Prends ton sac et ton bâton…

Les cartables sont bientot vidés, les livres rendus. Les cahiers, eux, sont rangés dans une sorte de gheniza familiale où ils passeront l’été sans qu’on les ait ouverts, avant d’être définitivement jetés fin août.
-Mais connaissez-vous l’histoire des cartables et sacs, ai-je demande à mes petits enfants?

La chanson de la vidéo ci-dessus s’appelle  קח תרמיל קח מקל (Ka’h tarmil, ka’h makel) « Prends un sac, prends un bâton » et nous invite à partir en Galilée.

Le mot sac est תרמיל (tarmil), besace de berger, est un mot d’origine araméenne (en araméen on dit tarmila) et entre dans l’hébreu à l’époque de la Mishna. Comme le dit ce proverbe:  » אין הסומא יוצא במקלו ולא הרועה בתרמילו , aucun aveugle ne sort sans son bâton et aucun berger sans sa besace. On le connait aussi grâce à la traduction en arameen de la Thora de Yonathan Ben Ouziel.

(tombeau de Yonathan ben Ouziel à Tsfat)

Le premier sac dont on parle dans la Bible est aussi une besace, et une besace remplie de pierres pour l’occasion:
1 Samuel, 17 40: « Il (David) prit son bâton à la main, choisit dans le torrent cinq cailloux lisses, qu’il mit dans sa panetière de berger, et, muni de sa fronde, s’avança vers le Philistin. »
וַיִּקַּח מַקְלוֹ בְּיָדוֹ, וַיִּבְחַר-לוֹ חֲמִשָּׁה חַלֻּקֵי-אֲבָנִים מִן-הַנַּחַל וַיָּשֶׂם אֹתָם בִּכְלִי הָרֹעִים אֲשֶׁר -לוֹ וּבַיַּלְקוּט– וְקַלְעוֹ בְיָדוֹ; וַיִּגַּשׁ, אֶל-הַפְּלִשְׁתִּי
La traduction française parle joliment de la panetière de berger (l’hébreu est moins précis כלי רועה (kli roe), c’est un « contenant » de berger) mais « oublie » le mot suivant ובילקוט (ubyalkout) dans une besace: il a mis les pierres dans son « contenant » de berger (peut-être une petite bourse) et dans sa besace.
De nos jours, la besace du roi David, ילקוט (yalkout) est devenue un cartable tout en ayant aussi, depuis le Moyen-Age, le sens de fichiers reliés et donc de recueil  comme, par exemple, le célèbre recueil des  canulars de Palma’h*.

Tarmil, yalkout sont les mots les plus courants pour designer des sacs. Mais deux autres ont été également utilisés: Amta’hat et Tsiklon.

Le premier, d’origine akkadienne, אַמְתַּחַת (amta’hat), nous est parvenu grâce au récit où  Joseph accuse son frère Benjamin d’avoir volé une coupe en argent. Il s’agit sans doute d’un grand sac, comme un sac de voyage:
« Joseph donna cet ordre à l’intendant de sa maison: Remplis de vivres les sacs de ces hommes… Et ma coupe, la coupe d’argent, tu la mettras à l’entrée du sac du plus jeune… » (GenèseBereshit, 44, 1)
וַיְצַו אֶת-אֲשֶׁר עַל-בֵּיתוֹ, לֵאמֹר, מַלֵּא אֶת-אַמְתְּחֹת הָאֲנָשִׁים אֹכֶל…וְשִׂים כֶּסֶף-אִישׁ, בְּפִי אַמְתַּחְתּוֹ. ב וְאֶת-גְּבִיעִי גְּבִיעַ הַכֶּסֶף, תָּשִׂים בְּפִי אַמְתַּחַת הַקָּטֹן

Le second, ציקלון (tsiklon) se trouve dans le livre des Rois (2 Rois 24 42). Après que le prophète Elisha eut ramené à la vie le fils de la Sunamite, il est question d’un cadeau inattendu, du pain, alors que règne le famine:
Un homme, venant de Baal-Chalicha, apporta un jour à l’homme de Dieu, comme pain de prémices, vingt pains d’orge et du gruau dans sa panetière.
וְאִישׁ בָּא מִבַּעַל שָׁלִשָׁה, וַיָּבֵא לְאִישׁ הָאֱלֹהִים לֶחֶם בִּכּוּרִים עֶשְׂרִים-לֶחֶם שְׂעֹרִים, וְכַרְמֶל, בְּצִקְלֹנוֹ
Tsiklon est sans doute d’origine ugarit où le mot basaql veut dire culture ou gerbe.

De nos jours, à l’armée, les recrues ont toutes leur שק חפצים (sak ‘hafatsim) sac polochon.


On pourrait penser que le mot sac est un ajout récent à l’hébreu, et bien non. Lui aussi se trouve dans le Tanakh. Toujours dans la même histoire des retrouvailles entre Joseph et ses frères, il est écrit (Bereshit-Genèse 42,35):
« Or, comme ils vidaient leurs sacs, voici que chacun retrouva son argent serré dans son sac« 
וַיְהִי, הֵם מְרִיקִים שַׂקֵּיהֶם, וְהִנֵּה-אִישׁ צְרוֹר-כַּסְפּוֹ, בְּשַׂקּוֹ

Charger un sac sur son épaule pour partir est un des gestes plus plus anciens de l’humanité et en hébreu la racine sh-k-m a donné shekem, l’épaule, et  le verbe se lever tôt.
Gen 21 14: « Abraham se leva de bon matin, prit du pain et une outre pleine d’eau, les remit à Agar en les lui posant sur l’épaule
וַיַּשְׁכֵּם אַבְרָהָם בַּבֹּקֶר וַיִּקַּח-לֶחֶם וְחֵמַת מַיִם וַיִּתֵּן אֶל-הָגָר שָׂם עַל-שִׁכְמָהּ

A cette époque, on l’attachait en enroulant une corde en lin des épaules a la taille. C’était une expression courante pour dire qu’on se préparait à un voyage. C’est ainsi que Dieu dit au prophète Jérémie:
 »
Va, achète-toi une ceinture de lin et attache-la sur tes reins… »Prends la ceinture que tu as achetée, et qui couvre tes reins, mets-toi en route pour gagner l’Euphrate…
Ce geste de charger son sac sur une épaule se retrouve dans la racine כתפ (k.t.f) qui signifie charger et aussi épaule. Ainsi,  Mendele Mokher Sefarim* écrira:
ובדרך היה פונה כה וכה ומביט כגנב נזהר לנפשו, מכתף את תרמילו המלא, פעם על כתף זו ופעם על כתף זו » .
En chemin, il se tournait ça et là et regardait comme un voleur prudent, soucieux de sa sécurité, chargeant (mekatef) son sac plein d’une épaule (katef) à l’autre. (Le livre des gueux 1909)

Aujourd’hui, pour le cartable, on emploie aussi souvent le terme général de תיק (tik) d’origine greque (θηκη, theke) et même תיק גב (tik gav), puisqu’il s’agit d’un sac à dos.

Et le bâton מקך (makel)? Le voici, compagnon du sac תרמיל (tarmil).
Dans le livre de Chemot (l’Exode) il est écrit au moment du premier Pessa’h: « Et voici comme vous le mangerez: la ceinture aux reins, la chaussure aux pieds, le bâton à la main
וְכָכָה, תֹּאכְלוּ אֹתוֹ–מָתְנֵיכֶם חֲגֻרִים, נַעֲלֵיכֶם בְּרַגְלֵיכֶם וּמַקֶּלְכֶם בְּיֶדְכֶם

Le mot makel est à relier au verbe lehakel alléger, car le bâton aide à marcher et allège ainsi les difficultés du voyage.

Mais les mots sac et bâton ont parfois aussi une connotation négative. Ils sont aussi synonymes de saleté, voire de violence. C’est pourquoi il est écrit dans le Talmud qu’il était interdit pour un homme d’entrer dans le Temple avec son sac et son bâton, וּבַיַּלְקוּטו ובמקלו, et avec de la poussière sur ses pieds. On dirait aujourd’hui avec armes et bagages. Et l’expression populaire   בא אליו במקלו ובתרמילו (ba elav bemaklo uvetarmilo) veut dire:  il l’a attaqué violemment.

De nos jours le tarmil et le makel sont signes de randonnées et les randonneurs sont les תרמילאים (tarmilayim) qui prennent parfois des chemins périlleux:


(vers la grotte de Keshet en Galilée)

 

A bientôt,

* Targoum Yonatan ou Targoum Yerushalmi: traduction de la Thora en araméen attribuée à Yonatan ben Ouziel qui  s’éloigne parfois du texte pour y inclure des midrashim

* Le canulars du Palma’h sont un recueil d’histoire humoristiques, absurdes et souvent critiques que se racontaient les soldats pendant la guerre d’Indépendance.

* Medele Mokher Sefarim: Mendele le vendeur de livres, ou Shalom Yaakov Abramowicz (1836-1917), auteur yiddish et hébraïque, originaire d’Odessa.

* Le mot תיק (tik) et tik veut aussi dire sac à main et dossier. Ouvrir un tik contre quelqu’un c’est le mettre en examen.

Du lait, du miel et des abeilles

La fête de Shavouot est déjà loin derrière nous et ouf! Enfin plus d’émissions de cuisine sur les produits laitiers. Nous sommes sur une terre de lait et de… et tout le monde a oublié le miel!
Le miel דבש (dvash) fait pourtant partie du paysage. Dans le Tanakh, le mot דבש (dvash) apparaît 55 fois. Mais il fait presque toujours référence  au « miel » des fruits, en particulier à celui des dattes et des figues. Vous trouverez d’ailleurs du sirop de datte dans tous les supermarchés sous le nom de silan.
Pendant longtemps, les historiens furent persuadés que l’apiculture était inconnue dans la région puisque le Tanakh n’en parlait pas de miel d’abeille, sauf à deux reprises, où il est évident qu’il s’agit de miel sauvage:

– Dans le livre des Juges 14,8-9, on raconte que:
 « Quelque temps après, étant revenu… il (Shimshon) s’écarta afin de voir le cadavre du lion (qu’il avait tué, et il trouva dans le corps un essaim d’abeilles et du miel. »
וַיָּשָׁב מִיָּמִים,… וַיָּסַר לִרְאוֹת, אֵת מַפֶּלֶת הָאַרְיֵה; וְהִנֵּה עֲדַת דְּבוֹרִים בִּגְוִיַּת הָאַרְיֵה, וּדְבָשׁ

– Dans le livre du prophète Samuel ( 1 Samuel 14; 27), Jonathan, le fils du roi Shaoul  se trouve avec ses soldats dans une forêt יער (yaar) où il voit soudain un rayon de miel יערה (yaara)*. Il semblerait que cette forêt ait été colonisée par des abeilles: le miel est tellement abondant qu’il ruisselle sur le sol. Mais, il s’agit une fois encore d’une découverte fortuite dans un lieu non habité et donc du miel sauvage.
« Toute l’armée était arrivée à un bois, où la surface du sol était couverte de miel. En arrivant dans le bois, le peuple vit ce miel ruisselant… Jonathan…étendit la baguette qu’il tenait à la main, en trempa l’extrémité dans un rayon de miel, et, avec la main, le porta à sa bouche ».
וְכָל-הָאָרֶץ, בָּאוּ בַיָּעַר; וַיְהִי דְבַשׁ, עַל-פְּנֵי הַשָּׂדֶה. כו וַיָּבֹא הָעָם אֶל-הַיַּעַר, וְהִנֵּה הֵלֶךְ דְּבָשׁ… וַיִּשְׁלַח אֶת-קְצֵה הַמַּטֶּה אֲשֶׁר בְּיָדוֹ, וַיִּטְבֹּל אוֹתָהּ בְּיַעְרַת הַדְּבָשׁ; וַיָּשֶׁב יָדוֹ אֶל-פִּיו

De plus, quand le livre de Bereshit (Genèse  43 11) nous raconte que Yaakov-Israel envoie du miel à Joseph parmi d’autres cadeaux de prix, c’est certainement du miel d’abeilles sauvage, difficile à se procurer, car il est dit « un peu de miel« :
Israël, leur père, leur dit: « Puisqu’il en est ainsi, eh bien! Faites ceci: mettez dans vos bagages des meilleures productions du pays et apportez les en hommage à cet homme: un peu de baume, un peu de miel, des aromates et du lotus, des pistaches et des amandes
וַיֹּאמֶר אֲלֵהֶם יִשְׂרָאֵל אֲבִיהֶם, אִם-כֵּן אֵפוֹא זֹאת עֲשׂוּ–קְחוּ מִזִּמְרַת הָאָרֶץ בִּכְלֵיכֶם, וְהוֹרִידוּ לָאִישׁ מִנְחָה: מְעַט צֳרִי, וּמְעַט דְּבַשׁ, נְכֹאת וָלֹט, בָּטְנִים וּשְׁקֵדִים

Or en 2007, des ruches furent découvertes dans la ville antique de Tel Rehov, près de Beit Shean dans la vallée du Jourdain.

(Maariv)

(Musée Eretz Israel)

Ce sont les plus anciennes ruches jamais découvertes. Elles datent de l’époque du roi David, environ 1000 ans avant l’ère chrétienne: elles sont faites de paille et d’argile non cuite. Elles sont en forme de cylindres de 80 sur 40 cm. Un orifice permettait les allées et venues des abeilles et l’apiculteur utilisait le couvercle pour récolter le miel. Cet apiculteur biblique était à la tète d’une véritable entreprise  car une centaine de ruches on été dénombrées.

(site biblewalks)

Mais qu’en est-il des abeilles à l’heure actuelle?
Dans le monde entier on parle d’un syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles dont on ne connait pas vraiment la raison même si, sans doute, les insecticides y sont pour beaucoup. C’est une situation inquiétante quand on sait que non seulement elles nous procurent le miel mais aussi elles jouent un rôle primordial dans la pollinisation des végétaux.
Et pourtant, Israel fait figure d’exception. Les 500 apiculteurs suivent la situation de près mais pour le moment le nombre d’abeilles reste stable selon le Conseil Israélien du Miel*(je ne savais pas qu’il existait avant d’écrire cet article!).
Le Conseil israélien du Miel, donc, soutient la recherche sur ces syndromes d’effondrement. Il semble que l’effondrement spectaculaire des colonies se produise surtout dans des régions de mono-culture. Lorsque les abeilles butinent uniquement les mêmes plantes comme le soja ou le blé, elles sont moins résistantes. On peut améliorer leur système immunitaire par la plantation de plantes riches en nectar, et en variant les espèces. Elles ont besoin d’un régime alimentaire et certaines plantes, comme les eucalyptus,  leur sont plus bénéfiques que d’autres. De nombreux jeunes plants d’eucalyptus sont plantés chaque année, pour faire plaisir aux abeilles mais aussi pour assurer notre sécurité: le long des frontières avec la Syrie et Gaza, ces arbres permettent aussi de réduire le champ de visibilité de l’adversaire.

(photo KKL)

Enfin, les apiculteurs se battent contre l’ennemi traditionnel des abeilles: un acarien destructeur nommé Varroa.

Ici le problème de la survie des abeilles est pris très au sérieux: sur les 3000 tonnes de miel produites chaque année, 1600 sont dégustées lors des fêtes du Nouvel An!

(Une délégation du Conseil du miel est invitée par le Président de l’état d’Israel, Reuven Rivlin, à l’occasion de Rosh Hashana)

Depuis toujours, le miel est le symbole de l’abondance et de la douceur à tel point que pour dire que quelqu’un a eu une vie difficile, on dit qu’il n’a pas léché du miel: הוא לא ליקק דבש (hou lo likek dvash)
On dit que Naomi Shemer a composé sa chanson על כל אלה (al kol ele), « Tout cela »  lors de la mort de son beau frère et de l’évacuation de la ville de Yamit* dans le Sinaï. Entre sa tristesse personnelle et son inquiétude pour l’avenir, elle y demande que soit protégé ce qui fait notre vie,  le dard et le miel, l’amertume et la douceur,  על הדבש ועל העוקץ על ה מר והמתוק

A bientôt,

* Ce mot יערה (yaara), rayon de miel,  n’apparaît qu’une fois dans le Tanakh. Ce mot yaara signifie aussi chèvrefeuille.

* Le Conseil Israélien du Miel:
http://www.honey.org.il/about.php?id=64

*Varroa:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Varroa_destructor

* Le catalogue du KKL sur les plantes riches en nectar:
http://www.kkl.org.il/files/HEBREW_FILES/yeur-usviva/nectar-plants-catalogue-2016.pdf

* Yamit: une petite ville de 2 500 habitants du Nord Sinaï, fut évacuée et détruite lors du traité de paix entre l’Egypte et Israel

 

 

Jerusalem, au sommet de notre joie

Tout le monde connaît ירושלים של זהב(Yerushalayim Shel Zahav)*, écrit par Naomi Shemer dans cette période si angoissante du mois de mai 1967. Mais savez-vous quel fut le premier chant composé en l’honneur de Jerusalem enfin libérée?
L’histoire se passe en 1917 juste après l’arrivée des Anglais en Palestine. Les Juifs sont fébriles et heureux. Les troupes troupes britanniques sont entrées dans Jerusalem le premier jour de ‘Hannouka et ils y voient une promesse de גאולה (geoula=délivrance) même s’ils devront déchanter par la suite. Eliezer Ben Yehuda* demande au compositeur de l’époque, Avraham Zvi Idelson,  d’écrire un chant en l’honneur de la libération de la ville, une mélodie  et une simple phrase qui peuvent parler au cœur de tous les Juifs: ce sera ‘Hava Nagila sur une mélodie ‘hassidique:

« Venez vous réjouir et soyez heureux. Venez dans l’allégresse. Levez vous frères d’un cœur joyeux »
הבה נגילה, הבה נגילה
הבה נגילה ונשמחה.
הבה נרננה, הבה נרננה,
הבה, הבה נרננה.
עורו אחים בלב שמח


Cette semaine, nous avons fêté non seulement le יום ירושלים Yom Yerushalayim (jour de Jerusalem) mais aussi les 50 ans de la libération de la ville à la fin de la guerre des 6 jours. Les cérémonies et spectacles se sont succédés dans la ville et dans tout le pays. 
Voici trois vidéos prises au pied des murailles.
ירושלים של זהב Yerushalayim shel zahav:

la danse des drapeaux:

Enfin l’Hatikva reprise par les spectateurs:

Alors n’en déplaise à l’ONU, à l’UNESCO,  nous continuerons à vivre et à fêter Jerusalem, notre capitale depuis le roi David,
Nous fêtons sa libération depuis ce mois de juin 1967 ou nous avons tant tremblé et nous nous sommes tant réjouis et nous mettrons « Jerusalem au sommet de notre joie. »*

Pour ceux qui voudraient comprendre non seulement pourquoi nous sommes si attachés à Jerusalem mais aussi pourquoi le monde arabo-musulman use de son influence pour nous en expulser symboliquement en espérant y arriver réellement la prochaine fois, voici ce film de Pierre Rehov qui explique les choses très clairement:

 

Les amis d’Israel sont déjà convaincus mais se sentent impuissants.
Ceux qui nous haïssent ne le regarderont même pas, Ceux qui sont indifférents hausseront les épaules « encore ces histoires de Juifs! » sans réaliser qu’il ne s’agit pas seulement de nous mais d’eux, que c’est toute leur culture qu’on met à la poubelle. Bientôt, ils assisteront à des autodafés, liront des livres expurgés, accepteront une pseudo-histoire ou une pseudo-science. Ce n’est pas si loin. Vous vous souvenez des autodafé des nazis, vous vous souvenez des théories de Lyssenko*?

L’Europe ne nous pardonne pas d’avoir survécu et surtout d’avoir gardé notre âme. Si l’Occident  persiste dans sa torpeur égoïste et passive, il mourra.  Il devrait se souvenir qu’ « après le samedi vient le dimanche« 

A bientôt,

*Eliezer ben Yehuda:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/10/16/eliezer-ben-yehouda/

*Jerusalem,  au sommet de notre joie: psaume 137

*articles sur Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/07/jerusalem-dor/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/03/02/nous-les-yerushalmim/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/05/23/dans-tes-murs-dans-tes-portes-jerusalem/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/09/25/le-groupe-clandestin-des-souffleurs-de-shofar/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/10/17/nous-sommes-tous-concernes/

https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/06/06/notre-jerusalem/

*Lyssenko:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lyssenkisme

 

Le bon, la brute et le truand, Pourim 2017

L’histoire de Pourim, vous pensez tous que vous la connaissez?
Que nenni! En voici la version spaghetti:


« Tout a commencé par une grande fête organisée par A’hashverush.
Tout le monde était content jusqu’à ce que Vahti sa femme, lui fasse fadi’ha en refusant de faire son numéro de strip-tease.

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L’un des conseillers du roi proposa alors de l’assassiner et de trouver une nouvelle femme. A l’issue d’une longue compétition, on choisit enfin la remplaçante: Esther, qui décida de cacher qu’elle était juive (et hop! le Maguen David sous son pull).
Le conseiller Haman reçut alors les pleins pouvoirs et exigea que chacun lui lèche ses babouches.
Mordekhaï refusa sous le prétexte futile qu’il était Juif et qu’un Juif ne se prosternait pas. Haman n’apprécia pas, mais alors pas du tout!

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(Sur la photo, on voit combien il ressemble à son cousin, le célèbre vizir Iznogood)

Apres réflexion, il trouva une solution… finale à ce désagrément.
A’hashverush se laissa convaincre, grâce à… une boukhta d’argent pour sa tirelire et l’explication que ces « dossim »* détruisaient son royaume!

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Haman tira au sort la date de l’extermination des Juifs, la nota sur son agenda pour le 13 du mois de Adar (le lendemain de son rendez-vous chez le dentiste) et demanda à ses partisans de  s’organiser en vue d’un bon petit pogrom.

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Quant à Mordekhaï, il lui réserva un traitement spécial et personnalisé en lui préparant une potence de 50 ama*. Ce qui ne m’étonne pas du tout: l’histoire se passe en Perse et d’après ce que je sais, les potences y sont toujours d’actualité!

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Qu’est ce que ça pouvait bien faire à tous ces braves gens de savoir  qu’en réalité les Juifs étaient de bons citoyens et que Mordekhaï lui-même avait un jour sauvé le roi? Rien du tout. Depuis quand extermine-t-on les Juifs parce qu’ils se conduisent mal? On les tue parce qu’ils sont Juifs, c’est tout!

Or une nuit, après s’être empiffré une fois de plus, A’hashverush ne réussissait pas à s’endormir. Il se souvint soudain qu’il devait une faveur à Mordekhaï pour un service rendu, une broutille: Mordekhaï lui avait simplement sauvé la vie en déjouant un complot. Mais bon, A’hashverush était bien élevé. Il prit son téléphone, réveilla Haman en pleine nuit et lui demanda comment honorer son sauveur. La conversation n’a pas du être très claire, peut-être brouillée par les services tout à fait secrets…
En fin de compte, Haman  compris tout de travers et pensant qu’il s’agissait de lui, proposa pour lui, le nouveau chouchou du roi, non pas un tour de la ville sur un cheval, mais Le tour de la ville sur Le cheval du roi et bien sûr, avec tous les médias flashants et crépitants.
Or finalement,  qui fit le tour d’honneur sur le cheval du roi?
Regardez Mordekhaï caracoler sur la fresque de la synagogue de Dura Europos:

synagogue-doura-europos


Cependant, Esther avait compris  que la corde se resserrait un peu trop. Elle décida d’aller trouver le roi.

esther-de-vant-le-roi-manuscrit(Esther devant le roi, manuscrit hébraïque du nord de la France, 15 ème siècle)

Lors d’une fête cocktail privée, elle révéla à A’hashverush qu’ Haman voulait détruire son peuple à elle, la reine, et qu’il s’était même permis… des privautés envers elle.

jan-victors-le-banquet-desther(Le banquet d’Esther, Jan Victors)

Krak boum trakh!
A’hashverush décida de se « séparer » d’Haman et donc, de le pendre à cette même potence qu’Haman avait préparé pour Mordekhaï. 

Et ‘Haman fut pendu, lui et ses abominables rejetons, tous plus antisémites les uns que les autres!

megilat-esther-14eme-siecle(Meguila d’Esther du 14 ème siècle)

Mais ce n’était  que le début du happy end.
Mordekhaï reçut alors le job d’Haman, chouchou du roi, et le jour prévu pour l’extermination devint le jour de la délivrance.

Et apportez les plats du festin!

pourim-festin

Bon, j’ai résumé un peu vite, mais vous avez compris l’essentiel.

meguilat-esther-pourim-2
Et au cas ou*…

Mais comme le dit Noam Yaakobson*, qui nous raconte cette histoire dans la vidéo ci-dessus: C’est vrai, l’histoire d’Esther est un western intéressant. Mais comment est elle entrée dans le Tanakh? Dieu n’y est pas mentionné même pas une fois!

En vérité, bien que Dieu n’intervienne apparemment pas dans ce récit, selon les sources juives, il s’agit bien là des relations entre l’homme et Dieu.
Haman a une conception du monde qui met l’homme au centre de la création sans qu’il y ait de place pour Dieu. C’est celle que propose le serpent du gan Eden qui affirme à Adam et ‘Hava « Vous serez comme Dieu« . Ce qui peut être vu comme un humanisme, peut dévier vers la glorification du sur-homme et du culte de la personnalité. De ce fait, « l’humanisme » façon Haman (qui n’accepte que sa vérité) apparaît être un facteur anarchiste qui menace tout d’abord la stabilité du régime et se transforme brutalement et rapidement en dictature mégalomane
A l’inverse d’Haman, Mordekhaï est appelé « le Juif » dans le texte. Comme si on ne savait pas qu’il l’était! C’est pour insister sur sa conception juive du monde qui place certes l ‘homme au centre de la création mais en se rappelant qu’il y a un créateur. Pour Haman, il est impensable que cette conception du monde survive et il doit donc tuer Mordekhaï.
Mais en bon antisémite qui se respecte, il se souvient que si un Juif est coupable, alors tous les Juifs sont coupables et il en arrive à la solution finale.
Bref, – souvenez-vous, conclut Noam, ce que המגילה מגלה (hamégila mégala = la meguila révèle), c’est que même, lorsque le monde est obscur et que le nom de Dieu n’apparaît pas, il est pourtant là, en secret (en secret se dit en hébreu bé Esther בהסתר)…

פורים שמח

Pourim Samea‘h

A bientôt,

*une amah +50 cm, donc 50= 25 m. C’est dire comme Haman était en colère!!!

*Noam Yaakovson: un des anciens de Latma TV.
Il a dédié cette vidéo à Udi Vogel « mon ami, toujours optimiste, croyant toujours que le bien l’emporterait » et qui fut assassiné par des terroristes, chez lui à Itamar,  ainsi que sa femme Ruth et trois de ses enfants, Yoav, Elad et Hadas, le 11 mars 2011.

famille-vogel

*au cas où: articles sur Pourim:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/03/24/un-supplement-dame/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/03/05/au-bord-des-fleuves-de-babylonie/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/02/22/adloyada/

*dossim: prononciation yiddish de datiim (pratiquants), employée par dérision

 

Les 4 saisons

Les premières pluies sont enfin arrivées! Elle n’ont duré que deux jours mais ont fait du bien au pays, au Kinneret et à mes géraniums qui n’en pouvaient plus. Quelques centimètres de neige sont même tombés sur le ‘Hermon.
Les feuilles rougissent, les citrons sont déjà confits et je dois cueillir les 8 oranges de mon petit oranger.
Ce matin, ma fille a pris cette photo près de  l’Université:

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Si vous habitez en Europe ou en Amérique du Nord, ces arbres rouges vous sembleront bien peu nombreux mais pour nous qui connaissons surtout une flore méditerranéenne ou désertique, c’est une couleur d’automne rare qui nous réjouit.
Avons nous réellement 4 saisons? Officiellement oui, 4 saisons et 4 mots pour les désigner mais en fait, le printemps et l’automne sont bien plus courts qu’en Europe.

Traditionnellement, Sukkot et Pessa’h marquent les changements de saison.
Si à la fin de Sukkot, nous disons dans nos prières משיב הרוח ומוריד הגשם (mashiv harua’h umorid hageshem), fais venir le vent et tomber la pluie, c’est qu’à partir de ce moment là, les pluies sont nécessaires.

Le mot סתו (stav), automne n’apparaît qu’une fois dans le Tanakh, il signifie en fait saison des pluies. Dans Shir Hashirim (2, 11) il est écrit :
כִּי-הִנֵּה הַסְּתָו, עָבָר; הַגֶּשֶׁם, חָלַף הָלַךְ לוֹ
Car voilà l’hiver qui est passé, la saison des pluies est finie, elle a cédé la place…

Et tout le reste du texte est une ode au renouveau.

Pour les linguistes, le mot חורף (‘horef) signifie temps de la récolte (entre autre celle des olives) et pour Rashi c’est l’époque où sont semées les légumineuses qui arrivent rapidement à maturité.

timbre-hiver

Traditionnellement, l’indifférenciation entre l’hiver et l’automne se retrouve dans l’hébreu rabbinique. Dans sa traduction en araméen du verset ci dessous de Bereshit, Onkelos traduit חורף (‘horef) hiver par סתו (stav) automne ou saison des pluies:
עֹד, כָּל-יְמֵי הָאָרֶץ: זֶרַע וְקָצִיר וְקֹר וָחֹם וְקַיִץ וָחֹרֶף, וְיוֹם וָלַיְלָה–לֹא יִשְׁבֹּתוּ.
Tandis que la traduction du rabbinat préfère le mot hiver:
Plus jamais, tant que durera la terre, semailles et récolte, froidure et chaleur, été et hiver, jour et nuit, ne seront interrompus.

timbre-automne

Il en est de même pour le printemps et l’été:
Le mois de Nissan pendant lequel nous fêtons Pessah, est aussi appelé Aviv, printemps ou germination. Il est écrit dans le livre de Shemot (l’Exode 9,31):
הַיּוֹם, אַתֶּם יֹצְאִים, בְּחֹדֶשׁ, הָאָבִיב.
C’est aujourd’hui que vous partez, dans le mois de la germination.

Germination? Mais aussi parfois maturité: ici aviv signifie épi:
Or, le lin et l’orge avaient été abattus, parce que l’orge était en épi et le lin en fleur.
וְהַפִּשְׁתָּה וְהַשְּׂעֹרָה, נֻכָּתָה: כִּי הַשְּׂעֹרָה אָבִיב, וְהַפִּשְׁתָּה גִּבְעֹל. Shemot (Exode: 9, 31)

Le mot aviv vient de la racine A.B.B (ou A.V.V) qui signifie faire pousser des plantes, ou monter en tige, en d’autres termes renaître.
Vous le savez déjà: Tel Aviv n’est pas la colline du printemps mais celle qui vient d’un passé lointain et toujours se revivifie comme le printemps*.

Mais savez-vous que le nom d’une autre ville dans le monde a la même signification?
Addis Abeba!
L’éthiopien fait partie des langues sémitiques. Addis a comme racine les consonnes H D SH (semblables au mot hébreu hadash=nouveau) et Abeba, ça ne vous rappelle pas Aviv?

timbre-printemps

Une fois le renouveau terminé, on arrive en קיץ (kayitz), en été. Ce mot est un dérivé de l’araméen Kayit (d’ou les kaytanot* de vos enfants). Ce mot est relié à קוץ (kotz) l’épine, eh oui, en été tout est sec! Et au mot קץ (ketz,) l’extrémité, car l’été se termine avec Rosh Hashana, mais aussi le verbe cueillir, קצצ,  selon le verset du prophète Mikha 7, 1:
אַלְלַי לִי, כִּי הָיִיתִי כְּאָסְפֵּי-קַיִץ
Je suis là comme après la récolte des fruits (d’été= les figues).

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En attendant il neige sur le ‘Hermon, les nuages s’accumulent au-dessus de nous et on veut croire à des pluies abondantes.

A bientôt

*Signification du mot Tel Aviv:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/06/05/lancienne-gare-de-jerusalem/

*Les kayanot: Centres aérés. Le mot est juste pour ceux qui ont lieu en été mais que dire de l’emploi kaytanot pour les vacances de ‘Hanukka? Bon, je chipote!

 

 

 

 

 

Bonnes et mauvaises nouvelles

 

Il y a quelques jours, j’ai reçu un mail me demandant pourquoi le rythme de mes articles n’était pas aussi soutenu qu’auparavant!
Comme mon correspondant me demandait aussi pourquoi je ne prenais pas position sur des sujets brûlants et politiques, je répondrais tout d’abord que ce n’est pas le propos de mon blog.
J’ai commencé Boker Tov Yerushalayim , il y a un peu plus de 4 ans, pour rester en contact avec mes amis restés en France, leur donner des nouvelles et pour leur faire découvrir et aimer ce petit pays qui est le mien. Alors balades, histoire, vie quotidienne oui, quelque fois coups de gueule mais rarement, car je ne veux pas m’engluer dans ce que mes amies nomment les énergies négatives.
Et là, je l’avoue, je ne vous oublie pas chers amis, mais c’est vrai: j’écris moins car je peins à tour de bras si je puis m’exprimer ainsi.

Ceci dit, une petite pose est toujours la bienvenue surtout que ces dernières semaines, les archéologues nous ont gâtés.
Tout d’abord, ils ont réussi à collecter suffisamment de fragments de mosaïque, de ceux qui composaient le pavage du Temple à l’époque d’Hérode.
Les 600 fragments sauvés des destruction du Waqf*, qui ont permis de reconstituer des dessins géométriques parfois complexes, correspondent à la norme romaine des pavements (un pied=29,6 cm de long) trouvés dans les autres palais d’Hérode à Masada, Hérodion, Jéricho pour la région mais aussi au sol des villas et palais construits en Italie à la même époque.

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La restauration de ces carreaux de marbres ou d’autres pierres colorées a été conduite par le professeur Schneider qui a utilisé des outils mathématiques pour reconstituer le système « opus sectile« , ou marqueterie de marbre, en usage dans l’empire romain et jusqu’au Moyen Age*.

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(photos Tsahi Dvira)

Après 9 ans de travail basé sur les textes de Flavius Joseph*: «  La cour était recouverte entièrement de toutes sortes de pierres colorées » (La Guerre des Juifs, 5,2) et aussi sur des textes du Talmud où on parle du magnifique pavage du Temple et de la splendeur du bâtiment…
Je vous présente ici trois modèles de marqueterie de marbre mais les archéologues ont pu en reconstituer 7.
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Les bonnes nouvelles se succédant, dans une grotte du désert de Juda, on a trouvé un papyrus datant du Premier Temple.

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(photo Guy Fitoussi, Israel, archeological Authority)

Il porte l’inscription ירושלים (Yerushalyaim) et ceci le jour où l’UNESCO décidait que les Juifs n’avaient aucun lien historique avec Jérusalem.

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(photo Shay Halevy, Israel Archeological Authority)

Il s’agit de la plus ancienne mention de Jerusalem! Deux lignes écrites sur un papyrus au 7 ème siècle avant l’ère chrétienne, deux lignes des plus prosaïques puisqu’il s’agit d’un bon d’expédition de vin à Jerusalem, attestant le payement des taxes et indiquant le nombre de jarres ainsi que la quantité de vin en provenance de Naarta, à la frontière d’Ephraim et de Binyamin*. Il s’agit de cette même Naarta mentionnée dans le livre de Yehoshua (Josue 16,7): « La frontière des enfants d’Ephraim...descendait de Yanoha vers Atarot et Naarta, atteignait Jéricho et aboutissait au Jourdain« .

Pour le professeur Akhituv, lauréat du prix d’Israel pour la recherche biblique, ce bon d’expédition représente une preuve  de l’existence d’une gestion organisée au royaume de Juda et souligne la centralité de Jérusalem comme capitale économique dans la seconde moitié du 7ème siècle avant l’ère chrétienne. De plus, on n’avait trouvé jusqu’à présent qu’un seul autre papyrus avec un contenu non biblique*.

Et enfin, ces jours-ci, une autre équipe a mis au jour une petite statue d’argile dans la région de Yehud.  Elle date d’environ 3800 ans. Elle ornait une cruche dont le goulot portait la partie supérieure de la statuette alors que les bras et les jambes ont été rajoutés après. Le petit personnage a l’air de réfléchir:
statue-yehud-3                                                                                      (photo Eyecon Israel archeological Authority)

Il semble presque inquiet:
statue-yehud-2                                                                                     (photo Eyecon Israel Archeological Autority)

Il doit se demander où il est:
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(photo Carla Amit. Israel Archeological Authority)

J’aime vous faire part de bonnes nouvelles même si depuis trois jours, nous vivons des moments difficiles: des incendies volontaires, actes de terreur, se succèdent dans tout le pays. Les journaux parlent maintenant d’intifada des incendies.
Depuis trois jours, alors que soufflent des vents violents, des dizaines de gros  incendies ont éclatés dans une bonne partie du pays et le chef des pompiers de la région nord parle de près de 1000 départs de feu:

incendies

Pendant que j’écris ces lignes, la situation a empiré. Cette fois, il s’agit de ‘Haifa:

incendies-yediotVoici la couverture du Yediot A’haronot: depuis midi 11 quartiers de ‘Haifa ont été évacués. Les réservistes de la sécurité intérieure viennent d’être mobilisés.
Et les réseaux sociaux arabes jubilent comme de bien entendu!
incendies-reseaux-sociaux-arabes

Après les bombes dans les autobus et les cafés, les voitures béliers, les attaques au couteau, les jets de cocktails molotov, nous avons droit maintenant aux incendies.  Aucun des ces actes terroristes n’ayant réussi à décourager les Israéliens, les Arabes essayent de détruire par le feu le pays qu’il revendiquent comme étant le leur. Ils veulent mettre en péril plus de 60 années d’efforts gigantesques de reboisement dans cette région gagnée par le désert.
Non seulement le respect de la vie humaine n’est pas une valeur essentielle pour eux mais également celui de la terre sur laquelle ils aspirent à vivre. Décidément je suis de plus en plus pessimiste. La paix ne peut être possible entre nos deux cultures si différentes.

Ceci dit, don’t be worry, nous passerons cette épreuve aussi avec succès.

A bientôt,

PS: Les forêts brûlent aussi autour de Jerusalem. les habitants de Har Adar, et de Beit Meir ont été évacués. Hier soir en revenant de l’aéroport où j’étais allée chercher des amis, nous roulions dans une sorte de brouillard, Shaar Hagai était en flammes.
La presse européenne parle de feux de broussailles dus à la sécheresse. Il est vrai que les pluies d’hiver ne sont pas encore tombées et les vents sont violents mais voici ce qui provoque les incendies:

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Un systéme de mise à feu simple mais efficace attaché à un arbre

*Waqf:

https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/10/22/le-mufti/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/06/06/notre-jerusalem/

*Opus sectile:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Opus_sectile

*Il s’agit d’un papyrus, trouve dans le Wadi Maabarat, qui certifie qu’une femme gérait administrativement le royaume de Juda à la même époque

Nous sommes tous concernés!

L’UNESCO a encore frappé et a voté une 2 ème résolution niant tout lien entre le peuple juif, le Mont du Temple et même le Kotel (mur des lamentations) et ceci, après celle du 15 avril, rédigées toutes les deux par les experts de l’Autorité Palestinienne et  parrainée par le Liban,  l’Algérie,  l’Égypte, le sultanat d’Oman, le Soudan et le Qatar…
Une journaliste de la Metula News Agency vous l’explique très clairement:


Dans la résolution de L’UNESCO, il est dit que Jerusalem est sainte pour les 3 religions monothéistes mais ajoute ensuite que le Mont du Temple est déclaré sacré uniquement pour les musulmans, et mentionné seulement sous le nom d’esplanade des mosquées. Le Kotel est lui aussi déclaré « Judenrein » et appelé place Al Burak, du nom du cheval de Mahomet.
Mais vous parler politique encore une fois et vous dire à quel point je suis écœurée? Non, j’en ai fini avec tout cela. Pour une fois je ne vais pas prêcher pour ma paroisse, si vous me permettez cette expression, je vais m’adresser à vous, mes lecteurs chrétiens et prêcher pour la votre.
Cette résolution n’a bien sûr pas fait la une des journaux mais bien plus grave pour vous, elle n’a donné lieu à aucun commentaire officiel de la part des dignitaires religieux, théologiens et journalistes* chrétiens.
Et pourtant, si nous les Juifs nous n’avons pas de liens avec ce pays, Israel, avec notre capitale, Jerusalem, avec le Kotel et le Mont du Temple sans oublier les vestiges de ce dernier* et bien… ce que vous croyez, ce qui fait le fondement de votre foi n’est que faribole et billevesée.
Aussi, j’ai décidé de vous écrire, à vous qui vivez encore dans des démocraties où vous pouvez vous exprimer sans risquer votre vie, ce qui n’est pas le cas de la majorité des chrétiens vivant en terre d’Islam.

Je ne vais pas vous parler de Thora ou d’Ancien Testament, ou de judaïsme mais de vos sources qui sont celles du Nouveau Testament. Selon le Nouveau Testament, Jésus était juif, et il allait prier au Temple. Les évangiles décrivent des scènes se passant à Bethlehem en Judée, et bien sûr à Jerusalem. A Jerusalem ont lieu plusieurs épisodes comme:
– La vision de Zacharie dans le Temple (Luc 1,5-23),
– La venue des Mages auprès d’Hérode (Matthieu 2,1-12)
– La présentation de Jésus au Temple à 40 jours (Luc 2,22-38).
– Douze ans plus tard, c’est la rencontre de Jésus avec les docteurs de la Loi (Luc 2,41-52).

A mon grand regret, je suis donc obligée de vous annoncer que les évangiles seront réécrits comme ceci, une fois que la censure des béni-oui-oui de l’islam et des majorités automatiques à l’ONU et à l’UNESCO sera passée par là.
Quelques exemples dans l’évangile de Matthieu, chap 2, 1..5,6…20…
« Jésus Issa (devenu un prophète musulman mineur bien qu’antérieur à Mahomet, mais pourquoi ne pas se permettre un léger anachronisme?) étant né à Bethléhem en Judée  Cisjordanie, Palestine occupée par les Romains, au temps du roi sultan Hérode, voici des mages d’Orient arrivèrent à Jérusalem Al Qouds,
Ils lui dirent: A Bethléhem en Judée Cisjordanie, Palestine (toujours occupée et ceci pendant tout le récit)
Et toi, Bethléhem, terre de Juda Cisjordanie, Palestine, Tu n’es certes pas la moindre entre les principales villes de Juda, Cisjordanie, Palestine, Car de toi sortira un chef qui paîtra Israël , mon peuple (là se pose un problème, on ne peut pas remplacer Israel par entité sioniste, car cela indiquerait encore que Jésus fait partie du complot sioniste)
2,20: Il dit: Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, et va dans le pays d’Israël (?), car ceux qui en voulaient à la vie du petit enfant sont morts.
12,1-4: Les pharisiens  (Les pharisiens ont mauvaise presse dans le christianisme mais que faire? Ce nom indique qu’ils sont Juifs,  Comment donc nommer les méchants?), voyant cela, lui dirent: Voici, tes disciples font ce qu’il n’est pas permis de faire pendant le sabbat (comment remplacer le mot sabbat?)… Mais Jésus Issa leur répondit: N’avez-vous pas lu ce que fit David Daoud, lorsqu’il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui, comment il entra dans la maison de Dieu mosquee d’El Aqsa*, et mangea les pains de proposition (encore un problème insoluble s’il n’y a pas eu de Temple)…
12,5: Ou, n’avez-vous pas lu dans la loi que, les jours de sabbat (?), les sacrificateurs violent le sabbat (?)  dans le Temple  la mosquee d’El Aqsa…
12,9: Étant parti de là, Jésus Issa entra dans la synagogue  mosquée (pas de synagogue à Al Qouds puisqu’il n’y a jamais eu de Juifs)
26,2: Vous savez que la Pâque (le Ramadan?) a lieu dans deux jours,
27,11: Jesus Issa comparut devant le gouverneur. Le gouverneur l’interrogea, en ces termes: Es-tu le roi des Juifs  (Oy Ve! Trouvez autre chose)?
27,51: Et voici, le voile du Temple de la mosquee d’El Aqsa se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas… »

Je ne vais pas vous en donnez plus. Si vous lisez le Nouveau Testament, vous pouvez continuer vous-mêmes.
Comme l’a dit notre Premier Ministre: »
Même si les membres de l’UNESCO ne lisent pas la Bible, je leur suggère d’aller voir l’Arc de Titus, à Rome. Sur celui-ci, on découvre ce que les Romains ont rapporté à Rome après avoir détruit et pillé le second Temple sur le Mont du Temple il y a 2 000 ans.
Là, gravé sur l’Arc de Titus, se trouve le chandelier à sept branches, qui est le symbole du peuple juif, et qui, au passage, est également le symbole de l’État juif d’aujourd’hui.
Mais bientôt, l’UNESCO dira que l’empereur Titus s’était embarqué dans la propagande sioniste. »*

 

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(Dreuz)

Cette photo trouvée sur la page facebook de Kravi est pour moi la réponse juive à l’UNESCO:

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Que les hommes politiques occidentaux se conduisent aussi servilement, cela ne m’étonne pas mais que pas un responsable, théologien, journaliste chrétien n’ait eu une réaction d’indignation me laisse pantoise.

Car en fait, je le répète: cette déclaration de l’UNESCO nie les fondements théologiques du christianisme! Et personne n’a réagit?

Ma grand-mère disait parfois: « Quand on te crache dessus, ne pense pas qu’il pleut« .
Ne sortez pas vos parapluies, ce n’est pas une bourrasque. Bien pire qu’un pogrom, c’est la négation de ce en quoi vous croyez, de ce qui fait votre foi, de ce que vous êtes. C’est l’hiver islamique qui s’installe, à vous de voir pour combien de temps!

Lors de la fête de Soukot, les Juifs offraient en sacrifice 70 taureaux pour la prospérité des 70 nations. Ils faisaient ces sacrifices dans le Temple qui n’a jamais existé… Je vous souhaite une bonne fête de Soukot.

A bientôt, 

PS:  En Israel, le père Gabriel Nadaf a réagi fortement. Voici ce qu’il a écrit sur sa page facebook:
« À la lumière de la fâcheuse décision politique de l’UNESCO, en ce dimanche je vais prier pour Jérusalem. Aussi, j’invite toutes les églises, tous les pasteurs et tous les prêtres à prier pour Jerusalem. Couper le lien entre le Mont du Temple, le Mur Occidental et le peuple juif constitue une violation des racines du christianisme et est en contradiction avec les deux religions. Chaque chrétien qui croit vraiment en la Bible ne peut pas rester silencieux. En ce dimanche, joignez-vous à moi dans la prière pour Jérusalem. »
pere-gabriel-nadaf

*Sur la première résolution de l’UNESCO, j’ai trouvé ce commentaire de Gérard Prasquier (Président d’honneur du CRIF)dans le journal La Croix:
http://www.la-croix.com/Debats/Courrier/Decision-de-l-Unesco-2016-05-25-1200762703

*Ce qui n’est pas le cas de ceux qui vivent au Moyen-Orient, à Gaza, à Bethlehem ou Ramallah ou dans certains pays d’Afrique.

*Lors de notre mariage, comme la tradition le veut, mon mari a cassé un verre en souvenir de la destruction du Temple de Jerusalem et non pas de la mosquée d’El Aqsa!

*http://www.dreuz.info/2016/10/14/le-moment-dhumour-de-netanyahu-apres-que-lunesco-ait-declare-que-le-peuple-juif-na-aucun-lien-avec-le-mont-du-temple/

*Des vestiges du Temple sont régulièrement découverts par les archéologues israéliens malgré les tentatives du Waqf jordanien de détruire toute trace juive.

*Israel a retiré sa participation à l’UNESCO.