Ne les oubliez pas

Ce soir c’est Kippour.

Souvenez vous: en 1973, le jour de Kippour,  commençait la guerre la plus meurtrière d’Israel.

J’aimerais simplement vos faire connaître  ce texte,  Unetaneh Tokef, lu au moment des fêtes d’automne et composé par Rabbi Amnon, à l’époque des croisades.

Rabbi Amnon  vivait à Mayence dans la vallée du Rhin. L’évêque de Mayence lui ayant demandé de se convertir, il refusa et fut torturé et mutilé. Agonisant, il composa ce poème terrible qu’il lut à la synagogue:

Entretenons-nous de la sainteté de ce jour, car il est terrible et redoutable. Ta Royauté s’affermira et le trône de ta grâce sera consolidé en vérité. Vraiment tu es un juge et un accusateur, tu connais toute chose et tu es un témoin. Tu prends acte de nos actions, tu les enregistres, tu y apposes ton sceau et tu comptes. Tu te souviens des faits oubliés, tu ouvres le livre des mémoires où les événements sont écrits et où toute action est signée de la main de son auteur.

Le grand shofar (trompette) retentira, un sourd murmure se fera entendre, les anges se presseront, une terreur indicible s’empare d’eux et ils disent : « C’est le jour du jugement qui s’approche pour citer au tribunal de Dieu les armées célestes. »

« Au jour de Roch Hashana tu décides et au jour de Kippour tu arrêtes définitivement : combien pendant l’année disparaîtront du monde, et combien seront créés ; qui doit vivre et qui doit mourir ; qui doit atteindre le terme de sa vie et qui n’y arrivera pas. Qui périra par le feu, par l’eau, par le glaive, par une bête sauvage, par la faim, par la soif, par la tempête ou par une épidémie ; pour qui sera le repos, pour qui l’inquiétude, pour qui la joie, pour qui la douleur, qui sera élevé et qui sera abaissé ; qui jouira de la richesse et qui subira la misère.

La repentance, la prière et les actes de charité effacent l’arrêt fatal.

Car ta gloire est grande comme ton nom. Ta colère est lente à s’exprimer et prompte à s’adoucir car tu ne désires pas la mort du pécheur mais qu’il revienne de ses fautes et qu’il vive. Tu patientes jusqu’à la fin de ses jours et s’il se convertit tu l’accueilles. Tu es son Créateur et tu connais la force de ses passions et tu sais qu’il n’est que chair et sang. L’homme périssable, dont l’origine est poussière et dont la fin est poussière, consume sa vie à trouver son pain ; il ressemble à un vase d’argile, à l’herbe desséchée, à une fleur flétrie, à l’ombre fugitive, à un qui disparaît, au vent qui souffle ; il se dissipe comme la poussière et s’évanouit comme un songe.

Tu es Roi Dieu vivant et subsistant. »

De nos jours, ce poème éveille en nous une autre souffrance: celles des victimes de la guerre de Kippour. Pas une famille n’est sortie indemne de cette guerre. Le compositeur Yair Rosenblum a mis en musique ce texte ancien à  la mémoire des onze membres du kibboutz Beit Hashita tués lors des combats. Dans les synagogues israéliennes, c’est cette version mélodique de Yair Rosenblum qui est utilisée, chacun ressentant que Kippour c’est aussi cela.

N’oubliez pas ceux qui sont morts pour que nous vivions.

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