Parlez-vous le Yerushalmi?

 A la fin du livre d’Esther, il est écrit:
…Eh bien! écrivez vous-mêmes, au nom du roi, en faveur des juifs, comme vous le jugerez bon, et signez avec l’anneau royal, car un ordre écrit au nom du roi et muni du sceau royal ne peut être rapporté. »
 Sur l’heure même, on convoqua les secrétaires du roi, c’était dans le troisième mois, qui est le mois de Sivan, le vingt-troisième jour du mois et on écrivit, tout comme Mordekhaï l’ordonna, aux juifs, aux satrapes, aux gouverneurs et aux préfets des provinces qui s’étendaient de l’Inde à l’Ethiopie cent-vingt-sept provinces en s’adressant à chaque province suivant son système d’écriture et à chaque peuple suivant son idiome, de même aux juifs selon leur écriture et selon leur langue. (Esther 8 8,9)
וְאַתֶּם כִּתְבוּ עַל-הַיְּהוּדִים כַּטּוֹב בְּעֵינֵיכֶם, בְּשֵׁם הַמֶּלֶךְ, וְחִתְמוּ, בְּטַבַּעַת הַמֶּלֶךְ: כִּי-כְתָב אֲשֶׁר-נִכְתָּב בְּשֵׁם-הַמֶּלֶךְ, וְנַחְתּוֹם בְּטַבַּעַת הַמֶּלֶךְ–אֵין לְהָשִׁיב. ט וַיִּקָּרְאוּ סֹפְרֵי-הַמֶּלֶךְ בָּעֵת-הַהִיא בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁלִישִׁי הוּא-חֹדֶשׁ סִיוָן, בִּשְׁלוֹשָׁה וְעֶשְׂרִים בּוֹ, וַיִּכָּתֵב כְּכָל-אֲשֶׁר-צִוָּה מָרְדֳּכַי אֶל-הַיְּהוּדִים וְאֶל הָאֲחַשְׁדַּרְפְּנִים-וְהַפַּחוֹת וְשָׂרֵי הַמְּדִינוֹת אֲשֶׁר מֵהֹדּוּ וְעַד-כּוּשׁ שֶׁבַע וְעֶשְׂרִים וּמֵאָה מְדִינָה, מְדִינָה וּמְדִינָה כִּכְתָבָהּ וְעַם וָעָם כִּלְשֹׁנוֹ; וְאֶל-הַיְּהוּדִים–כִּכְתָבָם, וְכִלְשׁוֹנָם

A ce moment la, quelle était la langue des Juifs? L’hébreu évidemment! Mais déjà chaque région, chaque ville devait avoir son propre vocabulaire et son propre accent correspondants à un style de vie, à des figures locales ou imaginaires selon aussi les groupes sociaux: pensez au Guignol de Lyon ou au Bekhor el bovo (l’aîné, le baveux) des Juifs de Turquie et des Balkans, au J’e’ha d’Afrique du Nord ou au  Shlimazel, le « pas-de-chance » des régions ashkenazes.

(Quand danse le shlimazel, les cordes des instruments se cassent)

Eh bien ici, à Yerushalayim, nous parlons le Yerushalmi!
Sans doute que dans les kibboutzim, ils ont leur propre jargon, de même qu’à Tel Aviv, l’accent diffère selon qu’on appartienne à la elita (élite auto-proclamée) ou aux quartiers populaires, mais chez nous à Jerusalem, c’est le yerushalmi.
Vous n’entendrez pas le yerushalmi dans les oulpanim (c’est déjà assez difficile de se débrouiller en hébreu!) ou dans les quartiers d’affaires.
Mais si vous vous promenez à Ma’hane Yehuda* ou à Na’hlaot*, écoutez, écoutez attentivement car vous aurez du mal à comprendre ce qui se dit.
On raconte qu’à Ma’hane Yehuda, un marchand de pistaches s’était trouvé une épouse éduquée à l’occidentale: belle, bien habillée, délicate. Les hommes l’admiraient, les femmes l’enviaient… Mais lorsque les habitants de Ma’hane Yehouda l’entendirent, ils s’exclamèrent: Quelle langue parle-t-elle? La pauvre! Elle ne sait pas un mot de yerushalmi!
C’est vrai qu’il est difficile de s’y retrouver dans ce mélange d’hébreu, d’arabe, de judéo-espagnol* et de yiddish particulièrement riche. C’est aussi ça le מעורב ירושלמי (meorav yerushalmi) le Mélange de Jerusalem*.
Voici un guide fort utile pour survivre dans ces quartiers:

Tout d’abord, même si vous avez l’accent français, pour parler yerushalmi vous devez allonger la syllabe a. On ne dit pas מתאיים (mataim – deux cents), mais mataaaaim. Et de même pour אופניים (ofanaaaim – le vélo), מגפיים (magafaaim – les bottes), ainsi que pour מהנדס (meaaaandes – l’ingénieur), (Appelez meaandes tout technicien, cela lui fera plaisir) et jaaket, une veste (mot qui ne vient bien sûr pas de la Thora).
Si vous voulez acheter une serpillière, ne demandez pas une spongia mais dites shpongia et si le marchand vous indique nonchalamment où elle se trouve: mi’houtsh, comprenez מחוץ (mi’houtz), dehors, et allez la chercher, car il n’a nulle envie de se bouger pour vous tendre une simple serpillière!

Maintenant, passons au vocabulaire. Les expressions en yerushalmi ont toutes trait à la vie quotidienne:
Munis de votre serpillière, vous avez brusquement faim. Vous trouverez toujours un אש תנור (esh tanour) brûlant pour vous sustenter. Non, il ne s’agit pas du feu du four (אש תנור=esh tanour) mais d’une lafa, appelée aussi פיתה עירקית (pita irakit) pita irakienne, que vous tremperez dans toutes les sauces ou qui enveloppera votre sandwish sabi’h* contrairement à la pita classique, sorte de petit sac qui se troue toujours au mauvais moment:

Si le vendeur tarde à vous servir, il se fera tancer d’un bard (froid en arabe et paresseux en hébreu yerushalmi).
Dans un magasin de délicatessen, ne dites pas דג מלוח (dag maloua’h), un poisson salé. Entoure des saumons fumés et autres harengs, le vendeur se sentira offensé.
Moi? un poisson salé?
Vous l’aurez traité de Juif allemand! Ah les pauvres Juifs d’origine allemande que n’ont-ils pas entendu à leur arrivée: dag maloua’h, poisson salé, parce qu’ils ne braillaient pas à tout va et faisait preuve de retenues quelles en toute circonstance et yeke, à cause de la Jacke, la veste, qu’ils s’obstinaient à porter en plein été!

(Le poisson froid est aussi un jeu: un deux trois, dag maloua’h! C’est l’équivalent du un, deux, trois soleil français)

Si vous vous endimanchez, quoi qu’ici on parlera plutôt du shabess kleid (vêtement de shabbat), vous vous ferez traiter de franji, français, l’élégant, le gandin, celui qui sort, comme disait Pagnol, avec le chapeau et la canne.
La vie du yerushalmi traditionnel se passe autant chez lui que dans la cour, en compagnie des voisins.

Dans son émission du vendredi matin, Haparlament hayerushalmi (le Parlement de Jerusalem), Shouki ben Ami se souvient de sa grand-mère. Elle chassait avec vigueur tous les chats quémandeurs, qui pour les yerushalmim ne sont que des חתולות (‘hatoulot – chattes) et non pas des חתולים (‘hatoulim – chats), avant d’inviter  tous les shnorrer* du quartier pour la קבלת שבת (kabalat shabbat )*. Elle installait des grandes tables sur des tréteaux qu’on appelle חמורים (‘hamorim – ânes) partout sauf à Jerusalem où ils se nomment j’hashim et elle y empilait des montagnes de nourritures pour qu’ils s’emplissent le ventre au moins une fois par semaine.
Et chacun chantait Tsur mishelo avec ferveur:
Nous te remercions pour ce repas, notre Père, nous avons mangé et nous sommes rassasiés… Nous te remercions pour ce magnifique pays que tu nous a donné. Yehoram Gaon l’interprète ici en judeo-espagnol et en hébreu:

A Jerusalem on descend toujours vers le centre ville qui se trouve plutôt en haut d’une des nombreuse collines. Et comme les rues sont toujours embouteillées, mieux vaut prendre son deux roues motorisé, le טוסטוס (toustous). Je ne suis pas plus précise car toustous s’emploie pour les mobylettes parfois pour les vieilles motos mais pas pour les modernes vélos électriques qui eux ne toussent pas.


La première fois que mes petites filles m’ont expliqué que leur copine habitait pas loin du monstre (mifletset=מיפלצת), j’ai été quelque peu étonnée. Mais non, nous avons un monstre à Jerusalem!

(Le monstre est une statue-toboggan de Niki de Saint Phalle dans le quartier de Kiriat Yovel)

Les enfants l’apprécient et ça nous change d’abou yo yo, qui dans le reste du pays s’appelle שק קמח (sak kema’h) sac de farine:

Maintenant, je suis une vraie yerushalmit et quand mes petites filles me demandent de les coiffer et de leur faire un קוקו שקר (koukou sheker – un coucou menteur), je sais qu’il ne s’agit que d’ une demi-queue de cheval!

 

 

A bientôt,

* Ma’hane Yehuda:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/11/28/mahane-yehouda/

* Na’hlaot:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/01/15/ballade-en-hiver-dans-nahlaot/

* Le Mélange de Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/10/30/le-melange-de-jerusalem/

*Le sandwich sabi’h:
Servi dans une pita, contient traditionnellement  des aubergines sautées, des œufs durs, de la sauce tahina, du jus de citron et de l’ail, on peut aussi y rajouter du ‘houmous, de la salade israélienne (cubes de tomates et de concombres, du persil et de l’amba, un chutney de mangue.  Traditionnellement, il est le brunch du shabbat des juifs d’origine irakienne qui y rajoutent les œufs bruns, cuits toute la nuit dans le ‘hamin. Certains y rajoutent du s’hug (condiment vert yéménite qu’il faut manier avec prudence).
Et c’est la que la pita se troue!

* J’emploie le mot judéo-espagnol et non pas ladino, suivant ainsi les directives de Hayim Vidal Sephiha. Un très bon article sur les langues juives:
https://www.jforum.fr/de-lhebreu-aux-langues-juives.html

* Schnorrer: certains pensent que c’est un mendiant. Pas du tout! C’est un bon Juif qui nous permet de nous montrer généreux. Si vous ne me croyez pas lisez Le roi des schnorrers d’Israel Zangwill

* Kaballat Shabbat: l’accueil du shabbat

 

 

 

 

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Le « Mélange de Jerusalem »

Une des spécialités culinaires de Jerusalem s’appelle le מעורב ירושלמי (meorav yerushalmi) ou le « mélange* de Jerusalem ».
Je l’ai goûté pour la première fois lors d’une nuit pluvieuse et froide où je revenais de je ne sais où avec ma cousine Louise… Louise fut  prise d’une envie soudaine de ce meorav yerushalmi que sert le restaurant חצות (‘hatzot)  de la rue Agrippas, au début de Mahane Yehuda*.
Il était près de minuit mais ce restaurant ne s’appelle pas חצות (‘hatzot) minuit, pour rien.

restaurant hatzot

Le מעורב ירושלמי (meorav yerushalmi) est un plat de divers abats bien épicés et cuits sur une plancha qu’on vous servira dans une pita, ou sur une assiette si vous y tenez.

meorav yerushalmi

avec des gros cornichons au sel, de la sauce  עמבה (amba) qui est un chutney à la mangue:

amba 2

et de la טחינה t’hina, la crème de sésame:

tehina

Voici la recette pour 4 à 5 personnes donnée par le restaurant ‘Hatzot:
– Il vous faut:
200 gr de cœurs de poulet, 200 gr de rate de poulet, 200 gr de שישליק (shishlik) ou petits dés de dinde, 200 gr de פרגיות (pargiot)  ou cuisses de poulet désossées, 200 gr de poitrine de dinde et 400 gr d’oignon haché grossièrement, du poivre, du sel  et un peu d’huile… Et les épices me direz-vous? Cela reste un secret! J’ai pu remarquer la couleur rouge du paprika et un léger  gout de cumin  mais pour le reste…
– Préparation:
Coupez la viande en petits morceaux de 1 cm et demi (mesurez!).
Chauffez à feu vif un peu d’huile dans une poêle, placez-y la viande et remuez  jusqu’à ce que la viande soit bien dorée.
Rajoutez l’oignon et les mystérieux épices et laissez cuire encore de deux à trois minutes.
Présentez la préparation dans une pita en versant le jus sur la viande, ajoutez des חמוצים (hamoutsim) qui sont des légumes confits au sel et de la sauce עמבה (amba). Vous pouvez aussi compléter avec du חומוס (‘houmous) de la טחינה (Te’hina) et parsemer de coriandre frais.

L’expression מעורב ירושלמי (meorav yerushalmi) a quitté le monde de la cuisine et désigne aussi la complexité de la ville de Jerusalem, complexe par son histoire, sa population, sa langue populaire originaire de la Vieille Ville mais aussi du marché de Mahane Yehuda et émaillée bien plus qu’ailleurs d’expressions en judéo-espagnol yiddish ou judéo-arabe (pour ne citer que ces trois origines).

Meorav Yerushalmi est aussi le nom d’une série télévisée très populaire dont l’action se passe dans la vie d’une famille traditionnelle de Jerusalem

Le « mélange de Jerusalem » c’est aussi le sentiment confus ressenti par sa population en ce moment. Bien que les attentats se soient un peu calmés ces derniers jours*, on sait que rien est fini. Les Yerushalmim* sont à la fois heureux de vivre ici mais inquiets car ils ont intégré le danger à leur routine.

Les caricaturistes nous voient ainsi:

caricature shai tsharka 2 2015Sur cette caricature de Shay Tsharka vous voyez l’homme au parapluie de Pisgat Zeev*, l’homme au nunchako qui a maîtrisé un terroriste dans un bus et une grand mère avec un rouleau à pâtisserie. Non ce n’est pas moi!
Mais elle existe vraiment!

bus rouleau a patisserie

Sur celle-ci, il s’agit toujours des Yerushalmim, mais de ceux qui sont éduqués à la haine du Juif dans leurs propres familles:

shay tsharka education arabe(« Toute la journée tu restes devant cet écran, sors plutôt avec les autres enfants »
Caricature de Shay Tsharka
)

Le mot מעורב (meorav), mélangé, vient de la racine ערב qui a aussi donné le mot « soir », le moment de la journée où on ne distingue plus très bien où les choses paraissent confuses, contrairement au matin où tout est clair et précis. Elle a aussi donné le mot « arabe » Les Arabes sont en effet un mélange de tribus.

Ce soir, nos sentiments eux aussi sont aussi mélangés: nous avons appris à ne pas considérer les autres selon leur origine d’autant que certains Arabes israéliens défendent Israel,  comme Mohamed Zoabi et sa mère, Annette Haskia dont les enfants servent à l’armée mais aussi comme ces manifestants à Yaffo ou en Galilée, comme le maire de Nazareth qui vitupère contre les députés arabes de la Knesset qui attisent la haine entre Juifs et Arabes.
Mais en même temps, nous ne sommes pas dupes et et nous ne tombons pas dans l’angélisme. Si nous sourions au livreur, au pharmacien, au pompiste arabes, nous observons aussi en même temps leurs mains. Nous aimerions continuer comme avant, aller le nez au vent mais nous savons que c’est une illusion dangereuse. Nous sommes entourés d’ennemis dans un monde très volatil et dangereux, mais protégés par l’armée et la police. Nous devons être sur nos gardes, attentifs à tout détail suspect mais aussi continuer à sortir*, à écrire, à peindre, à raconter des histoires tout en navigant entre les récifs, bref à vivre.

Nous sommes également confus en lisant la presse européenne et tout particulièrement française qui s’acharne à mettre sur le même plan l’agressé et l’agresseur. Comme si nous aussi nous nous précipitions sur des civils arabes couteau à la main pour les égorger. Cela n’annonce rien de bon pour les Juifs qui vivent encore en Europe.

Le ciel s’en mêle aussi. Apres un été trop long et trop chaud à mon goût, les pluies sont enfin arrivées. Ce sont de grosses averses dans un ciel sombre et menaçant et soudain clair et lumineux, soleil et pluie…
Mais l’odeur des pins et de la terre mouillée entre deux giboulées…

A bientôt,

* En fait, le mot meorav doit se traduire par mélangé. Mais j’ai trouvé que cela faisait curieux en français bien qu’on dise gratiné, granité etc….Qu’en pensez vous?

* Ma’hane Yehuda:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/11/28/mahane-yehouda/

*On dirait qu’après un calme relatif, les attaques reprennent aujourd’hui vendredi, déjà plusieurs blessés à Jerusalem et sur la route 431 à côté de Ramle et dans le Gush Etsion.

*Les Yerushalmim:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/03/02/nous-les-yerushalmim/

*L’homme au parapluie:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/10/15/vous-avez-dit-guerre-de-liberation/

*Une nouvelle page facebook a été créée. Elle s’appelle Eatifada, https://www.facebook.com/eatifada/?fref=nf
Mot formé de eat (manger) et fada (intifada): Eatifada encourage les gens à sortir, et à publier leur photo en train de dîner au restaurant sur leur page facebook.

Yom Haatsmaout 2015

« Dieu nous fit passer de l’esclavage à la liberté, de la détresse à la joie, du deuil à la jubilation, des ténèbres à une grande lumière, de la servitude à l’affranchissement » (Haggadah de Pessah.)

C’est ainsi que le soir de Yom Hazikarone, après 24h consacrées au souvenir de ceux qui sont tombés pour que nous vivions, nous passons brusquement de la tristesse à la joie, de Yom Hazikarone à Yom Haatzmaout, le Jour de l’Indépendance.

Les cérémonies officielles de Yom Haatsmaout ont lieu sur le mont Herzl. Elles ont commencé avec l’allumage de 12 torches (12 comme les 12 tribus!) Apres une première torche allumée par le président de la Knesset Yuli Edelstein,

Yom Haatsmaout Yuli Edelstein

les porteurs de torches se sont avancés. Ce sont tous des pionniers dans leur domaine ou comme on dit en hébreu les פורצי הדרך (Portzei haderekh).

La première et sans doute la plus émue fut Lucy Harish. Arabe musulmane originaire de Nazareth, elle a en 1987 tout juste 5 ans et alors qu’elle se trouve en voiture avec ses parents à Gaza, un terroriste lance un cocktail Molotov par la fenêtre ouverte. Lucy et ses parents arriveront à s’échapper mais ses trois cousins seront sévèrement brûlés. Lucy est diplômée de l’Université Hébraïque de Jerusalem et présente le journal télévisé israélien. Hier soir, elle avait du mal à retenir des larmes d’émotion et a déclaré dans sa courte allocution: « Israel est notre pays et nous n’en n’avons pas d’autre! »

yom haatsmaout lucy harish 2

Puis se sont présentés:

Le Dr Dani Gold: L’inventeur du système כיפת ברזל (Kipat Barzel) ou Dôme de Fer qui a sauvé de très nombreuses vies lors de la guerre, l’été dernier.

Yom Haatsmaout Dany Gold

Ehud Shabtay: Il est le concepteur de Waze, une application  gratuite de navigation GPS qui a la particularité de s’appuyer sur une cartographie élaborée par ses propres utilisateurs, dans la philosophie des outils collaboratifs. La navigation se fait en temps réel et prend en compte l’état du trafic. Qui sort encore sans son Waze en Israel?

Yom Haatsmaout Ehud Shabtay

Or Assouline a allumé la torche avec Ehud Shabtay: Cette jeune lycéenne de 17 ans, est à la tète d’un groupe de jeunes entrepreneurs Elle participe au programme עתידים (Futurs) à l’ORT Braude* de Karmiel où elle étudie les sciences du cerveau dans le cadre d’études de bio-médecine.

yom haatsmaout Or Assouline

Rami Levy: Apres des études plus que chaotiques car il souffrait d’une grave dyslexie, Rami Levy a commencé à vendre des légumes dans un petit local dans le quartier de  Mahane Yehouda. Il possède maintenant 26 supermarchés discount. Son entreprise se nomme Rami Levy Shivouk Hashikma ou (Marché du Sycomore) en souvenir de la rue du Sycomore (Shikma) de ses débuts dans le quartier de  Mahane Yehouda* yom haatsmaout Rami Levy 2

  Alice Miller: Il y a presque 20 ans,  Alice Miller en appela à la Cour Suprême pour que le cours de pilote de l’Armée de l’Air soit ouvert aux femmes. Elle n’a jamais pu le terminer mais grâce à elle, les femmes peuvent maintenant être pilotes  de chasse.

Yom Haatsmaout Alice Miller

 

 

 

Le Professeur Martha Weinstock-Rosin: Martha Weinstock-Rosin est à l’0rigine de l’Exelon, qui permet une amélioration significative de la performance cognitive et donc de la vie quotidienne des malades atteints de la maladie d’Alzheimer.

Yom Haatsmaout Professor-Marta-Weinstock-Rosin

Rafi Mehudar: Il est le spécialiste et pionnier de l’irrigation « goutte à goutte ». Utilisée dans de nombreux pays à travers le monde, cette  technologie d’irrigation et d’arrosage permet de cultiver des terres arides et donc de nourrir des centaines de millions de gens en utilisant peu d’eau. Comme le dit son concepteur, Rafi Mehudar: « c’est la seule technologie qui a prouvé qu’elle augmentait sensiblement l’offre de nourriture. Nous évitons déjà à de grandes parties de l’humanité de mourir de faim, et ce n’est que le début ».

Yom Haatsmaout Rafi Mehudar

Avihu Medina: Tout Israel connait Avihu Medina. Ce chanteur est le pionnier de l' »israelisation » de la musique orientale. Pendant longtemps, la musique orientale a été dénigrée. On l’appelait la musique de la תחנה המרכזית (tahana hamerkazit) ou musique de la gare centrale (sous-entendu gare routière de Tel Aviv) qui, pour ceux qui s’en souviennent, était une endroit haut en couleurs, en odeurs, saturé de cris, de chansons orientales au texte populaire et parfois sirupeux qui se déversaient à pleines cassettes-audio dans la plus grande cacophonie. Avihu Medina a donné ses lettres de noblesses à cette musique populaire.

Yom Haatsmaout Avihu Medina

Sima Shein: Elle est arrivée au plus haut poste dans les services de renseignements, mais chut!

Yom Haatsmaout Sima Shein

Gal Lusky; En 2005, Gal Luskya a fondé Israel Flying Aid, une ONG performante, qui  secourt des populations victimes de guerres ou de désastres naturels dans des zones isolées en apportant une aide en nourriture et aide médicale.

Yom Haatsmaout Gal Lusky IFA

 

Malka Pietrokovsky: Elle est rabbin (!). Specialiste de la Thora et de la Halakha elle se bat pour les droits des femmes!

Yom Haatsmaout Malka Piotrkowsky

Dan Krokovsky: Le sergent Dan Krokovsky est autiste. Mais il est aussi et surtout diplômé, mention excellence, du programme de l’armée רואים רחוק (Roim ra’hok), Voir au loin*, qui permet d’intégrer de jeunes autistes à l’armée.

(sur la page de youtube, le reportage est en hébreu sous-titré anglais)

Dan sert dans les Renseignements où il est un spécialiste des opérations complexes de décodage de données. Il est accompagné par son lieutenant, Bat Hen Pomortchouk.

yom Haatsmaout Dan Krokovsky et Bat Hen Pormotchouk

 (le sergent Dan Krokovsky et le lieutenant Bat Hen Pomortchouk)

Partout dans le pays, les festivités ont continué toute la nuit: chants, danses, feux d’artifice…parade de l’armée de l’air.

120 soldats d’excellence ont aussi été décorés lors d’une cérémonie à la Maison du Président.

yom haatsmaout Rivlin salue les soldats decores

Reuven Rivlin, Président de l’Etat d’Israel, salue les 120 soldats décorés)

Il faisait froid, de la neige est même tombée sur le ‘Hermon. A Jerusalem nous avions un petit 14° et des giboulées, mais nous avons réussi faire le traditionnel מנגל (mangal) barbecue, dans notre cour.

En fin de journée, les terroristes de Gaza ont tiré un missile, tombé heureusement en pleine campagne à côté de Sderot sans faire ni victimes ni dégâts. L’armée a riposté et le ‘Hamas s’est à nouveau écrié: » Pourquoi encore nous accuser? Pourquoi nous? »  Ils sont peut-être jaloux au ‘Hamas. On aurait du les inviter à la cérémonie des porteurs de torches. C’est vrai, s’ils n’existaient pas, Danny Gold n’aurait pas inventé le Dôme de Fer!

Voici une Hatikva inattendue dans le tramway de Jerusalem

 

A bientôt,

* ORT Braude Karmiel: http://www.braude.ac.il/english/

*Mahane Yehuda: https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/11/28/mahane-yehouda/

*Je précise que pour les Israéliens c’est un honneur de servir. De nombreux jeunes invalides, s’enrôlent en tant que volontaires comme Oren Almog        https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/04/14/on-se-souviendra-de-tous/ ou comme ce jeune soldat,victime d’un accident cérébral, que vous apercevez sur la photo si-dessus, salué par le Président de l’Etat Reuven Rivlin.