Hannouka 2017: les secrets de la forêt de Ben Shemen

L’histoire contemporaine de Ben Shemen commence  en 1904,  lorsqu’un groupe de pionniers acheta les terres du lieu dit Beit Arif  pour  y planter des oliveraies.
Le moshav de Ben Shemen y fut fondé en 1905 et nommé d’après cette phrase du prophète Ishaï (chap5,1):
Je veux chanter à mon bien-aimé le cantique de mon ami sur sa vigne. Mon ami avait une vigne sur un coteau au sol fertile (gras).
א אָשִׁירָה נָּא לִידִידִי, שִׁירַת דּוֹדִי לְכַרְמוֹ: כֶּרֶם הָיָה לִידִידִי, בְּקֶרֶן בֶּן-שָׁמֶן.

Les débuts furent très difficiles: la grande invasion de sauterelle de 1915* puis les combats de la première guerre mondiale détruisirent les premières oliveraies.
En 1927 fut construit le village des jeunes de Ben Shemen, pension et école d’agriculture.

 De nos jours, Ben Shemen est surtout connu pour sa forêt, une des plus grandes d’Israel, 21000 dunam (ou 21 km carrés), renommée pour ses sentiers de randonnée.
La foret se trouve tout proche de la ville de Modiin*.

Forêt de Ben Shemen Photo: Avi Hayoun. Courtoisie des archives du KKL-JNF(photo KKL)

Le nom de Modiin ne vous est pas inconnu. Eh oui, il s’agit de ce poste d’observation,  qui domine la plaine côtière à 300 m d’altitude et qui, il y a plus de 2000 ans donnait des מודעין (modiin), des renseignements sur les envahisseurs en route pour la capitale. Et Modiin, comme vous le savez aussi, est liée à l’histoire des Makabim, ces révoltés juifs qui se battirent contre l’armée grecque pour libérer le pays, surtout notre capitale Jerusalem et surtout notre Temple (n’en déplaise à l’UNESCO et à ses sbires). Ils réussirent à sauvegarder notre indépendance pendant 130 ans jusqu’à l’arrivée des Romains.

Partons donc pour la forêt de Ben Shemen:
A partir de Jerusalem, la route 443 vous mènera au carrefour dit des Makabim et à des panneaux « tombeaux des Makabim ».
Mais les Makabim sont-ils enterrés ici?
Il est vrai qu’on se trouve soudain face à 9 tombes de grande taille, identifiées par certains comme étant celles des Makabim. Elles sont creusées à 1m 50 dans le rocher, et chacune contient deux niches pour deux dépouilles. A leur côté, de larges pierres taillées qui servaient de pierre tombale à l’époque romaine et bien avant.

Related image

La tradition les reconnait donc comme les tombeaux des Makabim.
Mais pourquoi? Parce qu’en 1907, des élèves du lycée Gymnasia Herzlyia de Tel Aviv, partis en excursion pour ‘Hanouka en direction de cette Modiin antique, furent interpellés par un berger arabe du village de Al-Midya, qui leur indiqua le lieu dit Koubour al yehud, le tombeau des Juifs, situé dans ces terres abandonnées, qui seront plus tard la forêt de Ben Shemen.
Mais bien sûr, tous les experts ne sont pas d’accord. 
Au nord de ce site se trouve une structure en pierre couverte par un dôme appelé Horbat ha-Gardi ou Ruine du Gardi. Il date de la période byzantine et en son centre une tombe musulmane, celle de Sheikh (Sheikh al-Gharbawi).
Or, en 1870, pour l’archéologue français, Victor Guerin, ce site était celui du fameux tombeau, édifié par Shimon pour les membres de sa famille, tel qu’il est décrit dans le premier livre des Macchabées (chap 13): «Shimon envoya recueillir les restes de son frère Yonathan pour les ensevelir à Modiin la ville de leurs pères… Sur le tombeau de son père et de ses frères Shimon fit construire un mausolée assez haut pour être vu de loin, en pierres polies par devant et derrière. Il fit dresser au dessus 7 pyramides se faisant face l’une a l’autre pour son père, sa mère et ses 4 frères… »
Et de plus, en 1874, l’archéologue français Charles Clermont-Ganneau fit correspondre cet édifice avec un site marquée dans la carte de Madeba* comme le lieu de sépulture des Macchabées.

Pourtant, il découvre aussi les traces d’une croix sur le sol en mosaïque colorée de l’époque byzantine et des vestiges du temps des Croisés. La question est: sur quoi les Byzantins et les Croises ont-ils construits et pourquoi une tombe musulmane?
Les fouilles doivent reprendre d’ici peu, on en saura peut-être plus bientôt…
Mais en tout cas, ce qui est intéressant sur ce deuxième site c’est son nom:  La ruine du Gardi, Gardi étant le surnom de Yonathan Ha’hashmonai, l’un des Makabim.

(photo Moshe Guilad)

Evidemment, l’histoire de la révolte des Makabim ne se limite pas à cette forêt de Ben Shemen. Ils ont guerroyé contre les Grecs dans toute la Judée. Voici une vidéo de l’Universite Bar Ilan qui explique ce que furent les combats dans la vallée de Ela (la vallée du térébinthe*).

Ici dans la région de Modiin,  s’est déroulée, du 8 au 18 mais 1948, l’opération Makabim pour ouvrir le chemin allant de la plaine côtière à Jerusalem. Elle fut une des nombreuses opérations militaires nécessaires pour libérer la ville assiégée. Une stèle à la mémoire des 23 soldats qui ont péri pendant ces combats se trouve à côté de »La Ruine de Gardi« :

Et un monument érigé en forme de pyramides les relie au souvenir des Makabim
Related image

Toujours à côté de la ville actuelle de Modiin, se trouve le Kfar Ha’hashmonaim où les enfants peuvent s’imaginer plus concrètement la vie quotidienne des Juifs d’il y a 2000 ans.

Si vous ne voulez pas vous plonger dans les détails de cette histoire, en voici un résumé illustré, succinct mais juste:

Les Makabim sont restés dans la mémoire juive comme un symbole de force et de vaillance. C’est pourquoi, les premiers clubs sportifs juifs ont tous pris et gardent le nom de Makabim*. Le premier fut établit à Constantinople en 1895 et très vite, se répandirent dans toute l’Europe.
Max Nordau écrivait en 1898: « L’histoire de notre peuple nous montre que nous avons été forts autrefois…mais maintenant ce n’est plus le cas. Nous devons nous développer physiquement pour montrer que nous pouvons nous défendre… Mais recouvrer une vie saine, ce n’est pas seulement avoir un corps sain, nous devons retrouver aussi l’esprit des Hébreux… »
Ce qu’écrit Max Nordau peut paraître un peu naïf et sans objet mais pour les Juifs de cette période qui n’étaient jamais sûrs de rentrer sains et saufs chez eux, cela sonnait comme une nécessité impérieuse. Les premières lois nazies bannirent les Juifs des clubs de sport allemands au nom de la race pure.

hanukkah

(https://ukmediawatch.org/2013/11/28/the-hanukiyah-and-the-swastika-the-story-behind-a-haunting-photo-from-1931/)

Une petite fille de 7 ans, Hadas Goldenberg, du kibboutz Beit Alpha vient de découvrir une lampe à huile, typique de la période des Makabim. C’est à cette période qu’on a commencé à fabriquer séparément les parties hautes et basses des lampes dans des moules.

(Yediot Aharonot, photo Nir Distelfeld de l’Autorité des Antiquités)

Ce ‘Hanouka, on peut dire que la saison des roquettes en provenance de Gaza est de nouveau ouverte: une quinzaine cette semaine sur Sderot et Ashkelon. Un attentat à Jerusalem*, des jets de pierres sur les voitures et les autobus un peu partout…


Merci à notre armée, aux gardes de sécurité, aux policiers qui risquent leurs vies tous les jours pour veiller sur notre sécurité.

A bientôt,

*L’invasion de sauterelles de 1915:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/03/27/le-yishouv-en-guerre/

*Modiin: ville à mi-chemin entre Tel Aviv et Jerusalem. Ce fut aussi la ville d’origine de la famille des Makabim.

*Les Makabim:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/12/09/hanou-ka-ou-hanouka/

*Carte de Madaba: mosaïque de l’église Saint-Georges de Madaba en Jordanie. Elle est connue pour être la plus vieille représentation cartographique qui nous soit parvenue d’Israel et de Jerusalem. Elle date de la fin du 6 ème siècle.
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/10/31/la-porte-de-damas-et-la-porte-neuve/

*La vallée du térébinthe:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/12/27/la-vallee-du-terebinthe/

*Un des gardes de la station des bus a été très grièvement blessé. Il s’appelle Asher Ben Saada

 

 

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Le chemin des Patriarches (1)

Si nous ne nous étions pas suffisamment intéressés à ce territoire pour y construire un pays, la terre d’Israel, entre Jourdain et Méditerranée, n’aurait été qu’une terre de passage entre les empires assyriens et égyptiens, un ensemble de routes qu’il fallait contrôler militairement et politiquement.
Et elles étaient nombreuses toutes ces routes qui partaient du Croissant Fertile jusqu’au Nil.

Le Chemin des Patriarches est l’une d’elles.
C’est  l’ancienne route qui traversait le pays d’Israel du Jourdain à Beer Sheva. Elle porte ce nom parce que nos ancêtres Avraham, Yitshak et Yaakov l’empruntèrent de nombreuses fois lors de leurs pérégrinations à travers le pays, telles qu’elles nous sont racontées dans le livre de Bereshit (Genèse).

A l’heure actuelle, cette ancienne voie longe la route 60 en empruntant le chemin des collines et traverse ainsi toute la Judée et la Samarie.

(en trait bleu épais sur la carte)

Nous partons de Beer- Sheva en direction du Nord
Le nom de la ville est mentionné 33 fois dans le Tanakh. A partir de l’époque des Juges, le nom de Beer Sheva est synonyme de frontière sud du pays. L’expression « De Dan à Beer Sheva » pour dire du Nord au Sud est employée pour indiquer tout Israel. Le refrain de l’hymne du Palma’h emploie une expression parallèle « De Metulla au Neguev » ממטולה עד הנגב.

Dans le livre de Bereshit (Genèse), Beer Sheva est au centre de la vie des patriarches.
C’est de Beer Sheva qu’Avraham et Yitshak partent au mont Moriah lorsque Dieu demande à Avraham de sacrifier son fils. Et c’est à Beer Sheva qu’il reviennent chez eux.

C’est également à Beer Sheva qu’Avraham conclut une pacte de non-agression avec le roi Avimelekh, après une dispute entre leurs bergers respectifs au sujet d’un puits:
« Abimélec dit à Avraham: « Que signifient ces sept brebis que tu as mises à part? » Il répondit: « C’est que tu dois recevoir de ma main sept brebis, comme témoignage que j’ai creusé ce puits. « Aussi appela-t-on cet endroit Beer Sheva, car là ils jurèrent l’un et l’autre. » (Bereshit 21 23 31)
 וַיֹּאמֶר אֲבִימֶלֶךְ, אֶל-אַבְרָהָם: מָה הֵנָּה, שֶׁבַע כְּבָשֹׂת הָאֵלֶּה, אֲשֶׁר הִצַּבְתָּ, לְבַדָּנָה. ל וַיֹּאמֶר–כִּי אֶת-שֶׁבַע כְּבָשֹׂת, תִּקַּח מִיָּדִי: בַּעֲבוּר תִּהְיֶה-לִּי לְעֵדָה, כִּי חָפַרְתִּי אֶת-הַבְּאֵר הַזֹּאת. לא עַל-כֵּן, קָרָא לַמָּקוֹם הַהוּא–בְּאֵר שָׁבַע: כִּי שָׁם נִשְׁבְּעוּ, 
Pour les hébraïsants le mot שבע (sheva) est interessant car il signifie à la fois sept et aussi jurer.

(l’endroit dit le puits d’Avraham)

En fait, Beer Sheva est l’endroit où Avraham habite le plus souvent. Il s’y sent chez lui: il y plante un tamaris: « Abraham planta un tamaris à Beer Sheva et y proclama le Seigneur, Dieu éternel.« 
Pour Yitshak aussi cet endroit est central dans sa vie:
« II (Yitshak) monta de là à Beer Sheva. L’Éternel se révéla à lui cette même nuit, en disant: Je suis le Dieu d’Abraham ton père; sois sans crainte, car je suis avec toi, je te bénirai et je multiplierai ta descendance, pour l’amour d’Avraham mon serviteur. II érigea en ce lieu un autel et proclama le nom de l’Éternel. II y dressa sa tente et ses serviteurs y creusèrent un puits. »
C’est de là que Yaakov partira pour aller chez son oncle Lavan à ‘Haran  apres avoir été béni par son père Yitshak:

« Jacob sortit de Beer Sheva et se dirigea vers Haran. »
וַיֵּצֵא יַעֲקֹב, מִבְּאֵר שָׁבַע; וַיֵּלֶךְ, חָרָנָה
Israel (Yaakov) passera par Beer Sheva –« Israël partit avec tout ce qui lui appartenait et arriva à Beer Sheva » – lors de son voyage en Egypte pour rencontrer son fils Joseph qu’il croyait mort.
Aujourd’hui le site archéologique de Tel Beer Sheva est celui de la ville de l’époque du Tanakh. Ces ruines montrent en fait un ensemble de constructions extrêmement élaboré, avec des zones de stockage et deux systèmes d’eau: un puits d’une profondeur de 69 mètres à l’extérieur des remparts et un réservoir d’eau interne destiné à la ville en cas de siège. Le système d’eau a été construit grâce à un barrage sur la rivière Hébron pendant l’âge de fer, soit à l’époque de roi Salomon et donc, plus de 1500 ans après Avraham.

Ce site se trouve à l’est de la ville et à l’intersection de plusieurs routes, dont celle qui nous intéresse, le Chemin de Patriarches, qui nous emmènera vers le Nord.

La ville est restée un place forte pendant des siècles. Elle s’endormira pendant la période ottomane.
(Beer Sheva en 1909)

Elle tombera aux mains des Anglais en 1917 et une très belle commémoration a eu lieu le 31 octobre sur le lieu de la bataille:

Pendant la guerre d’Indépendance, la ville sera conquise au mois d’octobre 1948 lors de l’opération Moshé. Parmi les soldats du Palma’h se trouve le Commando Français, compose de jeunes juifs originaires de France ou d’Afrique du Nord, avec à leur tête Thaddée Diffre  surnommé Teddy Eytan*, non-juif, un ancien de la France Libre.

La ville est surnommée la capitale du Neguev: 4ème ville du pays, 50 pour cent de ses habitants ont moins de 50 ans:

 

L’université Ben Gourion:

Son parc High Tech:פארק ההייטק
Voisin avec les vieux quartiers rénovés, ici la grande mosquée:
Sans oublier le marché bédouin:

Au nord de la ville nous traversons la foret de Yatir, somptueuse tache verte dans le désert, début du territoire de Judée d’où nous entrerons dans les monts de ‘Hevron:

A bientôt,

*Thaddée Diffre (1912-1971):
– un excellent article d’Olivier:
http://zakhor-online.com/?p=973
https://tsahal.fr/2011/07/14/lincroyable-saga-de-thadee-diffre-compagnon-de-la-liberation-catholique-et-officier-de-tsahal-publie-sur-liberation-fr/

*La foret de Yatir a une superficie de 30000 dunam soit 30 km2. Les plantations ont commencé en 1964. On y trouve une grande variété d’arbres: beaucoup de conifères, pins et cyprès mais aussi des feuillus, tamaris, pistachier, oliviers, eucalyptus, acacia…
De nombreux animaux: des chacals, des loups, des sangliers, des hyènes… et de nombreux oiseaux dont plusieurs espèces d’aigles

 

Mais que mangeait-on au temps de la Bible?

 

 

Mes petites filles m’ont demandé ce que nous mangions à l’époque du Tanakh, je suis donc partie à la recherche des saveurs ancestrales.

 

Si on suit de façon chronologique le texte biblique, on voit que nous sommes passés du statut de nomade, lorsque nous n’étions qu’une grande famille, à celui d’agriculteur, lors de notre entrée en Canaan. Entre les deux, une longue parenthèse, notre esclavage en Egypte, nous a mis en contact avec une civilisation sédentaire très développée et les 40 années de nos pérégrinations dans le désert du Sinaï ont été nécessaires à notre éducation: nous étions partis tribus, nous sommes devenus un peuple.
Nous  avons survécu dans le désert grâce à la manne mystérieuse qui tombait du ciel chaque jour. Beaucoup se sont demandés ce que pouvait bien être cette manne. La manne comblait tous nos besoins nutritifs mais nul ne sait quel était son goût. Un midrash nous dit qu’elle avait le goût qu’on voulait lui donner. Était-ce suffisant? Oui sans doute, mais les récalcitrants regrettaient les marmites de viande, de poireaux et d’oignons qu’ils avaient mangés en Egypte.
« Nous nous souvenons du poisson que nous mangions pour rien (!) en Egypte, des concombres et des melons (ou pastèques), des poireaux, des oignons et de l’ail »(Bamidbar-Nombres 11,5)
Comme quoi, face aux difficultés, les populations mythifient toujours le passé. Avions-nous déjà  pris goût à l’agriculture?



Mais n’oublions pas que si la manne était un plat « divin », elle avait donc aussi un rôle éducatif:
La signification de son nom en est la preuve. Son nom est en fait une question. Il vient de מן (min –  d’où?), d’où cela vient-il? Ou מן הוא (man hou)? Qu’est ce que c’est? L’esclave, homme-objet- devait commencer à questionner pour devenir un homme-sujet.
De plus, elle nous aidait à rythmer nos semaines selon la tradition. Ainsi avant chaque shabbat, nous en recevions une double portion.

A notre arrivée en Eretz Israel, nous avons cultivé les 7 espèces traditionnelles de la région*: l’olivier, le figuier, le blé, l’orge, la vigne, le grenadier et le dattier. Nous pouvons rajouter les agrumes, dès la fin de la période biblique. Ainsi une archéo-botaniste, le  Prof. Dafna Langguton, a trouvé dernièrement des traces de pollen d’etrog datant du retour de l’exil de Babylone, 500 ans avant son apparition en Italie.
Le riz apparaît dans la région à la même période ou peu après, au 3 ème siècle avant l’ère chrétienne, importé par les troupes d’Alexandre.

Les céréales  formaient l’essentiel de la nourriture. Mais quel sorte de pain mangions-nous?
Dans la Haggadah, on récite que cette nuit est différente des autres nuits où on mange et du ‘hametz (pain levé) et de la matsa*(pain non levé). La matsa est le symbole de notre misère en Egypte mais aussi celui de la liberté. C’est la nourriture des bergers qui vont et viennent et des nomades qui n’ont pas le temps de faire lever la pâte. Au contraire, le pain levé est le symbole de l’Egypte à la culture sédentaire, et une des rares régions où on récolte du blé panifiable à cette époque.
Bien avant notre esclavage en Egypte, quand les anges viennent voir Avraham*, Sarah prépare aussitôt du pain sans levain, donc des matzot. Du pain au levain, nous en mangerons plus tard quand nous serons devenus agriculteurs (avons-nous rapporté les secrets de la panification égyptienne?) . Il restera toujours le pain pour shabbat, les fêtes ou les grandes occasions.
Que buvions-nous? De l’eau évidemment mais, bien que le Tanakh n’en parle pas, sans doute aussi de la bière car l’orge était une des céréales courantes et on a trouvé les restes d’une brasserie dans le nord du Neguev.

Quant au vin, nous sommes avertis de ses méfaits dès le livre de Bereshit: Noa’h est le premier alcoolique connu.
Le livre de la Genèse, ne parle pas de culture du vin avant que Noa’h ne décide de planter une vigne. Il est écrit: » Noa’h d’abord cultivateur, planta une vigne » et l’expression de nos voisins ougarites « poignée de main d’un ivrogne » est équivalent de notre « serment d’ivrogne« .

Mais revenons au moment ou Avraham reçoit les trois anges alors qu’il se repose de sa circoncision. Sarah prépare donc du pain mais apporte aussi de la crème et du beurre:
« Il (Avraham) prit de la crème et du lait, puis le veau qu’on avait préparé et le leur servit. »
Avraham a préparé un festin royal à ses hôtes. En effet les gens ne mangent que très peu de viande de bœuf ou même d’ovin. Ils consomment essentiellement des volailles. Curieusement, on ne parle pas d’élevage de poules et la mitsva qui nous ordonne d’éloigner la mère-oiseau quand on prend ses œufs, pour qu’elle ne s’en rende pas compte, fait référence à des œufs dans un nid et non pas dans un poulailler:

« Si tu rencontres un nid d’oiseau sur ton chemin ou à terre, de jeunes oiseaux ou des œufs sur lesquels soit posée la mère, tu ne prendras pas la mère avec sa couvée. Tu es tenu de laisser s’envoler la mère sauf à t’emparer des petits. »
Cela dit, l’élevage des pigeons et autres volailles (en hébreu ברבור – barbour – mot utilisé actuellement pour désigner un cygne) est pratiqué par tous.

On peut visiter dans les grottes de Maresha à Beit Guvrin, un columbarium pouvant contenir plusieurs milliers de volailles.*

Mais pas de restrictions au palais royal. Le roi Salomon et sa cour consomment chaque jour « dix bœufs engraissés, vingt de libre pâture, et cent pièces de menu bétail sans compter les cerfs, chevreuils, daims et sans compter les volailles engraissées. »

Dans la vie quotidienne, outres les céréales, le repas se compose essentiellement de légumineuses. Toutefois on ne parle pas de pois chiches dans le Tanakh, alors qu’ils sont pourtant mentionnés en Mésopotamie sous le nom de hallaru, déjà 3000 ans avant l’ère chrétienne!
Dans la Mishna, on mentionne que la bouillie la plus commune  est un mélange d’haricots secs écrasés et de blé, assaisonné d’ail et d’herbes comme le coriandre.


Quand on ne mange pas des haricots, on mange des lentilles.
Evidemment, vous pensez au ragoût de lentilles qu’ Esav a préféré à son droit d’aînesse. Cette histoire m’a toujours semblé curieuse. Esav rentre de la chasse épuisé, demande du ragoût de lentilles qui mijote sur le fourneau de Yaakov, et, alors que ce dernier profite de la situation, n’a même pas l’idée de faire signe à un des nombreux serviteurs pour en obtenir un sans contre-partie, alors que ce plat basique doit certainement mijoter aussi sur tous les fourneaux de la famille. J’ai toujours pensé qu’en fait Esav avait sauté sur l’occasion. Comme il vivait toujours dans l’immédiateté, sans capacité de construire à long terme et donc de devenir un bon chef de tribu, son statut d’aîné devait peser trop lourd sur ses épaules.

Les produits laitiers proviennent surtout du lait de chèvre. Pour faire du fromage, pas d’enzyme provenant de l’estomac d’une vache* mais une résine de figuier.
Dans le Tamlud Yerushalmi, il est question d’une sérieuse discussion entre Rabbi Eliezer et Rabbi Yehoshua pour savoir quelle partie du figuier exactement devait être utilisée en guise de présure.

(Fromage blanc préparé encore aujourd’hui de cette manière par les Samaritains*)

On ignore si la coutume voulait que le repas se termine par un mets sucré mais les fruits et le miel* sont toujours présents. Lorsque la belle et intelligente Avigail nourrit David et ses compagnons, alors en fuite devant le roi Shaoul, « en toute hâte, elle prit deux cents pains, deux outres de vin, cinq brebis toutes accommodées, cinq mesures de froment grillé, cents gâteaux de raisins secs et deux cent gâteaux de figues, qu’elle fit charger sur des ânes ».
Pas étonnant, que David ait décidé de l’épouser!

Que sont donc ces gâteaux de raisins secs et de figues? Des pâtisseries ou simplement des fruits séchés et agglomérés?
Et que penser du texte de Shir hashirim (2,5)?
Réconfortez-moi par des gâteaux (au sucre) de raisin, restaurez-moi avec des pommes, car je suis dolente d’amour.
סַמְּכוּנִי בָּאֲשִׁישׁוֹת רַפְּדוּנִי בַּתַּפּוּחִים כִּי חוֹלַת אַהֲבָה אָנִי
Le mot אשישות (ashishot), gâteaux au sucre de raisin, vient de la racine אשש (Alef, Sh, Sh), raffermir, qui a donné le  verbe להתאשש (lehitoshesh), se reprendre en mains, recouvrer la santé. Grâce à la quantité importante de sucre qu’ils contiennent (sucre de raisin), ils permettent à l’amante de recouvrer quelques forces.
Mais quels en sont les autres ingrédients?
Bien qu’un des rédacteurs de la Mishna nous parle lui de gâteaux de semoule au miel, la plupart pense qu’il s’agissait tout simplement de crêpes épaisses de farine de lentilles:

 

Le Talmud nous a même transmis une recette, un peu différente cependant, puisque le sucre de raisin est remplace par du miel.
Que ne ferais- je pour vous? Je l’ai testée!
Il faut (selon le Musée des Pays de la Bible*): un verre de farine de lentilles, deux cuillerées à soupe de farine de blé, deux verres d’eau, une cuillerée à soupe de miel, un peu de sel, de la cannelle et de l’huile pour la friture.
J’en ai trouvé une autre peut-être moins réconfortante (sans miel), mais à mon avis bien meilleure, selon laquelle on incorpore des oignons dorés, du coriandre frais et du cumin.

Quand j’ai fait part de mes recherches à mes petites filles, elle m’ont répondu, pragmatiques: Donc, on pouvait manger des schnitzel, sans doute de la salade verte, mais ni frites ni ketchup!
A bientôt,

PS: Dans de précédents articles, j’avais traité de la shehita

La ville de David עיר דוד

A tous nos ancêtres qui, fidèlement, obstinément, ont pleuré la destruction de Jerusalem et n’ont pas pu la voir revivre.

Au sud du Kotel et du mont du Temple se trouve un grand site archéologique, עיר דויד (ir David) ou ville de David. Il fait partie du parc national Les murailles de Jerusalem qui sont une large bande de verdure qui contourne les murailles de la ville.


Le site se trouve sur la colline de l’Ophel qui est le nom d’une forteresse gardant la ville au sud-est*.  Il est question de la muraille de l’Ophel sur la stèle de Mesha* trouvée en bordure du site et du village de Silwan.

(La stèle de Mesha se trouve actuellement au Musée du Louvre,
elle raconte les guerres entre les rois du royaume d’Israel et les Moabites)

Le village de Silwan a ceci de particulier qu’il était habité par de nombreux Juifs originaires du Yemen ainsi que des Juifs Karaïtes qui en ont été chasses en 1948  et s’y sont réinstallés après la guerre des 6 jours en 1967. Bien que la population musulmane y soit souvent violente à leur égard, 62 familles juives y sont retournées à ce jour,  dont la famille Meyuhas qui a reconstruit sa maison datant de 1875.

Mais retournons à la période biblique. Silwan autrefois s’appelait Shiloa’h, célèbre pour sa piscine, le grand réservoir d’eau de la ville dans l’antiquité.

C’est là qu’avaient lieu les festivités de שמחת בית השואבה (sim’hat beit hashoeva). Ça devait être hollywoodien me disait mon ami Yossi Cohen*.
Il est écrit dans la Mishna מִי שֶׁלֹּא רָאָה שִׂמְחַת בֵּית הַשּׁוֹאֵבָה – לֹא רָאָה שִׂמְחָה מִיָּמָיו. Celui qui n’a pas vu la joie de sim’hat beit hashoeva, n’a jamais vu de joie de sa vie .
 Des milliers des personnes  y participaient en chantant et en dansant au son des lyres et des tambourins, des trompettes et des shofars, pendant que les Cohanim, ayant offert un sacrifice,  puisaient de l’eau et la versaient depuis une soucoupe en or dans une tasse en argent,  percée par le fond, pour la laisser s’écouler en libation. Ils priaient ainsi pour que l’année soit pluvieuse.


(dessin Dafna Levanon)

Voici une video qui présente le chemin allant de la piscine de Shiloa’h au Kotel.

Le Roi David avait conquis cette forteresse יבוס-Yebus (Jebus).
David et tous les Israélites marchèrent sur Jérusalem, qui s’appelait Jébus. Là étaient les Jébuséens, qui occupaient le pays.  Mais ceux-ci dirent à David: « Tu n’entreras pas ici. » Toutefois, David s’empara de la forteresse de Sion, qui est la Cité de David. David avait dit: « Celui qui battra les Jébuséens en premier deviendra chef et prince. » Ce fut Yoav, fils de Cerouya, qui monta le premier, et il devint chef.  David s’établit dans la forteresse, qu’on nomma pour cette raison Cité de David.  Il ajouta des constructions à la ronde. Quant à Yoav, il restaura le reste de la ville...(2 livre de Samuel, 5)

David l’avait conquise pour des raisons à la fois
– Militaires: Le site se trouve à environ 800 m d’altitude et est donc facile à défendre

– Mais aussi politiques: Elle se trouve à la limite entre la Judée, territoire de la tribu de David (tribu de Yehuda) et celui de la tribu du roi déchu Shaoul (tribu de Binyamin)
– Et enfin, religieuses: Une des collines, le mont Moriah, celle qui accueillera plus tard le temple, est déjà considérée comme l’endroit ou Yits’hak aurait du être sacrifié par son père Avraham.

De nombreuses sources donnent de l’eau à la ville chaque printemps. La plus importante est le Gi’hon.


Bien plus tard, le roi Hizkiyahou entreprendra des travaux d’importance pour ravitailler plus facilement la ville :
Ce fut Ezéchias qui boucha l’issue supérieure des eaux du Ghihôn et les dirigea par en bas du côté occidental vers la cité de David, et Ezéchias réussit dans toutes ses entreprises. (2 Livre des Chroniques 33 30)
וְהוּא יְחִזְקִיָּהוּ, סָתַם אֶת-מוֹצָא מֵימֵי גִיחוֹן הָעֶלְיוֹן, וַיַּישְּׁרֵם לְמַטָּה-מַּעְרָבָה, לְעִיר דָּוִיד; וַיַּצְלַח יְחִזְקִיָּהוּ, בְּכָל-מַעֲשֵׂהוּ.
Le tunnel a une longueur de 533 m sur un dénivelé de 2,27 m.
Pourquoi ces grands travaux?  Ce grand tunnel et la construction de murailles plus conséquentes* sont généralement expliqués par le besoin de nourrir une population grossie de nombreux réfugiés lors de la chute du royaume d’Israel et de sa capitale Shomron.

A quelques mètres de la sortie du tunnel a été découverte en 1860 une pierre portant l’inscription suivante en hébreu:
Le creusement. Voici l’histoire du creusement. Pendant que les tailleurs de la roche brandissaient leurs outils chacun en face de ses compagnons, un moment où manquaient trois coudée (1,50 m) pour la perforation, la voix d’un homme fut entendue, demandant à son compagnon pourquoi il y avait une crevasse. À la droite… Le jour de la perforation, les mineurs frappèrent chacun pour rencontrer son compagnon… et les eaux s’écoulèrent de la source jusqu’à la piscine, environ 1200 coudées (533 m). La roche était à 100 coudées (50 m) au-dessus de la tête des tailleurs de la roche. 

(Cette pierre se trouve au musée des Œuvres de l’Orient Ancien à Istambul)

En 2005, l’archéologue Eilat Mazar annonce qu’elle a découvert les restes d’un grand bâtiment, pour elle il s’agit du palais du roi David. Elle se base sur le texte biblique, corroboré par les trouvailles de poteries datant du 10 ème siècle avant l’ère chrétienne et aussi sur le fait qu’une construction aussi élaborée avec de pareilles dimensions ne pouvait pas appartenir à l’ancienne forteresse militaire jebuséene.

De nombreux artefacts ont été retrouvés depuis. La plupart témoignent de la vie quotidienne aux périodes du premier et du deuxième Temple* et quelques uns de la période hellénistique. Il y a peu, les archéologues ont mit à jour des habitations, des restes calcinés d’arbres, des poteries et même de la nourriture (grains de raisons, arêtes de poissons) datant de la destruction du premier Temple par les Babyloniens en 586 avant l’ère chrétienne.

Ce sont les mêmes trouvailles que celles extraites des tonnes de terres rejetées par les bulldozers du Waqf*qui s’affairent sur le Mont du Temple pour détruire toute trace d’une présence juive.
Des découvertes fascinantes ont été faites, comme des tessons de récipients en pierre, des bijoux, des perles, des figurines en terre cuite, des pointes de flèches et autres armes, des poids de balances, des accessoires de mode, des dés à jouer, des incrustations d’os et de coquillages, des décorations de meubles, des objets en os et en ivoire et des fragments d’inscriptions sur pierre ou sur poterie.

Ce qui a bien amusé les volontaires à ces fouilles, ce sont tous ces dés, en os et en ivoire, datant de la période romaine. Il faut dire que dans la Mishna, les joueurs de dés étaient récusés comme témoins!
Ce sceau de la période du roi David  a fait les gros titres:

(photo Zeev Radovan Zachi Dvira)

Il a été découvert par Matvei Tcepliaev, un jeune volontaire de 10 ans qui participait aux fouilles pendant ses vacances.
En fait, dans toute cette zone, chaque seau de terre  contient des artefacts de toutes les périodes depuis la prise de Jebus par David, il y a presque 3,000 ans. 

Ce jour de Tisha Be’Av*, nous commémorons la destruction du Temple. J’ai eu envie de vous faire part de ces découvertes. Elles montrent  à quel point notre enracinement dans ce pays et dans cette ville est profond et ancien.
La chanteuse Etty Ankry raconte qu’un jour, prise dans un embouteillage sur la route, elle leva les yeux vers un panneau  qui indiquait la direction de Jerusalem. Elle pensa soudain que si Yehouda Halevy était là, à côté d’elle, il n’en croirait pas ses yeux.
Lui qui écrivait il y a déjà 1000 ans:
Mon cœur est en Orient et moi je suis aux confins de l’Occident.
ליבי במזרח ואני בסוף מערב
Lui qui avait été assassiné par la lance d’un cavalier arabe alors qu’enfin arrivé à Jerusalem, il se tenait appuyé aux pierres du Kotel…
Voici un poème de Yehuda Halavy, Yefe Nof, qui célèbre la beauté de Jerusalem. Il est interprété par Etty Ankri

A bientôt,

*Les Juifs karaïtes:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/02/07/rencontre-avec-un-karaite/

*Joseph Cohen: L’histoire de l’écriture hébraïque, son origine, son évolution et ses secrets, ed Cosmogone, 1999

*Ophel en Samarie (Shomron):
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/08/10/la-samarie-et-les-samaritains/
Dans le Tanakh, il est mentionné que le prophète Elisha et son disciple habitaient à l’Ophel (partie fortifiée) de Shomron

*Histoire des murailles de Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/05/23/dans-tes-murs-dans-tes-portes-jerusalem/

*stèle de Mesha:
https://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A8le_de_Mesha

*Trouvailles archéologiques sur le mont du Temple:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/11/25/bonnes-et-mauvaise-nouvelles/

*Tisha beAv:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/07/29/le-mois-de-av/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/07/26/hadrien-si-tu-savais/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/08/07/4980/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/07/15/tisha-beav/

Prends ton sac et ton bâton…

Les cartables sont bientot vidés, les livres rendus. Les cahiers, eux, sont rangés dans une sorte de gheniza familiale où ils passeront l’été sans qu’on les ait ouverts, avant d’être définitivement jetés fin août.
-Mais connaissez-vous l’histoire des cartables et sacs, ai-je demande à mes petits enfants?

La chanson de la vidéo ci-dessus s’appelle  קח תרמיל קח מקל (Ka’h tarmil, ka’h makel) « Prends un sac, prends un bâton » et nous invite à partir en Galilée.

Le mot sac est תרמיל (tarmil), besace de berger, est un mot d’origine araméenne (en araméen on dit tarmila) et entre dans l’hébreu à l’époque de la Mishna. Comme le dit ce proverbe:  » אין הסומא יוצא במקלו ולא הרועה בתרמילו , aucun aveugle ne sort sans son bâton et aucun berger sans sa besace. On le connait aussi grâce à la traduction en arameen de la Thora de Yonathan Ben Ouziel.

(tombeau de Yonathan ben Ouziel à Tsfat)

Le premier sac dont on parle dans la Bible est aussi une besace, et une besace remplie de pierres pour l’occasion:
1 Samuel, 17 40: « Il (David) prit son bâton à la main, choisit dans le torrent cinq cailloux lisses, qu’il mit dans sa panetière de berger, et, muni de sa fronde, s’avança vers le Philistin. »
וַיִּקַּח מַקְלוֹ בְּיָדוֹ, וַיִּבְחַר-לוֹ חֲמִשָּׁה חַלֻּקֵי-אֲבָנִים מִן-הַנַּחַל וַיָּשֶׂם אֹתָם בִּכְלִי הָרֹעִים אֲשֶׁר -לוֹ וּבַיַּלְקוּט– וְקַלְעוֹ בְיָדוֹ; וַיִּגַּשׁ, אֶל-הַפְּלִשְׁתִּי
La traduction française parle joliment de la panetière de berger (l’hébreu est moins précis כלי רועה (kli roe), c’est un « contenant » de berger) mais « oublie » le mot suivant ובילקוט (ubyalkout) dans une besace: il a mis les pierres dans son « contenant » de berger (peut-être une petite bourse) et dans sa besace.
De nos jours, la besace du roi David, ילקוט (yalkout) est devenue un cartable tout en ayant aussi, depuis le Moyen-Age, le sens de fichiers reliés et donc de recueil  comme, par exemple, le célèbre recueil des  canulars de Palma’h*.

Tarmil, yalkout sont les mots les plus courants pour designer des sacs. Mais deux autres ont été également utilisés: Amta’hat et Tsiklon.

Le premier, d’origine akkadienne, אַמְתַּחַת (amta’hat), nous est parvenu grâce au récit où  Joseph accuse son frère Benjamin d’avoir volé une coupe en argent. Il s’agit sans doute d’un grand sac, comme un sac de voyage:
« Joseph donna cet ordre à l’intendant de sa maison: Remplis de vivres les sacs de ces hommes… Et ma coupe, la coupe d’argent, tu la mettras à l’entrée du sac du plus jeune… » (GenèseBereshit, 44, 1)
וַיְצַו אֶת-אֲשֶׁר עַל-בֵּיתוֹ, לֵאמֹר, מַלֵּא אֶת-אַמְתְּחֹת הָאֲנָשִׁים אֹכֶל…וְשִׂים כֶּסֶף-אִישׁ, בְּפִי אַמְתַּחְתּוֹ. ב וְאֶת-גְּבִיעִי גְּבִיעַ הַכֶּסֶף, תָּשִׂים בְּפִי אַמְתַּחַת הַקָּטֹן

Le second, ציקלון (tsiklon) se trouve dans le livre des Rois (2 Rois 24 42). Après que le prophète Elisha eut ramené à la vie le fils de la Sunamite, il est question d’un cadeau inattendu, du pain, alors que règne le famine:
Un homme, venant de Baal-Chalicha, apporta un jour à l’homme de Dieu, comme pain de prémices, vingt pains d’orge et du gruau dans sa panetière.
וְאִישׁ בָּא מִבַּעַל שָׁלִשָׁה, וַיָּבֵא לְאִישׁ הָאֱלֹהִים לֶחֶם בִּכּוּרִים עֶשְׂרִים-לֶחֶם שְׂעֹרִים, וְכַרְמֶל, בְּצִקְלֹנוֹ
Tsiklon est sans doute d’origine ugarit où le mot basaql veut dire culture ou gerbe.

De nos jours, à l’armée, les recrues ont toutes leur שק חפצים (sak ‘hafatsim) sac polochon.


On pourrait penser que le mot sac est un ajout récent à l’hébreu, et bien non. Lui aussi se trouve dans le Tanakh. Toujours dans la même histoire des retrouvailles entre Joseph et ses frères, il est écrit (Bereshit-Genèse 42,35):
« Or, comme ils vidaient leurs sacs, voici que chacun retrouva son argent serré dans son sac« 
וַיְהִי, הֵם מְרִיקִים שַׂקֵּיהֶם, וְהִנֵּה-אִישׁ צְרוֹר-כַּסְפּוֹ, בְּשַׂקּוֹ

Charger un sac sur son épaule pour partir est un des gestes plus plus anciens de l’humanité et en hébreu la racine sh-k-m a donné shekem, l’épaule, et  le verbe se lever tôt.
Gen 21 14: « Abraham se leva de bon matin, prit du pain et une outre pleine d’eau, les remit à Agar en les lui posant sur l’épaule
וַיַּשְׁכֵּם אַבְרָהָם בַּבֹּקֶר וַיִּקַּח-לֶחֶם וְחֵמַת מַיִם וַיִּתֵּן אֶל-הָגָר שָׂם עַל-שִׁכְמָהּ

A cette époque, on l’attachait en enroulant une corde en lin des épaules a la taille. C’était une expression courante pour dire qu’on se préparait à un voyage. C’est ainsi que Dieu dit au prophète Jérémie:
 »
Va, achète-toi une ceinture de lin et attache-la sur tes reins… »Prends la ceinture que tu as achetée, et qui couvre tes reins, mets-toi en route pour gagner l’Euphrate…
Ce geste de charger son sac sur une épaule se retrouve dans la racine כתפ (k.t.f) qui signifie charger et aussi épaule. Ainsi,  Mendele Mokher Sefarim* écrira:
ובדרך היה פונה כה וכה ומביט כגנב נזהר לנפשו, מכתף את תרמילו המלא, פעם על כתף זו ופעם על כתף זו » .
En chemin, il se tournait ça et là et regardait comme un voleur prudent, soucieux de sa sécurité, chargeant (mekatef) son sac plein d’une épaule (katef) à l’autre. (Le livre des gueux 1909)

Aujourd’hui, pour le cartable, on emploie aussi souvent le terme général de תיק (tik) d’origine greque (θηκη, theke) et même תיק גב (tik gav), puisqu’il s’agit d’un sac à dos.

Et le bâton מקך (makel)? Le voici, compagnon du sac תרמיל (tarmil).
Dans le livre de Chemot (l’Exode) il est écrit au moment du premier Pessa’h: « Et voici comme vous le mangerez: la ceinture aux reins, la chaussure aux pieds, le bâton à la main
וְכָכָה, תֹּאכְלוּ אֹתוֹ–מָתְנֵיכֶם חֲגֻרִים, נַעֲלֵיכֶם בְּרַגְלֵיכֶם וּמַקֶּלְכֶם בְּיֶדְכֶם

Le mot makel est à relier au verbe lehakel alléger, car le bâton aide à marcher et allège ainsi les difficultés du voyage.

Mais les mots sac et bâton ont parfois aussi une connotation négative. Ils sont aussi synonymes de saleté, voire de violence. C’est pourquoi il est écrit dans le Talmud qu’il était interdit pour un homme d’entrer dans le Temple avec son sac et son bâton, וּבַיַּלְקוּטו ובמקלו, et avec de la poussière sur ses pieds. On dirait aujourd’hui avec armes et bagages. Et l’expression populaire   בא אליו במקלו ובתרמילו (ba elav bemaklo uvetarmilo) veut dire:  il l’a attaqué violemment.

De nos jours le tarmil et le makel sont signes de randonnées et les randonneurs sont les תרמילאים (tarmilayim) qui prennent parfois des chemins périlleux:


(vers la grotte de Keshet en Galilée)

 

A bientôt,

* Targoum Yonatan ou Targoum Yerushalmi: traduction de la Thora en araméen attribuée à Yonatan ben Ouziel qui  s’éloigne parfois du texte pour y inclure des midrashim

* Le canulars du Palma’h sont un recueil d’histoire humoristiques, absurdes et souvent critiques que se racontaient les soldats pendant la guerre d’Indépendance.

* Medele Mokher Sefarim: Mendele le vendeur de livres, ou Shalom Yaakov Abramowicz (1836-1917), auteur yiddish et hébraïque, originaire d’Odessa.

* Le mot תיק (tik) et tik veut aussi dire sac à main et dossier. Ouvrir un tik contre quelqu’un c’est le mettre en examen.

Du lait, du miel et des abeilles

La fête de Shavouot est déjà loin derrière nous et ouf! Enfin plus d’émissions de cuisine sur les produits laitiers. Nous sommes sur une terre de lait et de… et tout le monde a oublié le miel!
Le miel דבש (dvash) fait pourtant partie du paysage. Dans le Tanakh, le mot דבש (dvash) apparaît 55 fois. Mais il fait presque toujours référence  au « miel » des fruits, en particulier à celui des dattes et des figues. Vous trouverez d’ailleurs du sirop de datte dans tous les supermarchés sous le nom de silan.
Pendant longtemps, les historiens furent persuadés que l’apiculture était inconnue dans la région puisque le Tanakh n’en parlait pas de miel d’abeille, sauf à deux reprises, où il est évident qu’il s’agit de miel sauvage:

– Dans le livre des Juges 14,8-9, on raconte que:
 « Quelque temps après, étant revenu… il (Shimshon) s’écarta afin de voir le cadavre du lion (qu’il avait tué, et il trouva dans le corps un essaim d’abeilles et du miel. »
וַיָּשָׁב מִיָּמִים,… וַיָּסַר לִרְאוֹת, אֵת מַפֶּלֶת הָאַרְיֵה; וְהִנֵּה עֲדַת דְּבוֹרִים בִּגְוִיַּת הָאַרְיֵה, וּדְבָשׁ

– Dans le livre du prophète Samuel ( 1 Samuel 14; 27), Jonathan, le fils du roi Shaoul  se trouve avec ses soldats dans une forêt יער (yaar) où il voit soudain un rayon de miel יערה (yaara)*. Il semblerait que cette forêt ait été colonisée par des abeilles: le miel est tellement abondant qu’il ruisselle sur le sol. Mais, il s’agit une fois encore d’une découverte fortuite dans un lieu non habité et donc du miel sauvage.
« Toute l’armée était arrivée à un bois, où la surface du sol était couverte de miel. En arrivant dans le bois, le peuple vit ce miel ruisselant… Jonathan…étendit la baguette qu’il tenait à la main, en trempa l’extrémité dans un rayon de miel, et, avec la main, le porta à sa bouche ».
וְכָל-הָאָרֶץ, בָּאוּ בַיָּעַר; וַיְהִי דְבַשׁ, עַל-פְּנֵי הַשָּׂדֶה. כו וַיָּבֹא הָעָם אֶל-הַיַּעַר, וְהִנֵּה הֵלֶךְ דְּבָשׁ… וַיִּשְׁלַח אֶת-קְצֵה הַמַּטֶּה אֲשֶׁר בְּיָדוֹ, וַיִּטְבֹּל אוֹתָהּ בְּיַעְרַת הַדְּבָשׁ; וַיָּשֶׁב יָדוֹ אֶל-פִּיו

De plus, quand le livre de Bereshit (Genèse  43 11) nous raconte que Yaakov-Israel envoie du miel à Joseph parmi d’autres cadeaux de prix, c’est certainement du miel d’abeilles sauvage, difficile à se procurer, car il est dit « un peu de miel« :
Israël, leur père, leur dit: « Puisqu’il en est ainsi, eh bien! Faites ceci: mettez dans vos bagages des meilleures productions du pays et apportez les en hommage à cet homme: un peu de baume, un peu de miel, des aromates et du lotus, des pistaches et des amandes
וַיֹּאמֶר אֲלֵהֶם יִשְׂרָאֵל אֲבִיהֶם, אִם-כֵּן אֵפוֹא זֹאת עֲשׂוּ–קְחוּ מִזִּמְרַת הָאָרֶץ בִּכְלֵיכֶם, וְהוֹרִידוּ לָאִישׁ מִנְחָה: מְעַט צֳרִי, וּמְעַט דְּבַשׁ, נְכֹאת וָלֹט, בָּטְנִים וּשְׁקֵדִים

Or en 2007, des ruches furent découvertes dans la ville antique de Tel Rehov, près de Beit Shean dans la vallée du Jourdain.

(Maariv)

(Musée Eretz Israel)

Ce sont les plus anciennes ruches jamais découvertes. Elles datent de l’époque du roi David, environ 1000 ans avant l’ère chrétienne: elles sont faites de paille et d’argile non cuite. Elles sont en forme de cylindres de 80 sur 40 cm. Un orifice permettait les allées et venues des abeilles et l’apiculteur utilisait le couvercle pour récolter le miel. Cet apiculteur biblique était à la tète d’une véritable entreprise  car une centaine de ruches on été dénombrées.

(site biblewalks)

Mais qu’en est-il des abeilles à l’heure actuelle?
Dans le monde entier on parle d’un syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles dont on ne connait pas vraiment la raison même si, sans doute, les insecticides y sont pour beaucoup. C’est une situation inquiétante quand on sait que non seulement elles nous procurent le miel mais aussi elles jouent un rôle primordial dans la pollinisation des végétaux.
Et pourtant, Israel fait figure d’exception. Les 500 apiculteurs suivent la situation de près mais pour le moment le nombre d’abeilles reste stable selon le Conseil Israélien du Miel*(je ne savais pas qu’il existait avant d’écrire cet article!).
Le Conseil israélien du Miel, donc, soutient la recherche sur ces syndromes d’effondrement. Il semble que l’effondrement spectaculaire des colonies se produise surtout dans des régions de mono-culture. Lorsque les abeilles butinent uniquement les mêmes plantes comme le soja ou le blé, elles sont moins résistantes. On peut améliorer leur système immunitaire par la plantation de plantes riches en nectar, et en variant les espèces. Elles ont besoin d’un régime alimentaire et certaines plantes, comme les eucalyptus,  leur sont plus bénéfiques que d’autres. De nombreux jeunes plants d’eucalyptus sont plantés chaque année, pour faire plaisir aux abeilles mais aussi pour assurer notre sécurité: le long des frontières avec la Syrie et Gaza, ces arbres permettent aussi de réduire le champ de visibilité de l’adversaire.

(photo KKL)

Enfin, les apiculteurs se battent contre l’ennemi traditionnel des abeilles: un acarien destructeur nommé Varroa.

Ici le problème de la survie des abeilles est pris très au sérieux: sur les 3000 tonnes de miel produites chaque année, 1600 sont dégustées lors des fêtes du Nouvel An!

(Une délégation du Conseil du miel est invitée par le Président de l’état d’Israel, Reuven Rivlin, à l’occasion de Rosh Hashana)

Depuis toujours, le miel est le symbole de l’abondance et de la douceur à tel point que pour dire que quelqu’un a eu une vie difficile, on dit qu’il n’a pas léché du miel: הוא לא ליקק דבש (hou lo likek dvash)
On dit que Naomi Shemer a composé sa chanson על כל אלה (al kol ele), « Tout cela »  lors de la mort de son beau frère et de l’évacuation de la ville de Yamit* dans le Sinaï. Entre sa tristesse personnelle et son inquiétude pour l’avenir, elle y demande que soit protégé ce qui fait notre vie,  le dard et le miel, l’amertume et la douceur,  על הדבש ועל העוקץ על ה מר והמתוק

A bientôt,

* Ce mot יערה (yaara), rayon de miel,  n’apparaît qu’une fois dans le Tanakh. Ce mot yaara signifie aussi chèvrefeuille.

* Le Conseil Israélien du Miel:
http://www.honey.org.il/about.php?id=64

*Varroa:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Varroa_destructor

* Le catalogue du KKL sur les plantes riches en nectar:
http://www.kkl.org.il/files/HEBREW_FILES/yeur-usviva/nectar-plants-catalogue-2016.pdf

* Yamit: une petite ville de 2 500 habitants du Nord Sinaï, fut évacuée et détruite lors du traité de paix entre l’Egypte et Israel

 

 

Jerusalem, au sommet de notre joie

Tout le monde connaît ירושלים של זהב(Yerushalayim Shel Zahav)*, écrit par Naomi Shemer dans cette période si angoissante du mois de mai 1967. Mais savez-vous quel fut le premier chant composé en l’honneur de Jerusalem enfin libérée?
L’histoire se passe en 1917 juste après l’arrivée des Anglais en Palestine. Les Juifs sont fébriles et heureux. Les troupes troupes britanniques sont entrées dans Jerusalem le premier jour de ‘Hannouka et ils y voient une promesse de גאולה (geoula=délivrance) même s’ils devront déchanter par la suite. Eliezer Ben Yehuda* demande au compositeur de l’époque, Avraham Zvi Idelson,  d’écrire un chant en l’honneur de la libération de la ville, une mélodie  et une simple phrase qui peuvent parler au cœur de tous les Juifs: ce sera ‘Hava Nagila sur une mélodie ‘hassidique:

« Venez vous réjouir et soyez heureux. Venez dans l’allégresse. Levez vous frères d’un cœur joyeux »
הבה נגילה, הבה נגילה
הבה נגילה ונשמחה.
הבה נרננה, הבה נרננה,
הבה, הבה נרננה.
עורו אחים בלב שמח


Cette semaine, nous avons fêté non seulement le יום ירושלים Yom Yerushalayim (jour de Jerusalem) mais aussi les 50 ans de la libération de la ville à la fin de la guerre des 6 jours. Les cérémonies et spectacles se sont succédés dans la ville et dans tout le pays. 
Voici trois vidéos prises au pied des murailles.
ירושלים של זהב Yerushalayim shel zahav:

la danse des drapeaux:

Enfin l’Hatikva reprise par les spectateurs:

Alors n’en déplaise à l’ONU, à l’UNESCO,  nous continuerons à vivre et à fêter Jerusalem, notre capitale depuis le roi David,
Nous fêtons sa libération depuis ce mois de juin 1967 ou nous avons tant tremblé et nous nous sommes tant réjouis et nous mettrons « Jerusalem au sommet de notre joie. »*

Pour ceux qui voudraient comprendre non seulement pourquoi nous sommes si attachés à Jerusalem mais aussi pourquoi le monde arabo-musulman use de son influence pour nous en expulser symboliquement en espérant y arriver réellement la prochaine fois, voici ce film de Pierre Rehov qui explique les choses très clairement:

 

Les amis d’Israel sont déjà convaincus mais se sentent impuissants.
Ceux qui nous haïssent ne le regarderont même pas, Ceux qui sont indifférents hausseront les épaules « encore ces histoires de Juifs! » sans réaliser qu’il ne s’agit pas seulement de nous mais d’eux, que c’est toute leur culture qu’on met à la poubelle. Bientôt, ils assisteront à des autodafés, liront des livres expurgés, accepteront une pseudo-histoire ou une pseudo-science. Ce n’est pas si loin. Vous vous souvenez des autodafé des nazis, vous vous souvenez des théories de Lyssenko*?

L’Europe ne nous pardonne pas d’avoir survécu et surtout d’avoir gardé notre âme. Si l’Occident  persiste dans sa torpeur égoïste et passive, il mourra.  Il devrait se souvenir qu’ « après le samedi vient le dimanche« 

A bientôt,

*Eliezer ben Yehuda:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/10/16/eliezer-ben-yehouda/

*Jerusalem,  au sommet de notre joie: psaume 137

*articles sur Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/07/jerusalem-dor/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/03/02/nous-les-yerushalmim/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/05/23/dans-tes-murs-dans-tes-portes-jerusalem/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/09/25/le-groupe-clandestin-des-souffleurs-de-shofar/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/10/17/nous-sommes-tous-concernes/

https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/06/06/notre-jerusalem/

*Lyssenko:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lyssenkisme