Le musée du Vieux Yishuv

Dans le quartier juif de la Vieille Ville se trouve le musée du Vieux Yishuv*. Ce musée nous offre un regard sur la vie quotidienne des Juifs du Vieux Yishuv, ces « générations oubliées » qui vécurent à Jerusalem jusqu’à l’époque moderne.

Veux Yishuv Musee porte
Le bâtiment du musée fut autrefois la maison de la famille Weingarten. Rabbi Avraham Weingarten et sa famille y vécurent jusqu’à la conquête de la Vieille Ville par les Jordaniens en 1948.
En 1967, après la libération de la Vieille Ville, la famille décida de transformer la maison en musée. Les pièces furent remeublées et décorées selon le style de vie des Juifs de Jerusalem au 19 ème siècle.
Vieux yishuv musee 4

Les Juifs de la Vieille Ville n’avaient pu emporter que très peu de choses avec eux, les dons au musée provinrent donc de tout le pays.
Des objets:

Vieux Yishuv coffre de mariage

(coffre de mariage, oymuseum.datinet.co.il )

des vêtements et textiles brodés:

Vieux Yishuv Musee vetements jerusalem-love.co.il

(jerusalem-love.co.il)

et un certain nombre de ketoubot*:

Ketouba Jerusalem 1860

(ketouba d’une aïeule, Jerusalem 1860, conservée à l’Université de Jerusalem, http://jnul.huji.ac.il/dl/ketubbot/)

Vers 1862, la première lithographie jamais imprimée en Eretz Israel  sortit de la presse  d’un petit atelier de Jérusalem, celui de la famille Salomon .

Vieux Yishuv famille Salomon

Lors d’une exposition, le Musée a présenté  cette lithographie imprimée sur un papier replié en forme de fleur. Une fois le papier déplié, on peut voir de nombreuses scènes de la ville de Jerusalem. Ce procédé fut nommé Shoshanta, en référence à la fleur, Shoshana*

Vieux Yishuv shoshanta( http://www.kedem-auctions.com/en)

Actuellement, le musée présente une exposition de robes de mariées.

Vieux Yishuv Musee 6

A propos de mariage,voici une des histoires qui dansent* dans les rues de Jerusalem :
« Il était une fois dans la ville de Tetouan au Maroc, un couple stérile qui courait de rabbin en rabbin et de bénédiction en bénédiction dans l’espoir toujours vain d’avoir des enfants. Un jour, un rabbin leur expliqua que seule la Terre d’Israel les rendrait féconds. Aussitôt, le couple décida de vendre ses biens et de partir. Tout fut vendu, sauf un petit coffre en bois de camphrier qui contenait la robe de mariée que l’épouse stérile transmettrait à sa fille le jour de son mariage.
Ils arrivèrent à Jerusalem et s’installèrent à l’ombre des murailles dans le quartier juif. Comme promis, une fille leur naquit, Gracia, présage de nombreux autres enfants. Malheureusement, le jeune père mourut. La mère se retrouva seule avec sa fille. Elle gagna sa vie comme couturière mais les difficultés étaient si grandes qu’elle dut vendre sa robe de mariée.
Elle aussi mourut. La jeune fille se retrouva seule et reprit le métier de sa mère. Comme elle était très douée, elle devint rapidement la couturière attitrée des riches familles de la ville.
L’une d’elle lui commanda de nombreux vêtements pour célébrer le retour au pays de Shlomo, le fils de la maison.
Ce qui devait arriver arriva ! Le jeune homme aperçut la couturière, elle lui lança un coup d’œil et, en un instant, leurs cœurs s’enflammèrent !
Quand il avoua à ses parents son amour pour leur couturière, ceux-ci se mirent dans une violente colère:
– Une couturière sans dot ! Nous l’accepterons pour belle-fille si elle peut nous montrer sa robe de mariée !
Il faut  dire qu’à cette époque, la robe de mariée n’était pas que la robe d’un jour. C’était un trésor de velours et de soie, brodé d’or et de perles et transmis de génération en génération.
Shlomo acheta lui-même tissus, perles et fils d’or et les donna secrètement à sa fiancée.
Gracia décida de recréer de mémoire la belle robe des mariées de Tetouan que sa mère avait dû vendre… Puis, quand furent cousues les dernières perles et brodés les derniers volutes d’or, elle mis la robe dans le petit coffre et se présenta à la belle porte en bois clouté des parents de son fiancé.

robe de mariee(robe de mariée juive de Tetouan)

Que faire ? Une parole est une parole !
Les deux amoureux se marièrent et eurent beaucoup d’enfants…
Ils vécurent heureux jusqu’en 1948. Shlomo fut tué lors de la prise du quartier par les Jordaniens et leur maison pillée. Gracia et ses enfants se retrouvèrent démunis  de tout. Elle reprit alors son métier de couturière et réussi à les envoyer tous à l’Université.
Il n’y a plus ni coffre en bois de camphrier ni belle robe de mariée brodée d’or et de perles mais les arrière petits-enfants de Shlomo et de Gracia habitent toujours Jerusalem… »

A bientôt,

*Musée du Vieux Yishuv: http://oymuseum.datinet.co.il/21.htm

*Ketouba,כתובות, (ketoubot au pluriel): contrat de mariage

*Shoshana (שושנה) le lys,  a été improprement traduit par rose pendant longtemps. De nombreuses « Rosa » se sont donc appelées Shoshana en hébreu. Le mot rose en hébreu est Vered (ורד) qui est aussi un prénom.

*Les histoires qui dansent dans les rues: c’est une expression hébraïque qu’a repris l’écrivain  Yossel Berenstein pour le titre de son livre « Histoires qui dansent dans les rues de Jerusalem » (סיפורים הרוקדים ברחובות ירושלים)

Publicités

4 réflexions sur “Le musée du Vieux Yishuv

  1. Merci pour cet article, à rajouter aux chroniques de « bikourim ».
    J’y reviens : un guide de visites historico-géographiques à l’usage des moins savants que vous.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s