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כִּי הִנֵּה כַּחֹמֶר בְּיַד הַיּוֹצֵר בִּרְצוֹתוֹ מַרְחִיב וּבִרְצוֹתוֹ מְקַצֵּר כֵּן אֲנַחְנוּ בְיָדְךָ חֶסֶד נוֹצֵר לַבְּרִית הַבֵּט וְאַל תֵּפֶן לַיֵּצֶר
Comme l’argile dans la main du potier qui l’étale ou le raccourcit, oui nous sommes dans ta main…

Ce piyout* est l’un des points culminant de l’office de Yom Kippour. Il se chante en ouvrant  les portes de l’arche sainte.
Dans chaque strophe, le poète anonyme, qui s’inspire d’un texte du prophète Jérémie*, nous compare à un matériau dans la main du Créateur: une pierre dans la main du tailleur de pierres, un couteau dans la main de l’artisan, le gouvernail dans la main d’un marin…
Israel est le matériau du Créateur, il est fait de matière comme l’argile mais n’est pas que ça. Il doit choisir à tout instant entre le bien et le mal.

La mélodie la plus célèbre de ce  piyyout fut composée par le rav Shalom Haritunov qui vivait au 19 ème siècle en Ukraine. Mais elle a souvent pris le pas sur le piyut lui-même, elle se chante en nigun, une mélodie sans paroles. Le nigoun est une prière en soi. Les nigounim nous accompagnent de génération en génération. Toujours en mode mineur*, et à l’opposé des chants choraux occidentaux bien calibrés, ils sont l’expression d’une notre inquiétude face à l’adversité, d’un trop plein de douleur mais aussi d’espoir en dépit de tout. Ils s’expriment dans un rythme lent, presque hypnotique où se balancent l’âme et le corps. Rien de religieux au sens classique du terme. Le nigoun concerne chacun d’entre nous quand notre âme déborde.

Dans la vidéo ci-dessous, le soliste a annoncé le titre du piyut Comme l’argile dans la main du potier, il est évident que le public le connait mais il ne chante pas les paroles. Il se laisse bercer par la mélodie*.

Cette mélodie est devenue un nigoun des Juifs de Palestine, pendant les pogroms des années 30 sur lequel Emanuel  Novogarbelski a écrit une berceuse, pour la naissance de son fils Avner.
La situation est grave – la grange brûle à Tel Yossef et on voit la fumée sur Beit Alfa – mais les enfants doivent dormir, leurs parents montent la garde. Demain, ils iront avec eux travailler et reconstruiront leur moshav.

Dors mon fils, repose-toi, ne pleure pas, Ta mère est assise à côté de toi et te protège de tout mal. Dehors les hyènes hurlent et le vent souffle mais toi, mon petit garçon, endors-toi. Le matin viendra très vite, il ne faut pas paresser, demain, il faudra travailler.
Demain ton père sortira labourer, il tracera des sillons. Quand tu grandiras, la tète droite, vous sortirez dans les champs. Tu grandis en Eretz Israel, dans la joie et dans l’effort, tu travailleras comme ton père. Tu planteras dans les larmes et récolteras dans la joie*. Alors, pour le moment, écoute ta mère et endors-toi. La nuit est froide, les renards aiguisent leurs dents mais ton père monte la garde, il ne dort pas. Le jour il travaille, la nuit il garde la grange, tu grandiras et seras fort et tu garderas avec lui.  Couche-toi mon fils, n’aie pas peur, tout le moshav est en alerte. Ta mère aussi monte la garde, elle te protège, Avner. La grange brûle à Tel Yossef et de Beit Alfa monte une fumée, ne pleure pas, endors-toi. Cette nuit, le feu dévore la ferme et la paille. Il est interdit de désespérer, demain nous recommencerons à nouveau. Demain, il faudra poser les fondations, ton père construira  une maison pour son fils. Tu grandiras, tu l’aideras et vous la construirez ensemble.

Si, dans le piyyut original, l’homme est considéré comme un matériau dans les mains du Créateur, dans ce deuxième texte, c’est de lui qui est responsable de la sécurité du bébé et de celle du moshav et c’est lui qui doit travailler pour le construire et le reconstruire.

Alors que j’écris cet article, j’apprends qu’un attentat a eu lieu à Har Hadar, une localité dans les collines, sur la route qui mène à Tel Aviv. Trois Israéliens ont été assassinés: Solomon Gavriyah, 20 ans, garde-frontière, Youssef Ottman, 25 ans, d’Abu Ghosh, et Or Arish, 25 ans, de Har Adar.
Youssef Ottman et Or Arish étaient des gardes de sécurité civils. ה’ ינקום דמם

 

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Gmar Hatima Tova
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A bientôt,

*Piyout:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/tag/piyout/
Pour ceux qui veulent le texte de ce piyout:
http://old.piyut.org.il/textual/168.html

* Texte de Jérémie 18,6
« Ne pourrais-je pas agir à votre égard, Maison d’Israel, à la façon de ce potier? Certes vous êtes sous ma main comme l’argile sous la main du potier »

*Les nigunim sont en mode mineur: on raconte que les Juifs polonais et russes furent impressionnés par les chants de l’armée napoléonienne. Ils les adoptèrent mais les firent passer du mode majeur au mineur qui nous convient mieux. 

*Chez nous, quand on fredonne on ne dit pas la la la mais daï di di daï

* Le poète Emanuel  Novogarbelski (1903-1979) né à Nikolayev, en Russie, écrivait sous le nom de Emmanuel Harussi (Emmanuel le Russe)

* D’après les Tehilim (126,5) « Eternel, ramène nos captifs, Comme (tu ramènes)  les ruisseaux dans le midi! Ceux qui sèment avec larmes moissonneront dans la joie. Celui qui marche en pleurant, quand il porte les grains. récolte dans l’allégresse ».

 

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Le groupe clandestin des souffleurs de shofar

Comme vous le savez déjà, le shofar n’est pas pour nous qu’une trompette primitive*.
Ce fut même notre arme secrète à l’époque du Tanakh: souvenez-vous que le son du shofar fut la bande sonore au moment du don de la Thora au Sinaï (Exode 19), souvenez-vous de Yehoshua et son armée soufflant dans les shofar tout autour des murailles de Jericho (Josué chap 6):

trompettes de Jericho Jean Fouquet 1452

(Tableau de Jean Fouquet 1452)

ou bien de Gideon se battant contre les Madianites (livre des Juges, chap 7):

800px-Poussin_La_Victoire_de_Gédéon_contre_les_Madianite(Tableau de Poussin: La victoire de Gidéon contre les Madianites)

A l’époque du mandat britannique, les Anglais, soucieux de se concilier les potentats arabes, qui ne supportaient que l’appel des muezzin*, déclarèrent le shofar hors la loi.
Voici quelle était la situation:
Dans les années 30, les Juifs qui priaient au Kotel s’entassaient dans un boyau étroit,  se protégeant tant bien que mal des pierres que les Arabes leur lançaient (déjà!) depuis l’esplanade du Temple où se trouve la mosquée d’El Aksa.

kotel
Ils avaient le droit de prier au Kotel  mais sous étroite surveillance. Bref, entassés et se protégeant comme ils le pouvaient, les Juifs priaient… Apres tout, cela avait toujours été comme ça, et ils en avaient l’habitude…
Ce qui changea, dès le début du Mandat britannique, ce fut l’attitude de plus en plus conciliante des british envers les exigences du Grand Mufti de Jerusalem, Had Amin Al ‘Husseini. Celui-ci décréta que les prières des Juifs gênaient les musulmans.
Les Anglais décidèrent donc d’interdire les tables pour le kidoush* et des arches pour abriter la Thora*. Même sa lecture fut interdite. Pour lire la Thora,  il fallait aller dans une des synagogues du quartier juif mais surtout pas au Kotel.
Finalement, le son du shofar fut même interdit pendant les célébrations du nouvel an juif à Rosh Hashana et aussi le jour de Kippour.

Un groupe clandestin des souffleurs de shofar se forma naturellement aussitôt*. Le premier qui défia la police anglaise fut Moshe Segal en 1930. Il avait caché son shofar sous son talith et le sorti pour la prière de la Neila* de Kippour. Il fut aussitôt arrêté. Le Rav Abraham Ytz’hak Kook* décida de poursuivre le jeune de Kippour et resta donc sans manger ni boire jusqu’à la libération de Moshe Segal. Les Anglais ne voulant pas risquer la vie du Rav Kook, trop célèbre dans le monde juif, libérèrent Moshe Segal au bout de quelques heures.
moshesegal

Pendant 17 ans, jusqu’à la création de l’état d’Israel en 1948, de jeunes Juifs se relayèrent chaque année pour souffler dans le shofar. Ils étaient recrutés secrètement. Les volontaires s’entraînaient clandestinement pendant toute l’année et les souffleurs étaient désignés au dernier moment.

Six d’entre eux se sont retrouvés ces jours au Kotel:

Ils racontent:
– Nous avions juré de donner nos vie pour que revive le peuple juif

– Une jeune femme accompagnée d’une petite fille est venue vers moi et m’a dit: on t’emmène au Kotel.
– Où est le shofar?
– C’est la petite fille qui l’a
« 

La situation s’aggrava pour Rosh Hashana 1946 quand les Anglais fermèrent les entrées du quartier juif menant au Kotel.
Dans la vidéo ci-dessous, les volontaires racontent qu’ils sautèrent de balcon en balcon dans le quartier juif, passèrent de jardin en jardin et arrivèrent ainsi au Kotel…
Là, un poste de police britannique et une flopée de policiers…
Les policiers britanniques ne parlaient pas hébreu et les messages secrets étaient délivrés en hébreu en psalmodiant les phrases comme celles des prières…
Le shofar introduit clandestinement passait de mains en mains. Les Juifs gardaient leur tête baissée sous le talith pour que le récipiendaire ne voit pas leur visage et puisse les dénoncer au cas où il serait torturé… Les volontaires opéraient par trois. Dès que sur un des côtés du Kotel, l’un d’eux  avait soufflé dans le shofar, les policiers accouraient vers lui, mais plus de shofar! Un autre volontaire sonnait de l’autre côté et enfin le shofar se faisait entendre au milieu du Mur…

Certains volontaires furent arrêtés et envoyés en prison pour plusieurs mois, d’autres s’échappèrent comme Mordekhai She’hori en 1942 qui, une fois arrêté, entendit la foule psalmodier : « N’aie pas peur nous te libérerons, nous les pousserons et tu essayeras de t’échapper »
Soudain quelqu’un cria « Vas-y » et des centaines de gens poussèrent les policiers… Mordekhai parvint jusqu’au au centre ville où l’attendait Moshe Segal, le premier souffleur de shofar.

L’histoire des souffleurs de shofar se termine à Kippour 1947. De 1948 à 1967 le Kotel se retrouvera aux mains des Jordaniens et pendant cette période aucun Israelien ou Juif ne put prier au Kotel…

Nous pouvons y prier maintenant même si la situation n’est pas facile. Les Arabes entassent toujours des pierres dans la mosquée d’El Aksa qu’ils ont transformée en dépôt de munitions*. Comme ça ils ont tout sous la main…

Pierres a El Aksa

Oubliez l’indulgence de certains pour les « lanceurs de pierre ». C’est vrai, ca fait travail d’amateur, un peu comme les missiles du ‘Hamas qualifiés d’artisanaux. Mais malheureusement les pierres tuent.

La dernière victime s’appelle Alexandre Levlovitch, il a été assassiné le soir de Rosh Hashana dans le quartier de Armon Hanatsiv, pas très loin de chez moi:

Alexandre Levlovitch

Quant au scandale de la situation qui prévaut sur le Mont du Temple (que vous connaissez mieux sous le nom d’Esplanade des Mosquées), je vous en parlerai plus tard dans un prochain article.

A bientôt,

*Le shofar:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/09/10/shofar/

*L’appel du muezzin: hier encore il s’est déchaîné dans son minaret!
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/07/22/vendredi/

*les tables de kidoush: petites tables sur lesquelles on pose bouteille et verres pour la bénédiction sur le vin
les arches pour la Thora sont des petits coffres de rangement pour les rouleaux de la Thora

*Ils étaient tous membres du Beitar, on les  voit en uniforme sur la vidéo. Merci à Pierre Lurcat!

*Neila: derniere partie de la priere de Kippour qui se termine par le son du shofar

*Le rav Abraham Yitz’hak Kook: https://fr.wikipedia.org/wiki/Abraham_Isaac_Kook
*La mosquée d’El Aksa devenu un entrepot d’armes:
http://www.israel-flash.com/2014/11/jerusalemvideo-les-femmes-musulmanes-font-de-la-contrebande-darmes-a-laide-de-leurs-vetements-sur-le-mont-du-temple/

Les trois crimes de Damas

Vous savez tous ce qu’est Yom Kippour*.
Ce que vous ne savez peut être pas, c’est à quel point Yom Kippour est aussi pour nous ici le souvenir encore vivace d’une des plus meurtrières guerres de défense .

En hébreu, on l’appelle  la guerre de Kippour car Israel a été attaqué par surprise pendant le jeûne de Kippour 1973 par les armées égyptiennes et syriennes, alors que la majorité des Israéliens jeûnait et priait dans les synagogues.
Pour vous donner une idée de l’atmosphère du jour de Kippour ici, voici une vue de Tel Aviv, ville réputée pour ses bouchons, où, ce jour là, les enfants sont les rois du périphérique sur leur vélo.

kippour tel aviv ayalon
Le jour de Kippour 1973, les adultes quittèrent les synagogues dès que l’alerte fut donnée et montèrent dans des bus pour rejoindre le front, parfois encore enveloppés de leur talith.
Pour la petite histoire, Golda Meir, alors Premier Ministre, avait refusé de tenir compte des informations de guerre immédiate  qui lui avaient été communiquées par certains services de renseignement et refusa de lancer une attaque préventive, et même une mobilisation, pour ne pas paraître aux yeux de l’opinion internationale comme l’agresseur. Cette décision coûta de nombreuses vies humaines et in fine, Golda Meir dut démissionner. Elle se reprochera cette décision pendant le restant de ces jours.

Cette vidéo est en hébreu mais se passe de commentaires:

La chanson « Les trois crimes de Damas » a été  écrite au début des combats quand l’issue de la guerre était plus qu’incertaine et que les soldats se battaient dans des conditions épouvantables sur le Golan en sachant que dans notre si petit pays le front est déjà l’arrière, le Oref*…

Elle est  inspirée d’un verset du prophète Amos qui vivait au 8 ème siècle avant l’ère chrétienne dans une époque dramatique où les Assyriens voulaient nous envahir:

« כה אמר ה’ על שלשה פשעי דמשק ועל ארבעה לא אשיבנו »
Ainsi parle l’Eternel: « A cause du triple, du quadruple crime de Damas, je ne le révoquerai pas, [mon arrêt]: parce qu’ils ont foulé le pays de Galaad avec des herses de fer.

על שלושה פשעי דמשק על ארבעה לא אשיבה
על אבות בטלית וחגור על אחים בצריח של טנק

על רעי שאמרו אתם לא תעברו כאן גולני גולני לוחם
אתם לא תעברו אתם לא תעברו כאן גולני גולני לוחם

על מעוז שעמד מכותר על טילים בשדותיו של הכפר
על בני שאמרו אתם לא תעברו
כאן גולני גולני לוחם

על חיוך שהסתיר שתי דמעות בעיני לוחמים עייפות
שחזרו ואמרו אתם לא תעברו כאן גולני גולני לוחם

על שלושה הרביעית בשערכם
עוד יבוא יום שלום ללוחם
ועד אז תזכרו
כן זכור תזכרו
כאן גולני גולני הולם

ועד אז תזכרו כן זכור תזכרו
כאן גולני גולני הולם

אתם לא תעברו אתם לא תעברו
כאן גולני גולני הולם

« Pour les pères enveloppés d’un talith, pour mes frères dans la tourelle du tank, pour mes compagnons qui ont dit « vous ne passez pas »,
C’est pour eux que se battent les Golani*

Pour le fief assiégé, pour les missiles dans les champs du village, pour mes fils qui ont dit « vous ne passerez pas »,
C’est pour eux tous que se battent les Golani

Pour le sourire qui cache des larmes, pour les yeux des combattants fatigués, qui répètent « vous ne passerez pas »,
C’est pour eux que se battent les Golani 

Trois fois déjà, la quatrième ce sera à vos portes, un jour viendra la paix pour les combattants mais jusque là,  souvenez vous, ici les Golani se battent,
Vous ne passerez pas, vous ne passerez pas car les Golani sont là
« 

Damas avait commis un premier crime en 1948 en se joignant déjà à une coalition de la quasi totalité des pays arabes qui s’étaient unis pour détruire l’état d’Israel à peine né. Elle en commis un second en 1967 au moment de la guerre des 6 jours. Le troisième commença en ce 6 octobre 1973, jour de Kippour, 10 du mois de Tichri.
Les tanks syriens avaient franchi la frontière et  étaient descendus vers le Kinneret. Tous les Israéliens, aussi bien civils que militaires, savaient bien que l’intention des Syriens était de les exterminer. Les soldats savaient qu’ils se battaient pour leur pays mais aussi et surtout pour eux-même et pour leur famille. Damas avait commis trois crimes et les Golani* n’en voulaient pas d’un quatrième.

Au צומת גולני (Tsomet Golani) ou carrefour Golani, en Galilée, se trouve un musée-mémorial pour tous ceux qui sont tombés afin que Damas ne réussisse pas à nous anéantir.
Un grand terrain ombragé, planté de pins et parsemé de cactus,
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des murs où sont inscrites des listes de noms,

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et surtout un musée. Dans une des pièces, les murs sont recouverts d’albums contenant pour chaque soldat, tué lors des guerres qu’Israel a subies depuis 1948, un résumé biographique, des photos ou autres documents donnés par les familles: un album par soldat.

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un album comme celui-ci:

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Et maintenant, après 42 ans?
Bien qu’actuellement l’état Syrien n’existe plus beaucoup, les composantes de sa population ne nous veulent pas de bien. Les Syriens ont été éduqués depuis toujours dans la haine d’Israel* et aussi dans la haine du Juif. Comme dans beaucoup de pays arabo-musulmans, les nazis en déroute ont pu trouver refuge en Syrie. Ainsi, par exemple, Alois Brunner a pu offrir ses services pour moderniser la police secrète syrienne.
Cette influence nazie explique la diffusion des Protocoles des Sages de Sion et les caricatures actuelles qui ont toutes l’air de sortir du Stürmer. A la fin de la deuxième guerre mondiale, la dénazification des adolescents allemands, éduqués dans la haine des Juifs dès leur plus jeune âge, a été longue et compliquée. Mais ici, pour les Syriens, le processus de réflexion n’a même pas commencé.
Cela me rappelle une rencontre à Madrid, il y a environ 30 ans. Nous étions installés avec un ami à la terrasse d’un café et nous bavardions en hébreu. Pas très loin de nous, dans le même café, une famille arabe du Moyen-Orient. Un des fils, un adolescent curieux, nous entendit et nous demanda en anglais:
– Quelle langue parlez vous?
– Hébreu...La langue d’Israel
– La langue d’Israel?
Il recula, l’air dégoûté et effrayé.
Notre ami lui dit: Nous ne mordons pas, nous ne sommes pas contagieux.
Mais il retourna vers ses parents en nous jetant de temps en temps des coups d’œil haineux…

Une organisation israélienne, IsrAid,  est partie sur les rives de la Grèce pour aider les migrants. Elle intervient à leur débarquement sur les plages, distribue eau et nourriture et donne les premiers soins médicaux.

IsrAid soins aux Syriens Grece
J’ai entendu l’interview d’un des volontaires de cette organisation: « Pour notre sécurité, il vaut mieux qu’ils ne sachent pas quelle est notre nationalité« .
Paroles corroborées par un journaliste israélien interviewant un jeune syrien dans une centre d’accueil à Milan: « Le jeune homme voulait savoir d’où je venais. Je luis dis que j’étais israélien car il avait l’air sympathique.
– Israel? Pourquoi Israel s’intéresserait à nou
s? demanda-t-il méfiant. Il m’examina intéressé et ajouta « Cachez votre identité, certains d’entre nous pourraient vous attaquer ».

Presque 2000 Syriens ont été jusqu’à maintenant soignés dans nos hôpitaux à la frontière syrienne mais les blessés ainsi soignés restent silencieux de peur de représailles car malgré le désordre et la sauvagerie de certains groupuscules syriens à leur encontre, nous restons l’Ennemi.

syriens aide medicale en Israel

Nous ne pouvons pas nous permettre un quelconque angélisme. Damas ne doit pas pouvoir récidiver.

A bientôt,

*Yom Kippour:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/09/24/yom-kippour-et-le-gros-poisson/

*Guerre de Kippour:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/09/25/ne-les-oubliez-pas/

*le ‘Oref:  https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/27/la-nuque-raide/

*Les Golani sont les soldats qui se battent sur le front syrien meme s’ils peuvent etre appeles ailleurs:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/08/02/le-nord/

*http://www.veroniquechemla.info/2015/05/exil-nazi-la-promesse-de-lorient-de.html

*representation des Juifs dans la monde arabe et en particulier en Syrie:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/category/histoire/20-eme-siecle/guerre-de-kippour/

*http://alyaexpress-news.com/2015/09/le-role-discret-disrael-dans-la-crise-des-refugies-syriens/

Shemita, She’hita…

Cette fois je vous livre un article un peu particulier puisqu’il sera question de judaïsme et non pas d’Israël.
Dans notre tradition, Rosh Hashana, qui a débuté cette année mercredi dernier, est le jour de la gestation du monde היום הרת עולם.
Toujours dans la tradition juive, Dieu a passé avec l’homme deux alliances distinctes.

Avec les survivants du déluge et Noah, il a décidé d’une première alliance qui représente les débuts d’une nouvelle humanité, celle d’un monde où l’homme soumis au libre arbitre doit choisir entre le bien et le mal.

arc en ciel

Dans cette alliance Dieu s’engage à ne plus détruire l’humanité mais il exige une contrepartie de la part des êtres humains: le respect des lois dites noa’hiques*.

Il conclut ensuite une seconde alliance qui se concrétise dans le Sinaï avec les Hébreux qui deviennent alors  עם סגולה, Am Segula, que l’on peut traduire par peuple de prédilection et non pas peuple élu*.
Dans cette alliance les Hébreux s’engagent à élever le niveau spirituel de ce monde et à révéler la présence divine aux 70 nations. Ils deviennent donc une sorte de peuple-enseignant ou peuple-prêtre. Pourquoi les Hébreux alors qu’ils n’ont pas de qualités partculières ? De nombreux midrashim ont essayé de trouver une raison, mais en vain…

Comment élever le niveau spirituel de ce monde? Rude mission!
Pour nous aider, Dieu, en nous donnant la Thora, nous a aussi donné des directives morales très précises concernant nos rapports envers chaque individu, l’ensemble du peuple ainsi qu’avec tous les êtres vivants et la terre elle-même. Ces directives conduisent à un comportement original: ainsi la shemita ou jachère est un ensemble de règles sociales et écologiques très élaboré qui a pour but à la fois de respecter la terre nourricière mais aussi de subvenir aux besoins des indigents. Cette année, comme tous les 7 ans,  nous sommes entrés dans une année de shemita.

(אדמה אמא אדמה, Terre ma mère, je suis attentive à ta voix, interprétée par Ofra Haza)

Mais je voudrais aujourd’hui vous livrer une réflexion concernant le rapport de la Thora aux animaux.
Dans la Bible, on trouve de nombreuses lois qui nous imposent de respecter les animaux. J’en cite quelques unes:

– On doit  nourrir les animaux domestiques avant nous-mêmes,
« Je donnerai de l’herbe dans ton champ pour ton bétail, tu mangeras et tu seras rassasié » (Deutéronome 11, 15)
Pour le Talmud, le fait que le texte mentionne en premier l’herbe pour le bétail et ensuite s’adresse à l’homme signifie que nous avons obligation de nourrir le bétail en premier.

– On ne doit pas accepter qu’un animal soit chargé à l’excès. Si l’animal trop chargé ploie sous le faix, on dois aider son propriétaire, fut-il notre pire ennemi, à le décharger pour éviter une souffrance inutile à l’animal:
« Si tu vois l’âne de celui que tu hais ployer sous sa charge, te retiendras­-tu de l’aider ? Tu aideras certainement avec lui. » (Exode 23,5)

– On ne doit pas faire travailler les animaux le shabbat, eux aussi doivent se reposer:
« Pendant six jours tu feras ton travail, et le septième jour tu chômeras afin que se reposent ton bœuf et ton âne… »

– On ne doit pas atteler un âne et un bœuf au même joug, ce qui épuiserait le plus faible des deux…
« Tu ne laboureras pas avec un bœuf et un âne ensemble….» (Deuteronome 22, 2)

Bref, des lois comme celles-ci il y en a à foison…
Depuis les lois de la Thora ou les écrits du Roi Salomon dans le livre des Proverbes « Le juste a le souci du bien-être de ses bêtes», les commentateurs se sont posés de multiples questions y compris sur des points de détails. Par exemple: « a-t-on le droit d’arracher une plume à une oie vivante*? »

she'hita, une plume d'oie(« Zelda! Tu m’as dit de prendre un instrument lisse et sans défaut mais je ne la tue pas! »)

Ils ont aussi multiplié les recommandations de bonne conduite:« Si un chien non dangereux s’est introduit dans une maison, et qu’on souhaite l’en faire sortir, on peut l’éloigner avec un petit bâton. Mais on n’a pas le droit de jeter de l’eau bouillante sur lui, ou de le frapper avec un gros bâton, ou de claquer une porte sur lui, ou l’aveugler; cela est interdit »      

Mais les animaux ne sont pas qu’une force de travail, ils nous servent aussi de nourriture et pour cela il faut les tuer…
Le fait de tuer un animal pour avoir un bon steak dans notre assiette est quelque chose qui m’a toujours perturbée.
Lors de ce Rosh Hashana, Avigail, notre petite-fille, une futée de 4 ans, s’est inquiétée de savoir si le poulet que nous mangions était un « vrai poulet». Comme je lui répondais distraite que oui bien sûr, j’ai vu son visage se plisser et elle a déclaré qu’elle ne pouvait pas manger de « vrais animaux ». Il a fallu toute la diplomatie de ma fille et sa gourmandise pour qu’elle reprenne sa fourchette.
Je finirai peut être moi aussi par devenir par ne plus manger de viande quoi que je ne pense pas que la mort des poissons soit si facile que ça, même s’ils n’en pipent pas mot.
Les journaux européens ont publié ces dernières semaines, des articles présentant l’interdiction de l’abattage rituel au Danemark comme une victoire des Lumières contre l’Obscurantisme. Est-ce bien là le cas ?

Qu’en est-il donc de l’abattage rituel juif?
Tout d’abord il ne s’applique qu’à des animaux permis à la consommation, que la Thora déclare purs. La notion de pureté s’applique seulement à l’animal* pas à la manière de le tuer.
S’il est tué rituellement, il devient alors casher, mot qui veut dire convenable non pas pur: dans le Tanakh par exemple, on trouve le mot כשר casher dans des textes qui n’ont rien à voir avec la cacherout. Par exemple, la reine Esther dira ainsi « …si la chose paraît כשר (casher) convenable au roi »

L’abattage rituel se dit en hébreu she’hita. Ce mot shé’hita, vient de la racine שחט (Sha’hat). Il signifie juguler au sens premier du terme, c’est-à-dire égorger en interrompant la circulation du sang au niveau de la veine jugulaire. Interrompre la circulation dans la veine jugulaire est le moyen le plus immédiat d’interrompre l’activité du cerveau donc de toutes les sensations et de toutes les souffrances.

she'hita manuscrit du 15 eme siecle

( le sho’het, manuscrit du 15 ème siècle, Italie du Nord)

Pour causer le moins possible de douleur, le couteau du sho’het (boucher) doit être contrôlé à chaque fois qu’on l’utilise et être aussi lisse et tranchant qu’un bistouri et le geste du sho’het doit être sûr et sans tremblements.

En 1922, des scientifiques comme Hill et Baruk montrent que la rupture des carotides provoque une chute instantanée de la pression artérielle et  mène donc rapidement à l’inconscience. Dès 1943 des mesures prises en pratiquant des électro-encéphalogrammes sur des bovins aboutissent à la conclusion que la mort cérébrale arrive entre 3 et 6 secondes.
De plus, pendant ces quelques secondes , l’absence de changement dans le graphe de l’ECG montre que l’animal n’a pas ressenti une douleur subite du fait du couteau aussi affûté qu’une lame de rasoir et du choix du cou, région beaucoup moins innervée que d’autres parties du corps. Enfin, des analyses des tissus et du sang de l’animal montrent qu’il n’a produit aucune toxine liée au stress.
Par contre, ce qu’on appelle gentiment « étourdissement » est un coup de massue ou de pistolet perforant. Là, il y a choc cérébral et là, il y a production de toxines. De plus, pour les volailles, le choc électrique qui les étourdit est loin d’être infaillible car il s’agit d’une production entièrement mécanisée. Le voltage n’est pas toujours bien contrôlé et certains animaux arrivent encore vivants dans le bac à échaudage…

Selon les lois de la she’hita, l’animal une fois tué ne doit pas être considéré que comme un objet de consommation. Ce qui fut un être vivant et qui va nous nourrir mérite un minimum de respect.
Une obligation de respect, souvent méconnue, suit cet égorgement : l’obligation de couvrir le sang de l’animal de terre.
Ce geste symbolique est celui d’un « enterrement » de ce qui reste de l’animal et qu’on ne consomme pas. Dans le Talmud de Babylone on explique ce geste ainsi : On couvrira le sang avec la terre qui le reçoit mais on ne le couvrira pas avec le pied afin que l’accomplissement de la mitsva (de couvrir le sang) ne soit pas légère aux yeux du sho’het (traité ‘Hulin 87a).

La tradition juive explique que Adam et ‘Hava étaient végétariens en se fondant sur les versets de Berechit (Genèse chapitre 1 29) «  Dieu ajouta : Or, je vous accorde tout herbage portant graine, sur toute la face de la terre, et tout arbre portant des fruits qui deviendront arbres par le développement du germe. lls serviront à votre nourriture » et l’explique ainsi avec Rashi: on en déduit que ni l’homme ni la femme n’étaient autorisés à tuer des animaux mais qu’ils devaient manger la production des champs.

Adam et hava aux champs

(tableau de Rachel Tucker Shynes tiré de son livre אדם אדמה רוח)

La permission de manger de la viande a été donnée aux êtres humains à  l’époque de Noé, après l’épisode du déluge:

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(Morgan Beatus, 11 ème siècle)

Dieu dit à Noah’: « Tout ce qui se meut, qui est vivant, sera pour vous pour nourriture »(Genèse 6, 3) mais encore une fois il s’agit d’une permission sous condition: celle d’observer les lois noa’hiques et en particulier la septième, l’interdiction d’arracher le membre d’un animal vivant.
 » L’homme ne doit pas entretenir dans son esprit la qualité de cruauté.. Il n’y a pas de cruauté plus grande de la part d’un homme que de couper un membre ou organe d’un animal alors qu’il est toujours vivant devant lui et qu’il le mange »(Rav Aharon Halevy ,Barcelona, 13 ème siècle)

La décision des Danois est certainement dictée par la compassion.
Ce qui me gêne c’est que sont passées sous silence toutes ces études faites par des scientifiques de divers pays, Juifs ou non, qui ont montré que la mort d’un animal par égorgement (je parle de l’abattage juif, je ne connais pas les conditions de l’abattage musulman) est sans doute la plus indolore.

Les discussions de ces dernières années dans l’Union Européenne  et les décisions prises actuellement non seulement ne tiennent pas compte de ces résultats mais ne les mentionnent même pas. Pourquoi ? Ignorance ? Ignorance délibérée ?Sans doute un peu des deux : depuis que l’Europe est aux prises avec un Islam conquérant et violent, les pays européens ont un désir légitime de «repousser » l’envahisseur et ses coutumes, de plus le ressenti du mot égorgement est en ce moment épouvantable car il fait référence non pas seulement à la mort des animaux mais aussi à l’assassinat d’êtres humains.
L’abattage rituel juif a été interdit formellement en Suisse depuis 1893. A ce moment-là, il concernait les quelques familles juives venues d’Alsace et qui s’étaient installées dans la région de la Chaux de Fond. Ceci pour rendre plus difficile leur installation en Suisse, car le gouvernement fédéral avait  donné depuis peu aux Juifs la liberté de vivre en Suisse, ce qui ne plaisait pas à tout le monde.*

Maintenant il est interdit au Danemark. Ce que je trouve drôle (mais pas rigolo) c’est que cette nouvelle interdiction de la che’hita vient de ces « pères-la-vertu » danois qui ont pratiqué à grande échelle (comme dans toute la Scandinavie) l’eugénisme et la stérilisation des handicapés ou associaux (entre autres les Tsiganes). Bien sûr, ce fut plus discret que le programme P4 d’Hitler et comme en plus ils ne perdirent pas la guerre…Mais ce fut !

Une anecdote à propos d’Hitler: Le 21 avril 1933, c’est-à-dire seulement trois mois après son accession au pouvoir, il interdit l’abattage rituel en terre allemande, à moins que les bêtes n’aient été étourdies auparavant. Il est vrai qu’il était végétarien et grand défenseur des animaux !

La décision des Danois ne provoquera pas de remous dans la minuscule communauté juive danoise dont les quelques milliers de membres ne mangent pas tous casher loin de là. Pour ceux qui tiennent à la casherout, la loi du pays c‘est la loi, דנה דמלכותא דנה (Dina de malkhouta dina), ils importeront leur steak à prix d’or s’ils obtiennent une dérogation comme cela se fait pour les Juifs suisses, ou deviendront végétariens à moins qu’ils décident de partir vers des cieux plus  cléments.

Pour un début d’année, j’aurai pu trouver un sujet un peu plus léger, c’est vrai mais en fait, il convient bien à la période entre Rosh Hashana et Kippour, à ces 10 jours appelés redoutables pendant lesquels nous devons réfléchir à nos actions et à leurs conséquences.
Est-ce bien de tuer un animal? Ne pourrait-on pas se contenter de manger des végétaux? Ceci est un autre débat. Quoi qu’il en soit, les hommes doivent aussi lors de l’abattage d’un animal faire preuve d’un niveau moral élevé.

A bientôt,

                                                                     

Rosh hashana shofar et sidur

Que nous soyons tous inscrits dans le Livre de la Vie pour cette année nouvelle (5775)!

תכתבו ותחתמו בספר החיים

 

* et non pas peuple élu! Je doute qu’il y ait eu une expression plus mal comprise que celle-ci. Elle nous vaut des ennuis depuis des millénaires!

*Textes bibliques concernant les animaux purs et impurs : Lévitique 11, 1-47.
Le christianisme ne s’intéressera pas à la manière de tuer les animaux mais curieusement connaîtra jusque vers le 9 ème siècle des interdictions alimentaires* faisant une différence entre la chair d’animaux purs et « celle d’animaux considérés comme impurs pour des raisons diverses comme les choucas, les corneilles, les cigognes, les castors, les lièvres, les chevaux sauvages etc. »(Jean Louis Flandrin dans son article Alimentation et Christianisme, Autres interdits antiques et médiévaux).

*Arracher une plume d’une oie vivante : pour écrire ! Bien que cela ne lui cause aucune infirmité; c’est interdit parce que c’est cruel.

* Pour citer les plus célèbres, le professeur Henri Baruk (1897-1999) neuropsychiatre mais aussi actuellement le professeur Joe Regenstein de Cornell University (département of Food Science), le Dr Mary Temple Grandin, qui enseigne les sciences de l’animal à l’Université du Colorado etc…

*En Suisse, les Juifs seront émancipés en 1866, mais n’obtiendront la totalité de leurs droits civiques et de liberté de circulation qu’en 1876. Jusqu’au milieu du 19 ème siècle, ils seront cantonnés dans quelques villages des canton d’Aargau et de Saint Gall ainsi qu’à Carouge, dans la banlieue de Genève, à ce moment-là sous domination piémontaise.
En Scandinavie, les Juifs ne seront acceptés que vers la fin du 19 ème siècle.

Les Seli’hot



Les Seli’hot ont commencé dès le début du mois de Eloul. Comme je l’écrivais dans un de mes premiers articles*, le mot Eloul est interprété par les kabbalistes  comme l’acronyme d’une phrase tirée du Cantique des Cantiques:

אני לדודי ודודי לי
 » Ani ledodi  vedodi li,  je suis à mon bien aimé et mon bien aimé est à moi « 

qui, disent-ils, exprime l’amour de Dieu envers Israël. Ils l’appellent le mois bien-aimé, parce qu’étant le dernier mois de l’année avant Rosh Hashana, c’est un mois qui invite à l’introspection et à la repentance.

ELUL

Qui dit introspection dit selihot, סליחות. Seli’ha (seli’hot au singulier), סליחה, veut dire pardon.  Dans la Thora, le mot seli’ha est employé pour le pardon des péchés, alors que de nos jours, il signifie « excuse-moi » dans le langage courant.
Ce mot est mentionné de nombreuses fois dans la Thora. Les linguistes lui ont trouvé une origine akkadienne. En Akkadien le mot salahou veut dire veut dire arroser, asperger. En hébreu, le verbe asperger se dit זלח zala’h. Le son s de l’akkadien est devenu z en hébreu et reste s pour le verbe סלח, sala’h, pardonner. Quel rapport entre pardon et aspersion? L’eau, symbole universel de pureté. L’aspersion d’eau était souvent utilisée dans les rites de purification.

Les Seli’hot que l’on va chanter pendant plus d’un mois jusqu’au Yom Kipour, sont des prières rappelant la petitesse de l’homme et implorant la clémence divine. Elles sont inspirées des Tehilim ou Psaumes et ont été composées au cours des siècles, principalement au Moyen-Age.

En voici quelques unes:

Avec ce poème anonyme du début de Moyen-Age « Homme, pourquoi es-tu endormi? » בן אדם למה לך נרדם commencent vraiment les Seli’hot:

« Homme pourquoi dors-tu?
Égrène les supplications
répands tes paroles
demande pardon au Seigneur des Seigneurs
Lave-toi, purifie-toi, ne tarde pas…
A toi, ô Dieu, la justice et pour nous un visage honteux ».


(selon le rite des Juifs du Maroc, interprété par Lior Elmaliah)

Dans cet autre poème « Les portes de la bienveillance« , שערי רצון, Gaï Zo Aretz raconte avec émotion les tourments d’Avraham devant sacrifier son fils Ytshak selon la tradition des Juifs de Tripolitaine en Lybie. Le refrain martèle sans cesse: Le ligoteur, le ligoté et l’autel העוקד הנעקד והמזבח.


Le mot Seli’ha, pardon, a un synonyme Me’hila, racine מחל, qui ne se trouve pas dans la Thora mais apparaît seulement à l’époque talmudique avec le sens de remettre une dette. Il n’est pratiquement pas employé de nos jours sauf dans le langage religieux.

On trouve les deux, Seli’ha et Me’hila, dans cette prière de Seli’hot, אבינו מלכנו, Avinou  Malkenou, que vous pouvez entendre dans cette interprétation de Barbara Streisand sur une mélodie hassidique.

אבינו מלכנו אתה אין לנו מלך אלה אתה
אבינו מלכנו רחם עלינו
« Notre Père, notre Roi, tu es notre Père, O notre Père notre Roi, nous n’avons que toi. O notre Père notre Roi, aie pitié de nous, exauce nous car nous n’avons pas de bonnes actions. Accomplis en notre faveur justice et bienfait, en faveur de ton grand nom et délivre nous »

Mais peut-être le plus célèbre des poèmes de Seli’hot est  Adon Haseli’hot, le Maître du Pardon, ici chanté par Esther Rada. Elle rappelle le souvenir de son grand-père qui le chantait habillé tout de blanc. Il l’avait appris par cœur de la bouche de son père qui lui même le tenait de son grand-père, de génération en génération,  sans connaitre le texte écrit car les Juifs d’Ethiopie étaient souvent trop pauvres pour posséder des livres de prières.

אדון הסליחות
בוחן לבבות
גולה עמוקות
דובר צדקות
« Maître du Pardon, examine nos cœurs, toi qui révèle les profondeurs, toi qui parle avec justice

et le refrain:
Nous avons péché contre toi, prends pitié de nous!
חטאנו לפניךרחם עלינו

Mais ne pensez pas que ces moments soient tristes, ils sont parfois solennels mais donnent aussi lieu à des démonstrations de joie, surtout ici en Israel. Du premier Eloul à Yom Kippour, les concerts, ballades musicales sont foison, en particulier à Jerusalem ou à Tsfat. Les gens chantent, parfois dansent, persuadés que toutes les portes du ciel s’ouvriront encore cette année. C’est ça l’optimisme juif*.

« Nous avons péché, Prends pitié de nous, Adon haseli’hot »…: des groupes sont arrivés de Beer Sheva et d’Ashkelon pour ecouter des histoires, chanter et danser sur les paroles du « Kotel oriental  » heureux de participer à cet happening, et entendre le son du shofar.

Dans la vidéo suivante, les promeneurs entonnent des chansons populaires comme « Le prince Montefiore« * devant le moulin, puis Avinou Malkenou, une vieille chanson en judeo espagnol, et encore Adon Haseli’hot au Tombeau de David…

A bientôt,

*
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/08/30/le-mois-de-eloul-2/

*le sacrifice d’Isaac s’appelle en hébreu la ligature d’Isaac, עקדת יצחק, car Ytshak n’a pas été sacrifié, seulement attaché

*L’optimisme juif: On raconte que malgré la punition du déluge, l’humanité avait recommencé à se conduire si mal que Dieu décida que c’en était trop. Il allait noyer le genre humain dans un nouveau déluge et cette fois, pas de Noah, pas d’arche, pas de pardon! Il allait noyer  toute cette humanité scélérate sous 5 mètres d’eau, pas moins!
Il décida d’en informer les représentants des différentes nations et leur répéta: Cette fois pas de pardon!
Tous partirent en pleurant sauf un Juif qui restait là à grommeler
Eh toi, lui dit Dieu, ne pense pas que je vais faire une exception pour les Juifs, pas de pardon!
Je sais bien, répondit le Juif, mais quand même tu exagères! Quelle vie de chien ça va être sous 5 mètres d’eau
Dieu considéra ce peuple qui ne renonce jamais et décida de donner une autre chance à l’humanité.
Et c’est ainsi qu’on a reçu la Thora!

*
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/11/05/les-moulins-de-montefiore/

Un souffle d’espoir

Un jour quelqu’un m’a demande: Y a -t-il un instrument de musique spécifiquement juif?
Et bien oui, sans doute le shofar*

Nous avons soufflé dans le shofar à Rosh Hashana, nous recommencerons à la fin de Kippour. Ce n’est pas une instrument de musique agréable. Le shofar n’est ni la trompette éclatante, ni la flûte bucolique et tendre, ni le hautbois ironique ou le cor mélancolique, le shofar est là pour appeler Dieu à nous ouvrir une nouvelle porte pour la nouvelle année.

Ce n’est pas vraiment un instrument de musique mais pourtant… écoutez ce qu’en tire Shlomo Gronich:

Cette corne de bélier est  associée à notre histoire, depuis qu’un bélier fut pris par les cornes dans un buisson et sacrifié à la place d’Yitshak.

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(mosaïque de la synagogue Beit Alpha de l’époque talmudique)

Depuis nous en fabriquons de toutes sortes. Certains sont simples, d’autres ont des formes très élaborées,

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certains sont décorés

shofar

Des Juifs ont risqué leur vie pour pouvoir sonner le shofar: celui-ci se trouve dans la collection du musée de Yad Vashem, il a été fabriqué dans un camp de concentration en Pologne:

shofar yad vashem

Dans la région du Golan, tout le monde connait Kol Shofar (la voix du shofar), l’entreprise de Shimon Keinan.  Il réalise lui-même ses shofar. C’est d’ailleurs un  Baal Tokea (maitre souffleur) reconnu. Et avec les chutes de corne, inutilisables, il fabrique aussi des boîtiers de Mézouzot et des éléments décoratifs de toute sortes.

« Nous sommes une entreprise très moderne explique-t-il, venez nous voir, elle est ouverte au public, vous vous promènerez sur le Golan, une des plus belles régions d’Israël.
Nous vivons dans un moshav nomme Guivat Yoav, la colline de Yoav, qui se trouve dans le sud du plateau du Golan. Nous vivons essentiellement de l’agriculture des agrumes, bananes, olives, raisins mais aussi de l’élevage de bovins et de dindes. Si vous voulez venir nous voir nous avons aussi des tsimmerim (maisons d’hôte)

givat yoav tismerim 2

et nous avons une superbe vue sur le Kinneret. »

shofar guivat yoav

Il y a 40 ans le shofar a sonné pour appeler au secours dans toutes les synagogues brusquement désertées. Cette guerre de Kippour 73 fut la pire des guerres qu’Israël dut mener. Si le front sud était en danger, dans le Nord c’était de l’existence même du pays dont il s’agissait. Les Syriens avaient envahi le Golan et descendaient sur Tibériade.

guerre de kippour

Une guerre d’extermination était prévue: les troupes syriennes comprenaient aussi des bataillons jordaniens, irakiens et même marocains.

guerre de kippour soldat marocain 2(Cette photo d’un soldat marocain sur le Golan fut retrouvée dans une pellicule d’un soldat incorporé dans l’armée syrienne)

Elle fut gagnée mais à quel prix! Presque 3000 morts pour un pays qui ne comptait qu’un peu plus de trois millions d’habitants. Une de nos cousines était  retournée à l’armée comme volontaire. Pendant des jours, elle avait consigné les listes des morts, les dates, lieux et circonstances et l’emplacement de leur inhumation.

Ce Kippour, nous en commémorons le 40 ème anniversaire. Sur les photos, les soldats ont les cheveux longs et la dégaine des années 70,

guerre de kippour soldats

Ce sont maintenant leurs petits-enfants qui regardent vers la frontière nord et qui sonneront le shofar.

חתימה טובה

Bonne signature, comme on dit en hébreu, soyez tous inscrits dans le livre de la vie

A bientôt,

*Ne chipotez pas, je sais bien que souffler dans une corne n’est pas exclusivement juif!

Jerusalem d’or

A tous ceux qui l’ont aimée et en ont rêvé…

A ceux qui rêvent d’y habiter.

A ceux qui y habitent et en rêvent…

Boker Tov Yerushalayim, c’est ce que je dis tous les matins en ouvrant ma fenêtre.

Jérusalem n’est pas une ville sainte. Jérusalem est notre capitale depuis 3000 ans, depuis que le roi David en a décidé ainsi. Une capitale jamais oubliée même au plus fort de l’exil. On a rêvé de Jérusalem, on l’a chantée, on l’a pleurée. Bref, elle était là, avec nous, faisait partie de nous… Rien que ce nom, Jérusalem, illuminait le regard de nos parents, mouillait leurs yeux…Connaissez-vous d’autres villes qui restent vivantes dans le cœur de ceux qui n’y habitent plus et ceci pendant des siècles ?

cervera bible espagne 1300 national librairy Lisbonne

Je ne vais pas vous relater toute l’histoire biblique et post-biblique de Jérusalem mais sachez simplement que la ville est citée 349 fois dans la Thora sous le nom de Jérusalem, sans compter les textes où on la désigne sous le nom de Moriah, en référence à l’endroit où Yitshak a été ligoté, où Jacob a rêvé, où le Temple a été construit, mais aussi sous d’autres noms, le plus fréquent étant Tsion (108 fois).

Dans les prières journalières, Jérusalem est mentionnée maintes fois, le Seder de Pessah se termine par « l’an prochain à Jérusalem ». C’est également la phrase qui conclut l’office de Yom Kippour.L'an prochain  Jerusalem

(Haggadah de Barcelone: « l’année prochaine à Jérusalem).

Depuis des milliers d’années, le peuple juif a toujours considéré le Mont Moriah, le mont du Temple, comme le lieu où la présence de Dieu se fait sentir de manière plus intense qu’en tout autre lieu. Et ce lien, que les Juifs entretiennent avec lui, est toujours actuel.

Voici l’entrée des tunnels qui se trouvent sous le Kotel et qui nous ramènent à l’époque du premier Temple.

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Trois fois par jour, pendant la prière, les Juifs se tournent vers Jérusalem, et ceux qui se trouvent à Jérusalem se tournent vers le Mont du Temple.

mizrah en bois marquete d'ivoire(Mizrah: tableau en bois marqueté d’ivoire, se place sur le mur du cote est de la maison)

Chaque année à Ticha BéAv on commémore la destruction du premier et du second Temple (https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/07/29/le-mois-de-av/)

Le souvenir de cette destruction est une permanence de la vie juive. Ainsi même au cours d’un mariage, moment de grande joie, le marié rappelle cette catastrophe en brisant un verre en signe de deuil. Il récite ensuite un extrait du psaume 137 : « Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite m’oublie, que ma langue s’attache à mon palais si je ne me souviens pas de toi, si je ne place pas Jérusalem au sommet de ma joie« .

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Nombreux aussi sont les Juifs qui laissent dans leur maison une petite surface de mur brut et sans peinture en souvenir de la destruction du Temple.

Alors à ceux qui nous parlent d’internationalisation, nous répondons que nous ne voulons plus dépendre de nations étrangères. A ceux qui nous demande de la diviser, nous répondons qu’elle l’a déjà été et quelle était la situation quand elle était jordanienne? Après l’expulsion des Juifs de leur quartier ancestral dans les murailles de la vieille ville, plus personne de nationalité israélienne, juifs ou non juifs, ne pouvait y pénétrer. Quant aux touristes occidentaux, ils devaient présenter un certificat de baptême. Maintenant, tout le monde vit ici comme bon lui semble, peut se déplacer sans contrainte et prier comme il en a envie. N’en déplaise à certains journalistes, les Arabes vivent avec nous, travaillent avec nous. Certains vont même habiter dans les « colonies juives »  comme c’est le cas à Pisgat Zeev, mais chut… ce n’est pas politiquement correct donc personne ne l’écrit.

Vous avez sans doute entendu dire que le nom de Yerushalayim est un mot composé de עיר, Ir, la ville, et שלום, Shalom, la paix et qui veut donc dire la ville de la paix. C’est une possibilité d’autant qu’à l’époque d’Avraham c’est la ville de Melkitsedek, le roi de justice, mais ce sera la paix avec la justice pour chacun. Nous ne serons plus alors les « victimes (ou sacrifiés) de la paix *» (korban hashalom). Expression favorite de la gauche bien-pensante qui juge les attentats comme inévitables dans le processus de paix. La racine, שלם, du mot Shalom, שלום, est aussi celle du mot shalem, שלם, entier, et certains pensent que Yerushalaim veut dire la ville entière, complète, ירושלם Yerushalem,  à qui on a rajouté le yod י qui symbolise Dieu.

En 1967, la ville a été libérée du joug jordanien. Je me souviens de ce mois de mai 1967 où  les pays arabes menaçaient Israël de destruction…Ce même mois avait lieu dans la ville le festival de la chanson pour lequel le maire,Teddy Kollek, avait demande à Naomi Shemer une chanson sur Jérusalem. C’est ainsi que naquit Yerusahalaim shel zahav, Jerusalem d’or. L’interprétation de Shuli Nathan conquit tout Israël qui vivait dans l’angoisse de la guerre. Le chef d’Etat-Major, Yitshak Rabin, était présent au festival lorsqu’il reçu un message lui indiquant que Nasser venait de fermer le détroit de Tiran. Quelques jours plus tard, l’armée commença a mobiliser les réservistes et cette chanson devint celle des soldats. La guerre des 6 jours éclata le 5 juin 1967, le vieille ville fut conquise le 7 juin. Les soldats chantèrent Yerushalaim shel Zahav au Kotel avec Shlomo Goren, le rabbin de Tsahal. Le journaliste Yossi Ronen raconte que, ému, il se joignit se joignit à eux et en oublia de filmer.

guerre des 6 jours soldats au kotel

Pour ceux qui se souviennent de cette année 1967, voici la couverture du premier disque que possédait chaque famille:

jerusalem d'or disque

En voici les paroles en français :

L’air des montagnes est enivrant comme le vin et l’odeur des pins monte dans le vent du soir avec la voix des cloches. Et dans le sommeil de l’arbre et de la pierre emprisonnée dans son rêve, la ville se tient solitaire, un  mur dans son cœur.
Yerushalayim d’or, de cuivre et de lumière, pour tous tes chants, je serai le violon

Combien  les points d’eau sont asséchés! La place du marche est vide, personne ne fréquente le Mont du Temple dans la Vieille Ville. Dans les grottes des rochers hurlent les vents et personne ne descend par le chemin de Jéricho.
Cependant, je viens te chanter  te tresser des couronnes, moi,  le plus petit de tes fils et le dernier de tes poètes car ton nom brûle les lèvres du baiser d’un séraphin…Si je t’oublie Jérusalem qui est toute en or…
Yerushalayim d’or, de cuivre et de lumière, pour tous tes chants, je serai le violon.

Enfin, cette dernière strophe a été rajoutée par Naomi Shemer après la guerre des six jours (juin 1967)

Nous sommes revenus vers les puits d’eau au marche sur la place, le shofar appelle sur le mont du temple dans la vieille ville et dans les grottes du rocher des milliers de soleils brillent, nous reviendrons par le chemin de Jéricho…
Yerushalayim d’or, de cuivre et de lumière, pour tous tes chants, je serai le violon.

Yerushalayim shel Zahav  devint comme un second hymne national, joué lors de nombreuses cérémonies officielles et dépassa les frontières du pays. On l’entend maintenant non seulement en hébreu mais dans de nombreuses langues, dont le chinois. En France, il devint populaire grâce aux Compagnons de la chanson et à Rika Zarai. On l’entend aussi à la fin du film de Steven Spielberg: La liste de Schindler.

Le titre de la chanson nous ramène à l’époque de la Mishna. En ce temps la, la Jérusalem d’or était un bijou, diadème porté par les femmes de Jérusalem et en particulier par les jeunes mariées. Dans la Guémara, on mentionne ce diadème qui devait être si beau et si cher que certains sages n’autorisaient pas les femmes à le porter en dehors de leur maison. Il est surtout célèbre grâce à cet épisode de la vie de Rabbi Akiva: La femme de Rabbi Akiva l’avait épousé contre la volonté de son père et avait été déshéritée pour cela. Elle avait accepté de vivre dans la plus grande pauvreté pour que son mari puisse étudier. Devenu le fameux Rabbi Akiva, il lui avait alors offert ce diadème. Bien sur, cette histoire avait provoqué la jalousie de quelques-unes et en particulier celle de la femme du Nassi* lui-même, Rabban Gamliel, qui avait reproché à son mari de ne pas lui avoir fait le même cadeau. Celui-ci lui aurait rétorqué: « Tu n’aurais jamais fait pour moi ce qu’elle a fait pour lui, elle a vendu jusqu’à ses tresses pour qu’il puisse étudier ! »

Tout le texte de la chanson est truffe de références bibliques, par exemple « la cité qui se tient solitaire » vient du livre des Lamentations et « si je t’oublie Jerusalem » vient du psaume 137, mais aussi d’emprunts à des poèmes de Yehuda Halevy*.

Tous les ans, nous fêtons le Jour de Jérusalem. Cette année, c’est mercredi, le 8 mai.

yom yerushalayim

A bientôt,

*Après les accords d’Oslo et la vague de terrorisme qui a suivi, la gauche parlait des inévitables victimes, les victimes de la paix, pour que se poursuivent les concessions aux Palestiniens
*Nassi: actuellement le president de l’Etat. A l’époque de la Mishna, le Nassi était le président du Sanhédrin
*Yehuda Halevy: né à Tudela dans l émirat de Saragosse en 1075, mort à Jérusalem en 1141. Il fut un des plus grands poètes juifs du Moyen-Age