Un nouveau mois d’Eloul

 

Nous sommes revenus au mois d’Eloul.
L’aube est fraîche, elle sent le romarin et les plants d’anis lorsque je prends la route presque encore vide pour aller à la piscine. Une lumière rosée se profile à l’est du côté du Herodion et du désert de Yehuda…


La piscine est pleine … de grands mères comme moi*. N’allez pas croire qu’elles bavardent ou cancanent, non elles tracent leur sillon dans l’eau comme des pros. J’en salue quelques unes.  Si l’une de nous manque à l’appel, nous nous inquiétons et dès qu’elle revient nous l’interpellons: הכל בסדר (ha kol beseder) tout va bien?

Une heure plus tard, ma fille m’appelle, elle va au travail et moi au supermarché.
Nous sommes toutes les deux dans nos bouchons respectifs. Nous pestons contre les conducteurs imprudents et impudents. Je l’entends soudain qui éclate de rire: Dire que je ronchonne alors que je longe les murailles de Jerusalem!

Je continue ma route. Aux infos, comme toujours disputes et accusations contre untel ou untel. Bon, ça veut dire que rien de grave n’a eu lieu pendant la nuit…
La foret de Ein Yael sur ma gauche, je monte en direction du carrefour d’Ora.


Le supermarché donne sur la vallée d’Ein Lavan*.

 

 

Quelle beauté! Dire que j’ai pensé uniquement à mes courses au lieu d’en profiter…
Je respire l’air frais presque humide. La radio annonce un possible טיפטוף (tiftouf), une petite pluie intermittente.
Les étalages se couvrent de pots de miel et boites de dattes en promotion. Dans moins d’un mois c’est Rosh Hashana.
Dikla la boulangère soupire en écoutant le bruit des avions dans le ciel: D’où reviennent-t-ils? Elle est inquiète, son fils aîné est stationné dans le Nord. Je lui rappelle La guerre de 2 heures (comme l’a si bien titré la Metula News Agency) ou comment, après avoir ouvert le feu sur une position israélienne à 16h15 dimanche, à 18h30, le Hezbollah implorait trois intermédiaires d’arracher un cessez-le-feu à Israël.

 

                                                                                                                                     


  כל הכוב לצהל  (Kol hakavod leTsahal)  Bravo à notre armée!

Pourquoi les Iraniens nous haïssent-ils? Nous n’avons pas de conflit économique, pas de frontières communes, pas non plus l’intention de les envahir. Solidarité envers des Arabes qu’ils méprisent? L’Islam, tout simplement?
Je  m’interroge mais le ciel est d’un bleu si doux ce matin…
Je suis  arrêtée aux passages piéton par les משמרות זה’ב (mishmarot zahav), qui ne sont pas des gardes d’or,  mais des tours de garde  aux abords des écoles, effectués par les élèves:

Je me souviens de cette chanson de Naomi Shemer qui décrit si bien ce que nous sommes:

De ma fenêtre je vois une rue comme un fleuve superbe,  et des gens allant à leur labeur journalier… Des petits enfants, leur cartables sur leurs dos, des branches de myrte fleurissent…
Soudain je vois clair et je me dis: Non, non, non, vous ne me vaincrez pas, on ne me vainc pas si rapidement.
De ma fenêtre je vois un avion qui décolle, un avion plane et se cache dans les nuages  lointains. J’entends une machine, sa musique précise se déroule dans les rues et les marchés…
Soudain je vois clair et je me dis: Non, non, non vous ne me vaincrez pas, on ne me vainc pas si rapidement.

De ma fenêtre je vois printemps et automne, jour de pluie ou de sharav*, lumière et obscurité, un soliste et une chorale.
Tout se mélange, se mixe , chant de lamentation, chant d’exultation…  Et quelques fois c’est un brouhaha énorme!
Soudain je vois clair et je me dis: Non, non, non, vous ne me vaincrez pas, on ne me vainc pas si rapidement.

A bientôt,

*J’exagère. Il y a aussi  quelques courageux grands-pères

*Le Herodion:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2018/01/23/le-chemin-des-patriarches-4-le-goush-etzion/

*Ein Lavan:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/03/01/guivat-massoua/

*Sharav:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/09/11/sharav-ou-hamsin-quelle-poussiere/

 

 

Shabbat shalom

 Depuis quelques temps, il neige sur le ‘Hermon et et le Golan:

Neige sur le golan 2(Stand With Us facebook)

et ici avec le Kinneret dans la vallée:
Neige au Kinneret

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dans les montagnes de Galilée:

neige a Tsfat 2015

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dans les ruelles de Tsfat:
neige a Tsfat 2015 2

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J’ai trouvé ce petit film sur Metula, à la frontière libanaise:

Il a aussi neigé hier dans le Neguev à Beer Sheva, Dimona,

neige 2015 Dimona

Mitzpe Ramon et les hauteurs de la Arava:

neige dans le neguev 2015

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Et bien sûr à  Jerusalem:

neige Jerusalem 2015 3

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Cette nuit, sur  le campus universitaire  de Har Hatsofim (le Mont Scopus) avec cette inscription sur la neige: עם ישראל חי (Am Israel Hai), Le peuple d’Israel est vivant.

Neige Universite Jerusalem 2015

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Le tramway sous la neige hier soir,

neige Jerusalem 2015

(Stand With Us facebook)


Et cette photo prise par ma fille ce matin depuis son petit jardin à Guivat Massoua* donnant sur la Vallée Blanche, qui porte bien son nom aujourd’hui:

neige 2015 vallée blanche

Et comme nous sommes en plein hiver, nous nous régalons de fraises qui nous viennent des kibbutzim de la vallée du Jourdain! 

Shabbat shalom et à bientôt,

*Guivat Massoua:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/03/01/guivat-massoua/

Guivat Massoua

Continuons notre tour de Jérusalem:

Ma fille habite dans un nouveau quartier de la ville nommé Guivat Massoua, tout au sud, pas très loin de Ein Karem et du mochav Ora.

Guivat Massoua est un quartier tranquille et familial avec ses nombreuses rues hollandaises (impasses pavées)

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ses jardins publics et une population jeune avec  beaucoup de petits enfants, de poussettes et de ventres ronds.

C’est la ville à la campagne et de la barrière qui borde son jardin de poche, ma fille peut voir Emek Lavan, la Vallée Blanche :

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C’est une vallée encore sauvage, plus sauvage que celle d’Emek Haela parce qu’aucune route ne la traverse, sauf tout en bas, la petite route campagnarde qui mène au Goush Etsion en passant par le village de Walladja et en longeant la rivière Refaiym. C’est un lieu de promenade en famille:

emek halavan Zvi Schreiber

Les amandiers sauvages sont en fleurs depuis une semaine:

Emek Halavan.JPG amandiers en fleurs

Les gazelles paissent paisiblement:

emek halavn gazelles Zvi Schreiber

Comme toujours en Israël, les vestiges archéologiques sont nombreux:

emek halavan vestiges archeologiques Zvi Schreiber

(4 magnifiques photos ci-dessus trouvées sur le site de Zvi Schreiber:  http://www.massoua.org)

Ici on a surtout des autels servant aux cultes païens et qui datent de l’époque du Premier Temple. Jusqu’à l’exil de Babylone, le paganisme, officiellement éradiqué par les premiers rois d’Israël, en particulier Shaoul et David, n’a en fait jamais complètement disparu. Salomon lui-même avait fait preuve de laxisme en laissant une de ses nombreuses femmes, la fille de Pharaon, introduire ses dieux à la cour. Il est sûr que même si cette permission ne concernait que la reine (une des nombreuses reines !) et ses suivantes, de nombreux courtisans avaient dû trouver cela très « in ».
Mais, à certains moments de l’histoire, quelques rois avaient montré plus de fermeté, comme Oshea dont il est question dans le deuxième livre des Rois, chap 18 : « C’est lui qui fit disparaître les hauts-lieux, qui brisa les stèles, détruisit les Achêra et broya le serpent d’airain érigé par Moïse. Jusqu’à cette époque, en effet, les Israélites lui offraient de l’encens; on l’appelait Nehouchtân ». Le bâton de Moise, rien que ça ! Quelle Houtspa !!!
Or, ici dans notre blanche vallée, les archéologues se sont aperçus que les autels païens avaient été brisés par la main de l’homme ou plutôt ses outils. Oshea y serait-il pour quelque chose ?
Et puis, au milieu des collines, entourée de figuiers, noyers, amandiers, caroubiers et oliviers, se niche Ein Lavan, la source blanche qui alimente deux petits bassins peu profonds:

ein lavan 5

Je m’y suis promenée à nouveau aujourd’hui: éblouie par le rouge des coquelicots, l’or des genêts et le blanc rosé des amandiers en fleurs. Et tout cela dans la senteur des plantes chauffées par le soleil.

Demain il pleut!

A bientôt,