Le chemin des Patriarches (3)

Hevron est une ville dont tout le monde connaît le nom.
Selon le livre de Bereshit(Genèse), c’est là que sont enterrés nos patriarches ainsi que leur famille (sauf Ra’hel, morte en chemin et enterrée entre Jerusalem et Bethlehem):
Le texte est un peu long mais mérite d’être lu en entier car il montre combien Avraham ne voulait pas que la propriété de ce caveau de famille lui soit contestée un jour.

« Avraham s’avança et se prosterna devant le peuple du pays, devant les enfants de Heth,  et il leur parla ainsi: « Si vous trouvez bon que j’ensevelisse ce mort qui est devant moi, écoutez-moi: priez en ma faveur Éfron, fils de Tsohar,  pour qu’il me cède le caveau de Ma’hpéla…pour argent comptant, comme propriété tumulaire au milieu de vous. » Éfron…répondit à Abraham en présence des enfants de Heth, de tous ceux qui étaient venus à la porte de sa ville et dit: « Non, seigneur, écoute-moi, le champ, je te le donne; le caveau qui s’y trouve, je te le donne également; à la face de mes concitoyens je t’en fais don, ensevelis ton mort. »  Avraham se prosterna devant le peuple du pays et parla ainsi à Éfron en présence du peuple du pays: « Ah! s’il te plaît, écoute-moi: j’offre le prix de ce champ, accepte-le, que j’y puisse enterrer mon mort. » Éfron répondit à Abraham en lui disant: « Seigneur, écoute-moi: une terre de quatre cents sicles d’argent, qu’est-ce que cela entre nous deux? Enterres-y ton mort. » Avraham écouta Éfron et lui compta le prix qu’il avait énoncé en présence des enfants de ‘Heth: quatre cents sicles d’argent, en monnaie courante. Ainsi fut dévolu le champ d’Éfron situé à Ma’hpéla, en face de Mamré; ce champ, avec son caveau, avec les arbres qui le couvraient dans toute son étendue à la ronde, à Avraham, comme acquisition, en présence des enfants de Heth, de tous ceux qui étaient venus à la porte de la ville. Alors Avraham ensevelit Sara, son épouse, dans le caveau du champ de Ma’hpéla, en face de Mamré, qui est Hébron, dans le pays de Canaan. Le champ, avec le caveau qui s’y trouve, fut ainsi adjugé à Avraham, comme possession tumulaire, par les enfants de Heth. »(Bereshit 23, 8-20).
Lors de la mort d’Avraham, le texte de Bereshit insiste encore comme dans un document juridique pour que soit rappelé le souvenir de la transaction:
 Il (Avraham) fut inhumé par Isaac et Ismaël, ses fils, dans le caveau de Ma’hpéla, dans le domaine d’Efrôn, fils de Tsohar, ‘Héthéen, qui est en face de Mamré; ce domaine qu’Abraham avait acquis des enfants de ‘Heth. Là furent ensevelis Abraham et Sara son épouse. » (Bereshit 25, 9,10)

Depuis la grotte a été recouverte par un grand bâtiment construit par Hérode le Grand au premier siècle de l’ère chrétienne. Il sera transformé en mosquée au 12 ème siècle, la mosquée Ibrahim.


L’intérieur se divise en deux vastes salles, l’une aménagée en mosquée et l’autre en synagogue. Elles renferment plusieurs cénotaphes.
Les ossements véritables sont supposés se trouver dans la caverne de Mahpéla, c’est-à-dire au sous-sol.
Mais qu’y a t il exactement dans ce sous-sol?
Un document ancien rend compte d’une exploration faite en 1119, au temps où la Judée faisait partie du royaume croisé: des moines augustins avaient soulevé les pierres du dallage et trouvé une ouverture qui s’enfonçait profondément dans la roche. Là, ils découvrirent une petite pièce maçonnée mais vide. Mais à nouveau sous le dallage de cette pièce, une autre ouverture qui communiquait avec une grotte naturelle où se trouvaient 12 jarres contenant des ossements humains. Les moines les retirèrent et vendirent les ossements comme reliques des patriarches. En 1187, le pays retomba aux mains des musulmans et l’entrée de cette grotte fut fermée à nouveau.
En 1983,  Zeev Jevin, directeur du Service des Antiquités d’Israël, pénétra clandestinement dans la pièce maçonnée et arriva jusqu’à l’entrée des deux grottes en enfilade. Il n’y trouva que des tessons de poterie et quelques ossements abandonnés. L’analyse des tessons montra qu’ils dataient de l’age du fer, soit bien après l’époque d’Avraham. Les ossements furent laissés sur place et non analysés.

 

Les Juifs habitèrent ‘Hevron tout au long des siecles jusqu’en 1929, date à laquelle ils furent presque tous massacrés par les Arabes. Ce pogrom bien préparé fit 67 morts et 60 blessés.

Les maisons furent pillées, détruites, les synagogues rasées et les rouleaux de la Thora brûlés. Il faut noter qu’un musulman, nommé Haj Issa el-Kourdieh, qui vivait dans le quartier juif, cacha 33 Juifs dans sa cave. Les survivants du massacre se réfugièrent à Jerusalem. En 1931, 31 familles juives retournèrent à ‘Hevron mais en 1936, les Britanniques avertis d’un autre massacre, les expulsèrent.
Pendant la guerre d’indépendance, ‘Hevron fut conquise par l’armée jordanienne. Aucun Juif ne put y vivre, ni même venir y prier jusqu’en 1967 et ce alors que cette possibilité était incluse dans les accords d’armistice. Pendant 19 ans, les Jordaniens éliminèrent toute évidence d’une présence juive. Ils rasèrent le quartier juif, détruisirent le cimetière et établirent un enclos pour animaux dans les ruines de la synagogue Avraham Avinou.

Actuellement 700 juifs  vivent à ‘Hevron ainsi que 7000 dans le faubourg de Kiriat Arba.
Et pour ceux qui pensent toujours que nous oppressons les Arabes à ‘Hevron, voici un plan de la ville extrêmement parlant:


La partie en bleue est permise aux Juifs et la partie en vert leur est interdite.

Et comme dans les reportages sur ‘Hevron, la presse vous montre toujours  la même rue bouchée aux magasins fermés,  voici cette vidéo:

A bientôt,

 

 

 

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Le jeton est-il tombé?

Nous avons lu, il y a peu, la parasha כי תשא Ki Tissa (livre de Chemot (Exode) 30). Elle traite entre autre de l’impôt d’un demi-shekel que les Juifs devaient apporter pour la construction du משכן (mishkan) ou Tabernacle.
« Quand tu feras le dénombrement général des enfants d’Israël, chacun d’eux paiera au Seigneur le rachat de sa personne lors du dénombrement… Ce tribut, présenté par tous ceux qui seront compris dans le dénombrement, sera d’un demi-sicle, selon le poids du sanctuaire… La moitié sera l’offrande réservée au Seigneur. Le riche ne donnera pas plus, le pauvre ne donnera pas moins que la moitié du sicle, pour acquitter l’impôt de l’Éternel« .

Des shekels nous en utilisons tous les jours et si je devais couper la toute petite pièce de un shekel en deux, il ne resterait pas grand chose!
shekel actuel

Mais qu’est qu’un shekel à l’époque de Moshe?
Il y a environ 3500 ans, les pièces telles que nous les connaissons n’existent pas. Selon Hérodote, il faut attendre le 5 ème siècle* avant l’ère chrétienne, pour qu’apparaissent les premières pièces de monnaie. L’archéologie confirme ce fait. Les plus anciennes à ce jour ont été trouvées dans les fouilles du Temple d’Artémis à Éphèse et elles sont datées du 6 ème siècle.

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(Elles se trouvent au British Museum)

Quoi qu’il en soit, à l’époque de Moshe, on n’utilise pas de pièces: quand on fait ses courses, soit on troque soit on prend un peu d’un métal quelconque avec soi et on le découpe selon le prix de vente.
Donc, quand Dieu demande un demi-shekel il ne s’agit pas une pièce de monnaie. C’est la moitié d’un poids donné. Le mot poids  משקל (Mishkal) vient de la racine שקל (SH K L)  qui veut dire peser et a ainsi donné le mot שקל (shekel). Les 400 shekalim d’argent qu’Abraham paye à Efron pour l’achat de la grotte de la Ma’hpela où il enterre sa femme Sarah sont un poids de 4,4 kg  d’argent.
« Éfron répondit à la demande d’Abraham:  « Seigneur, écoute-moi: une terre de quatre cents sicles d’argent, qu’est-ce que cela entre nous deux? Enterres-y ton mort. »  Abraham écouta Éfron et lui compta le prix qu’il avait énoncé en présence des enfants de Heth: quatre cents sicles d’argent, selon l’usage « .
ד וַיַּעַן עֶפְרוֹן אֶת-אַבְרָהָם, לֵאמֹר לוֹ. טו אֲדֹנִי שְׁמָעֵנִי, אֶרֶץ אַרְבַּע מֵאֹת שֶׁקֶל-כֶּסֶף בֵּינִי וּבֵינְךָ מַה-הִוא; וְאֶת-מֵתְךָ, קְבֹר.טז וַיִּשְׁמַע אַבְרָהָם, אֶל-עֶפְרוֹן, וַיִּשְׁקֹל אַבְרָהָם לְעֶפְרֹן, אֶת-הַכֶּסֶף אֲשֶׁר דִּבֶּר בְּאָזְנֵי בְנֵי-חֵת–אַרְבַּע מֵאוֹת שֶׁקֶל כֶּסֶף, עֹבֵר לַסֹּחֵר.

Pendant toute la période biblique, le shekel sera un poids évalué à 11 gr. Comme il est écrit dans le livre du prophète Ezekiel (7,10):
Et ce mets dont tu te nourriras devra être pesé: le poids en sera de vingt shekalim par jour, d’un bout à l’autre [de la période] tu le mangeras.
 וּמַאֲכָלְךָ, אֲשֶׁר תֹּאכְלֶנּוּ–בְּמִשְׁקוֹל, עֶשְׂרִים שֶׁקֶל לַיּוֹם: מֵעֵת עַד-עֵת, תֹּאכְלֶנּוּ 

Avec l’arrivée des pièces comme moyen de transaction, le shekel deviendra peu à peu le nom de la monnaie juive jusqu’à maintenant* .

En fait, les premières pièces juives d’Eretz Israel apparaissent au retour de l’exil de Babylone, il y a 2500 ans. Au début, elles sont sans signe distinctif, mais bien vite elle seront marquées des symboles juifs.
piece datant du retour de l'exil a Babylone

On en trouve beaucoup qui datent de la première révolte au premier siècle de l’ère chrétienne:

200px-Half_Shekel(demi-shekel de l’année 68 qui porte les lettres hébraïques שג
dont la signification est: an 3 de la révolte
)

mais les plus nombreuses datent de la révolte de Bar Kokhba:

Barkokhba-silver-tetradrachm

(shekel de la révolte de Bar Kokhba au 2 ème siècle:
d’un côté le Temple et de l’autre l’inscription « Pour la liberté de Jerusalem »)

A l’époque de la Michna, le mot א-סימון (a-simon), d’origine grecque, entre dans la langue hébraïque. Il signifie sans signe distinctif. L’a-simon est une pièce neuve et lisse qui n’a pas encore été gravée.
De nos jours le terme א-סימון (a-simon) a repris du service. Il signifie jeton et en particulier jeton de téléphone.

Vous souvenez-vous des téléphones à jeton? On mettait le jeton dans la fente et on entendait alors un déclic… Bien qu’il n’y ait plus de jeton, l’idée du déclic soudain est restée dans l’expression: נפל האסימון (Nafal haAsimon), le jeton est tombé. C’est à dire: il a enfin compris.

Je n’ai pas besoin de vous traduire les paroles de la vidéo qui fait penser au sketch « Le 22 à Asnières »*, elle sont dans le sabir savoureux des nouveaux immigrants francophones des années 1960.

A bientôt,

*Je sais, certains vont m’objecter qu’en Corée on utilisait déjà des pièces de monnaie bien avant  mais ce qui nous intéresse est le Moyen-Orient.

*Si l’on excepte les années de 1948 à 1969 où la monnaie israélienne fut la livre israélienne, héritière de la livre palestinienne du Mandat britannique.

* Pour les nostalgiques:

Les générations oubliées (5)

« Oui, nous les Mamelouk, nous sommes une milice d’esclaves et ça depuis l’époque des premiers califes abbassides à Bagdad. De génération en génération, nous sommes recrutés très jeunes parmi les captifs non-musulmans en provenance des grandes plaines de la Russie méridionale ou du Caucase et convertis à l’islam. Mais nous, les esclaves, avons pris le pouvoir, conquis tout le Moyen-Orient et nous comptons bien le garder ! Les Juifs ? Ils ne sont que poussière dans notre immense empire ! »

mamelukes

A la fin du 13 ème siècle, les Mamelouk deviennent les maîtres de tout le Moyen-Orient et le resteront jusqu’en 1517. Ils s’en prennent plutôt aux Arabes, leurs ennemis traditionnels mais aussi aux Chrétiens, ennemis et infidèles. Les Juifs ne comptent pas beaucoup dans tout ce siècle de conflits ininterrompus mais évidemment en subissent les conséquences.

Cela dit, la population juive grandit pour deux raisons:
– Tout d’abord les musulmans sont tellement occupés à s’entretuer qu’ils sont moins attentifs à l’application des lois restreignant l’alyia, même s’ils sont toujours aussi pointilleux sur les signes vestimentaires discriminatoires*.
– Mais surtout, une partie de la population juive d’Europe, qui vit une vague d’exactions et d’expulsions, se décide pour le long et périlleux voyage qui les emmènera en Eretz Israel.
C’est ainsi que la communauté juive de Paris s’installera à Akko*, après le brûlement du Talmud en place de Grève, initié par Nicolas Donin* et en présence de Louis IX* en 1242. Ce n’est pas rien cette arrivée des Juifs de Paris: 300 familles, avec à leur tête, le célèbre Rabbi Yehiel qui recréera la « yeshiva de Paris » à Akko.
En 1267, l’arrivé d’un autre célèbre rabbin, espagnol celui-là, va encore donner plus de lustre à la vie juive en Israel: il s’agit de Rabbi Moshe ben Nahman, plus connu sous le nom de Nahmanide* qui a fait le voyage depuis la Catalogne, lui aussi avec ses nombreux élèves et leur famille.

Ramban peinture murale Akko

Rabbi Moshe ben Nahman s’installera tout d’abord à Jerusalem puis ensuite à Akko où se trouve alors la plus grande communauté juive. Il y a quelques années, en 1972, on a retrouvé son sceau sur le site de Tel Kisan aux alentours de Akko, un sceau en cuivre sur lequel est inscrit son nom.

sceau du ramban

Mais pendant son court séjour à Jerusalem, Nahmanide aura eu le temps d’édifier une synagogue. Cette synagogue existe encore. Elle a été restaurée dans selon son aspect original en 1967 après avoir été détruite par les Jordaniens. Elle est construite trois mètres en dessous du niveau de la rue conformément aux restrictions imposées par les musulmans aux édifices des dhimmis.*

synagogue Nahmanide

Les auteurs arabes de l’époque reconnaissent eux-mêmes l’importance de la vie juive aux 13 et 14 ème siècles. Un écrivain nomme Dimasqi fournit un témoignage sur les habitudes des Juifs de Galilée, en particulier sur les pèlerinages au Mont Meron, à côté de Tsfat*, sur la tombe de Rabbi Shimon Bar Yohai.

A Beit Shean, tout près de la vallée du Jourdain, s’installent des Juifs d’Italie et en particulier un géographe, originaire de Florence, Yishak ben Moshe Ashtory Haparhi. En 1322, il y écrit son célèbre ouvrage, kakftor veferah, כפתור ופרח,  (bourgeon et fleur), le premier livre scientifique sur la géographie physique et humaine d’Eretz Israel.

livre Kaftor veferah

Les chrétiens sont de plus en plus nombreux à venir en pèlerinage en Terre Sainte, ce qui nous vaut des recensions sur la vie juive de cette époque. Un moine franciscain, Jacques de Vérone, mentionne les Juifs comme de bons « guides capables de raconter l’histoire des lieux. Cette connaissance étant transmise de génération en génération par les plus sages d’entre eux ».

Mais même ici, en Israel, les Juifs sont victimes d’expulsions et d’exactions. Ils s’installent souvent où ils peuvent et une ville considérée comme sûre pendant quelques années peut être ré-abandonnée brusquement. C’est ainsi que les villes de la côte sont désertées dans la deuxième moitié du 14 ème siècle, à cause de la politique de la terre brûlée des Mamelouk qui ont peur d’une nouvelle invasion croisée et tiennent les Juifs venus d’Europe pour d’éventuels alliés de ces derniers!

Par conséquent,  Jérusalem et Hebron redeviennent  alors des centres juifs importants:
Jerusalem se repeuple, la populations juive y est même jugée suffisamment nombreuse pour que les musulmans s’en inquiètent et les persécutent pour qu’ils quittent la ville. A Hebron, à 30 km au Sud de la ville,  leur nombre augmente aussi. Un voyageur allemand note la place importante des Juifs dans la cité et leur présence à la grotte de la Ma’hpela* où les musulmans les autorisent à prier moyennant finance.

En Galilée , la destruction des villes côtières  a conduit la population juive à se regrouper à Tsfat, alors capitale administrative de la région, ce qui provoque la colère des musulmans qui protestent contre leur trop grand nombre et « leurs belles maisons ».

Au 15ème siècle, la dégradation de la situation des Juifs en Europe amène un tel renouveau de l’alyia que le Pape demande aux marchands chrétiens de ne plus prendre de Juifs dans les bateaux cinglant vers Israel…
Cependant sur place, la situation des Juifs de Jerusalem se détériore brusquement. En 1440, le Sultan les impose si lourdement qu’ils sont nombreux à quitter la ville. Plus tard en 1474, les musulmans détruisent un certain nombre de synagogues (dont celle du Ramban) et obligent les Juifs à payer une lourde taxe supplémentaire pour leur reconstruction. Ce qui fait que lors de leur alyia, Rabbi Ovadia de Bartenura (Bertinoro) et  ses nombreux élèves, ne trouvent pas  plus de 70 familles dans la ville. Né dans la jolie ville de Bertinoro en Emilie Romagne, Rabbi Ovadia est un érudit très connu. Ses commentaires sur la Mishna, inspirés de Rashi et du Rambam, sont déjà célèbres et connaîtront de nombreuses éditions.

ovadia de Bertinoro

(Première édition imprimée en 1547 de ses commentaires sur la Mishna, traité Zrayim)

C’est aussi homme très influent. Et j’avoue ne pas savoir comment, mais il obtient du sultan l’abolition de ces lourdes taxes et du Pape l’autorisation pour les Juifs d’utiliser les bateaux chrétiens dans leur voyage vers Eretz Israel !… Ce qui provoque alors nouveau un pic d’alyia en provenance d’Italie mais aussi d’Espagne où la situation des Juifs empire chaque année depuis déjà un siècle.

A bientôt,

*Le premier à introduire des signes vestimentaires discriminatoires fut le calife Omar lors de l’invasion arabe: les musulmans portaient un turban blanc ou bariolé, tandis que les Juifs étaient tenus au jaune, les chrétiens au bleu et les Samaritains au rouge. Cette idée géniale fut rapportée en Europe par les Croisés (certains disent par Saint Louis) et prospéra dans toute l’Europe sous forme de rouelle, de chapeau, de brassard et enfin jusqu’à l’étoile jaune.

*Akko: Saint Jean d’Acre

*Tsfat: Safed

*Nicolas Donin: Juif converti au christianisme et devenu moine franciscain. Par son zèle antisémite, il fut l’équivalent des Alterjuifs de notre époque. Pour vous documenter sur l’antisionisme et l’antisémitisme d’aujourd’hui et le rôle des Alterjuifs actuels, une bonne lecture sur le blog d’Olivier: http://zakhor-online.com/?p=4716,  et http://zakhor-online.com/?p=4729.
Ou encore, cet article de Kravi qui traite de la haine de soi: http://www.juif.org/go-blogs-41905.php
Et bien sûr, les articles du numéro 4 de la  revue Controverses:

http://www.controverses.fr/Sommaires/sommaire4.htm

*Nahmanide (1194-1270) ou Moshe ben Nahman de Gérone, poète, kabbaliste, philosophe. Grand admirateur de Maimonide, il est attiré par le mysticisme et est le premier à introduire le midrash kabbaliste dans ses commentaires. En 1263, il est obligé de représenter le judaïsme face à Pablo Christiani (encore un Alterjuif) lors de la disputation de Barcelone à propos de la venue du Messie et de sa nature et en présence du roi Jacques Ier d’Aragon. Il arrive à convaincre le roi de la justesse de son raisonnement mais, ses propos ayant été jugés blasphématoires par l’Eglise, il quitte la Catalogne pour Israel. Le 29 août 1263 les Juifs d’Espagne reçoivent l’ordre d’éliminer tous les passages du Talmud ayant trait au Messie.

*Les règles de constructions de synagogues étaient partout les mêmes dans le monde musulman ou chrétien. Certaines ont perduré jusqu’au 19 ème siècle en lois « non-écrites ». Pour exemple la synagogue du qui Tilsitt à Lyon, dont la construction,  légèrement plus basse que les immeubles mitoyens, avait été acceptée à cette condition (en 1863!)