Jerusalem, au sommet de notre joie

Tout le monde connaît ירושלים של זהב(Yerushalayim Shel Zahav)*, écrit par Naomi Shemer dans cette période si angoissante du mois de mai 1967. Mais savez-vous quel fut le premier chant composé en l’honneur de Jerusalem enfin libérée?
L’histoire se passe en 1917 juste après l’arrivée des Anglais en Palestine. Les Juifs sont fébriles et heureux. Les troupes troupes britanniques sont entrées dans Jerusalem le premier jour de ‘Hannouka et ils y voient une promesse de גאולה (geoula=délivrance) même s’ils devront déchanter par la suite. Eliezer Ben Yehuda* demande au compositeur de l’époque, Avraham Zvi Idelson,  d’écrire un chant en l’honneur de la libération de la ville, une mélodie  et une simple phrase qui peuvent parler au cœur de tous les Juifs: ce sera ‘Hava Nagila sur une mélodie ‘hassidique:

« Venez vous réjouir et soyez heureux. Venez dans l’allégresse. Levez vous frères d’un cœur joyeux »
הבה נגילה, הבה נגילה
הבה נגילה ונשמחה.
הבה נרננה, הבה נרננה,
הבה, הבה נרננה.
עורו אחים בלב שמח


Cette semaine, nous avons fêté non seulement le יום ירושלים Yom Yerushalayim (jour de Jerusalem) mais aussi les 50 ans de la libération de la ville à la fin de la guerre des 6 jours. Les cérémonies et spectacles se sont succédés dans la ville et dans tout le pays. 
Voici trois vidéos prises au pied des murailles.
ירושלים של זהב Yerushalayim shel zahav:

la danse des drapeaux:

Enfin l’Hatikva reprise par les spectateurs:

Alors n’en déplaise à l’ONU, à l’UNESCO,  nous continuerons à vivre et à fêter Jerusalem, notre capitale depuis le roi David,
Nous fêtons sa libération depuis ce mois de juin 1967 ou nous avons tant tremblé et nous nous sommes tant réjouis et nous mettrons « Jerusalem au sommet de notre joie. »*

Pour ceux qui voudraient comprendre non seulement pourquoi nous sommes si attachés à Jerusalem mais aussi pourquoi le monde arabo-musulman use de son influence pour nous en expulser symboliquement en espérant y arriver réellement la prochaine fois, voici ce film de Pierre Rehov qui explique les choses très clairement:

 

Les amis d’Israel sont déjà convaincus mais se sentent impuissants.
Ceux qui nous haïssent ne le regarderont même pas, Ceux qui sont indifférents hausseront les épaules « encore ces histoires de Juifs! » sans réaliser qu’il ne s’agit pas seulement de nous mais d’eux, que c’est toute leur culture qu’on met à la poubelle. Bientôt, ils assisteront à des autodafés, liront des livres expurgés, accepteront une pseudo-histoire ou une pseudo-science. Ce n’est pas si loin. Vous vous souvenez des autodafé des nazis, vous vous souvenez des théories de Lyssenko*?

L’Europe ne nous pardonne pas d’avoir survécu et surtout d’avoir gardé notre âme. Si l’Occident  persiste dans sa torpeur égoïste et passive, il mourra.  Il devrait se souvenir qu’ « après le samedi vient le dimanche« 

A bientôt,

*Eliezer ben Yehuda:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/10/16/eliezer-ben-yehouda/

*Jerusalem,  au sommet de notre joie: psaume 137

*articles sur Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/07/jerusalem-dor/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/03/02/nous-les-yerushalmim/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/05/23/dans-tes-murs-dans-tes-portes-jerusalem/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/09/25/le-groupe-clandestin-des-souffleurs-de-shofar/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/10/17/nous-sommes-tous-concernes/

https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/06/06/notre-jerusalem/

*Lyssenko:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lyssenkisme

 

Notre Jerusalem

 

Dimanche, nous avons fêté Yom Yerushalayim, le jour de Jerusalem.

Yom Yerushalayim 3
Nous avons cette particularité d’avoir un pays, le seul établi selon une décision de l’ONU et toujours en danger d’être délégitimisé.
Depuis 3000 ans, les juifs du monde entier considèrent que leur capitale est Jerusalem. Elle fut proclamée à capitale de l’état d’Israel dès l’indépendance,  et à nouveau en 1980 après que la partie est de la ville, alors sous souveraineté jordanienne, fut libérée en 1967. Pourtant, elle est encore et toujours contestée par le monde entier. Aucune ambassade ne s’y trouve.
En 2006, les deux dernières, celles du Salavador et du Costa Rica ont déménagé leurs bureaux vers Tel-Aviv. Voici ce que dit Oscar Arias, le président du Costa Rica  : « 
Cela nous permet (le déménagement) de réparer une erreur historique qui a été dommageable pour notre réputation à l’échelle internationale et nous a privés de relations amicales avec le monde arabe et la civilisation islamique, lesquels partagent nos valeurs de liberté, de démocratie et de droits humains ».
Sur le site diplomatie.gouv.fr il est écrit : l’Etat d’Israël a fixé sa capitale à Jérusalem en dépit de l’absence d’accord international sur le statut de cette ville.
En fait, alors que chaque pays peut choisir comme capitale la ville qui lui convient le mieux, nous sommes toujours soumis au diktat des nations qui, comme chacun le sait, par le biais de ses organisations, nous accuse d’empoisonner l’eau des puits, nie tous nos liens avec le judaïsme etc..
A tel point que depuis le 3 juin, le gouvernement français a décidé, suite à l
a réforme informatique du Registre des Français de l’étranger, la mise en œuvre à partir du 1er juin 2016 et basée sur la géographie des circonscriptions électorales, de mentionner sur les documents officiels délivrés aux Français résidant en Israel la mention « ISRAËL/TERRITOIRES PALESTINIENS » pour désigner leur pays de résidence et ce quelle que soit la ville de résidence.

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En clair, il n’y a plus de « territoires occupés » (la Judée et la Samarie) et le territoire israélien. Tout Israel est considéré comme territoire palestinien.

Bon sang, mais c’est bien sûr! C’est exactement la position de Ramallah!

souplex-bon-sang-mais-cest-bien-sûr Concernant le vote à l’UNESCO*, le premier ministre français a dit que c’était une  erreur.
Pour celui plus récent à l’OMS*, nous n’avons pas eu droit à une déclaration de l’état français.
Enfin pour cette mention «ISRAËL/TERRITOIRES PALESTINIENS», les autorités françaises en Israël ont assuré être informées de ce «problème informatique».

Quelqu’un se serait-il trompé de bouton? A ce niveau d’incompétence tout est possible! Misons plutôt sur de la mauvaise foi.

Donc, Jerusalem est hors-sol avant d’être un jour territoire international ou palestinien, ce dont rêvent la plupart des pays de la planète. Et pourquoi?
Certainement, pour plaire aux musulmans qui ne tolèrent pas que cette ville soit entre les mains d’infidèles tels que nous.
Mais plus que ça, le cerveau de beaucoup d’occidentaux possède une strate plus ou moins développée dans laquelle il est inscrit: Le monde tournerait bien mieux sans les Juifs.
Je ne pense pas qu’aucun des pays qui ont installé leur ambassade à Tel Aviv accepteraient qu’il en soit de même pour eux: même Berlin, qui fut non seulement la capitale de l’Allemagne mais aussi celle du 3 ème Reich, est redevenue vite fait celle de la république allemande à la chute du mur sans qu’il fut besoin d’obtenir l’agrément des nations.


les Juifs dans la lune

Pour en revenir à Jerusalem:
Elle n’a été sous souveraineté jordanienne que pendant 19 ans alors qu’auparavant, elle se trouvait sur le territoire de la Palestine mandataire dévolu aux Juifs. Les Jordaniens ne s’y sont jamais intéressés et elle n’a jamais été la capitale de la Jordanie. Et pendant ces 19 années, personne n’a menacé de tuer des Jordaniens au nom de la libération de Jerusalem, car elle se trouvait aux mains de musulmans et non pas d’infidèles.

Pourquoi est ce donc si important pour les Arabes que cette ville ne tombe pas aux mains d’infidèles?
On nous répété à satiété que Jerusalem est la 3 ème ville sainte pour l’Islam, après la Mecque et Medine. Loin de moi l’idée de priver qui que ce soit de ses lieux saints mais nous sommes-nous déjà demandé depuis quand Jerusalem est devenue une ville sainte pour l’islam?

Un peu d’histoire et quelques précisions:
– Le prophète Mohammed naît en l’an 570 et meurt en 632.
– Dans la tradition musulmane, il est dit qu’au début, Mahomet se tournait vers Jerusalem pour prier mais qu’il décida de se tourner vers la Mecque en 624. Car, déclare-t-il « Dieu se trouve en Orient et en Occident« .
Je ne recherche pas les raisons de ce changement. Ce qui pour moi est important, c’est que depuis l’année 624, les Musulmans prient tournés vers la Mecque.
– Jerusalem n’est pas mentionnée dans le Coran, pas une fois.
Selon la tradition musulmane, le Coran décrit un voyage nocturne au cours duquel Mohammed a reçu la nouvelle religion, l’islam « Gloire à Celui (Dieu) qui a fait voyager Son seviteur, la nuit, de la masjidi-l-Harami à la masjidi-l- aqsa (aqsa= éloignée) autour de laquelle Nous avons mis notre bénédiction afin de lui faire voir certaines ayatina (signes, prodiges)*... »
Donc, le serviteur, Mohammed voyage depuis un endroit qui selon l’orthodoxie musulmane est La Mecque, jusqu’à la mosquée éloignée, El Aqsa!

Je ne me mêlerai pas d’exégèse du texte du Coran, je n’ai pas compétence pour le faire. Ce que je veux faire remarquer c’est simplement qu’il ne faut pas sauter hâtivement à la conclusion qu’il s’agit de la mosquée actuelle El Aksa.
Pourquoi?
Parce qu’à cette époque, nulle mosquée ne se trouve sur le mont du Temple. S’y trouve par contre une église byzantine.
– De surcroît, quand Omar conquiert Jerusalem en 638, il ne manifeste aucune envie de construire une mosquée.
Un hadith raconte qu’à son arrivée Omar demande à un Juif de lui montrer le lieu le plus saint de la ville. Le Juif lui montre une direction au nord du Mont du Temple, Omar se fâche, le traite de menteur en lui disant: « Tu as peur que nous nous tournions vers ta pierre sacrée lorsque nous nous tournons vers la Mecque pour prier! » Et voyant que le Juif enlève ses chaussures car ils se trouvent sur l’esplanade du Temple, Omar ajoute: « Nous musulmans, nous n’avons pas à enlever nos chaussures sur le Mont du Temple car ce n’est pas un endroit sacré aux musulmans ». 

Cela montre qu’Omar considère cet endroit où il sait que fut construit le Temple de Salomon comme tout à fait honorable mais pas certainement pas comme sacré.
– De plus, comme Omar est un bon administrateur, il organise la vie des habitants de Jerusalem en publiant ce qui s’appelle encore maintenant « Les règlements d’Omar » qui régissent la vie des dhimmi juifs et chrétiens*.
Il s’agit d’une discrimination juridique, politique et théologique très explicite:
Juifs et Chrétiens ne peuvent porter une épée, 
ne peuvent étudier le Coran, ne peuvent pas servir au sein du gouvernement. Ils sont subordonnés aux Musulmans pour les questions d’héritage. On ne peut pas accepter leur témoignage contre des Musulmans dans un tribunal.  Juifs et chrétiens n’ont pas le droit monter un cheval ou un mulet sellé, ils peuvent seulement monter un âne. Ils ne peuvent construire des bâtiments plus élevés que ceux des Musulmans. Ils ne peuvent construire des églises et des synagogues ou les rénover. Ils ne peuvent s’habiller comme des Musulmans: les Juifs doivent porter une ceinture jaune et les Chrétiens une ceinture bleue. Les femmes musulmanes ne doivent pas entrer dans les maisons juives et chrétiennes. Les femmes juives et chrétiennes ne doivent pas se baigner avec les Musulmanes, elles doivent porter un anneau de fer et aller dans leurs propres bains. Juifs et Chrétiens ne peuvent  empêcher leurs parents de se convertir à l’ Islam. Les Chrétiens n’ont pas le droit de discuter de la question de l’unité de Dieu.
Juifs et Chrétiens sont vu comme potentiellement traîtres puisqu’il  leur est officiellement interdit de comploter avec les ennemis de l’Islam et de faire tomber des Musulmans dans un piège.
Enfin, Juifs et Chrétiens ne peuvent entrer dans la péninsule arabique, lieu exclusivement musulman! 
Or, aucune de ces lois qui régissent tous les domaines de la vie des dhimmis ne concerne le Mont du Temple.
Sur le Mont du Temple, je le redis, il n’y a ce moment là sur ce terrain qu’une église byzantine.
On raconte même que, voyant l’énorme tas d’ordures déposés à dessein par les chrétiens aux abords du Kotel pour y interdire son accès aux Juifs, Omar fait nettoyer tout cela, par mesure d’hygiène et décide (contrairement à ce qui avait été écrit dans ses Règlements!) de permettre aux Juifs une petite synagogue sur le mont du Temple, synagogue qui restera jusqu’à la conquête croisée en 1099.*

En fait, c’est seulement en 705 que commence cette construction de la mosquee d’EL Aksa.
Nous sommes pendant la dynastie des Omeyyades (661-750). A ce moment là, le siège du califat se trouve à Damas. Son contrôle sur les villes saintes, La Mecque et Médine, est à peu près inexistant du fait des soulèvements permanents des gouverneurs locaux. Vu son passé biblique, Jerusalem est la ville toute trouvée pour leur faire concurrence d’autant qu’elle est située bien plus près de Damas que les deux premières. Et c’est ainsi qu’est décidée la construction de deux bâtiments destinés à rehausser le prestige de la ville: le Dôme du Rocher*

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et une mosquée, nommée pour l’occasion El Aksa, la lointaine, en référence au voyage nocturne de Mohammed.

mosquee d'El Aksa 2
Mais tout cela n’est qu’à usage interne et personne n’est invité à combattre pour la liberté d’El Aksa.
En fait, Jerusalem ne devient un lieu saint important pour l’slam qu’à deux reprises. Au 11 ème siècle après la conquête de la ville par les Croisés et au 19 ème siècle lors de l’établissement sioniste.

Mais me direz-vous, on veut bien accepter l’anachronisme flagrant en ce qui concerne El Aqsa mais le nom de Jerusalem lui-même en arabe Al Quds, la Sainte!
القدس‎‎ (Al Quds) est la forme abrégée de بيت القدس‎‎: Beit Al Quds, (Beit hakadosh en hébreu) la Maison de Sainteté, appelée aussi  بيت المقدس: Bait-ul-Muqaddas, transformation de l’expression hébraïque Beit Hamikdash, le Temple.
Ceci fut accepté et d’usage courant pendant des siècles.
Au 20 ème siècle, les Frères Musulmans commencèrent leur propagande visant à effacer les liens  entre le peuple juif et le Mont du Temple.

Cela commença par les prêches incendiaires du Grand Mufti Hadj Amin Al Husseini, antisémite notoire et ami d’Hitler.
Pour enflammer les foules musulmanes contre les Juifs, il rejeta le fait historique que Al-Aqsa a été construite par les Omeyyades au VIIe siècle, et le remplaça par un mythe: Al-Aqsa a été construite par Adam 40 ans après avoir construit le Haram (sanctuaire) dans la Mecque.
Actuellement, les musulmans n’utilisent plus les  noms de Bait ul Muqaddas ou Haram al-Sharif, Noble Sanctuaire, en référence au Temple. Ils préfèrent maintenant celui d’El Aksa, la lointaine. Leurs dirigeants instrumentalisent ainsi le voyage sacré de Mohammed pour enflammer les foules.

De plus, depuis quelques années,  ce nom est le synonyme de la ville de Jérusalem toute entière, et même de la Palestine. C’est ainsi que le slogan « Libérez la Palestine des sionistes » est devenu « Liberez El Aksa« , « El Aksa est en danger« , « Les Juifs veulent détruire la mosquée d’El Aksa« 

Arrivent alors les déclarations d’Arafat en 2002: les Palestiniens étaient en Eretz Israel avant tout le monde, bien sûr avant les Juifs!
On raconte à ce sujet l’anecdote suivante (si non e vero e ben trovato!). Le délégué israélien à l’ONU commence son discours en racontant que le roi David, étant allé se baigner, s’était fait voler ses vêtements par des Palestiniens. Arafat tonne: Ah non! Ce ne peut pas être nous, nous n’étions pas là! « Et bien dit le délégué israélien, on se rapproche pas à pas de la vérité, encore environ 3000 ans et on y sera! »

Vous devez vous demander comment une histoire aussi illogique et sans fondement peut ainsi enflammer les foules musulmanes? Tout simplement parce que la logique n’a rien a y voir! Nous sommes des infidèles qui habitent le Dar el Islam (la maison de l’Islam = territoires conquis par les musulmans) et doivent accepter d’être des dhimmis s’ils veulent rester en vie.
Je ne vais pas vous faire part des déclarations des dirigeants palestiniens ni des organes de l’Autorité Palestinienne sur ce sujet. Ils en sortent tous les jours et elles sont toutes plus délirantes les unes que les autres.

Le fait qu’Israel soit lié par un accord passé avec le Waqf jordanien après la guerre des 6 jours et lui laisse l’administration du Mont du Temple n’aurait pas du permettre cette dérive actuelle qui interdit aux Juifs de prier sur le mont du Temple (dans les faits, même la simple promenade) ce qui laisse le champ libre à tous les extrémistes musulmans qui veulent, là encore, un territoire judenrein.

Cet endroit nous fut peu à peu interdit, selon l’humeur des Britanniques*. L’occupation jordanienne nous l’avait interdit complètement à nous Juifs mais aussi aux Musulmans israéliens. Après 1967, nous avons eu droit à quelques années de tranquillité: Chacun pouvait simplement s’y promener, prendre des photos.
Maintenant, nous souillons par notre présence cet endroit que nous aimerions ouvert à tous et qui, je le répète, ne s’appelle pas l »esplanade des mosquées » comme le disent les idiots utiles, mais le Mont du Temple ou le Noble Sanctuaire comme vous le voulez.

Pourquoi dans cet article, ne pas avoir expliqué ce qu’est Jerusalem pour nous Juifs? Parce qu’il n’y a pas de pire sourds que ceux qui ne veulent pas entendre. Vous mes amis, vous savez ce que signifie Jerusalem dans notre cœur.
Vous savez que nous prions en nous tournant vers elle, et ici vers le Mont du Temple depuis 2000 ans.
Vous savez que si elle n’est pas mentionnée une seule fois dans le Coran, elle l’est environ 800 fois dans la Bible.
Vous savez que nos prières sont truffées de suppliques pour la reconstruction de Jerusalem, que nos plus grands poètes lui ont consacré des hymnes au cours des siècles, souvent mis en musique. Les plus belles chansons concernent Jerusalem, il y en a des milliers. Savez-vous que  » יש אנשים עם לב של אבן, s’il y a des hommes qui ont un coeur de pierres, יש אבנים עם לב אדם il y a des pierres qui ont un cœur d’homme« ? Ce sont celles du Kotel.
Vous connaissez certainement cette photo:
Y voyez-vous la « soldatesque israélienne ivre de sang » comme l’écrivaient certains journaux en 1967? Non, ce sont des soldats émus de se trouver pour la première fois de leur vie devant le mur occidental du Temple. Les même posent aussi 40 après.

kotel 1967
Je pourrais vous chanter ma ville pendant des pages et des pages, j’ai déjà essayé de le faire dans ce blog.

Je vous envoie simplement cette vidéo: un concert donné par l’orchestre symphonique de la ville. Ecoutez-bien, ce ne sont pas des professionnels qui chantent leur ville. Non, c’est tout le public qui chante le psaume 137 avec ferveur:

 אִם-אֶשְׁכָּחֵךְ יְרוּשָׁלִָם– תִּשְׁכַּח יְמִינִי.  תִּדְבַּק-לְשׁוֹנִי, לְחִכִּי– אִם-לֹא אֶזְכְּרֵכִי:אִם-לֹא אַעֲלֶה, אֶת-יְרוּשָׁלִַם– עַל, רֹאשׁ שִׂמְחָתִי.  זְכֹר יְהוָה, לִבְנֵי אֱדוֹם– אֵת, יוֹם יְרוּשָׁלִָם:הָאֹמְרִים, עָרוּ עָרוּ– עַד, הַיְסוֹד בָּהּ. ח בַּת-בָּבֶל, הַשְּׁדוּדָה:אַשְׁרֵי שֶׁיְשַׁלֶּם-לָךְ– אֶת-גְּמוּלֵךְ, שֶׁגָּמַלְתְּ לָנוּ.  אַשְׁרֵי, שֶׁיֹּאחֵז וְנִפֵּץ אֶת-עֹלָלַיִךְ– אֶל-הַסָּלַע.

« Si je t’oublie jamais, Jérusalem, que ma droite me refuse son service!  Que ma langue s’attache à mon palais, si je ne me souviens toujours de toi, si je ne place Jérusalem au sommet de toutes mes joies! Souviens-toi, Seigneur, pour la perte des fils d’Edom, du jour [fatal] de Jérusalem, où ils disaient: « Démolissez-la, démolissez-la, jusqu’en ses fondements! »  Fille de Babel, vouée à la ruine, heureux qui te rendra le mal que tu nous as fait!  Heureux qui saisira tes petits et les brisera contre le rocher!« 

Jerusalem est si important qu’un certain nombre de villes en Galut* furent appelées  Jerusalem.
Nous ne voulons expulser personne, nous l’avons été assez nous-mêmes. Nous voulons juste vivre chez nous, dans notre pays et notre capitale, notre Jerusalem Quand au Mont du temple, à la mosquee d’El Aqsa, au Dôme d’Omar, pourquoi ne pas les entourer de jardins, parsemés de bancs, ouverts à tous? Sur une superficie de 15 hectares, ça doit être possible.

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Les Arabes ont su construire des jardins magnifiques: S’ils ont perdu la main, la prochaine conférence internationale sur Jerusalem devrait leur envoyer des jardiniers.
A moins qu’ils préfèrent  laisser les choses en l’état et nous en interdire l’accès pour cacher ce qu’il font de la mosquee d’EL Aksa?

mosquee El Aksa pierres

A bientôt,

*les votes à l’UNESCO et à l’OMS:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/05/04/le-deshonneur-et-la-guerre/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/05/29/lere-de-la-calomnie/

*Les lois discriminatoire envers les Juifs ou les Chrétiens serviront de modèle aux Européens, en particulier, l’utilisation d’un signe distinctif jaune pour les Juifs
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/08/02/les-generations-oubliees-3/

*Al Quds, la Sainte, est le nom de Jerusalem en arabe non pas parce que c’est une ville sainte pour les musulmans mais en reference au Temple de Jerusalem appele Beit al-Quds, la maison de Saintete

*Le mandat britannique:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/09/25/le-groupe-clandestin-des-souffleurs-de-shofar/

*Galut: Diaspora

*Un article d’Emanuel Navon:
http://jssnews.com/2014/05/27/les-juifs-doivent-pouvoir-prier-librement-sur-le-mont-du-temple-par-emmanuel-navon/
Voir aussi:
http://en.kohelet.org.il/

La Porte des Fleurs ou La Porte des Ordures?



D’après Yitshak Navon, la Porte des Fleurs,  שער הפרחים,  et celle des Ordures, שער האשפות, se disputaient la préséance.

La Porte des Fleurs: « Comment les héros d’Israel pourrait-ils passer par la Porte des Ordures? Qu’ils passent par moi, mon nom seul leur tressera des couronnes. »

La Porte des Fleurs, ce nom a de quoi séduire  mais aucune fleur ne la décore à l’exception d’une simple rosette:

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De plus, elle est aussi connue sous le nom de Porte Hérode! Le nom de ce personnage qui n’a pas laissé de bons souvenirs lui a été donné par les Croisés, persuadés que la maison d’Hérode Antippas* se trouvait à cet endroit.
Enfin, il semblerait qu’en 1099, alors que les Croisés assiégeaient la ville, ils aient pu y faire irruption justement à cet endroit des murailles, sans doute mal entretenu et en mauvais état.

Quoi qu’il en soit, avant le fin du 19 ème siècle, on ne peut pas parler vraiment de porte. Elle se trouve non loin de la Porte de Damas (Porte de Shkhem) qui permet la jonction entre le quartier musulman de la vieille ville et le marché bédouin installé hors des murs. Il y a certes une ouverture, le plus souvent bouchée qui ne sera ouverte qu’en 1875.

Les Anglais voulant restreindre la circulation de la population pour des raisons sécuritaires, ce passage sera à nouveau bouché pendant le Mandat Britannique. Les Jordaniens l’ignoreront et la Porte telle qu’elle est aujourd’hui n’a été ouverte qu’en 1987.

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 (La Porte des Fleurs qui donne sur le quartier musulman de la Vieille ville)

 

La Porte des Ordures: « Moi qui suis la plus proche du Kotel, j’ai reçu des ordures pendant des siècles et même après, ce nom infâme m’est resté. J’ai assez souffert et je mérite d’être enfin honorée. »

Il est vrai que pendant toute l’occupation byzantine, les ordures seront acheminées par cette porte et vidées au plus près du Kotel dans le but d’éliminer tout présence historique juive au plus près du Temple détruit*.
Pour les Musulmans, elle est appelée  باب المغاربة‎ , la Porte des Marocains, du nom de colons musulmans amenés du Maroc au 16 ème siècle par le sheikh Abou Madin.
Mais là encore, comme la Porte des Fleurs, elle n’est elle aussi qu’un petit passage étroit, fermé la plupart du temps.
Ce n’est qu’au 19 ème siècle, que les Ottomans l’agrandissent pour permettre la circulation des piétons et des ânes depuis le village de Silwan* situé en contrebas.

Porte des ordures debut 20 eme siecle w

(wikipedia)

Après 1948, les Jordaniens considérant ses pierres branlantes la consolident sans états d’âme  avec une poutre de béton particulièrement laide.

Pote des ordures non restauree en 1967 w

(wikipedia)

Apres la guerre des 6 jours, la poutre est enfin recouverte de pierre et la porte restaurée au mieux car elle est la porte la plus proche du Kotel

Porte des ordures

Vous voyez au fond le point de contrôle qui permet d’accéder au Kotel.

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 (Le Kotel, photo de JB, hiver 2012)

A bientôt,

*Herode Antippas né en 20 avant l’ère chrétienne et mort en l’année 39 du premier siècle, fils d’Hérode le Grand et gouverneur de l’empire romain en Judée et Galilée

* https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/07/07/les-generations-oubliees-2/

*Silwan: en hébreu Kfar Shiloah, des immigrants juifs du Yemen s’y installèrent à la fin du 19 ème siècle. Ils en furent chassés au moment de la guerre d’Indépendance par les Jordaniens. Sur le côté ouest de ce quartier se trouve עיר דויד (Ir David) la Ville de David ( http://www.cityofdavid.org.il/fr)

La Porte de Tsion

La Porte de Tsion dit alors avec orgueil:
« Pourquoi parlerai-je? Mon nom me suffit! »

Evidemment, quand on s’appelle  ציון , Tsion…

Le mot Tsion (Sion) est l’équivalent de Jerusalem. Il apparaît plus de 100 fois dans le Tanakh et fréquemment dans les prières, en particulier dans celle de la Amida que nous récitons tournés vers Jerusalem, vers Tsion.
Nous avons toujours eu une relation passionnée avec Tsion*. Nombreux sont les poèmes de louange ou les complaintes, parfois non exemptes de reproches comme celle du célèbre poème de Yehuda Halevy:

Sion! Que ne t’enquiers-tu du sort de tes captifs,
Ceux qui poursuivent la paix, les meilleurs de ton troupeau…
ציון הלא תשאלי לשלום הסיריך
דורשי שלומך והם יתר עדריך

J’ai retrouvé un enregistrement déjà ancien de Shoshana Damari:

Mais pourquoi ce nom de Tsion?
Simplement en raison de sa proximité avec le Mont Tsion. Les Arabes l’appelle Porte du prophète David,  باب النبي داود – (Bab Al NAbi Daoud)  car le tombeau du Roi David se trouve sur le Mont Tsion. Ils l’appellent aussi la Porte des Juifs car elle se trouve à l’extrémité du quartier juif de la Vieille Ville.

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(le Mont Tsion où se trouve l’Eglise de la Dormition et la mosquée Nabi Daoud ainsi que le tombeau de David, blog nachmanisrael.blogspot.com)

Dans les récits de voyageurs juifs, le lien entre le nom de la Porte et le Tombeau du Roi David sur le Mont Tsion est toujours explicite: Ils sortent du quartier juif de la ville par cette porte pour pouvoir contempler de loin la colline sur laquelle est enterré le roi David.
Le va et vient entre ce quartier et le tombeau de David est si important, que les Ottomans confient les clés de cette porte à un Juif.

david jouant de la harpe, statue se trouvant au  tombeau du roi David

( David jouant de la lyre, la statue se trouve devant son tombeau)

Comme les autres portes de la ville, comme la Porte de Yafo avant que les Turcs ne l’ouvrent au passage des calèches, la Porte de Tsion a été construite de manière à empêcher les attaques extérieures: étroite, surmontée par un mâchicoulis et un passage en forme d’angle droit à l’intérieur de la muraille.

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Là encore on trouve une inscription mentionnant Soliman le Magnifique mais des fouilles archéologiques ont mis à jour les restes d’une porte antérieure datant du Royaume Chrétien*.  Dans plusieurs cartes datant du Moyen Age elle est appelée Porta Montis Sion (porte du Mont Sion).

Jerusalem croises carte de Cambrai

(Jerusalem sur la carte dite de Cambrai, 1150, auteur inconnu)

Pendant la guerre d’Indépendance, du 17 au 18 mais 19748, 22 soldats de la brigade Harel du Palmach, commandés par David Eleazar prirent cette porte et pénétrèrent ainsi dans le quartier juif pour le ravitailler.

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 (Brigade Harel)

Malheureusement, le lendemain matin la Porte fut reprise par la Légion Arabe* et ce fut la fin du quartier juif*.

Jerusalem_Porte_de_Sion_Cactus

Elle est restée dans le même état jusqu’à présent, son revêtement criblé de balles, en souvenir des durs combats de la guerre d’Indépendance.

 

A bientôt,

*Les Juifs d’Union Soviétique emprisonnés pour leurs convictions sionistes s’appelaient eux-mêmes les Prisonniers de Sion.

*Zeev Vilnay (1900-1988), géographe et historien le mentionne dans son livre « La Vieille Ville ».

* Le royaume chrétien: https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/10/01/les-generations-oubliees-4/

*David Eleazar (1925-1976) né à Sarajev0, commandant pendant la guerre d’Indépendance et chef d’Etat Major pendant la guerre de Kippour.

*Pour la guerre d’Indépendance voir l’article:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/01/09/les-boulettes-de-la-victoire/

*La Légion Arabe (devenue l’armée jordanienne)  était commandée par John Bagot Glubb devenu Glubb Pacha, un officier anglais converti à l’Islam.

La Porte de Yafo

A la fin de la guerre d’Indépendance, les accords d’armistice de 1949  prévoyaient un accès au Kotel pour les Juifs mais cette clause ne fut jamais respectée par la Jordanie.

Les prières des Juifs, à qui manquait la présence du Mur, déchiraient le ciel…

Voyant une nouvelle guerre se profiler, Dieu appela tous les anges et leur demanda:
« Selon vous quelle porte mérite de faire entrer les soldats lors de la libération de la ville? »
Les anges qui ne voulaient pas se mouiller répondirent que toutes les portes en étaient dignes et qu’Il ferait mieux de voir ça directement avec chacune d’entre elle…

 La Porte de Yafo répondit la première:
« Je mérite cet honneur. On me nomme Porte de Yafo parce que je suis l’extrémité de la longue route qui amène les Juifs dans la ville depuis le port de Yafo (à 60 km). N’oublie pas non plus que je permets aussi aux voyageurs de se rendre à Hebron où sont enterrés Abraham, Yits’hak et Yaakov. Grâce à leurs mérites, je suis celle qui convient pour les libérateurs de la ville... » *

La porte de Yafo avait bien parlé.

Pour les Romains déjà, elle a son importance car elle mène à une des deux rues principales, le Decumanus qui traverse la ville d’Ouest en Est et le Cardo.

Le cardo

(le cardo, site rova-yehudi.org.il/

Il est aussi vrai qu’elle est la plus proche de דרך חברון (Derekh Hevron), la route de Hebron, qui nous emmène au Sud de la ville, vers le tombeau de nos patriarches.

Derekh Hevron fin du 19 eme siecle

(la route de Hebron à la fin du 19 ème siècle, site ynet.co.il)

Pendant des siècles, elle fut verrouillée le soir. Personne n’entrait ou sortait de la ville. Les voyageurs tardifs devaient camper à l’extérieur de la ville fortifiée. Certains logeaient dans des khan, sortes de motels. L’un deux a été transformé en théâtre.

Khan jerusalem

Mais, au 19 ème siècle, tout change à Jerusalem car les dignitaires occidentaux commencent à s’intéresser à la Palestine turque.
En 1867, les Turcs, toujours à court d’argent, ont vendu au gouvernement tsariste un grand terrain à l’extérieur des murailles de la ville, nommé l’Esplanade Russe. Les Russes y ont bâti un hôpital, une église et deux hôtelleries pour les pèlerins russes et demandent maintenant un accès jour et nuit aux divers lieux saints chrétiens de la Ville Ville.
Pour leur faire plaisir, les Turcs décident alors de laisser la Porte de Yaffo ouverte pendant la nuit.

Cathedrale de la Trinite

(Eglise orthodoxe de la Trinité sur l’Esplanade Russe)

 En 1867 François-Joseph d’Autriche débarque dans le port de Yafo avec le prince héritier de Prusse Frédéric-Guillaume III. En leur honneur, les Turcs rendent carrossable la route Yafo-Jerusalem.

Les Turcs installeront un service régulier de diligences qui seront essentiellement conduites par des cochers allemands, appartenant au groupe des Templiers*, nouvellement installé en Eretz Israel.
On raconte que le premier cocher juif, nommé Hayim Shabazi, a choisi de mener son équipage avec retenue et une certaine philosophie car si la route est carrossable, elle est souvent dangereuse. Il a aussi de la compassion pour ses mules et invite souvent ses passager à marcher. Il trouve toujours une bonne raison: « Dans les montées, par pitié pour les bêtes, au sommet d’une pente, pour réduite les risques de danger et en terrain plat, pour prendre son plaisir à la promenadeSavourez ce moment, ajoute-t-il, monter à Jerusalem c’est aussi la mettre au sommet de notre joie! » Un poète, comme son ancêtre Shalom Shabazi*… 

Porte de Yafo

(La porte vers 1890 avant les transformations)

Mais ce qui vaut à la Porte de Yafo sa première célébrité c’est, en 1898, la visite de l’empereur d’Allemagne Guillaume II.
En l’honneur de leur allié, les Turcs décident de grands travaux. Ils comblent à cet endroit le profond ravin qui entoure la Vieille Ville et décident de briser une partie de la muraille pour agrandir la porte et permettre à Guillaume II et à son épouse Augusta-Victoria de rentrer en voiture.

Porte de Yafo. breche dans la muraillejpg

Pendant la première guerre mondiale le gouverneur Jamal el Pasha, de sinistre mémoire, fait interner en Egypte dans des conditions épouvantables tous les Juifs de nationalité russe et pille leurs biens. Quant aux autres, il les enrôle de force dans l’armée turque…
Le 29 juin 1916, deux soldats juifs seront pendus pour désertion devant la Porte de Yafo avec d’autres déserteurs: deux chrétiens et un arabe musulman.
L’un des Juifs, Joseph Benamozegh, n’est pourtant pas un déserteur. Tailleur de son état, il a été réquisitionné par son officier pour retourner à son atelier afin de coudre des uniformes. Hélas, l’ordre écrit ne sera retrouvé par sa famille que  bien après l’exécution. La grâce accordée par le pouvoir ottoman permettra seulement à sa famille de l’enterrer convenablement au cimetière du Mont des Oliviers.

execution de Joseph Benamozegh

 (site israelitombstones.co.il)

Le 11 décembre 1917, le général anglais Allenby fait son entrée dans la Vieille Ville par cette porte. Allenby et tous ses officiers descendent de cheval et passent la porte à pied, par respect pour la sainteté de la ville.

 

Porte de Yafo horloge
(L’arrivée du général Allenby dans la vieille ville par la Porte de Yafo. La porte est surmontée par la Tour de l’Horloge)

En 1922, les Anglais feront détruire la Tour que les Turcs avaient érigée sur le côté de la Porte de Yafo car les sonneries de l’horloge faisaient peur aux chevaux.
Dans les années 40,  ils détruiront aussi les multiples échoppes construites aux alentours pour pouvoir mieux contrôler les habitants de la ville.

A la fin de la guerre d’Indépendance, lors de l’armistice de 1949, la porte de Yafo se retrouvera dans le no man’s land entre la Jordanie et Israel. Elle ne reviendra israélienne qu’après la Guerre des 6 Jours.

Jerusalem NoMansLand-v

(le no man’s land entre la Jordanie et Israel, photo prise en 1964, au fond les murailles de la Vieille Ville)

 La voici actuellement,

L’entrée piétons:

porte Yaffo entree pietons

(site godissues.org)

 L’entrée voitures:

porte Yaffo entree voitures

(site bestjerusalemdaytours.com)

 A bientôt,

*D’après un recueil de contes sur Jerusalem, écrit par Yits’hak Navon:  né en 1921 à Jerusalem, homme politique, écrivain et compositeur, Président de l’État d’Israel entre 1978 et 1983

*En fait, tous les Israéliens, quelque soit leur religion,  furent privés d’accès aux Lieux Saints pendant l’occupation jordanienne. Diviser la Ville et donc revenir à cette situation?
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/03/02/nous-les-yerushalmim/

* les Templiers allemands:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/07/22/vendredi/

*L’Esplanade Russe: un terrain de 70 hectares vendu par les Turcs au gouvernement tsariste en 1887. Les Russes y bâtirent un hôpital, des auberges pour les pèlerins, une église et une résidence pour l’aristocratie.

*Shalom Shabazi (1619-1720), considéré comme le plus grand poète juif du Yémen

 

 

 

 

Dans tes murs, dans tes portes, Jerusalem

Les murailles de Jerusalem sont parmi les plus belles au monde.

murailles de Jerusalem

(market.marmelada.co.il)

En l’honneur du Yom Yeruhsalayim, le Jour de Jerusalem, que nous célébrerons dans quelques jours, je vous propose quelques articles sur l’histoire de ces murailles et aussi de ses portes.

Les murailles de la villes sont aussi anciennes qu’elle. Jerusalem a toujours été une ville fortifiée, depuis l’époque où elle était la capitale des Yevusim (Jébuséens). *

Le roi David la conquiert en l’an 1000 avant l’ère chrétienne et répare ses murailles.
A cette époque, la ville se trouve un peu plus au Sud que l’actuelle Jerusalem:  la « Ville de David*, עיר דוד (Ir David)  descend jusqu’à la vallée du Kidon à l’Est et  comprend au Nord le Mont Moriah où Salomon, fils de David construira la Temple.

Ville de David

(la ville de David, site generationword.com)

Jerusalem s’agrandit peu avant la chute du royaume d’Israel en 722 avant l’ère chrétienne lorsque de nombreux réfugiés s’y installent pour échapper aux Assyriens. La ville est alors trop petite pour les accueillir. Ils doivent donc s’installer à l’Ouest des murailles protectrices. Ainsi le roi Ezechias décide de construire une muraille supplémentaire pour les protéger: la « Large enceinte » ou « the broad wall ».

la large enceinte

(la « Large enceinte » du roi Ezechias agrandit la ville d’une manière spectaculaire. Site generationword.com)

C’est une période de guerre qui verra la fin du royaume d’Israel en 722 avant l’ère chrétienne. Les aménagements du roi Ezechias laissent froid le prophète Ishaya qui s’exprime ainsi:
« Vous constatez les nombreuses brèches de la ville de David et emmagasinez les eaux de la Piscine inférieure. Vous faites le recensement des maisons de Jérusalem, et abattez des maisons pour fortifier les remparts. Vous établissez un réservoir entre les deux murs pour les eaux de la vieille Piscine; mais vous n’avez pas de regard pour Celui qui est cause de tout cela, et vous ne savez pas reconnaître Celui qui l’a préparé de loin ».

Hélas, le royaume de Yehuda tombe lui aussi en 586 sous les coups des Babyloniens…

Apres 70 ans d’exil, les Juifs de retour chez eux ont beaucoup à faire pour reconstruire le Temple et les murailles de la ville qui sont inaugurées avec faste comme le raconte le prophète Nehemia:
 « Lors de l’inauguration du mur de Jérusalem, on se mit en quête des Lévites dans tous leurs lieux d’habitation pour les amener à Jérusalem, afin de célébrer l’inauguration en une fête joyeuse, avec des actions de grâces et des chants, des cymbales, des lyres et des harpes…Je fis monter les chefs de Yehuda sur la muraille et j’y plaçai deux grands chœurs avec des cortèges, [dont l’un] s’avança à droite sur la muraille vers la porte des ordures;  [Ils arrivèrent] à la porte de la source et gravirent droit devant eux, par les degrés de la ville de David, la montée du mur s’élevant au-dessus du palais du roi et jusqu’à la porte de l’eau à l’est… Le deuxième chœur… s’avança sur le mur au-dessus de la tour des fours, et jusqu’au rempart large;  puis au-dessus de la porte d’Ephraïm, de la porte vieille, de la porte des poissons, de la tour de Hananel, de la tour des cent jusqu’à la porte des brebis; on s’arrêta à la porte de la prison. »

La nouvelle ville est bien plus importante qu’auparavant. Elle se développera encore plus à l’époque des ‘Hashmonaim*.
Et puis à l’époque romaine viendra Hérode. Grand bâtisseur,  il agrandira le Temple et rebâtira les murailles de la ville.

Les murailles actuelles, construite au 16 ème siècle, sont assises sur les murailles hasmonéenes comme le montre cette photo:

murailles de la ville

Mais en 70, les Romains, agacés par les Juifs qu’ils n’arrivent pas à soumettre, dévalent les pente de Har Hatsofim, où se trouve maintenant l’Université, et entrent dans la ville par une brèche dans la muraille Nord

Les Romains détruisent le Temple, les murailles et rasent la ville  après la révolte de Bar Kokhba en 135*. Ils y sèment du sel pour que la terre soit stérile et changent son nom en Aelia Capitolina* mais… les murailles seront à nouveau reconstruites, détruites, reconstruites…par les conquérants ultérieurs.
Finalement, au 16ème siècle,  Soliman le Magnifique s’attelle à ce chantier. La nouvelle muraille est dessinée par Sinane, architecte de la cour ottomane. Sa construction dure de 1537 a 1541. A divers endroits de la murailles sont enchâssés des écrits en arabe qui racontent la splendeur de Soliman et des murailles.
« Au nom d’Allah le Miséricordieux,
Notre Seigneur, le Grand Sultan, Maître des Turcs, des Arabes et des Perses, Soliman fils du khan Slim, nous a ordonne de construire cette muraille. Que sont règne soit glorieux.
En l’année 945 de l’Hegire« .

La muraille de Sinane complète ce qui restait des antiques fortifications. Qu’a donc bien pu pousser Soliman à un tel travail, long et coûteux pour une ville qui n’était pas une des plus importante de l’empire ottoman. Il semblerait que les Ottomans aient eu très peur des ambitions de Charles V, roi d’Espagne et d’Autriche, qui portait aussi le titre de Roi de Jerusalem, et  qui pensait renouer avec les Croisades pour reconquérir Jerusalem.
C’est pourquoi, elle ne sont pas seulement robustes et imposantes, regardez bien le mâchicoulis qui permettent de jeter de l’huile bouillante sur les assaillants:

murailles machicoulis

A cote de la porte de Yafo, se trouvent deux pierres tombales, celles de ses deux ingénieurs chargés de la construction et qui durent subir le courroux de Soliman car ils n’avaient inclus à l’intérieur des murailles, ni le Mont Sion ni le tombeau du roi David.
Bien que Magnifique, Soliman ne put léguer à la postérité une oeuvre parfaite!

tombe des architectes des soliman 2

tombe des architectes des soliman 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les murailles tomberont à nouveau dans l’oubli. Personne ne relèvera leurs pierres branlantes jusqu’à la guerre des Six Jours en 1967 et la libération de la ville.

Depuis ce jour, beaucoup d’efforts ont été entrepris pour les réparer et les rendre encore plus belles. Elles sont maintenant accessibles aux promeneurs qui peuvent faire le tour des murailles sur le mur d’enceinte.

 

murailles tour

 (site jerusalem.muni.il)

 

(Au théâtre de Jerusalem, le public chante avec l’orchestre symphonique de la ville « Si je t’oublie Jerusalem« )


אם אשכחך ירושלים 
תשכח ימיני 
תדבק לשוני לחיכי 
אם לא אזכרכי 
אם אשכח ירושלים 
תשכח ימיני 
תדבק לשוני לחיכי 
אם לא אזכרכי 

Si je t’oublie Jerusalem, que ma droite t’oublie, que ma langue s’attache à mon palais si je ne me souviens toujours de toi, si je ne te place au sommet de ma joie (Psaume 137, 5 et  6)

A bientôt,

 

*Les Jébuséens: ils sont une des 7 tribus de Canaan. Dans le livre de Samuel ils sont mentionnés sous le nom de Yevussim, fondateurs de la ville de Jerusalem avant que’elle ne soit conquise par le roi David

*  pour en savoir plus sur la ville de David:
http://www.cityofdavid.org.il/fr

* Les ‘Hashmonaïm: dynastie des Makabim. Voir l’article:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/12/09/hanou-ka-ou-hanouka/

* Bar Kokhba:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/

* Aelia Capitolina:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/06/24/les-generations-oubliees-1/

 

Jerusalem d’or

A tous ceux qui l’ont aimée et en ont rêvé…

A ceux qui rêvent d’y habiter.

A ceux qui y habitent et en rêvent…

Boker Tov Yerushalayim, c’est ce que je dis tous les matins en ouvrant ma fenêtre.

Jérusalem n’est pas une ville sainte. Jérusalem est notre capitale depuis 3000 ans, depuis que le roi David en a décidé ainsi. Une capitale jamais oubliée même au plus fort de l’exil. On a rêvé de Jérusalem, on l’a chantée, on l’a pleurée. Bref, elle était là, avec nous, faisait partie de nous… Rien que ce nom, Jérusalem, illuminait le regard de nos parents, mouillait leurs yeux…Connaissez-vous d’autres villes qui restent vivantes dans le cœur de ceux qui n’y habitent plus et ceci pendant des siècles ?

cervera bible espagne 1300 national librairy Lisbonne

Je ne vais pas vous relater toute l’histoire biblique et post-biblique de Jérusalem mais sachez simplement que la ville est citée 349 fois dans la Thora sous le nom de Jérusalem, sans compter les textes où on la désigne sous le nom de Moriah, en référence à l’endroit où Yitshak a été ligoté, où Jacob a rêvé, où le Temple a été construit, mais aussi sous d’autres noms, le plus fréquent étant Tsion (108 fois).

Dans les prières journalières, Jérusalem est mentionnée maintes fois, le Seder de Pessah se termine par « l’an prochain à Jérusalem ». C’est également la phrase qui conclut l’office de Yom Kippour.L'an prochain  Jerusalem

(Haggadah de Barcelone: « l’année prochaine à Jérusalem).

Depuis des milliers d’années, le peuple juif a toujours considéré le Mont Moriah, le mont du Temple, comme le lieu où la présence de Dieu se fait sentir de manière plus intense qu’en tout autre lieu. Et ce lien, que les Juifs entretiennent avec lui, est toujours actuel.

Voici l’entrée des tunnels qui se trouvent sous le Kotel et qui nous ramènent à l’époque du premier Temple.

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Trois fois par jour, pendant la prière, les Juifs se tournent vers Jérusalem, et ceux qui se trouvent à Jérusalem se tournent vers le Mont du Temple.

mizrah en bois marquete d'ivoire(Mizrah: tableau en bois marqueté d’ivoire, se place sur le mur du cote est de la maison)

Chaque année à Ticha BéAv on commémore la destruction du premier et du second Temple (https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/07/29/le-mois-de-av/)

Le souvenir de cette destruction est une permanence de la vie juive. Ainsi même au cours d’un mariage, moment de grande joie, le marié rappelle cette catastrophe en brisant un verre en signe de deuil. Il récite ensuite un extrait du psaume 137 : « Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite m’oublie, que ma langue s’attache à mon palais si je ne me souviens pas de toi, si je ne place pas Jérusalem au sommet de ma joie« .

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Nombreux aussi sont les Juifs qui laissent dans leur maison une petite surface de mur brut et sans peinture en souvenir de la destruction du Temple.

Alors à ceux qui nous parlent d’internationalisation, nous répondons que nous ne voulons plus dépendre de nations étrangères. A ceux qui nous demande de la diviser, nous répondons qu’elle l’a déjà été et quelle était la situation quand elle était jordanienne? Après l’expulsion des Juifs de leur quartier ancestral dans les murailles de la vieille ville, plus personne de nationalité israélienne, juifs ou non juifs, ne pouvait y pénétrer. Quant aux touristes occidentaux, ils devaient présenter un certificat de baptême. Maintenant, tout le monde vit ici comme bon lui semble, peut se déplacer sans contrainte et prier comme il en a envie. N’en déplaise à certains journalistes, les Arabes vivent avec nous, travaillent avec nous. Certains vont même habiter dans les « colonies juives »  comme c’est le cas à Pisgat Zeev, mais chut… ce n’est pas politiquement correct donc personne ne l’écrit.

Vous avez sans doute entendu dire que le nom de Yerushalayim est un mot composé de עיר, Ir, la ville, et שלום, Shalom, la paix et qui veut donc dire la ville de la paix. C’est une possibilité d’autant qu’à l’époque d’Avraham c’est la ville de Melkitsedek, le roi de justice, mais ce sera la paix avec la justice pour chacun. Nous ne serons plus alors les « victimes (ou sacrifiés) de la paix *» (korban hashalom). Expression favorite de la gauche bien-pensante qui juge les attentats comme inévitables dans le processus de paix. La racine, שלם, du mot Shalom, שלום, est aussi celle du mot shalem, שלם, entier, et certains pensent que Yerushalaim veut dire la ville entière, complète, ירושלם Yerushalem,  à qui on a rajouté le yod י qui symbolise Dieu.

En 1967, la ville a été libérée du joug jordanien. Je me souviens de ce mois de mai 1967 où  les pays arabes menaçaient Israël de destruction…Ce même mois avait lieu dans la ville le festival de la chanson pour lequel le maire,Teddy Kollek, avait demande à Naomi Shemer une chanson sur Jérusalem. C’est ainsi que naquit Yerusahalaim shel zahav, Jerusalem d’or. L’interprétation de Shuli Nathan conquit tout Israël qui vivait dans l’angoisse de la guerre. Le chef d’Etat-Major, Yitshak Rabin, était présent au festival lorsqu’il reçu un message lui indiquant que Nasser venait de fermer le détroit de Tiran. Quelques jours plus tard, l’armée commença a mobiliser les réservistes et cette chanson devint celle des soldats. La guerre des 6 jours éclata le 5 juin 1967, le vieille ville fut conquise le 7 juin. Les soldats chantèrent Yerushalaim shel Zahav au Kotel avec Shlomo Goren, le rabbin de Tsahal. Le journaliste Yossi Ronen raconte que, ému, il se joignit se joignit à eux et en oublia de filmer.

guerre des 6 jours soldats au kotel

Pour ceux qui se souviennent de cette année 1967, voici la couverture du premier disque que possédait chaque famille:

jerusalem d'or disque

La voici interprétée par Ofra Haza:

En voici les paroles en français :

L’air des montagnes est enivrant comme le vin et l’odeur des pins monte dans le vent du soir avec la voix des cloches. Et dans le sommeil de l’arbre et de la pierre emprisonnée dans son rêve, la ville se tient solitaire, un  mur dans son cœur.
Yerushalayim d’or, de cuivre et de lumière, pour tous tes chants, je serai le violon

Combien  les points d’eau sont asséchés! La place du marche est vide, personne ne fréquente le Mont du Temple dans la Vieille Ville. Dans les grottes des rochers hurlent les vents et personne ne descend par le chemin de Jéricho.
Cependant, je viens te chanter  te tresser des couronnes, moi,  le plus petit de tes fils et le dernier de tes poètes car ton nom brûle les lèvres du baiser d’un séraphin…Si je t’oublie Jérusalem qui est toute en or…
Yerushalayim d’or, de cuivre et de lumière, pour tous tes chants, je serai le violon.

Enfin, cette dernière strophe a été rajoutée par Naomi Shemer après la guerre des six jours (juin 1967)

Nous sommes revenus vers les puits d’eau au marche sur la place, le shofar appelle sur le mont du temple dans la vieille ville et dans les grottes du rocher des milliers de soleils brillent, nous reviendrons par le chemin de Jéricho…
Yerushalayim d’or, de cuivre et de lumière, pour tous tes chants, je serai le violon.

Yerushalayim shel Zahav  devint comme un second hymne national, joué lors de nombreuses cérémonies officielles et dépassa les frontières du pays. On l’entend maintenant non seulement en hébreu mais dans de nombreuses langues, dont le chinois. En France, il devint populaire grâce aux Compagnons de la chanson et à Rika Zarai. On l’entend aussi à la fin du film de Steven Spielberg: La liste de Schindler.

Le titre de la chanson nous ramène à l’époque de la Mishna. En ce temps la, la Jérusalem d’or était un bijou, diadème porté par les femmes de Jérusalem et en particulier par les jeunes mariées. Dans la Guémara, on mentionne ce diadème qui devait être si beau et si cher que certains sages n’autorisaient pas les femmes à le porter en dehors de leur maison. Il est surtout célèbre grâce à cet épisode de la vie de Rabbi Akiva: La femme de Rabbi Akiva l’avait épousé contre la volonté de son père et avait été déshéritée pour cela. Elle avait accepté de vivre dans la plus grande pauvreté pour que son mari puisse étudier. Devenu le fameux Rabbi Akiva, il lui avait alors offert ce diadème. Bien sur, cette histoire avait provoqué la jalousie de quelques-unes et en particulier celle de la femme du Nassi* lui-même, Rabban Gamliel, qui avait reproché à son mari de ne pas lui avoir fait le même cadeau. Celui-ci lui aurait rétorqué: « Tu n’aurais jamais fait pour moi ce qu’elle a fait pour lui, elle a vendu jusqu’à ses tresses pour qu’il puisse étudier ! »

Tout le texte de la chanson est truffe de références bibliques, par exemple « la cité qui se tient solitaire » vient du livre des Lamentations et « si je t’oublie Jerusalem » vient du psaume 137, mais aussi d’emprunts à des poèmes de Yehuda Halevy*.

Tous les ans, nous fêtons le Jour de Jérusalem. Cette année, c’est mercredi, le 8 mai.

yom yerushalayim

A bientôt,

*Après les accords d’Oslo et la vague de terrorisme qui a suivi, la gauche parlait des inévitables victimes, les victimes de la paix, pour que se poursuivent les concessions aux Palestiniens
*Nassi: actuellement le president de l’Etat. A l’époque de la Mishna, le Nassi était le président du Sanhédrin
*Yehuda Halevy: né à Tudela dans l émirat de Saragosse en 1075, mort à Jérusalem en 1141. Il fut un des plus grands poètes juifs du Moyen-Age