De nouvelles élections

Mardi prochain, toutes les tribus d’Israel se rendront aux urnes en trainant les pieds car chacun se demande: Pour qui voter? Et pourquoi? Est ce que cela en vaut la peine?
Et je ne parle pas de ceux qui préfèreront profiter d’un beau jour d’automne chômé pour se promener et rêver à un pays parfait dans un monde où les membres de la Knesset s’occuperont enfin du bien commun.
Noam Jacobson dans l’émission Latma* nous met en garde contre l’abstention en reprenant le célèbre livre pour enfant intitulé: Appartement à louer, de Léa Goldberg.

Voici donc la version de Latma:
Un Etat à louer:
Dans le pays de nos ancêtres porteur de rêves, entouré d’ennemis et de combien de dangers, on s’amuse avec les élections depuis déjà 5 sessions. Le nom des partis est écrit sur une pancarte, cloué au-dessus de la porte et sur le mur est fixé un panneau:

Etat à louer.
Et voici que dans les sentiers, les maisons et les rues, les gens se dirigent vers les urnes tout en hésitant…
Avec votre permission, réfléchissons sur ce que ressentent les votants de la droite modérée.
Les candidats se présentent, on leur fait bon accueil:

Penses-tu que le pays va dans la bonne direction?
Oui je le pense.
La situation te plait-elle?
Elle me plait.
Ce qui se passe t’est agréable?
Tu sais quoi? Oui
-Si c’est ainsi, rejoins-nous, nous de la droite modérée
-Non, non je ne vous rejoindrai pas.

Pourquoi?
-Les voisins ne me plaisent pas
Comment pourrais-je voter, moi qui suis d’une droite modérée et éclairée pour des gens habillés en noir et blanc*? Et pourquoi donnerais-je ma voix à ce rondouillard
avec sa photo dans son salon, même si elle date et s’il l’a enlevée* ? Vous connaissez l’expression: le buisson ardent ne convient pas à celui qui est tendre et prudent.
Et qu’on ne parle pas de l’odeur des cigares*, ça convient sans doute aux babouins, aux barbares.
Non, pour ces élections j’irai peut être me promener ou je resterai dormir à la maison comme ce journaliste chevronné du Makor Rishon*. Je ne voterai peut être pas. Rien ne convient à mon odorat délicat. Et ce n’est pas parce que je juge l’autre un peu trop moutarde* et que moi, je suis fade. Non, je n’adhère à aucun parti, je ne vote pour aucun parti. Si je ne trouve pas de parti qui me convienne exactement, ces élections ne m’intéressent pas…

Et alors une petite fille qui entendait tout ça, demanda simplement:
-Pourquoi? Ca ne te fait rien si la maison s’écroule? J’ai entendu des gens bien habillés aux informations qui disaient qu’ils sont justement pour la solution à deux états
.
Ce n’est pas une phrase en l’air. Ce n’est pas une crainte imaginaire, ce n’est pas dans un lointain futur, c’est maintenant, c’est déjà là.
C’est déjà arrivé! Au lieu de s’inquiéter du bien-être des enfants, ils ont versé de l’argent « aux cousins ». Déjà maintenant, un vrai danger plane sur la perte de souveraineté, le gouvernail vacille.
Comment peux-tu prendre ce risque, toi la droite modérée, la droite attentiste, et seulement parce que ton nez est trop délicat? Chère droite au cœur bon et doux, s’il te plait ne nous prépare pas un état palestinien
!

Et donc le jour parfait où nous trouverons le candidat idéal, ce jour là n’arrivera pas. Et d’ailleurs je me méfie de l’homme providentiel, il vaut mieux faire avec la réalité. זה מה שיש (ze ma shyesh) c’est ce qu’il y a comme on dit ici!

J’irai voter bien sûr, en trainant les pieds moi aussi mais j’irai, mue par ce que me répétait mon père: Quand on a la chance de vivre dans un pays démocratique et de pouvoir voter, on vote!
Et comme je n’ai pas grand espoir pour la qualité de la prochaine Knesset, je fredonne en ce moment cette chanson d’amour dont les paroles me conviennent particulièrement:

אולי נעשה בחירות
אני אבחר בך ואת בי תבחרי
וביחד נהיה לרוב

Nous ferons peut être des élections, Je te choisirai et tu me choisiras et à nous deux nous formerons la majorité…


Alors votons et comme le dit la chanson: תתפללי לטוב (titpalleli letov) Prie pour le mieux!

(Caricature de Shay Tsharka)


A bientôt,

*Latma: une excellente émission satirique

*Ceux qui s’habillent en noir et blancs: les ‘Haredim ou ultra-orthodoxes en français

*Il s’agit du député Itamar Ben Gvir qui avait chez lui une photo de Baruch Goldstein celui qui, en 1994, avait tiré sur des musulmans dans la mosquée du caveau des Patriarches à Hevron avant d’être lui-même abattu. Son acte a été condamné par l’ensemble des Israéliens et son enterrement s’est fait en toute discretion. Bien qu’Itamar Ben Gvir ait enlevé cette photo, cette admiration m’insupporte, tout comme m’insupportent les photos de terroristes chez les députés arabes ou comme la dernière déclaration de la députée, originaire de Nazareth, Aida Touma Suleiman qui a publié un message de condoléances aux familles des terroristes tués le 25 octobre lors d’une opération de Tsahal à Naplouse (dont le chef de la milice La tanière des lions):
Naplouse dit au revoir à nos martyrs, le peuple palestinien dit au revoir à ses martyrs a-t-elle écrit sur sa page facebook en langue arabe.
On a les martyrs qu’on peut!

*L’odeur des cigares: ceux de Bibi bien sûr, empêtré dans un de ses nombreux procès

*Makor Rishon: journal de la droite modérée

*J’ai failli traduire le mot moutarde par piquant mais vous n’auriez pas eu le piquant de la chose:
חרדל (‘hardal) veut bien dire moutarde mais est aussi l’acronyme de חרדי דתי לאומי (Haredi Dati Leoumi) c’est a dire: haredi (ou ultra-orthodoxe comme on dit en français), appartenant au mouvement Dati-Leoumi, religieux-National

Publicité

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s