Shabbat noir שבת שחורה

Ce shabbat, ont eu lieu trois attentats :

Le premier :
Vendredi soir dans le quartier de Neve Yaakov à Jerusalem, le terroriste a tué 7 personnes et en a blessé trois. Il a été éliminé par un civil portant une arme. Dans la tente de deuil, son père a déclaré :
Allah lui a donné un destin de martyr, je veux dire à ceux qui sont assis avec moi – je suis heureux, comme s’il se mariait.

(Site du Yediot Aharonot)

La plus jeune de ses victimes avait 14 ans. Il s’appelait Asher Nathan Morali. Il était sorti après le diner pour rencontrer des amis. Ses parents ont entendu les coups de feu, et ont trouvé leur fils gisant sur le trottoir.
Le couple Nathalie et Elie Mizrahi a été tué au moment où ils sortaient de leur immeuble pour aider les victimes.
Raphael ben Eliahou a été tué devant sa femme qui n’a été épargnée que parce que leur fils l’a fait tomber sur le trottoir en la protégeant de son corps.
Shaoul Hay était le gardien de la synagogue. Il s’y rendait au moment où il a été tué.
Ilya Soshansly avait 26 ans. Il était barman et partait au travail en moto.
Irena Korolova, citoyenne ukrainienne, a également été assassinée lors de l’attentat de Jérusalem. Arrivée en Israël il y a six ans, elle travaillait comme infirmière dans la maison de retraite de Neve Yaakov.

Le deuxième attentat a eu lieu samedi matin dans le quartier de Maalot Ir David, toujours à Jerusalem. Le terroriste a grièvement blessé un père et son fils. Bien que gravement blessé, le jeune homme qui est officier parachutiste a réussi à toucher aux jambes le terroriste et a ainsi évité un carnage. Il est gravement blessé et se trouve à l’hôpital Hadassah. Il se nomme Nadav Hayim ben Irit.

(photo: My Israel)

Le terroriste est âgé de seulement 13 ans. Il était armé d’un pistolet et avait deux chargeurs pleins sur lui. Son jeune âge a fait dire à une des journalistes, Carmela Menashe, que l’éducation familiale ressemblait à celle que donnent les membres de Daesh à leurs enfants. Je me souviens d’un cas similaire*, il y a quelques années: un jeune garçon arabe avait grièvement blessé un enfant juif. J’avais alors publié cette caricature qui m’avait value quelques réflexions outrées de bien-pensants.


Le troisième attentat a eu lieu dans l’après-midi au carrefour Almog dans la vallée du Jourdain. Les deux terroristes n’ont pu tirer qu’une balle car leur arme s’est enrayée. Dans le tweet ci-dessous, le journaliste Hallel Bitton-Rosen explique qu’un des deux terroristes a tiré une balle en direction du restaurant du carrefour Almog mais qu’ils ont réussi à s’enfuir


Dans la soirée une tentative d’attentat à Kedoumim n’a pas réussi. Le terroriste qui rodait dans les buissons a été pris en chasse mais a réussi à s’enfuir.

Cela n’a pas empêché les manifestations contre le projet de loi qui touche aux prérogatives de la Cour Suprême de se tenir comme prévues samedi soir dans les formes habituelles. C’est-à-dire qu’au-delà des contestations politiques acceptables de certains Israéliens sur ce projet de loi, on voyait que d’aucuns brandissaient des drapeaux palestiniens. Ce qui m’a paru inacceptable, particulièrement ce samedi soir.

J’entendais le journaliste Shay Golden à la télévision sur la manifestation qui s’est tenue hier soir à Tel Aviv :


Vous qui manifestez contre la réforme judiciaire vous ne pouviez pas attendre ? Les victimes n’ont pas encore été enterrées, n’avez-vous aucune retenue ?
En ce jour de terreur, brandir le drapeau de l’ennemi et manifester contre le pays. Vous êtes complétement aveuglés par votre haine et vous n’avez aucune empathie pour les victimes et leurs familles.
Vous n’avez pas même pas hésité une seule seconde ? Vous avez perdu toute conscience. Pour moi ceux qui ont manifesté hier soir n’entendent pas le sang de leurs frères assassinés, cela ne les touche pas. N’avez-vous pas pensé une seule seconde : ce soir je reste à la maison ?
Avez-vous pensé au message envoyé à nos ennemis mais aussi à notre peuple ? Nous ne comptons pas à vos yeux ? Vous savez, au moment où vous manifestiez, tous les noms des victimes n’avaient pas été publiés. Toutes les familles n’étaient pas au courant. Nous ne pouvons plus vous croire quand vous expliquez vous soucier du futur de ce pays. Votre intérêt est en fait une posture et non une réalité.
Avez-vous pensé que tous les policiers nécessaires au bon déroulement de la manifestation sont des policiers en moins présents sur les scènes de terreur ?
Vous pouviez attendre quand même un peu, une semaine. Vous savez la shiva* est une coutume de deuil juive…

Sans parler de l’allégresse de nos ennemis victorieux, des Juifs en plein Tel Aviv qui manifestent avec des drapeaux de l’OLP le jour ou 7 de leurs frères ont été assassinés par les organisations terroristes palestiniennes. C’est pour eux une victoire et une raison de plus pour penser qu’ils réussiront à nous mettre en pièces.
Et non, ce n’est pas la minute de silence symbolique que vous avez cru bon d’observer et les quelques bougies qui cacheront les drapeaux noirs anarchistes, les drapeaux palestiniens et les panneaux pleins de haine.
Vous devriez avoir honte, tout simplement.

Voila tout est dit. Je n’ai plus rien à ajouter.

A bientôt,

* Terroriste de treize ans:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/10/15/vous-avez-
dit-guerre-de-liberation

*La shiva: semaine de deuil

De gauche à droite (5/5)

Enfin, l’autre cheval de bataille de la gauche est la défense des minorités sexuelles qui sont, parait-il, persécutées en Israel. Le fait que des Palestiniens homosexuels cherchent à se refugier chez nous, pour éviter de se faire tuer par leur propre famille, n’y change rien. Le fait qu’Amir Ohana, souvent photographié avec son conjoint et ses enfants, ait été nommé Président de la Knesset, n’y change rien non plus.

(Amir Ohana et sa famille. Ce qui drôle c’est que son fils est en gris-bleu et sa fille en rose… Ah, la tradition!)

Les discours homophobes de certains rabbins sont bien plus intéressants à publier. Et les médias nous promettent un Khomeinistan pour demain. Pour ceux que choquerait, non pas tant le contenu des diatribes rabbiniques, mais le fait que nous ne les avons pas encore mises aux pilori, il vous faut comprendre qu’ici en Israel, les gens parlent, ils s’expriment en public, pour dire des choses intéressantes ou non. Parfois, il est vrai qu’ils devraient réfléchir avant d’ouvrir la bouche mais c’est ainsi ici: un Juif, trois opinions! Et tant pis si ce n’est pas politiquement correct.

Enfin, ce qui inquiète beaucoup d’Israéliens et qui a sans doute aussi influencé leur vote en faveur d’un retour à la tradition, c’est l’influence pernicieuse* du mouvement woke dont les idées délétères déferlent sur le monde occidental. Je parle de ce mouvement – dont la grande prêtresse est Judith Butler, une américaine profondément antisioniste – qui est aussi lié aux mouvements d’extrême-gauche, ceux qui nous condamnent sans fin.
Si pour vous le wok(e) est encore une poêle pour la cuisine asiatique voici de quoi écouter*.
Il est vrai que cette vidéo parle de la secte woke en France mais, même si ici nous résistons, nous ne sommes pas immunisés.
Si les médias reprochent à certains rabbins de considérer l’homosexualité comme une maladie, il n’en est pas moins vrai, comme cela est dit dans la vidéo ci-dessous, qu’un psychiatre (en France et certainement ailleurs aussi) peut être pénalisé pour thérapie de conversion de genre s’il essaye de traiter un enfant mal dans son identité sexuelle*.

La gauche malheureusement n’écoute toujours pas. Pour le moment, elle se répand en diatribes sans fin et organise des manifestations avec le soutien des ONG antisionistes*où on voit fleurir des drapeaux palestiniens.
Infantile, elle reproche à la droite d’avoir gagné. Elle qui parle toujours de démocratie ne comprend toujours pas ce que signifie ce mot. Elle se situe à ce que j’appelle : le niveau du bac à sable.

Mais je reste sioniste* et optimiste, notre démocratie s’en sortira, ne vous inquiétez pas.

Et pour me faire pardonner de ces longs, très longs articles, voici une chanson de Naomi Shemer dont le refrain nous dit:

Non, non, non, vous ne me vaincrez pas, on ne me vainc pas si rapidement.

De ma fenêtre je vois une rue comme un fleuve superbe,  et des gens allant à leur labeur journalier… Des petits enfants du Beit Habad, cartables sur leurs dos, des branches de myrte fleurissent…
Soudain je vois clair et je me dis: Non, non, non, vous ne me vaincrez pas, on ne me vainc pas si rapidement.
De ma fenêtre je vois un avion qui décolle, un avion plane et se cache dans les nuages  lointains. J’entends une machine, sa musique précise se déroule dans les rues et les marchés…
Soudain je vois clair et je me dis: Non, non, non vous ne me vaincrez pas, on ne me vainc pas si rapidement.

De ma fenêtre je vois printemps et automne, jour de pluie ou de sharav*, lumière et obscurité, un soliste et une chorale.
Tout se mélange, se mixe , chant de lamentation, chant d’exultation…  Et quelques fois c’est un brouhaha énorme!
Soudain je vois clair et je me dis: Non, non, non, vous ne me vaincrez pas, on ne me vainc pas si rapidement.

A bientôt,

* Sur le mouvement woke, je joins cet article trouvé sur le site Perditions idéologiques:
https://perditions-ideologiques.com/2022/02/10/la-nocivite-actuelle-de-leducation-a-la-sexualite-et-a-la-theorie-du-genre/

* Il ne s’agit plus d’accepter des minorités sexuelles mais d’encourager les enfants à changer d’identité voir à être mutilés pour le faire.

*Les manifestations actuelles sont financées par the New Israel National Fund, une organisation anti-sioniste américaine.
Les drapeaux palestiniens: Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a ordonné à la police d’interdire les drapeaux palestiniens dans les lieux publics. 

*Sioniste comme Michel:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2022/10/18/je-reste-sioniste/

De gauche à droite (4/5)

Il y a quelques jours, le journal Israel Hayom a publié cette lettre ouverte de Dror Idar qui fut dernièrement ambassadeur d’Israel en Italie.

Il l’adresse en particulier à ceux des Juifs d’Europe qui poussent des cris d’effroi devant le résultat des dernières élections israéliennes :


« A nos frères et sœurs juifs en Europe,
Non la démocratie israélienne n’est pas en danger!

Dans vos avertissements contre le nouveau gouvernement, vous adoptez la rhétorique de ceux qui cherchent à priver Israel de son identité en tant qu’État-nation du peuple juif, bien que jusqu’à présent, nous attendions que vous veniez nous rejoindre!
Certains d’entre vous ont lancé un cri d’alarme – un parmi bien d’autres – nous mettant en garde contre les conséquences politiques et morales des actions du nouveau gouvernement israélien. Vous répétez comme un mantra, que « seules la fin de l’occupation et l’établissement d’un état palestinien aux côtés d’Israel assureront son existence en tant qu’état démocratique à majorité juive ».

1- A la base du mouvement pour la paix se trouvait l’hypothèse que le conflit entre nous et les Arabes de la région opposait deux mouvements nationaux. Mais alors qu’Israel reconnaissait le mouvement national palestinien, les Arabes n’ont jamais reconnu le sionisme comme un mouvement national juif légitime avec des droits sur cette terre. Pour eux, nous restons une entreprise colonialiste européenne. De plus, les Juifs ne sont pour eux qu’une religion et non une nation, et donc, n’ont pas droit à leur propre pays.
Voici ce qui est écrit dans le paragraphe 20 de la Charte Nationale Palestinienne : « … Les revendications du lien historique ou spirituel du Juif avec la Palestine ne sont pas compatibles avec les vérités de l’histoire… Le judaïsme n’est qu’une religion et n’a pas de caractère national, et de même les Juifs ne sont pas un véritable peuple »…
Faites attention au déni de notre lien historique avec la terre et au déni de notre existence même en tant que peuple.

2- La solution appelée  solution à deux états comporte une deuxième partie, que négligent la plupart de ceux qui la prônent:
En effet, elle est est basée sur le fait que chacune des deux parties reconnait l’autre en tant que nation et reconnait aussi la légitimité de ses revendications. Les Palestiniens n’ont pas accepté ceci. Sur la question de savoir s’il faut préférer un compromis territorial ou la poursuite du conflit, ils préfèrent ce dernier, car un compromis nécessite la reconnaissance d’un certain droit des Juifs à leur patrie historique.
Comme nous l’avons vu, ils considèrent que les Juifs n’ont pas droit à l’autodétermination dans leur propre pays. Soit dit en passant, dans les définitions de l’I.H.R.A* de l’antisémitisme que les pays européens ont adoptées, le déni du droit des Juifs à l’autodétermination est une expression de l’antisémitisme.
En fait nous n’avons pas besoin de la reconnaissance des Palestiniens. Il est ridicule qu’un groupe qui prétend être notre partenaire fasse semblant de douter de l’identité de l’une des plus anciennes nations de l’humanité. Mais cela donne la mesure de leur manque de sincérité.

3- Aux oreilles européennes, cela peut ressembler à un simple argument sémantique. Ce n’est pas le cas pour nos voisins. Il y a une dizaine d’années, près de 17 000 documents concernant les négociations avec Israel et les Américains ont fuité du bureau de Saeb Erekat, alors négociateur en chef pour l’Autorité Palestinienne. Ces documents ont dévoilé la teneur d’une conversation inter-palestinienne. Les membres de l’équipe de négociation ont conseillé à Erekat de ne pas utiliser l’expression deux pays pour deux peuples, mais de préférer deux pays vivant en paix côte à côte.
L’emploi officiel par les Palestiniens de cette deuxième expression efface simplement notre qualité de peuple et donc notre possibilité d’avoir un pays à identité juive; ceci bien que plus de 50 pays dans le monde ont une identité musulmane, et plus de 100 ont une majorité chrétienne et des symboles chrétiens.
La logique (de cette sémantique) a été expliquée à Erekat dans une autre lettre qui a fuité elle aussi : Mentionner le droit des deux nations à l’autodétermination peut avoir un effet négatif sur les droits des réfugiés (palestiniens), c’est-à-dire sur leur droit au retour, car cela implique que ces réfugiés ne pourront l’exercer que dans le cadre de leur droit à l’autodétermination. Or, l’OLP ne veut pas d’une autodétermination palestinienne. Ce qu’elle veut c’est en fait un état-nation arabe sans Juifs, à côté d’un état, temporairement appelé Israel, mais dans lequel pourront s’installer des millions de réfugiés musulmans au nom de leur « droit au retour ».

4-Et c’est ainsi que dans le monde, mais aussi en Israel, la revendication de certains groupes pour supprimer le caractère juif de l’état et transformer le pays en un état pour tous ses citoyens s’est faite de plus en plus pressante.
Cette idée même d’un état-nation du peuple juif est de plus en plus perçue comme raciste par une partie de l’élite de ce pays. Les naïfs parmi nous continuent de discuter sur le bien fondé de cette terminologie comme si Israel ne pouvait pas être à la fois juif et démocratique
La vérité est qu’Israel accorde des droits égaux à tous ses citoyens, sans distinction de religion, de race ou de sexe. Cette expression un état pour tous ses citoyens n’est rien d’autre que le déguisement d’une idée radicale: la suppression de l’identité juive de ce pays
Dans un scénario qui n’est pas si farfelu, la révolution constitutionnelle menée par la Cour suprême* pourrait s’appuyer sur une loi fondamentale: la dignité et la liberté humaine, pour invalider la Loi du Retour.
C’est pourquoi la loi de la nation* a été promulguée, afin d’établir dans une loi fondamentale l’idée essentielle du sionisme: l’Etat d’Israel est le foyer national du peuple juif, c’est-à-dire l’expression politique de la vision biblique du retour des Juifs à Sion.

5- De ce point de vue, la judéité d’Israel garantira son caractère démocratique.
Dans la Déclaration d’Indépendance*, le mot Juif et ses inflexions sont mentionnés environ 20 fois, et pas une seule fois dans notre système démocratique de gouvernement. Il n’y en a pas besoin. C’est une évidence pour notre peuple: A l’époque biblique, les rois d’Israel étaient les chefs du peuple et non des rois absolus, comme l’étaient les rois en Europe. Même les rois problématiques se soumettaient à l’ancienne loi biblique, et devant eux se tenait le conseil des anciens, dont le prophète était le représentant moral devant le roi.
La séparation des pouvoirs de Montesquieu était un principe de vie pour nous, bien avant que son message n’atteigne l’Europe. C’est pourquoi nous nous sommes presque toujours rebellés contre un gouvernement étranger qui voulait annuler nos anciennes lois.

La démocratie israélienne n’est pas en danger, sauf dans l’imaginaire de ceux qui ont du mal à digérer les résultats des élections.
Notre démocratie est plus forte et plus établie que celle de la plupart des pays européens où vous vivez.
Soit dit en passant, 64 mandats ne constituent pas une petite majorité comme vous le dites, parce que face à ces mandats ne se tient pas une opposition unie, mais des factions aux visions du monde polarisées, dont certaines nient Israel en tant qu’État juif.

Au lieu de craindre pour l’avenir de notre démocratie, vous devriez vous interroger sur l’avenir du continent dans lequel vous êtes blottis. L’histoire récente nous a appris que rien n’est jamais assuré.
Venez, nous vous attendons! »

J’espère que cette traduction vous intéressera…

A bientôt,



* L’I.H.R.A:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Alliance_internationale_pour_la_m%C3%A9moire_de_l’Holocauste

* La loi de la nation et la Déclaration d’Indépendance:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2019/02/07/la-loi-de-la-nation-ou-la-vertu-du-nationalisme/

* A propos de la Révolution constitutionnelle qui a amené la Cour Suprême (qui se doit d’être apolitique) à prendre des décisions d’extrême gauche, lisez ce remarquable article sur Aharon Barak de Pierre Lurçat:
https://mabatim.info/2023/01/08/israel-le-juge-aharon-barak-contre-la-democratie/

De gauche à droite (3/5)

Nous savons que certaines organisations de gauche, qui ne comprennent pas et n’acceptent pas le fait qu’Israel puisse être à la fois un pays juif et démocratique, survivent grâce à des fonds conséquents versés par différents pays. J’en avais déjà parlé dans mon article « Ces ONG que nous persécutons* », mais voici ce que j’ai trouvé dans le Jerusalem Post de la semaine dernière:

La majorité des organisations que le ministère de la Justice ciblera dans le projet de loi sur les ONG que la Knesset est en train d’adopter sont des organisations de gauche. Voici la liste des ONG qui montre que 25 des 27 organisations visées par le projet de loi sont de gauche, tandis que deux d’entre elles sont des organisations religieuses politiquement non affiliées. Le ministère de la Justice a communiqué la liste aux médias, fournissant une feuille de calcul indiquant le pourcentage des revenus de chaque groupe provenant de gouvernements étrangers.

Mais de quoi parle ce projet de loi du Ministère de la Justice déjà adopté en première lecture en plénière à la Knesset ? Il oblige toute O.N.G recevant plus de la moitié de son financement d’une entité gouvernementale étrangère à s’identifier comme telle dans toute publication et toute rencontre avec des fonctionnaires.
Evidemment, les parlementaires de gauche se sont joints à ces ONG pour condamner ce projet de loi. Et parmi eux, le président de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, qui a déclaré que la liste prouve qu’il s’agit clairement d’une persécution politique et d’un projet de loi intrinsèquement antidémocratique.

Ce sont ces mêmes députés qui soutiennent ouvertement les terroristes et participent aux cérémonies de deuil avec les familles après qu’ils aient été éliminés pendant leurs opérations d’assassinat de civils : Ainsi le maire de Barka el Garbye pérorant à l’enterrement du terroriste tué par Tsahal alors qu’il avait déjà poignardé trois policiers! Et que dire de la journée du Shahid (martyr) célébrée à Um el Fahm :

(Photo Im Tirtsu)

Voici le relevé des financements de ces organisations citées par le Jerusalem Post. Certaines sont connues, d’autres beaucoup moins. Le texte est en hébreu mais simplement en comparant les chiffres de la colonne du milieu (frais de fonctionnement annuels) et celle de gauche (dons provenant de l’étranger), il est aisé de constater qu’elles sont en bonne partie financées par des organismes étrangers.


Matan Peleg, le directeur d’Im Tirtzou a déclaré :
La liste des organisations prouve sans aucun doute qu’il ne s’agit pas de simples organisations de gauche ou de défense des droits de l’homme. Ce sont des organisations de délégitimation qui ne visent qu’à calomnier l’État d’Israël et à réduire sa souveraineté. Ces activités sont financées par des gouvernements étrangers, donc elles [les ONG] gagnent de l’argent grâce au conflit… Il est très étrange que les pays européens soient obsédés par l’envoi de millions d’euros spécifiquement à des organisations de propagande destinées à discréditer l’État juif. Ce phénomène rappelle les temps sombres de l’histoire.

NGO Monitor*, de son côté, a rapporté que 35 organisations israéliennes officiellement pour la paix mais en fait réputées pour leur plaidoyer en faveur d’une politique anti-israélienne, ou pour critiquer durement le gouvernement israélien, sont largement financées par des gouvernements étrangers.

L’une de ces ONG est B’Tselem. Elle a affirmé plus tôt cette année qu’Israël était coupable d’apartheid. Les rapports de B’Tselem ont constitué une partie de la base de l’argument juridique de la procureure en chef de la CPI, Fatou Bensouda*, pour ouvrir une enquête sur les Forces de défense israéliennes, et ceci, bien qu’Israël ne soit pas membre de la CPI et n’accepte pas sa compétence. Environ la moitié du financement de B’Tselem entre 2017 et 2019 provenait des gouvernements européens, tout d’abord du gouvernement allemand puis de l’Union Européenne et ensuite des Pays-Bas*.

Nous avons vécu pendant un an et demi où les post-sionistes dominaient et ou une émanation des Frères Musulmans, le parti Ra’am, participait aux décisions du gouvernement, avec tous les dégâts que nous connaissons en ce qui concerne nos relations avec les Palestiniens mais aussi avec toute une partie de notre population, les Arabes israéliens*.

Comme si cela ne suffisait pas, le même état esprit est déjà bien présent dans les universités et commence à pénétrer les lycées. Ainsi pour le Yom Hazikaron*, jour de commémoration des soldats tombés pendant leur service et les attentats, des organisations de gauche invitent des familles israéliennes endeuillées à parler aux adolescents. Mais cette invitation est aussi adressée aux familles endeuillées des terroristes tués pendant leurs attentats, une facon de créer la confusion en mettant ces deux situations sur un plan d’égalité.
J’ai même appris dernièrement, que certaines écoles israéliennes voudraient commémorer la Nakba*

A bientôt,

* Ces ONG que nous persécutons:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2021/11/03/ces-o-n-g-que-nous-persecutons/

* NGO Monitor ou Non-governmental Organization Monitor, est une organisation israéliennes qui rapporte l’activite des organisations propalestiniennes
Voici leur site en français:
https://fr.ngo-monitor.org/
Vous pouvez y lire cet article sur le financement français de certaines organisations terroristes palestiniennes:
https://fr.ngo-monitor.org/reports/financements-francais-a-des-ong-palestiniennes-nouvellement-designees-comme-terroristes/

* Fatou Bensouda:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2020/01/02/justice-vous-avez-dit-justice/

*Financement de Betselem: En 2020, le revenu total était de 9,9 millions de NIS ; les dépenses totales étaient de 9,8 millions de shekels.
Les donateurs sont : Union européenne, Norvège, Pays-Bas, France, Royaume-Uni, DanChurchAid (Danemark), Trocaire (Irlande), Catholic Relief Services (États-Unis), Christian Aid Irlande, Diakonia (Suède), Bread for the World-EED (Allemagne ), ZIVIK (Allemagne), la Fondation Ford, le New Israel Fund (qui malgré son nom n’est pas israélien mais américain), l’UNICEF et le UNDP.
Sur la base des informations financières soumises au Registre israélien des organisations à but non lucratif, conformément à la loi israélienne sur la transparence des ONG, B’Tselem a reçu 56 104 267 NIS d’organismes gouvernementaux étrangers de 2012 à 2021. Selon les rapports annuels, les dons de pays étrangers représentaient 49,7 % du total des dons de 2017 à 2019. (NGO Monitor)

* Augmentation de la violence arabe en Israel:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2022/03/30/le-terrorisme-arabe-israelien-un-phenomene-nouveau/

* Nakba:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2021/05/23/la-nakba/

De gauche à droite (2/5)


De même qu’il y a 20 ans, les journaux nous répétaient que la visite d’Ariel Sharon sur le mont du Temple avait provoqué la deuxième intifada, nous lisons actuellement des articles fustigeant la ‘houtzpa (le culot) de quelques hommes politiques qui osent monter sur le mont du Temple.
Je ne m’intéresse pas aux raisons politiciennes qui souvent motivent ce geste. Je dois dire aussi que, moi même, je n’éprouve nul besoin de monter sur le mont du Temple, mais pourquoi diantre la gauche désapprouve-t-elle tant qu’un Juif monte sur le mont du Temple?
Je me souviens qu’un de nos amis, Ariel, nous racontait qu’avant la grande révolte de 1936, les Juifs de Jerusalem avait coutume d’y pique-niquer pendant les semaines de Pessah et de Soukot. Il m’avait même montré une photo de ses arrière-grands-parents entourés de leur famille, photo prise par un photographe musulman pour qui photographier les Juifs en promenade était un bon gagne-pain.


(Cette photo, prise en 1875, montre combien ce lieu était abandonné, des herbes poussent entre les pierres)


Dernièrement, Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité Intérieure, est monté sur le mont du Temple ce qui suscita une réprobation générale à l’international. Le site Mabatim.info a publié 3 excellents articles à ce sujet, je vous invite à les lire (voir lien ci-dessous*).

Quant à moi, je laisse la parole à Yehoram Gaon :
Ce n’est pas un homme politique, simplement un chanteur, titulaire du Prix Israel, et surtout un amoureux de Jerusalem. Voici ce qu’il a vécu lors d’une promenade sur le mont du Temple, au cœur de la capitale.

Quand un matin de cette semaine, j’ai commencé à recevoir des coups de fils de plusieurs chaines de télé et de radio qui voulaient m’interviewer rapidement, j’ai compris que j’avais fait quelque chose de mal . J’ai tout de suite répondu, tremblant un peu. On m’a prié d’expliquer à l’antenne, pourquoi je suis monté sur le mont du Temple à Jerusalem.
Oui je le confesse, je suis monté il y a deux jours sur le mont du Temple avec trois amis parce que je n’y avais pas été depuis longtemps et je voulais vraiment le visiter, le visiter et non pas manifester. C’est alors que la journaliste m’a demandé:
Pourquoi donc es-tu monté sur le Mont du Temple ?
Pourquoi pas? ai-je répondu. J’ai voulu m’y promener, qu’est ce qui ne va pas ? Il y a quelques jours j’étais au Kinneret et avant à la Mer Morte. Où est le problème?
Et la journaliste m’a dit:

Tu sais bien que le mont du Temple est sujet à discussion!
Non, non je ne sais pas lui ai-je répondu. Non, peut-être pour toi mais pas pour moi. Quel est le problème ? Il m’est interdit de monter sur le mont du Temple ?
– Pas vraiment, m’a-t-elle dit embarrassée, mais c’est que monter sur le mont du Temple, c’est manifester !
-J’avais simplement l’intention de m’y promener, de regarder, d’être impressionné, comme au Vatican, comme à Saint Pierre de Rome ou à Aya Sophia à  Istanbul, comme dans des milliers d’endroits dans le monde sans vouloir manifester pour quoi que ce soit. Et toute cette zone avec le Dôme d’Omar doré est une des plus impressionnantes du monde. Pourtant, justement ici, n’est-ce pas recommandé ?

Nous avons fait la queue à la Porte des Mougrabim* au milieu des touristes:

(On accède à cette porte située au dessus du Kotel par ce passage couvert)

Nous avons patienté jusqu’à ce qu’un officier de police juif vint à notre rencontre. Contrairement aux policiers arabes et druzes qui font un travail de premier ordre  sur le Mont du Temple lui-même quand au maintien de la sérénité avec un visage souriant, cet officier nous a demandé si nous avions des « marqueurs ».
Je lui ai dit que bien que mon hébreu soit bon, je n’avais pas compris sa question.
Il m’a répondu qu’il s’agissait de signes juifs.
J’avoue que je me suis mis à trembler:
Je suis Juif ai-je dit. Quels signes voudrais-tu que j’aie ?
Gêné il m’a répondu :
Peut -être un Maguen David, peut-être une kippa…
Et alors, un de nos amis qui avait une kippa, l’a cachée honteux sous une casquette qu’il avait apporté avec lui. Et là, il nous a été demandé très poliment de pas nous agenouiller et de ne pas grommeler ce qui pourrait passer pour une prière
, lorsque nous arriverons sur le mont du Temple.
Vous pensez que j’exagère ? Non je n’aurais pas osé raconter cela, si cela n’avait pas été vrai. Nous lui avons promis que nous ne nous agenouillerons pas et que nous ne prierons pas et que nous n’aurons aucun signe juif, et c’est seulement là que nous avons pu rentrer.

Maintenant écoutez : j’ai vraiment de l’estime pour les policiers sur le mont du Temple qui font un travail très difficile, dans cet endroit, l’un des plus instables du monde. Ils se donnent entièrement et parfois se sacrifient sur l’autel de la tranquillité pour que cet endroit reste sûr, sur ce mont explosif qui n’attend qu’une étincelle pour exploser, mais je m’adresse à nos dirigeants :
Si ce mont est à nous et se tient au cœur de notre capitale, Jerusalem,  ne me mettez pas en garde contre mes signes juifs ou le fait que je murmure une prière. Mais si ce mont n’est pas à nous et si nous n’arrivons pas à nous débrouiller avec cette patate brûlante, alors c’est d’accord, tout à fait d’accord, nous demanderons un visa au Waqf musulman pour monter et nous laisserons tous nos signes juifs au Kotel en dehors du mont du Temple, et nous nous mettrons déjà à genoux avant l’entrée par la Porte de Mougrabim et nous rentrerons ainsi à genoux sur le Mont du Temple pour rendre hommage au fait que nous avons été autorisés à visiter ce lieux saint… musulman
.

Alors comme Yehoram Gaon, je m’interroge : pourquoi un Juif, parce que Juif, ne pourrait-il pas prier sur le mont du Temple et en quoi cela dérangerait les croyants musulmans ?

A bientôt,

* Les trois articles de Mabatim:
https://mabatim.info/2023/01/07/israel-un-juif-viole-t-il-le-statu-quo-en-se-promenant-sur-le-mont-du-temple-a-jerusalem/#more-24498
https://mabatim.info/2023/01/08/onu-lievre-contre-les-juifs-tortue-pour-les-criminels/
https://mabatim.info/2023/01/08/israel-le-mont-du-temple-et-les-peuples/#more-24510

* La Porte des Mougrabim ou Porte des Maghrébins (également connue sous le nom de Porte Rambam et Porte Hillel) est une porte du complexe du mont du Temple, située sur le côté sud du Kotel. Aujourd’hui, c’est la seule porte des portes du mont du Temple qui permet aux visiteurs non-musulmans de pénétrer sur le mont du Temple.

De gauche à droite (1/5)

Certains craignent que nous devenions une dictature raciste et homophobe, c’est pourquoi j’ai préparé une suite de 5 articles qui vous donneront une image plus précise de la situation actuelle et qui, je l’espère, apaiserons vos craintes.

Au mois de novembre 2022, nous avons eu droit à de nouvelles élections consécutives à la perte de majorité du gouvernement Lapid. La participation au vote a été la plus forte de ces vingt cinq dernières années. Et le résultat a été que nous avons maintenant un gouvernement de droite ce qui amené certains, parfois en tout bonne conscience, à le déclarer fasciste et raciste. Sans vouloir chipoter sur leur ignorance de ce mot, je pense que les changements de la société israélienne sont très mal perçus à l’extérieur, mais aussi à l’intérieur du pays, parce que le mainstream des idées de la gauche bien pensante pèse lourd autant dans les médias, que dans les universités.
Les déçus des résultats de ces élections hurlent à la mort de la démocratie ne voulant pas admettre le fait que justement la démocratie est le fait d’accepter la décision majoritaire. Autrement, nous serions en dictature. Ils se confortent dans leur bulle idéologique hors-sol sans se rendre compte que les choses dérivaient bien trop loin.

Aussi, je vais vous présenter ici le chemin d’un homme qu’ils jugent lui-aussi fasciste, Mordekhai Kedar, éminent orientaliste et qui fut autrefois un homme de gauche.


Son histoire est complexe. En effet, Kedar est né il y a 70 ans dans une famille religieuse sioniste, et a grandi dans un environnement proche du Mafdal*, on pourrait dire actuellement proche de Betzalel Smotrich*.
Comme il a étudié l’arabe, il est incorporé à l’armée dans l’unité 8200 des renseignements militaires. En 1982, la première guerre du Liban, (opération Shlom Hagalil, Paix en Galilée) est pour lui un véritable choc. En effet, en tant qu’homme des renseignements mais aussi homme de terrain, il estime que le ministre de la Défense Arik Sharon et le chef d’état-major Rafoul (Rafael Eytan), commettent de nombreuses et graves erreurs. Dans une interview, où il revient sur ce sujet, il déclare que leurs décisions ont causé d’inutiles pertes dans nos rangs y compris celles de soldats tués par des tirs amis. « Ce dont j’étais témoin m’a amené à penser qu’il devrait être interdit de confier l’armée à ces incapables et que des hommes bien plus responsables devraient être nommés au pouvoir. » écrit-il.
Quand il quitte l’armée en 1995, il rejoint une organisation de gauche נתיבות שלום (Netivot Shalom), Chemins de paix, l’équivalent religieux de שלום עכשיו (Shalom Akhshav), la Paix Maintenant.
Mordekhai Kedar : « En fait je pensais comme eux depuis 1993, du jour où ont été signés les accords d’Oslo car je voulais donner une chance à la paix. En tant qu’homme de gauche, j’espérais que ces accords signés à la Maison Blanche en septembre 1993 apporteraient enfin le repos et serait bénéfiques au peuple d’Israel.
Bien sûr, je connaissais le monde arabe mais j’avais cet espoir. Il faut dire que c’était aussi l’esprit qui dominait chez les politiques et qu’à l’armée de nombreux officiers y souscrivaient…
En 1996, un an après l’assassinat de Rabin, je me suis parti en bus rencontrer Arafat à Gaza avec plusieurs organisations pour la paix.
Sans doute parce que j’étais le seul à parler arabe, le groupe a décidé que je prendrai place à côté d’Arafat. Je me trouvais donc à sa droite. A sa gauche se tenait son conseiller Nabil Abou Rodeyne et un peu plus loin tous les autres participants, y compris le journaliste des affaires arabes de Galei Tsahal, Tzvi Ye’hezkeli (qui lui aussi est passé de la gauche à la droite).
Arafat demande alors à Abu Rodeyne: Qui sont-ils?
Son conseiller grimace et lui dit en lui faisant un clin d’oeil: Ce sont les organisations juives pour la paix.
Arafat lui demande : Et que va-t-on leur dire ?
-Les conneries habituelles lui répond son conseiller

J’ai entendu ceci, continue Kedar. J’ai entendu cette phrase! Est ce ainsi qu’ils s’intéresse à nous ? Ce qu’ils vont nous dire, ce sont les conneries habituelles ? Et là, Arafat commence un discours en anglais : Oui j’ai été le haver de Rabin, et Rabin voulait la paix, il a été assassiné à cause de ses convictions pacifistes… Moi aussi je veux la paix et je proclamerai un état palestinien après les cinq ans de la période de transition qui a commencé à l’été 1994.
)Mais moi, reprend Kedar, moi j’ai entendu cette phrase en arabe : Les conneries habituelles! Son double langage, son attitude envers nous et la paix! C’est là que mes convictions commencèrent à se fissurer.
Quelque temps après, j’ai refusé de participer à une manifestation parce que je devais travailler. Un des participants arabes de la manifestation me dit alors: Ah oui, tu enseignes? Rejoins-nous et nous nous soucierons de ton salaire.
Mordekhaï Kedar tombe alors de haut: Quoi on paye les gens pour qu’ils viennent manifester?
De plus, il ne peut plus passer outre la réalité: les terribles attentats des années 90*. Il ne peut plus non plus passer outre le fait que les discours d’Arafat en arabe sont totalement différents de ce qu’il dit en anglais pour ses auditoires à l’étranger ou à ses supporters Israéliens ignorants, fiers de leurs bons sentiments. Un des discours d’Arafat le heurte particulièrement: Arafat déclare en arabe, parlant devant un auditoire arabe: Vous savez, ces accords avec eux (les Israéliens), sont comme les accords que Mahomet a passé avec les habitants païens de la Mecque*.
Kedar tente de convaincre ses amis de gauche mais en vain. Il fait face à un mur de déni de la part des Juifs qui préfèrent se persuader que les paroles d’Arafat étaient nécessaires pour calmer ses propres extrémistes.
Finalement, quand en septembre 2000 éclate la deuxième intifada, la coupe est pleine. Tous les médias, ici comme à l’étranger, font porter la responsabilité des attentats à Ariel Sharon suite à sa visite sur le Mont du Temple (alors que celui-ci avait obtenu l’accord du Waqf). Pour Kedar, documents à l’appui, l’intifada a été en fait décidée au mois de mai 2000.
Cette date ne vous dit sans doute pas grand chose mais c’est celle du retrait des forces israéliennes du Liban. L’organisation dite des 4 mères a fait pression sur le gouvernement d’Ehud Barak jusqu’à ce qu’elle obtienne le retrait unilatéral et non préparé du Sud Liban. Les soldats qui sont sortis du Liban au mois de mai 2000 étaient certes heureux de rentrer à la maison mais honteux et furieux de partir en laissant au ‘Hezbollah le matériel militaire et surtout en abandonnant les soldats de l’ALS* ainsi que leur familles sans défense. Pour Kedar, cette sortie est une traitrise envers Israel et envers tous ceux qui ont combattu là bas. Elle a permit à Arafat de penser que nous étions faibles: Ils sont dirigés par 4 mères* disait-il.

Je reprends l’interview de Mordekhaï Kedar:
J’ai compris qu’il faut empêcher la gauche de gouverner car ils ne voient ni n’entendent ni bien sûr ne comprennent. J’ai compris aussi la différence entre Sharon et Rafoul (hommes de droite) qui avaient certes conduit la guerre du Liban d’une manière désastreuse mais avec de bonnes intentions contrairement à la gauche, qui sous couvert d’amour du prochain, a de mauvaises intentions,
Arafat voulait nous user jusqu’à ce que nous abandonnions la Judée et la Samarie pour qu’il y établisse son territoire et pour ensuite l’étendre jusqu’à Haifa et Tel Aviv. La gauche le sait pourtant mais ne l’intègre pas et nos ennemis ont compris depuis longtemps que les associations pour la paix étaient le meilleur moyen de nous détruire de l’intérieur.
J’ai compris qu’il fallait renforcer notre peuple par la droite car la paix au Moyen-Orient ne pourra se faire que si nous sommes forts, que si les autres comprennent qu’il est inutile et dangereux de nous attaquer
. Nous serons toujours étrangers dans cette partie du monde car, au Moyen-Orient, celui qui n’est pas musulman sunnite est un étranger. Les Druzes ont bien compris cet état de faits et c’est pour cela qu’ils ont agi avec brutalité après l’enlèvement de Tiran Firo*.
La seule chose que nous puissions obtenir est une paix temporaire, qui, espérons le, sera du temporaire à long terme.

Je ne sais pas si comme Kedar le dit, la gauche a de mauvaises intentions, son post-sionisme utopique part peut-être d’une bonne intention: Soyons tous frères – clame-t-elle ! Mais elle est imbue d’elle-même, tellement fière de tendre la main à ceux qui veulent nous tuer qu’elle donc terriblement dangereuse, car le slogan des organisations palestiniennes: Nous libérerons la Palestine de la rivière (le Jourdain) à la mer est toujours d’actualité:



A bientôt,

* Le Mafdal ou Parti national religieux fut un parti politique israélien créé en 1956, et dissous en 2008. Il fit partie de chaque coalition gouvernementale jusqu’en 1992.
Betsalel Smotrich dirige actuellement le parti Sionisme Religieux (Hatsionout hadatit)
Contrairement à ce que affirmait Denis Charbit sur radio Qualita, ce n’est donc pas la première fois que le sionisme religieux est largement représenté à la Knesset.

* La liste des attentats dans les années 90 est impressionnante: plus de 200 en 10 ans.

* Les accords passés par Mahomet avec les habitants de la Mecque: en 628, Mahomet (représentant de Medine) avait passé un traité avec la tribu des Qoraysh (de la Mecque) restée païenne, mais au premier prétexte, il a marche sur La Mecque et conquis la ville.

* Les 4 mères: A la suite d’un très grave accident d’hélicoptères où 73 soldats ont été tués, quatre femmes israéliennes, ont créé le mouvement des Quatre Mères et ont réclamé un retrait unilatéral du Liban. Bien qu’elles aient toujours affirmé qu’elles étaient apolitiques, les quatre mères collaboraient avec Yossi Beilin du parti Meretz, parti qui se trouve à l’extrême gauche de l’échiquier politique.

* Les terroristes du ‘Hezbollah prenaient les familles en otage pour que les soldats de l’ALS (armée de chrétiens libanais alliés d’Israel) se rendent. C’est donc après ces épisodes que Tsahal a exfiltré un certain nombre d’entre eux et de leurs familles qui se sont installées en Galilée.

* Les Druzes et l’enlèvement de Tiran Firo:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2022/11/28/les-druzes-et-lenlevement-de-tiran-firo/

* Les ONG pour la paix:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2021/11/03/ces-o-n-g-que-nous-persecutons

* L’Open Society Foundation du milliardaire George Soros est l’un des plus grands donateurs non gouvernementaux.

* Mordekhaï Kedar a publié un article capital pour comprendre pourquoi les organisations pour la paix étaient en fait l’une des causes de la poursuite de la guerre:
https://rotter.net/forum/politics/9434.shtml


A feu chuchotant…

L’histoire d’Azura commence en 1948. Lorsque des pogroms éclatèrent un peu partout dans le monde musulman, les Juifs de la petite ville de Diyarbakir dans le Kurdistan turc, ne furent pas épargnés. La famille Shrapler décida de monter en Israel. Ezra le fils aîné avait alors 13 ans.
Arrivé à Jérusalem, Ezra, que tout le monde appelait Azura, fit la plonge dans un restaurant de Ma’hane Yehouda, tenu par des Juifs syriens. Plein d’admiration devant le travail du cuisinier du restaurant, et voulant acquérir sa technique, il le harcelait de tant de questions, que celui-ci se fâcha et le jeta dehors.
Qu’est-ce que j’ai pu pleurer! racontait Azura, il y a quelques années, c’est comme si on m’avait jeté du paradis!
Le patron lui conseilla alors de rester tranquille et de regarder le cuisinier travailler sans l’importuner…
Et c’est ainsi qu’Azura apprit le métier de cuisinier.
A l’armée, il demanda à être affecté aux cuisines, mais allez savoir pourquoi, peut-être parce que l’armée n’appréciait pas encore la cuisine orientale, il fut inscrit d’office à un cours de conduite.
Tout de suite après son service militaire, il ouvrit son premier restaurant dans le quartier de Mamilla*, puis plus tard à Mahane Yehouda*, toujours secondé par sa femme Rachel.


Entre temps, s’etaient ouverts d’autres petits restaurants orientaux qui proposaient tous des grillades. Lui opta pour le אש לוחשת (esh lo’heshet), le feu chuchotant. C’est ainsi qu’on appelle à Jerusalem, la cuisson à petit feu, des marmites qui mijotent doucement pendant des heures devant les yeux des clients. Et il avait raison, le succès fut immédiat.


Le restaurant devint peu à peu l’endroit où il fallait être vu, mais il resta un restaurant populaire, niché dans le quartier le plus animé de Jerusalem.


Yossi Banaï*, un autre enfant du quartier, lui composa une chanson:

Si au printemps, on sent les signes d’une belle journée, et si mon cœur est assoiffé et oppressé, je m’assois au café Azura au milieu de Mahane Yehouda, au centre du marché. Je bois chez lui un verre de café turc très sucré ou un verre de limonade au parfum de fleur.
Azura est pour moi comme un rêve lointain, comme une histoire sans fin. En mon honneur il met une cassette et dans le transistor, j’entends les sons mélodieux du paytan Nissim Shalom, si particulier, qui module les trilles des prières d’une voix étouffée.
Et tout m’est si familier tout autour: la lumière, l’ombre et le ciel bas et Azura qui raconte, je m’en souviens, la même histoire sans conclusion:
« Dis moi, quand attraperas-tu un peu de sagesse? Quand reviendras-tu dans ta ville y vivre comme un être humain. Tiens! Prend-moi comme exemple! Jamais je ne quitterai Mahane Yehouda vivant ».
Et il a raison Azura, vraiment raison. Honteux. je soupire de nostalgie. Je suis assis avec Azura et reste silencieux… Une histoire sans conclusion, de soupirs nostalgiques.

Le soir, de nombreux hommes politiques et artistes remplissaient la salle. Tandis que dès le matin, ses soupes kubbé étaient dégustées par les marchands de Mahane Yehouda et les ouvriers du quartier qui commençaient leur journée à l’aube et avaient besoin d’un copieux petit déjeuner.
C’est ainsi que je découvris le restaurant par un matin d’hiver, il y a une trentaine d’années. Notre cousin Sashka qui étaient un habitué du lieu, nous avait commandé une soupe kubbé hamoutza, une soupe de légumes et aux boulettes kubbé*, dans laquelle on rajoute un jus de citron.


Azura est ainsi devenu un des symboles de Mahane Yehouda. Dans l’après-midi, des amis, des retraités s’y retrouvaient pour des parties de shesh besh autour d’un café bien noir et bien sucré, en écoutant de la musique kurde.


Généreux, il aimait inviter les soldats à manger gratuitement dans son restaurant, comme ces Golani avec lesquels il est photographié.


Pendant plus de soixante ans, Azura Schrapler a fait vivre toute sa famille grâce à son restaurant du marche irakien de Ma’hane Yehouda…


Il est mort il y a quelques semaines à l’âge de 87 ans, mais ses enfants lui succèdent. Espérons qu’ils garderont l’esprit d’Azura et les marmites sur le feu chuchotant…

Encore un poème de Yossi Banaï, affiché sur un des murs du restaurant:
Au restaurant d’Azura, dans le petit marché, derrière le grand marché, j’ai vu dans la cuisine, dans les casseroles cuisant sur des mèches, des nostalgies* nombreuses qui cherchaient un peu de chaleur sur ce petit feu, et toutes les odeurs de pommes de terre, de riz et de boulettes d’épinards qui entraient dans mes narines, m’ont rappelé un moment ma mère, de qui je viens et vers qui je ne cesse d’aller (Yossi Banaï: Quand ma mère était reine, 1966)

A bientôt,

*Le quartier de Mamilla:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2022/10/14/le-dentier-de-soeur-odile/

*Ma’hane Yehouda:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/11/28/mahane-yehouda/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2021/09/10/shana-tova-5-10%d7%a9%d7%a0%d7%94-%d7%98%d7%95%d7%91%d7%94/

* Yossi Banaï et Ma’hane Yehouda:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/tag/yossi-banay-yossi-banai/

Yossi Banaï s’est rendu célèbre en traduisant Brassens, Brel, Leo Ferre, Piaf etc…
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/07/14/les-copains-dabord/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/09/06/la-chanson-francaise/

* Les koubbé sont des petites boulettes de viande enrobée d’une enveloppe de semoule
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2020/08/05/bonne-compagnie-et-bons-koubbe/

* Le mot nostalgie געגוע (ga’agou’a) s’emploie surtout au pluriel, ga’agou’im, car chez nous la nostalgie est multiple et infinie…

Troubles en Jordanie

Depuis quelques jours, la Jordanie fait face à des émeutes sans précédents.
Elles ont commencé par des manifestations et grèves de camionneurs protestant contre l’augmentation du prix de l’essence et paralysant tout le pays car le transport en Jordanie se fait surtout par route. S’y sont joints tous ceux qui dépendent de ces approvisionnements pour pouvoir travailler. Cela concerne en particulier les ouvriers journaliers du bâtiment qui sont au chômage technique.

Des manifestations, des grèves, cela n’a pas l’air très grave et pourtant…

Mais tout d’abord, un peu d’histoire:
La Jordanie est un pays créé de toute pièces par décision unilatérale des Anglais. Ceux-ci amputent en 1923 le territoire accordé au Foyer National Juif tel que le prévoyaient les accords de San Remo conclus en 1920. A la suite d’accords déjà passés pendant la première guerre mondiale avec les princes arabes de la dynastie hachémite, en échange de leur révolte contre les Ottomans, ils en font un protectorat britannique. Ils nomment donc Abdallah 1er, fils de Hussein ben Ali, chérif de la Mecque, émir de Transjordanie.


En échange de son aide, cette fois pendant la deuxième guerre mondiale, Abdallah demande aux Anglais de lui accorder l’indépendance. Ce qui sera fait en 1948. Cet émirat, désormais indépendant, deviendra le royaume de Jordanie en 1949.
Le nom exact du royaume est royaume hachémite. Ce qualificatif est très important pour comprendre ce qu’est la société jordanienne.
La famille royale jordanienne se réclame de Hachim, arrière grand-père de Mahomet. Les Hachémites sont, de génération en génération, les chérifs de la Mecque chargés de la sécurité des lieux saints. Ils sont originaires du Hedjaz en Arabie et donc des étrangers dans le pays qu’ils gouvernent.
La population jordanienne n’est pas homogène: elle est composée de tribus bédouines, arrivées pendant le mandat britannique mais provenant de territoires totalement différents*.
A ces tribus bédouines, il faut ajouter les Palestiniens (près de 70% de la population), qui eux sont arrivés après la guerre d’Indépendance. Ils sont parfois nomades, parfois pas, mais de toute manière considérés comme faisant partie d’une caste inférieure. Pour se concilier la population palestinienne dont il craint la violence, le roi Abdallah a épousé Rania dont la famille est originaire de Tulkarem en Samarie. Mais en vain, car les Palestiniens de Jordanie la considèrent, ainsi que sa famille, comme des traitres qui les ont abandonnés. Il faut dire qu’ils se souviennent des massacres de septembre noir en 1970 qui firent plusieurs milliers de morts quand Hussein de Jordanie décida de se débarrasser de l’OLP qui menaçait son pouvoir, mais aussi de ceux qui lui demandaient un territoire autonome pour créer un état palestinien alternatif (estimations entre 3500 et 10000 morts).
De plus, depuis une dizaine d’années, il faut aussi ajouter le million de réfugiés d’origine syrienne ou irakienne qui sont parqués dans des camps et servent de main d’œuvre servile, comme les 200 000 qui vivent dans ce bidonville, le camp Zaatari, qui est en fait devenu l’une des principales villes du pays.


En marge de ces grèves et émeutes, il y a eu un évènement très important dont la presse internationale n’a pas parlé. Il faut dire que les informations arrivent par bribes car en Jordanie, l’accès à internet est très contrôlé par le régime.
Il y a quelques jours, le vice-gouverneur de la région de Ma’an, le général Abdelrazak Abdel Hafez Dalabyah de la tribu des Abu Del Bakh a été assassiné.

(Le général Abdelrazak Abdel Hafez  Dalabyah, Israel Hayom)

Cet homme, dignitaire du régime, n’a pas été tué par un étranger mais par un habitant de la même ville appartenant toutefois à une autre tribu.
La ville de Ma’an est une ville dont la population est composée de bédouins sédentarisés, mais bien sûr, toujours divisés en tribus. Il s’agit en fait d’un meurtre inter-tribal. Mais pour compliquer les choses, la victime appartient à une tribu qui soutient le régime et le meurtrier à une tribu qui, non seulement ne le soutient pas, mais qui le combat et soutient Daesh que l’on voit régulièrement parader dans cette zone, brandissant le drapeau noir et tirant tout azimut comme toujours.

(Photo The National)

Donc, la querelle entre tribus se complique d’une tentative de renverser le régime en assassinant un de ses piliers.
Ce qui est inquiétant aussi, c’est que la tribu Abd El Bakh de la victime, a refusé qu’un des membres du régime, ni même de la famille royale, n’assiste à l’enterrement du général Abdelrazak Abdel Hafez Dalabyah. Cette tribu a sommé le roi d’arrêter et d’exécuter le meurtrier sous trois jours, ce qui aurait été fait d’après le Jordan Times, qui, lui, parle d’un raid contre une cellule terroriste.
Si la légitimité d’Abdallah est contestée, quelle qu’en soit la raison, par autant de groupe divers, la survie de son régime et même la sienne propre est incertaine. Si on ajoute à ses soucis actuels, les tentatives de coup d’état, comme celui qu’a tenté en 2021 le prince Hamza, son demi-frère, on peut se dire que le roi Abdallah II ne doit pas dormir très bien ces jours-ci…
Il a donc demandé l’aide de son oncle Hassan, fils de Talal, père du roi Hussein, pour parlementer avec les tribus, mais ceci est considéré comme un signe de faiblesse car leurs relations étaient déjà très orageuses…

Et comme à l’accoutumée, il appellera Israel à l’aide comme le signale Edy Cohen* sur sa page facebook

En fait ici en Israel, nous avons deux options:
– soit le laisser se débrouiller tout seul avec cependant la crainte que son régime s’effondre et soit remplacé par un autre régime autoritaire (il n’y a pas de démocratie dans les pays arabes). Autre possibilité plus inquiétante, la Jordanie pourrait sombrer dans des lutes intestines entre bédouins d’Arabie et palestiniens, luttes similaires à celles que nous connaissons en Syrie et en Irak. L’Iran pourrait profiter de cette situation pour s’installer via le Hezbollah à notre frontière, comme il l’a déjà fait au Liban et sur le Golan syrien profitant des guerres civiles dans ces deux pays.
– l’autre option est de soutenir la famille royale à tout prix pour qu’elle puisse survivre, à condition qu’elle s’engage à garder paisible notre longue frontière commune. Toutefois il faudrait pour cela que le roi Abdallah cesse clairement de réclamer à cor et à cris, à l’ONU et ailleurs, que soit créé un état palestinien en Judée-Samarie, qui sera évidemment un état terroriste. En effet la popularité du Hamas en Cisjordanie est telle qu’il est certain qu’un état palestinien indépendant tomberait sous sa coupe immédiatement (cf. ce qui s’est passé à Gaza depuis notre désengagement en 2005). Cet état serait une menace pour Israel mais à terme pour le régime hachémite lui-même dont la population est majoritairement palestinienne.

Ce risque est grand. Il est renforcé aujourd’hui par la position de l’administration Biden qui écoute Abdallah d’une oreille attentive mais aussi par à l’Europe qui prépare un plan depuis des années pour aider les palestiniens à récupérer la zone C confiée aux Israéliens suite aux accords d’Oslo, plan qu’a dévoilé cette semaine la chaine 13 de la télévision israélienne*.

La gabegie jordanienne a conduit ce pays à une sécheresse épouvantable ces dernières années. Israel a proposé de fournir de l’eau provenant des usines de dessalement en contrepartie d’une fourniture d’énergie solaire. Un accord tripartite a même été signé avec les Emirats Arabes Unis, au mois de novembre 2022. Il s’est traduit par de nouvelles émeutes à Aman!
Donc prudence, la paix avec la Jordanie n’est qu’une paix entre états. Le peuple jordanien est loin d’y acquiescer.

A bientôt,

* Mahomet, sa famille et ses descendants:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2020/08/18/jerusalem-une-ville-sainte-pour-lislam-1-3/

* Comment est constituée la société palestinienne:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2018/02/16/une-nation-palestinienne/

* Dr Edy Cohen:

Chercheur au Centre Begin-Sadate. Spécialisé dans les relations inter-arabes, le conflit arabo-israélien, le terrorisme, les communautés juives dans le monde arabe
https://besacenter.org/

* Le plan de l’Union Européenne dévoilé à la télévision israélienne: Il s’agit d’un texte en 6 pages, détaillant l’aide que l’U.E donne aux Palestiniens pour les aider à s’emparer de terres se trouvant dans la zone C, c’est a dire dans la zone de Judée-Samarie entièrement contrôlée par Israel, selon ce qui avait été décide lors des accords d’Oslo.
Ces jours-ci, en réaction à cette information, une quarantaine de parlementaires israéliens a adressé la lettre que voici à l’U.E:

Sur l’arc de Titus à Rome est gravé dans la pierre le chandelier à 7 branches de notre Temple pillé par les légions romaines.
Jerusalem est perdue – Hyerosolomita est perdita ou Hep-Hep – est la devise latine de tous ceux qui voulaient humilier les Juifs exilés en Europe.
En 1930, des graffitis similaires étaient écrits sur les murs à Berlin: Juden nach Palestina! Juifs en Palestine!
Et maintenant que nous sommes finalement revenus sur notre terre, à Jerusalem en Israel, l’Europe clame que nous sommes des étrangers dans notre propre pays et que nous n’appartenons pas à notre patrie.

Si vous voulez en savoir plus sur la guerre d’usure que nous livre l’Europe:
https://www.regavim.org/


Les Druzes et l’enlèvement de Tiran Firo

Le 23 novembre, la veille de l’attentat à Jerusalem, a eu lieu un évènement très grave qui est passé presqu’inaperçu en dehors d’Israel.
Voici les faits : Un Druze de Daliyat el Carmel au sud de la Galilée est parti avec ses deux fils à Djenin pour faire réparer sa voiture à moindre prix. Comme je l’ai déjà écrit*, non seulement Djenin est connue pour être un repaire de terroristes, mais surtout elle est interdite aux Israéliens comme toutes les villes de l’Autorité palestinienne.

(Ce panneau se trouve à l’entrée de Bethelem comme à l’entrée de toutes les zones dépendant de l’Autorité palestinienne)

Mais en fait, ne jouons pas sur les mots: Israélien veut dire Juif israélien car les Arabes et les Druzes israéliens vont régulièrement faire leurs courses à Djenin et contribuent pour beaucoup à la prospérité de la ville

Arrivée près de Djenin, la famille Firo a un accident de la route et Tiran, le fils aîné âgé de 18 ans est grièvement blessé. Il est transféré à l’hôpital de Djenin où il est opéré.

C’est alors qu’une bande armée et cagoulée d’une trentaine de terroristes, fait irruption dans l’hôpital, déconnectent le blessé des appareils médicaux devant son père et son petit frère impuissants, et donc l’assassinent ! Ils kidnappent alors son corps et réclament une rançon à Israel ainsi que la libération d’un certain nombre de terroristes. Les Israéliens, les dirigeants palestiniens, les Américains, les Druzes du Liban…tous interviennent pour essayer de récupérer le corps du jeune homme, mais en vain. Pourtant deux jours plus tard le corps est rendu à sa famille. Que s’est-il passé?

Voici une conférence de Mordekhai Kedar* qui lève le voile sur cette affaire:

En voici la traduction:
Il y a deux jours un jeune homme druze israélien a été victime d’un accident de la route et a été transféré à l’hôpital de Djenin. Là bas, une bande d’hommes armés l’a déconnecté des appareils médicaux et l’a donc tué. Nous ne savons pas exactement qui étaient les ravisseurs mais tout fut mis en œuvre pour récupérer le corps de ce jeune homme.
Les parents de ce jeune homme ont déclaré officiellement à la télévision qu’ils ne voulaient pas que l’armée rentre dans Djenin pour leur rapporter le corps de leur fils, ceci pour ne pas mettre la vie de soldats en danger de mort.

En parallèle avec les pourparlers officiels, les Druzes ont fermé l’autoroute 6 quelques heures, déclarant que lorsqu’on kidnappe un citoyen israélien, la vie des autres citoyens ne peut pas suive son cours normal.
Mais surtout, et c’est le plus important: ils ont eux-mêmes kidnappé quelques Arabes de Judée-Samarie et ils ont publié la photo que je vais vous montrer ici (la photo apparait à 2,51 mn du début de la vidéo). Voici ce qui est écrit:
« Oeil pour œil, dent pour dent. Celui qui a commencé est le coupable ainsi que celui qui nous a fait du mal en agissant contre nous avec violence. Comme nous vous l’avons dit lorsque nous vous avons prévenus. Nous avons arrêté un de vos traitres arabes et, Dieu nous en est témoin, si vous ne nous rendez pas le corps d’un des nôtres, la soif de nos lions ne sera pas étanchée! Prenez garde, vous avez été prévenus! »
Qui était le jeune homme que l’on voit à genoux? Je ne le sais pas. Il se peut même qu’il ait été l’un des leurs. Mais les Druzes ont publié cette photo et ont ainsi envoyé un message sur les réseaux sociaux. Comme nous le savons, les réseaux sociaux sont le moyen le plus rapide pour faire passer les messages et celui-ci a été lu par des milliers de gens en quelques minutes.
Et oh merveille! Les terroristes ont rendu le corps sans attendre!

Ceci me rappelle un autre kidnapping, en septembre 2004: Un journaliste druze , Riyad Ali qui était alors journaliste de la première chaine de télévision a été kidnappé par des hommes armés à Gaza qui refusaient toute négociation. Une délégation de Druzes a alors contacté Arafat. Personne ne sait ce que fut leur conversation mais Riyad Ali a été libéré en quelques heures.
Alors j’ai une question pour vous: Comment se fait-il que les négociations officielles n’avaient alors pas marché mais que la conversation entre les Druzes et Arafat avait été décisive?

Mesdames et Messieurs, Welcome to the Middle East!
Il est vrai qu’un gouvernement efficace est une bonne chose et qu’il n’est pas bon que des milices fassent la loi pour régler les différents. Mais au Moyen- Orient, celui qui parle comme un Européen, essaye de se faire comprendre et d’obtenir qu’on fasse ce qu’il demande en négociant, celui-ci passe pour un faible.
Nous sommes au Moyen-Orient! Les Druzes savent comment parler, savent délivrer le message et savent l’exprimer clairement.
Faite attention à cette photo: Les lettres sont de couleur rouge, pas verte ni bleue ni blanche, non ils ont choisi volontairement le rouge et vous comprenez pourquoi. Ils montrent ainsi clairement que si la dépouille de Tiran n’est pas rendue à sa famille: song sang n’étanchera pas la soif des lions druzes.
Ces Druzes sont des gens du Moyen-Orient, ce sont des gens de la région, il la comprennent, ils comprennent l’arabe, ils savent comment parler à leurs voisins musulmans qui les voient pourtant comme des renégats car ils ont abandonné l’islam*.

Mesdames et Messieurs, nous devons en tirer des conclusions:
Au Moyen-Orient, celui qui veut survivre doit savoir parler la langue de l’autre, la langue arabe. C’est une première chose. Vous savez, les kidnappeurs et autres terroristes ne comprennent pas généralement l’anglais, ni le français ni même l’hébreu, sauf ceux qui ont séjourné chez nous en prison. Non ils parlent arabe et la première des choses à faire est de leur parler dans leur langue, avec les expressions qu’ils connaissent, qu’ils comprennent et en voient le sens.
Et oui, il faut être déterminé! Tu dois être celui avec lequel on ne commence pas une querelle, on ne discute pas; on ne kidnappe pas tes gens ni vivants ni morts. Et ils doivent savoir que si quelqu’un le fait, le prix à payer sera très élevé et même plus. Il ne sera pas du tout proportionnel à l’offense.
Toute cette histoire de réaction proportionnelle* à laquelle nous sommes soumis, à cause des décisions de la Cour suprême, c’est la dernière chose que comprend le Moyen-Orient. C’est exactement ce qui brise notre force de dissuasion. La dissuasion ne marche que si la menace du prix à payer n’est pas proportionnelle. C’est seulement lorsqu’ il y a une menace non proportionnelle que l’autre comprend que la réaction lui sera insupportable! C’est pourquoi, je le redis, la réaction se doit d’être non proportionnelle, exactement comme celle des Druzes quand ils menacent de tuer un être vivant pour récupérer une dépouille. Les kidnappeurs l’ont tout à fait compris et c’est pourquoi ils on rendu le corps de Tiran Firo.
Mesdames et Messieurs c’est ça, le Moyen-Orient. Celui qui veut survivre dans cette région doit en comprendre sa culture, doit comprendre comment on conduit des négociations et savoir comment obtenir les résultats espérés. Si vous ne le savez pas, il vaut mieux chercher un autre endroit dans le monde, bien plus reposant, bien plus moderne tranquille que le Moyen-Orient.
Merci aux Druzes pour cette leçon!
Fin de la traduction.

Le monde nous condamne presque quotidiennement et nous exhorte à être de bons enfants*. Mais rêvons un peu: si nous avions agi comme les Druzes, les familles d’Hadar Goldin et de Oron Shaoul auraient récupéré les dépouilles de leurs fils, et Avera Mengistu et Hisham Sayed… auraient recouvre la liberté et leurs familles*.

A bientôt,

* Djenin:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2022/04/21/djenin-ou-ein-ganim/

*Mordekhaï Kedar: orientaliste; professeur à l’Université Bar Ilan

*Les Druzes se réclament de la filiation midianite de Yithro, beau-père de Moshe. Mais ils ont été islamisés au 7 ème siècle et ont retrouvé leur indépendance religieuse vers l’an mille
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/02/12/yitro-et-nous/

* Mordekhai Kedar ajoute: Comme je n’ai pas pu interviewer les kidnappeurs, je ne sais pas si c’est grâce aux efforts conjoints des autorités ou grâce à ce message mais ce qui compte c’est que les kidnappeurs ont rendu le corps.

* Et pourtant, nous sommes toujours condamnés pour usage excessif de la force!

* Devons-nous être de bons enfants?
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/02/07/devons-nous-etre-de-bons-enfants/

* Hadar Goldin, Oron Shoul, Avera Mengistu et Hisham El Sayed
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2021/05/21/je-crains-les-cessez-le-feu/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2021/04/13/yom-hazikaron-les-disparus-de-tsahal/

Des cafés ouverts le shabbat?

Depuis la création de l’Etat et même avant, les discussions, disputes, anathèmes et autres facéties du même genre sur à peu près tous les sujets, sont monnaie courante parmi nous. Que voulez-vous: un Juif, trois opinions!
Parmi les plus communes se trouve le respect des mitsvot dans l’espace public que demandent certains partis alors que d’autres exigent au contraire l’abandon de principes considérés comme le minimum commun depuis la création de l’état d’Israel.
Cette obligation ou non des mitsvot dans la sphère publique communautaire est une vieille querelle qui dure depuis toujours, d’autant que les communautés de diaspora ont pratiquement toujours eu droit à l’autonomie interne, même en temps de grandes persécutions.

Pierre Lurçat a écrit un remarquable article sur la pensée de Jabotinsky en la matière*. J’en publie cet extrait:
« La première distinction, essentielle, est celle de la sphère privée et de la sphère publique. Le constat que fait Jabotinsky dans son article De la religion est tout aussi valable aujourd’hui qu’à son époque :
Cela fait longtemps que nous aurions dû, nous autres Juifs, réviser notre attitude intellectuelle envers la religion… Une attitude positive envers la religion devra s’exprimer d’une manière différente. Par une manifestation positive, par exemple, lors des assemblées des congrès nationaux, des conférences et des assemblées élues – il faudrait qu’ils s’ouvrent par une cérémonie religieuse – et peu importe que leurs membres soient croyants ou “non croyants”. Car ces démonstrations revêtent une signification plus profonde que la question des croyances individuelles, ou celle des doutes de l’individu”.
En somme, ce que nous dit Jabotinsky est que la religion est plus importante pour la collectivité nationale que pour l’individu. Pourquoi ?
Parce que, explique-t-il: Ce qui compte est la manifestation d’une foi puissante et historique partagée par des milliers de personnes.

Malheureusement aujourd’hui, beaucoup tombent dans le manichéisme pour ou contre. Or en consultant des documents historiques de nos communautés, nous sommes parfois surpris par certaines décisions très nuancées, voire surprenantes, telles que celles qu’on trouve par exemple dans les registres du tribunal rabbinique de Prague* sur l’autorisation d’ouvrir ou non les cafés le shabbat, dans le quartier juif de la ville.


(La synagogue la plus ancienne de Prague, l’Altneushul, dont la construction remonte à 1270)

Comment aborder ce sujet et en discuter a-t il été possible dans une communauté connue pour sa piété?
Apparemment cela ne se fit pas sans discussions. Il y en eu de nombreuses et on peut suivre l’évolution des décisions y afférentes: En 1757, l’interdiction est totale: aucun café ne sera ouvert dans le quartier juif pendant le shabbat. De plus les femmes n’ont même pas le droit de fréquenter les cafés les jours de semaine.
Ensuite peu à peu, au lieu de s’opposer à cette nouvelle mode culturelle qui menace la vie traditionnelle, les rabbins de Prague décident de l’accepter sous conditions: la fréquentation des cafés est interdite au moment des prières, de plus le café doit être servi sans lait ou crème de peur de tenter des consommateurs qui ont sans doute mangé de la viande shabbat à midi, et enfin seuls les consommateurs juifs sont autorisés à les fréquenter. Pourquoi? Parce que si les Juifs devaient payer leur consommation à l’avance, avant shabbat, les consommateurs non-juifs, venus par hasard en passant, la payeraient en consommant, et obligeraient le serveur juif à profaner le shabbat. Quant aux femmes, si elles ne peuvent toujours pas y aller ce jour-là, elles ont la permission de les fréquenter les jours de semaines, mais avant 6h du soir!
Pourquoi ces allègements? Il faut dire que le café était devenu un des délices de shabbat* pour beaucoup de Juifs dont, j’en suis sûre, de nombreux rabbins…

De nombreux registres et carnets des décisions rabbiniques ont survécu à la Shoah et actuellement les Archives Centrales pour l’Histoire du Peuple Juif de la Bibliothèque Nationale en détiennent la plus grande collection au monde. En collaboration avec des universités étrangères, ces deux instituts cherchent à localiser, cataloguer et numériser tous les carnets et registres rabbiniques qui nous sont si précieux pour connaitre la vie quotidienne des communautés juives anéanties. Et c’est ainsi que le 20 juin dernier, la Bibliothèque Nationale a organisé un événement international sur ce sujet, avec la participation d’experts du monde entier, y compris une conférence de Maoz Kahana* sur les cafés de Prague et leur ouverture le shabbat.

Et maintenant? Les cafés sont-ils ouverts shabbat ou non? Tout dépend de l’endroit.
Mais la culture du café est bien présente en Israel bien qu’elle ait connu de nombreux bouleversements avec les années. Avant les premières aliyot, les gens buvaient du café bédouin (ou turc) chez eux ou dans des cafés arabes.

(Un café arabe à Yafo en 1911)

Le premier café européen en Eretz Israel a été établi au 19ème siècle dans la colonie allemande* de Haïfa. Dans les décennies suivantes, les immigrants juifs d’Europe ont continué à développer cette industrie, apportant avec eux le café au lait, le strudel à la crème fouettée, les serveurs vêtus de chemises blanches et de nœuds papillon, les thés dansants…

(Café sur la plage de Tel Aviv au milieu des années 30. Photo Les archives sionistes)

Et bien sûr, les journaux, les causeries culturelles et les débats intellectuels autour d’un verre. Dans les grandes villes, des cafés cossus sont devenus le lieu privilégié de la cuture bohème et intellectuelle.

(Le célèbre café Atara à Jerusalem en 1952. Il était alors éclairé avec des lampes à pétrole. Photo: Les archives sionistes)

Dans les villes de développement, ils n’étaient souvent que de petites cabanes où ne servait que du café noir et de l’arak.

(le Café Alyia: un café construit par et pour des nouveaux immigrants à Pardes Hanna en 1951)

L’histoire des cafés en Israel est en fait à l’image de l’histoire de l’immigration sioniste.

Hier, j’ai écrit cet article d’une traite pour oublier l’actualité au moins pour un moment: deux attentats à 7 heure du matin à Jerusalem, le premier à une station de bus à l’entrée de la ville et le deuxième à une autre station de bus dans le quartier de Ramot. Deux attentats avec des sacs d’explosifs remplis de clous et actionnés à distance. Ils ont fait une vingtaine de blessés, dont un dans un état critique et un mort, Arye Shtzupak, un lycéen de 16 ans qui partait à l’ecole.


En entendant les détails à la radio alors que j’essayais d’avancer sur le boulevard Begin les ambulances, motos de MADA* et les blindés de MAGAV* se faufilaient avec peine dans les bouchons et je me souvenais de l’intifada d’il y a 20 ans lorsque les bus explosaient avec le même genre d’engin…

A bientôt,

*L’article de Pierre Lurcat:
https://mabatim.info/2021/09/04/israel-etat-et-religion-en-quoi-la-pensee-de-jabotinsky-est-elle-pertinente-aujourdhui/


*Les registres du tribunal rabbinique de Prague sont aujourd’hui conservés au Musée juif de Prague


*Délices de shabbat ou oneg shabbat est un rassemblement organisé le samedi après-midi et généralement marqué par des discussions et des chants communautaires, et accompagné de gateaux ou autres délicatesses. Ce fut aussi le nom de code d’un groupe d’archivistes dirigé par l’historien Emanuel Ringelblum dans le ghetto de Varsovie avant sa liquidation
https://fr.wikipedia.org/wiki/Oyneg_Shabbos

*Les colonies allemandes: Villages ou quartiers fondés au 19 ème siècle par des protestants allemands, le Templiers:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/11/13/les-nazis-en-palestine-dans-les-annees-30/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/01/02/une-autre-bethlehem/


*Maoz Kahana est professeur d’histoire juive à l’Université de Tel Aviv. pour ceux qui comprennent l’hébreu:
https://www.tau.ac.il/profile/maozk

*MADA: Maguen David Adom, l’équivalent de la Croix Rouge et MAGAV: une unité militarisée de garde-frontières fondée en 1953 dépendant de la police d’Israel.

A bientôt,