Jerusalem, au sommet de notre joie

Tout le monde connaît ירושלים של זהב(Yerushalayim Shel Zahav)*, écrit par Naomi Shemer dans cette période si angoissante du mois de mai 1967. Mais savez-vous quel fut le premier chant composé en l’honneur de Jerusalem enfin libérée?
L’histoire se passe en 1917 juste après l’arrivée des Anglais en Palestine. Les Juifs sont fébriles et heureux. Les troupes troupes britanniques sont entrées dans Jerusalem le premier jour de ‘Hannouka et ils y voient une promesse de גאולה (geoula=délivrance) même s’ils devront déchanter par la suite. Eliezer Ben Yehuda* demande au compositeur de l’époque, Avraham Zvi Idelson,  d’écrire un chant en l’honneur de la libération de la ville, une mélodie  et une simple phrase qui peuvent parler au cœur de tous les Juifs: ce sera ‘Hava Nagila sur une mélodie ‘hassidique:

« Venez vous réjouir et soyez heureux. Venez dans l’allégresse. Levez vous frères d’un cœur joyeux »
הבה נגילה, הבה נגילה
הבה נגילה ונשמחה.
הבה נרננה, הבה נרננה,
הבה, הבה נרננה.
עורו אחים בלב שמח


Cette semaine, nous avons fêté non seulement le יום ירושלים Yom Yerushalayim (jour de Jerusalem) mais aussi les 50 ans de la libération de la ville à la fin de la guerre des 6 jours. Les cérémonies et spectacles se sont succédés dans la ville et dans tout le pays. 
Voici trois vidéos prises au pied des murailles.
ירושלים של זהב Yerushalayim shel zahav:

la danse des drapeaux:

Enfin l’Hatikva reprise par les spectateurs:

Alors n’en déplaise à l’ONU, à l’UNESCO,  nous continuerons à vivre et à fêter Jerusalem, notre capitale depuis le roi David,
Nous fêtons sa libération depuis ce mois de juin 1967 ou nous avons tant tremblé et nous nous sommes tant réjouis et nous mettrons « Jerusalem au sommet de notre joie. »*

Pour ceux qui voudraient comprendre non seulement pourquoi nous sommes si attachés à Jerusalem mais aussi pourquoi le monde arabo-musulman use de son influence pour nous en expulser symboliquement en espérant y arriver réellement la prochaine fois, voici ce film de Pierre Rehov qui explique les choses très clairement:

 

Les amis d’Israel sont déjà convaincus mais se sentent impuissants.
Ceux qui nous haïssent ne le regarderont même pas, Ceux qui sont indifférents hausseront les épaules « encore ces histoires de Juifs! » sans réaliser qu’il ne s’agit pas seulement de nous mais d’eux, que c’est toute leur culture qu’on met à la poubelle. Bientôt, ils assisteront à des autodafés, liront des livres expurgés, accepteront une pseudo-histoire ou une pseudo-science. Ce n’est pas si loin. Vous vous souvenez des autodafé des nazis, vous vous souvenez des théories de Lyssenko*?

L’Europe ne nous pardonne pas d’avoir survécu et surtout d’avoir gardé notre âme. Si l’Occident  persiste dans sa torpeur égoïste et passive, il mourra.  Il devrait se souvenir qu’ « après le samedi vient le dimanche« 

A bientôt,

*Eliezer ben Yehuda:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/10/16/eliezer-ben-yehouda/

*Jerusalem,  au sommet de notre joie: psaume 137

*articles sur Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/05/07/jerusalem-dor/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/03/02/nous-les-yerushalmim/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/05/23/dans-tes-murs-dans-tes-portes-jerusalem/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/09/25/le-groupe-clandestin-des-souffleurs-de-shofar/
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/10/17/nous-sommes-tous-concernes/

https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2016/06/06/notre-jerusalem/

*Lyssenko:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lyssenkisme

 

La Cour Suprême d’Israel

Il y a bien longtemps,
 » …Dvora, la prophétesse, femme de Lappidoth, gouvernait Israël à cette époque.  Elle siégeait au pied du « Palmier de Dvora », entre Rama et Béthel, dans la montagne d’Ephraïm; et c’est à elle que les Juifs s’adressaient pour obtenir justice:
וּדְבוֹרָה אִשָּׁה נְבִיאָה, אֵשֶׁת לַפִּידוֹת–הִיא שֹׁפְטָה אֶת-יִשְׂרָאֵל, בָּעֵת הַהִיא. ה וְהִיא יוֹשֶׁבֶת תַּחַת-תֹּמֶר דְּבוֹרָה, בֵּין הָרָמָה וּבֵין בֵּית-אֵל–בְּהַר אֶפְרָיִם; וַיַּעֲלוּ אֵלֶיהָ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, לַמִּשְׁפָּט

De nos jours, les juges ne siègent plus sous un palmier ou aux portes de la ville comme a l’époque du Tanakh mais dans les tribunaux ou dans des cours de justice*. La Cour Suprême en est la plus haute instance.
La Cour suprême siège à Jérusalem. Elle est compétente pour juger des appels contre les jugements des tribunaux de districts dans toutes les procédures . Elle aussi une compétence particulière en tant que Haute Cour de Justice et surveille ainsi la légalité des actions des tribunaux et la légalité des actions et décisions des autorités de l’Etat, des autorités locales, d’organismes et de personnes remplissant des fonctions publiques en vertu de la loi.

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Jusqu’en 1992, elle se trouvait sur l' »Esplanade Russe »*. La veuve de James de Rothschild proposa alors de l’installer dans le quartier administratif.  Les architectes Ram Karmi et Ada Karmi Melamed furent choisis pour ce projet.
Pour loger une institution au pouvoir si important, les architectes ont pensé le bâtiment de telle manière qu’il reflète les exigences de justice telles qu’elles sont données dans la Thora:
Les façades extérieures  du bâtiment sont recouvertes des pierres de Jerusalem et décorées de hautes et étroites fenêtres. Elles rappellent ainsi les murailles de la ville et leurs archières en souvenir des juges qui siégeaient aux portes des villes:
« Tu institueras des juges et des magistrats dans toutes les villes que l’Éternel, ton Dieu, te donnera, dans chacune de tes tribus; et ils devront juger le peuple selon la justice » (Deut 16, 18-19)
שֹׁפְטִים וְשֹׁטְרִים, תִּתֶּן-לְךָ בְּכָל-שְׁעָרֶיךָ, אֲשֶׁר יְהוָה אֱלֹהֶיךָ נֹתֵן לְךָ, לִשְׁבָטֶיךָ; וְשָׁפְטוּ אֶת-הָעָם, מִשְׁפַּט-צֶדֶק.

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Entrer dans le bâtiment, c’est commencer un voyage initiatique ou se mêlent références bibliques et tradition juive.
L’entrée est assez sombre. Elle est décorée d’un tableau sur lequel on voit les membres de la famille Rothschild, les architectes, Yitshak Rabin et Shimon Peres discutant du projet:
cour-supreme-tableauet aussi d’une magnifique mosaique retrouvee dans les ruines s’une synagogue à ‘Hamat Gader

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Mais là, commence une montée vers la lumière.

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Par un escalier bordé par un mur en pierre de Jerusalem, le visiteur arrive face à une grande baie vitrée panoramique de laquelle on a une belle perspective de la ville.

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Cette montée vers le savoir et la clarté est symbolisée par la pyramide qui domine le toit du bâtiment. 

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Elle a été inspirée par les tombes d’Avshalom et du prophète Zacharie au pied du Mont des Oliviers:

tombeau-de-zacharie

L’architecture intérieure du bâtiment est très particulière. Non seulement la lumière naturelle est utilisée dans tous les passages et salles d’audience mais tout l’espace est dessiné selon un mélange de ligne droites et courbes, illustrant le principe biblique qui veut que la recherche de la vérité et de justice se fasse tout en préservant la bonté et la miséricorde.
La ligne droite est l’expression visuelle des concepts de loi, droiture et droit chemin comme il est écrit (Psaume 119, 137):

« Tu es droit Seigneur et tes jugements sont droits
צַדִּיק אַתָּה יְהוָה; וְיָשָׁר, מִשְׁפָּטֶיךָ

 

cour-supreme-cour-interieure(cour intérieure, photo i-stock)

Le cercle exprime par sa forme arrondie la miséricorde qui doit régner dans l’application de la loi comme il est écrit:

« Il restaure mon âme, il me guidera dans les cercles de justice (Psaume 23 3)
נַפְשִׁי יְשׁוֹבֵב; יַנְחֵנִי בְמַעְגְּלֵי-צֶדֶק, לְמַעַן שְׁמוֹ

Dans la salle des pas perdus, les sièges des visiteurs se trouvent dans des alcôves arrondies:

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Située dans la pyramide, la bibliothèque de jurisprudence  est elle-même de forme arrondie:

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Les salles d’audience ont la même structure architecturale. Là encore, la lumière naturelle les éclaire à travers des lucarnes construites entre les murs intérieurs et les colonnes, elles-mêmes symboles d’une séparation entre l’extérieur et l’intérieur.

cour-supreme-salle-daudience

 

Si la Cour suprême d’Israël siège normalement en formation de trois juges, elle est composée de 14 membres* (12 permanents et 2 temporaires). La nomination de ses membres s’effectue par un comité de juges, établi par une loi fondamentale: celle de la magistrature.
Avec les années, la Cour Suprême est devenue l’un des sujets les plus épineux dans l’affrontement entre la gauche et la droite en Israël. Il faut dire que les juges appartenaient majoritairement aux partis de gauche et que la cooptation pour la nomination de nouveaux juges était forcément politiquement très orientée. Les critiques à l’encontre de leurs décisions devenaient de plus en plus nombreuses surtout lorsqu’elles empiétaient sur les décisions de la Knesset et celles du gouvernement, démocratiquement élus.  En fait depuis les années, la Cour Suprême avait tendance à se substituer parfois au gouvernement et à la Knesset!
Il fallait donc reformer le processus de nomination des Juges pour que la Cour Suprême soit enfin représentative de la population du pays.
Cette reforme a été initiée par la Ministre de la Justice, Ayelet Shaked et a permis d’équilibrer politiquement cette assemblée. Ont été nommés 4 nouveaux juges (en remplacement de 4 départs à la retraite prévisibles) qui seront opérationnels en fin d’année.

ayelet-shaked(Ayelet Shaked)

Les quatre nouveaux juges sont: le Dr. David Mintz, Yaël Vilner, Yossef Elron et George Kara*: Trois d’entre eux sont Juifs et le quatrième et un Arabe chrétien. Aucun ne milite à gauche.

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(Journal Haaretz, photo Tomer Appelbaum)

Pour en revenir à Deborah, voici le chant: »עורי עורי דבורה דברי שיר (Uri uri Dvora, dabri shir), Lève toi Deborah, et chante! (livre des Juges, 5,3) composé spécialement pour Yom Haatsmaout par Nurit Hirsch et interprété par Esther Rada:

 

Ecoutez, rois; princes, prêtez l’oreille: je veux, je veux chanter le Seigneur, célébrer l’Eternel, Dieu d’Israël.

שִׁמְעוּ מְלָכִים, הַאֲזִינוּ  רֹזְנִים:  אָנֹכִי
, לַיהוָה אָנֹכִי אָשִׁירָה,  אֲזַמֵּר,  לַיהוָה אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל

A bientôt,

*Le juge Georges Kara s’est rendu célèbre pour avoir envoyé l’ancien président Moshe Katsav en prison.

Pour ceux que le droit israélien intéresse:
Le droit israélien est issus de 4 sources:
– Le droit ottoman qui n’est plus cité que pour mémoire car il ne survit que dans un ou deux textes.
– La Common Law britannique introduite à l’epoque du Mandant britannique, en constant recul mais qui exerce cependant encore une réelle influence.
– Le droit juif traditionnel, la Halakha qui traite des questions de droit personnel en ce qui concerne les Juifs mais aussi qui est source d’inspiration pour résoudre des questions actuelles comme celles régissant l’urbanisme ou la défense de l’environnement. De plus, les principes de la Halakha sont aussi évoqués lorsqu’un cas se trouve confronté à un vide juridique.
– La législation adoptée par la Knesset qui constitue le véritable corpus du droit positif et s’est inspirée du droit de plusieurs pays européens.
La Knesset a été chargée de promulguer un certain nombre de Lois Fondamentales qui sont en fait une ébauche de constitution et en 1995, la Cour suprême s’est dotée du pouvoir d’examiner la conformité de la législation de la Knesset avec les Lois fondamentales:
http://www.akadem.org/medias/documents/Lois-fondamentales-1992.pdf

Jerusalem: De la musique avant toute chose!

Si vous passez par Jerusalem, vous flânerez certainement dans le quartier de Na’halat Shiva*. Entrez sous le poche du musée de la musique et découvrez la Place de la Musique.
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Une place piétonne, entourée de bâtiments restaurés, tous dédiés à la musique: musée, école de musique, de chant, de danse, studio d’enregistrement, salles de concert*… mais aussi restaurants et hôtel.

Commencez par écouter un concert*
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Et ensuite, entrez au musée de la musique juive et découvrez une collection incroyable d’instruments de musique venant de tous les coins du monde où se trouvèrent des communautés juives, Europe de l’est, Balkans, Caucase, Afghanistan, Perse, Moyen- Orient, Afrique du Nord, Yemen, Afrique Noire…
Vous les admirerez, vous entendrez leur histoire et vous les écouterez grâce à une tablette qui vous accompagnera pendant toute votre visite.

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Sur la tablette, un petit personnage animé, saba Levy, vous donnera toutes les explications (y compris en français) et vous fera découvrir des mondes musicaux souvent disparus.

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Les instruments sont repartis dans plusieurs salles, chacune décorée entièrement selon la tradition artistique particulière à leur monde d’origine. Il a fallu 4 ans de recherches et de restauration pour rassembler les dizaines d’instruments présentés.

Ici l’Europe,

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Ci-dessous, une pièce dédiée à la musique marocaine, andalouse et berbère:

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Une autres à la musique balkanique:

A la musique perse:

Aux traditions du Caucase  et de l’Afghanistan:

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Une pièce est réservée au Juifs du Yemen et d’Afrique:

musee-de-la-musique-decoration-porteDont voici certains paytanim:

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La dernière salle est réservée au בית המקדש (Beit Hamikdash) c’est à dire au Temple de Jerusalem. Les prières dans le Temple étaient chantées par des chœurs accompagnés par toute une orchestration. C’est la tribu de לוי (Levi)* qui était traditionnellement chargée de toute la partie musicale de la prière du Temple. 
Le directeur du projet, Eldad Levi et son initiateur et mécène, Laurent Levy*, se sont sentis évidemment très concernés. Car ils sont tous deux les descendants de ces לויים (Leviim) musiciens.

Dans cette salle, la maquette du Temple semble bien petite toutes seule au milieu de la pièce. Mais équipés d’un casque de réalité virtuelle, vous entrez dans le Temple et assistez au service des Cohanim et Leviim:

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A bientôt,

*Na’halat Shiva:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/09/06/la-chanson-francaise/

*Sans compter les restaurants et même un hôtel

*Le mécène et l’initiateur du projet, Laurent Levy, est un juif originaire de France qui finance aussi un centre médical consacré à l’ophtalmologie et l’optométrie. Les services sociaux y envoient ceux qui n’ont pas une couverture sociale suffisante pour certains traitement de pointe ou ont simplement besoin de lunettes.

*Un aperçu des nombreux concerts auxquels vous pouvez assister:
https://www.youtube.com/channel/UCxF3zOKgHbQOdMgP0L6eRWw

Bibliothèques, livres et balades…

Comme vous le savez déjà, Jerusalem n’est pas qu’une ville de pierres mais aussi de jardins, de courettes insoupçonnées et de sentiers de promenade.
L’un des plus connu est  celui qui emprunte l’ancienne voie ferrée depuis la vieille gare*. Il traverse la ville en direction du sud, promenade parsemée de bancs,

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parsemé de poèmes:

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(« Et pendant tout ce temps, je ne me détourne pas de la fenêtre, mes yeux caressants ces terres abandonnées, le train respirant lourdement, montant lentement et à mes yeux se révèlent les restes des forêts d’antan…Oh, comme j’aurais voulu sortir du wagon et grimper sur les rochers des montagnes! Le train entre en gare…quelle sérénité, quelle abondance de lumière, je descends, mes paniers à la main… » Rahel Ben Zvi 1918)

5 kilomètres de promenade pour aboutir près de chez moi dans le quartier de Malha*.
Savez-vous qu’on peut aussi y bouquiner?
En effet, une bibliothèque publique et gratuite y est installée. Chacun se sert, emprunte, rapporte et apporte ses propres livres pour en enrichir le fond.

bibliotheque-promenade-jerusalem
Pas de pointage, pas de bibliothécaire, simplement des usagers-bouquineurs.

bibliotheque-jerusalem
Ces petites bibliothèques d’un nouveau genre fleurissent un peu partout en Israel. La première a vu le jour à Haifa, dans une station de bus, grâce à l’initiative de deux étudiants du Technion.

A Tel Aviv, celle du gan Levinsky:
bibliotheque-levinsky-tel-aviv
qui comprend une bibliothèque pour enfants:
bibliotheque-gan-levinsky-tel-aviv-2

A ‘Holon, banlieue sud de Tel Aviv, dans un abri-bus:
bibliotheque-holon-1Leur entretien est assuré par des bénévoles
bibliotheque-holon-2
La compagnie des chemins de fer a commencé à en installer dans de nombreuses gares. Ici à Kfar Saba:

קמפיין ספרייה בתחנת רכבת
Si vous vous déplacez en train, en particulier le matin, vous remarquerez toujours quelques attroupements dans les wagons. C’est sans doute un minyan de prière ou un professeur qui donne un cours aux voyageurs intéressés.
Nous ne sommes pas le peuple du livre. Le livre en question, le תנך (tanakh) ou Bible est déjà en fait une vraie bibliothèque. Nous sommes le peuple des commentaires et des explications de cette bibliothèque, c’est dire si nous aimons feuilleter et dévorer ce qui est écrit.

Le mot bibliothèque ספריה (sifriyah) vient du mot livre ספר (sefer)  qui a aussi donné le mot composé בית ספר (bet sefer) l’école.
La racine ס פ ר (SFR) est particulièrement intéressante car elle a plusieurs significations qui a priori n’ont rien à voir en elles: si elle a donné des mots comme ספר (sefer) le livre, et donc logiquement סיפור (sipour) l’histoire, le verbe לספר (lesaper) raconter… elle a aussi été la matrice de מספר (mispar) le numéro et de לספור (lispor) compter, sans oublier מספריים (misparayim) les ciseaux, ספר (sapar) le coiffeur!
Quel est le lien originel entre tous ces mots?
Eh bien pour le trouver,  il nous faut remonter au début de l’histoire de l’écriture.
A cette époque, il n’était pas question d’articles, de romans, de chroniques. Non, plus prosaïquement les premières traces d’écriture sont simplement des signes notés par ceux qui voulaient laisser une trace tangible de leurs possessions. Le propriétaire d’un troupeau comptait chaque matin le nombre de bêtes qu’il confiait à son berger et pour qu’il n’y ait pas de discussions il faisait une entaille sur le bâton de son employé. Même chose lorsqu’il s’agissait de compter les jarres de vin d’huile ou d’olives ou les sacs de céréales. Ces décomptes constituaient les premiers « textes » de l’humanité.
Et le coiffeur me direz vous? Et bien le coiffeur ne vous fera pas d’entailles avec ses ciseaux, je l’espère, mais il coupera vos cheveux. C’est même sa fonction première, bien avant le פאן (feun)*  et les teintures.
A côté de notre מכולת (makolet) épicerie se trouvent 3 salons de coiffure! Lorsqu’il fait beau, les élégantes du quartier n’attendent pas à l’intérieur de la boutique que leur teinture prenne mais sortent s’installer dehors, boivent un café, parées de leurs papiers d’aluminium qui miroitent et volettent doucement au vent…

malha-makolet-et-coiffeur

Ce matin, les chaises étaient sorties mais les élégantes papotaient à l’intérieur, il est vrai que le temps a fraîchi!

A bientôt,

*l’ancienne gare de Jerusalem:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/06/05/lancienne-gare-de-jerusalem/

*le quartier de Malha:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/07/17/malha-3/

*Le feun: en Suisse, c’est un vent du Sud. Ici un séchoir à cheveux