Hébreu, difficile langue!

Yossi Banay et Rivka Mikhaeli interprètent עברית קשה שפה (Ivrit Kasha Safa) ou hébreu, difficile langue:

– Pardon, peut-être montre? Combien heure…veux…
Il y a ici en Eretz, deux semaines, il y a immigrant nouveau. hébreu apprendre, encore pas savoir, il y a beaucoup difficile!

-Moi aussi oulpan, apprendre peu de temps, moi classe mora Yokheved
-Combien de temps apprendre?
-Oulpan Akiva, quand dans matin 4 heures…

Ah hébreu difficile langue!
Aussi langue casse-tête!
Mais pouvoir parler lentement je avec toi, et tu avec moi… Je avec toi
Et je aussi avec toi

-Moi te voir, vite dictionnaire acheter
Commence au alef, quoi voir en premier? Ahav, ohev, ahouv, ohevet*, des mots très beaux…
Il y a madame?
-Pas du tout
-Il y a un homme?
-Il y a personne
-Tres difficile se débrouiller ici, homme seul,
Si homme seul, un ami, la vie plus agréable.

-L’Agence* a donné un appartement, clé n’a pas donné.
Il dit: avant donner clé,  il faut apporter fiancé. 
Il dit: un seul, c’est famille trop petite…

-J’ai un four grand
-J’ai un « frigidaire »
-J’ai « permis » télévision*
-Chez moi un petit piano
-Pas d’auto, j’ai un vélo
Il y a comment se débrouiller.

Ah hébreu difficile langue,
Aussi langue casse-tête,
Demain pas habiter seul,
moi avec toi et moi avec toi.

 

La chanson date de 1975, elle est devenue très célèbre car elle parlait au cœur de nombreux israéliens.
Apres avoir vécu dans les maabarot*, vers la fin des années 50 les olim eurent enfin accès à des appartements dans des immeubles nouvellement construits. Mais évidemment comme les candidats étaient beaucoup plus nombreux que les appartements, priorité était donnée aux familles avec enfants ou à la rigueur aux couples, les personnes seules étaient les dernières servies.
A cette époque, un four est un luxe, on se débrouille avec les Primus qui se vendent très bien maintenant aux puces.

Primus
Le « frigidaire » est aussi un luxe, c’est peut-être pourquoi le mot hébraïque מקרר (Mekarer) n’a pas encore été adopté par tous. Et même si on peut s’offrir des choses aussi modernes et luxueuses, il faut attendre des mois avant de les acquérir*.
On trouve bien plus facilement un vieux piano qu’une télévision. D’ailleurs, il n’y a pas de télévision israélienne avant 1966, car David Ben Gourion s’y oppose! A ses débuts la télévision israélienne n’émettra qu’une heure par jour, pour les infos et bien sûr en noir et blanc*.  Ceux qui ont pu acquérir un appareil, branchent des antennes sur leur toit et captent comme ils le peuvent les programmes égyptiens, libanais ou chypriotes…

television

L’expression עברית קשה שפה (Ivrit kasha safa), l’hébreu difficile langue, est restée. C’est un encouragement un peu moqueur pour les nouveaux arrivants. Il y a même une page facebook qui porte ce nom, dédiée aux difficultés de la langue.
Parmi les phrases du même genre, il ne faut pas oublier celle-ci:
כל התחלה קשה (Kol hat’hala kasha): tout début est difficile.
C’est ce qui était écrit sur le mur du cabanon de l’oulpan au kibboutz, et il était effectivement difficile d’étudier après une journée de travail.
J’ignorais alors que c’était une phrase du Zohar et qu’elle se rapportait au début de l’année et au retour sur soi, le fameux חשבון נפש (‘heshbon nefesh)
que chacun doit faire avant Kippour.

oulpan kibboutz

Ce matin, nous sommes retournés à l’école Reshit* pour un troisième « Shalom kita aleph! ». Cette fois c’est pour Avigail!
Et à nouveau la joie des enfants qui se retrouvent sous le dais des taliths des pères, les chants et le petit pot de miel traditionnel!
Sur le mur de l’école est écrite cette phrase:

mur ecole reshit 04 09 2015

« Que tu saches: chaque enfant a une  mélodie particulière, bien à lui.« 

 

 inspirée par le livre de  משלי (les Proverbes 22,6):

« חנוך לנער על-פי דרכו, גם כי יזקין לא יסור ממנה » (משלי כ »ב, ו’
« Eduque l’enfant selon son chemin, quand il vieillira, il ne s’en écartera pas.« 

 

Le livre des Proverbes avait aussi inspiré Rabbi Na’hman de Braztlav lorsqu’il écrivait:
 » Sache que tout berger a une mélodie bien à lui, que chaque herbe a son chant, et que de ce chant  provient la mélodie du berger… C’est si beau et agréable d’entendre ce chant, c’est si bien de prier parmi eux dans la joie.  Et de ce chant le cœur se remplit et déborde… »
C’est devenu une chanson mise en musique par Naomi Shemer.

 

Cette année, dans de nombreuses écoles comme dans celle de Pedouel en Samarie, une partie des vœux aux enfants et aux parents a été aussi traduite en français, vu le nombre de nouveaux immigrants francophones.

pedouel

A bientôt,

* ahav: il aimait, ohev: il aime, ahouv: aimé, ohevet: elle aime

*L’Agence Juive avait en charge l’installation des nouveaux immigrants

*Maabarot: les cabanes dans lesquelles les nouveau immigrants restèrent parfois des années:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/10/24/sharaliya/

*Jusqu’en 1959, les Israéliens ont vécu avec des tickets de rationnement

*en noir et blanc: je précise pour les moins de 40 ans, persuadés qu’avant eux et la télé couleur, on arrive chez les Pierrafeu

*Ecole Reshit de Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/09/03/shalom-kita-aleph/

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Bonne fête de Shavouot

Dimanche ce sera Shavouot, fête du don de la Thora* et des moissons. C’est dans les kibboutzim que les festivités sont les plus gaies:

défilés de tracteurs,

shavouot tracteurs 2

chants et danses,

shavouot dances kibboutz Dorot

 

mais aussi présentation des meilleurs produits du kibboutz  et en premier, les enfants. Ceux qui sont nés dans l’année seront les premiers à défiler.
Voici la cérémonie de Shavouot au kibboutz Dan, à la frontière libanaise:

Bonne fête de Shavouot

חג שבועות שמח

A bientôt,

*
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/12/la-thora-un-gateau-au-fromage-et-une-princesse/

Le sionisme politique avant 1914

En ce début du 20 ème siècle, le sionisme politique est déjà bien organisé. La premiere aliya (1882-1903) qui a vu arriver en 21 ans 70 000 immigrants, a fixé les premiers jalons d’un établissement juif moderne dans la Palestine ottomane. Malgré des débuts décourageants (famine, maladie, exactions de Turcs, restrictions à l’achat des terres),  les Juifs ont créé 50 exploitations agricoles et acheté plus de 50 000 hectares de terres. Le nombre des habitants juifs a doublé en deux décennies , la langue hébraïque revit à nouveau* et en  1903 la nouvelle Fédération des Enseignants Juifs à Zikhron Yaakov s’est donnée comme mission d’intensifier l’éducation et surtout l’éducation en hébreu.

Dans l’empire russe, la situation des Juifs est de plus en plus difficile. Ils ont été déportés dans la « zone de résidence », ballottés de ça et là par le pouvoir tsariste, et victimes d’une vague de pogroms sans précédent au début des années 1880 et de « lois scélérates ».  C’est dans ce contexte terrible qu’en 1903, éclate à Kichinev un pogrom qui restera dans les mémoires juives comme un des plus terribles.

pogrom Mauricy Minkovsky(Mauricy Minkovsky: Apres le pogrom)

Cet épouvantable pogrom marquera durablement les consciences juives. Le poème « Dans la ville du massacre », que Bialik écrira, est un refus de la résignation  traditionnelle et un appel à la résistance juive*.
Ce pogrom aura comme conséquence un afflux de l’émigration juive russe, en particulier vers le continent américain mais aussi vers la Palestine.
L’année 1903 marquera  le début de ce qu’on appelle la deuxième aliya. Ceux qui arrivent en Palestine,   les pionniers de la deuxième aliya n’arrivent pas aussi démunis que leurs prédécesseurs. Ils sont mieux organisés, ont pour la plupart  préparé leur aliya dans des fermes-coopératives en Russie et ont une vision beaucoup plus pragmatique du Retour à Sion.
Cela dit, ils vont se heurter à d’énormes difficultés et le problème crucial de la seconde aliya sera celui de la conquête du travail, כיבוש עבודה (kibush avoda):  les paysans juifs déjà établis les trouvent moins efficaces et moins durs à la tache que les fellahs semi nomades, prêts à se faire embaucher pour presque rien, avant de retourner dans leurs migrations saisonnières. Le salaire que donnent les Juifs aux fellahs leur suffit car ils vivent essentiellement de leurs troupeaux alors que les nouveaux venus n’ont pas d’autre moyens de subsistance que leur travail et demandent donc un salaire plus élevé. De plus, ils travaillent moins bien car ils sont rapidement victimes d’épuisement et de fièvres.

Parmi ces nouveaux venus un jeune homme, David Grin: il est petit et fluet et personne ne veut l’embaucher. Il meurt littéralement de faim. Pour épargner au mieux ses maigres ressources, il réfléchit à ce qui lui permettra de subsister et décide de se nourrir de ‘halva et de poisson séché. Pourquoi? Il pense que les matières grasses et le sucre de la ‘halva et les protéines contenues dans le poisson le maintiendront en vie. Il survivra en effet. De nombreuses années plus tard, il deviendra le premier Premier Ministre d’Israel sous le nom de David ben Gourion.

Deuxieme aliya ben gourion

(David Ben Gourion est au milieu du deuxième rang)

Peu à peu. les infrastructures nécessaires à un habitat juif se développent. En 1908 est créé à Yaffo le Bureau d’Eretz Israel chargé des colonies sionistes que dirigera l’économiste Arthur Ruppin*. Par l’intermédiaire de la Banque anglo-palestinienne, ce bureau obtiendra des prêts à long terme ainsi que de l’outillage pour les pionniers désireux de fonder des coopératives agricoles, et améliorera le réseau routier du pays ainsi que l’irrigation.

Déjà en Russie, en Europe occidentale et même en Amérique, de nombreux jeunes juifs sionistes, influencés par les idées sociales de Tolstoï et celles du socialisme, se sont regroupés dans un mouvement d’inspiration socialiste: les ouvriers de Sion, פועלי ציון (Poalei Tsion).
La branche palestinienne, nommée le Jeune Ouvrier, הפועל הצעיר (Hapoel Hatsair), est bien moins marxiste que celle des Poalei Tsion de la diaspora et s’adresse  non pas aux ouvriers d’usine mais aux travailleurs agricoles.
Et c’est ainsi que dans cet esprit, sera créé le premier kibboutz, Degania, en 1909.

Degania 1910 première maison 1910(première maison du kibboutz Degania en 1910)

Degania aujourd'hui

(Degania de nos jours)

Cette création sera suivie rapidement par d’autres autour du lac Kinneret et dans la vallée de Yezreel.
Au même moment Mikve Israel* créera une ferme-école à Sejera en Galilée où le jeune David Ben Gourion fera son véritable apprentissage du travail de la terre.

Tous ces pionniers bénéficient aussi des connaissances de Aharon Aharonson* en matière d’agronomie. Ils ne se lancent plus au hasard mais étudient les meilleures possibilités de chaque terrain.

Pour l’essentiel, les nouveaux venus sont originaires de Russie. Mais il ne faut pas oublier une autre aliya, celle des Juifs yéménites. Ça et là, des Juifs du bassin méditerranéen ou du Moyen-Orient ont continué eux aussi s’installer en Palestine comme ce fut le cas au cours des siècles passés. Cependant, ils ne l’ont fait qu’à titre individuel. Les Yéménites sont eux très réceptifs aux envoyés de Sion et l’écho des réalisations sionistes pousse une partie d’entre eux à se joindre au nouveau yishuv. Ils deviendront ouvriers agricoles et, beaucoup moins romantiques que les Juifs russes, fonderont un syndicat dès leur arrivée et obtiendront ainsi un salaire décent.

Yemen famille juive

(famille juive du Yemen en 1908, l’habit traditionnel fait peu à peu place aux vêtements européens)

Nathan Alteman a écrit un célèbre poème sur ces pionniers « Ceux de la deuxième aliya » Aliya 2eme

« Filles ou garçons, ils étaient tous jeunes! Des jeunes gens montés au Pays avec des poignées de graines…
Partis pour la Judée et  la vallée du Kinneret, montés au pays, il y a 50 années, pour être les premiers pionniers…
Et ceux qui les voyaient disaient: Quelle sorte d’homme est ce là? Venir dans un pays désolé.
Et oui! Ils étaient vraiment différents!

Ils disaient: Ne parlons pas de Sion et du pays de nos ancêtres! Il faut dépierrer et creuser un puits et labourer et planter, il faut travailler!
Ils le dirent et le firent malgré les moqueurs et les ennemis.
Et ceux qui les voyaient disaient: Quelle sorte d’homme est ce là? Ils ont  dit et ont fait, sont partis travailler. Ils sont vraiment différents!

Ils disaient: Nous édifierons une commune et vivrons comme des frères et nous partagerons tout d’un cœur joyeux du lacet de nos chaussures à notre chemise…
Ils s’installèrent au Kinneret et à Degania et tous ceux qui les voyaient disaient:
Ils ne se nourrissent  pas d’
illusions mais de rêves… Ils étaient vraiment différents! »

deuxieme aliya

(Ceux de la seconde aliya, livre de Yaakiv Sharet et Nahman Tamir)

Mais malgré l’enthousiasme et le travail acharné, les obstacles sont nombreux. En particulier, celui de l’achat des terres. Dès 1872, voyant que l’arrivée des Juifs prenait une proportion telle qu’il ne pouvait plus le combattre, le gouvernement turc a choisi de faire venir le plus possible de musulmans de tout l’empire ottoman en leur promettant une exemption de service militaire et d’impôts pendant 10 ans. On assiste donc à une immigration musulmane hostile aux Juifs.

De plus, dès l’année 1900, un certain nombre de responsables arabes se sont réunis à Jerusalem pour reconquérir cette partie du  Dar el Islam* selon leur expression et ceux qui vendent des terres aux Juifs sont souvent menacés de mort.
Bien qu’elle appartienne à des propriétaires musulmans qui souvent résident à Beyrouth, Alep ou Damas, la majeure partie des terres n’est pas cultivée. Pourquoi? Tout d’abord, la population arabe est souvent nomade. Cela veut dire que l’élevage est son gagne-pain et qu’une fois une terre épuisée, les familles s’en vont à la recherche d’autres pâturages.
Pendant les quelques mois de leur séjour, elle cultive quelque peu, mais se contente souvent de récolter les fruits d’arbres sauvages et donc non entretenus, à tel point que les Juifs importeront des plants d’olivier et de palmiers dattiers pour obtenir des récoltes suffisantes.
Mais les propriétaires arabes font monter les enchères et les terres sont payées à prix d’or, souvent deux fois, une fois pour le propriétaire, une fois pour le chef du village ou de la tribu. Dans quelques cas, comme à Metulla, les terres sont payées trois fois!

L’achat des terres est essentiellement le travail du KKL qui met au point des techniques pour dépierrer, irriguer et planter. La plantation de nombreux arbres permettra d’assainir l’air et de retenir la terre. De nombreux eucalyptus seront plantés dans les régions marécageuses de Galilée ce qui supprimera la malaria.

Une fois les terres achetées, il faut les mettre en valeur et les protéger des pillards arabes.
Les pionniers de la première aliya avait déjà connu ce problème récurrent dans une région delaissée par un pouvoir central et laissée aux mains des chefs de guerre et de brigands.

C’est pourquoi, des 1909 est créée l’organisation les שומרים (Shomerim), les gardiens*, qui reçoivent un entraînement spécial pour protéger les fermes et villages juifs isolés. Les shomerim ont une mission très difficile car s’ils doivent défendre les terres des Juifs, ils doivent éviter le plus possible les affrontements violents avec les pillards arabes pour qui toute mort dans leur rangs entraîne une vendetta sans fin.

Shomerim 3

(Shomerim vêtus d’une manière hétéroclite:l’un deux a des bottes russes et un tarbouche turc et les autres des keffieh. Les shomerim portaient souvent les keffieh arabes pour ne pas se faire repérer et aussi pour se protéger des vents de sable)

Le travail des shomerim sera nécessaire pendant des décennies et même de nos jours ils ont du reprendre du service*. L’un des shomerim les plus célèbres de cette deuxième aliya sera Alexandre Zaid, assassiné en 1938 par des bédouins.

Alexandre Zaid statue

La Forêt des Shomerim a été plantée à l’endroit où il fut tué dans la vallée de Yezreel

Shomerim foret      

«  Depuis la tour j’observe les alentours, mes yeux avalent les lointains, le pays est tranquille et la nuit est calme.
Oh gardien, qu’en est-il de la nuit?
La flûte des bergers jubile, les troupeaux de chèvres dévalent les collines, qu’ai je donc et qui encore est à mes côtés, Canaan?
Le vent du lac agité s’est levé entre les herbes, qu’ai je donc et qui encore est à mes côtés, Canaan?
La lune s’est levée d’entre les montagnes, La vallée s’est enveloppée de brume, La bas, le chacal aboie tristement…
Oh gardien, qu’en est-il de la nuit?« 

A bientôt,

* https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/10/16/eliezer-ben-yehouda/

* Bialik: http://www.akadem.org/medias/documents/3663_9_pogrom_poeme.pdf

* Aharon Aharonsohn: a fondé la station agricole expérimentale d’Atlit (a cote de Zikhron Yaakov) où ses recherches lui font découvrir une espèce de blé résistant aux diverses maladies et pouvant pousser dans des terres arides. https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/10/09/lepopee-du-nili/

* Arthur Ruppin (1876-1942), économiste et sociologue, dirigera l’Office Palestinien, sera déporté par les Turcs pendant la première guerre mondiale. En 1921, il sera nommé (en 1921) directeur du Département d’Exploitation Agricole de l’Organisation Sioniste et deviendra en 1926 professeur de sociologie à l’Université Hébraïque de Jerusalem.

* Dar El Islam (maison de l’islam): tout territoire ayant été sous domination musulmane doit le redevenir, il est impensable que des dhimmi puissent le posséder et le gouverner. Ce qui n’est pas Dar el Islam est Dar el ‘Harb, ou maison de l’épée, et doit être islamisé.

* Les shomerim : https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/20/les-shinshinim/ https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/22/sur-tous-les-fronts/

Shalom kita aleph

Ce matin, rentrée des classes.

Parmi les nombreux enfants qui sont sortis ce matin avec leur cartable sur le dos, il y avait mes petites filles.

Deux d’entre elles vont à l’école Reshit à Jérusalem.

L’école Reshit se trouve dans le quartier de Kiriat Menahem qui est un quartier défavorisé avec une population souvent difficile. Mais c’est une école d’excellence. Les élèves y rentrent après avoir passé une interview (eux et leurs parents) avec la directrice et l’institutrice concernée. L’interview n’est pas là pour sélectionner les plus intelligents mais ceux qui sont le plus motivés au travail et dont les parents sont prêts à s’investir dans les études de leurs enfants. Ils ne sont pas tous du quartier et il y a une longue liste d’attente.

Cette école est une école publique gratuite qui a été fondée par un groupe de kibboutznikim (je n’ai pas encore très bien compris comment marche le système scolaire israélien où des particuliers peuvent fonder une école publique).  Issus des kibboutz religieux, ils ont décidé de fonder un kibboutz en ville, un kibboutz sans agriculture, au service de la communauté. Ils se sont installés dans un shikoun (HLM) de ce quartier et ont fondé cette école, devenue célèbre l’année dernière grâce à la visite du président de l’état Shimon Peres.

En plus des matières de tout école primaire (qui comprennent  la Bible en Israël même dans les écoles publiques non religieuses), les enfants commencent à apprendre l’anglais en Kita Beit (CE1) et ont aussi des cours de jardinage (l’esprit du  kibboutz n’est pas si loin !), ils peuvent aussi chanter dans la chorale ou faire partie de l’orchestre.

Voici le site de l’école. Je sais, c’est tout en hébreu mais vous pourrez la découvrir en  quelques photos :

http://www.reshit.manhi.org.il/BRPortal/br/P100.jsp

Dans chaque école, dans tout Israël, pour les enfants qui rentrent en Kita Aleph (CP), il y a une cérémonie d’accueil qui se déroule a peu près partout de la même manière:

Ils sont accueillis par des panneaux « shalom Kita aleph (bonjour les CP) plus ou moins comme celui-ci:

Et d’autres comme celui-là:    

  «  Que cette heure soit une heure de  douceur et que ce moment soit un moment  de volonté »

Sérieux non?

Ils s’installent  dans la cour, conduits par leur institutrice :

La chorale  chante pour eux:

 Ils se retrouvent sous de grands talith (châles de prières) pendant que les enseignants et les parents  les bénissent:

Il y a des discours, des histoires et on leur distribue des bonbons  au miel pour que l’étude leur soit douce et une branche de myrte parfumée:

Et Naama  est rentrée  à la maison toute fière : « J’ai des devoirs !»

A bientôt,