Ca recommence!

 

J’ai parfois l’impression que je radote: j’ai déjà tellement écrit sur les frappes du ‘Hamas*, mais non, c’est simplement l’histoire qui se répète.
Depuis shabbat matin à 10h, plus de 450 missiles et obus sont tombés sur le sud d’Israel*, causant de nombreux dégâts matériels. Mais surtout nous avons environ 80 blessés, la plupart légers (quoique je ne qualifierai pas de léger l’état d’une personne en état de choc) mais aussi trois blessés graves, parmi eux une dame de 80 ans qui n’a pas couru assez vite pour se mettre à l’abri, et un mort.
Moshe Aggadi avait 58 ans, Le missile est tombé dans sa cour. Toute la famille se trouvait dans l’abri à ce moment là, mais lui a voulu respirer un peu dehors…

 

Les kibboutzim et moshavim du pourtour de la bande de  Gaza sont bien sûr les plus touchés, mais, le plus souvent leurs maisons individuelles sont équipées d’abris modernes, tandis que dans les villes avoisinantes comme Sderot et Ashkelon, les immeubles des vieux quartiers ne sont pas protégés. Les habitants descendent dans l’abri collectif ou parfois doivent rejoindre l’abri public le plus proche. Il restent donc souvent dans la cage d’escalier.

protection contre les missiles

(cette photo du Yediyot Ha’haronot date de l’été 2014, rien n’a changé depuis)

Quand plus de 450 missiles tombent sur vous en 24 heures, il n’est pas possible de retourner se coucher et de fuir à nouveau en pyjama, en portant les enfants…

La jeune femme, interrogée dans la vidéo ci-dessous, est une nouvelle immigrante arrivée de Hollande il y a trois mois. Elle vit dans un des kibboutzim du pourtour de la bande de Gaza. Dans un mélange d’anglais et d’un peu d’hébreu, elle explique ce qu’elle a vécu et sa détermination à rester sur place bien que sa maison ait été détruite. A la fin de l’interview, on entend à nouveau l’annonce: Tseva Adom, Tseva Adom (couleur rouge) qui signale une nouvelle attaque

 

 

Sur cette carte du פיקוד העורף (Pikoud Haoref) le Front Intérieur, vous pouvez voir combien de secondes (ou de minutes pour les plus chanceux) ont les habitants des différentes régions d’Israel pour se mettre à l’abri:

Pendant que j’écris ces lignes, les attaques continuent: 2 blessés dans un état critique et un grave à Ashkelon où l’hopital Barzilaï a été attaqué.

A Sderot, d’autres blessés dont un dans un état critique. J’arrête là cette énumération, les attaques sont continuelles ainsi que les mauvaises nouvelles. Le cabinet de sécurité s’est réuni à la Kirya à Tel Aviv. Espérons qu’il en sortira quelque chose. Nous apprenons que le ‘Hamas et le Jihad Islamique utilisent maintenant des drones contre les soldats massés à la frontière. On parle aussi d’une possible offensive terrestre de Tsahal, mais pour le moment seuls l’aviation et les tanks sont utilisés …En fait, les commentateurs ne savent pas grand chose de plus que nous, ils se contentent d’extrapoler.
Tout le monde se demande comment se passera le jour de Yom Hazikaron: après demain, les cimetières seront remplis de familles en deuil de leurs enfants tombés au combat ou de leurs proches, victimes des terroristes… Et et comment se passera la Fête du Yom Haatsmaout, jeudi, célébrée en organisant des piques-niques et barbecues. Certains journalistes s’inquiètent pour l’Eurovision qui aura lieu dans une quinzaine de jours, mais les gens ici s’en fichent de l’Eurovision.

La journée n’est pas finie et déjà:

Tandis que je termine cet article, le ‘Hamas et le Jihad islamique nous ont envoyé 600 missiles, nous avons 131 blessés et 4 morts, et sur l’écran de la télévision s’allume régulièrement un petit bandeau orange me signalant une nouvelle attaque…

A bientôt,

*Une large région est concernée: de Sderot à Beer Sheva en passant par Ofakim et Netivot et Dimona, et sur la côte Ashkelon, Ashdod. Les sirènes ont aussi retenti à Yavne, Rehovot, Lakhish et Beit Shemesh et la ville de Rishon leTsion a ouvert les abris publics. Le ‘Hamas et le Jihad Islamique menacent d’attaquer le centre du pays

Si vous ne savez pas ce qu’est le ‘Hamas:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/16/4795/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/07/14/les-grandes-vacances/

 

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La loi de la nation ou la vertu du nationalisme

Il y a quelques semaines, le politologue Yoram Hazoni était interviewé dans le Figaro. Voici ce qu’il déclara au sujet du nationalisme et des états-nation:
Aujourd’hui, on ne cesse de nous répéter que le nationalisme a provoqué les deux guerres mondiales, et on lui impute même la responsabilité de la Shoah. Mais cette lecture historique n’est pas satisfaisante. J’appelle «nationaliste» quelqu’un qui souhaite vivre dans un monde constitué de nations indépendantes. De sorte qu’à mes yeux, Hitler ne l’était pas le moins du monde.Je ne pourrai pas vous rendre compte du reste de l’interview n’étant pas abonnée au Figaro, mais voici un extrait de son livre* The virtue of nationalism:
Mes amis libéraux (là encore, au sens américain, c’est-à-dire des intellectuels de gauche) semblent ne pas comprendre que la construction libérale qu’ils soutiennent est une forme d’impérialisme… Tout comme les Pharaons et les rois de Babylone, les empereurs romains et l’église catholique romaine, jusqu’à récemment, ainsi que les marxistes au siècle dernier, les “progressistes” ont aux aussi leur grande théorie sur la manière d’apporter la paix et la prospérité au monde entier, en abolissant les frontières et en unissant l’humanité sous leur propre domination universelle. Infatués de la clarté intellectuelle de cette vision, ils dédaignent le processus laborieux de consulter la multitude des peuples qui doivent, selon eux, embrasser leur vision de ce qui est bon. Et comme tous les impérialistes, ils sont prompts à exprimer leur dégoût, leur mépris et leur colère lorsque leur vision de la paix rencontre l’opposition de ceux dont ils sont certains qu’ils retireront un immense bénéfice en se soumettant tout simplement”

Je peux rajouter à cela:
Hitler voulait un grand empire débarrassé de la vermine (nous les Juifs et aussi les Gitans) et avec de nombreux esclaves (les Russes et Polonais particulièrement) au service d’une supposée race pure. Il ne proposait pas que chacun vive selon sa langue, ses lois et sous son figuier pour  paraphraser la Bible. Staline voulait un empire soviétique dans lequel les particularismes culturels n’étaient concédés que du bout des lèvres, quant à Mao, foin des aspirations de toutes les minorités qui s’opposaient au diktat chinois, les Tibétains en savent quelque chose.
En ce qui concerne le monde islamique, nous savons que pour lui, le monde est partagé entre Dar el Islam (monde de l’Islam) où tous doivent obéir à l’islam (y compris les dhimmis) et Dar el ‘Harb (le monde de l’épée) c’est à dire le monde qui sera soumis à l’islam par la force.

Pourtant, actuellement l’idée que la nation est facteur de discrimination pouvant mener à la guerre est très à la mode. Une des raisons qui font que notre petit état fait horreur au monde occidental, c’est que c’est un état-nation et que nous y tenons.
Depuis quelque mois, une loi, la loi de la Nation, fait couler beaucoup d’encre, y compris ici dans la presse et les milieux gauchistes qui la décrivent comme une loi raciste s’opposant aux droits de l’homme. Aussi j’ai voulu mettre en parallèle le texte de la Déclaration de l’Indépendance, prononcé le 14 mais 1948 par David Ben Gourion, les lois fondamentales et le texte de la loi de la Nation.

Si je reprends le contenu de la Loi de la Nation promulguée le 19 juillet 2018, je retrouve les mêmes principes dans la Déclaration d’Indépendance et les Lois Fondamentales. Ainsi:

– 3 grands principes y sont inscrits en préambule:
1) La Terre d’Israël est la patrie historique du Peuple Juif sur laquelle s’est constitué l’État d’Israël.
2) L’État d’Israël est l’État national du Peuple Juif par lequel il exerce son droit naturel, culturel, religieux et historique à l’autodétermination.
3) L’exercice du droit à l’autodétermination nationale dans l’État d’Israël est spécifique au Peuple Juif.

Ces trois principes se trouvent déjà dans la Déclaration d’Indépendance:

La loi de la Nation  détaille ensuite les symboles de l’état:

– Le nom de l’état:
Le nom de l’état est Israel.

Dans la Déclaration de l’Indépendance figure cette phrase:
Nous, membres du Conseil National représentants le peuple juif du pays d’Israel et le mouvement sioniste mondial, réunis aujourd’hui, jour de l’expiration du mandat britannique, en assemblée solennelle, et en vertu des droits naturels et historiques du peuple juif, ainsi que de la résolution de l’assemblée générale des Nations Unies, proclamons la fondation de l’état juif dans le pays d’Israel, qui portera le nom d’état d’Israel.

– Le drapeau de l’État:
Le drapeau de l’État est blanc, avec deux bandes bleues près des marges, et un maguen David (bouclier de David) bleu ciel au milieu.

Lois fondamentales (extrait):
Le drapeau d’Israël s’inspire du châle de prière juif (Talith) orné d’un Bouclier de David (Maguen David) bleu (Loi de drapeau et des symboles de l’État, mai 1949).

Les armoiries de l’Etat:
Le symbole  de l’État est un chandelier  à sept branches, des feuilles de vigne sur chaque côté, et le mot: « Israel » à sa base.

Lois fondamentales (extrait):
Les armoiries d’Israël représentent une Menorah (chandelier), symbole juif depuis plus de 3000 ans. L’emblème de l’état, la Menorah sera la même que celle qu’on trouve sur l’arc de Titus*. Elle sera entourée de deux branches d’olivier et à sa base portera le nom d’Israel en souvenir de la prophétie de Zakharia (14, 2) qui prophétise le renouveau d’Israel:
« Je vois un chandelier tout en or son récipient sur son sommet, ses sept lampes alignées et sept conduits pour les lampes qui en couronnent le sommet.  Puis, deux oliviers à ses côtés, l’un à droite du récipient, l’autre à gauche ». 

L’Hymne de l’État:
L’hymne de l’état est la « Hatikvah ».

Lois fondamentales (extrait):
Hatikvah est officiellement l’hymne national de l’État d’Israël depuis sa création en 1948. Composé par Naphtali Imber en 1878 et choisi pour être l’hymne du premier Congres Sioniste.
Le mot  Hatikva veut dire l’espoir et son texte a tout de suite parlé aux juifs du monde entier, et ceci avant la création de l’état.

Tant qu’au fond du cœur
Vivre notre âme juive,
Et, tend son regard vers les confins de l’Orient

Notre espoir n’est pas encore perdu,
Un espoir de deux mille ans:
Etre un peuple libre sur notre terre,
La terre de Sion et de Jérusalem


(chorale d’enfants à Munkacs dans les Carpates au début des années 30)

Dans la Palestine mandataire, l’hymne de la Hatikva a été interdit par les autorités britanniques dès 1919 pour ne pas déplaire aux Arabes (comme ils avaient par ailleurs interdit le son du shofar au Kotel*).

– La capitale de l’état:
Jerusalem, entière et réunifiée est la capitale de l’Etat.

Lois fondamentales:
1) Le 5 décembre 1949, le Premier Ministre David Ben Gourion  a proclamé que Jerusalem était la capitale d’Israel , en suivant ainsi les décisions du gouvernement. Il a aussi rappelé  le fait que, capitale à l’époque biblique,  Jerusalem  avait toujours eu une population juive sans discontinuer jusqu’à nos jours. Il a souligné son propos en répétant cette phrase:  ירושלים היא בירת ישראל לנצח, Jerusalem est la capitale d’Israel pour l’éternité.
2) De plus, le 14 du même mois de décembre 1949, il a rejeté la résolution 303 de l’UNGA (Assemblée générale de l’ONU), qui avait décidé que Jerusalem serait une ville internationale placée sous l’autorité de l’ONU,  et a réaffirmé la position des membres de la Knesset sur le sujet.
3) La loi fondamentale, votée le 

– La langue officielle de l’état:
L’hébreu est la langue de l’état. La langue Arabe jouit d’un statut spécial dans l’État; la réglementation de l’usage de la langue Arabe dans les institutions officielles ou devant celles-ci, fera l’objet d’une loi. Aucune disposition du présent article ne portera atteinte au statut effectif de la langue Arabe avant l’entrée en vigueur de la présente loi fondamentale.

Loi fondamentale du 19 mais 1948: L’hébreu est la seule langue officielle d’Israel, l’arabe ayant un statut spécial.

Alors que le nouvel état a maintenu un certain nombre de lois britanniques dans son nouveau code de lois, le gouvernement a expressément précisé que seul l’hébreu était la langue officielle!

Cependant, les panneaux d’utilité publique

ainsi que tous les documents officiels sont rédigés en hébreu et en arabe.

J’ai lu dans plusieurs revues d’histoire que l’ONU avait exigé pourtant d’Israel la reconnaissance de l’arabe comme langue officielle avant de l’admettre comme membre. C’est faux mais qui ira vérifier le texte de la résolution 273 admettant Israel au sein de l’ONU en 1949:
https://ecf.org.il/media_items/469)

– Le rassemblement des exilés et les liens avec le peuple juif en Diaspora:
L’État sera ouvert à l’immigration des Juifs et au Rassemblement des Exilés. L’État déploiera des efforts pour garantir la sécurité des membres du Peuple Juif et de ses citoyens se trouvant en détresse ou emprisonnés en raison de leur Judéité ou de leur citoyenneté. L’État agira sur les communautés de Diaspora pour la conservation du lien entre l’Etat et les membres du Peuple Juif. L’État agira en vue de la conservation de la Tradition culturelle, historique et religieuse du Peuple Juif au sein du Judaïsme de Diaspora.

Déclaration de l’Indépendance:
Contraint à l’exil, le peuple juif demeura fidèle au pays d’Israël à travers toutes les dispersions, priant sans cesse pour y revenir, toujours avec l’espoir d’y restaurer sa liberté nationale… Motivés par cet attachement historique, les juifs s’efforcèrent, au cours des siècles, de retourner au pays de leurs ancêtres pour y reconstituer leur Etat… Ils nourrirent toujours l’espoir de réaliser leur indépendance nationale.
En 1897, inspiré par la vision de l’Etat juif qu’avait eue Théodore Herzl, le premier congrès sioniste proclama le droit du peuple juif à la renaissance nationale dans son propre pays. Ce droit fut reconnu par la Déclaration Balfour du 2 novembre 1917 et réaffirmé par le mandat de la Société des nations qui accordait une reconnaissance internationale formelle des liens du peuple juif avec la terre d’Israël, ainsi que de son droit d’y reconstituer son foyer national.

(Voici cet extrait repris et décoré qui se trouve dans les archives de l’état)

– *Développement urbain et agricole des Juifs:
L’État considère le développement urbain et agricole des Juifs comme un objectif national et agira en vue d’encourager et de promouvoir ses initiatives et son renforcement.

Déclaration de l’Indépendance:
..
.Motivés par cet attachement historique, les juifs s’efforcèrent, au cours des siècles, de retourner au pays de leurs ancêtres pour y reconstituer leur Etat. Tout au long des dernières décennies, ils s’y rendirent en masse : pionniers, maapilim* et défenseurs. Ils y défrichèrent le désert, firent renaître leur langue, bâtirent cités et villages et établirent une communauté en pleine croissance, ayant sa propre vie économique et culturelle. Ils n’aspiraient qu’à la paix encore qu’ils aient toujours été prêts à se défendre. Ils apportèrent les bienfaits du progrès à tous les habitants du pays. Ils nourrirent toujours l’espoir de réaliser leur indépendance nationale.

Lois fondamentales:
Le concept de développement urbain et agricole de la population juive est déjà inscrit dans la Déclaration du 4 octobre 1949. Le gouvernement de l’époque  constitue en plus un comité dont le but est d’inciter à la réhabilitation des noms juifs des différentes localités dont le nom a été changé au cours des siècles et à retrouver celles qui ont disparu en se fondant sur des bases historiques et archéologiques précises . Ce comité travaillera surtout dans la région du Neguev, en parallèle avec le « Comité des noms des localités du Fonds National Juif » qui lui s’est attelé à ce travail dès l’année 1922!
Pour comprendre cela, il faut intégrer le fait qu’ici, les groupes ethniques et religieux sont ne sont pas effacés au profit d’une nationalité commune à tous. Situation très différente de ce qui existe par exemple en France. Ne dites surtout pas à un Israélien arabe, druze, tcherkesse ou araméen, qu’il n’est qu’israélien. Il est fidèle non seulement à sa nationalité mais aussi à son groupe dont il défend bec et ongles les particularités. Il donc est logique pour tous que si l’état est la patrie de la nation juive, comme cela est inscrit dans la Déclaration de l’Indépendance, le développement urbain et agricole des Juifs soit son objectif premier. Ceci dit, les non-Juifs habitent où ils veulent (y compris parfois dans les « colonies ») dans la mesure où ils respectent les lois d’urbanisation valables pour tous.
Point de place ici pour  les villages construits sans aucune autorisation, essentiellement dans le Neguev mais parfois aussi en Galilée et pour le dire en passant, souvent avec l’aide active de puissances étrangères comme l’Union Européenne qui plantent des cabanes en tôle, sans donner aux habitants la possibilité de se connecter à l’eau, à l’électricité ou même à des routes carrossées et en les gardant ainsi dans un état de pauvreté et de dépendance tout en leur répétant que leurs malheurs viennent des sionistes.

– Le Calendrier:
Le calendrier hébraïque est le calendrier officiel de l’Etat et à ses côtés le calendrier grégorien servira aussi de calendrier officiel. L’emploi du calendrier hébraïque et du calendrier grégorien sera fixé par la loi. Le jour de l’Indépendance est le jour de la fête nationale de l’État.
Le Jour du Souvenir des victimes des guerres d’Israël et le Jour du Souvenir de la Shoah et du Courage sont des jours du souvenir officiels de l’État.
Le Shabbat (Samedi) et les fêtes juives sont des jours de repos fixes dans l’État. 
Les personnes non-juives ont le droit de fixer leurs jours de congé, leur jour de repos hebdomadaire et lors de leurs fêtes; les détails concernant ces points seront fixés par la loi.

Lois fondamentales:
La première loi à être promulguée dans l’État d’Israël a été l’ordonnance du shabbat et du repos des jours selon le calendrier juif en raison de l’importance de la tradition juive. Et il a été décidé que la date hébraïque serait indiquée dans chaque lettre officielle du gouvernement
De plus, pendant le premier gouvernement de Mena’hem Begin, il a été décidé que les banques et les institutions publiques se devaient d’honorer les chèques et factures comportant uniquement la date hébraïque.
Enfin en 2014, a été votée une loi selon laquelle le permis de conduire comporterait également la date en hébreu.

En conclusion que dire? Que tout ce qui se trouve dans la Loi de la Nation (que les journaliste appellent la si-controversée loi de la Nation) a été déjà écrit et proclamé depuis la création de l’état.
Etait-il donc nécessaire de voter une nouvelle loi?
Pour moi, oui, vraiment, et toutes les accusations véhémentes de ceux opposés à la loi me le prouvent. Ce texte est nécessaire pour lutter contre les adeptes du post-sionisme qui voudrait suivre le courant actuel: plus de nation, plus de particularités culturelles et nationales sans se rendre compte que cet abandon revient à donner les rênes du pays à  ceux qui veulent le détruire. Ce faisant, ils ôtent aux Juifs tout espoir de trouver un refuge dans le pays de leurs ancêtres. Si certaines populations décident de fondre leur culture et leurs particularismes dans un magma indéfinissable, c’est bien leur droit. C’est là un luxe que nous, Juifs, nous ne pouvons pas nous payer. Combien d’entre nous en Diaspora sont encore des victimes toutes désignées y compris dans les pays dits développés?
Même ici, dans ce pays en constitution depuis seulement 70 ans, nous ne devons jamais baisser les bras et veiller à ce que les principes fondateurs demeurent.
Certains crient à la discrimination en répétant comme un mantra que la Loi de Nation est raciste, mais sans jamais expliquer en quoi elle l’est.

Pour moi, par deux fois nous avons perdu notre souveraineté nationale*.
Nous avons survécu en développant et renouvelant notre conception particulière du monde et du rapport à l’autre, tout en conservant nos structures fondamentales: monothéisme et éthique, rappel de l’alliance et universalisme. Nous avons été capables de maintenir notre identité pendant ces siècles d’exil, tout cela en attendant de restaurer notre état*.
Nous avons le devoir de maintenir nos valeurs et notre héritage que nos ancêtres ont réussi, dans les conditions difficiles que nous connaissons, à nous transmettre et nous refusons de nous couler dans un moule créé par d’autres même s’ils prétendent nous vouloir du bien.

A bientôt,

* Il y a longtemps: la première fois 5 siècles avant l’ère chrétienne et la deuxième fois au deuxième siècle de l’ère chrétienne, après la chute de Bar Kokhba.

*Extrait tire de l’excellent article (une fois de plus!) de Pierre Lurcat:
http://vudejerusalem.over-blog.com/2019/02/europe-les-elites-contre-les-peuples-la-nouvel-imperialisme-europeen-face-au-reveil-des-etats-nations-pierre-lurcat.html

* Parmi les nombreuses interdictions du gouvernement britannique: chanter l’hymne Hatikva et souffler dans un shofar au kotel
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/09/25/le-groupe-clandestin-des-souffleurs-de-shofar/

* Maapilim: Les immigrants illégaux entre 1934 et 1948.

*Je vous renvoie au texte de la déclaration d’Indépendance, prononce par David Ben Gourion, premier Premier Ministre d’Israel, le 5 Iyar 5708 ou 14 mai 1948:
https://mfa.gov.il/MFA/MFAFR/MFA-Archive/Pages/La%20Declaration%20d-Independance%20d-Israel.aspx

 

Notre Jerusalem

En 2013, je publiais un article Jerusalem d’or*. Il est toujours d’actualité car Jerusalem est notre capitale depuis 3000 ans.
Le transfert de l’ambassade américaine à Jerusalem est certes une décision importante mais elle ne signifie pas que pour la première fois, Jerusalem est déclarée capitale de l’état d’Israel: elle l’est en fait depuis la création de l’état en 1948 même si aucun état jusqu’à présent l’avait reconnue comme telle.
Ceux qui nous la dénient ou qui nous la disputent ne le font pas par souci humaniste ou par équité mais simplement parce qu’il leur est impensable qu’elle le soit. Il est même impensable pour certains qu’elle se trouve en Israel*!
Pourquoi? Je pense sincèrement que nombres de nations nous ont concédé un état-refuge du bout des lèvres à condition que nous nous montrions reconnaissant en restant sous leur tutelle. Elles n’ont jamais pu accepter que cette ville si importante dans l’histoire de l’humanité soit en fait notre héritage ancestral.
Mais personne ne s’est vraiment rendu compte que pour nous Israel n’était pas qu’un refuge. Pourtant, les paroles de l’Hatikva sont très claires:
Tant qu’au fond du cœur l’âme juive vibre, et notre regard est tourné vers Sion,  vers les confins de l’Orient, notre espoir n’est pas encore perdu. Un espoir de 2000 ans, être un peuple libre sur notre terre, la terre de Sion et de Jerusalem.
Nous le chantions même avant la création de l’état d’Israel:

(Élèves d »une école juive à Munkacs,Tchécoslovaquie, en 1930)

Vous me direz que je confonds deux choses: Israel et Jerusalem. Non, je ne les confonds pas mais pour les Juifs au cours des âges les deux se confondaient. L’alyia de nombreux Juifs s’est faite en pensant à Jerusalem et non pas à Tel Aviv, Beer Sheva, ou aux kibboutzim. Le nom de Sion (l’une des collines de la ville) signifiait pour eux Jerusalem et Jerusalem englobait tout le pays. Dans le chant המסע לארץ ישראל (hamassa leeretz Israel), qui raconte odyssée dramatique des Juifs d’Ethiopie à travers le Soudan, une mère encourage ses enfants fatigués:
« Encore un peu, encore un peu, soulevez vos jambes, un dernier effort avant Jerusalem » et ensuite « encore un peu encore un peu, notre rêve se réalise, on arrive en Eretz Israel »

Nous ne sommes pas animés par un esprit guerrier, nous ne voulons pas dominer le monde. Mais nous sommes liés à notre héritage par un lien, celui qui nous relie à nos ancêtres et à cette terre. Il passe de génération en génération. C’est ainsi que le sionisme c’est le retour à Sion et que Jerusalem est au sommet de notre joie comme disait le prophète Jérémie…
Pour les uns, ce lien a une composante religieuse forte, parfois mystique, pour d’autres non.
Hier soir, à la télévision, l’interview d’un vieux monsieur qui fit partie du Groupe clandestin des sonneurs de Shofar*à l’âge de 13 ans. Ce groupe sonnait du shofar le jour de Kippour à la barbe des soldats anglais en faction au Kotel. Le  gouvernement britannique de l’époque  interdisait aux Juifs de sonner du Shofar et d’apporter des rouleaux de la Thora pour ne pas gêner les susceptibilités des musulmans. Ce jeune garçon ne l’avait pas fait par mysticisme religieux mais, dit-il, par « fierté nationale« .
Je me souviens d’un chant nostalgique que ma mère aimait beaucoup. Nous le fredonnions en canon: וִיהוּדָה, לְעוֹלָם תֵּשֵׁב; וִירוּשָׁלִַם, לְדוֹר וָדוֹר (Yehuda leolam teshev vyerushalayim ledor vador)
Yehouda sera toujours habité ainsi que Jerusalem de génération en génération:

Nous sommes revenus à la maison, nous sommes rentrés chez nous. Le shofar ne sonne pas sur le Mont du Temple mais déjà au Kotel et nous parcourons les rues de notre capitale, librement comme vous pouvez le faire chez vous, où que ce soit.
Dans notre capitale, dans notre pays, chacun peut ne pas croire ou croire et croire en ce qu’il veut. Si vous venez, vous entendrez les cloches et l’appel du muezzin. La réalité n’est pas toujours simple, elle est même souvent très compliquée, mais c’est la nôtre et nous nous faisons avec*.
Souvenez-vous: nous sommes simplement rentrés chez nous.

Dans la vidéo ci-dessous, Yehoram Gaon interprète pour les festivités du Jour de Jerusalem, ce chant dont voici le refrain:
« J’ai vue une ville drapée de lumière, elle monte dans les couleurs de l’arc en ciel et joue en moi comme une harpe »*

Comme le disait David Ben Gourion qui fut notre premier Premier Ministre: Si un pays a une âme, les montagnes de Jerusalem sont l’âme du pays d’Israel

 

A bientôt,

 

*  Jerusalem d’or:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/07/jerusalem-dor/

*  Le groupe clandestin des souffleurs de Shofar:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/09/25/le-groupe-clandestin-des-souffleurs-de-shofar/

*  Notre réalité :
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/03/02/nous-les-yerushalmim/

* Jerusalem au sommet de notre joie: Psaume 137

* Pour le Consulat de France a Jerusalem, Jerusalem ne se trouve pas en Israel. Sur les cartes d’identité françaises établies par le Consulat, le nom de la rue est exact, le nom de la ville est bien Jerusalem mais le nom du pays…est aussi Jerusalem. Jerusalem se trouve donc hors territoire israélien. Et je précise pour les chipoteurs que c’est le cas même pour les quartiers se trouvant en deçà de la ligne d’armistice de 1949 et officiellement reconnus comme étant israéliens par la communauté internationale. Ah le vieux fantasme de l’internationalisation de Jerusalem!

* Chant écrit par Yossi Sarig, jeune compositeur du kibboutz Beit Hashita, tué pendant la guerre de Kippour

Le 29 novembre 1947

J’avais écrit cet article en 2013. Je le reposte aujourd’hui, car demain, il y aura 70 ans que les Nations Unies ont voté en faveur du partage de la Palestine britannique en deux états, l’un juif et l’autre arabe.

« Pas très loin de la rue Nili * dans le quartier de Katamon, il y a une rue nommée כ »ט בנובמבר   (Kaf Tet beNovember) ou 29 Novembre:

DSCF0134
Cette date du 29 Novembre ne vous dit sans doute pas grand chose mais un certain nombre d’entre vous a sans doute vu cette vidéo :

Il s’agit du jour où l’ONU a approuvé le plan de partage de la Palestine en deux états, l’un Juif et l’autre Arabe.Mais qu’est ce donc que la Palestine? Quel est donc ce territoire sur lequel nous sommes accusés d’occupation et parfois de nettoyage ethnique?

Regardons quelques cartes en remontant le temps:
La Palestine romaine comprend le territoire de l’état d’Israël amputée du Néguev, mais débordant largement sur la Jordanie et la partie oriental du Liban.

palestine romaine01

A l’époque byzantine, son territoire s’étend  jusqu’à l’actuelle frontière nord d’Israel, à l’Est il déborde toujours largement sur la Jordanie actuelle et est toujours amputé du Néguev au Sud:
empire byzantin Palestine (fin du 4 ème siècle)

L’empire arabe l’englobera dans ses conquêtes sans en changer les limites administratives. Ce n’est qu’à l’époque des Croisés que son territoire s’enrichit  du  Liban et de la partie occidentale de la Syrie et cette fois descend au Sud jusqu’à Eilat:

Royaume chrétien au 12 ème siècle

A l’époque ottomane, c’est une des nombreuses provinces de l’empire, divisée en un certain nombre de districts.

Palestine ottomane

Lorsque les Turcs perdent la Première Guerre Mondiale, le prince Fayçal* d’Arabie et Hayim Weizman, chef de l’exécutif sioniste, signent un accord en janvier 1919. les termes de cet accord sont extrêmement intéressants: Il s’agit à la fois de la reconnaissance par Fayçal de la déclaration Balfour et de l’établissement de deux états, l’un arabe, à l’est du Jourdain que gouvernera le prince Fayçal d’Arabie et l’autre, à l’ouest du Jourdain, qui sera l’état de Palestine dirigé par l’exécutif sioniste.
Fayçal ajoute cependant une clause restrictive: cet accord ne vaut que si les Anglais tiennent les promesses d’indépendance faites aux Arabes pendant la guerre.
Les Anglais ne les tiendront pas et cet accord restera lettre morte.

En 1920, les Français et les Anglais se partagent le Moyen-Orient. La Palestine, en vert sur la carte, sera sous mandat britannique.

Palestine 1920

En 1923, la Palestine, nommée alors Syrie-Palestine se voit à nouveau amputée de toute sa région orientale.
Pourquoi?
-Les Français prennent le contrôle du plateau du Golan et l’incluent dans la Syrie (en rose hachuré sur la carte)
– De plus, les Britanniques, qui n’ont pas l’intention de tenir leurs promesses quant à un grand royaume arabe que gouvernerait la famille hachémite, essayent de se racheter en leur offrant un cadeau, la partie orientale de la Palestine: ils créent pour le frère du prince Fayçal, Abdallah, l’émirat de Transjordanie (en rose sur la carte) qui deviendra le royaume de Jordanie en 1946. Il ne reste donc pour le Foyer National Juif que la partie occidentale de  la Palestine britannique (en vert sur la carte).

palestinz 1922.jpg 2
C’est cette petite partie de la Palestine qui est soumise au  partage en 1947. Les Juifs sont inquiets. Si les opinions publiques occidentales leur sont favorables, ainsi que le gouvernements américain et russe (tous les deux espérant ainsi mettre un pied au moyen-Orient au détriment des Français et des Britanniques), les gouvernements occidentaux européens sont eux hésitants. La France par exemple, tergiversera longtemps et se décidera pour le oui juste avant le vote.

29 novembre 1947 2(dessin d’Arieh Navon: Israel, grand-père juif fatigué, attend patiemment devant la salle d’accouchement de l’ONU)

De plus, les Juifs de Palestine savent bien que les Arabes ne veulent en fait rien leur concéder: en 1946, une conférence s’était tenue à Bloudan, en Syrie avec 400 délégués des pays arabes. Présidée par le Premier Ministre irakien, elle avait proclamé que « la Palestine était de manière irréductible une terre arabe et que jamais les Arabes ne consentiraient à en aliéner la moindre parcelle« . En cela, les délégués avaient suivi les avis les plus extrémistes: ceux de l’Irak et celui du Grand Mufti de Jerusalem Hadj Amin Al Husseini*.

Finalement la décision de partition est prise par 33 vois pour contre 13 contre et 11 abstentions.
Ce 29 novembre est un jour de joie pour les Juifs. On leur accorde enfin la possibilité d’avoir un état. Cet état est minuscule (en rouge sur la carte: environ 23 %  du territoire de la Palestine mandataire, en vert le futur état arabe) mais c’est mieux que rien.

 

Palestine 1947(En rouge le futur état juif)

La décision de l’ONU déchaîne un enthousiasme délirant dans toutes les communautés juives à travers le monde. Tout le Yishouv danse cette nuit là tout en sachant que la guerre, déjà larvée depuis des années, éclatera dès le lendemain.

29 novembre 1947

Les Juifs espèrent encore que le nouveau roi de Jordanie, Abdallah, ne rentrera pas en guerre contre le nouvel état mais en vain. Abdallah a peur que le grand Mufti de Jerusalem, réfugié en Egypte*, ne réalise son rêve: devenir le  leader du monde arabe. Il se laisse donc entraîner dans ce déferlement de violences.

Israel sera alors attaqué par l’Egypte, la Jordanie, l’Irak, la Syrie. La guerre sera longue, un an et demi  jusqu’aux accords d’armistice de Rhodes en juillet 1949. Le siège de Jerusalem sera très dur, les Juifs de la Vieille Ville seront massacrés ou s’enfuiront.

quartier juif jerusalem 1948

(1948, le quartier juif de la Vieille Ville de  Jerusalem vidé de ses habitants)

Finalement au moment de l’armistice, Israel, le nouvel état juif, récupérera plus de terres que prévu par le plan de partage (en rouge sur la carte si-dessous).

palestine 1948 

Apres la guerre de 1948, la Jordanie (en rose sur la carte) occupera la Cisjordanie, c’est à dire la partie occidentale du Jourdain et l’Egypte (en jaune sur la carte) occupera Gaza.
La reconnaissance de l’état d’Israel par les puissances européennes ne se fera pas sans difficultés. La France est l’une des dernières.  Comme elle veut ménager les populations musulmanes d’Afrique du Nord, elle ne reconnaîtra l’Etat d’Israël de facto qu’en janvier 1949 et de jure qu’en avril de la même année.

La décision de l’ONU avait prévu que «… Les Arabes, citoyens de l’État arabe, et les Juifs, citoyens de l’État juif auront le droit de vote dans l’État arabe et dans l’État juif, respectivement. » Ce sera la cas pour les Arabes en Israel, mais pas pour les Juifs en Jordanie car…il n’y en aura pas. La Jordanie sera un état Judenrein, exactement comme les territoires actuels sous autonomie palestinienne.

Tant que la partie orientale de la ville est restée sous contrôle jordanien c’est à dire de 1948 à 1967, peut importait au monde occidental qu’aucun Juif ne puisse prier au Kotel ou qu’aucun musulman ou chrétien de nationalité israélienne ne puisse prier à El Aksa, au Saint Sépulcre ou aller à Bethlehem. Mais quand les Israéliens en ont pris le contrôle, le monde des bien-pensants occidentaux s’est réveillé et a parlé d’occupation illégitime.

En 1967, Israel gagna la guerre des 6 jours et conquit les territoires de Cisjordanie et de Gaza. La Jordanie et l’Egypte ne voudront jamais reprendre les territoires conquis par Israel en 1967 (sauf le Sinaï pour l’Egypte), sachant trop bien que l’abcès de fixation qu’ils avaient crée se retournerait contre eux.  Les Arabes, réunis à Khartoum après leur défaite, concluent leur réunion par les fameux trois « non »:
– Non à la paix avec Israel
– Non aux négociations avec Israel
– Non à la reconnaissance d’Israel

On entend toujours qu’Israel doit retourner aux frontières de 67 mais en 1967, il n’y a eu aucune délimitation de frontières * (comme il n’y en n’avait d’ailleurs pas eu en 1949) ce ne sont que des lignes d’armistices. Donc, selon le droit international, Israel n’occupe aucun territoire national étranger!

A aucun moment, pendant toutes ces années, y compris au 19 ème et 20 ème siècles qui voient la montée des nationalismes et des états nations, les Arabes n’auront revendiqué un état ou une identité palestinienne. Aucun texte officiel ne les nommera Palestiniens. Les accords Fayçal-Weizman parleront de la création d’un état arabe et non pas palestinien.  Pendant toutes ces années, ils s’identifieront eux-mêmes comme Arabes de telle ville ou de tel clan. La mention du district de Palestine ne fera pas partie de leur identité. Ceux qui sont appelés Palestiniens par les Turcs ou les Anglais, et aussi par dérision par les Arabes, sont les Juifs de Palestine. 
De plus, même s’ils nomment en hébreu leur pays Eretz Israel, les Juifs utilisent le mot Palestine pour le designer comme le font les autre nations. C’est ainsi qu’on parle officiellement de la  Banque Anglo-Palestinienne, du journal le Palestine Post etc. C’est bien parce que, pour  le monde non-juif, le mot Palestinien est clairement synonyme de Juif, que le traité entre Fayçal et Hayim Weizman mentionnait l’état de Palestine comme le futur état juif!

Le nom de Palestinien, accordé aux Arabes de la région sera une magnifique substitution d’identité, opération de la diplomatie soviétique qui, un peu avant la guerre des 6 jours créera une nation, là où il n’y en a jamais eu.
Pourquoi cette opération de propagande ? En substituant le mot Palestinien au mot Arabe, non seulement ils créaient un peuple de toutes pièces (sous influence soviétique), distinct des autres peuples dont la plupart était sous influence occidentale, mais en plus ils utilisaient le langage en vogue de la décolonisation pour toucher l’imaginaire arabe et occidental.
Les soviétiques contribuaient à sortir ainsi les Juifs et Israel de leur histoire en en faisant des usurpateurs et cela, avec l’assentiment tacite du monde occidental.

L’OLP utilisera pour la première fois les mots peuple palestinien et Palestine en 1964. Il est intéressant de constater que les minorités non-juives et non arabes comme les Tcherkesses et les Druzes (y compris ceux qui habitent le Golan) ne se sont jamais définis comme Palestiniens. Les Arabes chrétiens suivent aveuglement jusqu’à présent les directives des mouvements palestiniens perpétuant leur statut de dhimmis!
Quand ils ne s’adressent pas au monde extérieur, les Arabes reconnaissent ces faits.
Je me souviens d’une émission à la télévision israélienne à l’occasion de Yom Haatsmaout: un journaliste juif interrogeait les notables arabes israéliens d’un village de Galilée qui clamaient haut et fort leur « Palestinité ». Il leur passa alors un film des anneées 50 où les mêmes personnes avaient été filmées participant à la fête de Yom Haatsmaout.
– Vous vous définissiez bien à l’époque comme Israéliens! leur rappela-t-il. Pourquoi pas comme Palestiniens?
– A l’époque, on ne savait pas qu’on était Palestiniens! fut leur réponse.

Ils le reconnaissent parfois même en public:
Walid Shoebat, ancien membre de l’OLP, terroriste repenti et converti au christianisme: « Pourquoi le soir du 4 juin 1967 j’étais Jordanien et le lendemain matin j’étais Palestinien ? …Nous nous sommes considérés « Jordaniens » jusqu’à ce que les Juifs soient revenus à Jérusalem. Alors soudainement nous étions des « Palestiniens »

Ou plus cyniquement comme Zahir Muhsin, membre de l’OLP: « Il n’y a aucune différence entre les Jordaniens, les « Palestiniens », les Syriens et les Libanais. Nous faisons tous  partie de la même nation. C’est seulement pour des raisons politiques que nous soulignons soigneusement notre identité « palestinienne ». L’existence d’une identité « palestinienne » distincte sert seulement un objectif tactique. La création d’un état « palestinien » est un nouvel outil dans la bataille continue contre l’Israël. »
Et il y en a bien d’autres et dites parfois par les dirigeants arabes eux-mêmes!*

Malheureusement. l’Occident ne les prend pas en compte car elle ne rentrent pas dans la doxa officielle

 A bientôt, 

*La rue Nili: https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/10/09/lepopee-du-nili/

*Le prince Fayçal est l’un des fils de Hussein Ben Ali, chérif de la Mecque, de la famille des Hachémites, ennemis des Ibn Saoud. Sa famille ayant aidé les Anglais dans leur lutte contre les Turcs pendant la Première Guerre Mondiale, il sera autorisé à être le seul représentant des Arabes à la conférence de Paris en 1919. Les Anglais lui offriront plus tard le royaume d’Irak.

*Le texte des  accords Weizman Fayçal: http://www.akadem.org/medias/documents/accords-weizmann-faysal.pdf.

*Sur l’attitude de certains groupes arabes de la Palestine mandataire, favorables à une coopération entre un état juif et une fédération d’états arabes, la lettre que Ben Gourion envoya au General de Gaule en décembre 1967: http://victor-perez.blogspot.fr/2013/11/lettre-de-david-ben-gourion-au-general.html#more, trouvée sur l’excellent blog de Victor Perez

* Sur l’attitude ambiguë de la France à la fin des années 40, un ouvrage très documenté: Un siècle de trahison, la diplomatie française et les Juifs., 1894-2007 de David Price-Jones, ed. Denoel.

*En 1937, le grand Mufti Amin Hadj El Husseini s’enfuit  à Beyrouth (sous Mandat Français) pour échapper à un mandat d’arrêt britannique. Il fuit en Allemagne en 1942 pour rejoindre les forces nazies et encourager depuis Berlin les Arabes à massacrer les Juifs. Arrêté pour crime de guerre en 1945, il est placé en résidence surveillée dans la banlieue parisienne. Il s’arrange pour gagner l’Egypte, refuge d’un grand nombre de nazis.
http://www.akadem.org/medias/documents/–1-grand-mufti-de-jerusalem.pdf
Contrairement à la légende qu’il s’était créée, Arafat n’est nullement de sa famille. C’est un Égyptien, ancien membre des frères musulmans. Mais Leila Shahid, s’appelle en fait Husseini. Elle est très fière de son grand-père et fait significatif de ses sentiments, elle a pris le nom de Shahid (martyr), bien qu’elle préfère plutôt envoyer les autres se faire tuer a sa place!

*Israel a actuellement une frontière avec l’Egypte et une avec la Jordanie, deux pays qui ont signé un traité de paix avec Israel. La frontière avec l’Egypte court le long du Sinaï mais ne comprend pas Gaza. La frontière avec la Jordanie se trouve sur la vallée du Jourdain et ce n’est pas la ligne verte. La ligne d’armistice avec le Liban n’a pas bougé depuis 1949, celle avec la Syrie se trouve maintenant sur le plateau du Golan.

*article interessant:http://jssnews.com/2011/05/27/le-mythe-palestinien/

Ils sont devenus fous, ces Français !!!!!

Sous la plume de Michel

Habitant depuis quelques années en Israel, j’ai peu suivi le déroulement de la campagne pour l’élection  du Président de la République.

Bien entendu, je n’ai pas pu échapper au tapage médiatique concernant ce que l’on a appelé les « affaires ». J’ai été surpris aussi par le nombre de petits candidats qui se situent pratiquement tous aux deux extrémités de l’échiquier politique et qui utilisent cette élection comme tribune pour la promotion de leurs idées, idées souvent complètement déconnectées de la réalité. L’exigence de démocratie poussée à son extrémité s’apparente dans ce cas à une grande farce.  

Mais ce qui m’a réellement frappé et inquiété, ce sont les prévisions des derniers sondages. Certes ceux-ci ont mauvaise réputation consécutivement aux erreurs concernant le Brexit et l’élection de Donald Trump. Mais tout de même, ils sont à peu près homogènes dans le temps et quel que soit l’institut de sondage. Alors les francais se diviseraient en 4 groupes à peu près égaux en nombre. Ceci est déjà nouveau mais surprise inquiétante la moitié d’entre eux se partageraient entre deux candidats extrémistes :
– un candidat post communiste, ami de Castro et de Chavez, qui propose en plus d’un programme économique irréaliste, une crise constitutionnelle qui viendrait s’ajouter à la crise économique actuelle.
– une candidate à l’extrême droite qui promeut le retour à un nationalisme révolu qui dans le passé a causé bien des malheurs à ce pays.

Nostalgie quand tu nous tiens ….
Nos deux candidats précités nous ramènent des décennies en arrière. Chacun d’entre eux veut à sa façon quitter l’Europe et prend modèle sur des systèmes qui ont amené dans le passé guerre et désolation.

Qui plus est, une partie non négligeable de leurs troupes ne cache pas son extrémisme et vient ainsi parfois parasiter le discours rassurant du leader. Ceux-ci semblent par ailleurs être seuls en capacité à gouverner dans leurs camps respectifs.     

Là nous sommes devant une situation inédite et dangereuse.

Alors que s’est-il passé ? 50% des francais sont-ils devenus subitement sourds, aveugles et amnésiques?  
Est-ce le cumul des effets de la crise économique et de ceux des attentats terroristes qui provoquent une telle désespérance que toute solution nouvelle est bonne à prendre ?
Je ne sais pas répondre à cette question.
Quel que soit le vote de demain, des sociologues devront se pencher sur le sujet à moins que le nouveau pouvoir en place ne leur en laisse pas la liberté…

Bon vote et bon week-end!

Nos soldats ne prennent pas de vacances!

Chers amis,

Je ne vous ai pas oubliés malgré une absence de plus d’un mois, loin de mon clavier.
Comme vous le savez, lors du Seder de Pessah, nous versons un peu de vin dans un saladier à l’annonce de chacune des plaies et au fur et à mesure, nous le noyons en y rajoutant de l’eau,   pour finalement jeter tout le contenu, symbolisant ainsi la disparition de toutes les plaies.
Ma belle-fille ‘Hani a instauré une nouvelle coutume: à chaque fois qu’on verse le vin, elle prononce le nom d’une organisation terroriste qui va se retrouver, elle aussi, symboliquement noyée. Malheureusement il y en bien  plus que de plaies et nous devons en rajouter à chaque fois une ou deux.*
Ce n’est pas politiquement correct, j’en suis sûre mais les Juifs ont longtemps appelé les choses par leur nom sans fausse honte et adoucissements cosmétiques et il serait temps que tous fassent de même.


Dans le même temps, nos soldats continuent à soigner les blesses syriens qui arrivent à la frontière sur le Golan.

Mais cette semaine, pour la plupart d’entre nous, ce sont les vacances. Non seulement, les Israéliens sont  sortis d’Egypte mais partis se promener de Metulla à Eilat.
Pour les inconscients qui auraient voulu passer quelques jours dans le Sinaï, c’est raté. Israel a fermé sa frontière avec l’Egypte, les bédouins jihadistes nous ayant envoyé une roquette.
L’armée est évidemment en état d’alerte absolu. Certains soldats sont restés loin de leur famille pour que nous puissions tous profiter de cette semaine de vacances.

Heureusement qu’il y a pour eux les בתי החייל (batei hayal) ou maisons du soldat.
Ce sont des hôtels où ils peuvent se reposer lors d’une permission, dormir dans un vrai lit, manger correctement, laver leur linge, voir un film…Comme tous les « soldats isolés » mon fils fut un assidu du בית החייל (Beit ha’hayal) de Kiriat Shemona, il y a déjà longtemps… Il se souvient d’une petite dame de fer ‘Hanita Attias Kedar* du kibboutz Maagan.
Volontaire de l’association « Pour le bien-être du soldat », ‘Hanita avait été embauchée au début des années 90 par Yitshak Rabin pour récolter des fonds dans les pays francophones et fonder un Beit Ha’hayal à Kiriat Shemona dans le bâtiment d’un vieil hôtel à l’abandon: « J’étais fière d’avoir récolté tout cet argent et de pouvoir offrir une halte bienfaisante aux soldats stationnés dans le nord ou qui partaient pour le Liban ».

(‘Hanita Attias-Kedar au kibboutz)

Il y a actuellement une dizaine de בתי החייל (batei Ha’hayal), dispersés dans tout le pays depuis Kiryat Shemona jusqu’à Eilat.

Il ne faut pas les confondre avec les בתי הלוחם (batei halo’hem), ou maisons du combattant, fondées par ארגון נכי צה »ל (irgoun nekhei Tsahal) l’Organisation des Invalides de Tsahal.


L’organisation des Invalides de Tsahal a été fondée en 1949 par une poignée d’anciens combattants handicapés. Elle fournit une assistance complète à tous les soldats et au personnel de sécurité qui ont été blessés au cours de leur service.
Israël compte 50 mille anciens combattants handicapés de Tsahal blessés au cours des guerres, dans diverses missions sécuritaires et dans des attentats terroristes. L’organisation des vétérans et handicapés de Tsahal les aide et les conseille en ce qui concerne leurs droits mais aussi dans le processus de leur rétablissement et de leur intégration à la vie la plus normale possible*.

Elle a aussi construit pour eux ces  בתי הלוחם (Batei halo’hem) maisons du combattant qui leur sont réservées. Ce sont des centres de soin et de  réhabilitation mais aussi des centres culturels et sociaux, offrant une gamme très élargie d’activités à toute la famille.


Voici le Beit Halo’hem de Jerusalem:

:La grande pelouse qui jouxte la piscine

A bientôt,

* Simplement celles qui veulent détruire Israel:
Le Fata’h et les Tanzim, le Front de Libération de la Palestine, le Front de libération Arabe, le Djihad Islamique, le ‘Hezbollah, Daesh, le ‘Hamas et les Frères Musulmans, Al Qaida, les Libérateurs de la Galilée etc…

* ‘Hanita Attias Kedar a un CV impressionnant: elle a aussi dirigé une  מכללה (mikhlala), l’équivalent d’un IUT dans la vallée du Jourdain pour les soldats démobilisés et a travaillé pour Israel en Afrique

* L’organisation des invalides de Tsahal leur fournit des soins physiques et psychologiques, une assistance juridique, les aide pour l’obtention de logements ou voitures adaptés, leur permet d’avoir des réductions sur un certain nombre de taxes comme les impôts locaux, leur propose des cours pour accéder à un en emploi etc… sans compter toutes les activités de loisir qui concernent tout la famille.

* Voici le site  du Beit Halo’hem de Jerusalem:
http://bh-j.inz.org.il/index1.asp?cat=141