Prends ton sac et ton bâton…

Les cartables sont bientot vidés, les livres rendus. Les cahiers, eux, sont rangés dans une sorte de gheniza familiale où ils passeront l’été sans qu’on les ait ouverts, avant d’être définitivement jetés fin août.
-Mais connaissez-vous l’histoire des cartables et sacs, ai-je demande à mes petits enfants?

La chanson de la vidéo ci-dessus s’appelle  קח תרמיל קח מקל (Ka’h tarmil, ka’h makel) « Prends un sac, prends un bâton » et nous invite à partir en Galilée.

Le mot sac est תרמיל (tarmil), besace de berger, est un mot d’origine araméenne (en araméen on dit tarmila) et entre dans l’hébreu à l’époque de la Mishna. Comme le dit ce proverbe:  » אין הסומא יוצא במקלו ולא הרועה בתרמילו , aucun aveugle ne sort sans son bâton et aucun berger sans sa besace. On le connait aussi grâce à la traduction en arameen de la Thora de Yonathan Ben Ouziel.

(tombeau de Yonathan ben Ouziel à Tsfat)

Le premier sac dont on parle dans la Bible est aussi une besace, et une besace remplie de pierres pour l’occasion:
1 Samuel, 17 40: « Il (David) prit son bâton à la main, choisit dans le torrent cinq cailloux lisses, qu’il mit dans sa panetière de berger, et, muni de sa fronde, s’avança vers le Philistin. »
וַיִּקַּח מַקְלוֹ בְּיָדוֹ, וַיִּבְחַר-לוֹ חֲמִשָּׁה חַלֻּקֵי-אֲבָנִים מִן-הַנַּחַל וַיָּשֶׂם אֹתָם בִּכְלִי הָרֹעִים אֲשֶׁר -לוֹ וּבַיַּלְקוּט– וְקַלְעוֹ בְיָדוֹ; וַיִּגַּשׁ, אֶל-הַפְּלִשְׁתִּי
La traduction française parle joliment de la panetière de berger (l’hébreu est moins précis כלי רועה (kli roe), c’est un « contenant » de berger) mais « oublie » le mot suivant ובילקוט (ubyalkout) dans une besace: il a mis les pierres dans son « contenant » de berger (peut-être une petite bourse) et dans sa besace.
De nos jours, la besace du roi David, ילקוט (yalkout) est devenue un cartable tout en ayant aussi, depuis le Moyen-Age, le sens de fichiers reliés et donc de recueil  comme, par exemple, le célèbre recueil des  canulars de Palma’h*.

Tarmil, yalkout sont les mots les plus courants pour designer des sacs. Mais deux autres ont été également utilisés: Amta’hat et Tsiklon.

Le premier, d’origine akkadienne, אַמְתַּחַת (amta’hat), nous est parvenu grâce au récit où  Joseph accuse son frère Benjamin d’avoir volé une coupe en argent. Il s’agit sans doute d’un grand sac, comme un sac de voyage:
« Joseph donna cet ordre à l’intendant de sa maison: Remplis de vivres les sacs de ces hommes… Et ma coupe, la coupe d’argent, tu la mettras à l’entrée du sac du plus jeune… » (GenèseBereshit, 44, 1)
וַיְצַו אֶת-אֲשֶׁר עַל-בֵּיתוֹ, לֵאמֹר, מַלֵּא אֶת-אַמְתְּחֹת הָאֲנָשִׁים אֹכֶל…וְשִׂים כֶּסֶף-אִישׁ, בְּפִי אַמְתַּחְתּוֹ. ב וְאֶת-גְּבִיעִי גְּבִיעַ הַכֶּסֶף, תָּשִׂים בְּפִי אַמְתַּחַת הַקָּטֹן

Le second, ציקלון (tsiklon) se trouve dans le livre des Rois (2 Rois 24 42). Après que le prophète Elisha eut ramené à la vie le fils de la Sunamite, il est question d’un cadeau inattendu, du pain, alors que règne le famine:
Un homme, venant de Baal-Chalicha, apporta un jour à l’homme de Dieu, comme pain de prémices, vingt pains d’orge et du gruau dans sa panetière.
וְאִישׁ בָּא מִבַּעַל שָׁלִשָׁה, וַיָּבֵא לְאִישׁ הָאֱלֹהִים לֶחֶם בִּכּוּרִים עֶשְׂרִים-לֶחֶם שְׂעֹרִים, וְכַרְמֶל, בְּצִקְלֹנוֹ
Tsiklon est sans doute d’origine ugarit où le mot basaql veut dire culture ou gerbe.

De nos jours, à l’armée, les recrues ont toutes leur שק חפצים (sak ‘hafatsim) sac polochon.


On pourrait penser que le mot sac est un ajout récent à l’hébreu, et bien non. Lui aussi se trouve dans le Tanakh. Toujours dans la même histoire des retrouvailles entre Joseph et ses frères, il est écrit (Bereshit-Genèse 42,35):
« Or, comme ils vidaient leurs sacs, voici que chacun retrouva son argent serré dans son sac« 
וַיְהִי, הֵם מְרִיקִים שַׂקֵּיהֶם, וְהִנֵּה-אִישׁ צְרוֹר-כַּסְפּוֹ, בְּשַׂקּוֹ

Charger un sac sur son épaule pour partir est un des gestes plus plus anciens de l’humanité et en hébreu la racine sh-k-m a donné shekem, l’épaule, et  le verbe se lever tôt.
Gen 21 14: « Abraham se leva de bon matin, prit du pain et une outre pleine d’eau, les remit à Agar en les lui posant sur l’épaule
וַיַּשְׁכֵּם אַבְרָהָם בַּבֹּקֶר וַיִּקַּח-לֶחֶם וְחֵמַת מַיִם וַיִּתֵּן אֶל-הָגָר שָׂם עַל-שִׁכְמָהּ

A cette époque, on l’attachait en enroulant une corde en lin des épaules a la taille. C’était une expression courante pour dire qu’on se préparait à un voyage. C’est ainsi que Dieu dit au prophète Jérémie:
 »
Va, achète-toi une ceinture de lin et attache-la sur tes reins… »Prends la ceinture que tu as achetée, et qui couvre tes reins, mets-toi en route pour gagner l’Euphrate…
Ce geste de charger son sac sur une épaule se retrouve dans la racine כתפ (k.t.f) qui signifie charger et aussi épaule. Ainsi,  Mendele Mokher Sefarim* écrira:
ובדרך היה פונה כה וכה ומביט כגנב נזהר לנפשו, מכתף את תרמילו המלא, פעם על כתף זו ופעם על כתף זו » .
En chemin, il se tournait ça et là et regardait comme un voleur prudent, soucieux de sa sécurité, chargeant (mekatef) son sac plein d’une épaule (katef) à l’autre. (Le livre des gueux 1909)

Aujourd’hui, pour le cartable, on emploie aussi souvent le terme général de תיק (tik) d’origine greque (θηκη, theke) et même תיק גב (tik gav), puisqu’il s’agit d’un sac à dos.

Et le bâton מקך (makel)? Le voici, compagnon du sac תרמיל (tarmil).
Dans le livre de Chemot (l’Exode) il est écrit au moment du premier Pessa’h: « Et voici comme vous le mangerez: la ceinture aux reins, la chaussure aux pieds, le bâton à la main
וְכָכָה, תֹּאכְלוּ אֹתוֹ–מָתְנֵיכֶם חֲגֻרִים, נַעֲלֵיכֶם בְּרַגְלֵיכֶם וּמַקֶּלְכֶם בְּיֶדְכֶם

Le mot makel est à relier au verbe lehakel alléger, car le bâton aide à marcher et allège ainsi les difficultés du voyage.

Mais les mots sac et bâton ont parfois aussi une connotation négative. Ils sont aussi synonymes de saleté, voire de violence. C’est pourquoi il est écrit dans le Talmud qu’il était interdit pour un homme d’entrer dans le Temple avec son sac et son bâton, וּבַיַּלְקוּטו ובמקלו, et avec de la poussière sur ses pieds. On dirait aujourd’hui avec armes et bagages. Et l’expression populaire   בא אליו במקלו ובתרמילו (ba elav bemaklo uvetarmilo) veut dire:  il l’a attaqué violemment.

De nos jours le tarmil et le makel sont signes de randonnées et les randonneurs sont les תרמילאים (tarmilayim) qui prennent parfois des chemins périlleux:


(vers la grotte de Keshet en Galilée)

 

A bientôt,

* Targoum Yonatan ou Targoum Yerushalmi: traduction de la Thora en araméen attribuée à Yonatan ben Ouziel qui  s’éloigne parfois du texte pour y inclure des midrashim

* Le canulars du Palma’h sont un recueil d’histoire humoristiques, absurdes et souvent critiques que se racontaient les soldats pendant la guerre d’Indépendance.

* Medele Mokher Sefarim: Mendele le vendeur de livres, ou Shalom Yaakov Abramowicz (1836-1917), auteur yiddish et hébraïque, originaire d’Odessa.

* Le mot תיק (tik) et tik veut aussi dire sac à main et dossier. Ouvrir un tik contre quelqu’un c’est le mettre en examen.

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Le’haim, לחיים

Avant le vin il y a la vigne et la vigne fait partie des 7 espèces dont je vous ai déjà parlé dans un article intitulé « les 7 plantes »*. Elles sont les plantes nourricières qui poussaient dans le Moyen Orient antique. 

Dans le Tanakh, la vigne est signe de bonheur, de stabilité et de paix. De nombreux versets sont là pour en témoigner et certains d’entre eux ont été repris dans des expressions courantes.
Dire par exemple, איש תחת גפנו ותחת תאנתו, chacun sous sa vigne et son figuier, c’est se rappeler ce verset du premier livre des Rois:
וַיֵּשֶׁב יְהוּדָה וְיִשְׂרָאֵל לָבֶטַח, אִישׁ תַּחַת גַּפְנוֹ וְתַחַת תְּאֵנָתוֹ, מִדָּן, וְעַד-בְּאֵר שָׁבַע–כֹּל, יְמֵי שְׁלֹמֹה – Juda et Israël, pendant toute la vie de Salomon, demeurèrent en sécurité, chacun sous sa vigne et sous son figuier, depuis Dan jusqu’à Beer Sheva. (
1 Rois 5,5).
Le livre de שיר השירים  (shir hashirim) ou Cantique des Cantiques est truffé de références à la vigne: « Le figuier embaume par ses jeunes pousses, les vignes en fleurs répandent leur parfum: debout, mon amie, ma toute belle et viens-t’en! »
ou même au vin et a ses effets« Qu’il me prodigue les baisers de sa bouche! Car tes caresses sont plus délicieuses que le vin. יִשָּׁקֵנִי מִנְּשִׁיקוֹת פִּיהוּ, כִּי-טוֹבִים דֹּדֶיךָ מִיָּיִן


(Boaz Sharabi interprète ces premiers versets de Shir Hashirim)

A l’inverse notre mauvaise conduite nous prive des bienfaits de la vigne. Comme il est  dit dans le livre du prophète Ishayaou: « Mon ami avait une vigne sur un coteau au sol gras. Et il la bêcha, il en ôta les pierres, il y planta des ceps de choix, il bâtit une tour au milieu, il y tailla aussi une cuve, et il compta qu’elle produirait des raisins; or, elle produisit du verjus.
כֶּרֶם הָיָה לִידִידִי, בְּקֶרֶן בֶּן-שָׁמֶן.
ב וַיְעַזְּקֵהוּ וַיְסַקְּלֵהוּ, וַיִּטָּעֵהוּ שֹׂרֵק, וַיִּבֶן מִגְדָּל בְּתוֹכוֹ, וְגַם-יֶקֶב חָצֵב בּוֹ; וַיְקַו לַעֲשׂוֹת עֲנָבִים, וַיַּעַשׂ בְּאֻשִׁים. (Isaie 5, 1 et 2)
Et comme vous les savez déjà*, dans la langue populaire un fils dégénéré est appelé « Vinaigre, fils de vin« .

En fait, la culture juive est ambivalente au sujet du vin car si « le vin réjouit le cœur de l’homme, וְיַיִן, יְשַׂמַּח לְבַב-אֱנוֹשׁ (Tehilim 104. 15), les effets du vin peuvent être catastrophiques. Vous vous souvenez de Noa’h qui ayant planté la première vigne, se saoule ensuite et ne sait plus ce qu’il fait. Vous vous souvenez également des filles de Loth qui couchent avec leur père après l’avoir saoulé! (Gen 19,32): 
« Eh bien! enivrons de vin notre père, partageons sa couche et par notre père nous obtiendrons une postérité. »
לב לְכָה נַשְׁקֶה אֶת-אָבִינוּ יַיִן, וְנִשְׁכְּבָה עִמּוֹ; וּנְחַיֶּה מֵאָבִינוּ, זָרַע.

Même la guematria s’en mêle.
Elle peut-être positive: la valeur du mot vin יין (yayin) 70 est la même que le nombre des nations ou les facettes de la Thora. Mais elle peut être aussi négative: celle du mot secret סוד (Sod) est aussi 70. Ce qui permet de dire: נכנס יין יצא סוד, le vin est entré, sortira le secret!

Dès l’époque biblique, certains désirent donc mener une vie ascétique et se rapprocher ainsi de Dieu: ce sont les נזירים (nazirim). Le livre de Bamidbar (Nombres) codifie leurs interdits*. On verra même, à une époque particulièrement troublée, tout un groupe refusant de boire du vin pour des raisons morales: les Rekhabim. 
Le prophète Jérémie tente (sous l’ordre de Dieu lui même!) les Rekhavim* avec du vin mais ils répondent sagement: Nous ne buvons pas de vin! car notre père Yonadab, fils de Rêkhav, nous l’a défendu en disant: Vous ne boirez jamais de vin, ni vous ni vos enfants.
Kol hakavod, bravo, leur répond Jérémie qui en profite pour admonester les habitants de Yehouda qui eux ne se conduisent pas bien du tout.

Qui sont ces Rekhabim, parangons de vertu? Ils font partie du peuple mais sont d’origine madianite car descendants de Yithro, le beau-père de Moshe. Leur « père », Yonadav Ben Rekhav, a fondé ce qu’on pourrait presque appeler une secte qui repose sur deux principes essentiels: le refus du sédentarisme et la proscription du vin. Ce retour au nomadisme est censé protéger les Hébreux de la société de consommation et le refus de l’alcool est un désir d’élévation morale comme celui qui meut le Nazir.

En fait, pour les Juifs, il faut apprivoiser le vin et donc le sacraliser (en hébreu, la racine קדש -K D SH signifie mettre à part- la traduction en français sacraliser ne rend plus compte de cette signification). Il faut l’encadrer en l’utilisant dans le cadre religieux, le kiddoush, la bénédiction sur le vin les jours de shabbat et de fêtes (les 4 coupes de Pessah et celles de Tou Bishvat*), les fêtes familiales comme le mariage ou la brit mila,  mais surtout en le rendant apte à être bu, apte c’est à dire casher.

Pourquoi tout ce tracas de la casherout? Quelques raisons sont avancées par nos sages.
D’abord parce que manger c’est non seulement un acte de survie mais c’est aussi l’acte social de base qui fonde le groupe et le détermine. Or pour le judaïsme, tout est subordonné au fait que Dieu préside la table. La Guemara compare la table de chaque Juif a un petit temple familial. D’une certaine manière, le repas garde le souvenir de ce que fut le culte dans le Temple de Jerusalem où les sacrifices et libations  sacralisaient  la viande et le vin.
Ensuite les lois de la cacherout sont compréhensibles si on les examine d’un point de vue sociologique: elles empêchaient les juifs de manger, donc de socialiser avec les idolâtres et d’adopter leurs rites païens beaucoup moins austères que ceux de la Thora.
Enfin comment attendre d’individus qu’ils adoptent un comportement éthique s’ils ne sont même pas capables de s’imposer des règles quand à ce qu’ils ingurgitent.
Alors la casherout du vin, c’est quoi?
Les lois de la casherout du vin s’intéressent aux produits introduits pendant le processus de  vinification, par exemple certaines protéines utilisées pour la clarification et la stabilisation du vin. Elles s’intéressent aussi au comportement de ceux qui le fabriquent: traditionnellement dans l’Europe chrétienne, les vignes sont (étaient?) bénies et, pour nous, utiliser le vin produit par ces vignerons était comme accepter la christianisation du produit.

Pour notre fête de Pourim, nous avons une coutume très particulière: En signe de joie, il nous est demandé de boire au point de ne plus pouvoir faire la différence entre ארור המן וברוך מודכי (Arour Haman et Baroukh Mordekhai), maudit soit Haman et bénit soit Mordekhai. Ne plus faire la différence entre l’ennemi  et le juste? Je n’ai jamais été d’accord, même pour quelques heures. Le meurtre cette semaine de Dafna Meir et les blessures de Mikhal bat Esther Fruman* m’incitent à rester sur mes gardes: un ennemi reste un ennemi jusqu’à preuve du contraire.

En Israel, comme vous le savez, c’est la baron de Rothschild qui a importé les premiers plants de vignes depuis ses vignobles du Bordelais. C’est à Rishon leTsion*  que les premiers essais furent significatifs.

etiquette en francais in rishon letsion
Dans ce film sur les débuts de la vigne à Rishon leTsion*, vous reconnaîtrez sans peine la chanson même si elle est adaptée en hébreu et avec cette variante « Quand nous mourrons enterrez nous dans les caves de Rishon leTsion »!

Mais que buvait on à l’époque biblique?
Du blanc, du rouge? Etait-ce un vin de qualité ou bien un tord boyaux?
Il ne subsistait plus rien en Israel qui pouvait nous faire retrouver le gout du vin biblique*. L’islam était passé par là et la plupart des variétés de raisins avaient disparu…
Cependant, un couvent à côté de Bethlehem produit du vin depuis les croisades avec des espèces de la région. Le biologiste Eliashiv Drori engagea un archéo-botaniste et une spécialiste des analyses d’ADN pour comparer le raisin  utilisé par le couvent avec les restes de vin, trouvés dans des amphores et datant du 2 ème Temple. Le séquençage du génome montra qu’il s’agissait bien de la même espèce.

elyashiv-drori(Eliashiv Drori dans son laboratoire de l’Universite d’Ariel, Jewish Telegraphic Agency)

Eliahsiv Drori a planté un petit vignoble à Ariel. Nous pourrons un jour goûter le même vin que celui du roi David. Et comme il sera bon, j’en suis sûre, les amis de BDS en seront bien privés, car Ariel se trouve dans les « territoires-conquis-par-l’entité-sioniste », ou pour faire plus simple Ariel se trouve en Samarie.

vignoble d'Ariel

(Jewish Telegraphic Agency)

Le vin pousse partout en Israel: sur le Golan, en Judée-Samarie, et même dans le Neguev. Sur cette carte vous pouvez voir où se trouvent les principaux vignobles mais il y en a de nombreux familiaux que vous devez découvrir au gré de vos promenades.

carte des vins 2

 

Assez parlé, לחיים lekhaim, à la vie!
Ce n’est pas parce que le vin est tiré qu’il faut le boire mais parce qu’il est bon et malgré toute la haine qui nous entoure, il faut profiter de la vie!

A bientôt, bonne fête de Tou Bishvat

טו בשבט שמח

*Les 7 plantes:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/01/16/sept-plantes/

*Le nazir:
http://www.akadem.org/medias/documents/–1_nombres_6-1.pdf
Dans la langue actuelle le mot nazir signifie moine

*Les Rekhabim: pour Rabbi David Kimhi (1160-1235)  ils sont descendants de Hovav (Yitro, le beau-père de Moïse)

*La casherout:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/10/01/shemita-shehita/

*Tu bishvat et Pessa’h:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/tag/tou-bishvat/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/01/16/le-mois-de-shvat/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/04/11/une-delicieuse-argile/

*Rishon leTsion:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/01/27/ne-vous-inquietez-pas/

*vin biblique: On vient de retrouver à Tel Kabri dans le nord du pays, une cave à vin d’environ 4000 ans.

*- Dafna Meir a été assassinée dimanche chez elle a Othniel: elle avait 38 ans et était mère de 6 enfants (dont deux adoptés). Elle s’est battue avec le terroriste et a pu ainsi les sauver. Infirmière à l’hôpital Soroka de Beer Sheva et avait appris l’arabe pour être plus proche de ses patients arabes:
http://frblogs.timesofisrael.com/le-silence-retentissant-des-medias/
– Mikhal Bat Esther Fruman, 30 ans, de Tekoa, est la belle-fille du Rav Fruman, connu pour son désir de coexistence pacifique avec les Arabes.  Elle est à l’hôpital: le terroriste n’as pas réussi à la tuer. Elle est enceinte

 

 

 

 

Le ‘Hermon et la forteresse du roi Nimrod

Comme je vous l’avais promis la semaine dernière*, nous partons découvrir les fameux territoires qui sont la cause de tous nos tourments comme nous le répètent nos amis qui nous veulent du bien…
Nous commencerons par le הר חרמון, le mont ‘Hermon, tout au nord d’Israel:

Hermon


Le ‘Hermon est la partie sud du massif de l’anti-Liban dont le sommet (2814m) ne se trouve pas chez nous mais à la frontière entre le Liban et la Syrie.
Israel se contente d’un sommet plus modeste qui ne culmine qu’à 2210 m, c’est le מצפה שלגים (Mitzpe Shlaguim) ou la « tour d’observation des neiges ».

Si vous interrogez un Israélien sur le ‘Hermon, il vous répondra Ski! Mais le ‘Hermon n’est pas qu’un ensemble de piste de skis et de chemins de randonnées. Le ‘Hermon est surtout un poste stratégique entre Israel, le Liban et la Syrie. Par temps clair, on a une vue imprenable sur le plateau du Golan, la région de la Galilée, du Kinneret et de l’autre côté jusqu’à Damas ! C’est pour cela  que le sommet du Mitzpe Shlaguim est  un terrain militaire et un poste d’observation:

mitzpe shlagim

(Le Mitzpe Shalguim en plein été)

Plus bas vous pouvez séjourner au village de Neve Ativ qui est le point de départ des 14 pistes de ski:

View of the village of Neve Ativ, in Golan Heights. January 07, 2012. Photo by Moshe Shai/FLASH90 **MAARIV OUT** *** Local Caption *** ðåä àèéá øîú äâåìï

                                           (Neve Ativ en été, village fondé en 1971, photo de Moshe Shay )

Pendant la guerre de Kippour, le ‘Hermon, comme le plateau du Golan, fut le théâtre de terribles batailles entre Tsahal et l’armée syrienne. La Syrie avait conquis et occupé la région à la suite de la guerre de 1948, alors qu’elle était dévolue au territoire de Palestine et n’avait jamais été incluse dans le territoire syrien.

Carte-de-la-Palestine-Mandataire

Chassée en 1967, l’armée syrienne comptait bien la reprendre en 1973*.
La Syrie attaqua avec une armée bien plus puissante que Tsahal,  composée de soldats  non seulement syriens, mais aussi  égyptiens, irakiens, jordaniens et même marocains*.
Les Israéliens réussirent  pourtant à les repousser et à reprendre une grande partie du ‘Hermon dont certains massifs furent ensuite rendus au Syriens lors des accords de « séparation des forces en présence ».

Le ‘Hermon est mentionné dans le Tanakh comme un territoire pris sur le roi Amoréen Si’hon et le roi Og de Bassan au moment de la conquête du pays par les Hébreux sous la conduite de Josué. Il est écrit dans le livre de Devarim (Deutéronome 4-48) que les Hébreux prirent possession du pays« depuis Aroer, qui est au bord du torrent d’Arnon, jusqu’à la montagne de Ciôn, autrement dit le Hermon et toute la Plaine du côté oriental du Jourdain jusqu’à la mer de la Plaine, sous le versant du Pisga. »
ח מֵעֲרֹעֵר אֲשֶׁר עַל-שְׂפַת-נַחַל אַרְנֹן, וְעַד-הַר שִׂיאֹן–הוּא חֶרְמוֹן. מט וְכָל-הָעֲרָבָה עֵבֶר הַיַּרְדֵּן, מִזְרָחָה, וְעַד, יָם הָעֲרָבָה–תַּחַת, אַשְׁדֹּת הַפִּסְגָּ

Cette région riche en eau est tellement importante que la Bible nous indique même comment les populations locales la nomment. Toujours dans le livre de Devarim (3,9):
« Les Sidoniens nomment le Hermon Sinon, et les Amorréens l’appellent Senir« 
צִידֹנִים יִקְרְאוּ לְחֶרְמוֹן, שִׂרְיֹן; וְהָאֱמֹרִי, יִקְרְאוּ-לוֹ שְׂנִיר

Comme beaucoup de montagnes, c’est un lieu sacré. On lit dans le livre des Juges (3 3)
« les cinq principautés des Philistins, tous les Cananéens, Sidoniens et Hévéens qui habitaient le mont Liban, depuis la montagne de Baal-Hermon jusqu’à Hamath« .
חֲמֵשֶׁת סַרְנֵי פְלִשְׁתִּים, וְכָל-הַכְּנַעֲנִי וְהַצִּידֹנִי, וְהַחִוִּי, יֹשֵׁב הַר הַלְּבָנוֹן–מֵהַר בַּעַל חֶרְמוֹן, עַד לְבוֹא חֲמָת
C’était donc un lieu où était révéré le dieu Baal.
Est ce à cause de cela que le mot 
 ‘Hermon vient de la racine חרמ,’HRM, qui a donné le mot חרם,’herem, anathème, exclusion? Nous aurions appelé cette région si riche et si belle, anathème à cause de l’idolâtrie qui y régnait (et a continué à régner malgré la conquête des Hébreux!)?

C’est l’explication la plus simple mais aucun texte biblique ne mentionne cela. En fait, la seule mention d’un anathème se trouve dans un texte post-biblique, retrouvé à Qumran et appelé texte de Henokh l’éthiopien. Pour lui, 200 anges déchus seraient descendus sur cette montagne pour  se vouer mutuellement à l’anathème!
C’est oublier que la racine ‘HRM peut signifier tout simplement « mis à part ».
Certains pensent même qu’il faut, comme toujours, s’amuser avec les consonnes de la racine. On obtient ainsi en les permutant רחמ, R’HM, racine du mot miséricorde. Il est vrai que cette montagne est comme une mère généreuse des rivières qui formeront entre autre le Jourdain. חרמ,’HRM, permuté en רחמ, R’HM, serait alors à rapprocher du mont montagne הר, HR, dont la racine signifie aussi être enceinte!

En tout cas, aucun texte juif ne mentionne le ‘Hermon négativement. Le roi David s’exclame dans son tout petit psaume 133:
« Ah! qu’il est bon, qu’il est doux à des frères de vivre dans une étroite union! C’est comme l’huile parfumée sur la tête, qui découle sur la barbe, la barbe d’Aaron, et humecte le bord de sa tunique;  comme la rosée du Hermon qui descend sur les monts de Sion; car c’est là que Dieu a placé la bénédiction, la vie heureuse pour l’éternité.« 
הִנֵּה מַה-טּוֹב, וּמַה-נָּעִים– שֶׁבֶת אַחִים גַּם-יָחַד. ב כַּשֶּׁמֶן הַטּוֹב, עַל-הָרֹאשׁ–יֹרֵד, עַל-הַזָּקָן זְקַן-אַהֲרֹן:שֶׁיֹּרֵד, עַל-פִּי מִדּוֹתָיו. ג כְּטַל-חֶרְמוֹן– שֶׁיֹּרֵד, עַל-הַרְרֵי צִיּוֹן:כִּי שָׁם צִוָּה יְהוָה, אֶת-הַבְּרָכָה–חַיִּים, עַד-הָעוֹלָם.

Pour le roi Salomon et ses contemporains, cette verdure et ce ruissellement d’eau sont synonymes de beauté et de majesté ainsi qu’il est écrit dans le שיר השירים, Shir hashirim, ou Cantique des Cantiques (4, 8)
« Avec moi, viens, ma fiancée, du Liban; du Liban viens avec moi; regarde du haut de l’Amana, du sommet du Senir et du Hermon, des antres des lions, des monts que fréquentent les léopards« 
אִתִּי מִלְּבָנוֹן כַּלָּה, אִתִּי מִלְּבָנוֹן תָּבוֹאִי; תָּשׁוּרִי מֵרֹאשׁ אֲמָנָה, מֵרֹאשׁ שְׂנִיר וְחֶרְמוֹן, מִמְּעֹנוֹת אֲרָיוֹת, מֵהַרְרֵי נְמֵרִים.

La région du ‘Hermon restera ainsi riche en flore et en faune jusqu’au déboisement qui commence à la conquête arabe et se continue sous les Ottomans. De nos jours, il n’y a plus ni léopards ni lions* mais y vivent toujours des loups et des ours. Le massif montagneux est un ensemble de parcs naturels.
Le héros d’une chanson populaire célèbre à la fois la majesté du ‘Hermon et l’amour pour sa belle:

..אִלּוּ הָיִית כָּאן אִתִּי
הָיִיתִי נוֹתֵן לָךְ מַזְכֶּרֶת
אֶת כָּל הָאוֹרוֹת, חֶמְדָּתִי,
מֶהַבַּנְיָאס וְעַד הַכִּנֶּרֶת.

הָיִיתִי מָגִישׁ לָךְ מַלְכוּת
טוֹבֶלֶת בְּיָם שֶׁל זָהָב.
מִשֶּׁלֶג הָיִיתִי תּוֹפֵר לָךְ
שִׂמְלָה לְבָנָה כְּשֶׁנְהָב. »

« Si tu étais ici avec moi, je te donnerais en souvenir, ma charmante, toutes les lumières depuis Banyas jusqu’au Kinneret.
Je t’apporterais la majesté (du ‘Hermon), baignant dans une mer dorée, je te coudrais une robe de neige, blanche comme l’ivoire »

Sur les contreforts du ‘Hermon se trouve la forteresse de Nimrod. Elle doit son nom à une tradition biblique selon laquelle le roi Nimrod* aurait vécu dans ces montagnes, tradition partagée par les Druzes qui s’installèrent dans cette région, fuyant  la guerre qui les opposaient aux Chrétiens maronites libanais en 1860*.

GOL_Nimrod_Fortress2

Ce fut à l’origine une forteresse croisée , défense de la ville de Banyas, un peu plus au Sud.  Elle fut restaurée au 13 ème siècle par le sultan Baybar* qui y laissa sa marque ,un lion, comme il le fit sur l’une des portes de Jerusalem, la Porte des Lions*.

תבליט אריה שנמצא במבצר נמרוד - צילם דורון ניסים

(photo Doron Nissim)

La forteresse de Nimrod est un monument impressionnant qui regarde vers l’Ouest,
1500px-Nimrod_Fortress_Looking_West

construite avec des citernes auxquelles on pouvait accéder par des escaliers protégés, ce qui permettait aux soldats de survivre à de longs sièges,

Nimrodpool

elle perdit peu à peu de son importance au profit d’Akko qui contrôlait la Méditerranée orientale.
Au 16 ème siècle, les Turcs en firent une luxueuse (!) prison pour leurs ennemis VIP, puis l’abandonnèrent complètement. Détruite pendant un tremblement de terre au 18 ème siècle elle fut redécouverte dans les années 40.

A bientôt,

*mon précédent article:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/11/20/etiquetez-etiquetez-il-en-restera-toujours-quelque-chose/

*la guerre de Kippour en octobre 1973:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/09/18/les-trois-crimes-de-damas/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/09/10/shofar/

 

*les lions ne sont pas rares dans l’Israel de l’époque biblique. Le roi David, originaire de Bethlehem en Judée, soit dans la banlieue de Jerusalem, en a tué un tandis qu’il gardait les troupeaux de son père

*le roi Nimrod: le grand chasseur Nimrod est le premier roi après le déluge. Il est mentionné dans le livre de Bereshit. Son nom signifie se rebeller, 

*le sultan Baybar:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/11/11/la-porte-des-lions/

*le conflit druze-chretiens maronites:
http://www.herodote.net/26_mai_1860-evenement-18600526.php

Le groupe clandestin des souffleurs de shofar

Comme vous le savez déjà, le shofar n’est pas pour nous qu’une trompette primitive*.
Ce fut même notre arme secrète à l’époque du Tanakh: souvenez-vous que le son du shofar fut la bande sonore au moment du don de la Thora au Sinaï (Exode 19), souvenez-vous de Yehoshua et son armée soufflant dans les shofar tout autour des murailles de Jericho (Josué chap 6):

trompettes de Jericho Jean Fouquet 1452

(Tableau de Jean Fouquet 1452)

ou bien de Gideon se battant contre les Madianites (livre des Juges, chap 7):

800px-Poussin_La_Victoire_de_Gédéon_contre_les_Madianite(Tableau de Poussin: La victoire de Gidéon contre les Madianites)

A l’époque du mandat britannique, les Anglais, soucieux de se concilier les potentats arabes, qui ne supportaient que l’appel des muezzin*, déclarèrent le shofar hors la loi.
Voici quelle était la situation:
Dans les années 30, les Juifs qui priaient au Kotel s’entassaient dans un boyau étroit,  se protégeant tant bien que mal des pierres que les Arabes leur lançaient (déjà!) depuis l’esplanade du Temple où se trouve la mosquée d’El Aksa.

kotel
Ils avaient le droit de prier au Kotel  mais sous étroite surveillance. Bref, entassés et se protégeant comme ils le pouvaient, les Juifs priaient… Apres tout, cela avait toujours été comme ça, et ils en avaient l’habitude…
Ce qui changea, dès le début du Mandat britannique, ce fut l’attitude de plus en plus conciliante des british envers les exigences du Grand Mufti de Jerusalem, Had Amin Al ‘Husseini. Celui-ci décréta que les prières des Juifs gênaient les musulmans.
Les Anglais décidèrent donc d’interdire les tables pour le kidoush* et des arches pour abriter la Thora*. Même sa lecture fut interdite. Pour lire la Thora,  il fallait aller dans une des synagogues du quartier juif mais surtout pas au Kotel.
Finalement, le son du shofar fut même interdit pendant les célébrations du nouvel an juif à Rosh Hashana et aussi le jour de Kippour.

Un groupe clandestin des souffleurs de shofar se forma naturellement aussitôt*. Le premier qui défia la police anglaise fut Moshe Segal en 1930. Il avait caché son shofar sous son talith et le sorti pour la prière de la Neila* de Kippour. Il fut aussitôt arrêté. Le Rav Abraham Ytz’hak Kook* décida de poursuivre le jeune de Kippour et resta donc sans manger ni boire jusqu’à la libération de Moshe Segal. Les Anglais ne voulant pas risquer la vie du Rav Kook, trop célèbre dans le monde juif, libérèrent Moshe Segal au bout de quelques heures.
moshesegal

Pendant 17 ans, jusqu’à la création de l’état d’Israel en 1948, de jeunes Juifs se relayèrent chaque année pour souffler dans le shofar. Ils étaient recrutés secrètement. Les volontaires s’entraînaient clandestinement pendant toute l’année et les souffleurs étaient désignés au dernier moment.

Six d’entre eux se sont retrouvés ces jours au Kotel:

Ils racontent:
– Nous avions juré de donner nos vie pour que revive le peuple juif

– Une jeune femme accompagnée d’une petite fille est venue vers moi et m’a dit: on t’emmène au Kotel.
– Où est le shofar?
– C’est la petite fille qui l’a
« 

La situation s’aggrava pour Rosh Hashana 1946 quand les Anglais fermèrent les entrées du quartier juif menant au Kotel.
Dans la vidéo ci-dessous, les volontaires racontent qu’ils sautèrent de balcon en balcon dans le quartier juif, passèrent de jardin en jardin et arrivèrent ainsi au Kotel…
Là, un poste de police britannique et une flopée de policiers…
Les policiers britanniques ne parlaient pas hébreu et les messages secrets étaient délivrés en hébreu en psalmodiant les phrases comme celles des prières…
Le shofar introduit clandestinement passait de mains en mains. Les Juifs gardaient leur tête baissée sous le talith pour que le récipiendaire ne voit pas leur visage et puisse les dénoncer au cas où il serait torturé… Les volontaires opéraient par trois. Dès que sur un des côtés du Kotel, l’un d’eux  avait soufflé dans le shofar, les policiers accouraient vers lui, mais plus de shofar! Un autre volontaire sonnait de l’autre côté et enfin le shofar se faisait entendre au milieu du Mur…

Certains volontaires furent arrêtés et envoyés en prison pour plusieurs mois, d’autres s’échappèrent comme Mordekhai She’hori en 1942 qui, une fois arrêté, entendit la foule psalmodier : « N’aie pas peur nous te libérerons, nous les pousserons et tu essayeras de t’échapper »
Soudain quelqu’un cria « Vas-y » et des centaines de gens poussèrent les policiers… Mordekhai parvint jusqu’au au centre ville où l’attendait Moshe Segal, le premier souffleur de shofar.

L’histoire des souffleurs de shofar se termine à Kippour 1947. De 1948 à 1967 le Kotel se retrouvera aux mains des Jordaniens et pendant cette période aucun Israelien ou Juif ne put prier au Kotel…

Nous pouvons y prier maintenant même si la situation n’est pas facile. Les Arabes entassent toujours des pierres dans la mosquée d’El Aksa qu’ils ont transformée en dépôt de munitions*. Comme ça ils ont tout sous la main…

Pierres a El Aksa

Oubliez l’indulgence de certains pour les « lanceurs de pierre ». C’est vrai, ca fait travail d’amateur, un peu comme les missiles du ‘Hamas qualifiés d’artisanaux. Mais malheureusement les pierres tuent.

La dernière victime s’appelle Alexandre Levlovitch, il a été assassiné le soir de Rosh Hashana dans le quartier de Armon Hanatsiv, pas très loin de chez moi:

Alexandre Levlovitch

Quant au scandale de la situation qui prévaut sur le Mont du Temple (que vous connaissez mieux sous le nom d’Esplanade des Mosquées), je vous en parlerai plus tard dans un prochain article.

A bientôt,

*Le shofar:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/09/10/shofar/

*L’appel du muezzin: hier encore il s’est déchaîné dans son minaret!
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/07/22/vendredi/

*les tables de kidoush: petites tables sur lesquelles on pose bouteille et verres pour la bénédiction sur le vin
les arches pour la Thora sont des petits coffres de rangement pour les rouleaux de la Thora

*Ils étaient tous membres du Beitar, on les  voit en uniforme sur la vidéo. Merci à Pierre Lurcat!

*Neila: derniere partie de la priere de Kippour qui se termine par le son du shofar

*Le rav Abraham Yitz’hak Kook: https://fr.wikipedia.org/wiki/Abraham_Isaac_Kook
*La mosquée d’El Aksa devenu un entrepot d’armes:
http://www.israel-flash.com/2014/11/jerusalemvideo-les-femmes-musulmanes-font-de-la-contrebande-darmes-a-laide-de-leurs-vetements-sur-le-mont-du-temple/

Knesset Israel

Ce mardi, nous avons voté pour renouveler les membres de la Knesset et pour avoir un nouveau Premier Ministre (qui sera certainement le même!)
Le mot כנסת (Knesset) est connu de tous. Le Parlement israélien s’appelle la Knesset. Même les journalistes le  savent, c’est dire!
Mais savent-ils pourquoi notre Parlement porte-t-il ce nom?
Il y a bien longtemps, après les 70 ans de notre  esclavage en Babylonie* et notre retour chez nous grâce à l’édit de l’empereur perse Cyrus, nous avons du trouver un système de gouvernement. Même si les descendants du roi David, de la tribu de Yehuda, étaient connus*, les  organisateurs de notre retour en Israel, Ezra et Nehemia, n’avaient pas jugé bon de leur demander de nous gouverner.

reconstruction de jerusalem a l'epoque de Ezra et Nehemia Lea Hayerushalmit

(La reconstruction de Jerusalem à l’époque de Ezra et Nehemia, tableau de Lea Hayerushalmit)

Ils choisirent un système de gouvernement différent, un gouvernement parlementaire. D’après les textes de la Mishna et la Guemara,  120 חכמים (‘Hakhamim) ou sages  furent choisis pour y siéger. La Grande Assemblée, comme on l’appelait alors , fut présidée à ses débuts par Ezra et Nehemia fils de Haccala (Nehemia 8,10). Parmi ces 120 sages se trouvaient plusieurs prophètes dont Haggaï, Zekharia et  Malakhi.
Combien de temps resta-t-elle en exercice? Certains pensent qu’elle cessa ses fonctions au moment de l’invasion grecque au 3 ème siècle avant l’ère chrétienne. Pour d’autres, elle reprit du service à l’époque des ‘Hasmonaim*. L’un d’entre eux, שמעון הצדיק  (Shimon Hatsadik) ou Simon le Juste, aurait été appelé « membre de la Grande Assemblée* ».
Bien qu’Ezra et Nehemia se soient beaucoup souciés des difficultés socio-économiques de leurs contemporains, cette première Knesset est surtout connue, par la tradition juive, pour ses profondes réformes dans le domaine religieux. D’après les textes rabbiniques, ses membres ont rédigé un certains nombre de livres bibliques comme celui du prophète Ezechiel , ceux des 12 petits prophètes* et aussi celui de Daniel et celui d’Esther. Ils ont également fixé le canon biblique et ajouté trois livres controversés attribués au roi Salomon: שיר השירים (Shir hashirim) ou Cantique des Cantiques qui devait sembler trop osé, משלי (Mishlei) les Proverbes et surtout קוהלת (Kohelet) l’Ecclesiaste trop désabusé…
L’importance de leur travail est reconnue jusqu’à présent. Ils sont mentionnés dans la Mishna dans l’introduction des פירקה אבות (Pirke Avot) ou Traité des Pères) comme l’ultime maillon direct depuis Moshe: « Moshe reçut la Loi au Sinaï, il l’a transmise à Yoshua, celui-ci l’a transmise aux prophètes et ces derniers la transmirent aux membres de la Grande Assemblée ».
Le peuple est souvent appelé כנסת ישראל (Knesset Israel), l’assemblée d’Israel et le mot synagogue, qui apparaît aussi à la cette même période, veut dire maison de l’assemblée ou maison de réunion, בית כנסת (Beit Knesset).

pirkeiavot sages de la thora

Donc, si aujourd’hui notre Parlement actuel compte 120 membres.  c’est en souvenir des 120 membres de cet ancien parlement.

Au tout début du Mandat britannique, le 19 avril 1920, fut élue pour la première fois une Assemblée des Représentants du Yishuv* mais elle n’avait qu’un pouvoir consultatif, les Britanniques étant les maîtres du pays.
L’état d’Israel est proclamé le 5 Iyar 5708 ou le 14 mais 1948. La guerre a commencé en décembre 1947 et durera jusqu’à l’armistice de Rhodes en été 1949.
Le jour de Tou Bishvat (14 Février 1949) se tient à Jérusalem la première réunion du Conseil d’Etat Temporaire. Pour l’occasion, le poète Natan Alterman publie son  poème « Avec la nouvelle Assemblée ».
Ce jour la, la plupart des participants sont arrives de la « plaine ». Ils s’arrêtent en chemin pour planter des arbres à Shaar Hagai, haut lieu* de la bataille pour Jerusalem.
Le président du Conseil d’Etat, Hayim Weizman, ouvre la cérémonie par ces mots: 
« C’est avec un sentiment de crainte et de tremblement devant la solennité de ce jour que j’ouvre cette première Knesset  dans la ville éternelle de Jerusalem. Notre peuple peut louer la bonté de Dieu. Nous avons pu voir après des générations de douleur et de souffrances, la rédemption les fondations de la Knesset. Elevez vos louanges pour vote premier colloque. Souvenez vous que les yeux du peuple juif sont tournés vers vous et que les désirs et les prières des générations accompagnent vos pas« 

Quelques jours plus tard, le 17 fevrier 1949, Hayim Weizman est nommé président de l’état d’Israel et le 8 mars David Ben Gourion forme le premier gouvernement

Apres avoir siégé dans le bâtiment de l’Agence Juive à Jerusalem et  ensuite à Tel Aviv  du fait de la guerre, la Knesset retourne à Jerusalem à la fin de l’année 1949. David Ben Gourion ne voulait pas attendre car avait-il déclaré: « Jerusalem est juive, et c’est une partie organique et impossible à séparer de l’état d’Israel, de la foi d’Israel et de l’âme d’Israel ».
La Knesset restera dans un bâtiment de la rue King Georges dans le centre ville, la maison Froumine jusqu’en 1965. Le nouveau bâtiment, celui que nous connqissons actuellement, sera inauguré le 30 août 1966.

knesset premier batiment de 1950 a 1965

(la maison Froumine en centre ville)

La Knesset est donc détentrice du pouvoir législatif mais dispose aussi d’un pouvoir de contrôle sur le pouvoir exécutif: elle vote les lois, le budget, contrôle le gouvernement, élit le président de l’état et le contrôleur de l’état. Elle peut aussi censurer le gouvernement. Ses 120 députés sont élus pour un mandat de 4 ans. Elle peut être dissoute par le président de l’État, à la demande du Premier ministre. C’est ce qui s’est passé il y a quelques mois et qui a conduit aux élections de cette semaine.

Le mode d’élection de la Knesset est un scrutin proportionnel plurinominal et il n’y a pas de circonscriptions. Les députés ne sont pas redevables aux électeurs de leur région, ce sont les élus des conseils régionaux qui le sont. Ce mode de scrutin, très différent du modèle français, donne aux électeurs la possibilité de voter pour un parti et non pas une personne. Puis les sièges sont attribués aux différents partis proportionnellement au nombre de voix qu’ils ont obtenues. Les candidats élus sont pris dans chacune des listes dans leur ordre d’apparition.
Pour qu’un parti puisse obtenir au moins un siège, il doit atteindre une proportion minimum de voix. En 2015 ce seuil est monté à 3,25%. Les voix restantes sont ensuite reparties selon une méthode mathématique, la méthode de Hondt*. Comme c’est bien trop compliqué pour moi, lisez la note en bas de page, j’espère que l’auteur de l’article ne s’est pas trompé!

Comme le seuil nécessaire est relativement bas 3,25%, sont représentés à la Knesset non seulement les partis classiques (droite et gauche traditionnelles) mais aussi de nombreux partis qui défendent des intérêts sectoriels ou plus spécifiques. Vous pouvez imaginer la multitude de partis!
Ici des soldats perplexes examinent  un document (rédigé en Hébreu, Arabe et Russe) mentionnant tous les partis en lice:

elections les nombreux partis

Les députés travaillent dur, c’est sûr. La chaîne de télévision de la Knesset diffuse d’ailleurs aussi bien les séances (pendant lesquelles deux ou trois députés peuvent somnoler), que les commissions très animées qui servent à la préparation les lois. A ces commissions sont invités non seulement des élus mais des personnes appartenant aux différents corps de l’état et à la société civile selon le sujet abordé.

knesset interieur
Toutefois en dehors de ces arides mais nécessaires occupations, les députés peuvent aussi participer au club de Tanakh où ils écoutent et discutent de textes avec de savants professeurs d’université et parfois en présence de lycéens. Un député arabe Massoud Ganaim est un habitué du club et ceci depuis que ses camarades de la Knesset, Tsipi Hotovely, Michael Ben Ari, Alieh Elad et le regretté Uri Orbach, l’ont invité car il est professeur d’histoire et se passionne pour la Bible..
Allons bon! Des députés juifs appartenant à la droite nationaliste (l’extrême droite raciste comme l’écrivent les journaux européens) invitant naturellement un député arabe de l’extrême-gauche, intéressé par le Tanakh! N’est-ce pas à l’opposé de ce que vous lisez habituellement sur Israel?  Certains journalistes n’ont pas pu ne pas noter la déclaration de Massoud Ganaim:  » la Bible est un livre de culture mondiale qui a beaucoup influencé l’histoire du monde« 

knesset massoud ganaim

(Massoud Ganaim)


Le bâtiment actuel a été construit et inauguré en 1966 sur la colline de Guivat Ram, non loin de l’Université Hébraïque et du Musée Israel.

x
La célèbre Menorah qui se trouve devant le bâtiment est l’oeuvre de Benno Elkan:

knesset menora
Le sculpteur David Palombo a créé les trois portes monumentales qui mènent à l’esplanade  

knesset porteset le monument aux morts de la guerre d’Indépendance nommé « le Buisson Ardent ».

knesset le buisson ardent

Trois portes monumentales en cuivre permettent d’accéder au  bâtiment. Ce sont les Portes des Tribus de l’artiste tchèque Shraga Weill: elles représentent respectivement l’exil, la création de l’état d’Israel et le rassemblement des exilés.

knesset porte des tribus(Porte symbolisant les rassemblement des éxilés)

Les réceptions sont en général données dans le salon Chagall, décoré de tapisseries de l’artiste:

knesset tapisserie chagall
ou de mosaïques représentant les 12 tribus:

knesset mosaique chagall

 

Une anecdote personnelle: lorsque mon mari étudiait à l’oulpan, sa classe avait eu droit à une visite de la Knesset commentée par quelques députés. Celui qui pris en charge le groupe de mon mari était un député d’origine éthiopienne, Shlomo Mulla.

Shlomo Mulla
Il leur raconta son histoire personnelle: âgé de 13 ans seulement, il quitta son village du Gondar, dans le sud de l’Ethiopie, en compagnie de 5 autres adolescents orphelins comme lui. Après un périple terrible, à pied, où seulement 3 d’entre eux survécurent, ils arrivèrent au Soudan, là où un avion de l’agence juive les attendait. Dès qu’ils montèrent dans l’avion, lui et ses compagnons eurent le sentiment d’être tombés dans un piège. Les membres de l’Agence juive étaient des blancs. Or les seuls juifs qu’ils connaissaient étaient noirs!! Ils crurent être entre les mains de marchands d’esclaves musulmans!
Heureusement, un homme noir les rassura. Oui, lui aussi était juif, et oui, ces blancs aussi étaient juifs. Ils étaient israéliens et les emmenaient en Eretz Israel!

Pour terminer mon article, voici quelques photos du jour des élections.

On peut se marier et aller voter:

elections mariee 2

 

On vote partout, ici dans un poste militaire avancé: 

elections urne improvisée dans un poste avancé

Et aussi à Rahat dans le Neguev:

elections bedouines

On vote à l’hôpital :

elections hopital

Le jour des élections, on élisait  aussi au zoo l’animal le plus populaire parmi les visiteurs!

zoo

 (J’ai chois cette photo du zoo de Jerusalem, surprenante,
non pas parce qu’elle reflète la réalité de notre vie ici,
mais parce qu’elle a été publiée dans le Saudi Gazette! Tous les espoirs sont permis)

Ceux-ci devaient choisir  une de ces cartes

elections zoo de jerusalem

et l’éléphant était chargé de les mettre dans l’urne:

elections zoo
Pour les 1000 votants, les lions se sont bien sûr taillé la part du lion avec 251 bulletins, suivis par les éléphants, les pingouins et les kangourous… et en laissant loin derrière les crocodiles et les vautours.

vautours
Comme le jour des élections est un jour férié, le bord de mer, les parcs étaient pleins. Les routes bouchonnaient et à la patinoire* de Jerusalem, Yael, Naama et  Avigail s’en sont données à cœur joie comme les deux enfants sur la photo:

patinoire pinguin

 

A bientôt,
*esclavage en Babylonie:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/03/05/au-bord-des-fleuves-de-babylonie/

*la dynastie du roi David: ses descendants de la période post-biblique sont connus par la population juive qui les tient en grand honneur et ceci pendant des siècles: à l’époque des Geonim de Babylonie ( de la fin du 6 ème siècle au 11 ème siècle de l’ère chrétienne), c’est parmi eux que seront choisis les exilarques ou chefs de la communauté juive en exil. La communauté juive de Babylonie se dispersera au 11 eme siècle a la suite de guerres agitant ce qui est l’Irak actuel. Certains partiront en Inde, d’autres dans tout le pourtour méditerranéen. Certaines familles comme la famille Saltiel, connue à Gérone des le 13 ème siècle, ont toujours mentionné leur liens familiaux avec la dynastie du roi David

*Les ‘Hashmonai,: la dynastie des Makabim (voir les articles tagués  ‘Hanouka

* Les 12 petits prophètes: appelés ainsi à cause de la brièveté du livre qui porte leur nom. Il s’agit de Hoshea, Yoel, Amos, Ovadia, Yona, Mikha, Nahum, Habakuk, Tsephania, ‘Haggaï, Zekharia et Malakhi

*Shimon Hatsadik avait coutume de dire: Le monde subsiste par trois choses qui sont la loi, le culte et la charité. On lui connait comme disciples Antigonus de Sakha, Yoshua ben Yesher de Zereda et Yoshua ben Yohanan de Jerusalem et les Sages de la Mishna continuent cette lignée qui n’a plus aucun pouvoir politique à partir de l’invasion romaine

*le Yishuv: organisation de la communaute juive en Palestine avant la création de l’état d’Israel

*Shaar Hagai:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/01/09/les-boulettes-de-la-victoire/

*Le scrutin proportionnel plurinominal et la methode de Hondt:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Scrutin_proportionnel_plurinominal

Am haaretz

On traduit littéralement l’expression Am haaretz par « peuple de la terre ».Mais ce peuple là est celui des petites gens, de la piétaille, des ignorants…   
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On la trouve pour la première fois dans le livre de Bereshit (Genèse, chap 23,7): « Abraham se leva et se prosterna devant les gens, devant les fils de ‘Het… »
« וַיָּקָם אַבְרָהָם וַיִּשְׁתַּחוּ לְעַם-הָאָרֶץ, לִבְנֵי-חֵת »
Abraham se prosterne donc devant des étrangers, les fils de ‘Het et leur chef Ephron Ben Tso’har. Ce ne sont pas des gens remarquables mais Abraham fait preuve d’une grande courtoisie parce que ces gens-là (am haaretz) possèdent un terrain à Hebron*qu’il veut acheter pour y enterrer sa femme Sarah. 
.
La deuxième fois, on la trouve dans le livre de Vayikra (Lévitique 20,4). Dieu est en train de dicter la Thora à Moshe. Soudain, le texte s’enfle comme sous un coup de colère. C’est qu’il y est maintenant question d’une pratique abominable que certains Bnei Israel ont adopté de leurs voisins: le sacrifice d’enfants à une idole! Dieu ordonne au am haaretz, au reste de la population juive, de se désolidariser tout de suite de ces barbares, s’ils ne veulent pas que Dieu intervienne lui-même! 
« L’Éternel parla à Moïse, et dit : Si le peuple du pays ose fermer les yeux sur la conduite  de cet homme, qui livre de ses enfants à Moloc, et s’il ne le fait pas mourir…
וְאִם הַעְלֵם יַעְלִימוּ עַם הָאָרֶץ אֶת-עֵינֵיהֶם, מִן-הָאִישׁ הַהוּא, בְּתִתּוֹ מִזַּרְעוֹ, לַמֹּלֶךְ–לְבִלְתִּי, הָמִית אֹתוֹ 
.
Elle est employée pour la troisième fois quand Ezra arrive à Jerusalem: il découvre alors que beaucoup de Juifs se sont mélangés aux populations locales et pratiquent un regrettable  syncrétisme religieux:
« Pendant qu’Esdras, pleurant et prosterné devant la maison de Dieu, faisait cette prière et cette confession, il s’était rassemblé auprès de lui une foule (Am Haaretz) très nombreuse de gens d’Israël, hommes, femmes et enfants, et le peuple répandait d’abondantes larmes. »(Ezra, chap10,1) א וּכְהִתְפַּלֵּל עֶזְרָא, וּכְהִתְוַדֹּתוֹ, בֹּכֶה וּמִתְנַפֵּל, לִפְנֵי בֵּית הָאֱלֹהִים: נִקְבְּצוּ אֵלָיו מִיִּשְׂרָאֵל קָהָל רַב-מְאֹד, אֲנָשִׁים וְנָשִׁים וִילָדִים–כִּי-בָכוּ הָעָם, הַרְבֵּה-בֶכֶה
Et là, happy end, temporaire bien sûr, les Juifs promettent de bien se conduire!
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Ezra et Nehemia (Shmuel Boneh)

(Ezra et Nehemia, lithographie de Shmuel Boneh)

De nos jours, certains pensent que le am (peuple) Haaretz ce sont les lecteurs du journal Haaretz*.
Calomnie? Pour les médias occidentaux, Haaretz est le seul journal qui dise la vérité (un peu comme la Pravda) et c’est le seul dont les analyses sont pertinentes. Un exemple vous montrera à quel point elles le sont: dans son numéro du 7 décembre 1932, le correspondant du Haaretz à Berlin déclarait qu’Hitler faisait bonne impression, qu’il était avenant:

Haaretz 7 decembre 1932

et ajoutait  « Cependant,Hitler n’a plus aucun espoir d’arriver au pouvoir, tout au plus, il ne recevra que les miettes de la table… » « להיטלר אין עוד שום תקווה להיות השליט היחיד בגרמניה, לכל היותר יש אפשרות לנאצים לזכות רק בפירורי השלטון ».

C’est le même Haaretz qui de nos jours encense Mahmoud Abbas, docteur en histoire, en oubliant que la thèse de son doctorat a été une thèse négationniste*!
Bon, ne tirons pas sur une ambulance! (Je parle uniquement d’Haaretz!). Ce journal a si peu de lecteurs qu’il licencie actuellement une partie de son personnel.

En opposition au am haaretz, il existe aussi des gens qui sont le sel de la terre, מלח הארץ (mela’h haaretz). Et ce sel, on le trouve partout. La plupart des gens que je côtoie sont vraiment le sel de la terre,מלח הארץ

Ceux dont je vais vous parler maintenant, je ne les connais pas personnellement, mais j’ai  passé grâce à eux une bonne soirée devant la télé: mardi soir dernier avait lieu à Jerusalem, le חידון התנ »ך (Hidon HaTanakh) la finale du Concours Biblique* pour adultes en présence du Premier Ministre, Benjamin Netanyahu, et du Ministre de l’Education, le Rav Shai Piron, sur le thème « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». De mille participants au départ, il n’en restait plus que douze, tous aussi talentueux les uns que les autres. Douze participants que le Ministre de l’Education a appelé  מלח הארץ, le sel de la terre. Et sel de la terre, ils le furent. Enthousiastes malgré la tension, chacun des participants partait dans des commentaires ou des réflexions sur l’histoire ou l’archéologie à tel point que le maître de cérémonie était obligé de leur répéter régulièrement: « Ne nous donnez pas un cours, nous ne voulons que la réponse à notre question! »

Le gagnant fut Menahem Shimshi, d’Elon More en Samarie.

Elon Moreh.

(le village d’Elon More en Samarie)

concours biblique pour les adultes

(le voici entouré du Premier Ministre et du Ministre de l’Education)

« J’ai grandi avec la Bible », a expliqué Menahem Shimshi, « la Bible est mon mode de vie, chaque jour, dans chaque situation. Je me sens particulièrement proche des textes d’Ezra et Nehemia car ils nous parlent du Retour à Sion ». « J’ai un message pour le peuple d’Israel »,  a-t-il ajouté, « le Tanakh est notre guide que ce soit  à un niveau personnel ou général. J’aimerais que chacun essaye de se connecter au Tanakh et de l’étudier« .
Maintenant Menahem Shimshi devra représenter Israel au Concours Biblique International pour adultes.
(https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/12/13/le-concours-international-de-la-bible-a-jerusalem/)

J’ai essayé moi aussi de répondre aux questions, mais seuls me répondaient mes trous de mémoire! J’avoue à ma grande honte que, bien que je sois un rat de bibliothèque,  passionnée par le Tanakh

livres Carl Spitzweg

(Carl Spitzweg: Le rat de bibliothèque. Merci à Olivier)

et l’ayant même enseigné, je n’ai trouvé que deux réponses justes sur les douze! A ceux de mes lecteurs qui furent mes élèves, j’avoue être un am haaretz mais j’ai quand même beaucoup aimé leur enseigner le Tanakh!

A bientôt,

* Bereshit, chap 23, 16-20: Abraham écouta Éfron et lui compta le prix qu’il avait énoncé en présence des enfants de ‘Heth: quatre cents sicles d’argent, en monnaie courante.  Ainsi fut dévolu le champ d’Éfron situé à Ma’hpéla, en face de Mamré, ce champ, avec son caveau, avec les arbres qui le couvraient dans toute son étendue à la ronde, à Abraham, comme acquisition, en présence des enfants de ‘Heth, de tous ceux qui étaient venus à la porte de la ville. Alors Abraham ensevelit Sara, son épouse, dans le caveau du champ de Ma’hpéla, en face de Mamré, qui est Hébron, dans le pays de Canaan.  Le champ, avec le caveau qui s’y trouve, fut ainsi adjugé à Abraham, comme possession tumulaire, par les enfants de Heth. »

*Haaretz: journal de la gauche bien-pensante, fondé en 1918

*Le Concours Biblique fut initié par David Ben Gourion en 1958 concours biblique Ben Gourion

  *Thèse de Mahmoud Abbas:http://danilette.over-blog.com/article-la-72795316.html

Le concours international de la Bible à Jerusalem

Vous ne le connaissez pas et moi non plus mais ce jeune homme a gagné le concours international de Bible pour adulte qui s’est tenu à Jérusalem, hier soir. Il s’appelle Raphael Meyuhas, il est soldat et il a 26 ans. Depuis hier, c’est devenu une star et est interviewe sur toutes les radios. Il avait face à lui des candidats de très haut niveau mais a réussi a répondre à toutes les questions en montrant une connaissance parfaite du texte biblique, y compris des passages les plus obscurs.

« Le Tanakh (Bible hébraïque) est le certificat de naissance et la carte d’identité de chaque Juif, le concours international de Bible contribue au renforcement de l’esprit du peuple et resserre le lien entre tous les membres de notre nation. »a déclaré le Premier Ministre  Benjamin Netanyahu dont l’un des fils a remporté le prix du concours biblique, catégorie  lycéens,  il y a deux ans.

raphael meyuhas

Vingt-sept candidats venus de 14 pays différents dont l ‘Espagne, la France, le Panama et l’Inde, monde entier participaient à l’évènement, dont 16 sont arrivés  en finale.

J’ai entendu Raphaël Meyuhas ce matin à la radio. Quand le journaliste lui a demandé à quelle époque du Tanakh il aurait souhaité vivre, en lui disant que pour lui la période de Josué devait être passionnante, il a simplement répondu que la terre d’Israel est la terre du Tanakh, et que  nous vivons une époque toute aussi passionnante car, après 2000 ans d’exil, nous voyons les prophéties se réaliser comme celles du kibbutz galuyiot (le rassemblement des exilés).

A bientôt,