Prends ton sac et ton bâton…

Les cartables sont bientot vidés, les livres rendus. Les cahiers, eux, sont rangés dans une sorte de gheniza familiale où ils passeront l’été sans qu’on les ait ouverts, avant d’être définitivement jetés fin août.
-Mais connaissez-vous l’histoire des cartables et sacs, ai-je demande à mes petits enfants?

La chanson de la vidéo ci-dessus s’appelle  קח תרמיל קח מקל (Ka’h tarmil, ka’h makel) « Prends un sac, prends un bâton » et nous invite à partir en Galilée.

Le mot sac est תרמיל (tarmil), besace de berger, est un mot d’origine araméenne (en araméen on dit tarmila) et entre dans l’hébreu à l’époque de la Mishna. Comme le dit ce proverbe:  » אין הסומא יוצא במקלו ולא הרועה בתרמילו , aucun aveugle ne sort sans son bâton et aucun berger sans sa besace. On le connait aussi grâce à la traduction en arameen de la Thora de Yonathan Ben Ouziel.

(tombeau de Yonathan ben Ouziel à Tsfat)

Le premier sac dont on parle dans la Bible est aussi une besace, et une besace remplie de pierres pour l’occasion:
1 Samuel, 17 40: « Il (David) prit son bâton à la main, choisit dans le torrent cinq cailloux lisses, qu’il mit dans sa panetière de berger, et, muni de sa fronde, s’avança vers le Philistin. »
וַיִּקַּח מַקְלוֹ בְּיָדוֹ, וַיִּבְחַר-לוֹ חֲמִשָּׁה חַלֻּקֵי-אֲבָנִים מִן-הַנַּחַל וַיָּשֶׂם אֹתָם בִּכְלִי הָרֹעִים אֲשֶׁר -לוֹ וּבַיַּלְקוּט– וְקַלְעוֹ בְיָדוֹ; וַיִּגַּשׁ, אֶל-הַפְּלִשְׁתִּי
La traduction française parle joliment de la panetière de berger (l’hébreu est moins précis כלי רועה (kli roe), c’est un « contenant » de berger) mais « oublie » le mot suivant ובילקוט (ubyalkout) dans une besace: il a mis les pierres dans son « contenant » de berger (peut-être une petite bourse) et dans sa besace.
De nos jours, la besace du roi David, ילקוט (yalkout) est devenue un cartable tout en ayant aussi, depuis le Moyen-Age, le sens de fichiers reliés et donc de recueil  comme, par exemple, le célèbre recueil des  canulars de Palma’h*.

Tarmil, yalkout sont les mots les plus courants pour designer des sacs. Mais deux autres ont été également utilisés: Amta’hat et Tsiklon.

Le premier, d’origine akkadienne, אַמְתַּחַת (amta’hat), nous est parvenu grâce au récit où  Joseph accuse son frère Benjamin d’avoir volé une coupe en argent. Il s’agit sans doute d’un grand sac, comme un sac de voyage:
« Joseph donna cet ordre à l’intendant de sa maison: Remplis de vivres les sacs de ces hommes… Et ma coupe, la coupe d’argent, tu la mettras à l’entrée du sac du plus jeune… » (GenèseBereshit, 44, 1)
וַיְצַו אֶת-אֲשֶׁר עַל-בֵּיתוֹ, לֵאמֹר, מַלֵּא אֶת-אַמְתְּחֹת הָאֲנָשִׁים אֹכֶל…וְשִׂים כֶּסֶף-אִישׁ, בְּפִי אַמְתַּחְתּוֹ. ב וְאֶת-גְּבִיעִי גְּבִיעַ הַכֶּסֶף, תָּשִׂים בְּפִי אַמְתַּחַת הַקָּטֹן

Le second, ציקלון (tsiklon) se trouve dans le livre des Rois (2 Rois 24 42). Après que le prophète Elisha eut ramené à la vie le fils de la Sunamite, il est question d’un cadeau inattendu, du pain, alors que règne le famine:
Un homme, venant de Baal-Chalicha, apporta un jour à l’homme de Dieu, comme pain de prémices, vingt pains d’orge et du gruau dans sa panetière.
וְאִישׁ בָּא מִבַּעַל שָׁלִשָׁה, וַיָּבֵא לְאִישׁ הָאֱלֹהִים לֶחֶם בִּכּוּרִים עֶשְׂרִים-לֶחֶם שְׂעֹרִים, וְכַרְמֶל, בְּצִקְלֹנוֹ
Tsiklon est sans doute d’origine ugarit où le mot basaql veut dire culture ou gerbe.

De nos jours, à l’armée, les recrues ont toutes leur שק חפצים (sak ‘hafatsim) sac polochon.


On pourrait penser que le mot sac est un ajout récent à l’hébreu, et bien non. Lui aussi se trouve dans le Tanakh. Toujours dans la même histoire des retrouvailles entre Joseph et ses frères, il est écrit (Bereshit-Genèse 42,35):
« Or, comme ils vidaient leurs sacs, voici que chacun retrouva son argent serré dans son sac« 
וַיְהִי, הֵם מְרִיקִים שַׂקֵּיהֶם, וְהִנֵּה-אִישׁ צְרוֹר-כַּסְפּוֹ, בְּשַׂקּוֹ

Charger un sac sur son épaule pour partir est un des gestes plus plus anciens de l’humanité et en hébreu la racine sh-k-m a donné shekem, l’épaule, et  le verbe se lever tôt.
Gen 21 14: « Abraham se leva de bon matin, prit du pain et une outre pleine d’eau, les remit à Agar en les lui posant sur l’épaule
וַיַּשְׁכֵּם אַבְרָהָם בַּבֹּקֶר וַיִּקַּח-לֶחֶם וְחֵמַת מַיִם וַיִּתֵּן אֶל-הָגָר שָׂם עַל-שִׁכְמָהּ

A cette époque, on l’attachait en enroulant une corde en lin des épaules a la taille. C’était une expression courante pour dire qu’on se préparait à un voyage. C’est ainsi que Dieu dit au prophète Jérémie:
 »
Va, achète-toi une ceinture de lin et attache-la sur tes reins… »Prends la ceinture que tu as achetée, et qui couvre tes reins, mets-toi en route pour gagner l’Euphrate…
Ce geste de charger son sac sur une épaule se retrouve dans la racine כתפ (k.t.f) qui signifie charger et aussi épaule. Ainsi,  Mendele Mokher Sefarim* écrira:
ובדרך היה פונה כה וכה ומביט כגנב נזהר לנפשו, מכתף את תרמילו המלא, פעם על כתף זו ופעם על כתף זו » .
En chemin, il se tournait ça et là et regardait comme un voleur prudent, soucieux de sa sécurité, chargeant (mekatef) son sac plein d’une épaule (katef) à l’autre. (Le livre des gueux 1909)

Aujourd’hui, pour le cartable, on emploie aussi souvent le terme général de תיק (tik) d’origine greque (θηκη, theke) et même תיק גב (tik gav), puisqu’il s’agit d’un sac à dos.

Et le bâton מקך (makel)? Le voici, compagnon du sac תרמיל (tarmil).
Dans le livre de Chemot (l’Exode) il est écrit au moment du premier Pessa’h: « Et voici comme vous le mangerez: la ceinture aux reins, la chaussure aux pieds, le bâton à la main
וְכָכָה, תֹּאכְלוּ אֹתוֹ–מָתְנֵיכֶם חֲגֻרִים, נַעֲלֵיכֶם בְּרַגְלֵיכֶם וּמַקֶּלְכֶם בְּיֶדְכֶם

Le mot makel est à relier au verbe lehakel alléger, car le bâton aide à marcher et allège ainsi les difficultés du voyage.

Mais les mots sac et bâton ont parfois aussi une connotation négative. Ils sont aussi synonymes de saleté, voire de violence. C’est pourquoi il est écrit dans le Talmud qu’il était interdit pour un homme d’entrer dans le Temple avec son sac et son bâton, וּבַיַּלְקוּטו ובמקלו, et avec de la poussière sur ses pieds. On dirait aujourd’hui avec armes et bagages. Et l’expression populaire   בא אליו במקלו ובתרמילו (ba elav bemaklo uvetarmilo) veut dire:  il l’a attaqué violemment.

De nos jours le tarmil et le makel sont signes de randonnées et les randonneurs sont les תרמילאים (tarmilayim) qui prennent parfois des chemins périlleux:


(vers la grotte de Keshet en Galilée)

 

A bientôt,

* Targoum Yonatan ou Targoum Yerushalmi: traduction de la Thora en araméen attribuée à Yonatan ben Ouziel qui  s’éloigne parfois du texte pour y inclure des midrashim

* Le canulars du Palma’h sont un recueil d’histoire humoristiques, absurdes et souvent critiques que se racontaient les soldats pendant la guerre d’Indépendance.

* Medele Mokher Sefarim: Mendele le vendeur de livres, ou Shalom Yaakov Abramowicz (1836-1917), auteur yiddish et hébraïque, originaire d’Odessa.

* Le mot תיק (tik) et tik veut aussi dire sac à main et dossier. Ouvrir un tik contre quelqu’un c’est le mettre en examen.

Yom Hazikaron 2017

Lundi nous célébrons à nouveau à une triste commémoration: le Yom Hazikaron (jour du souvenir) consacré aux soldats et civils victimes des guerres et du terrorisme.

Le ministère de la Défense publie comme chaque année les chiffres officiels et ces chiffres augmentent chaque année: le nombre de soldats, policiers et gardes tombés en service est de 23 544 depuis l’année 1860. Ce décompte a commencé au moment où les Juifs de Jerusalem ont pris leur sécurité en main*. Cette année, six nouvelles victimes sont à rajouter et de plus, 37 blessés sont morts de leurs blessures reçues au combat. Pour chaque mort, une famille, une veuve, des orphelins… Les parents isolés et âgés sont escortés et aidés lors de leur visite au cimetière le jour de Yom Hazikaron par les jeunes des mouvements de jeunesse.

La semaine dernière, a été inauguré sur le Mont Herzl a Jerusalem, le Hall du Souvenir pour les soldats tombés au combat. Sur le mur extérieur, cette citation du prophète Jérémie:
« Ephraïm est-il donc pour moi un fils chéri, un enfant choyé, puisque, plus j’en parle, plus je veux me souvenir de lui? Oh! oui, mes entrailles se sont émues en sa faveur, il faut que je le prenne en pitié, dit l’Eternel. »
הֲבֵן יַקִּיר לִי אֶפְרַיִם, אִם יֶלֶד שַׁעֲשֻׁעִים–כִּי-מִדֵּי דַבְּרִי בּוֹ, זָכֹר אֶזְכְּרֶנּוּ עוֹד; עַל-כֵּן, הָמוּ מֵעַי לוֹ–רַחֵם אֲרַחֲמֶנּוּ, נְאֻם-יְהוָה

A l’intérieur du monument, un chemin serpente vers le haut en spirale. Les noms des soldats tombés aux combats et les dates de leur décès sont inscrits sur les briques qui bordent le mur du chemin de 260 mètres. Chaque jour, sont affichées des photos et des informations sur les soldats qui ont été tués ce jour-là de l’année et une bougie est allumée à leur mémoire .
Les visiteurs peuvent localiser la pierre qui concerne leur proche grâce aux ordinateurs placés le long du chemin et obtenir ainsi des informations à son sujet.
Le directeur du Mémorial, Arieh Muallem, a déclaré: « Nous devons nous souvenir de chacun d’eux, et nous nous souviendrons d’eux personnellement en allumant une bougie le jour anniversaire de leur décès. C’est important pour les parents qui vieillissent de savoir que leurs fils ne seront jamais oubliés« . 

La plupart des soldats tombés au combat sont Juifs mais pas tous: certains sont druzes, chrétiens ou musulmans.

(Yom hazikarone au village druze de Julis)

L’un des soldats mort pendant la guerre d’Indépendance a eu un destin très particulier. Sur sa tombe au cimetière militaire de Netanya, on peut lire: Barukh Mizra’hi né à Tzfat en 1926, tombé au combat en 1948.

Il est aussi écrit qu’il était le fils d’Avraham et de Sarah.
En fait, il s’agit d’Avraham avinou  et de Sara’h imenou *: c’est  la tombe d’un גר צדק (guer tsedek) ou jeune homme converti au judaïsme.
Barukh Mizra’hi est né Hamuda Abu al-Einein , fils de Mahmoud et Fatima.

La famille Abu al-Einein est une riche famille de Tsfat, connue pour son combat en faveur du pan-arabisme*. Ses parents l’envoient cependant étudier à l’école de l’Alliance Israélite de Tsfat, considérée comme la meilleure école de la ville. Ses amis sont tous Juifs et ‘Hamouda change d’opinion au sujet des Juifs et du sionisme. Les relations avec son père alors deviennent très difficiles. Les menaces et les coups n’y changent rien. Il quitte la maison alors qu’il n’est qu’un adolescent, part à ‘Haifa et décide de se convertir au judaïsme. Les rabbins du tribunal rabbinique hésitent: il est certes sincère mais il est mineur. Ceci dit, s’ils le renvoient dans son milieu d’origine, il se fera assassiner par sa famille pour apostasie. ‘Hamouda obtient finalement gain de cause et est converti en prenant le prénom de Barukh. Le tribunal rabbinique de ‘Haifa l’inscrit aussi sous le nom de famille assez courant de Mizra’hi* pour sa sécurité.

Vivant cependant dans une certaine clandestinité, il s’engage auprès de l’Etzel* dont les membres sont pourchassés par les Anglais.
Son groupe est arrêté après une action contre l’armée britannique. Il est déporté en Érythrée. Là, la sécurité du camp est confiée à des gardes soudanais musulmans qui aiment faire des cartons sur les prisonniers. Barukh est gravement blessé. Persuadé de sa mort prochaine, il fait jurer à ses camarades de l’enterrer en Israel, le jour où ce sera possible. Il survit et peut enfin rejoindre en Israel en 1948.
Malheureusement  le pays est en pleine guerre. Comme il parle arabe,  il est envoyé comme agent de renseignements en Samarie et est tué à Sa Nur* à l’âge de 22 ans.

En 1968, Mena’hem Begin fera rechercher sa dépouille qui est enterrée au cimetière militaire de Netanya.
Le conseil de Judée-Samarie a décidé cette année d’honorer particulièrement sa mémoire.

 

A bientôt,

* La garde juive de Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/02/19/la-garde-juive/

* Avraham Avinou et Sarah Imanou (Avraham notre père et Sarah notre mère): il s’agit du couple biblique Avraham et Sarah, considérés comme les parents des convertis.

* Le clan Abu al-Einein était lié aux Frères Musulmans. En 1938, un de ses membres avaient appelé à expulser tous les Juifs de Palestine y compris les médecins (Certains palestiniens minoritaires envisageaient de permettre aux seuls médecins juifs, réputés efficaces, de vivre en Israel pour le bien de la population musulmane!!!).  Actuellement, l’un des conseillers de Mahmoud Abbas s’appelle Sultan Abu al-Einein.
http://palwatch.org/main.aspx?fi=157&doc_id=8934
http://www.palwatch.org/main.aspx?fi=157&doc_id=18259
http://palwatch.org/main.aspx?fi=90&doc_id=9101


* Etzel: organisation de défense juive pendant le Mandat britannique, plus ancienne que la Haganah et acquise aux idées de Jabotinsky. L’Etzel fut incorporée à la nouvelle armée juive au début de la guerre d’Indépendance.

* Le nom de Mizra’hi est en effet assez courant mais en plus, il signifie oriental, ce qui convenait à ce jeune homme.

https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/02/29/desarrois-juifs-dans-lentre-deux-guerres/
http://eng.shimur.org/etzel-tashach/

* Sa Nur: Village de Cisjordanie proche de Jenin en Samarie. Les accords d’armistice de Rhodes en 1949, concédèrent la Judée et la Samarie à la Jordanie.
En 1978, les Israéliens construisirent une implantation du même nom, שא נור (Sa Nur), lève la flamme, mais elle fut démolie en 2005 dans le cadre du désengagement de la bande de Gaza.

 

La Garde Juive

Pour cette semaine, j’avais commencé un article sur Vladimir Zeev Jabotinsky et le sionisme révisionniste et  puis, considérant l’approche trop étroite, je lui avais donné une autre direction, illustrée par ce titre « Désarrois juifs dans l’entre deux guerres »…
Et  puis, je me suis dit que je devais tout d’abord repartir au début du 19 ème siècle et vous raconter l’histoire de הגווארדיה היהודית (haguardia hayehoudit) ou la Garde Juive dont presque plus personne se souvient…

A Jerusalem comme ailleurs au Moyen-Orient, les Juifs à ce moment là ont un statut inférieur à celui des musulmans. Ils ne sont défendus ni par le pouvoir en place ni par la société civile. Ils sont donc des proies faciles que l’on peut attaquer, rançonner, tuer même, sans craindre quoi que ce soit.
Aussi, à la fin du 18 ème siècle, est crée une organisation de défense juive, organisée et financée par les habitants de la ville, dont on peut encore consulter les carnets d’enrôlement et les livres de comptes. Pour autant qu’on le sache, il s’agit de la première organisation de défense composée de volontaires qui se recrutent dans les différentes communautés, toutes, ashkenazes et séfarades faisant front commun devant l’adversité.

Cette organisation, connue plus tard sous le nom de הגווארדיה היהודית (Guardia Hayehoudit) ou Garde Juive, est en fait fondée sous le nom de שערי צדק *(shaarei tsedek) ou porte de justice, ici acronyme des mots שמירה (shemira) garde, עבודה (avoda) travail, רפואה (refoua) médecine, ישועה (yeshoua) sauvetage, צורכי ציבור (tsorkhey tsibour) utilité publique, et דברי קודש (divrei Kodesh) paroles de Thora.

Ce dessin humoristique de Michel Kishka, paru dans le magazine Segoula, illustre bien la situation: Jerusalem est une proie pour les brigands. Heureusement que veillent les membres de la Guarda Hayhoudit, peot* au vent. Leur bureau se trouve au premier étage de la maison à droite, juste en dessus de celui de la ‘Hevra Kadisha* et du portrait d’un bandit arabe surmonté du mot « wanted », écrit en lettres hébraïques.

La garde juive dessin de Michel Kishka paru dans le magazine Segula

Au début, cette organisation de défense est seulement chargée de protéger les oliveraies et les plantations d’amandiers appartenant à des Juifs, près de la tombe de Shimon HaTsadik*, là ou plus tard sera fondé le quartier de Sheikh Jarra.

tombe de shimon hatsadik

(Inscription au tombeau de Shimon Hatsdik ou Simon le Juste. Il est écrit qu’il était membre de la Grande Assemblée*.
Une de ses phrases les plus célèbres est: « Le monde subsiste grâce à trois choses: la Thora, le travail et les bonnes actions »)

Dans les archives, il est mentionné que la Garde Juive est aussi régulièrement chargée de protéger charrettes et convois qui arrivent à Jérusalem à la tombée de la nuit, en provenance de Yafo et qui restent en dehors des murailles, sans protection jusqu’au matin. Mais surtout, compte tenu du harcèlement continuel des Juifs, en particulier des nouveaux venus, par des bandes de voyous arabes qui les rançonnent et les molestent,  la Garde Juive est chargée de protéger les personnes autant que les biens, du brigandage et même des מעשי סדום (maassei sdom), viols sodomites qui étaient souvent pratiqués comme l’écrit Eleazar Horowitz dans un de ses livres.

Certaines opérations sont restées dans la mémoire juive de Jerusalem. Par exemple, celle que décrit Abraham Rivlin  dans son livre « Histoire du yishouv de Jerusalem au 19 ème siècle ».
En 1820, un convoi de Juifs, qui avaient débarqués au port de Yafo, tombe au mains d’une bande arabe. Un bédouin apporte une lettre au rav Hillel Rivlin, qui est alors à la tête de la communauté ashkénaze de Jerusalem. Cette lettre est signée de Yossef Luria et de Zalman Zeitlin qui font partie de ce groupe pris en otage dans la région de Bnei Brak*. Dans cette lettre il est écrit que  les Arabes accepteront de les libérer contre une rançon de 1000 napoléons. Non seulement la somme exigée est colossale mais payer c’est aussi inciter les Arabes à recommencer. Aussi, le rav Rivlin met sur pied un plan avec les membres de la Garde Juive: il est décidé que deux d’entre eux accompagneront le  bédouin, porteur de la missive, et annonceront aux ravisseurs que la somme sera remise seulement quand ils pourront rencontrer les prisonniers!  Les deux membres de la Garde arrivent à l’endroit où se trouvent les prisonniers et en fait les libèrent en tuant leurs gardiens stupéfaits
.

dessin debut 19 eme bandits arabes(dessin début 19 ème siècle: bandits de grand chemin)

Parmi les héros de la Garde Juive se trouve le rav Gedalia Beker qui dirige les opérations avec succès. On raconte qu’une fois, il réussit à enfermer des bandits arabes dans un mikve et les fouette!…
La Garde Juive ne se contente pas seulement de protéger. Elle attaque aussi parfois. Elle paye des espions arabes qui la préviennent quand se prépare une émeute anti-juive.
C’est ainsi, racontent les chroniques, qu’en 1820 la Garde Juive entend qu’un pogrom va avoir lieu et décide d’attaquer préventivement. Dans la nuit, les gardiens sortent par une petite porte de la muraille et foncent sur le camp arabe, armés de poignards et de pistolets. Les bédouins sont mis en déroute mais malheureusement les rangs des gardiens comptent un mort.
En 1822, un chef de bande renommé, Ahmad Shukri al-Fahmi dit « le casseur de Juifs », fait régner la peur du côté de Har Hatsofim*.
Les membres de la Garde Juive iront le chercher dans la grotte où il se cache et lui couperont la tête comme témoignage lorsqu’il tomberont sur le reste de la bande qui fuira terrifiée.
Dans les années 1830, les fella’h se révoltent contre Muhammad Ali, le nouvel homme fort de la Palestine en rébellion contre les Turcs. Comme à chaque fois que la situation politique est instable, les autorités détournent la colère des fella’h contre les Juifs. Les émeutes ne concerneront pas que Jerusalem mais s’étendront à Tsfat, Hebron et Tiberiade, où les Juifs ne sont pas protégés, et tourneront au massacre.
A Jerusalem, les membres de la Garde Juive savent que cette fois, ils ne seront pas de taille. Ils décident donc de trouver pour les femmes et les enfants des cachettes dans les nombreuses grottes aux alentours de la ville et dressent des barricades dans le quartier juif où ne resteront que des combattants. Les révoltés arabes font irruption dans la ville, et arrivent à détruire les barricades. Heureusement, la révolte s’épuise et une forte rançon permet le retour des Juifs dans leur quartier. Un massacre semblable à ceux de Tsfat, de Tiberiade et Hebron a été évité mais il y a quand même de nombreux morts et blessés sans compter des femmes violées et enlevées qu’il faudra racheter.
Au milieu du 19 ème siècle, Montefiore* décide d’agir en faveur des Juifs de Jerusalem. Il fait construire plusieurs moulins* en dehors de la Vieille Ville pour que les Juifs puissent moudre eux même leur grain, sans être en butte aux menaces et à la violence des Arabes. Il leur construit aussi des quartiers modernes dans un environnement bien plus salubre que celui du quartier juif surpeuplé. Cependant, il faudra beaucoup de persuasion pour que les Juifs acceptent d’y vivre à cause de l’insécurité. La Garde Juive redouble donc d’effort pour garder cette fois les Juifs habitants en dehors des murailles. Les gardes sont admirés par la population qui décrit leurs actions comme « des choses audacieuses ».
La Garde Juive se dispersera peu à peu dans la deuxième moitié du 19 ème siècle. La ville devient plus sûre et les nouveaux quartiers sont surveillés par leurs habitants. De plus, situés au delà des murailles, ces nouveaux quartiers sécurisent aussi les routes de ce qui était auparavant une terre inculte, propice aux embuscades.
Cependant, la Garde Juive fera parler d’elle encore quelques fois, comme au printemps 1873.
Le quartier juif de la Vieille Ville est à nouveau terrorisé par un gang de bédouins. La police turque ne bouge pas et le gouverneur insiste sur le fait qu’il est impossible de surveiller chaque ruelle et chaque toit. Le 18 du mois de Sivan, les membres de la Garde décident d’en finir: ils organisent une nuit de prières dans toutes les maisons et synagogues tandis qu’ils attaquent le camp bédouin et lui infligent de lourdes pertes. Pendant longtemps  la « nuit du sauvetage » sera célébrée chaque année par les Juifs de la Vieille Ville…

Avec la multiplication des nouveaux villages juifs, une nouvelle organisation voit le jour au tout début du 20 ème siècle: c’est le groupe Bar Giora*qui sécurisera les campagnes et les petites bourgades jusqu’à la fin de la première guerre mondiale.
Sous le Mandat Britannique naîtra alors la Haganah, parfois acceptée et parfois déclarée hors la loi par les Anglais.
les shomerim 2
(les shomerim d’Alexandre Zeid, ils portent le keffie arabe pour passer inaperçus)
Avec le temps, l’histoire de la Garde Juive sera peu à peu oubliée et ses réels exploits relégués dans les archives…
Et pourtant!
Elle fut présente alors qu’il n’y avait ni état ni même embryon d’état, à une époque où, comme disaient ses membres, le תוהו ובוהו  (tohu vavohu)* régnait à Jerusalem.

David Ben Gourion a écrit: « Je ne sais pas qui fut le père de l’armée d’Israel mais ses grand-pères furent les gardiens (les shomerim d’Alexandre Zaid) ». On peut rajouter que ses arrières grand-pères furent les membres de la Garde Juive.
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A bientôt,

 

*L’organisation Bar Giora est une organisation de défense fondée en 1907 à Yaffo. Nommée d’après le nom de Bar Giora, l’un des organisateurs de la grande révolte juive avec Bar Kokhba en 133. Cette organisation fut ensuite absorbée dans celle des Shomerim (gardiens) d’Alexandre Zaid:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/02/13/le-sionisme-politique-avant-1914/
et aujourd’hui ce sont les shinshinim qui luttent aux côtés de la police: https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/20/les-shinshinim/

*שערי צדק (Shaarei Tsedek) les portes de la justices. En référence au Psaume 118, 19: »Ouvrez-moi les portes de justice, je veux les franchir, rendre hommage au Seigneur. פִּתְחוּ-לִי שַׁעֲרֵי-צֶדֶק; אָבֹא-בָם, אוֹדֶה יָהּ » 

*’Hevra Kadisha: société chargée des défunts et de leur enterrement.

*פאות, peot. coins en hébreu: ce sont les boucles de cheveux que certains Juifs laissent pousser des deux côtés de leur visages en référence à l’injonction: « Vous ne couperez point en rond les coins de votre chevelure et tu ne raseras point les coins de ta barbe » (Vaykra ou Levitique 19,27)

*Les moulins de Montefiore:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/11/05/les-moulins-de-montefiore/

*Tohou vavohou: a perdu tout son sens en devenant tohu-bohu en français. Il s’agit en fait du chaos absolu. L’espression est tirée du livre de Bereshit: והארץ, הייתה תוהו ובוהו, וחושך, על-פני תהום la terre n’était que chaos et l’obscurité au-dessus de l’abîme.

*La Grande Assemblée:
http://www.lamed.fr/index.php?id=1&art=21

*Bnei Brak se trouve à côté de Tel Aviv et donc à environ 60 km de Jerusalem

*Har Hatsofim ou Mont Scopus

*L’organisation Bar Giora est une organisation de défense fondée en 1907 à Yaffo. Nommée d’après le nom de Bar Giora, l’un des organisateurs de la grande révolte juive avec Bar Kokhba en 133. Cette organisation fut ensuite absorbée dans celle des Shomerim (gardiens) d’Alexandre Zaid:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/02/13/le-sionisme-politique-avant-1914/
et aujourd’hui ce sont les shinshinim qui luttent aux côtés de la police: https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/20/les-shinshinim/

 

 
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Les Juifs veulent détruire la mosquée d’El Aqsa!

Dans mon avant-dernier article, nous en étions arrivés aux événements  qui marquèrent le début des années 20 en Palestine mandataire, je devais aborder cette semaine les massacres de 1929 quand j’ai lu l’indispensable article de Danilette « Vous n’avez nulle idée de la grâce, de la douceur du Grand Mufti de Jerusalem Al Husseini » (http://www.danilette.com/2015/10/vous-n-avez-nulle-idee-de-la-grace-de-la-douceur-du-grand-mufti-de-jerusalem-al-husseini.html) où elle nous livre un extrait de la recension du livre d’Albert Londres*:  « Le Juif errant est arrivé« , paru en 1930.
Je vous recommande de lire cet article et de le faire lire autour de vous.

Grace à la France qui n’acceptera de le livrer ni aux Anglais ni aux Yougoslaves, qui veulent le faire juger, et qui l’assignera gentiment à résidence,  le Grand Mufti de Jerusalem Hadj Amin al Husseini pourra facilement s’évader et échappera ainsi au procès de Nuremberg où il aurait du comparaître avec ses complices nazis. Il mourra tranquillement à Beyrouth en 1974.

Lorsqu’il y a une vingtaine d’années, je mentionnais le rôle central du Grand Mufti dans l’extermination des Juifs, j’entendais  des dénégations  polies où il était question de son nationalisme certes exacerbé  mais quand même…Bref, une fois de plus j’exagérais! Or tous les biographes du Grand Mufti le considèrent comme un antisémite virulent. Benny Morris par exemple écrit: »Il est clair que quand on lit ce qu’il a écrit, on voit qu’il est foncièrement antisémite. Je ne dis pas qu’il était seulement anti-sioniste, non, il haïssait les Juifs, les Juifs étaient le diable« .

En 1933, quelques semaines seulement après qu’Hitler ait pris le pouvoir, le Consul Général d’Allemagne en Palestine, Heinrich Wolff, envoie un télégramme à Hitler rapportant les paroles du Grand Mufti: « les Arabes sont enthousiasmés par le nouveau pouvoir et espèrent le voir triompher ici au Moyen-Orient. » Le Grand Mufti et Wolff se rencontreront de nombreuses fois et ce dernier enverra de nombreux rapports à Hitler, toujours élogieux, au sujet de l’évolution de la situation au Moyen-Orient, des nombreux massacres, émeutes et pogroms fomentés par le Grand Mufti et ses alliés les Frères Musulmans* en Palestine mandataire, en Egypte,  Syrie et en Irak. Le Grand Mufti s’active car il veut être considéré comme le pendant d’Hitler au Moyen-Orient qu’il veut nettoyer de toute présence juive. Cela lui fera  évidemment la meilleure des cartes de visite lorsqu’il viendra à Berlin en novembre 1941.
Leur collaboration deviendra ensuite bien plus effective puisque le Grand Mufti créera trois légions musulmanes SS en Bosnie et en Albanie où, là encore, elles seront responsables de nombreux massacres, en particulier en Serbie.*

En attendant, dès l’été 1928, le Grand Mufti intrigue avec les nationalistes syriens et la famille Ibn Soud pour une monarchie unifiée sur les territoires syriens, trans-jordaniens et la Palestine mandataire.
A Jerusalem, pour Yom Kippour, le Waqf se plaint aux Anglais que les Juifs violent le statu quo au Kotel en construisant une synagogue (ils ont seulement apporté un paravent pour séparer les hommes des femmes pendant la prière et quelques sièges!). Les Anglais usent de la force pour leur faire remballer le paravent et les sièges. Les Arabes organisent alors un Comité de Protection pour le Noble Burak* et les Juifs sont une fois de plus victimes d’exactions.

Palestinian_delegation_1929(Délégation arabe en 1929, protestant contre les agissements des Juifs qui veulent détruire la mosquée d’El Aqsa.
Le Grand Mufti est au premier rang, le deuxième à partir de la gauche)

Malheureusement,  le nouveau Haut Commissaire Sir John Plummer est un homme sans aucune envergure et il mandate le Grand Mufti pour définir ce que doit être le fameux statu quo, c’est exactement comme demander à Al Capone de combattre la Mafia!
Les violences sporadiques dont sont victimes les Juifs se font de plus en plus nombreuses au cours de l’année 1929. La propagande du Grand Mufti est soigneusement orchestrée. Comme déjà en 1920, il ameute les foules arabes au cri de « Les Juifs veulent détruire la Mosquée d’El Aqsa!« . Le 23 août, le quartier juif de la Vieille Ville de Jerusalem est attaqué, le lendemain les violences s’entendent à Motsa et Beer Touvia, à Yaffo et à Haifa. Mais c’est à Tsfat en Galilee et à Hebron dans le Gush Etsion que les massacres sont les plus terribles. Ce sont eux dont rend compte Albert Londres. C’est ainsi que Hebron deviendra « Judenrein » jusqu’à ces dernières années.

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(survivants du massacre de Hebron 1929)

Ce cri « Les Juifs veulent détruire El Aqsa » est toujours celui qui fait agir les terroristes aujourd’hui. Je ne compte plus les attaques. Mardi soir à Beer Sheva, a été assassiné Omri Levy une balle dans la tête, il avait 19 ans.

Omri Levy attentat Beer Sheva 2015
Avant hier à Hebron,  a été enterré Abraham Hasno, père de 7 enfants. Sa voiture a tout d’abord été la cible de jets de pierres. Comme il en sortait pour essayer de se mettre à l’abri, un camionneur arabe l’a volontairement écrasé.

Avraham Hasno

Il y a de nombreux blessés. Si Naor ben Ruth, âgé de 13 ans, a repris conscience, ce n’est pas le cas pour Orel bat Limor, ecrasée et poignardée près du kibboutz Gan Shmuel.

Orel bat Limor

ni pour Dikla bat Ninette, poignardée avant-hier près de Adam

Dikla bat Ninette
La propagande du Grand Mufti nous accusait de vouloir détruire la mosquée d’El Aqsa il y a cent ans de cela, elle est toujours debout et en bon état. Les seuls qui la profanent sont les terroristes qui s’en servent comme entrepôt d’armes et je rappelle qu’ Abdallah, roi de Jordanie, y fut tué par un membre du clan ‘Husseini le 4 mais 1948, car il voulait entrer en négociations avec Israel.
Nous n’avons jamais voulu détruire ou profaner la mosquée d’El Aqsa mais le cri de ralliement des terroristes est resté le même.
Ce n’est pas une guerre de territoires comme le pensent beaucoup de gens en Occident, c’est une tentative de nettoyage ethnique physique mais aussi culturel comme le montre la dernière tentative de Mahmoud Abbas à l’UNESCO revendiquant le Kotel comme lieu saint musulman. C’est le même nettoyage ethnique que celui qui a lieu en Syrie et en Irak où les musulmans se font la main sur les Chrétiens et les Yazidis dans les régions où il n’y a plus de Juifs!
On dit que ceux qui nous attaquent maintenant sont des purs produits de Daesh et cela permet à l’Occident dédouaner Mahmoud Abbas mais non, leurs diverses dénominations, Fata’h, ‘Hamas, Daesh, Al Nosra, A Qaida et Boko Haram en Afrique ne sont que le produit de rivalités internes ou de différentes localisations géographiques. 

Regardez attentivement la vidéo ci-dessous. Rien n’y manque: le sang pur des terroristes et les pieds sales des juifs qui souillent le lieu saint muslman. Hadj Amin El Husseini et ses copains nazis ne trouveraient rien à rajouter. 

Les pères de la soi-disant nation palestinienne sont animés du même antisémitisme que les nazis et ils l’avaient déjà démontré avant qu’il soit question de territoires, de conquête*, et de colonies.

Je dois maintenant aller chercher mes petites filles à l’école en voiture pour leur éviter de se faire poignarder.

A bientôt,

*Le ‘Hamas est l’héritier direct des Frères Musulmans
Leila Shahid est très fière d’être la petite fille du GM

*Albert Londres:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Londres

*Je parlerai plus longuement de la collaboration du Grand Mufti avec Hitler quand, dans un prochain article, il sera question du yishouv pendant la deuxième guerre mondiale

*le Noble Burak: le cheval sur lequel Mahomet s’envola vers le ciel selon la tradition musulmane

*conquête: quand on parle de conquête actuellement, on fait référence au territoire de Judée Samarie, passeé sous domination jordanienne de 1948 a 1967

*
http://www.causeur.fr/israel-jerusalem-mahmoud-abbas-35052.html?utm_source=Envoi+Newsletter&utm_campaign=31915e8a5b-Newsletter_28_09_15&utm_medium=email&utm_term=0_e89bc7d32d-31915e8a5b-39328773#

 

Les Tcherkessim

Nous sommes partis à nouveau en טיול (tiyoul=excursion) dans le Nord. Il faisait vraiment très chaud mais le paysage vert et fleuri de la vallée de Yezreel nous réjouissait…
Un panneau sur la route: Kfar Kama, village tcherkesse!

D’où viennent les Tcherkessim? En français, on les appelle les Circassiens. Ce sont des musulmans originaires des montagnes du Caucase, d’une région connue sous le nom d »Adyga au Nord de la Georgie.

tcherkesses carte

Vaincus après une longue guerre contre l’empire du Tsar, ils ont été expulsés, à partir de 1864, par le gouvernement russe et se sont installés dans la Palestine ottomane vers 1880 en profitant des avantages de la loi turque de 1872*. Ils se sont tout de suite bien entendus avec les ‘haloutsim* des premières alyiot avec qui ils avaient une langue commune: le russe.
Ils se mirent vite à l’hébreu tout en restant fidèles à leur langue l’adigue, toujours enseignée dans leurs écoles en même temps que l’hébreu et l’arabe*. Leur nom « tcherkesse n’est pas d’origine tcherkesse  mais russe. Eux-même se nomment le peuple adyga.
L’adigue est une des nombreuses langues du Caucase, proche du tatar et s’écrit avec l’alphabet russe d’avant la révolution, et légèrement adaptée.

tcherkesse alphabet

Dans leur villages en Israel,  les panneaux sont écrits en trois langues: l’hébreu, l’adygue et l’arabe.

DSCF0655

 (panneau à Kfar Kama: rue Nashe)

tcherkesses panneau a l'entree du village

(panneau à l’entrée de Ri’hanie, le texte en anglais est pour les touristes)

Ils sont environ 5000 en Israel, repartis surtout dans des villages de Galilée dont les plus importants sont Kfar Kama dans la vallée de Yezreel et Ri’hanie un peu au Nord de Tsfat.

tcherkesses mosquee de Ri'hania

(Mosquée de Ri’hanie, elle me fait penser aux anciennes mosquées de la campagne bosniaque)

Ce sont des paysans prospères qui ont ajouté le tourisme à leur économie.
Contrairement aux villages arabes israéliens, les villages tcherkesses sont très bien aménagés et fleuris. A Kfar Kama où certaines pentes sont raides, le vélo a été remplacé par de petites voiturettes semblables à celles qu’on voit dans les kibboutzim. 

DSCF0658

Les rues sont pavoisées des deux drapeaux:
le drapeau israélien et le drapeau tcherkesse vert et or: Il parait que les 12 étoiles représentent les 12 tribus tcherkesses et les 3 flèches représentent les 3 directions du vent, Nord, Est, Ouest (le vent du Sud ne souffle pas dans le Caucase) mais évidemment bien d’autres interprétations sont possibles.

tcherkesses drapeau

 

Les touristes visitent leurs musées traditionnels comme celui de Kar Kama où ils organisent régulièrement des conférences et spectacles pour présenter la culture tcherkesse,

tcherkesses enfants

en particulier la musique et la danse, souvent accompagnées par un accordéon.

DSCF0639(accordéon incrusté de nacre au Musée de Kfar Kama)

Comme vous le voyez,  les femmes tcherkesses ne sont pas voilées, elles  chantent et dansent avec les hommes.

Nous n’avons malheureusement pas pu assister aux  concerts. Lorsque nous sommes arrivés à Kfar Kama, le village sommeillait sous un soleil brûlant, nous étions les seuls dans la rue! Mais le musée était heureusement ouvert:

DSCF0651

(cour du Musée de Kfar Kama, comme vous pouvez le voir, la chaleur avait chassé tous les touristes)

Dans les salles,  les objets de la vie quotidienne des montagnards du Caucase.

Leurs vêtements: celui de berger à droite n’est pas conseillé pour le climat d’Israel!
tcherkesses costumes

et leurs armes

DSCF0640(de belles pétoires qui me font penser à celles des  O’Hara et aux O’Timmins)

Si vous voulez manger tcherkesse, vous devez aimer le fromage à la folie (je n’ai trouvé aucune recette de plat de viande ou de poissons)

Voici le menu du restaurant tcherkesse de Kfar Kama: soupe de lentilles, salades, mataz (pâte farcie au fromage tcherkesse, d’oignons verts et épicée au paprika),

tcherkesses mataz cuisine

 (mataz)

‘hloj (pâte  farcie au fromage tcherkesse et frite),

tcherkesses 'hloj cuisine

(‘hloj)

fromage fumé, fromage « courant »

tcherkesses fromage demi dur

Le fromage tcherkesse ressemble au fromage bulgare ou au Tsfati (fromage de Tsfat). Il est aussi couramment fabriqué dans les kibboutzim, résultats des bonnes relations avec les pionniers de la première alyia.

et en dessert un  kanafe*, pâte sucrée, recouverte de vermicelles de pâte et farcie au … fromage!

tcherkesses knafe

Nous avons quitte la Galilée pour le plateau du Golan. Des deux côtés de la route, les eucalyptus cuisaient doucement au soleil et nous embaumaient à travers les fenêtres fermées de la voiture… Mais ceci est une autre histoire.

A bientôt,

PS les photos du village de Kfar Kama ont été prises par mon mari, bravant les 40 degrés à l’ombre, pendant que je restais au musée!

*’haloutsim: pionniers

*loi turque de 1972: pour lutter contre la « judaisation » de la Palestine, avant même la Première Alya de 1881, les Turcs avaient promulgué une loi permettant à tout musulman de venir s’installer en Palestine et lui offrant une exemption de 10 ans de service militaire et d’impôts. La plupart des musulmans d’Israel sont arrivés à ce moment là, de nombreux autres ont suivi dans les années 20 et 30 pendant le mandat britannique

* Les deux langues officielles d’Israel sont l’hébreu et l’arabe

* le kanafe: vous le connaissez sans doute sous le nom de kadaif. Quant au mataz et au ‘hloj, ils ressemblent beaucoup aux bourekas

Shabbat shalom

 Depuis quelques temps, il neige sur le ‘Hermon et et le Golan:

Neige sur le golan 2(Stand With Us facebook)

et ici avec le Kinneret dans la vallée:
Neige au Kinneret

(Stand With Us facebook)

dans les montagnes de Galilée:

neige a Tsfat 2015

(Stand With Us facebook)

dans les ruelles de Tsfat:
neige a Tsfat 2015 2

 (Stand With Us facebook)

J’ai trouvé ce petit film sur Metula, à la frontière libanaise:

Il a aussi neigé hier dans le Neguev à Beer Sheva, Dimona,

neige 2015 Dimona

Mitzpe Ramon et les hauteurs de la Arava:

neige dans le neguev 2015

(Stand With Us facebook)

Et bien sûr à  Jerusalem:

neige Jerusalem 2015 3

 (Stand With Us facebook)

Cette nuit, sur  le campus universitaire  de Har Hatsofim (le Mont Scopus) avec cette inscription sur la neige: עם ישראל חי (Am Israel Hai), Le peuple d’Israel est vivant.

Neige Universite Jerusalem 2015

 (Stand With Us facebook)

Le tramway sous la neige hier soir,

neige Jerusalem 2015

(Stand With Us facebook)


Et cette photo prise par ma fille ce matin depuis son petit jardin à Guivat Massoua* donnant sur la Vallée Blanche, qui porte bien son nom aujourd’hui:

neige 2015 vallée blanche

Et comme nous sommes en plein hiver, nous nous régalons de fraises qui nous viennent des kibbutzim de la vallée du Jourdain! 

Shabbat shalom et à bientôt,

*Guivat Massoua:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/03/01/guivat-massoua/

Les générations oubliées (8)

Le cheikh Daher* était un grand homme.
Malheureusement après sa mort, la Galilée tombe sous le joug d’Ahmad Jazzar, un esclave bosniaque affranchi et nommé gouverneur par Damas. Ce gouverneur choisit comme conseiller financier un Juif originaire de Damas, Hayim Farhi. Quand Farhi essaye de faire abolir un certain nombre de lois promulguées contre les Juifs, mal lui en prend. Ahmad Jazzar lui fait arracher un œil et trancher le nez!
Les deux hommes se réconcilient ensuite! Soit Hayim Farhi n’est vraiment pas rancunier, soit il n’a pas le choix.
Farhi restera au service du gouverneur puis à celui de son successeur Soliman. En 1818 à la mort de Soliman, il obtiendra alors cette charge de  gouverneur pour son pupille Abdallah, le fils de Soliman. Pour toute récompense il sera assassiné sur son ordre et son corps sera jeté à la mer!

Hayim Farhi

(le gouverneur Ahmad Jazzar et Hayim Farhi au  nez mutilé et à l’œil caché sous un bandeau)

Mais ce qui marque le plus ce début du 19 ème siècle, c’est l’expédition de Bonaparte au Moyen-Orient.
Quel est donc l’objectif de Bonaparte en débarquant dans cette région?
Elle n’est pour lui qu’une porte d’entrée vers la Syrie et  la Turquie. Il veut contrôler l’empire ottoman et damner le pion aux Anglais en Méditerranée.
Bonaparte s’empare de Yafo au mois de mars 1799. Aussitôt une poignée de Juifs vient en délégation lui exprimer tous leurs remerciements. La France n’est-elle pas le pays qui a émancipé les Juifs depuis peu? Et ces mots de liberté, égalité et fraternité n’ont-ils pas un avant-goût d’ère messianique?
Les Juifs de Yafo sont prêts à acclamer un nouveau conquérant qui les sortira de leur condition misérable de dhimmi. Mais les Juifs d’Akko sont bien moins naïfs: les conquérants, ça va, ça vient, disent-ils, et nous sommes toujours coincés entre le marteau et l’enclume, alors autant prendre partie pour les Turcs. Peut-être qu’ils nous en seront reconnaissants… « 
C’est ainsi que la communauté d’Akko , avec à leur tête Hayim Farhi, prend fait et cause pour les Turcs qui réussissent à tenir Bonaparte en échec.
Bonaparte remporte cependant une victoire au Mont Thabor. Il se dit alors qu’une action concrète persuaderait les Juifs de se rallier à sa cause.  Sa célèbre proclamation sur la Palestine est  impossible à authentifier car l’original n’a jamais été retrouvé.* Mais cela dit, il est sûr qu’il a  appelé les Juifs à se placer sous son drapeau « pour la restauration de Jerusalem. »
Evidemment, avec un tel slogan, il a su trouver les mots justes et de nombreux Juifs de Galilée s’enrôlent dans son armée en espérant reprendre Jerusalem aux Turcs et restaurer un état juif indépendant…
Leur rêve ne se réalisera pas puisque Bonaparte devra renoncer à sa conquête et se replier en Egypte.

Akko Napoleon

(Le siège de Akko)

Au quotidien, la vie des Juifs du vieux Yishouv* est toujours misérable.
Aussi, une des figures marquantes de la ville de Tsfat, Rabbi Shmuel Abbo, repart temporairement dans son Algérie natale pour collecter des fonds auprès de sa communauté d’origine. Il contacte aussi les autorités françaises qui guignent alors l’Algérie et leur promet le soutien des Juifs de sa ville natale, ceci en échange de sa nomination comme Consul de France en Galilée, ce qui lui permettra de défendre les Juifs de Galilée des exactions de leurs voisins arabes…
Grace à cette immunité diplomatique, sa maison devient le refuge de tous les Juifs persécutés de la région sans que les Turcs puissent intervenir.

Sefer Thora Famille Abbou

(Sefer Thora de la famille Abbou, entouré de fleurs pour la fête de Shavouot, Le boitier est en argent dans le style oriental)

Le successeur d’Ahmad Jazzar, Ibrahim Pacha, essaye de mettre de l’ordre dans l’administration, mais de nombreux chefs locaux poursuivent le pillage du régime et leurs exactions contre les habitants, en particulier contre les minorités. Ils incitent les paysans à se soulever contre les Juifs exactement comme le font les pouvoirs locaux en Europe lors des pogroms. Ici aussi, les Juifs servent d’exutoire à la colère des petites gens.
En 1834, les Arabes se soulèvent contre le pouvoir ottoman et prennent Tsfat, Tiberiade, Akko, Jerusalem et Yaffo. Ibrahim Pacha fait venir des renforts d’Egypte pour une réaction sans nuance, donnant licence à ses troupes pour tuer sans limite. A Tsfat et à Hebron, les soldats turcs déclenchent un pogrom général. A Tibériade, la plupart des Juifs s’enfuient en abandonnant leurs biens aux émeutiers…
Il faudra plusieurs années avant que la ville de Hebron se développe à nouveau sous l’impulsion d’immigrants irakiens avec à leur tête, le célèbre Rabbi Eliah Mani  de Bagdad qui non seulement réorganise la vie communautaire mais  développe l’agriculture juive dans le Goush Etsion.

Hebroמancien cimetiere syt.co.il

(Tombe de Rabbi Eliah Mani dans l’ancien cimetière de Hebron, site syt.co.il)

En 1837, il y a un très fort tremblement de terre dans toute la Galilée et les victimes se comptent par milliers.

Tremblement de terre en Galilee, rapporté dans le Times du 1er Mars 1837)

(article  du Times du 1er mars 1837 sur le tremblement de terre de terre en Galilée)

Seules quelques maisons sont épargnées dont celle de  Rabbi Shmuel Abbo. Il prend alors en main la reconstruction de la ville de Tsfat. Pour ce faire, il part chercher des ouvriers qualifiés à Damas où il retrouve son ami d’enfance, le fameux cheikh Abdel Kader, exilé par les Français…

Abdel Kader

Rabbi Shmuel Abbo sera à l’origine du renouveau de la vie juive en Galilée après le tremblement de terre. Il achètera 1800 acres de terre agricole à Merom et incitera des Juifs du Kurdistan à s’y installer. Ses descendants continueront son oeuvre, en particulier son fils Rabbi Yaakov ‘Hai, lui aussi Consul de France.

Abbo Yaakov 'Hai

(Rabbi Yaakov ‘Hai Abbo, son épouse Esther et le « Kawas »turc)

En 1840, pour aider la Turquie, les puissances européennes obligent les Egyptiens, appelés par Ibrahim Pacha, à se retirer et prennent Akko. Petit à petit le calme revient et le pouvoir turc réoccupe à nouveau toute la région

Chez les Juifs d’Europe,  l’alya s’intensifie et cela depuis le début du 19 ème siècle. Cette fois ce sont les Juifs de Lituanie qui arrivent en nombre. Ces « olim hadashim » sont pour la plupart des élèves du Gaon de Vilna.

Gaon de Vilna

(Eliahou Ben Shlomo Zalman Kremer, connu sous le nom de Gaon de Vilna, 1720-1797)

Ils arrivent en deux vagues, la première en 1808  et la deuxième quelques années plus tard. A Jerusalem, les conditions de vie des Juifs ashkénazes sont plus pénibles que celles des Juifs orientaux. Comme ces derniers, ils sont accablés de multiples taxes, les Turcs étant persuadés que tous les Juifs complotent avec Bonaparte. Mais en plus, les Juifs ashkenazes sont en butte à toutes sortes d’humiliations, à des bastonnades de la part des musulmans qui s’amusent à les repérer en leur posant des questions en arabe, langue qu’ils ne maîtrisent pas…La plupart d’entre eux quittera alors Jerusalem pour Tsfat.

Malgré tout, à partir de 1845, les Juifs forment déjà la majorité de la population de Jerusalem ( 8000 Juifs pour 15000 habitants).
Le repeuplement est surtout citadin. Les Ashkénazes vivent essentiellement de la Halouka*. Les Sépharades sont mieux intégrés dans la société environnante car ils parlent l’arabe et le turc en plus de l’hébreu et du judéo-espagnol. Ils sont artisans, commerçants et établissent des relations commerciales avec les régions voisines (Syrie, Liban, Egypte). Certains s’enrichissent et deviennent la classe aisée du vieux yishouv* qui lui vit misérablement.
Cependant les conditions de vie commencent à s’améliorer peu à peu à partir de 1840 grâce à Sir Moses Montefiore qui fera faire un recensement de tous les Juifs de Palestine pour mieux répartir les dons et dressera des plans économiques pour développer l’agriculture et l’artisanat*.

Malheureusement, rien n’est simple. Depuis l’équipée de Bonaparte, les voyages en Orient sont devenus à la mode et de nombreux Occidentaux commencent à s’intéresser aux Juifs d’Eretz Israel. Ils en parlent souvent avec mépris, certains avec compassion et dans leur désir très républicain de les régénérer*, se mêle aussi le désir très chrétien de les convertir. Pour ce faire, ils ouvrent des hôpitaux et des orphelinats qui seront aussi des œuvres de mission.
Les Juifs d’Occident vont lutter contre ce phénomène en intensifiant l’aide qu’ils apportent à ceux d’Eretz Israel, en ouvrant des hôpitaux et autres œuvres de charité mais aussi en modernisant le pays et développant l’artisanat et l’agriculture.

 hopital Rothschild 1854 Jerusalem=love.co.il

(Hôpital Rothschild 1854, site jerusalem-love.co.il)

A bientôt,

*Le cheikh Daher, voir l’article: https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/12/20/les-generations-oubliees-7/

*Extraits de la proclamation de Bonaparte sur la Palestine (non authentifiée):
« Proclamation à la nation juive quartier général Jérusalem, 1er floréal, an VII de la République Française (20 avril 1799) Bonaparte, commandant en chef des armées de la République Française en Afrique et en Asie, aux héritiers légitimes de la Palestine : Israélites, nation unique que les conquêtes et la tyrannie ont pu, pendant des milliers d’années, priver de leur terre ancestrale, mais ni de leur nom, ni de leur existence nationale ! La Providence m’a envoyé ici avec une jeune armée, guidée par la justice et accompagnée par la victoire. Mon quartier général est à Jérusalem et dans quelques jours je serais à Damas, dont la proximité n’est plus à craindre pour la ville de David. Héritiers légitimes de la Palestine!». Il ne faut pas oublier non plus que Napoléon publiait le décret infâme de 1808, ensemble de mesures discriminatoires envers les Juifs de France, pour apaiser les non-Juifs qui ne toléraient pas que les Juifs jouissent des mêmes libertés qu’eux-mêmes. Les Juifs de France ne seront des citoyens à part entière qu’en 1818.

*Halouka: fonds envoyés par les communautés juives de Diaspora pour faire vivre les Juifs d’Eretz Israel. Cette pratique sera vigoureusement combattue dès le 19 ème siècle par un certain nombre de rabbins sionistes qui reprouvaient cet assistanat.

*Moshe Montefiore, voir l’article: https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/11/05/les-moulins-de-montefiore/

*Le vieux yishouv: la population juive d’Eretz Israel avant l’année 1882, date de la première grande vague d’immigration.

*Régénérer les Juifs: allusion au traité de l’abbé Grégoire « Essai sur la régénération physique, morale et politique des Juifs (1787) dans lequel il  considère que les discriminations qui frappent les Juifs sont contraires à l’utilité sociale et injustes. Cependant, pour devenir des Français à part entière, les Juifs doivent nécessairement se régénérer en abandonnant un certain nombre de leurs croyances et coutumes dont la circoncision. Lisez sur ce sujet l’excellent article de Shmuel Trigano sur la résolution demandant de facto l’interdiction de la circoncision par une députée allemande Marlene Rupprecht: http://www.desinfos.com/spip.php?article38257=

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