Yom Hazikaron 2017

Lundi nous célébrons à nouveau à une triste commémoration: le Yom Hazikaron (jour du souvenir) consacré aux soldats et civils victimes des guerres et du terrorisme.

Le ministère de la Défense publie comme chaque année les chiffres officiels et ces chiffres augmentent chaque année: le nombre de soldats, policiers et gardes tombés en service est de 23 544 depuis l’année 1860. Ce décompte a commencé au moment où les Juifs de Jerusalem ont pris leur sécurité en main*. Cette année, six nouvelles victimes sont à rajouter et de plus, 37 blessés sont morts de leurs blessures reçues au combat. Pour chaque mort, une famille, une veuve, des orphelins… Les parents isolés et âgés sont escortés et aidés lors de leur visite au cimetière le jour de Yom Hazikaron par les jeunes des mouvements de jeunesse.

La semaine dernière, a été inauguré sur le Mont Herzl a Jerusalem, le Hall du Souvenir pour les soldats tombés au combat. Sur le mur extérieur, cette citation du prophète Jérémie:
« Ephraïm est-il donc pour moi un fils chéri, un enfant choyé, puisque, plus j’en parle, plus je veux me souvenir de lui? Oh! oui, mes entrailles se sont émues en sa faveur, il faut que je le prenne en pitié, dit l’Eternel. »
הֲבֵן יַקִּיר לִי אֶפְרַיִם, אִם יֶלֶד שַׁעֲשֻׁעִים–כִּי-מִדֵּי דַבְּרִי בּוֹ, זָכֹר אֶזְכְּרֶנּוּ עוֹד; עַל-כֵּן, הָמוּ מֵעַי לוֹ–רַחֵם אֲרַחֲמֶנּוּ, נְאֻם-יְהוָה

A l’intérieur du monument, un chemin serpente vers le haut en spirale. Les noms des soldats tombés aux combats et les dates de leur décès sont inscrits sur les briques qui bordent le mur du chemin de 260 mètres. Chaque jour, sont affichées des photos et des informations sur les soldats qui ont été tués ce jour-là de l’année et une bougie est allumée à leur mémoire .
Les visiteurs peuvent localiser la pierre qui concerne leur proche grâce aux ordinateurs placés le long du chemin et obtenir ainsi des informations à son sujet.
Le directeur du Mémorial, Arieh Muallem, a déclaré: « Nous devons nous souvenir de chacun d’eux, et nous nous souviendrons d’eux personnellement en allumant une bougie le jour anniversaire de leur décès. C’est important pour les parents qui vieillissent de savoir que leurs fils ne seront jamais oubliés« . 

La plupart des soldats tombés au combat sont Juifs mais pas tous: certains sont druzes, chrétiens ou musulmans.

(Yom hazikarone au village druze de Julis)

L’un des soldats mort pendant la guerre d’Indépendance a eu un destin très particulier. Sur sa tombe au cimetière militaire de Netanya, on peut lire: Barukh Mizra’hi né à Tzfat en 1926, tombé au combat en 1948.

Il est aussi écrit qu’il était le fils d’Avraham et de Sarah.
En fait, il s’agit d’Avraham avinou  et de Sara’h imenou *: c’est  la tombe d’un גר צדק (guer tsedek) ou jeune homme converti au judaïsme.
Barukh Mizra’hi est né Hamuda Abu al-Einein , fils de Mahmoud et Fatima.

La famille Abu al-Einein est une riche famille de Tsfat, connue pour son combat en faveur du pan-arabisme*. Ses parents l’envoient cependant étudier à l’école de l’Alliance Israélite de Tsfat, considérée comme la meilleure école de la ville. Ses amis sont tous Juifs et ‘Hamouda change d’opinion au sujet des Juifs et du sionisme. Les relations avec son père alors deviennent très difficiles. Les menaces et les coups n’y changent rien. Il quitte la maison alors qu’il n’est qu’un adolescent, part à ‘Haifa et décide de se convertir au judaïsme. Les rabbins du tribunal rabbinique hésitent: il est certes sincère mais il est mineur. Ceci dit, s’ils le renvoient dans son milieu d’origine, il se fera assassiner par sa famille pour apostasie. ‘Hamouda obtient finalement gain de cause et est converti en prenant le prénom de Barukh. Le tribunal rabbinique de ‘Haifa l’inscrit aussi sous le nom de famille assez courant de Mizra’hi* pour sa sécurité.

Vivant cependant dans une certaine clandestinité, il s’engage auprès de l’Etzel* dont les membres sont pourchassés par les Anglais.
Son groupe est arrêté après une action contre l’armée britannique. Il est déporté en Érythrée. Là, la sécurité du camp est confiée à des gardes soudanais musulmans qui aiment faire des cartons sur les prisonniers. Barukh est gravement blessé. Persuadé de sa mort prochaine, il fait jurer à ses camarades de l’enterrer en Israel, le jour où ce sera possible. Il survit et peut enfin rejoindre en Israel en 1948.
Malheureusement  le pays est en pleine guerre. Comme il parle arabe,  il est envoyé comme agent de renseignements en Samarie et est tué à Sa Nur* à l’âge de 22 ans.

En 1968, Mena’hem Begin fera rechercher sa dépouille qui est enterrée au cimetière militaire de Netanya.
Le conseil de Judée-Samarie a décidé cette année d’honorer particulièrement sa mémoire.

 

A bientôt,

* La garde juive de Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/02/19/la-garde-juive/

* Avraham Avinou et Sarah Imanou (Avraham notre père et Sarah notre mère): il s’agit du couple biblique Avraham et Sarah, considérés comme les parents des convertis.

* Le clan Abu al-Einein était lié aux Frères Musulmans. En 1938, un de ses membres avaient appelé à expulser tous les Juifs de Palestine y compris les médecins (Certains palestiniens minoritaires envisageaient de permettre aux seuls médecins juifs, réputés efficaces, de vivre en Israel pour le bien de la population musulmane!!!).  Actuellement, l’un des conseillers de Mahmoud Abbas s’appelle Sultan Abu al-Einein.
http://palwatch.org/main.aspx?fi=157&doc_id=8934
http://www.palwatch.org/main.aspx?fi=157&doc_id=18259
http://palwatch.org/main.aspx?fi=90&doc_id=9101


* Etzel: organisation de défense juive pendant le Mandat britannique, plus ancienne que la Haganah et acquise aux idées de Jabotinsky. L’Etzel fut incorporée à la nouvelle armée juive au début de la guerre d’Indépendance.

* Le nom de Mizra’hi est en effet assez courant mais en plus, il signifie oriental, ce qui convenait à ce jeune homme.

https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/02/29/desarrois-juifs-dans-lentre-deux-guerres/
http://eng.shimur.org/etzel-tashach/

* Sa Nur: Village de Cisjordanie proche de Jenin en Samarie. Les accords d’armistice de Rhodes en 1949, concédèrent la Judée et la Samarie à la Jordanie.
En 1978, les Israéliens construisirent une implantation du même nom, שא נור (Sa Nur), lève la flamme, mais elle fut démolie en 2005 dans le cadre du désengagement de la bande de Gaza.

 

Yom Haatsmaout 2015

« Dieu nous fit passer de l’esclavage à la liberté, de la détresse à la joie, du deuil à la jubilation, des ténèbres à une grande lumière, de la servitude à l’affranchissement » (Haggadah de Pessah.)

C’est ainsi que le soir de Yom Hazikarone, après 24h consacrées au souvenir de ceux qui sont tombés pour que nous vivions, nous passons brusquement de la tristesse à la joie, de Yom Hazikarone à Yom Haatzmaout, le Jour de l’Indépendance.

Les cérémonies officielles de Yom Haatsmaout ont lieu sur le mont Herzl. Elles ont commencé avec l’allumage de 12 torches (12 comme les 12 tribus!) Apres une première torche allumée par le président de la Knesset Yuli Edelstein,

Yom Haatsmaout Yuli Edelstein

les porteurs de torches se sont avancés. Ce sont tous des pionniers dans leur domaine ou comme on dit en hébreu les פורצי הדרך (Portzei haderekh).

La première et sans doute la plus émue fut Lucy Harish. Arabe musulmane originaire de Nazareth, elle a en 1987 tout juste 5 ans et alors qu’elle se trouve en voiture avec ses parents à Gaza, un terroriste lance un cocktail Molotov par la fenêtre ouverte. Lucy et ses parents arriveront à s’échapper mais ses trois cousins seront sévèrement brûlés. Lucy est diplômée de l’Université Hébraïque de Jerusalem et présente le journal télévisé israélien. Hier soir, elle avait du mal à retenir des larmes d’émotion et a déclaré dans sa courte allocution: « Israel est notre pays et nous n’en n’avons pas d’autre! »

yom haatsmaout lucy harish 2

Puis se sont présentés:

Le Dr Dani Gold: L’inventeur du système כיפת ברזל (Kipat Barzel) ou Dôme de Fer qui a sauvé de très nombreuses vies lors de la guerre, l’été dernier.

Yom Haatsmaout Dany Gold

Ehud Shabtay: Il est le concepteur de Waze, une application  gratuite de navigation GPS qui a la particularité de s’appuyer sur une cartographie élaborée par ses propres utilisateurs, dans la philosophie des outils collaboratifs. La navigation se fait en temps réel et prend en compte l’état du trafic. Qui sort encore sans son Waze en Israel?

Yom Haatsmaout Ehud Shabtay

Or Assouline a allumé la torche avec Ehud Shabtay: Cette jeune lycéenne de 17 ans, est à la tète d’un groupe de jeunes entrepreneurs Elle participe au programme עתידים (Futurs) à l’ORT Braude* de Karmiel où elle étudie les sciences du cerveau dans le cadre d’études de bio-médecine.

yom haatsmaout Or Assouline

Rami Levy: Apres des études plus que chaotiques car il souffrait d’une grave dyslexie, Rami Levy a commencé à vendre des légumes dans un petit local dans le quartier de  Mahane Yehouda. Il possède maintenant 26 supermarchés discount. Son entreprise se nomme Rami Levy Shivouk Hashikma ou (Marché du Sycomore) en souvenir de la rue du Sycomore (Shikma) de ses débuts dans le quartier de  Mahane Yehouda* yom haatsmaout Rami Levy 2

  Alice Miller: Il y a presque 20 ans,  Alice Miller en appela à la Cour Suprême pour que le cours de pilote de l’Armée de l’Air soit ouvert aux femmes. Elle n’a jamais pu le terminer mais grâce à elle, les femmes peuvent maintenant être pilotes  de chasse.

Yom Haatsmaout Alice Miller

 

 

 

Le Professeur Martha Weinstock-Rosin: Martha Weinstock-Rosin est à l’0rigine de l’Exelon, qui permet une amélioration significative de la performance cognitive et donc de la vie quotidienne des malades atteints de la maladie d’Alzheimer.

Yom Haatsmaout Professor-Marta-Weinstock-Rosin

Rafi Mehudar: Il est le spécialiste et pionnier de l’irrigation « goutte à goutte ». Utilisée dans de nombreux pays à travers le monde, cette  technologie d’irrigation et d’arrosage permet de cultiver des terres arides et donc de nourrir des centaines de millions de gens en utilisant peu d’eau. Comme le dit son concepteur, Rafi Mehudar: « c’est la seule technologie qui a prouvé qu’elle augmentait sensiblement l’offre de nourriture. Nous évitons déjà à de grandes parties de l’humanité de mourir de faim, et ce n’est que le début ».

Yom Haatsmaout Rafi Mehudar

Avihu Medina: Tout Israel connait Avihu Medina. Ce chanteur est le pionnier de l' »israelisation » de la musique orientale. Pendant longtemps, la musique orientale a été dénigrée. On l’appelait la musique de la תחנה המרכזית (tahana hamerkazit) ou musique de la gare centrale (sous-entendu gare routière de Tel Aviv) qui, pour ceux qui s’en souviennent, était une endroit haut en couleurs, en odeurs, saturé de cris, de chansons orientales au texte populaire et parfois sirupeux qui se déversaient à pleines cassettes-audio dans la plus grande cacophonie. Avihu Medina a donné ses lettres de noblesses à cette musique populaire.

Yom Haatsmaout Avihu Medina

Sima Shein: Elle est arrivée au plus haut poste dans les services de renseignements, mais chut!

Yom Haatsmaout Sima Shein

Gal Lusky; En 2005, Gal Luskya a fondé Israel Flying Aid, une ONG performante, qui  secourt des populations victimes de guerres ou de désastres naturels dans des zones isolées en apportant une aide en nourriture et aide médicale.

Yom Haatsmaout Gal Lusky IFA

 

Malka Pietrokovsky: Elle est rabbin (!). Specialiste de la Thora et de la Halakha elle se bat pour les droits des femmes!

Yom Haatsmaout Malka Piotrkowsky

Dan Krokovsky: Le sergent Dan Krokovsky est autiste. Mais il est aussi et surtout diplômé, mention excellence, du programme de l’armée רואים רחוק (Roim ra’hok), Voir au loin*, qui permet d’intégrer de jeunes autistes à l’armée.

(sur la page de youtube, le reportage est en hébreu sous-titré anglais)

Dan sert dans les Renseignements où il est un spécialiste des opérations complexes de décodage de données. Il est accompagné par son lieutenant, Bat Hen Pomortchouk.

yom Haatsmaout Dan Krokovsky et Bat Hen Pormotchouk

 (le sergent Dan Krokovsky et le lieutenant Bat Hen Pomortchouk)

Partout dans le pays, les festivités ont continué toute la nuit: chants, danses, feux d’artifice…parade de l’armée de l’air.

120 soldats d’excellence ont aussi été décorés lors d’une cérémonie à la Maison du Président.

yom haatsmaout Rivlin salue les soldats decores

Reuven Rivlin, Président de l’Etat d’Israel, salue les 120 soldats décorés)

Il faisait froid, de la neige est même tombée sur le ‘Hermon. A Jerusalem nous avions un petit 14° et des giboulées, mais nous avons réussi faire le traditionnel מנגל (mangal) barbecue, dans notre cour.

En fin de journée, les terroristes de Gaza ont tiré un missile, tombé heureusement en pleine campagne à côté de Sderot sans faire ni victimes ni dégâts. L’armée a riposté et le ‘Hamas s’est à nouveau écrié: » Pourquoi encore nous accuser? Pourquoi nous? »  Ils sont peut-être jaloux au ‘Hamas. On aurait du les inviter à la cérémonie des porteurs de torches. C’est vrai, s’ils n’existaient pas, Danny Gold n’aurait pas inventé le Dôme de Fer!

Voici une Hatikva inattendue dans le tramway de Jerusalem

 

A bientôt,

* ORT Braude Karmiel: http://www.braude.ac.il/english/

*Mahane Yehuda: https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/11/28/mahane-yehouda/

*Je précise que pour les Israéliens c’est un honneur de servir. De nombreux jeunes invalides, s’enrôlent en tant que volontaires comme Oren Almog        https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/04/14/on-se-souviendra-de-tous/ ou comme ce jeune soldat,victime d’un accident cérébral, que vous apercevez sur la photo si-dessus, salué par le Président de l’Etat Reuven Rivlin.

Aucun peuple n’a jamais reçu son Etat sur un plateau d’argent

« Aucun peuple n’a jamais reçu son Etat sur un plateau d’argent » (Haïm Weizmann, premier président de l’Etat d’Israel)

 

Depuis hier soir, Yom Hazikarone, le jour du Souvenir pour les soldats et les victimes d’attentats…
Sur une des chaines de télévision sont égrenés les noms des soldats tués au combat. Les autres chaines retransmettent les cérémonies officielles et recueillent le témoignage des familles et des amis des victimes.

yom hazikarone nous nous souviendrons de tous

(Nous nous souviendrons de tous)

Parmi les morts de l’été dernier, deux soldats en particulier: Oron Shaul et Hadar Goldin.

yom hazikarone Hadar Goldin et Oron Shaul(Hadar Goldin et Oron Shaul)

Le corps du premier n’a jamais été retrouvé. Les experts de l’armée ont expliqué à sa famille que, selon leurs analyses, leur fils était mort et qu’elle devait se considérer en deuil*. Pour Yom Hazikarone, ses parents n’ont pas de tombe sur laquelle se recueillir.
Le deuxième est Hadar Goldin. Grace à l’héroïsme d’un de ses camarades*, la famille a pu procéder à un enterrement.
Le ‘Hamas s’est moqué ces jours  de ces deux familles qui n’ont pas pu récupérer le corps de leur enfant.

Nathan Alterman a écrit son célèbre poème « Le plateau d’argent » après la guerre de 1948.

yom hazikaron timbre
« Tout s’apaise sur cette terre, dans le soir rougeoyant
bordé de nuages.
Ici, se dresse la nation, au  cœur déchiré mais vivant,
Pour recevoir son miracle, son unique miracle!
Prête pour la cérémonie, dressée face à la lune, en vêtements de fête et d’effroi.
Au devant d’elle arrivent alors  un jeune homme, une jeune fille. Ils s’avancent, face à leur nation.
Habillés simplement, un ceinturon, de lourdes chaussures, ils grimpent le sentier.
Ils marchent silencieux.
Ils ne se sont pas changés.
Ils n’ont lavé ni les traces de leur  journée de travail ni celles d’une nuit passée au front.
 Épuisés au plus au point, n’ayant pris aucun repos
pleins de cette fraîcheur de la jeunesse juive,
Ils approchent en silence et tous deux se tiennent droit.
Nul ne sait s’ils sont vivants ou morts criblés de balles.
En larmes , la nation leur demande:
– Qui donc êtes-vous?
Et eux de répondre: – Nous sommes le plateau d’argent sur lequel la patrie juive t’est offerte.
Ainsi parlent-ils, écroulés à ses pieds, enveloppés de pénombre…
Et le reste sera conté dans les chroniques d’Israël. »

Le voici interprété par un des camarades de Hadar Goldin, Eli’hay Rafoua:

 

Yom Hazikaron est aussi le Jour du Souvenir pour les victimes d’attentats.
Il faut rajouter à leur longue liste Shalom Cherki, 26 ans, le fils du rav Ouri Cherki que vous connaissez peut-être par ses conférences sur Akadem

Chalom Cherki

Le jour de Yom Hashoah, il attendait le bus en compagnie d’une amie, Shira Klein. Un arabe de Jerusalem les a délibérément écrasés. Shira Klein est toujours dans le coma.

A bientot,

* être en deuil: La semaine de shiva est la première étape du deuil pour les proches)

* Hadar Goldin: l’un de ses camarades a poursuivi pendant 800 mètres les terroristes dans un des tunnels construits par le ‘Hamas. Il n’a pas pu les rejoindre mais a pu rapporter « certains des restes » de Hadar.
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/08/07/4980/

 

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Le peuple d’Israel se souvient

yizkor

Le peuple d’Israel se souvient de ses fils et de ses filles, soldats fidèles et courageux de toutes les divisions et unités, ceux des renseignements, des services de sécurité, de la police qui ont donné leur vie dans les guerres pour la renaissance d’Israel et de tous les citoyens assassinés par les organisations terroristes.
Le peuple d’Israel bénit ses enfants et se recueille devant la jeunesse, l’héroïsme, la sanctification, la volonté et le don de soi de ceux qui ont péri dans ce difficile combat.

 

(Nous nous souviendrons de tous)

 Le sable se souviendra des vagues mais personne ne se souvient de l’écume,
En dehors de ceux qui passèrent avec le vent de la nuit tardive.
De leur mémoire, elle ne sera jamais effacée.

Tout reviendra aux profondeurs de la mer sauf l’écume blanche.
Les bougies de la nuit ont faibli. L’amitié, l’amour,
La jeunesse qui s’est brutalement terminée,
La jeunesse qui s’est brutalement terminée…

Comme elle, sur la plage de leur cœur quelque chose de pâle a vibré
Qu’ils ont inscrit dans le sable, lorsque la lune passante
A soudainement éclairé des visages étrangers et un faible sourire.

Tout reviendra aux profondeurs de la mer sauf l’écume blanche.
Les bougies de la nuit ont faibli. L’amitié, l’amour,
La jeunesse qui s’est brutalement terminée,
La jeunesse qui s’est brutalement terminée…

Depuis hier soir, nous commémorons le Jour du Souvenir pour les soldats et les civils victimes de la barbarie de nos voisins. Depuis la création de l’état d’Israel, 23 169 Israéliens sont morts en combattant ou victimes d’attentats.

Cette semaine, nous devons rajouter malheureusement encore un nom à cette longue liste. Celui de Shelly Dadoun, 20 ans, originaire d’Afula en Galilée, assassinée alors qu’elle se rendait à un entretien d’embauche à quelques kilomètres de chez elle.

shely dadoun

Elle a sans doute été tuée par le groupe terroriste « Les libérateurs de la Galilée »*

A bientôt,

 

*     http://www.debka.com/article/23888/Shelly-Dadon-was-murdered-by-the-veteran-Israeli-Arab-terrorist-group-%E2%80%9CGalilee-Liberators%E2%80%9D

 

 

On se souviendra de tous…

En hébreu, on utilise le mot שכול, shakoul, pour traduire le deuil des parents ayant perdu un de leurs enfants. Cette racine signifie écrasé. Il y a malheureusement de nombreuses familles dans ce cas. De même que pour Yom HaShoah  on se souvient des victimes de la Shoah, au Yom Hazikarone*, on se souvient des soldats tués au combat et des victimes du terrorisme:

ונזכור את כולם
את יפי הבלורית והתואר
כי רעות שכזאת לעולם
לא תיתן את ליבנו לשכוח
אהבה מקודשת בדם
את תשובי בינינו לפרו

« On se souviendra de tous, des beaux garçons aux cheveux bouclés, car cette amitié durera toujours. Nous ne permettrons pas à nos cœurs d’oublier un amour scellé par le sang. Tu reviendras t’épanouir parmi nous. »*

En cette veille de Yom Hazikarone, je pourrai reprendre une grande partie de ce que j’écrivais la semaine dernière, presque les mêmes mots, presque les mêmes phrases…Deux journées qui se ressemblent: sirène,  cérémonies, deuil, douleur des familles. La dernière victime des terroristes est depuis un mois dans un coma profond  à l’hôpital Hadassah. Elle  ne sait pas qu’elle est un bébé colon comme disent certains journalistes. Elle s’appelle Adèle Bitton et elle a deux ans.

Adele-Bitton

On se souvient des morts et les survivants ont besoin de notre aide.  J’ai choisi de vous montrer comment une organisation, parmi d’autres, prend soin des blessés et des familles endeuillées pour les aider à vivre. Il ne s’agit pas de soins médicaux ou de rééducation mais de chaleur humaine:

Dans la vidéo que vous venez de voir, l’un des enfants, nommé Oren Almog, raconte comment il a perdu son père, ses grands parents, son frère et son cousin dans l’attentat du restaurant Maxim à Haifa en octobre 2002. Cet  attentat l’a gravement blessé  et rendu  aveugle. Onze ans ont passé depuis et malgré son handicap, il s’est porté volontaire pour servir dans Tsahal. Il a prêté serment comme ses camarades, il y a un an en 2012.

« Je veux que mon père et mon grand-père soient fiers de moi », a-t-il affirmé. « J’aurais eu l’impression de passer à côté d’une grande expérience  si je ne m’étais pas engagé à l’armée. Je suis fier d’avoir accepté de porter cette responsabilité, et d’apporter une contribution à mon pays. »

yom hazikarone oren alomog blog tsahal

 (photo blog tsahal.fr)

Dans cette deuxième  vidéo, vous entendrez un chœur d’hommes: treize pères qui ont tous perdu un fils au front.

J’ai traduit un article paru sur Arutz 7:
« Il y a 8 ans, Moshe Har Melekh a perdu son fils Shuli. Le lendemain du Yahrzeit* de son fils, il a décidé de rejoindre le chœur des pères endeuillés.
-Je pense que mon fils me donne la force de chanter. C’était un homme heureux. Il croyait en la vie, il pensait que nous devons surmonter. Il croyait dans le pays d’Israël et dans la Thora. Je pense que ce que nous faisons aujourd’hui est exactement ce qu’il aurait voulu. »
Moshe Har Melekh explique que malgré leur terrible deuil et la perte immense ressentie par tous, leurs chants ne sont pas tristes: Nos chants sont joyeux, dit-il. Nous chantons pour l’avenir, pour nos autres enfants, pour nos petits-enfants. Chanter ensemble nous donne de l’espoir. »
Le chœur a déjà sorti un album et est sur le point d’en sortir un autre. Dans cette vidéo  ils chantent avec le Lt.Col. Shai Abramson, le hazan de l’armée:  Nous chantons avec Tsahal pour dire que nous sommes présents malgré ce qui nous est arrivé. Nous espérons que notre perte n’a pas été vaine.
Un autre membre du chœur  Moshe Keinan est lui même hazan. En souvenir de son fils Avihu, il chante la célèbre chanson de Leonard Cohen « Halleluyah », sur laquelle il a écrit ses propres paroles reflétant son deuil personnel. (Arutz 7)

On se souvient de tous.
Des cérémonies ont lieu dans tous les lieux publics y compris dans les écoles. Ne pensez pas que c’est une habitude morbide. Les enfants savent déjà ce que signifie la sirène ou des mots comme guerre, abri, terroriste, attentat,  colis suspect …
Toutes les familles ou presque sont concernées de près.  L’école ne leur apprend rien de nouveau. Les enfants parlent de leurs proches et les maîtres  leur parlent de solidarité, de dévouement, d’héroïsme.

Cette année à l’école Reshit*, on parlera de Tsvika. Il est mort de ses blessures il y a déjà 30 ans. Il est enterré au cimetière du Mont des Oliviers et sa tombe, comme bien d’autres, est régulièrement profanée par des Arabes  pour des motifs nationalistes, disent-ils.

tombe de tsvika

Pour aller voir Tsvika, il vaut mieux prendre une escorte armée.

Quand on parle de Tsvika dans la famille, on l’appelle Saba* Tsvika car il a a maintenant quatre petites-filles: Yael (8 ans), Naama (6 ans), Avigail (3 ans) à Jérusalem et Ayala (4 mois) au kibboutz Ein Zivan sur le Golan.

A bientôt,

*Yom Hazikarone: le jour du souvenir
*Refrain d’un chant de la guerre d’Indépendance: https://www.youtube.com/watch?v=tw8-CVakruA
*Jahrzeit: anniversaire de deuil (du yiddish le mot est passé en hébreu)

*Ecole Reshit: https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/09/03/shalom-kita-aleph/
*Saba: grand-père.

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