Un nettoyage éthique

On dit que pour celui qui entre dans le mois de Adar, sa joie augmente  :

adar phrase

C’est écrit en toutes lettres dans nos commentaires car Adar est le mois de la fête de Pourim. Mais n’en déplaisent à nos sages, quand on entre dans le mois de Adar ce qui augmente surtout  c’est le ménage. Pourquoi ? Parce que Pourim c’est un mois avant Pessah et chacun sait que Pessah est précédé par le ménage de Pessah !

pessah menage

Ah le ménage de Pessah, que n’a-t-on pas écrit à son sujet! Chaque année,  on commence par les bonnes résolutions, ne pas trop en faire car comme on dit : poussière n’est pas hametz , mais chaque fois ça finit dans épuisement total car toutes les bonnes balbouste* que nous sommes sont certainement génétiquement programmées pour nettoyer avant Pessah. On leur susurre ‘Pessah » et elles entendent « ménage !

PEssah nettoyage putserin

(La poutserin – la nettoyeuse – en judeo alsacien a écrit Alphonse Levy en bas de son dessin)

Pas moi, bien sûr ! Flâneuse et sybarite comme je suis, je prends les choses calmement en me répétant comme un mantra : poussière n’est pas hametz!

Mais qu’est ce donc ce hametz que nous poursuivons jusque dans les plus petits recoins. Les miettes, eh oui les miettes provenant de 5 espèces de farine (blé, orge, seigle, épeautre et avoine) qui fermentent au contact de l’eau, se change donc méchamment en hametz (ferment)  assimilé au mauvais penchant qui lui fermente dans notre cœur. Or il est écrit dans la Thora :

« Sept jours durant, vous mangerez des pains azymes; surtout, le jour précédent, vous ferez disparaître le levain de vos maisons. Car celui-là serait retranché d’Israël, qui mangerait du pain levé, depuis le premier jour jusqu’au septième. »

Et aussi:

« Durant sept jours tu mangeras en outre des azymes, pain de misère, car c’est avec précipitation que tu as quitté le pays d’Egypte, et il faut que tu te souviennes, tous les jours de ta vie, du jour où tu as quitté le pays d’Egypte »

Alors on traque le levain, on le traque jusqu’à la dernière parcelle, et cela dure depuis plus de trois mille ans!

pessah nettoyage 2

(Lâche ce pain, je te dis, tu vois bien qu’ils recherchent le hametz et qu’ils vont finir par nous trouver!)

On terminera par une recherche symbolique du hametz, vous pensez bien que les maisons rutilent!

pessah bedika(toujours Alphonse Levy que j’aime beaucoup)

et par le « brûlement » des dernières miettes . Ici, au kibbutz Hanaton:

pessah biur hamtz kibbutz hanaton

Et puis, pour tout vous dire, j’aime nettoyer mes bibliothèques, juchée sur un escabeau, oubliant le monde et ses soucis et retrouvant des livres que je croyais perdus…

Et puis, comme le printemps arrive et que :

Le temps a laissé son manteau

De vent, de froidure et de pluie,

Et s’est vêtu de broderie,

De soleil luisant, clair et beau.

Voici, extrait de Shir Hashirim une chanson, interprétée par Yehoram Gaon:

Car voici, l’hiver est passé
La pluie a cessé, elle s’en est allée.
Le figuier embaume ses fruits,

Et les vignes en fleur exhalent leur parfum

Car voici,
L’hiver est passé
Les fleurs paraissent sur la terre,
Et la voix du rossignol se fait entendre dans nos campagnes.

A bientôt,

*Balbouste: maîtresse de maison et même maîtresse femme en Yiddish. Ce mot vient de l’hébreu Baalat habayit

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5 réflexions sur “Un nettoyage éthique

  1. Votre bel article me remet en mémoire des souvenirs d’un vieux Juifs russe qui fut mon voisin, en Espagne. Et vous m’avez fait découvrir un artiste que je ne connaissais pas, Alphonse Lévy, magnifique, une sorte de Daumier du monde juif. Il me fait penser à un autre artiste « narratif » qui décrit le monde provincial allemand de son temps, un délice, Carl Spitzweg. J’aime beaucoup son petit bonhomme perché sur une échelle, devant sa bibliothèque. Ce sont des tableaux de petites dimensions, très prisés des Bavarois. Hasta luego, Hannah.

  2. Je vais surnommer ma femme « Balbouste », c’est très mignon. Et je viens d’apprendre une amusante expression en lisant Jabotinsky : « Goyisher kop ». Lorsque quelqu’un m’embêtera, je lui lancerai « Goyisher kop ! » Il ne comprendra pas et moi je me marrerai…

    • Goyishe kop, c’est l’abruti. On lui oppose le yiddishe kop. Le yiddish a de nombreux mots pour désigner les abrutis: le shmok c’est le con fini. le potz c’est le couillon, tel que ce mot est employé dans le Sud de la France, et le ‘hochmologue (de ‘hochem, sage,intelligent) c’est celui qui en français « fait son intelligent ».
      Attention: Les balbouste sont des femmes redoutables

  3. Benjamin, un rescapé, était «infernal». Par exemple, il n’arrêtait pas d’élaborer des néologismes à partir du mot «schmock». Un jour, alors qu’il devait se faire faire une koloskopie, il me servit «schmockoskopie». Et il ne disait jamais «Perpignan» (nous avons traversé plusieurs fois cette ville) mais «Perpischmock». Il était vraiment «infernal». Et j’aime décidément le mot «balbouste», je l’aime beaucoup. C’est mieux que virago. Quand ma femme m’embêtera (ce qui est très très rare), je ne lui dirai plus : «Tu es pire qu’une mère juive» mais «Tu es une balbouste». Elle me demandera des explications et je la ferai languir…

  4. Attention, c’est la journée de la femme ! Comme vous le savez, cette dernière n’a besoin que d’une journée pour s’affirmer alors que les hommes doivent lutter pendant 364 jours !

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