Nitzana

Au mois de mars, nous sommes partis “au fond du monde à gauche », à Nitzana dans le Néguev occidental, au sud-ouest de Beer Sheva et à  un kilomètre de la frontière égyptienne.

Voilà une vidéo du conseil régional du Néguev pour vous mettre dans l’ambiance :

Bien sûr les fleurs, vous ne les verrez qu’ en janvier et février, plus tard tout est sec!

Nitzana existe depuis longtemps, il a été fondé par les Nabatéens environ 3 siècles avant l’ère chrétienne, il se trouvait sur la route de Damas à Eilat, la route de l’encens.

Ce fut même quelques siècles plus tard une bourgade prospère à l’époque byzantine qui servait d’étape pour les pèlerins qui partaient à Sainte Catherine dans le Sinaï. Malheureusement,  elle disparaît avec l’arrivée des Arabes.

En 1986, Arieh Eliav, un ancien de la Hagana et de l’Aliah Bet (aliah clandestine) qui avait fait ses preuves dans l’opération Tushia qui a permis le sauvetage des Juifs de Port Saïd en 1956 et qui a participé à la fondation de la ville d’Arad dans le Néguev, bref un pro avec une belle carte de visite,  a été charge de sortir Nitzana des dunes de sables et d’y établir un village éducatif.

Nous avons découvert Nitzana, tout a fait par hasard : Surfant sur le net, comme toujours, je suis tombée sur un blog:

http://aufonddudesert.centerblog.net/

tenu par un couple de protestants français, installé à Nitzana depuis trois ans et qui organise un volontariat pour des chrétiens francophones (en fait, je crois que c’est pour tous les hommes de bonne volonté !).

Surprise et admirative, j’ai envoyé l’information à un couple d’amis chrétiens de Lyon et ces courageux retraités sont venus travailler trois mois dans le village et cela dans des conditions de vie spartiates.

Un peu inquiets à l’idée de les savoir « tous seuls dans le désert », nous sommes venus passer un weekend end avec eux et nous avons découvert des gens formidables, pleins d’idéal sioniste (non, ce n’est pas un gros mot !).

Actuellement le village sert à l’intégration en Israël de jeunes juifs venus sans leur famille et reçoit des groupes d’élèves venus du monde entier, parfois de très loin mais aussi de très près comme les élèves des écoles bédouines du Néguev. Ces jeunes vont apprendre concrètement ce qu’est l’énergie propre, la protection de l’environnement, l’écologie pratique appliquée au désert. A Nitzana, on met tous les jours en pratique ce qu’on enseigne.

Enfin, Nitzana a un parc solaire ultramoderne qui met l’accent sur l’exploitation de l’électricité solaire pour l’obtention d’énergies alternatives, et comprend une tour de refroidissement par évaporation un échangeur de chaleur, un distillateur solaire et un concentrateur solaire.

Voici une vidéo que j’ai trouvée sur le blog « au fond du désert »qui vous expliquera tout ça dans les détails:

Mais Nitzana ce n’est pas que ça : Nitzana est aussi un lieu d’accueil pour des jeunes adolescents réfugiés érythréens, chrétiens et musulmans qui ont réussi à passer la frontière avec l’Égypte et a échapper aux marchands d’esclaves du Sinaï. Ils arrivent en général dans un très mauvais état physique et psychologique, ayant fui la misère et la guerre civile dans leur pays d’origine, ayant été vendus comme esclaves et torturés par les bédouins. Au village de Nitzana, on essaye de les remettre sur pieds et  de les éduquer jusqu’à l’âge adulte avant de leur trouver un pays d’accueil.  Ce programme s‘appelle Tikkoun Olam qu’on peut traduire par réparation du monde.

Voici une vidéo (toujours prise sur le blog) réalisée  par un journaliste américain, elle est en anglais mais facile à comprendre :

Le sort des réfugiés du Soudan et d’Érythrée en Israël est un sujet malheureusement toujours d’actualité. Il y en a environ 60 000 qui sont arrivés en Israel en traversant  le désert du Sinaï où ils ont été eux aussi rançonnés, torturés, vendus etc… par les bédouins.  Pourquoi Israël ? Parce que  Israël est considéré comme un eldorado pour la plupart des populations pauvres qu’elles soient africaines, asiatiques et même arabes.

La frontière était relativement facile à passer, à cause des accords de paix entre l’Égypte et Israël et aussi parce que les soldats israéliens essayaient de leur mieux de protéger les fuyards des tirs des soldats égyptiens ou bédouins. Elle sera sous peu infranchissable pour des raisons de sécurité.

Mais que faire de ces réfugiés qui squattent pour la plupart à Eilat ou à Tel Aviv et qui, pour un certain nombre, commettent des violences graves?  Je vais peut-être choquer quelques-uns d’entre vous, mais je comprends la population des quartiers pauvres de  Tel Aviv ou d’Eilat qui n’en peut plus. Ils sont 60 000, imaginez la France en recevoir environ 600 000 en quelques années.  Ces réfugiés viennent de pays ou la vie des hommes (et surtout celle des femmes) n’a aucune valeur, de pays ou la loi est celle du plus fort et  ils se retrouvent dans un pays démocratique, un état de droit,   où ce qu’ils risquent  de pire ce ne sont que des années de prison, ni peine de mort ni amputation donc…

Depuis peu, certains acceptent de partir moyennant environ 1000 euros par personne. Ceux qui viennent du Sud Soudan sont expulsés car Israël entretien des relations diplomatiques avec ce nouveau pays africain. Quant aux autres… Israël n’a bien sûr pas de relations diplomatiques avec l’Érythrée et le Nord Soudan.

Bref, bien que le projet de Tikkoun Olam soit   exemplaire les soucis demeurent. Nous ne vivons pas dans une réalité bisounours :

Si seulement les pays occidentaux voulaient bien considérer que les Palestiniens,  ces soit -disant « réfugiés- de- génération- en- génération» (les seuls au monde dans ce cas)  qui reçoivent des subsides depuis trois générations et à qui  tout un département de l’ONU (l’UNRWA) est dévolu, qui sont  « génocidés» mais bien portants, pouvaient enfin se prendre en main au lieu de vivre de l’assistance internationale tout en éduquant leurs enfants à tuer ceux des autres, bref,  ces mêmes  pays occidentaux  pourraient alors  participer aux actions humanitaires d’ Israël, le seul état du coin qui essaye de faire ce qu’il peut pour les vrais refugiés.

Mais je vois que je me fâche et cela en pure perte ! Le Messie n’est pas encore arrivé et comme on dit ici, il n’a même pas téléphoné!

Je préfère vous faire entendre ces deux chansons :

La première est une chanson populaire  à la gloire des pionniers du Neguev:


Va, va au désert. Désert, terre sans eau, nous sommes revenus vers toi.

La deuxième est un poème de Shaoul Tschernikhowski  et c’est ainsi que je voudrai terminer cet article :

    

Moquez-vous des rêves, c’est moi le rêveur qui parle,  je croirai toujours en l’homme, son esprit et son courage,  je croirai au futur et à la paix pour chaque peuple et je croirai toujours en toi.

A bientôt,

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s