Terroriste: ça paye bien!

Connaissez-vous le Ministère palestinien en charge des prisonniers (dans les geôles israéliennes)? Non? ce n’est pas grave: Il a fermé ses portes il y a quelques temps (le mot Ministère ne plaisait pas aux Occidentaux), mais rassurez-vous Mahmoud Abbas l’a tout de suite remplacé par le Bureau en charge des prisonniers.
Ce bureau est chargé de distribuer salaires et rentes aux terroristes prisonniers en Israel et à leur famille. Tout est extrêmement bien codifié comme dans la meilleure administration et l’échelle des salaire est établie en fonction du nombre d’années passées dans l’activité terroriste et en fonction de la gravité des blessures infligées à ses victimes. En résumé, plus il y a de morts, plus c’est rentable.

Cette année, 7% du budget de l’Autorité Palestinienne, soit 1,4 milliards de Shekels* (avec une augmentation de 200 millions de Shekels par rapport au budget précédent) est utilisé pour ces salaires. Il faut noter aussi que ces salaires sont bien plus élevés que le salaire moyen de 3000 shekel que reçoivent les fonctionnaires de l’Autorité Palestinienne.
Ces salaire élevés ne sont garantis qu’aux terroristes. Les voleurs, trafiquants de drogue ou même meurtriers de droit commun palestiniens incarcérés en Israel ne sont pas concernés. Ce qui compte, c’est de tuer des Juifs.
Voici la grille des salaires versés par l’Autorité Palestinienne aux terroristes emprisonnés en Israel:

Durée de l’emprisonnement en années Salaire mensuel en Shekels
Jusqu’à 3    1 400
3-5 ans    2 000
5-10 ans    4 000
10-15 ans    6 000
15-20 ans    7 000
20-25 ans   8 000
25-30 ans  10 000
Plus de 30 ans  12 000


Lorsqu’il sera libéré, il recevra:

Plusieurs années de prison Un poste dans l’administration civile Position dans l’armée
5-6 ans Chef de département Lieutenant
6-8 ans Taux directeur 3 Capitaine
8-10 ans Manager niveau 2 Major
10-15 ans Manager niveau 1 Lieutenant colonel
15-20 ans Directeur général Colonel
20-25 ans Sous-secrétaire adjoint Brigadier général
25-30 ans Sous secrétaire Champion
30 ans et plus Ministre Champion avec ancienneté

A ceci s’ajoute une subvention à la libération du terroriste:

Plusieurs années de prison Le montant de la subvention après la libération en shekel
1-3 ans    5 400
3-5 ans    9 000
5-8 ans   12 700
8-11 ans   16 300
11-15 ans   21 800
15-18 ans   30 000
18-21 ans   36 000
21-25 ans   44 000
25-30 ans   54 500
Plus de 30 ans  100 000

La semaine dernière, le terroriste Arafat Al Rifaiyeh a quitté ‘Hevron armé d’un couteau pour devenir un shahid: Je suis entré en Israel avec un couteau pour tuer des Juifs, a-t-il déclaré aux enquêteurs, je voulais être un shahid.
Sa victime s’appelait Ori Ansbacher, âgée de 19 ans. Elle effectuait son service civil au Centre Yeelim, centre de thérapie pour enfants et adolescents présentants des troubles du comportement*. Ce centre se trouve dans les bois d’Ein Yael, à deux pas de chez moi.

En récompense de son crime abominable,  l’Autorité Palestinienne lui versera  un salaire mensuel de 12000 shekel et cela pendant toute sa vie. De plus, au cas où il sortira de prison, il aura potentiellement un emploi tout à fait dans ses cordes dans l’administration terroriste: ministre, au grade de champion senior, et fera la fête avec une subvention de 100 000 shekels.
Mais j’allais oublier: sa famille sera dispensée de:
– Frais de scolarité dans les écoles et les universités publiques.
– Paiements d’assurance maladie.
– Frais de scolarité pour tous les programmes de formation professionnelle dispensés par les organismes officiels compétents.

Mahmoud qui pleure misère à chaque fois qu’il est interviewé a déclaré que même s’il ne lui restait qu’une piécette, il la donnerait aux terroristes emprisonnés. Je ne me fais cependant pas de souci pour lui:

(Son palais à Ramallah)

Mais comme l’Autorité Palestinienne est une autorité démocratique, certains cas peuvent faire exception: si par exemple un des shahids s’avérait devenir un ennemi politique de Mahmoud Abbas, ces avantages lui seraient bien évidemment sucrés. faut tout de même pas exagérer! Sachez que toutes les « petites piécettes » qu’il récolte de ci de là, servent essentiellement à entretenir son entreprise terroriste et qu’elles proviennent entre autre des impôts des contribuables de l’Union Européenne.
Lisez l’article de Helen Keller-Lind sur le scandale du cofinancement par le contribuable français des salaires versés par l’Autorité palestinienne aux meurtriers terroristes:
http://www.desinfos.com/spip.php?article66006

En mars 2018, la Knesset a approuvé une loi déduisant les montants des salaires et autres rentes versées aux terroristes du remboursement de taxes qu’Israel reverse à Ramallah. Toutefois cette loi n’a pas encore été appliquée, sans doute pour ménager certains états dits « amis ».
En mars 2018 Le Sénat américain a approuvé la loi Taylor dans le cadre d’un nouveau budget de 1,3 milliard de dollars, qui prévoit la suppression de l’aide de l’Autorité palestinienne tant qu’elle encourage le terrorisme. Cette loi porte le nom d’un étudiant américain Taylor Force, assassiné en mars 2016 à Yaffo.
En juillet 2018, la ministre australienne des Affaires étrangères, Julie Bishop, a annoncé qu’elle arrêtait le transfert de fonds à l’Autorité Palestinienne. Elle a pris cette décision après avoir demandé en vain que cet argent, d’un montant de 10 millions de dollars australiens, ne parvienne pas aux prisonniers palestiniens reconnus coupables d’infractions terroristes.

Pour moi comme pour la plupart des gens, ces réponses sont nécessaires mais pas suffisantes.
En 1951, au même endroit,  Leah Festinger*, âgée de 18 ans, a été enlevée par des infiltrés arabes, violée et assassinée comme Ori. L’armée israélienne a lancé une opération de représailles visant à détruire le village d’où étaient partis les terroristes  (le village a été remplacé par le quartier de Gilo).

(Leah Festinger 1933-1951)

Et dire que maintenant on doit se contenter de détruire la maison (ou seulement l’étage de la maison) où vivait le terroriste!
Comme le disait hier, sur la chaîne 20, la journaliste Sarah Beck:
Nous sommes tous épris de paix mais après des actes comme celui-ci, ce serait se souiller que parler de paix. Nous connaissons malheureusement trop bien le scénario. Les hommes politiques font de grands discours mais quand on en arrive à l’action des forces de sécurité, et à la destruction de la maison, on nous sort alors l’histoire habituelle de la famille « malade » ou démunie et Tsahal ne détruit alors que la chambre du terroriste pour surtout ne pas causer de dommages à sa famille…. Bien sur, il ira en prison, dans une prison israélienne où il vivra confortablement jusqu’à ce qu’enfin il soit libéré à l’occasion d’un échange. Ça suffit!  Cette retenue politiquement correcte du gouvernement est insupportable. Elie Wiesel a dit un jour: Le contraire de l’amour ce n’est pas la haine, le contraire de l’amour c’est l’indifférence. Cette indifférence revient à la haine de l’homme. Nous ne pouvons plus revenir à notre routine habituelle. C’est ce que nous avons fait déjà tellement de fois cette année où ont été assassinés le Rav Aviel sheva’h, le rav Itamar Ben Gal, Ziv Daos, Nethanel Kahalani, Adiel Kolman, Ronen Lubarsky, Aviv Levy, Yotam Ovadia, Ari Fold, Kim Levengrod, Ziv ‘Hadjbi, le bebe Amiad Israel Ishran, Hadas Popukhi, le couple Kadouri, Assaf Cohen et Yovel Mor Yosssef et enfin maintenant Ori Ansbacher. Nos forces de sécurité se dévouent sans relâche pour notre peuple. Il est nécessaire que le pouvoir judiciaire fasse maintenant de même. Lève toi, réveille toi, gouvernement d’Israel!


(Comme vous le pouvez le voir, la famille du terroriste n’est pas démunie, d’où son affirmation de « malade »)

En attendant, les infrastructures des territoires sous administration de l’Autorité palestinienne continuent à se détériorer au détriment de sa population. Ainsi pour exemple, bien que l’eau manque dans toute la région et qu’Israel fournisse aujourd’hui deux fois plus d’eau à l’Autorité palestinienne que les quantités prévues dans les accords d’Oslo, 40% de celle-ci est perdue dans les canalisations du fait de leur mauvais état, les nappes phréatique sont vidées et polluées .

A bientôt,

PS. Je lis aujourd’hui que le meurtrier de Ori Ansbacher a été officiellement déclaré « Héros de la résistance palestinienne » et recevra à ce titre 3700 dollars par mois, soit 4 fois le salaire moyen dans les territoires contrôlés par l’Autorité Palestinienne, ce qui équivaut à 13 475 shekalim payés essentiellement par les impôts des citoyens de l’Union Européenne. Sous peu des écoles ici et là porteront son nom et des mairies, même en France, le feront citoyen d’honneur.

*Centre Yeelim:
http://www.jerusalemfoundation.org/vulnerable-populations/yaelim-nature-therapy-for-youth-at-risk-at-ein-yael.aspx

*  Selon les rapports, dans le budget pour 2018, l’Autorité palestinienne affecte directement 550 millions de NIS aux salaires des prisonniers de sécurité emprisonnés en Israël, ainsi que 687 millions de NIS aux familles des terroristes tués dans des attentats terroristes ou des tentatives d’attaque contre Israël.

* Lea Festinger:
http://laad.btl.gov.il/Web/He/TerrorVictims/Page/Default.aspx?ID=37290&fbclid=IwAR05yU9CbPYx49BUKAGJfr_vWzeo_X3_gW7MNwCCrADT-ISt4Ci3Bn_AtC0

 

 

 

Léger, si léger?

Tisha beAv vient de se terminer.
Lors d’un jour de jeûne, on a l’habitude de souhaiter: צום קל (Tsom Kal), jeune facile, léger.
Le mot קל (kal) vient de la racine קלל KLL qui a plusieurs significations.
Commençons par les plus évidentes.
Il est logique que si Kal signifie léger, la forme de conjugaison des verbes la plus facile à apprendre, la plus légère à l’élève, se nomme Kal, ou forme simple.
De la même manière, lorsqu’on avance des arguments allant du plus simple au plus complexe, on utilise un des principes de l’herméneutique appelé קל וחומר (kal va’homer) du léger au « dense » , c’est à dire un raisonnement à fortiori*.
Dans le Tanakh, lorsque Noa’h est enfermé dans l’arche et scrute impatiemment la mer, il remarque qu’enfin כי קלו המיים que les eaux se sont « allégées », réduites, il commence alors à entrevoir la fin de sa réclusion.
Lorsque David se lamente sur la mort de Jonathan et de son père, le roi Shaoul, il les décrits comme plus « légers » que les aigles מנשרים קלו, sans doute plus rapides*
Ci-dessus le mont Guilboa où moururent le roi Shaoul et son fils Jonathan lors d’une bataille contre les Philistins.

Dans le livre des Proverbes, בִּקֶּשׁ לֵץ חָכְמָה וָאָיִן וְדַעַת לְנָבוֹן נָקָל (Bikesh letz ‘hochma veein vedaat lenavon nakel), le sot demande en vain la sagesse, alors que la compréhension vient légèrement (aisément) à l’homme sage.

Et l’homme sage est souvent décrit comme indulgent. C’est ainsi qu’à l’époque de la Mishna, Hillel était appelé מקל, celui qui allège les sentences*.
                                                                            (Grotte où furent enterrés Hillel et ses élèves)

Mais la légèreté peut conduire quelqu’un à sa perte.
Dans le livre de Samuel, il est question d’Ashael ben Tsouria, fils d’une de soeurs du roi David. Lors de la guerre civile qui oppose David au roi Shaoul, Ashael poursuit Avner, général de l’armée du roi Shaoul. Or « Ashael avait les pieds légers comme un chevreuil dans un champ, וַעֲשָׂהאֵל קַל בְּרַגְלָיו כְּאַחַד הַצְּבָיִם אֲשֶׁר בַּשָּׂדֶה »
Avner qui le connaît bien lui dit: Écarte-toi, cesse de me poursuivre ! Pourquoi faudrait-il que je t’abatte ? Comment pourrais-je alors regarder en face ton frère Yoav ? » mais Ashael continue et Avner le tue. Ashael a agit par fidélité à son oncle David mais certains commentateurs relient ses pieds légers à une certaine légèreté, une certaine insouciance du danger.
Dans la langue moderne on parle de אשה קלה (Isha Kala), une femme légère, ce qui me fâche car des hommes légers il y a en à foison.

La racine KLL ne joue pas seulement sur les deux aspects positifs ou négatifs de la légèreté. Elle a aussi donne  קילל (killel), maudire, et des mots comme קללה (klala) malédiction,  קלון (kalon) dégradation, קלקל (kilkel) abimer.

On retrouve le mot קללה (Klala) malédiction, dans le refrain d’un célèbre piyout de Rosh Hashana: תכלה שנה וקללותיה. Que s’en aille l’année avec ses malédictions!
Le voici interpreté par Rakefet Amsalem:

Dans la littérature rabbinique, il est écrit que parmi la foule d’esclaves juifs envoyés à Rome par Vespasien,  nombre d’entre eux furent destinés aux maisons de disgrâce, בתי קלון, (batei Kalon) ou bordels…

9av marche des juifs de Rome 1947 arc de triomphe de Titus(Début décembre 1947, après la proclamation du partage de la Palestine par l’ONU, les Juifs de Rome organisèrent une marche sous l’arc de triomphe de Titus pour célébrer la renaissance d’Israel. (Journal Davar)

Alors, faut-il prendre la vie comme elle vient? לקחת את החיים בקלות?
Nous ne sommes pas très doués pour ça. Il est vrai que notre histoire ne nous aide pas, ni notre grande mémoire.
La situation actuelle ne nous aide pas non plus: après avoir vécu depuis 3 mois, sous la menace des ballons incendiaires envoyés quotidiennement par le ‘Hamas, après avoir vu les champs brûler,

(résultats des incendies, journal Makor Rishon)

après les tirs d’obus, des roquettes qui ont blessé une famille à Sderot,

Vendredi, un soldat a été tué par le tir d’un tireur d’élite du ‘Hamas*.

Il s’appelait Aviv Levy et avait 21 ans. Il commandait un groupe de soldats originaires de la tribu de Menashe, et arrivés du Mizoram (état indien situé à la frontière birmane).

Son enterrement a eu lieu aujourd’hui.
On se trouve dans une situation de soi-disant cessez le feu, bien que le ‘Hamas ait déclaré que cette trêve ne valait pas pour les ballons incendiaires. En fait, on est tributaire des décisions du ‘Hamas et ceci pour ne pas déplaire aux Russes qui nous donnent une petite (toute petite) latitude pour nous défendre dans le Nord. Beaucoup de gens, y compris des journalistes à la télévision (!) demandent que nous reprenions les éliminations ciblées des responsables du ‘Hamas (dans le passé ceci avait apporté un peu de répit). Si comme je le lis ici ou là, seule une petite partie des gazaouis, soutient, les exactions du ‘Hamas, ce pourrait être une solution. Supprimons les assassins!
Ceci dit, les assassins ne se trouvent pas qu’à Gaza. Mahmoud a piqué une colère, il a trépigné sur son fauteuil en exigeant que ses troupes aussi participent à la fête anti-juive et ceci pour faire la pige au ‘Hamas qui prend de l’importance à Ramallah.
Et donc, un ballon incendiaire est tombé avant hier dans la cour d’une maison dans le quartier de Gilo, à côté de chez moi. Heureusement, le système de mise à feu n’a pas fonctionné. C’est un cadeau de nos voisins de Bethlehem.

 

(La police examine l’engin. (photo rotter.net)

Au moment de publier cet article, ce matin à nouveau des ballons incendiaires dans le sud: Lors d’une réunion avec la sécurité civile,les paysans et le pompiers ont enregistré ce chant qui rappelle l’époque de la guerre des 6 jours: 

et dans le Nord, les sirènes de Tseva Adom (couleur rouge) retentissent en ce moment.

Et dans le même temps, on sauve les casques blancs syriens et leur famille:

A bientôt,

* L’hermeneutique juive:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Treize_principes_de_Rabbi_Ishma%C3%ABl

*Dans sa lamentation sur la mort de Shaoul et de Jonathan, David compare les deux héros au roi des oiseaux et au roi des animaux: ils étaient plus légers que les aigles et plus forts que les lions.

*Le ‘Hamas est armé par l’Iran: le tireur a utilisé un fusil sniper Sayad-2 fabriqué en Iran, arme standard des Gardiens de la Révolution. Cette arme a une portée de 1,5 km. Elle peut percer un gilet pare-balle en céramique.

 

Sharav ou ‘Hamsin? Quelle poussière!

Dans tout le pays,  nous subissons depuis mardi une grosse vague de chaleur accompagnée de vent de sable. C’est ce qu’on appelle le שרב (sharav).

sharav 2015 2

(le sharav à Tel Aviv et les embouteillages du matin sur l’Ayalon)

En fait le vent qui nous l’a apporté est tombé rapidement mais le sable est resté en suspension dans l’air. C’est un phénomène connu ici, qui se produit toujours à la fin de l’été ou de l’hiver. Cette année il est particulièrement sévère.

sharav 2015(A Jerusalem, la rue Yaffo et le tramway)

L’époque biblique connaissait bien sûr le שרב (sharav) et le prophète Isaïe en parle à plusieurs reprises:

« Ils n’éprouveront ni faim ni soif; ni sécheresse ni soleil brûlant ne les feront souffrir, car Celui qui les a pris en pitié les dirigera et les mènera près des sources d’eau. » (Isaie 49,10)

לֹא יִרְעָבוּ וְלֹא יִצְמָאוּ, וְלֹא-יַכֵּם שָׁרָב וָשָׁמֶשׁ: כִּי-מְרַחֲמָם יְנַהֲגֵם, וְעַל-מַבּוּעֵי מַיִם יְנַהֲלֵם.

A cette époque, le mot a aussi le sens de mirage comme dans cette phrase:

Le mirage deviendra une nappe d’eau et le pays de la soif aura ses fontaines. La demeure où gîtent les bêtes sauvages sera une région couverte de roseaux et de joncs.)Isaïe 35, 7)
וְהָיָה הַשָּׁרָב לַאֲגַם, וְצִמָּאוֹן לְמַבּוּעֵי מָיִם; בִּנְוֵה תַנִּים רִבְצָהּ, חָצִיר לְקָנֶה וָגֹמֶא.

Comme cette semaine, on n’y voyait pas à 10 mètres je n’ai pas remarqué de mirage:

sharav 2015 3 vallee des gazelles

(La vallée des gazelles dans le centre ville*)

Le mot arabe ‘hamsin a été longtemps employé à la place de sharav. Vous le connaissez certainement. Mais le ‘hamsin n’est pas le sharav: le ‘hamsin est un vent du sud, brûlant, qui souffle en Egypte parfois pendant 50 jours, d’où son nom (‘hamsin=50 en arabe). Ce sont les soldats anglais stationnés en Egypte qui ont ensuite rapporté ce mot de ‘hamsin chez nous ,pendant la période mandataire.

Le sharav de ces jours ci nous est envoyé de Syrie. Les pays limitrophes au Nord Est d’Israel sont les plus touchés.
sharav satellite 2

Pendant ces 4 jours, la radio et la télévision ont égrené les conseils de prudence…
Enfin, depuis ce matin nous pouvons voir la colline de Gilo, et le jaune du ciel disparaît sous un bleu léger.
Nous avons pu nettoyer la maison où  tout était recouvert d’une mince couche de sable malgré les fenêtres fermées. Les yeux et la peau sont moins irrités, nous pouvons enfin respirer à pleins poumons… Il fera encore très chaud jusqu’à dimanche mais nous rentrerons dans la nouvelle année sous un ciel étoilé.

 

A Rosh Hashana, on passera vraiment du ‘hol au kodesh*  et puis, les premières pluies arriveront comme toujours à Soukot. Deux semaines à attendre, c’est tout!

A bientôt,

*La vallée des gazelles:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/04/09/la-vallee-des-gazelles/

* Le mot חול (‘hol) le sable a aussi la signification de « profane ». Je mets des guillemet à profane parce que certains mots sont intraduisibles en français. Le mot ‘hol, non-religieux, profane, a donné le mot ‘hiloni, non-pratiquant (et surtout pas laïque comme il est presque toujours traduit, la laïcité est une spécificité française qui ne rend pas compte de la réalité juive ou israélienne). Opposé au mot חול (‘hol) le mot קודש (kodesh) lui même- ne signifie pas saint ou sacré mais séparé, mis à part:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/03/30/tout-est-en-ordre/

Nous, les Yerushalmim!

Sur son blog, Iratika, mon ami Yaakov a posté cet article il y a quelques jours:
http://iratika.eklablog.com/faut-il-partitionner-jerusalem-a106686344

J’ai pensé qu’habitant sur place, je devais vous montrer par quelques exemples précis pourquoi diviser Jerusalem causerait des dommages irréparables à toute une population.

Ce qu’on appelle l’initiative de Genève* de 2003 et ses multiples avatars nous  présentent la partition de Jerusalem comme le seul moyen d’obtenir une « paix juste et durable » *…

Tout d’abord, le côté obscène de cette proposition:
Après avoir crié sa joie en voyant Berlin réunifiée et redevenir la capitale de l’Allemagne, une certaine bien-pensance veut nous imposer ce qu’elle a jugé catastrophique pour les Berlinois mais tout à fait acceptable, voire recommandé pour nous! Et le sinistre Berlin-Est, Berlin-Ouest devient le tout à fait raisonnable Jerusalem-Est, Jerusalem-Ouest*!

Qui sont donc les Hyérosolomitains?
Ce mot étant très laid, je préfère le remplacer par son équivalent hébraïque, les Yerushalmim.
Nous, les Yerushalmim, sommes essentiellement des Juifs et des Arabes (musulmans et chrétiens) ainsi que des Arméniens, des Grecs, des Tcherkesses, des Druzes et autres qui sont toujours, je ne sais pourquoi, étiquetés par les Occidentaux comme des Arabes…. Pour simplifier, adoptons leur étiquetage…

Jerusalem le tramway haaretz

(Les Yerushalmim dans le tramway boycotté par la bien-pensance car il dessert les « territoires occupés », photo Haaretz)

Décider qu’un des deux groupes devra vivre d’un côté d’une frontière et l’autre de l’autre, c’est décider d’une purification ethnique déguisée avec déplacement de population. Pourquoi?
Parce qu’à Jerusalem, nombre d’Arabes et de Juifs habitent les mêmes quartiers.
Décider qu’une rue, jordanienne pendant 19 ans, doit devenir palestinienne, revient à en expulser les habitants juifs qui y habitent. Décider que l’autre côté de la même rue restera en Israel, revient à en expulser les habitants arabes ou éventuellement les priver de leur travail.
Je vous donne quelques exemples: ma belle-mère et mon beau-frère habitent l’une en face de l’autre, mon beau-frère devra déménager. Trois rues plus loin, son beau-père aussi déménagera. Son voisin arabe qui habite de l’autre côté de la rue se retrouvera en Palestine et perdra ainsi son travail à l’hôpital Shaarei Tsedek, qui restera en Israel.

Je resterai sans doute chez moi, à Malha, mais un peu plus loin, les Arabes du quartier de Beit Safafa seront bien embêtés.
Pourquoi?
Beit Safafa fut longtemps un petit village au Nord de Bethlehem. Pendant le mandat britannique, sa population grandit et il se retrouva être la proche banlieue de Jerusalem. Puis, l’armistice de 1949 le coupa en deux: la partie Nord fut attribuée à Israel et la partie Sud à la Jordanie. La partie israélienne du village se développa jusqu’à toucher et  s’imbriquer dans les quartiers de Katamonim et de Pat, principalement occupés par des Juifs ayant fui les pays arabes. Pendant 19 ans, les habitants arabes de Beit Safafa ne pouvaient pas passer du Nord au Sud, y compris pour des événements familiaux, les Jordaniens les considérant comme des ennemis.

En 1967, le village fut réuni et les familles purent se revoir. Les habitants du Sud profitèrent des infrastructures de la partie Nord du village comme ce terrain de sport construit sur l’ancienne frontière.

Beit Safafa terrain de sport

Le village se développa en montant vers la colline de Guilo, appelée « colonie juive » par les médias occidentaux… Et pourtant qui habite maintenant à Beit Safafa Sud, en « territoire occupé » où il y a encore de la place pour construire? Les habitants arabes israéliens de Beit Safafa Nord mais aussi des Arabes de Nazareth ou d’autres villes israéliennes, attirés par la capitale. Sont-ils eux aussi des colons comme le sont les habitants juifs de Gilo? Habitent-ils eux-aussi en « territoire occupé »  ou bien leur identité arabe leur permet-elle d’habiter partout sans qu’ils soient considérés comme des « colons »?

Un de nos députés, arabe israélien, né sur le territoire israélien d’avant 1967, habite maintenant dans une « colonie » au nord de Jerusalem. Bien sûr, personne n’osera appeler son quartier « colonie » puisqu’il est habité par des Arabes mais qu’en est-il de lui, Arabe israélien, député israélien et payé par l’état? N’est-il pas un colon lui aussi? Le plus drôle ou peut-être le plus triste, c’est qu’il vitupère contre les « colonies » avant de rentrer chez lui!

Si la ville est divisée, que deviendra la population? Que deviendra mon pharmacien qui habite sur le trottoir de gauche de cette rue? Il est arabe et se retrouvera en Palestine, donc tout sera pour le mieux dans le meilleur du monde sauf que…c’est un Arabe israélien du clan des Abou Gosh, cette bourgade qui se trouve à la sortie de la ville en direction de Tel Aviv*. Soit il perdra sa pharmacie et sa maison, soit il perdra sa famille.

Beit Safafa

(la pharmacie se trouve à gauche derrière les arbres)

L’appartement du professeur de piano de ma petite-fille se trouve sur le même côté. Comme elle est juive, elle devra déménager.

Si vous pensez que je chipote pour pas grand chose regardez cette carte:

initiative de Geneve

Cliquez sur la carte pour mieux voir de quoi il s’agit: la ligne verte est la ligne d’armistice de 1949. Elle se continue en violet, comme la ligne de partition proposée à Genève. Tout ce qui est au-dessous de cette ligne verte ou violette disparaîtra du territoire israélien: Guilo, Har Guilo ainsi que deux quartiers arabes, Sharafat et  Beit Safafa-Sud.

Ne nous attardons pas sur le sort des Juifs, ils ont l’habitude d’être expulsés. Car s’il y a asymétrie dans ce conflit, elle est bien là. Il est exigé des Juifs ce qui ne l’est pas pour les Arabes .
Non! Attardons plutôt nous sur le sort de tous les autres Israéliens, ceux qui ne sont pas Juifs mais Arabes et qui se sont installés ici. Attardons nous sur le sort de ces Arabes qui ont été Jordaniens pendant 19 ans: croyez-vous sincèrement qu’ils préféreront vivre dans un territoire palestinien où règne l’arbitraire et la corruption plutôt que dans une démocratie comme Israel?*

Et que dire aussi des habitants arabes de Jérusalem qui ont préféré habiter dans une « colonie juive », comme à Pisgat Zeev, pour offrir à leurs enfants une bonne éducation?

Dans la plupart des quartiers de la ville nous vivons ensemble*.
Est-ce toujours facile? Non, mais nous nous côtoyons et nous travaillons ensemble malgré le décalage culturel, l’antisémitisme dominant dans les populations arabes et leur mépris étalé ouvertement à l’égard de ce qui est juif.

« Mais il ne s’agit pas d’expulser qui que ce soit » s’indigneront les bonnes âmes: » les Arabes qui se trouveront dans la partie israélienne, resteront chez eux!
Bien sûr qu’ils resteront, car en fait, l’idée d’un déplacement symétrique des populations tel que je l’écrivais un peu plus haut n’a jamais été envisagée.
Mes voisin arabes de Malha resteront chez eux. Le patron arabe du pressing en haut de notre colline restera.
Car l’expulsion ne concernera que les Juifs! 

Devront partir les Juifs de Gilo, de Har Gilo, ceux d’une partie de Talpiot, Arnona, Abou Tor, Armon Hanatsiv et je ne parle que des quartiers du Sud de la ville… Eux devront partir car nos voisins nous l’ont précisé maintes et maintes fois et le répètent encore: »pas de Juifs (ils ne parlent pas d’Israéliens mais de Juifs!) sur notre territoire! »

Certains me disent encore: « Mais enfin, il y a bien des quartiers où les Juifs ne vont pas! »
C’est vrai. Je pourrais vous dire que c’est parce que je n’y connais personne mais ce serait un argument cosmétique.
Non la réalité est plus dure: non seulement je n’y connais personne mais ils sont dangereux pour moi!

Mais chez vous en Europe, n’y a t-il pas des quartiers que vous évitez pour les mêmes raisons? Faut-il diviser vos villes, déclarer le fameux 93 ou la banlieue nord de Marseille ou Vaux en Velin, enclaves indépendantes? Ce qui n’est pas bon pour les Européens ou les Américains ne l’est pas plus pour nous!

Sous couvert de justice, la  bien-pensance fait oeuvre de racisme: Juifs d’un côté et Arabes de l’autre.

Quand on commence à sélectionner on sait comment ça finit.

A bientôt,

PS: Nos fenêtres donnent sur le village de Beit Safafa. Si par malheur, Jerusalem était divisée, elles seraient une proie facile pour les snipers d’un état de Palestine qui ne sera jamais satisfait quelles que soient les concessions.

*L’initiative de Genève; http://fr.wikipedia.org/wiki/Initiative_de_Gen%C3%A8ve.

*Pour faire la paix, c’est comme pour danser le tango, il faut être deux

*Expression idiote: En dehors du quartier juif de la Vieille Ville, les « colonies » se trouvent surtout au Nord, au Sud et au Sud-Ouest de la ville

*Les Abou Gosh: https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/06/05/lancienne-gare-de-jerusalem/ https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/11/07/the-elvis-inn/

* Prenons l’exemple de la ville israélienne d’Um El Farm où se recrutent les plus farouches opposants arabes au sionisme. Lors des négociations avec la Jordanie qui aboutirent à un accord de paix en 1994, les Israéliens proposèrent au roi Hussein un échange: Um El Farm contre des terres agricoles. cela n’aboutit pas car les habitants de cette ville crièrent à la discrimination!!

* Et pas seulement à Jerusalem. En fait c’est ainsi dans tout le pays: mon fils a étudié à l’université d’Ariel, boycottée car elle se trouve dans les « territoires occupés », de nombreux Arabes des « territoires » étudiaient avec lui (http://www.ariel.ac.il/en).