Troubles en Jordanie

Depuis quelques jours, la Jordanie fait face à des émeutes sans précédents.
Elles ont commencé par des manifestations et grèves de camionneurs protestant contre l’augmentation du prix de l’essence et paralysant tout le pays car le transport en Jordanie se fait surtout par route. S’y sont joints tous ceux qui dépendent de ces approvisionnements pour pouvoir travailler. Cela concerne en particulier les ouvriers journaliers du bâtiment qui sont au chômage technique.

Des manifestations, des grèves, cela n’a pas l’air très grave et pourtant…

Mais tout d’abord, un peu d’histoire:
La Jordanie est un pays créé de toute pièces par décision unilatérale des Anglais. Ceux-ci amputent en 1923 le territoire accordé au Foyer National Juif tel que le prévoyaient les accords de San Remo conclus en 1920. A la suite d’accords déjà passés pendant la première guerre mondiale avec les princes arabes de la dynastie hachémite, en échange de leur révolte contre les Ottomans, ils en font un protectorat britannique. Ils nomment donc Abdallah 1er, fils de Hussein ben Ali, chérif de la Mecque, émir de Transjordanie.


En échange de son aide, cette fois pendant la deuxième guerre mondiale, Abdallah demande aux Anglais de lui accorder l’indépendance. Ce qui sera fait en 1948. Cet émirat, désormais indépendant, deviendra le royaume de Jordanie en 1949.
Le nom exact du royaume est royaume hachémite. Ce qualificatif est très important pour comprendre ce qu’est la société jordanienne.
La famille royale jordanienne se réclame de Hachim, arrière grand-père de Mahomet. Les Hachémites sont, de génération en génération, les chérifs de la Mecque chargés de la sécurité des lieux saints. Ils sont originaires du Hedjaz en Arabie et donc des étrangers dans le pays qu’ils gouvernent.
La population jordanienne n’est pas homogène: elle est composée de tribus bédouines, arrivées pendant le mandat britannique mais provenant de territoires totalement différents*.
A ces tribus bédouines, il faut ajouter les Palestiniens (près de 70% de la population), qui eux sont arrivés après la guerre d’Indépendance. Ils sont parfois nomades, parfois pas, mais de toute manière considérés comme faisant partie d’une caste inférieure. Pour se concilier la population palestinienne dont il craint la violence, le roi Abdallah a épousé Rania dont la famille est originaire de Tulkarem en Samarie. Mais en vain, car les Palestiniens de Jordanie la considèrent, ainsi que sa famille, comme des traitres qui les ont abandonnés. Il faut dire qu’ils se souviennent des massacres de septembre noir en 1970 qui firent plusieurs milliers de morts quand Hussein de Jordanie décida de se débarrasser de l’OLP qui menaçait son pouvoir, mais aussi de ceux qui lui demandaient un territoire autonome pour créer un état palestinien alternatif (estimations entre 3500 et 10000 morts).
De plus, depuis une dizaine d’années, il faut aussi ajouter le million de réfugiés d’origine syrienne ou irakienne qui sont parqués dans des camps et servent de main d’œuvre servile, comme les 200 000 qui vivent dans ce bidonville, le camp Zaatari, qui est en fait devenu l’une des principales villes du pays.


En marge de ces grèves et émeutes, il y a eu un évènement très important dont la presse internationale n’a pas parlé. Il faut dire que les informations arrivent par bribes car en Jordanie, l’accès à internet est très contrôlé par le régime.
Il y a quelques jours, le vice-gouverneur de la région de Ma’an, le général Abdelrazak Abdel Hafez Dalabyah de la tribu des Abu Del Bakh a été assassiné.

(Le général Abdelrazak Abdel Hafez  Dalabyah, Israel Hayom)

Cet homme, dignitaire du régime, n’a pas été tué par un étranger mais par un habitant de la même ville appartenant toutefois à une autre tribu.
La ville de Ma’an est une ville dont la population est composée de bédouins sédentarisés, mais bien sûr, toujours divisés en tribus. Il s’agit en fait d’un meurtre inter-tribal. Mais pour compliquer les choses, la victime appartient à une tribu qui soutient le régime et le meurtrier à une tribu qui, non seulement ne le soutient pas, mais qui le combat et soutient Daesh que l’on voit régulièrement parader dans cette zone, brandissant le drapeau noir et tirant tout azimut comme toujours.

(Photo The National)

Donc, la querelle entre tribus se complique d’une tentative de renverser le régime en assassinant un de ses piliers.
Ce qui est inquiétant aussi, c’est que la tribu Abd El Bakh de la victime, a refusé qu’un des membres du régime, ni même de la famille royale, n’assiste à l’enterrement du général Abdelrazak Abdel Hafez Dalabyah. Cette tribu a sommé le roi d’arrêter et d’exécuter le meurtrier sous trois jours, ce qui aurait été fait d’après le Jordan Times, qui, lui, parle d’un raid contre une cellule terroriste.
Si la légitimité d’Abdallah est contestée, quelle qu’en soit la raison, par autant de groupe divers, la survie de son régime et même la sienne propre est incertaine. Si on ajoute à ses soucis actuels, les tentatives de coup d’état, comme celui qu’a tenté en 2021 le prince Hamza, son demi-frère, on peut se dire que le roi Abdallah II ne doit pas dormir très bien ces jours-ci…
Il a donc demandé l’aide de son oncle Hassan, fils de Talal, père du roi Hussein, pour parlementer avec les tribus, mais ceci est considéré comme un signe de faiblesse car leurs relations étaient déjà très orageuses…

Et comme à l’accoutumée, il appellera Israel à l’aide comme le signale Edy Cohen* sur sa page facebook

En fait ici en Israel, nous avons deux options:
– soit le laisser se débrouiller tout seul avec cependant la crainte que son régime s’effondre et soit remplacé par un autre régime autoritaire (il n’y a pas de démocratie dans les pays arabes). Autre possibilité plus inquiétante, la Jordanie pourrait sombrer dans des lutes intestines entre bédouins d’Arabie et palestiniens, luttes similaires à celles que nous connaissons en Syrie et en Irak. L’Iran pourrait profiter de cette situation pour s’installer via le Hezbollah à notre frontière, comme il l’a déjà fait au Liban et sur le Golan syrien profitant des guerres civiles dans ces deux pays.
– l’autre option est de soutenir la famille royale à tout prix pour qu’elle puisse survivre, à condition qu’elle s’engage à garder paisible notre longue frontière commune. Toutefois il faudrait pour cela que le roi Abdallah cesse clairement de réclamer à cor et à cris, à l’ONU et ailleurs, que soit créé un état palestinien en Judée-Samarie, qui sera évidemment un état terroriste. En effet la popularité du Hamas en Cisjordanie est telle qu’il est certain qu’un état palestinien indépendant tomberait sous sa coupe immédiatement (cf. ce qui s’est passé à Gaza depuis notre désengagement en 2005). Cet état serait une menace pour Israel mais à terme pour le régime hachémite lui-même dont la population est majoritairement palestinienne.

Ce risque est grand. Il est renforcé aujourd’hui par la position de l’administration Biden qui écoute Abdallah d’une oreille attentive mais aussi par à l’Europe qui prépare un plan depuis des années pour aider les palestiniens à récupérer la zone C confiée aux Israéliens suite aux accords d’Oslo, plan qu’a dévoilé cette semaine la chaine 13 de la télévision israélienne*.

La gabegie jordanienne a conduit ce pays à une sécheresse épouvantable ces dernières années. Israel a proposé de fournir de l’eau provenant des usines de dessalement en contrepartie d’une fourniture d’énergie solaire. Un accord tripartite a même été signé avec les Emirats Arabes Unis, au mois de novembre 2022. Il s’est traduit par de nouvelles émeutes à Aman!
Donc prudence, la paix avec la Jordanie n’est qu’une paix entre états. Le peuple jordanien est loin d’y acquiescer.

A bientôt,

* Mahomet, sa famille et ses descendants:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2020/08/18/jerusalem-une-ville-sainte-pour-lislam-1-3/

* Comment est constituée la société palestinienne:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2018/02/16/une-nation-palestinienne/

* Dr Edy Cohen:

Chercheur au Centre Begin-Sadate. Spécialisé dans les relations inter-arabes, le conflit arabo-israélien, le terrorisme, les communautés juives dans le monde arabe
https://besacenter.org/

* Le plan de l’Union Européenne dévoilé à la télévision israélienne: Il s’agit d’un texte en 6 pages, détaillant l’aide que l’U.E donne aux Palestiniens pour les aider à s’emparer de terres se trouvant dans la zone C, c’est a dire dans la zone de Judée-Samarie entièrement contrôlée par Israel, selon ce qui avait été décide lors des accords d’Oslo.
Ces jours-ci, en réaction à cette information, une quarantaine de parlementaires israéliens a adressé la lettre que voici à l’U.E:

Sur l’arc de Titus à Rome est gravé dans la pierre le chandelier à 7 branches de notre Temple pillé par les légions romaines.
Jerusalem est perdue – Hyerosolomita est perdita ou Hep-Hep – est la devise latine de tous ceux qui voulaient humilier les Juifs exilés en Europe.
En 1930, des graffitis similaires étaient écrits sur les murs à Berlin: Juden nach Palestina! Juifs en Palestine!
Et maintenant que nous sommes finalement revenus sur notre terre, à Jerusalem en Israel, l’Europe clame que nous sommes des étrangers dans notre propre pays et que nous n’appartenons pas à notre patrie.

Si vous voulez en savoir plus sur la guerre d’usure que nous livre l’Europe:
https://www.regavim.org/


Les nazis n’habitent pas loin de chez moi!

De 1947 à aujourd’hui, Israël a commis 50 massacres dans 50 villes palestiniennes (…) 50 massacres, 50 holocaustes et encore aujourd’hui il y a chaque jour des morts causées par l’armée israélienne.

Voici ce qu’a déclaré le président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas. Abbas a fait ces remarques incendiaires après qu’on lui ait demandé, en tant que dirigeant palestinien, s’il prévoyait de présenter des excuses auprès d’Israel et de l’Allemagne, pour l’attentat de 1972 lors des Jeux olympiques de Munich. Pendant ces Jeux Olympiques, le groupe terroriste palestinien « Septembre noir », qui était lié au parti Fatah dirigé par les terroristes Yasser Arafat et Mahmoud Abbas, avaient attaqué les athlètes israéliens dans le village olympique, les avaient assassinés et avaient même émasculé l’haltérophile Joseph Romano*.
Si le responsable de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Mohammed Oudeh (ou Abu Daoud) a déclaré dans son autobiographie être le cerveau de cet attentat , il a nommé Mahmoud Abbas comme étant celui qui l’a financée.

De plus, le lien entre le groupe Septembre noir et le Fatah a été reconnu dans un télégramme du 13 mars 1973 que le Secrétaire d’État américain William Rogers a envoyé aux ambassades américaines dans le monde. Le télégramme faisait allusion à un dossier de renseignement préparé par le Département d’Etat et la CIA qui déclarait : « L’Organisation de septembre noir (BSO) est un terme générique pour les opérations terroristes du Fatah exécutées par l’organisation de renseignement du Fatah. . . . Les fonds, les installations et le personnel du Fatah sont utilisés dans ces opérations. À toutes fins utiles, aucune distinction significative ne peut désormais être faite entre le BSO et le Fatah.

Ces jours derniers en Allemagne, Mahmoud Abbas a une fois de plus vomi son antisémitisme.
Mais les dirigeants internationaux ont-ils sérieusement fait part de leur dégout et de leur indignation?
Le chancelier allemand?
Olaf Schultz a écouté sans broncher les mensonges de Mahmoud Abbas, à part une légère grimace. A quoi pensait-il à ce moment? A son prochain week-end en Bavière? Ou bien à sa liste de courses?
Il a fallu un tollé au Parlement allemand pour qu’enfin il s’exprime après qu’un des députés, Armin Laschet, ait déclaré dans un tweet:
Le chef de l’OLP aurait gagné la sympathie s’il avait présenté ses excuses pour l’attaque terroriste contre des athlètes israéliens aux Jeux olympiques de Munich en 1972. Accuser Israël de « 50 holocaustes » est plutôt le discours le plus dégoûtant jamais entendu à la chancellerie allemande
Otto Schultz a alors dû se resigner à dire que les mots employés ne décrivaient pas bien la situation, et enfin, il accepté ensuite d’ajouter qu’il était profondément indigné.

Je suis profondément indigné par les déclarations indicibles du président palestinien Mahmoud Abbas. Pour nous, Allemands en particulier, toute relativisation de l’Holocauste est intolérable et inacceptable. Je condamne toute tentative de nier les crimes de l’Holocauste

C’était vraiment le service minimum!
Les journaux français ont tous titré : Israel et l’Allemagne condamnent les propos de Mahmoud Abbas. Pourquoi seulement Israel et l’Allemagne? Eux non? Pour que le lecteur plus ou moins attentif se dise Bof! Encore une histoire de Juifs?
Heureusement, l’ancienne Miss Irak, Sarah Idan, refugiée aux USA a elle aussi tweeté : Mahmoud Abbas a également accusé Israël d’avoir commis « 50 holocaustes » contre les Palestiniens. Oui, vous avez bien entendu. 50 Holocaustes. Comprenez que votre cause repose sur un mensonge.
Il est sûr que l’ancienne Miss Irak n’a aucun poids politique mais ça fait quand même plaisir!

Mais qui est donc Mahmoud Abbas, terroriste propre sur lui?
Il est né en 1948 à Tsfat (Safed) en Galilée mais a grandi en Syrie où il a pu aller dans les meilleures écoles du régime Baas, affilié à Moscou. C’est aussi à Moscou qu’il a publié sa thèse de doctorat intitulée « La connexion entre les nazis et les dirigeants sionistes (1933-1945) ».
Assuré qu’elle deviendrait un best-seller, Mahmoud Abbas l’a republiée en Jordanie en 1984 et elle est disponible aujourd’hui sur le site internet officiel de l’Autorité palestinienne et de l’Organisation de libération de la Palestine.

(Couverture du livre en arabe, site du Yediot Aharonot)

Les Soviétiques ont accepté son manuscrit comme thèse de doctorat, bien que ses recherches ne contiennent que très peu de références et que les noms d’auteurs occidentaux ne soient même pas correctement orthographiés. Il faut dire que pour les dirigeants soviétiques, cette thèse était une aubaine car ils pouvaient ainsi justifier leur politique antisioniste-antisémite.
Dans sa thèse, Mahmoud Abbas soutient que l’intérêt du mouvement sioniste consistait à ne pas chercher à sauver les Juifs durant la guerre afin d’augmenter le nombre de morts et d’obtenir de ce fait de plus grandes compensations après la guerre . Il soutient aussi que le nazisme et le sionisme sont les deux faces d’une même idéologie car tous deux défendent l’idée d’une race pure.
En fait rien de nouveau dans sa thèse.
En 1930, le nazi Alfred Rosenberg avait déjà publié Le Mythe du 20ème siècle, un ouvrage qui tente de réduire l’histoire à une lutte de races et de démontrer la supériorité des Allemands sur les autres peuples. Bien plus tard, l’auteur antisémite Roger Garaudy utilisera le même argument pour montrer cette collusion et écrira: C’est sur cette idéologie de la race, qui leur était commune avec les nazis, que les dirigeants sionistes allemands entreprirent de négocier avec les Hitlériens.
En fait, la thèse de Mahmoud Abbas est une resucée des thèses antisémites classiques: Nous, les Juifs, nous dominons le monde dont nous accaparons la richesse, Israel est un QG du complot sioniste, la Shoah n’a pas existée mais elle a eu lieu (!) à cause de notre conduite innommable. Il n’y a eu presque pas de morts et nous avons amplifié les chiffres pour recevoir plus d’argent en compensation. Et il ajoute évidemment qu’il n’y avait pas d’antisémitisme dans le monde arabe*.
C’est ainsi que cette thèse figure sur le catalogue de la Vieille Taupe, haut-lieu des négationnistes français d’autant plus qu’Abbas y cite le meilleur et le plus sérieux spécialiste Faurisson de nombreuses fois pour appuyer ses dires. C’est que Faurisson a bonne presse dans les pays arabes* et surtout dans ceux qui ont recyclé nombre de nazis en leur donnant de hautes responsabilités dans leurs services de sécurité. Ainsi, le journal jordanien Al-Dustur écrit que  l’éminent historien  français, R. Faurisson, réfute catégoriquement et avec instance, dans une analyse scientifique claire avec des preuves irréfutables, l’existence des chambres à gaz et des fours crématoires pour brûler les cadavres. C’est une légende majeure que les Juifs ont créée à la fin de la Seconde Guerre mondiale, et que les médias alliés ont soutenue et diffusée.

Sur ces trois graphiques ci-dessous, il est possible de constater les évolutions de la population juive en Europe entre 1933 et 1945, l’épuration de la population juive dans les pays arobes entre 1948 et 2012 et l’évolution de la population palestinienne entre 1967 et 2012. Abbas connait ces chiffres qui démentent clairement ses affirmations propagandistes.

Mahmoud Abbas n’est que l’un des nombreux leaders antisémites du monde arabe qui continue à diffuser ces thèses. Et le monde dit libre ne bouge pas, détourne le regard.
Elie Wiesel disait: J’ai juré de ne jamais me taire quand des être humains endurent la souffrance et l’humiliation, où que ce soit. Nous devons toujours prendre parti. La neutralité aide l’oppresseur, jamais la victime. Le silence encourage le persécuteur, jamais le persécuté.
Mais avec les thèses négationnistes de Mahmoud Abbas et de ses amis, il ne s’agit plus seulement de soit se taire, soit parler, il s’agit d’un combat bien plus complexe puisque nous sommes totalement dans l’inversion des valeurs.
Mahmoud Abbas et ses pairs sont antisémites. Soit! Mais le silence à peine gêné des démocraties, qui se targuent de transmettre des valeurs morales, me surprend toujours. Non seulement, un terroriste comme Abbas peut raconter ce qu’il veut devant le Parlement allemand ou ailleurs, nous accuser de 50 holocaustes, dire qu’Israel est un pays où règne l’apartheid*. Le monde l’ecoute, presque sans piper mot et laisse ces mêmes thèses se propager dans les organisations internationales comme l’UNICEF;* Amnesty International, Human Rights Watch…
Il est vrai que depuis environ une soixantaine d’années, l’inversion de la vérité et de la réalité a été l’une des méthodes de propagande préférées des adversaires d’Israel. L’une de ses expressions les plus fréquentes a été l’accusation selon laquelle le peuple juif, victime des nazis, est devenu le nouveau nazi, agresseur et oppresseur des Arabes palestiniens. Les observateurs contemporains ont identifié cette méthode et l’ont décrite comme une « inversion de la réalité », une « astuce de confiance intellectuelle », « l’inversion de la responsabilité morale » ou une « logique tordue ». Parce que les ennemis d’Israël ont, pendant près d’un demi-siècle, répété de telles diffamations sans être contestés, ils ont progressivement gagné en crédibilité.
Il est vrai qu’après la chute de l’Union Soviétique et la dissolution du bloc de l’Est (1989-1991), on avait le sentiment que le monde était au seuil d’une nouvelle ère démocratique. Et avec la signature des accords d’Oslo (13 septembre 1993), beaucoup pensaient en fait que la propagande anti-israélienne cesserait. Le déni a peut-être joué un rôle, car la persistance d’une intense agitation anti-israélienne et antisémite représentait une « information gênante ». Attirer l’attention sur le problème devenait politiquement incorrect et parfois dangereux pour ceux qui souhaitaient progresser dans le monde académique.

Comme nos dirigeants étaient naïfs!
La propagande n’a pas cessé car en fait, elle ne dépend pas de ce que nous faisons mais de ce que nous sommes. Exactement comme dans pendant le troisième Reich, les Juifs étaient tués non pas à cause de leur religion (certains étaient même convertis au christianisme!), non pas à cause de leurs idées politiques ou de leurs richesses, ils l’étaient parce qu’ils étaient Juifs un point c’est tout!

Quant à Mahmoud Abbas, il a été accueilli avec enthousiasme à son retour d’Allemagne. Sur le site infos-israel.news*:
L’agence de presse officielle palestinienne Wafa rapporte: Notre peuple palestinien a reçu le président Mahmoud Abbas, ce soir, jeudi, avec une immense et solennelle réception, alors que les masses palestiniennes faisaient demi-tour aux abords de la route que le président a empruntée près de l’entrée nord de la ville d’Al-Bireh, revenant d’une visite officielle en Allemagne, pour confirmer ses positions qui ont été confirmées lors de son voyage, qui reflètent les aspirations et les rêves de notre peuple*…
Le secrétaire du Conseil révolutionnaire du mouvement Fatah, Majid Al-Fatiani, a déclaré que cette réception est une manifestation de loyauté envers Abou Mazen, qui a porté le message du peuple palestinien, ses préoccupations et son histoire avec toute l’audace et le courage, armé de la volonté du peuple et la mémoire nationale palestinienne, encore pleine de la criminalité sioniste. Il a poursuivi : Pourquoi les Israéliens sont-ils en colère ? Avons-nous été complices de leurs massacres ? Au contraire, ce sont eux qui nous ont noyés dans notre sang dans des dizaines de massacres en 74 ans.
Il a ajouté :  Le président a dit la vérité et l’a confrontée au monde 
À son tour, le secrétaire du mouvement Fatah à Ramallah, Muwaffaq Sahweil, a déclaré que le rassemblement est venu confirmer que tout ce que le président a déclaré dans son discours, ses déclarations et ses positions représentent le peuple palestinien

Oui, actuellement, les Palestiniens sont victimes d’apartheid, l’apartheid palestinien: 800 000 Arabes palestiniens sont détenus dans 27 camps dits de « réfugiés ». 600 000 dans 8 camps contrôlés par le Hamas à Gaza et 200 000 en Judée et Samarie. Ils végètent dans 19 camps contrôlés par l’OLP (Fata’h). L’ONU, le Hamas et le Fata’h refusent de réinstaller les populations de leurs camps d’apartheid dans les villages et les villes que le Fata’h contrôle en Judée-Samarie depuis 1995 et dans les zones contrôlées par le Hamas à Gaza depuis 2007. Et ceci sans parler de l’apartheid pratique à leur égard dans les pays arabes du Moyen-Orient.

(Collaboration entre le Fata’h, le ‘Hamas et les organisations internationales. Dry Bones)

Au cas ou vous auriez encore des doutes…

(Photo prise par Amihai Stein à Beit Umar, près de Hebron)

Alors, à ceux qui nous somment de faire la paix:
Avec qui pourrions nous négocier une paix ? Avec le Jihad islamique, le Hamas, l’Autorité palestinienne qui ne rêvent que de la destruction de notre pays ?
Les partisans de l’accord d’Oslo n’ont toujours pas répondu à cette question.

A bientôt,

* Sur l’attentat de Munich et la cruauté des terroristes:
https://www.nytimes.com/2015/12/02/sports/long-hidden-details-reveal-cruelty-of-1972-munich-attackers.html

*Plus tard dans les années 70 un soi-disant historien est-allemand, Polken, publiera un article dans le Journal of Palestine Studies un article retentissant intitulé « Les contacts secrets : le sionisme et l’Allemagne nazie, 1933-1941 », article dont le titre est très proche du livre de Mahmoud Abbas…

*Ce qu’on trouve dans les manuels scolaires palestiniens:
http://www.juif.org/antisemitisme-juif/241122,pas-seulement-un-lapsus-les-manuels-palestiniens-regorgent-de.php

*Sur les salaires des terroristes:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2019/02/14/terroriste-ca-paye-bien/

*Source infos-israel.news:
https://infos-israel.news/les-palestiniens-accueillent-abbas-avec-un-rassemblement-de-soutien-a-ses-propos-antisemites/
Version en arabe:
https://www.wafa.ps/Pages/Details/53465

*Sur l’apartheid en Israel:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2022/02/03/le-refrigerateur-%D7%94%D7%9E%D7%A7%D7%A8%D7%A8-et-lapartheid/

*Sur l’UNICEF et autres organisations soi-disant humanitaires:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2021/11/03/ces-o-n-g-que-nous-persecutons/

*Si vous voulez approfondir vos connaissances sur la situation des Juifs en pays arabes:
Les livres de Bat Yeor, l’une des premières à avoir expliqué ce qu’est la condition du dhimmi dans l’islam: Eurabia, l’axe euro-arabe, l’Europe et le spectre du Califat, le Dihmmi, profil de l’opprimé en Orient et en Afrique du Nord depuis la conquête arabe…
https://www.cairn.info/revue-pardes-2003-1-page-61.htm#
https://contrecourant1.wordpress.com/2009/05/03/document-la-ligue-arabe-et-letablissement-dun-statut-de-dhimmi-pour-les-juifs-en-palestine-mandataire/
http://danilette.over-blog.com/tradition-pogromiste-arabo-musulmane.html


La Haggadah et nos soucis en Egypte!

Et voila, une fois de plus les préparatifs pour Pessa’h!
Comme chaque année, nous lirons le texte de la Haggadah*.
Il y a plusieurs années, je vous avais présenté un certain nombre de ‘Haggadot très différentes les unes des autres. Mais quand est-il du texte? Quand a-t-il été écrit?
Dans sa forme actuelle, on peut dire qu’il a été entièrement structuré il y a environ mille ans même s’il est truffé de textes bibliques ou talmudiques. La version classique ce ce texte est utilisée par les Juifs du monde entier ce qui nous permet de fêter Pessa’h où que ce soit dans le monde et de participer à sa lecture. La Haggadah est donc devenue depuis longtemps le support pour exprimer les aspirations nationales des Juifs et ceci bien avant Herzl*.

Mais… vous connaissez les Juifs! Ils aiment bien donner leur vision du monde surtout lors d’événements aussi importants que le souvenir de notre libération de l’esclavage égyptien. Certains ont donc ajouté des messages politiques parfois amusants. Par exemple dans cette Haggadah de 1923, l’un des fondateurs de Tel Aviv, Kaddish Leib Silman (1880-1937) présente ainsi les 4 fils dont parle la Haggadah*:
Le sage est le Haut Commissaire britannique, le mal est le Comité arabe, l’innocent est le vieux Yishuv, quant au  jeune qui ne sait quoi demander, il ne parlera pas beaucoup, mais fera beaucoup, grandira et prospérera en Israël. »


Pendant la lecture de la Haggadah, nous énumérons les 10 plaies dont ont souffert les Égyptiens: le sang (dans l’eau du Nil), les grenouilles ,les poux, les bêtes sauvages, la mort des troupeaux, les furoncles, l’obscurité, la grêle, les sauterelles, et la plus terrible, la mort des premiers-nés.

Une coutume veut qu’en les énumérant, nous vidions à chaque plaie un peu de vin, suivi d’un peu d’eau dans un récipient. En théorie, il s’agit d’enlever un peu de notre joie par compassion envers les Égyptiens! En pratique, dans toutes les familles cela se fait avec jubilation puisque le mélange est ensuite vidé dans l’évier.
Notre ajout familial:
A chaque plaie nous ajoutons le noms des organisations terroristes, le nom de leurs dirigeants et cette formule « et tout ceux qui veulent nous tuer« !
Une bien-pensante me dit un jour que nous avions tort et m’avait rappelé la bonté de nos Sages (!)
Nos Sages, lui avais-je rétorqué, vivaient sous la domination de Rome et les exactions égyptiennes contre nous n’étaient plus vraiment d’actualité pour eux. Par contre, ils ne devaient certainement  pas oublier de nommer les généraux, gouverneurs et autres oppresseurs de leur époque!
De plus, avais-je rajouté, il est dit dans la Guemara: il faut dire au voleur qu’il est un voleur et le juger comme tel (tout en lui trouvant éventuellement des circonstances atténuantes). Pourquoi? Pour que lui, le voleur ne puisse plus se cacher derrière une fausse bonté qui n’est que de la faiblesse voire indifférence envers la victime. Nous devons affirmer à haute voix que les terroristes sont des terroristes et les envoyer symboliquement dans l’évier!!

Il est sûr que la plupart des ajouts ou des décorations particulières ont comme thème la guerre d’Indépendance ou la deuxième guerre mondiale. Ce fut le cas de la Haggadah de la Brigade Juive stationnée en Egypte à Pessa’h 1942. Ce fut aussi le cas d’une Haggadah écrite par les Juifs de Libye. Fin décembre 1942 la ville de Bengazi est libérée de l’occupation allemande par cette même brigade. Sont aussi libérés les Juifs de la ville qui avaient été envoyés dans des camps à Tripoli. Ils écriront une Haggadah spécialement pour ce Seder de Pessa’h 1943 en l’honneur de leurs libérateurs mais le papier manque! Comment copier un nombre suffisant de Haggadot? Ils les taperont à la machine au verso de documents confisqués au gouverneur d’Italie.

A la fin de la deuxième guerre mondiale, la plupart des Juifs d’Europe sont regroupés dans des camps de réfugiés. Ils sont devenus des DP (Displaced Persons). Pour la fête de Pessa’h 1946, les Juifs d’un camp de DP à côté de Munich écrivirent alors leur propre Haggadah. Le texte reste traditionnel mais les dessins décrivent la vie dans les camps d’extermination et comparent Pharaon à Hitler.

Mais qu’en est-il de ce pays où nous avons été esclave: l’Egypte, מצריים (Mitzraim)? Le mot Mitzraim, se trouve sous des formes diverses dans plusieurs langues sémitiques mais pas en ancien égyptien*. Les linguistes pensent qu’il peut venir du mot צר (Tsar) étroit. Il est vrai que l’Egypte traditionnelle est une étroite bande de terre le long du Nil et le double pluriel du mot צר peut faire référence aux Deux Terres (la Basse et la Haute Egypte).
Mais traditionnellement, on nous enseigne qu’il vient du mot מצור (Matzor), siège, car nous étions assiégés, prisonniers, mais aussi d’une expression faisant référence à Pessa’h*: מ+צר+יים qui voudrait dire en provenance de notre grande détresse. Le mot צרה, tsara, signifiant détresse, est employé ici dans un pluriel double pour en indiquer l’intensité.
Bref, le mot מצריים,Egypte, lui-même ferait référence à notre sortie vers la liberté.
Tandis que je transcris tsar en lettres latines, je m’aperçois que tsar, c’est aussi le Tsar et même si il n’y a aucune parenté étymologique, me permettrais-je d’ajouter que pendant des siècles, les tsars de Russie nous ont cause des צרות (tsarot) à la pelle?
Il est vrai que le tsar actuel, Wladimir, vient de nous faire un cadeau: il a permis le retour du corps du sergent Zekharia Baumel, capturé lors de la bataille de Sultan Yaakoub* en 1982 contre la première division syrienne. Le corps a été rapatrié jusqu’à Moscou où lui ont été rendus des honneurs  officiels,

et transporté ensuite jusqu’au cimetière du Mont Herzl à Jerusalem:

(Yediot Aharonot)

Un geste généreux?
On le saura plus tard. On attend toujours les corps de ses compagnons Yehuda Katz et de Tsvi Feldman.


Dans une dernière lettre à ses parents, il écrivait: Ne soyez pas inquiets, tout va bien mais je ne rentrerai sans doute pas avant longtemps à la maison

A bientôt,

*Haggadah:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/03/21/et-vous-raconterez-a-vos-enfants-3/

* Le mot Egypte:
La Racine MS (TS) R qui a donné Mitzraim en hebreu se trouve dans la plupart des langues sémitiques y compris en arabe Misr. Mais les Égyptiens (d’avant l’islam) ne parlaient pas l’arabe et nommaient leur pays soit les deux terres, soit KeMeT c’est à dire le pays de la terre noire. Ce nom est resté en langue copte Kem ou Kemi.

* La bataille de Sultan Yaakoub a eu lieu pendant l’opération Paix en Galilée ou la première guerre du Liban (1982):
Après la guerre entre les organisations palestiniennes et le roi de Jordanie en 1970 dans ce qui fut Septembre Noir (https://en.wikipedia.org/wiki/Black_September), les organisations terroristes palestiniennes s’installeront dans le Sud du Liban et mèneront des attaques terroristes pendant 12 ans (entre autres à Maalot en 1974) dans le nord d’Israël.
https://www.europe-israel.org/2014/05/israel-il-y-a-40-ans-lattentat-de-maalot/
Ces mêmes organisations prennent également part à la guerre civile libanaise qui éclate en 1975. La Syrie, dont l’économie avait besoin d’un libre accès aux banques et à un port sur la méditerranée, envahit alors le Liban pour faire cesser les combats. Les forces syriennes agissent principalement contre les Palestiniens, considérés comme ceux qui menacent la stabilité du régime libanais, mais plus tard, pour consolider leur emprise sur le territoire libanais, elles se retourneront contre les chrétiens.
À l’été 1981, les tirs de roquettes sur Israël ont atteint leur point culminant: 10 230 roquettes et obus ont été tirés du Liban, qu’Israël ne réussit pas à arrêter même avec des bombardements. Les cessez-le-feu avec L »OLP ne tiennent pas. L’état-major planifie alors une action, dénommée Paix en Galilée. Cette première guerre du Liban se déroulera essentiellement entre Israël, la Syrie et les organisations palestiniennes sur le sol libanais du 6 juin au 29 septembre 1982.

Voici le témoignage de Brigitte Gabriel, chrétienne libanaise sur la situation des Chrétiens au Liban et sur l’intervention israélienne:
http://www1.alliancefr.com/actualites/contre-la-desinformation/temoignage-de-brigitte-gabriel-du-liban-501896