Tsvika Levy, le père des soldats isolés (1948-2018)

On a beaucoup parlé ces derniers temps d’Amos Oz, mort il y a quelques semaines.
Si Amos Oz vous intéresse, et si vous voulez sortir des hommages fidèles à la pensée unique, je vous invite à lire les excellents textes de Pierre Lurçat* sur Amos Oz. Celui-ci qui fut certainement un des grands écrivains israéliens mais il appartenait aussi à cette gauche déconnectée de la réalité qui veut faire la paix des cimetières avec des assassins qui, eux, ne cachent pas leur intention de nous exterminer.

En ce qui me concerne, je préfère m’attarder pour rendre hommage à  Tzvika Levy, décédé la même semaine, à l’âge de 70 ans de la maladie de Charcot, l’ALS.
Pendant, plus de 30 ans, le colonel Tzvika Levy, du kibboutz Yifat, a dédié sa vie aux soldats isolés par un engagement sans relâche.
Les soldats isolés sont des soldats qui n’ont pas de famille en Israel, soit parce qu’ils sont les seuls à avoir fait leur alyia, soit parce qu’ils sont orphelins ou issus de milieux particulièrement défavorisés ou rejetés comme ces jeunes arabes que leur engagement a coupé complètement de leur famille.

Dans une de ses interview, Tsvika Levy a raconté comment tout a commencé pour lui:
Jeune officier parachutiste, il perd soudain une de ses filles, Ofri. Pour l’aider à surmonter cette tragédie, Rafael Eytan* lui parle d’un projet qui lui tient à cœur et lui demande son aide:
Rafoul (Raphael Eytan) est venu me voir et m’a dit: Ecoute Tsvika, tu habites à côté de Midgal Haemek. Là bas, il y a un bon nombre de jeunes qui partent à la dérive. Aide moi à mettre sur pied un programme pour les aider à faire leur service militaire… Et c’est ce que j’ai fait… Tous les jours,
après avoir travaillé dans les champs toute la matinée, je partais à Migdal Haemek pour motiver des jeunes qui traînaient, désœuvrés et sans but.
Tsvika y réussit si bien que l’armée lui  demande de devenir le responsable de ce projet, devenu officiel.
Au fil des années, il aide ainsi des milliers de jeunes à intégrer l’armée et leur trouve des familles adoptives pour les entourer pendant leurs permissions.
(Quelques uns des 70 soldats isolés, choisis pour présenter leurs vœux au pays lors du dernier Yom Haastmaout:
De gauche à droite et de haut en bas, ils sont originaires de Chine, du Honduras, d’Israel, du Kenya, du Japon, de Colombie, d’Azerbaïdjan et d’Uruguay)

Pendant toutes ces années, il s’occupera de milliers de soldats et s’en souciera à tel point qu’il sera connu comme le père des soldats isolés, et que beaucoup d’entre eux l’appelleront même abba.

Il devra malheureusement  aussi aller à de nombreux enterrements et assister leurs familles endeuillées.

En 2017, lors de Yom Haatsmaout, Tsivka Levy a reçu le prix d’Israel en récompense de ses services rendus.


Lors de la cérémonie il a déclaré:
 » Avant que nous chantions l’Hatikva, je voudrais rappeler ceci: le 14 février 2001, il y a 16 ans, Julie Weiner,  soldate isolée venue de France, et adoptée par une famille du kibboutz Zikkim, était sur le point de commencer le cours d’officier.


Elle m’a téléphoné ce jour là de la station de bus au carrefour Azur et m’a dit: Tsvika lors de l’examen on va aussi vérifier que je connais par cœur les paroles de l’Hatikva.. Tu veux la chanter avec moi?
Je lui ai dit: avec joie.
J’ai chanté une strophe et elle une strophe et ceci, jusqu’à ce qu’elle la chante toute seule. Quand elle est arrivée à la phrase « être un peuple libre sur notre terre » , sa voix s’est tue. Je ne l’ai plus entendue. J’ai essayé en vain de la rappeler…
Soudain, j’entends une annonce sur Galei Tsahal (
la radio de l’armée): un attentat a eu lieu à la station de bus à Azur, 8 morts*. J’ai enfilé mon uniforme et j’ai volé jusque là. J’ai identifié Julie parmi les 8… Les derniers mots de Julie, nouvelle immigrante venue de France, ont été ceux de l’Hatikva « être un peuple libre sur notre terre ». Depuis, quand on chante l’Hatikva, à chaque Yom Haatsmaout ou à Yom Hazikaron, son souvenir se rappelle à moi dans mon sang et dans mon âme ».

Une semaine avant de mourir, Tsvika Levy a réussi à terminer le livre pour enfants « Les histoires de grand-père Tsvika », qu’il a écrit avec l’aide des muscles oculaires, seuls encore actifs dans son corps paralysé. Son livre devrait être mis en vente le 13 janvier, jour de son anniversaire et tous ses revenus seront transférés à l’aide aux familles de patients atteints de ALS.

J’écris ces lignes et Tsvika Levy me fait penser à un autre héros, Sim’ha Holzberg, mort en 1994, lui aussi récipiendaire du Prix Israel, et surnommé le père des blessés. Né à Varsovie en 1924, et ayant survécu au ghetto et à l’extermination, il disait que son nom Sim’ha (la joie) l’obligeait à dispenser le plus de joie possible autour de lui. C’est pour cela qu’il consacrait sa vie aux blessés de Tsahal.
(Simha Holzberg au mariage d’un soldat blessé)

L’acteur Tuvia Sapir lui a consacré un petit film destiné aux enfants:

Que le souvenir de ces deux héros soit une bénédiction pour le peuple d’Israel.

A bientôt,

 

* Pierre Lurçat:
http://vudejerusalem.over-blog.com/2018/12/quand-amos-oz-s-appelait-encore-amos-klausner-une-histoire-de-des-amour-et-de-tenebres-pierre-lurcat.html
La trahison des clercs d’Israel
http://www.tribunejuive.info/livres/pierre-lurcat-loccident-nest-plus-capable-de-regarder-israel-dune-maniere-objective

* Raphael Eytan:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Rafael_Eitan_(militaire)

* Attentat à la station d’autobus au carrefour d’Azur:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentat_d%27Azor_en_2001

 

 

 

Publicités

Bonne année 2019!

Pour débuter cette nouvelle année, je vais vous parler de maisons…
Pas de maisons en bois ou en pierre… Non, de maisons en cuivre!
La cinquième grande vague d’immigration juive vers la Palestine mandataire a lieu entre 1930 et 1939. Elle commence modestement mais devient plus massive à partir de l’année 1933 qui voit les nazis arriver au pouvoir en Allemagne. La grande révolte arabe et ses pogroms antisémites de 1936 l’a fait légèrement ralentir mais la situation en Europe devient si préoccupante que les Juifs affluent par milliers entre 1938 et 1939, pour certains illégalement* car les Anglais refusent souvent de leur accorder un visa.
Cette vague d’immigration de 250 000 personnes sera aussi appelée l’immigration allemande car elle est composée pour un quart de Juifs en provenance d’Allemagne et d’Autriche.

(chorale d’enfants avant leur départ pour Eretz Israel)

Mais où loger tous ces gens?
Si certains rejoignent les moshavim ou les kibboutzim comme celui de Sde Eliahou*, la plupart s’installent en ville. Les baraques en bois poussent un peu partout. Mais à Haifa, les habitants sont  stupéfaits de voir des maisons  en cuivre!
L’idée de construire des maisons en cuivre n’est pas nouvelle. En 1922 avait eu lieu, en Allemagne, un concours d’architecture moderne remporté par Walter Gropius, fondateur du mouvement Bauhaus. La société de Zygmund Hirsch avait remporté celui de la réalisation de ce projet.
Mais au fil des années, la situation des Juifs allemands se dégrade de plus en plus et beaucoup songent à quitter l’Allemagne. Il ne peuvent pas emporter leurs biens mais un accord conclu entre le gouvernement britannique, le gouvernement allemand et l’Agence Juive*  permet à un certain nombre d’entre eux de transférer la somme de 10 000 livres en Palestine mandataire, à condition qu’elle soit utilisée pour acheter des biens d’équipements allemands
C’est ainsi que Zigmund Hirsch pourra  importer en Palestine les premières maisons en cuivre.
Elles arrivent en pièces détachées, prêtes à être montées: fenêtres (double vitrage), portes, connexions électriques (AEG), murs déjà peints, volets roulants, placards muraux, chauffage central et tuiles à toit plat. On trouve même dans les containers des gravures de paysages allemands à suspendre!
Ces maisons n’auront pourtant pas un grand succès. Tout d’abord, elles sont assez chères et souvent les gens s’entassent en famille dans une seule pièce. Ensuite, parce que les Anglais les considèrent comme des cabanes et ne leur accordent qu’un permis temporaire d’un an.
14 maisons seulement seront construites dans le yishouv.
De plus, très rapidement, les Allemand décident de stopper l’affaire: ils ont besoin de cuivre pour leur réarmement.
Seules 5 d’entre elles ont survécu:
A Tsfat, la Maison Roxenstein – quartier de Har Canaan


A ‘Haifa, la m
aison Tuchler, au 20 de la rue Tel Mana

ainsi que les maisons Grundman – 9 rue Horsha , Zelma Schoenfeld 5 rue Leonardo Da Vinci, et Kaliski- Neuman , 23 rueSmolenskin.

Pourquoi vous parler de maisons en ce début d’année?
En hébreu, le  mot בית (bayit) signifie maison mais aussi famille, peuple. Notre maison cette année a été attaquée de toute part. La région de Otef Aza, qui borde la bande de Gaza, a particulièrement souffert: missiles, obus, incendies, des hectares de cultures et de forêts sont partis en fumée*. Aussi, en décembre, le groupe Koolulam et 3500 participants y ont donné un concert pour soutenir ses habitants.

…La tempête a hurlé sur mon seuil. Permets-moi de venir et de te chanter un chant d’amour...Donne-moi la main mon frère pour un moment de tendresse et de sérénité, sans mot superflu

 

Bonne année 2019!

 

 

A bientôt, 

* Pour le début de l’année 2013, je publiais cet article en réponse a une question surprenante: Mais en Israel avez-vous des lits?
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/01/04/bonne-annee-2013/

* kibboutz Sde Eliahou:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/07/28/sde-eliahou/

*La politique britannique à l’égard des Juifs d’Europe:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/06/17/des-livres-blancs-mais-pas-tres-propres/

* L’accord de transfert, Haavara, fonctionnera jusqu’en 1939 mais de moins en moins de visas seront accordés par la Grande Bretagne.
Des tentatives ont été faites pour conclure des accords similaires avec plusieurs pays d’Europe centrale et orientale. L’accord avec le gouvernement tchécoslovaque, qui a permis le transfert d’un demi-million de livres sterling et de milliers d’immigrants en Israël à la veille de la Seconde Guerre mondiale, a été le plus fructueux.

* Sur les architectes juifs allemands de Palestine: Myra Wahraftig: They Laid the Foundation, Lives and Works of German-Speaking Jewish Architects in Palestine 1918-1948 , Berlin 2007,  

 

 

Un peu de lumière!

 

Hanouka est terminée, les bougies se sont consumées.

On dirait cependant que la lutte de la lumière contre l’obscurité et surtout l’obscurantisme ne l’est pas. Chez nous, un nouvel attentat* : 9 blessés parmi des gens qui attendaient le bus à la sortie du village d’Ofra.. Parmi eux deux blessés très graves : une jeune femme enceinte  de 21 ans et son mari, Shira et Ami’haï. La jeune femme semble se remettre mais son bébé n’a pas survécu.

Résultat de recherche d'images pour "‫שירה ועמיחי‬‎"

Et puis, je viens d’apprendre qu’un attentat avait eu aussi lieu à Strasbourg…
Aussi j’ai voulu vous parler de lumière, de chaleur.
Vous connaissez certainement le mot אור (or), la lumière, mais il existe aussi une racine moins courante, נור (NOR), présente en hébreu comme en araméen, et d’ou proviennent les mots bouton d’or נורית (nourit), bougie (ner) נר et chandelier מנורה(menora). On peut même rajouter à cette liste le mot tunnel* (minhara)  מנהרה!
Même si vous ne connaissez pas l’hébreu, vous avez entendu parler de la menora du Temple qui est aussi un des symboles de l’état d’Israel.


Maintenant de nos jours, une menora est aussi un simple luminaire dans lequel on place une נורה (noura) une ampoule électrique.
Et pour le bouton d’or et le tunnel ?
Pour le bouton d’or, le rapport est évident: sa belle couleur jaune orangée fait qu’on l’appelle נורית  (nourit). Tout simplement !

Mais pour le tunnel מנהרה (minhara)?
Ce mot Il n’apparaît qu’une seule fois dans le Tanakh, dans le livre des Juges (6, 2) :
« Accablés par la supériorité de Madian, les Israélites, pour y échapper, utilisèrent les tunnels des montagnes, les grottes et les forteresses. »
וַתָּעָז יַד-מִדְיָן, עַל-יִשְׂרָאֵל; מִפְּנֵי מִדְיָן עָשׂוּ לָהֶם בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, אֶת-הַמִּנְהָרוֹת אֲשֶׁר בֶּהָרִים, וְאֶת-הַמְּעָרוֹת, וְאֶת-הַמְּצָדוֹת
En ce moment l’armée détruit les tunnels à la frontière du Liban, tunnels que nos abominables voisins du ‘Hezbollah ont construit depuis leurs villages jusque chez nous, pour infiltrer des terroristes en Galilée. Vous avez aussi entendu parler des mêmes tunnels construits par le ‘Hamas* et régulièrement détruits. J’espère que l’armée n’en n’oubliera pas un seul !


(Ci-dessus, la destruction d’un premier tunnel, creusé à 5 mètres de profondeur dans le rocher, depuis des maison du village libanais Kfar Kile et pénétrant sur 40 mètres dans le territoire israélien à côté de la bourgade de Metulla)

Où est le lien avec la lumière? Un tunnel est plutôt sombre. C’est sans doute que contrairement à un puits ou une grotte, le tunnel qui nous protège sort à l’air libre et à la lumière. Cela me fait penser à l’architecture du bâtiment central de Yad Vashem où après une visite éprouvante dans des salles de béton brut et gris sombre, on monte vers la sortie pour accéder à un panorama réconfortant : celui des collines environnant la ville de Jerusalem.

Cette racine NOR, ne se trouve qu’une seule fois dans le livre du prophète de Daniel (7 10). Et là, on est bien loin de la lumière de la menora ou de la réconfortante sortie vers la lumière à la fin du tunnel: il est question d’un fleuve de feu !
Un torrent de feu jaillissait et s’épandait devant lui , mille le servaient et dix mille myriades se tenaient en sa présence. Le tribunal entra en séance et les livres furent ouverts…
נְהַר דִּי-נוּר, נָגֵד וְנָפֵק מִן-קֳדָמוֹהִי, אֶלֶף אלפים (אַלְפִין) יְשַׁמְּשׁוּנֵּהּ, וְרִבּוֹ רבון (רִבְבָן) קָדָמוֹהִי יְקוּמוּן; דִּינָא יְתִב, וְסִפְרִין פְּתִיחוּ

Mais on la trouve encore dans l’expression זיקוקין די נור  (zikoukin di nour)  dans le Talmud de Babylone où elle signifie étincelles de feu. Aujourd’hui ce sont des feux d’artifices.

Mais avec quoi s’éclairait-on ? Les bougies de cire étaient rares et chères, La plupart du temps on s’éclairait avec des lampes à huile.

Pour les lumières de shabbat et des fêtes, nous ne pouvions pas utiliser n’importe quelle huile ou n’importe quelle mèche. במה מדליקים (Bame* madlikim) Avec quoi allume-t-on? s’interroge le Talmud. Évidemment les avis diffèrent…
Le Dr Ne’hama Sukenik et son équipe d’archéologues viennent de faire une découverte rare dans le désert du Neguev à Shivta: un פתיל (ptil), une mèche de lampe à huile en lin, datant de 1500 ans qui doit son bon état de conservation à l’aridité du désert et au fait qu’elle était protégée par un petit étui en cuivre.

פתילה להדלקת נר שמן בת 1500 שנה התגלתה בשבטה שבנגב (מערכת וואלה! NEWS , קלרה עמית, רשות העתיקות)

(photo Klara Amit, site travel.walla.co.il)

Tout au long de l’année nous allumons des bougies: celles de shabbat, celles des fêtes, celles qui nous servent à traquer le ‘hametz juste avant pessah*. Il y a aussi celles qui commémorent le souvenir de nos proches lors des yarhrzeit, celles du Yom Hashoah, du Yom Hazikarone qui se transforme en jour de joie avec les torches de Yom Haatsmaout:


Heureuse est l’allumette qui se consume en allumant des flammes
Heureuse est la flamme qui a brûlé dans le secret des cœurs,
Heureuses sont les flammes qui ont su s’éteindre dans l’honneur,
Heureuse est l’allumette qui se consume en allumant des flammes!*

Sa bougie éclairera le monde. C’est un souhait de longue vie pour quelqu’un dont la conduite morale est un exemple.
C’est ce que je vous souhaite dans ce monde violent, ignorant et obscur
Portez-vous bien

A bientôt,

* Bien que l’auteur de l’attentat soit Salah Barghouti, le fils du chef du ‘Hamas en Judée Samarie, le Fata’h a aussi revendiqué cet attentat. Merci à tous ceux qui accueillent Ma’hmoud Abbas avec les honneurs! Ici avec Anne Hidalgo la maire de Paris:

https://www.jforum.fr/tsahal-tue-le-fils-du-chef-du-hamas-lie-a-lattaque-dofra.html

* Il s’agit là de ce qu’on appelle une racine sœur. La racine נהר (NaHaR)  veut dire un flux, une émission: soit un flux d’eau et donc une rivière, soit un flux de lumière.Tunnels terroristes du ‘Hamas:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/08/05/les-enfants-de-gaza/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/22/sur-tous-les-fronts/

*Ba Me et non Be Ma comme on dirait maintenant. Il s’agit de l’hébreu de la Mishna

* Vérification de l’absence de ‘hametz avant Pessah avec une bougie:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/03/05/un-menage-ethique/

* Poème de Hanna Szenesh:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Hannah_Szenes

 

Bleu azur, sionisme et margarine

 

En ce moment se tient au Musée des Pays de la Bible une exposition sur les couleurs de prestige dans les civilisations du Moyen-Orient antique et en particulier sur la couleur bleu, תכלת (tekhelet)*.

La couleur bleue a toujours eu une signification particulière dans la vie des Juifs. Selon la Guemara, le bleu fait penser à la mer et au ciel, donc aux eaux d’en haut (le ciel) et les eaux d’en bas (la mer)* et nous donne une petite idée de ce qu’est la grandeur de Dieu. Et c’est ainsi qu’il fut ordonné aux Juifs de placer un fil bleu, תכלת (tekhelet), dans les tsitsit* aux 4 coins de leur châle de prière le talith:
Parle aux enfants d’Israël, et dis-leur de se faire des franges (tsitsit) aux coins de leurs vêtements, dans toutes leurs générations, et d’ajouter à la frange de chaque coin un cordon d’azur. (Nombres- Bamidbar 15,38)
דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם, וְעָשׂוּ לָהֶם צִיצִת עַל-כַּנְפֵי בִגְדֵיהֶם, לְדֹרֹתָם; וְנָתְנוּ עַל-צִיצִת הַכָּנָף, פְּתִיל תְּכֵלֶת.
Le תכלת (tekhelet) est une couleur bleu/indigo extraite d’un mollusque appelé חילזון (‘hilazon) qu’on ne trouve dans la Mer Méditerranée qu’entre ‘Haifa et la ville de Tyr au Liban.

Cette espèce étant inconnue en dehors de cette région, les Juifs dispersés en Galout ne purent que supputer sa couleur véritable. Rashi* estimait qu’il s’agissait d’une nuance foncée, raison pour laquelle les taliths des Ashkenazes sont traditionnellement rayés de noir, tandis que le Rambam (Maimonide) penchait pour un bleu clair, raison pour laquelle les taliths sépharades sont rayés de  bleu.

A la fin du 19 ème siècle il fut question de choisir un drapeau, qui exprimerait l’identité du peuple juif et son aspiration nationale. Mais nous n’avions jamais eu de drapeau! Il est vrai qu’à plusieurs reprises entre le 14 et 17 siècles, les Juifs d’Ofen (Budapest) et de Prague,  avaient reçu le droit de hisser une bannière à fond rouge avec un motif juif, une étoile à 6 branches. Cette bannière reprenait un motif juif courant, qu’on trouve déjà gravé sur des pierres bien avant l’ère chrétienne, et appelée מגן דוד (Maguen David) ou Bouclier de David, ancêtre du Mashia’h selon la tradition.
Les 6 branches du bouclier représentent les qualités du Mashia’h: 1-l’esprit de sagesse, 2-d’intelligence, 3-l’esprit de conseil, 4- et de force, 5-l’esprit de science et 6-de crainte de Dieu.
Comme l’écrivait le prophète Ishayahou.

וְיָצָא חֹטֶר, מִגֵּזַע יִשָׁי; וְנֵצֶר, מִשָּׁרָשָׁיו יִפְרֶה. ב וְנָחָה עָלָיו, רוּחַ יְהוָה–רוּחַ חָכְמָה וּבִינָה, רוּחַ עֵצָה וּגְבוּרָה, רוּחַ דַּעַת, וְיִרְאַת יְהוָה.
Or, un rameau sortira de la souche de Ishaï (le père de David), un rejeton poussera de ses racines.  Et sur lui reposera l’esprit du Seigneur:-esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de science et de crainte de Dieu.

Donc, nous avions déjà le motif! Mais pour les couleurs?
Théodore Herzl voulait qu’un drapeau représentant les aspirations du peuple juif soit présenté au premier congrès sioniste en 1897. Il confia le travail à son assistant David Wolfsohn. Celui-ci déclara:

J’eus soudain une illumination. Nous avions déjà un drapeau, bleu et blanc, le talith, dont nous nous drapons pendant la prière. Ce serait notre emblème ; de châle de prière nous le transformerions en drapeau que nous hisserions devant Israël et les Nations. C’est ainsi que je commandais un drapeau bleu et blanc, avec un bouclier de David en son centre.
Et il en fut ainsi…

Cette semaine à la fête du Sighd* à Jerusalem, les drapeaux  brandis côtoient les larges parasols de Kessim*:

(Im Tirtsou: Bonne fête du Sighd à nos frères de la communauté des Juifs éthiopiens)

Au huitième Congrès sioniste, qui se tint à Prague en 1933, une résolution officielle fut adoptée concernant le drapeau : Le drapeau bleu et blanc est celui de l’Organisation sioniste et du peuple juif, conformément à une tradition ancestrale.

Et la margarine dans tout ça?
En 1935, parmi les Juifs allemands nouvellement arrivés se trouve un ingénieur, le Dr Arnold Hidelsheimer. En Allemagne, il travaillait pour la firme Unilever, fabriquant de la margarine Blue Band. Il décide de monter une usine de margarine à ‘Haifa et garde le nom Blue Band, la bande bleue (sur un papier blanc), qui devient pour les Juifs un nom sioniste . Sa margarine connait tout de suite un franc succès, car elle est beaucoup moins chère que le beurre.

(la fierté de chaque mère: des enfants en bonne sante)

Mais pour les Juifs de Palestine, Blue Band est bien plus qu’une margarine. Arnold Hidelsheimer a décidé que les familles recevraient gratuitement un journal bi-mensuel, pour l’achat d’un paquet de margarine.

On y trouve de quoi contenter tout le monde histoires, blagues, jeux, nouvelles du monde, recettes de cuisine et bien sur fierté sioniste:
Dans notre pays, nous produisons la plus célèbre margarine du monde, la margarine Ruban Bleu!
Nous devions l’importer d’Angleterre mais une usine de production de margarine en Israël a maintenant ouvert ses portes à Haïfa. La margarine est aussi savoureuse, nutritive que le beurre et elle coûte bien moins cher. Elle présente un autre avantage par rapport au beurre: vous pouvez la manger avec des plats de viande! Et l’essentiel est que, en ces temps difficiles pour notre patrie, il est très important de créer une usine qui ajoutera du travail aux travailleurs de notre pays et des centaines et des milliers de livres sterling acheminées à l’étranger pour l’achat de margarine.

Et depuis, même si nous mangeons aussi du beurre (ou si nous nous en passons), l’expression acheter bleu-blanc, signifie acheter israélien.
C’est bien ce que je vous disais! Le bleu azur, le sionisme et la margarine!

Dans les années 1970, ce chant כחול ולבן (Kakhol velavan) Bleu et blanc, fut  l’hymne des Juifs du Silence* et en particulier celui des Prisonniers de Sion*. Le poème et sa mélodie ont été écrits  par Israel Rashel, un Juif de Minsk, alors âgé de 21 ans, qui se battait contre les autorités pour avoir le droit d’immigrer en Israel, ce qu’il fit en 1971: Bleu et blanc, c’est ma couleur, bleu et blanc, ce sont les couleurs de ma terre, ce sont mes couleurs pour toujours, couleurs de l’espoir et de la paix, bleu et blanc c’est le ‘Hermon et le Kinneret, mon cœur chante en bleu et blanc, bleu et blanc c’est le ciel et la neige, il n’y a pas d’autre couleur, je vais revenir...

A bientôt,

* Les eaux d’en haut et les eaux d’en bas:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2018/07/05/tant-quil-y-a-de-leau-il-y-a-de-lespoir/

* En 1354, Charles IV, empereur germanique et roi de Bohème, octroya aux juifs de Prague une bannière de couleur rouge portant une étoile à six branches qui fut appelée plus tard Maguen David (Bouclier de David). En 1592, Mordekhaï Maizel, notable juif de la ville, fut autorisé à hisser sur sa synagogue une bannière du roi David semblable à celle qui se trouvait sur la Grande Synagogue. En 1648, les juifs de Prague obtiennent de nouveau une bannière, en reconnaissance de leur contribution à la défense de la ville contre les envahisseurs suédois : un bouclier de David jaune sur fond rouge avec, en son centre, l’étoile de Suède. En Hongrie, les juifs dOfen (Budapest) avaient déjà en 1460 reçu le roi Mathias Corvin avec un drapeau rouge où figuraient deux boucliers de David et deux étoiles.

* La fête du Sighd:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/10/21/le-mois-de-heshvan/

*Les Kessim: les rabbins des Juifs d’Ethiopie

* Les Juifs du silence: témoignage d’Elie Wiesel sur les Juifs soviétiques, Ed du Seuil, 1966

* Les prisonniers de Sion:
http://www.noemiegrynberg.com/pages/politique/les-prisonniers-de-sion-40-ans-de-lutte-et-d-amour.html
Parmi les plus célèbres: Anatoly Shtsharansky ancien directeur de l’Agence Juive et Yuli Edelstein, president de la Knesset

A nice cup of tea?

Le mandat britannique ne dura que 30 ans mais son influence transforma la société juive de Palestine.
En 1918, après les affres de la première guerre mondiale qui fut longue et meurtrière* pour les populations civiles, enfin un pouvoir britannique « civilisé » remplace celui des Turcs qui occupaient la Palestine depuis cinq siècles. La déclaration Balfour* vient de doter les Juifs d’un Foyer National. L’ambiance est à la fête même si Churchill a fait publier le premier Livre Blanc où il déclare: il faut restreindre l’arrivée des Juifs, on ne peut  faire entrer un chat  de plus dans ce pays!
Les Anglais sont des gens éduqués, ils sont polis, tiennent la porte aux dames, boivent le thé avec distinction et s’ils ne mangent pas des kremschnitt ou du strudel, ils introduisent les scones, muffins et cakes au raisin. Bref, la bourgeoisie juive, qui ne veut pas qu’on la confonde avec ces ploucs de pionniers des kibboutzim, se pâme  pour les nouveaux occupants. Ce qu’elle ne comprend pas, c’est que sa persistance à parler allemand ou russe, ou pire, son accent mitteleuropa en anglais, la rend un peu ridicule.

Je me moque mais il est vrai qu’après la cruauté des Turcs, et malgré toutes les difficultés et privations de l’époque,  l’arrivée des Britanniques les remplissait d’espoir.
Tout cela se fissurera après 1929, et surtout 1936 lorsque les Anglais prendront de plus en plus cause pour les Arabes. Mais entre temps…

Ces jours, se tient au musée de מגדל דויד (migdal David) la Tour de David  une exposition qui reconstitue ce que fut la vie d’une partie de la population de Jerusalem entre les deux guerres mondiales. Comme à chaque fois, il ne s’agit pas seulement de regarder de vieilles photos ou documents jaunis par le temps, mais d’utiliser aussi de grands écrans fenêtres qui présentent le développement culturel de la ville, de voir de petits films grâce aux nombreux I pad et même d’entrer dans une salle de cinéma, reconstituée avec ses vieux fauteuils en bois, pour revoir de vieux films comme le Magicien d’Oz. La ville comptait alors 10 cinémas. Ils ont bien sûr tous disparu sauf un, le Smadar, dans le quartier de Emek Refayim. Il se trouve dans la rue Loyd George.

La radio émettait en hébreu, en anglais et en arabe. L’une des émissions les plus prisées en hébreu commençait par: Allo, on vous parle depuis Jerusalem.
Bref, la modernité avait enfin atteint la ville que les Ottomans avaient négligée pendant des siècles:

(la célèbre actrice Hanna Rovina en 1940 à radio Jerusalem)

On pouvait assister à des concerts en plein air:

Et  les élégantes buvaient le thé en famille dans les jardins de l’église écossaise.


Tout cela est bel et bon, mais où allaient donc les soldats anglais pour siroter une bière? 
Chez Fink!
Vous trouvez ce menu sans doute très banal. Mais pour l’époque et pour une ville aussi peu cosmopolite que Jerusalem, c’était extrêmement nouveau.
Vous remarquerez que s’il y avait de quoi satisfaire les soldats britanniques ou autres étrangers, la vodka, le sliwowitz et ke Kirchenwasser étaient là pour nous rappeler que nous n’étions pas en Grande Bretagne.
Le premier propriétaire, Moshe Fink était d’ailleurs d’origine hongroise et j’ai toujours pensé que l’ambiance du bar était plus celle d’un Weinstube  que celle d’un pub.

                                                                                      (Dave Rothschild, le successeur de Moshe Fink)

Les Britanniques partirent et furent remplacés par des célébrités du monde politique et artistique. Dave Rothschild succéda à Moshe Fink, et enfin Mouli Azrieli à Dave, son beau-père.
Les amis de Mouli pouvaient venir avec leurs  enfants, qui bénéficiaient d’une protektsia  spéciale. Les enfants se tenaient très sages en dégustant le célèbre goulash  et le foi haché que leur servait Itsik, le serveur centenaire (selon mon fils) et tremblotant. Lorsque Mouli avait du temps, il leur montrait ses albums garnis de photos, autographes ou dessins collectés pendant toutes ces années. Je les ai revus avec nostalgie, lors de cette exposition.
La deuxième intifada causa la fin de Fink. Le bar  se trouvait dans le centre ville, entre les rues Ben Yehuda, King George et Yaffo qui furent la cible de nombreux attentats.
Mouli et son épouse ont prêté au musée de Migdal David tout ce qu’ils avaient gardé. Ainsi a pu être reconstitué le légendaire bar Fink.
La reconstitution est visuelle et sonore. On peut entendre le brouhaha des conversations, le tintement des verres, de vieilles chansons…

 

Mais ce n’est plus Fink, le vrai Fink hélas…

Il nous restera de ces quelques années où Jerusalem et le yishouv furent presque britanniques, le nom de la monnaie israélienne, la livre, jusqu’en 1980, l’utilisation de la langue anglaise comme langue internationale (d’autant qu’il y eu un consensus évident pour bannir l’allemand, chers aux universitaires du début du 20 ème siècle) la rue George Hamelekh (le roi George) que tout le monde appelle encore rue King George  le fromage cottage dont la recette est d’origine indienne et aussi cet ancien poste de guet aux croisement des rues ‘Aza et Tchernikhovsky, décoré il y a peu de horse-guards…

A bientôt,

*La première guerre mondiale:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/03/27/le-yishouv-en-guerre/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/10/09/lepopee-du-nili/

*La déclaration Balfour:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/05/08/lord-balfour-ecrit-une-lettre/

*Dans les albums de Mouli, on peut voir les autographes ou dessins de Marc Chagall, Leonard Bernstein, Isaac Stern, Kirk Douglas, Michael Douglas, Arthur Rubinstein,  Romy Schneider, Vittorio De Sica, Danny Kaye, John Steinbeck, Martha Graham, Claude Lanzmann, Harold Pinter, Zubin Mehta,  Shirley MacLaine…sans compter  Teddy Kollek, Golda Meir, Yitzhak Rabin, Shimon Peres, Ariel Sharon et Bibi.

 

 

Une guerre d’usure…

Vous n’avez peut-être pas entendu parler de ce qui se passe à la limite de la bande de Gaza depuis bientot 6 mois.
Les émeutes le long de la frontière se multiplient. Contrairement à ce que nous raconte la presse occidentale, ce sont tout sauf des manifestations pacifiques: Des tentatives de pénétration, des jets de pierres et de grenades, des cocktails Molotov et des ballons incendiaires ou armés d’explosifs et cela tous les jours… Tous les jours aussi les incendies qui détruisent les récoltes et les réserves naturelles. Dans ces réserves depuis plus de 70 ans, Israel essaye de réimplanter la faune et la flore chassées par la désertification. Mais ce n’est pas tout: la fumée des incendies et celle des centaines de pneus qui sont brûlés tous les jours du côté gazaoui causent des problèmes respiratoires aux habitants des kibboutzim et moshavim frontaliers.

Voici un extrait d’un reportage de la télé sur la chaîne 20 d’avant-hier, mardi:
Elie Ben David du kibboutz Kerem Shalom,  nous parle d’une journée « ordinaire », où on entend les hurlements, ponctués de Allah ou Akbar des dizaines de milliers de Gazaouis qui essayent de pénétrer sur le territoire israélien:
– A certains moments, on ne voit presque plus le soleil derrière la fumée. Maintenant nous sommes recouverts de gaz lacrymogène, nous portons des masques.
A ses côtés, Roni Kizin, elle-aussi habitante du kibboutz:
– Ces temps, ils se déchaînent, surtout la nuit

Ils hurlent à côté de nous, nous envoient des engins explosifs, nous entendons des insultes, ils menacent de nous égorger.
Nous avons des difficultés pour respirer. Tous les vendredis après-midi (après les prières à la mosquée) cela empire. On ne peut pas sortir et nous recevons d’ailleurs des informations nous demandant de rester enfermés chez nous, de glisser des serpillières mouillées le long des portes et de calfeutrer les fenêtres comme au temps de la guerre du Golfe. De toute manière, dehors il est si difficile de respirer; le nez brûle, notre gorge brûle, nos yeux pleurent. Mais même dans les maisons il est très difficile de respirer. L’air est tellement épais et dégoûtant et ces gaz sont nocifs. J’ai du recevoir des soins à l’hôpital car je me trouvais en grande difficulté respiratoire. 

Ces émeutes sont devenues le cauchemar des habitants du sud et en particulier de ceux des kibboutzim frontaliers.
Pendant longtemps, ces gens se sont tus. Ils ne voulaient pas que le ‘Hamas se sentent pousser des ailes en entendant leurs difficultés, mais maintenant, ils n’en peuvent plus: le volume des fumées toxiques représente chaque jour l’équivalent de deux mois de pollution dans la ville de ‘Haifa où se trouvent des raffineries.
– Nous avons fait preuve de patience mais finalement nous nous sommes tournés vers les autorités, on nous a fait la promesse que cela sera traité. Mais quand?
Nous sommes sur la ligne de front…
Tous les jours plusieurs incendies font rage, les pompiers, les volontaires se relaient sans fin
Ces jours-ci on peut parler d’une escalade dans la violence chez les Gazaouis. Ceci pour plusieurs raisons.
– Le ‘Hamas se débat dans de grandes difficultés financières même s’il utilise la manne étrangère à des fins terroristes. Il est pressé par l’Egypte qui voudrait obtenir une réconciliation avec le Fata’h dont Ma’hmoud Abbas ne veut pas. Ce dernier ne paye plus aucune facture, ni aucun salaire à Gaza. Ma’hmoud Abbas est d’ailleurs intéressé à ce que nous entrions dans une confrontation armée avec le ‘Hamas pour l’en débarrasser.
– Le ‘Hamas est aussi pressé  par le Djihad Islamique qui veut prendre sa place. Il est donc forcé de montrer ses muscles pour combattre l’influence du Djihad sur ses troupes et se laisse entraîner dans une surenchère sans fin.
Demain, vendredi après-midi, le ‘Hamas et le Djihad continueront leur compétition le long de la barrière: à qui enverra le plus d’émeutiers? Qui sera le plus violent?

Pour le moment qui paye en fin de compte les combats internes entre le ‘Hamas, le Djihad et l’Autorité Palestinienne de Ramallah?
C’est Israel et en particulier les habitants de Otef Aza (bordure de Gaza) et les soldats stationnés le long de la barrière qui sont obligés eux aussi de respirer cette horreur.
PS Ce soir, c’est le tour du kibboutz Saad:

A bientôt