La ville de David עיר דוד

A tous nos ancêtres qui, fidèlement, obstinément, ont pleuré la destruction de Jerusalem et n’ont pas pu la voir revivre.

Au sud du Kotel et du mont du Temple se trouve un grand site archéologique, עיר דויד (ir David) ou ville de David. Il fait partie du parc national Les murailles de Jerusalem qui sont une large bande de verdure qui contourne les murailles de la ville.


Le site se trouve sur la colline de l’Ophel qui est le nom d’une forteresse gardant la ville au sud-est*.  Il est question de la muraille de l’Ophel sur la stèle de Mesha* trouvée en bordure du site et du village de Silwan.

(La stèle de Mesha se trouve actuellement au Musée du Louvre,
elle raconte les guerres entre les rois du royaume d’Israel et les Moabites)

Le village de Silwan a ceci de particulier qu’il était habité par de nombreux Juifs originaires du Yemen ainsi que des Juifs Karaïtes qui en ont été chasses en 1948  et s’y sont réinstallés après la guerre des 6 jours en 1967. Bien que la population musulmane y soit souvent violente à leur égard, 62 familles juives y sont retournées à ce jour,  dont la famille Meyuhas qui a reconstruit sa maison datant de 1875.

Mais retournons à la période biblique. Silwan autrefois s’appelait Shiloa’h, célèbre pour sa piscine, le grand réservoir d’eau de la ville dans l’antiquité.

C’est là qu’avaient lieu les festivités de שמחת בית השואבה (sim’hat beit hashoeva). Ça devait être hollywoodien me disait mon ami Yossi Cohen*.
Il est écrit dans la Mishna מִי שֶׁלֹּא רָאָה שִׂמְחַת בֵּית הַשּׁוֹאֵבָה – לֹא רָאָה שִׂמְחָה מִיָּמָיו. Celui qui n’a pas vu la joie de sim’hat beit hashoeva, n’a jamais vu de joie de sa vie .
 Des milliers des personnes  y participaient en chantant et en dansant au son des lyres et des tambourins, des trompettes et des shofars, pendant que les Cohanim, ayant offert un sacrifice,  puisaient de l’eau et la versaient depuis une soucoupe en or dans une tasse en argent,  percée par le fond, pour la laisser s’écouler en libation. Ils priaient ainsi pour que l’année soit pluvieuse.


(dessin Dafna Levanon)

Voici une video qui présente le chemin allant de la piscine de Shiloa’h au Kotel.

Le Roi David avait conquis cette forteresse יבוס-Yebus (Jebus).
David et tous les Israélites marchèrent sur Jérusalem, qui s’appelait Jébus. Là étaient les Jébuséens, qui occupaient le pays.  Mais ceux-ci dirent à David: « Tu n’entreras pas ici. » Toutefois, David s’empara de la forteresse de Sion, qui est la Cité de David. David avait dit: « Celui qui battra les Jébuséens en premier deviendra chef et prince. » Ce fut Yoav, fils de Cerouya, qui monta le premier, et il devint chef.  David s’établit dans la forteresse, qu’on nomma pour cette raison Cité de David.  Il ajouta des constructions à la ronde. Quant à Yoav, il restaura le reste de la ville...(2 livre de Samuel, 5)

David l’avait conquise pour des raisons à la fois
– Militaires: Le site se trouve à environ 800 m d’altitude et est donc facile à défendre

– Mais aussi politiques: Elle se trouve à la limite entre la Judée, territoire de la tribu de David (tribu de Yehuda) et celui de la tribu du roi déchu Shaoul (tribu de Binyamin)
– Et enfin, religieuses: Une des collines, le mont Moriah, celle qui accueillera plus tard le temple, est déjà considérée comme l’endroit ou Yits’hak aurait du être sacrifié par son père Avraham.

De nombreuses sources donnent de l’eau à la ville chaque printemps. La plus importante est le Gi’hon.


Bien plus tard, le roi Hizkiyahou entreprendra des travaux d’importance pour ravitailler plus facilement la ville :
Ce fut Ezéchias qui boucha l’issue supérieure des eaux du Ghihôn et les dirigea par en bas du côté occidental vers la cité de David, et Ezéchias réussit dans toutes ses entreprises. (2 Livre des Chroniques 33 30)
וְהוּא יְחִזְקִיָּהוּ, סָתַם אֶת-מוֹצָא מֵימֵי גִיחוֹן הָעֶלְיוֹן, וַיַּישְּׁרֵם לְמַטָּה-מַּעְרָבָה, לְעִיר דָּוִיד; וַיַּצְלַח יְחִזְקִיָּהוּ, בְּכָל-מַעֲשֵׂהוּ.
Le tunnel a une longueur de 533 m sur un dénivelé de 2,27 m.
Pourquoi ces grands travaux?  Ce grand tunnel et la construction de murailles plus conséquentes* sont généralement expliqués par le besoin de nourrir une population grossie de nombreux réfugiés lors de la chute du royaume d’Israel et de sa capitale Shomron.

A quelques mètres de la sortie du tunnel a été découverte en 1860 une pierre portant l’inscription suivante en hébreu:
Le creusement. Voici l’histoire du creusement. Pendant que les tailleurs de la roche brandissaient leurs outils chacun en face de ses compagnons, un moment où manquaient trois coudée (1,50 m) pour la perforation, la voix d’un homme fut entendue, demandant à son compagnon pourquoi il y avait une crevasse. À la droite… Le jour de la perforation, les mineurs frappèrent chacun pour rencontrer son compagnon… et les eaux s’écoulèrent de la source jusqu’à la piscine, environ 1200 coudées (533 m). La roche était à 100 coudées (50 m) au-dessus de la tête des tailleurs de la roche. 

(Cette pierre se trouve au musée des Œuvres de l’Orient Ancien à Istambul)

En 2005, l’archéologue Eilat Mazar annonce qu’elle a découvert les restes d’un grand bâtiment, pour elle il s’agit du palais du roi David. Elle se base sur le texte biblique, corroboré par les trouvailles de poteries datant du 10 ème siècle avant l’ère chrétienne et aussi sur le fait qu’une construction aussi élaborée avec de pareilles dimensions ne pouvait pas appartenir à l’ancienne forteresse militaire jebuséene.

De nombreux artefacts ont été retrouvés depuis. La plupart témoignent de la vie quotidienne aux périodes du premier et du deuxième Temple* et quelques uns de la période hellénistique. Il y a peu, les archéologues ont mit à jour des habitations, des restes calcinés d’arbres, des poteries et même de la nourriture (grains de raisons, arêtes de poissons) datant de la destruction du premier Temple par les Babyloniens en 586 avant l’ère chrétienne.

Ce sont les mêmes trouvailles que celles extraites des tonnes de terres rejetées par les bulldozers du Waqf*qui s’affairent sur le Mont du Temple pour détruire toute trace d’une présence juive.
Des découvertes fascinantes ont été faites, comme des tessons de récipients en pierre, des bijoux, des perles, des figurines en terre cuite, des pointes de flèches et autres armes, des poids de balances, des accessoires de mode, des dés à jouer, des incrustations d’os et de coquillages, des décorations de meubles, des objets en os et en ivoire et des fragments d’inscriptions sur pierre ou sur poterie.

Ce qui a bien amusé les volontaires à ces fouilles, ce sont tous ces dés, en os et en ivoire, datant de la période romaine. Il faut dire que dans la Mishna, les joueurs de dés étaient récusés comme témoins!
Ce sceau de la période du roi David  a fait les gros titres:

(photo Zeev Radovan Zachi Dvira)

Il a été découvert par Matvei Tcepliaev, un jeune volontaire de 10 ans qui participait aux fouilles pendant ses vacances.
En fait, dans toute cette zone, chaque seau de terre  contient des artefacts de toutes les périodes depuis la prise de Jebus par David, il y a presque 3,000 ans. 

Ce jour de Tisha Be’Av*, nous commémorons la destruction du Temple. J’ai eu envie de vous faire part de ces découvertes. Elles montrent  à quel point notre enracinement dans ce pays et dans cette ville est profond et ancien.
La chanteuse Etty Ankry raconte qu’un jour, prise dans un embouteillage sur la route, elle leva les yeux vers un panneau  qui indiquait la direction de Jerusalem. Elle pensa soudain que si Yehouda Halevy était là, à côté d’elle, il n’en croirait pas ses yeux.
Lui qui écrivait il y a déjà 1000 ans:
Mon cœur est en Orient et moi je suis aux confins de l’Occident.
ליבי במזרח ואני בסוף מערב
Lui qui avait été assassiné par la lance d’un cavalier arabe alors qu’enfin arrivé à Jerusalem, il se tenait appuyé aux pierres du Kotel…
Voici un poème de Yehuda Halavy, Yefe Nof, qui célèbre la beauté de Jerusalem. Il est interprété par Etty Ankri

A bientôt,

*Les Juifs karaïtes:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/02/07/rencontre-avec-un-karaite/

*Joseph Cohen: L’histoire de l’écriture hébraïque, son origine, son évolution et ses secrets, ed Cosmogone, 1999

*Ophel en Samarie (Shomron):
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/08/10/la-samarie-et-les-samaritains/
Dans le Tanakh, il est mentionné que le prophète Elisha et son disciple habitaient à l’Ophel (partie fortifiée) de Shomron

*Histoire des murailles de Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/05/23/dans-tes-murs-dans-tes-portes-jerusalem/

*stèle de Mesha:
https://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A8le_de_Mesha

*Trouvailles archéologiques sur le mont du Temple:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/11/25/bonnes-et-mauvaise-nouvelles/

*Tisha beAv:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/07/29/le-mois-de-av/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/07/26/hadrien-si-tu-savais/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/08/07/4980/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/07/15/tisha-beav/

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Jerusalem, au sommet de notre joie

Tout le monde connaît ירושלים של זהב(Yerushalayim Shel Zahav)*, écrit par Naomi Shemer dans cette période si angoissante du mois de mai 1967. Mais savez-vous quel fut le premier chant composé en l’honneur de Jerusalem enfin libérée?
L’histoire se passe en 1917 juste après l’arrivée des Anglais en Palestine. Les Juifs sont fébriles et heureux. Les troupes troupes britanniques sont entrées dans Jerusalem le premier jour de ‘Hannouka et ils y voient une promesse de גאולה (geoula=délivrance) même s’ils devront déchanter par la suite. Eliezer Ben Yehuda* demande au compositeur de l’époque, Avraham Zvi Idelson,  d’écrire un chant en l’honneur de la libération de la ville, une mélodie  et une simple phrase qui peuvent parler au cœur de tous les Juifs: ce sera ‘Hava Nagila sur une mélodie ‘hassidique:

« Venez vous réjouir et soyez heureux. Venez dans l’allégresse. Levez vous frères d’un cœur joyeux »
הבה נגילה, הבה נגילה
הבה נגילה ונשמחה.
הבה נרננה, הבה נרננה,
הבה, הבה נרננה.
עורו אחים בלב שמח


Cette semaine, nous avons fêté non seulement le יום ירושלים Yom Yerushalayim (jour de Jerusalem) mais aussi les 50 ans de la libération de la ville à la fin de la guerre des 6 jours. Les cérémonies et spectacles se sont succédés dans la ville et dans tout le pays. 
Voici trois vidéos prises au pied des murailles.
ירושלים של זהב Yerushalayim shel zahav:

la danse des drapeaux:

Enfin l’Hatikva reprise par les spectateurs:

Alors n’en déplaise à l’ONU, à l’UNESCO,  nous continuerons à vivre et à fêter Jerusalem, notre capitale depuis le roi David,
Nous fêtons sa libération depuis ce mois de juin 1967 ou nous avons tant tremblé et nous nous sommes tant réjouis et nous mettrons « Jerusalem au sommet de notre joie. »*

Pour ceux qui voudraient comprendre non seulement pourquoi nous sommes si attachés à Jerusalem mais aussi pourquoi le monde arabo-musulman use de son influence pour nous en expulser symboliquement en espérant y arriver réellement la prochaine fois, voici ce film de Pierre Rehov qui explique les choses très clairement:

 

Les amis d’Israel sont déjà convaincus mais se sentent impuissants.
Ceux qui nous haïssent ne le regarderont même pas, Ceux qui sont indifférents hausseront les épaules « encore ces histoires de Juifs! » sans réaliser qu’il ne s’agit pas seulement de nous mais d’eux, que c’est toute leur culture qu’on met à la poubelle. Bientôt, ils assisteront à des autodafés, liront des livres expurgés, accepteront une pseudo-histoire ou une pseudo-science. Ce n’est pas si loin. Vous vous souvenez des autodafé des nazis, vous vous souvenez des théories de Lyssenko*?

L’Europe ne nous pardonne pas d’avoir survécu et surtout d’avoir gardé notre âme. Si l’Occident  persiste dans sa torpeur égoïste et passive, il mourra.  Il devrait se souvenir qu’ « après le samedi vient le dimanche« 

A bientôt,

*Eliezer ben Yehuda:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/10/16/eliezer-ben-yehouda/

*Jerusalem,  au sommet de notre joie: psaume 137

*articles sur Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/07/jerusalem-dor/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/03/02/nous-les-yerushalmim/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/05/23/dans-tes-murs-dans-tes-portes-jerusalem/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/09/25/le-groupe-clandestin-des-souffleurs-de-shofar/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/10/17/nous-sommes-tous-concernes/

https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/06/06/notre-jerusalem/

*Lyssenko:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lyssenkisme

 

Shaar Hara’hamim, la Porte de la Miséricorde

Nous sommes arrivés devant la dernière porte des murailles de la Ville.
La dernière mais peut-être la plus importante: la porte de la Miséricorde*. שער הרחמים (Shaar Hara’hamim), la Porte Murée! (Golden Gate sur la carte  ci-dessous)

Portes de jerusalem carte

D’un côté, elle donne directement sur l’esplanade du Mont du Temple,

Shaar harahamim interieur(israelidailypicture, com)

et de l’autre sur le Mont des Oliviers et plus loin le désert de Judée.

Il en est déjà question au début des chapitres 43 et 44 du livre du prophète Ezekiel:

« Puis, il me conduisit à la porte, à cette porte qui est disposée du côté de l’Est ».
וַיּוֹלִכֵנִי, אֶל-הַשָּׁעַר–שַׁעַר, אֲשֶׁר פֹּנֶה דֶּרֶךְ הַקָּדִים
Et voici que la gloire du Dieu d’Israël s’avançait du côté de l’Est; son grondement ressemblait au bruit de grandes eaux, et la terre s’illuminait de sa gloire
וְהִנֵּה, כְּבוֹד אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל, בָּא, מִדֶּרֶךְ הַקָּדִים; וְקוֹלוֹ, כְּקוֹל מַיִם רַבִּים, וְהָאָרֶץ, הֵאִירָה מִכְּבֹדוֹ.
Puis, il me ramena du côté de la porte extérieure du Sanctuaire, qui est tournée vers l’Est; mais elle était fermée.
וַיָּשֶׁב אֹתִי, דֶּרֶךְ שַׁעַר הַמִּקְדָּשׁ הַחִיצוֹן, הַפֹּנֶה, קָדִים; וְהוּא, סָגוּר
Et l’Eternel me dit: « Cette porte restera fermée, on ne l’ouvrira point, et personne n’entrera par elle, car l’Eternel Dieu d’Israël, est entré par elle: elle restera donc fermée.
וַיֹּאמֶר אֵלַי יְהוָה, הַשַּׁעַר הַזֶּה סָגוּר יִהְיֶה לֹא יִפָּתֵחַ וְאִישׁ לֹא-יָבֹא בוֹ–כִּי יְהוָה אֱלֹהֵי-יִשְׂרָאֵל, בָּא בוֹ;
C’est le prince, en sa qualité de prince, qui s’y assoira pour manger le pain devant l’Eternel; c’est par la voie du vestibule de la porte qu’il entrera et par cette voie qu’il sortira.
אֶת-הַנָּשִׂיא, נָשִׂיא הוּא יֵשֶׁב-בּוֹ לאכול- (לֶאֱכָל-) לֶחֶם–לִפְנֵי יְהוָה; מִדֶּרֶךְ אוּלָם הַשַּׁעַר יָבוֹא, וּמִדַּרְכּוֹ יֵצֵא

Bigre, il semblerait que cette porte là ne soit pas qu’une simple ouverture dans les murailles!

Shaar harahamim 1(Daniel Chacko, blogspot)

 Quand  au 16 ème siècle, Soliman reconstruisit les murailles, restaura et agrandit les portes, il ordonna que celle-ci resta murée.

Pourquoi?
Certains pensent que c’était pour faire des économies: moins de portes, moins de gardes à payer et comme celle-ci donnait sur la partie orientale de la région qui descend vers le désert et la Mer de Sel…
Pour d’autres, Soliman avait entendu parler du prophète Ezekiel et respectait sa prophétie.
La porte restera donc fermée jusqu’au moment où, juché sur son âne, le Mashia’h nous rendra visite, précédé comme il se doit par le prophète Elie…

Selon la tradition, le prophète Elie était Cohen. Aussi les Ottomans, successeurs de Soliman, bâtirent un cimetière juste devant la porte (voir la photo ci-dessus) pour empêcher* le prophète Elie de le traverser et par conséquent empêcher la venue du Mashia’h.
Ne savaient-ils pas que le mot רחמים (ra’hamim, miséricorde) vient de la racine רחם (rehem) qui veut dire à la fois chérir et utérus? Dans le Tanakh, l’utérus est considéré comme le siège de l’amour parental, l’amour inconditionnel par excellence. Shaar Hara’hamim est donc la Porte de l’amour de Dieu.
Naïfs Ottomans, pensaient-ils vraiment que leur cimetière empêchera la venue du Mashia’h?

Heureusement qu’ils n’ont pas eu l’idée de supprimer tous les ânes du pays*!
Le mot âne, si pastoral en français, toujours associé à l’arrivée du  Mashia’h , vient de la racine חמר (‘Het, Mem, Rech) qui a le sens de matérialité et signifie que le Mashia’h viendra dans notre existence concrète mais pas forcément à califourchon.
Comme on dit dans une chanson yiddish:

« S’il vient en voiture, on aura une bonne année, s‘il vient à cheval, nous aurons de bons moments et s’il vient à pied, nous habiterons tous en Eretz Israel »

װעט ער קומען צו פֿאָרן
װעלן זײַן גוטע יאָרן
װעט ער קומען צו רײַטן
װעלן זײַן גוטע צײַטן
װעט ער קומען צו גײן
װעלן די ייִדן אין ארץ ישׂראל אײַנשטײן

Pour le moment, les musulmans n’ont toujours pas compris que barrer le passage, lancer des pierres ou des missiles, poignarder, attaquer à la hache, tirer sur des Juifs ne changera rien. Nous sommes revenus à la maison, c’est tout!
 J’avais commencé cet article dimanche matin. Depuis, des terroristes ont assassiné à la hache, au couteau et aux armes de poing 5 personnes  dans le quartier de Har Nof*.
Quatre d’entre eux étaient en train de prier comme chaque matin dans la synagogue de la rue Agassi.

victimes attentat Har Nof

(Yediot Aharonot)

Il y a maintenant 24 orphelins dans la rue Agassi.

La cinquième victime a été enterrée hier dans le village de  Yanu’h-Jat en Galilée. Il s’agit du policier druze Zidan Seif, 30 ans, qui est arrivé le premier sur les lieux pour porter secours aux victimes. Un héros qui n’a pas attendu les renforts et l’a payé de sa vie. Il laisse orpheline une petite fille de 4 mois. Lors de l’enterrement de Zidan, son père a déclaré qu’il existait un solidarité marquée par des liens de sang entre la communauté Druze et l’état d’Israel.

policier druze tue dans l'attentat a Har Nof(Yediot Aharonot)

Comme après chaque attentat,  ont aussi eu lieu des scènes de liesse dans les villes palestiniennes.

attentat Har Nof celebrations

 ou des postures de menaces.

attentat har nof 3(arutz 7)

Lesquelles sont les plus écœurantes?

A bientôt,

*La carte la mentionne sous le nom de Porte d’Or: c’est effectivement le nom que lui a donné la tradition chrétienne qui, en se basant sur des textes apocryphes, y place la rencontre entre Joachim et Elisabeth:

Porte d'or rencontre Giotto di Bondone 1305(rencontre de Joachim et Elisabeth a la Porte d’Or, Giotto 1305)

*  Un Cohen ne peut pas entrer dans un cimetière sauf pour sa famille proche.

*Pas de boycott des ânes pour le moment mais des oliviers si:
http://danilette.over-blog.com/article-l-olivier-est-un-arbre-juif-il-faut-le-deraciner-125018656.html

 * Comme nos ennemis nous serinent qu’ils ne nous tuent que dans les « colonies », je signale que le quartier de Har Nof se trouve à l’entrée de la ville côté ouest.

La Porte de Damas et la Porte Neuve

Nous reprenons nos promenades le long des murailles de la Vieille Ville qui avaient été interrompues par un été de guerre.
Les nouvelles ne sont pourtant pas très gaies: en fait, depuis le mois de juin, depuis l’enlèvement de Eyal, Gil-Ad et Yaakov-Neftali*, nous vivons à Jerusalem ce que les journalistes appellent une intifada silencieuse ce qui veut dire émeutes dans certains quartiers, attentats*, jets de pierre ou de cocktails Molotov, assassinats…  Hier soir encore, le Jihad islamique a fait parler de lui en essayant de tuer Yehuda Glick* après que Mahmoud Abbas ait appelé à la télévision le peuple palestinien à empêcher les juifs de prier sur le mont du Temple afin de ne pas les laisser le « souiller » (un homme de paix, pas antisémite pour un sous nous dit-on…). Mais malgré cela nous vivons, au quotidien tout à fait normalement, la ville ne brûle pas contrairement à ce qu’affirment les journalistes toujours avides de sensationnel.

Alors repartons vers les célèbres murailles que beaucoup nous envient…
Du côté est de la Vieille Ville, les murailles sont percées de deux portes voisines mais complètement différentes l’une de l’autre.
La première est célèbre:
c’est la  Porte de Shkhem (Naplouse) plus connue sous son nom Porte de Damas.
Pourquoi ces deux noms? Car elle mène tout d’abord à Shkhem en Samarie (le Sichem biblique ou Naplouse en arabe) et ensuite jusqu’à Damas.
C’est aussi la porte principale du quartier musulman et la plus décorée de toutes. Décoration? Oui, mais les mâchicoulis ont surtout été construits pour décourager l’ennemi avant même qu’il attaque.
Sous sa forme actuelle, elle a été construite par Soliman le Magnifique en 1537 mais les Arabes l’appellent aussi Bab el Amoud, la porte de la statue, car à l’époque romaine, une statue de César se trouvait sur la place juste à l’entrée de la porte. C’est à partir de cette statue que les cartographes romains mesuraient les distances entre Jérusalem et les différentes villes d’Israel.
Sur la mosaïque, appelée la carte de Madaba*, la colonne de César, représentée en noir, domine la place se trouvant à l’arrière de porte (la colonne est dessinée à l’horizontale du côté gauche de la mosaïque).

Jerusalem carte mabada
Tout près de l’ancienne place romaine se trouve un musée qui regroupe un certain nombre d’antiquités de la période du Second Temple jusqu’à la période byzantine.

Comme elle donne sur le quartier musulman de la Vieille Ville, cette porte fut l’endroit de prédilection des émeutiers antisémites qui s’y regroupaient avant de partir à la chasse aux Juifs. Déjà! Vous voyez cela ne date pas d’hier, ou de  »l’occupation » de Jerusalem-Est après 1967 ni même de l’établissement de état d’Israel en 1948!
Les Anglais y avaient donc établi un poste de garde à partir des années 20.

Porte de Damas 1929(La photo date de 1929, année des pogroms de Hebron, Jerusalem, Gaza…)

Ils essayèrent de contrôler les armes qui étaient stockées dans le quartier musulman. Mais mollement car il ne fallait pas fâcher la famille du Grand Mufti Hadj Amin Al Husseini!

Porte de Damas 1938(Ici une recherche d’armes en 1938)

 De nos jours,la Porte de Damas attire beaucoup de touristes, surtout depuis sa restauration complète en 2011

porte de Damas jour
Elle a toujours beaucoup de succès lors des festivals de sons et lumières:

Porte de Damas festival des lumieres

 

La deuxième  porte, beaucoup plus modeste, est la Porte Neuve.

Elle donne accès au quartier chrétien.
Elle n’a pas été construite sous le règne de Soliman le Magnifique comme les autres mais en 1887 par le sultan Abdul Hamid. Le sultan voulait avoir de bonnes relations avec le Tsar de Russie. Il avait donc décidé de cette ouverture supplémentaire dans les murailles qui permettait d’aller directement de la fameuse Esplanade russe* à l’église du Saint Sépulcre, destination des pèlerins orthodoxes russes reçus par la Société Impériale Russe Orthodoxe de Palestine, laquelle était présidée par le Grand Duc Serguei Alexandrovitch. 

pelerins orthodoxes arrivant par le train

(pèlerins russes arrivant à la gare de Jerusalem en 1898)

Pourquoi ne fut elle pas décorée comme sa voisine la Porte de Shkhem? La main d’oeuvre était-elle plus chère à la fin du 19 ème siècle que 3 siècles auparavant?
Abdul Hamid pensait-il en avoir fait assez pour le gouvernement du Tsar?

Porte Neuve

Située tout près de la Porte de Damas, elle fut elle aussi le théâtre de violences en particulier à partir de 1936*. Les Anglais la murèrent en 1938. Une porte de moins à surveiller!

Porte neuve muree( la Porte Neuve murée, photo de 1938)

Pendant la guerre d’Indépendance elle fut au centre d’intenses combats, le Etzel* essayant par deux fois de pénétrer sans succès dans la Vieille Ville par le quartier chrétien.
Elle resta fermée jusqu’à la guerre des 6 jours, en 1967.

A bientôt,

Eyal , Gil-Ad et Yaakov- Neftali:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/06/16/eyal-gilad-et-yaakov-naftali/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/10/la-routine/

*Attentat du 22 octobre sur le quai du tramway qui coûta la vie à un bébé, Haya Zissel Braun et à une jeune fille, Karen Yemima Mosquera,  et qui blessa 8 personnes

*Yehuda Glick:
http://coolamnews.com/video-tirs-devant-le-centre-begin-le-meurtrier-a-ete-abattu-la-victime-est-dans-un-etat-grave/

*Carte de Madaba: est une mosaïque de l’église Saint-Georges de Madaba en Jordanie. Elle est connue pour être la plus vieille représentation cartographique qui nous soit parvenue d’Israel et de Jerusalem. Elle date de la fin du 6 ème siècle.

*L’esplanade russe:

https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/05/30/la-porte-de-yafo/

* l’annee 1936 est celle de la « Grande Revolte Arabe » c’est a dire une année de pogroms particulièrement meurtriers

*Etzel: ou Irgoun Tzvai Leumi, organisation militaire qui opéra dans la Palestine mandataire de 1931 a 1948. Olivier a écrit un article très complet sur le sujet:
http://zakhor-online.com/?p=4881

La Porte des Fleurs ou La Porte des Ordures?



D’après Yitshak Navon, la Porte des Fleurs,  שער הפרחים,  et celle des Ordures, שער האשפות, se disputaient la préséance.

La Porte des Fleurs: « Comment les héros d’Israel pourrait-ils passer par la Porte des Ordures? Qu’ils passent par moi, mon nom seul leur tressera des couronnes. »

La Porte des Fleurs, ce nom a de quoi séduire  mais aucune fleur ne la décore à l’exception d’une simple rosette:

herod-flower

De plus, elle est aussi connue sous le nom de Porte Hérode! Le nom de ce personnage qui n’a pas laissé de bons souvenirs lui a été donné par les Croisés, persuadés que la maison d’Hérode Antippas* se trouvait à cet endroit.
Enfin, il semblerait qu’en 1099, alors que les Croisés assiégeaient la ville, ils aient pu y faire irruption justement à cet endroit des murailles, sans doute mal entretenu et en mauvais état.

Quoi qu’il en soit, avant le fin du 19 ème siècle, on ne peut pas parler vraiment de porte. Elle se trouve non loin de la Porte de Damas (Porte de Shkhem) qui permet la jonction entre le quartier musulman de la vieille ville et le marché bédouin installé hors des murs. Il y a certes une ouverture, le plus souvent bouchée qui ne sera ouverte qu’en 1875.

Les Anglais voulant restreindre la circulation de la population pour des raisons sécuritaires, ce passage sera à nouveau bouché pendant le Mandat Britannique. Les Jordaniens l’ignoreront et la Porte telle qu’elle est aujourd’hui n’a été ouverte qu’en 1987.

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 (La Porte des Fleurs qui donne sur le quartier musulman de la Vieille ville)

 

La Porte des Ordures: « Moi qui suis la plus proche du Kotel, j’ai reçu des ordures pendant des siècles et même après, ce nom infâme m’est resté. J’ai assez souffert et je mérite d’être enfin honorée. »

Il est vrai que pendant toute l’occupation byzantine, les ordures seront acheminées par cette porte et vidées au plus près du Kotel dans le but d’éliminer tout présence historique juive au plus près du Temple détruit*.
Pour les Musulmans, elle est appelée  باب المغاربة‎ , la Porte des Marocains, du nom de colons musulmans amenés du Maroc au 16 ème siècle par le sheikh Abou Madin.
Mais là encore, comme la Porte des Fleurs, elle n’est elle aussi qu’un petit passage étroit, fermé la plupart du temps.
Ce n’est qu’au 19 ème siècle, que les Ottomans l’agrandissent pour permettre la circulation des piétons et des ânes depuis le village de Silwan* situé en contrebas.

Porte des ordures debut 20 eme siecle w

(wikipedia)

Après 1948, les Jordaniens considérant ses pierres branlantes la consolident sans états d’âme  avec une poutre de béton particulièrement laide.

Pote des ordures non restauree en 1967 w

(wikipedia)

Apres la guerre des 6 jours, la poutre est enfin recouverte de pierre et la porte restaurée au mieux car elle est la porte la plus proche du Kotel

Porte des ordures

Vous voyez au fond le point de contrôle qui permet d’accéder au Kotel.

DSC_0237

 (Le Kotel, photo de JB, hiver 2012)

A bientôt,

*Herode Antippas né en 20 avant l’ère chrétienne et mort en l’année 39 du premier siècle, fils d’Hérode le Grand et gouverneur de l’empire romain en Judée et Galilée

* https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/07/07/les-generations-oubliees-2/

*Silwan: en hébreu Kfar Shiloah, des immigrants juifs du Yemen s’y installèrent à la fin du 19 ème siècle. Ils en furent chassés au moment de la guerre d’Indépendance par les Jordaniens. Sur le côté ouest de ce quartier se trouve עיר דויד (Ir David) la Ville de David ( http://www.cityofdavid.org.il/fr)