Tisha BeAv תשעה באב

תשעה באב – Tisha BeAv*:
La destruction du Temple, une première fois et une deuxième fois, la destruction de la ville et le massacre de sa population par Godefroy de Bouillon et ses croisés et bien d’autres catastrophes encore…

Comme tous les ans, nous jeûnerons en souvenir des nos malheurs anciens , nous ferons notre examen de conscience, persuadés que c’est à cause de nos manques et en particulier de notre désunion que ces catastrophes se sont produites.
Mais avez-vous entendu un seul juif beugler sa haine contre les peuples qui nous ont maltraités (et c’est un euphémisme). Comme disait ma mère: il faudrait haïr trop de monde!
Je relie quelques phrases postées sur la page facebook de Nations pour Israel:
Question classique d’un antisémite : « Si un jour il m arrivait d’être victime de la colonisation j’essayerais de ne pas être haineux , mais j’avoue que j’aurais du mal , pas vous ? »
Et l’excellente réponse de Pug:
Non, regardez les Israéliens… Leur Judée ancestrale a été colonisée par des arabes d’Egypte, de Jordanie, de Syrie, d’Arabie et du Liban et ils le vivent très bien. 1,5 million d’Israéliens sont des arabes. Leur Judée ancestrale est aussi colonisée par beaucoup de missions étrangères qui conservent des trésors de l’archéologie et de l’histoire juive et ça se passerait bien si ces pays, comme la France, ne les interdisaient pas d’accès à ces sites. Leur pays est colonisé par une religion musulmane qui n’a pas d’attache en Israël mais occupe le lieu le plus saint du Judaïsme. Leur capitale est colonisée par une religion chrétienne qui s’est largement compromise dans l’antisémitisme pendant 20 siècles. Et leur plus grande ville portuaire (Haifa) est même le sanctuaire de la religion Bahaï*. Et tout ça, les Israéliens le vivent très bien et en sont fiers. »
Ah, heureusement que nous avons des amis sûrs, tels que ces Goys là!

Pour moi, Tisha BeAv est un rappel de l’horreur dans lequel on ne doit pas s’engluer, rien de comparable aux jours mémoriels de la Shoah que je vivais en France et  dont je sortais avec une sensation d’inachevé, un gout amer dans la bouche.

Tisha BeAv me renvoie à la racine du verbe ישב (YaSHAV= être assis ou s’asseoir) sans doute tout d’abord parce ce jour-là, nous prions traditionnellement assis par terre comme des endeuillés pendant la shiva.

Ensuite parce que lorsque  nous nous lamentons sur Jerusalem détruite et dépeuplée, nous l’appelons la ville assise solitaire, יָשְׁבָה‭ ‬בָדָד (Yashva Badad): Elle est assise et sans force, car elle a été témoin, impuissante de la destruction du Temple et de son peuple…
אֵיכָה יָשְׁבָה בָדָד, הָעִיר רַבָּתִי עָם–הָיְתָה
Comme elle est assise solitaire, la cité naguère si peuplée…(Eikha, Les Lamentations* 1,1)


(Détail de la colonne trajane à Rome: les soldats romains lors du siège de Jerusalem)

Mais la racine de ce verbe a de nombreuses autres significations, elle apparaît 800 fois dans le Tanakh. C’est dire combien elle est importante.

Par exemple, lorsqu’Avraham attend ses visiteurs, assis à l’entrée de sa tente…:
L’Eternel se révéla à lui dans les plaines de Mamré, étant assis à l’entrée de sa tente, pendant la chaleur du jour.
וַיֵּרָא אֵלָיו יְהוָה, בְּאֵלֹנֵי מַמְרֵא; וְהוּא יֹשֵׁב פֶּתַח-הָאֹהֶל, כְּחֹם הַיּוֹם
Le verbe assis traduit selon les commentateurs une attitude dynamique: Avraham se prépare à accueillir comme il se doit tous ceux qui se présenteront. Et c’est ce qui se passera avec les trois envoyés qui lui annonceront sa future paternité.

A l’opposé, il peut au contraire avoir une connotation négative:
Avraham monte seul avec son fils Yits’hak au mont Moriah. Il laisse ses serviteurs assis avec l’âne: שְׁבוּ‭ ‬לָכֶם‭ ‬פֹּה‭ ‬עִם‭ ‬הַחֲמר (shevu lakhem po im ha-hamor), restez assis pour vous avec l’âne.
Les serviteurs, pourtant dévoués, ne prennent pas part à l’expérience, réservée à Avraham et à son fils Yits’hak, ils ne peuvent qu’adopter une attitude passive et ne pourront pas participer à l’épreuve d’Avraham.

Dans le texte du livre des Juges, on nous dit que Dvora était assise sous son palmier:
Or Dvora (Debora), une prophétesse, femme de Lappidoth, gouvernait Israël à cette époque.  Elle siégeait au pied du « Palmier de Dvora », entre Rama et Béthel, dans la montagne d’Ephraïm; et c’est à elle que les enfants d’Israel s’adressaient pour obtenir justice:
וּדְבוֹרָה אִשָּׁה נְבִיאָה, אֵשֶׁת לַפִּידוֹת–הִיא שֹׁפְטָה אֶת-יִשְׂרָאֵל, בָּעֵת הַהִיא. וְהִיא יוֹשֶׁבֶת תַּחַת-תֹּמֶר דְּבוֹרָה,בֵּין הָרָמָה וּבֵין בֵּית-אֵל–בְּהַר אֶפְרָיִם; וַיַּעֲלוּ אֵלֶיהָ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, לַמִּשְׁפָּט
On l’imagine bien, traitant des affaires de l’état à l’ombre d’un palmier mais Rachi ne se contente pas de cette image. Pour lui, elle étudiait le texte de la Thora pour donner une assise solide à ses jugements.

La racine ישב (YSHV) peut signifier aussi prendre le temps de réfléchir:
Un de mes amis dont la langue maternelle était l’hébreu, utilisait toujours le verbe s’asseoir pour dire réfléchir. Viens asseyons-nous, me disait-il.
D’un indécis, on dit qu’il est assis sur la barrière ישֵׁב‭ ‬עַל‭ ‬הַגָּדֵר . C’est aussi le titre d’une chanson composée par Arik Einstein.
L’indécis est souvent un angoissé qui ne sait pas où asseoir ses pensées, sinon sur une barrière, sans grand équilibre, au contraire de celui qui possède un bon ישוב דעת (yishuv daat), la tranquillité d’esprit. Un état de stabilité mentale et émotionnelle permet en effet de maintenir son équilibre et d’avoir une vision claire des moments présents, en particulier dans des situations difficiles.*

Cette même racine peut signifier aussi être enraciné, habiter durablement, sédentairement:
Ici, dans notre pays et je m’adresse en particulier à nos faux-amis, à nos vrais ennemis, nous nous sommes « assis » pour y rester. יושבים (yoshevim)!
Nous habitons un pays assis ארץ נושבת (Eretz Noshevet) et non pas un camp de transit. Ce n’est pas du temporaire.
Elle indique en même temps l’adhésion à un groupe. Comme le disait le roi David:
Je ne prends point place avec des gens faux, je ne fraye point avec des hypocrites.
לֹא-יָשַׁבְתִּי, עִם-מְתֵי-שָׁוְא; וְעִם נַעֲלָמִים, לֹא אָבוֹא (Psaume-Tehilim 26,4)
De nos jours,  les soldats du Palmach ont utilisé un autre psaume alors qu’ils étaient assis autour du feu de camp en chantant:
«Ah! qu’il est bon, qu’il est doux à des frères d’être assis ensemble
הִנֵּה מַה-טּוֹב, וּמַה-נָּעִים– שֶׁבֶת אַחִים גַּם-יָחַד (Psaume 133,1)


Enfin, la racine nous parle de discussions, donc d’échanges*. Le mot יְשִׁיבָה (yeshivah) fait allusion à la position assise, à une réunion de travail ou politique ou à une école talmudique par exemple.

Depuis hier, une famille est assise en shiva pour la mort de leur fils. Dvir Sorek, 19 ans, a été assassiné ce mercredi alors qu’il arrivait à la porte du kibboutz Migdal Oz où il étudiait. Il s’est défendu comme il a pu, mais il n’était pas armé. Ses seules armes étaient les livres qu’ils venait d’acheter pour remercier ses enseignants de la yeshiva.

A l’enterrement, son père a parlé de la lumière qu’il voyait dans les yeux de son fils. Il n’y a aucune lumière dans les yeux des terroristes, seulement la haine et l’envie de meurtre. Ses assassins sont toujours recherchés. J’espère qu’ils résisteront à leur arrestation et qu’ainsi l’armée les éliminera*.

A bientôt,

* אֵיכָה יָשְׁבָה בָדָד, הָעִיר רַבָּתִי עָם- Comme elle est assise solitaire la ville si peuplee (Eikha chap 1, verset 1): Le premier mot Eikha ne veut pas dire lamentation mais comment ou combien. Il est curieux que les traductions aient préféré le mot lamentation. Il est vrai que notre mur de l’ouest, le kotel hamaaravi, est traduit par Mur des lamentations!

*Les Bahaï:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/03/28/un-jardin-persan/

* L’importance du Yishuv Daat a été longuement traitée dans les commentaires juifs. Je cite seulement l’un deux:
3 choses peuvent faire que l’homme se conduise mal: la superstition, le mauvais esprit et la futilité.

* Celui qui est muet, qui ne peut plus échanger אילם, devient אלים, violent

* Le salaire des terroristes que paye l’autorité palestinienne
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2019/02/14/terroriste-ca-paye-bien/

On creuse, on creuse!

Je l’avoue, j’ai toujours eu un faible pour Goliath*.
Je sais, c’est un méchant philistin mais il m’a toujours semblé surtout très bête,  incapable de penser plus loin que ses biceps et de se méfier du petit rouquin* teigneux que les Juifs avaient choisi comme champion.

Les Philistins nous ont causé des problèmes pendant des siècles. Ces envahisseurs d’origine grecque, crétoise peut-être, avaient établi des comptoirs sur la côte (Ashdod, Ashkelon) et essayaient de grignoter peu à peu le territoire en y établissant des villes comme Gat ( actuellement Kiriat Gat) et Ekron. Mais où  se cachait donc la ville de Tsiklag que les archéologues situent tout près de Kiriat Gat (au nord de Beer Sheva) en se référant aux textes bibliques?…
La nouvelle est finalement tombée il y a quelques semaines:
Nous avons retrouvé Tsiklag!
Effectivement, tout près de Kiriat Gat!

(arutz 7)

Le nom de Tziklag est mentionné à plusieurs reprises dans les  livres du prophète  Samuel.
Selon l’histoire biblique, Akhish, roi de Gat, permit à David de se réfugier à Tsiklag lorsqu’il fuyait devant le roi Shaoul, obtenant son allégeance en contrepartie:
David dit à Akhish: « Si j’ai trouvé faveur à tes yeux, fais-moi accorder une résidence dans quelque bourg de la campagne, pour que j’y demeure: pourquoi ton serviteur résiderait-il dans la ville royale, à tes côtés? Et Akhish, le même jour, lui fit don de Tsiklag; aussi Tsiklag a-t-il appartenu aux rois de Yehuda jusqu’aujourd’hui… Et Akhish comptait sur David, disant: « Certes, il s’est mis en mauvaise odeur auprès d’Israël, son peuple, et il restera mon sujet à jamais. »(I Samuel, chap 26)
Le roi David faisant allégeance aux Philistins! Et pourtant oui, et en toute honnêteté. Lorsque le roi Akhish décide d’attaquer Shaoul à Afek, les troupes de David sont prêtes à l’aider. Mais les généraux philistins se méfient de lui:
Qu’est-ce que ces Hébreux? Akhish leur répondit: « Mais c’est David, le serviteur de Shaoul, roi d’Israël, qui a été auprès de moi bien des jours et même des années, et chez qui je n’ai rien trouvé à reprendre depuis son arrivée jusqu’à ce jour. »
Finalement, Akhish est obligé de céder à ses officiers
et David s’en retourne. C’est ainsi qu’ils ne participera pas à la bataille qui verra la mort du roi Shaoul et de Yonathan son fils, mais découvrira à son retour chez lui, la ville de Tsiklag complètement détruite:
Or, lorsque David et ses hommes arrivèrent à Tsiklag le troisième jour, les Amalékites avaient envahi le Neguev et cette ville, l’avaient saccagée et livrée aux flammes… David et ses hommes, en arrivant dans la ville, la trouvèrent incendiée, leurs femmes et leurs enfants emmenés captifs… Mais: David reprit tout ce qu’avaient enlevé les Amalékites, y compris ses deux femmes. Rien n’y manqua, depuis la moindre capture jusqu’à la plus grande, jusqu’aux garçons et aux filles, rien du butin dont ils s’étaient emparés; tout fut ramené par David…

Mais ne nous laissons pas captiver par le texte du Tanakh qui est un merveilleux livre d’aventures, et revenons aux fouilles:
Comment être sûr qu’il s’agit de la ville de Tsiklag et non pas d’une autre bourgade? Tout d’abord, la localisation géographique correspond au texte du Tanakh.
Ensuite, les artefacts sont caractéristiques de la civilisation philistine, que ce soient des bols, des lampes, placés sous les planchers des bâtiments (en signe de porte-bonheur), des vases en pierres ou en métal. Ils sont tous similaires à ceux déjà découverts dans les cités philistines d’Ashdod, Ashqelon, Ekron et Gat.

(Israel Hayom)

De plus. il n’y a pas trace d’un habitat juif*.
Mais un fait aussi très intéressant: on a trouvé par contre des traces d’un habitat juif rural, en bordure de la ville et datant de l’époque du roi David: là aussi une grande variété de bols, pichets, pots, utilisés pour stocker l’huile et le vin, mais ceux-ci décorés de rouge selon les coutumes des Judéens. Comme le texte du Tanakh lui-même nous indique que Tsiklag fut ensuite la propriété des rois de Yehuda jusqu’aujourd’hui (dit le texte), la bourgade juive, en bordure de la ville, fut certainement utilisée pendant des siècles pour surveiller la plaine jusqu’à la mer.

 

 

 

Enfin, cette description géographique de Tziklag fait écho à l’élégie de David, dans laquelle il pleure la mort de Shaoul et de Yonathan, morts au combat contre les Philistins (lors de la bataille à laquelle il n’a pas participé):
Oh! L’orgueil d’Israël! Le voilà gisant sur les hauteurs! Comme ils sont tombés, les vaillants!  Ne l’allez pas dire à Gath, ne le publiez pas dans les rues d’Ashkelon; elles pourraient s’en réjouir, les filles des Philistins, elles en triompheraient, les filles des impurs! (2 Samuel 19 et 20)

(Chœur du New College Oxford. Les lamentations de David de William Boyce, 1744)

Et puisque nous creusons, creusons encore!

Trouver Tsiklag c’est bien, mais découvrir une ville préhistorique, datant de 9000 ans, c’est incroyable!  Et pourtant, l’une d’elle a été mise au jour à Motsa, à quelques kilomètres de Jerusalem, et tout près de l’autoroute qui conduit à Tel Aviv.

Quand on imagine la préhistoire, on pense aux fameux chasseurs-cueilleurs habitant dans des grottes et vêtus de peaux de bêtes. Il est vrai qu’il y a 9000 ans, avec l’apparition de l’agriculture, les hommes se sédentarisent et l’habitat humain se concentre naturellement en villages.
Mais là, à Motsa,  ce qui est surprenant c’est la taille de la ville. On estime sa population à environ 30 000 habitants!
De plus, tous ces gens vivent non pas dans des huttes mais dans des bâtiments, séparés par des rues et organisés en quartiers. D’après leur taille, certains de ces bâtiments sont des maisons privées mais pour d’autres, il s’agit certainement de bâtiments publics. Des sépultures où se trouvent des offrandes votives sont regroupées dans certaines zones de la ville. ce qui suppose une organisation sociale déjà très élaborée.
On a évidemment trouvé des milliers de pointes de flèches, des outils, des couteaux, des haches en silex, des bijoux en grand nombre et des figurines, comme celle-ci qui ressemble beaucoup à une autre du même âge, trouvée à côté de ‘Hevron

(mapah.co.il, photo Clara Amit)

 

Mais le plus surprenant, ce sont les coquillages provenant de la mer Méditerranée ou de la mer Rouge, ou des objets en obsidienne, en albâtre ou décorés de nacre. Tout cela suppose un artisanat de haut niveau et des circuits commerciaux déjà bien établis.
Enfin, la quantité de grains et de légumineuses dans les entrepôts montre aussi que les habitants de cette ville ne se contentaient pas d’une agriculture seulement vivrière et, vu le nombre important d’os de mouton, que la domestication était déjà bien implantée.

 

(mapah.co.il, photo Yaniv Berman)

Continuons à creuser,
Tandis que nos voisins, avec la complicité des Occidentaux, essayent d’islamiser tous les lieux saints ou sites archéologiques juifs, nous, nous continuons à creuser pour mettre cette fois au jour les restes d’une mosquée datant du 7 ème siècle, découverte dans le Neguev, tout près de la ville de Rahat.

(mapah.co.il, photo Anat Rasiuk)

Que voulez vous! Le catéchisme en vogue répète que nous sommes un pays d’apartheid, c’est donc pour cela que nous ne pouvons pas laisser cette pauvre mosquée en paix!
C’est pour la même raison que de pauvres femmes arabes de Jerusalem, ou des touristes musulmanes venues faire un tour chez l’occupant sioniste, se font photographier aux côtés d’une soldate haineuse.

 

Un journaliste et blogger saoudien venu nous rendre visite (mais si, mais si) aurait dû demander à cette soldate de l’accompagner. Il pensait qu’en tant qu’Arabe, musulman, saoudien en costume local, traverser le quartier musulman de la vieille ville serait une promenade de santé et qu’il pourrait prier sans crainte à la mosquée d’Al Aqsa…
Que nenni! Il a dû se frayer un chemin sous les injures lancées par des musulmans, kafer ibn kafer (infidèle fils d’infidèle), des crachats, tous les palestiniens te crachent dessus, les menaces et les jets de projectiles en tous genre.

(à la fin du reportage, il est fait mention des maisons arabes détruites car construites sans permis. Evidemment, l’Union Européenne a condamné fermement cette décision d’autant qu’elle a financé leur construction!)

Notre police barbare a arrêté quelques suspects, non pardon, trois héros bien endoctrinés par l’association des journalistes palestiniens, organe du Fata’h, sous le patronage de Mahmoud Abbas!

Et si nous creusions en famille?…

 

 

A bientôt,

*Goliath, mon philistin préféré:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/07/26/goliath-ou-est-tu/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/12/27/la-vallee-du-terebinthe/

*Rouquin le roi David? Il est appelé אדמוני (admoni) de Adom rouge. Certains traduisent par roux, d’autres par rougeaud, aux joues vermeilles:
« On le (David) fit donc venir. Or, il avait le teint vermeil, avec cela de beaux yeux et bonne mine… Et Dieu dit à Samuel: « Va, oins-le, c’est lui! (1Samuel, 16,12)
וַיִּשְׁלַח וַיְבִיאֵהוּ וְהוּא אַדְמוֹנִי, עִם-יְפֵה עֵינַיִם וְטוֹב רֹאִי;  וַיֹּאמֶר יְהוָה קוּם מְשָׁחֵהוּ, כִּי-זֶה הוּא.

*L’habitat juif: habitat « à quatre espaces », c’est à dire une maison avec quatre parties bien définies: l’habitation proprement dite, l’étable, le hangar à grains et le mikvé. Selon nos informations, seuls les Hébreux organisaient ainsi leur maison. L’absence de statuettes sacrées et la seule présence d’ossements d’animaux cacher confirme qu’il s’agit bien là d’une habitation juive.
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/11/14/a-la-recherche-de-larche-perdue/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le chemin des Patriarches (11 et fin)

Cette fois, les Patriarches vont droit au nord, vers la cité de ‘Hatzor.
Hatzor est connue depuis la plus haute antiquité. Elle se trouve au carrefour des routes commerciales sud-nord allant d’Egypte en Phénicie, et des routes ouest-est, de la mer Méditerranée à la Mésopotamie et l’Asie mineure.
‘Hatzor domine la plus grande réserve d’eau du pays, le Kinneret, ainsi que la plaine fertile de ‘Hula au nord. Du fait de sa position stratégique, elle a été conquise, perdue et reconquise un bon nombre de fois et elle est mentionnée à plusieurs reprises dans le texte de la Bible. Mais la plus ancienne mention connue à son sujet sont les Ecrits de malédiction, originaires d’Egypte, textes magiques censés maudire ceux à qui ils s’adressent. C’est dire si la ville était un objet de convoitise pour beaucoup!

(Ecrits de malédictions égyptiens)

La ville est aussi mentionnée  dans des tablettes trouvées conjointement à Mari (en Syrie) et à ‘Hatzor. Ces tablettes sont écrites en alphabet cunéiforme et elles sont ce qui reste du courrier diplomatique entre les rois des deux villes.*

(J’essaye, mais la plupart du temps en vain, de trouver des vidéos en français. J’en trouve un certain nombre en anglais mais cette fois la plus parlante -si on peut dire- est muette!)

De nos jours, la ville  חצור הגלילית (‘Hatzor hagalilit), ‘Hatzor la galiléenne, a été fondée au début des années 50, sur l’emplacement d’une maabara* peuplée essentiellement de Juifs originaires du Maroc.

Bien qu’elle soit située à proximité de Rosh Pina*

et du Kibboutz Ayelet Hasha’har,

elle est surtout connue pour être le lieu du tombeau de Honi Hameagel*

De ‘Hatzor, les Patriarches continuent en direction nord-est, traversant le Jourdain: Comment le traversent-ils?
Existait-il déjà des ponts faits de barques retenues entre elles par des cordes de lin, recouvertes de planches et bordées de garde-fous des deux côtés, comme ce sera le cas environ 1500 ans plus tard en Perse? Peut-être…
Pour une rivière si étroite que le Jourdain mais qui peut en hiver se transformer en torrent bouillonnant, on peut supposer qu’ils ont attendu la saison chaude et sèche de l’été pour traverser à gué ou avec l’aide d’un passeur.
Toutefois, on est sûr que la région était déjà habitée:
Des fouilles archéologiques menées par l’Université Hébraïque de Jerusalem ont apporté la preuve d’un habitat humain organisé, bien antérieur à l’époque des Patriarches: on y a notamment découvert de nombreux squelettes d’animaux  et de haches en basalte. Par conséquent des ponts enjambant le Jourdain devaient probablement déjà exister.
Ceci dit, il existe dans le nord de la Galilée, un pont qui porte encore le nom de בנות יעקוב (Bnot Yaakov), les filles de Yaakov. L’endroit s’appelle d’ailleurs le gué de Yaakov.  On y a trouvé les traces d’un pont datant de l’époque romaine qui a été régulièrement réparé et reconstruit. Pendant les deux siècles que dura le Royaume Croisé (1099-1291), un couvent en percevait les taxes de passage.
En fait, pendant des siècles, le gué de Yaakov fut un point de passage clé entre Akko et Damas. Ce fut aussi un lieu de bataille opposant les croisés aux musulmans. Il est surtout connu pour avoir été l’objet d’une constante dispute entre Baudoin IV de Jerusalem et Saladin. Baudoin autorisa les Templiers à y construire une forteresse nommée le Chastelet, en hébreu מצד אתרת (Metzad Ateret). La forteresse fut assiégée et détruite par Saladin le 23 août 1179.

Le pont fut bien sûr reconstruit et continua à faire parler de lui jusqu’à nos jours:
En 1799,  il indiqua la limite nord de l’avance napoléonienne:
(le pont des filles de Yaakov avec au loin l’armée de Napoleon, gravure anglaise de 1803)

 

Pendant la première guerre mondiale en 1917, il fut le cadre d’une importante bataille entre les Turcs et les Britanniques. En 1923 après la guerre, un accord fut signé entre la France et la Grande-Bretagne déclarant que ce pont marquait la frontière entre la Palestine britannique et la Syrie française. Un poste de douane y fut construit:

Il fallait présenter un visa de transit pour le traverser ainsi qu’on le voit sur la photo du passeport du chauffeur de taxis Joseph Cohen, habitant Tsfat en Galilée.

(site http://www.yoaview.com)

Mais c’est surtout à la fin de la deuxième guerre mondiale qu’il fera parler de lui:
Au mois de juin 1946, le Palma’h décide de faire sauter les principaux ponts qui relient la terre d’Israel à ses voisins et parmi eux le pont de Bnot Yaakov. Sur 11 cibles, ils en détruiront 10.
Les Britanniques sont stupéfaits. Jusque là, les activités de la Haganah étaient surtout liées à l’immigration clandestine, la libération d’internés juifs du camps d’Atlit et la destruction des stations radar sur le Carmel, car elles servaient à repérer les bateaux d’immigrants.
C’est vrai qu’il y avait déjà eu « la nuit des trains » en 1945, une opération de sabotage de grande envergure mais là, c’en est trop pour eux. Ils procèdent à l’arrestation de nombreux membres dans des kibboutzim de Galilée. Certaines arrestations se passèrent violemment. Au total, 4 Juifs sont tués, 18 blessés et une centaine arrêtés. Dans le même temps, les Britanniques planifient une opération à grande échelle pour briser la résistance juive d’Eretz Israel. Elle aura lieu le samedi 29 juin 1946, et sera surnommée ici  le shabbat noir*.

Un chant a été composé en l’honneur des combattants du Palma’h qui ont participé à cette bataille:


La nuit est pluvieuse, le ciel d’hiver est sinistre, un groupe d’éclaireurs dans les broussailles, l’ombre du pont noircit les eaux du Jourdain…

Mais tout ceci, les Patriarches l’ignorent… Ils traversent le ירדן (Yarden) Jourdain. Ils le nomment déjà ainsi. Loth, le neveu d’Avraham, leva les yeux et considéra toute la plaine du Yarden, tout entière arrosée…(livre de Bereshit- Genèse).
Son nom Yarden vient de la racine ירד (YRD), descendre, (la riviere descend du mont ‘Hermon) et דן Den est en fait Dan, un des fils du patriarche Yaakov…


Elad est descendu au Jourdain, il a vu comme tout était en fleur, le  laurier rose embaumait comme jadis. Elad est descendu au Jourdain, les saules sont verdoyants, l’eau est calme comme jadis. Il construira un pont comme le firent nos ancêtres, il brodera un lien entre les cœurs…*

Ayant traversé le Jourdain, ils grimpent sur le plateau du Golan et cheminent en direction de Damas en Syrie. Ils passeront sans doute vers Eyin Zivan*, peut-être regarderont-ils la plaine de Kouneitra en se disant qu’elle est très fertile (et elle l’était!) mais  nous les laisserons cheminer sans nous car nous ne traverserons pas la frontière…

A bientôt,

*’Hatzor:
L’époque des Patriarches correspond pour les archéologues à la fin du Bronze Ancien. Jusqu’à maintenant peu de vestiges datant de cette époques y ont été découverts, les époques ultérieures sont évidemment les plus riches et le site archéologique de Tel ‘Hatzor est un des plus grands d’Israel. La ville sera mentionnée beaucoup plus tard dans les livres de Josué et des Juges ainsi que dans les tablettes de Tel Amarna

*Maabara: camp de transit
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/10/24/sharaliya/

*Honi hameaguel:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/10/07/i-am-singing-in-the-rain/

*Eyin Zivan et le Golan:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/05/29/guerre-et-paix-sur-le-golan/

https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/08/02/le-nord/

*Le shabbat noir (opération Agatha):
Des dizaines de fermes ont été encerclées et fouillées, des vignobles saccagés par les soldats qui cherchaient des caches d’armes (deux tonnes de raisins furent détruites), les lignes de téléphone coupées, impossibilité d’appeler un médecin et surtout des blessés et même des tués…
https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Agatha

*אלעד ירד אל הירדן Elad est descendu au Jourdain:
Chanson écrite par Avraham Zigman pour rassurer l’acteur Shaike Ofir dont le fils Elad faisait partie des forces de Tsahal stationnées à la frontière jordanienne. La situation était explosive car à quelques kilomètres sur le territoire jordanien, les forces syriennes  avaient envahi le territoire jordanien pour soutenir les terroristes palestiniens. Le roi Hussein avait appelé Tsahal à son secours. Heureusement pour nous, il s’est finalement débrouillé tout seul. Le texte de Zigman est truffé d’allusions à la Bible et il l’a d’ailleurs composé avec l’aide de Naomi Shemer.

Le chemin des Patriarches (10)

Nous avons laissé les Patriarches dans la vallée fertile de Yizreel*. Il est évident qu’ils ont séjourné au bord du Kinneret. Une telle étendue d’eau douce, cela ne se refuse pas.

Le Kinneret, ou lac de Tibériade* en français, est surtout connu dans le monde non-juif par les textes du Nouveau Testament et dans le monde juif par les textes de la Mishna et de la Guemara. Ce fut en effet le centre de la  vie juive  après la défaite de Bar Kochba et l’interdiction de demeurer à Jerusalem.
Mais à l’époque des Patriarches, la ville de Tiberiade n’existe pas encore, elle sera fondée bien plus tard par l’empereur romain Tibère.

(carte du Keren Hayessod, 1953)

Le nom hébraïque Kinneret, כינרת, vient sans doute du mot Kinor, כינור, la lyre, ce que rappelle effectivement la forme du lac. A l’extrémité nord du lac, le site archéologique de Tel Kineret est identifié comme étant la ville de Kinneret mentionnée dans le livre de Yoshua (Josué) 19,32-36:
Aux enfants de Nephtali échut le sixième lot, aux enfants de Nephtali selon leurs familles.Les villes fortes étaient: Tziddîm, Tzêr, Hammat, Rakkat, Kinnéreth, Adam, Rama, Hatzor.
Ce nom sera transformé en Guinossar et enfin Genezareth au cours des siècles…
L’époque de Yoshua reste encore bien éloignée (environ 500 ans) de celle des Patriarches. Pourtant,  les bourgades sont généralement édifiées dans les mêmes endroits propres au développement des populations: c’est ainsi qu’on a découvert, au début des années 1920, au nord du lac, les restes d’une ville identifiée par deux archéologues britanniques comme étant la Kinneret de la Bible. 

(Tel Kinneret)

Le site se trouve à quelques kilomètres du kibboutz Guinossar,

connu pour abriter un bateau, découvert lors d’une grave sécheresse en 1986 et qui date d’environ 2000 ans.

 

Cette partie nord du lac est aussi fameuse pour deux autres sites que les chrétiens connaissent bien:
– Celui de  Taghba*:
Pour les chrétiens ce site est connu comme étant celui de la multiplication des pains. Les traces d’une église byzantine du 4ème siècle  y ont été découvertes. Depuis, détruites et reconstruites, les églises s’y sont succédées. L’actuelle église appartient à l’église catholique allemande: à l’intérieur, des mosaïques byzantines, dont la célèbre mosaïque de la multiplication des pains.

Tout près se trouve עין שבע (Eyin Sheva), les 7 sources, sources d’eau chaudes connues aussi sous le nom de sources de Job:

– Celui de כפר נחום (Kfar Nahum):
Ce nom ne vous dit sans doute rien mais celui de Caphernaum?
Pour quelle raison ce nom de Kfar Na’hum (village de Na’hum) est-il devenu synonyme de désordre en français? Je n’ai trouve aucune explication satisfaisante. Et pourquoi la plupart des mots hébraïques passés en français y ont-ils acquis une connotation négative: Shabbat devenu sabbat (de sorcière), le livre des Lamentations du prophète Jérémie (les jérémiades), le prénom Yehuda, celui d’un Judas, la kabbala, une cabale, Makabi un macchabe, Perushim (Juifs étudiants non seulement le texte mais la tradition orale), les Pharisiens?…

Mais revenons au village de Kfar Na’hum:
Pour les chrétiens, il est mentionné un certain nombre de fois dans le Nouveau Testament. C’est là que se trouve la maison de Saint Pierre (sous le sol de l’église catholique).

Mais pour nous, le village de כפר נחום, Kfar Na’hum, village de Nahum, est un lieu historique important. Si les premiers vestiges datent du bronze ancien (soit la période des Patriarches), les traces indiquent un habitat constant, y compris un habitat juif avec ses maisons caractéristiques et l’absence d’ossements d’animaux non casher*. Plus près de nous, Kfar Na’hum a été une importante bourgade au début de l’ère chrétienne, y compris pendant la période byzantine.

(Les vestiges de la synagogue datant de l’époque byzantine)

Les Patriarches repartent maintenant vers le Nord,
S’arrêtent-ils à Korazim? La ville n’est mentionnée qu’au début de l’ère chrétienne. Existe-il un hameau, 2000 ans plus tôt? Sans doute. Il y a 2000 ans la ville était connue pour sa production de blé et d’olives. On y a d’ailleurs retrouvé les restes d’un pressoir.
Si la ville a parait-il été maudite dans le Nouveau Testament, elle n’en demeurera pas moins habitée elle aussi jusqu’à la fin du 4 ème siècle.
Ne manquez  pas de visiter le parc de Korazim. il est très particulier: Les pierres des bâtiments sont gris sombre, comme celle des vieilles maisons de Tibériade car ce sont des pierres de basalte


(J’avoue que le choix musical m’étonne un peu!)

A côté de Korazim,  de nombreux moshavim et kibboutzim, dont le kibboutz Amiad, fondé en 1946 par un groupe du Palma’h comme poste avancé pour protéger la ville de Tibériade des bandes arabes armées.

Il se situe à côté des ruines de Jubb Yossef, ou le puits de Joseph. Ce serait l’endroit du puits dans lequel les frères jaloux de Yossef le jetèrent avant de le vendre à une caravane d’Ismaélites: Ruben leur dit donc: « Ne versez point le sang! Jetez le dans cette citerne qui est dans le désert, mais ne portez point la main sur lui. » C’était pour le sauver de leurs mains et le ramener à son père.
Un khan (caravansérail) y fut construit à l’époque des mamelouks.

Une fois reposés, les Patriarches reprendront leur chemin, mais ceci sera raconté dans une prochain article!

A bientôt,

*Vallée de Yizreel:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2019/03/04/le-chemin-des-patriarches-9/

*Tiberiade:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lac_de_Tib%C3%A9riade

*Tabgha: ce nom vient de l’arabe. le site fut dénommé par les Grecs Hepta Pegon, traduction du nom Eyin Sheva, les 7 sources.

 

Monter à Jerusalem

Le nom de chaque fête nous renvoie à des images, des odeurs, des chants particuliers: pour Rosh Hashana c’est la pomme dans le miel, Soukot, les repas pris dans la souka, Hanouka, les 8 bougies de la Hanoukia et les beignets, Pourim les déguisement, la Meguila d’Esther et les oreilles d’Haman, Pessah, la Haggadah et les matzot et pour Shavouot, la nuit d’étude, la Meguila de Ruth et les les gâteaux au fromage. Mais on ne pense pas souvent que Shavouot fait partie des trois fêtes de pèlerinage et nous oubions la עליה לרגל (aliya lareguel) , montée à pied ou pèlerinage jusqu’au temple de Jerusalem. Et pourtant, c’est ce que faisaient nos ancêtres trois fois par an, pour Pessa’h, Shavouot et Soukot!
Alors imaginons:
Voici une famille vivant à l’époque du deuxième Temple qui n’habite pas à Jerusalem:


(Photo prise du site Live the Bible: https://livethebible.co.il/en/)

Trois fois par an, les membres de cette famille sont censés monter à Jerusalem, pour les trois fêtes de pèlerinage*. Ce n’est pas une mince affaire: Ils doivent laisser leurs troupeaux, leurs champs, fermer la maison. Sans doute ne partent-ils pas tous à chaque fois car les bêtes ont besoin d’être soignées et le travail des champs ne connait pas de répit. Et que faire des enfants, des malades et des personnes âgées?

Dans le livre de Samuel il nous est raconté une histoire familiale qui se passe pendant un de ces pèlerinages. Celui-ci a lieu à Shilo* et non pas à Jerusalem car l’histoire se passe une centaine d’années avant le retour de l’arche d’alliance* à Jerusalem et la construction du Temple, mais la route n’en est pas plus facile pour une famille qui vient des montagnes d’Ephraim…
Ainsi Elkana (le père de famille) partait de sa ville, chaque année, pour se prosterner et sacrifier à l’Eternel dans Shilo… Il s’agit de l’histoire bien connue de ‘Hanna, la femme stérile d’Elkana, qui pleure et prie à Shilo, pendant ce pèlerinage, pour avoir un enfant qu’elle promet de consacrer à Dieu. Le prophète Shmuel sera cet enfant…
Mais que se passe-t-il après sa naissance?  Le mari, Elkana, étant parti (à nouveau) avec toute sa maison pour faire au Seigneur son sacrifice annuel et ses offrandes votives,  Hanna ne l’accompagna point, car elle dit à son époux: « Une fois que l’enfant sera sevré, je l’emmènerai… La femme resta donc et allaita son fils, jusqu’à ce qu’elle l’eût sevré. 2 Quand elle l’eut sevré… elle le conduisit à la maison du Seigneur, à Shilo. (I Samuel, 1)

Il est évident que beaucoup restaient chez eux et s’impliquaient indirectement en payant une taxe d’un demi shekel, la taxe annuelle que tout le monde devait donner au Temple.
Le mot shekel, vient de la racine שקל (SH K L) qui veut dire peser. Le shekel est mentionné de nombreuses fois dans le Tanakh. Par exemple, c’est en shekel qu »Avraham achète la grotte de la Ma’hpela à Hevron* pour y enterrer sa femme…
A l’époque du deuxième Temple, le shekel représentait environ 2 % du salaire mensuel moyen. Il servait à l’achat des animaux pour les sacrifices. Après la destruction du Temple, ce don d’un demi-shekel continua comme don aux pauvres. Comme la valeur des pièces d’argent était fluctuante, on se basait sur le shekel en argent frappé à Tyr. On a découvert des pièces d’un demi shekel dans tout le pays.

Ceux qui partaient en pèlerinage arrivaient souvent à Jerusalem au terme d’une route difficile. Il faut se souvenir que Jerusalem se trouve à environ 800 m d’altitude.
On sait d’après la Mishna que le Sanhedrin était chargé de réparer les routes pour les voyageurs, et d’indiquer l’emplacement des tombes. Il faut dire que lorsque quelqu’un mourait en chemin, il fallait l’enterrer sur place, quitte à rassembler ses ossements l’année suivante pour les enterrer correctement dans l’ossuaire familial. Les nombreuses lois de pureté, parfois difficiles à comprendre de nos jours, exigeaient que les voyageurs ne se reposent pas par mégarde  sur des tombes pendant leur voyage mais si cela se produisait, ils trouvaient sur leur chemin des מקוואות (mikvaot), réservoirs d’eau pour se purifier, eux aussi signalés et entretenus par le Sanhedrin. On en a trouvé un certain nombre, dans le Goush Etsion*,  sur la route menant à Jerusalem, . Comme le Gush Etsion est la dernière étape en venant de Beer Sheva avant l’entrée à Jerusalem, les archéologues pensent qu’il s’agit des mikvaot destinés aux pèlerins.

                                                     (http://etziontour.org.il)

La famille de pèlerins arrive maintenant à Jerusalem. Elle s’arrête sans doute tout d’abord à Shiloa’h, ce grand bassin étant alimenté par la source Gui’hon. 

(Carte datant de 1730: dans le quart inférieur droit, on peut voir un rectangle rouge indiquant la piscine de Shiloa’h à l’extérieur des murailles.
Pour rejoindre le Temple, une portion de route -non indiquée sur la carte car elle n’avait pas été encore découverte- fait suite à  la route venant du Sud. Geographicus rare antique maps, auteur inconnu
)

Bien que de nombreuses sources alimentent la ville de Jerusalem, celle du Gui’hon a toujours eu un statut spécial. Son eau était en effet la seule à être utilisée dans le Temple: elle servait par exemple pour la cérémonie de purification de l’eau, ניסוך מיים (Nissoukh mayim) lors de la fête de Soukot:

(dessin de Dafna Levanon)

En 1995, les archéologues Ronny Reich et Eli Shukron commencèrent à fouiller aux alentours de la source Gui’hon et ont découvert les restes de la piscine de Shiloa’h. Comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous, elle est beaucoup étroite et ressemble à un canal alors que les textes nous la décrivent grande et proche d’un carré. Ceci parce que le reste du terrain sous lequel la piscine originelle se trouve appartient à l’Eglise orthodoxe grecque qui refuse toute recherche archéologique. 

Mais si la famille s’arrête au Shiloa’h, ce n’est pas seulement pour se purifier, c’est aussi pour remplir ses outres, se délasser, écouter les dernières nouvelles, les potins, trouver une chambre en ville et peut-être un conjoint pour les enfants…
Il était difficile de trouver une chambre en ville pendant les trois fêtes de pèlerinage. La ville était pleine à craquer. Les Yerushalmim* devaient accueillir gratuitement les pèlerins mais la coutume voulait qu’il reçoivent des cadeaux en retour. Cependant, il  est sûr que tout le monde ne pouvait pas loger à l’intérieur des murailles et les pèlerins campaient sur les collines avoisinantes.


Une fois reposés, ils entrent dans la ville et sont aussitôt happés par la foule qui déambule dans des rues  étroites et bordées de magasins.
Les archéologues ont découvert ici des poids et des tasses en pierre pouvant avoir servi de tasses à mesurer. Ils ont également découvert des tablettes en terre où étaient gravées les lettres ק ר ב ן (Kuf Resh Bet Nun) formant le mot Korban, sacrifice et en dessous du mot Korban, le dessin de deux oiseaux morts. C’étaient des écriteaux indiquant que le commerçant vendait tout ce qui était nécessaire pour les sacrifices. Il est logique de penser que la plupart des gens achetaient les animaux à sacrifier tout près du Temple à Jérusalem, plutôt que de s’embarrasser pendant le voyage d’animaux  qui risquaient de tomber malades voire de mourir.

Cette fois, la famille est prête à entrer dans la principale cour du Temple et traverse les portes de ‘Hulda, un ensemble de deux portes sur la partie ouest et d’une porte triple sur la partie est. 

On ne peut plus entrer dans les sous-sols du Temple. Ces portes sont  murées depuis l’occupation arabe et la construction de la mosquée d’El Aqsa. Cependant, même si le Waqf interdit de les ouvrir, on est sûr qu’elles menaient au Temple.
Elles sont d’ailleurs mentionnées dans la Mishna: Tous ceux qui entrent dans le Mont du Temple (par les portes de « Hulda) entrent à droite [est], se promènent et sortent à gauche [ouest]. . . (Mishna Midot 2: 2). Pourquoi des directives aussi précises?
C’est que le Sanhedrin avait décrété des sens de circulation pour réglementer les entrées et les sorties.
Une seule exception: Celui qui a connu un malheur, entre le mont du Temple par la gauche. (Quand on lui demande) Pourquoi entres-tu par la gauche? (Il répond) « parce que je suis en deuil« . [Ils répondent:] ‘Que Celui qui habite dans cette maison vous réconforte. (Ibid, 2: 2)

Le périple de la famille est achevé. Ils vont pouvoir apporter leurs sacrifices au Temple. Ils repartiront chez eux sans doute fourbus, attendus avec impatience dans leurs village, racontant leurs aventures et les enjolivant sans doute quelque peu, après tout que serait la vie sans quelques broderies…

 

A bientôt,

 

 

*Les trois fêtes de pèlerinage ou shalosh regalim: ce sont les fêtes de Pessa’h, Shavouot et Soukot. Le mot רגלים (regalim) vient de la racine ר ג ל (R G L) qui a donne le mot pied רגל (Reguel) et habitude הרגל(Herguel).
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/10/16/on-marche-au-pas-enfin-presque/

*L’arche d’alliance et Shiloh:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/tag/arche-dalliance/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/11/14/a-la-recherche-de-larche-perdue/

*Le goush Etsion:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2018/01/23/le-chemin-des-patriarches-4-le-goush-etzion/

*Mikve:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2018/07/05/tant-quil-y-a-de-leau-il-y-a-de-lespoir/

*Dans la  Parachat Shkalim » (Shemot-Exode 30:11-16):
 L’Éternel parla à Moshe en ces termes:  « Quand tu feras le dénombrement général des enfants d’Israël, chacun d’eux paiera au Seigneur le rachat de sa personne lors du dénombrement… Ce tribut, présenté par tous ceux qui seront compris dans le dénombrement, sera d’un demi-shekel… Quiconque fera partie du dénombrement depuis l’âge de vingt ans et au-delà doit acquitter l’impôt de l’Éternel. Le riche ne donnera pas plus, le pauvre ne donnera pas moins que la moitié du shekel,

*Le shekel est le nom de la monnaie israelienne depuis 1980. Avant, nous avions garde les livres (d’origine britanniques). Déjà en 1902, dans son roman l »Altneuland, Herzl parlait du shekel:
David se tourna vers la vendeuse: « Quel est le prix des gants des deux messieurs? »
« Six Shekels »
Kingskort ouvrit grand les yeux:
« Qu’est-ce que c’est que ça? »
David sourit: « C’est notre monnaie. Nous avons réintroduit notre ancienne monnaie.

*Les Yerushalmim: les habitants de Jerusalem. C’est quand même plus joli que les Hyerosolomitains:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/03/02/nous-les-yerushalmim/

*Fouilles sur le Mont du Temple: Ce site se trouve depuis 1.300 ans sous la responsabilité des autorités musulmanes. En raison des sensibilités politiques et religieuses, aucune fouille archéologique méthodique n’a été permise sur le site. En 1967, après la guerre des six jours, Israël a malheureusement cédé le contrôle du Mont du Temple à l’administration du Waqf, organisation  en charge des sites musulmans.
La loi israélienne exige qu’avant  toute construction sur un site archéologique, des fouilles de sauvetage soient entreprises. Mais en 1999, dans le cadre de la construction de l’entrée d’une nouvelle mosquée, l’administration du Waqf a illicitement creusé une grande fosse sur le Mont du Temple, ignorant la loi. A peu près 400 camions ont déversé 9000 tonnes de terre et de gravats remplis d’artéfacts dans la vallée du Kidron, à quelques kilomètres de là. Les archéologues israéliens les ont aussitôt récupérés et y ont trouve des trésors.

 

 

 

 

 

 

Pardon d’avoir gagné!

Le Yom Yerushalayim est le jour qui célèbre la réunification de la ville de Jerusalem après une parenthèse de 19 ans, de 1948 à 1967, lorsque la partie est de la ville fut occupée par la Jordanie.

Le titre de mon article est celui d’un d’un livre publié en 1967 par Ephraim Kishon et Dosh, le créateur de Sroulik, petit personnage, naïf, gouailleur et sioniste.

Ce livre סליחה שנצרנו (Sli’ha shenitsarnou), « Pardon d’avoir gagné », est un recueil des articles du premier et des caricatures du second publiés pendant la période de la guerre des six jours. Il ne s’agit pas d’un album qui crie victoire mais qui parle plutôt d’un peuple qui a vécu dans une angoisse existentielle pendant les mois précédents la guerre. Leurs dessins et articles humoristiques étaient selon leurs paroles les « munitions légères » qui ont permis aux Israéliens du עורף (Oref), le front intérieur* et aux soldats de tenir le coup émotionnellement.

(C’est la couverture de la réédition du livre pour commémorer les 50 ans de guerre des six jours. La libération de Jerusalem: le vilain sur la droite est bien sur Nasser qui a perdu une chaussure en s’enfuyant)

Dosh a accompagné les troupes de Tsahal au moment de l’offensive sur Jerusalem. Il se trouvait dans les convois qui arrivèrent par Ramallah dans le nord de la ville…
Dans son carnet de notes, il décrit en détail la ligne de front et dessine les convois ainsi que la vieille ville à Jérusalem:
Il entre dans la vieille ville de Jerusalem  par la Porte des Lions quelques heures après de la reddition des troupes jordaniennes. Son bloc est terminé, il manque de papier, il fera ses  esquisses sur  un bloc d’ordonnances abandonné par un médecin jordanien.

Il monte d’abord sur le Mont du Temple:


Il arrive au Kotel:

Le rav Shlomo Goren* sonne le shofar:

Je me souviens alors qu’en France, nous avions écouté à la radio , émus et heureux, le son du shofar depuis le Kotel. C’est un souvenir qui ne me quitte pas même après tant d’années.

Il esquisse ce dessin symbolique: Tsahal présente Jerusalem au peuple juif:

Pour ceux qui voudraient nous voir nous suicider en revenant aux lignes de cessez-le feu* d’avant 1967, voici une vidéo de Golda Meir, prise sur la page facebook de Miri Furstenberg*.

Golda: Des gens nous disent: revenez aux lignes de 67 et alors, il y aura la paix. Nous étions à l’intérieur de ces lignes en juin 67, en mai 67! Pourquoi alors y a t-il eu la guerre? Et immédiatement après la guerre nous avons dit aux Arabes: venez, commençons des négociations. Ils ont refusé.

Le journaliste: Y a-t-il eu un seul moment où vous avez pensé que les Arabes étaient prêts à discuter?

Golda: Non. Toute cette affaire avec les Arabes ce n’est pas une question de partage de la terre, de territoires. Ce n’est pour rien de concret. C’est juste parce qu’ils nous refusent le droit d’exister. Pourquoi sont-ils partis (en 1948)?

Le journaliste: La plupart sont des réfugiés de guerre qui n’aimaient pas une armée conquérante.

Golda: Mais qui a commencé la guerre? Que leur avons-nous pris quand nous sommes revenus (dans le pays)? Ne voulions nous pas vivre en paix avec eux? Leur avons nous demandé de partir? N’avons-nous pas accepté la partition (de la Palestine) de Churchill en 1922? et la partition de l’ONU en 1947*? N’avons-nous pas accepté? Quelle est la différence entre des Arabes habitant à l’est ou à l’ouest du Jourdain? Entre la rive ouest ou de la rive est (du fleuve)? D’où viennent les Palestiniens? Qu’était cette région avant la première guerre mondiale? Quand les Britanniques ont reçu le mandat sur la Palestine, de quelle région s’agissait-il? La Palestine allait de la mer méditerranée à la frontière irakienne.

Le journaliste: Vous voulez dire qu’il n’y avait pas ce concept de Palestinien?

Golda: Non. Les deux rives du Jourdain se trouvaient en Palestine. Je suis une Palestinienne. De 1921 jusqu’en 1948 j’ai eu un passeport palestinien. Il n’y avait pas dans cette région des Juifs, des Arabes et des Palestiniens. Il n’y avait que des Juifs et des Arabes. Je nie pas ce concept de palestinien mais il n’y a pas de peuple palestinien.
Pourquoi les Palestiniens de la rive ouest du Jourdain* (Judée et Samarie) sont-il devenus plus Palestiniens après juin 67 qu’ils ne l’étaient avant? Pourquoi n’ont-il pas créé pour eux-mêmes un état palestinien en plus de la Jordanie?
Ils devaient organiser un état palestinien libre sur la rive ouest (Judée Samarie) et nous combattre de la bas. Ils ne l’ont pas fait. Ils ont accepté le fait qu’ils étaient en Jordanie et qu’ils avaient la nationalité jordanienne. Ils sont d’ailleurs la majorité en Jordanie, on les trouve au Parlement, dans le gouvernement, que s’est-il passé ensuite (
entre 1948 et 1967)? Pourquoi sont-ils devenus plus Palestiniens depuis la guerre de 67?
Chacun a le droit à l’autodétermination sauf nous. Nous sommes les seuls dans le monde entier à qui on ne donne pas le droit à l’autodétermination. Quand je suis venue ici, quand je suis venue au kibboutz Merhavia*, il n’y avait rien. Ce pays était désert depuis des centaines d’années. Nous avons été expulsés de ce pays. Est ce ici que commence l’histoire? Deux fois nous en avons été expulsés. Il
(Israel) a été occupé par des puissances étrangères… Le peuple juif est le seul qui vit son indépendance dans la dignité sur ce bout de terre, le seul. Les Arabes… Ils ont des territoires immenses: ils ont 14 états indépendants.

Comme le dit Golda Meir, pourtant Premier Ministre de gauche, avant la guerre des 6 jours, les Arabes nous faisaient déjà la guerre. Miri Furstenberg qui a publié cette vidéo sur sa page facebook en est la preuve: l’autobus où elle se trouvait avec sa famille, traversait le Neguev le 17 mars 1954, à l’intérieur des lignes de cessez-le-feu de 1949. Cela n’a pas empêché une bande arabe armée de violer, mutiler, assassiner les passagers. Elle est la seule à avoir survécu.
Alors comme l’ont si bien dit Dosh et Kishon: Pardon d’avoir gagné, et ça ne va pas nous empêcher de nous réjouir dimanche, jour de Yom Yerushalayim!

(Concert pour Yom Yerushalayim dans l’enceinte de la Tour de David)

יום ירושלים שמח

A bientôt,

*Ephraïm Kishon (1924-2005) Originaire de Budapest, il fut déporté dans plusieurs camps d’extermination. Il n’y survécut que par miracle : si, dans l’un d’eux, c’est son habileté aux échecs qui lui valut les bonnes grâces du commandant, dans un autre, les Nazis alignaient les prisonniers, et les décimaient littéralement, tuant chaque dixième prisonnier. Il n’eut que la chance de ne pas être le dixième. Il écrirait plus tard dans son livre Le bouc émissaire : « Ils ont fait une erreur . Ils ont laissé un satiriste en vie. (Wikipedia). Il disait » Je ne suis pas un écrivain, seulement un humoriste, c’est seulement quand vous êtes mort que vous devenez écrivain« . En fait, il fut écrivain, dramaturge, journaliste, réalisateur, sculpteur et acteur. Vous connaissez sans doute certains de ses films: Sahah Shabati, le canal Blaumish et le policier Azoulay. Son humour élégant mettait toujours l’accent sur l’absurdité de ce monde.

Dosh ou Kariel Gardosh (1921-2000) originaire de Budapest, déporté dans des mines de cuivre et seul survivant de sa famille, il est le caricaturiste le plus connu d’Israel.
Kishon, Dosh, Lapid ainsi que Yaakov Farkash (Zeev) lui aussi caricaturiste étaient connu au journal Maariv comme le gang des Hongrois

*Ces dessins de Dosh se trouvent à la Bibliothèque Nationale d’Israel.

*Le Oref:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/27/la-nuque-raide/

* Le rav Shlomo Goren:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/07/jerusalem-dor/

*La vidéo est prise sur la page facebook de Miri Furstenberg,
https://www.facebook.com/pg/Miri-Furstenberg-The-girl-from-scorpions-pass-341931306581865/about/?ref=page_internal

*Miri Furstenberg:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2018/03/18/choisis-la-vie-et-tu-vivras-alors-toi-et-ta-posterite/

*Lignes de cessez le feu et non frontières, telles qu’elles furent dessinées au moment des accords de Rhodes en été 1949.

*Les propositions de partitions de la Palestine:
Le « Livre blanc de Churchill » de 1922 restreint le territoire destiné au foyer juif, et donne le contrôle des terres situées à l’est du Jourdain à l’emir Abdallah.
Partition du 29 novembre 1947:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2017/11/28/le-29-novembre-1947-2/

*La rive ouest du Jourdain est la Judée-Samarie. En anglais, on lui donne le nom assez neutre de rive ouest (west bank) et en français, celui de Cis-Jordanie, beaucoup moins neutre. C’est une peu comme si (et là, je cite Pug du site Nations pour Israel) On appelait l’Alsace la Cis-Allemagne

And the winner is…Shalva!

L’Eurovision ne m’a jamais passionnée et cette semaine fut particulièrement agaçante pour moi: impossible d’ouvrir un journal ou de regarder un programme de télévision sans tomber sur l’omniprésente Eurovision… Jusqu’à ce que jeudi dernier, se produise le Shalva Band, le groupe musical du Centre Shalva, association pour les soins et intégration sociale des personnes handicapées.

L’histoire de Shalva commence en 1990. Les fondateurs, Malki et  Kalman Samuels, sont les parents de Yossi, aveugle, sourd et hyper actif. Etant épuisés et isolés, les soignants leur conseillèrent de placer leur fils dans une institution. Ils rencontrèrent alors Shoshana Winstock, spécialisée dans l’enseignement pour enfants sourds. Elle réussit par le toucher à communiquer avec Yossi, créant ainsi une relation analogue à celle d’Annie Sullivan et Helen Keller*.

Malki et Kalman décidèrent de consacrer leur vie à d’autres enfants atteints de divers handicaps. C’est ainsi qu’ils fondent l’association שלווה , Shalva, Sérénité.
Ce qui commença comme un programme d’après-midi pour huit enfants dans un appartement est devenu un centre national prenant en charge le développement et l’intégration sociale des personnes handicapées.
Shalva aide les parents à élever leurs enfants handicapés le plus possible à la maison dans le cadre familial. Une équipe de travailleurs sociaux et de professionnels du handicap fournit des conseils personnels et anime des groupes de soutien permanents pour les parents, les grands-parents, les frères et sœurs et les aidants naturels. L’association permet ainsi aux parents de retrouver espoir, tout en gardant une cohésion familiale.  L’association propose toute une gamme de programmes différents à des personnes souffrant de toutes sortes de handicaps depuis l’âge de 18 mois jusqu’à l’âge adulte et même au-delà.

Shalva continue à soutenir les adultes handicapés en leur apprenant à vivre de manière autonome. Ils bénéficient de diverses formations à l’emploi: ils peuvent ainsi travailler en tant qu’assistants dans les écoles maternelles ou comme personnel de cuisine et d’entretien.
A Jerusalem, tout le monde connait le café Shalva, dans le quartier  de Bayit Vegan où travaillent ensemble un restaurateur connu* et des personnes handicapées.

(Yair, le serveur musicien)

L’un des serveurs, Yair, est devenu le porte-parole de l’association. Il est aussi percussionniste vedette dans l’orchestre du Shalva Band, composé de Yair Pomburg (rap et percussions),  Yossef Ovadia (tambour), Tal Kima (percussions), Guy Maman (piano) et de Sarah Samuels (guitare). Les deux chanteuses sont Dina Samteh et Anael Khalifa. Shay Ben Shoushan dirige le groupe depuis 12 ans. Il est arrivé au Centre Shalva après avoir été très gravement blessé à l’armée.

Le Shalva Band s’est produit pendant la demi-finale de l’Eurovision , en tant que groupe invité et non pas participant: les membres du Shalva Band voulaient  respecter le shabbat (et donc ne pas participer aux répétitions) ce qui le leur fut interdit par l’équipe internationale de l’Eurovision (European Broadcasting Union) malgré les demandes d’Israel.

Certains vont peut-être me trouver snob de ne pas aimer l’Eurovision. Mais je suis en bonne compagnie. Voici une interview de Golda Meir à ce sujet: Golda raconte a une journaliste que cete annee la, elle a regarde le concours de l’Eurovision remporte par Yitshar Cohen (avec l;a chanson Aba Nibi) et ajoute d’un ton désabusé: Bravo!
Le journaliste lui demande pourquoi elle ne montre aucun enthousiasme et elle déclare: Ecoute, ce n’était qu’une imitation américaine, mais pas seulement nous, tout ont chante dans le même style, imitation américaine…
Le journaliste:
Est-tu contente au moins que nous ayons remporte ce concours
?
Elle soupire: Pourquoi gâcherai-je le bonheur des autres?

En tout cas, ce fut une soirée plus paisible que chez nos voisins qui ont pourtant oublié de bombarder Tel-Aviv comme ils nous l’avaient promis!

A bientôt,

*Shalva:
https://en.wikipedia.org/wiki/SHALVA

*Helen Keller:
https://en.wikipedia.org/wiki/Helen_Keller

*Le chef du restaurant, Derekh haguefen, à Beit Zayit, se charge de leur formation

*https://rakbeisrael.buzz/juste-incroyable-quest-ce-que-golda-meir-pensait-de-leurovision/