70 ans et si jeune! Bon anniversaire Israel!

 

Il est difficile de sortir directement du Yom Hazikaron pour entrer dans la liesse du Yom Haasmaout. De plus en plus de gens terminent cette journée de deuil en lisant des psaumes et  organisant une Havdala, cérémonie  de séparation inspirée de la Havdala de la fin de Shabbat.
Celle-ci ne nous fait pas entrer dans la semaine mais nous fait passer du deuil à la joie.

Et nous entrons alors dans la fête d’Indépendance de l’état d’Israel, 70 ans aujourd’hui!

Parmi ceux qui allumeront cette année les torches lors des cérémonies de Yom Haastmaout  ce soir, je voudrais vous présenter Marcelle Makhlouf.


Comme tous les autres, elle a un CV impressionnant:
Après avoir terminé son service militaire, et après avoir été recalée au concours d’entrée à l’école de médecine, elle a décidé d’étudier la biologie à l’Université hébraïque. Apres un doctorat en génie biotechnologique, elle a effectué sa recherche postdoctorale en tant que boursière à la Harvard Medical School, et s’est concentrée sur la thérapie génique, l’ingénierie tissulaire et le contrôle de l’administration de médicaments dans le traitement du cancer.

Actuellement, Marcelle Makhlouf est professeur titulaire et doyen de la faculté de biotechnologie et de génie alimentaire du Technion en Israël, ainsi que directeur du laboratoire de fourniture de médicaments contre le cancer et de technologies cellulaires, où le nanoghost, une cellule souche modifiée pour traiter le mélanome métastatique et le mésothéliome, a été développé conjointement avec le centre médical Langone de l’Université de New York.
Ses recherches actuelles portent sur:
– Le développement des nanoparticules pour la transmission de médicaments anticancéreux au cerveau et à d’autres organes;
– Le développement d’un système de nano-délivrance pour la vaccination par ADN
– L’ingénierie tissulaire du cœur et de ses vaisseaux sanguins utilisant du tissu cardiaque de porc,
Tout cela sous les auspices du Russell Berrie Nanotechnology Institute (RBNI) du Technion.

J’ai choisi Marcelle Makhlouf car elle est le symbole de ceux qui sont arrivés en Israel totalement démunis et ont réussi, participant ainsi à la réussite du pays tout entier. Née au Maroc, elle est arrivée en Israel à l’age d’un an avec sa mère et sa grand-mère. Sa mère, qui subvenait seule à leurs besoins, était femme de ménage. Bien sûr, ce n’était plus l’époque où les nouveaux immigrants s’entassaient dans des maabarot* mais les débuts de la famille furent difficiles. Ashdod, où elle grandit n’était pas la belle ville que vous connaissez actuellement.

Mais celle-ci, une ville ouvrière et pauvre avec peu de moyens éducatifs.
Une ville dont on disait: Ah Ashdod, baperiferia!*
En fait, la ville elle même est un symbole de la réussite de ce pays: elle fut une des 6 villes qui remporta le prix de l’éducation en 2012.

Notre vie ici est faite d’amertume et de douceur, d’épines et de miel comme l’écrivait si bien Naomi Shemer. Voici encore une fois Koolulam, qui cette fois fait chanter Shlomi Shabbat et 12000 participants , y compris le président de l’état d’Israel, Reuven Rivlin. Ce chant qui résume si bien notre vie ici, notre amour pour ce pays, un amour qui ne se transforme jamais en haine à l’encontre de ceux qui veulent nous annihiler, nous n’avons pas de temps pour ça, mais au contraire nous amène à persévérer dans la qualité de l’éducation que nous donnons à nos enfants.

Protège mon Dieu, le miel et le dard, l’amertume et la douceur, protège notre petite fille, protège les bien, protège le feu qui brûle, l’eau limpide, celui qui revient de loin à la maison.
Tout cela, protège le, mon Dieu, protège le bien. Ne déracine pas ce qui a été planté, n’oublie pas notre espoir, fais moi revenir et je reviendrai vers notre bon pays.
Protège ma maison, le jardin, la muraille, des chagrins, des peurs soudaines et des guerres. Garde le peu que j’ai, la lumière et les enfants, garde les fruits encore verts et qui ont été cueillis.
L’arbre murmure dans le vent, au loin scintille une étoile, j’inscris maintenant les souhaits de mon cœur dans l’obscurité.
Protège tout cela, protège ceux que j’aime, le silence, les pleurs et ce chant…

A bientôt,

*maabarot: baraques ou étaient logés les nouveaux arrivants:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/10/24/sharaliya/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/03/08/et-vous-quand-avez-vous-quitte/

 

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Yom hazikaron 2018

Demain soir, ce sera Yom Hazikaron.
Nous commémorerons toute la journée de mercredi le souvenir de ceux qui sont tombés pour la défense de l’état d’Israel et les victimes du terrorisme.
On ne sait que peu de choses des défenseurs du quartier juif de la vieille ville de Jerusalem en 1948.
C’est pourquoi, j’ai voulu vous parler de l’un d’eux, une jeune fille nommée Esther Tseilingold.


Née à Londres en 1925 dans le quartier de Whitechapel, elle vit dans une famille où deux choses sont importantes:l’éducation et le sionisme*. C’est ainsi qu’Esther est diplômée de l’Université de Londres en 1946 et qu’elle fait partie du  mouvement de jeunesse Bnei Akiva qui prépare les jeunes réfugiés juifs à une future vie en kibboutz
Ses convictions sionistes juvéniles se  renforcent avec l’avènement du nazisme, la guerre et la découverte de l’extermination des Juifs. En 1946, elle peut entrer en Palestine mandataire  grâce à sa nationalité britannique et enseigne l’anglais à l’école Evelina de Rothschild à Jerusalem.
Elle est témoin de la violence arabe et de l’attitude de plus en plus dure des Anglais à l’égard des Juifs, les procès et pendaisons des combattants juifs, du refus des autorités de recevoir les réfugiés juifs…
En janvier 1948, la situation des Juifs est tellement critique qu’elle quitte son poste d’enseignante et s’engage dans la Haganah. Elle est chargée de la radiodiffusion en anglais de la Haganah, participe à la surveillance du quartier juif de la vieille ville, le plus vulnérable de tous les secteurs à Jerusalem et  s’occupe de fournir aux soldats de divers avant-postes ce qu’il leur faut (armes, munitions, nourriture…).
Les choses sont relativement calmes, mais tout le monde s’attend à une attaque de grande envergure dès le départ des troupes britanniques, prévu pour le 14 mai.
Le 16 mai, lors de la première attaque arabe soutenue contre le quartier, Esther est blessée, mais pas handicapée. Elle repart rapidement au combat, utilisant souvent les toits exposés comme moyen de communication entre les postes. Le 19 mai, une petite unité de Palma’h franchit la Porte de Sion et atteint la garnison assiégée mais les soldats sont épuisés et mal organisés. Ils battent en retraite, les défenseurs du quartier juif sont seuls. Le même jour, la légion arabe du roi Abdallah de Jordanie arrive au mont des Oliviers et commence à bombarder le quartier juif, tandis que les troupes terrestres arabes progressent de maison en maison. Esther ne peut plus servir en tant que soldat de liaison, elle rejoint un groupe de défense, armée d’un simple Sten.

Le 26 mai, elle est grièvement blessée. Elle est transportée dans un dispensaire du quartier, mais il n’y a que très peu de médecins et encore moins de médicaments.
« Il est difficile de parler des faits héroïques mais je veux  raconter qu’Esther qui se trouvait allongée au dispensaire, réussit à se traîner avec son Sten et à sortir pour continuer à tirer contre l’ennemi. Elle reçut alors une balle et c’est alors qu’elle mourut » (témoignage d’un de ses camarades)
En fait, elle survivra deux jours. Lors du bombardement du dispensaire le lendemain, Esther et les autres blessés sont transférés dans un endroit plus sûr. Elle est  consciente et capable de parler, de lire et de prier. Pendant ce temps, avec la destruction de la synagogue ‘Hurva, les 40 défenseurs encore vivants se rendent aux Jordaniens le 28 mai.
Esther et les autres blessés sont  déplacés, cette fois à l’école arménienne voisine, juste à l’extérieur du quartier juif. C’est jour de shabbat. Esther est allongée sur une paillasse par terre. Il n’y a pas de morphine pour la soulager. Quelqu’un lui propose une cigarette, elle refuse en murmurant » non, c’est shabbat« .
Ce seront ses derniers mots. Elle avait 22 ans.
Ses camarades trouveront une lettre sous son oreiller. Elle l’avait écrite quelques jours avant d’être mortellement blessée.
« Chers parents, chers tous,
 Si vous recevez cette lettre, sachez que je l’écris pour vous consoler. Essayez d’accepter tout ce qui m’est arrivé, comprenez que je n’ai aucun regret. Ici pour nous le combat est amer, c’est l’enfer mais il a un sens, j’en suis pleinement convaincue. Nous combattons pour réaliser notre rêve d’avoir enfin notre pays, un état juif. Je ne suis qu’une de tous ceux qui se sont sacrifiés. Je suis pressée d’écrire ceci car aujourd’hui a été tué quelqu’un qui comptait beaucoup pour moi. Dans mon chagrin, je voudrais que vous considériez que nous étions tous des soldats, que nous avions un grand but et que nous avons combattu pour lui. Dieu nous soutient, j’en suis convaincue dans sa ville sainte, et je suis fière et accepte de payer ce prix. Ne pensez pas que j’ai pris des risques inconsidérés. On n’a pas le choix quand on est si peu nombreux. J’espère que vous pourrez rencontrer chacun des combattants qui survivront au combat et aussi que  vous serez heureux et non pas tristes quand ils vous parleront de moi. S’il vous plait, s’il vous plait, ne soyez pas triste, cela n’aide pas. J’ai vécu ma vie pleinement même si elle a été courte et je pense qu’elle fut douce et courte. Quelle douceur dans notre pays! J’espère que Mimi et Asher (sa sœur et son beau-frère) vous rendront heureux. Si vous n’avez pas de regrets, moi je serai heureuse. Je pense à vous tous, à chacun dans la famille. Je suis heureuse en pensant que vous viendrez un jour, bientôt j’espère, et que vous jouirez des fruits de notre combat. Beaucoup beaucoup d’amour, soyez heureux et joyeux,
Shalom, votre Esther »

Après la reddition de la garnison du quartier juif à la Légion arabe, le quartier juif fut pillé et totalement détruit.

Les survivants, ayant tout perdu, se réfugièrent de l’autre côté des lignes israéliennes.


En juin 1967, la vieille ville sera reprise à la Jordanie par Israel lors de la guerre des 6 jours et le quartier reconstruit.

Les défenseurs du quartier juif de Jerusalem ont été enrôlés à titre posthume dans Tsahal et leurs corps  transférés au cimetière militaire du Mont Herzl en septembre 1950
Voici la tombe d’Esther:

 

A bientôt,

 

*son père Moshe est un des fondateurs du mouvement sioniste religieux Misrahi en Pologne

*Sa famille s’installera à Jerusalem dans les années 50

Choisis la vie! Et tu vivras alors, toi et ta postérité*

Vendredi, tout d’abord l’annonce des 2 récipiendaires du prix Israel: David Levy et Myriam Peretz :

Je n’avais pas l’intention d’écrire un article sur ce sujet mais j’ai lu un commentaire odieux d’une quelconque gauchiste expliquant qu’entre Myriam Peretz et la mère d’un shahid palestinien, il n’y avait pas de différence, chacune étant la mère d’un soldat mort au combat car, écrit-elle « les shahidim se considèrent comme des soldats« .
Je me fiche complètement de ce que pensent les shahidim. Mais comparer une mère endeuillée par la perte de ses deux fils morts pour nous protéger et la mère d’un terroriste psychopathe, c’est vraiment trop pour moi. D’autant que si la première a été honorée du prestigieux Prix Israel, ce n’est pas parce qu’elle a perdu ses fils au combat, c’est parce qu’elle a dédié toute sa vie à l’éducation. A chaque interview elle parle de son amour pour ce pays et pour son peuple: « Je suis heureuse de pouvoir vivre ici en Israel,  je suis remplie de joie et d’amour pour mon peuple et mon pays, je suis heureuse de pouvoir dire merci  quand je me lève le matin, merci de pouvoir vivre ici et faire partie d’un tel peuple. »
Elle n’a jamais une parole de haine contre nos ennemis. Elle a mieux à faire, elle a choisi la vie.


La deuxième, la mère du Shahid, est honorée, elle aussi, on l’appelle officiellement Em (mère) suivi du prénom de son tueur de fils. Elle reçoit un salaire très confortable chaque mois parce qu’elle a voué sa vie à faire de ses enfants des tueurs de Juifs.

Ces confusions intellectuelles me sont insupportables. Je ne supporte plus ces gens chez qui les convictions politiques l’emportent sur  l’incapacité de distinguer  entre des actes moraux et immoraux.

Et puis, juste avant shabbat, un nouvel attentat en Samarie: 2 soldats tués, Ziv Daos et Netanel Kahalani 

et deux blessés dont un dans un état critique, tous quatre attaqués par une voiture bélier. Et là, je lis un autre commentaire: c’est de notre faute si un attentat a eu lieu! C’est à cause du כיבוש (Kiboush) conquête*!
A bon, parce qu’avant le kiboush, il n’y avait pas d’attentats?
Je me souviens de Maya me disant comment les fedayins avaient tué son père à Rosh Ayin et aussi de Paola, un amie de ma fille, lui racontant comment ses parents et les voisins avaient construit une cachette pour les enfants, derrière la bibliothèque, où ils devaient se réfugier au cas où… Ne faire aucun bruit et se boucher très fort les oreilles… Ça sonne comme des histoires du temps de la Shoah. Mais non, c’était ici et pas dans les « territoires occupés » mais en plein Neguev  au début des années 60…
Je reçois une note me rappelant le massacre de מעלה עקרבים (Maale Akravim)*, les hauteurs des scorpions, il y a juste 64 ans, le 17 mars 1954, là aussi dans le Neguev:
Ephraim Furstenberg était un des deux chauffeurs du bus d’Egged qui travaillait ce jour là sur la ligne Tel Aviv-Eilat. Il en avait profité pour emmener avec lui sa femme Hanna et ses deux enfants, Haimke et Miri pour fêter avec eux l’anniversaire de la libération de la ville d’Eilat.

(Miri dans les bras de son père. A gauche, sa mère Hanna et son frère Haimke sur les épaules d’un oncle)

Au retour d’Eilat, le bus est conduit par l’un des chauffeurs, Kalman, tandis qu’ Ephraim, le père de Miri joue de l’harmonica. Parmi les passagers, quatre soldats ont rangé leurs armes avec les bagages. Tout le monde chante. Passé le col, ils arrivent dans une descente abrupte quand ils sont soudain attaqués par une bande de terroristes infiltrés de Jordanie mais guidés et commandés  par Said Abu Bandak, de la tribu des Azazma dans le Neguev.
Les terroristes veulent  tuer le conducteur pour faire tomber le bus dans l’abîme. Mais Kalman arrive à l’arrêter avant de succomber à ses blessures.

Miri: « Soudain j’entends des coups de feu, le soldat à côté de moi  me jette par terre et me dit de me taire… Il me protège de son corps, j’entends des cris, encore des coups de feu… le silence. » Son frère Haimke est lui aussi protégé par le corps d’un des soldats mais malheureusement il lève la tête en criant: Miri où es-tu? Et il reçoit une balle dans la tête. Haimke survivra pendant 32 ans dans un état végétatif.
Miri et les quelques survivants gravement blessés resteront plusieurs heures avant qu’on vienne les secourir. Ils raconteront que les fedayins ont violé et mutilé leurs victimes.

Miri est maintenant une grand-mère, elle aide les victimes du terrorisme et de supporte pas qu’on dise que c’est la faute au kiboush et à l’occupation: Ces dernières années, chaque fois que la gauche crie « Occupation, Occupation », cela m’exaspère! Tout cela s’est passé bien avant l’occupation, il n’y avait pas d’occupation! Il n’y avait pas de raison pour que cela se produise sauf une: la haine des arabes contre nous! »

(plaque commémorative de l’attentat)

Le 17 mars 1954 était la veille de Pourim.
Vous ne le savez peut-être pas mais un des chants les plus populaire שיר שמח (Shir samea’h), un chant joyeux, a été composé le lendemain du massacre. Le pays était sous le choc et personne n’avait envie de la joie de Pourim. Aucune chanson ne convenait. Dans la nuit furent écrits sur une mélodie ‘hasssidique, ces mots  exprimant notre force de résistance et notre amour de la vie:
Même lorsque notre tête est courbée et qu’autour de nous tout est tristesse, venez, puisons la joie du dedans de nous-mêmes »

 

A bientôt,

*Devarim (Deutéronome) 30,19

*la conquête et l’occupation font référence à la Judée et la Samarie qui étaient avant 1948 partie du Foyer National Juif, tombées dans les mains des Jordaniens pendant la guerre de 1948 et récupérés après celle de 1967. Les mots conquête et occupation sont les mantra des belles âmes.

« J’en atteste sur vous, en ce jour, le ciel et la terre: j’ai placé devant toi la vie et la mort, le bonheur et
la calamité; choisis la vie! Et tu vivras alors, toi et ta postérité. »

*Les Hauteurs des scorpions est une route  qui relie la vallée de la Arava au centre du Neguev. Elle est déjà mentionnée dans le Tanakh sous ce nom

 

Une nation palestinienne?

Le mot peuple en hébreu עם (Am) est intéressant car ces deux consonnes peuvent aussi se lire עם (Im) qui signifie avec. En lisant simplement ce mot, nous comprenons que, dans la conception hébraïque, le peuple est d’abord un groupe  d’individus solidaires, ayant des liens historiques, linguistiques, une mythologie commune et ayant conscience de partager un destin commun. Notre  mythologie, qui prend sa  source dans les textes bibliques, repose sur l’idée que les Juifs constituent un peuple déraciné de sa terre vers laquelle il retournera un jour. Nous n’avons ainsi jamais cessé de nous considérer comme les éléments d’un même un peuple, en attente de retourner dans notre patrie, tout aux long des siècles de notre exil.

Mais qu’en est-il des Palestiniens? 
Dans un certain nombre de mes articles précédents, j’ai expliqué que la plupart des musulmans, installés dans la partie ouest de la Palestine, arrivèrent de tout l’empire ottoman grâce à la loi turque de 1872, qui octroyait à tout musulman de l’empire une exemption d’impôts et de service militaire pendant 10 ans, s’il acceptait de s’y installer. Cela provoqua un afflux de musulmans pauvres aussi bien des régions limitrophes que du Caucase ou des Balkans. Plus tard dans les années 1920 et 1930, d’autres migrants musulmans arrivèrent, attirés par la relative prospérité économique due au développement agricole des premiers kibboutzim.
Ceci, alors que dans la même période, le gouvernement britannique restreignait l’arrivée des Juifs!

(La partie ouest de la Palestine se trouve entre le Jourdain et la mer. Selon les accords de 1920, le Foyer National Juif devait s’étendre aussi dans ce qui est la Jordanie actuelle, mais les Anglais en décidèrent autrement)

Quelles sont les caractéristiques sociales de la société palestinienne musulmane?
La société musulmane de Palestine* est construite différemment des sociétés occidentales. Elle est gouvernée par trois types de  structures sociales qui s’emboîtent un peu comme les poupées russes: tout d’abord les tribus, puis les clans et enfin les familles dominantes de ces mêmes clans.
Les trois ont en commun la même culture sociale, basée sur la gouvernance masculine, le rapport de force et les codes d’honneur et de honte.

A l’origine, cette société musulmane était un ensemble de tribus nomades.
Vers la fin du 19 ème siècle, la modernisation de l’empire ottoman fut à l’origine de la sédentarisation progressive de ces tribus, sédentarisation qui était déjà le fait des familles des fonctionnaires turcs,  disséminées dans toutes les villes de l’empire.
De plus, les nouveaux arrivants, musulmans mais étrangers au Moyen-Orient comme les Bosniaques ou les Tchétchènes, se regroupèrent entre eux, transformant le paysage social.
Tout cela provoqua une diminution notable du rôle des grandes tribus mais n’affecta pas les clans qui en sont les sous-groupes. Aujourd’hui, même dans un groupe très sédentarisé comme le groupe palestinien*, le clan ou ‘hamoula est encore le pivot central de la  vie sociale.

Le clan protège l’individu qui, en retour, lui doit une totale obéissance. Tout ou presque est décidé par le ou les chefs de clan. Ainsi, les mariages – qui sont la meilleure manière de mesurer la force de l’appartenance identitaire – se font toujours selon le modèle clanique et les quelques filles qui se marient en dehors de leur clan appartiennent alors au clan de leur mari.
Les membres de la ‘hamoula sont liés entre eux par le mithaq al-sharaf, ou code d’honneur: toute attaque extérieure, qu’elle soit physique ou non, est une attaque contre tous les membres du clan. Toute honte est celle de tout le clan et demande réparation, ce qui conduit aux assassinats, comme les crimes d’honneur, et à la vendetta. Ce code de l’honneur cimente totalement les relations entre les individus du clan et les relations entre le clan et le monde extérieur. De ce fait, aucune régulation juridique ou de sécurité publique extérieure n’est reconnue.

Depuis 1948, des Palestiniens ont été parqués dans des camps de réfugiés au Liban, en Syrie, en Jordanie et en Egypte et traités d’une manière infamante comme des étrangers dépourvus de droit. Tous ces pays les ont, et les utilisent encore, dans un but propagandiste et en ont fait un abcès de fixation contre Israel.


Mais il y en a aussi dans  toute la Judée-Samarie et à Gaza: à côté de Naplouse, de Tulkarem, Qalqilya, à Jenin, à Ramallah, à côté de Bethlehem…
Pourquoi ces camps existent-ils encore dans les banlieues des villes gouvernées par l’Autorité Palestinienne? Et là aussi, pourquoi leurs habitants sont-ils traités par cette même Autorité comme des étrangers dépourvus de droits?
En fait, ces réfugiés se trouvent forcement sur le territoire d’un autre clan. Or dans cette société clanique, la patrie se trouve là où  se trouve le clan. Si le village voisin appartient à un autre clan, il s’agit d’une autre patrie. Celui qui s’y rend est considéré comme étranger et sans protection.
Vous avez certainement entendu parler du poète  Mahmoud Darwish*, chantre des exilés de Palestine. Il est né à côté d’Akko (Saint Jean d’Acre) dans un village nommé Al Birwa, détruit pendant la guerre d’Indépendance. Les habitants du village se sont regroupés de l’autre côté de la route dans un village  à 300 m du premier où ils n’ont pas été acceptés. Ils se considèrent donc comme exilés pour 300 m. Toute la poésie de Mahmoud Darwish est une poésie d’exil pour un déplacement de 300 m!


(Mahmoud Darwish)

A l’intérieur du clan lui-même, la hiérarchie entre les familles est primordiale.
L’individu doit obéissance au clan. Donc, dans le clan lui-même, il obéit à son chef de famille qui lui même obéit au chef de la famille dominante. Ces familles se font évidemment parfois la guerre entre elles. Toutefois il est nécessaire de comprendre que les chefs de clan disposent d’un pouvoir local important mais sans plus. Aucun clan n’arrive à dominer suffisamment les autres pour les fédérer. Les élections sont structurées par district, et forcement gagnées par le clan dominant, sans alternative possible comme c’est le cas en Occident.
Dans les villes, ce sont toujours les mêmes familles de notables dans lesquelles sont choisis les représentants politiques. Les plus connues sont à Jerusalem les Hashashibi et les Husseini, à ‘Hevron les Tamimi. Ils étaient déjà les référant naturels devant le pouvoir du sultan ottoman puis des Anglais et enfin du roi de Jordanie.
Dès la fin du 19 ème siècle, une des grandes familles de notables, les Husseini, chercha à fédérer les clans sous son autorité pour lutter contre les Juifs du yishouv*, mais en vain. Les Husseini passèrent donc du politique au religieux. C’est ainsi que le nouveau mufti de la mosquée d’El Aqsa, qui jusque là se contentait d’avoir un rôle de gestionnaire, devint un agitateur politico-religieux en la personne de Hadj Amin al Husseini. Celui-ci espéra que l’appel à la Oumma, la grande « nation » religieuse, et donc au jihad, lui permettrait in fine de devenir le leader incontesté de tous les clans. Il faut bien comprendre que ce ralliement n’avait pas pour but, l’amélioration des conditions de vie des musulmans mais la destruction du proto-état juif. Et pour ce faire, il s’est même allié avec les nazis*!
Apres la seconde guerre mondiale, et l’exil du grand mufti, le prestige de la famille Husseini ne cessa de décliner, jusqu’à ce qu’un des leurs, Arafat*, s’allie à la fois aux Frères Musulmans et au KGB pour reprendre le flambeau terroriste, avec des habits neufs
, c’est à dire le discours marxiste de ses amis du KGB. Tous les clans se soumirent alors à Arafat, qui possédait l’argent, le pouvoir de ses alliés soviétiques mais aussi l’aura de la famille Husseini. Tout le monde emmargea donc au Fata’h. Il n’y eu et il n’y a aucune possibilité de trouver un travail ou d’obtenir une quelconque autorisation sans l’aval du Fata’h (ou celui du ‘Hamas à Gaza).
Comme aucun leader n’émergeait de la famille Husseini en plein déclin, ce fut finalement un apparatchik, Mahmoud Abbas, formé à l’école du KGB, qui fut imposé à Arafat par les USA comme premier ministre et successeur!
Malgré tout, Mahmoud Abbas reste un étranger à Ramallah!

Dans un article paru il y a un mois dans Haaretz, le journaliste Salman Massalha, druze israélien, explique que Mahmoud Abbas, originaire de Tsfat en Galilée, ne va jamais en visite ni à ‘Hevron ni à Qalqiliya… car là bas il est un étranger : il n’est pas l’un des nôtres » comme ils disent. Les seules occasions où il sort de son palais, la Mukata, c’est pour rencontrer des dirigeants occidentaux en Europe ou ailleurs, qui eux ne comprennent pas cela, et s’obstinent à parler du peuple, de la nation  palestinienne.
On a donc actuellement une « fédération » de clans terroristes.
En Europe, on appellerait cela une mafia mais ici…
Cela semble incroyable mais il ne faut pas oublier qu’à l’intérieur de la société palestinienne, comme dans toute société clanique, les activités criminelles, assassinats, enlèvements, extorsions, trafics etc, sont protégées par la loi du clan car il n’y a ni régulation juridique ni politique indépendante. De plus, et pour compliquer la situation, certains clans s’allient parfois entre eux contre d’autres ou font de la surenchère auprès du pouvoir central pour devenir dominants. Il en résulte des guerres entre milices et pour nous, comme résultat de cette surenchère, un attentat ou deux en plus.
Un de mes cousins, qui fut un membre important du Shabak*, nous racontait que ses relations avec les chefs de clan étaient parfois plus importantes que celles avec les dirigeants du Fata’h mais que tout cela était extrêmement et constamment volatil.

 


Malheureusement, comme le montre la photo ci-dessus, certains Arabes israéliens sont encore tributaires de leur clan: ici soulha collective (amnistie, réconciliation) entre les deux clans Abou Sallouk et Abou Ghanem de Lod.

La situation est la même à Gaza. Il y a périodiquement de véritables  guerres entre les milices des familles pro-Fatah et celle du ‘Hamas.

Le ‘Hamas, c’est à dire les Frères Musulmans*, louvoie entre la réalité clanique et la loi islamique selon ses intérêts: masquer l’origine clanique d’une décision en l’habillant d’un nom islamique est courant. L’habillage islamique sert aussi des intérêts privés. Il permet par exemple à Ismail Hannye, originaire d’une famille de notable de Ramallah de pouvoir côtoyer Khaled Meshal, originaire de Gaza.

Heureusement pour nous, cette unité de façade à Gaza ou à Ramallah (autour de la personne de Mahmoud Abbas), est beaucoup plus fragile qu’il ne le paraît. J’ai parlé de la Oumma, la grande nation arabe musulmane et trans-frontière. Cette nation n’a pas de réalité tangible: comme à l’époque du grand mufti, elle n’existe que contre (nous les Juifs, les infidèles, les autres au sens large du terme) et non pas pour. Elle n’existe que pour nous éliminer de la carte.
Les Palestiniens ne parlent d’ailleurs de nation ou d’état de Palestine que lorsqu’ils s’adressent  aux Occidentaux.


Dans leurs discours en arabe, ils parlent libérer la Palestine « de la rivière à la mer » en utilisant Jerusalem comme levier religieux contre nous, mais ils n’évoquent jamais l’organisation future de cet état. Leur seul but est de libérer le terrain de la domination des dhimmis juifs mais pas de construire une nation*.

Le politologue Mordekhai Kedar est persuadé que la déclaration de Trump sur Jerusalem est le début de la fin de la « nation » palestinienne d’autant qu’un certain nombre de pays du Moyen-Orient ne leur donne plus qu’un soutien de façade. Il pense que pour les Arabes de Judée-Samarie mais aussi de Gaza, il faudrait créer des émirats basés sur les clans ou tribus. Il y aurait l’émirat de Ramallah, de ‘Hevron, de Jenin, de Jericho, avec lesquels nous aurions des accords sécuritaires et économiques. Il y a déjà des sociétés high-tech israéliennes qui préfèrent délocaliser à Gaza plutôt qu’en Inde…
Pour lui, les seuls états arabes du Moyen-Orient qui se développent bien sont les émirats, peuplés par une seule tribu (ou plusieurs ayant des liens familiaux entre elles), et dirigés par la famille dominante de cette tribu, qu’ils bénéficient de la manne pétrolière ou non. Il est persuadé que « tout Etat du Moyen-Orient basé sur des constructions politiques occidentales ou des paradigmes administratifs européens rejoindrait bientôt le sort de la Syrie, de l’Irak, du Yémen et de la Libye. »


Il n’est pas le seul a penser ainsi, Mustafa Tusa*, journaliste français d’origine tunisienne, considère lui-aussi que le modèle des Emirats Arabes Unis est le seul valable pour combattre les Frères Musulmans et assurer un système politique stable car il est basé sur le modèle socio-politique tribal.

A bientôt,

PS: – Nabil Shaat vient d’ailleurs de confirmer que leur but est de nous eliminer: « Celui qui fit partie de l’équipe de négociateurs avec Israël a déclaré que l’AP n’acceptera jamais la formule de « deux Etats pour deux peuples » car cela équivaudrait à reconnaître le droit à l’existence d’un Etat juif et à annuler le « droit du retour ». Il a présenté la « solution des deux Etats » dans la vision de l’Autorité Palestinienne: Israël deviendrait un Etat binational dans lequel tous les réfugiés de 1948 et 1967 pourraient revenir, et à côté, une « Palestine » dans laquelle ne pourront habiter que les Arabes qui y vivent aujourd’hui! En clair, une « Palestine judenrein » aux côtés d’un Etat d’Israël déjudaïsé qui aurait été submergé par plusieurs millions d’Arabes supplémentaires. » (http://www.lphinfo.com/nabil-chaath-revele-presque-monde-savait/)

 

* La Palestine en tant région administrative de l’empire ottoman puis de la Grande- Bretagne

* Cette fois, il s’agit de la population musulmane de Gaza et de Judée-Samarie

* La famille de Mahmoud Darwish est partie au Liban puis est revenue toujours en Galilée occidentale à Deir al Asad à environ 30 km de son village natal.

*le yishouv:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/04/04/de-lancien-au-nouveau-yishouv/

*le grand mufti Hadj Amin al Husseini:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/10/22/le-mufti/

*Yasser Arafat est né en 1929 en Egypte. Il prétend faire partie de la famille ‘Husseini. Personne en fait n’en sait rien mais il a pu imposer cette filiation, peut-être fictive, car cela servait les intérêts du KGB. Si non e vero…

*Le ‘Hamas:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/16/4795/

*Shabak: Sécurité Intérieure

* Mustafa Tusa:
http://mordechaikedar.com/the-emirates-solution-embraced-by-arabs/

*  Les émirats palestiniens
http://www.palestinianemirates.com/articles.html

* Les frères musulmans et le ‘Hamas:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/16/4795/

* Ce que pensait Golda Meir des Palestiniens:
https://www.israelnationalnews.com/Articles/Article.aspx/21666

 

 

Le 29 novembre 1947

J’avais écrit cet article en 2013. Je le reposte aujourd’hui, car demain, il y aura 70 ans que les Nations Unies ont voté en faveur du partage de la Palestine britannique en deux états, l’un juif et l’autre arabe.

« Pas très loin de la rue Nili * dans le quartier de Katamon, il y a une rue nommée כ »ט בנובמבר   (Kaf Tet beNovember) ou 29 Novembre:

DSCF0134
Cette date du 29 Novembre ne vous dit sans doute pas grand chose mais un certain nombre d’entre vous a sans doute vu cette vidéo :

Il s’agit du jour où l’ONU a approuvé le plan de partage de la Palestine en deux états, l’un Juif et l’autre Arabe.Mais qu’est ce donc que la Palestine? Quel est donc ce territoire sur lequel nous sommes accusés d’occupation et parfois de nettoyage ethnique?

Regardons quelques cartes en remontant le temps:
La Palestine romaine comprend le territoire de l’état d’Israël amputée du Néguev, mais débordant largement sur la Jordanie et la partie oriental du Liban.

palestine romaine01

A l’époque byzantine, son territoire s’étend  jusqu’à l’actuelle frontière nord d’Israel, à l’Est il déborde toujours largement sur la Jordanie actuelle et est toujours amputé du Néguev au Sud:
empire byzantin Palestine (fin du 4 ème siècle)

L’empire arabe l’englobera dans ses conquêtes sans en changer les limites administratives. Ce n’est qu’à l’époque des Croisés que son territoire s’enrichit  du  Liban et de la partie occidentale de la Syrie et cette fois descend au Sud jusqu’à Eilat:

Royaume chrétien au 12 ème siècle

A l’époque ottomane, c’est une des nombreuses provinces de l’empire, divisée en un certain nombre de districts.

Palestine ottomane

Lorsque les Turcs perdent la Première Guerre Mondiale, le prince Fayçal* d’Arabie et Hayim Weizman, chef de l’exécutif sioniste, signent un accord en janvier 1919. les termes de cet accord sont extrêmement intéressants: Il s’agit à la fois de la reconnaissance par Fayçal de la déclaration Balfour et de l’établissement de deux états, l’un arabe, à l’est du Jourdain que gouvernera le prince Fayçal d’Arabie et l’autre, à l’ouest du Jourdain, qui sera l’état de Palestine dirigé par l’exécutif sioniste.
Fayçal ajoute cependant une clause restrictive: cet accord ne vaut que si les Anglais tiennent les promesses d’indépendance faites aux Arabes pendant la guerre.
Les Anglais ne les tiendront pas et cet accord restera lettre morte.

En 1920, les Français et les Anglais se partagent le Moyen-Orient. La Palestine, en vert sur la carte, sera sous mandat britannique.

Palestine 1920

En 1923, la Palestine, nommée alors Syrie-Palestine se voit à nouveau amputée de toute sa région orientale.
Pourquoi?
-Les Français prennent le contrôle du plateau du Golan et l’incluent dans la Syrie (en rose hachuré sur la carte)
– De plus, les Britanniques, qui n’ont pas l’intention de tenir leurs promesses quant à un grand royaume arabe que gouvernerait la famille hachémite, essayent de se racheter en leur offrant un cadeau, la partie orientale de la Palestine: ils créent pour le frère du prince Fayçal, Abdallah, l’émirat de Transjordanie (en rose sur la carte) qui deviendra le royaume de Jordanie en 1946. Il ne reste donc pour le Foyer National Juif que la partie occidentale de  la Palestine britannique (en vert sur la carte).

palestinz 1922.jpg 2
C’est cette petite partie de la Palestine qui est soumise au  partage en 1947. Les Juifs sont inquiets. Si les opinions publiques occidentales leur sont favorables, ainsi que le gouvernements américain et russe (tous les deux espérant ainsi mettre un pied au moyen-Orient au détriment des Français et des Britanniques), les gouvernements occidentaux européens sont eux hésitants. La France par exemple, tergiversera longtemps et se décidera pour le oui juste avant le vote.

29 novembre 1947 2(dessin d’Arieh Navon: Israel, grand-père juif fatigué, attend patiemment devant la salle d’accouchement de l’ONU)

De plus, les Juifs de Palestine savent bien que les Arabes ne veulent en fait rien leur concéder: en 1946, une conférence s’était tenue à Bloudan, en Syrie avec 400 délégués des pays arabes. Présidée par le Premier Ministre irakien, elle avait proclamé que « la Palestine était de manière irréductible une terre arabe et que jamais les Arabes ne consentiraient à en aliéner la moindre parcelle« . En cela, les délégués avaient suivi les avis les plus extrémistes: ceux de l’Irak et celui du Grand Mufti de Jerusalem Hadj Amin Al Husseini*.

Finalement la décision de partition est prise par 33 vois pour contre 13 contre et 11 abstentions.
Ce 29 novembre est un jour de joie pour les Juifs. On leur accorde enfin la possibilité d’avoir un état. Cet état est minuscule (en rouge sur la carte: environ 23 %  du territoire de la Palestine mandataire, en vert le futur état arabe) mais c’est mieux que rien.

 

Palestine 1947(En rouge le futur état juif)

La décision de l’ONU déchaîne un enthousiasme délirant dans toutes les communautés juives à travers le monde. Tout le Yishouv danse cette nuit là tout en sachant que la guerre, déjà larvée depuis des années, éclatera dès le lendemain.

29 novembre 1947

Les Juifs espèrent encore que le nouveau roi de Jordanie, Abdallah, ne rentrera pas en guerre contre le nouvel état mais en vain. Abdallah a peur que le grand Mufti de Jerusalem, réfugié en Egypte*, ne réalise son rêve: devenir le  leader du monde arabe. Il se laisse donc entraîner dans ce déferlement de violences.

Israel sera alors attaqué par l’Egypte, la Jordanie, l’Irak, la Syrie. La guerre sera longue, un an et demi  jusqu’aux accords d’armistice de Rhodes en juillet 1949. Le siège de Jerusalem sera très dur, les Juifs de la Vieille Ville seront massacrés ou s’enfuiront.

quartier juif jerusalem 1948

(1948, le quartier juif de la Vieille Ville de  Jerusalem vidé de ses habitants)

Finalement au moment de l’armistice, Israel, le nouvel état juif, récupérera plus de terres que prévu par le plan de partage (en rouge sur la carte si-dessous).

palestine 1948 

Apres la guerre de 1948, la Jordanie (en rose sur la carte) occupera la Cisjordanie, c’est à dire la partie occidentale du Jourdain et l’Egypte (en jaune sur la carte) occupera Gaza.
La reconnaissance de l’état d’Israel par les puissances européennes ne se fera pas sans difficultés. La France est l’une des dernières.  Comme elle veut ménager les populations musulmanes d’Afrique du Nord, elle ne reconnaîtra l’Etat d’Israël de facto qu’en janvier 1949 et de jure qu’en avril de la même année.

La décision de l’ONU avait prévu que «… Les Arabes, citoyens de l’État arabe, et les Juifs, citoyens de l’État juif auront le droit de vote dans l’État arabe et dans l’État juif, respectivement. » Ce sera la cas pour les Arabes en Israel, mais pas pour les Juifs en Jordanie car…il n’y en aura pas. La Jordanie sera un état Judenrein, exactement comme les territoires actuels sous autonomie palestinienne.

Tant que la partie orientale de la ville est restée sous contrôle jordanien c’est à dire de 1948 à 1967, peut importait au monde occidental qu’aucun Juif ne puisse prier au Kotel ou qu’aucun musulman ou chrétien de nationalité israélienne ne puisse prier à El Aksa, au Saint Sépulcre ou aller à Bethlehem. Mais quand les Israéliens en ont pris le contrôle, le monde des bien-pensants occidentaux s’est réveillé et a parlé d’occupation illégitime.

En 1967, Israel gagna la guerre des 6 jours et conquit les territoires de Cisjordanie et de Gaza. La Jordanie et l’Egypte ne voudront jamais reprendre les territoires conquis par Israel en 1967 (sauf le Sinaï pour l’Egypte), sachant trop bien que l’abcès de fixation qu’ils avaient crée se retournerait contre eux.  Les Arabes, réunis à Khartoum après leur défaite, concluent leur réunion par les fameux trois « non »:
– Non à la paix avec Israel
– Non aux négociations avec Israel
– Non à la reconnaissance d’Israel

On entend toujours qu’Israel doit retourner aux frontières de 67 mais en 1967, il n’y a eu aucune délimitation de frontières * (comme il n’y en n’avait d’ailleurs pas eu en 1949) ce ne sont que des lignes d’armistices. Donc, selon le droit international, Israel n’occupe aucun territoire national étranger!

A aucun moment, pendant toutes ces années, y compris au 19 ème et 20 ème siècles qui voient la montée des nationalismes et des états nations, les Arabes n’auront revendiqué un état ou une identité palestinienne. Aucun texte officiel ne les nommera Palestiniens. Les accords Fayçal-Weizman parleront de la création d’un état arabe et non pas palestinien.  Pendant toutes ces années, ils s’identifieront eux-mêmes comme Arabes de telle ville ou de tel clan. La mention du district de Palestine ne fera pas partie de leur identité. Ceux qui sont appelés Palestiniens par les Turcs ou les Anglais, et aussi par dérision par les Arabes, sont les Juifs de Palestine. 
De plus, même s’ils nomment en hébreu leur pays Eretz Israel, les Juifs utilisent le mot Palestine pour le designer comme le font les autre nations. C’est ainsi qu’on parle officiellement de la  Banque Anglo-Palestinienne, du journal le Palestine Post etc. C’est bien parce que, pour  le monde non-juif, le mot Palestinien est clairement synonyme de Juif, que le traité entre Fayçal et Hayim Weizman mentionnait l’état de Palestine comme le futur état juif!

Le nom de Palestinien, accordé aux Arabes de la région sera une magnifique substitution d’identité, opération de la diplomatie soviétique qui, un peu avant la guerre des 6 jours créera une nation, là où il n’y en a jamais eu.
Pourquoi cette opération de propagande ? En substituant le mot Palestinien au mot Arabe, non seulement ils créaient un peuple de toutes pièces (sous influence soviétique), distinct des autres peuples dont la plupart était sous influence occidentale, mais en plus ils utilisaient le langage en vogue de la décolonisation pour toucher l’imaginaire arabe et occidental.
Les soviétiques contribuaient à sortir ainsi les Juifs et Israel de leur histoire en en faisant des usurpateurs et cela, avec l’assentiment tacite du monde occidental.

L’OLP utilisera pour la première fois les mots peuple palestinien et Palestine en 1964. Il est intéressant de constater que les minorités non-juives et non arabes comme les Tcherkesses et les Druzes (y compris ceux qui habitent le Golan) ne se sont jamais définis comme Palestiniens. Les Arabes chrétiens suivent aveuglement jusqu’à présent les directives des mouvements palestiniens perpétuant leur statut de dhimmis!
Quand ils ne s’adressent pas au monde extérieur, les Arabes reconnaissent ces faits.
Je me souviens d’une émission à la télévision israélienne à l’occasion de Yom Haatsmaout: un journaliste juif interrogeait les notables arabes israéliens d’un village de Galilée qui clamaient haut et fort leur « Palestinité ». Il leur passa alors un film des anneées 50 où les mêmes personnes avaient été filmées participant à la fête de Yom Haatsmaout.
– Vous vous définissiez bien à l’époque comme Israéliens! leur rappela-t-il. Pourquoi pas comme Palestiniens?
– A l’époque, on ne savait pas qu’on était Palestiniens! fut leur réponse.

Ils le reconnaissent parfois même en public:
Walid Shoebat, ancien membre de l’OLP, terroriste repenti et converti au christianisme: « Pourquoi le soir du 4 juin 1967 j’étais Jordanien et le lendemain matin j’étais Palestinien ? …Nous nous sommes considérés « Jordaniens » jusqu’à ce que les Juifs soient revenus à Jérusalem. Alors soudainement nous étions des « Palestiniens »

Ou plus cyniquement comme Zahir Muhsin, membre de l’OLP: « Il n’y a aucune différence entre les Jordaniens, les « Palestiniens », les Syriens et les Libanais. Nous faisons tous  partie de la même nation. C’est seulement pour des raisons politiques que nous soulignons soigneusement notre identité « palestinienne ». L’existence d’une identité « palestinienne » distincte sert seulement un objectif tactique. La création d’un état « palestinien » est un nouvel outil dans la bataille continue contre l’Israël. »
Et il y en a bien d’autres et dites parfois par les dirigeants arabes eux-mêmes!*

Malheureusement. l’Occident ne les prend pas en compte car elle ne rentrent pas dans la doxa officielle

 A bientôt, 

*La rue Nili: https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/10/09/lepopee-du-nili/

*Le prince Fayçal est l’un des fils de Hussein Ben Ali, chérif de la Mecque, de la famille des Hachémites, ennemis des Ibn Saoud. Sa famille ayant aidé les Anglais dans leur lutte contre les Turcs pendant la Première Guerre Mondiale, il sera autorisé à être le seul représentant des Arabes à la conférence de Paris en 1919. Les Anglais lui offriront plus tard le royaume d’Irak.

*Le texte des  accords Weizman Fayçal: http://www.akadem.org/medias/documents/accords-weizmann-faysal.pdf.

*Sur l’attitude de certains groupes arabes de la Palestine mandataire, favorables à une coopération entre un état juif et une fédération d’états arabes, la lettre que Ben Gourion envoya au General de Gaule en décembre 1967: http://victor-perez.blogspot.fr/2013/11/lettre-de-david-ben-gourion-au-general.html#more, trouvée sur l’excellent blog de Victor Perez

* Sur l’attitude ambiguë de la France à la fin des années 40, un ouvrage très documenté: Un siècle de trahison, la diplomatie française et les Juifs., 1894-2007 de David Price-Jones, ed. Denoel.

*En 1937, le grand Mufti Amin Hadj El Husseini s’enfuit  à Beyrouth (sous Mandat Français) pour échapper à un mandat d’arrêt britannique. Il fuit en Allemagne en 1942 pour rejoindre les forces nazies et encourager depuis Berlin les Arabes à massacrer les Juifs. Arrêté pour crime de guerre en 1945, il est placé en résidence surveillée dans la banlieue parisienne. Il s’arrange pour gagner l’Egypte, refuge d’un grand nombre de nazis.
http://www.akadem.org/medias/documents/–1-grand-mufti-de-jerusalem.pdf
Contrairement à la légende qu’il s’était créée, Arafat n’est nullement de sa famille. C’est un Égyptien, ancien membre des frères musulmans. Mais Leila Shahid, s’appelle en fait Husseini. Elle est très fière de son grand-père et fait significatif de ses sentiments, elle a pris le nom de Shahid (martyr), bien qu’elle préfère plutôt envoyer les autres se faire tuer a sa place!

*Israel a actuellement une frontière avec l’Egypte et une avec la Jordanie, deux pays qui ont signé un traité de paix avec Israel. La frontière avec l’Egypte court le long du Sinaï mais ne comprend pas Gaza. La frontière avec la Jordanie se trouve sur la vallée du Jourdain et ce n’est pas la ligne verte. La ligne d’armistice avec le Liban n’a pas bougé depuis 1949, celle avec la Syrie se trouve maintenant sur le plateau du Golan.

*article interessant:http://jssnews.com/2011/05/27/le-mythe-palestinien/

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כִּי הִנֵּה כַּחֹמֶר בְּיַד הַיּוֹצֵר בִּרְצוֹתוֹ מַרְחִיב וּבִרְצוֹתוֹ מְקַצֵּר כֵּן אֲנַחְנוּ בְיָדְךָ חֶסֶד נוֹצֵר לַבְּרִית הַבֵּט וְאַל תֵּפֶן לַיֵּצֶר
Comme l’argile dans la main du potier qui l’étale ou le raccourcit, oui nous sommes dans ta main…

Ce piyout* est l’un des points culminant de l’office de Yom Kippour. Il se chante en ouvrant  les portes de l’arche sainte.
Dans chaque strophe, le poète anonyme, qui s’inspire d’un texte du prophète Jérémie*, nous compare à un matériau dans la main du Créateur: une pierre dans la main du tailleur de pierres, un couteau dans la main de l’artisan, le gouvernail dans la main d’un marin…
Israel est le matériau du Créateur, il est fait de matière comme l’argile mais n’est pas que ça. Il doit choisir à tout instant entre le bien et le mal.

La mélodie la plus célèbre de ce  piyyout fut composée par le rav Shalom Haritunov qui vivait au 19 ème siècle en Ukraine. Mais elle a souvent pris le pas sur le piyut lui-même, elle se chante en nigun, une mélodie sans paroles. Le nigoun est une prière en soi. Les nigounim nous accompagnent de génération en génération. Toujours en mode mineur*, et à l’opposé des chants choraux occidentaux bien calibrés, ils sont l’expression d’une notre inquiétude face à l’adversité, d’un trop plein de douleur mais aussi d’espoir en dépit de tout. Ils s’expriment dans un rythme lent, presque hypnotique où se balancent l’âme et le corps. Rien de religieux au sens classique du terme. Le nigoun concerne chacun d’entre nous quand notre âme déborde.

Dans la vidéo ci-dessous, le soliste a annoncé le titre du piyut Comme l’argile dans la main du potier, il est évident que le public le connait mais il ne chante pas les paroles. Il se laisse bercer par la mélodie*.

Cette mélodie est devenue un nigoun des Juifs de Palestine, pendant les pogroms des années 30 sur lequel Emanuel  Novogarbelski a écrit une berceuse, pour la naissance de son fils Avner.
La situation est grave – la grange brûle à Tel Yossef et on voit la fumée sur Beit Alfa – mais les enfants doivent dormir, leurs parents montent la garde. Demain, ils iront avec eux travailler et reconstruiront leur moshav.

Dors mon fils, repose-toi, ne pleure pas, Ta mère est assise à côté de toi et te protège de tout mal. Dehors les hyènes hurlent et le vent souffle mais toi, mon petit garçon, endors-toi. Le matin viendra très vite, il ne faut pas paresser, demain, il faudra travailler.
Demain ton père sortira labourer, il tracera des sillons. Quand tu grandiras, la tète droite, vous sortirez dans les champs. Tu grandis en Eretz Israel, dans la joie et dans l’effort, tu travailleras comme ton père. Tu planteras dans les larmes et récolteras dans la joie*. Alors, pour le moment, écoute ta mère et endors-toi. La nuit est froide, les renards aiguisent leurs dents mais ton père monte la garde, il ne dort pas. Le jour il travaille, la nuit il garde la grange, tu grandiras et seras fort et tu garderas avec lui.  Couche-toi mon fils, n’aie pas peur, tout le moshav est en alerte. Ta mère aussi monte la garde, elle te protège, Avner. La grange brûle à Tel Yossef et de Beit Alfa monte une fumée, ne pleure pas, endors-toi. Cette nuit, le feu dévore la ferme et la paille. Il est interdit de désespérer, demain nous recommencerons à nouveau. Demain, il faudra poser les fondations, ton père construira  une maison pour son fils. Tu grandiras, tu l’aideras et vous la construirez ensemble.

Si, dans le piyyut original, l’homme est considéré comme un matériau dans les mains du Créateur, dans ce deuxième texte, c’est de lui qui est responsable de la sécurité du bébé et de celle du moshav et c’est lui qui doit travailler pour le construire et le reconstruire.

Alors que j’écris cet article, j’apprends qu’un attentat a eu lieu à Har Hadar, une localité dans les collines, sur la route qui mène à Tel Aviv. Trois Israéliens ont été assassinés: Solomon Gavriyah, 20 ans, garde-frontière, Youssef Ottman, 25 ans, d’Abu Ghosh, et Or Arish, 25 ans, de Har Adar.
Youssef Ottman et Or Arish étaient des gardes de sécurité civils. ה’ ינקום דמם

 

גמר חתימה טובה
Gmar Hatima Tova
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A bientôt,

*Piyout:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/tag/piyout/
Pour ceux qui veulent le texte de ce piyout:
http://old.piyut.org.il/textual/168.html

* Texte de Jérémie 18,6
« Ne pourrais-je pas agir à votre égard, Maison d’Israel, à la façon de ce potier? Certes vous êtes sous ma main comme l’argile sous la main du potier »

*Les nigunim sont en mode mineur: on raconte que les Juifs polonais et russes furent impressionnés par les chants de l’armée napoléonienne. Ils les adoptèrent mais les firent passer du mode majeur au mineur qui nous convient mieux. 

*Chez nous, quand on fredonne on ne dit pas la la la mais daï di di daï

* Le poète Emanuel  Novogarbelski (1903-1979) né à Nikolayev, en Russie, écrivait sous le nom de Emmanuel Harussi (Emmanuel le Russe)

* D’après les Tehilim (126,5) « Eternel, ramène nos captifs, Comme (tu ramènes)  les ruisseaux dans le midi! Ceux qui sèment avec larmes moissonneront dans la joie. Celui qui marche en pleurant, quand il porte les grains. récolte dans l’allégresse ».

 

Détruire Israel par tous les moyens

A la mémoire de Ha’il Satawi et Kamil Shanan,  policiers druzes assassinés  par trois terroristes arabes israéliens de Um el Farm.

 et celles des membres de la famille Salomon, Yossef, Haya et Elad, égorgés chez eux lors du repas de shabbat par un terroriste venu des territoires palestiniens et qui voulait « sauver El Aqsa ».

Hier, je regardais la chaîne télé de la Knesset. Une des nombreuses commissions du parlement israélien traitait d’un sujet très sensible et actuel. Il s’agit des pressions exercées à l’égard de la jeunesse druze israélienne pour la convaincre de ne pas faire de service militaire.

La commission présidée par le député Amir Ohana. conseiller aux affaires militaires liées au recrutement, et à laquelle participaient des officiers supérieurs. un député et une représentante du Ministère de l’Education pour le secteur druze et tcherkesse,  a entendu un certain nombre de témoignages, notamment celui des représentants du mouvement étudiant Im Tirtzou qui a dévoilé cette affaire.
Le responsable de Im Tirtzou, Matan Peled, a décrit les activités de l’organisation pro palestinienne Baladna et ses liens avec les députés de la liste unifiée arabe*, tous deux incitant les jeunes appartenant aux communautés musulmanes, chrétiennes et surtout druzes, à ne pas faire leur service militaire ou service national.

L’organisation Baladna et sa jumelle Aorfod veut persuader les jeunes druzes qu’il n’y a pas d’entité druze-israélienne et qu’ils sont en fait tout simplement palestiniens. De même pour les jeunes tcherkesses. Dans ces communautés attachés à leur tradition, le service militaire ne touche que les garçons, mais les filles font souvent le service civil en volontariat dans les villages druzes.
Pour Baladna, même le service civil, qui est en fait un volontariat au service des plus démunis, est le signe d’une allégeance à la puissance occupante, Israel. Si il y a volontariat, celui-ci doit être effectué seulement dans les organisations palestiniennes.  Médecins et avocats affiliés à ces organisations expliquent aux jeunes comment frauder pour se faire reformer.
A ce stade, je dois préciser que les membres de la Liste unifiée sont des députés israéliens sensés représenter la minorité arabe israélienne et non pas les palestiniens de Mahmoud Abbas ou du Hamas.

Matan Peled a ajouté que les députés de la Liste unifiée incitent, d’une façon plus générale, les jeunes druzes qui sont astreints au service militaire comme les Juifs, à ne plus se considérer comme israéliens mais comme palestiniens. Ils font un travail de sape très élaboré au sein de la société israélienne non juive: Un jeune druze a témoigné pour décrire ce qui se passait à Daliyat El Carmel (ville druze au nord d’Israel) où ces organisations, n’ayant pas été autorisées à rentrer dans le lycée, avaient fait des réunions informelles dans un centre social sous un faux prétexte.

Le Dr Akram Hasson, député druze, a indiqué que les druzes jusqu’à présent ne se sont pas laissé faire et qu’au final le pourcentage d’incorporation des druzes dans l’armée est aussi élevé que celui des Juifs, mais, a-t-il ajouté, « une stricte surveillance de ces activités s’impose, nous maintiendrons l’interdiction à ces organisations d’entrée dans les établissements d’enseignement dans nos villages à majorité druze ». Toutefois signale-t-il, « il n’est pas possible aujourd’hui d’en faire autant dans des villages tels que Shfaram ou Kfar Kana où la population est mixte: druze et arabe. Pour ces derniers, nous allons proposer une loi  de protection contre ces organisations, sans délai. »

Mais, allez vous dire, même dans la population juive, des organisations prônent la désobéissance civile.
A l’extrême gauche de l’échiquier politique, Shoverim Shtika ou B’tselem, recrutent des arnarchisto-trotskistes  qui sont persuadés qu’en affaiblissant Tsahal, nous arriverons à une paix entre nous et les arabes. Certains sont atteints de ce syndrome de la haine de soi, ils espèrent en s’accusant, en annihilant leur identité, s’attirer les bonnes grâces de leurs ennemis ce qui bien sur n’arrivera jamais puisque le monde arabe ne connait que le dominant et le dominé et ne considérera jamais le dhimmi comme un interlocuteur valable.
Egalement, ceux, qui dans les groupes haredim, refusent aussi le service militaire, se justifient en nous expliquant que leurs prières sont aussi efficaces (voire plus) que le maniement des armes. Dans ces deux cas, que l’on soit d’accord ou pas, les gauchistes comme les harédim estiment agir en fonction de leurs convictions pour le bien du pays.

Tandis que pour le parti La Liste unifiée ou les organisations telles que Baladna,  il s’agit de détruire le fragile équilibre qui s’est installé dans la société israélienne entre différentes communautés. Il s’agit de démembrer Israel considéré comme l’ennemi. Leurs discours, ne se réfèrent jamais à la coexistence ou au vivre-ensemble. Non, leur objectif est clair: soumettre et détruire l’état d’Israel. Leurs propos sont clairs sur le sujet, ils ne s’en cachent même pas. ils parlent de soumission des juifs et de destruction du pays. Il veulent selon les expressions consacrées « la Palestine de la rivière à la mer » ou bien « jeter les Juifs à la mer », expressions largement scandées par les foules pendant les manifestations de cette dernière semaine.

Il était temps que ce problème soit révélé au grand jour. Le mouvement Im Tirtzou, qui est de plus en plus actif dans les universités, a beaucoup fait sur ce sujet.

Quand les députés druzes disent que ce mouvement Baladna n’a pas eu d’impact jusqu’à présent sur les jeunes druzes ou tcherkesses, c’est sans doute vrai car, dans la vie de tous les jours, les Arabes musulmans ne montrent aucune empathie pour les Druzes et ces mêmes députés, qui voudraient rallier les druzes à la cause palestinienne, ne prennent même pas la peine de se déplacer pour assister aux enterrements des victimes druzes des attentats. Il y a d’ailleurs eu des heurts violents entre Druzes et Arabes ces derniers temps dans les villages mixtes.

Les députés présents à cette commission ont décidé d’ouvrir une enquête pénale à l’encontre de 4 députés de la Liste unifiée.

J’ai confiance dans les Druzes. Non seulement nous avons créé avec eux ce qu’ils appellent une alliance de sang et de vie mais souvent, ils nous donnent des leçons de sionisme comme le ministre des communications  Ayoub Kara, ou comme  il y a quelques jours le député Ayal Assad qui s’opposait au démantèlement des portiques de sécurité aux entrées du Mont du Temple:
« La décision de retirer les portiques est un signe de faiblesse. Le peuple de l’éternité est digne d’un leadership fort et solide, qui ne s’aplatit pas et ne cède pas devant ceux qui désirent tuer des juifs. Il nous faut un gouvernement qui sera capable de chasser la Liste arabe unifiée et de l’envoyer à Gaza. En vrai et pas avec des mots. La population d’Israël a besoin de chefs à l’image de Juda Maccabée qui sortit lutter contre l’Empire gréco-syrien et remporta la victoire. Le peuple d’Israël a besoin de plus de foi ainsi que de prières dans les synagogues et les maisons d’étude.  N’oubliez pas! »

En fait, Israel subit actuellement une attaque sur tous les fronts:
– Au nord, le Hezbollah a réussi à étendre le conflit syrien au Liban et est en train de gagner la bataille de la Bekaa libanaise qui dure depuis une bonne semaine. Ce même Hezbollah, aidé par l’Iran, qui gouverne toute la région sud du Liban et nous menace avec ses milliers de missiles alors que pour mettre fin au précédent conflit l’ONU (France en tête) avait garanti que cette zone tampon  serait une zone démilitarisée.
– Au sud le Hamas, qui s’est allié depuis peu avec le Hezbollah libanais, menace également Israel de ses milliers de roquettes et pratique la surenchère en provoquant régulièrement Israel dans le but de gagner la guerre du leadership qui l’oppose au Fatah de Mahamoud Abbas.

L’un des héros de la guerre de l’été 2014, le général de brigade Ghassam  Alyian* a déclaré il y déjà quelque temps:


« Des forces ennemies qui ne sont pas libanaises, comme le groupe terroriste Hamas, pourraient mener des combats sur la frontière nord d’Israël. Des événements sur d’autres fronts que le front nord pourraient également déclencher quelque chose. Je suis basé au Nord du pays mais je vous assure que les événements de la frontière sud ont un impact énorme. Beaucoup de choses qui se passent à Gaza sont pertinentes pour le front libanais: nos ennemis analysent nos techniques de combat et s’inspirent de cette connaissance pour améliorer leurs propres tactiques. D’une façon ou d’une autre, une troisième guerre avec le Liban n’est juste qu’une question de temps ».
– A l’est, sur le Golan, l’accord récent de cessez le feu entre les troupes syro-iraniennes et les rebelles syriens, permet aux troupes chiites et à des observateurs russes de s’installer à 30 km de la frontière israélienne et à 6 km de la frontières jordanienne. La présence des observateurs russes empêchera les israéliens d’intervenir pour éviter que ne se forme une menace militaire sérieuse à la frontière est.
– A l’Unesco où les palestiniens d’ Abbas avec la complicité sournoise des européens et celle active des pays arabes font passer des résolutions qui sont des injures à l’intelligence des peuples et à l’histoire pour délégitimer toute présence juive dans la région.
– Enfin à l’intérieur, des groupes, comme Baladna, aidés par les députés arabes, eux-mêmes proches du mouvement islamique israélien, poursuivent leur tentatives de déstabilisation de la société israélienne. Le Waqf jordanien, en charge de l’administration de la mosquée d’El Aqsa, soutient les émeutiers et attise leur haine et leur colère en déclarant que les israéliens veulent détruire El Aqsa pour reconstruire le Temple. Les jordaniens aussi s’en mêlent car même si Abballah II a le plus profond mépris pour les Palestiniens et Arabes Israéliens, il a peur de perdre et son trône et sa vie. Il doit donc enfourcher le même cheval de bataille au cri de « Sauvons El Aqsa!*

Quand aux pays de l’Union Européenne qui continuent de vociférer contre Israel avec véhémence et à voter dans les instances onusiennes avec les pays arabes quelque soit la pertinence des résolutions, je n’en parlerai même plus. Ils ont une obsession mortifère contre nous qui font que des portiques de sécurité leur semblent acceptables partout dans le monde sauf ici car, comme je l’ai entendu lors d’une émission C’ dans l’air de France 5: « La Mecque ou le Vatican ne sont pas sous occupation étrangère ». La messe est dite!

Nous en sortirons, nous nous en sortons toujours, mais le prix à payer est quand même bien lourd!! 

 

A bientôt,

P.S.: Si vous n’avez pas le temps de lire toutes les notes, lisez au moins l’article de Ph Karsenty et P Lurçat

* Les Druzes:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/02/12/yitro-et-nous/

* La Liste unifiée est une coalition politique israélienne fondée en 2015, issue de l’alliance entre le parti communiste Hadash et les trois formations arabes : le Mouvement islamique (branche sudiste), la Liste arabe unie – Ta’alet et les nationalistes du parti Balad. Elue démocratiquement elle est représentée à la Knesset par 13 députés sur 120.

*Les Tcherkessim:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/05/22/les-tcherkessim/

*Ghassam Alyian:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/27/la-nuque-raide/

*Le ministre Ayub Kara est le representant en Israel des Bnei Noa’h (enfants de Noé) non- juifs qui observent les 7 mitsvot données à Noah: obligation d’établir des tribunaux, interdiction du meurtre, du vol, de l’adultère ou inceste, de l’idolâtrie, du blasphème, de manger la viande d’un animal vivant.
Actuellement, ce sont des monothéistes détachés du christianisme ou de l’islam. 
http://noahideworldcenter.org/wp_fr/dernieres-nouvelles/le-ministre-druze-ayoub-kara-representant-des-enfants-de-noe-au-sein-du-gouvernement-israelien/#gsc.tab=0

*Sauvons El Aqsa, est le cri de ralliement des terroristes ceux de Daesh, du Hamas, Fatah, du Jihad Islamique etc…
Lire à ce sujet l’excellent article de Philippe Karsenty et Pierre Lurçat 
sur Causeur:
https://www.causeur.fr/israel-jerusalem-alaqsa-terrorisme-145787#disqus_thread
Et sur la destruction des lieux saints musulmans par les musulmans eux-mêmes (les Juifs n’en ont pas détruit un seul)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Destruction_de_sites_li%C3%A9s_%C3%A0_l’Islam_pr%C3%A9coce

Quelques uns de mes articles sur le sujet:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/06/06/notre-jerusalem/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/11/11/la-porte-des-lionshttps://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/09/25/le-groupe-clandestin-des-souffleurs-de-shofar/

 

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