Jerusalem d’or

A tous ceux qui l’ont aimée et en ont rêvé…

A ceux qui rêvent d’y habiter.

A ceux qui y habitent et en rêvent…

Boker Tov Yerushalayim, c’est ce que je dis tous les matins en ouvrant ma fenêtre.

Jérusalem n’est pas une ville sainte. Jérusalem est notre capitale depuis 3000 ans, depuis que le roi David en a décidé ainsi. Une capitale jamais oubliée même au plus fort de l’exil. On a rêvé de Jérusalem, on l’a chantée, on l’a pleurée. Bref, elle était là, avec nous, faisait partie de nous… Rien que ce nom, Jérusalem, illuminait le regard de nos parents, mouillait leurs yeux…Connaissez-vous d’autres villes qui restent vivantes dans le cœur de ceux qui n’y habitent plus et ceci pendant des siècles ?

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Je ne vais pas vous relater toute l’histoire biblique et post-biblique de Jérusalem mais sachez simplement que la ville est citée 349 fois dans la Thora sous le nom de Jérusalem, sans compter les textes où on la désigne sous le nom de Moriah, en référence à l’endroit où Yitshak a été ligoté, où Jacob a rêvé, où le Temple a été construit, mais aussi sous d’autres noms, le plus fréquent étant Tsion (108 fois).

Dans les prières journalières, Jérusalem est mentionnée maintes fois, le Seder de Pessah se termine par « l’an prochain à Jérusalem ». C’est également la phrase qui conclut l’office de Yom Kippour.L'an prochain  Jerusalem

(Haggadah de Barcelone: « l’année prochaine à Jérusalem).

Depuis des milliers d’années, le peuple juif a toujours considéré le Mont Moriah, le mont du Temple, comme le lieu où la présence de Dieu se fait sentir de manière plus intense qu’en tout autre lieu. Et ce lien, que les Juifs entretiennent avec lui, est toujours actuel.

Voici l’entrée des tunnels qui se trouvent sous le Kotel et qui nous ramènent à l’époque du premier Temple.

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Trois fois par jour, pendant la prière, les Juifs se tournent vers Jérusalem, et ceux qui se trouvent à Jérusalem se tournent vers le Mont du Temple.

mizrah en bois marquete d'ivoire(Mizrah: tableau en bois marqueté d’ivoire, se place sur le mur du cote est de la maison)

Chaque année à Ticha BéAv on commémore la destruction du premier et du second Temple (https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/07/29/le-mois-de-av/)

Le souvenir de cette destruction est une permanence de la vie juive. Ainsi même au cours d’un mariage, moment de grande joie, le marié rappelle cette catastrophe en brisant un verre en signe de deuil. Il récite ensuite un extrait du psaume 137 : « Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite m’oublie, que ma langue s’attache à mon palais si je ne me souviens pas de toi, si je ne place pas Jérusalem au sommet de ma joie« .

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Nombreux aussi sont les Juifs qui laissent dans leur maison une petite surface de mur brut et sans peinture en souvenir de la destruction du Temple.

Alors à ceux qui nous parlent d’internationalisation, nous répondons que nous ne voulons plus dépendre de nations étrangères. A ceux qui nous demande de la diviser, nous répondons qu’elle l’a déjà été et quelle était la situation quand elle était jordanienne? Après l’expulsion des Juifs de leur quartier ancestral dans les murailles de la vieille ville, plus personne de nationalité israélienne, juifs ou non juifs, ne pouvait y pénétrer. Quant aux touristes occidentaux, ils devaient présenter un certificat de baptême. Maintenant, tout le monde vit ici comme bon lui semble, peut se déplacer sans contrainte et prier comme il en a envie. N’en déplaise à certains journalistes, les Arabes vivent avec nous, travaillent avec nous. Certains vont même habiter dans les « colonies juives »  comme c’est le cas à Pisgat Zeev, mais chut… ce n’est pas politiquement correct donc personne ne l’écrit.

Vous avez sans doute entendu dire que le nom de Yerushalayim est un mot composé de עיר, Ir, la ville, et שלום, Shalom, la paix et qui veut donc dire la ville de la paix. C’est une possibilité d’autant qu’à l’époque d’Avraham c’est la ville de Melkitsedek, le roi de justice, mais ce sera la paix avec la justice pour chacun. Nous ne serons plus alors les « victimes (ou sacrifiés) de la paix *» (korban hashalom). Expression favorite de la gauche bien-pensante qui juge les attentats comme inévitables dans le processus de paix. La racine, שלם, du mot Shalom, שלום, est aussi celle du mot shalem, שלם, entier, et certains pensent que Yerushalaim veut dire la ville entière, complète, ירושלם Yerushalem,  à qui on a rajouté le yod י qui symbolise Dieu.

En 1967, la ville a été libérée du joug jordanien. Je me souviens de ce mois de mai 1967 où  les pays arabes menaçaient Israël de destruction…Ce même mois avait lieu dans la ville le festival de la chanson pour lequel le maire,Teddy Kollek, avait demande à Naomi Shemer une chanson sur Jérusalem. C’est ainsi que naquit Yerusahalaim shel zahav, Jerusalem d’or. L’interprétation de Shuli Nathan conquit tout Israël qui vivait dans l’angoisse de la guerre. Le chef d’Etat-Major, Yitshak Rabin, était présent au festival lorsqu’il reçu un message lui indiquant que Nasser venait de fermer le détroit de Tiran. Quelques jours plus tard, l’armée commença a mobiliser les réservistes et cette chanson devint celle des soldats. La guerre des 6 jours éclata le 5 juin 1967, le vieille ville fut conquise le 7 juin. Les soldats chantèrent Yerushalaim shel Zahav au Kotel avec Shlomo Goren, le rabbin de Tsahal. Le journaliste Yossi Ronen raconte que, ému, il se joignit se joignit à eux et en oublia de filmer.

guerre des 6 jours soldats au kotel

Pour ceux qui se souviennent de cette année 1967, voici la couverture du premier disque que possédait chaque famille:

jerusalem d'or disque

En voici les paroles en français :

L’air des montagnes est enivrant comme le vin et l’odeur des pins monte dans le vent du soir avec la voix des cloches. Et dans le sommeil de l’arbre et de la pierre emprisonnée dans son rêve, la ville se tient solitaire, un  mur dans son cœur.
Yerushalayim d’or, de cuivre et de lumière, pour tous tes chants, je serai le violon

Combien  les points d’eau sont asséchés! La place du marche est vide, personne ne fréquente le Mont du Temple dans la Vieille Ville. Dans les grottes des rochers hurlent les vents et personne ne descend par le chemin de Jéricho.
Cependant, je viens te chanter  te tresser des couronnes, moi,  le plus petit de tes fils et le dernier de tes poètes car ton nom brûle les lèvres du baiser d’un séraphin…Si je t’oublie Jérusalem qui est toute en or…
Yerushalayim d’or, de cuivre et de lumière, pour tous tes chants, je serai le violon.

Enfin, cette dernière strophe a été rajoutée par Naomi Shemer après la guerre des six jours (juin 1967)

Nous sommes revenus vers les puits d’eau au marche sur la place, le shofar appelle sur le mont du temple dans la vieille ville et dans les grottes du rocher des milliers de soleils brillent, nous reviendrons par le chemin de Jéricho…
Yerushalayim d’or, de cuivre et de lumière, pour tous tes chants, je serai le violon.

Yerushalayim shel Zahav  devint comme un second hymne national, joué lors de nombreuses cérémonies officielles et dépassa les frontières du pays. On l’entend maintenant non seulement en hébreu mais dans de nombreuses langues, dont le chinois. En France, il devint populaire grâce aux Compagnons de la chanson et à Rika Zarai. On l’entend aussi à la fin du film de Steven Spielberg: La liste de Schindler.

Le titre de la chanson nous ramène à l’époque de la Mishna. En ce temps la, la Jérusalem d’or était un bijou, diadème porté par les femmes de Jérusalem et en particulier par les jeunes mariées. Dans la Guémara, on mentionne ce diadème qui devait être si beau et si cher que certains sages n’autorisaient pas les femmes à le porter en dehors de leur maison. Il est surtout célèbre grâce à cet épisode de la vie de Rabbi Akiva: La femme de Rabbi Akiva l’avait épousé contre la volonté de son père et avait été déshéritée pour cela. Elle avait accepté de vivre dans la plus grande pauvreté pour que son mari puisse étudier. Devenu le fameux Rabbi Akiva, il lui avait alors offert ce diadème. Bien sur, cette histoire avait provoqué la jalousie de quelques-unes et en particulier celle de la femme du Nassi* lui-même, Rabban Gamliel, qui avait reproché à son mari de ne pas lui avoir fait le même cadeau. Celui-ci lui aurait rétorqué: « Tu n’aurais jamais fait pour moi ce qu’elle a fait pour lui, elle a vendu jusqu’à ses tresses pour qu’il puisse étudier ! »

Tout le texte de la chanson est truffe de références bibliques, par exemple « la cité qui se tient solitaire » vient du livre des Lamentations et « si je t’oublie Jerusalem » vient du psaume 137, mais aussi d’emprunts à des poèmes de Yehuda Halevy*.

Tous les ans, nous fêtons le Jour de Jérusalem. Cette année, c’est mercredi, le 8 mai.

yom yerushalayim

A bientôt,

*Après les accords d’Oslo et la vague de terrorisme qui a suivi, la gauche parlait des inévitables victimes, les victimes de la paix, pour que se poursuivent les concessions aux Palestiniens
*Nassi: actuellement le president de l’Etat. A l’époque de la Mishna, le Nassi était le président du Sanhédrin
*Yehuda Halevy: né à Tudela dans l émirat de Saragosse en 1075, mort à Jérusalem en 1141. Il fut un des plus grands poètes juifs du Moyen-Age

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Et la fête continue!

L’un des chants les plus connus de Hanouka est le Maoz Tsur. Le voici interprété par l’Orchestre Philharmonique d’Israel, sous la direction du  maestro, Zubin Mehta:

 

C’est un poème qui a sans doute été écrit au 13ème siècle et qui retrace les batailles du peuple juif et ses victoires contre tous les ennemis qui ont voulu l’anéantir depuis les Égyptiens jusqu’au « Rouge » que certains assimilent à Frédéric Barberousse qui organisa la troisième croisade en 1189. D’autres y voient l’Occident en général, le « Rouge » étant le surnom d’Esav, le frère de Jacob,  qui symbolise le monde occidental.

Pendant Hanouka, les  villes sont  illuminées, en particulier  Jérusalem:

hanouka jerusalem

Dans chaque maison on allume  une Hanoukia ou même plusieurs. Il y en a de toutes les formes et dans tous les matériaux:

En voici une de style polonais

hanoukia polonaise

Une autre, d’origine yéménite, en pierre:

hanoukia yemenite en pierre

Une autre en filigrane d’argent:

hanoukia style yemenite filigrane argent

Une moderne en forme de lyre:

hanoukia moderne

Et une autre de style marocain:hanoukia orientale a huile

Et enfin une plus rigolote pour les enfants:

hanoukia rigolote

Mai ce qu’ont voit surtout ici, a Jérusalem ce sont les Hanoukiot de Jérusalem qui sont fermées et se placent sur les murs extérieurs ou sur le pas des maisons:

hanoukia de jerusaem

Voici une vidéo pleine des lumières de Hanouka:

Hag Hanouka Sameah

חג חנוכה שמח

A bientôt,

Ne dites plus: c’est de l’hébreu pour moi! (1)

Le peuple juif, la langue hébraïque et la terre d’Israel ont vécu et vivent encore un long roman d’amour. L’hébreu, c’est l’IVRIT, la langue de l’hébreu IVRI. Le premier d’entre eux, comme vous le savez déjà, fut Abraham, appelé Abraham l’hébreu. Pourquoi ce nom? Les linguistes vous diront que c’était son nom de famille, son ancêtre s’appelait Ever. Mais vous savez bien maintenant que chez nous, on va chercher plus loin: IVRI vient de la racine Ayin, Beit, Resh (עבר) qui veut dire passer, traverser. Pour nous, il est IVRI parce qu’il a traversé le fleuve (l’Euphrate) dans son long voyage vers Canaan,

abraham voyage

aussi parce qu’il est passé du polythéisme au monothéisme et aussi parce qu’il a été le passeur, celui qui transmettait une nouvelle compréhension du monde et du divin.

Sommes nous des Abrahamites? Non, nous ne nous définissons pas ainsi car Ismaël, lui aussi Abrahamite, a transmis une autre conception du monde, Nous nous définissons comme des Ivriim, des passeurs et aussi comme des Israeliim ou Bnei Israël (enfants d’Israel) du non de  Jacob- Israël, petit fils d’Abraham, ou comme des Judéens, Yehudim, de la tribu de Juda(Juifs) Vous voyez, l’hébreu n’exprime pas que des mots mais la quintessence de la personne.

D’où vient la langue hébraïque? On estime qu’une langue mère qui couvrait l’ensemble du Proche -Orient a donné naissance à de nombreuses langues-filles comme le cananéen, l’hébreu, l’araméen, le nabateen, l’arabe  etc. Actuellement, on dira que l’hébreu appartient a la la branche sémitique-nord et l’arabe a la branche sémitique- sud. En fait, il n’y a actuellement que deux langues sémitiques qui survivent au Proche-Orient: L’hébreu et l’arabe. Et l’araméen? L’araméen, ou araméen occidental, est encore parlé dans certains villages chrétiens de Syrie mais comme les villageois sont arabisés de force et que leur nombre diminue d’une manière inquiétante, on peut parler d’une langue agonisante, ne survivant plus que comme langue liturgique dans l’église syriaque. Au Yémen, une langue peu connue survie elle-aussi malgré l’arabisation conquérante, c’est le sud-arabique.

Les traces les plus anciennes d’un texte hébraïque se trouvent dans les tablettes de Tel El Amarna qui datent du 14eme siècle avant l’ère chrétienne:

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En 1887, les archéologues découvraient en Haute-Égypte 350 tablettes gravées sur le site archéologique de Tel El Amarna en Haute Égypte.

Ces tablettes appartenaient aux archives de deux empereurs égyptiens contemporains de l’invasion de Canaan par les Hébreux : Aménophis III et Aménophis IV. Chose curieuse : elles ne sont pas écrites en égyptien antique, mais en cunéiforme et en paleo-hébreu. La plu importante partie du corpus des lettres concerne la correspondance entre Pharaon et ses vassaux, les rois de Gaza, Lakish, Tsidon, Byblos etc…C’est dans ces lettres qu’on parle des Apiru, terme générique indiquant les populations nomades de Moyen Orient (certains les ont assimilés aux Hébreux), le mot voulant aussi dire poussiéreux, ce qu’ils étaient certainement!

Le calendrier de Guezer, trouve dans le région de Beit Shemesh, en 1908, est probablement l’œuvre d’un écolier qui a maladroitement écrit les 8 principaux travaux agricoles de l’année, celle-ci commençant à l’automne, comme notre année hébraïque:

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Plus proche de nous, l’inscription du tunnel de Shiloh (Siloe) commémore la rencontre de deux équipes qui creusaient un tunnel allant de la source de Ghihon jusqu’au réservoir de la cite de David. Ce forage fut réalisé sous le règne d’Ézéchias, roi de Juda (717-687 av. l’ère chrétienne) et est racontée dans le livre biblique II Rois, chap.20,20:

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Un peu plus proche encore, divers ostraca nous renseignent à la fois sur la langue employée par leurs auteurs et sur les problèmes auxquels ils font face. Ainsi un ostracon de Lakhish, région centrale d’Israel,  fait état d’une correspondance entre un fonctionnaire nommé Hoshayahou et son seigneur  Yaosh, le commandant de Lakhish ; nous sommes à l’époque du prophète Jérémie:

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Et enfin, divers objets comme la petite grenade en ivoire, identifiée comme provenant du Temple de Jérusalem : Sur son col sont écrits ces mots »Appartenant a la maison de Dieu » :

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Et aussi les émouvants rouleaux d’argent qui contiennent la bénédiction des Cohanim (Nombres 6, 24-26), toujours récitée avec la même ferveur depuis 2700 ans: »Que l’Éternel te bénisse et te garde, que l’Éternel fasse briller sa face sur toi et accorde sa grâce, que l’Éternel porte sur toi son regard et te donne la paix »:

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Et encore des sceaux, des pièces de monnaies allant du règne de Jéroboam Ier (931-910 Avant l’ère chrétienne) la révolte de Bar Kochba au deuxième siècle de l’ère chrétienne:

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Et puis. bien sûr, les nombreux manuscrits de Qumran, rédigés entre le 3eme siècle avant l’ère chrétienne et le 3eme sicle après, textes de morale, textes bibliques, lettres personnelles et meme un texte inséré dans les boîtiers des Tephilin dont les sections correspondent aux prescriptions rabbiniques.

Et les caractères hébraïques tels que nous les connaissons? Je cite ici mon ami Yossi Cohen zal:

« L’ Histoire enseigne que l’écriture naquit très prosaïquement pour tenir des registres de comptes qu’il était impossible de conserver oralement. Mais, selon des traditions les plus anciennes l’imagination qui a trouve une naissance beaucoup plus merveilleuse…Selon une tradition juive,  l’écriture est une des dix choses tirées du néant le vendredi soir au crépuscule ». Suivant cette croyance, l’écriture est une œuvre tout a fait exceptionnelle, offerte a l’homme par Dieu, au tout dernier moment de la creation du monde.« 

C’est pourquoi, notre tradition n’explique pas le passage des caractères anciens, pointus. légèrement cunéiformes par leur abandon progressif dû à l’exil à Babylone (-586 -516) et leur remplacement progressif par des caractères ashourites ou assyriens. Non, bien sur que non! Un midrash nous explique que nos caractères actuels, carrés, ouvragés, étaient les caractères d’origine  tels qu’ils furent gravés sur les premières tables que Moshe devait redescendre du Mont Sinaï, mais qui s’envolèrent en voyant la dépravation du Veau d’Or. Ils furent alors  remplacés par d’autres moins beaux, communs à d’autres langues sémitiques  car nous ne les méritions pas encore! Nous ne les avons mérités qu’au retour d’exil, lorsque Ezra  laissa l’alphabet ancien aux Samaritains.

Ce misdrash et bien d’autres encore nous font toucher du doigt que « les lettres hébraïques ont deux natures distinctes:L’une métaphysique, spirituelle et voilée, l’autre physique, tangible et perceptible, bornée aux limites de l’homme, Tes les deux sont éternelles et existeront a jamais. C’est ce qu’affirme aussi le Baal Chem Tov, fondateur du Hassidisme, dans son ouvrage fondamental le Tanya,  en commentant ce verset: »A tout jamais, Seigneur, Ta parole existera » (Psaume 119,89). Il est dit que les lettres par lesquelles le créateur fit le ciel et la terre doivent demeurer a tout jamais pour continuer l’existence céleste et terrestre. Si ces lettres venaient à disparaître et remontaient à leur source, toute la creation disparaîtrait définitivement. »*

Il faut bien comprendre que si l’écriture a pu changer au long de tous ces siècles, la langue est la même, c’est celle de la Bible telle que nous la connaissons. Bien sur, comme toute langue vivante elle évolue et subit l’influence des autres langues de la région. On s’en rend compte lorsqu’on lit les textes « récents » de la période du Second Temple. Par exemple, le livre d’Esther comporte un certain nombre de mots d’origine persane mais c’est la même langue.

Que va-t-il lui arriver après la période biblique? Va-t-elle suivre les Juifs dans leur exil? Comment va-t-elle se renouveler et s’enrichir? Il est long le chemin jusqu’à Eliezer Ben Yehuda, comment va-t-elle se préserver?
Nous en parlerons dans quelque temps.

A bientôt,

*Joseph Cohen:L’écriture hébraïque: son origine, son évolution et ses secrets, ed. Cosmogone

Joseph Cohen zal  a introduit l’enseignement de l’hébreu dans les lycées publics dans le Sud-Est de la France. Il était docteur en Langues, Histoire et Civilisation de l’Antiquité, lauréat du prix Zalman Chazar pour l’éducation, distinction décernée par la Knesset aux enseignants diffusant la langue et la culture hébraïque en dehors d’Israël.