Mais que mangeait-on au temps de la Bible?

 

 

Mes petites filles m’ont demandé ce que nous mangions à l’époque du Tanakh, je suis donc partie à la recherche des saveurs ancestrales.

 

Si on suit de façon chronologique le texte biblique, on voit que nous sommes passés du statut de nomade, lorsque nous n’étions qu’une grande famille, à celui d’agriculteur, lors de notre entrée en Canaan. Entre les deux, une longue parenthèse, notre esclavage en Egypte, nous a mis en contact avec une civilisation sédentaire très développée et les 40 années de nos pérégrinations dans le désert du Sinaï ont été nécessaires à notre éducation: nous étions partis tribus, nous sommes devenus un peuple.
Nous  avons survécu dans le désert grâce à la manne mystérieuse qui tombait du ciel chaque jour. Beaucoup se sont demandés ce que pouvait bien être cette manne. La manne comblait tous nos besoins nutritifs mais nul ne sait quel était son goût. Un midrash nous dit qu’elle avait le goût qu’on voulait lui donner. Était-ce suffisant? Oui sans doute, mais les récalcitrants regrettaient les marmites de viande, de poireaux et d’oignons qu’ils avaient mangés en Egypte.
« Nous nous souvenons du poisson que nous mangions pour rien (!) en Egypte, des concombres et des melons (ou pastèques), des poireaux, des oignons et de l’ail »(Bamidbar-Nombres 11,5)
Comme quoi, face aux difficultés, les populations mythifient toujours le passé. Avions-nous déjà  pris goût à l’agriculture?



Mais n’oublions pas que si la manne était un plat « divin », elle avait donc aussi un rôle éducatif:
La signification de son nom en est la preuve. Son nom est en fait une question. Il vient de מן (min –  d’où?), d’où cela vient-il? Ou מן הוא (man hou)? Qu’est ce que c’est? L’esclave, homme-objet- devait commencer à questionner pour devenir un homme-sujet.
De plus, elle nous aidait à rythmer nos semaines selon la tradition. Ainsi avant chaque shabbat, nous en recevions une double portion.

A notre arrivée en Eretz Israel, nous avons cultivé les 7 espèces traditionnelles de la région*: l’olivier, le figuier, le blé, l’orge, la vigne, le grenadier et le dattier. Nous pouvons rajouter les agrumes, dès la fin de la période biblique. Ainsi une archéo-botaniste, le  Prof. Dafna Langguton, a trouvé dernièrement des traces de pollen d’etrog datant du retour de l’exil de Babylone, 500 ans avant son apparition en Italie.
Le riz apparaît dans la région à la même période ou peu après, au 3 ème siècle avant l’ère chrétienne, importé par les troupes d’Alexandre.

Les céréales  formaient l’essentiel de la nourriture. Mais quel sorte de pain mangions-nous?
Dans la Haggadah, on récite que cette nuit est différente des autres nuits où on mange et du ‘hametz (pain levé) et de la matsa*(pain non levé). La matsa est le symbole de notre misère en Egypte mais aussi celui de la liberté. C’est la nourriture des bergers qui vont et viennent et des nomades qui n’ont pas le temps de faire lever la pâte. Au contraire, le pain levé est le symbole de l’Egypte à la culture sédentaire, et une des rares régions où on récolte du blé panifiable à cette époque.
Bien avant notre esclavage en Egypte, quand les anges viennent voir Avraham*, Sarah prépare aussitôt du pain sans levain, donc des matzot. Du pain au levain, nous en mangerons plus tard quand nous serons devenus agriculteurs (avons-nous rapporté les secrets de la panification égyptienne?) . Il restera toujours le pain pour shabbat, les fêtes ou les grandes occasions.
Que buvions-nous? De l’eau évidemment mais, bien que le Tanakh n’en parle pas, sans doute aussi de la bière car l’orge était une des céréales courantes et on a trouvé les restes d’une brasserie dans le nord du Neguev.

Quant au vin, nous sommes avertis de ses méfaits dès le livre de Bereshit: Noa’h est le premier alcoolique connu.
Le livre de la Genèse, ne parle pas de culture du vin avant que Noa’h ne décide de planter une vigne. Il est écrit: » Noa’h d’abord cultivateur, planta une vigne » et l’expression de nos voisins ougarites « poignée de main d’un ivrogne » est équivalent de notre « serment d’ivrogne« .

Mais revenons au moment ou Avraham reçoit les trois anges alors qu’il se repose de sa circoncision. Sarah prépare donc du pain mais apporte aussi de la crème et du beurre:
« Il (Avraham) prit de la crème et du lait, puis le veau qu’on avait préparé et le leur servit. »
Avraham a préparé un festin royal à ses hôtes. En effet les gens ne mangent que très peu de viande de bœuf ou même d’ovin. Ils consomment essentiellement des volailles. Curieusement, on ne parle pas d’élevage de poules et la mitsva qui nous ordonne d’éloigner la mère-oiseau quand on prend ses œufs, pour qu’elle ne s’en rende pas compte, fait référence à des œufs dans un nid et non pas dans un poulailler:

« Si tu rencontres un nid d’oiseau sur ton chemin ou à terre, de jeunes oiseaux ou des œufs sur lesquels soit posée la mère, tu ne prendras pas la mère avec sa couvée. Tu es tenu de laisser s’envoler la mère sauf à t’emparer des petits. »
Cela dit, l’élevage des pigeons et autres volailles (en hébreu ברבור – barbour – mot utilisé actuellement pour désigner un cygne) est pratiqué par tous.

On peut visiter dans les grottes de Maresha à Beit Guvrin, un columbarium pouvant contenir plusieurs milliers de volailles.*

Mais pas de restrictions au palais royal. Le roi Salomon et sa cour consomment chaque jour « dix bœufs engraissés, vingt de libre pâture, et cent pièces de menu bétail sans compter les cerfs, chevreuils, daims et sans compter les volailles engraissées. »

Dans la vie quotidienne, outres les céréales, le repas se compose essentiellement de légumineuses. Toutefois on ne parle pas de pois chiches dans le Tanakh, alors qu’ils sont pourtant mentionnés en Mésopotamie sous le nom de hallaru, déjà 3000 ans avant l’ère chrétienne!
Dans la Mishna, on mentionne que la bouillie la plus commune  est un mélange d’haricots secs écrasés et de blé, assaisonné d’ail et d’herbes comme le coriandre.


Quand on ne mange pas des haricots, on mange des lentilles.
Evidemment, vous pensez au ragoût de lentilles qu’ Esav a préféré à son droit d’aînesse. Cette histoire m’a toujours semblé curieuse. Esav rentre de la chasse épuisé, demande du ragoût de lentilles qui mijote sur le fourneau de Yaakov, et, alors que ce dernier profite de la situation, n’a même pas l’idée de faire signe à un des nombreux serviteurs pour en obtenir un sans contre-partie, alors que ce plat basique doit certainement mijoter aussi sur tous les fourneaux de la famille. J’ai toujours pensé qu’en fait Esav avait sauté sur l’occasion. Comme il vivait toujours dans l’immédiateté, sans capacité de construire à long terme et donc de devenir un bon chef de tribu, son statut d’aîné devait peser trop lourd sur ses épaules.

Les produits laitiers proviennent surtout du lait de chèvre. Pour faire du fromage, pas d’enzyme provenant de l’estomac d’une vache* mais une résine de figuier.
Dans le Tamlud Yerushalmi, il est question d’une sérieuse discussion entre Rabbi Eliezer et Rabbi Yehoshua pour savoir quelle partie du figuier exactement devait être utilisée en guise de présure.

(Fromage blanc préparé encore aujourd’hui de cette manière par les Samaritains*)

On ignore si la coutume voulait que le repas se termine par un mets sucré mais les fruits et le miel* sont toujours présents. Lorsque la belle et intelligente Avigail nourrit David et ses compagnons, alors en fuite devant le roi Shaoul, « en toute hâte, elle prit deux cents pains, deux outres de vin, cinq brebis toutes accommodées, cinq mesures de froment grillé, cents gâteaux de raisins secs et deux cent gâteaux de figues, qu’elle fit charger sur des ânes ».
Pas étonnant, que David ait décidé de l’épouser!

Que sont donc ces gâteaux de raisins secs et de figues? Des pâtisseries ou simplement des fruits séchés et agglomérés?
Et que penser du texte de Shir hashirim (2,5)?
Réconfortez-moi par des gâteaux (au sucre) de raisin, restaurez-moi avec des pommes, car je suis dolente d’amour.
סַמְּכוּנִי בָּאֲשִׁישׁוֹת רַפְּדוּנִי בַּתַּפּוּחִים כִּי חוֹלַת אַהֲבָה אָנִי
Le mot אשישות (ashishot), gâteaux au sucre de raisin, vient de la racine אשש (Alef, Sh, Sh), raffermir, qui a donné le  verbe להתאשש (lehitoshesh), se reprendre en mains, recouvrer la santé. Grâce à la quantité importante de sucre qu’ils contiennent (sucre de raisin), ils permettent à l’amante de recouvrer quelques forces.
Mais quels en sont les autres ingrédients?
Bien qu’un des rédacteurs de la Mishna nous parle lui de gâteaux de semoule au miel, la plupart pense qu’il s’agissait tout simplement de crêpes épaisses de farine de lentilles:

 

Le Talmud nous a même transmis une recette, un peu différente cependant, puisque le sucre de raisin est remplace par du miel.
Que ne ferais- je pour vous? Je l’ai testée!
Il faut (selon le Musée des Pays de la Bible*): un verre de farine de lentilles, deux cuillerées à soupe de farine de blé, deux verres d’eau, une cuillerée à soupe de miel, un peu de sel, de la cannelle et de l’huile pour la friture.
J’en ai trouvé une autre peut-être moins réconfortante (sans miel), mais à mon avis bien meilleure, selon laquelle on incorpore des oignons dorés, du coriandre frais et du cumin.

Quand j’ai fait part de mes recherches à mes petites filles, elle m’ont répondu, pragmatiques: Donc, on pouvait manger des schnitzel, sans doute de la salade verte, mais ni frites ni ketchup!
A bientôt,

PS: Dans de précédents articles, j’avais traité de la shehita

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La ville de David עיר דוד

A tous nos ancêtres qui, fidèlement, obstinément, ont pleuré la destruction de Jerusalem et n’ont pas pu la voir revivre.

Au sud du Kotel et du mont du Temple se trouve un grand site archéologique, עיר דויד (ir David) ou ville de David. Il fait partie du parc national Les murailles de Jerusalem qui sont une large bande de verdure qui contourne les murailles de la ville.


Le site se trouve sur la colline de l’Ophel qui est le nom d’une forteresse gardant la ville au sud-est*.  Il est question de la muraille de l’Ophel sur la stèle de Mesha* trouvée en bordure du site et du village de Silwan.

(La stèle de Mesha se trouve actuellement au Musée du Louvre,
elle raconte les guerres entre les rois du royaume d’Israel et les Moabites)

Le village de Silwan a ceci de particulier qu’il était habité par de nombreux Juifs originaires du Yemen ainsi que des Juifs Karaïtes qui en ont été chasses en 1948  et s’y sont réinstallés après la guerre des 6 jours en 1967. Bien que la population musulmane y soit souvent violente à leur égard, 62 familles juives y sont retournées à ce jour,  dont la famille Meyuhas qui a reconstruit sa maison datant de 1875.

Mais retournons à la période biblique. Silwan autrefois s’appelait Shiloa’h, célèbre pour sa piscine, le grand réservoir d’eau de la ville dans l’antiquité.

C’est là qu’avaient lieu les festivités de שמחת בית השואבה (sim’hat beit hashoeva). Ça devait être hollywoodien me disait mon ami Yossi Cohen*.
Il est écrit dans la Mishna מִי שֶׁלֹּא רָאָה שִׂמְחַת בֵּית הַשּׁוֹאֵבָה – לֹא רָאָה שִׂמְחָה מִיָּמָיו. Celui qui n’a pas vu la joie de sim’hat beit hashoeva, n’a jamais vu de joie de sa vie .
 Des milliers des personnes  y participaient en chantant et en dansant au son des lyres et des tambourins, des trompettes et des shofars, pendant que les Cohanim, ayant offert un sacrifice,  puisaient de l’eau et la versaient depuis une soucoupe en or dans une tasse en argent,  percée par le fond, pour la laisser s’écouler en libation. Ils priaient ainsi pour que l’année soit pluvieuse.


(dessin Dafna Levanon)

Voici une video qui présente le chemin allant de la piscine de Shiloa’h au Kotel.

Le Roi David avait conquis cette forteresse יבוס-Yebus (Jebus).
David et tous les Israélites marchèrent sur Jérusalem, qui s’appelait Jébus. Là étaient les Jébuséens, qui occupaient le pays.  Mais ceux-ci dirent à David: « Tu n’entreras pas ici. » Toutefois, David s’empara de la forteresse de Sion, qui est la Cité de David. David avait dit: « Celui qui battra les Jébuséens en premier deviendra chef et prince. » Ce fut Yoav, fils de Cerouya, qui monta le premier, et il devint chef.  David s’établit dans la forteresse, qu’on nomma pour cette raison Cité de David.  Il ajouta des constructions à la ronde. Quant à Yoav, il restaura le reste de la ville...(2 livre de Samuel, 5)

David l’avait conquise pour des raisons à la fois
– Militaires: Le site se trouve à environ 800 m d’altitude et est donc facile à défendre

– Mais aussi politiques: Elle se trouve à la limite entre la Judée, territoire de la tribu de David (tribu de Yehuda) et celui de la tribu du roi déchu Shaoul (tribu de Binyamin)
– Et enfin, religieuses: Une des collines, le mont Moriah, celle qui accueillera plus tard le temple, est déjà considérée comme l’endroit ou Yits’hak aurait du être sacrifié par son père Avraham.

De nombreuses sources donnent de l’eau à la ville chaque printemps. La plus importante est le Gi’hon.


Bien plus tard, le roi Hizkiyahou entreprendra des travaux d’importance pour ravitailler plus facilement la ville :
Ce fut Ezéchias qui boucha l’issue supérieure des eaux du Ghihôn et les dirigea par en bas du côté occidental vers la cité de David, et Ezéchias réussit dans toutes ses entreprises. (2 Livre des Chroniques 33 30)
וְהוּא יְחִזְקִיָּהוּ, סָתַם אֶת-מוֹצָא מֵימֵי גִיחוֹן הָעֶלְיוֹן, וַיַּישְּׁרֵם לְמַטָּה-מַּעְרָבָה, לְעִיר דָּוִיד; וַיַּצְלַח יְחִזְקִיָּהוּ, בְּכָל-מַעֲשֵׂהוּ.
Le tunnel a une longueur de 533 m sur un dénivelé de 2,27 m.
Pourquoi ces grands travaux?  Ce grand tunnel et la construction de murailles plus conséquentes* sont généralement expliqués par le besoin de nourrir une population grossie de nombreux réfugiés lors de la chute du royaume d’Israel et de sa capitale Shomron.

A quelques mètres de la sortie du tunnel a été découverte en 1860 une pierre portant l’inscription suivante en hébreu:
Le creusement. Voici l’histoire du creusement. Pendant que les tailleurs de la roche brandissaient leurs outils chacun en face de ses compagnons, un moment où manquaient trois coudée (1,50 m) pour la perforation, la voix d’un homme fut entendue, demandant à son compagnon pourquoi il y avait une crevasse. À la droite… Le jour de la perforation, les mineurs frappèrent chacun pour rencontrer son compagnon… et les eaux s’écoulèrent de la source jusqu’à la piscine, environ 1200 coudées (533 m). La roche était à 100 coudées (50 m) au-dessus de la tête des tailleurs de la roche. 

(Cette pierre se trouve au musée des Œuvres de l’Orient Ancien à Istambul)

En 2005, l’archéologue Eilat Mazar annonce qu’elle a découvert les restes d’un grand bâtiment, pour elle il s’agit du palais du roi David. Elle se base sur le texte biblique, corroboré par les trouvailles de poteries datant du 10 ème siècle avant l’ère chrétienne et aussi sur le fait qu’une construction aussi élaborée avec de pareilles dimensions ne pouvait pas appartenir à l’ancienne forteresse militaire jebuséene.

De nombreux artefacts ont été retrouvés depuis. La plupart témoignent de la vie quotidienne aux périodes du premier et du deuxième Temple* et quelques uns de la période hellénistique. Il y a peu, les archéologues ont mit à jour des habitations, des restes calcinés d’arbres, des poteries et même de la nourriture (grains de raisons, arêtes de poissons) datant de la destruction du premier Temple par les Babyloniens en 586 avant l’ère chrétienne.

Ce sont les mêmes trouvailles que celles extraites des tonnes de terres rejetées par les bulldozers du Waqf*qui s’affairent sur le Mont du Temple pour détruire toute trace d’une présence juive.
Des découvertes fascinantes ont été faites, comme des tessons de récipients en pierre, des bijoux, des perles, des figurines en terre cuite, des pointes de flèches et autres armes, des poids de balances, des accessoires de mode, des dés à jouer, des incrustations d’os et de coquillages, des décorations de meubles, des objets en os et en ivoire et des fragments d’inscriptions sur pierre ou sur poterie.

Ce qui a bien amusé les volontaires à ces fouilles, ce sont tous ces dés, en os et en ivoire, datant de la période romaine. Il faut dire que dans la Mishna, les joueurs de dés étaient récusés comme témoins!
Ce sceau de la période du roi David  a fait les gros titres:

(photo Zeev Radovan Zachi Dvira)

Il a été découvert par Matvei Tcepliaev, un jeune volontaire de 10 ans qui participait aux fouilles pendant ses vacances.
En fait, dans toute cette zone, chaque seau de terre  contient des artefacts de toutes les périodes depuis la prise de Jebus par David, il y a presque 3,000 ans. 

Ce jour de Tisha Be’Av*, nous commémorons la destruction du Temple. J’ai eu envie de vous faire part de ces découvertes. Elles montrent  à quel point notre enracinement dans ce pays et dans cette ville est profond et ancien.
La chanteuse Etty Ankry raconte qu’un jour, prise dans un embouteillage sur la route, elle leva les yeux vers un panneau  qui indiquait la direction de Jerusalem. Elle pensa soudain que si Yehouda Halevy était là, à côté d’elle, il n’en croirait pas ses yeux.
Lui qui écrivait il y a déjà 1000 ans:
Mon cœur est en Orient et moi je suis aux confins de l’Occident.
ליבי במזרח ואני בסוף מערב
Lui qui avait été assassiné par la lance d’un cavalier arabe alors qu’enfin arrivé à Jerusalem, il se tenait appuyé aux pierres du Kotel…
Voici un poème de Yehuda Halavy, Yefe Nof, qui célèbre la beauté de Jerusalem. Il est interprété par Etty Ankri

A bientôt,

*Les Juifs karaïtes:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/02/07/rencontre-avec-un-karaite/

*Joseph Cohen: L’histoire de l’écriture hébraïque, son origine, son évolution et ses secrets, ed Cosmogone, 1999

*Ophel en Samarie (Shomron):
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/08/10/la-samarie-et-les-samaritains/
Dans le Tanakh, il est mentionné que le prophète Elisha et son disciple habitaient à l’Ophel (partie fortifiée) de Shomron

*Histoire des murailles de Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/05/23/dans-tes-murs-dans-tes-portes-jerusalem/

*stèle de Mesha:
https://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A8le_de_Mesha

*Trouvailles archéologiques sur le mont du Temple:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/11/25/bonnes-et-mauvaise-nouvelles/

*Tisha beAv:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/07/29/le-mois-de-av/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/07/26/hadrien-si-tu-savais/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/08/07/4980/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/07/15/tisha-beav/

Jerusalem, au sommet de notre joie

Tout le monde connaît ירושלים של זהב(Yerushalayim Shel Zahav)*, écrit par Naomi Shemer dans cette période si angoissante du mois de mai 1967. Mais savez-vous quel fut le premier chant composé en l’honneur de Jerusalem enfin libérée?
L’histoire se passe en 1917 juste après l’arrivée des Anglais en Palestine. Les Juifs sont fébriles et heureux. Les troupes troupes britanniques sont entrées dans Jerusalem le premier jour de ‘Hannouka et ils y voient une promesse de גאולה (geoula=délivrance) même s’ils devront déchanter par la suite. Eliezer Ben Yehuda* demande au compositeur de l’époque, Avraham Zvi Idelson,  d’écrire un chant en l’honneur de la libération de la ville, une mélodie  et une simple phrase qui peuvent parler au cœur de tous les Juifs: ce sera ‘Hava Nagila sur une mélodie ‘hassidique:

« Venez vous réjouir et soyez heureux. Venez dans l’allégresse. Levez vous frères d’un cœur joyeux »
הבה נגילה, הבה נגילה
הבה נגילה ונשמחה.
הבה נרננה, הבה נרננה,
הבה, הבה נרננה.
עורו אחים בלב שמח


Cette semaine, nous avons fêté non seulement le יום ירושלים Yom Yerushalayim (jour de Jerusalem) mais aussi les 50 ans de la libération de la ville à la fin de la guerre des 6 jours. Les cérémonies et spectacles se sont succédés dans la ville et dans tout le pays. 
Voici trois vidéos prises au pied des murailles.
ירושלים של זהב Yerushalayim shel zahav:

la danse des drapeaux:

Enfin l’Hatikva reprise par les spectateurs:

Alors n’en déplaise à l’ONU, à l’UNESCO,  nous continuerons à vivre et à fêter Jerusalem, notre capitale depuis le roi David,
Nous fêtons sa libération depuis ce mois de juin 1967 ou nous avons tant tremblé et nous nous sommes tant réjouis et nous mettrons « Jerusalem au sommet de notre joie. »*

Pour ceux qui voudraient comprendre non seulement pourquoi nous sommes si attachés à Jerusalem mais aussi pourquoi le monde arabo-musulman use de son influence pour nous en expulser symboliquement en espérant y arriver réellement la prochaine fois, voici ce film de Pierre Rehov qui explique les choses très clairement:

 

Les amis d’Israel sont déjà convaincus mais se sentent impuissants.
Ceux qui nous haïssent ne le regarderont même pas, Ceux qui sont indifférents hausseront les épaules « encore ces histoires de Juifs! » sans réaliser qu’il ne s’agit pas seulement de nous mais d’eux, que c’est toute leur culture qu’on met à la poubelle. Bientôt, ils assisteront à des autodafés, liront des livres expurgés, accepteront une pseudo-histoire ou une pseudo-science. Ce n’est pas si loin. Vous vous souvenez des autodafé des nazis, vous vous souvenez des théories de Lyssenko*?

L’Europe ne nous pardonne pas d’avoir survécu et surtout d’avoir gardé notre âme. Si l’Occident  persiste dans sa torpeur égoïste et passive, il mourra.  Il devrait se souvenir qu’ « après le samedi vient le dimanche« 

A bientôt,

*Eliezer ben Yehuda:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/10/16/eliezer-ben-yehouda/

*Jerusalem,  au sommet de notre joie: psaume 137

*articles sur Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/07/jerusalem-dor/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/03/02/nous-les-yerushalmim/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/05/23/dans-tes-murs-dans-tes-portes-jerusalem/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/09/25/le-groupe-clandestin-des-souffleurs-de-shofar/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/10/17/nous-sommes-tous-concernes/

https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/06/06/notre-jerusalem/

*Lyssenko:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lyssenkisme

 

A la recherche de l’arche perdue

Et dire que si j’avais fait le plein à Jérusalem, je ne me serai pas arrêtée au Elvis Inn!
En fait, j’étais partie avec quelques copines sur les traces de l’arche d’alliance non pas dans l’espoir de faire la pige à Indiana Jones mais tout simplement pour comprendre enfin, sur le terrain, les pérégrinations de cette arche qui a accompagné les Hébreux depuis la sortie d’Egypte.

arche d'alliance
Apres avoir traversé tout le Sinaï, elle avait fait partie du cortège qui traversa le Jourdain sous la direction de Josué et elle était là pour faire tomber les murailles de Jéricho. Finalement,  Josué l’avait installée à Shilo pour ainsi renforcer l’unité religieuse et politique des tribus…
Mais les bonnes choses  ont une fin et  quelques centaines d’années après la mort de Josué, des pirates venus de Crête, les Philistins, ont bien l’intention de conquérir le plus de terres possibles. Ils se sont déjà établis à Ashdod, Ashkelon, Gat, Gaza et Ekron. Puis ils guignent le centre du pays et provoquent une guerre d’usure. La bataille d’Even Ezer démarre mal pour les Hébreux. Ils vont donc chercher l’arche à Shilo, croyant en ses pouvoirs magiques. Mal leur en prend car les Philistins s’en emparent et gagnent la bataille.
Pour l’arche, c’est une période d’errance qui commence. Elle va d’abord à Ashdod, et provoque la destruction du dieu préféré des Philistins, nommé Dagon. Au même moment une épidémie s’abat sur toute la région. Cette épidémie est restée célèbre jusque de nos jours car les Philistins ont souffert  d’hémorroïdes!

« Puis la main de l’Eternel s’appesantit sur les gens d’Ashdod et il sévit contre eux, et il les affligea d’hémorroïdes, tant  à Ashdod que le territoire voisin. »(1 Samuel, chap 5,6)

וַתִּכְבַּד יַד-יְהוָה אֶל-הָאַשְׁדּוֹדִים, וַיְשִׁמֵּם; וַיַּךְ אֹתָם בעפלים (בַּטְּחֹרִים), אֶת-אַשְׁדּוֹד וְאֶת-גְּבוּלֶיהָ

Même si vous ne connaissez pas l’hébreu vous voyez qu’un seul mot ne comporte pas de voyelles (le mot עפולים – apholim) et qu’il est suivi d’un mot entre parenthèses qui lui est vocalisé (טחורים, te’horim). Les deux mots signifient hémorroïdes. Mais au fil du temps, le premier avait pris dans la langue courante une connotation si grossière qu’à l’époque de la Mishna, nos sages prudes et prudents décidèrent d’une nouvelle lecture sans, bien sûr, supprimer le premier terme du texte!

Devant tous ces malheurs, les Philistins prennent peur et renvoient l’arche aux Hébreux. Mais où donc l’installer? La petite ville de Shilo a été détruite pendant cette  bataille d’Even Ezer. L’arche restera alors reléguée à Kiriat Yearim, une bourgade de la tribu de Yehuda, avant que le roi David ne l’installe à Jerusalem qu’il vient de conquérir pour en faire sa capitale…

Nous nous sommes donc rendues à la ville de Rosh Ayin où a été localisé le lieu de la bataille d’Even Ezer
Les Israélites marchèrent en guerre contre les Philistins et établirent leur camp près d’Eben-Haézer; celui des Philistins était à Afek (Samuel 1,4)
Le camp des Philistins est devenu la moderne zone industrielle d’Afek et le camp des Hébreux, sur une petite butte, n’a pas vraiment laissé de traces non plus, sauf les restes d’une maison-ferme « à quatre espaces », c’est à dire une maison avec quatre parties étaient bien définis: l’habitation proprement dite, l’étable, le hangar à grains et le mikvé. Selon nos informations, seuls les Hébreux organisaient ainsi leur maison. L’absence de statuettes sacrées et la seule présence d’ossements d’animaux cacher confirme qu’il s’agit bien là d’une habitation juive.

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Comme vous le voyez, le site est encore en friche.
La seule chose de vraiment remarquable qui a été dénichée pour le moment est un ostracon sur lequel un élève, il y a 3000 ans environ, a laborieusement tracé l’alphabet hébraïque dont voici la reproduction (l’original est au Musée Israel à Jerusalem).
(alphabet  ancien: https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/12/04/ne-dites-plus-cest-de-lhebreu-pour-moi-1/)

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(La photo n’est pas tout à fait droite: il était difficile de s’approcher du panneau, le champ étant envahi de chardons)

Un peu décevant? En fait, oui, un peu!
Mais si l’archéologie n’était pas vraiment au rendez-vous,  nous avons découvert Rosh Ayin, une ville que les touristes ne connaissent pas.

Rosh_HaAyin

Une ville toute entière tournée vers la musique

Rosh Ayin musique 2

 y compris à ses carrefours.

Rosh Ayin musique 3

ou dans ses parcs

Rosh Ayin musique

Il est bien loin le temps où des réfugiés juifs du Yemen s’entassaient dans des maabarot*

Rosh Ayin Maabara1

 ou des maisons préfabriquées

Rosh Ayin Maabara 2
Avant de remonter vers Jérusalem pour découvrir ce qui pouvait rester de l’histoire de l’arche à Kiriat Yearim, nous nous sommes reposées dans une forêt d’eucalyptus où clapotait un petit Yarkon, tout juste sorti de sa source.

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Je sais bien que pour des Européens, le clapotis de l’eau est chose banale, mais au Moyen-Orient, cela fait rêver…

Donc, pendant que je nous frayais un chemin dans les bouchons sur l’autoroute en direction de Jérusalem, une de mes amies nous lisait la suite de l’histoire: après sa victoire sur Goliath (encore un Philistin) et devenu un jeune roi plein d’avenir, David conquiert Jérusalem et décide d’en faire sa capitale. Il y transporte l’arche jusque là reléguée chez un paysan de Kyriat Yearim à une dizaine de kilomètres. Elle arrivera donc enfin à Jerusalem, le roi David dansant et chantant en tête du cortège. Pour la petite histoire, David sera mal accueilli par son épouse Mikhal, fille du roi Saul, qui trouvait que son mari  manquait de tenue!..

Kyriat Yearim ou la bourgade forestière.

kiriat yearim

Pas de traces de l’arche bien entendu. Mais les Byzantins y ont édifié un couvent en son honneur. Il n’en reste plus que quelques mètres carrés de mosaïques

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insérés sur le sol de l’église d’un autre couvent, bien plus récent celui-ci, Notre Dame de l’Arche d’Alliance.

L’endroit est plaisant. Malheureusement, une immense statue défigure le paysage pastoral de la vallée.

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Et l’arche dans tout ça?
Eh bien, personne ne sait où elle se trouve! On sait seulement que bien plus tard, un roi du royaume de Yehouda avait eu la bonne idée de la cacher devant l’avancée des troupes babyloniennes de Nabuchodonosor qui détruisirent le premier Temple de Jérusalem. Et depuis on la cherche!
Wendell Jones* a beaucoup creusé dans la région de Qumran mais en vain, certains pensent qu’elle dort tout simplement sous le Mont du Temple.

A bientôt,

*Shilo:  Shilo se trouve sur le territoire de Binyamin, à 40 km au Nord de Jerusalem, dans ce qui est appelé la Cisjordanie ou les Territoires disputés. Nous y serions bien allées mais nos voisins sont assez aggressifs et caillassent pas mal les voitures en ce moment, donc… Voici le site de ce petit yishuv pour vous donner une idée:      http://www.shilo.org.il/is.htm

*maabarot: cabanes (parfois des tentes)  dans lesquels se sont entassés des milliers de Juifs au début de la création de l’État, parfois pendant plusieurs années. (https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/03/08/et-vous-quand-avez-vous-quitte/

*Wendel Jones est un archéologue américain. Spielberg s’en est inspiré pour créer le personnage d’Indiana Jones. Il est Ben Noah* et a creusé tout Israel ou presque pour retrouver l’Arche d’Alliance:
*Ben Noah (Bnei Noah au pluriel) non- juif qui observe les 7 mitsvot données à Noah: obligation d’établir des tribunaux, interdiction du meurtre, du vol, de l’adultère ou inceste, de l’idolâtrie, du blasphème, de manger la viande d’un animal vivant. Actuellement, ce sont des monothéistes détachés du christianisme ou de l’islam. http://www.fr.noahideworldcenter.org/index.php

Jerusalem d’or

A tous ceux qui l’ont aimée et en ont rêvé…

A ceux qui rêvent d’y habiter.

A ceux qui y habitent et en rêvent…

Boker Tov Yerushalayim, c’est ce que je dis tous les matins en ouvrant ma fenêtre.

Jérusalem n’est pas une ville sainte. Jérusalem est notre capitale depuis 3000 ans, depuis que le roi David en a décidé ainsi. Une capitale jamais oubliée même au plus fort de l’exil. On a rêvé de Jérusalem, on l’a chantée, on l’a pleurée. Bref, elle était là, avec nous, faisait partie de nous… Rien que ce nom, Jérusalem, illuminait le regard de nos parents, mouillait leurs yeux…Connaissez-vous d’autres villes qui restent vivantes dans le cœur de ceux qui n’y habitent plus et ceci pendant des siècles ?

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Je ne vais pas vous relater toute l’histoire biblique et post-biblique de Jérusalem mais sachez simplement que la ville est citée 349 fois dans la Thora sous le nom de Jérusalem, sans compter les textes où on la désigne sous le nom de Moriah, en référence à l’endroit où Yitshak a été ligoté, où Jacob a rêvé, où le Temple a été construit, mais aussi sous d’autres noms, le plus fréquent étant Tsion (108 fois).

Dans les prières journalières, Jérusalem est mentionnée maintes fois, le Seder de Pessah se termine par « l’an prochain à Jérusalem ». C’est également la phrase qui conclut l’office de Yom Kippour.L'an prochain  Jerusalem

(Haggadah de Barcelone: « l’année prochaine à Jérusalem).

Depuis des milliers d’années, le peuple juif a toujours considéré le Mont Moriah, le mont du Temple, comme le lieu où la présence de Dieu se fait sentir de manière plus intense qu’en tout autre lieu. Et ce lien, que les Juifs entretiennent avec lui, est toujours actuel.

Voici l’entrée des tunnels qui se trouvent sous le Kotel et qui nous ramènent à l’époque du premier Temple.

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Trois fois par jour, pendant la prière, les Juifs se tournent vers Jérusalem, et ceux qui se trouvent à Jérusalem se tournent vers le Mont du Temple.

mizrah en bois marquete d'ivoire(Mizrah: tableau en bois marqueté d’ivoire, se place sur le mur du cote est de la maison)

Chaque année à Ticha BéAv on commémore la destruction du premier et du second Temple (https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/07/29/le-mois-de-av/)

Le souvenir de cette destruction est une permanence de la vie juive. Ainsi même au cours d’un mariage, moment de grande joie, le marié rappelle cette catastrophe en brisant un verre en signe de deuil. Il récite ensuite un extrait du psaume 137 : « Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite m’oublie, que ma langue s’attache à mon palais si je ne me souviens pas de toi, si je ne place pas Jérusalem au sommet de ma joie« .

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Nombreux aussi sont les Juifs qui laissent dans leur maison une petite surface de mur brut et sans peinture en souvenir de la destruction du Temple.

Alors à ceux qui nous parlent d’internationalisation, nous répondons que nous ne voulons plus dépendre de nations étrangères. A ceux qui nous demande de la diviser, nous répondons qu’elle l’a déjà été et quelle était la situation quand elle était jordanienne? Après l’expulsion des Juifs de leur quartier ancestral dans les murailles de la vieille ville, plus personne de nationalité israélienne, juifs ou non juifs, ne pouvait y pénétrer. Quant aux touristes occidentaux, ils devaient présenter un certificat de baptême. Maintenant, tout le monde vit ici comme bon lui semble, peut se déplacer sans contrainte et prier comme il en a envie. N’en déplaise à certains journalistes, les Arabes vivent avec nous, travaillent avec nous. Certains vont même habiter dans les « colonies juives »  comme c’est le cas à Pisgat Zeev, mais chut… ce n’est pas politiquement correct donc personne ne l’écrit.

Vous avez sans doute entendu dire que le nom de Yerushalayim est un mot composé de עיר, Ir, la ville, et שלום, Shalom, la paix et qui veut donc dire la ville de la paix. C’est une possibilité d’autant qu’à l’époque d’Avraham c’est la ville de Melkitsedek, le roi de justice, mais ce sera la paix avec la justice pour chacun. Nous ne serons plus alors les « victimes (ou sacrifiés) de la paix *» (korban hashalom). Expression favorite de la gauche bien-pensante qui juge les attentats comme inévitables dans le processus de paix. La racine, שלם, du mot Shalom, שלום, est aussi celle du mot shalem, שלם, entier, et certains pensent que Yerushalaim veut dire la ville entière, complète, ירושלם Yerushalem,  à qui on a rajouté le yod י qui symbolise Dieu.

En 1967, la ville a été libérée du joug jordanien. Je me souviens de ce mois de mai 1967 où  les pays arabes menaçaient Israël de destruction…Ce même mois avait lieu dans la ville le festival de la chanson pour lequel le maire,Teddy Kollek, avait demande à Naomi Shemer une chanson sur Jérusalem. C’est ainsi que naquit Yerusahalaim shel zahav, Jerusalem d’or. L’interprétation de Shuli Nathan conquit tout Israël qui vivait dans l’angoisse de la guerre. Le chef d’Etat-Major, Yitshak Rabin, était présent au festival lorsqu’il reçu un message lui indiquant que Nasser venait de fermer le détroit de Tiran. Quelques jours plus tard, l’armée commença a mobiliser les réservistes et cette chanson devint celle des soldats. La guerre des 6 jours éclata le 5 juin 1967, le vieille ville fut conquise le 7 juin. Les soldats chantèrent Yerushalaim shel Zahav au Kotel avec Shlomo Goren, le rabbin de Tsahal. Le journaliste Yossi Ronen raconte que, ému, il se joignit se joignit à eux et en oublia de filmer.

guerre des 6 jours soldats au kotel

Pour ceux qui se souviennent de cette année 1967, voici la couverture du premier disque que possédait chaque famille:

jerusalem d'or disque

La voici interprétée par Ofra Haza:

En voici les paroles en français :

L’air des montagnes est enivrant comme le vin et l’odeur des pins monte dans le vent du soir avec la voix des cloches. Et dans le sommeil de l’arbre et de la pierre emprisonnée dans son rêve, la ville se tient solitaire, un  mur dans son cœur.
Yerushalayim d’or, de cuivre et de lumière, pour tous tes chants, je serai le violon

Combien  les points d’eau sont asséchés! La place du marche est vide, personne ne fréquente le Mont du Temple dans la Vieille Ville. Dans les grottes des rochers hurlent les vents et personne ne descend par le chemin de Jéricho.
Cependant, je viens te chanter  te tresser des couronnes, moi,  le plus petit de tes fils et le dernier de tes poètes car ton nom brûle les lèvres du baiser d’un séraphin…Si je t’oublie Jérusalem qui est toute en or…
Yerushalayim d’or, de cuivre et de lumière, pour tous tes chants, je serai le violon.

Enfin, cette dernière strophe a été rajoutée par Naomi Shemer après la guerre des six jours (juin 1967)

Nous sommes revenus vers les puits d’eau au marche sur la place, le shofar appelle sur le mont du temple dans la vieille ville et dans les grottes du rocher des milliers de soleils brillent, nous reviendrons par le chemin de Jéricho…
Yerushalayim d’or, de cuivre et de lumière, pour tous tes chants, je serai le violon.

Yerushalayim shel Zahav  devint comme un second hymne national, joué lors de nombreuses cérémonies officielles et dépassa les frontières du pays. On l’entend maintenant non seulement en hébreu mais dans de nombreuses langues, dont le chinois. En France, il devint populaire grâce aux Compagnons de la chanson et à Rika Zarai. On l’entend aussi à la fin du film de Steven Spielberg: La liste de Schindler.

Le titre de la chanson nous ramène à l’époque de la Mishna. En ce temps la, la Jérusalem d’or était un bijou, diadème porté par les femmes de Jérusalem et en particulier par les jeunes mariées. Dans la Guémara, on mentionne ce diadème qui devait être si beau et si cher que certains sages n’autorisaient pas les femmes à le porter en dehors de leur maison. Il est surtout célèbre grâce à cet épisode de la vie de Rabbi Akiva: La femme de Rabbi Akiva l’avait épousé contre la volonté de son père et avait été déshéritée pour cela. Elle avait accepté de vivre dans la plus grande pauvreté pour que son mari puisse étudier. Devenu le fameux Rabbi Akiva, il lui avait alors offert ce diadème. Bien sur, cette histoire avait provoqué la jalousie de quelques-unes et en particulier celle de la femme du Nassi* lui-même, Rabban Gamliel, qui avait reproché à son mari de ne pas lui avoir fait le même cadeau. Celui-ci lui aurait rétorqué: « Tu n’aurais jamais fait pour moi ce qu’elle a fait pour lui, elle a vendu jusqu’à ses tresses pour qu’il puisse étudier ! »

Tout le texte de la chanson est truffe de références bibliques, par exemple « la cité qui se tient solitaire » vient du livre des Lamentations et « si je t’oublie Jerusalem » vient du psaume 137, mais aussi d’emprunts à des poèmes de Yehuda Halevy*.

Tous les ans, nous fêtons le Jour de Jérusalem. Cette année, c’est mercredi, le 8 mai.

yom yerushalayim

A bientôt,

*Après les accords d’Oslo et la vague de terrorisme qui a suivi, la gauche parlait des inévitables victimes, les victimes de la paix, pour que se poursuivent les concessions aux Palestiniens
*Nassi: actuellement le president de l’Etat. A l’époque de la Mishna, le Nassi était le président du Sanhédrin
*Yehuda Halevy: né à Tudela dans l émirat de Saragosse en 1075, mort à Jérusalem en 1141. Il fut un des plus grands poètes juifs du Moyen-Age

La vallee du térébinthe

Au sud de Jérusalem se trouve la région de Emek Haela (la vallée du térébinthe)

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 Une vallée encore sauvage qui descend d’abord vigoureusement puis en pente douce jusqu’à Bet Guvrin dans  la plaine:

emek haela

C’est une région de vignobles et on peut y  déguster un délicieux Sauvignon blanc.

Et si vos pas vous y emmènent, allez visiter les caves, voici un guide:

http://www.ellavalley.com

C’est là que David tua Goliath avec sa fronde il y a 3000 ans:

« Shaoul et les hommes d’Israël se rassemblèrent et campèrent dans la vallée du térébinthe et ils se rangèrent en bataille face aux Philistins » 1 Samuel, 17-1,2

et comme on y a retrouvé d’anciens pressoirs  datant  de la même époque,  on peut tout à fait penser que David (et même Goliath, pourquoi pas?) devaient connaître les bons coins sous les tonnelles.

Mais il n’y a pas que le vin:

En 2008, le professeur Garfinkel a trouvé les ruines d’une ville judéenne (on est dans les collines de Judée) de la période du Roi David: de nombreux ustensiles, des pointes de lances en fer et des restes de murailles sur un large périmètre:

emek haela archeologie

Tout cela nous indique qu’il  s’agissait d ‘une ville importante  et fortifiée. Et pas n’importe laquelle! Les deux larges ouvertures dans les fortifications, les deux portes de la ville, identifient le site comme étant celui de Shaarayim (les deux portes)! C’est la seule ville judéenne de cette époque là  à posséder deux portes: Elle est  mentionnée tout d’abord dans Josué 15,36.

Et  si vous lisez 1 Samuel 17,52:  » Les corps des Philistins morts (dont Goliath) et blesses jonchaient la route de Shaarayim jusqu’à Gath et Ekron« , et 1 Chroniques4,31: « Beth Markaboth, Hazar Soussim, Beth biri et Shaarayim . Ces villes étaient sou le contrôle du roi David. »,  vous vous transportez alors, d’un coup,  3000 ans en arrière et vous apercevez David, le jeune rouquin avec sa fronde, tout petit devant un grand Goliath fanfaronnant.

Plus près de nous la vallée de Ela s’est rendue tristement célèbre en 1948 par le massacre de 35 soldats du Palmach venus secourir les kibboutzim  du Goush Etsion* (la région du sud de Jérusalem).

Dans ces 20 km  entre Bethlehem et Hebron; les Juifs avaient été plusieurs fois massacrés, entre autre en 1929 à Hebron et à  Migdal Eder. En 1935 pourtant, un nouveau kibboutz est fondé :Kfar Etsion** qui résiste 3 ans aux attaques arabes  continuelles de 1936 a 1939.

Les Juifs abandonnent le terrain en 1939 mais reviennent en 1943 et fondent  aussi les kibboutz de Massouot Yitshak, Ein Tsurim et Revadim.

Après la déclaration du l’ONU le 29 novembre 1947, le Goush Etzion se trouve dans le secteur arabe sous le feu de la légion de Tansjordanie et coupé de Jérusalem. Pour  venir en aide aux habitants juifs, le Palmach*** organise des convois,  mais comme les Britanniques ont décidé que des convois blindés attiseraient la colère des Arabes, les expéditions se font en convois ouverts. Après deux attaques très meurtrières, le Palmach change de tactique: en janvier 1948, alors que  600 soldats  jordaniens et  des centaines de paysans arabes attaquent le Goush Etsion,  35 soldats du Palmach décident de partir à pied, lourdement chargés d’armes et de matériel médical.  Presque  arrivés, ils sont aperçus par un berger arabe qui donne aussitôt l’alarme et sont massacrés par des centaines de villageois. Les Arabes les mutilent tant que les corps sont difficilement identifiables en particulier pour 12 d’entre eux.

Je laisse au rabbin Elie Kahn zal le soin de vous raconter la suite:

 » Comment faire pour identifier les 12 corps restants? Les moyens scientifiques de l’époque n’étant pas suffisants pour régler cette question.
On s’adressa au Rav Tsvi Pessah’ Frank, Grand Rabbin de Jérusalem. Celui-ci décida d’avoir recours à ce qui s’appelle « Goral Hagra », le « sort » du Gaon de Vilna.
Plutôt que d’expliquer de manière abstraite de quoi il s’agit, nous allons décrire ce qui se fit.
On demande au Rav Arié Lévine, une des figures les plus connues de Jérusalem d’accomplir cette lourde tâche.
Pour déterminer qui était enterré où, on ouvrit 11 fois le Tanakh, et le dernier verset de la page devait indiquer l’identité de la personne (la 12éme étant la restante). Chaque fois qu’on ouvrit le Tanakh, le nom ou prénom d’une des personnes enterrées apparut et toutes furent identifiées de cette manière. Le Rav Frank décréta que ces identifications étaient valables halakhiquement. Est-il autorisé d’en faire usage? Non. Il ne peut l’être que dans des circonstances extrêmement particulières, pour des besoins extraordinaires et par de grands rabbanim. » (site cheela.com)

En août 1949, des anciens du Palmach fonderont le kibboutz Netiv Halamed He (le chemin  des 35) en souvenir de leurs camarades:

kibbutz netiv halamed he les noms

Une ballade a été composée par le poète Yoram Taharlev en leur honneur.

A bientôt,

* Goush Etsion: Goush signifie bloc et parfois région,  Etsion a été formé à partir des mots Etz (arbre)  et Tsion, Sion bien sûr en français, d’après le nom de Samuel Holzman ( Holz= arbre en allemand)  qui avait acheté les terres.

** Le kibbutz Kfar Etsion fut totalement détruit  le 14 mai 1948 et ses habitants massacrés par la Légion arabe. En 1967, le kibbutz fut reconstruit.

**Le Palmach, groupe d’élite de soldats juifs fut créé en 1941 à la demande des Anglais quand le Moyen Orient vivait sous la menace des troupes de Rommel. Il comprenait entre autre  une unité de combat composée de Juifs allemands chargés des missions d’infiltrations dans l’armée allemande, une unité Balkans, entièrement parachutée dont faisaient partie Enzo Sereni et Hanna Szenesh.  Après 1945, le Palmach a joué un rôle important dans la lutte  contre la politique du mandat britannique hostile aux Juifs et s’est rendu célèbre par ses actions de sabotage mais aussi par son aide à l’immigration illégale des Juifs.

Ballades en hiver

 

Quelques jour avant Hannouka, nous sommes partis en ballade dans le Néguev avec des amis venus de France. L’hiver est une saison particulièrement propice aux excursions.

Voici quelques photos pour ensoleiller votre hiver européen :

La douce lumière rosée sur les montagnes:

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Déjeuner au  kibbutz Ein Guedi:

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Balade au Nahal David:

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Au Nahal David (torrent de David) il y a de l’eau toute l’année. C’est là, nous raconte le livre de Samuel, que David, fuyant le roi Shaoul qui voulait le faire assassiner,  le rencontra par hasard endormi au pied du torrent. Ne voulant pas le tuer mais voulant lui montrer qu’il aurait pu le faire, il coupa un pan de sa cape. Malheureusement ce ne fut pas suffisant pour calmer la rage de Shaoul contre lui et la guerre civile continua.

Nous n’avons pas dérangé ces hyrax  (damans) qui ressemblent  des lapins sans queue:

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Et qui montent aussi aux arbres:

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Ni ces oryx familiers:

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Il faisait 25 degrés, une petite pluie sur le chemin du retour nous a rappelé que nous étions en hiver.

(merci à Jean-Bernard pour les photos)

Mais Israël, c’est aussi la neige. Au même moment le Hermon se couvrait de blanc:

Le voici au loin, dominant la vallée de Houla qui fut autrefois un marécage .

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Délicate première neige (merci à ma fille pour la photo)

hermon 2012 6

 

et nos petites filles  s’en sont donnée à cœur joie:

hermon bonhomme de neige

A bientôt,