre: Nous en avons été éloigné pendant des centaines d’années mais il est resté présent dans notre cœur.
Le lien avec notre tradition (même non respectée), qui fait que nous sommes un seul peuple malgré nos différences dues à notre éloignement géographique.
Le lien familial qui nous a permis de survivre et de transmettre.

L’homme nouveau* si cher aux Juifs de la troisième alyia qui voulait se couper de son passe galoutique et douloureux, s’est enrichi maintenant des multiples nuances. Sroulik* existe toujours, mais Sroulik ne se réfère plus seulement aux héros du Tanakh en sautant allègrement par dessus 2000 ans de diaspora, il s’enrichit maintenant de toutes les racines de son arbre.

Ou comme dit si joliment ma fille: Nos racines, leurs ailes….

 

A bientôt,

*Citation de Manitou (rav Léon Ashkenazi):
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/07/10/un-garcon-semblable-a-un-cedre/

*L’histoire et les engendrements:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2017/04/23/yom-hashoah-2017/

*Tiré du piyout de Shlomo Alkabetz; chanté le vendredi soir:
http://www.zemirotdatabase.org/view_song.php?id=68

*Dans les ghettos, les gens ne mouraient pas seulement de faim, de maladie ou tués par les Allemands et leurs sbires. La vie culturelle était aussi un rempart contre la détresse qui les usait peu à peu. Comme l’écrivait Hermann Kruk (https://fr.wikipedia.org/wiki/Hermann_Kruk),  dans son journal:
Et pourtant la vie est plus forte que tout. La vie continue à pulser dans le ghetto. A l’ombre de Ponary (la forêt où les Juifs étaient massacrés par les Einsatzgruppen) la vie continue et nous avons toujours l’espoir d’un meilleur matin. Au début de la guerre, les concerts étaient boycottes par le public, mais maintenant les salles sont pleines tous les soirs et ne peuvent même pas contenir tous ceux qui veulent venir.

*Yehuda Ami’haï
Yehuda Amichaï ( יהודה עמיחי), né Ludwig Pfeuffer le  à Wurzbourg en Allemagne et mort le 22 septembre 2000 à Jerusalem.  Son nom de famille, Amihaï, signifie: mon peuple est vivant.

*Le concept de l’homme nouveau:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/06/20/yossef-trumpeldor-lhomme-nouveau/

*Sroulik, diminutif du prénom Israel. C’est un petit personnage dessiné par Dosh et symbole du Sabra.

 

 

 

 

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Terroriste: ça paye bien!

Connaissez-vous le Ministère palestinien en charge des prisonniers (dans les geôles israéliennes)? Non? ce n’est pas grave: Il a fermé ses portes il y a quelques temps (le mot Ministère ne plaisait pas aux Occidentaux), mais rassurez-vous Mahmoud Abbas l’a tout de suite remplacé par le Bureau en charge des prisonniers.
Ce bureau est chargé de distribuer salaires et rentes aux terroristes prisonniers en Israel et à leur famille. Tout est extrêmement bien codifié comme dans la meilleure administration et l’échelle des salaire est établie en fonction du nombre d’années passées dans l’activité terroriste et en fonction de la gravité des blessures infligées à ses victimes. En résumé, plus il y a de morts, plus c’est rentable.

Cette année, 7% du budget de l’Autorité Palestinienne, soit 1,4 milliards de Shekels* (avec une augmentation de 200 millions de Shekels par rapport au budget précédent) est utilisé pour ces salaires. Il faut noter aussi que ces salaires sont bien plus élevés que le salaire moyen de 3000 shekel que reçoivent les fonctionnaires de l’Autorité Palestinienne.
Ces salaire élevés ne sont garantis qu’aux terroristes. Les voleurs, trafiquants de drogue ou même meurtriers de droit commun palestiniens incarcérés en Israel ne sont pas concernés. Ce qui compte, c’est de tuer des Juifs.
Voici la grille des salaires versés par l’Autorité Palestinienne aux terroristes emprisonnés en Israel:

Durée de l’emprisonnement en années Salaire mensuel en Shekels
Jusqu’à 3    1 400
3-5 ans    2 000
5-10 ans    4 000
10-15 ans    6 000
15-20 ans    7 000
20-25 ans   8 000
25-30 ans  10 000
Plus de 30 ans  12 000


Lorsqu’il sera libéré, il recevra:

Plusieurs années de prison Un poste dans l’administration civile Position dans l’armée
5-6 ans Chef de département Lieutenant
6-8 ans Taux directeur 3 Capitaine
8-10 ans Manager niveau 2 Major
10-15 ans Manager niveau 1 Lieutenant colonel
15-20 ans Directeur général Colonel
20-25 ans Sous-secrétaire adjoint Brigadier général
25-30 ans Sous secrétaire Champion
30 ans et plus Ministre Champion avec ancienneté

A ceci s’ajoute une subvention à la libération du terroriste:

Plusieurs années de prison Le montant de la subvention après la libération en shekel
1-3 ans    5 400
3-5 ans    9 000
5-8 ans   12 700
8-11 ans   16 300
11-15 ans   21 800
15-18 ans   30 000
18-21 ans   36 000
21-25 ans   44 000
25-30 ans   54 500
Plus de 30 ans  100 000

La semaine dernière, le terroriste Arafat Al Rifaiyeh a quitté ‘Hevron armé d’un couteau pour devenir un shahid: Je suis entré en Israel avec un couteau pour tuer des Juifs, a-t-il déclaré aux enquêteurs, je voulais être un shahid.
Sa victime s’appelait Ori Ansbacher, âgée de 19 ans. Elle effectuait son service civil au Centre Yeelim, centre de thérapie pour enfants et adolescents présentants des troubles du comportement*. Ce centre se trouve dans les bois d’Ein Yael, à deux pas de chez moi.

En récompense de son crime abominable,  l’Autorité Palestinienne lui versera  un salaire mensuel de 12000 shekel et cela pendant toute sa vie. De plus, au cas où il sortira de prison, il aura potentiellement un emploi tout à fait dans ses cordes dans l’administration terroriste: ministre, au grade de champion senior, et fera la fête avec une subvention de 100 000 shekels.
Mais j’allais oublier: sa famille sera dispensée de:
– Frais de scolarité dans les écoles et les universités publiques.
– Paiements d’assurance maladie.
– Frais de scolarité pour tous les programmes de formation professionnelle dispensés par les organismes officiels compétents.

Mahmoud qui pleure misère à chaque fois qu’il est interviewé a déclaré que même s’il ne lui restait qu’une piécette, il la donnerait aux terroristes emprisonnés. Je ne me fais cependant pas de souci pour lui:

(Son palais à Ramallah)

Mais comme l’Autorité Palestinienne est une autorité démocratique, certains cas peuvent faire exception: si par exemple un des shahids s’avérait devenir un ennemi politique de Mahmoud Abbas, ces avantages lui seraient bien évidemment sucrés. faut tout de même pas exagérer! Sachez que toutes les « petites piécettes » qu’il récolte de ci de là, servent essentiellement à entretenir son entreprise terroriste et qu’elles proviennent entre autre des impôts des contribuables de l’Union Européenne.
Lisez l’article de Helen Keller-Lind sur le scandale du cofinancement par le contribuable français des salaires versés par l’Autorité palestinienne aux meurtriers terroristes:
http://www.desinfos.com/spip.php?article66006

En mars 2018, la Knesset a approuvé une loi déduisant les montants des salaires et autres rentes versées aux terroristes du remboursement de taxes qu’Israel reverse à Ramallah. Toutefois cette loi n’a pas encore été appliquée, sans doute pour ménager certains états dits « amis ».
En mars 2018 Le Sénat américain a approuvé la loi Taylor dans le cadre d’un nouveau budget de 1,3 milliard de dollars, qui prévoit la suppression de l’aide de l’Autorité palestinienne tant qu’elle encourage le terrorisme. Cette loi porte le nom d’un étudiant américain Taylor Force, assassiné en mars 2016 à Yaffo.
En juillet 2018, la ministre australienne des Affaires étrangères, Julie Bishop, a annoncé qu’elle arrêtait le transfert de fonds à l’Autorité Palestinienne. Elle a pris cette décision après avoir demandé en vain que cet argent, d’un montant de 10 millions de dollars australiens, ne parvienne pas aux prisonniers palestiniens reconnus coupables d’infractions terroristes.

Pour moi comme pour la plupart des gens, ces réponses sont nécessaires mais pas suffisantes.
En 1951, au même endroit,  Leah Festinger*, âgée de 18 ans, a été enlevée par des infiltrés arabes, violée et assassinée comme Ori. L’armée israélienne a lancé une opération de représailles visant à détruire le village d’où étaient partis les terroristes  (le village a été remplacé par le quartier de Gilo).

(Leah Festinger 1933-1951)

Et dire que maintenant on doit se contenter de détruire la maison (ou seulement l’étage de la maison) où vivait le terroriste!
Comme le disait hier, sur la chaîne 20, la journaliste Sarah Beck:
Nous sommes tous épris de paix mais après des actes comme celui-ci, ce serait se souiller que parler de paix. Nous connaissons malheureusement trop bien le scénario. Les hommes politiques font de grands discours mais quand on en arrive à l’action des forces de sécurité, et à la destruction de la maison, on nous sort alors l’histoire habituelle de la famille « malade » ou démunie et Tsahal ne détruit alors que la chambre du terroriste pour surtout ne pas causer de dommages à sa famille…. Bien sur, il ira en prison, dans une prison israélienne où il vivra confortablement jusqu’à ce qu’enfin il soit libéré à l’occasion d’un échange. Ça suffit!  Cette retenue politiquement correcte du gouvernement est insupportable. Elie Wiesel a dit un jour: Le contraire de l’amour ce n’est pas la haine, le contraire de l’amour c’est l’indifférence. Cette indifférence revient à la haine de l’homme. Nous ne pouvons plus revenir à notre routine habituelle. C’est ce que nous avons fait déjà tellement de fois cette année où ont été assassinés le Rav Aviel sheva’h, le rav Itamar Ben Gal, Ziv Daos, Nethanel Kahalani, Adiel Kolman, Ronen Lubarsky, Aviv Levy, Yotam Ovadia, Ari Fold, Kim Levengrod, Ziv ‘Hadjbi, le bebe Amiad Israel Ishran, Hadas Popukhi, le couple Kadouri, Assaf Cohen et Yovel Mor Yosssef et enfin maintenant Ori Ansbacher. Nos forces de sécurité se dévouent sans relâche pour notre peuple. Il est nécessaire que le pouvoir judiciaire fasse maintenant de même. Lève toi, réveille toi, gouvernement d’Israel!


(Comme vous le pouvez le voir, la famille du terroriste n’est pas démunie, d’où son affirmation de « malade »)

En attendant, les infrastructures des territoires sous administration de l’Autorité palestinienne continuent à se détériorer au détriment de sa population. Ainsi pour exemple, bien que l’eau manque dans toute la région et qu’Israel fournisse aujourd’hui deux fois plus d’eau à l’Autorité palestinienne que les quantités prévues dans les accords d’Oslo, 40% de celle-ci est perdue dans les canalisations du fait de leur mauvais état, les nappes phréatique sont vidées et polluées .

A bientôt,

PS. Je lis aujourd’hui que le meurtrier de Ori Ansbacher a été officiellement déclaré « Héros de la résistance palestinienne » et recevra à ce titre 3700 dollars par mois, soit 4 fois le salaire moyen dans les territoires contrôlés par l’Autorité Palestinienne, ce qui équivaut à 13 475 shekalim payés essentiellement par les impôts des citoyens de l’Union Européenne. Sous peu des écoles ici et là porteront son nom et des mairies, même en France, le feront citoyen d’honneur.

*Centre Yeelim:
http://www.jerusalemfoundation.org/vulnerable-populations/yaelim-nature-therapy-for-youth-at-risk-at-ein-yael.aspx

*  Selon les rapports, dans le budget pour 2018, l’Autorité palestinienne affecte directement 550 millions de NIS aux salaires des prisonniers de sécurité emprisonnés en Israël, ainsi que 687 millions de NIS aux familles des terroristes tués dans des attentats terroristes ou des tentatives d’attaque contre Israël.

* Lea Festinger:
http://laad.btl.gov.il/Web/He/TerrorVictims/Page/Default.aspx?ID=37290&fbclid=IwAR05yU9CbPYx49BUKAGJfr_vWzeo_X3_gW7MNwCCrADT-ISt4Ci3Bn_AtC0

 

 

 

La loi de la nation ou la vertu du nationalisme

Il y a quelques semaines, le politologue Yoram Hazoni était interviewé dans le Figaro. Voici ce qu’il déclara au sujet du nationalisme et des états-nation:
Aujourd’hui, on ne cesse de nous répéter que le nationalisme a provoqué les deux guerres mondiales, et on lui impute même la responsabilité de la Shoah. Mais cette lecture historique n’est pas satisfaisante. J’appelle «nationaliste» quelqu’un qui souhaite vivre dans un monde constitué de nations indépendantes. De sorte qu’à mes yeux, Hitler ne l’était pas le moins du monde.Je ne pourrai pas vous rendre compte du reste de l’interview n’étant pas abonnée au Figaro, mais voici un extrait de son livre* The virtue of nationalism:
Mes amis libéraux (là encore, au sens américain, c’est-à-dire des intellectuels de gauche) semblent ne pas comprendre que la construction libérale qu’ils soutiennent est une forme d’impérialisme… Tout comme les Pharaons et les rois de Babylone, les empereurs romains et l’église catholique romaine, jusqu’à récemment, ainsi que les marxistes au siècle dernier, les “progressistes” ont aux aussi leur grande théorie sur la manière d’apporter la paix et la prospérité au monde entier, en abolissant les frontières et en unissant l’humanité sous leur propre domination universelle. Infatués de la clarté intellectuelle de cette vision, ils dédaignent le processus laborieux de consulter la multitude des peuples qui doivent, selon eux, embrasser leur vision de ce qui est bon. Et comme tous les impérialistes, ils sont prompts à exprimer leur dégoût, leur mépris et leur colère lorsque leur vision de la paix rencontre l’opposition de ceux dont ils sont certains qu’ils retireront un immense bénéfice en se soumettant tout simplement”

Je peux rajouter à cela:
Hitler voulait un grand empire débarrassé de la vermine (nous les Juifs et aussi les Gitans) et avec de nombreux esclaves (les Russes et Polonais particulièrement) au service d’une supposée race pure. Il ne proposait pas que chacun vive selon sa langue, ses lois et sous son figuier pour  paraphraser la Bible. Staline voulait un empire soviétique dans lequel les particularismes culturels n’étaient concédés que du bout des lèvres, quant à Mao, foin des aspirations de toutes les minorités qui s’opposaient au diktat chinois, les Tibétains en savent quelque chose.
En ce qui concerne le monde islamique, nous savons que pour lui, le monde est partagé entre Dar el Islam (monde de l’Islam) où tous doivent obéir à l’islam (y compris les dhimmis) et Dar el ‘Harb (le monde de l’épée) c’est à dire le monde qui sera soumis à l’islam par la force.

Pourtant, actuellement l’idée que la nation est facteur de discrimination pouvant mener à la guerre est très à la mode. Une des raisons qui font que notre petit état fait horreur au monde occidental, c’est que c’est un état-nation et que nous y tenons.
Depuis quelque mois, une loi, la loi de la Nation, fait couler beaucoup d’encre, y compris ici dans la presse et les milieux gauchistes qui la décrivent comme une loi raciste s’opposant aux droits de l’homme. Aussi j’ai voulu mettre en parallèle le texte de la Déclaration de l’Indépendance, prononcé le 14 mais 1948 par David Ben Gourion, les lois fondamentales et le texte de la loi de la Nation.

Si je reprends le contenu de la Loi de la Nation promulguée le 19 juillet 2018, je retrouve les mêmes principes dans la Déclaration d’Indépendance et les Lois Fondamentales. Ainsi:

– 3 grands principes y sont inscrits en préambule:
1) La Terre d’Israël est la patrie historique du Peuple Juif sur laquelle s’est constitué l’État d’Israël.
2) L’État d’Israël est l’État national du Peuple Juif par lequel il exerce son droit naturel, culturel, religieux et historique à l’autodétermination.
3) L’exercice du droit à l’autodétermination nationale dans l’État d’Israël est spécifique au Peuple Juif.

Ces trois principes se trouvent déjà dans la Déclaration d’Indépendance:

La loi de la Nation  détaille ensuite les symboles de l’état:

– Le nom de l’état:
Le nom de l’état est Israel.

Dans la Déclaration de l’Indépendance figure cette phrase:
Nous, membres du Conseil National représentants le peuple juif du pays d’Israel et le mouvement sioniste mondial, réunis aujourd’hui, jour de l’expiration du mandat britannique, en assemblée solennelle, et en vertu des droits naturels et historiques du peuple juif, ainsi que de la résolution de l’assemblée générale des Nations Unies, proclamons la fondation de l’état juif dans le pays d’Israel, qui portera le nom d’état d’Israel.

– Le drapeau de l’État:
Le drapeau de l’État est blanc, avec deux bandes bleues près des marges, et un maguen David (bouclier de David) bleu ciel au milieu.

Lois fondamentales (extrait):
Le drapeau d’Israël s’inspire du châle de prière juif (Talith) orné d’un Bouclier de David (Maguen David) bleu (Loi de drapeau et des symboles de l’État, mai 1949).

Les armoiries de l’Etat:
Le symbole  de l’État est un chandelier  à sept branches, des feuilles de vigne sur chaque côté, et le mot: « Israel » à sa base.

Lois fondamentales (extrait):
Les armoiries d’Israël représentent une Menorah (chandelier), symbole juif depuis plus de 3000 ans. L’emblème de l’état, la Menorah sera la même que celle qu’on trouve sur l’arc de Titus*. Elle sera entourée de deux branches d’olivier et à sa base portera le nom d’Israel en souvenir de la prophétie de Zakharia (14, 2) qui prophétise le renouveau d’Israel:
« Je vois un chandelier tout en or son récipient sur son sommet, ses sept lampes alignées et sept conduits pour les lampes qui en couronnent le sommet.  Puis, deux oliviers à ses côtés, l’un à droite du récipient, l’autre à gauche ». 

L’Hymne de l’État:
L’hymne de l’état est la « Hatikvah ».

Lois fondamentales (extrait):
Hatikvah est officiellement l’hymne national de l’État d’Israël depuis sa création en 1948. Composé par Naphtali Imber en 1878 et choisi pour être l’hymne du premier Congres Sioniste.
Le mot  Hatikva veut dire l’espoir et son texte a tout de suite parlé aux juifs du monde entier, et ceci avant la création de l’état.

Tant qu’au fond du cœur
Vivre notre âme juive,
Et, tend son regard vers les confins de l’Orient

Notre espoir n’est pas encore perdu,
Un espoir de deux mille ans:
Etre un peuple libre sur notre terre,
La terre de Sion et de Jérusalem


(chorale d’enfants à Munkacs dans les Carpates au début des années 30)

Dans la Palestine mandataire, l’hymne de la Hatikva a été interdit par les autorités britanniques dès 1919 pour ne pas déplaire aux Arabes (comme ils avaient par ailleurs interdit le son du shofar au Kotel*).

– La capitale de l’état:
Jerusalem, entière et réunifiée est la capitale de l’Etat.

Lois fondamentales:
1) Le 5 décembre 1949, le Premier Ministre David Ben Gourion  a proclamé que Jerusalem était la capitale d’Israel , en suivant ainsi les décisions du gouvernement. Il a aussi rappelé  le fait que, capitale à l’époque biblique,  Jerusalem  avait toujours eu une population juive sans discontinuer jusqu’à nos jours. Il a souligné son propos en répétant cette phrase:  ירושלים היא בירת ישראל לנצח, Jerusalem est la capitale d’Israel pour l’éternité.
2) De plus, le 14 du même mois de décembre 1949, il a rejeté la résolution 303 de l’UNGA (Assemblée générale de l’ONU), qui avait décidé que Jerusalem serait une ville internationale placée sous l’autorité de l’ONU,  et a réaffirmé la position des membres de la Knesset sur le sujet.
3) La loi fondamentale, votée le 

– La langue officielle de l’état:
L’hébreu est la langue de l’état. La langue Arabe jouit d’un statut spécial dans l’État; la réglementation de l’usage de la langue Arabe dans les institutions officielles ou devant celles-ci, fera l’objet d’une loi. Aucune disposition du présent article ne portera atteinte au statut effectif de la langue Arabe avant l’entrée en vigueur de la présente loi fondamentale.

Loi fondamentale du 19 mais 1948: L’hébreu est la seule langue officielle d’Israel, l’arabe ayant un statut spécial.

Alors que le nouvel état a maintenu un certain nombre de lois britanniques dans son nouveau code de lois, le gouvernement a expressément précisé que seul l’hébreu était la langue officielle!

Cependant, les panneaux d’utilité publique

ainsi que tous les documents officiels sont rédigés en hébreu et en arabe.

J’ai lu dans plusieurs revues d’histoire que l’ONU avait exigé pourtant d’Israel la reconnaissance de l’arabe comme langue officielle avant de l’admettre comme membre. C’est faux mais qui ira vérifier le texte de la résolution 273 admettant Israel au sein de l’ONU en 1949:
https://ecf.org.il/media_items/469)

– Le rassemblement des exilés et les liens avec le peuple juif en Diaspora:
L’État sera ouvert à l’immigration des Juifs et au Rassemblement des Exilés. L’État déploiera des efforts pour garantir la sécurité des membres du Peuple Juif et de ses citoyens se trouvant en détresse ou emprisonnés en raison de leur Judéité ou de leur citoyenneté. L’État agira sur les communautés de Diaspora pour la conservation du lien entre l’Etat et les membres du Peuple Juif. L’État agira en vue de la conservation de la Tradition culturelle, historique et religieuse du Peuple Juif au sein du Judaïsme de Diaspora.

Déclaration de l’Indépendance:
Contraint à l’exil, le peuple juif demeura fidèle au pays d’Israël à travers toutes les dispersions, priant sans cesse pour y revenir, toujours avec l’espoir d’y restaurer sa liberté nationale… Motivés par cet attachement historique, les juifs s’efforcèrent, au cours des siècles, de retourner au pays de leurs ancêtres pour y reconstituer leur Etat… Ils nourrirent toujours l’espoir de réaliser leur indépendance nationale.
En 1897, inspiré par la vision de l’Etat juif qu’avait eue Théodore Herzl, le premier congrès sioniste proclama le droit du peuple juif à la renaissance nationale dans son propre pays. Ce droit fut reconnu par la Déclaration Balfour du 2 novembre 1917 et réaffirmé par le mandat de la Société des nations qui accordait une reconnaissance internationale formelle des liens du peuple juif avec la terre d’Israël, ainsi que de son droit d’y reconstituer son foyer national.

(Voici cet extrait repris et décoré qui se trouve dans les archives de l’état)

– *Développement urbain et agricole des Juifs:
L’État considère le développement urbain et agricole des Juifs comme un objectif national et agira en vue d’encourager et de promouvoir ses initiatives et son renforcement.

Déclaration de l’Indépendance:
..
.Motivés par cet attachement historique, les juifs s’efforcèrent, au cours des siècles, de retourner au pays de leurs ancêtres pour y reconstituer leur Etat. Tout au long des dernières décennies, ils s’y rendirent en masse : pionniers, maapilim* et défenseurs. Ils y défrichèrent le désert, firent renaître leur langue, bâtirent cités et villages et établirent une communauté en pleine croissance, ayant sa propre vie économique et culturelle. Ils n’aspiraient qu’à la paix encore qu’ils aient toujours été prêts à se défendre. Ils apportèrent les bienfaits du progrès à tous les habitants du pays. Ils nourrirent toujours l’espoir de réaliser leur indépendance nationale.

Lois fondamentales:
Le concept de développement urbain et agricole de la population juive est déjà inscrit dans la Déclaration du 4 octobre 1949. Le gouvernement de l’époque  constitue en plus un comité dont le but est d’inciter à la réhabilitation des noms juifs des différentes localités dont le nom a été changé au cours des siècles et à retrouver celles qui ont disparu en se fondant sur des bases historiques et archéologiques précises . Ce comité travaillera surtout dans la région du Neguev, en parallèle avec le « Comité des noms des localités du Fonds National Juif » qui lui s’est attelé à ce travail dès l’année 1922!
Pour comprendre cela, il faut intégrer le fait qu’ici, les groupes ethniques et religieux sont ne sont pas effacés au profit d’une nationalité commune à tous. Situation très différente de ce qui existe par exemple en France. Ne dites surtout pas à un Israélien arabe, druze, tcherkesse ou araméen, qu’il n’est qu’israélien. Il est fidèle non seulement à sa nationalité mais aussi à son groupe dont il défend bec et ongles les particularités. Il donc est logique pour tous que si l’état est la patrie de la nation juive, comme cela est inscrit dans la Déclaration de l’Indépendance, le développement urbain et agricole des Juifs soit son objectif premier. Ceci dit, les non-Juifs habitent où ils veulent (y compris parfois dans les « colonies ») dans la mesure où ils respectent les lois d’urbanisation valables pour tous.
Point de place ici pour  les villages construits sans aucune autorisation, essentiellement dans le Neguev mais parfois aussi en Galilée et pour le dire en passant, souvent avec l’aide active de puissances étrangères comme l’Union Européenne qui plantent des cabanes en tôle, sans donner aux habitants la possibilité de se connecter à l’eau, à l’électricité ou même à des routes carrossées et en les gardant ainsi dans un état de pauvreté et de dépendance tout en leur répétant que leurs malheurs viennent des sionistes.

– Le Calendrier:
Le calendrier hébraïque est le calendrier officiel de l’Etat et à ses côtés le calendrier grégorien servira aussi de calendrier officiel. L’emploi du calendrier hébraïque et du calendrier grégorien sera fixé par la loi. Le jour de l’Indépendance est le jour de la fête nationale de l’État.
Le Jour du Souvenir des victimes des guerres d’Israël et le Jour du Souvenir de la Shoah et du Courage sont des jours du souvenir officiels de l’État.
Le Shabbat (Samedi) et les fêtes juives sont des jours de repos fixes dans l’État. 
Les personnes non-juives ont le droit de fixer leurs jours de congé, leur jour de repos hebdomadaire et lors de leurs fêtes; les détails concernant ces points seront fixés par la loi.

Lois fondamentales:
La première loi à être promulguée dans l’État d’Israël a été l’ordonnance du shabbat et du repos des jours selon le calendrier juif en raison de l’importance de la tradition juive. Et il a été décidé que la date hébraïque serait indiquée dans chaque lettre officielle du gouvernement
De plus, pendant le premier gouvernement de Mena’hem Begin, il a été décidé que les banques et les institutions publiques se devaient d’honorer les chèques et factures comportant uniquement la date hébraïque.
Enfin en 2014, a été votée une loi selon laquelle le permis de conduire comporterait également la date en hébreu.

En conclusion que dire? Que tout ce qui se trouve dans la Loi de la Nation (que les journaliste appellent la si-controversée loi de la Nation) a été déjà écrit et proclamé depuis la création de l’état.
Etait-il donc nécessaire de voter une nouvelle loi?
Pour moi, oui, vraiment, et toutes les accusations véhémentes de ceux opposés à la loi me le prouvent. Ce texte est nécessaire pour lutter contre les adeptes du post-sionisme qui voudrait suivre le courant actuel: plus de nation, plus de particularités culturelles et nationales sans se rendre compte que cet abandon revient à donner les rênes du pays à  ceux qui veulent le détruire. Ce faisant, ils ôtent aux Juifs tout espoir de trouver un refuge dans le pays de leurs ancêtres. Si certaines populations décident de fondre leur culture et leurs particularismes dans un magma indéfinissable, c’est bien leur droit. C’est là un luxe que nous, Juifs, nous ne pouvons pas nous payer. Combien d’entre nous en Diaspora sont encore des victimes toutes désignées y compris dans les pays dits développés?
Même ici, dans ce pays en constitution depuis seulement 70 ans, nous ne devons jamais baisser les bras et veiller à ce que les principes fondateurs demeurent.
Certains crient à la discrimination en répétant comme un mantra que la Loi de Nation est raciste, mais sans jamais expliquer en quoi elle l’est.

Pour moi, par deux fois nous avons perdu notre souveraineté nationale*.
Nous avons survécu en développant et renouvelant notre conception particulière du monde et du rapport à l’autre, tout en conservant nos structures fondamentales: monothéisme et éthique, rappel de l’alliance et universalisme. Nous avons été capables de maintenir notre identité pendant ces siècles d’exil, tout cela en attendant de restaurer notre état*.
Nous avons le devoir de maintenir nos valeurs et notre héritage que nos ancêtres ont réussi, dans les conditions difficiles que nous connaissons, à nous transmettre et nous refusons de nous couler dans un moule créé par d’autres même s’ils prétendent nous vouloir du bien.

A bientôt,

* Il y a longtemps: la première fois 5 siècles avant l’ère chrétienne et la deuxième fois au deuxième siècle de l’ère chrétienne, après la chute de Bar Kokhba.

*Extrait tire de l’excellent article (une fois de plus!) de Pierre Lurcat:
http://vudejerusalem.over-blog.com/2019/02/europe-les-elites-contre-les-peuples-la-nouvel-imperialisme-europeen-face-au-reveil-des-etats-nations-pierre-lurcat.html

* Parmi les nombreuses interdictions du gouvernement britannique: chanter l’hymne Hatikva et souffler dans un shofar au kotel
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/09/25/le-groupe-clandestin-des-souffleurs-de-shofar/

* Maapilim: Les immigrants illégaux entre 1934 et 1948.

*Je vous renvoie au texte de la déclaration d’Indépendance, prononce par David Ben Gourion, premier Premier Ministre d’Israel, le 5 Iyar 5708 ou 14 mai 1948:
https://mfa.gov.il/MFA/MFAFR/MFA-Archive/Pages/La%20Declaration%20d-Independance%20d-Israel.aspx

 

Tsvika Levy, le père des soldats isolés (1948-2018)

On a beaucoup parlé ces derniers temps d’Amos Oz, mort il y a quelques semaines.
Si Amos Oz vous intéresse, et si vous voulez sortir des hommages fidèles à la pensée unique, je vous invite à lire les excellents textes de Pierre Lurçat* sur Amos Oz. Celui-ci qui fut certainement un des grands écrivains israéliens mais il appartenait aussi à cette gauche déconnectée de la réalité qui veut faire la paix des cimetières avec des assassins qui, eux, ne cachent pas leur intention de nous exterminer.

En ce qui me concerne, je préfère m’attarder pour rendre hommage à  Tzvika Levy, décédé la même semaine, à l’âge de 70 ans de la maladie de Charcot, l’ALS.
Pendant, plus de 30 ans, le colonel Tzvika Levy, du kibboutz Yifat, a dédié sa vie aux soldats isolés par un engagement sans relâche.
Les soldats isolés sont des soldats qui n’ont pas de famille en Israel, soit parce qu’ils sont les seuls à avoir fait leur alyia, soit parce qu’ils sont orphelins ou issus de milieux particulièrement défavorisés ou rejetés comme ces jeunes arabes que leur engagement a coupé complètement de leur famille.

Dans une de ses interview, Tsvika Levy a raconté comment tout a commencé pour lui:
Jeune officier parachutiste, il perd soudain une de ses filles, Ofri. Pour l’aider à surmonter cette tragédie, Rafael Eytan* lui parle d’un projet qui lui tient à cœur et lui demande son aide:
Rafoul (Raphael Eytan) est venu me voir et m’a dit: Ecoute Tsvika, tu habites à côté de Midgal Haemek. Là bas, il y a un bon nombre de jeunes qui partent à la dérive. Aide moi à mettre sur pied un programme pour les aider à faire leur service militaire… Et c’est ce que j’ai fait… Tous les jours,
après avoir travaillé dans les champs toute la matinée, je partais à Migdal Haemek pour motiver des jeunes qui traînaient, désœuvrés et sans but.
Tsvika y réussit si bien que l’armée lui  demande de devenir le responsable de ce projet, devenu officiel.
Au fil des années, il aide ainsi des milliers de jeunes à intégrer l’armée et leur trouve des familles adoptives pour les entourer pendant leurs permissions.
(Quelques uns des 70 soldats isolés, choisis pour présenter leurs vœux au pays lors du dernier Yom Haastmaout:
De gauche à droite et de haut en bas, ils sont originaires de Chine, du Honduras, d’Israel, du Kenya, du Japon, de Colombie, d’Azerbaïdjan et d’Uruguay)

Pendant toutes ces années, il s’occupera de milliers de soldats et s’en souciera à tel point qu’il sera connu comme le père des soldats isolés, et que beaucoup d’entre eux l’appelleront même abba.

Il devra malheureusement  aussi aller à de nombreux enterrements et assister leurs familles endeuillées.

En 2017, lors de Yom Haatsmaout, Tsivka Levy a reçu le prix d’Israel en récompense de ses services rendus.


Lors de la cérémonie il a déclaré:
 » Avant que nous chantions l’Hatikva, je voudrais rappeler ceci: le 14 février 2001, il y a 16 ans, Julie Weiner,  soldate isolée venue de France, et adoptée par une famille du kibboutz Zikkim, était sur le point de commencer le cours d’officier.


Elle m’a téléphoné ce jour là de la station de bus au carrefour Azur et m’a dit: Tsvika lors de l’examen on va aussi vérifier que je connais par cœur les paroles de l’Hatikva.. Tu veux la chanter avec moi?
Je lui ai dit: avec joie.
J’ai chanté une strophe et elle une strophe et ceci, jusqu’à ce qu’elle la chante toute seule. Quand elle est arrivée à la phrase « être un peuple libre sur notre terre » , sa voix s’est tue. Je ne l’ai plus entendue. J’ai essayé en vain de la rappeler…
Soudain, j’entends une annonce sur Galei Tsahal (
la radio de l’armée): un attentat a eu lieu à la station de bus à Azur, 8 morts*. J’ai enfilé mon uniforme et j’ai volé jusque là. J’ai identifié Julie parmi les 8… Les derniers mots de Julie, nouvelle immigrante venue de France, ont été ceux de l’Hatikva « être un peuple libre sur notre terre ». Depuis, quand on chante l’Hatikva, à chaque Yom Haatsmaout ou à Yom Hazikaron, son souvenir se rappelle à moi dans mon sang et dans mon âme ».

Une semaine avant de mourir, Tsvika Levy a réussi à terminer le livre pour enfants « Les histoires de grand-père Tsvika », qu’il a écrit avec l’aide des muscles oculaires, seuls encore actifs dans son corps paralysé. Son livre devrait être mis en vente le 13 janvier, jour de son anniversaire et tous ses revenus seront transférés à l’aide aux familles de patients atteints de ALS.

J’écris ces lignes et Tsvika Levy me fait penser à un autre héros, Sim’ha Holzberg, mort en 1994, lui aussi récipiendaire du Prix Israel, et surnommé le père des blessés. Né à Varsovie en 1924, et ayant survécu au ghetto et à l’extermination, il disait que son nom Sim’ha (la joie) l’obligeait à dispenser le plus de joie possible autour de lui. C’est pour cela qu’il consacrait sa vie aux blessés de Tsahal.
(Simha Holzberg au mariage d’un soldat blessé)

L’acteur Tuvia Sapir lui a consacré un petit film destiné aux enfants:

Que le souvenir de ces deux héros soit une bénédiction pour le peuple d’Israel.

A bientôt,

 

* Pierre Lurçat:
http://vudejerusalem.over-blog.com/2018/12/quand-amos-oz-s-appelait-encore-amos-klausner-une-histoire-de-des-amour-et-de-tenebres-pierre-lurcat.html
La trahison des clercs d’Israel
http://www.tribunejuive.info/livres/pierre-lurcat-loccident-nest-plus-capable-de-regarder-israel-dune-maniere-objective

* Raphael Eytan:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Rafael_Eitan_(militaire)

* Attentat à la station d’autobus au carrefour d’Azur:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentat_d%27Azor_en_2001

 

 

 

Bonne année 2019!

Pour débuter cette nouvelle année, je vais vous parler de maisons…
Pas de maisons en bois ou en pierre… Non, de maisons en cuivre!
La cinquième grande vague d’immigration juive vers la Palestine mandataire a lieu entre 1930 et 1939. Elle commence modestement mais devient plus massive à partir de l’année 1933 qui voit les nazis arriver au pouvoir en Allemagne. La grande révolte arabe et ses pogroms antisémites de 1936 l’a fait légèrement ralentir mais la situation en Europe devient si préoccupante que les Juifs affluent par milliers entre 1938 et 1939, pour certains illégalement* car les Anglais refusent souvent de leur accorder un visa.
Cette vague d’immigration de 250 000 personnes sera aussi appelée l’immigration allemande car elle est composée pour un quart de Juifs en provenance d’Allemagne et d’Autriche.

(chorale d’enfants avant leur départ pour Eretz Israel)

Mais où loger tous ces gens?
Si certains rejoignent les moshavim ou les kibboutzim comme celui de Sde Eliahou*, la plupart s’installent en ville. Les baraques en bois poussent un peu partout. Mais à Haifa, les habitants sont  stupéfaits de voir des maisons  en cuivre!
L’idée de construire des maisons en cuivre n’est pas nouvelle. En 1922 avait eu lieu, en Allemagne, un concours d’architecture moderne remporté par Walter Gropius, fondateur du mouvement Bauhaus. La société de Zygmund Hirsch avait remporté celui de la réalisation de ce projet.
Mais au fil des années, la situation des Juifs allemands se dégrade de plus en plus et beaucoup songent à quitter l’Allemagne. Il ne peuvent pas emporter leurs biens mais un accord conclu entre le gouvernement britannique, le gouvernement allemand et l’Agence Juive*  permet à un certain nombre d’entre eux de transférer la somme de 10 000 livres en Palestine mandataire, à condition qu’elle soit utilisée pour acheter des biens d’équipements allemands
C’est ainsi que Zigmund Hirsch pourra  importer en Palestine les premières maisons en cuivre.
Elles arrivent en pièces détachées, prêtes à être montées: fenêtres (double vitrage), portes, connexions électriques (AEG), murs déjà peints, volets roulants, placards muraux, chauffage central et tuiles à toit plat. On trouve même dans les containers des gravures de paysages allemands à suspendre!
Ces maisons n’auront pourtant pas un grand succès. Tout d’abord, elles sont assez chères et souvent les gens s’entassent en famille dans une seule pièce. Ensuite, parce que les Anglais les considèrent comme des cabanes et ne leur accordent qu’un permis temporaire d’un an.
14 maisons seulement seront construites dans le yishouv.
De plus, très rapidement, les Allemand décident de stopper l’affaire: ils ont besoin de cuivre pour leur réarmement.
Seules 5 d’entre elles ont survécu:
A Tsfat, la Maison Roxenstein – quartier de Har Canaan


A ‘Haifa, la m
aison Tuchler, au 20 de la rue Tel Mana

ainsi que les maisons Grundman – 9 rue Horsha , Zelma Schoenfeld 5 rue Leonardo Da Vinci, et Kaliski- Neuman , 23 rueSmolenskin.

Pourquoi vous parler de maisons en ce début d’année?
En hébreu, le  mot בית (bayit) signifie maison mais aussi famille, peuple. Notre maison cette année a été attaquée de toute part. La région de Otef Aza, qui borde la bande de Gaza, a particulièrement souffert: missiles, obus, incendies, des hectares de cultures et de forêts sont partis en fumée*. Aussi, en décembre, le groupe Koolulam et 3500 participants y ont donné un concert pour soutenir ses habitants.

…La tempête a hurlé sur mon seuil. Permets-moi de venir et de te chanter un chant d’amour...Donne-moi la main mon frère pour un moment de tendresse et de sérénité, sans mot superflu

 

Bonne année 2019!

 

 

A bientôt, 

* Pour le début de l’année 2013, je publiais cet article en réponse a une question surprenante: Mais en Israel avez-vous des lits?
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/01/04/bonne-annee-2013/

* kibboutz Sde Eliahou:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/07/28/sde-eliahou/

*La politique britannique à l’égard des Juifs d’Europe:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/06/17/des-livres-blancs-mais-pas-tres-propres/

* L’accord de transfert, Haavara, fonctionnera jusqu’en 1939 mais de moins en moins de visas seront accordés par la Grande Bretagne.
Des tentatives ont été faites pour conclure des accords similaires avec plusieurs pays d’Europe centrale et orientale. L’accord avec le gouvernement tchécoslovaque, qui a permis le transfert d’un demi-million de livres sterling et de milliers d’immigrants en Israël à la veille de la Seconde Guerre mondiale, a été le plus fructueux.

* Sur les architectes juifs allemands de Palestine: Myra Wahraftig: They Laid the Foundation, Lives and Works of German-Speaking Jewish Architects in Palestine 1918-1948 , Berlin 2007,  

 

 

Un peu de lumière!

 

Hanouka est terminée, les bougies se sont consumées.

On dirait cependant que la lutte de la lumière contre l’obscurité et surtout l’obscurantisme ne l’est pas. Chez nous, un nouvel attentat* : 9 blessés parmi des gens qui attendaient le bus à la sortie du village d’Ofra.. Parmi eux deux blessés très graves : une jeune femme enceinte  de 21 ans et son mari, Shira et Ami’haï. La jeune femme semble se remettre mais son bébé n’a pas survécu.

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Et puis, je viens d’apprendre qu’un attentat avait eu aussi lieu à Strasbourg…
Aussi j’ai voulu vous parler de lumière, de chaleur.
Vous connaissez certainement le mot אור (or), la lumière, mais il existe aussi une racine moins courante, נור (NOR), présente en hébreu comme en araméen, et d’ou proviennent les mots bouton d’or נורית (nourit), bougie (ner) נר et chandelier מנורה(menora). On peut même rajouter à cette liste le mot tunnel* (minhara)  מנהרה!
Même si vous ne connaissez pas l’hébreu, vous avez entendu parler de la menora du Temple qui est aussi un des symboles de l’état d’Israel.


Maintenant de nos jours, une menora est aussi un simple luminaire dans lequel on place une נורה (noura) une ampoule électrique.
Et pour le bouton d’or et le tunnel ?
Pour le bouton d’or, le rapport est évident: sa belle couleur jaune orangée fait qu’on l’appelle נורית  (nourit). Tout simplement !

Mais pour le tunnel מנהרה (minhara)?
Ce mot Il n’apparaît qu’une seule fois dans le Tanakh, dans le livre des Juges (6, 2) :
« Accablés par la supériorité de Madian, les Israélites, pour y échapper, utilisèrent les tunnels des montagnes, les grottes et les forteresses. »
וַתָּעָז יַד-מִדְיָן, עַל-יִשְׂרָאֵל; מִפְּנֵי מִדְיָן עָשׂוּ לָהֶם בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, אֶת-הַמִּנְהָרוֹת אֲשֶׁר בֶּהָרִים, וְאֶת-הַמְּעָרוֹת, וְאֶת-הַמְּצָדוֹת
En ce moment l’armée détruit les tunnels à la frontière du Liban, tunnels que nos abominables voisins du ‘Hezbollah ont construit depuis leurs villages jusque chez nous, pour infiltrer des terroristes en Galilée. Vous avez aussi entendu parler des mêmes tunnels construits par le ‘Hamas* et régulièrement détruits. J’espère que l’armée n’en n’oubliera pas un seul !


(Ci-dessus, la destruction d’un premier tunnel, creusé à 5 mètres de profondeur dans le rocher, depuis des maison du village libanais Kfar Kile et pénétrant sur 40 mètres dans le territoire israélien à côté de la bourgade de Metulla)

Où est le lien avec la lumière? Un tunnel est plutôt sombre. C’est sans doute que contrairement à un puits ou une grotte, le tunnel qui nous protège sort à l’air libre et à la lumière. Cela me fait penser à l’architecture du bâtiment central de Yad Vashem où après une visite éprouvante dans des salles de béton brut et gris sombre, on monte vers la sortie pour accéder à un panorama réconfortant : celui des collines environnant la ville de Jerusalem.

Cette racine NOR, ne se trouve qu’une seule fois dans le livre du prophète de Daniel (7 10). Et là, on est bien loin de la lumière de la menora ou de la réconfortante sortie vers la lumière à la fin du tunnel: il est question d’un fleuve de feu !
Un torrent de feu jaillissait et s’épandait devant lui , mille le servaient et dix mille myriades se tenaient en sa présence. Le tribunal entra en séance et les livres furent ouverts…
נְהַר דִּי-נוּר, נָגֵד וְנָפֵק מִן-קֳדָמוֹהִי, אֶלֶף אלפים (אַלְפִין) יְשַׁמְּשׁוּנֵּהּ, וְרִבּוֹ רבון (רִבְבָן) קָדָמוֹהִי יְקוּמוּן; דִּינָא יְתִב, וְסִפְרִין פְּתִיחוּ

Mais on la trouve encore dans l’expression זיקוקין די נור  (zikoukin di nour)  dans le Talmud de Babylone où elle signifie étincelles de feu. Aujourd’hui ce sont des feux d’artifices.

Mais avec quoi s’éclairait-on ? Les bougies de cire étaient rares et chères, La plupart du temps on s’éclairait avec des lampes à huile.

Pour les lumières de shabbat et des fêtes, nous ne pouvions pas utiliser n’importe quelle huile ou n’importe quelle mèche. במה מדליקים (Bame* madlikim) Avec quoi allume-t-on? s’interroge le Talmud. Évidemment les avis diffèrent…
Le Dr Ne’hama Sukenik et son équipe d’archéologues viennent de faire une découverte rare dans le désert du Neguev à Shivta: un פתיל (ptil), une mèche de lampe à huile en lin, datant de 1500 ans qui doit son bon état de conservation à l’aridité du désert et au fait qu’elle était protégée par un petit étui en cuivre.

פתילה להדלקת נר שמן בת 1500 שנה התגלתה בשבטה שבנגב (מערכת וואלה! NEWS , קלרה עמית, רשות העתיקות)

(photo Klara Amit, site travel.walla.co.il)

Tout au long de l’année nous allumons des bougies: celles de shabbat, celles des fêtes, celles qui nous servent à traquer le ‘hametz juste avant pessah*. Il y a aussi celles qui commémorent le souvenir de nos proches lors des yarhrzeit, celles du Yom Hashoah, du Yom Hazikarone qui se transforme en jour de joie avec les torches de Yom Haatsmaout:


Heureuse est l’allumette qui se consume en allumant des flammes
Heureuse est la flamme qui a brûlé dans le secret des cœurs,
Heureuses sont les flammes qui ont su s’éteindre dans l’honneur,
Heureuse est l’allumette qui se consume en allumant des flammes!*

Sa bougie éclairera le monde. C’est un souhait de longue vie pour quelqu’un dont la conduite morale est un exemple.
C’est ce que je vous souhaite dans ce monde violent, ignorant et obscur
Portez-vous bien

A bientôt,

* Bien que l’auteur de l’attentat soit Salah Barghouti, le fils du chef du ‘Hamas en Judée Samarie, le Fata’h a aussi revendiqué cet attentat. Merci à tous ceux qui accueillent Ma’hmoud Abbas avec les honneurs! Ici avec Anne Hidalgo la maire de Paris:

https://www.jforum.fr/tsahal-tue-le-fils-du-chef-du-hamas-lie-a-lattaque-dofra.html

* Il s’agit là de ce qu’on appelle une racine sœur. La racine נהר (NaHaR)  veut dire un flux, une émission: soit un flux d’eau et donc une rivière, soit un flux de lumière.Tunnels terroristes du ‘Hamas:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/08/05/les-enfants-de-gaza/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/22/sur-tous-les-fronts/

*Ba Me et non Be Ma comme on dirait maintenant. Il s’agit de l’hébreu de la Mishna

* Vérification de l’absence de ‘hametz avant Pessah avec une bougie:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/03/05/un-menage-ethique/

* Poème de Hanna Szenesh:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Hannah_Szenes

 

Parlez-vous le Yerushalmi?

 A la fin du livre d’Esther, il est écrit:
…Eh bien! écrivez vous-mêmes, au nom du roi, en faveur des juifs, comme vous le jugerez bon, et signez avec l’anneau royal, car un ordre écrit au nom du roi et muni du sceau royal ne peut être rapporté. »
 Sur l’heure même, on convoqua les secrétaires du roi, c’était dans le troisième mois, qui est le mois de Sivan, le vingt-troisième jour du mois et on écrivit, tout comme Mordekhaï l’ordonna, aux juifs, aux satrapes, aux gouverneurs et aux préfets des provinces qui s’étendaient de l’Inde à l’Ethiopie cent-vingt-sept provinces en s’adressant à chaque province suivant son système d’écriture et à chaque peuple suivant son idiome, de même aux juifs selon leur écriture et selon leur langue. (Esther 8 8,9)
וְאַתֶּם כִּתְבוּ עַל-הַיְּהוּדִים כַּטּוֹב בְּעֵינֵיכֶם, בְּשֵׁם הַמֶּלֶךְ, וְחִתְמוּ, בְּטַבַּעַת הַמֶּלֶךְ: כִּי-כְתָב אֲשֶׁר-נִכְתָּב בְּשֵׁם-הַמֶּלֶךְ, וְנַחְתּוֹם בְּטַבַּעַת הַמֶּלֶךְ–אֵין לְהָשִׁיב. ט וַיִּקָּרְאוּ סֹפְרֵי-הַמֶּלֶךְ בָּעֵת-הַהִיא בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁלִישִׁי הוּא-חֹדֶשׁ סִיוָן, בִּשְׁלוֹשָׁה וְעֶשְׂרִים בּוֹ, וַיִּכָּתֵב כְּכָל-אֲשֶׁר-צִוָּה מָרְדֳּכַי אֶל-הַיְּהוּדִים וְאֶל הָאֲחַשְׁדַּרְפְּנִים-וְהַפַּחוֹת וְשָׂרֵי הַמְּדִינוֹת אֲשֶׁר מֵהֹדּוּ וְעַד-כּוּשׁ שֶׁבַע וְעֶשְׂרִים וּמֵאָה מְדִינָה, מְדִינָה וּמְדִינָה כִּכְתָבָהּ וְעַם וָעָם כִּלְשֹׁנוֹ; וְאֶל-הַיְּהוּדִים–כִּכְתָבָם, וְכִלְשׁוֹנָם

A ce moment la, quelle était la langue des Juifs? L’hébreu évidemment! Mais déjà chaque région, chaque ville devait avoir son propre vocabulaire et son propre accent correspondants à un style de vie, à des figures locales ou imaginaires selon aussi les groupes sociaux: pensez au Guignol de Lyon ou au Bekhor el bovo (l’aîné, le baveux) des Juifs de Turquie et des Balkans, au J’e’ha d’Afrique du Nord ou au  Shlimazel, le « pas-de-chance » des régions ashkenazes.

(Quand danse le shlimazel, les cordes des instruments se cassent)

Eh bien ici, à Yerushalayim, nous parlons le Yerushalmi!
Sans doute que dans les kibboutzim, ils ont leur propre jargon, de même qu’à Tel Aviv, l’accent diffère selon qu’on appartienne à la elita (élite auto-proclamée) ou aux quartiers populaires, mais chez nous à Jerusalem, c’est le yerushalmi.
Vous n’entendrez pas le yerushalmi dans les oulpanim (c’est déjà assez difficile de se débrouiller en hébreu!) ou dans les quartiers d’affaires.
Mais si vous vous promenez à Ma’hane Yehuda* ou à Na’hlaot*, écoutez, écoutez attentivement car vous aurez du mal à comprendre ce qui se dit.
On raconte qu’à Ma’hane Yehuda, un marchand de pistaches s’était trouvé une épouse éduquée à l’occidentale: belle, bien habillée, délicate. Les hommes l’admiraient, les femmes l’enviaient… Mais lorsque les habitants de Ma’hane Yehouda l’entendirent, ils s’exclamèrent: Quelle langue parle-t-elle? La pauvre! Elle ne sait pas un mot de yerushalmi!
C’est vrai qu’il est difficile de s’y retrouver dans ce mélange d’hébreu, d’arabe, de judéo-espagnol* et de yiddish particulièrement riche. C’est aussi ça le מעורב ירושלמי (meorav yerushalmi) le Mélange de Jerusalem*.
Voici un guide fort utile pour survivre dans ces quartiers:

Tout d’abord, même si vous avez l’accent français, pour parler yerushalmi vous devez allonger la syllabe a. On ne dit pas מתאיים (mataim – deux cents), mais mataaaaim. Et de même pour אופניים (ofanaaaim – le vélo), מגפיים (magafaaim – les bottes), ainsi que pour מהנדס (meaaaandes – l’ingénieur), (Appelez meaandes tout technicien, cela lui fera plaisir) et jaaket, une veste (mot qui ne vient bien sûr pas de la Thora).
Si vous voulez acheter une serpillière, ne demandez pas une spongia mais dites shpongia et si le marchand vous indique nonchalamment où elle se trouve: mi’houtsh, comprenez מחוץ (mi’houtz), dehors, et allez la chercher, car il n’a nulle envie de se bouger pour vous tendre une simple serpillière!

Maintenant, passons au vocabulaire. Les expressions en yerushalmi ont toutes trait à la vie quotidienne:
Munis de votre serpillière, vous avez brusquement faim. Vous trouverez toujours un אש תנור (esh tanour) brûlant pour vous sustenter. Non, il ne s’agit pas du feu du four (אש תנור=esh tanour) mais d’une lafa, appelée aussi פיתה עירקית (pita irakit) pita irakienne, que vous tremperez dans toutes les sauces ou qui enveloppera votre sandwish sabi’h* contrairement à la pita classique, sorte de petit sac qui se troue toujours au mauvais moment:

Si le vendeur tarde à vous servir, il se fera tancer d’un bard (froid en arabe et paresseux en hébreu yerushalmi).
Dans un magasin de délicatessen, ne dites pas דג מלוח (dag maloua’h), un poisson salé. Entoure des saumons fumés et autres harengs, le vendeur se sentira offensé.
Moi? un poisson salé?
Vous l’aurez traité de Juif allemand! Ah les pauvres Juifs d’origine allemande que n’ont-ils pas entendu à leur arrivée: dag maloua’h, poisson salé, parce qu’ils ne braillaient pas à tout va et faisait preuve de retenues quelles en toute circonstance et yeke, à cause de la Jacke, la veste, qu’ils s’obstinaient à porter en plein été!

(Le poisson froid est aussi un jeu: un deux trois, dag maloua’h! C’est l’équivalent du un, deux, trois soleil français)

Si vous vous endimanchez, quoi qu’ici on parlera plutôt du shabess kleid (vêtement de shabbat), vous vous ferez traiter de franji, français, l’élégant, le gandin, celui qui sort, comme disait Pagnol, avec le chapeau et la canne.
La vie du yerushalmi traditionnel se passe autant chez lui que dans la cour, en compagnie des voisins.

Dans son émission du vendredi matin, Haparlament hayerushalmi (le Parlement de Jerusalem), Shouki ben Ami se souvient de sa grand-mère. Elle chassait avec vigueur tous les chats quémandeurs, qui pour les yerushalmim ne sont que des חתולות (‘hatoulot – chattes) et non pas des חתולים (‘hatoulim – chats), avant d’inviter  tous les shnorrer* du quartier pour la קבלת שבת (kabalat shabbat )*. Elle installait des grandes tables sur des tréteaux qu’on appelle חמורים (‘hamorim – ânes) partout sauf à Jerusalem où ils se nomment j’hashim et elle y empilait des montagnes de nourritures pour qu’ils s’emplissent le ventre au moins une fois par semaine.
Et chacun chantait Tsur mishelo avec ferveur:
Nous te remercions pour ce repas, notre Père, nous avons mangé et nous sommes rassasiés… Nous te remercions pour ce magnifique pays que tu nous a donné. Yehoram Gaon l’interprète ici en judeo-espagnol et en hébreu:

A Jerusalem on descend toujours vers le centre ville qui se trouve plutôt en haut d’une des nombreuse collines. Et comme les rues sont toujours embouteillées, mieux vaut prendre son deux roues motorisé, le טוסטוס (toustous). Je ne suis pas plus précise car toustous s’emploie pour les mobylettes parfois pour les vieilles motos mais pas pour les modernes vélos électriques qui eux ne toussent pas.


La première fois que mes petites filles m’ont expliqué que leur copine habitait pas loin du monstre (mifletset=מיפלצת), j’ai été quelque peu étonnée. Mais non, nous avons un monstre à Jerusalem!

(Le monstre est une statue-toboggan de Niki de Saint Phalle dans le quartier de Kiriat Yovel)

Les enfants l’apprécient et ça nous change d’abou yo yo, qui dans le reste du pays s’appelle שק קמח (sak kema’h) sac de farine:

Maintenant, je suis une vraie yerushalmit et quand mes petites filles me demandent de les coiffer et de leur faire un קוקו שקר (koukou sheker – un coucou menteur), je sais qu’il ne s’agit que d’ une demi-queue de cheval!

 

 

A bientôt,

* Ma’hane Yehuda:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/11/28/mahane-yehouda/

* Na’hlaot:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/01/15/ballade-en-hiver-dans-nahlaot/

* Le Mélange de Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/10/30/le-melange-de-jerusalem/

*Le sandwich sabi’h:
Servi dans une pita, contient traditionnellement  des aubergines sautées, des œufs durs, de la sauce tahina, du jus de citron et de l’ail, on peut aussi y rajouter du ‘houmous, de la salade israélienne (cubes de tomates et de concombres, du persil et de l’amba, un chutney de mangue.  Traditionnellement, il est le brunch du shabbat des juifs d’origine irakienne qui y rajoutent les œufs bruns, cuits toute la nuit dans le ‘hamin. Certains y rajoutent du s’hug (condiment vert yéménite qu’il faut manier avec prudence).
Et c’est la que la pita se troue!

* J’emploie le mot judéo-espagnol et non pas ladino, suivant ainsi les directives de Hayim Vidal Sephiha. Un très bon article sur les langues juives:
https://www.jforum.fr/de-lhebreu-aux-langues-juives.html

* Schnorrer: certains pensent que c’est un mendiant. Pas du tout! C’est un bon Juif qui nous permet de nous montrer généreux. Si vous ne me croyez pas lisez Le roi des schnorrers d’Israel Zangwill

* Kaballat Shabbat: l’accueil du shabbat