Yom hazikaron 2018

Demain soir, ce sera Yom Hazikaron.
Nous commémorerons toute la journée de mercredi le souvenir de ceux qui sont tombés pour la défense de l’état d’Israel et les victimes du terrorisme.
On ne sait que peu de choses des défenseurs du quartier juif de la vieille ville de Jerusalem en 1948.
C’est pourquoi, j’ai voulu vous parler de l’un d’eux, une jeune fille nommée Esther Tseilingold.


Née à Londres en 1925 dans le quartier de Whitechapel, elle vit dans une famille où deux choses sont importantes:l’éducation et le sionisme*. C’est ainsi qu’Esther est diplômée de l’Université de Londres en 1946 et qu’elle fait partie du  mouvement de jeunesse Bnei Akiva qui prépare les jeunes réfugiés juifs à une future vie en kibboutz
Ses convictions sionistes juvéniles se  renforcent avec l’avènement du nazisme, la guerre et la découverte de l’extermination des Juifs. En 1946, elle peut entrer en Palestine mandataire  grâce à sa nationalité britannique et enseigne l’anglais à l’école Evelina de Rothschild à Jerusalem.
Elle est témoin de la violence arabe et de l’attitude de plus en plus dure des Anglais à l’égard des Juifs, les procès et pendaisons des combattants juifs, du refus des autorités de recevoir les réfugiés juifs…
En janvier 1948, la situation des Juifs est tellement critique qu’elle quitte son poste d’enseignante et s’engage dans la Haganah. Elle est chargée de la radiodiffusion en anglais de la Haganah, participe à la surveillance du quartier juif de la vieille ville, le plus vulnérable de tous les secteurs à Jerusalem et  s’occupe de fournir aux soldats de divers avant-postes ce qu’il leur faut (armes, munitions, nourriture…).
Les choses sont relativement calmes, mais tout le monde s’attend à une attaque de grande envergure dès le départ des troupes britanniques, prévu pour le 14 mai.
Le 16 mai, lors de la première attaque arabe soutenue contre le quartier, Esther est blessée, mais pas handicapée. Elle repart rapidement au combat, utilisant souvent les toits exposés comme moyen de communication entre les postes. Le 19 mai, une petite unité de Palma’h franchit la Porte de Sion et atteint la garnison assiégée mais les soldats sont épuisés et mal organisés. Ils battent en retraite, les défenseurs du quartier juif sont seuls. Le même jour, la légion arabe du roi Abdallah de Jordanie arrive au mont des Oliviers et commence à bombarder le quartier juif, tandis que les troupes terrestres arabes progressent de maison en maison. Esther ne peut plus servir en tant que soldat de liaison, elle rejoint un groupe de défense, armée d’un simple Sten.

Le 26 mai, elle est grièvement blessée. Elle est transportée dans un dispensaire du quartier, mais il n’y a que très peu de médecins et encore moins de médicaments.
« Il est difficile de parler des faits héroïques mais je veux  raconter qu’Esther qui se trouvait allongée au dispensaire, réussit à se traîner avec son Sten et à sortir pour continuer à tirer contre l’ennemi. Elle reçut alors une balle et c’est alors qu’elle mourut » (témoignage d’un de ses camarades)
En fait, elle survivra deux jours. Lors du bombardement du dispensaire le lendemain, Esther et les autres blessés sont transférés dans un endroit plus sûr. Elle est  consciente et capable de parler, de lire et de prier. Pendant ce temps, avec la destruction de la synagogue ‘Hurva, les 40 défenseurs encore vivants se rendent aux Jordaniens le 28 mai.
Esther et les autres blessés sont  déplacés, cette fois à l’école arménienne voisine, juste à l’extérieur du quartier juif. C’est jour de shabbat. Esther est allongée sur une paillasse par terre. Il n’y a pas de morphine pour la soulager. Quelqu’un lui propose une cigarette, elle refuse en murmurant » non, c’est shabbat« .
Ce seront ses derniers mots. Elle avait 22 ans.
Ses camarades trouveront une lettre sous son oreiller. Elle l’avait écrite quelques jours avant d’être mortellement blessée.
« Chers parents, chers tous,
 Si vous recevez cette lettre, sachez que je l’écris pour vous consoler. Essayez d’accepter tout ce qui m’est arrivé, comprenez que je n’ai aucun regret. Ici pour nous le combat est amer, c’est l’enfer mais il a un sens, j’en suis pleinement convaincue. Nous combattons pour réaliser notre rêve d’avoir enfin notre pays, un état juif. Je ne suis qu’une de tous ceux qui se sont sacrifiés. Je suis pressée d’écrire ceci car aujourd’hui a été tué quelqu’un qui comptait beaucoup pour moi. Dans mon chagrin, je voudrais que vous considériez que nous étions tous des soldats, que nous avions un grand but et que nous avons combattu pour lui. Dieu nous soutient, j’en suis convaincue dans sa ville sainte, et je suis fière et accepte de payer ce prix. Ne pensez pas que j’ai pris des risques inconsidérés. On n’a pas le choix quand on est si peu nombreux. J’espère que vous pourrez rencontrer chacun des combattants qui survivront au combat et aussi que  vous serez heureux et non pas tristes quand ils vous parleront de moi. S’il vous plait, s’il vous plait, ne soyez pas triste, cela n’aide pas. J’ai vécu ma vie pleinement même si elle a été courte et je pense qu’elle fut douce et courte. Quelle douceur dans notre pays! J’espère que Mimi et Asher (sa sœur et son beau-frère) vous rendront heureux. Si vous n’avez pas de regrets, moi je serai heureuse. Je pense à vous tous, à chacun dans la famille. Je suis heureuse en pensant que vous viendrez un jour, bientôt j’espère, et que vous jouirez des fruits de notre combat. Beaucoup beaucoup d’amour, soyez heureux et joyeux,
Shalom, votre Esther »

Après la reddition de la garnison du quartier juif à la Légion arabe, le quartier juif fut pillé et totalement détruit.

Les survivants, ayant tout perdu, se réfugièrent de l’autre côté des lignes israéliennes.


En juin 1967, la vieille ville sera reprise à la Jordanie par Israel lors de la guerre des 6 jours et le quartier reconstruit.

Les défenseurs du quartier juif de Jerusalem ont été enrôlés à titre posthume dans Tsahal et leurs corps  transférés au cimetière militaire du Mont Herzl en septembre 1950
Voici la tombe d’Esther:

 

A bientôt,

 

*son père Moshe est un des fondateurs du mouvement sioniste religieux Misrahi en Pologne

*Sa famille s’installera à Jerusalem dans les années 50

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La Porte des Lions

Non, je n’irai pas en ce moment à la Porte des Lions.
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Cette visite sera virtuelle pour vous comme pour moi, la situation sécuritaire ayant beaucoup dégénéré ces derniers jours.
Mais nous allons quand même nous promener ensemble.
Pourquoi ce nom? Regardez la photo ci-dessous: deux couples de lions ornent ses côtés.
lions porte des lionsComme les autres Portes, celle-ci a été restaurée par Soliman le Magnifique qui avait trouvé les murailles de la ville en piteux état. Mais ces deux lions sont plus anciens. Ils datent du 14 ème siècle, symbole de l’empereur mamelouk Baybars qui gouvernait alors la région. Comme tout bon despote, Baybars tenait à imprimer sa marque sur tout ce qu’il construisait. Et comme il construisait beaucoup, on a retrouvé ses lions sur, entre autres, les reste d’un pont au nord de Lod:
Lion de Baybars pont de Baybars
sur les ruines d’une de ses forteresse à côté de Tsfat
Lion Baibars_from_the_Israel_Museum_-_Jerusalem
(La  sculpture se trouve au Musée Israel à Jerusalem)
Sans doute un peu jaloux de la popularité des lions de Baybar, Soliman déclara qu’ils  lui avaient parlé en rêve et lui avaient demandé avec respect de bien vouloir rénover la Porte…
Loin d’être aussi spectaculaire que la Porte de Damas,
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Elle est surtout célèbre pour être la Porte par laquelle les troupes israéliennes entrèrent dans le Vieille Ville au moment de la guerre des 6 jours . Ils arrivèrent droit sur le Kotel. Le général Motta Gur prononça alors cette phrase célèbre « Le Mont du Temple est entre nos mains ».

La porte des Lions guerre des 6 jours
Ces jours, on entend régulièrement cette phrase à la télévision…mais le ton est ironique!
Nombreux sont ceux qui ne décolèrent pas que Moshe Dayan ait, par souci d’apaisement, confié la gestion du Mont du Temple au Waqf* jordanien dès la prise de la Vieille Ville. En effet, alors qu’en remettant mes clés au Wafq, Moshé Dayan avait obtenu de celui-ci un engagement de libre accès à tous les visiteurs (toutes religions confondues), aujourd’hui les palestiniens refusent ce droit aux juifs sous prétexte qu’ils souillent par leur présence ce lieu saint. Ils transforment ce conflit qui repose essentiellement sur des revendications contradictoires de souveraineté territoriale en guerre de religion.
D’où la profusion des émeutes et attentats actuels  encouragés par l’autorité palestinienne et par le Hamas.
Je vais simplement rappeler plusieurs évidences:
– L’expression « esplanade des mosquées » que vous entendez ou lisez dans tous les média ne correspond à rien. Tout d’abord, il n’y a pas des mosquées mais  une seule, la mosquée d’El Aksa. La mosquée d’Omar n’en est pas une, c’est en fait un monument à la gloire d’Omar le conquérant de Jerusalem au 7 ème siècle.
– Bien que l’accord passé avec le Wakf* permette aux Juifs* de visiter le Mont du Temple et d’entrer dans le dôme du Rocher, Mahmoud Abbas a déclaré le 17 octobre à la télévision palestinienne « Nous devons empêcher les juifs d’entrer sur l’esplanade de la mosquée, ils n’ont pas le droit de la souiller. Nous devons les empêcher par tous les moyens. Nous devons les empêcher d’entrer. »
– Lieu saint musulman? J’accepte que ce soit le troisième lieu saint de l’Islam sunnite mais je vous pose cette question: Quand on révère un lieu saint, en fait-on  un refuge pour terroristes masqués et un dépôt d’armes?

Mosquee d'El Aksa ete 2014(Pierres destinées aux  Juifs qui prient au Kotel, entreposées dans la mosquée d’El Aksa, la photo date de cet été)

Sur son blog, Danilette présente un guide touristique en anglais* édité par le Waqf en 1925.
Le Haram el Sharif, le Noble Sanctuaire, y est décrit ainsi: » Le site est l’un des plus vieux du monde. Sa sainteté date des temps les plus anciens. Sa sainteté due à celle du Temple de Salomon, le temple juif est incontestable ».
Il y est ensuite  fait mention d’un texte biblique (Samuel 24,25):  « Il (David) érigea là un autel au Seigneur, y offrit des holocaustes et des sacrifices rémunératoires »…
Ni le Waqf, ni le monde arabe en général n’avait alors de problème avec l’identité historique juive du Haram El Sharif

Voici aussi un article écrit par Emanuel Navon* sur le même sujet:
À la question « comment dit-on Jérusalem en arabe » les gens répondent généralement :al-Quds. Ce qui n’est pas faux, mais il s’agit là d’un terme récent. Car à l’origine, les Arabes appelaient Jérusalem Bayt al-Maqdis, ce qui est bien entendu la translittération arabe de l’Hébreu Beit Hamikdash, qui signifie « Le Temple de Jérusalem. » Avant le conflit de l’époque moderne, les Arabes reconnaissaient, dans leur langage même, le passé juif de Jérusalem.
Et tel était le cas jusqu’à récemment. Un guide touristique publié par le Conseil musulman suprême en 1924 dit la chose suivante à propos du Mont du Temple : « Ce site est l’un des plus vieux du monde. C’est là que fut érigé le Temple de Salomon. » Plus récemment encore, l’historien palestinien Araf al-Araf (qui était un proche collaborateur de Hadj Amin al-Husseini, et qui ne peut donc pas être soupçonné de sympathies pro sionistes) écrivit dans son livre Tariah al-Quds (publié en 1951), que le Mont du Temple est « sur le Mont Moriah mentionné dans le Livre de la Genèse (…) Il fut acheté par David pour construire le Temple, mais c’est son fils Salomon qui le construisit en l’an 1007 avant l’ère chrétienne. » Le même al-Araf écrit dans son livre Une histoire détaillée de Jérusalem (publié en 1961) que « Le Mur des Lamentations est la partie extérieure du mur du Temple érigé par Hérode. Il est fréquemment visité par les Juifs, surtout le 9 du mois de Av. Là, ils commémorent une histoire glorieuse et inoubliable. »

Avant même qu’Arafat laisse Clinton pantois en niant l’existence du Temple de Jerusalem, le grand mufti, Hadj Amin Al Husseini, collaborateur dévoué d’Hitler, avait commencé à répandre ses théories islamiques: le kotel était un lieu saint islamique (théorie reprise par Arafat). L’idéologie nazie, habillée d’islamisme profite jusqu’à maintenant de l’ignorance des Occidentaux. Pourtant, il s’agit toujours du même processus: on sort les juifs de la légalité, on les délégitimise et enfin on les tue…
 
Ce qui donne dans la vie quotidienne une nouvelle mode d’assassinat : on écrase les Juifs.
Voici les caricatures à la mode chez nos voisins palestiniens:
Le mot en arabe peut se traduire par : »roule sur eux, écrase les« . La graphie et la prononciation « Daes » fait tout de suite penser à l’organisation terroriste Daesh.
 
intifada 1
Sur celle-ci « Voiture M 75 » allusion aux missiles du ‘Hamas
intifada 2
(les deux dessins ont été publiés dans le journal Yediot Aharonot)


Une chanson à la mode chez les palestiniens:

https://www.youtube.com/watch?v=GT0EmMpJY-4&feature=youtu.be

« Ecrasez, écrasez le bébé de 2 mois* c’est comme cela qu’on les aura, pour la gloire de la mosquée Al Aqsa, nous écraserons les colonisateurs, écrasez, écrasez les colonisateurs, que la route deviennent un piège, Allah vous aidera, la nation arabe  vous appelle, béni sois-tu Akari Ibrahim « (un des terroristes meurtrier à la voiture bélier)

Quand les terroristes n’arrivent pas à écraser, ils poignardent ou égorgent comme ce fut le cas hier midi à Tel Aviv et hier soir à Alon Shvut. Almog Chiloni, 20 ans, et Dalia Lemkus, 26 ans, sont les dernières victimes de cette barbarie qui a fait 6 morts en un mois.
Les blessés et les terroristes sont soignés dans les mêmes hôpitaux israéliens!

A bientôt et comme on dit ici : que nous n’entendions que de bonnes nouvelles!

*     certains disent que ce sont des léopards
*   le Waqf: donation et par extension organisme qui gère cette donation. Les accords passes avec le Waqf ont été repris dans les accords de paix israelo-jordaniens.
*   Quant à l’interdiction religieuse faite aux Juifs d’aller, pour prier ou pas, sur la Mont du Temple, les avis rabbiniques sont partagés. Certains pensent que cela nous est interdit car nous pourrions nous trouver par mégarde à l’emplacement du Saint des Saints où n’était autorisé à entrer que le Grand Prêtre le Jour de Kippour. D’autres sont persuadés que nous pouvons car nous savons maintenant précisément où se trouvait le Saint des Saints.

*    http://ddata.over-blog.com/4/05/34/95//1925-wakf-temple-mount-guide.pdf

*   http://danilette.over-blog.com/article-presentation-de-l-esplanade-des-mosquees-par-le-waqf-musulmanen-1925-124898070.html

*   Article écrit par Emanuel Navon et publié par Albert Soued sur le site:
http://www.kabyles.net/7-Conflit-israelo-palestinien-La,5169

*   allusion à Haya Zissel Braun, tuée dans sa pousssette il y a quelques semaines

*   http://danilette.over-blog.com/article-intifada-des-voitures-la-chanson-arabe-appelant-a-ecraser-des-juifs-fait-le-buzz-124971748.html

 

Jerusalem d’or

A tous ceux qui l’ont aimée et en ont rêvé…

A ceux qui rêvent d’y habiter.

A ceux qui y habitent et en rêvent…

Boker Tov Yerushalayim, c’est ce que je dis tous les matins en ouvrant ma fenêtre.

Jérusalem n’est pas une ville sainte. Jérusalem est notre capitale depuis 3000 ans, depuis que le roi David en a décidé ainsi. Une capitale jamais oubliée même au plus fort de l’exil. On a rêvé de Jérusalem, on l’a chantée, on l’a pleurée. Bref, elle était là, avec nous, faisait partie de nous… Rien que ce nom, Jérusalem, illuminait le regard de nos parents, mouillait leurs yeux…Connaissez-vous d’autres villes qui restent vivantes dans le cœur de ceux qui n’y habitent plus et ceci pendant des siècles ?

cervera bible espagne 1300 national librairy Lisbonne

Je ne vais pas vous relater toute l’histoire biblique et post-biblique de Jérusalem mais sachez simplement que la ville est citée 349 fois dans la Thora sous le nom de Jérusalem, sans compter les textes où on la désigne sous le nom de Moriah, en référence à l’endroit où Yitshak a été ligoté, où Jacob a rêvé, où le Temple a été construit, mais aussi sous d’autres noms, le plus fréquent étant Tsion (108 fois).

Dans les prières journalières, Jérusalem est mentionnée maintes fois, le Seder de Pessah se termine par « l’an prochain à Jérusalem ». C’est également la phrase qui conclut l’office de Yom Kippour.L'an prochain  Jerusalem

(Haggadah de Barcelone: « l’année prochaine à Jérusalem).

Depuis des milliers d’années, le peuple juif a toujours considéré le Mont Moriah, le mont du Temple, comme le lieu où la présence de Dieu se fait sentir de manière plus intense qu’en tout autre lieu. Et ce lien, que les Juifs entretiennent avec lui, est toujours actuel.

Voici l’entrée des tunnels qui se trouvent sous le Kotel et qui nous ramènent à l’époque du premier Temple.

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Trois fois par jour, pendant la prière, les Juifs se tournent vers Jérusalem, et ceux qui se trouvent à Jérusalem se tournent vers le Mont du Temple.

mizrah en bois marquete d'ivoire(Mizrah: tableau en bois marqueté d’ivoire, se place sur le mur du cote est de la maison)

Chaque année à Ticha BéAv on commémore la destruction du premier et du second Temple (https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/07/29/le-mois-de-av/)

Le souvenir de cette destruction est une permanence de la vie juive. Ainsi même au cours d’un mariage, moment de grande joie, le marié rappelle cette catastrophe en brisant un verre en signe de deuil. Il récite ensuite un extrait du psaume 137 : « Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite m’oublie, que ma langue s’attache à mon palais si je ne me souviens pas de toi, si je ne place pas Jérusalem au sommet de ma joie« .

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Nombreux aussi sont les Juifs qui laissent dans leur maison une petite surface de mur brut et sans peinture en souvenir de la destruction du Temple.

Alors à ceux qui nous parlent d’internationalisation, nous répondons que nous ne voulons plus dépendre de nations étrangères. A ceux qui nous demande de la diviser, nous répondons qu’elle l’a déjà été et quelle était la situation quand elle était jordanienne? Après l’expulsion des Juifs de leur quartier ancestral dans les murailles de la vieille ville, plus personne de nationalité israélienne, juifs ou non juifs, ne pouvait y pénétrer. Quant aux touristes occidentaux, ils devaient présenter un certificat de baptême. Maintenant, tout le monde vit ici comme bon lui semble, peut se déplacer sans contrainte et prier comme il en a envie. N’en déplaise à certains journalistes, les Arabes vivent avec nous, travaillent avec nous. Certains vont même habiter dans les « colonies juives »  comme c’est le cas à Pisgat Zeev, mais chut… ce n’est pas politiquement correct donc personne ne l’écrit.

Vous avez sans doute entendu dire que le nom de Yerushalayim est un mot composé de עיר, Ir, la ville, et שלום, Shalom, la paix et qui veut donc dire la ville de la paix. C’est une possibilité d’autant qu’à l’époque d’Avraham c’est la ville de Melkitsedek, le roi de justice, mais ce sera la paix avec la justice pour chacun. Nous ne serons plus alors les « victimes (ou sacrifiés) de la paix *» (korban hashalom). Expression favorite de la gauche bien-pensante qui juge les attentats comme inévitables dans le processus de paix. La racine, שלם, du mot Shalom, שלום, est aussi celle du mot shalem, שלם, entier, et certains pensent que Yerushalaim veut dire la ville entière, complète, ירושלם Yerushalem,  à qui on a rajouté le yod י qui symbolise Dieu.

En 1967, la ville a été libérée du joug jordanien. Je me souviens de ce mois de mai 1967 où  les pays arabes menaçaient Israël de destruction…Ce même mois avait lieu dans la ville le festival de la chanson pour lequel le maire,Teddy Kollek, avait demande à Naomi Shemer une chanson sur Jérusalem. C’est ainsi que naquit Yerusahalaim shel zahav, Jerusalem d’or. L’interprétation de Shuli Nathan conquit tout Israël qui vivait dans l’angoisse de la guerre. Le chef d’Etat-Major, Yitshak Rabin, était présent au festival lorsqu’il reçu un message lui indiquant que Nasser venait de fermer le détroit de Tiran. Quelques jours plus tard, l’armée commença a mobiliser les réservistes et cette chanson devint celle des soldats. La guerre des 6 jours éclata le 5 juin 1967, le vieille ville fut conquise le 7 juin. Les soldats chantèrent Yerushalaim shel Zahav au Kotel avec Shlomo Goren, le rabbin de Tsahal. Le journaliste Yossi Ronen raconte que, ému, il se joignit se joignit à eux et en oublia de filmer.

guerre des 6 jours soldats au kotel

Pour ceux qui se souviennent de cette année 1967, voici la couverture du premier disque que possédait chaque famille:

jerusalem d'or disque

En voici les paroles en français :

L’air des montagnes est enivrant comme le vin et l’odeur des pins monte dans le vent du soir avec la voix des cloches. Et dans le sommeil de l’arbre et de la pierre emprisonnée dans son rêve, la ville se tient solitaire, un  mur dans son cœur.
Yerushalayim d’or, de cuivre et de lumière, pour tous tes chants, je serai le violon

Combien  les points d’eau sont asséchés! La place du marche est vide, personne ne fréquente le Mont du Temple dans la Vieille Ville. Dans les grottes des rochers hurlent les vents et personne ne descend par le chemin de Jéricho.
Cependant, je viens te chanter  te tresser des couronnes, moi,  le plus petit de tes fils et le dernier de tes poètes car ton nom brûle les lèvres du baiser d’un séraphin…Si je t’oublie Jérusalem qui est toute en or…
Yerushalayim d’or, de cuivre et de lumière, pour tous tes chants, je serai le violon.

Enfin, cette dernière strophe a été rajoutée par Naomi Shemer après la guerre des six jours (juin 1967)

Nous sommes revenus vers les puits d’eau au marche sur la place, le shofar appelle sur le mont du temple dans la vieille ville et dans les grottes du rocher des milliers de soleils brillent, nous reviendrons par le chemin de Jéricho…
Yerushalayim d’or, de cuivre et de lumière, pour tous tes chants, je serai le violon.

Yerushalayim shel Zahav  devint comme un second hymne national, joué lors de nombreuses cérémonies officielles et dépassa les frontières du pays. On l’entend maintenant non seulement en hébreu mais dans de nombreuses langues, dont le chinois. En France, il devint populaire grâce aux Compagnons de la chanson et à Rika Zarai. On l’entend aussi à la fin du film de Steven Spielberg: La liste de Schindler.

Le titre de la chanson nous ramène à l’époque de la Mishna. En ce temps la, la Jérusalem d’or était un bijou, diadème porté par les femmes de Jérusalem et en particulier par les jeunes mariées. Dans la Guémara, on mentionne ce diadème qui devait être si beau et si cher que certains sages n’autorisaient pas les femmes à le porter en dehors de leur maison. Il est surtout célèbre grâce à cet épisode de la vie de Rabbi Akiva: La femme de Rabbi Akiva l’avait épousé contre la volonté de son père et avait été déshéritée pour cela. Elle avait accepté de vivre dans la plus grande pauvreté pour que son mari puisse étudier. Devenu le fameux Rabbi Akiva, il lui avait alors offert ce diadème. Bien sur, cette histoire avait provoqué la jalousie de quelques-unes et en particulier celle de la femme du Nassi* lui-même, Rabban Gamliel, qui avait reproché à son mari de ne pas lui avoir fait le même cadeau. Celui-ci lui aurait rétorqué: « Tu n’aurais jamais fait pour moi ce qu’elle a fait pour lui, elle a vendu jusqu’à ses tresses pour qu’il puisse étudier ! »

Tout le texte de la chanson est truffe de références bibliques, par exemple « la cité qui se tient solitaire » vient du livre des Lamentations et « si je t’oublie Jerusalem » vient du psaume 137, mais aussi d’emprunts à des poèmes de Yehuda Halevy*.

Tous les ans, nous fêtons le Jour de Jérusalem. Cette année, c’est mercredi, le 8 mai.

yom yerushalayim

A bientôt,

*Après les accords d’Oslo et la vague de terrorisme qui a suivi, la gauche parlait des inévitables victimes, les victimes de la paix, pour que se poursuivent les concessions aux Palestiniens
*Nassi: actuellement le president de l’Etat. A l’époque de la Mishna, le Nassi était le président du Sanhédrin
*Yehuda Halevy: né à Tudela dans l émirat de Saragosse en 1075, mort à Jérusalem en 1141. Il fut un des plus grands poètes juifs du Moyen-Age