Des villages pas comme les autres

Ces derniers temps j’ai entendu ad nauseam que tous ces adolescents qui admirent les terroristes sont issus de familles problématiques et viennent de quartiers laissés en déshérence.

 
Ici aussi en Israel, il y a des enfants qui viennent de familles problématiques. 
Même si tous ne deviennent pas délinquants,  peu d’entre eux réussissent seuls à s’épanouir et réussir leur vie professionnelle et personnelle.
Pour cela la possibilité leur est offerte de rejoindre un des nombreux programmes dans des villages éducatifs* qui leur permettront de retrouver un équilibre et de se construire. 
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Certains décident d’eux-mêmes de quitter leur famille et de rejoindre ces villages. D’autres y sont poussés par leurs parents désemparés et usés et parfois même par la justice.
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Ces villages furent pendant longtemps ceux de l’Aliyat Hanoar*.
Nir Haemek 1947
(Nir Haemek 1947, enfants de l’Aliyat Hanoar)
Ces villages éducatifs sont célèbres dans le pays car nombreux sont les dirigeants israéliens qui y étudièrent. Autrefois, uniquement tournés vers l’agriculture, ils offrent maintenant tout un éventail de possibilités aux adolescents et leur permettent de terminer leurs 12 ans d’école* avec des notes au bac* qui leur ouvrent la porte des universités.
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Ces villages sont en général gérés administrativement par des associations comme Wizo* ou Naamat*.
L’éducation des adolescents se déroule dans des pensionnats aux orientations très diverses mais qui ont tous comme objectif l’épanouissement de l’enfant hors de son contexte familial difficile et sa réussite aux examens.
 
Nir Haemek et Kanot sont deux d’entre  eux.
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Nir Haemek vue aerienne
Vue de Nir Haemek
Kanot
Entrée du village de Kanot
Le premier  se trouve à côté d’Afula, dans la vallée de Yezreel et le deuxième à côté de Beer Tuvia.
Dans chacun d’eux existe un pensionnat  parrainé par la police qui s’adresse surtout aux pré-délinquants.  La police a eu l’idée intéressante de transformer des adolescents qui étaient « hors la loi » en serviteurs de l’état. Leur journée est rythmée par une discipline toute « policière » et ils possèdent tous un uniforme comme tenue officielle.
Nir Haemek
 
Voici une vidéo sur le pensionnat « policier » de Nir Haemek.
 
Comme je n’en n’ai trouvé aucune en français ou en anglais, je résume ci-dessous l’essentiel.
Les élèves de ces deux pensionnats doivent étudier ce qui est au programme de tout lycée israélien. Ils ont en plus des cours de criminologie, de droit, de Krav Maga et les élèves de terminales commencent à patrouiller avec les policiers.
Comme l’explique l’un des professeurs, le but est que chaque enfant sorte non seulement avec un bac de bon niveau mais soit aussi armé de valeurs morales et de confiance en soi qui l’aideront tout au long de sa vie.

Leur journée commence à 6 h du matin. Les élèves commencent par faire leur lit. Puis ils sortent dans la cour pour  le lever du drapeau et chantent l’Hatikva. Ensuite seulement viendront le petit-déjeuner et les cours.

A la fin de leur parcours de lycéens, ils ne seront pas obligés d’intégrer la police mais s’il le désirent, ils bénéficieront de recommandations particulières pour les interviews d’embauche.
La remise des diplômes à Nir Haemek
Nir Haemek ceremonie remise des diplomes
Et la cérémonie de fin d’études à KanotKanot ceremonie de fin d'annee
 
Mais. dans tous ces villages éducatifs, quelque soit leur orientation, le  travail à la ferme fait aussi partie de l’éducation.
Nir Haemek etable« Vous voulez nourrir les vaches? Ne leur donnez pas de sucreries »
Un des cours les plus appréciés est le cours d’équitation. Les élèves apprennent non seulement à monter, mais à prendre soin de leur monture avant de prendre soin d’eux-même. S’inquiéter du bien être des chevaux développe leur sens des responsabilités et leur capacité d’empathie. Les chevaux sont par ailleurs très couramment utilisés dans les villages éducatifs israéliens pour aider les enfants souffrants de troubles psycho-moteurs.
Les élèves plus jeunes qui requièrent une aide particulière sont pris en charge dans un משפחתון (mishpahton) maison familiale, où une mère de substitution s’occupe de 8 enfants au maximum. Certains y fêteront leur Bar Mitsva.
Nir Haemek Bar Mitsva
(Bar Mitsva à Nir Haemek, Wizo)
Certains n’ont pas où aller le shabbat et les jours de fêtes, ils les passeront au בית שבת (Beit Shabbat), maison du shabbat, avec une « mère » et une éducatrice.
Il en est de même pour ceux qui, sortis de l’école et servant dans l’armée, n’ont personne pour les accueillir lors de leurs permissions.
Ils pourront habiter au בית הבוגר ( Haboger), la maison des adultes. Là, un conseiller les guidera dans les premiers pas de leur vie d’adultes.
 
A bientôt,

*Nitzana est aussi un village éducatif ( https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/08/20/nitzana/)
Il existe plus de 30 villages éducatifs. Chacun a sa propre orientation. Tous ne sont pas destinés aux enfants en danger. Un bon nombre est destiné aux enfants venus en Israel sans leurs parents.

*Alyiat Hanoar ou Alyia des jeunes:
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2013/08/27/henrietta-et-hadassah/

* Les 12 ans d’école sont comptés depuis la Kita Alef (Cours préparatoire) jusqu’a a la Kita Youd Bet (Classe de Terminale). Ceux dont les notes ne permettent aucune étude universitaire, mais qui ont terminé le parcours des 12 ans, obtiendront un certificat leur permettant de  s’inscrire à des cours du niveau d’un technicien.
Le bac israélien commence en Kita Youd (classe de Seconde) et se termine en Kita Youd Beit (Classe de Terminale). Dans certaines matières, la note du bac sera celle d’un contrôle continu et dans d’autres le résultat d’un ou plusieurs examens. L’acceptation à l’université se fera en fonction des notes du bac. Il est toujours possible d’ « augmenter » comme on dit ici, ses mauvaises notes du bac sans avoir à repasser toutes les matière
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8 réflexions sur “Des villages pas comme les autres

  1. Mais si tu proposes de mettre ça en place en France, on t’accusera de « ghettoisation » (si ça veut dire quelque chose), voire même « d’apartheid », et autres fariboles.

  2. J’ai effectué un volontariat dans une immense base de Tsahal située dans le Néguev. Dans son discours d’accueil, le commandant du camp, un jeune officier parachutiste, nous avait indiqué que cette base était amenée à recevoir des adolescents « à problèmes » qui était ainsi intégrés au reste des soldat(e)s.
    Lors de mes discussions avec ces appelé(e)s, je n’ai jamais remarqué grossièretés ni manques de respect, même entre eux. En particulier, les filles étaient remarquablement respectées.
    C’était intéressant de voir ces jeunes Israéliens de toutes origines : beaucoup de Russes, mais aussi beaucoup d’origine yéménite, irakienne, marocaine, française…

  3. Très beau travail.
    La différence, c’est qu’en France, nous avons perdu la notion d’unité nationale. Comme le dit Florence, cette fracture rend aujourd’hui impossible tout ce qui pourrait être interprété comme coercition des « indigènes » par les « souchiens ». Demain, peut-être, avec plus de positivité et moins de démagogie…avec un autre gouvernement, de toute façon.

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