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כִּי הִנֵּה כַּחֹמֶר בְּיַד הַיּוֹצֵר בִּרְצוֹתוֹ מַרְחִיב וּבִרְצוֹתוֹ מְקַצֵּר כֵּן אֲנַחְנוּ בְיָדְךָ חֶסֶד נוֹצֵר לַבְּרִית הַבֵּט וְאַל תֵּפֶן לַיֵּצֶר
Comme l’argile dans la main du potier qui l’étale ou le raccourcit, oui nous sommes dans ta main…

Ce piyout* est l’un des points culminant de l’office de Yom Kippour. Il se chante en ouvrant  les portes de l’arche sainte.
Dans chaque strophe, le poète anonyme, qui s’inspire d’un texte du prophète Jérémie*, nous compare à un matériau dans la main du Créateur: une pierre dans la main du tailleur de pierres, un couteau dans la main de l’artisan, le gouvernail dans la main d’un marin…
Israel est le matériau du Créateur, il est fait de matière comme l’argile mais n’est pas que ça. Il doit choisir à tout instant entre le bien et le mal.

La mélodie la plus célèbre de ce  piyyout fut composée par le rav Shalom Haritunov qui vivait au 19 ème siècle en Ukraine. Mais elle a souvent pris le pas sur le piyut lui-même, elle se chante en nigun, une mélodie sans paroles. Le nigoun est une prière en soi. Les nigounim nous accompagnent de génération en génération. Toujours en mode mineur*, et à l’opposé des chants choraux occidentaux bien calibrés, ils sont l’expression d’une notre inquiétude face à l’adversité, d’un trop plein de douleur mais aussi d’espoir en dépit de tout. Ils s’expriment dans un rythme lent, presque hypnotique où se balancent l’âme et le corps. Rien de religieux au sens classique du terme. Le nigoun concerne chacun d’entre nous quand notre âme déborde.

Dans la vidéo ci-dessous, le soliste a annoncé le titre du piyut Comme l’argile dans la main du potier, il est évident que le public le connait mais il ne chante pas les paroles. Il se laisse bercer par la mélodie*.

Cette mélodie est devenue un nigoun des Juifs de Palestine, pendant les pogroms des années 30 sur lequel Emanuel  Novogarbelski a écrit une berceuse, pour la naissance de son fils Avner.
La situation est grave – la grange brûle à Tel Yossef et on voit la fumée sur Beit Alfa – mais les enfants doivent dormir, leurs parents montent la garde. Demain, ils iront avec eux travailler et reconstruiront leur moshav.

Dors mon fils, repose-toi, ne pleure pas, Ta mère est assise à côté de toi et te protège de tout mal. Dehors les hyènes hurlent et le vent souffle mais toi, mon petit garçon, endors-toi. Le matin viendra très vite, il ne faut pas paresser, demain, il faudra travailler.
Demain ton père sortira labourer, il tracera des sillons. Quand tu grandiras, la tète droite, vous sortirez dans les champs. Tu grandis en Eretz Israel, dans la joie et dans l’effort, tu travailleras comme ton père. Tu planteras dans les larmes et récolteras dans la joie*. Alors, pour le moment, écoute ta mère et endors-toi. La nuit est froide, les renards aiguisent leurs dents mais ton père monte la garde, il ne dort pas. Le jour il travaille, la nuit il garde la grange, tu grandiras et seras fort et tu garderas avec lui.  Couche-toi mon fils, n’aie pas peur, tout le moshav est en alerte. Ta mère aussi monte la garde, elle te protège, Avner. La grange brûle à Tel Yossef et de Beit Alfa monte une fumée, ne pleure pas, endors-toi. Cette nuit, le feu dévore la ferme et la paille. Il est interdit de désespérer, demain nous recommencerons à nouveau. Demain, il faudra poser les fondations, ton père construira  une maison pour son fils. Tu grandiras, tu l’aideras et vous la construirez ensemble.

Si, dans le piyyut original, l’homme est considéré comme un matériau dans les mains du Créateur, dans ce deuxième texte, c’est de lui qui est responsable de la sécurité du bébé et de celle du moshav et c’est lui qui doit travailler pour le construire et le reconstruire.

Alors que j’écris cet article, j’apprends qu’un attentat a eu lieu à Har Hadar, une localité dans les collines, sur la route qui mène à Tel Aviv. Trois Israéliens ont été assassinés: Solomon Gavriyah, 20 ans, garde-frontière, Youssef Ottman, 25 ans, d’Abu Ghosh, et Or Arish, 25 ans, de Har Adar.
Youssef Ottman et Or Arish étaient des gardes de sécurité civils. ה’ ינקום דמם

 

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Gmar Hatima Tova
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A bientôt,

*Piyout:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/tag/piyout/
Pour ceux qui veulent le texte de ce piyout:
http://old.piyut.org.il/textual/168.html

* Texte de Jérémie 18,6
« Ne pourrais-je pas agir à votre égard, Maison d’Israel, à la façon de ce potier? Certes vous êtes sous ma main comme l’argile sous la main du potier »

*Les nigunim sont en mode mineur: on raconte que les Juifs polonais et russes furent impressionnés par les chants de l’armée napoléonienne. Ils les adoptèrent mais les firent passer du mode majeur au mineur qui nous convient mieux. 

*Chez nous, quand on fredonne on ne dit pas la la la mais daï di di daï

* Le poète Emanuel  Novogarbelski (1903-1979) né à Nikolayev, en Russie, écrivait sous le nom de Emmanuel Harussi (Emmanuel le Russe)

* D’après les Tehilim (126,5) « Eternel, ramène nos captifs, Comme (tu ramènes)  les ruisseaux dans le midi! Ceux qui sèment avec larmes moissonneront dans la joie. Celui qui marche en pleurant, quand il porte les grains. récolte dans l’allégresse ».

 

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Shana Tova שנה טובה

Chers amis,
Nous entrons dans l’année 5778. Comme me l’a fait remarquer une de mes amies, 5778 c’est un nombre divisible par 18.
Le 18 יח(youd ‘het) ou חי (‘Hai) qui veut dire vivant.
Je vous souhaite une bonne année pleine de de vie, d’instants de bonheur et de découvertes passionnantes.

שנה טובה ומתוקה
שנת אושר
שנת בריאות
שנת שלווה

Bonne année 5778

A bientôt,

La ville de David עיר דוד

A tous nos ancêtres qui, fidèlement, obstinément, ont pleuré la destruction de Jerusalem et n’ont pas pu la voir revivre.

Au sud du Kotel et du mont du Temple se trouve un grand site archéologique, עיר דויד (ir David) ou ville de David. Il fait partie du parc national Les murailles de Jerusalem qui sont une large bande de verdure qui contourne les murailles de la ville.


Le site se trouve sur la colline de l’Ophel qui est le nom d’une forteresse gardant la ville au sud-est*.  Il est question de la muraille de l’Ophel sur la stèle de Mesha* trouvée en bordure du site et du village de Silwan.

(La stèle de Mesha se trouve actuellement au Musée du Louvre,
elle raconte les guerres entre les rois du royaume d’Israel et les Moabites)

Le village de Silwan a ceci de particulier qu’il était habité par de nombreux Juifs originaires du Yemen ainsi que des Juifs Karaïtes qui en ont été chasses en 1948  et s’y sont réinstallés après la guerre des 6 jours en 1967. Bien que la population musulmane y soit souvent violente à leur égard, 62 familles juives y sont retournées à ce jour,  dont la famille Meyuhas qui a reconstruit sa maison datant de 1875.

Mais retournons à la période biblique. Silwan autrefois s’appelait Shiloa’h, célèbre pour sa piscine, le grand réservoir d’eau de la ville dans l’antiquité.

C’est là qu’avaient lieu les festivités de שמחת בית השואבה (sim’hat beit hashoeva). Ça devait être hollywoodien me disait mon ami Yossi Cohen*.
Il est écrit dans la Mishna מִי שֶׁלֹּא רָאָה שִׂמְחַת בֵּית הַשּׁוֹאֵבָה – לֹא רָאָה שִׂמְחָה מִיָּמָיו. Celui qui n’a pas vu la joie de sim’hat beit hashoeva, n’a jamais vu de joie de sa vie .
 Des milliers des personnes  y participaient en chantant et en dansant au son des lyres et des tambourins, des trompettes et des shofars, pendant que les Cohanim, ayant offert un sacrifice,  puisaient de l’eau et la versaient depuis une soucoupe en or dans une tasse en argent,  percée par le fond, pour la laisser s’écouler en libation. Ils priaient ainsi pour que l’année soit pluvieuse.


(dessin Dafna Levanon)

Voici une video qui présente le chemin allant de la piscine de Shiloa’h au Kotel.

Le Roi David avait conquis cette forteresse יבוס-Yebus (Jebus).
David et tous les Israélites marchèrent sur Jérusalem, qui s’appelait Jébus. Là étaient les Jébuséens, qui occupaient le pays.  Mais ceux-ci dirent à David: « Tu n’entreras pas ici. » Toutefois, David s’empara de la forteresse de Sion, qui est la Cité de David. David avait dit: « Celui qui battra les Jébuséens en premier deviendra chef et prince. » Ce fut Yoav, fils de Cerouya, qui monta le premier, et il devint chef.  David s’établit dans la forteresse, qu’on nomma pour cette raison Cité de David.  Il ajouta des constructions à la ronde. Quant à Yoav, il restaura le reste de la ville...(2 livre de Samuel, 5)

David l’avait conquise pour des raisons à la fois
– Militaires: Le site se trouve à environ 800 m d’altitude et est donc facile à défendre

– Mais aussi politiques: Elle se trouve à la limite entre la Judée, territoire de la tribu de David (tribu de Yehuda) et celui de la tribu du roi déchu Shaoul (tribu de Binyamin)
– Et enfin, religieuses: Une des collines, le mont Moriah, celle qui accueillera plus tard le temple, est déjà considérée comme l’endroit ou Yits’hak aurait du être sacrifié par son père Avraham.

De nombreuses sources donnent de l’eau à la ville chaque printemps. La plus importante est le Gi’hon.


Bien plus tard, le roi Hizkiyahou entreprendra des travaux d’importance pour ravitailler plus facilement la ville :
Ce fut Ezéchias qui boucha l’issue supérieure des eaux du Ghihôn et les dirigea par en bas du côté occidental vers la cité de David, et Ezéchias réussit dans toutes ses entreprises. (2 Livre des Chroniques 33 30)
וְהוּא יְחִזְקִיָּהוּ, סָתַם אֶת-מוֹצָא מֵימֵי גִיחוֹן הָעֶלְיוֹן, וַיַּישְּׁרֵם לְמַטָּה-מַּעְרָבָה, לְעִיר דָּוִיד; וַיַּצְלַח יְחִזְקִיָּהוּ, בְּכָל-מַעֲשֵׂהוּ.
Le tunnel a une longueur de 533 m sur un dénivelé de 2,27 m.
Pourquoi ces grands travaux?  Ce grand tunnel et la construction de murailles plus conséquentes* sont généralement expliqués par le besoin de nourrir une population grossie de nombreux réfugiés lors de la chute du royaume d’Israel et de sa capitale Shomron.

A quelques mètres de la sortie du tunnel a été découverte en 1860 une pierre portant l’inscription suivante en hébreu:
Le creusement. Voici l’histoire du creusement. Pendant que les tailleurs de la roche brandissaient leurs outils chacun en face de ses compagnons, un moment où manquaient trois coudée (1,50 m) pour la perforation, la voix d’un homme fut entendue, demandant à son compagnon pourquoi il y avait une crevasse. À la droite… Le jour de la perforation, les mineurs frappèrent chacun pour rencontrer son compagnon… et les eaux s’écoulèrent de la source jusqu’à la piscine, environ 1200 coudées (533 m). La roche était à 100 coudées (50 m) au-dessus de la tête des tailleurs de la roche. 

(Cette pierre se trouve au musée des Œuvres de l’Orient Ancien à Istambul)

En 2005, l’archéologue Eilat Mazar annonce qu’elle a découvert les restes d’un grand bâtiment, pour elle il s’agit du palais du roi David. Elle se base sur le texte biblique, corroboré par les trouvailles de poteries datant du 10 ème siècle avant l’ère chrétienne et aussi sur le fait qu’une construction aussi élaborée avec de pareilles dimensions ne pouvait pas appartenir à l’ancienne forteresse militaire jebuséene.

De nombreux artefacts ont été retrouvés depuis. La plupart témoignent de la vie quotidienne aux périodes du premier et du deuxième Temple* et quelques uns de la période hellénistique. Il y a peu, les archéologues ont mit à jour des habitations, des restes calcinés d’arbres, des poteries et même de la nourriture (grains de raisons, arêtes de poissons) datant de la destruction du premier Temple par les Babyloniens en 586 avant l’ère chrétienne.

Ce sont les mêmes trouvailles que celles extraites des tonnes de terres rejetées par les bulldozers du Waqf*qui s’affairent sur le Mont du Temple pour détruire toute trace d’une présence juive.
Des découvertes fascinantes ont été faites, comme des tessons de récipients en pierre, des bijoux, des perles, des figurines en terre cuite, des pointes de flèches et autres armes, des poids de balances, des accessoires de mode, des dés à jouer, des incrustations d’os et de coquillages, des décorations de meubles, des objets en os et en ivoire et des fragments d’inscriptions sur pierre ou sur poterie.

Ce qui a bien amusé les volontaires à ces fouilles, ce sont tous ces dés, en os et en ivoire, datant de la période romaine. Il faut dire que dans la Mishna, les joueurs de dés étaient récusés comme témoins!
Ce sceau de la période du roi David  a fait les gros titres:

(photo Zeev Radovan Zachi Dvira)

Il a été découvert par Matvei Tcepliaev, un jeune volontaire de 10 ans qui participait aux fouilles pendant ses vacances.
En fait, dans toute cette zone, chaque seau de terre  contient des artefacts de toutes les périodes depuis la prise de Jebus par David, il y a presque 3,000 ans. 

Ce jour de Tisha Be’Av*, nous commémorons la destruction du Temple. J’ai eu envie de vous faire part de ces découvertes. Elles montrent  à quel point notre enracinement dans ce pays et dans cette ville est profond et ancien.
La chanteuse Etty Ankry raconte qu’un jour, prise dans un embouteillage sur la route, elle leva les yeux vers un panneau  qui indiquait la direction de Jerusalem. Elle pensa soudain que si Yehouda Halevy était là, à côté d’elle, il n’en croirait pas ses yeux.
Lui qui écrivait il y a déjà 1000 ans:
Mon cœur est en Orient et moi je suis aux confins de l’Occident.
ליבי במזרח ואני בסוף מערב
Lui qui avait été assassiné par la lance d’un cavalier arabe alors qu’enfin arrivé à Jerusalem, il se tenait appuyé aux pierres du Kotel…
Voici un poème de Yehuda Halavy, Yefe Nof, qui célèbre la beauté de Jerusalem. Il est interprété par Etty Ankri

A bientôt,

*Les Juifs karaïtes:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/02/07/rencontre-avec-un-karaite/

*Joseph Cohen: L’histoire de l’écriture hébraïque, son origine, son évolution et ses secrets, ed Cosmogone, 1999

*Ophel en Samarie (Shomron):
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/08/10/la-samarie-et-les-samaritains/
Dans le Tanakh, il est mentionné que le prophète Elisha et son disciple habitaient à l’Ophel (partie fortifiée) de Shomron

*Histoire des murailles de Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/05/23/dans-tes-murs-dans-tes-portes-jerusalem/

*stèle de Mesha:
https://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A8le_de_Mesha

*Trouvailles archéologiques sur le mont du Temple:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/11/25/bonnes-et-mauvaise-nouvelles/

*Tisha beAv:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/07/29/le-mois-de-av/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/07/26/hadrien-si-tu-savais/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/08/07/4980/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/07/15/tisha-beav/

Détruire Israel par tous les moyens

A la mémoire de Ha’il Satawi et Kamil Shanan,  policiers druzes assassinés  par trois terroristes arabes israéliens de Um el Farm.

 et celles des membres de la famille Salomon, Yossef, Haya et Elad, égorgés chez eux lors du repas de shabbat par un terroriste venu des territoires palestiniens et qui voulait « sauver El Aqsa ».

Hier, je regardais la chaîne télé de la Knesset. Une des nombreuses commissions du parlement israélien traitait d’un sujet très sensible et actuel. Il s’agit des pressions exercées à l’égard de la jeunesse druze israélienne pour la convaincre de ne pas faire de service militaire.

La commission présidée par le député Amir Ohana. conseiller aux affaires militaires liées au recrutement, et à laquelle participaient des officiers supérieurs. un député et une représentante du Ministère de l’Education pour le secteur druze et tcherkesse,  a entendu un certain nombre de témoignages, notamment celui des représentants du mouvement étudiant Im Tirtzou qui a dévoilé cette affaire.
Le responsable de Im Tirtzou, Matan Peled, a décrit les activités de l’organisation pro palestinienne Baladna et ses liens avec les députés de la liste unifiée arabe*, tous deux incitant les jeunes appartenant aux communautés musulmanes, chrétiennes et surtout druzes, à ne pas faire leur service militaire ou service national.

L’organisation Baladna et sa jumelle Aorfod veut persuader les jeunes druzes qu’il n’y a pas d’entité druze-israélienne et qu’ils sont en fait tout simplement palestiniens. De même pour les jeunes tcherkesses. Dans ces communautés attachés à leur tradition, le service militaire ne touche que les garçons, mais les filles font souvent le service civil en volontariat dans les villages druzes.
Pour Baladna, même le service civil, qui est en fait un volontariat au service des plus démunis, est le signe d’une allégeance à la puissance occupante, Israel. Si il y a volontariat, celui-ci doit être effectué seulement dans les organisations palestiniennes.  Médecins et avocats affiliés à ces organisations expliquent aux jeunes comment frauder pour se faire reformer.
A ce stade, je dois préciser que les membres de la Liste unifiée sont des députés israéliens sensés représenter la minorité arabe israélienne et non pas les palestiniens de Mahmoud Abbas ou du Hamas.

Matan Peled a ajouté que les députés de la Liste unifiée incitent, d’une façon plus générale, les jeunes druzes qui sont astreints au service militaire comme les Juifs, à ne plus se considérer comme israéliens mais comme palestiniens. Ils font un travail de sape très élaboré au sein de la société israélienne non juive: Un jeune druze a témoigné pour décrire ce qui se passait à Daliyat El Carmel (ville druze au nord d’Israel) où ces organisations, n’ayant pas été autorisées à rentrer dans le lycée, avaient fait des réunions informelles dans un centre social sous un faux prétexte.

Le Dr Akram Hasson, député druze, a indiqué que les druzes jusqu’à présent ne se sont pas laissé faire et qu’au final le pourcentage d’incorporation des druzes dans l’armée est aussi élevé que celui des Juifs, mais, a-t-il ajouté, « une stricte surveillance de ces activités s’impose, nous maintiendrons l’interdiction à ces organisations d’entrée dans les établissements d’enseignement dans nos villages à majorité druze ». Toutefois signale-t-il, « il n’est pas possible aujourd’hui d’en faire autant dans des villages tels que Shfaram ou Kfar Kana où la population est mixte: druze et arabe. Pour ces derniers, nous allons proposer une loi  de protection contre ces organisations, sans délai. »

Mais, allez vous dire, même dans la population juive, des organisations prônent la désobéissance civile.
A l’extrême gauche de l’échiquier politique, Shoverim Shtika ou B’tselem, recrutent des arnarchisto-trotskistes  qui sont persuadés qu’en affaiblissant Tsahal, nous arriverons à une paix entre nous et les arabes. Certains sont atteints de ce syndrome de la haine de soi, ils espèrent en s’accusant, en annihilant leur identité, s’attirer les bonnes grâces de leurs ennemis ce qui bien sur n’arrivera jamais puisque le monde arabe ne connait que le dominant et le dominé et ne considérera jamais le dhimmi comme un interlocuteur valable.
Egalement, ceux, qui dans les groupes haredim, refusent aussi le service militaire, se justifient en nous expliquant que leurs prières sont aussi efficaces (voire plus) que le maniement des armes. Dans ces deux cas, que l’on soit d’accord ou pas, les gauchistes comme les harédim estiment agir en fonction de leurs convictions pour le bien du pays.

Tandis que pour le parti La Liste unifiée ou les organisations telles que Baladna,  il s’agit de détruire le fragile équilibre qui s’est installé dans la société israélienne entre différentes communautés. Il s’agit de démembrer Israel considéré comme l’ennemi. Leurs discours, ne se réfèrent jamais à la coexistence ou au vivre-ensemble. Non, leur objectif est clair: soumettre et détruire l’état d’Israel. Leurs propos sont clairs sur le sujet, ils ne s’en cachent même pas. ils parlent de soumission des juifs et de destruction du pays. Il veulent selon les expressions consacrées « la Palestine de la rivière à la mer » ou bien « jeter les Juifs à la mer », expressions largement scandées par les foules pendant les manifestations de cette dernière semaine.

Il était temps que ce problème soit révélé au grand jour. Le mouvement Im Tirtzou, qui est de plus en plus actif dans les universités, a beaucoup fait sur ce sujet.

Quand les députés druzes disent que ce mouvement Baladna n’a pas eu d’impact jusqu’à présent sur les jeunes druzes ou tcherkesses, c’est sans doute vrai car, dans la vie de tous les jours, les Arabes musulmans ne montrent aucune empathie pour les Druzes et ces mêmes députés, qui voudraient rallier les druzes à la cause palestinienne, ne prennent même pas la peine de se déplacer pour assister aux enterrements des victimes druzes des attentats. Il y a d’ailleurs eu des heurts violents entre Druzes et Arabes ces derniers temps dans les villages mixtes.

Les députés présents à cette commission ont décidé d’ouvrir une enquête pénale à l’encontre de 4 députés de la Liste unifiée.

J’ai confiance dans les Druzes. Non seulement nous avons créé avec eux ce qu’ils appellent une alliance de sang et de vie mais souvent, ils nous donnent des leçons de sionisme comme le ministre des communications  Ayoub Kara, ou comme  il y a quelques jours le député Ayal Assad qui s’opposait au démantèlement des portiques de sécurité aux entrées du Mont du Temple:
« La décision de retirer les portiques est un signe de faiblesse. Le peuple de l’éternité est digne d’un leadership fort et solide, qui ne s’aplatit pas et ne cède pas devant ceux qui désirent tuer des juifs. Il nous faut un gouvernement qui sera capable de chasser la Liste arabe unifiée et de l’envoyer à Gaza. En vrai et pas avec des mots. La population d’Israël a besoin de chefs à l’image de Juda Maccabée qui sortit lutter contre l’Empire gréco-syrien et remporta la victoire. Le peuple d’Israël a besoin de plus de foi ainsi que de prières dans les synagogues et les maisons d’étude.  N’oubliez pas! »

En fait, Israel subit actuellement une attaque sur tous les fronts:
– Au nord, le Hezbollah a réussi à étendre le conflit syrien au Liban et est en train de gagner la bataille de la Bekaa libanaise qui dure depuis une bonne semaine. Ce même Hezbollah, aidé par l’Iran, qui gouverne toute la région sud du Liban et nous menace avec ses milliers de missiles alors que pour mettre fin au précédent conflit l’ONU (France en tête) avait garanti que cette zone tampon  serait une zone démilitarisée.
– Au sud le Hamas, qui s’est allié depuis peu avec le Hezbollah libanais, menace également Israel de ses milliers de roquettes et pratique la surenchère en provoquant régulièrement Israel dans le but de gagner la guerre du leadership qui l’oppose au Fatah de Mahamoud Abbas.

L’un des héros de la guerre de l’été 2014, le général de brigade Ghassam  Alyian* a déclaré il y déjà quelque temps:


« Des forces ennemies qui ne sont pas libanaises, comme le groupe terroriste Hamas, pourraient mener des combats sur la frontière nord d’Israël. Des événements sur d’autres fronts que le front nord pourraient également déclencher quelque chose. Je suis basé au Nord du pays mais je vous assure que les événements de la frontière sud ont un impact énorme. Beaucoup de choses qui se passent à Gaza sont pertinentes pour le front libanais: nos ennemis analysent nos techniques de combat et s’inspirent de cette connaissance pour améliorer leurs propres tactiques. D’une façon ou d’une autre, une troisième guerre avec le Liban n’est juste qu’une question de temps ».
– A l’est, sur le Golan, l’accord récent de cessez le feu entre les troupes syro-iraniennes et les rebelles syriens, permet aux troupes chiites et à des observateurs russes de s’installer à 30 km de la frontière israélienne et à 6 km de la frontières jordanienne. La présence des observateurs russes empêchera les israéliens d’intervenir pour éviter que ne se forme une menace militaire sérieuse à la frontière est.
– A l’Unesco où les palestiniens d’ Abbas avec la complicité sournoise des européens et celle active des pays arabes font passer des résolutions qui sont des injures à l’intelligence des peuples et à l’histoire pour délégitimer toute présence juive dans la région.
– Enfin à l’intérieur, des groupes, comme Baladna, aidés par les députés arabes, eux-mêmes proches du mouvement islamique israélien, poursuivent leur tentatives de déstabilisation de la société israélienne. Le Waqf jordanien, en charge de l’administration de la mosquée d’El Aqsa, soutient les émeutiers et attise leur haine et leur colère en déclarant que les israéliens veulent détruire El Aqsa pour reconstruire le Temple. Les jordaniens aussi s’en mêlent car même si Abballah II a le plus profond mépris pour les Palestiniens et Arabes Israéliens, il a peur de perdre et son trône et sa vie. Il doit donc enfourcher le même cheval de bataille au cri de « Sauvons El Aqsa!*

Quand aux pays de l’Union Européenne qui continuent de vociférer contre Israel avec véhémence et à voter dans les instances onusiennes avec les pays arabes quelque soit la pertinence des résolutions, je n’en parlerai même plus. Ils ont une obsession mortifère contre nous qui font que des portiques de sécurité leur semblent acceptables partout dans le monde sauf ici car, comme je l’ai entendu lors d’une émission C’ dans l’air de France 5: « La Mecque ou le Vatican ne sont pas sous occupation étrangère ». La messe est dite!

Nous en sortirons, nous nous en sortons toujours, mais le prix à payer est quand même bien lourd!! 

 

A bientôt,

P.S.: Si vous n’avez pas le temps de lire toutes les notes, lisez au moins l’article de Ph Karsenty et P Lurçat

* Les Druzes:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/02/12/yitro-et-nous/

* La Liste unifiée est une coalition politique israélienne fondée en 2015, issue de l’alliance entre le parti communiste Hadash et les trois formations arabes : le Mouvement islamique (branche sudiste), la Liste arabe unie – Ta’alet et les nationalistes du parti Balad. Elue démocratiquement elle est représentée à la Knesset par 13 députés sur 120.

*Les Tcherkessim:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/05/22/les-tcherkessim/

*Ghassam Alyian:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/27/la-nuque-raide/

*Le ministre Ayub Kara est le representant en Israel des Bnei Noa’h (enfants de Noé) non- juifs qui observent les 7 mitsvot données à Noah: obligation d’établir des tribunaux, interdiction du meurtre, du vol, de l’adultère ou inceste, de l’idolâtrie, du blasphème, de manger la viande d’un animal vivant.
Actuellement, ce sont des monothéistes détachés du christianisme ou de l’islam. 
http://noahideworldcenter.org/wp_fr/dernieres-nouvelles/le-ministre-druze-ayoub-kara-representant-des-enfants-de-noe-au-sein-du-gouvernement-israelien/#gsc.tab=0

*Sauvons El Aqsa, est le cri de ralliement des terroristes ceux de Daesh, du Hamas, Fatah, du Jihad Islamique etc…
Lire à ce sujet l’excellent article de Philippe Karsenty et Pierre Lurçat 
sur Causeur:
https://www.causeur.fr/israel-jerusalem-alaqsa-terrorisme-145787#disqus_thread
Et sur la destruction des lieux saints musulmans par les musulmans eux-mêmes (les Juifs n’en ont pas détruit un seul)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Destruction_de_sites_li%C3%A9s_%C3%A0_l’Islam_pr%C3%A9coce

Quelques uns de mes articles sur le sujet:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/06/06/notre-jerusalem/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/11/11/la-porte-des-lionshttps://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/09/25/le-groupe-clandestin-des-souffleurs-de-shofar/

 

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Jerusalem, au sommet de notre joie

Tout le monde connaît ירושלים של זהב(Yerushalayim Shel Zahav)*, écrit par Naomi Shemer dans cette période si angoissante du mois de mai 1967. Mais savez-vous quel fut le premier chant composé en l’honneur de Jerusalem enfin libérée?
L’histoire se passe en 1917 juste après l’arrivée des Anglais en Palestine. Les Juifs sont fébriles et heureux. Les troupes troupes britanniques sont entrées dans Jerusalem le premier jour de ‘Hannouka et ils y voient une promesse de גאולה (geoula=délivrance) même s’ils devront déchanter par la suite. Eliezer Ben Yehuda* demande au compositeur de l’époque, Avraham Zvi Idelson,  d’écrire un chant en l’honneur de la libération de la ville, une mélodie  et une simple phrase qui peuvent parler au cœur de tous les Juifs: ce sera ‘Hava Nagila sur une mélodie ‘hassidique:

« Venez vous réjouir et soyez heureux. Venez dans l’allégresse. Levez vous frères d’un cœur joyeux »
הבה נגילה, הבה נגילה
הבה נגילה ונשמחה.
הבה נרננה, הבה נרננה,
הבה, הבה נרננה.
עורו אחים בלב שמח


Cette semaine, nous avons fêté non seulement le יום ירושלים Yom Yerushalayim (jour de Jerusalem) mais aussi les 50 ans de la libération de la ville à la fin de la guerre des 6 jours. Les cérémonies et spectacles se sont succédés dans la ville et dans tout le pays. 
Voici trois vidéos prises au pied des murailles.
ירושלים של זהב Yerushalayim shel zahav:

la danse des drapeaux:

Enfin l’Hatikva reprise par les spectateurs:

Alors n’en déplaise à l’ONU, à l’UNESCO,  nous continuerons à vivre et à fêter Jerusalem, notre capitale depuis le roi David,
Nous fêtons sa libération depuis ce mois de juin 1967 ou nous avons tant tremblé et nous nous sommes tant réjouis et nous mettrons « Jerusalem au sommet de notre joie. »*

Pour ceux qui voudraient comprendre non seulement pourquoi nous sommes si attachés à Jerusalem mais aussi pourquoi le monde arabo-musulman use de son influence pour nous en expulser symboliquement en espérant y arriver réellement la prochaine fois, voici ce film de Pierre Rehov qui explique les choses très clairement:

 

Les amis d’Israel sont déjà convaincus mais se sentent impuissants.
Ceux qui nous haïssent ne le regarderont même pas, Ceux qui sont indifférents hausseront les épaules « encore ces histoires de Juifs! » sans réaliser qu’il ne s’agit pas seulement de nous mais d’eux, que c’est toute leur culture qu’on met à la poubelle. Bientôt, ils assisteront à des autodafés, liront des livres expurgés, accepteront une pseudo-histoire ou une pseudo-science. Ce n’est pas si loin. Vous vous souvenez des autodafé des nazis, vous vous souvenez des théories de Lyssenko*?

L’Europe ne nous pardonne pas d’avoir survécu et surtout d’avoir gardé notre âme. Si l’Occident  persiste dans sa torpeur égoïste et passive, il mourra.  Il devrait se souvenir qu’ « après le samedi vient le dimanche« 

A bientôt,

*Eliezer ben Yehuda:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/10/16/eliezer-ben-yehouda/

*Jerusalem,  au sommet de notre joie: psaume 137

*articles sur Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/07/jerusalem-dor/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/03/02/nous-les-yerushalmim/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/05/23/dans-tes-murs-dans-tes-portes-jerusalem/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/09/25/le-groupe-clandestin-des-souffleurs-de-shofar/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/10/17/nous-sommes-tous-concernes/

https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/06/06/notre-jerusalem/

*Lyssenko:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lyssenkisme

 

Yom Haatsmaout 2017: Toda!

Le projet עצמאות עם משמעות (Atsmaout im Mashmaout), ou comment donner un sens à notre indépendance, est devenu très populaire ces derniers temps.
De jeunes israéliens partent chaque année à la rencontre de gens simples qui ne seront pas honorés pendant les cérémonies officielles et qui sont pourtant, eux aussi, les bâtisseurs de ce pays.

La vidéo ci-dessous a été tournée par les membres de ce groupe,  au moshav Noga, dans le Neguev.

Esther et Avraham Daniel font partie des fondateurs du moshav. Arrivés d’Irak en 1951, ils expliquent à un journaliste ce que fut leur vie:
« Au début, il n’y avait rien ici, rien sauf des épineux. Nous habitions une baraque que nous partagions avec des souris… Quand je me suis mariée, je n’avais pas de verre pour boire un thé ou de l’eau… J’ai travaillé à Solel Boneh*, nous avons bâti ces maisons, personne ne nous a aidé… Après une journée de travail mes mains étaient en sang. Je nourrissais difficilement mes enfants… »
Leur sionisme est celui de tous les jours, sans ostentation, sans réflexion philosophique: « j’étais fier d’être soldat dans l’armée d’Israel… »
Ils sont âgés maintenant et un peu déphasés par rapport à la nouvelle génération qui « ne peut pas comprendre ce que nous avons souffert » mais peu leur importe: « Que vive l’état d’Israel. Tout ce qu’il y a ici, c’est incroyable. Il n’y a pas un autre peuple comme le notre, le jour de l’Indépendance pour moi, pour nous, c’est que nous sommes nés à nouveau. »
Ils ne se glorifient pas, eux qui ont sué sang et eau: Quel pays nous avons reçu! Que Dieu soit loué! Yom Haatsmaout, c’est une  fête, une grande fête…« 
Avraham ajoute: »Tiens, par exemple, on va dire qu’on tient une corde, si on se met à quatre pour la tenir, qui pourra la couper? Si tu la tiens tout seul? Tout de suite! Si nous tous, nous sommes liés les uns aux autres, le peuple d’Israel est uni,  et bien, même si le monde entier venait (pour nous attaquer) il ne pourrait rien contre nous!… »
Mais à la porte se tient une jeune fille. Elle porte un drapeau.
-Shalom!
Nous voulions vous dire merci, car c’est vous qui avez construit ce pays pour nous. C’est grâce à vous que nous sommes là aujourd’hui. Je suis très émue d’être ici et de vous dire merci!
Avraham embrasse le drapeau: Quel drapeau! Il l’embrasse encore: Il faut le lever très haut, très haut!
-D’autres gens veulent vous dire merci, venez avec moi, venez…
Ils sortent et d’autres jeunes leur crient:
-Merci de nous avoir bâti ce pays!

Enfin hier soir, la cérémonie d’allumage des 12 torches sur le Mont Herzl, symbole des 12 tribus, allumées par des personnalités publiques mais aussi par des inconnus qui se sont distingués cette année.

A bientôt,

*Solel Boneh: entreprise de travaux publics

 

 

 

 

 

Yom Hazikaron 2017

Lundi nous célébrons à nouveau à une triste commémoration: le Yom Hazikaron (jour du souvenir) consacré aux soldats et civils victimes des guerres et du terrorisme.

Le ministère de la Défense publie comme chaque année les chiffres officiels et ces chiffres augmentent chaque année: le nombre de soldats, policiers et gardes tombés en service est de 23 544 depuis l’année 1860. Ce décompte a commencé au moment où les Juifs de Jerusalem ont pris leur sécurité en main*. Cette année, six nouvelles victimes sont à rajouter et de plus, 37 blessés sont morts de leurs blessures reçues au combat. Pour chaque mort, une famille, une veuve, des orphelins… Les parents isolés et âgés sont escortés et aidés lors de leur visite au cimetière le jour de Yom Hazikaron par les jeunes des mouvements de jeunesse.

La semaine dernière, a été inauguré sur le Mont Herzl a Jerusalem, le Hall du Souvenir pour les soldats tombés au combat. Sur le mur extérieur, cette citation du prophète Jérémie:
« Ephraïm est-il donc pour moi un fils chéri, un enfant choyé, puisque, plus j’en parle, plus je veux me souvenir de lui? Oh! oui, mes entrailles se sont émues en sa faveur, il faut que je le prenne en pitié, dit l’Eternel. »
הֲבֵן יַקִּיר לִי אֶפְרַיִם, אִם יֶלֶד שַׁעֲשֻׁעִים–כִּי-מִדֵּי דַבְּרִי בּוֹ, זָכֹר אֶזְכְּרֶנּוּ עוֹד; עַל-כֵּן, הָמוּ מֵעַי לוֹ–רַחֵם אֲרַחֲמֶנּוּ, נְאֻם-יְהוָה

A l’intérieur du monument, un chemin serpente vers le haut en spirale. Les noms des soldats tombés aux combats et les dates de leur décès sont inscrits sur les briques qui bordent le mur du chemin de 260 mètres. Chaque jour, sont affichées des photos et des informations sur les soldats qui ont été tués ce jour-là de l’année et une bougie est allumée à leur mémoire .
Les visiteurs peuvent localiser la pierre qui concerne leur proche grâce aux ordinateurs placés le long du chemin et obtenir ainsi des informations à son sujet.
Le directeur du Mémorial, Arieh Muallem, a déclaré: « Nous devons nous souvenir de chacun d’eux, et nous nous souviendrons d’eux personnellement en allumant une bougie le jour anniversaire de leur décès. C’est important pour les parents qui vieillissent de savoir que leurs fils ne seront jamais oubliés« . 

La plupart des soldats tombés au combat sont Juifs mais pas tous: certains sont druzes, chrétiens ou musulmans.

(Yom hazikarone au village druze de Julis)

L’un des soldats mort pendant la guerre d’Indépendance a eu un destin très particulier. Sur sa tombe au cimetière militaire de Netanya, on peut lire: Barukh Mizra’hi né à Tzfat en 1926, tombé au combat en 1948.

Il est aussi écrit qu’il était le fils d’Avraham et de Sarah.
En fait, il s’agit d’Avraham avinou  et de Sara’h imenou *: c’est  la tombe d’un גר צדק (guer tsedek) ou jeune homme converti au judaïsme.
Barukh Mizra’hi est né Hamuda Abu al-Einein , fils de Mahmoud et Fatima.

La famille Abu al-Einein est une riche famille de Tsfat, connue pour son combat en faveur du pan-arabisme*. Ses parents l’envoient cependant étudier à l’école de l’Alliance Israélite de Tsfat, considérée comme la meilleure école de la ville. Ses amis sont tous Juifs et ‘Hamouda change d’opinion au sujet des Juifs et du sionisme. Les relations avec son père alors deviennent très difficiles. Les menaces et les coups n’y changent rien. Il quitte la maison alors qu’il n’est qu’un adolescent, part à ‘Haifa et décide de se convertir au judaïsme. Les rabbins du tribunal rabbinique hésitent: il est certes sincère mais il est mineur. Ceci dit, s’ils le renvoient dans son milieu d’origine, il se fera assassiner par sa famille pour apostasie. ‘Hamouda obtient finalement gain de cause et est converti en prenant le prénom de Barukh. Le tribunal rabbinique de ‘Haifa l’inscrit aussi sous le nom de famille assez courant de Mizra’hi* pour sa sécurité.

Vivant cependant dans une certaine clandestinité, il s’engage auprès de l’Etzel* dont les membres sont pourchassés par les Anglais.
Son groupe est arrêté après une action contre l’armée britannique. Il est déporté en Érythrée. Là, la sécurité du camp est confiée à des gardes soudanais musulmans qui aiment faire des cartons sur les prisonniers. Barukh est gravement blessé. Persuadé de sa mort prochaine, il fait jurer à ses camarades de l’enterrer en Israel, le jour où ce sera possible. Il survit et peut enfin rejoindre en Israel en 1948.
Malheureusement  le pays est en pleine guerre. Comme il parle arabe,  il est envoyé comme agent de renseignements en Samarie et est tué à Sa Nur* à l’âge de 22 ans.

En 1968, Mena’hem Begin fera rechercher sa dépouille qui est enterrée au cimetière militaire de Netanya.
Le conseil de Judée-Samarie a décidé cette année d’honorer particulièrement sa mémoire.

 

A bientôt,

* La garde juive de Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/02/19/la-garde-juive/

* Avraham Avinou et Sarah Imanou (Avraham notre père et Sarah notre mère): il s’agit du couple biblique Avraham et Sarah, considérés comme les parents des convertis.

* Le clan Abu al-Einein était lié aux Frères Musulmans. En 1938, un de ses membres avaient appelé à expulser tous les Juifs de Palestine y compris les médecins (Certains palestiniens minoritaires envisageaient de permettre aux seuls médecins juifs, réputés efficaces, de vivre en Israel pour le bien de la population musulmane!!!).  Actuellement, l’un des conseillers de Mahmoud Abbas s’appelle Sultan Abu al-Einein.
http://palwatch.org/main.aspx?fi=157&doc_id=8934
http://www.palwatch.org/main.aspx?fi=157&doc_id=18259
http://palwatch.org/main.aspx?fi=90&doc_id=9101


* Etzel: organisation de défense juive pendant le Mandat britannique, plus ancienne que la Haganah et acquise aux idées de Jabotinsky. L’Etzel fut incorporée à la nouvelle armée juive au début de la guerre d’Indépendance.

* Le nom de Mizra’hi est en effet assez courant mais en plus, il signifie oriental, ce qui convenait à ce jeune homme.

https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/02/29/desarrois-juifs-dans-lentre-deux-guerres/
http://eng.shimur.org/etzel-tashach/

* Sa Nur: Village de Cisjordanie proche de Jenin en Samarie. Les accords d’armistice de Rhodes en 1949, concédèrent la Judée et la Samarie à la Jordanie.
En 1978, les Israéliens construisirent une implantation du même nom, שא נור (Sa Nur), lève la flamme, mais elle fut démolie en 2005 dans le cadre du désengagement de la bande de Gaza.

 

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