Nos racines, leurs ailes…

Il est écrit dans la Thora que כִּי הָאָדָם עֵץ הַשָּׂדֶה l’homme est un arbre des champs (דברים, Deutéronome 21,19).
Si nous voyons et admirons les branches et le tronc des arbres, nous savons que les racines souterraines sont indispensables à sa survie. Les racines, שורשים (shorashim), ce sont aussi les nôtres, notre lien avec notre passé et en particulier notre passé familial. C’est sans doute pourquoi, les enfants qui plantent tous les ans des arbres à Tu Bishvat, préparent aussi, à cette même époque, un עבודת שורשים (avodat shorashim), un travail de recherche sur leurs propres racines. A l’âge de 7 ans, il s’agit surtout de dessiner un arbre généalogique simplifié, d’y noter les nom des parents et grands parents, leur lieu de naissance. Et les grands-parents se retrouvent enrôlés pour participer à de nombreux ateliers avec leurs petits enfants.

C’est ainsi que Iddo, notre petit-fils de 7 ans, fut très fier de présenter son grand-père à sa classe en précisant: Il parle français!

Mais quand les enfants terminent le collège, leur travail est bien plus conséquent.
Il s’agit alors d’une véritable enquête, non seulement sur la famille elle-même , mais aussi sur la communauté d’origine. Le tout agrémenté d’anecdotes, de recettes de cuisine, de photos et surtout d’un travail de recherche sur un sujet spécifique qui lie le passé familial et le plonge dans l’Histoire.
C’est la qu’on se rend compte que l’Histoire, celle qu’on apprend dans les livres, manque de chair quand on ne l’entremêle pas avec la petite histoire, celle des gens, celle de nos ancêtres. Comme je le disais dans un article précédent*, le mot Historia est un ajout moderne à l’hébreu. La conscience juive traditionnelle conçoit l’histoire comme une succession d’engendrements, engendrements de personnes ou de situations. Soudain tout s’éclaire quand on la relie aux photos de savta (grand-mère) et aux anecdotes de  saba (grand-père).

Nous sommes Juifs et Israéliens mais cependant très différents les uns des autres.
J’expliquais, il y a quelque temps que Manitou* disait un jour qu’ Israel est comme un immeuble dont chaque appartement est occupé par une famille aux modes de vie et aux origines différents. Et qu’est donc ce ciment qui fait que tout se monde cohabite parfaitement et que l’immeuble n’implose pas? Le fait que tous les locataires sont Juifs et attachés à leur pays!
Pour ceux que cela inquiéterait, je leur rappellerai que même à l’époque de la Thora où on ne parlait pas encore de la différence entre ashkenazes et sepharades, religieux et laïcs, les 12 tribus avaient chacune leur particularité, leur drapeau; et marchaient selon un ordre déterminé dans le désert du Sinaï.

(mosaïque dans la synagogue Or Thora à Akko, blog de Daniel Ventura)

La semaine dernière, nous fûmes invités à l’école de notre petite-fille Yael, où se déroulait une fête familiale en l’honneur de l’Avodat Shorashim.
Nous étions environ 200, parents et grand-parents. Et bien là bas, ce rapport charnel à l’histoire a été un des plus émouvants qu’il m’ait été donné d’éprouver.
En dehors de leur recherche personnelle, les élèves avaient préparé une exposition de lettres et de photos.
Pourquoi veux-tu une lettre de ma mère? avais-je demandé.
Mais tout est important, Savta,  le papier, le timbre, les alphabets différents etc…
Et c’est vrai que tout était important. Toutes sortes de lettres étaient exposées. Des lettres du bout du monde, des lettres fatiguées, des lettres qui avaient franchi des murs de haine pour donner des nouvelles, des lettres comme celle-ci, écrite à Cracovie, timbrée dans le grand Reich nazi et distribuée à Saint Etienne, en France…

Des photos, certaines en couleur mais beaucoup en noir et blanc:

{Photo prise à Sana’a Au Yemen, peu de temps avant l’alyia de la famille:
Tsvia, la petite fille aux joues rondes, à gauche sur la photo, fit toute sa carrière à la Commission des Lois de la Knesset
)

Ce fut une soirée de שירה בציבור (shira betsibour),  chants et poésies en public. La chanson שיר ניגונים (shir nigounim) poésie musicale, m’a rappelé de lointains souvenirs.


(La chanteuse Yehudit Ravitz et son père Yaakov)

Vous avez planté en moi, mon père et ma mère, des mélodies, des mélodies et refrains oubliés qui éclosent maintenant et fleurissent… Leurs racines s’emmêlent dans mon cœur…

Nous lûmes deux poèmes de Yehuda Ami’haï* qu’il a dédiés à ses parents:

Mon père était Dieu et ne le savait pas.
Il m’a donné les Dix Paroles, non pas dans un bruit du tonnerre, non pas avec colère ou feu ou nuée, mais avec tendresse et amour.
Au son des tambourins et des paroles agréables, en rajoutant « je t’en prie » et »s’il te plait ».
Il m’a chanté Zakhor Veshamor, en une seule mélodie*.
II  implorait et  pleurait en silence entre diber et ledaber. Tu n’élèveras pas le nom de ton Dieu en vain, non tu ne le feras pas. De grâce ne réponds pas à ton prochain par un témoin mensonger.

Il m’embrassait fort et murmurait à mes oreilles: ne vole pas, ne sois pas adultère, ni meurtrier,
Il déployait les paumes de ses mains sur ma tête le jour de Yom Kippour, Honore, aime pour que tes jours s’allongent sur cette terre.
La voix de mon père, blanche comme ses cheveux.
Alors, le jour où il mourut dans mes bras, il tourna une dernière fois sa tête vers moi et dit: Je veux en ajouter deux aux 10 Paroles. La onzième: Ne change pas! La douzième: Change, change!
Ainsi parla mon père, se détourna et s’en fut dans d’étranges lointains…

Ma mère était prophétesse et ne le savait pas. Pas comme Myriam dansant au son des tambourins et des cymbales,
Pas comme Dvora, assise sous son palmier et qui jugeait le peuple,
Pas comme Hulda qui prophétisait l’avenir,
Mais ma prophétesse. silencieuse et têtue, je dois en convenir alors que défilent mes années. Ma mère prophétisait lorsqu’elle me parlait des choses de la vie quotidienne. Des versets à usage unique: Tu vas le regretter, ça va te fatiguer, ça te fera du bien, tu te sentiras comme un homme neuf, tu aimeras ça, tu ne pourras pas, tu ne réussiras pas à terminer cela, je savais que tu ne t’en souviendrais pas, n’oublies pas, prends, repose toi, tu peux, tu peux… Quand ma mère mourut, toutes ces petites prophéties se rejoignirent en une grand prophétie  qui subsistera jusqu’à la fin des temps–

Ce fut une soirée familiale, sans prétention, les élèves chantèrent elles aussi: une chanson en judéo-arabe composée en souvenir de sa mère par le paytan David Bouzaglo, et une chanson du Théâtre Yiddish du ghetto de Vilno et intitulée « Nous vivrons pour toujours » et qui se termine par la dernière phrase du chant des partisans du ghetto: Nous vivrons pour toujours car nous sommes là!

L’arrière grand-père d’une des élèves a raconté comment il avait pu survivre pendant la Shoah alors que ses parents étaient envoyés à la mort:
J’avais 13 ans, j’étais costaud et les Allemands avaient besoin de main d’oeuvre pour construire des routes… Quand je suis arrivé à Beer Sheva en 1951, on m’a demandé: que sais-tu faire? Je n’étais pas allé à l’école alors j’ai répondu, je sais construire des routes! Si quelqu’un, pendant la guerre en Roumanie,  m’avait dit que je construirais des routes en Eretz Israel et que je raconterais tout ça devant vous, devant mon arrière petite-fille, j’aurais pensé: il est complètement fou!

(Si tu as gagné, grand-père, où est ton trophée? C’est toi, mon trophée)

– Mais pourquoi l’éducation israélienne donne-t-elle une telle importance à nos racines  familiales et diasporiques ai-je demandé à ma fille?
– En creusant dans nos racines nous mettons à jour le triple lien qui fait de nous un peuple: le lien avec notre terre, le lien avec notre tradition et le lien avec nos origines si variées et si proches:
Le lien à notre terre: Nous en avons été éloigné pendant des centaines d’années mais il est resté présent dans notre cœur.
Le lien avec notre tradition (même non respectée), qui fait que nous sommes un seul peuple malgré nos différences dues à notre éloignement géographique.
Le lien familial qui nous a permis de survivre et de transmettre.

L’homme nouveau* si cher aux Juifs de la troisième alyia qui voulait se couper de son passe galoutique et douloureux, s’est enrichi maintenant des multiples nuances. Sroulik* existe toujours, mais Sroulik ne se réfère plus seulement aux héros du Tanakh en sautant allègrement par dessus 2000 ans de diaspora, il s’enrichit maintenant de toutes les racines de son arbre.

Ou comme dit si joliment ma fille: Nos racines, leurs ailes….

 

A bientôt,

*Citation de Manitou (rav Léon Ashkenazi):
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/07/10/un-garcon-semblable-a-un-cedre/

*L’histoire et les engendrements:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2017/04/23/yom-hashoah-2017/

*Tiré du piyout de Shlomo Alkabetz; chanté le vendredi soir:
http://www.zemirotdatabase.org/view_song.php?id=68

*Dans les ghettos, les gens ne mouraient pas seulement de faim, de maladie ou tués par les Allemands et leurs sbires. La vie culturelle était aussi un rempart contre la détresse qui les usait peu à peu. Comme l’écrivait Hermann Kruk (https://fr.wikipedia.org/wiki/Hermann_Kruk),  dans son journal:
Et pourtant la vie est plus forte que tout. La vie continue à pulser dans le ghetto. A l’ombre de Ponary (la forêt où les Juifs étaient massacrés par les Einsatzgruppen) la vie continue et nous avons toujours l’espoir d’un meilleur matin. Au début de la guerre, les concerts étaient boycottes par le public, mais maintenant les salles sont pleines tous les soirs et ne peuvent même pas contenir tous ceux qui veulent venir.

*Yehuda Ami’haï
Yehuda Amichaï ( יהודה עמיחי), né Ludwig Pfeuffer le  à Wurzbourg en Allemagne et mort le 22 septembre 2000 à Jerusalem.  Son nom de famille, Amihaï, signifie: mon peuple est vivant.

*Le concept de l’homme nouveau:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/06/20/yossef-trumpeldor-lhomme-nouveau/

*Sroulik, diminutif du prénom Israel. C’est un petit personnage dessiné par Dosh et symbole du Sabra.

 

 

 

 

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Non, nous n’oublions pas les Justes des nations

Nous n’oublions pas les Justes des nations, ceux qui nous ont aidés pendant la Shoah, souvent au péril de leur vie. Ils sont honorés à Yad Vashem, leur histoire est enseignée dans les écoles. Nous savons que sans eux, nous n’aurions pas survécu.
A Yad Vashem, on peut lire leurs noms. Certainement beaucoup plus n’ont pas pu être répertoriés car ils ont été assassinés par les nazis en même temps que les Juifs qu’ils protégeaient.
Mais en cette fin du mois de janvier où les nations commémorent l’extermination des Juifs pendant la Shoah, le parlement polonais vient d’approuver un projet de loi qui nie toute responsabilité de Varsovie dans l’extermination des Juifs sur son sol!
Cette loi veut punir de 3 ans de prison toute personne disant que le peuple polonais a pris part à la Shoah et non pas seulement ceux utilisant l’expression “camps d’extermination polonais” comme cela a été souvent rapporté*.

Les propos d’un parlementaire polonais interviewé à la télévision israélienne à ce sujet étaient très clairs: le peuple polonais n’a pas participé à l’extermination des Juifs, sauf quelques gangsters comme il y en a partout » a-t-il concédé.
Or, pour ne parler que de la période moderne, dès 1926, il y eu de violentes campagnes antisémites qui aboutirent aux pogroms de Grodno (1935), de Przytyk (1936), de Minsk, Mazowiecki (1936), et Brzesc (1937). Dans les années 30, les étudiants juifs furent soumis à des quotas dans les universités, et les fonctionnaires juifs perdirent leurs postes. Pendant la guerre, il y eu plusieurs massacres perpétrés par les Polonais eux-mêmes (comme à Jedwabne en 1941).
Avant la guerre, il y avait 3,3 millions de Juifs en Pologne, seulement environ 300 000 en 1945.
Après la guerre, entre 1945 et 1948,les pogroms perpétrés à Cracovie 1945, à Kielce 1946 ainsi que l’assassinat de nombreux de juifs isolés, nous donnent une idée de l’antisémitisme d’une grande part de la population polonaise. La plupart des survivants s’enfuirent.
Après 1948, le régime communiste fit des purges dans les rangs des fonctionnaires juifs restants: pour Gomulka, non seulement les Juifs mais aussi les descendants de Juifs (il suffisait d’avoir un arrière grand-père juif), devaient être limogés.
Et on voudrait nous faire croire que pendant la guerre, alors que l’extermination des Juifs était licite et même encouragée, seuls « quelques gangsters » auraient aidé les nazis? Les historiens estiment que 200 000 juifs ont été exterminés en Pologne du seul fait des bons citoyens polonais.

J’écris cet article le jour de טו בשבט (Tou Bishvat). Le sud est déjà recouvert de coquelicots*et les amandiers refleurissent autour de nous. Cela me fait penser à la vue sur les collines verdoyantes qui termine la visite éprouvante de Yad Vashem, le renouveau après le désespoir et la mort.

L’amande se dit en hébreu  שקד (Shaked) mais cette racine signifie aussi être assidu, appliqué à l’étude
Et si, nous tous nous envoyions des amandes aux Polonais pour qu’enfin ils étudient et regardent leur histoire en face?
Au lieu de faire par exemple des ennuis à l’écrivain polonais Jan Tomasz Gross  parce qu’il a parlé de la responsabilité des Polonais lors des massacres antisémites durant la Seconde Guerre mondiale* dans son livre Les voisins:
« Ce que virent les Juifs horrifiés et interdits, ce sont des visages familiers. Non pas des hommes anonymes en uniforme, les rouages anonymes d’une machine de guerre, des agents exécutant des ordres, mais leurs propres voisins. Des voisins qui choisirent de tuer et prirent part à un pogrom sanglant : des bourreaux volontaires…

Ils feraient bien mieux d’honorer les Justes polonais à qui ils doivent de ne pas être tombés entièrement dans la barbarie.

Bonne fête de Tou Bishvat

טו בשבט שמח

A bientôt,

*camps d’extermination polonais: expression employée par Obama

*les coquelicots:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/02/28/le-sud-en-rouge/

*Jan Tomasz Gross: Les voisins (ED Fayard, 2002)
*Les Justes polonais repertories:
http://www.yadvashem.org/yv/pdf-drupal/poland.pdf
lisez aussi:
http://www.yadvashem.org/fr/justes.html

 

Quand Eichmann demandait grâce…

En Israel, le jour de la shoah est commémoré le 19 avril, jour de la révolte du ghetto de Varsovie en 1943. Le reste du monde a choisi le jour de la libération d’Auschwitz par les Russes, le 27 janvier 1945.
Bien que ce jour du 27 janvier ne soit pas pour nous un jour particulier, le Président de l’état d’Israel, Reuven Rivlin, a choisi de présenter quelques documents et en particulier une lettre du 29 mai 1962, écrite par Eichmann alors emprisonné en Israel et condamné à mort*.
Dans cette lettre, Eichmann demande grâce au président de l’état d’Israel, Yitshak Ben Tsvi* :

lettre d'Eichmann

Pour sa défense,  Eichmann explique qu’il a seulement obéi aux ordres et n’a rien fait de sa propre initiative:
«Il n’est pas exact de dire que j’aurais pu adoucir le sort des Juifs, je n’étais pas une personnalité d’un rang assez élevé pour ça… Je n’ai jamais donné d’ordre en mon nom mais toujours obéi aux ordres…J’abomine le meurtre des Juifs et considère  cette horreur qui a été perpétrée contre les Juifs comme un des plus grands crimes. Je pense qu’il faut assigner en justice maintenant ceux qui l’ont initié… Il faut cependant faire la différence entre les dirigeants responsables et les gens comme moi qui ont été obligés car ils étaient à leur service… Je n’étais pas un dirigeant responsable, je ne me sens donc pas coupable et  ne peux pas accepter la sentence du tribunal. Aussi je vous demande, Monsieur le Président, d’utiliser votre droit de grâce et d’ordonner que la sentence de mort ne soit pas appliquée…»

Eichmann demande ensuite de pouvoir laver son nom et proclame encore une fois qu’il était écœuré par les fait perpétrés contre les Juifs: «J’ai au contraire demandé à être transféré à un autre poste car j’étais écœuré par ces atrocités. De plus j’ai moi même révélé à l’enquête, de ma propre initiative, des atrocités inconnues jusque là, pour vous aider à dévoiler la vérité».
Quand on connaît ses états de service!!!*
Le Président Ben Tsvi répond à cette demande et écrit: «Après avoir réfléchi et après avoir pris connaissance de tous les faits reprochés à Eichmann,  je suis arrivé à la conclusion que ce ne serait pas justice que de le gracier  et d’adoucir la peine infligée par le tribunal de Jerusalem et approuvée par la Cour Suprême siégeant en tant que cour d’appel pénale le  29 mai 1962.  Je vous informe que j’ai donc décidé de rejeter cette demande et de ne pas utiliser mon droit de grâce».
Eichmann a été pendu le 1 juin 1962, incinéré et ses cendres ont été dispersées en Méditerranée dans les eaux internationales.
L’ONU, qui n’en est pas à une hypocrisie près, a créé en 2005 la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de la shoah, encourageant les Etats-membres à «élaborer des programmes éducatifs qui graveront dans l’esprit des générations futures les enseignements de l’Holocauste afin d’aider à prévenir les actes de génocide».
Et pourtant de nombreux pays qui appellent ouvertement à la destruction de l’état d’Israel, voir même à l’extermination du peuple juif, siègent au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, et par le biais de majorités automatiques régulièrement condamnent l’état d’Israel. En 9 ans ce pseudo Conseil des droits de l’homme a condamné 61 fois Israel et 56 fois l’ensemble des autres pays de la planète. Bigre! Quel état criminel pour mériter un tel traitement!
Mieux, certains membres de ce conseil sont négationnistes et, parmi eux, ceux avec lesquels nous sommes censés bâtir la paix et une reconnaissance mutuelle.
De plus, les employés de l’UNRWA sont opposés officiellement à l’enseignement de la shoah, les propres employés de l’ONU*!
En France ces dernières années, a vu le jour un projet de l’UNESCO, le projet Aladin: il se présente comme un « pont » de la reconnaissance entre Juifs et musulmans. De quoi s’agit-il? Enseigner aux Juifs et aux musulmans ce qu’ils ont de commun afin de désarmer les conflits religieux ou culturels. Projet à priori fort louable mais hélas vite dénaturé.
Tout d’abord leur site, (http://projetaladin.org/fr/%C3%A9ducation-dholocauste.html), est rédigé en version perse, arabe, turque, anglaise et française mais pas en hébreu*. Les Israéliens ne seraient-ils pas conviés?
De plus, si vous lisez les chapitres consacrés à l’histoire des communautés juives en terre d’Islam (http://www.projetaladin.org/holocaust/fr/musulmans-et-juifs/musulmans-et-juifs-au-cours-de-lhistoire/musulmans-et-juifs-au-cours-de-lhistoire.html), vous y apprendrez combien la vie des Juifs y était douce. «Mais, en dépit de leur statut de dhimmi, les juifs étaient libres de pratiquer leur religion et ils vivaient mieux sous administration musulmane que sous administration des chrétiens byzantins… Et, si elles (les communautés) acceptaient leur statut de citoyens de seconde classe, elles vivaient paisiblement et en bonne intelligence avec leurs voisins musulmans….»
On y apprend aussi que ce n’est qu’au 19 ème siècle «qu’apparurent les premiers stéréotypes antisémites dans le monde musulman.»  La falsification des faits historiques est évidente. Il suffit de lire pour s’en rendre compte ce que publient des historiens sérieux et non complaisants comme Georges Bensoussan, David Littman, Paul Fenton, Bat Yeor etc… Quant à l’antisémitisme nazifiant des Arabes au 20 ème siècle et leur participation à la shoah*, elle était évidemment négligeable et non représentative pour les initiateurs de ce projet .
Sur i 24 news  cette semaine, évoquant le projet Aladin, une interview sur l’enseignement de la shoah dans les écoles  arabes: un arabe se plaint: oui, il faut enseigner la shoah mais aussi la nakba* car «nous avons eu mal nous aussi»!
Enseigner la nakba ET la shoah? Le journaliste ne proteste même pas, cette équivalence est rentrée dans l’ordre de ce qui est maintenant acceptable. Comme, personne ne peut  plus nier la shoah, bien que le Fatah essaye toujours,  la rhétorique arabe veut mettre sur le même plan, l’extermination des Juifs par les nazis et la fuite des Arabes pendant la guerre de 1948.
S’il y a eu des expulsions de quelques villages, s’il y a eu des morts, la plupart des Arabes de Palestine ont fui à l’appel des pays environnants qui appelaient clairement à l’extermination des Juifs de Palestine et n’ont pas été chassés. De nombreux documents émanant de groupes juifs, de la police britannique et même de dirigeants arabes l’attestent. Mais sans chercher bien loin, intéressez-vous simplement aux dates: les Arabes fuient entre décembre 1947 et avril mai 1948 alors que cette première année de guerre est une catastrophe pour les Juifs et qu’il faudra attendre l’été 1948 pour que la situation se renverse en leur faveur.
L’Autorité palestinienne propage encore aujourd’hui, notamment au travers de ses émissions télévisées, une idéologie de haine virulente envers les Juifs et Israël et incite au meurtre de Juifs simplement parce qu’ils sont Juifs. Assassiner des Juifs est présenté non seulement comme bénéfique pour les musulmans et les Arabes, mais comme «nécessaire pour toute l’humanité». N’est-ce pas la  continuation du nazisme, tuer des Juifs parce qu’ils sont Juifs tout simplement?
 
Quant à l’Iran et ses amis:caricature de la ShoahJe cite l’article de Pascale Zonszain dans le journal Actualite Juive:
-La capitale iranienne hébergera en effet dans quelques mois une nouvelle édition de la Biennale internationale du dessin politique, un nom pompeux pour une manifestation sponsorisée par le régime chiite et dont l’objet principal est d’encourager la négation de la ShoahCette année, un prix de 50 000 dollars sera décerné au dessinateur qui aura le mieux tourné en dérision l’extermination de 6 millions de Juifs par les nazis.
«Notre propos n’est pas d’approuver ou de nier l’Holocauste. La vraie question est de savoir pourquoi il n’est pas permis de discuter de la Shoah, alors que l’Occident défend la liberté d’expression»
assure Massoud Shojai-Tabatabai l’organisateur de la manifestation. Une pirouette intéressante pour un régime qui avait condamné les « provocations » de Charlie Hebdo et qui avait d’ailleurs organisé un concours de caricatures sur la Shoah en réponse aux attentats de Paris de janvier 2015…*

invitation president iranien

(invitation que n’a pas honorée Rouhani)

Quand on me demande pourquoi j’ai émigré en Israel alors que j’avais une vie très confortable en France, je réponds que je suis rentrée à la maison. Je sais, cela surprend. Mais ici,  je n’ai pas besoin qu’un Premier Ministre déclare qu’il me protégera de toutes ses forces, je suis protégée par mon gouvernement, par mon armée, par les soldats qui ne sont pas là seulement parce qu’ils en ont reçu l’ordre mais parce qu’en me protégeant ils se protègent eux-mêmes.
Je ne me considère pas comme une femme pratiquante. Croyante? Oui, peut-être  comme Arnold Schoenberg qui déclarait en 1945 «et malgré tout,  je prie!», mais les textes me parlent et en particulier celui-ci que nous chantons le soir de Pessa’h

והיא שעמדה לאבותינו
והיא שעמדה לאבותינו ולנו
שלא אחד בלבד עמד עלינו לכלותנו
עמד עלינו לכלותנו

והקדוש ברוך הוא מצילנו
מצילנו, מידם
הקדוש ברוך הוא מצילנו
מצילנו, מידם

שלא אחד בלבד
עמד עלינו לכלותנו, לכלותנו
והקדוש ברוך הוא מצילנו
הקדוש ברוך הוא מצילנו מידם

« C’est elle (la promesse) qui nous a soutenu nous et nos ancêtres. Car ce n’est pas un unique ennemi qui s’est dressé contre nous pour nous anéantir. Mais à chaque génération, on se dresse contre nous pour nous exterminer. Et le Saint Béni Soit-Il nous sauve de leurs mains » (extrait de la Haggadah)

En fin de compte, Eichmann  n’était qu’un minus.
Bien qu’il fût le responsable de la mise en place de l’extermination des Juifs, il n’eut pas le courage d’assumer ses actes et  d’affronter la mort sans pleurnicher. Eichmann était en son temps politiquement correct, sans états d’âme, comme le furent des millions d’autres, comme le fut une large majorité en l’Europe.

A bientôt,

*Yitshak ben Tzvi (1884-1963) fut le 2 ème président de l’état d’Israel

*Sur Eichmann: la peine de mort n’a jamais été appliquée en Israel sauf pour Eichmann
http://www.akadem.org/medias/documents/Adolf-Eichmann.pdf
http://www.akadem.org/medias/documents/1_Proces_Eichmann.pdf
http://www.akadem.org/medias/documents/XX-4-Eichmann-bio.pdf

*L’UNESCO: dans les années 80, ma mère avait résilié son abonnement à la Lettre de l’UNESCO, qui avait fait paraître un hors-série sur les écritures du Moyen-Orient en ne mentionnant pas l’hébreu!

*opposition à l’enseignement de la Shoah par les employés de l’UNRWA:
http://www.palwatch.org/main.aspx?fi=855&doc_id=4947
http://www.palwatch.org/main.aspx?fi=855&doc_id=4870

*excellent article de Victor Perez:
http://victor-perez.blogspot.fr/2016/01/la-duplicite-antisemite-de-lonu.html

*http://www.actuj.com/2016-01/israel/2913-caricatures-sur-la-shoah-l-iran-persiste-dessine-et-signe

*L’antisémitisme nazifiant des Arabes:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/11/13/les-nazis-en-palestine-dans-les-annees-30/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/10/22/le-mufti/

*Nakba: catastrophe en arabe. Il s’agit de la guerre de 1948 qui s’est terminée par la victoire des Juifs de Palestine et qui a vu plusieurs centaines de milliers d’Arabes fuir leurs maisons a l’appel de leurs propres dirigeants

Et on oublie trop souvent les Juifs qui ont fui les pays arabes limitrophes ou furent simplement expulsés de leurs maisons dans un certain nombre de villages ou de kibboutzim.

 

Tout homme a un nom

Ce soir, c’est Yom HaShoah.

Le mot Shoah est utilisé tel quel dans la plupart des langues. Peut être parce que ce n’est pas simple de le traduire. Le terme est repris du verset du prophète Isaïe (47:11) qui dit: « C’est pourquoi un malheur s’abat sur toi que tu ne sauras prévenir, une catastrophe t’atteint que tu ne pourras conjurer: La ruine (« shoah ») t’accable soudain, sans que tu l’aies prévue. »

Mais comment en parler ?

Je ne vais pas vous parler de la sirène qui nous stoppe où que nous soyons en Israël:

yom hashoah ni des cérémonies:

yom hashoah ceremonie

ni de cette journée de deuil tournée entièrement vers le souvenir d’un passé encore si présent…

Non, je vais vous parler d’un sentiment de vertige et d’impuissance.
Tout d’abord il y a les chiffres. Des chiffres qui nous donnent le vertige et qui nous paralysent. Derrière ces chiffres, des millions de gens qui avaient une vie, une famille, une histoire et dont on ne sait rien…
Et pourtant, tout homme a un nom…
Pour essayer de retrouver l’identité de tous ces morts et parfois leur visage ou même un pan de leur vie, des centaines de personnes  travaillent sans relâche depuis des années. J’aimerais mentionner:
-Yad Vashem à Jérusalem (http://www.yadvashem.org). Ce n’est pas seulement un musée. C’est aussi et surtout un centre de Recherche et d’Éducation sur la Shoah. Il possède une base de données où sont déjà classés plus de trois millions de noms. En exergue de cette base de données est écrite cette phrase poignante : «  J’aimerais qu’on se souvienne qu’un jour a vécu quelqu’un appelé David Berger* » .
– Le United States Holocauste Memorial Museum de Washington (http://www.ushmm.org/) qui remplit plus ou moins les mêmes fonctions.
– L’extraordinaire travail du Père Desbois que vous connaissez sans doute. Voici le blog de son association : http://www.yahadinunum.org/
– Des sites comme celui de missing identity (http://www.missing-identity.net/) dédié aux orphelins trop jeunes à l’époque pour se souvenir de leur véritable nom et de leurs parents.
-Ceux qui travaillent tous seuls, comme Véronique Chevillon du site http://www.sonderkommando.info  qui donne une voix à ceux qui  étaient affectés aux crématoires.
-Et ceux qui, chaque année, lisent les noms que d’autres bénévoles ont pu répertorier sur des listes difficilement établies (celle de Serge Klarsfeld pour la  France, Liliana Picciotto pour l’Italie etc…)

Nous devons les honorer pour leur travail bénévole et opiniâtre.

Tout homme a un nom
Que Dieu lui a donné
Que ses parents lui ont donné
Tout homme a un nom
Que sa taille et son sourire lui ont donné
Que ses vêtements lui ont donné
Tout homme a un nom
Que les montagnes lui ont donné
Que ses murailles lui ont donné
Tout homme a un nom
Que les étoiles lui ont donné
Que ses voisins lui ont donné
Tout homme a un nom
Que ses péchés lui ont donné
Que ses désirs lui ont donné
Tout homme a un nom
Que ses ennemis lui ont donné
Que son aimée lui a donné
Tout homme a un nom
Que les fêtes lui ont donné
Que son travail lui a donné
Tout homme a un nom
Que les saisons lui ont donné
Que sa cécité lui a donné
Tout homme a un nom
Que la mer lui a donné
Que sa mort
Lui a donné

(Zelda*)

Ensuite, il y a ce sentiment que si nous sommes en vie, c’est uniquement parce que le travail des bourreaux a été stoppé à temps pour nous, car  nous étions nous aussi programmés pour être assassinés.

Nous avons perdu la moitié de notre peuple et la minorité qui ne vivait pas en Europe occupée a dû son salut aux victoires des Alliés en décembre 1942. En Afrique du Nord, les lois raciales étaient appliquées plus largement qu’en France, les Juifs du Moyen-Orient  voyaient des formations paramilitaires pro-nazies les attaquer, comme en Irak. Les Einzatgruppen* attendaient à Athènes la victoire du Maréchal Rommel en Lybie pour fondre sur le Moyen Orient et y pratiquer comme en Europe ce que le père Patrick Desbois* appelle la Shoah par balles.
Oui, notre sort était commun quelques soient notre origine géographique, nos convictions politiques ou même religieuses*.

Jusqu’à ce que je vienne m’installer ici, j’étais lasse des commémorations qui ne sont que des ronrons, de cette  phrase creuse que j’ai entendue toute ma vie: « Plus jamais ça ! » Plus jamais ça quoi ? Plus jamais les massacres ou plus jamais  le début poli et administratif de la mise à l’écart d’une partie de la population sans que personne ne songe à lever un sourcil?

Un de mes proches, Shaya, avait pu fuir la Pologne à temps et se réfugier en Grande Bretagne. Là, il s’était enrôlé dans l’armée d’Anders*, composée de soldats polonais, juifs ou non, qui partaient se battre au Moyen-Orient. Arrivés en Palestine mandataire,  il avait entendu un officier polonais dire à ses soldats non juifs : « Ici, vous allez voir beaucoup de Juifs, mais ne les battez pas, car ici, ils vous rendront les coups ! »

Et c’est ainsi qu’en souvenir de Shaya, je voudrai vous parler de la gvoura ( גבורה ) l’héroïsme.
En France on ne parle que de la Shoah, l’extermination. Chaque fois que j’essayais de parler de la gvoura, on me rétorquait que seule la Shoah était commémorée, « On n’est pas en Israël ici ! ». Je soupçonne beaucoup de gens de nous aimer petits, misérables et apeurés pour ne pas dire déjà morts. Or, non seulement les Juifs ont été très nombreux à participer aux mouvements de résistance mais il y a eu une résistance juive complètement occultée :

– En France et en Europe Occidentale les nombreux réseaux de résistance juive (celui des Eclaireurs Israélites, l’Armée Juive de Combat et bien d’autres….)
En Europe Orientale, les partisans juifs devaient se battre contre les nazis mais aussi parfois contre les résistants locaux bien trop contents de les voir disparaître.
-Les révoltes dans les ghetto, et pas seulement  celle du ghetto de Varsovie même si elle est la plus mémorable car les Juifs ont tenus presque un mois contre les troupes allemandes.
– Dans la Palestine mandataire, les volontaires de la  Brigade Juive de Palestine, les parachutistes  Hanna Senesh, Enzo Sereni, Haviva Reik et bien d’autres encore…
Le nom de Hanna Senesh vous est sans doute connu car elle a laissé un cahier de poèmes, écrits au kibboutz Sdot Yam avant d’être envoyée en mission. Deux d’entre eux sont régulièrement interprétés pour Yom Hashoah:

Eli, Eli: 

Mon Dieu, mon Dieu,
Que jamais ne s’arrête le sable et la mer,
Le clapotis de l’eau,
L’éclair dans le ciel
La prière de l’homme

Heureuse est l’allumette: 

Heureuse est l’allumette qui en brûlant a allumé des flammes
Heureuse la flamme qui brûle dans le secret de nos coeurs
Heureuses sont les flammes qui ont su mourir dans l’honneur
Heureuse est l’allumette qui en brûlant a allumé des flammes

Non, nous ne sommes pas partis comme des moutons à l’abattoir, nous nous sommes défendus et nous avons combattu sans aucun espoir de vaincre.
Nous ne sommes pas une cause humanitaire, nous ne l’avons jamais été. Nous ne voulons pas qu’on nous plaigne et  qu’on pleure sur nous.
Nous voudrions que le monde arrête de se repentir en paroles pour agir, qu’il  arrête de nous considérer comme des fusibles qui sautent chaque fois que la société est malade. Combien de fois ai-je entendu ce raisonnement abject : « Mais vous devez comprendre que l’Allemagne était exsangue après la première guerre mondiale, que la situation économique était catastrophique, que la situation politique était tout à fait instable !… »
Et alors? Parce que l’Allemagne était malade, il fallait tuer les Juifs? Vous connaissez certainement cette blague idiote. Si vous dites à quelqu’un:  Demain on arrête les Juifs et les coiffeurs! Il y en a toujours qui répondront: Et pourquoi les coiffeurs?

Un livre est sorti après le meurtre d’Ilan Halimi. Il s’appelle « Un canari dans la mine » C’est une expression plus jolie que fusible mais ça veut dire la même chose.

On peut à nouveau tuer des Juifs et cette fois, la raison en est qu’une partie de la population  française fait des Juifs ses boucs émissaires. Après les assassinats à Toulouse de Jonathan, Arieh et Gabriel Sandler et de Myriam Monsonego,  ce ne sont pas des victimes dont on parle mais essentiellement du tueur et de sa famille pour qui des arguments cosmétiques sont trouvés.
Nous ne sommes pas des victimes expiatoires ! Nous sommes des Juifs ! Nous sommes des êtres humains qui ne veulent plus être ni menacés ni assassinés. Est-ce trop demander ?

A bientôt,

*David Berger vivait à Vilno en Lithuanie. Il s’agit de sa dernière lettre destinée à une amie qui avait pu s’enfuir en Palestine. il a été tué en 1941, il avait 19 ans:

*Einzatzgruppen: groupes d’intervention chargés des missions d’extermination en particulier en Europe Orientale

*Le Père Patrick Debois a créé une association Yahad–In Unum chargée de  rassembler plus d’informations sur la Shoah principalement en Ukraine et en Bielorussie perpétrée par les Einzatzgruppen, entre 1941 et 1944. Des témoins contemporains ukrainiens sont interrogés par Patrick Desbois et son équipe sur les fusillades massives qui se sont déroulées à côté de chez eux. Ces enquêtes permettent de localiser les fosses communes. Patrick Desbois estime qu’il n’y a pas moins d’un million de victimes enterrées dans 1 200 fosses en Ukraine. Il raconte son expérience dans le livre Porteur de mémoires.

*Comme la carmélite Edith Stein et d’autres Juifs convertis au christianisme

*Zelda Schneersohn Mishkovsky (1914 –1984), poétesse israélienne connue sous le nom de Zelda

* L’armée d’Anders: le général polonais Wladyslaw Anders, commandant des forces armées polonaises en URSS (Armia Andersa) qu’il réussit à faire évacuer  vers l’Iran en 1942. Il devient commandant en chef de l’Armée polonaise au Moyen-Orient, intégrée aux troupes britanniques : en Iran, en Irak, puis en Palestine.