Notre Jerusalem

En 2013, je publiais un article Jerusalem d’or*. Il est toujours d’actualité car Jerusalem est notre capitale depuis 3000 ans.
Le transfert de l’ambassade américaine à Jerusalem est certes une décision importante mais elle ne signifie pas que pour la première fois, Jerusalem est déclarée capitale de l’état d’Israel: elle l’est en fait depuis la création de l’état en 1948 même si aucun état jusqu’à présent l’avait reconnue comme telle.
Ceux qui nous la dénient ou qui nous la disputent ne le font pas par souci humaniste ou par équité mais simplement parce qu’il leur est impensable qu’elle le soit. Il est même impensable pour certains qu’elle se trouve en Israel*!
Pourquoi? Je pense sincèrement que nombres de nations nous ont concédé un état-refuge du bout des lèvres à condition que nous nous montrions reconnaissant en restant sous leur tutelle. Elles n’ont jamais pu accepter que cette ville si importante dans l’histoire de l’humanité soit en fait notre héritage ancestral.
Mais personne ne s’est vraiment rendu compte que pour nous Israel n’était pas qu’un refuge. Pourtant, les paroles de l’Hatikva sont très claires:
Tant qu’au fond du cœur l’âme juive vibre, et notre regard est tourné vers Sion,  vers les confins de l’Orient, notre espoir n’est pas encore perdu. Un espoir de 2000 ans, être un peuple libre sur notre terre, la terre de Sion et de Jerusalem.
Nous le chantions même avant la création de l’état d’Israel:

(Élèves d »une école juive à Munkacs,Tchécoslovaquie, en 1930)

Vous me direz que je confonds deux choses: Israel et Jerusalem. Non, je ne les confonds pas mais pour les Juifs au cours des âges les deux se confondaient. L’alyia de nombreux Juifs s’est faite en pensant à Jerusalem et non pas à Tel Aviv, Beer Sheva, ou aux kibboutzim. Le nom de Sion (l’une des collines de la ville) signifiait pour eux Jerusalem et Jerusalem englobait tout le pays. Dans le chant המסע לארץ ישראל (hamassa leeretz Israel), qui raconte odyssée dramatique des Juifs d’Ethiopie à travers le Soudan, une mère encourage ses enfants fatigués:
« Encore un peu, encore un peu, soulevez vos jambes, un dernier effort avant Jerusalem » et ensuite « encore un peu encore un peu, notre rêve se réalise, on arrive en Eretz Israel »

Nous ne sommes pas animés par un esprit guerrier, nous ne voulons pas dominer le monde. Mais nous sommes liés à notre héritage par un lien, celui qui nous relie à nos ancêtres et à cette terre. Il passe de génération en génération. C’est ainsi que le sionisme c’est le retour à Sion et que Jerusalem est au sommet de notre joie comme disait le prophète Jérémie…
Pour les uns, ce lien a une composante religieuse forte, parfois mystique, pour d’autres non.
Hier soir, à la télévision, l’interview d’un vieux monsieur qui fit partie du Groupe clandestin des sonneurs de Shofar*à l’âge de 13 ans. Ce groupe sonnait du shofar le jour de Kippour à la barbe des soldats anglais en faction au Kotel. Le  gouvernement britannique de l’époque  interdisait aux Juifs de sonner du Shofar et d’apporter des rouleaux de la Thora pour ne pas gêner les susceptibilités des musulmans. Ce jeune garçon ne l’avait pas fait par mysticisme religieux mais, dit-il, par « fierté nationale« .
Je me souviens d’un chant nostalgique que ma mère aimait beaucoup. Nous le fredonnions en canon: וִיהוּדָה, לְעוֹלָם תֵּשֵׁב; וִירוּשָׁלִַם, לְדוֹר וָדוֹר (Yehuda leolam teshev vyerushalayim ledor vador)
Yehouda sera toujours habité ainsi que Jerusalem de génération en génération:

Nous sommes revenus à la maison, nous sommes rentrés chez nous. Le shofar ne sonne pas sur le Mont du Temple mais déjà au Kotel et nous parcourons les rues de notre capitale, librement comme vous pouvez le faire chez vous, où que ce soit.
Dans notre capitale, dans notre pays, chacun peut ne pas croire ou croire et croire en ce qu’il veut. Si vous venez, vous entendrez les cloches et l’appel du muezzin. La réalité n’est pas toujours simple, elle est même souvent très compliquée, mais c’est la nôtre et nous nous faisons avec*.
Souvenez-vous: nous sommes simplement rentrés chez nous.

Dans la vidéo ci-dessous, Yehoram Gaon interprète pour les festivités du Jour de Jerusalem, ce chant dont voici le refrain:
« J’ai vue une ville drapée de lumière, elle monte dans les couleurs de l’arc en ciel et joue en moi comme une harpe »*

Comme le disait David Ben Gourion qui fut notre premier Premier Ministre: Si un pays a une âme, les montagnes de Jerusalem sont l’âme du pays d’Israel

 

A bientôt,

 

*  Jerusalem d’or:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/07/jerusalem-dor/

*  Le groupe clandestin des souffleurs de Shofar:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/09/25/le-groupe-clandestin-des-souffleurs-de-shofar/

*  Notre réalité :
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/03/02/nous-les-yerushalmim/

* Jerusalem au sommet de notre joie: Psaume 137

* Pour le Consulat de France a Jerusalem, Jerusalem ne se trouve pas en Israel. Sur les cartes d’identité françaises établies par le Consulat, le nom de la rue est exact, le nom de la ville est bien Jerusalem mais le nom du pays…est aussi Jerusalem. Jerusalem se trouve donc hors territoire israélien. Et je précise pour les chipoteurs que c’est le cas même pour les quartiers se trouvant en deçà de la ligne d’armistice de 1949 et officiellement reconnus comme étant israéliens par la communauté internationale. Ah le vieux fantasme de l’internationalisation de Jerusalem!

* Chant écrit par Yossi Sarig, jeune compositeur du kibboutz Beit Hashita, tué pendant la guerre de Kippour

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Le chemin des patriarches (5): la traversée de Jerusalem

Pourim est passé, reprenons notre promenade sur le Chemin des Patriarches.
Nous arrivons maintenant à Jerusalem en passant tout près de la tombe de Rachel. La tombe de Rachel était autrefois une construction agréable, elle est devenu un vrai bunker à cause des attentats.
Nous sommes maintenant à Jerusalem. Deux chemin s’offrent à nous. Ils sont parallèles et leur nom nous indique bien qu’ils sont la continuité urbaine du parcours.
Le premier דרך חברון (derekh ‘Hebron) ou chemin de ‘Hevron, entre en ville par le Sud au dessus de  la vallée du Hinnom,  גאי הינום, Gaï ‘Hinnom ou Gai ben Hinom. Il est traduit en français par  Géhenne, et a acquis une mauvaise réputation. Pourquoi cette riante vallée est elle devenue le synonyme d’enfer? Sans doute parce que le prophète Jérémie l’appelle vallée de la mort en  prophétisant que lors de la destruction du premier Temple, beaucoup mourront, à tel point que  la vallée du Gai Hinom sera emplie de cadavres qui serviront de nourriture aux oiseaux de proie!

La voici en 1927:

Et la voici aujourd’hui:


Le Derekh ‘Hevron est une large rue très passante, sans grand intérêt


sauf lorsqu’on s’arrête devant certaines maisons datant du temps des Turcs.


J’avoue préférer la rue parallèle, דרך ביתלחם (derekh Bethlehem), le chemin de Bethlehem:

Nous continuons vers le nord en laissant la vieille gare* sur notre gauche.
Nous avons le choix entre grimper la colline le long du quartier Yemin Moshe que domine le moulin de Montefiore*

ou traverser le גן הפעמון (gan hapaamon), le Jardin de la Cloche: c’est un très agréable jardin public dont l’entrée est signalée par une réplique de la cloche de la liberté, Liberty bell de Philadelphie, symbole de l’indépendance américaine.

Nous continuons dans la rue du roi Georges, où se trouve le בית פרומין (Beit Frumin), siège de la Knesset avant les années 60*
L’immeuble, appartenant à la famille Frumin avait été construit dans les années 30 par des architectes qui avaient fui l’Allemagne et avaient importé le style Bauhaus, très populaire dans ce qui était alors un quartier neuf.


Nous passons devant le porche du Talitha Kumi, qui est tout ce qui reste d’un orphelinat pour filles, tenu par des protestants allemand au 19 ème siècle:

et continuons toujours droit au nord, en longeant les murailles, laissant à notre gauche l’Esplanade russe,


On longe maintenant הגיבעה הצרפתיתת  (haguiva hatsarfatit), ou colline française. Son nom originel ne faisait aucune référence à la France. Il s’agit d’une mauvaise traduction en hébreu: cette colline a été nommée  la colline French et non pas française, du nom d’un officier anglais, John French, tué pendant la première guerre mondiale. Sur cette colline ont été découverts de nombreux vestiges de l’époque byzantine ainsi qu’une très ancienne forteresse de l’époque du premier Temple.

Nous voici dans les banlieues au nord de la ville. Parmi elles Pisgat Zeev et Givat Zeev, respectivement le sommet du loup et la colline du loup.

(Guivat Zeev)

C’est qu’on est déjà dans le territoire de Benjamin dont  l’emblème est le loup.

Lorsque Yaakov bénit son fils Benjamin, il le compare à un loup:
Benjamin est un loup ravisseur: le matin il s’assouvit de carnage, le soir il partagera le butin. »(Bereshit-Genèse 49 27)
בִּנְיָמִין זְאֵב יִטְרָף, בַּבֹּקֶר יֹאכַל עַד; וְלָעֶרֶב, יְחַלֵּק שָׁלָל.

Ça semble une curieuse bénédiction, mais les  bénédictions de Yaakov ne sont pas des souhaits de bonne et longue vie à ses enfants. Elles décrivent en fait le caractère de la tribu dans son ensemble.
D’après Rachi*, Yaakov prophétise que les descendants de son fils préféré s’étant très mal conduits ( c’est une euphémisme) dans l’affaire de la concubine violée et assassinée, seront en partie exterminés par vendetta. Le peuple fait alors serment de ne pas leur donner une de leur fille en mariage. Cependant, et pour qu’aucune tribu ne disparaisse, les rescapés de la tribu de Benjamin vont recevoir ce curieux conseil:
« Une fête religieuse célébrée chaque année à Shilo… Allez vous embusquer dans les vignes et lorsque vous verrez les filles de Shilo sortir pour danser en chœur, vous sortirez vous-mêmes des vignes, vous enlèverez chacun une femme parmi les filles de Silo, et vous vous en irez au pays de Benjamin. »
Et dire que ces enlèvements de brigands se sont transformes au fil des siècles en « fête de l’amour ».
La suite de cette « bénédiction » fait référence aux victoires du roi Shaoul et bien plus tard de la victoire de Pourim avec comme acteurs principaux Mordekhaî et Esther, tous issus de la tribu de Benjamin (Esther, 8,7).

A bientôt,

*Les moulins de Montefiore:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/11/05/les-moulins-de-montefiore/

*L’ancienne gare de Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/06/05/lancienne-gare-de-jerusalem/

*La Knesset:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/03/20/knesset-israel/

*Rachi:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/09/24/yom-kippour-et-le-gros-poisson/

 

 

Déclaration historique du Président Trump sur Jerusalem

Je traduis un article de Nir Muallem* de la chaîne de télévision 20.

« Ce soir, les murailles de la vieille ville ont été illuminées aux couleurs des USA et d’Israel:

(photo Kobi Richter)

A l’occasion de la déclaration historique du président américain Donald Trump, la municipalité de Jerusalem a illuminé les murailles de la vieille ville aux couleurs des U.S.A et d’Israel, depuis la porte de Yaffo jusqu’à la porte de Sion, pour montrer combien nous apprécions la décision américaine de reconnaître Jerusalem comme notre capitale et d’y envisager le transfert de son ambassade.
Des drapeaux américains ont aussi été déployés dans les principales rues de la ville (Agron, Shazar et Ruppin) et le pont à l’entrée de la ville a été lui aussi illuminé aux couleurs américaines.

(photo Yihiel Gurfein)


Le maire de Jérusalem Nir Barkat a noté que « l’annonce de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël est une déclaration historique qui envoie un message clair au monde entier: les Etats-Unis se tiennent aux côtés du peuple juif, de l’Etat d’Israel et de Jerusalem. Pour exprimer l’amitié courageuse entre le peuple américain et le peuple d’Israël, nous avons décidé d’illuminer les murs de la vieille ville avec les couleurs des drapeaux américains et israéliens, symbolisant la force du lien historique du peuple juif à Jérusalem depuis plus de 3000 ans. »

Pour nous Juifs, Jerusalem a toujours été notre capitale.
Lors de la création de l’état, David Ben Gourion s’y réfère aussi comme notre capitale et d’ailleurs toutes les institutions gouvernementales se trouvent à Jerusalem.
Pour officialiser les choses, la 9 ème Knesset a adopté la loi dite de Jerusalem qui déclare que:
Jerusalem, complète et unie, est la capitale d’Israel et le siège du Président, de la Knesset, du gouvernement et de la Cour Suprême.
Cette loi stipule aussi le devoir de maintenir les lieux saints de la ville pour toutes les religions et déclare que la ville recevra un budget spécial pour son développement et la préservation de son caractère. »

De plus, en 2001, ont été rajoutés ces trois points:
– Aucune autorité ne doit être transférée de la zone de Jerusalem à une entité étrangère, qu’elle soit politique ou gouvernementale,
– Que la zone de Jérusalem, selon la loi, est la zone établie le 28 juin 1967
– Et que ces deux clauses ne peuvent être modifiées qu’au moyen d’une loi fondamentale différente et d’une majorité de membres de la Knesset

 

(Loi fondamentale dite Loi de Jerusalem, 30 juillet 1980)

Cependant, aucun pays* n’a jamais accepté avant ce jour de reconnaître qu’Israel, comme tout pays souverain, avait le droit de choisir sa capitale. Aujourd’hui est donc un jour historique. 
Nous entendons de multiples menaces de la « rue arabe » qui nous promet une nouvelle intifada, nous verrons… De toute manière, c’est le discours habituel…

A bientôt,
PS: Un article important du jeudi 07/12 de Sami el Soudi sur le site de la Metula News Agency: « Il s’agit d’un plan »:http://www.menapress.org/

*Article de Nir Muallem:
https://www.20il.co.il/%D7%A6%D7%A4%D7%95-%D7%97%D7%95%D7%9E%D7%95%D7%AA-%D7%94%D7%A2%D7%99%D7%A8-%D7%94%D7%A2%D7%AA%D7%99%D7%A7%D7%94-%D7%94%D7%95%D7%90%D7%A8%D7%95-%D7%91%D7%93%D7%92%D7%9C%D7%99-%D7%90%D7%A8%D7%94%D7%91/

*quelques uns de mes articles sur Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/03/02/nous-les-yerushalmim/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/10/30/le-melange-de-jerusalem/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/07/jerusalem-dor/

*Toutes les ambassades se trouvent actuellement à Tel Aviv.
De la trentaine de pays qui ont eu une ambassade à Jérusalem, comme l’Ethiopie, la Bolivie, le Chili, les Pays-Bas ou l’Uruguay, aucun depuis les années 80 n’a gardé sa représentation diplomatique à Jérusalem en raison de la condamnation internationale de l’annexion de l’est de la ville. En 2006, le Costa Rica et le Salvador ont été les derniers à suivre ce mouvement pour  « Violation du droit international » (résolution 478 du Conseil de sécurité de l’Onu). (source: https://www.coolamnews.com/nuit-du-5-au-6-decembre-2017-la-nuit-de-tous-les-possibles-pour-jerusalem/)

 

La Cour Suprême d’Israel

Il y a bien longtemps,
 » …Dvora, la prophétesse, femme de Lappidoth, gouvernait Israël à cette époque.  Elle siégeait au pied du « Palmier de Dvora », entre Rama et Béthel, dans la montagne d’Ephraïm; et c’est à elle que les Juifs s’adressaient pour obtenir justice:
וּדְבוֹרָה אִשָּׁה נְבִיאָה, אֵשֶׁת לַפִּידוֹת–הִיא שֹׁפְטָה אֶת-יִשְׂרָאֵל, בָּעֵת הַהִיא. ה וְהִיא יוֹשֶׁבֶת תַּחַת-תֹּמֶר דְּבוֹרָה, בֵּין הָרָמָה וּבֵין בֵּית-אֵל–בְּהַר אֶפְרָיִם; וַיַּעֲלוּ אֵלֶיהָ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, לַמִּשְׁפָּט

De nos jours, les juges ne siègent plus sous un palmier ou aux portes de la ville comme a l’époque du Tanakh mais dans les tribunaux ou dans des cours de justice*. La Cour Suprême en est la plus haute instance.
La Cour suprême siège à Jérusalem. Elle est compétente pour juger des appels contre les jugements des tribunaux de districts dans toutes les procédures . Elle aussi une compétence particulière en tant que Haute Cour de Justice et surveille ainsi la légalité des actions des tribunaux et la légalité des actions et décisions des autorités de l’Etat, des autorités locales, d’organismes et de personnes remplissant des fonctions publiques en vertu de la loi.

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Jusqu’en 1992, elle se trouvait sur l' »Esplanade Russe »*. La veuve de James de Rothschild proposa alors de l’installer dans le quartier administratif.  Les architectes Ram Karmi et Ada Karmi Melamed furent choisis pour ce projet.
Pour loger une institution au pouvoir si important, les architectes ont pensé le bâtiment de telle manière qu’il reflète les exigences de justice telles qu’elles sont données dans la Thora:
Les façades extérieures  du bâtiment sont recouvertes des pierres de Jerusalem et décorées de hautes et étroites fenêtres. Elles rappellent ainsi les murailles de la ville et leurs archières en souvenir des juges qui siégeaient aux portes des villes:
« Tu institueras des juges et des magistrats dans toutes les villes que l’Éternel, ton Dieu, te donnera, dans chacune de tes tribus; et ils devront juger le peuple selon la justice » (Deut 16, 18-19)
שֹׁפְטִים וְשֹׁטְרִים, תִּתֶּן-לְךָ בְּכָל-שְׁעָרֶיךָ, אֲשֶׁר יְהוָה אֱלֹהֶיךָ נֹתֵן לְךָ, לִשְׁבָטֶיךָ; וְשָׁפְטוּ אֶת-הָעָם, מִשְׁפַּט-צֶדֶק.

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Entrer dans le bâtiment, c’est commencer un voyage initiatique ou se mêlent références bibliques et tradition juive.
L’entrée est assez sombre. Elle est décorée d’un tableau sur lequel on voit les membres de la famille Rothschild, les architectes, Yitshak Rabin et Shimon Peres discutant du projet:
cour-supreme-tableauet aussi d’une magnifique mosaique retrouvee dans les ruines s’une synagogue à ‘Hamat Gader

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Mais là, commence une montée vers la lumière.

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Par un escalier bordé par un mur en pierre de Jerusalem, le visiteur arrive face à une grande baie vitrée panoramique de laquelle on a une belle perspective de la ville.

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Cette montée vers le savoir et la clarté est symbolisée par la pyramide qui domine le toit du bâtiment. 

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Elle a été inspirée par les tombes d’Avshalom et du prophète Zacharie au pied du Mont des Oliviers:

tombeau-de-zacharie

L’architecture intérieure du bâtiment est très particulière. Non seulement la lumière naturelle est utilisée dans tous les passages et salles d’audience mais tout l’espace est dessiné selon un mélange de ligne droites et courbes, illustrant le principe biblique qui veut que la recherche de la vérité et de justice se fasse tout en préservant la bonté et la miséricorde.
La ligne droite est l’expression visuelle des concepts de loi, droiture et droit chemin comme il est écrit (Psaume 119, 137):

« Tu es droit Seigneur et tes jugements sont droits
צַדִּיק אַתָּה יְהוָה; וְיָשָׁר, מִשְׁפָּטֶיךָ

 

cour-supreme-cour-interieure(cour intérieure, photo i-stock)

Le cercle exprime par sa forme arrondie la miséricorde qui doit régner dans l’application de la loi comme il est écrit:

« Il restaure mon âme, il me guidera dans les cercles de justice (Psaume 23 3)
נַפְשִׁי יְשׁוֹבֵב; יַנְחֵנִי בְמַעְגְּלֵי-צֶדֶק, לְמַעַן שְׁמוֹ

Dans la salle des pas perdus, les sièges des visiteurs se trouvent dans des alcôves arrondies:

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Située dans la pyramide, la bibliothèque de jurisprudence  est elle-même de forme arrondie:

cour-supreme-bibliotheque

Les salles d’audience ont la même structure architecturale. Là encore, la lumière naturelle les éclaire à travers des lucarnes construites entre les murs intérieurs et les colonnes, elles-mêmes symboles d’une séparation entre l’extérieur et l’intérieur.

cour-supreme-salle-daudience

 

Si la Cour suprême d’Israël siège normalement en formation de trois juges, elle est composée de 14 membres* (12 permanents et 2 temporaires). La nomination de ses membres s’effectue par un comité de juges, établi par une loi fondamentale: celle de la magistrature.
Avec les années, la Cour Suprême est devenue l’un des sujets les plus épineux dans l’affrontement entre la gauche et la droite en Israël. Il faut dire que les juges appartenaient majoritairement aux partis de gauche et que la cooptation pour la nomination de nouveaux juges était forcément politiquement très orientée. Les critiques à l’encontre de leurs décisions devenaient de plus en plus nombreuses surtout lorsqu’elles empiétaient sur les décisions de la Knesset et celles du gouvernement, démocratiquement élus.  En fait depuis les années, la Cour Suprême avait tendance à se substituer parfois au gouvernement et à la Knesset!
Il fallait donc reformer le processus de nomination des Juges pour que la Cour Suprême soit enfin représentative de la population du pays.
Cette reforme a été initiée par la Ministre de la Justice, Ayelet Shaked et a permis d’équilibrer politiquement cette assemblée. Ont été nommés 4 nouveaux juges (en remplacement de 4 départs à la retraite prévisibles) qui seront opérationnels en fin d’année.

ayelet-shaked(Ayelet Shaked)

Les quatre nouveaux juges sont: le Dr. David Mintz, Yaël Vilner, Yossef Elron et George Kara*: Trois d’entre eux sont Juifs et le quatrième et un Arabe chrétien. Aucun ne milite à gauche.

cour-supreme-nouveau-juges

(Journal Haaretz, photo Tomer Appelbaum)

Pour en revenir à Deborah, voici le chant: »עורי עורי דבורה דברי שיר (Uri uri Dvora, dabri shir), Lève toi Deborah, et chante! (livre des Juges, 5,3) composé spécialement pour Yom Haatsmaout par Nurit Hirsch et interprété par Esther Rada:

 

Ecoutez, rois; princes, prêtez l’oreille: je veux, je veux chanter le Seigneur, célébrer l’Eternel, Dieu d’Israël.

שִׁמְעוּ מְלָכִים, הַאֲזִינוּ  רֹזְנִים:  אָנֹכִי
, לַיהוָה אָנֹכִי אָשִׁירָה,  אֲזַמֵּר,  לַיהוָה אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל

A bientôt,

*Le juge Georges Kara s’est rendu célèbre pour avoir envoyé l’ancien président Moshe Katsav en prison.

Pour ceux que le droit israélien intéresse:
Le droit israélien est issus de 4 sources:
– Le droit ottoman qui n’est plus cité que pour mémoire car il ne survit que dans un ou deux textes.
– La Common Law britannique introduite à l’epoque du Mandant britannique, en constant recul mais qui exerce cependant encore une réelle influence.
– Le droit juif traditionnel, la Halakha qui traite des questions de droit personnel en ce qui concerne les Juifs mais aussi qui est source d’inspiration pour résoudre des questions actuelles comme celles régissant l’urbanisme ou la défense de l’environnement. De plus, les principes de la Halakha sont aussi évoqués lorsqu’un cas se trouve confronté à un vide juridique.
– La législation adoptée par la Knesset qui constitue le véritable corpus du droit positif et s’est inspirée du droit de plusieurs pays européens.
La Knesset a été chargée de promulguer un certain nombre de Lois Fondamentales qui sont en fait une ébauche de constitution et en 1995, la Cour suprême s’est dotée du pouvoir d’examiner la conformité de la législation de la Knesset avec les Lois fondamentales:
http://www.akadem.org/medias/documents/Lois-fondamentales-1992.pdf

Jerusalem: De la musique avant toute chose!

Si vous passez par Jerusalem, vous flânerez certainement dans le quartier de Na’halat Shiva*. Entrez sous le poche du musée de la musique et découvrez la Place de la Musique.
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Une place piétonne, entourée de bâtiments restaurés, tous dédiés à la musique: musée, école de musique, de chant, de danse, studio d’enregistrement, salles de concert*… mais aussi restaurants et hôtel.

Commencez par écouter un concert*
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Et ensuite, entrez au musée de la musique juive et découvrez une collection incroyable d’instruments de musique venant de tous les coins du monde où se trouvèrent des communautés juives, Europe de l’est, Balkans, Caucase, Afghanistan, Perse, Moyen- Orient, Afrique du Nord, Yemen, Afrique Noire…
Vous les admirerez, vous entendrez leur histoire et vous les écouterez grâce à une tablette qui vous accompagnera pendant toute votre visite.

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Sur la tablette, un petit personnage animé, saba Levy, vous donnera toutes les explications (y compris en français) et vous fera découvrir des mondes musicaux souvent disparus.

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Les instruments sont repartis dans plusieurs salles, chacune décorée entièrement selon la tradition artistique particulière à leur monde d’origine. Il a fallu 4 ans de recherches et de restauration pour rassembler les dizaines d’instruments présentés.

Ici l’Europe,

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Ci-dessous, une pièce dédiée à la musique marocaine, andalouse et berbère:

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Une autres à la musique balkanique:

A la musique perse:

Aux traditions du Caucase  et de l’Afghanistan:

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Une pièce est réservée au Juifs du Yemen et d’Afrique:

musee-de-la-musique-decoration-porteDont voici certains paytanim:

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La dernière salle est réservée au בית המקדש (Beit Hamikdash) c’est à dire au Temple de Jerusalem. Les prières dans le Temple étaient chantées par des chœurs accompagnés par toute une orchestration. C’est la tribu de לוי (Levi)* qui était traditionnellement chargée de toute la partie musicale de la prière du Temple. 
Le directeur du projet, Eldad Levi et son initiateur et mécène, Laurent Levy*, se sont sentis évidemment très concernés. Car ils sont tous deux les descendants de ces לויים (Leviim) musiciens.

Dans cette salle, la maquette du Temple semble bien petite toutes seule au milieu de la pièce. Mais équipés d’un casque de réalité virtuelle, vous entrez dans le Temple et assistez au service des Cohanim et Leviim:

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A bientôt,

*Na’halat Shiva:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/09/06/la-chanson-francaise/

*Sans compter les restaurants et même un hôtel

*Le mécène et l’initiateur du projet, Laurent Levy, est un juif originaire de France qui finance aussi un centre médical consacré à l’ophtalmologie et l’optométrie. Les services sociaux y envoient ceux qui n’ont pas une couverture sociale suffisante pour certains traitement de pointe ou ont simplement besoin de lunettes.

*Un aperçu des nombreux concerts auxquels vous pouvez assister:
https://www.youtube.com/channel/UCxF3zOKgHbQOdMgP0L6eRWw

Un nom, un visage, une vie

 

Voici les visages des quatre soldats qui ont perdu leur vie dans l’attentat* hier sur la Promenade de Armon Hanatsiv à Jerusalem.

Erez Urbach, 20 ans, de Alon Shvut dans le Gush Etsion:
Il s’était porté volontaire à Tsahal car des problèmes de santé lui interdisaient de servir.
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Le lieutenant Shira Tsur, 20 ans, de ‘Haifa.
Ses camarades la décrivent comme une jeune fille tournée vers les autres, toujours prête à se porter volontaire

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Shir Hadjadj, 22 ans, habitait Maale Adoumim. Elle donnait gratuitement des cours de soutien en maths dans son ancien lycée.

shir-hadjadj

Yael Yekutiel, 20 ans, de Givataim. Elle était officier d’éducation et était restée à l’armée pour continuer son travail auprès des soldats défavorisés.

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Ce sont les visages et les sourires dont il faut se souvenir.
Hier, le médecin et ancien député Arieh Elad a explosé de colère à la vue de la photo du terroriste prise dans son adolescence, alors que c’était un homme fait de 28 ans. Il a déclaré que présenter le visage encore enfantin de cet assassin était honteux.
Moi aussi, je suis écœurée qu’on présente les photos ad nauseum des terroristes. A chaque reportage télévisé, à chaque nouvel article dans les journaux, à chaque commémoration ou émission politique, vous avez droit au visage des assassins. Si vous faites une recherche sur internet qui concerne les attentats de Toulouse, de Nice ou autres, vous tomberez sur la photo des assassins. Ce n’est plus supportable. Par leur acte, ils ont perdu le droit à avoir un nom, un visage, une tombe sur laquelle se recueillir, ils ne font plus partie du genre humain.
Jamais l’expression יִמַּח שְׁמוֹ וְזִכְרוֹ, que son nom soit effacé et son souvenir oublié, ne m’a semblé mieux convenir.
Souvenons-nous des victimes, de leur sourire, parlons d’eux pour qu’ils vivent encore un peu dans nos mémoires…

A bientôt,

PS: Sur cette promenade d’Armon Hanatsiv, au moment même de l’attentat se trouvaient des passants palestiniens en villégiature. Après avoir assisté à l’attentat, ils ont applaudi au geste du terroriste. Applaudir après avoir vu 4 jeunes se faire écraser… En même temps à Gaza et Ramallah la réjouissance était manifeste dans les rues et des gâteaux étaient distribués aux passants et automobilistes pour fêter l’événement.
http://www.europe-israel.org/2017/01/photos-arabo-palestiniens-distribution-de-gateaux-et-bonbons-pour-feter-le-meurtre-de-juifs-a-jerusalem/

Enfin la sœur du terroriste abattu déclarait sa fierté.
Et c’est avec ces gens là que nous devons négocier?… Nous ne pourrons jamais avoir des rapports normaux avec les palestiniens tant qu’ils ne se seront pas débarrassés de cette culture barbare, fanatique et mortifère. 

*15 autre sont blessés dont une jeune fille dont l’état inspire de grandes inquiétudes

 

Etre chrétien au Moyen Orient

Ici au Moyen-Orient, la composante religieuse est une partie intégrante de l’identité au même titre que la nationalité ou l’ethnicité. Il n’est pas nécessaire de croire en quelque chose pour se déclarer  musulman, chrétien ou juif.
Mais comme vous le savez, l’identité musulmane essaye de s’imposer par la force depuis déjà un bon nombre d’année et bien avant l’apparition de Daesh et les révolutions arabes.
En effet, dès que l’empire ottoman commença à se désagréger de tous cotés et que des populations non musulmanes ou même non turques commencèrent à se rebeller, la répression fut féroce. Le nouveau sultan Erdogan a d’ailleurs la nostalgie de cette époque.
Dans le monde arabe en devenir de cette fin du 19 ème siècle, le même scénario se joua contre les chrétiens qui, pour survivre, se déclarèrent plus arabes que les arabes, furent souvent les fers de lance du nationalisme arabe, demandant simplement qu’on les laisse vivre dans leur dhimmitude chrétienne. Les juifs eux choisirent le retour sur leur terre et leur indépendance grâce au sionisme politique.
Les chrétiens eurent droit à un siècle de répit mais comme vous le savez, ce répit n’est plus de mise.
Non seulement persécutés,mais aussi parfois massacrés, les chrétiens fuient le Moyen Orient:

– En Irak, sous le régime de Saddam Hussein, il y avait entre 800 000 et un million de Chrétiens. Leur nombre est aujourd’hui estimé à 300 000. Depuis 2014, des centaines ont été tués rien qu’à Mossul par Daesh. Ceux qui le peuvent s’enfuient, la plupart vers le Kurdistan. Le patriarche chaldéen, Louis Raphael Sako  a donné une interview à l’AFP expliquant que dans les villages, non seulement les maisons ont été touchées et détruites mais aussi les infrastructures et que les populations déboussolés ne savent plus comment se protéger. Il les exhorte à s’engager dans l’armée (pourtant chiite) ou dans les groupes de combattants peshmerga kurdes car les milices, dit-il, c’est l’anarchie.
Le problème de ces gens explique Wadia Abu Nasser, conseiller de l’église catholique irakienne, est de savoir où et comment fuir, s’il faut laisser tout ce qu’il possèdent derrière eux ou se fier à un mince espoir que peut-être la vague passera au-dessus de leur tête sans les toucher.
C’est un dilemme que toutes les familles juives ont connu*.

– En Syrie, avant  le début de la guerre civile, il y avait 600 000 à 700 000 chrétiens. Aujourd’hui, il n’en reste qu’environ 200 000 à 300 000. Ils ont été tués dans les combats, ou bombardement sans rapport avec leur foi mais ils l’ont été aussi dans de nombreux cas parce qu’ils étaient chrétiens.
Je me souviens avoir rencontré, il y a 20 ans environ, une jeune femme araméenne de Syrie, réfugiée en France, qui venait d’un village arabisé et islamisé de force par Hafez el Assad alors qu’officiellement il n’y avait pas de persécutions anti-chrétiennes à ce moment là en Syrie. Les chrétiens syriens ont entre leurs mains les mêmes options que les chrétiens irakiens: soit s’enfuir vers les territoires kurdes, soit quitter le Moyen-Orient s’ils obtiennent un visa.

– En Egypte, le dernier attentat contre les coptes a été le plus sanglant mais la persécution n’est pas nouvelle. Depuis toujours, les coptes vivent dans la soumission totale, ce qui n’empêche ni les assassinats, les viols, enlèvements et les conversions forcées. Ils sont un peu moins de 10 pour cent de la population égyptienne. Même si le régime actuel combat les Frères Musulmans, il n’en reste pas moins que dans la population un sentiment anti-copte est vivace et que les conversions forcées étant reconnues par la loi islamique, les familles ne retrouvent jamais celui ou celle qu’elles ont perdu.

– Au Liban la situation a l’air plus calme et le pays plus serein. Tout d’abord, un quart de la population est chrétienne. Les chrétiens libanais semblent vivre normalement ces dernières années mais le pays est divisé en 4 factions (pour le moins!) qui s’observent: les chrétiens , les musulmans sunnites, les musulmans chiites et les druzes. L’un des hommes forts de ce pays est le patriarche maronite Bishara al-Ra’is, qui, comme le patriarche copte égyptien, est venu en visite en Israel. Le problème au Liban, explique le conseiller de l’Eglise catholique à Jérusalem, ce sont les politiciens eux-mêmes chrétiens… qui n’ont pas de respect pour le patriarche maronite… Aujourd’hui, il y a déjà plus de chrétiens vivant à l’extérieur du Liban qu’au Liban», dit Wadia Abu Nasser. Il souligne également que, bien que nombre de chrétiens sont à des postes clés dans la politique, tout le monde sait qui en fait gouverne le pays: le ‘Hezbollah… S’il y avait aujourd’hui des élections démocratiques les chrétiens seraient en mauvaise posture.
Il ne fait que souligner une réalité que l’Occident ne veut pas voir: si les postes de Président, de Ministre de la Défense sont toujours réservés aux chrétiens, l’armée est en grande partie aux mains des chiites et le président Michel Aoun, pourtant chrétien, a choisit le camp chiite et donc le ‘Hezbollah. Que sera le futur des Chrétiens libanais? Le député chrétien Salim Sahlab est quant à lui très pessimiste: si en Irak, l’armée américaine qui était là bas depuis 2003 n’a pas pu protéger les chrétiens irakiens alors…

– En Jordanie, le nombre de chrétiens a augmenté depuis les guerres en Irak et en Syrie. Ils sont maintenant environ 500 000. Le gouvernement les laisse tranquilles. Le roi Abdallah a même envoyé un message de condoléances à la famille du journaliste chrétien Christian Nahed assassiné en septembre dernier. Cela dit, la vie des réfugiés chrétiens est un cauchemar dans les camps de réfugiés établis sur la frontière syrienne où la majorité est musulmane sunnite et est en partie inféodée à un islam radical.

– Et les Palestiniens?
Ceux qui vient dans la bande de Gaza sont la proie des islamistes du ‘Hamas. Raymond Ibrahim, observateur des médias en langue arabe témoigne ainsi : Parfois, nous entendons qu’une librairie a été bombardée ou qu’il y a eu des agressions sur les chrétiens ou les églises. D’autres fois, nous entendons parler de l’enlèvement de chrétiens et des contraintes exercées sur eux pour embrasser la religion de Mahomet. Ceci a été confirmé par le patriarche Monseigneur Alexios qui a présenté une pétition au gouverneur de la régions Ismail Haniye, mais en vain. De 5000 en 2006, leur nombre est tombé à environ un millier.
Ceux qui vivent en Judée ou en Samarie sous le  contrôle de l’Autorité Palestinienne ne sont pas non plus à la fête: Bethlehem et les villages environnants étaient à 90 % chrétiens. En 1995 à la suite des accords d’Oslo, la ville passa aux mains de l’Autorité Palestinienne, les chrétiens ne représentent plus maintenant que 12% de la population.
Des milliers de visiteurs insouciants venus du monde entier prennent des selfies sur la place de la mangeoire, se précipitent dans la basilique avec leurs caméras et  assaillent les boutiques de souvenirs le jour de Noel.

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(le soir de Noel à Bethlehem)

Malgré les efforts de l’Autorité palestinienne pour présenter un visage acceptable dans son entreprise de séduction de la gauche occidentale, la réalité quotidienne des chrétiens est bien plus amère. Si on ne parle pas de conversions forcées, les chrétiens sont souvent écartés des postes à responsabilité et donc de la manne distribuée par Ramallah à ses sbires. La nouvelle maire de Bethlehem Vera Baboun est une exception: c’est une femme, chrétienne, issue d’une famille de notables inféodée au Fata’h*.
Qusmieh de Beth Sahour, dont toute la famille a émigré aux USA, reçoit régulièrement des menaces de mort et a été la cible d’un cocktail Molotov parce qu’il veut parler franchement
: Officiellement, les lois sont les mêmes pour les chrétiens et les musulmans mais nous souffrons d’un racisme endémiqueIl commence dans les familles mais est officialisé dans les écoles et  les prêches des imam du vendredi,  la mention ‘chrétien » sur un curriculum vitae est négative… 

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(Noel à Bethlehem: les passantes ne sont pas chrétiennes)

Pour le moment, étant en général assez éduqués, les chrétiens préfèrent partir vers des cieux plus cléments comme le font ceux de Beit Jala à côté de chez moi. Il faut dire qu’à Beth Jala, les chrétiens ont été utilisés comme boucliers humains pendant l’intifada par le Fatah, leurs appartements ont été occupés de force et c’est ainsi que Beth Jala est devenue non pas judenrein mais pratiquement christianrein.

Et chez nous en Israel? Eh bien, c’est le seul endroit au Moyen Orient où la population chrétienne reste stable et même grandit par accroissement naturel.
En Israel, comme dans le reste du Moyen-Orient, les chrétiens ont généralement un haut niveau d’éducation. Ils envoient leurs enfants soit dans des écoles chrétiennes  soit dans les écoles laïques . La plupart habite à Jerusalem, à Yafo, à Haifa 

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(Noel à ‘Haifa)

ou Nazareth.

noel-a-nazareth(Noel à Nazareth)

Bien que dispensés comme les israéliens musulmans du service militaire obligatoire, ils sont de plus en plus nombreux à s’enrôler volontairement comme Elinor Joseph.

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ou comme Mona Lisa de ‘Haifa*.

De plus, sous l’égide du père Gabriel Naddaf*,  ils commencent à refuser leur appellation arabes chrétiens pour reprendre leur identité d’origine, celle d’araméens chrétiens.
Le père Gabriel Naddaf, qui a allumé une torche lors de la cérémonie de Yom Haatsmaout a dû supporter les calomnies de sa hiérarchie qui demandait son remplacement car il n’était pas politiquement correct. Il a heureusement gardé son poste et est un fervent supporter d’Israel dont il considère simplement qu’il est un des citoyens:

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Il est bien plus sioniste que la gauche de ce pays: pour lui Israel est un havre de paix pour les chrétiens. Un tel compliment me semble presque excessif. Regardez la vidéo ci-dessous: personne ne prend garde à la croix de ce jeune homme, les chrétiens comme les musulmans ou les druzes et nous les juifs, nous sommes tous israeliens.

Il a partagé sur sa page facebook un article de Bassan Tawill, du Gatestone Institut, déclarant que  les vraies colonies illégales, n’en déplaise à l’ONU, étaient les constructions sans permis que les Palestiniens ou certains arabes israéliens se permettent de faire en Israel*.

A bientôt,

*Et vous, quand avez-vous quitté…?
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/03/08/et-vous-quand-avez-vous-quitte/

*Les Frères Musulmans:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/16/4795/

*Vera Baboun:
https://en.wikipedia.org/wiki/Vera_Baboun

*https://www.gatestoneinstitute.org/9634/palestinian-christians

*Père Gabriel Naddaf:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/06/27/deux-ou-trois-hirondelles/
*https://fr.gatestoneinstitute.org/9511/colonies-illegales

http://www.lemondejuif.info/2016/01/pere-gabriel-naddaf-sous-abbas-bethleem-est-devenue-un-sanctuaire-pour-les-terroristes/