Yom Haatsmaout 2017: Toda!

Le projet עצמאות עם משמעות (Atsmaout im Mashmaout), ou comment donner un sens à notre indépendance, est devenu très populaire ces derniers temps.
De jeunes israéliens partent chaque année à la rencontre de gens simples qui ne seront pas honorés pendant les cérémonies officielles et qui sont pourtant, eux aussi, les bâtisseurs de ce pays.

La vidéo ci-dessous a été tournée par les membres de ce groupe,  au moshav Noga, dans le Neguev.

Esther et Avraham Daniel font partie des fondateurs du moshav. Arrivés d’Irak en 1951, ils expliquent à un journaliste ce que fut leur vie:
« Au début, il n’y avait rien ici, rien sauf des épineux. Nous habitions une baraque que nous partagions avec des souris… Quand je me suis mariée, je n’avais pas de verre pour boire un thé ou de l’eau… J’ai travaillé à Solel Boneh*, nous avons bâti ces maisons, personne ne nous a aidé… Après une journée de travail mes mains étaient en sang. Je nourrissais difficilement mes enfants… »
Leur sionisme est celui de tous les jours, sans ostentation, sans réflexion philosophique: « j’étais fier d’être soldat dans l’armée d’Israel… »
Ils sont âgés maintenant et un peu déphasés par rapport à la nouvelle génération qui « ne peut pas comprendre ce que nous avons souffert » mais peu leur importe: « Que vive l’état d’Israel. Tout ce qu’il y a ici, c’est incroyable. Il n’y a pas un autre peuple comme le notre, le jour de l’Indépendance pour moi, pour nous, c’est que nous sommes nés à nouveau. »
Ils ne se glorifient pas, eux qui ont sué sang et eau: Quel pays nous avons reçu! Que Dieu soit loué! Yom Haatsmaout, c’est une  fête, une grande fête…« 
Avraham ajoute: »Tiens, par exemple, on va dire qu’on tient une corde, si on se met à quatre pour la tenir, qui pourra la couper? Si tu la tiens tout seul? Tout de suite! Si nous tous, nous sommes liés les uns aux autres, le peuple d’Israel est uni,  et bien, même si le monde entier venait (pour nous attaquer) il ne pourrait rien contre nous!… »
Mais à la porte se tient une jeune fille. Elle porte un drapeau.
-Shalom!
Nous voulions vous dire merci, car c’est vous qui avez construit ce pays pour nous. C’est grâce à vous que nous sommes là aujourd’hui. Je suis très émue d’être ici et de vous dire merci!
Avraham embrasse le drapeau: Quel drapeau! Il l’embrasse encore: Il faut le lever très haut, très haut!
-D’autres gens veulent vous dire merci, venez avec moi, venez…
Ils sortent et d’autres jeunes leur crient:
-Merci de nous avoir bâti ce pays!

Enfin hier soir, la cérémonie d’allumage des 12 torches sur le Mont Herzl, symbole des 12 tribus, allumées par des personnalités publiques mais aussi par des inconnus qui se sont distingués cette année.

A bientôt,

*Solel Boneh: entreprise de travaux publics

 

 

 

 

 

Yom Hazikaron 2017

Lundi nous célébrons à nouveau à une triste commémoration: le Yom Hazikaron (jour du souvenir) consacré aux soldats et civils victimes des guerres et du terrorisme.

Le ministère de la Défense publie comme chaque année les chiffres officiels et ces chiffres augmentent chaque année: le nombre de soldats, policiers et gardes tombés en service est de 23 544 depuis l’année 1860. Ce décompte a commencé au moment où les Juifs de Jerusalem ont pris leur sécurité en main*. Cette année, six nouvelles victimes sont à rajouter et de plus, 37 blessés sont morts de leurs blessures reçues au combat. Pour chaque mort, une famille, une veuve, des orphelins… Les parents isolés et âgés sont escortés et aidés lors de leur visite au cimetière le jour de Yom Hazikaron par les jeunes des mouvements de jeunesse.

La semaine dernière, a été inauguré sur le Mont Herzl a Jerusalem, le Hall du Souvenir pour les soldats tombés au combat. Sur le mur extérieur, cette citation du prophète Jérémie:
« Ephraïm est-il donc pour moi un fils chéri, un enfant choyé, puisque, plus j’en parle, plus je veux me souvenir de lui? Oh! oui, mes entrailles se sont émues en sa faveur, il faut que je le prenne en pitié, dit l’Eternel. »
הֲבֵן יַקִּיר לִי אֶפְרַיִם, אִם יֶלֶד שַׁעֲשֻׁעִים–כִּי-מִדֵּי דַבְּרִי בּוֹ, זָכֹר אֶזְכְּרֶנּוּ עוֹד; עַל-כֵּן, הָמוּ מֵעַי לוֹ–רַחֵם אֲרַחֲמֶנּוּ, נְאֻם-יְהוָה

A l’intérieur du monument, un chemin serpente vers le haut en spirale. Les noms des soldats tombés aux combats et les dates de leur décès sont inscrits sur les briques qui bordent le mur du chemin de 260 mètres. Chaque jour, sont affichées des photos et des informations sur les soldats qui ont été tués ce jour-là de l’année et une bougie est allumée à leur mémoire .
Les visiteurs peuvent localiser la pierre qui concerne leur proche grâce aux ordinateurs placés le long du chemin et obtenir ainsi des informations à son sujet.
Le directeur du Mémorial, Arieh Muallem, a déclaré: « Nous devons nous souvenir de chacun d’eux, et nous nous souviendrons d’eux personnellement en allumant une bougie le jour anniversaire de leur décès. C’est important pour les parents qui vieillissent de savoir que leurs fils ne seront jamais oubliés« . 

La plupart des soldats tombés au combat sont Juifs mais pas tous: certains sont druzes, chrétiens ou musulmans.

(Yom hazikarone au village druze de Julis)

L’un des soldats mort pendant la guerre d’Indépendance a eu un destin très particulier. Sur sa tombe au cimetière militaire de Netanya, on peut lire: Barukh Mizra’hi né à Tzfat en 1926, tombé au combat en 1948.

Il est aussi écrit qu’il était le fils d’Avraham et de Sarah.
En fait, il s’agit d’Avraham avinou  et de Sara’h imenou *: c’est  la tombe d’un גר צדק (guer tsedek) ou jeune homme converti au judaïsme.
Barukh Mizra’hi est né Hamuda Abu al-Einein , fils de Mahmoud et Fatima.

La famille Abu al-Einein est une riche famille de Tsfat, connue pour son combat en faveur du pan-arabisme*. Ses parents l’envoient cependant étudier à l’école de l’Alliance Israélite de Tsfat, considérée comme la meilleure école de la ville. Ses amis sont tous Juifs et ‘Hamouda change d’opinion au sujet des Juifs et du sionisme. Les relations avec son père alors deviennent très difficiles. Les menaces et les coups n’y changent rien. Il quitte la maison alors qu’il n’est qu’un adolescent, part à ‘Haifa et décide de se convertir au judaïsme. Les rabbins du tribunal rabbinique hésitent: il est certes sincère mais il est mineur. Ceci dit, s’ils le renvoient dans son milieu d’origine, il se fera assassiner par sa famille pour apostasie. ‘Hamouda obtient finalement gain de cause et est converti en prenant le prénom de Barukh. Le tribunal rabbinique de ‘Haifa l’inscrit aussi sous le nom de famille assez courant de Mizra’hi* pour sa sécurité.

Vivant cependant dans une certaine clandestinité, il s’engage auprès de l’Etzel* dont les membres sont pourchassés par les Anglais.
Son groupe est arrêté après une action contre l’armée britannique. Il est déporté en Érythrée. Là, la sécurité du camp est confiée à des gardes soudanais musulmans qui aiment faire des cartons sur les prisonniers. Barukh est gravement blessé. Persuadé de sa mort prochaine, il fait jurer à ses camarades de l’enterrer en Israel, le jour où ce sera possible. Il survit et peut enfin rejoindre en Israel en 1948.
Malheureusement  le pays est en pleine guerre. Comme il parle arabe,  il est envoyé comme agent de renseignements en Samarie et est tué à Sa Nur* à l’âge de 22 ans.

En 1968, Mena’hem Begin fera rechercher sa dépouille qui est enterrée au cimetière militaire de Netanya.
Le conseil de Judée-Samarie a décidé cette année d’honorer particulièrement sa mémoire.

 

A bientôt,

* La garde juive de Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/02/19/la-garde-juive/

* Avraham Avinou et Sarah Imanou (Avraham notre père et Sarah notre mère): il s’agit du couple biblique Avraham et Sarah, considérés comme les parents des convertis.

* Le clan Abu al-Einein était lié aux Frères Musulmans. En 1938, un de ses membres avaient appelé à expulser tous les Juifs de Palestine y compris les médecins (Certains palestiniens minoritaires envisageaient de permettre aux seuls médecins juifs, réputés efficaces, de vivre en Israel pour le bien de la population musulmane!!!).  Actuellement, l’un des conseillers de Mahmoud Abbas s’appelle Sultan Abu al-Einein.
http://palwatch.org/main.aspx?fi=157&doc_id=8934
http://www.palwatch.org/main.aspx?fi=157&doc_id=18259
http://palwatch.org/main.aspx?fi=90&doc_id=9101


* Etzel: organisation de défense juive pendant le Mandat britannique, plus ancienne que la Haganah et acquise aux idées de Jabotinsky. L’Etzel fut incorporée à la nouvelle armée juive au début de la guerre d’Indépendance.

* Le nom de Mizra’hi est en effet assez courant mais en plus, il signifie oriental, ce qui convenait à ce jeune homme.

https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/02/29/desarrois-juifs-dans-lentre-deux-guerres/
http://eng.shimur.org/etzel-tashach/

* Sa Nur: Village de Cisjordanie proche de Jenin en Samarie. Les accords d’armistice de Rhodes en 1949, concédèrent la Judée et la Samarie à la Jordanie.
En 1978, les Israéliens construisirent une implantation du même nom, שא נור (Sa Nur), lève la flamme, mais elle fut démolie en 2005 dans le cadre du désengagement de la bande de Gaza.

 

La Cour Suprême d’Israel

Il y a bien longtemps,
 » …Dvora, la prophétesse, femme de Lappidoth, gouvernait Israël à cette époque.  Elle siégeait au pied du « Palmier de Dvora », entre Rama et Béthel, dans la montagne d’Ephraïm; et c’est à elle que les Juifs s’adressaient pour obtenir justice:
וּדְבוֹרָה אִשָּׁה נְבִיאָה, אֵשֶׁת לַפִּידוֹת–הִיא שֹׁפְטָה אֶת-יִשְׂרָאֵל, בָּעֵת הַהִיא. ה וְהִיא יוֹשֶׁבֶת תַּחַת-תֹּמֶר דְּבוֹרָה, בֵּין הָרָמָה וּבֵין בֵּית-אֵל–בְּהַר אֶפְרָיִם; וַיַּעֲלוּ אֵלֶיהָ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, לַמִּשְׁפָּט

De nos jours, les juges ne siègent plus sous un palmier ou aux portes de la ville comme a l’époque du Tanakh mais dans les tribunaux ou dans des cours de justice*. La Cour Suprême en est la plus haute instance.
La Cour suprême siège à Jérusalem. Elle est compétente pour juger des appels contre les jugements des tribunaux de districts dans toutes les procédures . Elle aussi une compétence particulière en tant que Haute Cour de Justice et surveille ainsi la légalité des actions des tribunaux et la légalité des actions et décisions des autorités de l’Etat, des autorités locales, d’organismes et de personnes remplissant des fonctions publiques en vertu de la loi.

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Jusqu’en 1992, elle se trouvait sur l' »Esplanade Russe »*. La veuve de James de Rothschild proposa alors de l’installer dans le quartier administratif.  Les architectes Ram Karmi et Ada Karmi Melamed furent choisis pour ce projet.
Pour loger une institution au pouvoir si important, les architectes ont pensé le bâtiment de telle manière qu’il reflète les exigences de justice telles qu’elles sont données dans la Thora:
Les façades extérieures  du bâtiment sont recouvertes des pierres de Jerusalem et décorées de hautes et étroites fenêtres. Elles rappellent ainsi les murailles de la ville et leurs archières en souvenir des juges qui siégeaient aux portes des villes:
« Tu institueras des juges et des magistrats dans toutes les villes que l’Éternel, ton Dieu, te donnera, dans chacune de tes tribus; et ils devront juger le peuple selon la justice » (Deut 16, 18-19)
שֹׁפְטִים וְשֹׁטְרִים, תִּתֶּן-לְךָ בְּכָל-שְׁעָרֶיךָ, אֲשֶׁר יְהוָה אֱלֹהֶיךָ נֹתֵן לְךָ, לִשְׁבָטֶיךָ; וְשָׁפְטוּ אֶת-הָעָם, מִשְׁפַּט-צֶדֶק.

cour-supreme-exterieur
Entrer dans le bâtiment, c’est commencer un voyage initiatique ou se mêlent références bibliques et tradition juive.
L’entrée est assez sombre. Elle est décorée d’un tableau sur lequel on voit les membres de la famille Rothschild, les architectes, Yitshak Rabin et Shimon Peres discutant du projet:
cour-supreme-tableauet aussi d’une magnifique mosaique retrouvee dans les ruines s’une synagogue à ‘Hamat Gader

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Mais là, commence une montée vers la lumière.

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Par un escalier bordé par un mur en pierre de Jerusalem, le visiteur arrive face à une grande baie vitrée panoramique de laquelle on a une belle perspective de la ville.

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Cette montée vers le savoir et la clarté est symbolisée par la pyramide qui domine le toit du bâtiment. 

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Elle a été inspirée par les tombes d’Avshalom et du prophète Zacharie au pied du Mont des Oliviers:

tombeau-de-zacharie

L’architecture intérieure du bâtiment est très particulière. Non seulement la lumière naturelle est utilisée dans tous les passages et salles d’audience mais tout l’espace est dessiné selon un mélange de ligne droites et courbes, illustrant le principe biblique qui veut que la recherche de la vérité et de justice se fasse tout en préservant la bonté et la miséricorde.
La ligne droite est l’expression visuelle des concepts de loi, droiture et droit chemin comme il est écrit (Psaume 119, 137):

« Tu es droit Seigneur et tes jugements sont droits
צַדִּיק אַתָּה יְהוָה; וְיָשָׁר, מִשְׁפָּטֶיךָ

 

cour-supreme-cour-interieure(cour intérieure, photo i-stock)

Le cercle exprime par sa forme arrondie la miséricorde qui doit régner dans l’application de la loi comme il est écrit:

« Il restaure mon âme, il me guidera dans les cercles de justice (Psaume 23 3)
נַפְשִׁי יְשׁוֹבֵב; יַנְחֵנִי בְמַעְגְּלֵי-צֶדֶק, לְמַעַן שְׁמוֹ

Dans la salle des pas perdus, les sièges des visiteurs se trouvent dans des alcôves arrondies:

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Située dans la pyramide, la bibliothèque de jurisprudence  est elle-même de forme arrondie:

cour-supreme-bibliotheque

Les salles d’audience ont la même structure architecturale. Là encore, la lumière naturelle les éclaire à travers des lucarnes construites entre les murs intérieurs et les colonnes, elles-mêmes symboles d’une séparation entre l’extérieur et l’intérieur.

cour-supreme-salle-daudience

 

Si la Cour suprême d’Israël siège normalement en formation de trois juges, elle est composée de 14 membres* (12 permanents et 2 temporaires). La nomination de ses membres s’effectue par un comité de juges, établi par une loi fondamentale: celle de la magistrature.
Avec les années, la Cour Suprême est devenue l’un des sujets les plus épineux dans l’affrontement entre la gauche et la droite en Israël. Il faut dire que les juges appartenaient majoritairement aux partis de gauche et que la cooptation pour la nomination de nouveaux juges était forcément politiquement très orientée. Les critiques à l’encontre de leurs décisions devenaient de plus en plus nombreuses surtout lorsqu’elles empiétaient sur les décisions de la Knesset et celles du gouvernement, démocratiquement élus.  En fait depuis les années, la Cour Suprême avait tendance à se substituer parfois au gouvernement et à la Knesset!
Il fallait donc reformer le processus de nomination des Juges pour que la Cour Suprême soit enfin représentative de la population du pays.
Cette reforme a été initiée par la Ministre de la Justice, Ayelet Shaked et a permis d’équilibrer politiquement cette assemblée. Ont été nommés 4 nouveaux juges (en remplacement de 4 départs à la retraite prévisibles) qui seront opérationnels en fin d’année.

ayelet-shaked(Ayelet Shaked)

Les quatre nouveaux juges sont: le Dr. David Mintz, Yaël Vilner, Yossef Elron et George Kara*: Trois d’entre eux sont Juifs et le quatrième et un Arabe chrétien. Aucun ne milite à gauche.

cour-supreme-nouveau-juges

(Journal Haaretz, photo Tomer Appelbaum)

Pour en revenir à Deborah, voici le chant: »עורי עורי דבורה דברי שיר (Uri uri Dvora, dabri shir), Lève toi Deborah, et chante! (livre des Juges, 5,3) composé spécialement pour Yom Haatsmaout par Nurit Hirsch et interprété par Esther Rada:

 

Ecoutez, rois; princes, prêtez l’oreille: je veux, je veux chanter le Seigneur, célébrer l’Eternel, Dieu d’Israël.

שִׁמְעוּ מְלָכִים, הַאֲזִינוּ  רֹזְנִים:  אָנֹכִי
, לַיהוָה אָנֹכִי אָשִׁירָה,  אֲזַמֵּר,  לַיהוָה אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל

A bientôt,

*Le juge Georges Kara s’est rendu célèbre pour avoir envoyé l’ancien président Moshe Katsav en prison.

Pour ceux que le droit israélien intéresse:
Le droit israélien est issus de 4 sources:
– Le droit ottoman qui n’est plus cité que pour mémoire car il ne survit que dans un ou deux textes.
– La Common Law britannique introduite à l’epoque du Mandant britannique, en constant recul mais qui exerce cependant encore une réelle influence.
– Le droit juif traditionnel, la Halakha qui traite des questions de droit personnel en ce qui concerne les Juifs mais aussi qui est source d’inspiration pour résoudre des questions actuelles comme celles régissant l’urbanisme ou la défense de l’environnement. De plus, les principes de la Halakha sont aussi évoqués lorsqu’un cas se trouve confronté à un vide juridique.
– La législation adoptée par la Knesset qui constitue le véritable corpus du droit positif et s’est inspirée du droit de plusieurs pays européens.
La Knesset a été chargée de promulguer un certain nombre de Lois Fondamentales qui sont en fait une ébauche de constitution et en 1995, la Cour suprême s’est dotée du pouvoir d’examiner la conformité de la législation de la Knesset avec les Lois fondamentales:
http://www.akadem.org/medias/documents/Lois-fondamentales-1992.pdf

Nouvelle donne?

J’allais écrire: « nous vivons des temps incertains » mais en fait, quand avons nous réellement vécu des années calmes et sans nuages?
Il semble en tout cas que cette année beaucoup de choses vont changer pour nous ici en Israel.
Depuis hier, nous avons entendu que le fameux mantra « deux pays pour deux peuples » n’était plus d’actualité. Il ne nous manquera pas. Ceux qui vivent ici savent que cette vision simpliste de la situation est inacceptable sauf si nous voulons nous suicider.
La raison souvent avancée par les tenants de cette solution est qu’avec la séparation entre les deux peuples, il y aura ici moins d’attentats. Il n’en reste pas moins que, si les Arabes de Judée-Samarie ne seront plus à notre contact, nous resterons à portée de tir des snipers du Fata’h qui comme chacun sait revendique la Palestine « de la rivière à la mer« , mais aussi des tirs de Daesh, de plus en plus présent dans la région, comme nous le sommes des tirs du ‘Hamas à partir de Gaza. De plus, il restera les Arabes israéliens (20% de notre population) qui pourront éventuellement être instrumentalisés.

Oslo a été un échec et il faut avoir le courage de le reconnaître. La position conjointe américano-israélienne serait d’arriver à un accord de paix global avec les pays arabes, accord qui inclurait un règlement de la question palestinienne dans la mesure où cessent les discours et endoctrinements de haine diffusés par Ramallah auprès de sa population et surtout de sa jeunesse.

Mais nous n’en sommes pas encore là. Toutefois j’aimerais cependant vous présenter les choses sous un angle un peu différent de celui dont vous avez l’habitude.

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Sheikh Abu Khalil El Tamimi (L) attends the 14th annual Jerusalem Conference of the 'Besheva' group, on February 12, 2017. Photo by Yonatan Sindel/Flash90 *** Local Caption *** ùééç àáå çìéì àì úîéîé áùáò ëðñ ëðñ éøåùìéí òøáéí éäåãéí

(photo Yonatan Sindel, Flash 90)

Non, ils n’ont pas vu la lumière et nous sommes pas devenus copains!
Mais ils ont déclaré: « Nous avons essayé avec la gauche israélienne et rien de bon n’est advenu, nous voulons maintenant entendre quelque chose de sérieux et nous nous tournons vers la droite… Nous devons briser cette barrière entre nous et vivre dans la paix et non pas dans cette entité palestinienne corrompue.. Nous voulons une paix réelle, construire des hôpitaux, des synagogues et universités, construire l’avenir… 

« J’ai connu le retrait d’Israël du sud du Liban et les ravages causés par les organisations terroristes après ce retrait« , a déclaré Jonathan Alhura, le fils d’un officier de la SLA (armée du Sud Liban). « Tant que les Israéliens se trouvaient au sud Liban, nous vivions bien, les hôpitaux étaient d’un  bon niveau et nous allions tous à l’école. Tout cela a pris fin dès le départ de Tsahal et l’arrivée du ‘Hezbollah… Je voudrais que chacun comprenne et reconnaisse le rôle important d’Israël dans le maintien de droits de l’homme et des lieux saints. Il y a six semaines, a été pillé et incendié un monastère dans les territoires palestiniens et personne n’en a parlé. Nous nous sommes tournés plusieurs fois vers les médias israéliens (bastion de la gauche) en vain. Il y a maintenant déjà 70 ans que les dirigeants arabes vont la tête contre le mur, il est impossible de continuer ainsi ».

A vrai dire cela ne m’étonne pas. Si les Arabes voulaient tellement vivre dans un état palestinien indépendant, nous le saurions depuis longtemps. Israel a déjà proposé à environ 30 000 arabes israéliens qui vivent dans le « Triangle »* de reculer leur habitat de quelques km (moyennant compensations!) afin de se trouver dans la partie de la Judée-Samarie qui serait sous le contrôle de l’Autorité Palestinienne. Tollé des Arabes israéliens, et le plus drôle, tollé des habitants d’Um el Fahem et de Taybe qui sont toujours en pointe pour crier au monde entier à quel point ils souffrent en Israel.
En fait, plusieurs études conduites par le  Arab Center for Applied Social Research montrent que plus de 70% des Arabes israéliens sont opposés à vivre sous la gouvernance de l’Autorité Palestinienne. Ils considèrent que les 12 parlementaires israéliens de la liste arabe à la Knesset leur font du tort.

A cette conférence, se trouvait aussi une Arabe israélienne Annette Haskia*, connue pour son sionisme militant, qui a même accusé: «Les gouvernements israéliens sont ceux qui m’ont poussée de force dans les mains du drapeau palestinien, et pourquoi? Je suis une Arabe, je vis en Israël et mon drapeau est bleu et blanc! » Elle en veut aux gouvernements israéliens de gauche qui dit-elle « l’ont poussée vers le drapeau palestinien alors que le sien est celui d’Israel« .
Oui, il est sûr que les Arabes israéliens ne veulent surtout pas partir en territoire palestinien mais c’est la première fois que des Arabes venant des zones contrôlées par Abbas et le Fata’h font ce genre de déclaration.
Les politiques israéliens ont donc du pain sur la planche.

En Israel de nombreuses solutions sont mises sur la table:
– La première option a été proposée par des anciens membres du parlement israélien, Aryeh Eldad et Benny Alon. Elle est connue sous le nom de « La Jordanie est la Palestine », ce qui est approprié car la Jordanie a été créée de facto sur la partie est de la Palestine du mandat britannique et sa population est en majorité palestinienne (la minorité au pouvoir vient d’Arabie). Selon leur plan, Israël revendiquerait la loi israélienne en Judée et en Samarie tandis que les Arabes qui y vivent seraient à la fois des résidents israéliens et des citoyens jordaniens. Ces Arabes exerceraient leurs droits démocratiques en Jordanie, mais vivraient comme des expatriés avec des droits civils en Israël. Cette solution aurait pour les Israéliens l’avantage de conserver pour Tsahal le contrôle de la vallée du Jourdain, région hautement stratégique si il en est.

– Une deuxième alternative, suggérée par le ministre israélien de l’éducation, Naftali Bennett, propose d’annexer seulement la partie de la zone C où vit la majorité des 400 000 Israéliens de Judée-Samarie. La citoyenneté israélienne serait alors offerte à un nombre relativement restreint d’Arabes. Quant aux Arabes vivant dans les zones A et B , c’est à dire dans les principaux centres de population palestiniens, ils jouiraient de leur l’autonomie*.
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– Une troisième option, qui coïncide avec celle de M. Bennett, est celle du professeur Mordechai Kedar de l’Université Bar-Ilan. Son idée est que l’entité arabe la plus stable au Moyen-Orient est celle des Emirats du Golfe, qui se sont constitués à partir de groupes traditionnels consolidés ou de tribus. Comme les Arabes palestiniens sont organisés en clans obéissants chacun à leur chef, il propose donc l’autonomie palestinienne pour sept émirats non contigus dans les grandes villes arabes, ainsi que pour Gaza, qu’il considère déjà comme un émirat. Israël annexerait le reste de la Cisjordanie et offrirait la citoyenneté israélienne aux villageois arabes en dehors de ces villes.

– La quatrième proposition est celle de Caroline Glick, politologue et journaliste au Jerusalem Post. Elle écrivait en 2014 dans son livre «La solution israélienne: un plan unique pour la paix au Moyen-Orient», qu’Israël, contrairement à l’opinion dominante, ne risque pas de perdre une majorité démographique dans un pays comprenant la Judée et la Samarie. De nouvelles recherches démographiques montrent que, grâce à la baisse des taux de natalité palestinienne et de l’émigration, combinée à des tendances opposées chez les Juifs, une majorité juive stable de plus de 60% existe entre le Jourdain et la Méditerranée (à l’exception de Gaza). Et on prévoit que cette proportion atteindra environ 70 pour cent d’ici 2059.
Mme Glick conclut ainsi qu’Israël devrait affirmer sans craintes sa souveraineté en Judée-Samarie et offrir la citoyenneté israélienne à toute sa population arabe. Cette même semaine, le président israélien, Reuven Rivlin, a annoncé son soutien pour l’idée de principe. «Si nous étendons la souveraineté, dit-il, la loi doit s’appliquer également à tous».
Dans ce même ordre d’idées, la vice-ministre israélienne des Affaires Etrangères, Tzipi Hotovely, préconise également l’annexion et le droit de résidence des Palestiniens, avec un chemin vers la citoyenneté pour ceux qui s’engagent à faire allégeance à l’Etat juif.
D’autres préfèrent un arrangement plus semblable à celui de Porto Rico, un territoire des États-Unis dont les résidents ne peuvent pas voter aux élections fédérales.

– Enfin, il y a une cinquième alternative, qui vient du chef du nouveau parti Zehut, Moshe Feiglin, et de Martin Sherman de l’Institut Israélien pour les Etudes Stratégiques. Ils ne voient pas une résolution du problème dû à des aspirations nationales contradictoires dans un même pays et proposent plutôt un échange de populations avec les pays arabes, plus particulièrement avec ceux qui ont effectivement expulsé environ 800.000 Juifs depuis les années 40. En revanche, les Palestiniens de Judée et de Samarie se voient offrir une indemnisation généreuse pour émigrer volontairement.
Cette cinquième proposition me semble bien difficile à réaliser car les gouvernements arabes n’ont jamais reconnu l’exode forcé des Juifs*.

Que vous dire? Comment conclure?

Il faut évidemment trouver une solution qui satisfasse les deux parties pour enfin rompre cette situation de guerre larvée. Mais quelque soit cette solution, elle passe par le fait que les Palestiniens doivent admettre la légitimité de l’état juif d’Israel, cesser cette propagande haineuse dans la presse, les écoles… et former leur population à accepter la coexistence avec des Juifs.

Un grand ménage s’impose! Peut-être faut-il demander aux cheikhs de Ramallah et d’Hebron de participer à ce travail… Eux, ils savent de quoi il parlent!

A bientôt,

*Cette conférence a regroupé 900 personnes. Elle était organisée par le Forum « Souveraineté maintenant » (en opposition au slogan de la gauche « La Paix Maintenant ») fondé par les Femmes en Vert. Cette fois la conférence était intitulée « Souveraineté responsable »

*Annette Haskia:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/06/27/deux-ou-trois-hirondelles/

*Le Triangle: c’est une concentration de villes et villages arabes israéliens proches de la ligne verte (ligne d’armistice de 1949), dans la plaine orientale de la région du Sharon. Le nom vient du triangle formé par ces agglomérations et visible depuis les airs. Avant la guerre d’indépendance et l’établissement par Israel de sa souveraineté sur la zone, il était appelé « Le Petit triangle » pour le différencier du « Triangle » plus grand formé entre Jenine, Tulkarem et Naplouse. Ce dernier était appelé comme cela en référence à de violentes attaques anti-juives au cours de la grande révolte arabe de 1939-1937. Conformément au traite d’armistice, le contrôle de la région fut transféré de la Jordanie à Israel. L’accord incluait également la zone autour de Um el Fahem.

*Les différentes zones de la Judée-Samarie:
https://tsahal.fr/glossaire/judee-samarie/

*l’exode forcé des Juifs des pays arabes:
http://www.noemiegrynberg.com/pages/politique/le-drame-des-veritables-refugies-du-moyen-orient-les-juifs-chasses-des-pays-arabes.html

Mes sources pour cet article:

*http://www.20il.co.il/ יממשלות-ישראל-הן-שדחפו-לי-את-הדגל-הפלס

*http://carolineglick.com/israeli-sovereignty-over-judea-and-samaria-is-inevitable/

*https://www.gatestoneinstitute.org/4119/israeli-arabs-palestinian-state

*http://myths-shatterrealityandfacts.blogspot.co.il/2016_05_01_archive.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Etre chrétien au Moyen Orient

Ici au Moyen-Orient, la composante religieuse est une partie intégrante de l’identité au même titre que la nationalité ou l’ethnicité. Il n’est pas nécessaire de croire en quelque chose pour se déclarer  musulman, chrétien ou juif.
Mais comme vous le savez, l’identité musulmane essaye de s’imposer par la force depuis déjà un bon nombre d’année et bien avant l’apparition de Daesh et les révolutions arabes.
En effet, dès que l’empire ottoman commença à se désagréger de tous cotés et que des populations non musulmanes ou même non turques commencèrent à se rebeller, la répression fut féroce. Le nouveau sultan Erdogan a d’ailleurs la nostalgie de cette époque.
Dans le monde arabe en devenir de cette fin du 19 ème siècle, le même scénario se joua contre les chrétiens qui, pour survivre, se déclarèrent plus arabes que les arabes, furent souvent les fers de lance du nationalisme arabe, demandant simplement qu’on les laisse vivre dans leur dhimmitude chrétienne. Les juifs eux choisirent le retour sur leur terre et leur indépendance grâce au sionisme politique.
Les chrétiens eurent droit à un siècle de répit mais comme vous le savez, ce répit n’est plus de mise.
Non seulement persécutés,mais aussi parfois massacrés, les chrétiens fuient le Moyen Orient:

– En Irak, sous le régime de Saddam Hussein, il y avait entre 800 000 et un million de Chrétiens. Leur nombre est aujourd’hui estimé à 300 000. Depuis 2014, des centaines ont été tués rien qu’à Mossul par Daesh. Ceux qui le peuvent s’enfuient, la plupart vers le Kurdistan. Le patriarche chaldéen, Louis Raphael Sako  a donné une interview à l’AFP expliquant que dans les villages, non seulement les maisons ont été touchées et détruites mais aussi les infrastructures et que les populations déboussolés ne savent plus comment se protéger. Il les exhorte à s’engager dans l’armée (pourtant chiite) ou dans les groupes de combattants peshmerga kurdes car les milices, dit-il, c’est l’anarchie.
Le problème de ces gens explique Wadia Abu Nasser, conseiller de l’église catholique irakienne, est de savoir où et comment fuir, s’il faut laisser tout ce qu’il possèdent derrière eux ou se fier à un mince espoir que peut-être la vague passera au-dessus de leur tête sans les toucher.
C’est un dilemme que toutes les familles juives ont connu*.

– En Syrie, avant  le début de la guerre civile, il y avait 600 000 à 700 000 chrétiens. Aujourd’hui, il n’en reste qu’environ 200 000 à 300 000. Ils ont été tués dans les combats, ou bombardement sans rapport avec leur foi mais ils l’ont été aussi dans de nombreux cas parce qu’ils étaient chrétiens.
Je me souviens avoir rencontré, il y a 20 ans environ, une jeune femme araméenne de Syrie, réfugiée en France, qui venait d’un village arabisé et islamisé de force par Hafez el Assad alors qu’officiellement il n’y avait pas de persécutions anti-chrétiennes à ce moment là en Syrie. Les chrétiens syriens ont entre leurs mains les mêmes options que les chrétiens irakiens: soit s’enfuir vers les territoires kurdes, soit quitter le Moyen-Orient s’ils obtiennent un visa.

– En Egypte, le dernier attentat contre les coptes a été le plus sanglant mais la persécution n’est pas nouvelle. Depuis toujours, les coptes vivent dans la soumission totale, ce qui n’empêche ni les assassinats, les viols, enlèvements et les conversions forcées. Ils sont un peu moins de 10 pour cent de la population égyptienne. Même si le régime actuel combat les Frères Musulmans, il n’en reste pas moins que dans la population un sentiment anti-copte est vivace et que les conversions forcées étant reconnues par la loi islamique, les familles ne retrouvent jamais celui ou celle qu’elles ont perdu.

– Au Liban la situation a l’air plus calme et le pays plus serein. Tout d’abord, un quart de la population est chrétienne. Les chrétiens libanais semblent vivre normalement ces dernières années mais le pays est divisé en 4 factions (pour le moins!) qui s’observent: les chrétiens , les musulmans sunnites, les musulmans chiites et les druzes. L’un des hommes forts de ce pays est le patriarche maronite Bishara al-Ra’is, qui, comme le patriarche copte égyptien, est venu en visite en Israel. Le problème au Liban, explique le conseiller de l’Eglise catholique à Jérusalem, ce sont les politiciens eux-mêmes chrétiens… qui n’ont pas de respect pour le patriarche maronite… Aujourd’hui, il y a déjà plus de chrétiens vivant à l’extérieur du Liban qu’au Liban», dit Wadia Abu Nasser. Il souligne également que, bien que nombre de chrétiens sont à des postes clés dans la politique, tout le monde sait qui en fait gouverne le pays: le ‘Hezbollah… S’il y avait aujourd’hui des élections démocratiques les chrétiens seraient en mauvaise posture.
Il ne fait que souligner une réalité que l’Occident ne veut pas voir: si les postes de Président, de Ministre de la Défense sont toujours réservés aux chrétiens, l’armée est en grande partie aux mains des chiites et le président Michel Aoun, pourtant chrétien, a choisit le camp chiite et donc le ‘Hezbollah. Que sera le futur des Chrétiens libanais? Le député chrétien Salim Sahlab est quant à lui très pessimiste: si en Irak, l’armée américaine qui était là bas depuis 2003 n’a pas pu protéger les chrétiens irakiens alors…

– En Jordanie, le nombre de chrétiens a augmenté depuis les guerres en Irak et en Syrie. Ils sont maintenant environ 500 000. Le gouvernement les laisse tranquilles. Le roi Abdallah a même envoyé un message de condoléances à la famille du journaliste chrétien Christian Nahed assassiné en septembre dernier. Cela dit, la vie des réfugiés chrétiens est un cauchemar dans les camps de réfugiés établis sur la frontière syrienne où la majorité est musulmane sunnite et est en partie inféodée à un islam radical.

– Et les Palestiniens?
Ceux qui vient dans la bande de Gaza sont la proie des islamistes du ‘Hamas. Raymond Ibrahim, observateur des médias en langue arabe témoigne ainsi : Parfois, nous entendons qu’une librairie a été bombardée ou qu’il y a eu des agressions sur les chrétiens ou les églises. D’autres fois, nous entendons parler de l’enlèvement de chrétiens et des contraintes exercées sur eux pour embrasser la religion de Mahomet. Ceci a été confirmé par le patriarche Monseigneur Alexios qui a présenté une pétition au gouverneur de la régions Ismail Haniye, mais en vain. De 5000 en 2006, leur nombre est tombé à environ un millier.
Ceux qui vivent en Judée ou en Samarie sous le  contrôle de l’Autorité Palestinienne ne sont pas non plus à la fête: Bethlehem et les villages environnants étaient à 90 % chrétiens. En 1995 à la suite des accords d’Oslo, la ville passa aux mains de l’Autorité Palestinienne, les chrétiens ne représentent plus maintenant que 12% de la population.
Des milliers de visiteurs insouciants venus du monde entier prennent des selfies sur la place de la mangeoire, se précipitent dans la basilique avec leurs caméras et  assaillent les boutiques de souvenirs le jour de Noel.

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(le soir de Noel à Bethlehem)

Malgré les efforts de l’Autorité palestinienne pour présenter un visage acceptable dans son entreprise de séduction de la gauche occidentale, la réalité quotidienne des chrétiens est bien plus amère. Si on ne parle pas de conversions forcées, les chrétiens sont souvent écartés des postes à responsabilité et donc de la manne distribuée par Ramallah à ses sbires. La nouvelle maire de Bethlehem Vera Baboun est une exception: c’est une femme, chrétienne, issue d’une famille de notables inféodée au Fata’h*.
Qusmieh de Beth Sahour, dont toute la famille a émigré aux USA, reçoit régulièrement des menaces de mort et a été la cible d’un cocktail Molotov parce qu’il veut parler franchement
: Officiellement, les lois sont les mêmes pour les chrétiens et les musulmans mais nous souffrons d’un racisme endémiqueIl commence dans les familles mais est officialisé dans les écoles et  les prêches des imam du vendredi,  la mention ‘chrétien » sur un curriculum vitae est négative… 

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(Noel à Bethlehem: les passantes ne sont pas chrétiennes)

Pour le moment, étant en général assez éduqués, les chrétiens préfèrent partir vers des cieux plus cléments comme le font ceux de Beit Jala à côté de chez moi. Il faut dire qu’à Beth Jala, les chrétiens ont été utilisés comme boucliers humains pendant l’intifada par le Fatah, leurs appartements ont été occupés de force et c’est ainsi que Beth Jala est devenue non pas judenrein mais pratiquement christianrein.

Et chez nous en Israel? Eh bien, c’est le seul endroit au Moyen Orient où la population chrétienne reste stable et même grandit par accroissement naturel.
En Israel, comme dans le reste du Moyen-Orient, les chrétiens ont généralement un haut niveau d’éducation. Ils envoient leurs enfants soit dans des écoles chrétiennes  soit dans les écoles laïques . La plupart habite à Jerusalem, à Yafo, à Haifa 

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(Noel à ‘Haifa)

ou Nazareth.

noel-a-nazareth(Noel à Nazareth)

Bien que dispensés comme les israéliens musulmans du service militaire obligatoire, ils sont de plus en plus nombreux à s’enrôler volontairement comme Elinor Joseph.

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ou comme Mona Lisa de ‘Haifa*.

De plus, sous l’égide du père Gabriel Naddaf*,  ils commencent à refuser leur appellation arabes chrétiens pour reprendre leur identité d’origine, celle d’araméens chrétiens.
Le père Gabriel Naddaf, qui a allumé une torche lors de la cérémonie de Yom Haatsmaout a dû supporter les calomnies de sa hiérarchie qui demandait son remplacement car il n’était pas politiquement correct. Il a heureusement gardé son poste et est un fervent supporter d’Israel dont il considère simplement qu’il est un des citoyens:

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Il est bien plus sioniste que la gauche de ce pays: pour lui Israel est un havre de paix pour les chrétiens. Un tel compliment me semble presque excessif. Regardez la vidéo ci-dessous: personne ne prend garde à la croix de ce jeune homme, les chrétiens comme les musulmans ou les druzes et nous les juifs, nous sommes tous israeliens.

Il a partagé sur sa page facebook un article de Bassan Tawill, du Gatestone Institut, déclarant que  les vraies colonies illégales, n’en déplaise à l’ONU, étaient les constructions sans permis que les Palestiniens ou certains arabes israéliens se permettent de faire en Israel*.

A bientôt,

*Et vous, quand avez-vous quitté…?
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/03/08/et-vous-quand-avez-vous-quitte/

*Les Frères Musulmans:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/16/4795/

*Vera Baboun:
https://en.wikipedia.org/wiki/Vera_Baboun

*https://www.gatestoneinstitute.org/9634/palestinian-christians

*Père Gabriel Naddaf:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/06/27/deux-ou-trois-hirondelles/
*https://fr.gatestoneinstitute.org/9511/colonies-illegales

http://www.lemondejuif.info/2016/01/pere-gabriel-naddaf-sous-abbas-bethleem-est-devenue-un-sanctuaire-pour-les-terroristes/

 

 

 

On ne doit pas compter sur un miracle!

La plupart d’entre nous fêtent ‘Hanouka* d’une manière traditionnelle, allumant les bougies, mangeant des beignets et parfois rajoutant une prière sans se poser de question sur le phénomène du miracle. Il est vrai que si l’on commence… Mais ces questions nous taraudent depuis toujours. On n’y croit ou on n’y croit pas, on cherche des explications au miracle, on l’esquive parfois, mais que faire? A chaque fête, le voilà qui revient, on nous dit qu’une fois encore, nous nous en sommes sortis (de justesse) grâce à un miracle!
Pour un peuple tel que le notre qui doit réviser ses mécanismes de survie à chaque génération, le concept de miracle peut sembler soit totalement  séduisant soit totalement non pertinent.
A travers ces chants de ‘Hanouka, j’aimerais vous exposer cette problématique du miracle ou du non-miracle de notre survie et notre retour au pays.
Voyons comment le sujet fut abordé en 1923 dans le monde du sionisme socialiste:
C’est pour ses élèves de « L’école des travailleurs » de Tel Aviv que l’écrivain Aharon Zeev* a composé le chant אנו נושאים לפידים, Nous sommes les porteurs de torches.

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Il fut aussitôt entonné lors des défilés traditionnels de torches pendant ‘Hannouka,

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(Les porteurs de torches au moshav Gia au sud d’Ahkelon)

et fut aussi adopté par les pionniers des opérations חומה ומגדל, Tour et palissades*,

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et devint ainsi l’hymne symbole de l’édification du pays par le travail et le combat:

En Israel, tout le monde le connait et le chante pour ‘Hannouka:
אנו נושאים לפידים בלילות אלפים זורחים השבילים מתחת רגלינו ומי אשר לב לו הצמא לאור ושא את עיניו וליבו אלינו לאור ויבוא
Nous sommes les porteurs de torches, des milliers dans la nuit, les sentiers brillent sous nos pas et pour celui dont le coeur est assoiffé de lumiere, qu’il lève ses yeux et son coeur vers nous, vers la lumière et qu’il nous rejoigne…

Le texte continue ainsi: נס לא קרה, לנו פך שמן לא מצאנו, לעמק הלחנו, ההרה עלינו, מעינות האורות הגנוזים גלינו
« Nous n’avons pas eu droit à un miracle, nous n’avons pas trouvé de cruche d’huile, nous sommes allés vers l’Emek*, nous sommes montés sur la montagne, nous avons trouvé des sources cachées de lumière « .

Dans cette dernière phrase, l’auteur concentre tout son désaccord avec la tradition juive: pas de miracle, pas de cruche dont l’huile brûlera 8 jours bien que la quantité ait été juste suffisante pour un seul et il rajoute en plus: nous sommes montés sur la montagne. Quand on parle de la montagne dans les textes traditionnels c’est du Sinaï dont il s’agit, montagne où seul Moshe a eu le droit de grimper pour recevoir la Thora! Ce désaccord d’avec la tradition est confirmé par l’expression des sources cachées* de lumière. Pour Zeev, l’enseignement rabbinique a caché cette lumière, la délivrance du peuple juif est en route uniquement grâce au travail des pionniers.

Enfin, le chant  se termine ainsi:
בסלע חצבנו עד דם, ויהי אור nous avons secoué (exactement barraté) le rocher jusqu’au sang et la lumière fut.
C’est par le travail acharné, le dévouement et l’héroïsme des pionniers qu’arrivera la délivrance du peuple juif et non pas par des miracles comme au temps de Moshe. Il en est de même pour la lumière: l’expression ויהי אור(vayehi or), la lumière fut, est empruntée au texte biblique de la création.

C’est une semblable conception du monde qui se retrouve dans un autre chant de ‘Hanouka de la même époque.
Il détourne la phrase du תהילים (Psaume):
מִי–יְמַלֵּל, גְּבוּרוֹת יְהוָה; יַשְׁמִיעַ, כָּל-תְּהִלָּתוֹ
Qui saura dire la toute-puissance de l’Eternel, exprimer toute sa gloire?  (תהילים (Psaume) 106, 2)
en
qui saura dire la vaillance d’Israel en ces jours, à chaque génération se lève un héros qui délivre le peuple…

 

Ces deux chants sont le reflet d’une conception du sionisme, celle de ceux qui ne voulaient pas intégrer la dimension du miracle dans l’interprétation de l’histoire: il faut dire que l’histoire juive leur donnait toutes les bonnes raisons de croire que les miracles n’étaient plus d’actualité depuis longtemps.
Mais ce serait trop simple de les classer en « non religieux ».
Au milieu du 19 ème siècle en Pologne vivait le Rav Tzvi Hirsch Kalisher*. On le considère comme l’un des précurseur du sionisme politique.
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Bien que rabbin, il avait pourtant une conception du sionisme et du retour des Juifs en Israel pas si éloignée de celle des pionniers du mouvement ouvrier. Pour lui, il était impensable d’attendre un signe de Dieu pour monter en Eretz .
Voici ce qu’il écrivait, bien longtemps avant que soit fondé le mouvement ouvrier et composé le chant Nous sommes les porteurs de torches:
« …La délivrance d’Israel, nous l’attendons tous! Mais ne pensez pas que soudain Dieu descendra du ciel  vers la terre pour dire à chacun d’y aller et qu’il enverra son messie sur le champ, qu’il vous rassemblera à Jerusalem et qu’il lui construira une muraille de feu et que le Temple tombera du ciel! Ce n’est pas en seul jour mais lentement que viendra la délivrance, ce n’est que que lentement, lentement qu’elle fleurira…
Et (quand cela aura lieu) nous nous en rendrons compte logiquement, grâce à notre intelligence,  et nous comprendrons alors pourquoi il aura fallu que cette délivrance soit le résultat de nos efforts et non pas d’un coup, par un miracle évident comme par la venue du Messie… » 
Zvi Hirsch Kalisher  (Drishat Tsion)

Il faut bien dire que la conception du retour en Eretz Israel et de la délivrance du peuple juif énoncée par le rav Kalisher est en total désaccord avec la plupart de ses collègues rabbins. Aharon Zeev, le poète du mouvement ouvrier, et lui sont sur la même longueur d’onde:  la renaissance du peuple juif sur sa terre s’obtiendra par les efforts et le travail obstinés des Juifs. Cependant (n’oubliez pas qu’il était rabbin!) il ne renonce pas au miracle, il le subordonne seulement aux efforts de l’homme. En fait, il s’agit d’un travail d’équipe.

En écrivant ces phrases, je pense au beau poème de Tchernikhovsky: אומרים ישנה ארץ (Omerim yeshna eretz), On dit qu’il existe un pays.
Le poète se demande si vraiment un tel pays existe pour les Juifs: « nous avons traversé tellement de déserts et de mers et ne l’avons pas trouvé« . Il attend lui aussi une terre miraculeuse et exprime le désespoir du peuple juif « elle n’est peut être plus là אוּלַי כְּבָר אֵינֶנָּה ?
En fait, il y est arrivé mais ne la reconnait plus. Mais contrairement aux héros porteurs de torches, Tchernikhovsky ne se coupe pas de la tradition juive. C’est ainsi qu’il rencontre Rabbi Akiva et lui demande:
Salut à toi Akiva, salut à toi rabbi, où sont donc tous les héros*,  où est le Makabi*?
?שָׁלוֹם לְךָ עקיבא,  שלום לך רבי !אֵיפֹה הֵם הַקְּדוֹשִׁים,אֵיפֹה הַמַּכַּבִּי

Et obtient ainsi une réponse qu’aurait appreciée Kalischer
!עונה לו עקיבא ,אומר לו הרבי ,כל ישראל קדושים ,אתה המכבי
Akiva, lui répond, le rabbi lui dit: tout Israel est un héros, et tu es le Makabi

En d’autre termes: au travail!

De toute façon, comme le dit la Guemara: »On ne doit pas compter sur un miracle! »

 

A bientôt,

*’Hannouka:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/12/09/hanouka-sameah-%D7%97%D7%A0%D7%95%D7%9B%D7%94-%D7%A9%D7%9E%D7%97-2/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/12/09/hanou-ka-ou-hanouka/

*Aharon Zeev (1900-1968): né à Sokolow Podalsky sous le nom de Aharon Zeev Weintraub, membre du kibboutz Degania puis éducateur et écrivain pour enfants, journaliste au journal de la Histadrout, Davar. La chanson Nous sommes les porteurs de torches a été composée au début des années 30.

*Emek: Emek Yezreel en basse Galilée

*Le terme גנוזיםת signifie cachés, enfouis, il rappelle la gheniza où sont enfouis les textes sacrés lorsqu’ils ne peuvent plus servir. Il s’agit donc là d’une rétention volontaire de sources du savoir.

*Rav Kalisher (1795-1874):
https://en.wikipedia.org/wiki/Zvi_Hirsch_Kalischer

*Tours et palissades:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/12/06/hanita-letape/

*Tchernikhovsky Shaul (1875-1943):
https://en.wikipedia.org/wiki/Shaul_Tchernichovsky

*J’ai préféré traduire קדושים (Kedoshim) par héros, car la traduction habituelle « saint » ne rend absolument pas la signification du mot hébraïque.

*Makabi: héros de la révolte juive contre les Grecs, célébrés lors de la fête de ‘Hannouka.

*L’école des enfants des travailleurs: fondée par des militants du mouvement ouvrier juif de Palestine, très proche des idées du kibboutz et mettant en avant les réalisations des pionniers. Elle prônait une partielle auto-gestion partielle de la part des enfants, un peu comme le fit Janusz Korczak dans son orphelinat de Varsovie,  et mettait en valeur le travail manuel.

Laïcité à géométrie variable?

Il m’arrive parfois de lire quelques articles sur ce qui se passe en France. J’ai été surprise par le nouveau débat musclé sur la laïcitéLes attaques terroristes et le questionnement sur l’intégration de la population musulmane en ont été apparemment l’élément déclencheur.
Comme vous le savez la laïcité française s’est construite comme  contre-pouvoir à celui de l’église catholique au 19 ème siècle. Le point culminant de ce long processus eut lieu en 1905 au moment de la séparation entre l’Église et l’État.
Mais savez-vous que dans le même temps, le France se conduisait au Moyen- Orient comme le défenseur des institutions chrétiennes catholiques en vertu des Capitulations*. Curieux?
Pas vraiment car au Moyen-Orient le goupillon peut venir en aide au sabre. Défendre les intérêts des institutions catholiques  était la voie la plus simple pour étendre son influence culturelle et surtout politique. Les bourgeois arabes de Palestine parlaient souvent français*, car ils avaient été élevés dans des écoles de « calotins », les mêmes calotins combattus en France. Il faut d’ailleurs reconnaître à ces écoles qu’elles donnent encore à l’heure actuelle un enseignement de qualité.

Mais enfin, la laïcité serait-elle à géométrie variable pour les politiques français?
J’ai retrouvé quelques documents intéressants, provenant du Grand-Orient, obédience maçonnique, traditionnellement anticléricale.
Dans la Palestine au détour du 20 ème siècle, les loges du Grand-Orient* sont peu nombreuses car la tradition maçonnique ne convient qu’à une minorité de personnes, comme l’émir Abdel Kader* qui sera franc-maçon dans son exil damascène ou Vladimir-Zeev Jabotinsky pendant son séjour en France.
En Palestine ottomane, les membres des loges maçonniques subissent de nombreuses pressions et menaces dont une grande partie vient du Consul Général de France, un nommé Ronflard (!), agissant pour le compte des Frères Assomptionnistes à qui il les dénonce. Les francs-maçons juifs ne sont pas concernés mais les Arabes chrétiens* ont peur d’être dénoncés à leur propre église. Ceux qui s’estiment le plus en danger, ce sont les expatriés français, travaillant dans différentes institutions, comme le docteur Drouillard, directeur de l’hôpital Saint Louis. Il est menacé et craint d’être déplacé et sali auprès du gouvernement: « Sous prétexte d’un vain protectorat religieux, reste traditionnel d’une politique religieuse française qui a toujours été funeste à la France…notre gouvernement entretient à Jerusalem un Consul Général…aux ordres des communautés (chrétiennes)… Un Consul qui n’aurait pas su se plier aux exigences de ces Messieurs, qui n’irait pas à la messe assez souvent, ou qui ne communierait pas à chaque fête, en un mot qui aurait eu des histoires, est immédiatement remplacé ».
Non seulement les Assomptionnistes cherchent à ramener leurs ouailles dans le droit chemin manu militari mais bien plus, ils bénéficient de la collaboration active du Consul Général de France, fonctionnaire d’un état laïque, qui trahit ainsi ses idéaux.
Lorsque ces mêmes francs-maçons demandent au Consul Général de les aider à ouvrir des écoles laïques où seraient enseignés en français, les valeurs des droits de l’homme et les vertus de la laïcité, ils se heurtent à un refus catégorique du Consul* pour qui l’enseignement ne doit se faire que dans des écoles privées chrétiennes. Il dit craindre une mixité déplorable avec les enfants grecs orthodoxes, ou pire encore, avec les enfants juifs.
Une fois encore, les enfants juifs ne sont pas concernés, car ils fréquentent des écoles juives où un enseignement moderne leur est donné en français, en allemand et évidemment en hébreu.
Il est vrai que la Palestine fait encore partie de l’empire ottoman et que depuis les Capitulations* de nombreux accords passés avec les différents gouvernements ottomans ont toujours garanti aux communautés chrétiennes un total droit de propriété sur leurs terrains et églises ainsi qu’une entière capacité de gestion…

16th_century_copy_of_the_1569_capitulations_between_charles_ix_and_selim_ii(L’un des nombreux traités signés avec les Turcs dont l’ensemble forme les Capitulations.
Celui-ci a été signé par le roi Charles IX et le Pacha Selim II en 1529)

Les Capitulations ont été abrogées en 1923 lors du traité de Lausanne, l’empire ottoman n’est plus et nous nous trouvons presqu’un siècle plus tard.
Et pourtant…
De nos jours, les différents gouvernement français  utilisent toujours ces associations religieuses pour asseoir leur influence politique. Un ancien ambassadeur de France en Israel, Alain Pierret,* raconte que le quai d’Orsay avait décidé d’une « légère dérogation » (sic!) au Corpus Separatum* et décidé que le village d’Abou Gosh* jouirait d’un statut d’extraterritorialité lors de la messe à laquelle Jacques Chirac devait assister en novembre 1987.

(le Corpus Separatum de la Résolution de l’ONU 1947)

Abou Gosh était déclaré, pour une journée, territoire non israélien, hors sol, grâce à une belle abbaye bénédictine, datant des Croisés! Et ceci:
– Bien que le Corpus Separatum* qui faisait de Jerusalem une ville internationale selon la partition de l’ONU en 1947, ait été abrogé en 1949 après l’armistice entre Israel et les pays arabes,
– Bien que de toute manière, selon ce même Corpus Separatum, Abou Gosh se soit trouvé alors  sur le territoire attribué aux Juifs par l’ONU et non pas en zone internationale!

Cette « légère dérogation« permettait simplement aux officiels français d’assister à une messe en territoire international et même francisé, dans la mesure ou la maison-mère de l’abbaye d’Abou Gosh se trouve au Bec-Hellouin dans la région de Nantes*!
Mais pourquoi? Pourquoi ce tour de passe passe odieux et ridicule alors que le président de la République Française était en voyage officiel? Tout simplement parce que la France considère que pour renforcer son influence dans les pays musulmans, elle doit minimiser l’existence d’un état juif, le contester par tous les moyens. De plus, déclarer que ce village était hors du territoire israélien c’est à  dire hors « des mains des Juifs » grâce à une abbaye croisée, c’est se poser en défenseur de la chrétienté, un vieux rêve du si antisémite quai d’Orsay!

eglise du couvent benedictin Abu Gosh

Ce que les différents gouvernements français ont oublié c’est que les accords sur les lieux saints catholiques, tels qu’ils étaient spécifiés dans les Capitulations étaient évidemment caduques puisque l’empire ottoman n’existait plus et que sur le pashalik de Palestine avaient été établis par décision de l’ONU les états souverains de Syrie, Jordanie et d’Israel.
En ce qui concerne Israel et les lieux saints, il existe un accord nommé « Accord Fondamental », mais il a été passé entre entre Israel et le Vatican et non pas entre Israel et la France. De plus, le pape Jean Paul II n’a jamais obtenu d’Israel que les institutions catholiques aient un statut international particulier.

Cette affaire du couvent bénédictin est doublement choquante:
En effet, la France a pris sur elle de déclarer ce village zone extraterritoriale alors qu’il se trouve sur celui d’un pays souverain! De surcroît le gouvernement français a fait fi de la laïcité qu’il défend si haut et fort.

Abu Gosh(Abou Gosh entre Tel Aviv et Jerusalem)

Il m’est souvent arrivée d’entendre qu’ Israel ferait bien de s’inspirer de la France et devenir enfin un pays laïque. Curieux de la part de gens qui  bafouent cet idéal quand cela les arrange.
Les Juifs de France ont adhéré en bloc à la laïcité qui leur a permis de se fondre dans le paysage. La laïcité a de nombreux atouts mais ne vous y trompez pas, elle est extrêmement fragile et facilement trahie. Si elle n’est pas clairement définie et si son application ne fait pas l’objet d’un contrôle continu, elle peut être vite bradée. Pour beaucoup elle n’est qu’un mot-valise utilisé par la novlangue, charabia du prêt à penser, dans lequel on fourre n’importe quoi.
Au Moyen-Orient, de nombreux Arabes laïques tournèrent leur veste dès qu’ils entendirent les prêches enflammés du Grand Mufti. Pour eux, l’universalisme et la fraternité ne concernaient pas leurs rapports avec les Juifs.
Une exception cependant, et de taille, Razzak Abdelkader: arrière petit-fils de l’émir Abdel Kader, qui combattit dans les rangs du Palma’h. Il était dévoué à la cause sioniste car pour lui il s’agissait vraiment d’une entreprise de décolonisation:
« Je ne considère pas le sionisme comme une entreprise que l’on peut qualifier de coloniale. Je ne connais pas non plus le problème palestinien: comme la grande majorité des Occidentaux, je ne perçois le conflit que dans sa dimension globalement israélite-arabe… Les mêmes hommes politiques arabes qui ont protesté, n’ont pas eu de soucis avec l’argent introduit par les Juifs dans le pays […]. Ils n’ont montré aucun mépris vis à vis de l’argent qui a pris soin de leur population rurale.« (la suite dans les notes en bas de page) 
J’ai rencontré Razzak Abdel Kader en 1967 au kibboutz Ramat Hashofet. Je ne ferai pas de révélation particulière car j’étais bien trop timide et impressionnée par cet homme discret qui m’avait parlé gentiment en français. Il est enterré en Israel.

En fait la laïcité n’a jamais été garante de démocratie (encore un mot-valise) et de défense des opprimés. Les régimes laïques en Syrie, Turquie et Irak ont été dans le même temps des dictatures sanglantes. Il s’agissait là d’une laïcité opportuniste qui permettait (une fois les Juifs tués ou expulsés*) de rester entre soi en délimitant soigneusement les attributions de chacun. Seule la dictature faisait tenir le puzzle. Au Liban, pays plus démocratique, le puzzle a explosé en 1975. En Irak, lors de la 2 ème guerre du Golfe, le gouvernement laïc de Saddam Hussein avait créé tout une troupe de terroristes, les fedayins de Saddam, prêts à se faire sauter au nom d’Allah et on sait ce qu’il en est de la Syrie.

A bientôt,

*Séparation de l’église et de l’état:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_séparation_des_Églises_et_de_l%27Éta

*Capitulations:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Capitulations_de_l%27Empire_ottoman
Un firman de 1852 rappelait les droits de propriété et d’administration de chaque communauté chrétienne tels qu’ils avaient été établis en en 1757
http://www.imprescriptible.fr/documents/morgenthau/chapitre10.htm

*On trouve le Grand Orient et la Grande Loge de France au Moyen-Orient dès le 19 ème siècle.

*L’Emir Abd El Kader: chef militaire algérien qui lutta conte la colonisation française. Vaincu et emprisonné en France, il fut ensuite relâché et finit sa vie à Damas. Il aida les chrétiens lors des pogroms du Mont Liban et de Damas en 1860. Il faut noter qu’un grand nombre de ses partisans s’installa avec lui en Syrie et donc dans la Palestine ottomane. Encore aujourd’hui, un certain nombre de Palestiniens revendiquent leur origine algérienne 

*L’article du Huffington Post a été repris du site d’une certaine Hanna. Ce n’est pas moi!
*http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2010/01/11/1880562_comment-les-proprietaires-feodaux-arabes-qui-ont-exploite-leur-population-rurale-sont-devenus-des-chefs-nationalistes.html *

*Monsieur Alain Pierret:
http://www.akadem.org/sommaire/colloques/65-ans-de-relation-france-israel/65-ans-de-relation-france-israel-20-10-2014-62948_4557.php (en particulier à la 43. 45 minute)

*Corpus Separatum:
https://en.wikipedia.org/wiki/Corpus_separatum_(Jerusalem)

*L’Irak et les autres pays musulmans:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/12/04/le-30-novembre/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/03/08/et-vous-quand-avez-vous-quitte/

 

 

 

 

 

 

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