Le chemin des Patriarches (4): Le Goush Etzion

Dans notre promenade le long du chemin des Patriarches en direction du nord sur la route 60, nous arrivons maintenant au Goush Etsion. Goush en hébreu veut dire bloc . Il s’agit d’une région des montagnes de Judée où furent édifiés plusieurs kibboutzim dans les années 20 et 30 qui protégeaient la partie sud de Jerusalem. Le mot Etsion vient du mot עץ (etz), un arbre et de ציון (tsion), Sion. Pourquoi un arbre? Parce que celui qui acheta une bonne partie des terres s’appelait Shmuel Tzvi Holzman (en allemand Holz signifie arbre).
Ces kibbutzim furent tous détruits pendant la guerre d’Indépendance. 
Tout le monde ici connait la fin du kibboutz Kfar Etsion, totalement détruit  le 14 mai 1948 et de ses défenseurs massacrés par la Légion arabe.

Pendant les 19 années de l’occupation jordanienne, les veuves et les enfants de ces défenseurs se retrouvaient chaque année sur une des collines de Jerusalem pour contempler au loin le chêne solitaire qui se trouve dans le Goush, à l’intersection des routes menant aux kibboutzim détruits.
Cet arbre, vieux de 700 ans a survécu à toutes les guerres et destructions. Il est devenu le symbole du Goush Etzion et de son renouveau.

En 1967, après la guerre des 6 jours, le kibboutz Kfar Etzion fut reconstruit et repeuplé par les descendants de ses fondateurs.


« Le monde converge vers l’odeur de la terre et des pins. La récolte et les hommes sont rentrés. L’odeur de la terre fouette les sommets, dans le ciel les nuages se battent avec un rayon de soleil. A côté des épines, la terre têtue, le cyclamen enfoui, la terre est saturée de pluie et de sang. La reine est tombée mais la reine s’est relevée, ses sujets applaudissent: elle a ôté sa robe de captive et a mis ses vêtements de splendeur* pour les nations. Elle regarde vers la mer, tournant le dos aux monts d’Edom. Ses fils ont appelé à la liberté, au retour à la maison. Revenez à votre héritage pour toujours. Elle marche comme une fiancée à la rencontre de son fiancé, une ketouba si ancienne… sur ce chemin sinueux sur les hauteurs qui la mènent du passé à demain. Et l’homme étendra ses mains, élèvera sa prière vers Dieu, et chantera le chant du cœur, un chant de louange, pour l’année du Jubilé « 

Actuellement la région compte 70 000 habitants et 22 bourgades parmi lesquelles Neve Daniel,

Tekoa à la limite du désert,

Efrat qui jouxte Bethlehem et dont j’ai déjà parlé plusieurs fois:

efrat
Mais la grande attraction du Goush Etzion c’est le Herodion.

Le Herodion, c’est cette drôle de colline nue, en forme de cône tronqué, qui se trouve entre Tekoa et Efrat:

(le Herodion depuis le Goush Etzion, au fond Jerusalem)

En cette année 40 (avant l’ère chrétienne), Hérode est  très heureux d’avoir défait les Parthes. Il décide de faire construire à sa gloire un palais et un tombeau qu’il appellera en toute simplicité le Herodion*.
Flavius Joseph nous en a laissé une description dans La guerre des Juifs I, 21, 10:
« …il n’oublia pas le souci de sa propre mémoire. C’est ainsi qu’il renouvela les fortifications d’une place située dans la montagne à côté de l’Arabie et l’appela de son propre nom, Hérodium. Une colline artificielle en forme de mamelon, à soixante stades de Jérusalem, reçut le même nom, mais fut embellie avec plus de recherche. Hérode entoura le sommet de la colline d’une couronne de tours rondes et accumula dans l’enceinte les palais les plus somptueux : non seulement l’aspect des constructions, à l’intérieur, était superbe, mais les richesses étaient répandues à profusion sur les murs extérieurs, les créneaux et les toits. Il fit venir à grands frais de loin des eaux abondantes et assura l’accès du palais par un escalier de deux cents degrés de marbre d’une blancheur éclatante, car la colline était assez haute et toute entière faite de main d’homme. Au pied du coteau, il bâtit un autre palais pouvant abriter un mobilier et recevoir ses amis. Par la plénitude des ressources, cette enceinte fortifiée paraissait être une ville par ses dimensions, c’était un simple palais. »

Ce palais se trouvait sur le bas de cette colline, entouré d’entrepôts, d’écuries et de nombreux jardins. C’est là que vivaient Hérode, sa famille et sa cour. Sur une des pentes, se tenait un théâtre de 470 places somptueusement décoré.

Mais Hérode fit aussi fait bâtir une sorte de coquille construite entre deux murs arrondis.

Dans cette coquille se trouvait toute une forteresse avec ses citernes, les entrepôts, son réseau d’alimentation en eau, des thermes et un second palais agrémenté d’un jardin où le roi et la cour vivaient en cas de guerre, le tout réparti sur plusieurs étages.

(Détail d’une mosaïque des thermes qui se trouve au Musée Israel)

Trois tours de garde semi-circulaires protégeaient cette colline artificielle. Elles aussi étaient divisées à l’intérieur en plusieurs étages.
En mai 2007 , l’archéologue Ehud Netzer annonça qu’il avait enfin trouvé la tombe d’Hérode qu’il cherchait depuis plus de 30 ans. Elle se situe sur la pente externe de la montagne, sous les restes de la muraille entourant le Hérodion et au-dessus du palais inférieur d’où partit le cortège funèbre d’Hérode. Dans un mausolée en pierres de tailles, Netzer a trouvé des fragments d’un sarcophage, similaire aux sarcophages découverts au « Tombeaux des rois »*.

C’est évidemment Flavius qui nous raconte les obsèques royales: »
« … on s’occupa des funérailles du roi. Archélaüs n’épargna rien pour qu’elles fussent magnifiques. Il étala tous les ornements royaux qui devaient accompagner le mort dans sa tombe. Sur un lit d’or massif, constellé de pierreries, était jeté un tapis de pourpre brodé de couleurs variées : le corps reposait sur cette couche, enveloppé d’une robe de pourpre, la tête ceinte du diadème, surmontée d’une couronne d’or, le sceptre  dans la main droite. Autour du lit marchaient les fils d’Hérode et la foule de ses parents, et après ceux-ci les gardes, les mercenaires thraces, germains et gaulois, tous dans leur équipement de guerre. Tout le reste de l’armée formait escorte ; elle s’avançait en armes, accompagnant en bon ordre les généraux et les commandants ; venaient, enfin, cinq cents serviteurs et affranchis, portant des aromates. Le corps fut ainsi transporté sur un parcours de 200 stades jusqu’à Hérodion où il fut enseveli comme le roi l’avait prescrit. Ainsi finit le règne d’Hérode. 

Plus tard le Herodion servit de forteresse aux troupes de Bar Kokhba*. Les révoltés construisirent des tunnels d’évasion, ajoutèrent une synagogue et deux mikve.

(tunnels d’évasion datant de la révolte juive des années 133-135)

Apres la fin de la grande révolte juive, le site resta désert jusqu’à l’époque byzantine, où fut construit un monastère. Le monastère et les quatres églises attenantes furent détruits au moment de la conquête arabe, les bédouins de la région utilisèrent ce lieu pour parquer leurs bêtes jusqu’à ce qu’il devint un site archéologique protégé.

A bientôt,

*J’ai déjà raconté l’histoire dramatique des 35 soldats, le groupe des ל »ה  (lamed he=35) qui se firent massacrer en portant secours aux habitants du Goush Etzion dans mon article La vallée du Terebinthe:
( https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/12/27/la-vallee-du-terebinthe/ ).

*Les vêtements de splendeur:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/11/06/revets-mon-peuple-tes-vetements-de-splendeur/

*Le tombeau des rois à Jerusalem:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Tombeau_des_Rois

*La révolte de Bar Kokhba:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/06/24/les-generations-oubliees-1/

 

 

 

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Le chemin des Patriarches (3)

Hevron est une ville dont tout le monde connaît le nom.
Selon le livre de Bereshit(Genèse), c’est là que sont enterrés nos patriarches ainsi que leur famille (sauf Ra’hel, morte en chemin et enterrée entre Jerusalem et Bethlehem):
Le texte est un peu long mais mérite d’être lu en entier car il montre combien Avraham ne voulait pas que la propriété de ce caveau de famille lui soit contestée un jour.

« Avraham s’avança et se prosterna devant le peuple du pays, devant les enfants de Heth,  et il leur parla ainsi: « Si vous trouvez bon que j’ensevelisse ce mort qui est devant moi, écoutez-moi: priez en ma faveur Éfron, fils de Tsohar,  pour qu’il me cède le caveau de Ma’hpéla…pour argent comptant, comme propriété tumulaire au milieu de vous. » Éfron…répondit à Abraham en présence des enfants de Heth, de tous ceux qui étaient venus à la porte de sa ville et dit: « Non, seigneur, écoute-moi, le champ, je te le donne; le caveau qui s’y trouve, je te le donne également; à la face de mes concitoyens je t’en fais don, ensevelis ton mort. »  Avraham se prosterna devant le peuple du pays et parla ainsi à Éfron en présence du peuple du pays: « Ah! s’il te plaît, écoute-moi: j’offre le prix de ce champ, accepte-le, que j’y puisse enterrer mon mort. » Éfron répondit à Abraham en lui disant: « Seigneur, écoute-moi: une terre de quatre cents sicles d’argent, qu’est-ce que cela entre nous deux? Enterres-y ton mort. » Avraham écouta Éfron et lui compta le prix qu’il avait énoncé en présence des enfants de ‘Heth: quatre cents sicles d’argent, en monnaie courante. Ainsi fut dévolu le champ d’Éfron situé à Ma’hpéla, en face de Mamré; ce champ, avec son caveau, avec les arbres qui le couvraient dans toute son étendue à la ronde, à Avraham, comme acquisition, en présence des enfants de Heth, de tous ceux qui étaient venus à la porte de la ville. Alors Avraham ensevelit Sara, son épouse, dans le caveau du champ de Ma’hpéla, en face de Mamré, qui est Hébron, dans le pays de Canaan. Le champ, avec le caveau qui s’y trouve, fut ainsi adjugé à Avraham, comme possession tumulaire, par les enfants de Heth. »(Bereshit 23, 8-20).
Lors de la mort d’Avraham, le texte de Bereshit insiste encore comme dans un document juridique pour que soit rappelé le souvenir de la transaction:
 Il (Avraham) fut inhumé par Isaac et Ismaël, ses fils, dans le caveau de Ma’hpéla, dans le domaine d’Efrôn, fils de Tsohar, ‘Héthéen, qui est en face de Mamré; ce domaine qu’Abraham avait acquis des enfants de ‘Heth. Là furent ensevelis Abraham et Sara son épouse. » (Bereshit 25, 9,10)

Depuis la grotte a été recouverte par un grand bâtiment construit par Hérode le Grand au premier siècle de l’ère chrétienne. Il sera transformé en mosquée au 12 ème siècle, la mosquée Ibrahim.


L’intérieur se divise en deux vastes salles, l’une aménagée en mosquée et l’autre en synagogue. Elles renferment plusieurs cénotaphes.
Les ossements véritables sont supposés se trouver dans la caverne de Mahpéla, c’est-à-dire au sous-sol.
Mais qu’y a t il exactement dans ce sous-sol?
Un document ancien rend compte d’une exploration faite en 1119, au temps où la Judée faisait partie du royaume croisé: des moines augustins avaient soulevé les pierres du dallage et trouvé une ouverture qui s’enfonçait profondément dans la roche. Là, ils découvrirent une petite pièce maçonnée mais vide. Mais à nouveau sous le dallage de cette pièce, une autre ouverture qui communiquait avec une grotte naturelle où se trouvaient 12 jarres contenant des ossements humains. Les moines les retirèrent et vendirent les ossements comme reliques des patriarches. En 1187, le pays retomba aux mains des musulmans et l’entrée de cette grotte fut fermée à nouveau.
En 1983,  Zeev Jevin, directeur du Service des Antiquités d’Israël, pénétra clandestinement dans la pièce maçonnée et arriva jusqu’à l’entrée des deux grottes en enfilade. Il n’y trouva que des tessons de poterie et quelques ossements abandonnés. L’analyse des tessons montra qu’ils dataient de l’age du fer, soit bien après l’époque d’Avraham. Les ossements furent laissés sur place et non analysés.

 

Les Juifs habitèrent ‘Hevron tout au long des siecles jusqu’en 1929, date à laquelle ils furent presque tous massacrés par les Arabes. Ce pogrom bien préparé fit 67 morts et 60 blessés.

Les maisons furent pillées, détruites, les synagogues rasées et les rouleaux de la Thora brûlés. Il faut noter qu’un musulman, nommé Haj Issa el-Kourdieh, qui vivait dans le quartier juif, cacha 33 Juifs dans sa cave. Les survivants du massacre se réfugièrent à Jerusalem. En 1931, 31 familles juives retournèrent à ‘Hevron mais en 1936, les Britanniques avertis d’un autre massacre, les expulsèrent.
Pendant la guerre d’indépendance, ‘Hevron fut conquise par l’armée jordanienne. Aucun Juif ne put y vivre, ni même venir y prier jusqu’en 1967 et ce alors que cette possibilité était incluse dans les accords d’armistice. Pendant 19 ans, les Jordaniens éliminèrent toute évidence d’une présence juive. Ils rasèrent le quartier juif, détruisirent le cimetière et établirent un enclos pour animaux dans les ruines de la synagogue Avraham Avinou.

Actuellement 700 juifs  vivent à ‘Hevron ainsi que 7000 dans le faubourg de Kiriat Arba.
Et pour ceux qui pensent toujours que nous oppressons les Arabes à ‘Hevron, voici un plan de la ville extrêmement parlant:


La partie en bleue est permise aux Juifs et la partie en vert leur est interdite.

Et comme dans les reportages sur ‘Hevron, la presse vous montre toujours  la même rue bouchée aux magasins fermés,  voici cette vidéo:

A bientôt,

 

 

 

Bonnes et mauvaises nouvelles

 

Il y a quelques jours, j’ai reçu un mail me demandant pourquoi le rythme de mes articles n’était pas aussi soutenu qu’auparavant!
Comme mon correspondant me demandait aussi pourquoi je ne prenais pas position sur des sujets brûlants et politiques, je répondrais tout d’abord que ce n’est pas le propos de mon blog.
J’ai commencé Boker Tov Yerushalayim , il y a un peu plus de 4 ans, pour rester en contact avec mes amis restés en France, leur donner des nouvelles et pour leur faire découvrir et aimer ce petit pays qui est le mien. Alors balades, histoire, vie quotidienne oui, quelque fois coups de gueule mais rarement, car je ne veux pas m’engluer dans ce que mes amies nomment les énergies négatives.
Et là, je l’avoue, je ne vous oublie pas chers amis, mais c’est vrai: j’écris moins car je peins à tour de bras si je puis m’exprimer ainsi.

Ceci dit, une petite pose est toujours la bienvenue surtout que ces dernières semaines, les archéologues nous ont gâtés.
Tout d’abord, ils ont réussi à collecter suffisamment de fragments de mosaïque, de ceux qui composaient le pavage du Temple à l’époque d’Hérode.
Les 600 fragments sauvés des destruction du Waqf*, qui ont permis de reconstituer des dessins géométriques parfois complexes, correspondent à la norme romaine des pavements (un pied=29,6 cm de long) trouvés dans les autres palais d’Hérode à Masada, Hérodion, Jéricho pour la région mais aussi au sol des villas et palais construits en Italie à la même époque.

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La restauration de ces carreaux de marbres ou d’autres pierres colorées a été conduite par le professeur Schneider qui a utilisé des outils mathématiques pour reconstituer le système « opus sectile« , ou marqueterie de marbre, en usage dans l’empire romain et jusqu’au Moyen Age*.

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(photos Tsahi Dvira)

Après 9 ans de travail basé sur les textes de Flavius Joseph*: «  La cour était recouverte entièrement de toutes sortes de pierres colorées » (La Guerre des Juifs, 5,2) et aussi sur des textes du Talmud où on parle du magnifique pavage du Temple et de la splendeur du bâtiment…
Je vous présente ici trois modèles de marqueterie de marbre mais les archéologues ont pu en reconstituer 7.
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Les bonnes nouvelles se succédant, dans une grotte du désert de Juda, on a trouvé un papyrus datant du Premier Temple.

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(photo Guy Fitoussi, Israel, archeological Authority)

Il porte l’inscription ירושלים (Yerushalyaim) et ceci le jour où l’UNESCO décidait que les Juifs n’avaient aucun lien historique avec Jérusalem.

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(photo Shay Halevy, Israel Archeological Authority)

Il s’agit de la plus ancienne mention de Jerusalem! Deux lignes écrites sur un papyrus au 7 ème siècle avant l’ère chrétienne, deux lignes des plus prosaïques puisqu’il s’agit d’un bon d’expédition de vin à Jerusalem, attestant le payement des taxes et indiquant le nombre de jarres ainsi que la quantité de vin en provenance de Naarta, à la frontière d’Ephraim et de Binyamin*. Il s’agit de cette même Naarta mentionnée dans le livre de Yehoshua (Josue 16,7): « La frontière des enfants d’Ephraim...descendait de Yanoha vers Atarot et Naarta, atteignait Jéricho et aboutissait au Jourdain« .

Pour le professeur Akhituv, lauréat du prix d’Israel pour la recherche biblique, ce bon d’expédition représente une preuve  de l’existence d’une gestion organisée au royaume de Juda et souligne la centralité de Jérusalem comme capitale économique dans la seconde moitié du 7ème siècle avant l’ère chrétienne. De plus, on n’avait trouvé jusqu’à présent qu’un seul autre papyrus avec un contenu non biblique*.

Et enfin, ces jours-ci, une autre équipe a mis au jour une petite statue d’argile dans la région de Yehud.  Elle date d’environ 3800 ans. Elle ornait une cruche dont le goulot portait la partie supérieure de la statuette alors que les bras et les jambes ont été rajoutés après. Le petit personnage a l’air de réfléchir:
statue-yehud-3                                                                                      (photo Eyecon Israel archeological Authority)

Il semble presque inquiet:
statue-yehud-2                                                                                     (photo Eyecon Israel Archeological Autority)

Il doit se demander où il est:
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(photo Carla Amit. Israel Archeological Authority)

J’aime vous faire part de bonnes nouvelles même si depuis trois jours, nous vivons des moments difficiles: des incendies volontaires, actes de terreur, se succèdent dans tout le pays. Les journaux parlent maintenant d’intifada des incendies.
Depuis trois jours, alors que soufflent des vents violents, des dizaines de gros  incendies ont éclatés dans une bonne partie du pays et le chef des pompiers de la région nord parle de près de 1000 départs de feu:

incendies

Pendant que j’écris ces lignes, la situation a empiré. Cette fois, il s’agit de ‘Haifa:

incendies-yediotVoici la couverture du Yediot A’haronot: depuis midi 11 quartiers de ‘Haifa ont été évacués. Les réservistes de la sécurité intérieure viennent d’être mobilisés.
Et les réseaux sociaux arabes jubilent comme de bien entendu!
incendies-reseaux-sociaux-arabes

Après les bombes dans les autobus et les cafés, les voitures béliers, les attaques au couteau, les jets de cocktails molotov, nous avons droit maintenant aux incendies.  Aucun des ces actes terroristes n’ayant réussi à décourager les Israéliens, les Arabes essayent de détruire par le feu le pays qu’il revendiquent comme étant le leur. Ils veulent mettre en péril plus de 60 années d’efforts gigantesques de reboisement dans cette région gagnée par le désert.
Non seulement le respect de la vie humaine n’est pas une valeur essentielle pour eux mais également celui de la terre sur laquelle ils aspirent à vivre. Décidément je suis de plus en plus pessimiste. La paix ne peut être possible entre nos deux cultures si différentes.

Ceci dit, don’t be worry, nous passerons cette épreuve aussi avec succès.

A bientôt,

PS: Les forêts brûlent aussi autour de Jerusalem. les habitants de Har Adar, et de Beit Meir ont été évacués. Hier soir en revenant de l’aéroport où j’étais allée chercher des amis, nous roulions dans une sorte de brouillard, Shaar Hagai était en flammes.
La presse européenne parle de feux de broussailles dus à la sécheresse. Il est vrai que les pluies d’hiver ne sont pas encore tombées et les vents sont violents mais voici ce qui provoque les incendies:

incendies-systeme-de-mise-a-feu

Un systéme de mise à feu simple mais efficace attaché à un arbre

*Waqf:

https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/10/22/le-mufti/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/06/06/notre-jerusalem/

*Opus sectile:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Opus_sectile

*Il s’agit d’un papyrus, trouve dans le Wadi Maabarat, qui certifie qu’une femme gérait administrativement le royaume de Juda à la même époque

La Porte des Fleurs ou La Porte des Ordures?



D’après Yitshak Navon, la Porte des Fleurs,  שער הפרחים,  et celle des Ordures, שער האשפות, se disputaient la préséance.

La Porte des Fleurs: « Comment les héros d’Israel pourrait-ils passer par la Porte des Ordures? Qu’ils passent par moi, mon nom seul leur tressera des couronnes. »

La Porte des Fleurs, ce nom a de quoi séduire  mais aucune fleur ne la décore à l’exception d’une simple rosette:

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De plus, elle est aussi connue sous le nom de Porte Hérode! Le nom de ce personnage qui n’a pas laissé de bons souvenirs lui a été donné par les Croisés, persuadés que la maison d’Hérode Antippas* se trouvait à cet endroit.
Enfin, il semblerait qu’en 1099, alors que les Croisés assiégeaient la ville, ils aient pu y faire irruption justement à cet endroit des murailles, sans doute mal entretenu et en mauvais état.

Quoi qu’il en soit, avant le fin du 19 ème siècle, on ne peut pas parler vraiment de porte. Elle se trouve non loin de la Porte de Damas (Porte de Shkhem) qui permet la jonction entre le quartier musulman de la vieille ville et le marché bédouin installé hors des murs. Il y a certes une ouverture, le plus souvent bouchée qui ne sera ouverte qu’en 1875.

Les Anglais voulant restreindre la circulation de la population pour des raisons sécuritaires, ce passage sera à nouveau bouché pendant le Mandat Britannique. Les Jordaniens l’ignoreront et la Porte telle qu’elle est aujourd’hui n’a été ouverte qu’en 1987.

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 (La Porte des Fleurs qui donne sur le quartier musulman de la Vieille ville)

 

La Porte des Ordures: « Moi qui suis la plus proche du Kotel, j’ai reçu des ordures pendant des siècles et même après, ce nom infâme m’est resté. J’ai assez souffert et je mérite d’être enfin honorée. »

Il est vrai que pendant toute l’occupation byzantine, les ordures seront acheminées par cette porte et vidées au plus près du Kotel dans le but d’éliminer tout présence historique juive au plus près du Temple détruit*.
Pour les Musulmans, elle est appelée  باب المغاربة‎ , la Porte des Marocains, du nom de colons musulmans amenés du Maroc au 16 ème siècle par le sheikh Abou Madin.
Mais là encore, comme la Porte des Fleurs, elle n’est elle aussi qu’un petit passage étroit, fermé la plupart du temps.
Ce n’est qu’au 19 ème siècle, que les Ottomans l’agrandissent pour permettre la circulation des piétons et des ânes depuis le village de Silwan* situé en contrebas.

Porte des ordures debut 20 eme siecle w

(wikipedia)

Après 1948, les Jordaniens considérant ses pierres branlantes la consolident sans états d’âme  avec une poutre de béton particulièrement laide.

Pote des ordures non restauree en 1967 w

(wikipedia)

Apres la guerre des 6 jours, la poutre est enfin recouverte de pierre et la porte restaurée au mieux car elle est la porte la plus proche du Kotel

Porte des ordures

Vous voyez au fond le point de contrôle qui permet d’accéder au Kotel.

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 (Le Kotel, photo de JB, hiver 2012)

A bientôt,

*Herode Antippas né en 20 avant l’ère chrétienne et mort en l’année 39 du premier siècle, fils d’Hérode le Grand et gouverneur de l’empire romain en Judée et Galilée

* https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/07/07/les-generations-oubliees-2/

*Silwan: en hébreu Kfar Shiloah, des immigrants juifs du Yemen s’y installèrent à la fin du 19 ème siècle. Ils en furent chassés au moment de la guerre d’Indépendance par les Jordaniens. Sur le côté ouest de ce quartier se trouve עיר דויד (Ir David) la Ville de David ( http://www.cityofdavid.org.il/fr)

Dans tes murs, dans tes portes, Jerusalem

Les murailles de Jerusalem sont parmi les plus belles au monde.

murailles de Jerusalem

(market.marmelada.co.il)

En l’honneur du Yom Yeruhsalayim, le Jour de Jerusalem, que nous célébrerons dans quelques jours, je vous propose quelques articles sur l’histoire de ces murailles et aussi de ses portes.

Les murailles de la villes sont aussi anciennes qu’elle. Jerusalem a toujours été une ville fortifiée, depuis l’époque où elle était la capitale des Yevusim (Jébuséens). *

Le roi David la conquiert en l’an 1000 avant l’ère chrétienne et répare ses murailles.
A cette époque, la ville se trouve un peu plus au Sud que l’actuelle Jerusalem:  la « Ville de David*, עיר דוד (Ir David)  descend jusqu’à la vallée du Kidon à l’Est et  comprend au Nord le Mont Moriah où Salomon, fils de David construira la Temple.

Ville de David

(la ville de David, site generationword.com)

Jerusalem s’agrandit peu avant la chute du royaume d’Israel en 722 avant l’ère chrétienne lorsque de nombreux réfugiés s’y installent pour échapper aux Assyriens. La ville est alors trop petite pour les accueillir. Ils doivent donc s’installer à l’Ouest des murailles protectrices. Ainsi le roi Ezechias décide de construire une muraille supplémentaire pour les protéger: la « Large enceinte » ou « the broad wall ».

la large enceinte

(la « Large enceinte » du roi Ezechias agrandit la ville d’une manière spectaculaire. Site generationword.com)

C’est une période de guerre qui verra la fin du royaume d’Israel en 722 avant l’ère chrétienne. Les aménagements du roi Ezechias laissent froid le prophète Ishaya qui s’exprime ainsi:
« Vous constatez les nombreuses brèches de la ville de David et emmagasinez les eaux de la Piscine inférieure. Vous faites le recensement des maisons de Jérusalem, et abattez des maisons pour fortifier les remparts. Vous établissez un réservoir entre les deux murs pour les eaux de la vieille Piscine; mais vous n’avez pas de regard pour Celui qui est cause de tout cela, et vous ne savez pas reconnaître Celui qui l’a préparé de loin ».

Hélas, le royaume de Yehuda tombe lui aussi en 586 sous les coups des Babyloniens…

Apres 70 ans d’exil, les Juifs de retour chez eux ont beaucoup à faire pour reconstruire le Temple et les murailles de la ville qui sont inaugurées avec faste comme le raconte le prophète Nehemia:
 « Lors de l’inauguration du mur de Jérusalem, on se mit en quête des Lévites dans tous leurs lieux d’habitation pour les amener à Jérusalem, afin de célébrer l’inauguration en une fête joyeuse, avec des actions de grâces et des chants, des cymbales, des lyres et des harpes…Je fis monter les chefs de Yehuda sur la muraille et j’y plaçai deux grands chœurs avec des cortèges, [dont l’un] s’avança à droite sur la muraille vers la porte des ordures;  [Ils arrivèrent] à la porte de la source et gravirent droit devant eux, par les degrés de la ville de David, la montée du mur s’élevant au-dessus du palais du roi et jusqu’à la porte de l’eau à l’est… Le deuxième chœur… s’avança sur le mur au-dessus de la tour des fours, et jusqu’au rempart large;  puis au-dessus de la porte d’Ephraïm, de la porte vieille, de la porte des poissons, de la tour de Hananel, de la tour des cent jusqu’à la porte des brebis; on s’arrêta à la porte de la prison. »

La nouvelle ville est bien plus importante qu’auparavant. Elle se développera encore plus à l’époque des ‘Hashmonaim*.
Et puis à l’époque romaine viendra Hérode. Grand bâtisseur,  il agrandira le Temple et rebâtira les murailles de la ville.

Les murailles actuelles, construite au 16 ème siècle, sont assises sur les murailles hasmonéenes comme le montre cette photo:

murailles de la ville

Mais en 70, les Romains, agacés par les Juifs qu’ils n’arrivent pas à soumettre, dévalent les pente de Har Hatsofim, où se trouve maintenant l’Université, et entrent dans la ville par une brèche dans la muraille Nord

Les Romains détruisent le Temple, les murailles et rasent la ville  après la révolte de Bar Kokhba en 135*. Ils y sèment du sel pour que la terre soit stérile et changent son nom en Aelia Capitolina* mais… les murailles seront à nouveau reconstruites, détruites, reconstruites…par les conquérants ultérieurs.
Finalement, au 16ème siècle,  Soliman le Magnifique s’attelle à ce chantier. La nouvelle muraille est dessinée par Sinane, architecte de la cour ottomane. Sa construction dure de 1537 a 1541. A divers endroits de la murailles sont enchâssés des écrits en arabe qui racontent la splendeur de Soliman et des murailles.
« Au nom d’Allah le Miséricordieux,
Notre Seigneur, le Grand Sultan, Maître des Turcs, des Arabes et des Perses, Soliman fils du khan Slim, nous a ordonne de construire cette muraille. Que sont règne soit glorieux.
En l’année 945 de l’Hegire« .

La muraille de Sinane complète ce qui restait des antiques fortifications. Qu’a donc bien pu pousser Soliman à un tel travail, long et coûteux pour une ville qui n’était pas une des plus importante de l’empire ottoman. Il semblerait que les Ottomans aient eu très peur des ambitions de Charles V, roi d’Espagne et d’Autriche, qui portait aussi le titre de Roi de Jerusalem, et  qui pensait renouer avec les Croisades pour reconquérir Jerusalem.
C’est pourquoi, elle ne sont pas seulement robustes et imposantes, regardez bien le mâchicoulis qui permettent de jeter de l’huile bouillante sur les assaillants:

murailles machicoulis

A cote de la porte de Yafo, se trouvent deux pierres tombales, celles de ses deux ingénieurs chargés de la construction et qui durent subir le courroux de Soliman car ils n’avaient inclus à l’intérieur des murailles, ni le Mont Sion ni le tombeau du roi David.
Bien que Magnifique, Soliman ne put léguer à la postérité une oeuvre parfaite!

tombe des architectes des soliman 2

tombe des architectes des soliman 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les murailles tomberont à nouveau dans l’oubli. Personne ne relèvera leurs pierres branlantes jusqu’à la guerre des Six Jours en 1967 et la libération de la ville.

Depuis ce jour, beaucoup d’efforts ont été entrepris pour les réparer et les rendre encore plus belles. Elles sont maintenant accessibles aux promeneurs qui peuvent faire le tour des murailles sur le mur d’enceinte.

 

murailles tour

 (site jerusalem.muni.il)

 

(Au théâtre de Jerusalem, le public chante avec l’orchestre symphonique de la ville « Si je t’oublie Jerusalem« )


אם אשכחך ירושלים 
תשכח ימיני 
תדבק לשוני לחיכי 
אם לא אזכרכי 
אם אשכח ירושלים 
תשכח ימיני 
תדבק לשוני לחיכי 
אם לא אזכרכי 

Si je t’oublie Jerusalem, que ma droite t’oublie, que ma langue s’attache à mon palais si je ne me souviens toujours de toi, si je ne te place au sommet de ma joie (Psaume 137, 5 et  6)

A bientôt,

 

*Les Jébuséens: ils sont une des 7 tribus de Canaan. Dans le livre de Samuel ils sont mentionnés sous le nom de Yevussim, fondateurs de la ville de Jerusalem avant que’elle ne soit conquise par le roi David

*  pour en savoir plus sur la ville de David:
http://www.cityofdavid.org.il/fr

* Les ‘Hashmonaïm: dynastie des Makabim. Voir l’article:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/12/09/hanou-ka-ou-hanouka/

* Bar Kokhba:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/

* Aelia Capitolina:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/06/24/les-generations-oubliees-1/

 

66 ans et des jardins

Un jour quelqu’un m’a dit:
Comment peux-tu habiter Jerusalem? C’est une ville bien trop sévère pour moi, il n’y a que des pierres.

C’est vrai, des pierres nous en avons…
Tous les bâtiments ont des façades recouvertes de pierres, nous sommes  à la frontière d’un désert de pierre et je ne n’oublie ni les pierres des murailles ni celles du Kotel. Mais nous avons aussi beaucoup de verdure, d’arbres, des parcs où s’installer pour rêver ou pique-niquer…

 

gan haatsmaout(le parc de l’Indépendance, site gojerusalem.co.il)

gan sacher

(le gan Sacher, jerusalemshots.com)

gan hacinematheque (haaretz)

(le jardin de la cinémathèque, haaretz.com)

gan hatayelet

(le parc de la promenade d’Armon Hanatsiv, site segways.co.il)

 

et bien d’autres encore…

Mais surtout,  nous avons deux jardins botaniques.

Les jardins botaniques sont toujours associés aux recherches universitaires et se trouvent sur les campus. A Jerusalem, nous avons une seule université, l’Université Hébraïque, mais deux campus* pour des raisons historiques.

L’Université Hébraïque est fondée en 1925, 23 ans avant la création de l’état d’Israel.

blason universite hebraiqque

 

 

Il en avait déjà été question en 1884 avant même le  premier congres sioniste!

Dès le début c’est une université de premier rang, ne serait-ce que par l’afflux de professeurs fuyant l’Europe au moment de la révolution bolchevique ou plus tard le nazisme…

universite hebraique inauguration lord balfour(Le jour de l’inauguration avec Lord Balfour, site lib.cet.ac.il)

Depuis longtemps, le botaniste Alexander Eig rêve  de créer un jardin botanique universitaire en recréant le monde de la flore méditerranéenne-désertique du Moyen-Orient. C’est un homme peu banal. Son père, qui désespérait en faire un homme instruit, l’avait envoyé en désespoir de cause à l’école d’agriculture de Mikve Israel à l’age de 15 ans, persuadé « qu’on en tirerait rien de plus qu’un paysan ».

mikve israel ynet

(Ecole de Mikve Israel, Yediot Aharonot)

Alexander Eig s’en échappait souvent pour se balader dans le pays et répertorier les plantes.

Mais, ce n’était pas seulement un doux rêveur… Arrivé à l’âge adulte, son doctorat en poche, il sait s’entourer d’une équipe, fonde une bibliothèque, enseigne la botanique et, fait moins connu, crée  aussi une brigade juive où ses étudiants apprennent le maniement des armes.

Alexandre Eig et sa brigade juive

(le voici sur la gauche, avec les membres de sa brigade dans leur bibliothèque)

Il devient un des principaux chercheurs en botanique. C’est pourquoi, en 1931, l’Université lui confie le chantier du jardin botanique sur le Har Hatzofim*. Sur les 25 hectares, Eig fera planter près de mille espèces de plantes dont la moitié vient de la région. Son étude phyto-géographique de la flore est facilitée par l’emplacement très particulier de la ville qui se trouve à environ 900 mètres d’altitude, à la limite du désert, à environ 40 km à vol d’oiseau de la mer ou de la région tropicale de la vallée du Jourdain.

Mont Scopus vue sur le desert de yehuda
(le désert de Yehuda vu du Har Hatzofim)

Malheureusement, à la fin de la guerre d’Indépendance, l’Université Hébraïque devient une enclave israélienne en territoire jordanien. Plus personne ne peut y enseigner ou y étudier sans risquer sa vie. Entretenir le jardin botanique est extrêmement  dangereux. En 1958, les soldats israéliens qui le gardaient sont tués par les Jordaniens ainsi que le médiateur américain dépêché pour s’occuper de l’affaire.

En 1953 une nouvelle Université Hébraïque est donc construite en centre ville, sur la colline de Givat Ram.

 

IMG_0442

 

Alexander Eig est mort depuis longtemps mais dès l’année 1954 commencent les travaux pour un nouveau jardin botanique.

 

 

universite givat ram jardin botanique

 

que vous pouvez visiter dans un petit train.

 

universite givat ram train

 

 

Après la guerre des 6 jours, l’Université de Har Hatzofim reprend du service. Son jardin botanique retrouve ses sentiers romantiques.

 

 

universite har hatzofim jardin

(Site he.danielventura.wikia.com)

Dans le terrain du jardin de Har Hatsofim, ont été découvertes également quelques grottes funéraires de l’époque du Second Temple. La plus connue est celle de Nicanor avec ses cercueils de pierres et ossuaires. Sur l’un d’entre eux, une inscription en hébreu et en grec: « Voici Les os de ceux de Nicanor (ou des membres de la famille de Nicanor] d’Alexandrie (qui a) fait les portes de Nekaner d’Alexandrie « (traduction de Moshe Schwabe). 

Les archéologues ont émis l’hypothèse que dans la tombe se trouvent les os de Nicanor d’Alexandrie qui avait offert deux portes de cuivre pour la construction du Temple à l’époque d’Hérode. L’histoire des portes en cuivre est également mentionnée dans le Talmud de Babylone.
Dans une autre grotte, a été trouvé un autre tombeau, celui d’un nazir* Yonathan ben Ananias, de son épouse et d’autres membres de sa famille, enterrés au premier siècle de l’ère chrétienne.

universite hebraique grotte de nikanor nrg(Grotte de Nikanor, journal Maariv)

 

C’est aussi dans ce jardin que se trouvent les tombes de deux dirigeants sionistes, Yehuda Leib Pinsker* et Menahem Ussishkin*

 

tombes de Ussishkin et Pinsker

 

 

 

Bon anniversaire Israel!!!
Puissent les jardins s’y multiplier!

drapeau

A bientôt,

PS: Olivier vient de publier un article très complet sur le drapeau d’Israel:

http://zakhor-online.com/?p=7518

*En fait il y en maintenant 4 avec celui d’Ein Karem dévolu aux sciences médicales et celui de Rehovot pour les sciences liées à l’agronomie

*Har Hatzofim ou Mont Scopus et Guivat Ram sont les noms de deux des des collines de Jerusalem

*Nazir: le nazir faisait vœu de s’abstenir boire du vin et de se couper les cheveux par ascèse, pendant une certaine période. Cette coutume, mentionnée dans le Tanakh, est tombée en désuétude mais était encore en vigueur à l’époque du Talmud

*Menahem Ussishkin (1863-1941), Yehuda (Lev) Pinsker (1821-1891)