Des drôles de dames

Vous êtes nombreux à m’écrire, me demandant comment nous supportons la situation actuelle.
Nous avons la chance de vivre dans un pays moralement fort avec une armée de premier ordre. Alors, disons que tout va bien même si l’inquiétude quotidienne et la tristesse dues aux mauvaises nouvelles nous privent d’une partie de notre énergie.

Nous avons perdu 64 soldats et 4 civils: hier un petit garçon de 4 ans qui jouait dans sa maison au kibbutz Nahal Oz a été tué, victime d’un d’obus tiré depuis un bâtiment de l’UNRWA. Il s’appelait Daniel Tregerman.

daniel tregermanLe Dôme de Fer fait merveille contre les missiles mais jusqu’à présent rien ne protège les habitants de la région frontalière de Gaza des tirs d’obus.
Mais je ne veux pas vous parler des victimes, j’essaye de me concentrer sur des sujets positifs comme le dévouement des Israéliens les uns envers les autres, l’héroïsme des soldats etc..
Dans mon dernier article*, j’avais mentionné Noa Teitel, la jeune soldate tatzpitanit qui avait déjoué un attentat. Les femmes sont nombreuses à l’armée et beaucoup moins cantonnées qu’autrefois aux emplois de bureau à côté de la machine à café. Elle participent maintenant à la collecte des renseignements, elles sont techniciennes, instructrices de tir, gardes-frontière, maître-chiens infirmières, médecins…
Et comme presque tous les postes leurs sont maintenant ouverts, il y a de plus en plus de jeunes filles qui demandent à entrer dans des unités combattantes: 0,5% en 2001 et plus de 4% en 2014.
Elles combattent dans toutes les branches y compris en tant que pilotes.
Dans la famille, nous avons eu des instructrices de combat, des tatzpitaniot, des gardes-frontières…
Il y a quelques années ma belle-fille fut infirmière combattante à Gaza. A cette époque, rares étaient les jeunes soldates qui échappaient aux  emplois de bureau et elle a du montrer beaucoup d’obstination pour obtenir le poste.
Cet été à Gaza, un certain nombre de soldats ont été sauvés par des infirmières combattantes qui les ont suivis au plus fort des combats. Certaines effectuaient leur service militaire. L’une d’elles a interrompu ses vacances au Mexique pour retourner  à l’armée.

Voici le portrait de 4 d’entre elles:

Le sergent Tamar Bar-Ilan, 21 ans de Haifa, appartient au corps des blindés. En entrant dans la bande de Gaza avec des membres de son bataillon, elle a attaché à sa chaîne les alliances de ses parents comme porte-bonheur:

Gaza sergent Tamar Bar Ilan

Pendant 12 jours elle a vécu avec un groupe de tankistes:
“J’étais la seule femme dans ce tank mais cela n’était pas un problème. Ces soldats, je les connais depuis 2 ans, ils sont comme ma propre famille. La seule chose qui pouvait poser problème c’était d’être devenue une cible en territoire ennemi et d’être touchée par des missiles anti-tanks”.

Le sergent Noam Dan, 22 ans de Dimona, appartient elle aussi au corps des blindés:

Gaza Segent Noam Dan« Au cinquième jour de l’opération terrestre, ils ont dit à la radio que quelqu’un avait été blessé par des tirs de snipers…  J’ai vu un soldat blessé dont le visage était gris, couché sur la civière… Je me suis persuadée qu’il allait s’en sortir et que j’irai lui rendre visite à l’hôpital , et j’ai commencé à lui faire un massage cardiaque pendant que notre blindé roulait… À un certain moment, j’ai réalisé que mes efforts ne servaient à rien, et pourtant je ne pouvais toujours pas m’arrêter. J’ai demandé au conducteur de char d’aller aussi vite que possible. Quand nous sommes arrivés, le médecin a constaté son décès…C’est là que j’ai craqué. Je me suis dit que cet homme méritait qu’on le pleure. Il avait donné sa vie pour nous, pour moi. Je me suis assise à côté de lui et j’ai pleuré…Maintenant, quand je parle de lui, je peux voir son visage gris en face de moi, sentir le froid de son corps. C’était un beau garçon. « 

Le sergent Tal Shahar sert dans la police des frontières lors des opérations d’infiltration. Elle est rentrée à Gaza avec une unité des Forces Spéciales:

Gaza sergent Tal Shahar« J’ai accroché la photo de mon petit ami à ma plaque d’identité et j’ai senti qu’il me donnait sa force…
C’était très dur, je pèse 50 kg. Le gilet pare-balles en céramique que je portais et mon équipement pesaient ensemble 40 kg, mais je n’ai pas demandé d’aide. C’est mon travail et il n’y a aucune raison pour que les gens me traitent différemment…A mon retour, le plus dur pour moi fut de voir les photos des morts et parmi eux un soldat de 20 ans que j’avais aidé. Il avait combattu pour qu’Israel puisse vivre en paix »

Le sergent Yonat Daskal, 23 ans de Petah Tikva, avait terminé son service militaire et se trouvait en vacances au Mexique. Elle est aussitôt rentrée en Israel et s’est portée volontaire pour Gaza.

Gaza Sergent Yonat Daskal« Quand je suis arrivée à Gaza, les soldats m’ont dit que j’étais folle d’être revenue mais qu’ils étaient fiers de moi« .
Lors de son retour, Noam Dan est allée prier au Kotel avec son bataillon: « A Gaza, il y avait tellement de moments terribles et de morts que je devais remercier Dieu de m’avoir gardée en vie. C’est seulement alors que j’ai réalisé combien j’avais eu peur! » »

Aux moments de détresse, nous nous rappelons le Psaume 121:

 אֶשָּׂא עֵינַי, אֶל-הֶהָרִים– מֵאַיִן, יָבֹא עֶזְרִי.  עֶזְרִי, מֵעִם יְהוָה– עֹשֵׂה, שָׁמַיִם וָאָרֶץ.  אַל-יִתֵּן לַמּוֹט רַגְלֶךָ; אַל-יָנוּם, שֹׁמְרֶךָ.  הִנֵּה לֹא-יָנוּם, וְלֹא יִישָׁן– שׁוֹמֵר, יִשְׂרָאֵל.  יְהוָה שֹׁמְרֶךָ; יְהוָה צִלְּךָ, עַל-יַד יְמִינֶךָ.  יוֹמָם, הַשֶּׁמֶשׁ לֹא-יַכֶּכָּה; וְיָרֵחַ בַּלָּיְלָה.  יְהוָה, יִשְׁמָרְךָ מִכָּל-רָע: יִשְׁמֹר, אֶת-נַפְשֶׁךָ. ח יְהוָה, יִשְׁמָר-צֵאתְךָ וּבוֹאֶךָ– מֵעַתָּה, וְעַד-עוֹלָם

Je lève les yeux vers les montagnes, pour voir d’où me viendra le secours.  Mon secours vient de l’Eternel, qui a fait le ciel et la terre.  Il ne permettra pas que ton pied chancelle, celui qui te garde ne s’endormira pas.  Non certes, il ne s’endort ni ne sommeille, celui qui est le gardien d’Israël.  C’est l’Eternel qui te garde, l’Eternel qui est à ta droite comme ton ombre tutélaire.  De jour le soleil ne t’atteindra pas, ni la lune pendant la nuit.  Que l’Eternel te préserve de tout mal, qu’il protège ta vie!  Que le Seigneur protège tes allées et venues, désormais et durant l’éternité! »

Le secours a parfois le visage d’une infirmière combattante.

A bientôt,

 

 

*
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2014/08/17/lamour-et-la-guerre/

Publicités

5 réflexions sur “Des drôles de dames

  1. Hannah ,que vous dire ? D’abord que plus que jamais je suis fière d’être Juive ,fière de mon peuple ,fière d’Israël ,fière de Tsahal ,de ses fils et de ses filles .le monde ne peut être que jaloux ,envieux de cette noblesse ,de ce courage ,de cet héroïsme .je vous bénis Hannah ,acceptez la bénédiction d’une très vieille femme en remerciements de ce que vous lui avez donné aujourd’hui par la simple lecture de vos « drôles de dames ‘qui sont mes petites-filles virtuelles

  2. Je lis ca sur le balcon de notre chambre d’hôtel à Eilat. Et je me rappelle qu’hier soir, Yael nous a demandé où nous devions aller s’il y avait une alerte. Je lui ai dit qu’il n’y aurait pas d’alerte… »Oui, mais au cas ou? » Bref, elle n’a pas laché le morceau, alors on a vérifié, et il s’averé qu’en arrivant à l’hôtel on a reçu un papier expliquant où se trouvaient les abris et comment y accéder le plus rapidement…. 😉 Donc maintenant, on est paré! BISOUS

  3. Superbe Hannah, après vous avoir lu, je me sens encore plus fier d’avoir servi Tsahal, la plus belle armée du monde – et pas seulement parce que les filles y sont belles 🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s