Détruire Israel par tous les moyens

A la mémoire de Ha’il Satawi et Kamil Shanan,  policiers druzes assassinés  par trois terroristes arabes israéliens de Um el Farm.

 et celles des membres de la famille Salomon, Yossef, Haya et Elad, égorgés chez eux lors du repas de shabbat par un terroriste venu des territoires palestiniens et qui voulait « sauver El Aqsa ».

Hier, je regardais la chaîne télé de la Knesset. Une des nombreuses commissions du parlement israélien traitait d’un sujet très sensible et actuel. Il s’agit des pressions exercées à l’égard de la jeunesse druze israélienne pour la convaincre de ne pas faire de service militaire.

La commission présidée par le député Amir Ohana. conseiller aux affaires militaires liées au recrutement, et à laquelle participaient des officiers supérieurs. un député et une représentante du Ministère de l’Education pour le secteur druze et tcherkesse,  a entendu un certain nombre de témoignages, notamment celui des représentants du mouvement étudiant Im Tirtzou qui a dévoilé cette affaire.
Le responsable de Im Tirtzou, Matan Peled, a décrit les activités de l’organisation pro palestinienne Baladna et ses liens avec les députés de la liste unifiée arabe*, tous deux incitant les jeunes appartenant aux communautés musulmanes, chrétiennes et surtout druzes, à ne pas faire leur service militaire ou service national.

L’organisation Baladna et sa jumelle Aorfod veut persuader les jeunes druzes qu’il n’y a pas d’entité druze-israélienne et qu’ils sont en fait tout simplement palestiniens. De même pour les jeunes tcherkesses. Dans ces communautés attachés à leur tradition, le service militaire ne touche que les garçons, mais les filles font souvent le service civil en volontariat dans les villages druzes.
Pour Baladna, même le service civil, qui est en fait un volontariat au service des plus démunis, est le signe d’une allégeance à la puissance occupante, Israel. Si il y a volontariat, celui-ci doit être effectué seulement dans les organisations palestiniennes.  Médecins et avocats affiliés à ces organisations expliquent aux jeunes comment frauder pour se faire reformer.
A ce stade, je dois préciser que les membres de la Liste unifiée sont des députés israéliens sensés représenter la minorité arabe israélienne et non pas les palestiniens de Mahmoud Abbas ou du Hamas.

Matan Peled a ajouté que les députés de la Liste unifiée incitent, d’une façon plus générale, les jeunes druzes qui sont astreints au service militaire comme les Juifs, à ne plus se considérer comme israéliens mais comme palestiniens. Ils font un travail de sape très élaboré au sein de la société israélienne non juive: Un jeune druze a témoigné pour décrire ce qui se passait à Daliyat El Carmel (ville druze au nord d’Israel) où ces organisations, n’ayant pas été autorisées à rentrer dans le lycée, avaient fait des réunions informelles dans un centre social sous un faux prétexte.

Le Dr Akram Hasson, député druze, a indiqué que les druzes jusqu’à présent ne se sont pas laissé faire et qu’au final le pourcentage d’incorporation des druzes dans l’armée est aussi élevé que celui des Juifs, mais, a-t-il ajouté, « une stricte surveillance de ces activités s’impose, nous maintiendrons l’interdiction à ces organisations d’entrée dans les établissements d’enseignement dans nos villages à majorité druze ». Toutefois signale-t-il, « il n’est pas possible aujourd’hui d’en faire autant dans des villages tels que Shfaram ou Kfar Kana où la population est mixte: druze et arabe. Pour ces derniers, nous allons proposer une loi  de protection contre ces organisations, sans délai. »

Mais, allez vous dire, même dans la population juive, des organisations prônent la désobéissance civile.
A l’extrême gauche de l’échiquier politique, Shoverim Shtika ou B’tselem, recrutent des arnarchisto-trotskistes  qui sont persuadés qu’en affaiblissant Tsahal, nous arriverons à une paix entre nous et les arabes. Certains sont atteints de ce syndrome de la haine de soi, ils espèrent en s’accusant, en annihilant leur identité, s’attirer les bonnes grâces de leurs ennemis ce qui bien sur n’arrivera jamais puisque le monde arabe ne connait que le dominant et le dominé et ne considérera jamais le dhimmi comme un interlocuteur valable.
Egalement, ceux, qui dans les groupes haredim, refusent aussi le service militaire, se justifient en nous expliquant que leurs prières sont aussi efficaces (voire plus) que le maniement des armes. Dans ces deux cas, que l’on soit d’accord ou pas, les gauchistes comme les harédim estiment agir en fonction de leurs convictions pour le bien du pays.

Tandis que pour le parti La Liste unifiée ou les organisations telles que Baladna,  il s’agit de détruire le fragile équilibre qui s’est installé dans la société israélienne entre différentes communautés. Il s’agit de démembrer Israel considéré comme l’ennemi. Leurs discours, ne se réfèrent jamais à la coexistence ou au vivre-ensemble. Non, leur objectif est clair: soumettre et détruire l’état d’Israel. Leurs propos sont clairs sur le sujet, ils ne s’en cachent même pas. ils parlent de soumission des juifs et de destruction du pays. Il veulent selon les expressions consacrées « la Palestine de la rivière à la mer » ou bien « jeter les Juifs à la mer », expressions largement scandées par les foules pendant les manifestations de cette dernière semaine.

Il était temps que ce problème soit révélé au grand jour. Le mouvement Im Tirtzou, qui est de plus en plus actif dans les universités, a beaucoup fait sur ce sujet.

Quand les députés druzes disent que ce mouvement Baladna n’a pas eu d’impact jusqu’à présent sur les jeunes druzes ou tcherkesses, c’est sans doute vrai car, dans la vie de tous les jours, les Arabes musulmans ne montrent aucune empathie pour les Druzes et ces mêmes députés, qui voudraient rallier les druzes à la cause palestinienne, ne prennent même pas la peine de se déplacer pour assister aux enterrements des victimes druzes des attentats. Il y a d’ailleurs eu des heurts violents entre Druzes et Arabes ces derniers temps dans les villages mixtes.

Les députés présents à cette commission ont décidé d’ouvrir une enquête pénale à l’encontre de 4 députés de la Liste unifiée.

J’ai confiance dans les Druzes. Non seulement nous avons créé avec eux ce qu’ils appellent une alliance de sang et de vie mais souvent, ils nous donnent des leçons de sionisme comme le ministre des communications  Ayoub Kara, ou comme  il y a quelques jours le député Ayal Assad qui s’opposait au démantèlement des portiques de sécurité aux entrées du Mont du Temple:
« La décision de retirer les portiques est un signe de faiblesse. Le peuple de l’éternité est digne d’un leadership fort et solide, qui ne s’aplatit pas et ne cède pas devant ceux qui désirent tuer des juifs. Il nous faut un gouvernement qui sera capable de chasser la Liste arabe unifiée et de l’envoyer à Gaza. En vrai et pas avec des mots. La population d’Israël a besoin de chefs à l’image de Juda Maccabée qui sortit lutter contre l’Empire gréco-syrien et remporta la victoire. Le peuple d’Israël a besoin de plus de foi ainsi que de prières dans les synagogues et les maisons d’étude.  N’oubliez pas! »

En fait, Israel subit actuellement une attaque sur tous les fronts:
– Au nord, le Hezbollah a réussi à étendre le conflit syrien au Liban et est en train de gagner la bataille de la Bekaa libanaise qui dure depuis une bonne semaine. Ce même Hezbollah, aidé par l’Iran, qui gouverne toute la région sud du Liban et nous menace avec ses milliers de missiles alors que pour mettre fin au précédent conflit l’ONU (France en tête) avait garanti que cette zone tampon  serait une zone démilitarisée.
– Au sud le Hamas, qui s’est allié depuis peu avec le Hezbollah libanais, menace également Israel de ses milliers de roquettes et pratique la surenchère en provoquant régulièrement Israel dans le but de gagner la guerre du leadership qui l’oppose au Fatah de Mahamoud Abbas.

L’un des héros de la guerre de l’été 2014, le général de brigade Ghassam  Alyian* a déclaré il y déjà quelque temps:


« Des forces ennemies qui ne sont pas libanaises, comme le groupe terroriste Hamas, pourraient mener des combats sur la frontière nord d’Israël. Des événements sur d’autres fronts que le front nord pourraient également déclencher quelque chose. Je suis basé au Nord du pays mais je vous assure que les événements de la frontière sud ont un impact énorme. Beaucoup de choses qui se passent à Gaza sont pertinentes pour le front libanais: nos ennemis analysent nos techniques de combat et s’inspirent de cette connaissance pour améliorer leurs propres tactiques. D’une façon ou d’une autre, une troisième guerre avec le Liban n’est juste qu’une question de temps ».
– A l’est, sur le Golan, l’accord récent de cessez le feu entre les troupes syro-iraniennes et les rebelles syriens, permet aux troupes chiites et à des observateurs russes de s’installer à 30 km de la frontière israélienne et à 6 km de la frontières jordanienne. La présence des observateurs russes empêchera les israéliens d’intervenir pour éviter que ne se forme une menace militaire sérieuse à la frontière est.
– A l’Unesco où les palestiniens d’ Abbas avec la complicité sournoise des européens et celle active des pays arabes font passer des résolutions qui sont des injures à l’intelligence des peuples et à l’histoire pour délégitimer toute présence juive dans la région.
– Enfin à l’intérieur, des groupes, comme Baladna, aidés par les députés arabes, eux-mêmes proches du mouvement islamique israélien, poursuivent leur tentatives de déstabilisation de la société israélienne. Le Waqf jordanien, en charge de l’administration de la mosquée d’El Aqsa, soutient les émeutiers et attise leur haine et leur colère en déclarant que les israéliens veulent détruire El Aqsa pour reconstruire le Temple. Les jordaniens aussi s’en mêlent car même si Abballah II a le plus profond mépris pour les Palestiniens et Arabes Israéliens, il a peur de perdre et son trône et sa vie. Il doit donc enfourcher le même cheval de bataille au cri de « Sauvons El Aqsa!*

Quand aux pays de l’Union Européenne qui continuent de vociférer contre Israel avec véhémence et à voter dans les instances onusiennes avec les pays arabes quelque soit la pertinence des résolutions, je n’en parlerai même plus. Ils ont une obsession mortifère contre nous qui font que des portiques de sécurité leur semblent acceptables partout dans le monde sauf ici car, comme je l’ai entendu lors d’une émission C’ dans l’air de France 5: « La Mecque ou le Vatican ne sont pas sous occupation étrangère ». La messe est dite!

Nous en sortirons, nous nous en sortons toujours, mais le prix à payer est quand même bien lourd!! 

 

A bientôt,

P.S.: Si vous n’avez pas le temps de lire toutes les notes, lisez au moins l’article de Ph Karsenty et P Lurçat

* Les Druzes:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/02/12/yitro-et-nous/

* La Liste unifiée est une coalition politique israélienne fondée en 2015, issue de l’alliance entre le parti communiste Hadash et les trois formations arabes : le Mouvement islamique (branche sudiste), la Liste arabe unie – Ta’alet et les nationalistes du parti Balad. Elue démocratiquement elle est représentée à la Knesset par 13 députés sur 120.

*Les Tcherkessim:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/05/22/les-tcherkessim/

*Ghassam Alyian:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/27/la-nuque-raide/

*Le ministre Ayub Kara est le representant en Israel des Bnei Noa’h (enfants de Noé) non- juifs qui observent les 7 mitsvot données à Noah: obligation d’établir des tribunaux, interdiction du meurtre, du vol, de l’adultère ou inceste, de l’idolâtrie, du blasphème, de manger la viande d’un animal vivant.
Actuellement, ce sont des monothéistes détachés du christianisme ou de l’islam. 
http://noahideworldcenter.org/wp_fr/dernieres-nouvelles/le-ministre-druze-ayoub-kara-representant-des-enfants-de-noe-au-sein-du-gouvernement-israelien/#gsc.tab=0

*Sauvons El Aqsa, est le cri de ralliement des terroristes ceux de Daesh, du Hamas, Fatah, du Jihad Islamique etc…
Lire à ce sujet l’excellent article de Philippe Karsenty et Pierre Lurçat 
sur Causeur:
https://www.causeur.fr/israel-jerusalem-alaqsa-terrorisme-145787#disqus_thread
Et sur la destruction des lieux saints musulmans par les musulmans eux-mêmes (les Juifs n’en ont pas détruit un seul)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Destruction_de_sites_li%C3%A9s_%C3%A0_l’Islam_pr%C3%A9coce

Quelques uns de mes articles sur le sujet:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/06/06/notre-jerusalem/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/11/11/la-porte-des-lionshttps://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/09/25/le-groupe-clandestin-des-souffleurs-de-shofar/

 

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Les générations oubliées (7)

Le 18 ème siècle voit la poursuite du processus de décadence économique et culturelle de l’Empire Ottoman et le délitement de l’autorité centrale ce qui permet aux potentats locaux d’exploiter et d’opprimer les populations dont ils ont la charge.
En 1703, lorsque l’envoyé du sultan vient percevoir la taxe foncière, ou Haraj, la population musulmane de Jerusalem se révolte. Le sultan ne percevra plus d’impôts jusqu’en 1706, quand le  nouvel envoyé arrivera à la tête d’une véritable armée. Les notables juifs et en particulier les parnassim* sont si souvent arrêtés qu’il est admis que si un parnass est arrêté, sa rançon est alors payée sur les fonds de la communauté. La dette de la communauté ne cesse de croître et les préteurs arabes pratiquent un taux usurier de 40 %. Ce qui va aider les Juifs locaux, c’est l’intérêt que leur portent ceux de Constantinople qui négocient le montant de la créance des Arabes auprès du sultan en personne et la remboursent. Ils prennent aussi le contrôle financier de la communauté de Jerusalem: aucun don, aucun testament, aucune transaction importante ne peut être fait sans leur autorisation. Ils redressent ainsi la situation financière des Juifs de la ville tandis qu’ils envoient des émissaires dans tout le Moyen-Orient jusqu’au Yemen pour collecter des fonds.
Malgré toutes ces tribulations que vivent les Juifs d’Eretz Israel, l’alyia ne faiblit pas au contraire.

En 1700,les prêches à travers la Pologne d’un nommé Yehouda HaHassid (le juste) rassemblent 1500 personnes qui vont faire le voyage ensemble jusqu’en Israel. Le pauvre homme qui a tant rêvé d’Eretz Israel meurt peu d’années après son arrivée. Ses compagnons se diviseront en deux groupes: un groupe partira pour la Galilée et le deuxième s’installera à Jerusalem où il restaurera la synagogue « Hourva »*.

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(la synagogue Hourva reconstruite en 2010 après avoir été détruite par les Jordaniens en 1948)

Ce 18 ème siècle voit aussi l’arrivée de personnalités remarquables du monde juif séfarade.

Tout d’abord, Rabbi Hayim Aboulafia: né à Hebron en 1660, il avait quitté le pays pour être rabbin à Smyrne mais revient s’installer en 1740 à Tiberiade après avoir reçu l’invitation du Cheikh Dahir Al Oumar de « venir et prendre possession de la Terre qui a été la Terre de vos pères« .

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(tombe de Rabbi Hayim Aboulafia à Tiberiade)

Ce cheikh Dahir Al Omar est un homme remarquable. Gouverneur de la Galilée, d’origine arabe et bédouine, il soutient l’immigration juive comme facteur de stabilité dans la région.

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(Dahir Al Omar. En arrière plan les murailles de Akko)

Il préfère la population juive tranquille et travailleuse aux bédouins querelleurs. Il permet  à Aboulafia  d’aider les Juifs de Galilée en créant le village de Kfar Yassif, le premier village dont la population juive vit de l’agriculture. Ce village deviendra aussi un centre religieux important pour son époque sous la direction du rabbin kabbaliste Shlomo Abbadi. Il sera abandonné au 19 ème siècle à la suite d’exactions des bédouins des alentours et deviendra un des villages arabes de la Galilée occidentale. Aboulafia peut aussi rénover le quartier juif de Tiberiade, construire des routes, planter des vergers et  doter la ville d’un établissement de bains, d’un marché et d’un pressoir à huile. Ce qui fera dire au cheikh Dahir Al Oumar: ‘La région est prospère et heureuse, grâce à vous le pays est débarrassé de la peur et de tous les fléaux« .

Aboulafia est si connu en ce temps là qu’un missionnaire allemand nommé Schutz passe par Kfar Yassif pour le rencontrer. En vain, car le rabbin est parti pour Shfar’am. A cette époque, Shfar’am est aussi une agglomération juive  importante où le fils de Dahir y a fait installer une forteresse . Elle le restera  jusqu’au début du 20 ème siècle puis connaîtra le même sort que celle de Kfar Yassif. Comme Kfar Yassif, Shfar’am est maintenant une bourgade arabe…
Aboulafia et les Juifs de Galilée resteront toujours fidèles au cheikh même lorsqu’une violente querelle entre le cheikh et les autorités de Damas mettra leur vie en danger. Heureusement, la mort du pacha de Damas leur sauvera la vie.

Le deuxième personnage remarquable du monde séfarade est Hayim Benattar. Il vient de la ville de Salé au Maroc. C’est une grand commentateur du Tanakh, il ouvre une yeshiva à Jerusalem. Il y aura comme élève Rabbi Hayim David Azoulay* (le Hida).

Rabbi Hayim David Azoulay

(Rabbi Hayim David Azoulay)

De Constantinople arrive Guedalia Hayun. Lui aussi est un kabbaliste. Il fondera la yeshiva Bet El qui sera un centre de prières et d’études de la kabbale fondées sur les enseignements de l’ARI* et formera des dizaines d’éminents rabbins dont le célèbre Shalom Shabazi* qui lui vient du Yémen.

Moshe Hayim Luzzato, lui, arrive de Padoue en Italie. Il s’installe à Akko. Il est kabbaliste mais aussi  poète et auteur de pièces de théâtre très populaires en leur temps. On date la renaissance de l’hébreu moderne à partir de son oeuvre. Il s’installera à Akko dont la population juive a beaucoup augmenté, toujours grâce au cheikh Dahir. Mais malheureusement il mourra de la peste avec sa femme et ses enfants.

Moshe Hayim Luzzato

(Tombe de Moshé Haim Luzzato)

Le cheikh Dahir favorise aussi l’expansion de la bourgade de Pekiin* où viendront habiter un bon nombre de familles juives.

Pekiin

(La célèbre place de Pekiin)

Ce qui caractérise aussi ce 18 ème siècle, c’est le début des pèlerinages des Juifs de Turquie en Eretz Israel.

vetement des Juifs ottomans 1779

(costume juif ottoman au 18 ème siècle)

Ils y vont fréquemment, en groupes importants et remettent des sommes considérables pour la réparation des synagogues ou tombeaux divers ainsi qu’une aide pour les pauvres du pays.

Ces arrivées massives de pèlerins ou d’immigrants susciteront de nouvelles mesures restrictives contre les Juifs, en particulier à Jerusalem où ils ne pourront plus enterrer leurs morts au cimetière du Mont des Oliviers: « Il y a bien des années nous avons acheté un terrain sur le Mont des Oliviers, nous y avons enterré des milliers de nos frères… Ils (les Arabes) ont ouvert toutes les tombes  et ont troublé le repos de nos morts… » Pour faire annuler ce décret, une seule solution, toujours la même: le versement d’une somme énorme à tous les seigneurs du pays.

Comme si tout cela ne suffisait pas, plusieurs famines, épidémies de peste et tremblements de terre vont décimer la population de Jerusalem. A chaque fois les Juifs en sont tenus pour responsables et les chefs de la communauté régulièrement jetés en prison. En fait, comme ailleurs, les Juifs sont tenus pour responsables des malheurs qui s’abattent sur les populations locales et ne s’en sortent que payant de très grosses rançons.

La Galilée et Jerusalem sont bien sûr les deux centres de peuplement juif les plus importants, cependant il ne faut oublier ni Hebron, ni Shkhem* ni Gaza:

En 1700, Yehouda HaHassid, celui qui avait prêché en Pologne en faveur de l’alya, visite Hebron et note qu’il y a une quarantaine de familles qui vivotent misérablement, frappées de taxes exorbitantes et sans cesse menacées. Non seulement les différents gouverneurs ou cheikh de la région leur font la vie dure mais les tribus bédouines se font une guerre ce qui désole la ville.  » Les deux parties menacent de nous faire sauter, de brûler nos rouleaux de livrer nos demeures aux soldats... » Et c’est toujours la même histoire, les Juifs doivent payer une fois encore. Ils appellent donc une fois de plus les Juifs de Constantinople à leur rescousse, appel qui sera entendu et qui les sauvera temporairement.

Le fameux Rabbi Hayim David Azoulay* est alors chargé de collecter des fonds dans toute l’Europe tandis que rabbi Karigal est envoyé jusqu’en Amérique! Les fonds arrivent mais ce n’est jamais suffisant car les Arabes en profitent et donc menacent et emprisonnent régulièrement hommes, femmes et enfants jusqu’à payement de la rançon…

Sur Shkhem, on n’a pas beaucoup d’informations, on sait seulement qu’en 1773 à Newport, le pasteur Ezra Steel avait appris de Karigal que Shkhem possédait une synagogue, un rabbin mais pas de tribunal rabbinique.

A Gaza, il y avait une petite communauté mais lorsque Napoleon arriva à  Gaza en 1799, il n’y restait plus de Juifs*

Et pourtant l’alyia continue…

A partir des années 1760-1770, c’est l’alya des Juifs de Pologne qui s’accentue.

vetements des Juifs polonais au 18 eme siecle

(costume juif polonais au 18 ème siecle)

Abraham Guershon de Kutov, le beau-frère du Besht*s’installe à Jerusalem en 1763. Il est un des premiers ashkenazes à résider à nouveau dans la ville après les troubles graves de 1720, année pendant laquelle la population ashkenaze avait quitté la ville, les préteurs arabes ayant mis le feu à la synagogue ‘Hourva.

Un second groupe d’environ 300 familles de Hassidim arrive en 1774, mais eux s’installeront à Akko et en Galilée  ce qui donne un nouvel élan au peuplement juif dans la nord du pays. Malheureusement Dahir Al Omar est mort et son successeur est un gouverneur turc brutal et intolérant.

A bientôt,

* Parnass: Administrateur de la communauté et collecteur d’impôts

*La synagogue Hourva avait été fondée au 13ème siècle par Rabbi Yehouda HaHassid  de Regensburg en Allemagne,  célèbre homonyme du Yehouda HaHassid polonais. Elle sera plusieurs fois détruite par les Arabes. Reconstruite au 19ème siècle, les Jordaniens la détruiront en 1948 et elle sera connue pendant des années sous le nom de ruine de la Hourva jusqu’à sa reconstruction il y a 3 ans.

* Rabbi Hayim David Azoulay, le ‘Hida (1724-1807): rabbin kabbaliste, auteur très prolifique, il aurait publie 71 ouvrages sur le Halakha ou le Midrash. Envoyé comme émissaire en Afrique du Nord et dans toute l’Europe, jusqu’en Lituanie ou il rencontre le Gaon de Vilna, il a laissé dans ses souvenirs de voyage une description de la France au début de la Révolution

ARI: leAri Hakadosh ou rabbi Isaac Louria (1534-1572); https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/11/21/les-generations-oubliees-6/

*Shalom Shabazi: https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/12/06/hanita-letape/

*Pekiin bourgade restée juive sans aucune interruption depuis la période biblique. Malheureusement dans ce village où Juifs, Druzes et Arabes chretiens vivaient en paix jusqu’a 2007, il ne reste apparement plus de Juifs (http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3478336,00.html)
sauf Margalit Zernatti (http://attorneysdefendingisrael.blogspot.co.il/2012/07/the-mustaarib-jews-who-have-lived-in.html) à moins que certains s’y installent à nouveau.

*Shkhem: Naplouse

*Rabbi Karigal (1732-1777): né à Hebron et envoyé comme émissaire en Amérique du Nord, surtout connu par la description qu’en fait le pasteur Ezra Steel dans son journal

*Gaza: les Juifs se réinstalleront à Gaza au début du 20 ème siècle et y resteront jusqu’en 1948, puis de 1967 au retrait de Gaza en 2005

*Besht ou Baal Shem Tov (maitre dde bonne reputation) Israel Ben Eliezer (1698-1760) fondateur du Hassidisme