Le chemin des Patriarches (4): Le Goush Etzion

Dans notre promenade le long du chemin des Patriarches en direction du nord sur la route 60, nous arrivons maintenant au Goush Etsion. Goush en hébreu veut dire bloc . Il s’agit d’une région des montagnes de Judée où furent édifiés plusieurs kibboutzim dans les années 20 et 30 qui protégeaient la partie sud de Jerusalem. Le mot Etsion vient du mot עץ (etz), un arbre et de ציון (tsion), Sion. Pourquoi un arbre? Parce que celui qui acheta une bonne partie des terres s’appelait Shmuel Tzvi Holzman (en allemand Holz signifie arbre).
Ces kibbutzim furent tous détruits pendant la guerre d’Indépendance. 
Tout le monde ici connait la fin du kibboutz Kfar Etsion, totalement détruit  le 14 mai 1948 et de ses défenseurs massacrés par la Légion arabe.

Pendant les 19 années de l’occupation jordanienne, les veuves et les enfants de ces défenseurs se retrouvaient chaque année sur une des collines de Jerusalem pour contempler au loin le chêne solitaire qui se trouve dans le Goush, à l’intersection des routes menant aux kibboutzim détruits.
Cet arbre, vieux de 700 ans a survécu à toutes les guerres et destructions. Il est devenu le symbole du Goush Etzion et de son renouveau.

En 1967, après la guerre des 6 jours, le kibboutz Kfar Etzion fut reconstruit et repeuplé par les descendants de ses fondateurs.


« Le monde converge vers l’odeur de la terre et des pins. La récolte et les hommes sont rentrés. L’odeur de la terre fouette les sommets, dans le ciel les nuages se battent avec un rayon de soleil. A côté des épines, la terre têtue, le cyclamen enfoui, la terre est saturée de pluie et de sang. La reine est tombée mais la reine s’est relevée, ses sujets applaudissent: elle a ôté sa robe de captive et a mis ses vêtements de splendeur* pour les nations. Elle regarde vers la mer, tournant le dos aux monts d’Edom. Ses fils ont appelé à la liberté, au retour à la maison. Revenez à votre héritage pour toujours. Elle marche comme une fiancée à la rencontre de son fiancé, une ketouba si ancienne… sur ce chemin sinueux sur les hauteurs qui la mènent du passé à demain. Et l’homme étendra ses mains, élèvera sa prière vers Dieu, et chantera le chant du cœur, un chant de louange, pour l’année du Jubilé « 

Actuellement la région compte 70 000 habitants et 22 bourgades parmi lesquelles Neve Daniel,

Tekoa à la limite du désert,

Efrat qui jouxte Bethlehem et dont j’ai déjà parlé plusieurs fois:

efrat
Mais la grande attraction du Goush Etzion c’est le Herodion.

Le Herodion, c’est cette drôle de colline nue, en forme de cône tronqué, qui se trouve entre Tekoa et Efrat:

(le Herodion depuis le Goush Etzion, au fond Jerusalem)

En cette année 40 (avant l’ère chrétienne), Hérode est  très heureux d’avoir défait les Parthes. Il décide de faire construire à sa gloire un palais et un tombeau qu’il appellera en toute simplicité le Herodion*.
Flavius Joseph nous en a laissé une description dans La guerre des Juifs I, 21, 10:
« …il n’oublia pas le souci de sa propre mémoire. C’est ainsi qu’il renouvela les fortifications d’une place située dans la montagne à côté de l’Arabie et l’appela de son propre nom, Hérodium. Une colline artificielle en forme de mamelon, à soixante stades de Jérusalem, reçut le même nom, mais fut embellie avec plus de recherche. Hérode entoura le sommet de la colline d’une couronne de tours rondes et accumula dans l’enceinte les palais les plus somptueux : non seulement l’aspect des constructions, à l’intérieur, était superbe, mais les richesses étaient répandues à profusion sur les murs extérieurs, les créneaux et les toits. Il fit venir à grands frais de loin des eaux abondantes et assura l’accès du palais par un escalier de deux cents degrés de marbre d’une blancheur éclatante, car la colline était assez haute et toute entière faite de main d’homme. Au pied du coteau, il bâtit un autre palais pouvant abriter un mobilier et recevoir ses amis. Par la plénitude des ressources, cette enceinte fortifiée paraissait être une ville par ses dimensions, c’était un simple palais. »

Ce palais se trouvait sur le bas de cette colline, entouré d’entrepôts, d’écuries et de nombreux jardins. C’est là que vivaient Hérode, sa famille et sa cour. Sur une des pentes, se tenait un théâtre de 470 places somptueusement décoré.

Mais Hérode fit aussi fait bâtir une sorte de coquille construite entre deux murs arrondis.

Dans cette coquille se trouvait toute une forteresse avec ses citernes, les entrepôts, son réseau d’alimentation en eau, des thermes et un second palais agrémenté d’un jardin où le roi et la cour vivaient en cas de guerre, le tout réparti sur plusieurs étages.

(Détail d’une mosaïque des thermes qui se trouve au Musée Israel)

Trois tours de garde semi-circulaires protégeaient cette colline artificielle. Elles aussi étaient divisées à l’intérieur en plusieurs étages.
En mai 2007 , l’archéologue Ehud Netzer annonça qu’il avait enfin trouvé la tombe d’Hérode qu’il cherchait depuis plus de 30 ans. Elle se situe sur la pente externe de la montagne, sous les restes de la muraille entourant le Hérodion et au-dessus du palais inférieur d’où partit le cortège funèbre d’Hérode. Dans un mausolée en pierres de tailles, Netzer a trouvé des fragments d’un sarcophage, similaire aux sarcophages découverts au « Tombeaux des rois »*.

C’est évidemment Flavius qui nous raconte les obsèques royales: »
« … on s’occupa des funérailles du roi. Archélaüs n’épargna rien pour qu’elles fussent magnifiques. Il étala tous les ornements royaux qui devaient accompagner le mort dans sa tombe. Sur un lit d’or massif, constellé de pierreries, était jeté un tapis de pourpre brodé de couleurs variées : le corps reposait sur cette couche, enveloppé d’une robe de pourpre, la tête ceinte du diadème, surmontée d’une couronne d’or, le sceptre  dans la main droite. Autour du lit marchaient les fils d’Hérode et la foule de ses parents, et après ceux-ci les gardes, les mercenaires thraces, germains et gaulois, tous dans leur équipement de guerre. Tout le reste de l’armée formait escorte ; elle s’avançait en armes, accompagnant en bon ordre les généraux et les commandants ; venaient, enfin, cinq cents serviteurs et affranchis, portant des aromates. Le corps fut ainsi transporté sur un parcours de 200 stades jusqu’à Hérodion où il fut enseveli comme le roi l’avait prescrit. Ainsi finit le règne d’Hérode. 

Plus tard le Herodion servit de forteresse aux troupes de Bar Kokhba*. Les révoltés construisirent des tunnels d’évasion, ajoutèrent une synagogue et deux mikve.

(tunnels d’évasion datant de la révolte juive des années 133-135)

Apres la fin de la grande révolte juive, le site resta désert jusqu’à l’époque byzantine, où fut construit un monastère. Le monastère et les quatres églises attenantes furent détruits au moment de la conquête arabe, les bédouins de la région utilisèrent ce lieu pour parquer leurs bêtes jusqu’à ce qu’il devint un site archéologique protégé.

A bientôt,

*J’ai déjà raconté l’histoire dramatique des 35 soldats, le groupe des ל »ה  (lamed he=35) qui se firent massacrer en portant secours aux habitants du Goush Etzion dans mon article La vallée du Terebinthe:
( https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/12/27/la-vallee-du-terebinthe/ ).

*Les vêtements de splendeur:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/11/06/revets-mon-peuple-tes-vetements-de-splendeur/

*Le tombeau des rois à Jerusalem:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Tombeau_des_Rois

*La révolte de Bar Kokhba:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/06/24/les-generations-oubliees-1/

 

 

 

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Le chemin des Patriarches (3)

Hevron est une ville dont tout le monde connaît le nom.
Selon le livre de Bereshit(Genèse), c’est là que sont enterrés nos patriarches ainsi que leur famille (sauf Ra’hel, morte en chemin et enterrée entre Jerusalem et Bethlehem):
Le texte est un peu long mais mérite d’être lu en entier car il montre combien Avraham ne voulait pas que la propriété de ce caveau de famille lui soit contestée un jour.

« Avraham s’avança et se prosterna devant le peuple du pays, devant les enfants de Heth,  et il leur parla ainsi: « Si vous trouvez bon que j’ensevelisse ce mort qui est devant moi, écoutez-moi: priez en ma faveur Éfron, fils de Tsohar,  pour qu’il me cède le caveau de Ma’hpéla…pour argent comptant, comme propriété tumulaire au milieu de vous. » Éfron…répondit à Abraham en présence des enfants de Heth, de tous ceux qui étaient venus à la porte de sa ville et dit: « Non, seigneur, écoute-moi, le champ, je te le donne; le caveau qui s’y trouve, je te le donne également; à la face de mes concitoyens je t’en fais don, ensevelis ton mort. »  Avraham se prosterna devant le peuple du pays et parla ainsi à Éfron en présence du peuple du pays: « Ah! s’il te plaît, écoute-moi: j’offre le prix de ce champ, accepte-le, que j’y puisse enterrer mon mort. » Éfron répondit à Abraham en lui disant: « Seigneur, écoute-moi: une terre de quatre cents sicles d’argent, qu’est-ce que cela entre nous deux? Enterres-y ton mort. » Avraham écouta Éfron et lui compta le prix qu’il avait énoncé en présence des enfants de ‘Heth: quatre cents sicles d’argent, en monnaie courante. Ainsi fut dévolu le champ d’Éfron situé à Ma’hpéla, en face de Mamré; ce champ, avec son caveau, avec les arbres qui le couvraient dans toute son étendue à la ronde, à Avraham, comme acquisition, en présence des enfants de Heth, de tous ceux qui étaient venus à la porte de la ville. Alors Avraham ensevelit Sara, son épouse, dans le caveau du champ de Ma’hpéla, en face de Mamré, qui est Hébron, dans le pays de Canaan. Le champ, avec le caveau qui s’y trouve, fut ainsi adjugé à Avraham, comme possession tumulaire, par les enfants de Heth. »(Bereshit 23, 8-20).
Lors de la mort d’Avraham, le texte de Bereshit insiste encore comme dans un document juridique pour que soit rappelé le souvenir de la transaction:
 Il (Avraham) fut inhumé par Isaac et Ismaël, ses fils, dans le caveau de Ma’hpéla, dans le domaine d’Efrôn, fils de Tsohar, ‘Héthéen, qui est en face de Mamré; ce domaine qu’Abraham avait acquis des enfants de ‘Heth. Là furent ensevelis Abraham et Sara son épouse. » (Bereshit 25, 9,10)

Depuis la grotte a été recouverte par un grand bâtiment construit par Hérode le Grand au premier siècle de l’ère chrétienne. Il sera transformé en mosquée au 12 ème siècle, la mosquée Ibrahim.


L’intérieur se divise en deux vastes salles, l’une aménagée en mosquée et l’autre en synagogue. Elles renferment plusieurs cénotaphes.
Les ossements véritables sont supposés se trouver dans la caverne de Mahpéla, c’est-à-dire au sous-sol.
Mais qu’y a t il exactement dans ce sous-sol?
Un document ancien rend compte d’une exploration faite en 1119, au temps où la Judée faisait partie du royaume croisé: des moines augustins avaient soulevé les pierres du dallage et trouvé une ouverture qui s’enfonçait profondément dans la roche. Là, ils découvrirent une petite pièce maçonnée mais vide. Mais à nouveau sous le dallage de cette pièce, une autre ouverture qui communiquait avec une grotte naturelle où se trouvaient 12 jarres contenant des ossements humains. Les moines les retirèrent et vendirent les ossements comme reliques des patriarches. En 1187, le pays retomba aux mains des musulmans et l’entrée de cette grotte fut fermée à nouveau.
En 1983,  Zeev Jevin, directeur du Service des Antiquités d’Israël, pénétra clandestinement dans la pièce maçonnée et arriva jusqu’à l’entrée des deux grottes en enfilade. Il n’y trouva que des tessons de poterie et quelques ossements abandonnés. L’analyse des tessons montra qu’ils dataient de l’age du fer, soit bien après l’époque d’Avraham. Les ossements furent laissés sur place et non analysés.

 

Les Juifs habitèrent ‘Hevron tout au long des siecles jusqu’en 1929, date à laquelle ils furent presque tous massacrés par les Arabes. Ce pogrom bien préparé fit 67 morts et 60 blessés.

Les maisons furent pillées, détruites, les synagogues rasées et les rouleaux de la Thora brûlés. Il faut noter qu’un musulman, nommé Haj Issa el-Kourdieh, qui vivait dans le quartier juif, cacha 33 Juifs dans sa cave. Les survivants du massacre se réfugièrent à Jerusalem. En 1931, 31 familles juives retournèrent à ‘Hevron mais en 1936, les Britanniques avertis d’un autre massacre, les expulsèrent.
Pendant la guerre d’indépendance, ‘Hevron fut conquise par l’armée jordanienne. Aucun Juif ne put y vivre, ni même venir y prier jusqu’en 1967 et ce alors que cette possibilité était incluse dans les accords d’armistice. Pendant 19 ans, les Jordaniens éliminèrent toute évidence d’une présence juive. Ils rasèrent le quartier juif, détruisirent le cimetière et établirent un enclos pour animaux dans les ruines de la synagogue Avraham Avinou.

Actuellement 700 juifs  vivent à ‘Hevron ainsi que 7000 dans le faubourg de Kiriat Arba.
Et pour ceux qui pensent toujours que nous oppressons les Arabes à ‘Hevron, voici un plan de la ville extrêmement parlant:


La partie en bleue est permise aux Juifs et la partie en vert leur est interdite.

Et comme dans les reportages sur ‘Hevron, la presse vous montre toujours  la même rue bouchée aux magasins fermés,  voici cette vidéo:

A bientôt,

 

 

 

Le Chemin des Patriarches (2)

Nous avons donc quitté Beer Sheva et traversé la forêt de Yatir.


Nous continuons sur le Chemin des Patriarches en direction du Nord. Cette fois, nous nous arrêterons dans le הר חברון (Har ‘Hevron), les montagnes de ‘Hevron, en vert sur la carte:


Nous allons maintenant parcourir toute la Judée et la Samarie que certains s’obstinent à appeler la Cisjordanie. Je sais, certains pensent que peut-être j’exagère un peu et que les mots n’ont pas tant d’importance que ça, mais que diriez-vous si au lieu de l’Alsace on parlait de Cis-Allemagne ou de Cis-Rhénanie (pour la rime avec Jordanie)?

Bref, nous voici donc dans le sud de la Judée-Samarie:


Dans le הר חברון (Har ‘Hevron). montagnes de ‘Hevron 
on ne compte pas moins de 18 villages aux noms bibliques.

Ils rappellent qu’à l’époque du Tanakh et jusqu’à la conquête arabe (7 ème siècle), les Juifs vivaient ici, agriculteurs, viticulteurs et éleveurs. Comme par exemple, les villages de Maon et Carmel où Nabal avait sa ferme:
« Or, il y avait un homme à Maon, ayant son bien à Carmel; cet homme était très connu, possédait trois mille brebis et mille chèvres, et il assistait à la tonte de son bétail à Carmel.  Cet homme avait nom Nabal, et sa femme s’appelait Abigaïl. La femme était intelligente et belle, l’homme dur et de mauvaise conduite » (Samuel 25, 2-3)
וְאִישׁ בְּמָעוֹן וּמַעֲשֵׂהוּ בַכַּרְמֶל, וְהָאִישׁ גָּדוֹל מְאֹד, וְלוֹ צֹאן שְׁלֹשֶׁת-אֲלָפִים, וְאֶלֶף עִזִּים; וַיְהִי בִּגְזֹז אֶת-צֹאנוֹ, בַּכַּרְמֶל. ג וְשֵׁם הָאִישׁ נָבָל, וְשֵׁם אִשְׁתּוֹ אֲבִגָיִל; וְהָאִשָּׁה טוֹבַת-שֶׂכֶל וִיפַת תֹּאַר, וְהָאִישׁ קָשֶׁה וְרַע מַעֲלָלִים

Dans ce voyage, notre première étape sera Soussia.
Le village actuel de Soussia a été établi en 1983 par 10 familles. Le village compte maintenant un peu plus de 1000 habitants qui travaillent soit à Beer Sheva soit sur place dans l’agriculture: trois entreprises laitières transforment le lait de brebis et de chèvres qui viennent des quelques fermes aux alentours. L’une des plus connue est celle de Yaïr Har Sinaï.
Yaïr Har Sinaï était un utopiste écolo qui portait ce qu’il tissait et mangeait ce qu’il produisait. Il refusait de porter des armes car, disait-il, moi je suis seulement un paysan. Après son assassinat par des terroristes en 2001, la ferme a été pillée et les moutons volés. 

Son épouse Dalia raconte: »Une levée de fonds a été organisée pour la ferme. Notre histoire a été publiée, partout les gens ont donné, y compris des personnes d’extrême gauche.*
Du coup la ferme a réussi à repartir. Elle possède plus d’une centaine de moutons et de chèvres et est devenue une réussite commerciale.
L’ancienne Soussia se trouve tout près.
Jusqu’à il y a peu, on pensait que Soussia avait été fondée au début de l’ère chrétienne, après la destruction du 2 ème Temple. Or on a découvert récemment des vestiges de bains rituels et des pièces de monnaies de l’époque des ‘Hashmonaïm*. La ville est donc plus ancienne d’au moins 300 à 400 ans. Elle se développera sans doute beaucoup plus à la fin du 1 er siècle de l’ère chrétienne, avec la fuite d’une partie de la population de Jerusalem. A cette période, on estime sa population à 5000 personnes.
Les fouilles montrent que la vie de ses habitants était conforme aux prescriptions du judaïsme. Sur les linteaux des maisons d’habitation, se trouvent encore les fentes dans la pierre qui contenaient les מזוזות (mezouzot). Une מנורה (menora) était gravée au-dessus des portes. De plus,  on a trouvé plus de 30 מקוואות (mikvaot), bains rituels et enfin, ils priaient dans une grande et  belle synagogue:

au sol recouvert de mosaïques

avec des inscriptions en hébreu, à la mémoire de tel ou tel notable:

La ville était protégée par une haute muraille et on fermait la porte en roulant une énorme pierre:

La sécurité des habitants était aussi assurée par un tunnel d’évasion qui partait de la synagogue et arrivait en pleine campagne. C’est un large tunnel qui comporte aussi 12 salles permettant de s’y réfugier pendant une attaque. On y a même des jarres contenant des restes de nourriture, réserve suffisante pour soutenir un siège.
De quoi vivaient-ils dans une région presque désertique?

Ils étaient producteurs d’huile et de vin. Il étaient aussi tanneurs, ceci grâce aux nombreux puits creusés assez profond pour capter l’eau des sources souterraines et grâce à un réseau de conduits très sophistiqué  dans toute la ville.

Nul ne sait pourquoi la cité fut soudainement abandonnée au 9ème siècle. Comme on n’y a trouvé aucune trace d’incendie, d’armes ou de squelettes mutilés pouvant suggérer une attaque, il semble qu’une épidémie a décimé rapidement la population et que les survivants, trop peu nombreux, se sont réfugiés, sans doute à Hevron.


Nous continuerons le long du Chemin des Patriarches, vers le nord…
A bientôt,

*L’époque des ‘Hashmonaïm: celle  des Makabim

 

 

 

 

 

Hannouka 2017: les secrets de la forêt de Ben Shemen

L’histoire contemporaine de Ben Shemen commence  en 1904,  lorsqu’un groupe de pionniers acheta les terres du lieu dit Beit Arif  pour  y planter des oliveraies.
Le moshav de Ben Shemen y fut fondé en 1905 et nommé d’après cette phrase du prophète Ishaï (chap5,1):
Je veux chanter à mon bien-aimé le cantique de mon ami sur sa vigne. Mon ami avait une vigne sur un coteau au sol fertile (gras).
א אָשִׁירָה נָּא לִידִידִי, שִׁירַת דּוֹדִי לְכַרְמוֹ: כֶּרֶם הָיָה לִידִידִי, בְּקֶרֶן בֶּן-שָׁמֶן.

Les débuts furent très difficiles: la grande invasion de sauterelle de 1915* puis les combats de la première guerre mondiale détruisirent les premières oliveraies.
En 1927 fut construit le village des jeunes de Ben Shemen, pension et école d’agriculture.

 De nos jours, Ben Shemen est surtout connu pour sa forêt, une des plus grandes d’Israel, 21000 dunam (ou 21 km carrés), renommée pour ses sentiers de randonnée.
La foret se trouve tout proche de la ville de Modiin*.

Forêt de Ben Shemen Photo: Avi Hayoun. Courtoisie des archives du KKL-JNF(photo KKL)

Le nom de Modiin ne vous est pas inconnu. Eh oui, il s’agit de ce poste d’observation,  qui domine la plaine côtière à 300 m d’altitude et qui, il y a plus de 2000 ans donnait des מודעין (modiin), des renseignements sur les envahisseurs en route pour la capitale. Et Modiin, comme vous le savez aussi, est liée à l’histoire des Makabim, ces révoltés juifs qui se battirent contre l’armée grecque pour libérer le pays, surtout notre capitale Jerusalem et surtout notre Temple (n’en déplaise à l’UNESCO et à ses sbires). Ils réussirent à sauvegarder notre indépendance pendant 130 ans jusqu’à l’arrivée des Romains.

Partons donc pour la forêt de Ben Shemen:
A partir de Jerusalem, la route 443 vous mènera au carrefour dit des Makabim et à des panneaux « tombeaux des Makabim ».
Mais les Makabim sont-ils enterrés ici?
Il est vrai qu’on se trouve soudain face à 9 tombes de grande taille, identifiées par certains comme étant celles des Makabim. Elles sont creusées à 1m 50 dans le rocher, et chacune contient deux niches pour deux dépouilles. A leur côté, de larges pierres taillées qui servaient de pierre tombale à l’époque romaine et bien avant.

Related image

La tradition les reconnait donc comme les tombeaux des Makabim.
Mais pourquoi? Parce qu’en 1907, des élèves du lycée Gymnasia Herzlyia de Tel Aviv, partis en excursion pour ‘Hanouka en direction de cette Modiin antique, furent interpellés par un berger arabe du village de Al-Midya, qui leur indiqua le lieu dit Koubour al yehud, le tombeau des Juifs, situé dans ces terres abandonnées, qui seront plus tard la forêt de Ben Shemen.
Mais bien sûr, tous les experts ne sont pas d’accord. 
Au nord de ce site se trouve une structure en pierre couverte par un dôme appelé Horbat ha-Gardi ou Ruine du Gardi. Il date de la période byzantine et en son centre une tombe musulmane, celle de Sheikh (Sheikh al-Gharbawi).
Or, en 1870, pour l’archéologue français, Victor Guerin, ce site était celui du fameux tombeau, édifié par Shimon pour les membres de sa famille, tel qu’il est décrit dans le premier livre des Macchabées (chap 13): «Shimon envoya recueillir les restes de son frère Yonathan pour les ensevelir à Modiin la ville de leurs pères… Sur le tombeau de son père et de ses frères Shimon fit construire un mausolée assez haut pour être vu de loin, en pierres polies par devant et derrière. Il fit dresser au dessus 7 pyramides se faisant face l’une a l’autre pour son père, sa mère et ses 4 frères… »
Et de plus, en 1874, l’archéologue français Charles Clermont-Ganneau fit correspondre cet édifice avec un site marquée dans la carte de Madeba* comme le lieu de sépulture des Macchabées.

Pourtant, il découvre aussi les traces d’une croix sur le sol en mosaïque colorée de l’époque byzantine et des vestiges du temps des Croisés. La question est: sur quoi les Byzantins et les Croises ont-ils construits et pourquoi une tombe musulmane?
Les fouilles doivent reprendre d’ici peu, on en saura peut-être plus bientôt…
Mais en tout cas, ce qui est intéressant sur ce deuxième site c’est son nom:  La ruine du Gardi, Gardi étant le surnom de Yonathan Ha’hashmonai, l’un des Makabim.

(photo Moshe Guilad)

Evidemment, l’histoire de la révolte des Makabim ne se limite pas à cette forêt de Ben Shemen. Ils ont guerroyé contre les Grecs dans toute la Judée. Voici une vidéo de l’Universite Bar Ilan qui explique ce que furent les combats dans la vallée de Ela (la vallée du térébinthe*).

Ici dans la région de Modiin,  s’est déroulée, du 8 au 18 mais 1948, l’opération Makabim pour ouvrir le chemin allant de la plaine côtière à Jerusalem. Elle fut une des nombreuses opérations militaires nécessaires pour libérer la ville assiégée. Une stèle à la mémoire des 23 soldats qui ont péri pendant ces combats se trouve à côté de »La Ruine de Gardi« :

Et un monument érigé en forme de pyramides les relie au souvenir des Makabim
Related image

Toujours à côté de la ville actuelle de Modiin, se trouve le Kfar Ha’hashmonaim où les enfants peuvent s’imaginer plus concrètement la vie quotidienne des Juifs d’il y a 2000 ans.

Si vous ne voulez pas vous plonger dans les détails de cette histoire, en voici un résumé illustré, succinct mais juste:

Les Makabim sont restés dans la mémoire juive comme un symbole de force et de vaillance. C’est pourquoi, les premiers clubs sportifs juifs ont tous pris et gardent le nom de Makabim*. Le premier fut établit à Constantinople en 1895 et très vite, se répandirent dans toute l’Europe.
Max Nordau écrivait en 1898: « L’histoire de notre peuple nous montre que nous avons été forts autrefois…mais maintenant ce n’est plus le cas. Nous devons nous développer physiquement pour montrer que nous pouvons nous défendre… Mais recouvrer une vie saine, ce n’est pas seulement avoir un corps sain, nous devons retrouver aussi l’esprit des Hébreux… »
Ce qu’écrit Max Nordau peut paraître un peu naïf et sans objet mais pour les Juifs de cette période qui n’étaient jamais sûrs de rentrer sains et saufs chez eux, cela sonnait comme une nécessité impérieuse. Les premières lois nazies bannirent les Juifs des clubs de sport allemands au nom de la race pure.

hanukkah

(https://ukmediawatch.org/2013/11/28/the-hanukiyah-and-the-swastika-the-story-behind-a-haunting-photo-from-1931/)

Une petite fille de 7 ans, Hadas Goldenberg, du kibboutz Beit Alpha vient de découvrir une lampe à huile, typique de la période des Makabim. C’est à cette période qu’on a commencé à fabriquer séparément les parties hautes et basses des lampes dans des moules.

(Yediot Aharonot, photo Nir Distelfeld de l’Autorité des Antiquités)

Ce ‘Hanouka, on peut dire que la saison des roquettes en provenance de Gaza est de nouveau ouverte: une quinzaine cette semaine sur Sderot et Ashkelon. Un attentat à Jerusalem*, des jets de pierres sur les voitures et les autobus un peu partout…


Merci à notre armée, aux gardes de sécurité, aux policiers qui risquent leurs vies tous les jours pour veiller sur notre sécurité.

A bientôt,

*L’invasion de sauterelles de 1915:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2015/03/27/le-yishouv-en-guerre/

*Modiin: ville à mi-chemin entre Tel Aviv et Jerusalem. Ce fut aussi la ville d’origine de la famille des Makabim.

*Les Makabim:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/12/09/hanou-ka-ou-hanouka/

*Carte de Madaba: mosaïque de l’église Saint-Georges de Madaba en Jordanie. Elle est connue pour être la plus vieille représentation cartographique qui nous soit parvenue d’Israel et de Jerusalem. Elle date de la fin du 6 ème siècle.
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/10/31/la-porte-de-damas-et-la-porte-neuve/

*La vallée du térébinthe:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/12/27/la-vallee-du-terebinthe/

*Un des gardes de la station des bus a été très grièvement blessé. Il s’appelle Asher Ben Saada

 

 

Le chemin des Patriarches (1)

Si nous ne nous étions pas suffisamment intéressés à ce territoire pour y construire un pays, la terre d’Israel, entre Jourdain et Méditerranée, n’aurait été qu’une terre de passage entre les empires assyriens et égyptiens, un ensemble de routes qu’il fallait contrôler militairement et politiquement.
Et elles étaient nombreuses toutes ces routes qui partaient du Croissant Fertile jusqu’au Nil.

Le Chemin des Patriarches est l’une d’elles.
C’est  l’ancienne route qui traversait le pays d’Israel du Jourdain à Beer Sheva. Elle porte ce nom parce que nos ancêtres Avraham, Yitshak et Yaakov l’empruntèrent de nombreuses fois lors de leurs pérégrinations à travers le pays, telles qu’elles nous sont racontées dans le livre de Bereshit (Genèse).

A l’heure actuelle, cette ancienne voie longe la route 60 en empruntant le chemin des collines et traverse ainsi toute la Judée et la Samarie.

(en trait bleu épais sur la carte)

Nous partons de Beer- Sheva en direction du Nord
Le nom de la ville est mentionné 33 fois dans le Tanakh. A partir de l’époque des Juges, le nom de Beer Sheva est synonyme de frontière sud du pays. L’expression « De Dan à Beer Sheva » pour dire du Nord au Sud est employée pour indiquer tout Israel. Le refrain de l’hymne du Palma’h emploie une expression parallèle « De Metulla au Neguev » ממטולה עד הנגב.

Dans le livre de Bereshit (Genèse), Beer Sheva est au centre de la vie des patriarches.
C’est de Beer Sheva qu’Avraham et Yitshak partent au mont Moriah lorsque Dieu demande à Avraham de sacrifier son fils. Et c’est à Beer Sheva qu’il reviennent chez eux.

C’est également à Beer Sheva qu’Avraham conclut une pacte de non-agression avec le roi Avimelekh, après une dispute entre leurs bergers respectifs au sujet d’un puits:
« Abimélec dit à Avraham: « Que signifient ces sept brebis que tu as mises à part? » Il répondit: « C’est que tu dois recevoir de ma main sept brebis, comme témoignage que j’ai creusé ce puits. « Aussi appela-t-on cet endroit Beer Sheva, car là ils jurèrent l’un et l’autre. » (Bereshit 21 23 31)
 וַיֹּאמֶר אֲבִימֶלֶךְ, אֶל-אַבְרָהָם: מָה הֵנָּה, שֶׁבַע כְּבָשֹׂת הָאֵלֶּה, אֲשֶׁר הִצַּבְתָּ, לְבַדָּנָה. ל וַיֹּאמֶר–כִּי אֶת-שֶׁבַע כְּבָשֹׂת, תִּקַּח מִיָּדִי: בַּעֲבוּר תִּהְיֶה-לִּי לְעֵדָה, כִּי חָפַרְתִּי אֶת-הַבְּאֵר הַזֹּאת. לא עַל-כֵּן, קָרָא לַמָּקוֹם הַהוּא–בְּאֵר שָׁבַע: כִּי שָׁם נִשְׁבְּעוּ, 
Pour les hébraïsants le mot שבע (sheva) est interessant car il signifie à la fois sept et aussi jurer.

(l’endroit dit le puits d’Avraham)

En fait, Beer Sheva est l’endroit où Avraham habite le plus souvent. Il s’y sent chez lui: il y plante un tamaris: « Abraham planta un tamaris à Beer Sheva et y proclama le Seigneur, Dieu éternel.« 
Pour Yitshak aussi cet endroit est central dans sa vie:
« II (Yitshak) monta de là à Beer Sheva. L’Éternel se révéla à lui cette même nuit, en disant: Je suis le Dieu d’Abraham ton père; sois sans crainte, car je suis avec toi, je te bénirai et je multiplierai ta descendance, pour l’amour d’Avraham mon serviteur. II érigea en ce lieu un autel et proclama le nom de l’Éternel. II y dressa sa tente et ses serviteurs y creusèrent un puits. »
C’est de là que Yaakov partira pour aller chez son oncle Lavan à ‘Haran  apres avoir été béni par son père Yitshak:

« Jacob sortit de Beer Sheva et se dirigea vers Haran. »
וַיֵּצֵא יַעֲקֹב, מִבְּאֵר שָׁבַע; וַיֵּלֶךְ, חָרָנָה
Israel (Yaakov) passera par Beer Sheva –« Israël partit avec tout ce qui lui appartenait et arriva à Beer Sheva » – lors de son voyage en Egypte pour rencontrer son fils Joseph qu’il croyait mort.
Aujourd’hui le site archéologique de Tel Beer Sheva est celui de la ville de l’époque du Tanakh. Ces ruines montrent en fait un ensemble de constructions extrêmement élaboré, avec des zones de stockage et deux systèmes d’eau: un puits d’une profondeur de 69 mètres à l’extérieur des remparts et un réservoir d’eau interne destiné à la ville en cas de siège. Le système d’eau a été construit grâce à un barrage sur la rivière Hébron pendant l’âge de fer, soit à l’époque de roi Salomon et donc, plus de 1500 ans après Avraham.

Ce site se trouve à l’est de la ville et à l’intersection de plusieurs routes, dont celle qui nous intéresse, le Chemin de Patriarches, qui nous emmènera vers le Nord.

La ville est restée un place forte pendant des siècles. Elle s’endormira pendant la période ottomane.
(Beer Sheva en 1909)

Elle tombera aux mains des Anglais en 1917 et une très belle commémoration a eu lieu le 31 octobre sur le lieu de la bataille:

Pendant la guerre d’Indépendance, la ville sera conquise au mois d’octobre 1948 lors de l’opération Moshé. Parmi les soldats du Palma’h se trouve le Commando Français, compose de jeunes juifs originaires de France ou d’Afrique du Nord, avec à leur tête Thaddée Diffre  surnommé Teddy Eytan*, non-juif, un ancien de la France Libre.

La ville est surnommée la capitale du Neguev: 4ème ville du pays, 50 pour cent de ses habitants ont moins de 50 ans:

 

L’université Ben Gourion:

Son parc High Tech:פארק ההייטק
Voisin avec les vieux quartiers rénovés, ici la grande mosquée:
Sans oublier le marché bédouin:

Au nord de la ville nous traversons la foret de Yatir, somptueuse tache verte dans le désert, début du territoire de Judée d’où nous entrerons dans les monts de ‘Hevron:

A bientôt,

*Thaddée Diffre (1912-1971):
– un excellent article d’Olivier:
http://zakhor-online.com/?p=973
https://tsahal.fr/2011/07/14/lincroyable-saga-de-thadee-diffre-compagnon-de-la-liberation-catholique-et-officier-de-tsahal-publie-sur-liberation-fr/

*La foret de Yatir a une superficie de 30000 dunam soit 30 km2. Les plantations ont commencé en 1964. On y trouve une grande variété d’arbres: beaucoup de conifères, pins et cyprès mais aussi des feuillus, tamaris, pistachier, oliviers, eucalyptus, acacia…
De nombreux animaux: des chacals, des loups, des sangliers, des hyènes… et de nombreux oiseaux dont plusieurs espèces d’aigles

 

Des tanks et des iris

Soukkot s’en est allé, les premières pluies sont enfin arrivées.
Vous devez penser que je suis un peu « obssessivit » comme on dit ici sur ce sujet. C’est sans doute vrai et c’est vrai pour la plupart des Israeliens.
Le premier et vrai seul jour de pluie jusqu’à présent, étourdie, j’étais sortie oubliant mon parapluie. Je me suis protégée sous les arcades d’un café en haut de la rue Betsalel, en compagnie d’autres étourdis mais tous souriants: Enfin! Pourvu que ça annonce un bon hiver bien pluvieux, c’est bon pour le Kinneret…
La nature commence à reverdir et le désert se peuple peu à peu de fleurs comme à chaque סתו (stav) automne*.
Mais je m’égare,  je devais vous parler de tanks et d’iris…
Le Neguev est une zone d’entrainement pour l’armée, or les tanks ne sont pas bons pour la fragile flore désertique. Aussi l’armée a décidé de créer une Force de Défense pour l’iris du Néguev dont la zone de pousse se trouve exactement sur le terrain d’entrainement des soldats de la base de Tseelim.
Afin de protéger la plante en danger d’extinction, les soldats  ont transféré les bulbes dans un endroit sûr, juste à côté de leur base. Ils l’ont nommé la ville des Iris.
Vous me direz, c’est faire beaucoup d’histoire pour une fleur mais l’iris du Neguev est une fleur régionale assez rare!
Elle pousse seulement dans le Néguev occidental, dans un grand triangle nommé Les dunes de Halutza qui va du kibboutz Nir Yitzhak nord à Nitzana dans le sud et aussi vers El Aish dans le nord du Sinai.

L’iris du Néguev est aussi d’un caractère obstiné: elle est la seule espèce parmi tous les iris qui accepte de fleurir dans une région dont le niveau de précipitation n’est que de 150 mm / an.

(Yediot Aharonot, photo Herzl Yossef)

Ce projet de l’armée de défense de la nature  a commencé en 2014. Il concerne 39 unites de Tsahal et a lieu conjointement avec la Société de Protection de la Nature et l’Autorité des Parcs Naturels. Les officiers et les soldats qui y prennent part sont activement impliqués dans la préservation du patrimoine et participent à une information du public sur la flore du Neguev et réalisent également une cartographie précise des zones ou la mission a été menée.
Si vous vous promenez dans la région, vous ne voyez pas seulement le jaune-beige omniprésent du désert.  Cherchez aussi les iris et autres plantes qui s’y cachent et rêvez en pensant que dans l’Antiquité, une des villes nabbatéenne de la route de l’encens s’appelait Haloutza*. Elle était encore active aux débuts de l’ère chrétienne.

(reconstitution de l’église byzantine de ‘Halutza)

Il n’en reste que quelques ruines au sud-ouest de Beer Sheva.
Et selon le Targum*, c’est là que l’ange trouva Hagar:
Un ange la trouva près d’une source d’eau dans le désert, près de la source sur le chemin de Shour (Bereshit 16, 7)
וימצאה מלאך ה’על עין המים במדבר על עין בדרך שור

A bientôt,
 
*סתו (stav) est le mot couramment employé pour automne. Cependant à l’origine, il faisait plutôt référence à la saison véritablement pluvieuse, l’hiver. C’est ainsi que dans Shir haShirim 2 11, pour vanter la beauté du printemps, le roi Salomon commence ainsi:
Et voici, le Stav s’en est allé כִּי-הִנֵּה הַסְּתָו, עָבָר; הַגֶּשֶׁם, חָלַף הָלַךְ לוֹ.

A l’époque de la Mishna et de la Guemara, le mot stav fera encore référence à l’hiver.
Pour compliquer le tout, le mot חורף ( ‘horef) hiver désignait alors la saison des engrangements, donc l’automne. Pourquoi donc cette inversion des termes? Nul ne le sait! Peut-être que סתו(stav) est tombé en désuétude et que חורף (‘horef) a fini par signifier toute la période plus ou moins froide et pluvieuse.
Du coup, סתו( stav) a repris du service lorsque l’hébreu s’est intéressé aux 4 saisons, bien définies, propres aux pays tempérés. Et tant pis pour le Shir haShirim.
*Haloutsa est aussi identifiée comme étant la ville de Ziklad, et ayant appartenu à la tribu de Yehouda ainsi qu’à celle de Shimon avant d’être conquise par les Philistins.

*Targoum: il s’agit de traductions souvent en araméen mais pas seulement, accompagnées de commentaires. Les plus célèbres sont les Targum d’Onkelos sur la Thora et le Targum de Jonathan ben Ouzziel sur le livre des prophètes.

Nos soldats ne prennent pas de vacances!

Chers amis,

Je ne vous ai pas oubliés malgré une absence de plus d’un mois, loin de mon clavier.
Comme vous le savez, lors du Seder de Pessah, nous versons un peu de vin dans un saladier à l’annonce de chacune des plaies et au fur et à mesure, nous le noyons en y rajoutant de l’eau,   pour finalement jeter tout le contenu, symbolisant ainsi la disparition de toutes les plaies.
Ma belle-fille ‘Hani a instauré une nouvelle coutume: à chaque fois qu’on verse le vin, elle prononce le nom d’une organisation terroriste qui va se retrouver, elle aussi, symboliquement noyée. Malheureusement il y en bien  plus que de plaies et nous devons en rajouter à chaque fois une ou deux.*
Ce n’est pas politiquement correct, j’en suis sûre mais les Juifs ont longtemps appelé les choses par leur nom sans fausse honte et adoucissements cosmétiques et il serait temps que tous fassent de même.


Dans le même temps, nos soldats continuent à soigner les blesses syriens qui arrivent à la frontière sur le Golan.

Mais cette semaine, pour la plupart d’entre nous, ce sont les vacances. Non seulement, les Israéliens sont  sortis d’Egypte mais partis se promener de Metulla à Eilat.
Pour les inconscients qui auraient voulu passer quelques jours dans le Sinaï, c’est raté. Israel a fermé sa frontière avec l’Egypte, les bédouins jihadistes nous ayant envoyé une roquette.
L’armée est évidemment en état d’alerte absolu. Certains soldats sont restés loin de leur famille pour que nous puissions tous profiter de cette semaine de vacances.

Heureusement qu’il y a pour eux les בתי החייל (batei hayal) ou maisons du soldat.
Ce sont des hôtels où ils peuvent se reposer lors d’une permission, dormir dans un vrai lit, manger correctement, laver leur linge, voir un film…Comme tous les « soldats isolés » mon fils fut un assidu du בית החייל (Beit ha’hayal) de Kiriat Shemona, il y a déjà longtemps… Il se souvient d’une petite dame de fer ‘Hanita Attias Kedar* du kibboutz Maagan.
Volontaire de l’association « Pour le bien-être du soldat », ‘Hanita avait été embauchée au début des années 90 par Yitshak Rabin pour récolter des fonds dans les pays francophones et fonder un Beit Ha’hayal à Kiriat Shemona dans le bâtiment d’un vieil hôtel à l’abandon: « J’étais fière d’avoir récolté tout cet argent et de pouvoir offrir une halte bienfaisante aux soldats stationnés dans le nord ou qui partaient pour le Liban ».

(‘Hanita Attias-Kedar au kibboutz)

Il y a actuellement une dizaine de בתי החייל (batei Ha’hayal), dispersés dans tout le pays depuis Kiryat Shemona jusqu’à Eilat.

Il ne faut pas les confondre avec les בתי הלוחם (batei halo’hem), ou maisons du combattant, fondées par ארגון נכי צה »ל (irgoun nekhei Tsahal) l’Organisation des Invalides de Tsahal.


L’organisation des Invalides de Tsahal a été fondée en 1949 par une poignée d’anciens combattants handicapés. Elle fournit une assistance complète à tous les soldats et au personnel de sécurité qui ont été blessés au cours de leur service.
Israël compte 50 mille anciens combattants handicapés de Tsahal blessés au cours des guerres, dans diverses missions sécuritaires et dans des attentats terroristes. L’organisation des vétérans et handicapés de Tsahal les aide et les conseille en ce qui concerne leurs droits mais aussi dans le processus de leur rétablissement et de leur intégration à la vie la plus normale possible*.

Elle a aussi construit pour eux ces  בתי הלוחם (Batei halo’hem) maisons du combattant qui leur sont réservées. Ce sont des centres de soin et de  réhabilitation mais aussi des centres culturels et sociaux, offrant une gamme très élargie d’activités à toute la famille.


Voici le Beit Halo’hem de Jerusalem:

:La grande pelouse qui jouxte la piscine

A bientôt,

* Simplement celles qui veulent détruire Israel:
Le Fata’h et les Tanzim, le Front de Libération de la Palestine, le Front de libération Arabe, le Djihad Islamique, le ‘Hezbollah, Daesh, le ‘Hamas et les Frères Musulmans, Al Qaida, les Libérateurs de la Galilée etc…

* ‘Hanita Attias Kedar a un CV impressionnant: elle a aussi dirigé une  מכללה (mikhlala), l’équivalent d’un IUT dans la vallée du Jourdain pour les soldats démobilisés et a travaillé pour Israel en Afrique

* L’organisation des invalides de Tsahal leur fournit des soins physiques et psychologiques, une assistance juridique, les aide pour l’obtention de logements ou voitures adaptés, leur permet d’avoir des réductions sur un certain nombre de taxes comme les impôts locaux, leur propose des cours pour accéder à un en emploi etc… sans compter toutes les activités de loisir qui concernent tout la famille.

* Voici le site  du Beit Halo’hem de Jerusalem:
http://bh-j.inz.org.il/index1.asp?cat=141