Les drones

Les incendies dans le sud, les infos les mentionnent en passant, comme elles le faisaient quand les roquettes tombaient sur Sderot quotidiennement avant Tsuk Eitan*. Tous les jours des ballons incendiaires brûlent ou rebrûlent les champs dans la régions de Otef Aza*. Certains sont mêmes plus élaborés: ce ne sont plus de simples ballons incendiaires, ils sont lestés de jouets dans lesquels ont été dissimulés des explosifs. Heureusement, nos enfants savent depuis longtemps que les ballons gazaouis ne sont pas destinés à une fête d’anniversaire.
Depuis le mois d’avril,  l’unité de recherche et développement de l’armée de terre israélienne utilise de nouvelles techniques pour lutter contre ces ballons dévastateurs, et pour ce faire, a embauché un certain nombre de réservistes, passionnés par les drones. Ces drones savent non seulement reconnaître, poursuivre ballons ou cerfs-volants enflammés mais aussi les embrochent grâce à leurs ailes acérées et à une pointe en métal, qui se trouve à l’avant.
Mais ce n’est pas encore suffisant. Donc, depuis peu, les habitants se sont cotisés pour en acquérir eux aussi.



Il nous en faut un par kibboutz a déclaré Ron Alsheikh du kibboutz Nir Am et nous formons maintenant ceux qui en auront la charge.

.(le kibboutz Nir Am à côte de Sderot)

A l’heure actuelle, il y a eu plus de 1000 incendies qui ont brûlé 2600 hectares causant des dégâts de plusieurs millions de shekels, hier encore au kibboutz Guevim et deux ballons sont tombés  à Kiriat Malakhi et à Netivot. C’est une vrai catastrophe écologique. La région mettra des décennies à s’en remettre.
Ces jours derniers, un ballon incendiaire a été trouvé à Bat Yam, Rishon leTsion dans la banlieue sud de Tel Aviv, et trois à Jerusalem: l’un deux à Givat Zeev dans la banlieue nord, sans doute un cadeau de Ramallah, un dans un jardin d’enfants dans le quartier Emek Refaim et le deuxième dans la vallée du monastère de la Croix. Ces deux là viennent  sans doute de Bethlehem.

(le monastère de la Croix appartient à l’église orthodoxe géorgienne et  date du 11 ème siècle: Il se trouve en contrebas du Musée Israel et de la Knesset)

Ce matin au supermarché, les employés arabes se montraient désagréables avec les clients: regards hostiles, paroles agressives. Ils ne voulaient visiblement pas les servir. Un client s’en est inquiété gentiment: Que se passe-t-il אחי (a’hi) mon frère. Des problèmes au travail?  Pour toute réponse, le boucher a jeté son paquet de viande brutalement sur le comptoir et lui a tourné le dos. Un vieux monsieur m’a dit en confidence androlomoussia, androlomoussia*, c’est le chaos! J’ai été touchée par la réserve de cet homme âgé qui employait un mot si littéraire pour exprimer son désarroi.
Mal à l’aise, j’ai  pensé que peut-être la chasse à l’homme et les nombreuses arrestations en Judée-Samarie à la suite de l’attentat de Barkan avaient touché des membres de leur tribu.
J’ai préféré ne pas m’attarder. De toute manière et à mon grand regret, je ne comprends pas l’arabe.

(Les deux victimes de l’attenta de Barkan: Kim Yehezkel-Levengrond, 28 ans de Rosh Ayin, mère d’un enfant d’un an, et Ziv Hajbi, 35 ans de Rishon le Tsion, père de trois enfants.)

Ma petite fille Yael a 14 ans. Elle a commence à l’apprendre cette année. Elle avait pensé au français mais comme elle m’a dit: דע את האויב (Da et haoyev) connais l’ennemi. Hier un soldat de l’unité des renseignement Modiin est venu parler aux élèves de sa classe de la situation au Moyen-Orient, de celle d’Israel et a conclu: Dans les unités du Renseignement, nous avons besoin de soldats parlant, lisant et écrivant couramment l’arabe et sans les Renseignements, il n’y a pas de défense possible. Travaillez bien, on compte sur vous dans 4 ans!

 

Un peu de réconfort après un énième article sur le terrorisme,  hier dans le centre ville…

A bientôt,

*L’opération Rocher inébranlable ou Tsouk Eytan s’est déroulée pendant l’été 2014. Elle n’était pas la première opération,  loin de là, contre les agissements du ‘Hamas mais a permis à Sderot de vivre sans menace pendant 3 ans.

*Otef Aza: la bordure de Gaza

*Androlomoussia: désordre, chaos. Amdrolomoussia vient du mot grec androloimosso (ανδρολοιμωσσω). A l’époque de la Mishna, il désignait les victimes d’une épidémie. 

*L’attentat a eu lieu dimanche dernier dans les bureaux d’une entreprise de Barkan, à côté d’Ariel. Les deux victimes, Kim et Ziv, ont été menottées et exécutées d’une balle dans la tête par un palestinien qui avait travaillé dans l’entreprise. Une troisième employée a réussi à se cacher et n’a été que blessée. Le ‘Hamas et le Djihad ont tous les deux revendiqué l’attentat, ce qui ne fait pas l’affaire de Ma’hmoud Abbas qui craint que le ‘Fata’h ne se fasse supplanter. Officiellement, ses sbires nous aident pour rechercher le meurtrier mais pour le moment pas de résultats.
Ariel se trouve a quelques kilomètres de Rosh Ayin:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2018/08/17/le-sentier-des-patriarches-8-au-coeur-de-la-samarie/

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Notre Jerusalem

En 2013, je publiais un article Jerusalem d’or*. Il est toujours d’actualité car Jerusalem est notre capitale depuis 3000 ans.
Le transfert de l’ambassade américaine à Jerusalem est certes une décision importante mais elle ne signifie pas que pour la première fois, Jerusalem est déclarée capitale de l’état d’Israel: elle l’est en fait depuis la création de l’état en 1948 même si aucun état jusqu’à présent l’avait reconnue comme telle.
Ceux qui nous la dénient ou qui nous la disputent ne le font pas par souci humaniste ou par équité mais simplement parce qu’il leur est impensable qu’elle le soit. Il est même impensable pour certains qu’elle se trouve en Israel*!
Pourquoi? Je pense sincèrement que nombres de nations nous ont concédé un état-refuge du bout des lèvres à condition que nous nous montrions reconnaissant en restant sous leur tutelle. Elles n’ont jamais pu accepter que cette ville si importante dans l’histoire de l’humanité soit en fait notre héritage ancestral.
Mais personne ne s’est vraiment rendu compte que pour nous Israel n’était pas qu’un refuge. Pourtant, les paroles de l’Hatikva sont très claires:
Tant qu’au fond du cœur l’âme juive vibre, et notre regard est tourné vers Sion,  vers les confins de l’Orient, notre espoir n’est pas encore perdu. Un espoir de 2000 ans, être un peuple libre sur notre terre, la terre de Sion et de Jerusalem.
Nous le chantions même avant la création de l’état d’Israel:

(Élèves d »une école juive à Munkacs,Tchécoslovaquie, en 1930)

Vous me direz que je confonds deux choses: Israel et Jerusalem. Non, je ne les confonds pas mais pour les Juifs au cours des âges les deux se confondaient. L’alyia de nombreux Juifs s’est faite en pensant à Jerusalem et non pas à Tel Aviv, Beer Sheva, ou aux kibboutzim. Le nom de Sion (l’une des collines de la ville) signifiait pour eux Jerusalem et Jerusalem englobait tout le pays. Dans le chant המסע לארץ ישראל (hamassa leeretz Israel), qui raconte odyssée dramatique des Juifs d’Ethiopie à travers le Soudan, une mère encourage ses enfants fatigués:
« Encore un peu, encore un peu, soulevez vos jambes, un dernier effort avant Jerusalem » et ensuite « encore un peu encore un peu, notre rêve se réalise, on arrive en Eretz Israel »

Nous ne sommes pas animés par un esprit guerrier, nous ne voulons pas dominer le monde. Mais nous sommes liés à notre héritage par un lien, celui qui nous relie à nos ancêtres et à cette terre. Il passe de génération en génération. C’est ainsi que le sionisme c’est le retour à Sion et que Jerusalem est au sommet de notre joie comme disait le prophète Jérémie…
Pour les uns, ce lien a une composante religieuse forte, parfois mystique, pour d’autres non.
Hier soir, à la télévision, l’interview d’un vieux monsieur qui fit partie du Groupe clandestin des sonneurs de Shofar*à l’âge de 13 ans. Ce groupe sonnait du shofar le jour de Kippour à la barbe des soldats anglais en faction au Kotel. Le  gouvernement britannique de l’époque  interdisait aux Juifs de sonner du Shofar et d’apporter des rouleaux de la Thora pour ne pas gêner les susceptibilités des musulmans. Ce jeune garçon ne l’avait pas fait par mysticisme religieux mais, dit-il, par « fierté nationale« .
Je me souviens d’un chant nostalgique que ma mère aimait beaucoup. Nous le fredonnions en canon: וִיהוּדָה, לְעוֹלָם תֵּשֵׁב; וִירוּשָׁלִַם, לְדוֹר וָדוֹר (Yehuda leolam teshev vyerushalayim ledor vador)
Yehouda sera toujours habité ainsi que Jerusalem de génération en génération:

Nous sommes revenus à la maison, nous sommes rentrés chez nous. Le shofar ne sonne pas sur le Mont du Temple mais déjà au Kotel et nous parcourons les rues de notre capitale, librement comme vous pouvez le faire chez vous, où que ce soit.
Dans notre capitale, dans notre pays, chacun peut ne pas croire ou croire et croire en ce qu’il veut. Si vous venez, vous entendrez les cloches et l’appel du muezzin. La réalité n’est pas toujours simple, elle est même souvent très compliquée, mais c’est la nôtre et nous nous faisons avec*.
Souvenez-vous: nous sommes simplement rentrés chez nous.

Dans la vidéo ci-dessous, Yehoram Gaon interprète pour les festivités du Jour de Jerusalem, ce chant dont voici le refrain:
« J’ai vue une ville drapée de lumière, elle monte dans les couleurs de l’arc en ciel et joue en moi comme une harpe »*

Comme le disait David Ben Gourion qui fut notre premier Premier Ministre: Si un pays a une âme, les montagnes de Jerusalem sont l’âme du pays d’Israel

 

A bientôt,

 

*  Jerusalem d’or:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/07/jerusalem-dor/

*  Le groupe clandestin des souffleurs de Shofar:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/09/25/le-groupe-clandestin-des-souffleurs-de-shofar/

*  Notre réalité :
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/03/02/nous-les-yerushalmim/

* Jerusalem au sommet de notre joie: Psaume 137

* Pour le Consulat de France a Jerusalem, Jerusalem ne se trouve pas en Israel. Sur les cartes d’identité françaises établies par le Consulat, le nom de la rue est exact, le nom de la ville est bien Jerusalem mais le nom du pays…est aussi Jerusalem. Jerusalem se trouve donc hors territoire israélien. Et je précise pour les chipoteurs que c’est le cas même pour les quartiers se trouvant en deçà de la ligne d’armistice de 1949 et officiellement reconnus comme étant israéliens par la communauté internationale. Ah le vieux fantasme de l’internationalisation de Jerusalem!

* Chant écrit par Yossi Sarig, jeune compositeur du kibboutz Beit Hashita, tué pendant la guerre de Kippour

Le chemin des patriarches (5): la traversée de Jerusalem

Pourim est passé, reprenons notre promenade sur le Chemin des Patriarches.
Nous arrivons maintenant à Jerusalem en passant tout près de la tombe de Rachel. La tombe de Rachel était autrefois une construction agréable, elle est devenu un vrai bunker à cause des attentats.
Nous sommes maintenant à Jerusalem. Deux chemin s’offrent à nous. Ils sont parallèles et leur nom nous indique bien qu’ils sont la continuité urbaine du parcours.
Le premier דרך חברון (derekh ‘Hebron) ou chemin de ‘Hevron, entre en ville par le Sud au dessus de  la vallée du Hinnom,  גאי הינום, Gaï ‘Hinnom ou Gai ben Hinom. Il est traduit en français par  Géhenne, et a acquis une mauvaise réputation. Pourquoi cette riante vallée est elle devenue le synonyme d’enfer? Sans doute parce que le prophète Jérémie l’appelle vallée de la mort en  prophétisant que lors de la destruction du premier Temple, beaucoup mourront, à tel point que  la vallée du Gai Hinom sera emplie de cadavres qui serviront de nourriture aux oiseaux de proie!

La voici en 1927:

Et la voici aujourd’hui:


Le Derekh ‘Hevron est une large rue très passante, sans grand intérêt


sauf lorsqu’on s’arrête devant certaines maisons datant du temps des Turcs.


J’avoue préférer la rue parallèle, דרך ביתלחם (derekh Bethlehem), le chemin de Bethlehem:

Nous continuons vers le nord en laissant la vieille gare* sur notre gauche.
Nous avons le choix entre grimper la colline le long du quartier Yemin Moshe que domine le moulin de Montefiore*

ou traverser le גן הפעמון (gan hapaamon), le Jardin de la Cloche: c’est un très agréable jardin public dont l’entrée est signalée par une réplique de la cloche de la liberté, Liberty bell de Philadelphie, symbole de l’indépendance américaine.

Nous continuons dans la rue du roi Georges, où se trouve le בית פרומין (Beit Frumin), siège de la Knesset avant les années 60*
L’immeuble, appartenant à la famille Frumin avait été construit dans les années 30 par des architectes qui avaient fui l’Allemagne et avaient importé le style Bauhaus, très populaire dans ce qui était alors un quartier neuf.


Nous passons devant le porche du Talitha Kumi, qui est tout ce qui reste d’un orphelinat pour filles, tenu par des protestants allemand au 19 ème siècle:

et continuons toujours droit au nord, en longeant les murailles, laissant à notre gauche l’Esplanade russe,


On longe maintenant הגיבעה הצרפתיתת  (haguiva hatsarfatit), ou colline française. Son nom originel ne faisait aucune référence à la France. Il s’agit d’une mauvaise traduction en hébreu: cette colline a été nommée  la colline French et non pas française, du nom d’un officier anglais, John French, tué pendant la première guerre mondiale. Sur cette colline ont été découverts de nombreux vestiges de l’époque byzantine ainsi qu’une très ancienne forteresse de l’époque du premier Temple.

Nous voici dans les banlieues au nord de la ville. Parmi elles Pisgat Zeev et Givat Zeev, respectivement le sommet du loup et la colline du loup.

(Guivat Zeev)

C’est qu’on est déjà dans le territoire de Benjamin dont  l’emblème est le loup.

Lorsque Yaakov bénit son fils Benjamin, il le compare à un loup:
Benjamin est un loup ravisseur: le matin il s’assouvit de carnage, le soir il partagera le butin. »(Bereshit-Genèse 49 27)
בִּנְיָמִין זְאֵב יִטְרָף, בַּבֹּקֶר יֹאכַל עַד; וְלָעֶרֶב, יְחַלֵּק שָׁלָל.

Ça semble une curieuse bénédiction, mais les  bénédictions de Yaakov ne sont pas des souhaits de bonne et longue vie à ses enfants. Elles décrivent en fait le caractère de la tribu dans son ensemble.
D’après Rachi*, Yaakov prophétise que les descendants de son fils préféré s’étant très mal conduits ( c’est une euphémisme) dans l’affaire de la concubine violée et assassinée, seront en partie exterminés par vendetta. Le peuple fait alors serment de ne pas leur donner une de leur fille en mariage. Cependant, et pour qu’aucune tribu ne disparaisse, les rescapés de la tribu de Benjamin vont recevoir ce curieux conseil:
« Une fête religieuse célébrée chaque année à Shilo… Allez vous embusquer dans les vignes et lorsque vous verrez les filles de Shilo sortir pour danser en chœur, vous sortirez vous-mêmes des vignes, vous enlèverez chacun une femme parmi les filles de Silo, et vous vous en irez au pays de Benjamin. »
Et dire que ces enlèvements de brigands se sont transformes au fil des siècles en « fête de l’amour ».
La suite de cette « bénédiction » fait référence aux victoires du roi Shaoul et bien plus tard de la victoire de Pourim avec comme acteurs principaux Mordekhaî et Esther, tous issus de la tribu de Benjamin (Esther, 8,7).

A bientôt,

*Les moulins de Montefiore:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/11/05/les-moulins-de-montefiore/

*L’ancienne gare de Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/06/05/lancienne-gare-de-jerusalem/

*La Knesset:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/03/20/knesset-israel/

*Rachi:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/09/24/yom-kippour-et-le-gros-poisson/

 

 

Déclaration historique du Président Trump sur Jerusalem

Je traduis un article de Nir Muallem* de la chaîne de télévision 20.

« Ce soir, les murailles de la vieille ville ont été illuminées aux couleurs des USA et d’Israel:

(photo Kobi Richter)

A l’occasion de la déclaration historique du président américain Donald Trump, la municipalité de Jerusalem a illuminé les murailles de la vieille ville aux couleurs des U.S.A et d’Israel, depuis la porte de Yaffo jusqu’à la porte de Sion, pour montrer combien nous apprécions la décision américaine de reconnaître Jerusalem comme notre capitale et d’y envisager le transfert de son ambassade.
Des drapeaux américains ont aussi été déployés dans les principales rues de la ville (Agron, Shazar et Ruppin) et le pont à l’entrée de la ville a été lui aussi illuminé aux couleurs américaines.

(photo Yihiel Gurfein)


Le maire de Jérusalem Nir Barkat a noté que « l’annonce de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël est une déclaration historique qui envoie un message clair au monde entier: les Etats-Unis se tiennent aux côtés du peuple juif, de l’Etat d’Israel et de Jerusalem. Pour exprimer l’amitié courageuse entre le peuple américain et le peuple d’Israël, nous avons décidé d’illuminer les murs de la vieille ville avec les couleurs des drapeaux américains et israéliens, symbolisant la force du lien historique du peuple juif à Jérusalem depuis plus de 3000 ans. »

Pour nous Juifs, Jerusalem a toujours été notre capitale.
Lors de la création de l’état, David Ben Gourion s’y réfère aussi comme notre capitale et d’ailleurs toutes les institutions gouvernementales se trouvent à Jerusalem.
Pour officialiser les choses, la 9 ème Knesset a adopté la loi dite de Jerusalem qui déclare que:
Jerusalem, complète et unie, est la capitale d’Israel et le siège du Président, de la Knesset, du gouvernement et de la Cour Suprême.
Cette loi stipule aussi le devoir de maintenir les lieux saints de la ville pour toutes les religions et déclare que la ville recevra un budget spécial pour son développement et la préservation de son caractère. »

De plus, en 2001, ont été rajoutés ces trois points:
– Aucune autorité ne doit être transférée de la zone de Jerusalem à une entité étrangère, qu’elle soit politique ou gouvernementale,
– Que la zone de Jérusalem, selon la loi, est la zone établie le 28 juin 1967
– Et que ces deux clauses ne peuvent être modifiées qu’au moyen d’une loi fondamentale différente et d’une majorité de membres de la Knesset

 

(Loi fondamentale dite Loi de Jerusalem, 30 juillet 1980)

Cependant, aucun pays* n’a jamais accepté avant ce jour de reconnaître qu’Israel, comme tout pays souverain, avait le droit de choisir sa capitale. Aujourd’hui est donc un jour historique. 
Nous entendons de multiples menaces de la « rue arabe » qui nous promet une nouvelle intifada, nous verrons… De toute manière, c’est le discours habituel…

A bientôt,
PS: Un article important du jeudi 07/12 de Sami el Soudi sur le site de la Metula News Agency: « Il s’agit d’un plan »:http://www.menapress.org/

*Article de Nir Muallem:
https://www.20il.co.il/%D7%A6%D7%A4%D7%95-%D7%97%D7%95%D7%9E%D7%95%D7%AA-%D7%94%D7%A2%D7%99%D7%A8-%D7%94%D7%A2%D7%AA%D7%99%D7%A7%D7%94-%D7%94%D7%95%D7%90%D7%A8%D7%95-%D7%91%D7%93%D7%92%D7%9C%D7%99-%D7%90%D7%A8%D7%94%D7%91/

*quelques uns de mes articles sur Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/03/02/nous-les-yerushalmim/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/10/30/le-melange-de-jerusalem/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/07/jerusalem-dor/

*Toutes les ambassades se trouvent actuellement à Tel Aviv.
De la trentaine de pays qui ont eu une ambassade à Jérusalem, comme l’Ethiopie, la Bolivie, le Chili, les Pays-Bas ou l’Uruguay, aucun depuis les années 80 n’a gardé sa représentation diplomatique à Jérusalem en raison de la condamnation internationale de l’annexion de l’est de la ville. En 2006, le Costa Rica et le Salvador ont été les derniers à suivre ce mouvement pour  « Violation du droit international » (résolution 478 du Conseil de sécurité de l’Onu). (source: https://www.coolamnews.com/nuit-du-5-au-6-decembre-2017-la-nuit-de-tous-les-possibles-pour-jerusalem/)

 

La Cour Suprême d’Israel

Il y a bien longtemps,
 » …Dvora, la prophétesse, femme de Lappidoth, gouvernait Israël à cette époque.  Elle siégeait au pied du « Palmier de Dvora », entre Rama et Béthel, dans la montagne d’Ephraïm; et c’est à elle que les Juifs s’adressaient pour obtenir justice:
וּדְבוֹרָה אִשָּׁה נְבִיאָה, אֵשֶׁת לַפִּידוֹת–הִיא שֹׁפְטָה אֶת-יִשְׂרָאֵל, בָּעֵת הַהִיא. ה וְהִיא יוֹשֶׁבֶת תַּחַת-תֹּמֶר דְּבוֹרָה, בֵּין הָרָמָה וּבֵין בֵּית-אֵל–בְּהַר אֶפְרָיִם; וַיַּעֲלוּ אֵלֶיהָ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, לַמִּשְׁפָּט

De nos jours, les juges ne siègent plus sous un palmier ou aux portes de la ville comme a l’époque du Tanakh mais dans les tribunaux ou dans des cours de justice*. La Cour Suprême en est la plus haute instance.
La Cour suprême siège à Jérusalem. Elle est compétente pour juger des appels contre les jugements des tribunaux de districts dans toutes les procédures . Elle aussi une compétence particulière en tant que Haute Cour de Justice et surveille ainsi la légalité des actions des tribunaux et la légalité des actions et décisions des autorités de l’Etat, des autorités locales, d’organismes et de personnes remplissant des fonctions publiques en vertu de la loi.

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Jusqu’en 1992, elle se trouvait sur l' »Esplanade Russe »*. La veuve de James de Rothschild proposa alors de l’installer dans le quartier administratif.  Les architectes Ram Karmi et Ada Karmi Melamed furent choisis pour ce projet.
Pour loger une institution au pouvoir si important, les architectes ont pensé le bâtiment de telle manière qu’il reflète les exigences de justice telles qu’elles sont données dans la Thora:
Les façades extérieures  du bâtiment sont recouvertes des pierres de Jerusalem et décorées de hautes et étroites fenêtres. Elles rappellent ainsi les murailles de la ville et leurs archières en souvenir des juges qui siégeaient aux portes des villes:
« Tu institueras des juges et des magistrats dans toutes les villes que l’Éternel, ton Dieu, te donnera, dans chacune de tes tribus; et ils devront juger le peuple selon la justice » (Deut 16, 18-19)
שֹׁפְטִים וְשֹׁטְרִים, תִּתֶּן-לְךָ בְּכָל-שְׁעָרֶיךָ, אֲשֶׁר יְהוָה אֱלֹהֶיךָ נֹתֵן לְךָ, לִשְׁבָטֶיךָ; וְשָׁפְטוּ אֶת-הָעָם, מִשְׁפַּט-צֶדֶק.

cour-supreme-exterieur
Entrer dans le bâtiment, c’est commencer un voyage initiatique ou se mêlent références bibliques et tradition juive.
L’entrée est assez sombre. Elle est décorée d’un tableau sur lequel on voit les membres de la famille Rothschild, les architectes, Yitshak Rabin et Shimon Peres discutant du projet:
cour-supreme-tableauet aussi d’une magnifique mosaique retrouvee dans les ruines s’une synagogue à ‘Hamat Gader

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Mais là, commence une montée vers la lumière.

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Par un escalier bordé par un mur en pierre de Jerusalem, le visiteur arrive face à une grande baie vitrée panoramique de laquelle on a une belle perspective de la ville.

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Cette montée vers le savoir et la clarté est symbolisée par la pyramide qui domine le toit du bâtiment. 

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Elle a été inspirée par les tombes d’Avshalom et du prophète Zacharie au pied du Mont des Oliviers:

tombeau-de-zacharie

L’architecture intérieure du bâtiment est très particulière. Non seulement la lumière naturelle est utilisée dans tous les passages et salles d’audience mais tout l’espace est dessiné selon un mélange de ligne droites et courbes, illustrant le principe biblique qui veut que la recherche de la vérité et de justice se fasse tout en préservant la bonté et la miséricorde.
La ligne droite est l’expression visuelle des concepts de loi, droiture et droit chemin comme il est écrit (Psaume 119, 137):

« Tu es droit Seigneur et tes jugements sont droits
צַדִּיק אַתָּה יְהוָה; וְיָשָׁר, מִשְׁפָּטֶיךָ

 

cour-supreme-cour-interieure(cour intérieure, photo i-stock)

Le cercle exprime par sa forme arrondie la miséricorde qui doit régner dans l’application de la loi comme il est écrit:

« Il restaure mon âme, il me guidera dans les cercles de justice (Psaume 23 3)
נַפְשִׁי יְשׁוֹבֵב; יַנְחֵנִי בְמַעְגְּלֵי-צֶדֶק, לְמַעַן שְׁמוֹ

Dans la salle des pas perdus, les sièges des visiteurs se trouvent dans des alcôves arrondies:

cour-supreme-salle-des-pas-perdus
Située dans la pyramide, la bibliothèque de jurisprudence  est elle-même de forme arrondie:

cour-supreme-bibliotheque

Les salles d’audience ont la même structure architecturale. Là encore, la lumière naturelle les éclaire à travers des lucarnes construites entre les murs intérieurs et les colonnes, elles-mêmes symboles d’une séparation entre l’extérieur et l’intérieur.

cour-supreme-salle-daudience

 

Si la Cour suprême d’Israël siège normalement en formation de trois juges, elle est composée de 14 membres* (12 permanents et 2 temporaires). La nomination de ses membres s’effectue par un comité de juges, établi par une loi fondamentale: celle de la magistrature.
Avec les années, la Cour Suprême est devenue l’un des sujets les plus épineux dans l’affrontement entre la gauche et la droite en Israël. Il faut dire que les juges appartenaient majoritairement aux partis de gauche et que la cooptation pour la nomination de nouveaux juges était forcément politiquement très orientée. Les critiques à l’encontre de leurs décisions devenaient de plus en plus nombreuses surtout lorsqu’elles empiétaient sur les décisions de la Knesset et celles du gouvernement, démocratiquement élus.  En fait depuis les années, la Cour Suprême avait tendance à se substituer parfois au gouvernement et à la Knesset!
Il fallait donc reformer le processus de nomination des Juges pour que la Cour Suprême soit enfin représentative de la population du pays.
Cette reforme a été initiée par la Ministre de la Justice, Ayelet Shaked et a permis d’équilibrer politiquement cette assemblée. Ont été nommés 4 nouveaux juges (en remplacement de 4 départs à la retraite prévisibles) qui seront opérationnels en fin d’année.

ayelet-shaked(Ayelet Shaked)

Les quatre nouveaux juges sont: le Dr. David Mintz, Yaël Vilner, Yossef Elron et George Kara*: Trois d’entre eux sont Juifs et le quatrième et un Arabe chrétien. Aucun ne milite à gauche.

cour-supreme-nouveau-juges

(Journal Haaretz, photo Tomer Appelbaum)

Pour en revenir à Deborah, voici le chant: »עורי עורי דבורה דברי שיר (Uri uri Dvora, dabri shir), Lève toi Deborah, et chante! (livre des Juges, 5,3) composé spécialement pour Yom Haatsmaout par Nurit Hirsch et interprété par Esther Rada:

 

Ecoutez, rois; princes, prêtez l’oreille: je veux, je veux chanter le Seigneur, célébrer l’Eternel, Dieu d’Israël.

שִׁמְעוּ מְלָכִים, הַאֲזִינוּ  רֹזְנִים:  אָנֹכִי
, לַיהוָה אָנֹכִי אָשִׁירָה,  אֲזַמֵּר,  לַיהוָה אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל

A bientôt,

*Le juge Georges Kara s’est rendu célèbre pour avoir envoyé l’ancien président Moshe Katsav en prison.

Pour ceux que le droit israélien intéresse:
Le droit israélien est issus de 4 sources:
– Le droit ottoman qui n’est plus cité que pour mémoire car il ne survit que dans un ou deux textes.
– La Common Law britannique introduite à l’epoque du Mandant britannique, en constant recul mais qui exerce cependant encore une réelle influence.
– Le droit juif traditionnel, la Halakha qui traite des questions de droit personnel en ce qui concerne les Juifs mais aussi qui est source d’inspiration pour résoudre des questions actuelles comme celles régissant l’urbanisme ou la défense de l’environnement. De plus, les principes de la Halakha sont aussi évoqués lorsqu’un cas se trouve confronté à un vide juridique.
– La législation adoptée par la Knesset qui constitue le véritable corpus du droit positif et s’est inspirée du droit de plusieurs pays européens.
La Knesset a été chargée de promulguer un certain nombre de Lois Fondamentales qui sont en fait une ébauche de constitution et en 1995, la Cour suprême s’est dotée du pouvoir d’examiner la conformité de la législation de la Knesset avec les Lois fondamentales:
http://www.akadem.org/medias/documents/Lois-fondamentales-1992.pdf

Jerusalem: De la musique avant toute chose!

Si vous passez par Jerusalem, vous flânerez certainement dans le quartier de Na’halat Shiva*. Entrez sous le poche du musée de la musique et découvrez la Place de la Musique.
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Une place piétonne, entourée de bâtiments restaurés, tous dédiés à la musique: musée, école de musique, de chant, de danse, studio d’enregistrement, salles de concert*… mais aussi restaurants et hôtel.

Commencez par écouter un concert*
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Et ensuite, entrez au musée de la musique juive et découvrez une collection incroyable d’instruments de musique venant de tous les coins du monde où se trouvèrent des communautés juives, Europe de l’est, Balkans, Caucase, Afghanistan, Perse, Moyen- Orient, Afrique du Nord, Yemen, Afrique Noire…
Vous les admirerez, vous entendrez leur histoire et vous les écouterez grâce à une tablette qui vous accompagnera pendant toute votre visite.

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Sur la tablette, un petit personnage animé, saba Levy, vous donnera toutes les explications (y compris en français) et vous fera découvrir des mondes musicaux souvent disparus.

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Les instruments sont repartis dans plusieurs salles, chacune décorée entièrement selon la tradition artistique particulière à leur monde d’origine. Il a fallu 4 ans de recherches et de restauration pour rassembler les dizaines d’instruments présentés.

Ici l’Europe,

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Ci-dessous, une pièce dédiée à la musique marocaine, andalouse et berbère:

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Une autres à la musique balkanique:

A la musique perse:

Aux traditions du Caucase  et de l’Afghanistan:

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Une pièce est réservée au Juifs du Yemen et d’Afrique:

musee-de-la-musique-decoration-porteDont voici certains paytanim:

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La dernière salle est réservée au בית המקדש (Beit Hamikdash) c’est à dire au Temple de Jerusalem. Les prières dans le Temple étaient chantées par des chœurs accompagnés par toute une orchestration. C’est la tribu de לוי (Levi)* qui était traditionnellement chargée de toute la partie musicale de la prière du Temple. 
Le directeur du projet, Eldad Levi et son initiateur et mécène, Laurent Levy*, se sont sentis évidemment très concernés. Car ils sont tous deux les descendants de ces לויים (Leviim) musiciens.

Dans cette salle, la maquette du Temple semble bien petite toutes seule au milieu de la pièce. Mais équipés d’un casque de réalité virtuelle, vous entrez dans le Temple et assistez au service des Cohanim et Leviim:

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A bientôt,

*Na’halat Shiva:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/09/06/la-chanson-francaise/

*Sans compter les restaurants et même un hôtel

*Le mécène et l’initiateur du projet, Laurent Levy, est un juif originaire de France qui finance aussi un centre médical consacré à l’ophtalmologie et l’optométrie. Les services sociaux y envoient ceux qui n’ont pas une couverture sociale suffisante pour certains traitement de pointe ou ont simplement besoin de lunettes.

*Un aperçu des nombreux concerts auxquels vous pouvez assister:
https://www.youtube.com/channel/UCxF3zOKgHbQOdMgP0L6eRWw

Un nom, un visage, une vie

 

Voici les visages des quatre soldats qui ont perdu leur vie dans l’attentat* hier sur la Promenade de Armon Hanatsiv à Jerusalem.

Erez Urbach, 20 ans, de Alon Shvut dans le Gush Etsion:
Il s’était porté volontaire à Tsahal car des problèmes de santé lui interdisaient de servir.
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Le lieutenant Shira Tsur, 20 ans, de ‘Haifa.
Ses camarades la décrivent comme une jeune fille tournée vers les autres, toujours prête à se porter volontaire

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Shir Hadjadj, 22 ans, habitait Maale Adoumim. Elle donnait gratuitement des cours de soutien en maths dans son ancien lycée.

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Yael Yekutiel, 20 ans, de Givataim. Elle était officier d’éducation et était restée à l’armée pour continuer son travail auprès des soldats défavorisés.

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Ce sont les visages et les sourires dont il faut se souvenir.
Hier, le médecin et ancien député Arieh Elad a explosé de colère à la vue de la photo du terroriste prise dans son adolescence, alors que c’était un homme fait de 28 ans. Il a déclaré que présenter le visage encore enfantin de cet assassin était honteux.
Moi aussi, je suis écœurée qu’on présente les photos ad nauseum des terroristes. A chaque reportage télévisé, à chaque nouvel article dans les journaux, à chaque commémoration ou émission politique, vous avez droit au visage des assassins. Si vous faites une recherche sur internet qui concerne les attentats de Toulouse, de Nice ou autres, vous tomberez sur la photo des assassins. Ce n’est plus supportable. Par leur acte, ils ont perdu le droit à avoir un nom, un visage, une tombe sur laquelle se recueillir, ils ne font plus partie du genre humain.
Jamais l’expression יִמַּח שְׁמוֹ וְזִכְרוֹ, que son nom soit effacé et son souvenir oublié, ne m’a semblé mieux convenir.
Souvenons-nous des victimes, de leur sourire, parlons d’eux pour qu’ils vivent encore un peu dans nos mémoires…

A bientôt,

PS: Sur cette promenade d’Armon Hanatsiv, au moment même de l’attentat se trouvaient des passants palestiniens en villégiature. Après avoir assisté à l’attentat, ils ont applaudi au geste du terroriste. Applaudir après avoir vu 4 jeunes se faire écraser… En même temps à Gaza et Ramallah la réjouissance était manifeste dans les rues et des gâteaux étaient distribués aux passants et automobilistes pour fêter l’événement.
http://www.europe-israel.org/2017/01/photos-arabo-palestiniens-distribution-de-gateaux-et-bonbons-pour-feter-le-meurtre-de-juifs-a-jerusalem/

Enfin la sœur du terroriste abattu déclarait sa fierté.
Et c’est avec ces gens là que nous devons négocier?… Nous ne pourrons jamais avoir des rapports normaux avec les palestiniens tant qu’ils ne se seront pas débarrassés de cette culture barbare, fanatique et mortifère. 

*15 autre sont blessés dont une jeune fille dont l’état inspire de grandes inquiétudes