Prends ton sac et ton bâton…

Les cartables sont bientot vidés, les livres rendus. Les cahiers, eux, sont rangés dans une sorte de gheniza familiale où ils passeront l’été sans qu’on les ait ouverts, avant d’être définitivement jetés fin août.
-Mais connaissez-vous l’histoire des cartables et sacs, ai-je demande à mes petits enfants?

La chanson de la vidéo ci-dessus s’appelle  קח תרמיל קח מקל (Ka’h tarmil, ka’h makel) « Prends un sac, prends un bâton » et nous invite à partir en Galilée.

Le mot sac est תרמיל (tarmil), besace de berger, est un mot d’origine araméenne (en araméen on dit tarmila) et entre dans l’hébreu à l’époque de la Mishna. Comme le dit ce proverbe:  » אין הסומא יוצא במקלו ולא הרועה בתרמילו , aucun aveugle ne sort sans son bâton et aucun berger sans sa besace. On le connait aussi grâce à la traduction en arameen de la Thora de Yonathan Ben Ouziel.

(tombeau de Yonathan ben Ouziel à Tsfat)

Le premier sac dont on parle dans la Bible est aussi une besace, et une besace remplie de pierres pour l’occasion:
1 Samuel, 17 40: « Il (David) prit son bâton à la main, choisit dans le torrent cinq cailloux lisses, qu’il mit dans sa panetière de berger, et, muni de sa fronde, s’avança vers le Philistin. »
וַיִּקַּח מַקְלוֹ בְּיָדוֹ, וַיִּבְחַר-לוֹ חֲמִשָּׁה חַלֻּקֵי-אֲבָנִים מִן-הַנַּחַל וַיָּשֶׂם אֹתָם בִּכְלִי הָרֹעִים אֲשֶׁר -לוֹ וּבַיַּלְקוּט– וְקַלְעוֹ בְיָדוֹ; וַיִּגַּשׁ, אֶל-הַפְּלִשְׁתִּי
La traduction française parle joliment de la panetière de berger (l’hébreu est moins précis כלי רועה (kli roe), c’est un « contenant » de berger) mais « oublie » le mot suivant ובילקוט (ubyalkout) dans une besace: il a mis les pierres dans son « contenant » de berger (peut-être une petite bourse) et dans sa besace.
De nos jours, la besace du roi David, ילקוט (yalkout) est devenue un cartable tout en ayant aussi, depuis le Moyen-Age, le sens de fichiers reliés et donc de recueil  comme, par exemple, le célèbre recueil des  canulars de Palma’h*.

Tarmil, yalkout sont les mots les plus courants pour designer des sacs. Mais deux autres ont été également utilisés: Amta’hat et Tsiklon.

Le premier, d’origine akkadienne, אַמְתַּחַת (amta’hat), nous est parvenu grâce au récit où  Joseph accuse son frère Benjamin d’avoir volé une coupe en argent. Il s’agit sans doute d’un grand sac, comme un sac de voyage:
« Joseph donna cet ordre à l’intendant de sa maison: Remplis de vivres les sacs de ces hommes… Et ma coupe, la coupe d’argent, tu la mettras à l’entrée du sac du plus jeune… » (GenèseBereshit, 44, 1)
וַיְצַו אֶת-אֲשֶׁר עַל-בֵּיתוֹ, לֵאמֹר, מַלֵּא אֶת-אַמְתְּחֹת הָאֲנָשִׁים אֹכֶל…וְשִׂים כֶּסֶף-אִישׁ, בְּפִי אַמְתַּחְתּוֹ. ב וְאֶת-גְּבִיעִי גְּבִיעַ הַכֶּסֶף, תָּשִׂים בְּפִי אַמְתַּחַת הַקָּטֹן

Le second, ציקלון (tsiklon) se trouve dans le livre des Rois (2 Rois 24 42). Après que le prophète Elisha eut ramené à la vie le fils de la Sunamite, il est question d’un cadeau inattendu, du pain, alors que règne le famine:
Un homme, venant de Baal-Chalicha, apporta un jour à l’homme de Dieu, comme pain de prémices, vingt pains d’orge et du gruau dans sa panetière.
וְאִישׁ בָּא מִבַּעַל שָׁלִשָׁה, וַיָּבֵא לְאִישׁ הָאֱלֹהִים לֶחֶם בִּכּוּרִים עֶשְׂרִים-לֶחֶם שְׂעֹרִים, וְכַרְמֶל, בְּצִקְלֹנוֹ
Tsiklon est sans doute d’origine ugarit où le mot basaql veut dire culture ou gerbe.

De nos jours, à l’armée, les recrues ont toutes leur שק חפצים (sak ‘hafatsim) sac polochon.


On pourrait penser que le mot sac est un ajout récent à l’hébreu, et bien non. Lui aussi se trouve dans le Tanakh. Toujours dans la même histoire des retrouvailles entre Joseph et ses frères, il est écrit (Bereshit-Genèse 42,35):
« Or, comme ils vidaient leurs sacs, voici que chacun retrouva son argent serré dans son sac« 
וַיְהִי, הֵם מְרִיקִים שַׂקֵּיהֶם, וְהִנֵּה-אִישׁ צְרוֹר-כַּסְפּוֹ, בְּשַׂקּוֹ

Charger un sac sur son épaule pour partir est un des gestes plus plus anciens de l’humanité et en hébreu la racine sh-k-m a donné shekem, l’épaule, et  le verbe se lever tôt.
Gen 21 14: « Abraham se leva de bon matin, prit du pain et une outre pleine d’eau, les remit à Agar en les lui posant sur l’épaule
וַיַּשְׁכֵּם אַבְרָהָם בַּבֹּקֶר וַיִּקַּח-לֶחֶם וְחֵמַת מַיִם וַיִּתֵּן אֶל-הָגָר שָׂם עַל-שִׁכְמָהּ

A cette époque, on l’attachait en enroulant une corde en lin des épaules a la taille. C’était une expression courante pour dire qu’on se préparait à un voyage. C’est ainsi que Dieu dit au prophète Jérémie:
 »
Va, achète-toi une ceinture de lin et attache-la sur tes reins… »Prends la ceinture que tu as achetée, et qui couvre tes reins, mets-toi en route pour gagner l’Euphrate…
Ce geste de charger son sac sur une épaule se retrouve dans la racine כתפ (k.t.f) qui signifie charger et aussi épaule. Ainsi,  Mendele Mokher Sefarim* écrira:
ובדרך היה פונה כה וכה ומביט כגנב נזהר לנפשו, מכתף את תרמילו המלא, פעם על כתף זו ופעם על כתף זו » .
En chemin, il se tournait ça et là et regardait comme un voleur prudent, soucieux de sa sécurité, chargeant (mekatef) son sac plein d’une épaule (katef) à l’autre. (Le livre des gueux 1909)

Aujourd’hui, pour le cartable, on emploie aussi souvent le terme général de תיק (tik) d’origine greque (θηκη, theke) et même תיק גב (tik gav), puisqu’il s’agit d’un sac à dos.

Et le bâton מקך (makel)? Le voici, compagnon du sac תרמיל (tarmil).
Dans le livre de Chemot (l’Exode) il est écrit au moment du premier Pessa’h: « Et voici comme vous le mangerez: la ceinture aux reins, la chaussure aux pieds, le bâton à la main
וְכָכָה, תֹּאכְלוּ אֹתוֹ–מָתְנֵיכֶם חֲגֻרִים, נַעֲלֵיכֶם בְּרַגְלֵיכֶם וּמַקֶּלְכֶם בְּיֶדְכֶם

Le mot makel est à relier au verbe lehakel alléger, car le bâton aide à marcher et allège ainsi les difficultés du voyage.

Mais les mots sac et bâton ont parfois aussi une connotation négative. Ils sont aussi synonymes de saleté, voire de violence. C’est pourquoi il est écrit dans le Talmud qu’il était interdit pour un homme d’entrer dans le Temple avec son sac et son bâton, וּבַיַּלְקוּטו ובמקלו, et avec de la poussière sur ses pieds. On dirait aujourd’hui avec armes et bagages. Et l’expression populaire   בא אליו במקלו ובתרמילו (ba elav bemaklo uvetarmilo) veut dire:  il l’a attaqué violemment.

De nos jours le tarmil et le makel sont signes de randonnées et les randonneurs sont les תרמילאים (tarmilayim) qui prennent parfois des chemins périlleux:


(vers la grotte de Keshet en Galilée)

 

A bientôt,

* Targoum Yonatan ou Targoum Yerushalmi: traduction de la Thora en araméen attribuée à Yonatan ben Ouziel qui  s’éloigne parfois du texte pour y inclure des midrashim

* Le canulars du Palma’h sont un recueil d’histoire humoristiques, absurdes et souvent critiques que se racontaient les soldats pendant la guerre d’Indépendance.

* Medele Mokher Sefarim: Mendele le vendeur de livres, ou Shalom Yaakov Abramowicz (1836-1917), auteur yiddish et hébraïque, originaire d’Odessa.

* Le mot תיק (tik) et tik veut aussi dire sac à main et dossier. Ouvrir un tik contre quelqu’un c’est le mettre en examen.

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Hébreu, difficile langue!

Yossi Banay et Rivka Mikhaeli interprètent עברית קשה שפה (Ivrit Kasha Safa) ou hébreu, difficile langue:

– Pardon, peut-être montre? Combien heure…veux…
Il y a ici en Eretz, deux semaines, il y a immigrant nouveau. hébreu apprendre, encore pas savoir, il y a beaucoup difficile!

-Moi aussi oulpan, apprendre peu de temps, moi classe mora Yokheved
-Combien de temps apprendre?
-Oulpan Akiva, quand dans matin 4 heures…

Ah hébreu difficile langue!
Aussi langue casse-tête!
Mais pouvoir parler lentement je avec toi, et tu avec moi… Je avec toi
Et je aussi avec toi

-Moi te voir, vite dictionnaire acheter
Commence au alef, quoi voir en premier? Ahav, ohev, ahouv, ohevet*, des mots très beaux…
Il y a madame?
-Pas du tout
-Il y a un homme?
-Il y a personne
-Tres difficile se débrouiller ici, homme seul,
Si homme seul, un ami, la vie plus agréable.

-L’Agence* a donné un appartement, clé n’a pas donné.
Il dit: avant donner clé,  il faut apporter fiancé. 
Il dit: un seul, c’est famille trop petite…

-J’ai un four grand
-J’ai un « frigidaire »
-J’ai « permis » télévision*
-Chez moi un petit piano
-Pas d’auto, j’ai un vélo
Il y a comment se débrouiller.

Ah hébreu difficile langue,
Aussi langue casse-tête,
Demain pas habiter seul,
moi avec toi et moi avec toi.

 

La chanson date de 1975, elle est devenue très célèbre car elle parlait au cœur de nombreux israéliens.
Apres avoir vécu dans les maabarot*, vers la fin des années 50 les olim eurent enfin accès à des appartements dans des immeubles nouvellement construits. Mais évidemment comme les candidats étaient beaucoup plus nombreux que les appartements, priorité était donnée aux familles avec enfants ou à la rigueur aux couples, les personnes seules étaient les dernières servies.
A cette époque, un four est un luxe, on se débrouille avec les Primus qui se vendent très bien maintenant aux puces.

Primus
Le « frigidaire » est aussi un luxe, c’est peut-être pourquoi le mot hébraïque מקרר (Mekarer) n’a pas encore été adopté par tous. Et même si on peut s’offrir des choses aussi modernes et luxueuses, il faut attendre des mois avant de les acquérir*.
On trouve bien plus facilement un vieux piano qu’une télévision. D’ailleurs, il n’y a pas de télévision israélienne avant 1966, car David Ben Gourion s’y oppose! A ses débuts la télévision israélienne n’émettra qu’une heure par jour, pour les infos et bien sûr en noir et blanc*.  Ceux qui ont pu acquérir un appareil, branchent des antennes sur leur toit et captent comme ils le peuvent les programmes égyptiens, libanais ou chypriotes…

television

L’expression עברית קשה שפה (Ivrit kasha safa), l’hébreu difficile langue, est restée. C’est un encouragement un peu moqueur pour les nouveaux arrivants. Il y a même une page facebook qui porte ce nom, dédiée aux difficultés de la langue.
Parmi les phrases du même genre, il ne faut pas oublier celle-ci:
כל התחלה קשה (Kol hat’hala kasha): tout début est difficile.
C’est ce qui était écrit sur le mur du cabanon de l’oulpan au kibboutz, et il était effectivement difficile d’étudier après une journée de travail.
J’ignorais alors que c’était une phrase du Zohar et qu’elle se rapportait au début de l’année et au retour sur soi, le fameux חשבון נפש (‘heshbon nefesh)
que chacun doit faire avant Kippour.

oulpan kibboutz

Ce matin, nous sommes retournés à l’école Reshit* pour un troisième « Shalom kita aleph! ». Cette fois c’est pour Avigail!
Et à nouveau la joie des enfants qui se retrouvent sous le dais des taliths des pères, les chants et le petit pot de miel traditionnel!
Sur le mur de l’école est écrite cette phrase:

mur ecole reshit 04 09 2015

« Que tu saches: chaque enfant a une  mélodie particulière, bien à lui.« 

 

 inspirée par le livre de  משלי (les Proverbes 22,6):

« חנוך לנער על-פי דרכו, גם כי יזקין לא יסור ממנה » (משלי כ »ב, ו’
« Eduque l’enfant selon son chemin, quand il vieillira, il ne s’en écartera pas.« 

 

Le livre des Proverbes avait aussi inspiré Rabbi Na’hman de Braztlav lorsqu’il écrivait:
 » Sache que tout berger a une mélodie bien à lui, que chaque herbe a son chant, et que de ce chant  provient la mélodie du berger… C’est si beau et agréable d’entendre ce chant, c’est si bien de prier parmi eux dans la joie.  Et de ce chant le cœur se remplit et déborde… »
C’est devenu une chanson mise en musique par Naomi Shemer.

 

Cette année, dans de nombreuses écoles comme dans celle de Pedouel en Samarie, une partie des vœux aux enfants et aux parents a été aussi traduite en français, vu le nombre de nouveaux immigrants francophones.

pedouel

A bientôt,

* ahav: il aimait, ohev: il aime, ahouv: aimé, ohevet: elle aime

*L’Agence Juive avait en charge l’installation des nouveaux immigrants

*Maabarot: les cabanes dans lesquelles les nouveau immigrants restèrent parfois des années:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/10/24/sharaliya/

*Jusqu’en 1959, les Israéliens ont vécu avec des tickets de rationnement

*en noir et blanc: je précise pour les moins de 40 ans, persuadés qu’avant eux et la télé couleur, on arrive chez les Pierrafeu

*Ecole Reshit de Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/09/03/shalom-kita-aleph/

Au bord des fleuves de Babylonie

En face du grand musée Israel, se trouve un autre musée, plus petit et souvent peu connu des touristes, le musée des Pays de la Bible. C’est le musée des civilisations non hébraïques dont parle la Bible: celles de Perse, du Moyen-Orient, de Grèce et de Rome.

Musee des Pays de la Bible

En ce moment, il abrite une  exposition nommée על נהרות בבל (Al nearot Bavel) – au bord des rivières de Babylonie. Le nom de l’exposition fait référence au Psaume 137:

Psaume  137   -2

 א עַל נַהֲרוֹת, בָּבֶל–שָׁם יָשַׁבְנוּ, גַּם-בָּכִינוּ: בְּזָכְרֵנוּ, אֶת-צִיּוֹן. ב עַל-עֲרָבִים בְּתוֹכָהּ– תָּלִינוּ, כִּנֹּרוֹתֵינוּ. ג כִּי שָׁם שְׁאֵלוּנוּ שׁוֹבֵינוּ, דִּבְרֵי-שִׁיר– וְתוֹלָלֵינוּ שִׂמְחָה:שִׁירוּ לָנוּ, מִשִּׁיר צִיּוֹן. ד אֵיךְ–נָשִׁיר אֶת-שִׁיר-יְהוָה: עַל, אַדְמַת נֵכָר. ה אִם-אֶשְׁכָּחֵךְ יְרוּשָׁלִָם– תִּשְׁכַּח יְמִינִי. ו תִּדְבַּק-לְשׁוֹנִי, לְחִכִּי– אִם-לֹא אֶזְכְּרֵכִי:אִם-לֹא אַעֲלֶה, אֶת-יְרוּשָׁלִַם– עַל, רֹאשׁ שִׂמְחָתִי. ז זְכֹר יְהוָה, לִבְנֵי אֱדוֹם– אֵת, יוֹם יְרוּשָׁלִָם:הָאֹמְרִים, עָרוּ עָרוּ– עַד, הַיְסוֹד בָּהּ. ח בַּת-בָּבֶל, הַשְּׁדוּדָה:אַשְׁרֵי שֶׁיְשַׁלֶּם-לָךְ– אֶת-גְּמוּלֵךְ, שֶׁגָּמַלְתְּ לָנוּ. ט אַשְׁרֵי, שֶׁיֹּאחֵז וְנִפֵּץ אֶת-עֹלָלַיִךְ– אֶל-הַסָּלַע.

« Au bord des rivières de Babylonie nous étions assis et nous pleurions en nous souvenant de Tsion, nous avions suspendu nos harpes aux saules de ce pays. Nos vainqueurs nous demandaient de chanter et nos oppresseurs d’être heureux: Chantez nous quelques un des chants de Tsion! Comment chanterions nous sur une terre étrangère? Si je t’oublie Jerusalem, que ma droite m’oublie! Que ma langue s’attache à mon palais si je ne me souviens pas de toi, Jerusalem, si je ne fais de Jerusalem le principal sujet de ma joie! Dieu, souviens toi des enfants d’Edom qui dans la journée de Jerusalem disaient: Rasez, rasez jusqu’aux fondements! Fille de Babylone la dévastée, heureux qui te rend le mal que tu nous a fait, qui saisit des enfants et les brise contre le rocher ».

Cette exposition est exceptionnelle car grâce à la découverte de de plus de 200  tablettes gravées en lettres cunéiformes en Irak, nous avons pour la première fois des documents précis sur la vie quotidienne des Juifs déportés à Babylone.  L’un des archéologues qui a étudié ces tablettes, le professeur Horowitz, estime quant à lui  que c’est la plus importante découverte depuis celle des manuscrits de la Mer Morte.

Que s’était-il donc passé il y a 2500 ans?

Tout simplement, les Babyloniens étaient venus finir le travail commencé par les Assyriens et avaient conquis ce qui restait d’Israel pour agrandir leur empire. Des impérialistes comme on disait quand j’étais jeune!
Le siège de Jerusalem et sa chute en 586 avant l’ère chrétienne furent épouvantables. Ils sont relatés à plusieurs reprises dans le Tanakh et nous lisons les Lamentations de Jérémie chaque année pour le 9 du mois de Av*.
La campagne militaire du Roi Nabukhanetsar, sa victoire et surtout sa victoire sur Jerusalem sont mentionnées dans les chroniques babyloniennes.

Al Yahudu rations de nourriture

(Copie du texte d’une tablette babylonienne qui détaille les rations de nourriture accordées au roi prisonnier Yoyakim et à sa famille)

Déportés par Naboukhanetsar, les juifs survivants s’installent entre les fleuves, fondent des villages et deviennent agriculteurs. Ces tablettes sont essentiellement des textes administratifs dans lesquels on trouve les noms de ces villages et leur emplacement.

Comment le sait-on? Comme ce sont des tablettes administratives, sur chacune est consignée la date exacte, jour et mois, et l’année de règne du souverain. C’est d’ailleurs à ce moment-là que les Juifs commencent à nommer les mois de l’année, alors que dans le texte biblique, il ne sont différenciés que par un numéro. Habitants la Babylonie, ils leur donnent des noms babyloniens. Bien des siècles plus tard, quand les Juifs introduiront le calendrier occidental en hébreu en parallèle avec le calendrier juif, ils donneront aux mois des noms allemands, l’allemand (parfois dans sa forme yiddishisée) étant la langue vernaculaire des Juifs d’Europe Centrale d’où venaient les pionniers.

Ces tablettes sont écrites en trois langues: en akkadien qui est la langue officielle de l’empire, en araméen* qui est la langue de la région, et en hébreu avec les anciens caractères*.

Les villages sont localisés selon leur proximité grace aux Naru, mot akkadien qui signifie  canal. Au lieu de traduire על נהרות בבל (al nearot bavel), par « au bord des rivières de Babylone », on devrait peut-être dire « au bord des canaux ». L’empire babylonien et plus tard l’empire perse devaient leur prospérité aux canaux qui les sillonnaient.

Al YAhudu carte des villages

La région en orange est la région où s’installent la plupart des Juifs déportés. Ils y fondent de nombreux villages dont celui de Al Yahudu, la Judée, mentionné dès la 15 ème année qui suivit la déportation.

Voici une reconstitution de Al Yahudu:

Al yahudu

Certaines tablettes nous donnent des listes de noms de personnes. Certains noms sont directement tirés des textes du Tanakh comme Guedalia, Tisdkiahou, Yelhezkel. D’autres nous sembles étranges car ils se terminent par Yama. Ce sont des noms qui appartiennent à une langue hybride, comme le seront la plupart des noms juifs dans les différents exils. Ici, il s’agit de judéo-akkadien et de judéo-araméen et Yama est l’équivalent de Yahu qui termine de nombreux noms hébraïques et qui signifie Dieu (comme El), comme Netanyahou, équivalent de Netanel, en français « cadeau de Dieu ».

Al Yahudu liste de noms propres

On a pu reconstituer la généalogie de certaines familles sur 4 ou 5 générations:

AAl Yahudu nom de familles

L’un des habitants de Al Yahud se nomme Samakhyahu, (Dieu soutient). Un Samakhyahou est mentionné dans les ostraca trouvées à Lakhish*. Son fils se nomme Rapa Yama équivalent de Rafayahaou ou Raphael.

On a trouvé un certain nombre de contrats de location de maisons comme celui-ci: « Nir Yama fils de Ahikam a loué une maison à Al YAhudu pour 3 ans, pour 10 shekel par an en deux paiements annuels. Il s’engage à entretenir la plomberie et le toit et apportera à son propriétaire 3 paniers de légumes de son jardin par an ».
Mais égalements des contrats d’association: « Haggai et son frere Yahu Azar fils d’Ahikam s’associent avec Bulluta fils de Kussu Raha pour cultiver leurs champs respectifs ».

L’exil à Babylone dura jusqu’à ce que les Perses supplantent les Babyloniens.
En 516, le roi de Perse Cyrus permettra aux exilés de rentrer chez eux et de reconstruire le temple de Jerusalem. Certains repartiront en Judée. Ils seront confrontés aux difficultés du retour, racontées dans les livres d’Ezra et de Nehemia.

Cyrus le cylindre

(copie du cylindre de Cyrus, texte en écriture cunéiforme*
dans lequel Cyrus permet aux exilés de retourner chez eux,
voir aussi le texte du livre d’Eza 1.1-6)

D’autres resteront sous le joug léger des Perses… joug léger jusqu’à ce qu’arrivent au pouvoir Ahashverush* et son sinistre ministre Haman.

L’histoire de Pourim ne m’a jamais fait rire. De quoi est-il question? Du Juif Mordekhai qui refuse de jouer les carpettes devant un des grands de ce monde, du rapt et du viol officiels d’une jeune fille juive Esther qui ne voulait pas devenir reine, de son enfermement dans un palais et du projet d’extermination des Juifs de Perse par le ministre Haman… C’est vrai qu’ils furent sauvés grâce au courage d’Esther mais ils le furent non pas parce que le danger avait disparu et les assassins rentrés chez eux, non, ils le furent parce qu’ils purent se défendre.
Comme nous avons une grande capacité à encaisser et à surmonter les difficultés, nous avons su transformer le malheur en joie: la terre et la paille qui nous servait à faire les briques en Egypte est devenue une délicieuse argile* : le ‘Harosset de Pessa’h. Et ce drame de Pourim est devenu un jour de joie et de farces…

Mais le théâtre de l’absurde continue. Comme a dit l’ambassadeur d’Israel a l’ONU, Ron Prosor dernièrement: les instances internationales sont une vaste farce!

 

POurim Caricature arutz 7 Or Reichert

(caricature de Or Reichert, Arutz 7)

« Le roi prit son anneau de son doigt et le donna à Haman Ben Hamedata l’Agagit, le persécuteur
de Juifs. Et le Roi dit à Haman, je t’abandonne à la fois l’argent et cette nation
dont tu feras ce que bon te semblera »

י וַיָּסַר הַמֶּלֶךְ אֶת-טַבַּעְתּוֹ, מֵעַל יָדוֹ; וַיִּתְּנָהּ, לְהָמָן בֶּן-הַמְּדָתָא הָאֲגָגִי–צֹרֵר הַיְּהוּדִים. יא וַיֹּאמֶר הַמֶּלֶךְ לְהָמָן, הַכֶּסֶף נָתוּן לָךְ; וְהָעָם, לַעֲשׂוֹת בּוֹ כַּטּוֹב בְּעֵינֶיךָ. 

On en a vu d’autres!
En attendant, il fait beau, les enfants se déguisent déjà depuis quelques jours. Jeudi et vendredi*, Israel fêtera Pourim,

Pourim ben gourion

 (Personnel d’EL AL à l’aéroport Ben Gourion)

et une fois encore nous croquerons les oreilles du sinistre Haman avec nos petit-enfants déguisés en Indienne, Japonaise, princesses, et en pompier!

oreilles d'Haman 2
Si vous voulez en croquer, faites un tour sur le site de Piroulie, elle a toujours d’excellentes recettes:
http://piroulie.canalblog.com/

 

PPP1

 

A bientôt,

* Le 9 Av:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/07/29/le-mois-de-av/

* Il n’exite pas une langue araméene mais plusieurs

*écriture hébraïque:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/12/04/ne-dites-plus-cest-de-lhebreu-pour-moi-1/

*Les ostraca de Lakhish:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/01/31/les-torches-de-lakhish-et-dazeka/

*Ahashverush: Assuerus en français

* Le ‘Harosset symbole de l’argile qui nous servait à faire ds briques lors de notre esclavage d’Egypte:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/04/11/une-delicieuse-argile/

*A Jerusalem, comme dans toutes les villes fortifiées, le texte d’Esther nous recommande de faire la fête le lendemain. Cela s’appelle Shoushan Pourim (Pourim de Suze)

Parlez-vous francbreu?

Il y a quelques semaines, Olivier me demandait qu’elle était l’influence de l’hébreu sur la langue française. Je lui avouais mon ignorance* mais cela me donna l’idée de chercher quelle pouvait être l’influence du français sur l’hébreu.

La langue française a commencé à s’implanter au Moyen-Orient avec l’arrivée des troupes napoléoniennes  en 1799. A cette époque, le français était la langue internationale par excellence et bon nombre des écoles chrétiennes, installées au 19 ème, étaient (et sont encore) tenues par des religieux d’origine française dans tout ce qui fut la Palestine Ottomane, c’est à dire le Liban, la Syrie et Israel.

Dès la deuxième partie du 19 ème siècle, le français fut  aussi la langue d’enseignement adoptée dans les écoles juives nouvellement ouvertes, en particulier dans celles du réseau de l’Alliance Israélite Universelle fondée en 1860 pour faire respecter les droits des Juifs en terre d’Islam et leur donner une éducation juive et moderne.
Comme vous le voyez sur la carte ci-dessous, les écoles se trouvent toutes au Sud de la Méditerranée ou dans au sud-est des Balkans)

alliance Israelite Universelle
(carte des implantations des écoles de l’Alliance Israélite Universelle dont les enseignants étaient formés à Paris. )

ecole de l'Alliance Jerusalem

(école de l’Alliance à Jerusalem au début du 20 ème siècle)

Les grands mécènes comme les barons de Hirsch ou Rothschild parlaient français et dans les yishuvim, le français fut considéré comme la langue de culture sans pour autant s’opposer à la diffusion de l’hébreu et à sa renaissance.
Ben Yehuda lui même utilisait des traductions du français pour créer certains mots comme au revoir ou pomme de terre* qui ne se trouvaient ni dans l’hébreu de la Bible ni dans celui de la Mishna.
Si les documents et panneaux de signalisation sont toujours rédigés en hébreu, en arabe et en anglais (devenue la langue internationale), la poste israélienne utilisa aussi le  français*
Poste aerienne

Après 1918, l’influence politique de français diminue dans le monde. Au Moyen-Orient, les accords Sykes Picot figent les limites de son influence: le français reste présent en Syrie et au Liban et l’anglais dans les autres régions.

accords sykes-picot-1916

Pendant ce temps en  Israel, l’hébreu a eu le temps de se refaire une jeunesse et est devenu la langue quotidienne des Juifs et la principale langue d’enseignement*.
Actuellement, les élèves israéliens apprennent l’anglais dès la כיתה ב (kita beit ou CE1) et une deuxième langue étrangère en  כיתה ז (kita zain ou classe de 5 ème). Cette deuxième langue est soit l’arabe soit le français. La plupart d’entre eux choisit l’arabe. Le français est donc assez peu enseigné* sauf dans les écoles chrétiennes qui dispensent encore leur enseignement en  français

ecoles chretiennes en Israel(Collège des Frères de Yaffo)

Et dans le quotidien?
Le monde des jeux, jouets et comptines est parfois influencé par le français : par exemple, dans le jeu pierre. ciseaux, papier,  les enfants disent un deux trois  lorsqu’ils comptent ensemble et lorsqu’ils veulent arreter le jeu, ils disent Pouce!
Le guidon d’une bicyclette se dit הגה (Hegue) ou volant mais aussi קידון (Kidon) ou guidon et la trottinette est devenue קורקינט (korkinette).
Comme partout, il est interdit de rouler sans קסדה (Kasda) ou casque.
Pour le mot אווירון (aviron) un avion , les avis divergent. Certains pensent qu’il vient du mot אוויר (avir)  l’air, mot d’origine grecque,  et d’autres du mot avion légèrement déformé. Quoi qu’il en soit, aviron a fait son temps, on emploie maintenant le mot מטוס (matos) dérivé de la racine hébraïque טוס (tet, vav, samekh).
Certains mots comme Eau de Cologne  vous seront livrés comme tels, d’autre comme  ניר טואלת (niar toilette) seront un composé de ניר (Niar), le papier, et de toilette. Le mot parfum בושם (bossem) restera en hébreu, il vient de la Bible. Souvenez-vous dans Shir Hashirim:

לְחָיָו כַּעֲרוּגַת הַבֹּשֶׂם, מִגְדְּלוֹת מֶרְקָחִים; שִׂפְתוֹתָיו, שׁוֹשַׁנִּים–נֹטְפוֹת, מוֹר עֹבֵר

Ses joues sont comme une parterre parfumé, comme des collines de plantes aromatiques; ses lèvres sont des roses, elles distillent la myrrhe liquide.


Shir Hashirim interprété par Boaz Sharabi

Si vous achetez ce parfum dans une בוטיק boutique et non pas dans une simple parfumerie, vous le payerez plus cher. Et les הוטל בוטיק Hotel-Boutique sont en général charmants, petits et luxueux.
En Israel comme ailleurs, il est de בון טון, Bon Ton, de ne pas paraître נווו ריש, nouveau riche. Vous devez donc aimer le style minimaliste et la couleur ‘ביג, Beige, ou en tout cas une couleur légère, פודרה, poudrée et même פאסה, passée, et ne pas porter trop de bijoux, ou une simple גורמט , gourmette.
Cela ne vous empêchera pas de  fréquenter les restaurants גורמה ,gourmets, sans oublier de manger au petit-déjeuner un קרואסאן, croissant, et une  בגט, baguette, croustillante.

Le mot croissant, prononcez « croassan », a pour moi un pluriel ridicule: « croassanim ». Le t ne s’entendant pas, il a simplement disparu. Quant à la baguette, elle a changé de genre en traversant la Méditerranéenne: le mot est devenu masculin et on dit au pluriel  « baguettim ».
La baguette a tellement de succès en Israel que de nombreux cafés oublient la pita traditionnelle pour leurs sandwiches!

sami baguette( Sami Baguette, oui c’est le nom du café)

La tradition se perd y compris dans la population arabe:

waled baguette(Café Baguette Waled, à Kfar Julis en Galilée)

Quand je passe le matin à l’épicerie, Ytzik crie toujours à Mahmoud, son commis: « Mahmoud! Deux baguettim pour ‘Hanna« . Je sens que je ne vais plus en prendre qu’une seule, tant ce pluriel me gêne.
De toute manière Mahmoud n’écoute jamais, il me fait un vague signe de la main qui peut dire aussi bien « bonjour » que « tu sais ou elles sont, les baguettes ».
La semaine dernière, profitant des beaux jours, il s’était nommé surveillant de la marchandise exposée au dehors et s’était endormi sous le parasol qui protégeait les concombres…

l'epicerie de Malha(l’épicerie de Malha, photo prise hier, Mahmoud n’était pas là)

Enfin, après toutes ces agapes, vous finirez la soirée à la סינמטק, Cinématèque, et non pas dans une salle de cinéma où tout le monde grignote des pépites (maintenant c’est du pop corn).

cinematheque jerusalem(Le jardin en bas de la Cinémathèque de Jerusalem)

On vous trouvera sans doute snob (ce n’est pas un mot français!) mais certainement שרמאן (sharman’), charmant, avec votre nouvelle קסקט (kasket), casquette!

Quelques expressions sont particulièrement appréciées des journalistes en mal de reconnaissance culturelle: carte blanche, déjà vu, cliché.
J’ai même entendu: à la guerre comme à la guerre, après moi le déluge, ou noblesse oblige, ou bien à propos,  que je trouve particulièrement idiot car pour tous les israeliens « A Propos » est une marque de chips au maïs :

Apropo
Mais tout cela, c’est le jargon d’une élite auto-proclamée qui ne craint pas le ridicule. J’ai  entendu dernièrement lors d’une émission culinaire « s’ils n’ont pas de pain qu’ils mangent de la brioche’. Imaginez cela avec l’accent israélien. J’ai eu du mal à comprendre…

En fait, ma moisson est plutot pauvre. La plupart des mots étrangers installés en hébreu depuis l’antiquité sont venus de l’akkadien , de l’araméen אבא, אמא (Aba, ima, papa: maman), du perse פרדס (pardes: un verger), du grec סנדל (sandal: une sandale), du latin וילון (vilon: un rideau) ou  plus récemment de l’arabe ואדי (vadi: un oued), אחלה (akhla: super), du yiddish צימר (zimmer: chambre d’hôte), du russe (toutes les terminaisons en nik comme kiboutznik, membre d’un kibboutz), et bien sûr de l’anglais.

Une dernière remarque, un des mots les plus importants de la langue française n’existe pas en hébreu: le mot tartine! J’ai l’intention de l’introduire en le gardant au féminin (comme cela, nous pourrons manger des tartinot) et créer le verbe לטרטן (letarten) pour tartiner*.
Je vais en toucher un mot à l’Académie de la Langue Hébraïque.

tartine-confiture

 

 A bientôt,

* https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/10/16/on-marche-au-pas-enfin-presque/

*Le mot להתראות (Le-hitraot) au revoir est formé de la préposition ל (lé), à ou pour  et du verbe voir à la forme pronominale : à se revoir. Le mot pomme de terre תפוח אדמה (tapou’h adama) est formé comme en français des mots pomme et terre

*Le bureau de poste du Consulat de France de Yaffo desservait uniquement le Consultat français de Jerualem. Le premier véritable bureau de poste fut établi à Jerusalem par les Autrichiens en 1854

*En 1878 fut créée l’Union Postale Universelle. Il y fut décidé que le français en serait la langue officielle. Cette clause est toujours en vigueur même si, depuis les annees 70 les indications en français se raréfient, car les services postaux etrangers utilisent le language national le plus usité ou l’anglais

*Les élèves musulmans étudient en arabe, l’hébreu est leur seconde langue au même titre que l’anglais

* Le  français est enseigné dans le réseau des écoles de l’Alliance et dans les divers programmes pour les enfants nouveaux immigrants originaires de France

*pour les bons élèves, ce verbe sera à la forme piel. Ils peuvent tout de suite commencer à le conjuguer, je corrigerai les exos!

Le Sud en rouge

En cette fin d’hiver, le pays refleurit: anémones, narcisses, cyclamens, coquelicots… La steppe du Nord Néguev, que vous avez traversée sèche et poussiéreuse pendant vos vacances d’été, devient multicolore pour quelques semaines.
Ce sont surtout les coquelicots qui ont la vedette. coquelicots Neguev

(site cafe.themarker.com/)

Les habitants des kibboutzim du Sud organisent ce qu’ils appellent le Sud Rouge ou Darom Adom (דרום אדום): des weekend  où de nombreux israéliens viennent pour des ballades à pied, à bicyclette,coquelicots Neguev Foret Beeri Cyclistes

(vers le kibboutz Beeri, site masaisraely.allmag.co.il/)

 ou plus sportives.coquelicots Neguev 2

(site fly-up.co.il/)

On entend à la radio le vieux tube des années 40 « Les coquelicots » chanté par Shoshana Damari*

Dommage qu’il n’y ait pas les grésillements d’un vieux gramophone!

Comme le disent les habitants du Néguev, le rouge de Darom Adom  les change agréablement de celui de Tseva Adom, la couleur rouge *!

Le mot Tseva, couleur, n’est mentionné qu’une seule fois dans le Tanakh, dans le livre des Juges (5,30): Deborah et l’armée d’Israel ont vaincu les Cananéens. Le général cananéen, Sisera, s’est enfui du champ de bataille et réfugié chez une nommée Yael qu’il croyait être une alliée. Mal lui en prend, car si Yael accepte de le cacher et de le restaurer, c’est pour mieux le tuer dès qu’il est endormi!
Deborah compose alors un poème de victoire. Avec un certain cynisme, elle imagine la mère de Sisera qui rêve au retour de son fils…

« Sans doute ils enlèvent, ils partagent le butin; une jeune fille, deux jeunes filles par guerrier; pour Sisera, les étoffes richement teintes (un butin de couleurs), la dépouille des broderies éclatantes, des broderies doubles qui brillent au cou des captives… »

On ne  trouvera nulle part ailleurs le mot couleur dans le texte du Tanakh, bien que parfois des indications très précises soient données quant à la décoration du Temple ou la fabrication du talith*!

Il en est de même dans les textes de la Guemara où pourtant là encore, les couleurs  reflètent le  kaléidoscope de nos émotions:

Quelques expressions sont parvenues jusqu’à nous:

-« Un  tallith entièrement bleu azur* »,  טלית שכולה תכלת, désigne un homme qui  prétend être parfait.

-Le noir est celui de la honte: Son visage est devenu noir comme le fond d’une marmite, השחירו פניו כשולי קדרה,  ou bien « Ce que fait un homme dans sa jeunesse noircit son visage dans sa vieillesse », דברים שאדם עושה בילדותו משחירים פניו לעת זיקנתו

-Le rouge aussi est associé à la honte: il lui a fait honte se dit  « Il a fait rougir son visage« , האדים את פניו

-Il en est de même parfois pour le blanc: « Il a fait blanchir son visage« , הלבין את פניו, et enfin «  Celui qui fait blanchir le visage de son ami en public est semblable à celui qui répand le sang!« , כל המלבין פני חברו כאילו שופך דמים

Il arrive cependant que le blanc soit employé dans un sens positif: « Blanchir les dents de son ami est mieux que lui servir du lait! », טוב המלבין שיני חברו יותר ממשקהו חלב.

-Le vert est associé à la colère: « Il a fait verdir son visage« , הוא הוריק את פניו.

Si le mot couleur ne se trouve qu’une seule fois dans le Tanakh, la racine צבע (c0lorer) sera employée par le prophète Jérémie, très en colère contre Israel. Il nous traitera de עיט צבוע, « rapace teint ou hypocrite ». En hébreu, l’hypocrite est celui qui « teint » ses pensées.

En cette fin d’hiver,

« Les collines se couvrent d’un turban de bourgeons
La plaine d’une tunique d’herbe et de fleurs.
Nous parviennent les parfums enfouis par l’hiver.
Apporte un verre pour chanter mon bonheur*… »

A bientôt,

*Shoshana Damari (1923-2006), surnommée la « Reine de la chanson israélienne », célèbre pour sa voix ample et très grave.

* Tseva Adom:  couleur rouge, nom de code donné aux sirènes en cas d’attaque de missiles.
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/10/24/jusqua-quand/

*Le talith:   https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/02/07/rencontre-avec-un-karaite/

*Entièrement bleu: Seul un fil des franges du Talith, les tsitsit, doit être bleu

*Jeremie 12,9: L’expression est traduite par « vautour aux serres puissantes » sans doute pour mieux convenir à la langue française mais elle perd ainsi sa puissance d’évocation

*Moshe Ibn Ezra poète andalou du 11 ème siècle

Les générations oubliées (9)

Dès sa première visite, Moses Montefiore* écrit dans son journal que les Juifs d’Eretz Israel désirent « s’affranchir de leur sujétion économique en se tournant vers l’agriculture. »
De nombreux chefs de communautés lui demandent de leur acheter des terres et du bétail. Il prépare donc un projet de financement de 200 villages juifs en Galilée et va soumettre son plan à Mohamad Ali, alors gouverneur d’Egypte et de Palestine. Mais comme le raconte Eliezer Halevy, secrétaire de Montefiore, la rencontre est très décevante…Mohamad Ali refuse poliment. Il a peur qu’ainsi les Juifs reconstruisent leur patrie ancestrale…

Mais les choses bougent. L’idée d’un retour massif des Juifs sur leur terre  commence à exercer un certain attrait sur nombre de penseurs et d’écrivains non-juifs, en particulier britanniques.
Deux d’entre eux vont seconder Rabbi Yehouda Bibas* de Corfou qui parcourt les communautés des Balkans en encourageant les Juifs à étudier les sciences et à apprendre l’art militaire pour arracher la Palestine aux Turcs, tout comme l’ont fait les Grecs. Ses idées enflamment de nombreux Juifs dont rabbi Yehuda Alkalay*.
Après leur rencontre en 1839, ce dernier fondera la Société pour la Colonisation de la Palestine. Grâce à Montefiore, Bibas et Alkalay, la voie est ouverte aux pionniers de cette deuxième moitié du 19 ème siècle.

Rav_Alkalai et son epouse Esther 1874

(Rabbi Yehuda Alkalay et son épouse Esther)

Bien que l’Hatikva ait été composée bien plus tard au 20 ème siècle,  ses paroles sont le reflet exact de ce qui se passe dans l’esprit de nombreux Juifs du 19 ème siècle.

« Aussi longtemps qu’en nos cœurs, l’âme juive vibrera tournée vers l’Orient, et aspirera à Sion, notre espoir n’est pas vain, espoir de deux mille ans, d’être un peuple libre sur notre terre, le Pays de Sion et Jérusalem. »

Jusque là, l’idée du retour à Sion reposait essentiellement sur une foi mystique et beaucoup venaient dans l’espoir de hâter la venue du Messie. Cette fois, les choses changent. Les Juifs s’installent en Eretz Israel pour reconquérir leur patrie.

Les grands mécènes investissent dans ce projet. En 1856, Montefiore a acquis une orangeraie près de Yaffo. Un alsacien nommé Charles Netter* fonde une école d’agriculture qu’il appellera Mikve Israel en 1870.

mikve israel 1870

(Mikve Israel en 1870)

Cette école existe toujours:

mikve israel actuellement

Le baron de Rothschild soutiendra financièrement un certain nombre d’implantations comme Rishon leTsion*, Ness Tsiona*, Zikhron Yaakov*…

Toute cette aide venue de l’étranger est évidemment nécessaire mais ce qui est nouveau, c’est que les Juifs, installés dans le pays, commencent à sortir des villes pour fonder eux aussi des colonies.
La fondation de Peta’h Tikva, la Porte de l’Espoir, se fera grâce à l’initiative de trois amis qui quittent Jerusalem à la recherche de terrains à un prix abordable.
Pour vérifier la salubrité de l’endroit qu’on leur propose à la vente, ils prennent avec eux un médecin grec de Jerusalem. Celui-ci  est très pessimiste et leur fait remarquer que la population arabe de la région est clairsemée, atteinte de malaria et qu’il n’y a pas d’oiseaux: « S’il n’y a pas d’oiseaux cela veut dire que la terre n’est pas bonne «  leur dit-il.
Les trois amis passeront outre ses recommandations et fonderont la bourgade de Petah Tikva qui, par la suite, deviendra une des villes satellite de Tel Aviv.

petah tikva

(Petah Tikva en 1912, http://www.zionism-israel.com/)

Jerusalem aussi se transforme. L’hôpital Rothschild a été fondé en 1854.
Cette même année, la ville compte déjà sa première école moderne, l’école Lämel qui dispense un enseignement traditionnel et scientifique aux garçons,  et est également un pensionnat pour les orphelins de la ville:

jerusalem ecole lemel(Fronton de l’école Lämel, l’inscription sur le fronton est en allemand et en hébreu)

Et en 1860 est fondée la première école pour filles, l’école Evelina de Rothschild.

Jerusalem Ecole Evelina de Rothschild(Ecole Evelina de Rothschild)

Cette école existe toujours dans d’autres locaux, dans le quartier de Rehavia:

ecole Evelina de Rothschild

Le dix-neuvième siècle est aussi le siècle de la Renaissance de la langue hébraïque
Contrairement aux idées reçues, l’hébreu n’avait jamais cessé d’être la langue des Juifs, même si dans la Diaspora, les Juifs utilisaient les « langues juives » (comme le yiddish, le judeo-espagnol ou le judeo-arabe) pour ne pas la désacraliser. La littérature hébraïque avait été souvent cantonnée au religieux bien que de nombreux poètes se soient exprimés sur des sujets profanes et l’hébreu rabbinique était un mélange d’hébreu biblique, mishnaïque et d’araméen.

Au 18 ème siècle, la Haskalah*, sorte de pendant juif du mouvement des Lumières, apparaît chez les Juifs d’Europe centrale et orientale. Les Juifs de la Haskalah commencent à s’ouvrir à la culture occidentale. Certains, comme Mendelsohn, prôneront l’usage de l’allemand mais d’autres, essentiellement en Russie, voudront faire rentrer l’hébreu dans la modernité.
On va assister à l’explosion de toute une littérature populaire en hébreu aussi bien en Russie qu’en Eretz Israël. Les premiers  romans hébraïques écrits par l’écrivain Abraham Mapu* sont très influencés par le romantisme français bien que leurs thèmes soient purement bibliques. Ils rencontreront tout de suite un grand succès.
Une autre  figure de la littérature,  Mendele Mokher Sefarim*, choisira d’écrire dans une langue moins apprêtée que celle de Mapu. Son hébreu plus populaire est rapidement accepté et Hayim Nahman Bialik* le considérera comme son maître.

hebreu mendele mokher sefarim

(de droite à gauche: Hayim Nahman Bialik, le jounaliste Mordekhai Ben Ami, et Sholem Aleikhem (qui préférait écrire en Yiddish) et Mendele Mohker Sefarim à Odessa en 1910, he.wikipedia)

Non seulement, l’hébreu est la langue de la littérature juive moderne et profane mais les Juifs découvrent en traduction les best-sellers de l’époque, comme les Mystères de Paris, roman feuilleton d’Eugène Sue, traduit en 1857 par Kalman Shulman.

Hebreu traduction des mysteres de Paris (traduction des Mystères de Paris, d’Eugène Sue. La première édition date de 1857. Le livre a eu du succès puisque la photo est celle de la troisième édition en 1876 à Vilna)

En 1863, le premier journal en hébreu, Halevanon, sort des presses installées par Joel Salomon, l’un des fondateurs de Petah Tikva.  Il est bientôt suivi par de nombreux autres, aussi bien en Diaspora qu’en Eretz Israel.
Quand Eliezer ben Yehuda s’installe à Jerusalem et décide d’actualiser la langue hébraïque et de l’imposer comme langue quotidienne, il n’est pas complètement isolé, même si son intransigeance lui vaut souvent moqueries et hostilité. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, quand il lancera le projet éducatif de l’école entièrement hébraïque, il sera rapidement suivi par des dizaines d’enseignants enthousiastes.

Deux importants mouvements sionistes voient le jour en Russie en cette fin du 19 ème siècle: celui des  חוביבי ציון, les Amants de Sion (‘Hoveivei tsion)*  et celui du ביל’ו (Bilu).
Ce sont les premiers qui fonderont des villes comme Rishon leTsion* ou Ness Tsiona*.
Le deuxième, le Bilu, dont le nom acronyme signifie « Maison de Jacob, venez et marchons« * (Ishaia, 2,5), est fondé par des étudiants de la ville de Kharkov. Ses membres arrivent en Eretz Israel en 1882 et s’installent comme journaliers à Mikve Israel.
L’un d’eux Wladimir Doubnov est le frère de l’historien Simon Doubnov*. Il lui écrit: « Mon but suprême consiste à rendre aux Juifs l’indépendance dont ils sont été privés pendant 2000 ans…Ce but peut être atteint par plusieurs moyens: en fondant des colonies industrielles et agricoles…bref, en s’efforçant de placer notre terre et l’économie entre des mains juives. Entre autre, nous devons préparer notre jeunesse et la génération suivante à se servir des armes…Alors les Juifs eux-mêmes proclameront fortement, au besoin les armes à la main, qu’ils sont de nouveaux les maîtres de leur ancienne terre ».

En cette année commence ce qu’on appelle souvent la Première Alyiah.
Ce n’est pas et de loin la première fois que les Juifs reviennent sur leur terre ancestrale, mais c’est la première fois qu’en groupes constitués, ils viennent avec l’idéologie précise de l’amour de leur terre et le devoir de la fertiliser à nouveau. Cette idéologie oriente de manière définitive le mouvement sioniste qui prendra forme et programme avec Théodore Herzl en 1897.
Mais ce sera là une nouvelle page de notre histoire. Les « générations oubliées » ont préparé le sionisme politique du 20 ème siècle.

A bientôt,

*Montefiore:   https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/11/05/les-moulins-de-montefiore/

*Charles Netter (1826-1882): un des membres fondateur de l’Alliance Israelite Universelle *

*Rabbi Yehuda Bibas: Né à Gibraltar en 1776, il grandit à Livourne où il devint rabbin et  médecin!. Il partit ensuite à Londres où il rencontra Montefiore et fut nommé rabbin à Corfou. Profondément sioniste, il partit ensuite s’installer à  Hebron où il mourut en 1852

*Rabbi Yehuda Alkalay: Né en 1798, à Sarajevo. Il étudia à Jerusalem puis fut envoyé comme rabbin à Zemun en Serbie (à l’époque dans l’Empire austro-hongrois). Dans sa synagogue venait prier le grand-père de Théodore Herzl. Rabbi Alkalay prêcha lui aussi pour le retour à Sion et finit ses jours à Jerusalem en 1878

*Abraham Mapu (1808-1867), il était un des auteurs préférés de David Ben Gourion

*Mendele Mokher Sefarim ou Mendele le vendeur de livres (1835-1917) de son vrai nom Sholem Yankev Abramovitch, il écrivait en hébreu mais aussi en yiddish

*Hayim Nahman Bialik (1873-1934) est l’un des pionniers de la poésie hébraïque moderne.

*Rishon leTsion:   https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/01/27/ne-vous-inquietez-pas/

*Ness Tsiona:   https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/04/26/ness-tsiona/

*Zikhron Yaakov:   https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/10/09/lepopee-du-nili/

*Simon Doubnov: Né en 1860 en Biélorussie. Il était historien et linguiste. Persuadé que l’avenir des Juifs était de rester en Russie et non pas de partir en Israel, il se battit pour obtenir l’égalité de leurs droits. Très proche du mouvement bundiste (son gendre, Henryk Ehrlich, en était un des leaders), il fut assassiné par les nazis à Riga en 1941, lors du massacre de Rumbula.

Examine l’amphore

L’expression talmudique, תהה על קנקנו (Taha al kankano) se traduit littéralement par « examine son amphore ». Toujours  bien informé, Rashi nous explique qu’il s’agit d’une amphore pleine de vin et nous conseille de suivre cet adage talmudique: pour savoir si le vin est bon, il faut examiner l’amphore en vérifiant la qualité de la terre cuite, la qualité du bouchon et celle du sceau.

jarre timbre

De nos jours, on ne met plus le vin en amphore et « examine l’amphore » veut dire simplement : « examine le (ou la) de près, de très près ».
L’examen de passage que vous a fait subir votre belle-famille ne vous a sans doute pas empêché d’examiner en douce celui ou celle qui allait vous prendre votre enfant. La beauté n’est pas tout, loin de là! Et mine de rien, vous avez soupesé ses dires:

« Première gâchette chez Volfoni, cinq ans de labeur, de nuit comme de jour, et sans un accroc!’
Travail stable, mais… l’employeur?

tontons-flingueurs-1963

« Apres le Technion et Harvard, je suis en post-doctorat à… »
Quoi? Il est encore étudiant?

etudiant

Bref, vous avez examiné l’amphore!

amphores quartier juif(amphores de l’époque romaine trouvées dans le quartier juif de la vieille ville de Jerusalem. site alondon.net)

Mais même si l’amphore vous a semblé belle, vous êtes restés inquiets, car une belle amphore ne garantit pas la qualité du vin, au contraire.
On nous raconte d’ailleurs une histoire dans les Pirkei Avot*…

A l’époque de la Mishna, Rabbi Yehoshua ben Hanania* était si renommé pour sa sagesse que l’empereur de Rome lui- même le faisait appeler.
Mais un jour, la fille de la maison, enfant gâtée et sans cervelle, vit cet homme au visage si laid et s’écria :
-C’est donc toi Rabbi Yehoshua ben Hanania! Comment la sagesse peut elle sortir d’un tel visage ?
Sans se démonter, Rabbi Yehoshua  lui demanda alors dans quelle jarre, son père conservait son vin: dans une jarre  en métal précieux?

jarre metal


Ou alors dans une jarre en terre cuite tout simple?

jarre vin

-Idiot lui répondit-elle (car elle était en plus fort mal élevée), idiot ! Tout le monde sait bien qu’on conserve le vin dans une terre cuite toute simple, et certainement pas dans des jarres d’apparat !

-Eh bien, enfant gâtée, lui repondit Rabbi Yehoshua, ne regarde pas l’amphore mais plutôt ce qui est à l’intérieur !

אל תסתקל בקנקן אלא במה שישבו (al tistakel bakankan ela bema sheyeshbo)

rabbi yoshua ben hanania

C’est bien joli de nous vanter seulement la beauté intérieure, et  le roi Salomon lui-même s’en était mêlé dans son livre des Proverbes:  mensonge que la grâce, vaine est la beauté (שקר החן, והבל היופי) avait-il écrit, alors qu’il avait mille belles épouses dans son palais!

reine de_Sheba(On le voit ici recevoir la reine de Sheba: le tableau se trouve dans l’église éthiopienne de Jerusalem)

Mais, en réalité, ce qu’on voit tout d’abord, c’est l’amphore…
C’est pourquoi un compositeur israélien a répondu au roi sous la forme d’une chanson que ce mensonge avait de bien belles jambes, de belles mains, de beaux yeux et de belles lèvres « et si ce n’est qu’un mensonge, comment pourrais-je rêver de toi  » …

Ne vous inquiétez pas pour vos enfants, ils trouveront et l’amphore et le vin, Mazal Tov!

A bientôt,

*Pirkei Avot ou Maximes des Pères sont un des chapitres de la Mishna
*Rabbi Yehoshua ben Hanania fut un des rédacteurs de la Mishna qui vécut dans la première moitie de  l’ère chrétienne. Ses excellentes relations avec l’empereur Hadrien n’empêchèrent pas ce dernier de mater d’une manière barbare la révolte de Bar Kochba en 135. (https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/06/24/les-generations-oubliees-1/) Il est vrai que Rabbi Yehoshua, mort en 131,  n’était plus là pour le conseiller.