La ville de David עיר דוד

A tous nos ancêtres qui, fidèlement, obstinément, ont pleuré la destruction de Jerusalem et n’ont pas pu la voir revivre.

Au sud du Kotel et du mont du Temple se trouve un grand site archéologique, עיר דויד (ir David) ou ville de David. Il fait partie du parc national Les murailles de Jerusalem qui sont une large bande de verdure qui contourne les murailles de la ville.


Le site se trouve sur la colline de l’Ophel qui est le nom d’une forteresse gardant la ville au sud-est*.  Il est question de la muraille de l’Ophel sur la stèle de Mesha* trouvée en bordure du site et du village de Silwan.

(La stèle de Mesha se trouve actuellement au Musée du Louvre,
elle raconte les guerres entre les rois du royaume d’Israel et les Moabites)

Le village de Silwan a ceci de particulier qu’il était habité par de nombreux Juifs originaires du Yemen ainsi que des Juifs Karaïtes qui en ont été chasses en 1948  et s’y sont réinstallés après la guerre des 6 jours en 1967. Bien que la population musulmane y soit souvent violente à leur égard, 62 familles juives y sont retournées à ce jour,  dont la famille Meyuhas qui a reconstruit sa maison datant de 1875.

Mais retournons à la période biblique. Silwan autrefois s’appelait Shiloa’h, célèbre pour sa piscine, le grand réservoir d’eau de la ville dans l’antiquité.

C’est là qu’avaient lieu les festivités de שמחת בית השואבה (sim’hat beit hashoeva). Ça devait être hollywoodien me disait mon ami Yossi Cohen*.
Il est écrit dans la Mishna מִי שֶׁלֹּא רָאָה שִׂמְחַת בֵּית הַשּׁוֹאֵבָה – לֹא רָאָה שִׂמְחָה מִיָּמָיו. Celui qui n’a pas vu la joie de sim’hat beit hashoeva, n’a jamais vu de joie de sa vie .
 Des milliers des personnes  y participaient en chantant et en dansant au son des lyres et des tambourins, des trompettes et des shofars, pendant que les Cohanim, ayant offert un sacrifice,  puisaient de l’eau et la versaient depuis une soucoupe en or dans une tasse en argent,  percée par le fond, pour la laisser s’écouler en libation. Ils priaient ainsi pour que l’année soit pluvieuse.


(dessin Dafna Levanon)

Voici une video qui présente le chemin allant de la piscine de Shiloa’h au Kotel.

Le Roi David avait conquis cette forteresse יבוס-Yebus (Jebus).
David et tous les Israélites marchèrent sur Jérusalem, qui s’appelait Jébus. Là étaient les Jébuséens, qui occupaient le pays.  Mais ceux-ci dirent à David: « Tu n’entreras pas ici. » Toutefois, David s’empara de la forteresse de Sion, qui est la Cité de David. David avait dit: « Celui qui battra les Jébuséens en premier deviendra chef et prince. » Ce fut Yoav, fils de Cerouya, qui monta le premier, et il devint chef.  David s’établit dans la forteresse, qu’on nomma pour cette raison Cité de David.  Il ajouta des constructions à la ronde. Quant à Yoav, il restaura le reste de la ville...(2 livre de Samuel, 5)

David l’avait conquise pour des raisons à la fois
– Militaires: Le site se trouve à environ 800 m d’altitude et est donc facile à défendre

– Mais aussi politiques: Elle se trouve à la limite entre la Judée, territoire de la tribu de David (tribu de Yehuda) et celui de la tribu du roi déchu Shaoul (tribu de Binyamin)
– Et enfin, religieuses: Une des collines, le mont Moriah, celle qui accueillera plus tard le temple, est déjà considérée comme l’endroit ou Yits’hak aurait du être sacrifié par son père Avraham.

De nombreuses sources donnent de l’eau à la ville chaque printemps. La plus importante est le Gi’hon.


Bien plus tard, le roi Hizkiyahou entreprendra des travaux d’importance pour ravitailler plus facilement la ville :
Ce fut Ezéchias qui boucha l’issue supérieure des eaux du Ghihôn et les dirigea par en bas du côté occidental vers la cité de David, et Ezéchias réussit dans toutes ses entreprises. (2 Livre des Chroniques 33 30)
וְהוּא יְחִזְקִיָּהוּ, סָתַם אֶת-מוֹצָא מֵימֵי גִיחוֹן הָעֶלְיוֹן, וַיַּישְּׁרֵם לְמַטָּה-מַּעְרָבָה, לְעִיר דָּוִיד; וַיַּצְלַח יְחִזְקִיָּהוּ, בְּכָל-מַעֲשֵׂהוּ.
Le tunnel a une longueur de 533 m sur un dénivelé de 2,27 m.
Pourquoi ces grands travaux?  Ce grand tunnel et la construction de murailles plus conséquentes* sont généralement expliqués par le besoin de nourrir une population grossie de nombreux réfugiés lors de la chute du royaume d’Israel et de sa capitale Shomron.

A quelques mètres de la sortie du tunnel a été découverte en 1860 une pierre portant l’inscription suivante en hébreu:
Le creusement. Voici l’histoire du creusement. Pendant que les tailleurs de la roche brandissaient leurs outils chacun en face de ses compagnons, un moment où manquaient trois coudée (1,50 m) pour la perforation, la voix d’un homme fut entendue, demandant à son compagnon pourquoi il y avait une crevasse. À la droite… Le jour de la perforation, les mineurs frappèrent chacun pour rencontrer son compagnon… et les eaux s’écoulèrent de la source jusqu’à la piscine, environ 1200 coudées (533 m). La roche était à 100 coudées (50 m) au-dessus de la tête des tailleurs de la roche. 

(Cette pierre se trouve au musée des Œuvres de l’Orient Ancien à Istambul)

En 2005, l’archéologue Eilat Mazar annonce qu’elle a découvert les restes d’un grand bâtiment, pour elle il s’agit du palais du roi David. Elle se base sur le texte biblique, corroboré par les trouvailles de poteries datant du 10 ème siècle avant l’ère chrétienne et aussi sur le fait qu’une construction aussi élaborée avec de pareilles dimensions ne pouvait pas appartenir à l’ancienne forteresse militaire jebuséene.

De nombreux artefacts ont été retrouvés depuis. La plupart témoignent de la vie quotidienne aux périodes du premier et du deuxième Temple* et quelques uns de la période hellénistique. Il y a peu, les archéologues ont mit à jour des habitations, des restes calcinés d’arbres, des poteries et même de la nourriture (grains de raisons, arêtes de poissons) datant de la destruction du premier Temple par les Babyloniens en 586 avant l’ère chrétienne.

Ce sont les mêmes trouvailles que celles extraites des tonnes de terres rejetées par les bulldozers du Waqf*qui s’affairent sur le Mont du Temple pour détruire toute trace d’une présence juive.
Des découvertes fascinantes ont été faites, comme des tessons de récipients en pierre, des bijoux, des perles, des figurines en terre cuite, des pointes de flèches et autres armes, des poids de balances, des accessoires de mode, des dés à jouer, des incrustations d’os et de coquillages, des décorations de meubles, des objets en os et en ivoire et des fragments d’inscriptions sur pierre ou sur poterie.

Ce qui a bien amusé les volontaires à ces fouilles, ce sont tous ces dés, en os et en ivoire, datant de la période romaine. Il faut dire que dans la Mishna, les joueurs de dés étaient récusés comme témoins!
Ce sceau de la période du roi David  a fait les gros titres:

(photo Zeev Radovan Zachi Dvira)

Il a été découvert par Matvei Tcepliaev, un jeune volontaire de 10 ans qui participait aux fouilles pendant ses vacances.
En fait, dans toute cette zone, chaque seau de terre  contient des artefacts de toutes les périodes depuis la prise de Jebus par David, il y a presque 3,000 ans. 

Ce jour de Tisha Be’Av*, nous commémorons la destruction du Temple. J’ai eu envie de vous faire part de ces découvertes. Elles montrent  à quel point notre enracinement dans ce pays et dans cette ville est profond et ancien.
La chanteuse Etty Ankry raconte qu’un jour, prise dans un embouteillage sur la route, elle leva les yeux vers un panneau  qui indiquait la direction de Jerusalem. Elle pensa soudain que si Yehouda Halevy était là, à côté d’elle, il n’en croirait pas ses yeux.
Lui qui écrivait il y a déjà 1000 ans:
Mon cœur est en Orient et moi je suis aux confins de l’Occident.
ליבי במזרח ואני בסוף מערב
Lui qui avait été assassiné par la lance d’un cavalier arabe alors qu’enfin arrivé à Jerusalem, il se tenait appuyé aux pierres du Kotel…
Voici un poème de Yehuda Halavy, Yefe Nof, qui célèbre la beauté de Jerusalem. Il est interprété par Etty Ankri

A bientôt,

*Les Juifs karaïtes:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/02/07/rencontre-avec-un-karaite/

*Joseph Cohen: L’histoire de l’écriture hébraïque, son origine, son évolution et ses secrets, ed Cosmogone, 1999

*Ophel en Samarie (Shomron):
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/08/10/la-samarie-et-les-samaritains/
Dans le Tanakh, il est mentionné que le prophète Elisha et son disciple habitaient à l’Ophel (partie fortifiée) de Shomron

*Histoire des murailles de Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/05/23/dans-tes-murs-dans-tes-portes-jerusalem/

*stèle de Mesha:
https://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A8le_de_Mesha

*Trouvailles archéologiques sur le mont du Temple:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/11/25/bonnes-et-mauvaise-nouvelles/

*Tisha beAv:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/07/29/le-mois-de-av/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/07/26/hadrien-si-tu-savais/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/08/07/4980/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/07/15/tisha-beav/

Jerusalem: De la musique avant toute chose!

Si vous passez par Jerusalem, vous flânerez certainement dans le quartier de Na’halat Shiva*. Entrez sous le poche du musée de la musique et découvrez la Place de la Musique.
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Une place piétonne, entourée de bâtiments restaurés, tous dédiés à la musique: musée, école de musique, de chant, de danse, studio d’enregistrement, salles de concert*… mais aussi restaurants et hôtel.

Commencez par écouter un concert*
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Et ensuite, entrez au musée de la musique juive et découvrez une collection incroyable d’instruments de musique venant de tous les coins du monde où se trouvèrent des communautés juives, Europe de l’est, Balkans, Caucase, Afghanistan, Perse, Moyen- Orient, Afrique du Nord, Yemen, Afrique Noire…
Vous les admirerez, vous entendrez leur histoire et vous les écouterez grâce à une tablette qui vous accompagnera pendant toute votre visite.

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Sur la tablette, un petit personnage animé, saba Levy, vous donnera toutes les explications (y compris en français) et vous fera découvrir des mondes musicaux souvent disparus.

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Les instruments sont repartis dans plusieurs salles, chacune décorée entièrement selon la tradition artistique particulière à leur monde d’origine. Il a fallu 4 ans de recherches et de restauration pour rassembler les dizaines d’instruments présentés.

Ici l’Europe,

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Ci-dessous, une pièce dédiée à la musique marocaine, andalouse et berbère:

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Une autres à la musique balkanique:

A la musique perse:

Aux traditions du Caucase  et de l’Afghanistan:

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Une pièce est réservée au Juifs du Yemen et d’Afrique:

musee-de-la-musique-decoration-porteDont voici certains paytanim:

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La dernière salle est réservée au בית המקדש (Beit Hamikdash) c’est à dire au Temple de Jerusalem. Les prières dans le Temple étaient chantées par des chœurs accompagnés par toute une orchestration. C’est la tribu de לוי (Levi)* qui était traditionnellement chargée de toute la partie musicale de la prière du Temple. 
Le directeur du projet, Eldad Levi et son initiateur et mécène, Laurent Levy*, se sont sentis évidemment très concernés. Car ils sont tous deux les descendants de ces לויים (Leviim) musiciens.

Dans cette salle, la maquette du Temple semble bien petite toutes seule au milieu de la pièce. Mais équipés d’un casque de réalité virtuelle, vous entrez dans le Temple et assistez au service des Cohanim et Leviim:

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A bientôt,

*Na’halat Shiva:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/09/06/la-chanson-francaise/

*Sans compter les restaurants et même un hôtel

*Le mécène et l’initiateur du projet, Laurent Levy, est un juif originaire de France qui finance aussi un centre médical consacré à l’ophtalmologie et l’optométrie. Les services sociaux y envoient ceux qui n’ont pas une couverture sociale suffisante pour certains traitement de pointe ou ont simplement besoin de lunettes.

*Un aperçu des nombreux concerts auxquels vous pouvez assister:
https://www.youtube.com/channel/UCxF3zOKgHbQOdMgP0L6eRWw

L’amour couleur grenade

Lorsqu’Israel reçu la Thora, les 7 plantes* accoururent, fières d’avoir choisi un tel peuple et une telle terre. Puis elles commencèrent à se quereller pour savoir laquelle décorerait les rouleaux de la Thora.

– C’est moi dit le blé! Ne mangez-vous pas tous les jours du bon pain grâce à moi et des ‘Hallot* chaque shabbat?
– Et moi dit l’orge, non seulement je peux donner du pain mais je prépare aussi la bière que vous aimez tant.
La vigne jubila, in petto:
-Comment feriez-vous le kidoush* sans moi?

Calmement le figuier s’avança:
-Mes fruits sont bons et juteux et se conservent séchés tout au long de l’année. De plus, ne vous ai-je pas entendu dire que la Thora est douce au palais comme une figue?

L’olivier :
-Et sans mon huile comment brûleraient les lampes de shabbat?

La datte les regarda avec autorité:
-Je suis moi, le roi du désert, produisant du miel en abondance et permettant aux hommes de construire des cabanes avec mes branches.

La grenade aux joues déjà roses, rougit encore plus et resta silencieuse…
Comme toujours dans ce genre d’histoires c’est celui qui reste humble qui se voit  choisi et c’est ce qui arriva.


Mais les grenades furent bien plus qu’une décoration des rouleaux de la Thora:

Elles firent partie des fruits que rapportèrent les espions lors de l’arrivée en Eretz Israel,

grenade les espions(tableau d’Ahuva Klein)

embellirent les vêtements des Cohanim dans le Temple. Symbole de la gloire céleste, la grenade était même tissée sur la robe du Grand- Prêtre : « Des grenades de fils bleus, pourpre et écarlates, autour de l’ourlet de la robe, avec des cloches d’or entre eux » (Exode 28).

grenade robe du grand pretre
Elles devinrent  un élément décoratif important du Temple de Jérusalem.
Comme l’écrivait le prophète Jérémie : « Autour du chapiteau il y avait un treillis et des grenades, le tout d’airain; il en était de même pour la seconde colonne avec des grenades. Il y avait quatre-vingt-seize grenades de chaque côté, et toutes les grenades autour du treillis étaient au nombre de cent » (Jérémie 52).
Et par conséquent celui de nombreuses synagogues:

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(panier rempli de grenades sur le sol en mosaïque d’une synagogue du Neguev)

Entre 66 et 73 de notre ère, le fruit royal apparaît sur des pièces de monnaies retrouvées en Judée portant l’inscription hébraïque: « Jérusalem la Sainte ».

grenade shekel

On le retrouve aujourd’hui sur les pièces de 2 shekel

grenade 2_Shekel_

Des colonnes du Temple à la robe du Grand-Prêtre jusqu’aux rouleaux de la Tora de la plupart des synagogues, la Grenade est un fruit de prédilection pour l’art juif, une source d’inspiration constante pour les artistes. Il est certain que cette tradition d’orner les bois qui portent le rouleau de la Thora et les couronner de grenades s’est imposée peu à peu au cours des siècles en souvenir des colonnes du Temples de Salomon.

grenade sefer thora 3(Rimonim (grenades) d’un rouleau de la Thora)

Mais pour la mystique juive la grenade est bien plus qu’un élément décoratif. La grenade évoque en effet dans la Kabbalah l’expérience mystique par excellence, l’entrée dans « le jardin des grenades ».

Dans le שיר השירים (Shir hashirim ou Cantique des cantique), la grenade, de par l’harmonie de ses formes et sa couleur passion, dès la floraison

grenade fleurs 2

(Fleurs de grenade)

ou arrivée à maturité

grenades

évoque l’amour et la sensualité* ainsi que l’amour de Dieu pour son peuple.

Le Cantique des Cantique est lu tous les vendredis soir à la tombée de la nuit.

…Tes lèvres sont comme un fil d’écarlate et ta bouche est charmante; ta tempe est comme une tranche de grenade à travers ton voile
כְּחוּט הַשָּׁנִי שִׂפְתוֹתַיִךְ, וּמִדְבָּרֵךְ נָאוֶה; כְּפֶלַח הָרִמּוֹן רַקָּתֵךְ, מִבַּעַד לְצַמָּתֵךְ

 …C’est un jardin clos que ma sœur, ma fiancée, une source fermée, une fontaine scellée; un verger où poussent des grenades et tous les beaux fruits,

גַּן נָעוּל, אֲחֹתִי כַלָּה; גַּל נָעוּל, מַעְיָן חָתוּם. יג שְׁלָחַיִךְ פַּרְדֵּס רִמּוֹנִים, עִם פְּרִי מְגָדִים:
 

Parmi les chants les plus populaires du shabbat, nombreux sont ceux qui s’inspirent du Shir Hashirim. En voici un composé au 11 ème siècle par Shlomo Ibn Gvirol*: שלום לך דודי (Shalom lekha Dodi),
Salut ô mon bien aimé*

Salut mon bien aimé, pur et vermeil,  aux tempes tendres comme la grenade »

Dans la poésie juive le thème de la grenade  traverse les siècles.Haim Nahman Bialik* compare à un jardin clos une jeune fille qui aspire à trouver son aimé:

« אִמְרִי לוֹ: הַגָּ‏ן פּ‏וֹ‏רֵחַ‏,נָ‏עוּ‏ל הוּ‏א וְאֵין פּ‏וֹ‏תֵחַ‏;רִמּ‏וֹ‏ן פָ‏ּ‏ז שָׁ‏ם יֵשׁ בֵּ‏ין עָ‏לָ‏יו –אַ‏ךְ אֵין מִי שֶׁ‏יְּ‏בָ‏רֵךְ עָ‏לָ‏יו »

Dis-lui, le jardin est en fleurs, mais il est clos et personne pour l’ouvrir.
Là, entre les feuilles, une grenade en or mais personne pour la bénir »

De nos jours on retrouve la grenade dans des chansons d’amour comme celle-ci, le grenadier, עץ הרימון

« Le grenadier a offert son parfum depuis la Mer de Sel jusqu’à Jericho« 

 

Derrière son apparence lisse et uniforme, la grenade regorge de significations. Le Talmud enseigne que « même les méchants en Israël sont remplis de bonnes actions comme les grenades sont remplies de graines».
Rosh Hashana, le jour du Nouvel An, la dégustation d’une grenade vient symboliser, toutes les bonnes actions réalisées pendant l’année car selon la tradition le nombre de graines contenues dans le fruit est au nombre au nombre de 613, correspondant précisément au nombre des commandements divins*.

grenades 2


 Plus prosaïquement, la grenade s’emploie dans la cuisine, soit pour décorer les plats soit pour aciduler les sauces, on utilise alors la mélasse de grenade légèrement âpre. Le vin de grenade est un délice à boire en apéritif.

Vous connaissez le proverbe « une pomme le matin éloigne le médecin« .
En Israel, vous remplacerez la pomme par la grenade.
Les Israéliens suivent les enseignements du Rambam* qui en célébrait les vertus et en consomment tant que que plus de 10 000 hectares de verger de grenades ont été plantés ces 20 dernières années.

grenades champ

A bientôt,
Je vous souhaite une bonne année, pleine de multiples bonheurs aussi nombreux que les grains de la grenade


שנה טובה ומתוקה

* 7 plantes:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/01/16/sept-plantes/

* ‘Halla (pl ‘Hallot) pain de shabbat

*bénédiction sur le vin

* dans de nombreuses civilisations la grenade est le symbole de la fertilité

* une grenade contient en moyenne 600 grains et je suis sûre que certains les ont comptés!

*Shlomo Ibn Gvirol (1021-1058) poete juif du Moyen Age espagnol

*Hayim Nahman Bialik (1873-1934) l’un des grands de la poésie hébraïque du 20 ème siècle, parfois surnommé le Victor Hugo d’Israel

*Rambam: Rav Moshe ben Maimon ou Maimonide, commentateur, philosphe et médecin juif du début du Moyen-Age (né à Cordoue en 1135- mort à Fostat en 1204)

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