Le 29 novembre 1947

J’avais écrit cet article en 2013. Je le reposte aujourd’hui, car demain, il y aura 70 ans que les Nations Unies ont voté en faveur du partage de la Palestine britannique en deux états, l’un juif et l’autre arabe.

« Pas très loin de la rue Nili * dans le quartier de Katamon, il y a une rue nommée כ »ט בנובמבר   (Kaf Tet beNovember) ou 29 Novembre:

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Cette date du 29 Novembre ne vous dit sans doute pas grand chose mais un certain nombre d’entre vous a sans doute vu cette vidéo :

Il s’agit du jour où l’ONU a approuvé le plan de partage de la Palestine en deux états, l’un Juif et l’autre Arabe.Mais qu’est ce donc que la Palestine? Quel est donc ce territoire sur lequel nous sommes accusés d’occupation et parfois de nettoyage ethnique?

Regardons quelques cartes en remontant le temps:
La Palestine romaine comprend le territoire de l’état d’Israël amputée du Néguev, mais débordant largement sur la Jordanie et la partie oriental du Liban.

palestine romaine01

A l’époque byzantine, son territoire s’étend  jusqu’à l’actuelle frontière nord d’Israel, à l’Est il déborde toujours largement sur la Jordanie actuelle et est toujours amputé du Néguev au Sud:
empire byzantin Palestine (fin du 4 ème siècle)

L’empire arabe l’englobera dans ses conquêtes sans en changer les limites administratives. Ce n’est qu’à l’époque des Croisés que son territoire s’enrichit  du  Liban et de la partie occidentale de la Syrie et cette fois descend au Sud jusqu’à Eilat:

Royaume chrétien au 12 ème siècle

A l’époque ottomane, c’est une des nombreuses provinces de l’empire, divisée en un certain nombre de districts.

Palestine ottomane

Lorsque les Turcs perdent la Première Guerre Mondiale, le prince Fayçal* d’Arabie et Hayim Weizman, chef de l’exécutif sioniste, signent un accord en janvier 1919. les termes de cet accord sont extrêmement intéressants: Il s’agit à la fois de la reconnaissance par Fayçal de la déclaration Balfour et de l’établissement de deux états, l’un arabe, à l’est du Jourdain que gouvernera le prince Fayçal d’Arabie et l’autre, à l’ouest du Jourdain, qui sera l’état de Palestine dirigé par l’exécutif sioniste.
Fayçal ajoute cependant une clause restrictive: cet accord ne vaut que si les Anglais tiennent les promesses d’indépendance faites aux Arabes pendant la guerre.
Les Anglais ne les tiendront pas et cet accord restera lettre morte.

En 1920, les Français et les Anglais se partagent le Moyen-Orient. La Palestine, en vert sur la carte, sera sous mandat britannique.

Palestine 1920

En 1923, la Palestine, nommée alors Syrie-Palestine se voit à nouveau amputée de toute sa région orientale.
Pourquoi?
-Les Français prennent le contrôle du plateau du Golan et l’incluent dans la Syrie (en rose hachuré sur la carte)
– De plus, les Britanniques, qui n’ont pas l’intention de tenir leurs promesses quant à un grand royaume arabe que gouvernerait la famille hachémite, essayent de se racheter en leur offrant un cadeau, la partie orientale de la Palestine: ils créent pour le frère du prince Fayçal, Abdallah, l’émirat de Transjordanie (en rose sur la carte) qui deviendra le royaume de Jordanie en 1946. Il ne reste donc pour le Foyer National Juif que la partie occidentale de  la Palestine britannique (en vert sur la carte).

palestinz 1922.jpg 2
C’est cette petite partie de la Palestine qui est soumise au  partage en 1947. Les Juifs sont inquiets. Si les opinions publiques occidentales leur sont favorables, ainsi que le gouvernements américain et russe (tous les deux espérant ainsi mettre un pied au moyen-Orient au détriment des Français et des Britanniques), les gouvernements occidentaux européens sont eux hésitants. La France par exemple, tergiversera longtemps et se décidera pour le oui juste avant le vote.

29 novembre 1947 2(dessin d’Arieh Navon: Israel, grand-père juif fatigué, attend patiemment devant la salle d’accouchement de l’ONU)

De plus, les Juifs de Palestine savent bien que les Arabes ne veulent en fait rien leur concéder: en 1946, une conférence s’était tenue à Bloudan, en Syrie avec 400 délégués des pays arabes. Présidée par le Premier Ministre irakien, elle avait proclamé que « la Palestine était de manière irréductible une terre arabe et que jamais les Arabes ne consentiraient à en aliéner la moindre parcelle« . En cela, les délégués avaient suivi les avis les plus extrémistes: ceux de l’Irak et celui du Grand Mufti de Jerusalem Hadj Amin Al Husseini*.

Finalement la décision de partition est prise par 33 vois pour contre 13 contre et 11 abstentions.
Ce 29 novembre est un jour de joie pour les Juifs. On leur accorde enfin la possibilité d’avoir un état. Cet état est minuscule (en rouge sur la carte: environ 23 %  du territoire de la Palestine mandataire, en vert le futur état arabe) mais c’est mieux que rien.

 

Palestine 1947(En rouge le futur état juif)

La décision de l’ONU déchaîne un enthousiasme délirant dans toutes les communautés juives à travers le monde. Tout le Yishouv danse cette nuit là tout en sachant que la guerre, déjà larvée depuis des années, éclatera dès le lendemain.

29 novembre 1947

Les Juifs espèrent encore que le nouveau roi de Jordanie, Abdallah, ne rentrera pas en guerre contre le nouvel état mais en vain. Abdallah a peur que le grand Mufti de Jerusalem, réfugié en Egypte*, ne réalise son rêve: devenir le  leader du monde arabe. Il se laisse donc entraîner dans ce déferlement de violences.

Israel sera alors attaqué par l’Egypte, la Jordanie, l’Irak, la Syrie. La guerre sera longue, un an et demi  jusqu’aux accords d’armistice de Rhodes en juillet 1949. Le siège de Jerusalem sera très dur, les Juifs de la Vieille Ville seront massacrés ou s’enfuiront.

quartier juif jerusalem 1948

(1948, le quartier juif de la Vieille Ville de  Jerusalem vidé de ses habitants)

Finalement au moment de l’armistice, Israel, le nouvel état juif, récupérera plus de terres que prévu par le plan de partage (en rouge sur la carte si-dessous).

palestine 1948 

Apres la guerre de 1948, la Jordanie (en rose sur la carte) occupera la Cisjordanie, c’est à dire la partie occidentale du Jourdain et l’Egypte (en jaune sur la carte) occupera Gaza.
La reconnaissance de l’état d’Israel par les puissances européennes ne se fera pas sans difficultés. La France est l’une des dernières.  Comme elle veut ménager les populations musulmanes d’Afrique du Nord, elle ne reconnaîtra l’Etat d’Israël de facto qu’en janvier 1949 et de jure qu’en avril de la même année.

La décision de l’ONU avait prévu que «… Les Arabes, citoyens de l’État arabe, et les Juifs, citoyens de l’État juif auront le droit de vote dans l’État arabe et dans l’État juif, respectivement. » Ce sera la cas pour les Arabes en Israel, mais pas pour les Juifs en Jordanie car…il n’y en aura pas. La Jordanie sera un état Judenrein, exactement comme les territoires actuels sous autonomie palestinienne.

Tant que la partie orientale de la ville est restée sous contrôle jordanien c’est à dire de 1948 à 1967, peut importait au monde occidental qu’aucun Juif ne puisse prier au Kotel ou qu’aucun musulman ou chrétien de nationalité israélienne ne puisse prier à El Aksa, au Saint Sépulcre ou aller à Bethlehem. Mais quand les Israéliens en ont pris le contrôle, le monde des bien-pensants occidentaux s’est réveillé et a parlé d’occupation illégitime.

En 1967, Israel gagna la guerre des 6 jours et conquit les territoires de Cisjordanie et de Gaza. La Jordanie et l’Egypte ne voudront jamais reprendre les territoires conquis par Israel en 1967 (sauf le Sinaï pour l’Egypte), sachant trop bien que l’abcès de fixation qu’ils avaient crée se retournerait contre eux.  Les Arabes, réunis à Khartoum après leur défaite, concluent leur réunion par les fameux trois « non »:
– Non à la paix avec Israel
– Non aux négociations avec Israel
– Non à la reconnaissance d’Israel

On entend toujours qu’Israel doit retourner aux frontières de 67 mais en 1967, il n’y a eu aucune délimitation de frontières * (comme il n’y en n’avait d’ailleurs pas eu en 1949) ce ne sont que des lignes d’armistices. Donc, selon le droit international, Israel n’occupe aucun territoire national étranger!

A aucun moment, pendant toutes ces années, y compris au 19 ème et 20 ème siècles qui voient la montée des nationalismes et des états nations, les Arabes n’auront revendiqué un état ou une identité palestinienne. Aucun texte officiel ne les nommera Palestiniens. Les accords Fayçal-Weizman parleront de la création d’un état arabe et non pas palestinien.  Pendant toutes ces années, ils s’identifieront eux-mêmes comme Arabes de telle ville ou de tel clan. La mention du district de Palestine ne fera pas partie de leur identité. Ceux qui sont appelés Palestiniens par les Turcs ou les Anglais, et aussi par dérision par les Arabes, sont les Juifs de Palestine. 
De plus, même s’ils nomment en hébreu leur pays Eretz Israel, les Juifs utilisent le mot Palestine pour le designer comme le font les autre nations. C’est ainsi qu’on parle officiellement de la  Banque Anglo-Palestinienne, du journal le Palestine Post etc. C’est bien parce que, pour  le monde non-juif, le mot Palestinien est clairement synonyme de Juif, que le traité entre Fayçal et Hayim Weizman mentionnait l’état de Palestine comme le futur état juif!

Le nom de Palestinien, accordé aux Arabes de la région sera une magnifique substitution d’identité, opération de la diplomatie soviétique qui, un peu avant la guerre des 6 jours créera une nation, là où il n’y en a jamais eu.
Pourquoi cette opération de propagande ? En substituant le mot Palestinien au mot Arabe, non seulement ils créaient un peuple de toutes pièces (sous influence soviétique), distinct des autres peuples dont la plupart était sous influence occidentale, mais en plus ils utilisaient le langage en vogue de la décolonisation pour toucher l’imaginaire arabe et occidental.
Les soviétiques contribuaient à sortir ainsi les Juifs et Israel de leur histoire en en faisant des usurpateurs et cela, avec l’assentiment tacite du monde occidental.

L’OLP utilisera pour la première fois les mots peuple palestinien et Palestine en 1964. Il est intéressant de constater que les minorités non-juives et non arabes comme les Tcherkesses et les Druzes (y compris ceux qui habitent le Golan) ne se sont jamais définis comme Palestiniens. Les Arabes chrétiens suivent aveuglement jusqu’à présent les directives des mouvements palestiniens perpétuant leur statut de dhimmis!
Quand ils ne s’adressent pas au monde extérieur, les Arabes reconnaissent ces faits.
Je me souviens d’une émission à la télévision israélienne à l’occasion de Yom Haatsmaout: un journaliste juif interrogeait les notables arabes israéliens d’un village de Galilée qui clamaient haut et fort leur « Palestinité ». Il leur passa alors un film des anneées 50 où les mêmes personnes avaient été filmées participant à la fête de Yom Haatsmaout.
– Vous vous définissiez bien à l’époque comme Israéliens! leur rappela-t-il. Pourquoi pas comme Palestiniens?
– A l’époque, on ne savait pas qu’on était Palestiniens! fut leur réponse.

Ils le reconnaissent parfois même en public:
Walid Shoebat, ancien membre de l’OLP, terroriste repenti et converti au christianisme: « Pourquoi le soir du 4 juin 1967 j’étais Jordanien et le lendemain matin j’étais Palestinien ? …Nous nous sommes considérés « Jordaniens » jusqu’à ce que les Juifs soient revenus à Jérusalem. Alors soudainement nous étions des « Palestiniens »

Ou plus cyniquement comme Zahir Muhsin, membre de l’OLP: « Il n’y a aucune différence entre les Jordaniens, les « Palestiniens », les Syriens et les Libanais. Nous faisons tous  partie de la même nation. C’est seulement pour des raisons politiques que nous soulignons soigneusement notre identité « palestinienne ». L’existence d’une identité « palestinienne » distincte sert seulement un objectif tactique. La création d’un état « palestinien » est un nouvel outil dans la bataille continue contre l’Israël. »
Et il y en a bien d’autres et dites parfois par les dirigeants arabes eux-mêmes!*

Malheureusement. l’Occident ne les prend pas en compte car elle ne rentrent pas dans la doxa officielle

 A bientôt, 

*La rue Nili: https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/10/09/lepopee-du-nili/

*Le prince Fayçal est l’un des fils de Hussein Ben Ali, chérif de la Mecque, de la famille des Hachémites, ennemis des Ibn Saoud. Sa famille ayant aidé les Anglais dans leur lutte contre les Turcs pendant la Première Guerre Mondiale, il sera autorisé à être le seul représentant des Arabes à la conférence de Paris en 1919. Les Anglais lui offriront plus tard le royaume d’Irak.

*Le texte des  accords Weizman Fayçal: http://www.akadem.org/medias/documents/accords-weizmann-faysal.pdf.

*Sur l’attitude de certains groupes arabes de la Palestine mandataire, favorables à une coopération entre un état juif et une fédération d’états arabes, la lettre que Ben Gourion envoya au General de Gaule en décembre 1967: http://victor-perez.blogspot.fr/2013/11/lettre-de-david-ben-gourion-au-general.html#more, trouvée sur l’excellent blog de Victor Perez

* Sur l’attitude ambiguë de la France à la fin des années 40, un ouvrage très documenté: Un siècle de trahison, la diplomatie française et les Juifs., 1894-2007 de David Price-Jones, ed. Denoel.

*En 1937, le grand Mufti Amin Hadj El Husseini s’enfuit  à Beyrouth (sous Mandat Français) pour échapper à un mandat d’arrêt britannique. Il fuit en Allemagne en 1942 pour rejoindre les forces nazies et encourager depuis Berlin les Arabes à massacrer les Juifs. Arrêté pour crime de guerre en 1945, il est placé en résidence surveillée dans la banlieue parisienne. Il s’arrange pour gagner l’Egypte, refuge d’un grand nombre de nazis.
http://www.akadem.org/medias/documents/–1-grand-mufti-de-jerusalem.pdf
Contrairement à la légende qu’il s’était créée, Arafat n’est nullement de sa famille. C’est un Égyptien, ancien membre des frères musulmans. Mais Leila Shahid, s’appelle en fait Husseini. Elle est très fière de son grand-père et fait significatif de ses sentiments, elle a pris le nom de Shahid (martyr), bien qu’elle préfère plutôt envoyer les autres se faire tuer a sa place!

*Israel a actuellement une frontière avec l’Egypte et une avec la Jordanie, deux pays qui ont signé un traité de paix avec Israel. La frontière avec l’Egypte court le long du Sinaï mais ne comprend pas Gaza. La frontière avec la Jordanie se trouve sur la vallée du Jourdain et ce n’est pas la ligne verte. La ligne d’armistice avec le Liban n’a pas bougé depuis 1949, celle avec la Syrie se trouve maintenant sur le plateau du Golan.

*article interessant:http://jssnews.com/2011/05/27/le-mythe-palestinien/

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Lord Balfour écrit une lettre

Au début de la 1ère guerre mondiale, les grandes puissances décident de mettre en oeuvre leur projet: le partage de l’empire turc. Se présente alors, sans avoir été invité, un nouveau partenaire: le mouvement sioniste. Les premières présentations des demandes juives sont faites par le ministre de l’Intérieur, Lord Herbert Samuel*, au Premier Ministre britannique Lord Asquith. Bien qu’étant juif, Lord Herbert Samuel n’a jamais été convaincu par les idées de Herzl mais il pense maintenant que c’est un projet viable et présente un mémorandum que le gouvernement britannique juge intéressant. Cela dit, les demandes sionistes seront complètement ignorées par Mark Sykes*, qui signera avec la France les accords Sikes-Picot…

sykes picot accord carte

(Carte des accords Sikes Picot)

Comme vous le voyez sur la carte, pas de place pour un Foyer National Juif, les Juifs se retrouvent soit dans la zone arabe en rose soit dans la zone internationale en brun.

Toutefois Lord Samuel commence à fréquenter les cercles sionistes et en particulier Hayim Weizman avec qui il devient ami.
Hayim Weizman est un chimiste de renom qui travaille avec les industries d’armement. Il connait donc de nombreux ministres et hauts fonctionnaires anglais qu’il essaye de rallier à la cause sioniste. Il a de très bonnes relations avec son patron Lord Balfour qui sera nommé Lord de l’Amirauté en 1915.
De plus, Weizman met au point un procédé chimique permettant de fabriquer en grande quantité la cordite* nécessaire à l’armée britannique laquelle aidera  à changer le cours de la guerre.
Vous avez certainement lu qu’en remerciement la Grande Bretagne acceptera d’appuyer les demandes de l’Organisation Sioniste.

Sur ce sujet, trois versions coexistent:

– La première est tout à fait idyllique: C’est celle du Premier Ministre Lloyd George.
Il raconte qu’il aurait déclarer à Weizman : Vous avez rendu un grand service à l’Etat et j’aimerai vous recommander pour une décoration. Ce quoi Weizman repondit: Je ne désire rien pour moi-même.
Llyod George: Mais n’y a-t-il rien que nous puissions faire, en reconnaissance pour l’aide apportée à notre pays?

Weizman: J’aimerais une patrie pour mon peuple!

– Pour Weizman, l’histoire est toute autre. Voila ce qu’il écrit: Ma rencontre avec Llyod George eut lieu en 1914… Alors que le Premier Ministre nous fait nous rencontrer seulement en 1917 et son récit fait apparaître la déclaration Balfour comme une récompense… Je voudrais bien que cela eut été aussi simple et j’aimerais ne pas avoir connu les crèves-cœur, les souffrances et les doutes qui précédèrent cette déclaration. Mais l’Histoire ne se fait pas avec une lampe magique d’Alladin ».

– En fait la version de Herbert Samuel confirme la version d’un Weizman luttant pour intéresser le Cabinet britannique à l’édification d’un Foyer National Juif. Il soutient le projet sioniste car  » l’apport en Palestine d’un nouvel élément économique et culturel serait la meilleure manière de régénérer ce pays, d’un intérêt historique si puissant pour l’humanité et à l’époque presque à l’abandon et enfin, contre des dangers futurs, une excellent mesure de précaution pour protéger les légitimes et très anciens intérêts de Commonwealth britannique ».
Cela est plus crédible, ne trouvez-vous pas?

Et donc à l’automne 1917, Lord Walter Rothschild* demande à Lord Balfour de publier une déclaration en faveur des Juifs de Palestine comprenant ces deux points:
1- Le gouvernement de Sa Majesté accepte le principe de la reconstruction de la Palestine en tant que Foyer National pour le peuple juif.
2- Le gouvernement de Sa Majesté fera de son mieux pour aider a réaliser cet objectif et discutera avec l’Organisation Sioniste des méthodes et moyens nécessaires

Le 2 novembre 1917, Lord Balfour répondra positivement à Lord Rothschild dans un lettre restée fameuse, mais sa réponse est beaucoup moins précise:
« Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un Foyer National pour le peuple juif et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de ce but, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civils et religieux des communautés non-juives existant en Palestine ni aux droits et au statut politique dont les Juifs jouissent dans tous les autres pays« 

Balfour_portrait_and_declaration
Dans ce texte, on passe de la reconstruction de la Palestine en tant que Foyer National pour le peuple juif à l’établissement d’un Foyer National pour le peuple juif. La Palestine n’est plus LE foyer national du peuple juif. De plus aucune mention n’est faire au sujet d’une coopération entre la Grande-Bretagne et l’Organisation Sioniste.

Balfour, reconstitution Musee de la Diaspora

(Reconstitution de la table de travail de Lord Balfour au Musée de la Diaspora à Tel Aviv)

Lord Balfour était certes ami avec Lord Herbert Samuel et Hayim Weizman mais cela n’explique pas entièrement son intérêt pour le projet sioniste.
Certains historiens, en général anti-sionistes, prétendent  que c’était pour provoquer l’entrée en guerre des USA aux côtés des alliés (en sous-entendant bien sûr que les Juifs américains dominaient la politique américaine!). Ceci est tout à fait faux car non seulement, les Juifs américains sont pour la plupart, à cette époque, des nouveaux venus et ne dominent ni la politique ni la finance américaines, mais de plus, les USA avaient déjà rompu leur neutralité et étaient entrés en guerre dès avril 1917.
On a dit aussi qu’il était un chrétien sioniste. Il est vrai que les propos de Weizman le faisaient rêver car il entendait dans sa bouche des noms de lieux qu’il avait lu dans la Bible.
A ce sujet, les mêmes accusateurs accusent Lord Balfour d’avoir écrit dans autre document: « le sionisme s’enracine dans des traditions et des espoirs futurs bien plus importants que les désirs et les préjugés de 700 000 arabes qui habitent à présent sur cette terre historique« . Mais le contenu de cette affirmation ne fut jamais prouvé.

Quoi qu’il en soit, si la déclaration Balfour frappe l’opinion publique et les différents gouvernements européens*, ses termes demeurent vagues et tout peut être remis en question si elle n’est pas ratifiée par les traités de paix à la fin de la 1 ère guerre mondiale.

Au moment de la déclaration, les Britanniques viennent juste de prendre Beer Sheva et de briser enfin le front turc de Beer Sheva à Gaza. Ils entreront à Jerusalem sans tirer un seul coup de feu fin décembre. Lord Herber Samuel deviendra le premier Haut Commissaire britannique en Palestine.

Lord Herbert Samuel et Lord Balfour sont alors des héros pour les Juifs de Palestine. Le general Allenby, Lord Herbert Samuel et Lord Balfour seront accueillis comme les « trois géants » de la Palestine lors de l’inauguration de l’Université Hébraïque de Jerusalem en 1925.
Balfour, Allenby, SamuelBalfour y prononcera un discours.

Balfour HU1

Il fera aussi une visite triomphante dans les yishouvim, ici à Rishon leTsion.

Balfour at rishon

mais les Arabes le haïssent.
Déjà, le 10 juin 1923, alors qu’il visitait la région nord d’Israel, nommée le doigt de la Galilée, sa voiture était tombée dans une embuscade et trois policiers britanniques y avaient laissé leur vie.

Galilee le doigt de la Galilee

(le doigt de la Galilée est la région qui va de Tel Hai, Kiriat Shemona à Metulla)

Les tombes de ces trois policiers sont toujours entretenues et fleuries de nos jours par la police britannique.

balfour embuscade policiers

(Site de la police israelienne http://www.police.gov.il/history/fullArticleText.aspx?aid=713)

Cette fois, sa visite sera aussi marquée par une grève générale du secteur arabe

Balfour greve generale arabe

et des drapeaux noirs flotteront aux fenêtres des maisons arabes

Balfour drapeaux noirs 1925

 

Enfin, en 1922, en l’honneur de Lord Balfour,  un nouveau moshav a été nommé Balfouria:

balfouria

Il se trouve dans la vallée de Yezreel:

JezreelValley

 

A bientôt,

*Sir Mark Sykes (1979-1919) co-signataire avec François Georges-Picot (14870-1951) des accords Sykes-Picot (1916) conclus entre la Grande Bretagne et la France. 

*Hayim Weizman, 1874-1952 fut le Président de l’Organisation Sioniste Mondiale, puis, après la création de l’Etat d’Israel, son premier Président.

*La cordite est un explosif utilisé notamment pour les obus de la Royal Navy.

*Lord Walter Rothschild (1868-1937): membre de la Chambre des Lords et vice-President du Board of Deputies of British Jews

*Le gouvernement allemand ne veut pas être en reste et prépare une lettre équivalente en cas de victoire de l’Allemagne.

 

Aucun peuple n’a jamais reçu son Etat sur un plateau d’argent

« Aucun peuple n’a jamais reçu son Etat sur un plateau d’argent » (Haïm Weizmann, premier président de l’Etat d’Israel)

 

Depuis hier soir, Yom Hazikarone, le jour du Souvenir pour les soldats et les victimes d’attentats…
Sur une des chaines de télévision sont égrenés les noms des soldats tués au combat. Les autres chaines retransmettent les cérémonies officielles et recueillent le témoignage des familles et des amis des victimes.

yom hazikarone nous nous souviendrons de tous

(Nous nous souviendrons de tous)

Parmi les morts de l’été dernier, deux soldats en particulier: Oron Shaul et Hadar Goldin.

yom hazikarone Hadar Goldin et Oron Shaul(Hadar Goldin et Oron Shaul)

Le corps du premier n’a jamais été retrouvé. Les experts de l’armée ont expliqué à sa famille que, selon leurs analyses, leur fils était mort et qu’elle devait se considérer en deuil*. Pour Yom Hazikarone, ses parents n’ont pas de tombe sur laquelle se recueillir.
Le deuxième est Hadar Goldin. Grace à l’héroïsme d’un de ses camarades*, la famille a pu procéder à un enterrement.
Le ‘Hamas s’est moqué ces jours  de ces deux familles qui n’ont pas pu récupérer le corps de leur enfant.

Nathan Alterman a écrit son célèbre poème « Le plateau d’argent » après la guerre de 1948.

yom hazikaron timbre
« Tout s’apaise sur cette terre, dans le soir rougeoyant
bordé de nuages.
Ici, se dresse la nation, au  cœur déchiré mais vivant,
Pour recevoir son miracle, son unique miracle!
Prête pour la cérémonie, dressée face à la lune, en vêtements de fête et d’effroi.
Au devant d’elle arrivent alors  un jeune homme, une jeune fille. Ils s’avancent, face à leur nation.
Habillés simplement, un ceinturon, de lourdes chaussures, ils grimpent le sentier.
Ils marchent silencieux.
Ils ne se sont pas changés.
Ils n’ont lavé ni les traces de leur  journée de travail ni celles d’une nuit passée au front.
 Épuisés au plus au point, n’ayant pris aucun repos
pleins de cette fraîcheur de la jeunesse juive,
Ils approchent en silence et tous deux se tiennent droit.
Nul ne sait s’ils sont vivants ou morts criblés de balles.
En larmes , la nation leur demande:
– Qui donc êtes-vous?
Et eux de répondre: – Nous sommes le plateau d’argent sur lequel la patrie juive t’est offerte.
Ainsi parlent-ils, écroulés à ses pieds, enveloppés de pénombre…
Et le reste sera conté dans les chroniques d’Israël. »

Le voici interprété par un des camarades de Hadar Goldin, Eli’hay Rafoua:

 

Yom Hazikaron est aussi le Jour du Souvenir pour les victimes d’attentats.
Il faut rajouter à leur longue liste Shalom Cherki, 26 ans, le fils du rav Ouri Cherki que vous connaissez peut-être par ses conférences sur Akadem

Chalom Cherki

Le jour de Yom Hashoah, il attendait le bus en compagnie d’une amie, Shira Klein. Un arabe de Jerusalem les a délibérément écrasés. Shira Klein est toujours dans le coma.

A bientot,

* être en deuil: La semaine de shiva est la première étape du deuil pour les proches)

* Hadar Goldin: l’un de ses camarades a poursuivi pendant 800 mètres les terroristes dans un des tunnels construits par le ‘Hamas. Il n’a pas pu les rejoindre mais a pu rapporter « certains des restes » de Hadar.
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/08/07/4980/

 

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Knesset Israel

Ce mardi, nous avons voté pour renouveler les membres de la Knesset et pour avoir un nouveau Premier Ministre (qui sera certainement le même!)
Le mot כנסת (Knesset) est connu de tous. Le Parlement israélien s’appelle la Knesset. Même les journalistes le  savent, c’est dire!
Mais savent-ils pourquoi notre Parlement porte-t-il ce nom?
Il y a bien longtemps, après les 70 ans de notre  esclavage en Babylonie* et notre retour chez nous grâce à l’édit de l’empereur perse Cyrus, nous avons du trouver un système de gouvernement. Même si les descendants du roi David, de la tribu de Yehuda, étaient connus*, les  organisateurs de notre retour en Israel, Ezra et Nehemia, n’avaient pas jugé bon de leur demander de nous gouverner.

reconstruction de jerusalem a l'epoque de Ezra et Nehemia Lea Hayerushalmit

(La reconstruction de Jerusalem à l’époque de Ezra et Nehemia, tableau de Lea Hayerushalmit)

Ils choisirent un système de gouvernement différent, un gouvernement parlementaire. D’après les textes de la Mishna et la Guemara,  120 חכמים (‘Hakhamim) ou sages  furent choisis pour y siéger. La Grande Assemblée, comme on l’appelait alors , fut présidée à ses débuts par Ezra et Nehemia fils de Haccala (Nehemia 8,10). Parmi ces 120 sages se trouvaient plusieurs prophètes dont Haggaï, Zekharia et  Malakhi.
Combien de temps resta-t-elle en exercice? Certains pensent qu’elle cessa ses fonctions au moment de l’invasion grecque au 3 ème siècle avant l’ère chrétienne. Pour d’autres, elle reprit du service à l’époque des ‘Hasmonaim*. L’un d’entre eux, שמעון הצדיק  (Shimon Hatsadik) ou Simon le Juste, aurait été appelé « membre de la Grande Assemblée* ».
Bien qu’Ezra et Nehemia se soient beaucoup souciés des difficultés socio-économiques de leurs contemporains, cette première Knesset est surtout connue, par la tradition juive, pour ses profondes réformes dans le domaine religieux. D’après les textes rabbiniques, ses membres ont rédigé un certains nombre de livres bibliques comme celui du prophète Ezechiel , ceux des 12 petits prophètes* et aussi celui de Daniel et celui d’Esther. Ils ont également fixé le canon biblique et ajouté trois livres controversés attribués au roi Salomon: שיר השירים (Shir hashirim) ou Cantique des Cantiques qui devait sembler trop osé, משלי (Mishlei) les Proverbes et surtout קוהלת (Kohelet) l’Ecclesiaste trop désabusé…
L’importance de leur travail est reconnue jusqu’à présent. Ils sont mentionnés dans la Mishna dans l’introduction des פירקה אבות (Pirke Avot) ou Traité des Pères) comme l’ultime maillon direct depuis Moshe: « Moshe reçut la Loi au Sinaï, il l’a transmise à Yoshua, celui-ci l’a transmise aux prophètes et ces derniers la transmirent aux membres de la Grande Assemblée ».
Le peuple est souvent appelé כנסת ישראל (Knesset Israel), l’assemblée d’Israel et le mot synagogue, qui apparaît aussi à la cette même période, veut dire maison de l’assemblée ou maison de réunion, בית כנסת (Beit Knesset).

pirkeiavot sages de la thora

Donc, si aujourd’hui notre Parlement actuel compte 120 membres.  c’est en souvenir des 120 membres de cet ancien parlement.

Au tout début du Mandat britannique, le 19 avril 1920, fut élue pour la première fois une Assemblée des Représentants du Yishuv* mais elle n’avait qu’un pouvoir consultatif, les Britanniques étant les maîtres du pays.
L’état d’Israel est proclamé le 5 Iyar 5708 ou le 14 mais 1948. La guerre a commencé en décembre 1947 et durera jusqu’à l’armistice de Rhodes en été 1949.
Le jour de Tou Bishvat (14 Février 1949) se tient à Jérusalem la première réunion du Conseil d’Etat Temporaire. Pour l’occasion, le poète Natan Alterman publie son  poème « Avec la nouvelle Assemblée ».
Ce jour la, la plupart des participants sont arrives de la « plaine ». Ils s’arrêtent en chemin pour planter des arbres à Shaar Hagai, haut lieu* de la bataille pour Jerusalem.
Le président du Conseil d’Etat, Hayim Weizman, ouvre la cérémonie par ces mots: 
« C’est avec un sentiment de crainte et de tremblement devant la solennité de ce jour que j’ouvre cette première Knesset  dans la ville éternelle de Jerusalem. Notre peuple peut louer la bonté de Dieu. Nous avons pu voir après des générations de douleur et de souffrances, la rédemption les fondations de la Knesset. Elevez vos louanges pour vote premier colloque. Souvenez vous que les yeux du peuple juif sont tournés vers vous et que les désirs et les prières des générations accompagnent vos pas« 

Quelques jours plus tard, le 17 fevrier 1949, Hayim Weizman est nommé président de l’état d’Israel et le 8 mars David Ben Gourion forme le premier gouvernement

Apres avoir siégé dans le bâtiment de l’Agence Juive à Jerusalem et  ensuite à Tel Aviv  du fait de la guerre, la Knesset retourne à Jerusalem à la fin de l’année 1949. David Ben Gourion ne voulait pas attendre car avait-il déclaré: « Jerusalem est juive, et c’est une partie organique et impossible à séparer de l’état d’Israel, de la foi d’Israel et de l’âme d’Israel ».
La Knesset restera dans un bâtiment de la rue King Georges dans le centre ville, la maison Froumine jusqu’en 1965. Le nouveau bâtiment, celui que nous connqissons actuellement, sera inauguré le 30 août 1966.

knesset premier batiment de 1950 a 1965

(la maison Froumine en centre ville)

La Knesset est donc détentrice du pouvoir législatif mais dispose aussi d’un pouvoir de contrôle sur le pouvoir exécutif: elle vote les lois, le budget, contrôle le gouvernement, élit le président de l’état et le contrôleur de l’état. Elle peut aussi censurer le gouvernement. Ses 120 députés sont élus pour un mandat de 4 ans. Elle peut être dissoute par le président de l’État, à la demande du Premier ministre. C’est ce qui s’est passé il y a quelques mois et qui a conduit aux élections de cette semaine.

Le mode d’élection de la Knesset est un scrutin proportionnel plurinominal et il n’y a pas de circonscriptions. Les députés ne sont pas redevables aux électeurs de leur région, ce sont les élus des conseils régionaux qui le sont. Ce mode de scrutin, très différent du modèle français, donne aux électeurs la possibilité de voter pour un parti et non pas une personne. Puis les sièges sont attribués aux différents partis proportionnellement au nombre de voix qu’ils ont obtenues. Les candidats élus sont pris dans chacune des listes dans leur ordre d’apparition.
Pour qu’un parti puisse obtenir au moins un siège, il doit atteindre une proportion minimum de voix. En 2015 ce seuil est monté à 3,25%. Les voix restantes sont ensuite reparties selon une méthode mathématique, la méthode de Hondt*. Comme c’est bien trop compliqué pour moi, lisez la note en bas de page, j’espère que l’auteur de l’article ne s’est pas trompé!

Comme le seuil nécessaire est relativement bas 3,25%, sont représentés à la Knesset non seulement les partis classiques (droite et gauche traditionnelles) mais aussi de nombreux partis qui défendent des intérêts sectoriels ou plus spécifiques. Vous pouvez imaginer la multitude de partis!
Ici des soldats perplexes examinent  un document (rédigé en Hébreu, Arabe et Russe) mentionnant tous les partis en lice:

elections les nombreux partis

Les députés travaillent dur, c’est sûr. La chaîne de télévision de la Knesset diffuse d’ailleurs aussi bien les séances (pendant lesquelles deux ou trois députés peuvent somnoler), que les commissions très animées qui servent à la préparation les lois. A ces commissions sont invités non seulement des élus mais des personnes appartenant aux différents corps de l’état et à la société civile selon le sujet abordé.

knesset interieur
Toutefois en dehors de ces arides mais nécessaires occupations, les députés peuvent aussi participer au club de Tanakh où ils écoutent et discutent de textes avec de savants professeurs d’université et parfois en présence de lycéens. Un député arabe Massoud Ganaim est un habitué du club et ceci depuis que ses camarades de la Knesset, Tsipi Hotovely, Michael Ben Ari, Alieh Elad et le regretté Uri Orbach, l’ont invité car il est professeur d’histoire et se passionne pour la Bible..
Allons bon! Des députés juifs appartenant à la droite nationaliste (l’extrême droite raciste comme l’écrivent les journaux européens) invitant naturellement un député arabe de l’extrême-gauche, intéressé par le Tanakh! N’est-ce pas à l’opposé de ce que vous lisez habituellement sur Israel?  Certains journalistes n’ont pas pu ne pas noter la déclaration de Massoud Ganaim:  » la Bible est un livre de culture mondiale qui a beaucoup influencé l’histoire du monde« 

knesset massoud ganaim

(Massoud Ganaim)


Le bâtiment actuel a été construit et inauguré en 1966 sur la colline de Guivat Ram, non loin de l’Université Hébraïque et du Musée Israel.

x
La célèbre Menorah qui se trouve devant le bâtiment est l’oeuvre de Benno Elkan:

knesset menora
Le sculpteur David Palombo a créé les trois portes monumentales qui mènent à l’esplanade  

knesset porteset le monument aux morts de la guerre d’Indépendance nommé « le Buisson Ardent ».

knesset le buisson ardent

Trois portes monumentales en cuivre permettent d’accéder au  bâtiment. Ce sont les Portes des Tribus de l’artiste tchèque Shraga Weill: elles représentent respectivement l’exil, la création de l’état d’Israel et le rassemblement des exilés.

knesset porte des tribus(Porte symbolisant les rassemblement des éxilés)

Les réceptions sont en général données dans le salon Chagall, décoré de tapisseries de l’artiste:

knesset tapisserie chagall
ou de mosaïques représentant les 12 tribus:

knesset mosaique chagall

 

Une anecdote personnelle: lorsque mon mari étudiait à l’oulpan, sa classe avait eu droit à une visite de la Knesset commentée par quelques députés. Celui qui pris en charge le groupe de mon mari était un député d’origine éthiopienne, Shlomo Mulla.

Shlomo Mulla
Il leur raconta son histoire personnelle: âgé de 13 ans seulement, il quitta son village du Gondar, dans le sud de l’Ethiopie, en compagnie de 5 autres adolescents orphelins comme lui. Après un périple terrible, à pied, où seulement 3 d’entre eux survécurent, ils arrivèrent au Soudan, là où un avion de l’agence juive les attendait. Dès qu’ils montèrent dans l’avion, lui et ses compagnons eurent le sentiment d’être tombés dans un piège. Les membres de l’Agence juive étaient des blancs. Or les seuls juifs qu’ils connaissaient étaient noirs!! Ils crurent être entre les mains de marchands d’esclaves musulmans!
Heureusement, un homme noir les rassura. Oui, lui aussi était juif, et oui, ces blancs aussi étaient juifs. Ils étaient israéliens et les emmenaient en Eretz Israel!

Pour terminer mon article, voici quelques photos du jour des élections.

On peut se marier et aller voter:

elections mariee 2

 

On vote partout, ici dans un poste militaire avancé: 

elections urne improvisée dans un poste avancé

Et aussi à Rahat dans le Neguev:

elections bedouines

On vote à l’hôpital :

elections hopital

Le jour des élections, on élisait  aussi au zoo l’animal le plus populaire parmi les visiteurs!

zoo

 (J’ai chois cette photo du zoo de Jerusalem, surprenante,
non pas parce qu’elle reflète la réalité de notre vie ici,
mais parce qu’elle a été publiée dans le Saudi Gazette! Tous les espoirs sont permis)

Ceux-ci devaient choisir  une de ces cartes

elections zoo de jerusalem

et l’éléphant était chargé de les mettre dans l’urne:

elections zoo
Pour les 1000 votants, les lions se sont bien sûr taillé la part du lion avec 251 bulletins, suivis par les éléphants, les pingouins et les kangourous… et en laissant loin derrière les crocodiles et les vautours.

vautours
Comme le jour des élections est un jour férié, le bord de mer, les parcs étaient pleins. Les routes bouchonnaient et à la patinoire* de Jerusalem, Yael, Naama et  Avigail s’en sont données à cœur joie comme les deux enfants sur la photo:

patinoire pinguin

 

A bientôt,
*esclavage en Babylonie:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/03/05/au-bord-des-fleuves-de-babylonie/

*la dynastie du roi David: ses descendants de la période post-biblique sont connus par la population juive qui les tient en grand honneur et ceci pendant des siècles: à l’époque des Geonim de Babylonie ( de la fin du 6 ème siècle au 11 ème siècle de l’ère chrétienne), c’est parmi eux que seront choisis les exilarques ou chefs de la communauté juive en exil. La communauté juive de Babylonie se dispersera au 11 eme siècle a la suite de guerres agitant ce qui est l’Irak actuel. Certains partiront en Inde, d’autres dans tout le pourtour méditerranéen. Certaines familles comme la famille Saltiel, connue à Gérone des le 13 ème siècle, ont toujours mentionné leur liens familiaux avec la dynastie du roi David

*Les ‘Hashmonai,: la dynastie des Makabim (voir les articles tagués  ‘Hanouka

* Les 12 petits prophètes: appelés ainsi à cause de la brièveté du livre qui porte leur nom. Il s’agit de Hoshea, Yoel, Amos, Ovadia, Yona, Mikha, Nahum, Habakuk, Tsephania, ‘Haggaï, Zekharia et Malakhi

*Shimon Hatsadik avait coutume de dire: Le monde subsiste par trois choses qui sont la loi, le culte et la charité. On lui connait comme disciples Antigonus de Sakha, Yoshua ben Yesher de Zereda et Yoshua ben Yohanan de Jerusalem et les Sages de la Mishna continuent cette lignée qui n’a plus aucun pouvoir politique à partir de l’invasion romaine

*le Yishuv: organisation de la communaute juive en Palestine avant la création de l’état d’Israel

*Shaar Hagai:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/01/09/les-boulettes-de-la-victoire/

*Le scrutin proportionnel plurinominal et la methode de Hondt:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Scrutin_proportionnel_plurinominal

Le 29 novembre 1947

Pas très loin de la rue Nili * dans le quartier de Katamon, il y a une rue nommée כ »ט בנובמבר   (Kaf Tet beNovember) ou 29 Novembre:

DSCF0134
Cette date du 29 Novembre ne vous dit sans doute pas grand chose mais un certain nombre d’entre vous ont sans doute vu cette video :


Il s’agit du jour où l’ONU a approuvé le plan de partage de la Palestine en deux états, l’un Juif et l’autre Arabe.

Mais qu’est ce donc que la Palestine? Quel est donc ce territoire sur lequel nous sommes accusés d’occupation et parfois de nettoyage ethnique?

Regardons quelques cartes en remontant le temps:
La Palestine romaine comprend le territoire de l’état d’Israël amputée du Néguev, mais débordant largement sur la Jordanie et la partie oriental du Liban.

palestine romaine01

A l’époque byzantine, son territoire s’étend  jusqu’à l’actuelle frontière nord d’Israel, à l’Est il déborde toujours largement sur la Jordanie actuelle et est toujours amputé du Néguev au Sud:
empire byzantin Palestine (fin du 4 ème siècle)

L’empire arabe l’englobera dans ses conquêtes sans en changer les limites administratives. Ce n’est qu’à l’époque des Croisés que son territoire s’enrichit  du  Liban et de la partie occidentale de la Syrie et cette fois descend au Sud jusqu’à Eilat:

Royaume chrétien au 12 ème siècle

A l’époque ottomane, c’est une des nombreuses provinces de l’empire, divisée en un certain nombre de districts.

Palestine ottomane

Lorsque les Turcs perdent la Première Guerre Mondiale, le prince Fayçal* d’Arabie et Hayim Weizman, chef de l’exécutif sioniste, signent un accord en janvier 1919. les termes de cet accord sont extrêmement intéressants: Il s’agit à la fois de la reconnaissance par Fayçal de la déclaration Balfour et de l’établissement de deux états, l’un arabe, à l’est du Jourdain que gouvernera le prince Fayçal d’Arabie et l’autre, à l’ouest du Jourdain, qui sera l’état de Palestine dirigé par l’exécutif sioniste.
Fayçal ajoute cependant une clause restrictive: cet accord ne vaut que si les Anglais tiennent les promesses d’indépendance faites aux Arabes pendant la guerre.
Les Anglais ne les tiendront pas et cet accord restera lettre morte.

En 1920, les Français et les Anglais se partagent le Moyen-Orient. La Palestine, en vert sur la carte, sera sous mandat britannique.

Palestine 1920

En 1923, La Palestine amputée du Liban et de la Syrie (on l’appelait avant la Syrie-Palestine) se voit à nouveau amputée en 1923 de toute sa région orientale.
Pourquoi?
-Les Français prennent le contrôle du plateau du Golan et l’incluent dans la Syrie (en rose hachure sur la carte)
– De plus, les Britanniques, qui n’ont pas l’intention de tenir leurs promesses quant à un grand royaume arabe que gouvernerait la famille hachémite, essayent de se racheter en leur offrant un cadeau, la partie orientale de la Palestine et créent pour le frère du prince Fayçal, Abdallah, l’émirat de Transjordanie (en rose sur la carte) qui deviendra le royaume de Jordanie en 1946. Il ne reste donc pour le Foyer National Juif que la partie occidentale de  la Palestine britannique (en vert sur la carte).

palestinz 1922.jpg 2
C’est cette petite partie de la Palestine qui est soumise au  partage en 1947. Les Juifs sont inquiets. Si les opinions publiques occidentales leur sont favorables, ainsi que le gouvernements américain et russe (tous les deux espérant ainsi mettre un pied au moyen-Orient au détriment des Français et des Britanniques), les gouvernements occidentaux européens sont eux hésitants. La France par exemple, tergiversera longtemps et se décidera pour le oui juste avant le vote.

29 novembre 1947 2(dessin d’Arieh Navon: Israel, grand-père juif fatigué, attend patiemment devant la salle d’accouchement de l’ONU)

De plus, les Juifs de Palestine savent bien que les Arabes ne veulent en fait rien leur concéder: en 1946, une conférence s’était tenue à Bloudan, en Syrie avec 400 délégués des pays arabes. Présidée par le Premier Ministre irakien, elle avait proclamé que « la Palestine était de manière irréductible une terre arabe et que jamais les Arabes ne consentiraient à en aliéner la moindre parcelle« . En cela, les délégués avaient suivi les avis les plus extrémistes: ceux de l’Irak et celui du Grand Mufti de Jerusalem Hadj Amin Al Husseini*.

Finalement la décision de partition est prise par 33 vois pour contre 13 contre et 11 abstentions.
Ce 29 novembre est un jour de joie pour les Juifs. On leur accorde enfin la possibilité d’avoir un état. Cet état est minuscule (en rouge sur la carte: environ 23 %  du territoire de la Palestine mandataire, en vert le futur état arabe) mais c’est mieux que rien.

Palestine 1947(En rouge le futur état juif)

La décision de l’ONU déchaîne un enthousiasme délirant dans toutes les communautés juives à travers le monde. Tout le Yishouv danse cette nuit la tout en sachant que la guerre, déjà larvée depuis des années, éclatera dès le lendemain.

29 novembre 1947

Les Juifs espèrent encore que le nouveau roi de Jordanie, Abdallah, ne rentrera pas en guerre contre le nouvel état mais en vain. Abdallah a peur que le grand Mufti de Jerusalem, réfugié en Egypte*, ne réalise son rêve: devenir le  leader du monde arabe. Il se laisse donc entraîner dans ce déferlement de violences.

Israel sera alors attaqué par l’Egypte, la Jordanie, l’Irak, la Syrie. La guerre sera longue, un an et demi  jusqu’aux accords d’armistice de Rhodes en juillet 1949. Le siège de Jerusalem sera très dur, les Juifs de la Vieille Ville seront massacrés ou s’enfuiront.

quartier juif jerusalem 1948

(1948, le quartier juif de la Vieille Ville de Jerusalem vidé de ses habitants)

Finalement, Israel, le nouvel état juif, récupérera plus de terres que prévu par le plan de partage (en rouge sur la carte si-dessous).

palestine 1948

Apres la guerre de 1948, la Jordanie (en rose sur la carte) occupera la Cisjordanie, c’est à dire la partie occidentale du Jourdain et l’Egypte (en jaune sur la carte) occupera Gaza.
La reconnaissance de l’état d’Israel par les puissances européennes ne se fera pas sans difficultés. La France est l’une des dernières.  Comme elle veut ménager les populations musulmanes d’Afrique du Nord, elle ne reconnaîtra l’Etat d’Israël de facto qu’en janvier 1949 et de jure qu’en avril de la même année.

La décision de l’ONU avait prévu que «… Les Arabes, citoyens de l’État arabe, et les Juifs, citoyens de l’État juif auront le droit de vote dans l’État arabe et dans l’État juif, respectivement. » Ce sera la cas pour les Arabes en Israel, mais pas pour les Juifs en Jordanie car…il n’y en aura pas. La Jordanie sera un état Judenrein, exactement comme les territoires actuels sous autonomie palestinienne.

Tant que la partie orientale de la ville est restée sous contrôle jordanien c’est à dire de 1948 à 1967, peut importait au monde occidental qu’aucun Juif ne puisse prier au Kotel ou qu’aucun musulman ou chrétien de nationalité israélienne ne puisse prier à El Aksa, au Saint Sépulcre ou aller à Bethlehem. Mais quand les Israéliens en ont pris le contrôle, le monde des bien-pensants occidentaux s’est réveillé et a parlé d’occupation illégitime.

En 1967, Israel gagna la guerre des 6 jours et conquit les territoires de Cisjordanie et de Gaza. La Jordanie et l’Egypte ne voudront jamais reprendre les territoires conquis par Israel en 1967 (sauf le Sinaï pour l’Egypte), sachant trop bien que l’abcès de fixation qu’ils avaient crée se retournerait contre eux.  Les Arabes, réunis à Khartoum après leur défaite, concluent leur réunion par les fameux trois « non »:
– Non à la paix avec Israel
– Non aux négociations avec Israel
– Non à la reconnaissance d’Israel

On entend toujours qu’Israel doit retourner aux frontières de 67 mais en 1967, il n’y a eu aucune délimitation de frontières * (comme il n’y en n’avait d’ailleurs pas eu en 1949) ce ne sont que des lignes d’armistices. Donc, selon le droit international, Israel n’occupe aucun territoire national étranger!

A aucun moment, pendant toutes ces années, y compris au 19 ème et 20 ème siècles qui voient la montée des nationalismes et des états nations, les Arabes n’auront revendiqué un état ou une identité palestinienne. Aucun texte officiel ne les nommera Palestiniens. Les accords Fayçal-Weizman parleront de la création d’un état arabe et non pas palestinien.  Pendant toutes ces années, ils s’identifieront eux-mêmes comme Arabes de telle ville ou de tel clan. La mention du district de Palestine ne fera pas partie de leur identité. Ceux qui sont appelés Palestiniens par les Turcs ou les Anglais, et aussi par dérision par les Arabes, sont les Juifs de Palestine.
De plus, même s’ils nomment en hébreu leur pays Eretz Israel, les Juifs utilisent le mot Palestine pour le designer comme le font les autre nations. C’est ainsi qu’on parle officiellement de la  Banque Anglo-Palestinienne, du journal le Palestine Post etc. C’est bien parce que, pour  le monde non-juif, le mot Palestinien est clairement synonyme de Juif, que le traité entre Fayçal et Hayim Weizman mentionnait l’état de Palestine comme le futur état juif!

Le nom de Palestinien, accordé aux Arabes de la région sera une magnifique substitution d’identité, opération de la diplomatie soviétique qui, un peu avant la guerre des 6 jours créera une nation, là où il n’y en a jamais eu.
Pourquoi cette opération de propagande ? En substituant le mot Palestinien au mot Arabe, non seulement ils créaient un peuple de toutes pièces (sous influence soviétique), distinct des autres peuples dont la plupart était sous influence occidentale, mais en plus ils utilisaient le langage en vogue de la décolonisation pour toucher l’imaginaire arabe et occidental.
Les soviétiques contribuaient à sortir ainsi les Juifs et Israel de leur histoire en en faisant des usurpateurs et cela, avec l’assentiment tacite du monde occidental.

L’OLP utilisera pour la première fois les mots peuple palestinien et Palestine en 1964. Il est intéressant de constater que les minorités non-juives et non arabes comme les Tcherkesses et les Druzes (y compris ceux qui habitent le Golan) ne se sont jamais définis comme Palestiniens. Les Arabes chrétiens suivent aveuglement jusqu’à présent les directives des mouvements palestiniens perpétuant leur statut de dhimmis!
Quand ils ne s’adressent pas au monde extérieur, les Arabes reconnaissent ces faits.
Je me souviens d’une émission à la télévision 
israélienne à l’occasion de Yom Haatsmaout: un journaliste juif interrogeait les notables arabes israéliens d’un village de Galilée qui clamaient haut et fort leur « Palestinité ». Il leur passa alors un film des anneées 50 où les mêmes personnes avaient été filmées participant à la fête de Yom Haatsmaout.

– Vous vous définissiez bien à l’époque comme Israéliens! leur rappela-t-il. Pourquoi pas comme Palestiniens?
– A l’époque, on ne savait pas qu’on était Palestiniens! fut leur réponse.

Ils le reconnaissent parfois même en public:
Walid Shoebat, ancien membre de l’OLP, terroriste repenti et converti au christianisme: « Pourquoi le soir du 4 juin 1967 j’étais Jordanien et le lendemain matin j’étais Palestinien ? …Nous nous sommes considérés « Jordaniens » jusqu’à ce que les Juifs soient revenus à Jérusalem. Alors soudainement nous étions des « Palestiniens »

Ou plus cyniquement comme Zahir Muhsin, membre de l’OLP: « Il n’y a aucune différence entre les Jordaniens, les « Palestiniens », les Syriens et les Libanais. Nous faisons tous  partie de la même nation. C’est seulement pour des raisons politiques que nous soulignons soigneusement notre identité « palestinienne ». L’existence d’une identité « palestinienne » distincte sert seulement un objectif tactique. La création d’un état « palestinien » est un nouvel outil dans la bataille continue contre l’Israël. »
Et il y en a bien d’autres et dites parfois par les dirigeants arabes eux-mêmes!*

Malheureusement. l’Occident ne les prend pas en compte car elle ne rentrent pas dans la doxa officielle

 A bientôt, 

*La rue Nili: https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/10/09/lepopee-du-nili/

*Le prince Fayçal est l’un des fils de Hussein Ben Ali, chérif de la Mecque, de la famille des Hachémites, ennemis des Ibn Saoud. Sa famille ayant aidé les Anglais dans leur lutte contre les Turcs pendant la Première Guerre Mondiale, il sera autorisé à être le seul représentant des Arabes à la conférence de Paris en 1919. Les Anglais lui offriront plus tard le royaume d’Irak.

*Le texte des  accords Weizman Fayçal: http://www.akadem.org/medias/documents/accords-weizmann-faysal.pdf.

*Sur l’attitude de certains groupes arabes de la Palestine mandataire, favorables à une coopération entre un état juif et une fédération d’états arabes, la lettre que Ben Gourion envoya au General de Gaule en décembre 1967: http://victor-perez.blogspot.fr/2013/11/lettre-de-david-ben-gourion-au-general.html#more, trouvée sur l’excellent blog de Victor Perez

* Sur l’attitude ambiguë de la France à la fin des années 40, un ouvrage très documenté: Un siècle de trahison, la diplomatie française et les Juifs., 1894-2007 de David Price-Jones, ed. Denoel.

*En 1937, le grand Mufti Amin Hadj El Husseini s’enfuit  à Beyrouth (sous Mandat Français) pour échapper à un mandat d’arrêt britannique. Il fuit en Allemagne en 1942 pour rejoindre les forces nazies et encourager depuis Berlin les Arabes à massacrer les Juifs. Arrêté pour crime de guerre en 1945, il est placé en résidence surveillée dans la banlieue parisienne. Il s’arrange pour gagner l’Egypte, refuge d’un grand nombre de nazis.
http://www.akadem.org/medias/documents/–1-grand-mufti-de-jerusalem.pdf
Contrairement à la légende qu’il s’était créée, Arafat n’est nullement de sa famille. C’est un Égyptien, ancien membre des frères musulmans. Mais Leila Shahid, s’appelle en fait Husseini. Elle est très fière de son grand-père et fait significatif de ses sentiments, elle a pris le nom de Shahid (martyr), bien qu’elle préfère plutôt envoyer les autres se faire tuer a sa place!

*Israel a actuellement une frontière avec l’Egypte et une avec la Jordanie, deux pays qui ont signé un traité de paix avec Israel. La frontière avec l’Egypte court le long du Sinaï mais ne comprend pas Gaza. La frontière avec la Jordanie se trouve sur la vallée du Jourdain et ce n’est pas la ligne verte. La ligne d’armistice avec le Liban n’a pas bougé depuis 1949, celle avec la Syrie se trouve maintenant sur le plateau du Golan.

*article interessant:http://jssnews.com/2011/05/27/le-mythe-palestinien/